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Dernière mise à jour :
dimanche 25 septembre 2016

L’adoption

Albums privilégiant la vision des parents
Quelques ouvrages sur les familles et foyers d’accueil


Albums privilégiant la vision de l’enfant


3-6 ans / 6-9 ans / 9-12 ans / 12-15 ans /

3-6 ans


Dounia / Zidrou ; N. Karvoskaïa. - Mijade

L’origine de l’enfant : En évoquant son prénom, on dit qu’il est "chaud comme le pays d’où elle vient".
Les étapes de l’adoption : Les parents de Dounia sont morts, elle vient rejoindre sa famille d’adoption en Europe.
La question de la ressemblance / Sentiment d’abandon : On voit dans les illustrations, des parents blancs et une petite fille d’origine africaine.
La filiation : "Maintenant Dounia a une autre maman et un autre papa qui l’attendent ici en Europe."
Les phrases clés : "Dounia aimerait bien ... Mais elle n’ose pas encore. Demain c’est sûr Dounia osera..."
Remarques : On assiste aux premiers pas de Dounia avec ses parents adoptifs.
Images pleine page qui évoquent l’Afrique et les couleurs des boubous.

Horace / H. Keller. - Kaléidoscope

L’origine de l’enfant : Horace a perdu sa famille
Les étapes de l’adoption : Au début de l’histoire, Horace est déjà dans sa famille adoptive.
La question de la ressemblance / Sentiment d’abandon : "Mes taches sont ridicules, dit-il en regardant autour de la table. Et je ne suis pas de la bonne couleur." Ce qui le pousse à rechercher ses congénères (et non ses parents).
La filiation : "Maman organisa une fête pour l’anniversaire d’Horace. - Tous tes cousins vont venir, lui dit-elle."
Les phrases clés : "Maman, dit-il juste avant de fermer les yeux, si vous m’avez choisi, est-ce que je peux vous choisir aussi ? - Ce serait très gentil, dit maman. - Alors je vous choisis, chuchota Horace et il s’endormit."
Remarques : L’ambiance est chaleureuse. L’album souligne les questions relatives aux différences physiques d’une façon très tendre.

Léopoldine a des parents de coeur / C. Le Picard ; J. Baschet. - Albin Michel. - (La vie comme elle est)

L’origine de l’enfant : Non précisée
Les étapes de l’adoption : Léopoldine réalise qu’elle a été adoptée. "Elle a été abandonnée par ses parents de ventre. Et ses parents de coeur sont venus la chercher après. Mais pourquoi, pourquoi, pourquoi c’est sur moi que c’est tombé ?"
La question de la ressemblance / Sentiment d’abandon : "Elle vient de comprendre pourquoi elle ne ressemble pas à ses frères et soeurs : elle a été adoptée." "Mais pourquoi ma maman de ventre m’a-t-elle abandonnée ?" La peur de l’abandon reste présente vis à vis des parents de coeur.
La filiation : Explication de la différence entre les parents de ventre et ceux de coeur.
Les phrases clés : "Parfois, les parents de ventre se disent que leur bébé sera mieux ailleurs, qu’il aura plus de bonheur, plus de chances."
Remarques : Les questionnements se font dans une atmosphère paisible, seul plane un sentiment d’injustice.

