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dimanche 25 septembre 2016

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Nos albums préférés

coup de coeur 4 petits livres de saison / M. Doray. - Ecole des loisirs. 2013

Comme le titre l’indique nous sommes en présence de 4 petits livres au format 12X12, enserrés dans un boîtier. Toutes les saisons se retrouvent dans chacun de ces albums destinés aux tout-petits. Par contre chaque album démarre avec une saison différente et l’histoire évolue justement en fonction de la date de démarrage. En effet, En été commence par des bébés lapins et se termine par d’autres bébés.... Au printemps, par la semence des graines de carottes qui poussent dans l’année et finissent sur le bonhomme de neige. En automne jouera sur les couleurs. Enfin En hiver opposera la joie des lapins au mauvais caractère de la taupe jusqu’à la saison des pluies et l’inversement de la situation. Le tout traité avec humour et joie.

coup de coeur Abécédaire en kit / J.-M. Mathis. - La Maison en carton. 2013

Voilà un abécédaire qui renouvelle le genre ! Il y a toujours les 26 lettres de notre alphabet classique mais elles s’invitent à une découverte ludique.
Sur la page de droite, la lettre indice : A comme...
Sur la page de gauche, des formes dispersées, à reconstituer comme un puzzle.
Si vous n’avez pas résolu l’énigme, dépliez le papier cartonné qui laisse apparaître la solution graphique sur fond coloré.
C’est facile ou délicieusement plus ardu mais c’est sûr, l’alphabet est un jeu d’enfant !
Bonus : le format de l’album, avec ses planches non reliées, permet de jouer en groupe.

coup de coeur L’ accumulateur à bidouilleries / L. Brient ; J. Grugeaux. - Winioux. 2013

Hector et Archibald vivent dans une toute petite maison écrasée par les gratte ciel mais sont heureux car ils ont la chance d’avoir une terrasse et un jardin sur leur toit. Tout est parfait jusqu’au jour où Hector lit une promotion et va tomber dans la frénésie "des bonnes affaires" à ne pas manquer... Leur vie sera alors envahie par le superflu au grand dam d’Archibald mais Hector ne s’arrêtera qu’à l’achat du catastrophique accumulatôr à bidouilleries.
Album à conseiller aussi bien pour le texte, le thème -consommation excessive et souvent inutile- et les illustrations.
Autre lecture
Chez Hector et Archibald, il n’y a pas grand chose. « Pas grand chose, c’est à dire tout ce qu’il faut. » Une idée du bonheur… Hector néanmoins se dit qu’il serait bête de se priver de ces bacs à glaçons en promotion et du congélateur offert en prime. Et de ces 13 arrosoirs. Et encore et encore plus… « Mais comment faisait-on avant ? » Hector s’emballe, achète, entasse, accumule, amoncelle…Bouuuumm ! Les voici tous les deux en possession d’une montagne de débris. Archibald ronronnant et Hector philosophant retrouveront la sérénité des matins simples…
Le format oblong et la double page qui se déplie participent du thème de la surconsommation qui envahit nos espaces de vie. Et nous pollue l’esprit. Jusqu’à la page de garde, les auteurs nous invitent, tout en légèreté, à prendre de la distance…

coup de coeur Ah ! Ernesto / M. Duras ; K. Couprie. - Thierry Magnier. 2013

« A l’école on m’apprend des choses que je ne sais pas ». Une bonne raison, selon Ernesto, pour ne plus y aller ! Le maître, consulté par les parents, fulmine :« l’instruction est obligatoire ». Les parents se désolent, ils sont d’accord sur un point : « un crétin (...) voilà ce que ce sera ». Mais Ernesto, sait ce qu’il veut et sait qu’il saura. « Par la force des choses ».
Ce texte méconnu de Marguerite Duras, unique œuvre jeunesse de l’auteure, défend l’idée de la liberté du savoir et de l’esprit critique, la connaissance rebelle fondée sur la curiosité.
Katy Couprie propose dans ses illustrations un chemin de découvertes comme une leçon de choses avec des compositions fantaisistes et un brin foutraques.
Édité pour la première fois en 1971 par Harlin Quist, cet album est accompagné ici d’un livre documentaire Ah ! Duras. Photos, lettres, extraits de tapuscrit corrigés par Marguerite Duras... constituent une approche métalittéraire de ce texte subversif. A découvrir pour l’année du centenaire de sa naissance (1914-1996).

coup de coeur La bonne humeur de Loup gris / G. Bizouerne ; R. Badel. - Didier. 2013

Le loup, d’excellente humeur mais également tiraillé par la faim, croquerait bien un animal. Il aborde ses futures proies (bélier, cochon, mouton, cheval) avec arrogance mais chacune se débarrasse du ballot par une ruse qui abime toujours un peu plus notre loup, très vite mal en point ! Réussira-t-il au final à assouvir sa terrible faim ?
Libre adaptation du conte populaire Le loup perd sa proie, cette histoire à répétition se révèle sans scrupule pour le carnassier. La bonne humeur du loup devient nôtre devant les illustrations désopilantes de Ronan Badel et le texte de Gilles Bizouerne qui invite spontanément à la lecture à voix haute !

