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Dernière mise à jour :
dimanche 25 septembre 2016

Fratrie : depuis que le bébé est né...

0-3 ans / 3-6 ans / 6-9 ans / 9-12 ans / 12-15 ans / Pour les médiateurs /

0-3 ans


Arrête de faire comme moi / B. Guettier. - Ecole des loisirs

Agacement d’un grand frère devant le petit qui veut tout faire comme lui, jusqu’au moment où c’est le petit frère qui trouve la bonne idée... Grand format cartonné très coloré.

Bébé / J. Burningham ; H. Oxenbury. - Flammarion

“Bientôt, il y aura un bébé à la maison.” L’aîné pose beaucoup de questions, et sa maman, tout en répondant, imagine tous les possibles. Sera-t-il capitaine, banquier, médecin ? En pleines pages, et sans texte, de petites vignettes permettent d’imaginer le bébé dans ces éventualités. Auxquelles répond le frère avec quelques réticences doucement jalouses. Mais finalement ce bébé, quel qu’il soit, “on va l’aimer” !

J’attends un petit frère / M. Vilcoq. - Ecole des loisirs. - (Matou)

Un dialogue entre la maman, sa petite fille, et l’enfant à venir ; les pages à rabat permettent de suivre les étapes de la grossesse, vues de l’intérieur et de l’extérieur. Les dessins très simples expriment néanmoins la gamme des émotions de chacun des protagonistes.

Je sais faire / S. Winter. - Flammarion

Chaque double page montre, à gauche, le grand frère, à droite, la petite. L’album valorise le statut d’aîné et son rôle protecteur mais la fin voit les deux réunis car le plus petit n’est pas toujours le moins assuré...

Le petit frère / C. Ponti. - Ecole des loisirs. - (Tromboline et Foulbazar)

Voilà un petit album qui se démarque par la joie et la vitalité apportées par l’arrivée du petit frère.

Le petit frère de Zoé / L. Cousins. - Albin Michel

Les bouleversements de la vie quotidienne dus à l’arrivée d’un petit frère, traduits par des images aux couleurs vives.

La petite reine / E. Jadoul ; C. Pineur. - Ecole des loisirs. - (Pastel)

Quand l’"enfant roi" doit partager sa place avec un nouveau né, on peut être certain de heurts à venir...

Sur les genoux de maman / S.A. Herbert ; G. Coalson. - Ecole des loisirs

Michael se balance avec maman. Il y a assez de place pour la poupée, le bateau mais à son avis pas pour le petit frère. Heureusement, maman est là pour apaiser l’inquiétude de chacun. Les tons pastels des illustrations vont dans ce sens.

Trotro et zaza sa petite soeur / B. Guettier. - Gallimard. - (Giboulées)

Le héros cher aux tout-petits va bientôt avoir un petit frère ou une petite sœur. L’annonce de la grande nouvelle ; l’attente et les questions qui émergent (un bébé dans le ventre, vraiment ? Une fille ou un garçon ?) ; le jour de la naissance ; les premiers temps ensemble. Trotro traverse les doutes et les joies avec son énergie et sa malice habituelles.

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3-6 ans


L’ autre / Z. Pinson ; G. de Pennart. - Kaléidoscope

Raoul était traité comme l’enfant de la maison quand sa maîtresse était célibataire. La belle vie quoi ! Seulement voilà, un jour, "l’autre" est apparu. Notre héros chien a pourtant tout tenter pour le faire disparaître : faire pipi sur les chaussures, manger son agenda...rien n’y a fait, il est resté. Raoul a fini par s’habituer et voilà que quelque chose est arrivé : quelque chose de très bruyant, qui va encore grignoter sur le peu de place qui restait à Raoul : un bébé. Hors de question d’aimer "ce machin" même si celui-ci ne rêve que de cajoler le chien. Mais Raoul n’est pas au bout de ses surprises... On traite ici de l’amour de la mère dont on se sent dépouillé lorsque la fratrie s’agrandit. De l’humour à la fois dans le texte et dans les illustrations assez réalistes. Un livre à lire et relire pour ne rater aucun détail savoureux.

Un bébé dans le ventre de maman / S. Blake. - Ecole des loisirs

« Papa, comment on fait les bébés ? » Parents, si la question vous embarrasse autant que le père de Simon qui élude, ajourne, penchez-vous sur ce livre de Stéphanie Blake qui, avec un ton espiègle et à hauteur d’enfant, raconte ce grand mystère aux enfants. Par la voix de Lou, grande amie de Simon, elle donne les bases et soudain, Simon comprend tout !

Un bébé... et moi alors ? / K. Bebey ; A. Wilsdorf. - Bayard. - (Les belles histoires)

Weï est un fils unique et adoré. Comment ses parents peuvent-ils lui faire ça ?!? Lui annoncer la venue d’un nouvel enfant ? Il imagine déjà comment le caser ailleurs mais lorsque Rose est là, en chair et en os, il n’est plus question de concurrence !
Dessins dynamiques qui mettent en scène une famille métisse.

C’est la faute à petit monstre / H. Cooper. - Kaléidoscope

Il faudra du temps et beaucoup de bêtises avant de pouvoir accepter enfin le nouveau petit frère.

C’est toi le chef, bébé canard ! P. Hest ; J. Barton.- Kaléidoscope

La petite sœur de bébé canard accapare toute l’attention des parents. Heureusement, Grand-père sait y faire pour redonner une place valorisante à l’aînée. L’histoire est ponctuée de petites ritournelles traduisant ses états d’âme.

Chut, chut Charlotte / R. Wells. - Gallimard

Comment faire pour attirer l’attention et trouver sa place au sein de la famille quand on nous considère ou trop petit ou trop grand pour... ?