Mon poussin vert / A. Sansone ; A. Marks. - Nord-Sud

L’origine de l’enfant : L’œuf dont est issu le poussin vert a été trouvé au milieu d’un champ.
Point de vue exposé : Dans un premier temps l’adoptant : Jason, puis le poussin vert.
Les étapes de l’adoption : Le jars veut un poussin et demande un œuf à tous les animaux de la ferme qui refusent ; finalement le chien lui trouve un œuf. Jason le couve. Après sa naissance, le poussin vert part à la recherche de parents qui lui ressemblent.
La question de la ressemblance / Sentiment d’abandon : C’est un point essentiel de cet album. "Tu n’as pas de plumes, tu n’as pas de bec et en plus tu es vert, tout vert ! Tu n’es sûrement pas le poussin de Jason."
La filiation : Le poussin vert cherche de qui il est le petit, la grenouille, le poisson, le lézard, en procédant par similitude physique.
Les phrases clés : "Qui allait l’aimer ? - N’est-ce pas que je suis bien TON poussin ? demanda-t-il à bout de souffle. - Bien sûr ! et tu le seras toujours, répondit Jason en l’entourant de ses ailes douces et chaudes. Et blottis l’un contre l’autre, ils s’endormirent heureux."
Remarques : Tout se passe bien tant que le regard des autres ne pèse pas sur le poussin vert. L’album traite de la tolérance et de l’acceptation des différences physiques qui n’empêchent pas de s’aimer.

Moni et moi / Flora ; Dedieu. - Seuil

Point de vue exposé : La grande sœur
L’origine de l’enfant : "Elle est d’ailleurs". "Avant, c’était Lan Nhi"
Les étapes de l’adoption : L’enfant explique que sa maman ne peut plus avoir d’enfant mais qu’elle en veut un quand même, elle part dans un autre pays. La grande sœur attend avec son papa et ses grands-parents, puis sa maman rentre avec Moni.
La question de la ressemblance / Sentiment d’abandon : "On me dit que Moni n’est pas ma sœur. C’est pas vrai. On est sœurs."
La filiation : Référence aux parents biologiques : "Les parents de Moni sont morts pour toujours."
Référence à la famille adoptive : "(Maman) est arrivée avec Moni. J’avais une petite sœur maintenant."
Les phrases clés : "Un bébé qui ne sort pas de son ventre mais un bébé qu’elle aime d’avance."
Remarques : Les mots de la grande soeur et les illustrations minimalistes mais symboliques expriment l’évidence de l’adoption.

Notre petit lapin / K. Gray ; M. McQuillan. - Gautier Languereau

L’origine de l’enfant : enfant lapin, alors que le couple est maman vache et papa cheval.
Les étapes de l’adoption : Les parents décident d’annoncer à leur fils qu’il a été adopté. Il a du mal à comprendre, fugue, puis veut à tout prix ressembler à ses parents.
La question de la ressemblance / Sentiment d’abandon : C’est par ce biais que les parents décident de faire comprendre à Thimotée qu’il a été adoptée. Ils lui révèlent tout ce qui fait leurs différences. D’abord incrédule ("Je vois deux paires de grands yeux bruns qui brillent toujours quand ils me regardent. Je vois deux grands gentils sourires qui me font chaud au coeur"), Thimotée se dit que la famille passe par la notion de ressemblance avant d’admettre que le principal ne se situe pas là.
La filiation : "Thimotée, tes parents lapin t’ont conduit à nous, tout bébé. Ils ne pouvaient pas s’occuper de toi parce qu’ils avaient déjà seize petits à nourrir. Ils cherchaient quelqu’un qui t’aimerait et t’élèverait."
Les phrases clés : "Nous ne pouvons pas promettre d’être ta maman lapin ou ton papa lapin. Mais nous pouvons promettre de continuer à t’aimer et à prendre soin de toi, et c’est ça, une vraie maman et un vrai papa."
Remarques : Les parents ont tout fait pour cacher à leur fils qu’il était adopté (le tunnel désaffecté donne l’illusion d’un terrier). Malgré cela, la crise se résout facilement, dans une fin joyeuse et complice.