coup de coeur Ca sent bon la maman / Emile Jadoul. - Pastel, 2013

C’est l’heure du coucher. Comme tous les soirs maman taupe lit une histoire à son Taupinou. Mmm, que c’est bon ce temps doux, lovés l’un contre l’autre... Mais quand vient le dernier bisou, tout se complique ! Taupinou ne peut pas dormir. La nuit fait trop de bruit, "plus que d’habitude". Il a peur. Alors maman, tendrement, défait son foulard et le laisse tout contre son petit, un peu d’elle auprès de lui..."et la nuit se calme"... Comment ne pas craquer devant tant de douceur et d’amour ? Par son trait, si sensible, par son ton, juste et apaisant, cet album est celui par excellence de l’objet transitionnel et des frayeurs nocturnes apprivoisées. Coup de coeur émerveillé pour ce petit bijou plein tendresse ! Ewa Bochenski

A partir de 2 ans

coup de coeur Chouette pas chouette / J. Mack. - Casterman. 2013

A la seule cadence de l’opposition Chouette / Pas chouette, l’histoire d’un lapin et d’un rat se déroule avec force rebondissements. Chouette, on va faire un pique-nique ; pas chouette, il pleut ; chouette, le lapin dégaine un parapluie... Ce dernier reste positif en toutes circonstances, jusqu’à ce que le rat, avec la grogne de trop, gâche l’ambiance. Définitivement ?
Le procédé aurait pu lasser très vite mais les évènements s’enchaînent dans un suspense continu ; les illustrations rajoutent au dynamisme de ce pique-nique champêtre mouvementé mais sauvé par une amitié indéfectible !

coup de coeur Couic ! / V. Strullu. - Ane bâté. 2013

« Par bonheur, je suis petite, maigre, moche et trop vieille pour avoir la chair tendre. » Phrase inaugurale qui dévoile son sens page après page, au fur et à mesure que notre gorge se sert... Les brebis sont soumises à diverses dangers naturels mais les plus redoutables viennent de « nos chers maîtres si affectueux... et tous leurs amis ! ».
Texte piquant et illustrations féroces, le livre est percutant, intelligent et participatif puisque les enfants sont sollicités : s’ils écrivent à la ferme et soumettent des idées pour que cessent ces Couic infinis, ils recevront une réponse.
NB : on aime les ours personnalisés qu’Ane bâté nous offre pour chaque album ; pour celui-ci : « Les pages de ce livre ne sont pas identiques aux feuilles de papier sulfurisées employées par votre boucher (...) Le rouge sang des illustrations provient d’une encre parfaitement végétale. »

coup de coeur Dis, tu dors ? / S. Blackall. - Didier. 2013

Il y en a une qui aimerait bien dormir mais son fils ne l’entend pas de cette oreille. Il veut des réponses à ses pourquoi, qui appellent d’autres pourquoi.
Elle est patiente et un brin épuisée, lui est curieux, malicieux, insatiable, mère et fils forment une équipe irrésistible.
Les expressions très réussies, dans des vignettes rondes qui renforcent la complicité, transforment cette insomnie en un moment inoubliable. Et pas de jaloux, le papa aura bientôt son lot de questions !

coup de coeur La faim de l’ogre / P. Favaro ; F. Malaval. - Vents d’ailleurs. 2013

Bodhi est promis à un grand avenir, hors du royaume de son père, mais auparavant il doit se mesurer aux ogres et ogresses. Il quitte le palais du roi avec 5 de ses frères. Ceux-ci se laisseront enjôler par « une suave mélodie », « d’exquises nourritures », de « subtiles odeurs ».... et seront avalés par des ogres et ogresses travestis. « Le monde ne manque pas de fous qui font de belles proies »...
« De ses sens il était resté maître », Bodhi aura encore à affronter la calomnie avant d’accéder au pouvoir, mais il n’en acceptera pas les oripeaux.
Adapté du Telapatte-Jataka, conte de la tradition bouddhiste, cet album a été inspiré aux auteurs par la visite d’un temple thaïlandais. Ils nous font découvrir la teneur de cette histoire traditionnelle et entrevoir, grâce aux 9 planches cartonnées associées à l’album, la technique de ces jakatas, images qui entrelacent les éléments narratifs au sein d’une foule de détails.
Le coffret propose ainsi une entrée par le texte, avec l’album, ou par l’image avec les 9 scènes, qui telles des dominos s’accolent et constituent l’ensemble de la scène graphique. Entre trame narrative et détails contemporains, l’illustration inscrit le conte dans une modernité et une universalité : peut-on exercer le pouvoir lorsqu’on est esclave de ses sens, de ses désirs ? Quelles résonances actuelles...

coup de coeur Le héron et l’escargot : une fable / M.-F. Chevron ; M. Magnan. - Editions courtes et longues. 2013

Dura lex, sed lex. C’est sur ce postulat imparable que le héron s’apprête à gober un escargot, malgré ses suppliques. Ce dernier obtient malgré tout un ultime vœu, celui de « visiter les nuées, chatouiller les nimbus ».
La langue soutenue, un brin surannée et délicieusement désopilante se joue du concept de destin et de fatalité, dans une révérence qui nous invite à la réflexion. Les illustrations sont à l’avenant, à la fois superbement léchées et caustiques dans les détails (et les pages de garde). Oui, décidément, un vrai plaisir de lecture !

coup de coeur Il était une fois... : Contes en haïku / A. Domergue ; C. Hudrisier. - Thierry Magnier. 2013