Coco et le bébé / P. Du Bouchet ; M. Stalens ; X. Frehring ; musique de C. Fayolle. - Gallimard. - (Une histoire mise en musique)

Coco fait la connaissance de son petit frère, comme sorti de nulle part. Décontenancé, jaloux, curieux, il se découvre toutes sortes de sentiments contradictoires. Puis finit par se sentir très fier d’être un grand frère.
Les étapes de l’histoire sont rythmées par une musique tour à tour douce ou plus vivante, interprétée par le piano, la clarinette, le cor et plusieurs percussions. Une dernière plage du CD permet de raconter l’histoire avec l’accompagnement instrumental en toile de fond. Histoire classique pour ce personne cher aux tout-petits

Croquette devient grand frère / A. Renoult ; C. Frossard. - Auzou

Déception classique pour le lapin Croquette qui voit que toute la famille n’a d’attention que pour les nouveaux nés. Mais son grand frère arrive et le rassure très vite : être un aîné, c’est une grande responsabilité et c’est à son tour de l’expérimenter !

Devenir frère ou sœur / E. Brami ; P. Bertrand. - Seuil. - (Petits bobos Petits bonheurs)

Dans ce petit album, on égrène les réflexions inspirées par l’arrivée d’un bébé : recto le positif, verso le négatif.

Elisabeth la jalouse / F. Brandenberg ; Aliki. - Flammarion

Lorsque son frère tombe malade, Elisabeth pense qu’on s’occupe un peu trop de lui et les activités quotidiennes lui pèsent. Ce n’est qu’après avoir été malade à son tour qu’elle retrouvera la connivence avec son frère. Tout l’intérêt des illustrations réside dans le jeu des expressions des visages.

Et moi ? / M. d’Allancé. - Ecole des loisirs

Tout le monde a un peu tendance à négliger Lolotte depuis l’arrivée du bébé. Aussi décide-t-elle de partir. L’appel au secours sera compris par les parents. Attitudes expressives de Lolotte.

Et puis Edgar est arrivé / G. Clarke. - Seuil

Pour Félix, la vie est belle, jusqu’à ce qu’Edgar arrive. Tout le monde s’extasie devant le nouveau né et délaisse le grand frère. En grandissant, les deux frères vont s’apprécier. " ...et puis Clotilde est arrivée ". Les images colorées fourmillent de détails et concourent à la bonne humeur ambiante.

Je ne veux pas de petit frère / J. Sykes ; T. Warnes. - Mijade

En voyant tous ses amis avec leurs petits frère et soeur, Petit Tigre n’en voit que les inconvénients et ne comprend pas l’intérêt de voir la famille s’agrandir. La réalité réserve bien des surprises... Les enfants retrouvent avec plaisir le héros d’une série qui leur est familière.

Je veux une petite sœur / T. Ross. - Gallimard

La petite princesse est d’accord pour un nouveau bébé, mais uniquement si c’est une fille. Après avoir rêvé d’un double, elle sera finalement séduite par son petit frère. Après tout, il n’y a qu’une petite princesse ! Comme toujours avec Tony Ross, l’illustration multiplie les lectures.

Je voulais un chat et j’ai une soeur / L. Froissart ; K. Dupont-Belrhali. - Milan. 2013

« Je veux un chat ! » exprime la narratrice. « Et un jour, paf, ils me font une soeur ! » « C’est comme à Noël : on commande quelque chose, et on a toujours autre chose ! » C’est avec ce ton direct et très drôle que l’on découvre les premiers moments de cohabitation entre Zelda et sa petite sœur. Elle trouve au départ qu’un bébé apporte les mêmes désagréments que lui opposaient ses parents à propos du chat mais au final, une sœur, ça a du bon...
Dessins naïfs et très colorés, humour infaillible dans les scènes de vie familiale, un livre hautement vivant, un brin délirant !

Jules le plus beau bébé du monde / K. Henkes. - Kaléidoscope

Lili adore son petit frère... jusqu’au jour de la naissance. Là, les choses se gâtent car il lui fait de l’ombre. Elle prend le contre-pied des admirateurs. Mais quand sa cousine abonde dans son sens, Lili est la première à défendre farouchement son petit frère. La malice de Lili est renforcée par les images de style BD.

Les larmes d’Emma / D. de Bournazel. - Ecole des loisirs. - (Pastel)

"Maman câline le bébé. Emma compte pour du beurre." Elle est inconsolable. Il faudra toute une mer de larmes pour que navigue une nouvelle famille sur un lit-bateau où chacun trouvera sa place.
Le sérieux du propos est allégé par une situation poussée à son paroxysme et par le ton alerte qui s’inspire des nursery rhymes.

Ma maman a besoin de moi / M. P. Walter ; C. et D. Millet. - Bayard. - (Les trésors des Belles histoires)

Problème du grand frère qui veut trop s’impliquer à la naissance de sa petite soeur, importune en réalité plus qu’il n’aide, culpabilise dès qu’il s’absente et de ce fait ne vit plus sa vie de petit garçon. Avec le temps, il comprendra où est sa place. A noter : c’est une famille noire qui est mise en scène et les mimiques du petit garçon sont très expressives.

Ma vie avec le monstre / R. Graham ; S. Varley. - Gallimard

Pour Mathias, le grand frère, il y a la vie avant et après l’arrivée du "monstre". Et si, dans un premier temps, il n’en voit que les côtés négatifs, tout finira pas s’arranger... Tout le charme réside dans l’attitude perplexe du grand ; quant au petit, on ne voit que les résultats de ses bêtises.

La maman de Jules attend un bébé / C. Lamblin ; R. Faller, C. Roederer. - Nathan. - (Croque la vie)

Une mise en image express du temps de la grossesse, vue par l’aîné. Les diverses réflexions de l’enfant sont exprimées sous forme de bulles ; un autre intérêt : la séance d’échographie, rarement représentée dans les livres pour enfants.