Une maman pour Choco / K. Kaska. - Kaléidoscope

Les étapes de l’adoption : La situation est inversée, c’est le jeune oisillon qui cherche une maman. Il rencontre successivement plusieurs mères potentielles.
La question de la ressemblance / Sentiment d’abandon : Pour ce petit oiseau, tout repose sur la ressemblance physique, l’auteur nous démontre que cette quête d’une mère physiquement identique est futile. "Il aurait bien voulu une maman, mais il ne savait pas à quoi elle pouvait bien ressembler."
La filiation : A la fin de l’album une nouvelle famille est constituée : une maman ourse et ses enfants, un oiseau, un crocodile, un hippopotame et un cochon.
Les phrases clés : "Choco était très heureux que sa nouvelle maman soit exactement comme elle était."
Remarques : Au départ la quête est douloureuse (refus de la part de plusieurs animaux adultes) mais le dénouement est heureux. Le message est clair, on n’est pas forcé de se ressembler pour s’aimer.

Youri ; l’ourson des neiges / C. K. Dubois. - Ecole des loisirs. - (Pastel)

L’origine de l’enfant : Il s’agit d’un ourson.
Les étapes de l’adoption : On passe de la mort de la mère ourse, tuée par des chasseurs, à l’errance de Youri puis à son adoption par un petit esquimau, jusqu’au retour de Youri parmi les siens.
La question de la ressemblance / Sentiment d’abandon : Aucune ressemblance physique entre l’ourson et l’enfant. Le problème viendra du fait que Youri, après avoir perdu sa mère, devra subir un deuxième abandon : devenu trop grand, il doit quitter les humains.
La filiation : aucune, si ce n’est que l’ourson retrouvera ses semblables après un séjour dans une "famille d’accueil".
Les phrases clés : Album sans texte.
Remarques : Les illustrations pastel tout en rondeur adoucissent la dureté des événements relatés.

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6-9 ans


Les 2 anniversaires d’Ariane / Jee-Yung ; Y. Nascimebene

L’origine de l’enfant : L’auteur raconte sa propre histoire. Ce n’est pas mentionné dans le texte mais on sait qu’elle est coréenne.
Les étapes de l’adoption : La solitude et le manque, de par et d’autre, l’attente, puis l’enveloppe qui arrive chez les parents adoptifs. Et enfin le voyage de Jee-Yung dans le "grand oiseau de fer" au terme duquel elle deviendra Ariane.
La filiation : Aucune mention des parents biologiques. Le jour de son arrivée chez ses parents adoptifs est un jour anniversaire, son deuxième anniversaire, pour fêter “le souvenir de ce jour où elle était à nouveau née d’un oiseau de fer pour faire d’eux une famille.”
Les phrases clés : “Elle sut tout de suite que leurs vies étaient liées et que leurs coeurs se répondaient parfaitement.”
Remarques : Magnifiques illustrations de Yan Nascimbene.

Allison / A. Say. - Ecole des loisirs

L’origine de l’enfant : L’Asie, "de très, très loin, d’un autre pays".
Les étapes de l’adoption : Brièvement évoquée par le père adoptif : "Ils ne pouvaient pas s’occuper de toi, mais ils voulaient que tu aies une mère et un père"
La question de la ressemblance / Sentiment d’abandon : Question centrale dans cet album. "Elle serra (sa poupée) Mei Mei dans ses bras et approcha sa tête de la sienne. Elle vit que les cheveux de Mei Mei étaient noirs et raides, comme les siens. Ensuite, Allison regarda sa mère et son père. Son sourire disparut.[...] Il en ressort une grande solitude teintée de jalousie par rapport aux autres d’enfants de l’école qui eux ressemblent à leurs parents.
Le sentiment d’abandon est fortement exprimé : "Où est ma maman ? Où est mon papa ? dit Allison en pleurant. Ils ne voulaient pas me garder ? demanda Allison.[...]" - "Allison ce n’est pas mon vrai nom."
La filiation : Les parents adoptifs d’Allison ont inscrit leur fille dans leur histoire, ils lui ont offert leurs souvenirs d’enfants - le clown, Andy et le gant de base-ball.
Le trouble identitaire d’Allison ne s’estompera que lorsqu’elle même adoptera un chat : "On dirait que la famille s’agrandit."
Les phrases clés : "Ca m’est égal. Tu n’es pas ma maman ! s’exclama Allison."
Remarques : Le réalisme de la situation est renforcé par les illustrations (moues et expressions d’Allison).