20 contes en un tout petit format. Le pari est audacieux et réussi : un haïku et un dessin précis à l’aquarelle (par une Cécile Hudrisier méconnaissable), suffisent à distiller tout l’univers, toute l’essence du conte dans un minimalisme exceptionnel de précision, de force d’évocation.
« Porter à sa bouche
une pomme jalouse
parfum de poison
. »
Ou encore :
« Nuit cahotée
sous le poids des matelas
Aïe ! Un pois sournois
 »
Les enfants reconnaîtront les contes les plus connus, pour ceux qui leur résistent, les contes sont listés en dernière page.
Plaisir de la devinette, de la langue, de l’œil -avec ces pages de couleurs différentes, harmonieuses et délicates-, plaisir du conte réinventé...

coup de coeur La toile / Isabelle Simler. - Editions courtes et longues, 2013

Feuille à feuille, pétale après pétale, insectes, papillons, cailloux, une araignée artiste compose sa toile sous nos yeux, sur fond de paysage de bord de mer. Les mille et un traits d’Isabelle Simler, d’une finesse enchanteresse, aboutissent à ce merveilleux album qui tient de l’imagier, du livre-jeu d’observation, du cabinet de curiosité... Chaque double-page présente sur la gauche les spécimens d’une espèce ou d’une variété végétale/minérale, et sur la droite la "récolte" de l’araignée, l’occasion de remarquer une foule de détails et de faire des découvertes (avez-vous idée de toutes les nuances possibles chez les coccinelles ?). Le tableau final, avec un jeu de découpe du papier, offre une démonstration du pouvoir de l’imaginaire et de l’inspiration artistique. Coup de coeur. Ewa Bochenski

A partir de 3 ans

coup de coeur Le châle de grand-mère / Joanna Hellgren ; Asa Lind. - Cambourakis, 2013

Sous le châle de grand-mère, il y a le monde entier. Il y a des forêts, des bateaux, et on y réfléchit "comme en puzzle". Sous le châle c’est un abri pour échapper au brouhaha de la famille et des voisins, réunis pour la sortie d’hôpital de grand-mère. Après s’être fait gronder de tous côtés, deux petites cousines complices qui ouvrent grand les yeux sur la vie trouvent refuge derrière le tissu, sous le regard bienveillant de leur grand-mère. Si calme, si immobile, la vieille dame est si fatiguée. Sous le châle, c’est aussi le moment de se poser de graves questions...

Dans ce bel album aussi, il y a tout un monde. Le texte autant que l’illustration reflètent avec une exceptionnelle justesse les réflexions des petites filles, les liens tissés entre elles et entre générations. Justesse de ton aussi pour aborder la mort, qui clôt le livre, mais tout en douceur. Très touchant. Ewa Bochenski

A partir de 5 ans

coup de coeur Le lion et l’oiseau / M. Dubuc. - La Pastèque. 2013

Lion travaille dans son jardin, c’est la fin de l’été et nous apercevons les oiseaux migrer dans le ciel. Tout à coup l’un d’eux tombe à ses pieds. Lion prend alors la parole pour accompagner ses gestes jusqu’à la fin de l’album. Il soigne son nouvel ami durant tout l’hiver et l’intègre doucement dans sa vie quotidienne. Tout semble tellement facile à deux mais le temps passe plus vite également. Les oiseaux accompagnent le retour du printemps et le compagnon de Lion s’envole pour rejoindre les siens. Ce dernier se raisonne par un C’est la vie... et patiente jusqu’à l’automne suivant dans l’espoir de retrouver son ami....
L’auteure utilise les pages blanches comme des soupirs pour rythmer certains passages qui ne demandent pas de mots. Les illustrations quant à elles reflètent bien la tendresse de cette belle histoire d’amitié et de partage. La tignasse du lion en guise de nid, notamment, marque les esprits.

coup de coeur Maman est là ! Un conte enchanteur des steppes de Mongolie / I. Ganbaatar ; B. Bolormaa. - Syros

Venu du fond de la taïga, au cœur des neiges éternelles, ce conte de randonnée, originaire de Mongolie du Nord, nous invite au côté d’une maman qui, dans le creux chaleureux d’une Yourte, veille de tout son amour sur le sommeil paisible de son bébé. L’envergure maternelle de cette éleveuse de rennes distille une intensité propre à désarmer tous les dangers, même les plus redoutables… N’en déplaise aux nombreux renards malveillants en quête d’un enfant savoureux à se mettre sous la dent ! Oui, mais… Il reste que la maman doit parfois s’éloigner pour nourrir son bébé. Tandis qu’elle sort de la tente et rejoint son troupeau en entonnant son chant quotidien : « Turlutu ! Tourloutou ! Tirliti ! (...) Donnons plein de bon lait à mon bébé » le renard à l’affût du moindre manquement de la mère, rôde autour de la tente, s’apprêtant à tout instant à bondir sur l’enfant...
De vastes illustrations en pleines pages, dessinées aux crayons pastels, présentent un exotique chassé-croisé entre un félin rusé et une mère louve maitresse de la survie et de l’ingéniosité. Bref, « Maman est là ! » et les enfants pourront s’endormir rassurés.

coup de coeur Mon arbre / I. Green. - Didier. 2013

Un ravissement graphique que cette relation toute particulière d’un tout petit au monde, à sa mère... Aussitôt sorti de son cocon, il arpente son arbre, rencontre un chat et cherche avec lui où se lover. Il faudra tester plusieurs nids avant de trouver l’« endroit parfait pour moi et pour mon chat ! »
Nous aimons décidément beaucoup Ilya Green, qui fait encore une fois merveille avec ici un jeu d’opposition entre couleurs vives et harmonieuses et densité du noir. Elle suit l’enfant dans ses découvertes, l’encourage vers son autonomie et lui apporte au final une tendresse qui s’impose avec évidence...