Le nouveau bébé / B. Graham. - Flammarion

Attente de la naissance, visite à l’hôpital, retour et installation du bébé à la maison vus par son frère et sa sœur. Pas d’animosité de leur part mais un temps d’adaptation. Cet ouvrage paru précédemment en 4 volumes séparés, édité ici en 1 seul, peut sembler un peu long.

Un petit frère pour Nina / C. Naumann-Villemin ; M. Barcilon. - Kaléidoscope

Nina semble prête à accueillir son petit frère mais des angoisses, symbolisées par un monstre cauchemar, la titillent toutes les nuits. Mais elles seront bien vite dissipées quand le bébé sera là en chair et en os. Les mimiques de Nina illuminent et renouvellent ce thème classique.

Petite soeur / Iris de Moüy. - Ecole des loisirs. (Loulou & Cie). 2014

Un grand frère raconte. Il était tout seul et puis un jour, sa petite soeur est entrée dans sa vie...A petits pas d’abord, bien trop petite pour jouer. Alors le grand frère lui a donné du lait, encore et encore, jusqu’à ce que page après page, elle devienne assez grande pour partager ses aventures et son imaginaire, court, grimpe, nage, lise avec lui dans une explosion de couleurs ! Mais chut...quand vient le soir, ils s’endorment désormais dans une belle complicité. Le pinceau à la fois vif et délicat d’Iris de Moüy traduit à merveille la tendresse qui unit l’aîné et la petite, et sa palette habituelle entre le noir et blanc et les aplats de couleurs rend palpables l’énergie et la joie des jeux désormais partagés. Un album plein d’amour.

Une petite sœur pour Fenouil / B. Weninger ; E. Tharlet. - Nord-Sud

Toute la famille se réjouit de l’annonce d’un nouveau bébé. Fenouil lui ne dit rien. Tous ses amis lui dépeignent un tableau qui ne l’enchante guère. Mais il va très vite se sentir investi de son rôle protecteur de grand frère.

Pétronille et ses 120 petits / C. Ponti. - Ecole des loisirs

Où l’amour démultiplié est possible.

Quand le nouveau bébé arrive, moi je m’en vais / M. Alexander. - Duculot

Les réactions violentes d’un petit garçon vis à vis de sa mère lorsqu’il apprend la venue du bébé. Tons pastel, images dépouillées.

La tototte / B. Lindgren ; O. Landström. - Ecole des loisirs

"Benny a un petit frère. Il en voulait un, et maintenant, il en a un." Sauf que maintenant, il est plus attiré par la tototte du petit frère que par le petit frère lui-même... Une économie de langage, des visages expressifs, des situations cocasses... Humour et subtilité.

Tout change / A. Browne. - Kaléidoscope

Le père de Joseph Kah lui a dit que "les choses changeraient bientôt". L’enfant resté seul à la maison voit son environnement familier prendre des airs bizarres. Tout redeviendra normal avec l’arrivée du bébé. On retrouve dans ce livre tout l’univers onirique et surréaliste d’A. Browne.

Le tunnel / A. Browne. - Kaléidoscope

Un tunnel mystérieux exploré par un frère et une sœur qui ne s’entendent pas, va changer leurs relations. Le symbolisme des images propose plusieurs lectures.

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6-9 ans


Alors je m’en vais / E. Seron ; E. Seron. - Ecole des loisirs. - (Pastel)

« Mon petit frère est arrivé. Il ne repartira pas. Alors aujourd’hui, c’est moi qui m’en vais. » Cette grande sœur préfère affronter la Bête dans la forêt plutôt que de rester à la maison. Mais elle se découvre à cette occasion des talents de protectrice...
L’une est neuropsychologue, l’autre illustratrice, les deux sœurs forment un joli tandem pour aborder, de façon originale et subtile, l’arrivée du petit frère. L’illustration est particulièrement réussie dans l’opposition petits / grands et, entre les deux, cette petite fille aux manches trop longues qui navigue entre deux territoires mais se sent prête à accoster vers une terre méconnue, la responsabilité.

Un bébé ? Quelle drôle d’idée ! / F. Joly ; R. Capdevila. - Hachette

Lorsque Gudule apprend l’arrivée du bébé, elle est furieuse. On ne lui a pas demandé son avis. De plus tout le monde en classe est unanime : un bébé c’est assommant. Mais Gaston est si mignon !

Le bisou magique / A. Mets. - Ecole des loisirs

Sourizio, même s’il a beaucoup de mal à supporter sa petite sœur, ne peut tolérer qu’une sorcière la transforme en grenouille. Le bisou magique symbolise le début d’une relation de complicité. Subtilité des situations et des sentiments, texte rythmé.

La chose / B. Fontanel ; A. Huard. - Sarbacane

Ces deux chiens de pedigree exceptionnel ne se sont toujours pas remis de l’arrivée de la chose. Les pauvres racontent comment ils n’ont rien vu venir, quel choc cela a été de voir leur train-train ainsi chamboulé... Si eux ont été un peu naïfs, le lecteur, grâce aux illustrations très vivantes et chamarrées, comprend ce qui a échappé aux deux chiens chics et délicats...
Ces deux bouilles attentives et perplexes, au langage châtié, sont en total décalage avec la vie des hommes. De quoi nourrir une vision résolument drolatique et décalée du bouleversement que représente l’arrivée d’un nouveau né !

Lili Moutarde / E. Reberg, B. Despres, C. Oriol. - Petit à Petit

C’est l’humour qui domine dans cette adaptation en bande dessinée d’une comédie musicale de Christiane Oriol. On reconnaît tout de suite le trait de crayon de Bernadette Després, l’auteur de Tom Tom et Nana. Lili Moutarde habite tout naturellement… Dijon ; fille unique elle s’ennuie et désire un petit frère. Ce sont des triplés qui arrivent. Lili Moutarde va vite se rendre compte qu’ils sont insupportables et décide de les envoyer au bout du monde. C’est le diable que les enfants rencontreront…
La voix un peu rauque et sympathique de la narratrice fait le lien entre 20 chansons qui sont les épisodes de ce périple … Un voyage loufoque et fantaisiste pour lire, chanter et danser à partir de 6 ans.