D’un monde à l’autre / D. M. Scotti ; J. P. Kalonji. - La Joie de lire

Un petit garçon adopté découvre grâce à son grand-père quelques coutûmes du monde liées à l’adoption. Un regard anthropologique et positif.

Jujube / A. Wilsdorf. - Kaléidoscope

L’origine de l’enfant : inconnue
Point de vue exposé : la fratrie
Les étapes de l’adoption : Dans la forêt, Fafarina sauve le bébé menacé par un boa. Elle le ramène à la maison, mais sa mère ne veut pas du bébé. Les frères et sœurs vont faire pression pour que la famille adopte ce bébé.
La question de la ressemblance / Sentiment d’abandon : Le bébé est blanc, la famille, noire, personne ne considère cela comme un problème.
La filiation : Jujube a de nombreux frères et sœurs qui se mobilisent fortement pour son adoption.
Les phrases clés : "Maman répète sans cesse que ses enfants sont ses trésors, ses plus beaux bijoux, ce qu’elle a de plus cher au monde."
Remarques : L’enfant blanc est adopté par une famille noire, la fratrie se mobilise pour l’adoption, les stéréotypes sont renversés.

La nuit où je suis née / J. L. Curtis ; L. Cornell. - Mango jeunesse

L’origine de l’enfant : Non précisée, on s’y rend en avion...
Les étapes de l’adoption : Ces étapes sont racontées à la demande de l’enfant. " Raconte-moi aussi quand le téléphone a sonné en pleine nuit pour vous annoncer que j’étais née et que vous pouviez venir me chercher." L’enfant demande à ce qu’on lui raconte toutes ses premières fois.
La question de la ressemblance / Sentiment d’abandon : Ce point n’est pas évoqué comme un problème. "Répète-moi que j’étais la plus belle et la plus parfaite."
La filiation : "Explique-moi pourquoi tu ne pouvais pas avoir un bébé dans ton ventre. Parle-moi encore de cette maman qui m’a mise au monde. C’est parce qu’elle ne pouvait pas s’occuper de moi que vous m’avez adoptée ?". Dans l’album on trouve une représentation de l’arbre généalogique de la famille. De nombreuses références sont faites à "papy" et "mamy" et l’auteur a différencié papa et papa de naissance ainsi que maman et maman de naissance.
Les phrases clés : "Raconte-moi encore la première fois que tu m’as tenue dans tes bras en m’appelant "trésor". Tu pleurais ? On peut pleurer quand on est heureux ?"
Remarques : La stérilité du couple est affichée comme la raison de l’adoption. L’adoption est envisagée à travers les questions simples d’une enfant. Ambiance gaie et pleine d’humour.

Maki Catta / L. Coulombier ; M. Madoré. - Océan

L’origine de l’enfant : Maki Catta porte le nom d’une des espèces de lémuriens originaire de Ranomafana (Madagascar).
La question de la ressemblance : "La ressemblance n’est pas frappante..." C’est à cette phrase, en troisième page, que l’auteur amorce l’histoire de Maki Catta et raconte comment il a été adopté.
Les étapes de l’adoption : Un terrible incendie dévaste le coin de forêt où sa famille est installée, Maki Catta, pour sauver sa peau, fuit et rejoint la terre d’Isalo. Il a perdu tous les siens, ne se sentira accepté par sa nouvelle famille que lorsque l’insécurité qui le mine sera balayée par l’amour de ses parents adoptifs.
La filiation : “Nous le portons en nous. Mais nous ne l’avons pas mis au monde. Je voudrais tant qu’il comprenne (...) qu’il est autant ton fils que ses cousins sont les fils de ta sœur.”
Les phrases clés :
“Si le cœur d’une maman est assez grand pour aimer deux enfants, pourquoi le cœur d’un enfant ne pourrait-il aimer deux mamans ?”
“C’est ainsi que l’orphelin de Ranomafana, le cœur brûlé mais ressuscité, adopta ses parents de l’Isalo.”
Remarques : Album fort au langage recherché, aussi drôle que poignant. L’humour se niche jusque dans les courtes biographies des auteurs. A noter une page documentaire sur les lémuriens.