coup de coeur La petite fille en rouge / A. Frisch ; R. Innocenti. - Gallimard. 2013

« Les histoires sont comme le ciel : changeantes, imprévisibles et susceptibles de vous surprendre sans protection. » Mais elles ont un avantage sur la vie : elles sont « magiques » et peuvent décliner d’autres fins... C’est ainsi balisée que se raconte l’histoire de Sophia, petite fille en rouge, qui doit porter quelques douceurs à sa mamie. La forêt se dessine, serrée et grouillante, en béton et très urbaine. Il y a les merveilles : musique, magie, mystères ; et les nombreuses tentations. De quoi se perdre en chemin et éprouver le danger... Les dangers plus exactement, indistincts, sourds, angoissants parce que protéiformes.
Mais n’oubliez pas, nous sommes dans une histoire, que nous pouvons maîtriser, peu ou prou... Alors choisissons notre fin (versions de Perrault ou de Grimm), éprouvons notre confiance en l’avenir avec ce conte moderne très réussi dans sa mise en abime, son graphisme très riche et sa capacité à réinventer un conte tellement revisité.

coup de coeur Le procès / S. Henrich. - Kaléidoscope. 2013

Invité au procès de Bertrand Loup, coupable d’avoir mangé un agneau, le lecteur entre dans une cour d’assise bien particulière. Sur un fond sonore opposant les jacassements bestiaux de l’audience aux injonctions solennelles du président Yves Cochon - mises en valeur par la typographie - les témoins et les experts défilent au barreau. Chacun avance des arguments où s’entrechoquent la culpabilité et l’innocence de l’intéressé.
Arrive Maître Bouledogue, l’avocat de l’accusé, présenté en page de garde comme un Médor du barreau. Il pourrait bien amener la cour à s’interroger sur le bien-fondé du jugement d’autrui : Qui a déjà connu « une faim de loup » ? Qui sait ce que cela fait « d’avoir les crocs », « la dalle » ??
A l’image de l’œuvre la ferme des animaux de George Orwell, dans cet album grand format à l’humour grinçant et politiquement incorrect, les animaux font la loi !

coup de coeur Réveillés les premiers / K. Sakaï. - Ecole des loisirs. 2013

Petite Anna se réveille en pleine nuit. Tout le monde dort, seul Shiro le chat l’accompagnera durant cette escapade qui n’appartient qu’à eux...
Les petits moments de liberté et d’indépendance volés au creux de la nuit sont égrenés au sein de vignettes aux teintes bleutées... lecture douce et puissante.

coup de coeur Tête-à-tête avec mon chat / Isabelle Simler. - Editions Courtes et Longues, 2013

C’est l’histoire d’un échange et du lien merveilleux qui peut unir un enfant à son animal... c’est arrivé un beau matin : un enfant se retrouve à la place de son chat, et vice versa ! A lui les longues siestes voluptueuses, la vie de pacha, comme un dimanche. "J’étais là, dans le corps de mon chat, calme comme un grand bol de lait". Tout au long de ce jour pas comme les autres, mille et une occasions de contempler toutes petites choses que d’habitude on ne voit pas : un éclat de lumière, un souffle de vent, l’envol du merle... et même, d’expérimenter de nouvelles rencontres. A la nuit tombée, les retrouvailles entre le félin et l’enfant, en toute simplicité. Chacun retouve sa place, dans cette belle relation fusionnelle que l’on se surprend à envier.

Comme dans tous les albums d’Isabelle Simler, une certaine magie opère. On est happé par la finesse du trait, le jaune lumineux et une atmosphère indéfinissable, douce et énergique à la fois. Un masque est à découper en fin d’ouvrage, pour que chaque petit lecteur puisse lui aussi devenir un peu chat... Ewa Bochenski

A partir de 4 ans

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Nos romans préférés

coup de coeur A comme aujourd’hui / D. Levithan. - Les grandes personnes. 2013

A se réveille chaque matin dans un corps différent : une fille, un garçon, pauvre, riche, malade, toxicomane, un premier de la classe ou la fille la plus connue du lycée.... A est un esprit qui voyage d’existence en existence. Un jour, il se retrouve dans le corps de Justin, petit ami de Rhiannon et il en tombe amoureux alors qu’il s’est imposé comme règle de ne pas intervenir dans la vie des corps qu’il « emprunte ». Désormais il fera tout pour la retrouver chaque jour même si c’est dans un corps différent.
Un bon livre, original, bien construit avec des personnages attachants et complexes.
Autre lecture
Chaque jour, le héros de ce livre se réveille dans la peau d’une personne de son âge, 16 ans en ce début de roman. Il s’est nommé A, « une manière de préserver mon intégrité tout en passant d’un corps à un autre, d’une vie à une autre. J’avais besoin de quelque chose de pur. Alors j’ai choisi la lettre A » Il a grandi sans autres repères que ceux qu’il se construit en lui-même, navigant d’une enveloppe corporelle à l’autre sans comprendre les enjeux d’une telle particularité. A s’est toujours arrangé pour ne pas perturber la vie de ses hôtes mais en ce jour 5994, il rencontre Rhiannon et tout vole en éclat. Avec Rhiannon il découvre l’amour, il entrevoit la fin d’une solitude qui ne lui pesait pas jusqu’alors. Mais comment vivre l’amour lorsqu’on ne possède pas de corps, qu’on se retrouve chaque jour dans un lieu différent et surtout qu’il faut convaincre l’être aimé d’une situation aussi in-croyable.
« Je veux retourner auprès d’elle. Revivre la journée d’hier. Je n’ai droit qu’à demain. »
Un roman passionnant sur l’identité. Quelle part notre enveloppe extérieure représente-t-elle dans ce que nous sommes ? Rhiannon aime-t-elle A de la même manière lorsqu’il est fille, garçon, beau gosse, obèse… ? A lui-même se sent-il garçon ou fille ? Comment a-t-il pu se construire dans cette inconstance, avec pour seule balise une adresse mail ? La diversité de ses expériences lui donne une grande connaissance de l’âme, il a pu accéder à l’universel mais le sentiment d’appartenance lui est étranger. Et l’on comprend l’attachement qu’il éprouve pour Rhiannon qui enfin lui donne une existence propre. Toute la question qui tient le lecteur en haleine sera dès lors : quelle solution trouvera A pour permettre à cet amour de perdurer ?