Marie Martin / G. Mebs ; R. S. Berner. - Gallimard. - (Folio Cadet bleu)

David est enfant unique. Ses parents lui annoncent la venue d’un nouveau membre dans la famille. Ils l’impliquent très tôt, lui demandent de choisir le prénom, lui expliquent sa responsabilité de grand frère. Les chapitres suivent les différentes phases, les émotions plus ou moins enthousiastes de David, retracent le bouleversement que représente l’arrivée d’un nouveau bébé dans la vie d’un enfant.

Mon meilleur ennemi / S. Lee. - Alice. - (Histoires comme ça)

Tout le petit monde chaleureux et parfait de Micky s’écroule à la naissance de Momo. L’originalité de cet album réside dans le fait que l’auteur s’autorise à laisser éclater cruauté et sadisme de l’aîné envers le trouble-fête. Rassurez-vous, les fantasmes exprimés sont diaboliques mais l’issue ne sera pas fatale !
Les illustrations malicieuses des 2 gamins espiègles dédramatisent le propos irrévérencieux.

Une petite soeur / C. Lécullée ; A. Laprun. - Actes sud. - (Benjamin)

Le narrateur de cette histoire raconte les étranges bouleversements à la maison depuis la fameuse annonce : « Maman a un bébé dans le ventre ». On lui explique pas à pas toutes les étapes, on le rassure : sa petite sœur ne prendra pas sa place. Le voilà fin prêt pour accueillir la nouvelle venue à la maison non ? La chute est à la hauteur des réactions décalées que peuvent avoir les enfants...

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9-12 ans


Alice au pays des Mongols / U. Kuckero. - Bayard. - (Estampille)

Alice est têtue et sait ce qu’elle veut. Et dernièrement, elle a émis le souhait, la volonté même, d’aller en Mongolie, parce que, disent certains, c’est de là qu’elle viendrait. Mongolie, mongolienne… Par un heureux hasard -mais y a-t-il des hasards- Alice, sa sœur jumelle Zoé et leurs parents partent pour la Mongolie et le voyage va prendre un tournant fort étonnant lorsque qu’Alice se perd et rencontre Bayaraa, 11 ans, d’une tribu nomade. Sa famille les accueillera tous. Les moments passés ensemble vont être exceptionnels, d’une densité qui laissera chacun totalement transfiguré. Car Alice, la petite Alice si différente, si touchante et si fantasque par moment, possède aux yeux de la famille mongole, un statut tout particulier.
Bayaraa et Zoé se partagent la narration de ce roman qui, entre tradition, ésotérisme, chaleur humaine et ouverture d’esprit, nous offre un moment de lecture dépaysant et surtout très respectueux de l’autre. Alice, figure centrale, nous fait passer du rire à l’émotion.
Autre lecture
Zoé a une sœur jumelle trisomique très sûre d’elle et pleine de vie qui s’imagine avoir été adoptée et venir de... Mongolie ! Alors, lorsqu’elle remporte un concours avec comme prix un voyage vers la destination de son choix, elle n’a aucune hésitation. Et c’est là que le roman devient vraiment intéressant. La rencontre entre les deux cultures est particulièrement bien décrite et très réaliste. L’auteur nous amène à découvrir ce pays à travers le regard des deux sœurs. Il mêle avec beaucoup de bonheur conte, documentaire et relation entre les êtres humains. Les personnages sont bien denses, les paysages magnifiques et le récit est bien présent. Une vraie réussite !

Anastasia Krupnik / L. Lowry. - Ecole des loisirs. - (Neuf)

Ses parents attendent un petit frère ? Anastasia, 10 ans, quittera donc la maison. Ses parents lui suggèrent cependant de rester jusqu’à Noël et de choisir le prénom. Elle veut bien y réfléchir...
On s’attache rapidement au tempérament trempé d’Anastasia que l’on retrouvera dans d’autres aventures.

Des cerises plein les poches / A. Cousseau ; M. Cabassa. - Rouergue. - (Zig Zag)

9 jours avant de devenir grand frère ; 9 jours où Tom, impatient, s’interroge sur les mystères de la naissance, se remémore le bébé qui avait failli naître, quelques années auparavant, se demande quel est le meilleur cadeau à offrir au nouveau venu... 9 jours avant que naisse Zoé ...

Frérot Frangin / T. Maricourt ; Tardi. - Sarbacane

Frérot, Frangin... le petit, en classe de neige à l’hôtel Zinzin, écrit à son aîné, à l’hôtel Zonzon et chacun raconte son quotidien. Les parallèles sont possibles, mais l’ambiance radicalement différente. Leurs échanges amènent des réflexions sur la justice, l’injustice, la vengeance... et consolident surtout une relation très forte.

Le jour des bulles / C. Ribeiro. - Actes Sud. - (Les premiers romans)

Encore un petit garçon pour qui l’annonce de la grossesse de sa mère n’est pas une bonne nouvelle ! Au fil des mois, Lucas observe, apprend, se révolte, s’interroge et reste quoi qu’il arrive très méfiant... Le malheur annoncé se transformera à la maternité en une grande émotion.