Mee, petite fille du matin calme / M.-F. Chevron ; A. Domergue. - Limonade

L’origine de l’enfant : On sait que Mee signifie beauté en coréen.
Les étapes de l’adoption : “Mee a grandi sans famille. Seul un arbre veille sur la petite fille. Un jour, l’arbre lui souffle : - Il te faudra partir bientôt, petite Mee. Il y a une maman et un papa rien que pour toi, qui t’attendent loin d’ici.”
“Mee a trouvé son papa, Mee a trouvé sa maman, ses parents qui l’attendaient depuis si longtemps”
La filiation : “Peu importe où tu vas, mais emporte avec toi tes rêves et un peu de mes racines, qui sont les tiennes aussi.”
Les phrases clés : “Mee, belle, belle petite fille, née une deuxième fois.”
Une métaphore poétique de l’adoption, toute en douceur.

Moi aussi, je veux une maman / M. Boom ; H. Wilson. - Nord-Sud

L’origine de l’enfant : Elle vient d’un pays où il semble faire très froid l’hiver et d’où l’on vient en avion...
Les étapes de l’adoption : On assiste à l’attente de l’enfant à l’orphelinat, le froid, la faim et enfin la demande de ses parents adoptifs et le départ pour une nouvelle vie.
La question de la ressemblance / Sentiment d’abandon : Lors de sa première nuit dans sa nouvelle maison, Lara fait un cauchemar et se réveille. "Peu à peu les souvenirs reviennent : l’avion, la maison, les deux personnes qui l’attendaient. Où sont-elles ? Vite, elle saute du lit et les cherche partout."
La filiation : Laura n’est pas dans le questionnement du passé mais dans la préoccupation de l’avenir. "Il ne manque que des enfants pour jouer avec moi, songe Lara, mais elle ne dit rien." "Lara est très heureuse chez ses nouveaux parents qu’elle appelle désormais papa et maman."
Les phrases clés : "Lara saisit un morceau de saucisson sec, une pomme et un bout de pain dans la cuisine et les fourra dans ses poches.[...] Qui sait quand j’aurai à manger la prochaine fois ?".
"- Je veux rester ici, tu sais maman, pour toujours. Sa maman la serra dans ses bras. - Et moi je veux te garder pour toute la vie, ma chérie."
Remarques : Différents sentiments cohabitent et traduisent bien les interrogations d’un enfant qui découvre un nouvel univers et de nouveaux référents.
Mise en valeur des sentiments d’une enfant récemment adoptée et qui véhicule un lourd passé ; grande lucidité de sa part. Le rôle du petit voisin souligne la capacité d’adaptation des enfants.

Moun / Rascal ; Sophie. - Ecole des loisirs. - (Lutin poche)