coup de coeur Big easy / R. Sepetys. - Gallimard. - (Scripto). 2013

On peut être parent et néanmoins une belle ordure, la mère de Josie le démontre à foison ! Voleuse, menteuse et bientôt criminelle, cette mère a laissé l’éducation de sa fille aux soins de Willie, la tenancière de la maison close où elle travaille, à Charlie et son fils, libraires passionnés. Grâce à eux, elle a grandi sans être trop abîmée par la vie, a une solide culture littéraire et l’ambition d’aller à l’université de Smith. Mais même loin de chez elle, peut-elle prétendre, elle, fille de prostituée au cursus atypique, à une place sociale qui n’est pas la sienne ? Culottée et déterminée, Josie s’évertue à mettre en place son rêve mais la Nouvelle Orléans des années 50 dressera de nombreux obstacles sur sa route.
Ruta Sepetys a l’art de nous entraîner dans des intrigues nourries où l’histoire marque son empreinte. Le style est extrêmement vivant, retranscrit les accents des divers personnages hauts en couleurs, nous sommes aux côtés de Josie, vivons dans le même souffle, avec elle, ses tourments et ses aspirations.
Autre lecture
Josie Moraine veut s’en sortir. Fille d’une prostituée et habitante du Quartier français de la Nouvelle Orléans, elle souhaite s’échapper par le haut, partir faire des études dans un autre état. Mais dans les années 50 il n’est pas simple de fuir son passé et sa condition sociale. Alors, il y a son quotidien, la boutique de livres dans laquelle elle a trouvé refuge dès son plus jeune âge et la maison close où elle va faire des ménages. Le meurtre d’un riche entrepreneur va bouleverser son destin... Arrivera-t-elle à trouver le bonheur ?
Un roman sombre et lumineux à la fois. L’histoire est racontée par la jeune héroïne qui oscille entre espoir et fatalisme. Pourtant elle ne renonce jamais à lutter même lorsque son avenir devient noir. Il y a de la tragédie antique dans ce récit mais aussi beaucoup de positif avec notamment la chaleur humaine que lui apporte les simples gens de son entourage, l’amitié et l’amour. Son rêve est-il possible ? Est-il envisageable pour une femme des années 50 de réussir sa vie ? L’histoire se construit par l’éparpillement d’indices. Il n’y a aucun temps mort. Un magnifique roman porté par une écriture envoûtante.
« - Les grandes décisions, déclara-t-il, voilà ce qui façonne notre destinée. Et, sans même ouvrir le livre, il se mit à réciter un passage de David Copperfield : "Deviendrai-je le héros de ma propre vie, ou bien cette place sera-t-elle occupée par quelqu’un d’autre ?"
Acquiesçant d’un signe de tête, je terminai la phrase avec lui :
- "A ces pages de le montrer."
Nous étions tous les deux là, en face l’un de l’autre - deux inconnus qui se comprenaient parfaitement
 »

coup de coeur Coup de talon / S. Deshors. - Talents hauts. 2013

Tout bascule dans la vie de Lucie et Laure le jour où cette dernière subit une humiliation dans le métro. Sous le regard désespéré de sa sœur, Laure se laisse tout doucement sombrer dans la dépression et l’anorexie. Lucie a du mal à tenir sa promesse de ne rien dire à ses parents qui ne voient rien et fait des tentatives maladroites pour tenter de sortir sa sœur adorée de ce cauchemar.
Un roman très réussi sur les rapports fille/garçons, la violence et la résilience.
Autre lecture
Quelques minutes et l’univers doux et confiant de Lucie et Laure se fissure : les sœurs sont dans le métro, une bande de garçons pénètre dans la rame, bouscule Laure, l’agresse, l’insulte, l’humilie. Juste parce qu’elle est belle, qu’elle a mis une jupe. La voilà salie. Lucie, un peu plus loin, n’a rien pu faire, ne peut qu’observer sa sœur aînée basculer dans le silence, la honte. Surtout ne rien dire. Lucie, narratrice, tente de venir en aide à sa sœur mais la voilà si loin maintenant…
La discrimination dans toute sa banalité quotidienne, souillure indélébile. Mais dans la solidarité, le partage, la parole, les anonymes sexistes n’auront pas gain de cause ! Coup de coeur de Myriam