Ma mère zéro / M. Hof. - Seuil. - (Chapitre)

Fé et sa soeur Bing ont été adoptés. Lui est né d’une mère bosniaque réfugiée aux pays-bas, elle a été abandonnée en Chine. Jusqu’alors, tout se passait bien dans cette famille dissemblable mais très unie. Mais aujourd’hui Fé se demande d’où lui vient son talent de dessinateur, voudrait savoir qui est sa mère zéro, appelée ainsi pour laisser la place numéro un à sa mère d’adoption.
Roman très sensible, l’auteur évoque les nombreux sentiments qui traversent Fé et sa famille. Car si Fé passe par tous les doutes et questionnements, peur et enthousiasme, ce n’est pas facile non plus pour les parents, et surtout pour Bing qui elle, sait qu’elle ne pourra jamais identifier sa mère. Mais la famille, qui est beaucoup dans l’échange et la discussion, dépassera l’épreuve.

Ma petite soeur s’appelle Prématurée / S. Panet et P. Penot. - Ecole des loisirs. - (Neuf)

Barnabé n’en revient pas de la dernière lubie de ses parents : faire un bébé pour honorer un pari. Le bébé en question naîtra prématuré et mobilise toutes les énergies. Le garçon réfractaire se laissera attendrir lorsqu’il verra la vulnérabilité de l’enfant et comprendra l’angoisse qu’a du traverser la mère.

Otto portrait / K. Mazloumian. - Rouergue. - (Zig Zag)

Otto voulait bien un grand frère, mais pas vraiment un petit. Pourtant, il doit bien composer avec ce nouveau venu, "tellement adorable". Lui aussi pourrait s’accorder à le trouver merveilleux s’il n’avait ce terrible sentiment de n’être plus que le brouillon de ce frère si parfait. Les parents tentent bien, un peu, de lui expliquer qu’"on peut être unique...sans être enfant unique", Otto s’enfonce dans la solitude et le mal-être. Il faudra le regard admiratif du petit frère devenu grand pour redonner à Otto une véritable place dans la famille.

La petite caillotte / C. Clément. - Bayard. - (Estampille)

Si elle a eu au départ du mal à accepter son petit frère Titou, parce que sa mère est morte juste après sa naissance, elle ferait tout pour lui maintenant. D’autant qu’elle est la seule à se préoccuper réellement de son bien être, au milieu d’un père en colère, d’un grand frère qui l’ignore, et d’une grand-mère qui fatigue. Chacun a réagi différemment à la mort de la mère...
Quand il est question de placer Titou en famille d’accueil pendant la semaine, Line se révolte. Et elle trouvera une aide inattendue : un grand ours, menacé lui aussi, mais que Line associera à sa grande lutte !
Une histoire forte sur le deuil qui plaira aux plus jeunes dès 9-10 ans.

La préférée / S. Jaoui. - Casterman. - (Comme la vie)

C’est le point de vue de la sœur aînée que l’auteur privilégie ici. Celui d’Emma, qui investit dans le piano tout le temps et l’énergie qu’elle ne reçoit pas de sa mère, trop occupée à s’occuper de la petite Alienor atteinte d’autisme. La place de l’autre, celle qui a tout et ne devrait pas se plaindre...

Qui a tué Michka ? / I. Cohen-Janca. - Rouergue. - (Dacodac)

Nora est chamboulée depuis quelques temps. Le déménagement dans une nouvelle maison, l’arrivée d’une petite sœur, la disparition de son ours Michka, ses résultats scolaires en baisse... Et sa mère qui, elle en est sûre, ne l’aime plus... Nora s’enferme dans son malaise. Lorsque sa mère lui remet entre les mains son fameux Michka, celui-là même qui contient en son ventre tous ses secrets, le dialogue, enfin, pourra se restaurer. Ce petit Michka sera à la fois la source et la clé de leur brouille, mais il est évident que celles qui étaient unies par une telle complicité ne pourront que se retrouver.
Autre lecture
Nora devrait être heureuse : toute la famille vient d’emménager dans une grande maison, une « vraie » maison, comme dit sa mère, avec un jardin, un grenier, une mémoire. Mais depuis, Nora ne va pas bien, elle est même devenue une « mauvaise élève » à l’école. Est-ce à cause du déménagement ? Ou parce qu’une petite soeur vient d’arriver dans la famille ? Surtout, pourquoi sa maman ne lui dit-elle plus aucun mot d’amour, est-ce parce qu’elle devient grande ? Ce qui inquiète aussi beaucoup Nora, c’est la disparition de Michka, son ours en peluche, dans le déménagement. C’est sa tante Pauline qui le lui avait offert quand elle avait cinq ans, et il était devenu plus qu’une peluche, un vrai confident, comme un journal intime. Car c’est à lui que Nora confiait tous ses secrets, et ses secrets, Nora a très peur que quelqu’un les ait découverts. Aussi, quand elle trouve par hasard dans la boîte à couture de sa maman, un petit bout de feutrine ressemblant très fort à la patte de Michka, Nora ne voit qu’une solution : s’enfuir loin de la maison, comme Michka le petit ours, dans l’histoire que lui racontait sa tante quand elle était petite.
Une fable très émouvante racontée avec justesse et sensibilité par Irène Cohen-Janca, sur les relations parfois difficiles entre mère et fille et sur l’importance des lieux où l’on vit quand on est enfant.

Requin-Baleine ou comment naissent les petits-frères, les petites soeurs et les étoiles filantes / A. Cousseau ; A. Grandin. - Oskar. - (Trimestre)

Maud est absorbée par un reportage à la télé sur le requin baleine. Mais sa concentration semble bien cacher une autre préoccupation : l’arrivée d’un petit frère ou d’une petite sœur. Avec sa grand-mère, l’attente, l’inquiétude et la joie se mélangent, l’occasion de parler de la vie : celle, confuse, en soi ; celle, mystérieuse, qui nous englobe.
La vie comme un grand tout.