Point de vue exposé : Narrateur extérieur
L’origine de l’enfant : Un pays en guerre de l’autre côté de l’océan.
Les étapes de l’adoption : Les causes de l’abandon, l’arrivée de l’enfant, l’évidence de cette rencontre avec ses nouveaux parents, la vie heureuse, Moun grandit, on lui explique son adoption.
La question de la ressemblance / Sentiment d’abandon : Elle a les yeux bridés, mais cette différence n’est pas évoquée comme une difficulté. "Moun était triste et heureuse à la fois. Quand les jours étaient trop gris, elle ne pouvait s’empêcher d’en vouloir à la guerre et à ceux qui l’avaient mise au monde, puis confiée à l’océan... mais au fil du temps, Moun se rendit de plus en plus souvent au bout de la jetée. Elle savait à présent que de l’autre côté de la ligne d’horizon, on l’aimait aussi."
La filiation : Référence aux parents biologiques : "... ceux qui l’avaient mise au monde". "Il (son père biologique) y déposa leur premier enfant et leurs derniers espoirs."
Référence aux parents adoptifs : "Ensemble, ils coupèrent le cordon qui enlaçait la boîte. En découvrant le bébé aux yeux d’amande, ils surent que Moun serait leur premier enfant." "Elle devint l’aînée de quatre frères et sœurs."
Les phrases clés : "Lorsque Moun poussa son premier cri, la guerre ne se tut pas." La cause de l’adoption est clairement évoquée : "Moun ne devait jamais se souvenir de son long voyage, des larmes et du fracas des bombes."
Remarques : Texte et illustrations remarquablement épurés.

Nina a été adoptée / D. de SaintMars ; S. Bloch. - Calligram. - (Ainsi va la vie)

L’origine de l’enfant : Pologne
Les étapes de l’adoption : Nina raconte à ses camarades comment ses parents sont venus la chercher à l’orphelinat.
La question de la ressemblance / Sentiment d’abandon : Acceptation réciproque ne posant aucun problème ; les camarades considèrent même que Nina ressemblent à ses parents adoptifs.
La filiation : Référence à la mère biologique : "(Ma mère) n’a pas pu faire autrement... Avec mon père, ils n’étaient sans doute pas prêts pour avoir un enfant."
Référence à la mère adoptive : "Elle m’a portée dans son coeur. Ils ne pouvaient pas avoir d’enfants."
Les phrases clés : "Elle m’a confiée pour que je sois adoptée par une famille où je serais plus heureuse et où je pourrais aller à l’école..."
Remarques : Parallèlement à l’histoire de Nina, les craintes de Max et Lili d’avoir été eux-mêmes adoptés.

Peut-être trois, cinq, dix... / M. Balcou ; R. Francès. - Ibis rouge éditions. - (Tropicante)

L’origine de l’enfant : Madagascar
Les étapes de l’adoption : Abandon de Suzanna par 2 fois avant d’être adoptée. Elle a toujours su qu’elle l’avait été mais attend l’"âge de raison" pour avoir davantage de détails.
La question de la ressemblance / Sentiment d’abandon : "De tout façon, tu n’es pas d’ici ! Ca se voit bien. Regarde ta peau et tes tresses... Et tes yeux en amande !"
La filiation : "J’ai compris qu’on pouvait avoir deux mamans dans la vie (...), je me suis demandé si on avait le droit d’en avoir plus que deux. Peut-être trois, cinq, dix..."
Les phrases clés : "J’ai découvert qu’on pouvait être heureux quelque part tout en aimant deux pays en même temps. Et peut-être même plus. Trois, cinq, dix..."
Remarques : Un des rares ouvrages où l’enfant sait depuis toujours qu’il a été adopté mais exprime un jour le souhait d’aller dans son pays. La présentation peut paraître austère mais le contenu est très chaleureux.

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9-12 ans


Chaîne de vie / R. Judenne. - Oskar. - (Histoire et Société)

Lou sait que son cousin Toan est un enfant adopté. Tout est clair pour elle et pour lui. Et puis en discutant avec sa tante (mère de Toan), elle apprend que c’est son oncle qui ne peut pas avoir d’enfant. Son oncle étant le frère jumeau de son propre père, Lou déroule toute une réflexion qui l’emmène à découvrir qu’elle ne peut être l’enfant biologique de ses parents, tout du moins de son père. Elle apprend qu’elle est née grâce à la procréation médicale assistée, grâce au don de sperme...
Un roman court et sensible sur le thème de la filiation. Dès 11-12 ans.