coup de coeur La décision / I. Pandazopoulos. - Gallimard. - (Scripto). 2013

L’histoire de Louise se raconte tout d’abord sans elle. Car comment pourrait-elle dérouler les faits alors qu’elle est en total déni. Alors ce sont ses amis, ses parents, les médecins et professionnels, qui tracent l’ébauche de son histoire, reconstituent la trame des évènements : Louise a accouché d’un petit garçon, sans avoir eu conscience d’être enceinte, sans même, dit-elle, avoir eu de relations sexuelles… Comment alors prendre une décision aussi lourde concernant l’avenir de cet enfant, le sien propre… Peu à peu, Louise se réapproprie cette histoire, celle qu’on lui a volée… Alors il sera possible de prendre La décision, « ce choix beaucoup trop grand pour elle ».
Construction intelligente pour une intrigue qui se dévoile par bribes et de façon polyphonique. Louise se laisse découvrir par le regard des autres et reprend la parole et son destin en main.

coup de coeur Le dernier ami de Jaurès / T. Sollogoub. - Ecole des loisirs. - (Médium). 2013

Tandis que les grands de ce monde font la guerre et la paix, des gens modestes mènent leur vie anonyme d’amour et de travail. Parmi ces gens, il y a Paul, un garçon de 15 ans, sa mère Catherine et son compagnon marin, Mallavec, et un couple sexagénaire, Lucien et Suzanne. Des gens affectueux, intelligents, généreux. C’est inhabituel dans un livre pour adolescents de donner une telle place aux vies des aînés mais l’amour qui unit chacun des couples est d’une sincérité et d’une tendresse qu’on ne trouverait guère dans un roman contemporain pour adultes, et qui donnerait aux jeunes, du moins dans le cas de Suzanne, qui est en train de mourir, une idée de la beauté de pouvoir finir sa vie dans une fidélité à toute épreuve. L’histoire d’amour de Paul, par contre, appartient plutôt au registre des contes de fées. Il tombe amoureux d’une fille de classe supérieure aperçue la nuit sur son balcon. Personne ne lui déconseille d’espionner quelqu’un qui se croit seul, et sa décision de refaire sa vie avec elle loin de la France et des menaces de guerre est si forte qu’elle accepte d’entrer dans son rêve.
Le lien entre le monde des grands et celui des modestes est Jean Jaurès, le chef socialiste qui fait de son mieux pour sauver la paix. Mais les deux assassinats au début et à la fin du livre, celui d’abord de François-Ferdinand à Sarajevo le 28 juin 1914 et puis celui de Jaurès lui-même le 31 juillet à Paris, nous font comprendre que la guerre est maintenant inéluctable. Le côté historique du roman est bien présenté, mais il faut sans doute avoir déjà quelques idées sur la Grande Guerre pour l’apprécier pleinement.

coup de coeur La fille mirage / E. Broach. - Rouergue. - (DoAdo noir)

« Peut-être que chacun d’entre nous a une histoire, une seule, qui explique qui nous sommes réellement. » Lucy est jeune, certes, pas même 16 ans, mais l’histoire qui leur arrive, à elle, son frère et son ami, dira beaucoup de ce qu’ils sont. Ils étaient en chemin pour une semaine de vacances, insouciants, lorsqu’ils percutent un être vivant ; ils croient d’abord avoir heurté un coyote, mais retournant sur leurs pas, découvrent le cadavre d’une jeune fille. Pas question de fuir, même s’ils ont un peu bu. Ils contactent la police, font face aux suspicions et jugements, attendent les résultats de l’enquête. Ils sont bientôt disculpés, le décès serait “naturel”. Mais Lucy veut comprendre, retracer l’histoire de celle qui la hante. Et ce qu’elle découvre est réellement inquiétant…
Chaleur poisseuse, orage violent, l’ambiance est lourde, en adéquation avec l’inquiétude des personnages, communiquée au lecteur. En parallèle de l’intrigue policière se nouent d’autres enjeux : ces trois jeunes, chacun à leur manière, feront l’expérience de relations amoureuses. Qui ne seront guère plus simples…
Un roman haletant qui suit 3 ados livrés à eux-mêmes sur un chemin initiatique.
Autre lecture
Trois jeunes sur le chemin des vacances percutent dans la nuit un coyote. Mais lorsqu’ils font demi-tour ils découvrent une jeune fille morte. Que lui est-il arrivé ? Est-ce vraiment un animal sauvage que le trio a heurté ? La police arrivée sur les lieux va enquêter. En attendant, Lucy qui est en troisième, son frère Jamie qui finit sa terminale et son meilleur copain Kit, vont devoir patienter chez une artiste... Mais très vite dans ce Nouveau-Mexique qui s’apparente à un nouveau monde, les événements et surtout la relation entre les personnages vont prendre des circonvolutions parfois inquiétantes parfois émouvantes...
J’ai adoré ce livre par l’ambiance très particulière que réussit à créer l’auteur. Le personnage principal, Lucy, est en train de quitter l’adolescence et sa pérégrination pour faire la lumière sur le décès et l’identité de la morte n’est qu’un élément d’un parcours intérieure. Les garçons futiles et énervants au début du livre vont au fur et à mesure du récit se révéler très différents. L’ensemble donne un roman policier et psychologique à ne pas manquer de lire (à tout âge) !
« Vous pouvez passer des mois et des mois avec quelqu’un et ne rien apprendre de cette personne, et à l’inverse, la découvrir en quelques minutes, grâce à une seule histoire. Peut-être que chacun d’entre nous a une histoire, une seule, qui explique qui nous sommes réellement. »