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12-15 ans


L’ attache / F. Robert. - Ecole des loisirs. - (Médium)

Igor et Emma sont séparés suite au décès soudain de leurs parents. Emma est aussitôt adoptée par un couple d’amis de leur mère et Igor envoyé en institut jusqu’à son adoption par un couple de paysans. Nous suivons le lent cheminement personnel d’Igor pour se reconstruire. Le récit est très beau. L’écriture est constituée de phrases courtes qui rendent le livre facile à lire en dépit du peu de dialogues. Igor va tout d’abord tenter de retrouver sa sœur mais ses échecs vont vite l’amener à vivre sa vie en mode bémol, avec indifférence. Mais peu à peu, il va devoir s’ouvrir au monde qui l’entoure, à la ferme, à la campagne, à ses camarades, à lui-même.
Quelle force accorder aux liens ? Peut-on reconstruire une relation déchirée ? Quelle valeur, quelle place donner aux parents adoptants qui vous ouvrent leur cœur ?
Un coup de cœur pour ce livre qui peut se lire de 12 à 77 ans !
Autre lecture
L’écriture particulière et très belle, précise et sensible, dit au plus près de l’intime l’errance d’Igor. Une errance formalisée par un texte non chapitré qui va et vient entre passé et présent, pelote impossible à détricoter interdisant ainsi l’accès à l’avenir.
Avant, Igor vivait à Paris avec sa sœur jumelle, ses parents aisés. C’était avant la mort des parents, avant la séparation intolérable d’avec sa sœur.
Aujourd’hui, il vit chez ses parents adoptifs, paysans, à propos desquels il pense : "Ils n’ont rien compris à ce que je suis, ils ont adoptés une poupée, un pantin, un doudou, un truc," Comment savoir qui il est ? Son passé est rasé, ses parents adoptifs lui dénient le peu qu’il sait de lui, il ne sait où est sa sœur… Comment vivre seul avec le sentiment si fort d’être lié à l’autre, d’abord dans la douleur et le manque, puis, après les retrouvailles, dans la plénitude de se savoir entité à part entière connecté à l’autre dans une évidence retrouvée… Telle est la force de ce roman où l’émotion pudique de tous les personnages cueille le lecteur, envoûté.

Celui qui manque / A. de Lestrade. - Alice. - (Tertio)

Dans cette famille nombreuse, Violette se sent envahie. Seul Moon, le plus jeune, lui inspire "une sorte de "sororité". Pas question pour autant de jouer la grande sœur cet été-là, Violette est heureuse de retrouver son amoureux. Mais la période bénie des vacances ne tiendra pas ses promesses de bonheur, le drame impose une autre réalité : Moon s’est noyé dans la piscine. Qui a laissé la porte ouverte ?
Un texte très court, comme le couperet que représente la mort, qui aborde les étapes du deuil et se clôt sur les lendemains plus sereins, lorsque la vie reprend son court, avec celui qui manque
Un "journal d’auteur" explique les circonstances qui ont poussé Agnès de Lestrade à écrire ce texte, comme un partage de deuil.

Autre lecture
Grâce à une très belle écriture mélodique et visuelle emplie de métaphores et de personnifications enfantines ("notre maison venait de fermer les yeux pour un mois"), l’écrivain parvient de manière très fine à introduire le thème de la perte d’un être aimé à travers le regard d’une adolescente. L’effervescence et la joie d’une famille, suscitée par la perspective des vacances, plonge d’emblée le lecteur dans une atmosphère qui lui permet de s’identifier immédiatement à la jeune fille. L’intériorité de Violette rehaussée par une mise en page visant à mettre en relief certaines phrases à caractère synthétique frappe le lecteur par leur force émotive et réflexive ; suite à la mort de son petit frère celle-ci s’exclame : « Personne ne comprenait comment il avait pu nous faire ça ». En d’autres termes, la disposition judicieuse des phrases tout en permettant de souligner la « justesse » du ressenti de la jeune adolescente, convie le lecteur (adulte ou adolescent) à reconnaitre l’aberration de la mort et à engager une réflexion sur l’existence entière… La mort qui entraîne irrévocablement le sentiment de culpabilité amène Violette à se croire responsable de la disparition de son petit frère. En effet, sa soif d’indépendance annexée à l’envie de s’émanciper d’une famille aussi attachante qu’encombrante n’était-elle pas à l’origine de cette perte ?
A l’image d’un parcours initiatique, la jeune fille traverse toutes les phases du deuil : sentiment d’irréalité suscité par le traumatisme, colère, culpabilité puis douleur mise en mot : larmes ; jusqu’au rejaillissement de la vie.
La chaleur du style déployant à la fois l’amour de la jeune fille pour son petit frère et la bienveillance de l’atmosphère familiale qui malgré la douleur de l’épreuve « continuera à vivre » permettent de faire accepter un thème difficile qui loin d’être traité de manière morbide s’insère dans la vie.

Le ciel est partout / J. Nelson. - Gallimard. - (Scripto)

Bailey la sœur de Lennie est décédée brutalement et laisse celle-ci en grand désarroi. Elles étaient très proches l’une de l’autre et Lennie lui vouait une véritable adoration. Elles étaient d’autant plus liées que leur mère les avait abandonnées dans leur petite enfance, les laissant à la charge de leur grand-mère. Lennie va devoir apprendre à grandir, aimer, vivre sans être dans l’ombre de sa sœur. Les personnages sont originaux dans ce livre : une grand-mère peintre qui met de la symbolique jusque dans les plantes, un oncle volage savant fou revenu vivre là aussi, un jeune prodige en musique....
Certaines situations sont audacieuses pour un roman jeunesse : Lennie et l’amoureux de sa sœur ont une relation plus qu’équivoque liée au refus de la mort de celle que l’un et l’autre aimaient plus que tout. Un récit qui ne laisse pas indifférent.