Ma mère zéro / M. Hof. - Seuil. - (Chapitre)

Fé et sa soeur Bing ont été adoptés. Lui est né d’une mère bosniaque réfugiée aux pays-bas, elle a été abandonnée en Chine. Jusqu’alors, tout se passait bien dans cette famille dissemblable mais très unie. Mais aujourd’hui Fé se demande d’où lui vient son talent de dessinateur, voudrait savoir qui est sa mère zéro, appelée ainsi pour laisser la place numéro un à sa mère d’adoption.
Roman très sensible, l’auteur évoque les nombreux sentiments qui traversent Fé et sa famille. Car si Fé passe par tous les doutes et questionnements, peur et enthousiasme, ce n’est pas facile non plus pour les parents, et surtout pour Bing qui elle, sait qu’elle ne pourra jamais identifier sa mère. Mais la famille, qui est beaucoup dans l’échange et la discussion, dépassera l’épreuve.

Pourquoi j’ai pas les yeux bleus ? / A. Vantal ; J.F. Martin. - Actes Sud. - (Les premiers romans)

Si Maya est "infernale" depuis quelques temps, c’est qu’elle supporte de moins en moins d’être si différente. De sa mère, de son petit frère. Elle sait bien que, là où elle est née, « tout le monde a les cheveux et les yeux noirs », elle sait bien la chance que représente, dans son cas, l’adoption. Mais les remarques et les émotions qui l’assaillent restent douloureuses.
Cette crise identitaire, peu avant ses 10 ans, sera l’occasion de balayer toute une gamme de sentiments et de réaffirmer la place de Maya au sein de sa famille. Dès 10 ans.

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12-15 ans


L’ adoption des ados en parlent / A. Lanchon ; M. Czarnecki. - La Martinière. - (Oxygène) -

Dans cette collection qui plait aux adolescents, un titre qui répond, par des textes courts, aux questions suivantes : Qui suis-je ? - Ma Famille - D’où je viens.

coup de coeurL’ attache / F. Robert. - Ecole des loisirs. - (Médium)

Igor et Emma sont séparés suite au décès soudain de leurs parents. Emma est aussitôt adoptée par un couple d’amis de leur mère et Igor envoyé en institut jusqu’à son adoption par un couple de paysans. Nous suivons le lent cheminement personnel d’Igor pour se reconstruire. Le récit est très beau. L’écriture est constituée de phrases courtes qui rendent le livre facile à lire en dépit du peu de dialogues. Igor va tout d’abord tenter de retrouver sa sœur mais ses échecs vont vite l’amener à vivre sa vie en mode bémol, avec indifférence. Mais peu à peu, il va devoir s’ouvrir au monde qui l’entoure, à la ferme, à la campagne, à ses camarades, à lui-même.
Quelle force accorder aux liens ? Peut-on reconstruire une relation déchirée ? Quelle valeur, quelle place donner aux parents adoptants qui vous ouvrent leur cœur ?
Un coup de cœur pour ce livre qui peut se lire de 12 à 77 ans !
Autre lecture
L’écriture particulière et très belle, précise et sensible, dit au plus près de l’intime l’errance d’Igor. Une errance formalisée par un texte non chapitré qui va et vient entre passé et présent, pelote impossible à détricoter interdisant ainsi l’accès à l’avenir.
Avant, Igor vivait à Paris avec sa sœur jumelle, ses parents aisés. C’était avant la mort des parents, avant la séparation intolérable d’avec sa sœur.
Aujourd’hui, il vit chez ses parents adoptifs, paysans, à propos desquels il pense : "Ils n’ont rien compris à ce que je suis, ils ont adoptés une poupée, un pantin, un doudou, un truc," Comment savoir qui il est ? Son passé est rasé, ses parents adoptifs lui dénient le peu qu’il sait de lui, il ne sait où est sa sœur… Comment vivre seul avec le sentiment si fort d’être lié à l’autre, d’abord dans la douleur et le manque, puis, après les retrouvailles, dans la plénitude de se savoir entité à part entière connecté à l’autre dans une évidence retrouvée… Telle est la force de ce roman où l’émotion pudique de tous les personnages cueille le lecteur, envoûté.