Autre lecture C’est l’histoire d’une jeune fille, Lucie qui part avec son grand frère Jamie et un ami de celui-ci Kit. Sur la route des vacances, lorsqu’ils roulent dans le désert , la voiture percute quelque chose. Persuadés que c’était un coyote , Jamie et Kit ne voulurent pas faire demi tour pour aller voir ce qu’ils avaient percuté. Lucie réussit à les convaincre d’aller voir. Lorsqu’ils arrivèrent vers le lieu de l’accident, ils eurent un choc. Ils n’avait pas percutés un coyote mais une jeune fille et cette jeune fille était morte. Une histoire va ensuite se construire autour de cet accident. Il est difficile de faire un résumé de ce livre sans dévoiler des détails importants. La police arrivée sur les lieux va enquêter. En attendant, Lucy qui est en troisième, son frère Jamie qui finit sa terminale et son meilleur copain Kit, vont devoir patienter chez une artiste... Mais très vite dans ce Nouveau-Mexique qui s’apparente à un nouveau monde, les événements et surtout la relation entre les personnages vont prendre des circonvolutions parfois inquiétantes parfois émouvantes...
J’ai adoré ce livre par l’ambiance très particulière que réussit à créer l’auteur. Le personnage principal, Lucy est en train de quitter l’adolescence et elle veut tout faire pour connaître la vérité sur le décès . Les garçons futiles et énervants au début du livre vont au fur et à mesure du récit se révéler très différents. L’ensemble donne un roman policier et psychologique à ne pas manquer de lire ! pour les élèves de 3 ème . Atelier 1,2,3 Ecrivez ! du collège Victor Hugo

Coup de coeur de Marion

coup de coeur Freak City / K. Schorecke. - La Joie de lire. - (Encrage). 2013

Mika était vraiment amoureux de Sandra mais celle-ci a décidé de prendre le « temps de réfléchir ». Coup de massue pour Mika, d’autant plus quand il intercepte une réflexion de Sandra : il « choisit toujours la facilité ». La remarque n’est sans doute pas étrangère à sa décision de se rapprocher de Léa. Léa est forte, Léa est étonnante, Léa est sexy. Mais Léa est sourde. Mika prendra les moyens de communiquer avec elle en prenant des cours intensifs de langue des signes. Ses amis ne le comprennent guère, Sandra est jalouse et humiliée de se voir remplacée par une handicapée, sa mère est fière de son fils, sa petite sœur enchantée de découvrir la « langue secrète », la « langue qui dessine »…
Mika lui, suit son chemin, entre moments d’hésitations et détermination. Sa découverte du monde des sourds en la personne de Léa lui ouvrira des horizons insoupçonnés et façonnera sa relation à autrui pour davantage d’attention et d’intelligence...
Autre lecture
Mika est amoureux de Sandra. Celle-ci décide de rompre et c’est tout son monde qui s’écroule. Quand il rencontre Léa, elle est d’abord un prétexte pour rendre Sandra jalouse. Il ne sait pas encore combien Léa va bouleverser sa vie. Léa est jolie. Léa est sourde. Peu à peu, en s’immisçant dans son univers, Mika comprend qu’être sourd est un handicap mais avant tout une autre manière de penser et de vivre. En apprenant à connaître Léa, il mûrit, évolue, et commence à douter : et si c’était elle son grand amour ?
Très belle surprise de lecture. Kathrin Schrocke met des mots justes sur la complexité des sentiments à l’adolescence. Freak City est avant tout un roman d’apprentissage amoureux. Puis, en abordant la surdité à travers le personnage de Léa, elle fait aussi découvrir avec pudeur un monde qui, alors même qu’il nous interpelle ou nous fascine, nous est étranger. L’écriture, délicate, offre de très beaux passages. Coup de coeur de Juliane

coup de coeur Pas assez pour faire une femme / J. Benameur. - T. Magnier

Fidèle à elle-même dans sa capacité à analyser finement l’évolution psychologique de ses personnages, Jeanne Benameur donne à lire une fois de plus une histoire singulière, profonde et touchante. Sur fond de révolte étudiante de 1968, revendiquant liberté et droit à la parole, Judith va vivre une émancipation plus intime. C’est dans les bras d’Alain, avec qui elle vit ses premières expériences d’amour charnel, que s’opère à l’intérieur d’elle une mini révolution. L’envie de s’échapper de sa famille, de fuir ce père autoritaire, véritable tyran domestique, et de vivre enfin. Lire et s’autoriser à être libre. Les digues intérieures lâchent l’une après l’autre et les flots libérés permettront d’élever le niveau pour voguer vers d’autres horizons prometteurs.
Un texte dense qui saisit de manière très fine les chamboulements intérieurs de la jeune femme.
Autre lecture
Judith, jeune étudiante, se libère du carcan familial, de l’étroitesse du père et du suivisme de sa mère et sa sœur et se bat pour la liberté de tous. Elle apprend la lutte, au côté d’Alain, tous les deux sont étudiants, de ceux « qui n’ont encore rien à perdre et qui peuvent penser large ». Elle se construit dans le groupe et l’action politique, en ces années 1968 ; se construit dans la solitude et l’intime, se nourrissant de littérature et pensées en construction ; se construit enfin en tant que femme -dans la sensualité- et conscience féminine dans le partage du couple.
Interrogeant sans cesse le monde et elle-même, elle fait la lumière sur son passé et pose les bases de ce qu’elle sera : une femme, une intellectuelle, une humaniste.