Comme frères / A. Fogelin. - Flammarion. - (Tribal)

Ben, 13 ans, est vraiment impatient de passer les prochaines vacances de Noël dans les Keys, près de la mer. Une perspective excitante pour lui et sa famille qui ne voyage guère. Petite ombre au tableau, il faudra veiller sur Cody, son petit frère qui ne sait pas nager. Et puis, il y a cette gamine de 11 ans qui s’incruste et ne cesse de ramener sa fraise… Entre agacement et admiration, Ben n’est pas insensible à cette Mica tellement indépendante et précoce qui voyage sur le bateau de son père à longueur d’année. Ces vacances vont constituer une période initiatique, comme une parenthèse durant laquelle Ben confronté à la responsabilité de soi et des autres, grandit d’un coup. Les jeux d’enfance ne sont pas loin mais il ose dorénavant aller de l’avant et franchir, pourquoi pas, le cap du premier baiser avec celle qu’il aime en secret ?

La dernière licorne / E. Kavian. - Mijade

Anna et Paula sont deux sœurs inséparables et très complices. Un jour, elles tombent dans l’escalier. L’aînée protège Paula, tombe la tête la première, devient aphasique, avec des troubles du comportement. La culpabilité de Paula la cadette est terrible. Et les relations sont à reconstruire : la mère qui surprotège Anna, Anna qui bien sûr n’est plus la même… Tout cela est bien décrit et très justement exprimé. On peut s’interroger sur la vraisemblable de certaines des situations lorsque se greffent l’euthanasie du grand-père et l’hospitalisation d’Anna (en réalité, Paula se fera passer pour sa sœur, pour l’aider à prouver son indépendance). Mais il est intéressant de voir Paula entrer dans la peau d’Anna et, par là, trouver sa propre identité. Un beau roman sur la différence, plein de sensibilité et d’amour.

Grève ! / I. Rossignol. - Ecole des loisirs. - (Théâtre). 2013

Depuis la mort de sa femme, le père de Natacha et Pauline a baissé les bras. Ses filles vont tenter, tour à tour, de lui faire reprendre le chemin de la vie. Grève, ultimatum, douceur, tous les moyens sont bons pour retrouver leur père.
Une pièce en six scènes pour évoquer la peur, la tristesse, l’impossible deuil d’un être cher mais aussi le pouvoir du langage et des mots pour continuer à vivre malgré tout. Un livre qui sonne juste.
« Dimanche 6 mars : plus de lait ni de chocolat pour le petit-déjeuner. Lundi 7 mars : boîte de céréales vide et toujours pas de lait ni de chocolat. Mardi 8 mars : sans la cantine, je n’aurais mangé qu’une tranche de jambon aujourd’hui. Mercredi 9 mars : la situation est identique à celle d’hier. »

Le jeu du chevalier / K. Pearson. - Albin Michel. - (Wiz)

Canada, fin des années 50. Après la mort accidentelle de leur mère, cinq enfants se réfugient dans un jeu mené par Sébastien l’ainé : ils deviennent les Chevaliers de la table ronde dont ils respectent les comportements supposés dans leur vie quotidienne (« Tu ne mentiras pas, tu ne pleureras pas » …) , se retrouvent dans une cabane pour des lectures ou des cérémonies « secrètes », se créent un monde à part réservé uniquement à eux cinq. Cette fuite dans l’imaginaire est d’autant plus facile que leur père s’est enfermé dans son travail et son bureau et laisse finalement les enfants livrés à eux-mêmes.
Sébastien à la tête de la tribu familiale prend en charge le quotidien avec Rose et Carie (la narratrice). Il se sent héroïque et chevaleresque. Il est chevalier, il est Lancelot, et ses frères et sœurs sont écuyers, pages, chevaliers ! Sébastien perd bientôt tout discernement, persuadé d’être une réincarnation de Lancelot. Le jeu tourne au drame...
C’est un roman vraiment prenant qui aborde la difficulté du deuil auquel chacun tente d’échapper : silence sur la disparue dont on ne parle jamais en famille, refuge dans la solitude, rejet du monde extérieur, tentative d’échapper à la réalité. Il montre aussi quel chemin il faut parcourir pour retrouver un équilibre et une autre manière de vivre. Tout en abordant un thème grave, le texte n’est pas pesant, on découvre au fil du récit l’enjeu véritable du jeu mis en place, vécu comme des instants plaisants et amusants puis sa remise en cause parce que chacun grandit et a besoin de s’ouvrir au monde.

Le journal de ma sœur / A. Poiré. - Seuil. - (Chapitre)

Pas toujours facile d’avoir une grand sœur. Chamailleries, jalousies, mais liens très forts malgré tout. Que reste-t-il après la mort ? Comment gérer la culpabilité ? Les petites vacheries, l’amour qu’on n’a pas dit, puis la difficulté de trouver sa place dans une famille meurtrie, sans oser s’affirmer. Patrice tente tant bien que mal de faire face mais il ne retrouvera la sérénité qu’en trouvant la preuve, en lisant le journal de sa grande sœur, qu’elle l’aimait.
Roman sur le deuil un peu rapide mais assez bien senti.