coup de coeur Bird / C. Chan. - Helium. 2014

Comment survivre à l’infinie tristesse ? Comment poursuivre sa vie lorsqu’on a perdu son frère/enfant/petit fils, qui s’est jeté d’une falaise croyant s’envoler, "encouragé" par son grand-père qui le surnommait Bird ?
Chacun tente comme il le peut de maintenir le cap, dans un silence assourdissant, envahissant, de plus en plus pesant. « C’est comme si nous avions peur des mots. Ils patientent, suspendus dans l’air, inarticulés, puis quand ils comprennent qu’ils ne vont pas servir, ils se flétrissent et meurent. » Jewel, 12 ans, est née le jour de la mort de son frère. Elle a toujours été soucieuse jusque là de ne pas créer de problème, tente seule d’alléger sa peine. La rencontre avec Eugène, qui jette sur leur vie un regard nouveau, réveille Jewel : elle ressent de plus en plus le besoin impérieux de lever ce silence -nourri-gavé d’une colère et d’une culpabilité inexprimées- et d’affirmer ses choix afin de libérer la parole et la vérité. Même si pour cela elle doit encore souffrir.
Un premier roman bouleversant porté par une jeune fille qui tente d’exister malgré la pesanteur de leur vie. Métisse, elle navigue entre le rationalisme de sa mère et les croyances vaudou de ses père et grand-père, mais c’est dans l’amitié et la nature qu’elle puisera la force de naître à sa propre vie. Julie Feuvrier

A partir de 12 ans

L’ été où je suis né / F. Hinckel. - Gallimard. - (Scripto)

Léo sait qu’il est né sous X et depuis toujours, s’adresse à X, cette mère biologique qui lui laisse comme un vide. Mais il a apparemment appris à vivre avec -ou plutôt sans. Ses parents adoptifs sont là pour lui, le jeune garçon semble équilibré, avec ses copains, le lycée, ses loisirs. Entre les scooters à réparer et son meilleur ami, Léo mène sa vie. Jusqu’au jour où il rencontre une jeune fille, Xavière, qui le bouleverse. Remué, amoureux, Léo doit faire face à ses émotions qui le submergent. Pour apprendre à aimer, il ressent alors le besoin de renouer le lien avec sa mère biologique. Pour comprendre et apaiser une blessure qu’il pensait guérie.
Un roman sensible qui montre la nécessité de connaître ses origines pour aller de l’avant.

Un été outremer / A. Vantal. - Actes sud

Le jour de ses dix-huit ans, Félicien peut enfin ouvrir son dossier d’adoption. Il découvre que sa mère biologique est algérienne. Il est tellement perturbé par la nouvelle qu’il en rate son bac et décide de partir en Algérie. Au cours de sa quête, il va tomber amoureux d’un pays, l’Algérie, et d’une ville, Alger. Il va rencontrer des gens qui vont l’aider à mieux se connaître et à grandir dans sa tête. Le lecteur suit pas à pas le périple de Félicien et participe à l’évolution de ses sentiments.
Un beau récit initiatique. Des couleurs... des odeurs... des rencontres fortes... Une description d’Alger à la Camus.

Pourquoi j’ai pas les yeux bleus ? / A. Vantal ; J.-F. Martin. - Actes Sud. - (Les premiers romans)

Si Maya est "infernale" depuis quelques temps, c’est qu’elle supporte de moins en moins d’être si différente. De sa mère, de son petit frère. Elle sait bien que, là où elle est née, "tout le monde a les cheveux et les yeux noirs", elle sait bien la chance que représente, dans son cas, l’adoption. Mais les remarques et les émotions qui l’assaillent restent douloureuses. Cette crise identitaire, peu avant ses 10 ans, sera l’occasion de balayer toute une gamme de sentiments et de réaffirmer la place de Maya au sein de sa famille.

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