coup de coeur Quand j’étais cagibi / H. Gaudy ; E. Harel. - Rouergue. - (Rouergue)

Puisque personne ne s’occupe d’elle, la jeune Amy décide de s’enfermer dans le cagibi et compte bien y rester ! Alors que la jeune fille ne demandait qu’un peu d’attention, elle se retrouve confrontée à elle-même. Sa mère semble persuadée qu’elle sortira de son propre chef tandis que son père n’a encore rien remarqué. Face à cette incompréhension, elle résiste et commence même à décorer son cagibi où elle ne manque désormais de rien. Coupée et isolée du monde, elle essaie pourtant de découvrir ce qu’il se passe de l’autre côté de la porte. Tous ses sens lui permettent de garder un faible lien avec sa famille, en particulier avec sa sœur...
L’histoire, illustrée par Emilie Harel, est aussi touchante qu’amusante. A travers les pensées d’Amy, on retrouve toutes les espérances d’une jeune fille de cet âge : de l’attention de la part de ses proches et de la compréhension.
Autre lecture
Amy a l’impression de ne plus exister aux yeux de sa famille. Elle décide donc de s’installer dans le cagibi afin de se retirer complètement. De là, elle voit et observe le comportement de ses parents... Comment va réagir sa famille ? Arrivera-t-elle à sortir de ce cagibi et à trouver enfin sa place ?
Un récit en forme de conte où le retrait soudain d’Amy amène chacun à prendre de la distance pour mieux s’interroger sur ce qu’il est et ce qu’il attend des autres. Si le fil de l’histoire s’égare par moment, le message final reste actuel. Nous avons tous besoin parfois de faire une retraite. A chacun de trouver son cagibi...
« Dans mon cagibi, j’ai appris à reconnaître les silences de la maison.
Ceux de quand il n’y a personne.
Ceux de quand on veut être tranquille.
Ceux de quand on n’a rien à dire.
Ceux de quand on est fâché.
Et puis, celui-là. Le silence de quand on voudrait bien faire sortir sa fille d’un cagibi.
 »

coup de coeur Rouge Tagada / C. Bousquet ; S. Rubini. - Gulf Stream. - (Les graphiques)

Une jeune fille de 13 ans connait son premier émoi amoureux, rien d’original a priori, si ce n’est que l’objet de son amour s’avère être une autre adolescente, nouvelle dans sa classe. Malheureusement tout comme dans les tragédies dont elles partagent le goût, la fin ne connaitra pas de dénouement heureux...
Pas de grandiloquence néanmoins, le ton est juste, en résonance avec les préoccupations contemporaines des adolescentes.
Tout nous plait dans cet ouvrage étonnant : le titre savoureux et enjôleur, la souplesse de la mise en page oscillant entre BD, album et roman graphique, l’ambiguïté d’une amitié adolescente, la force de la chute, douce-amère...
Autre lecture
Une nouvelle élève. Une amitié qui naît. Mais Alex ressent plus que de l’amitié pour Layla. Comment l’approcher ? comment lui dire ? Comment lui faire partager ses sentiments ? Car Axel est elle aussi une fille...
Au delà de la relation du thème du premier amour, se dessine avec finesse, justesse et pudeur les thèmes de l’amour non partagé et de l’homosexualité. Le choix du roman graphique est une réussite. Les illustrations accompagnent avec douceur cet émouvant récit de vie. On reprendrait bien une fraise Tagada...
« A deux, tout était plus facile, et j’en arrivais même à oublier mes idées bizarres, mes envies de la serrer dans mes bras, contre moi, d’embrasser ses paupières et le bout de son nez, de goûter ses lèvres roses et, quand elle était triste, de sécher ses larmes avec des baisers. J’oubliais tout ça, oui, parce que nous étions amies. Vraiment amies. Meilleures amies. Inséparables. »

coup de coeur Silhouette / J.-C. Mourlevat. - Gallimard. - (Scripto)

« La vie réserv(e) de bonnes surprises, (...) le pire n’est pas certain ». Philosophie que l’auteur attribue à l’un de ses personnages. Et pourtant… Chacune des dix nouvelles semble remettre la formule en question…
Ainsi quand Pauline voit se réaliser son rêve de rencontrer le grand acteur dont elle est fan, elle ne peut imaginer ce qui l’attend… Quand Monsieur Duc, se croyant condamné, décide de racheter ses erreurs pour être en paix avec sa conscience, l’intention était louable… Et quel curieux projet va animer ce personnage obsédé par les exigences de la langue française ?...
Autant de nouvelles qui nous enchantent par leur qualité d’écriture, leur variété, leur chute cruelle quelques fois teintée d’humour noir, jamais attendue. Devant tous ces personnages très humains qu’un destin cinglant va surprendre, le lecteur oscille entre l’empathie et l’admiration pour la performance littéraire. Décidément, Jean-Claude Mourlevat séduit autant dans les formes romanesques que dans les nouvelles !
Cerise sur le gâteau : la nouvelle finale. L’auteur s’y met en scène dans sa fonction d’écrivain, donnant une dimension supplémentaire à l’ensemble du recueil.

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