Ma sœur vit sur la cheminée / A. Pitcher. - Plon

Pour Jamie, 11 ans, narrateur de cette histoire, la vie est semée d’embûches. Depuis que Rose, la jumelle de Jasmine, est morte dans un attentat à Londres, son père boit, sa mère est partie avec un autre homme et Jasmine, qui tente d’exister par elle-même, ne se nourrie presque plus. Mais elle, au moins, est là pour son frère et inversement. Et heureusement car les adultes ne gèrent plus rien. Soumya est là également, nouvelle camarade de classe, mais son père ne doit rien savoir de leur amitié : ce sont les musulmans qui ont tué sa fille et il leur voue une haine farouche et aveugle. Les choses vont de mal en pis mais James n’est pas prêt à laisser sombrer sa famille. Il est persuadé qu’une émission de téléréalité peut les sauver.
C’est toute la souffrance d’une famille qui est disséquée ici, avec la solitude dans laquelle chacun se mure. Mais la solidarité entre James et Jas, plus forte que le drame, permettra à chacun de se relever.
Larmes assurées pour peu qu’on se laisse porter par l’histoire. Mais le regard plus détaché du jeune Jamie évite le mélo et assure au roman dur et intense une note d’espoir…

Moi, mon frère et le nouveau / M. Heesen. - Thierry Magnier

Le milieu dans lequel évolue Toon, le narrateur, son frère aîné Jan et leurs parents est particulier puisqu’ils sont famille d’accueil. Ils voient ainsi défiler des enfants et adolescents aux parcours singuliers, difficiles. A travers 6 chapitres et autant de portraits de personnages qui arrivent et repartent de la vie de Toon, nous suivons les histoires parcellaires d’êtres blessés que le jeune Toon tente de comprendre et accompagner tandis que son frère Jan s’agace et se révolte contre tous ces chamboulements. On ressent le besoin des garçons d’être enfin seuls en famille. Il est pourtant évident par ailleurs que le contact des autres enfants les déroutent, les interrogent, les font mûrir. Le lecteur vit toutes ces interactions au rythme de Toon, dans un style haché, avec un manque apparent de recul qui montre un narrateur tour à tour inquiet, pantois, décontenancé, impatient aussi...
Une auteure néerlandaise qui après Le jour de toutes les dernières fois, nous invite dans une ambiance à la fois inquiétante, drôle, cruelle et très tendre.
Autre lecture
C’est la vie de Toon, 10 ans, qui serait totalement banale, voire ennuyeuse entre son frère aîné Jan et ses parents. Mais ceux-ci ne résistent jamais quand ils sont contactés par les services sociaux pour être « famille d’accueil ». C’est ainsi que défilent Rufus, Gerrit, Aquila et bien d’autres, qui viennent ainsi pimenter le quotidien d’une famille si ordinaire…
Chaque enfant accueilli fait l’objet d’un chapitre, comme un recueil de nouvelles où domine chaque fois une tonalité différente : fantastique, humour, émotion… Un livre qui se lit avec plaisir, qui dédramatise le sujet des enfants placés, même si parfois le lecteur reste un peu sur sa fin et aimerait en savoir plus sur le devenir ou l’évolution de certains enfants !

Pourvu que tu m’aimes / V. Campomar. - Seuil. - (Karactère(s)

Voici un an que Mathilde a perdu sa sœur et tous autour d’elle imaginent que chacun de ses gestes, de ses paroles, est influencé par ce deuil et sa peine. Elle étouffe parce qu’on ne lui reconnaît le droit d’être soulagée par la mort d’une sœur aînée qui multipliait les remarques humiliantes et assassines. Néanmoins, auprès de sa grand-mère, elle peut véritablement être elle-même et lui confier ses tourments. Elle comprend aussi grâce à elle -et malgré elle- que leur rancœur pourrait bien trouver sa source dans le passé, dans les relations entre cette grand-mère et sa sœur. Forte de ce passé, elle se sent le courage de révéler à ses parents qu’elle ne peut partager comme ils l’imaginent leur peine immense.
Un roman qui ose dire la haine dans la fratrie, en dépit du deuil.

Route 225 / C. Fujino. - T. Magnier

Une ado de 14 ans et son frère de 13 se retrouvent étrangement prisonniers d’un monde parallèle, très ressemblant au réel et dont ils ne peuvent sortir malgré leurs raisonnements et leurs essais. L’écriture est simple, basée essentiellement sur les dialogues du frère et de la soeur, et sert remarquablement le rendu de la vie psychique adolescente : angoisse, humour grinçant, sexualité sous-jacente, interrogations sur ce que l’on quitte et ce que l’on trouve.
L’histoire peut se lire à plusieurs niveaux : un niveau "simple" qui serait un récit fantastique, un niveau secondaire qui rendrait compte du mécanisme de défense psychologique de deux jeunes sous le choc d’une perte brutale (en l’occurrence la disparition des parents).
Un livre fascinant à plusieurs points de vue, qui en a dérouté plus d’un.

Une vie merveilleuse / D. Brisson. - Syros. - (Tempo+). 2014

Un concept original : dérouler l’histoire à partir d’un mot dont la première lettre correspond à chaque fois à une lettre de l’alphabet.
Dès la lettre A, on comprend qu’il va arriver quelque chose à la sœur du narrateur et le suspense augmente au fur et à mesure qu’on la voit « sombrer ». Chaque chapitre nous dévoile un peu plus de leur vie en partant d’un mot. Le regard que le narrateur porte sur sa sœur et sur sa relation avec elle, la conception qu’il a de la vie, son éternel optimisme, tout cela est très prenant. Leurs prénoms dévoilés à la fin est comme la cerise sur le gâteau pour une fin en apothéose.
Autre lecture
Un abécédaire en hommage à sa sœur adorée. Yann ne reconnaît plus Zoé qui, à l’adolescence, devient colérique, renfermée, agressive. Elle qui était si enjouée, espiègle, imaginative est devenue solitaire et ne tolère que la présence de sa souris et -si peu- celle de ce frère qui se démène pour l’aider comme il peut (que font les parents ?). Même après le drame, il sera là, aux côtés de cette sœur aînée qui lui a, un jour, prédit une vie merveilleuse
Une crise d’adolescence dans ses paroxysmes, mais aussi une très belle relation fraternelle.
(A noter un passage sur Facebook et les lynchages décomplexés que l’on peut y lire).

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Pour les médiateurs


Un nouvel enfant arrive : la question de la maternité chez les plus petits (1-8 ans) : Minithèses de l’université de Lille3

http://jeunet.univ-lille3.fr//themes/famille/maternite04/maternite04.htm

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