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Dernière mise à jour :
dimanche 25 septembre 2016

Mot Clé : Guerre 14-18




Album(s) :


coup de coeur Le baron bleu / G. Baum ; T. Dedieu. - Seuil. 2014

« C’est une histoire de l’autre siècle. Quand on faisait encore la guerre à la main. » Un baron se sent la responsabilité de participer à l’effort de guerre mais n’a d’autres munitions que des romans à balancer depuis son avion. « Sur le front des combats, chaque assaut était immédiatement interrompu par le baron : d’une pluie de recettes, d’un lâcher de pensées, d’un tombeau de roman historiques ». Puis il largue les courriers des soldats « en prenant soin d’intervertir les lettres des deux camps. » Effet radical, tant le pouvoir des mots est puissant.
Avec un champ lexical autour de la guerre subtilement détourné, le texte, sans démonstration outrée, dit l’ineptie de la guerre. Encore un livre fort de cette équipe de choc !

coup de coeur 14-18 : Une minute de silence à nos arrière-grands-pères courageux / T. Dedieu. - Seuil. 2014

« Hélas, ma chère Adèle il n’y a plus de mots pour décrire ce que je vis », ce sont donc les seuls dessins bouleversants de Dedieu, en sépia et grand format, qui prennent le relais et montrent implacablement cette guerre infernale. Pas de véritable narration -si ce n’est celle de la mort qui colonise son environnement- mais une succession d’instantanés terribles : les armes dévastatrices, les paysages décimés, les gueules cassées qui succèdent aux portraits de soldats, les animaux aussi, incrédules... Une guerre au plus près des corps, dont nul ne réchappe, pas même les vivants.
En fin d’ouvrage, une lettre adressée à Gustave par son aimée. La guerre y est racontée autrement, en décalage, avec des mots sensibles, vrais, loin de l’horreur et de l’absurdité.
Et l’on se demande comment cette guerre ne fut pas, de fait, la Der des Ders…

Roman(s) :


coup de coeur Force noire / Guillaume Prévost. - Gallimard, 2014

Alma peine à trouver sa place dans cette famille recomposée qui est la sienne et décide sur un coup de tête de gagner l’étage et de s’enfermer dans une chambre de bonne. Elle va y faire la rencontre d’un vieil homme, Bakary Sakoro, un vétéran de la Grande Guerre qui va lui raconter son histoire et donc aussi l’Histoire. Elle le retrouvera jour après jour afin de connaître son parcours de vie, et découvrir un secret de famille, jusqu’à ce qu’il soit trop fatigué pour raconter. Une belle histoire d’amitié entre une jeune fille et un vieil homme. Une manière intelligente d’aborder la première guerre mondiale en ménageant des pauses pour la jeune fille comme pour le lecteur qui n’est peut-être pas, comme le personnage féminin, féru de la grande guerre. Cet ouvrage reste avant tout le récit d’un homme à qui la guerre a enlevé son amour. C’est un témoignage aussi des oubliés de 14-18 : les tireurs sénégalais autrement appelés la Force noire. Un bel hommage. A lire. Sandy Morel

A partir de 12 ans

coup de coeur Souviens-toi de moi / Martine Laffon. - Flammarion, 2014

14-18. Des travailleurs chinois sont recrutés par la France. Certains se retrouvent près des lignes ennemies pour ramasser les cadavres. Encadrés par des soldats, ils sont rejettés aussi bien par les militaires que par les habitants. Pourtant, Li jian par la beauté de ses dessins va réussir à se lier d’amitié et même trouver l’amour. Car il offre avec ses illustrations un échappatoire à l’horreur quotidienne de la guerre.

Nous suivons plusieurs personnages. Un jeune paysan chinois qui écrit des lettres à sa famille sans jamais évoquer la dure réalité de ces camps où on meurt facilement de froid et de maladie. Un instituteur français qui tente de croire encore en l’humanité. Un chinois fort et rusé qui a la passion des tripots et des chevaux. Ou encore le héros , un jeune lettré à la sensibilité exacerbée... Tous ces personnages sont emprisonnés dans un conflit qui nie la liberté. Et pourtant, il vont réussir, chacun à leur façon, à rester des hommes. Une place importante de l’histoire est consacrée aux chevaux, fil conducteur du récit. Un très beau livre, bien écrit, qui offre un regard beau, poignant et décalé sur la guerre de 14-18. Marion Uteza

Niveau 3ème/Lycée

coup de coeur La guerre de 14 n’a pas eu lieu / Alain Grousset. - Flammarion, 2014

Et si la guerre de 14 n’avait pas eu lieu ? Constance vit en France. D’origine alsacienne, sa région d’origine, toujours allemande, est pour elle devenue inaccessible. Un gigantesque mur sépare les deux pays qui se livrent une terrible guerre froide. Mais l’arme nucléaire est en cours d’être mise au point par l’Allemagne, annonçant dans un lointain proche une guerre fratricide. Alors que les peuples vivent dans la misère, tout l’argent des nations est sacrifiée dans l’équipement du mur ! L’Angleterre, qui se veut libre et moderne, part elle aussi à la chasse de la bombe atomique. La vie de Constance et le destin du monde vont être bouleversés par la rencontre avec un homme mystérieux... Un roman d’aventure intelligent qui permet d’aborder la question des guerres et de façon plus générale, la thématique du mur. Le récit alterne les réflexions sur l’enfermement volontaire des populations dans la peur et l’action. L’Uchronie nous permet de transposer l’histoire et d’évoquer les autres murs qui existent ou qui ont existé. Intéressant ! A lire ! Marion Uteza

coup de coeur Bêtes de guerre / Alain Grousset. - Flammarion, 2014

Quel rôle ont joué les bêtes pendant la guerre ? soldat ? sacrifié ? espion ? Une introduction situe la problématique autour de la question des relations homme-animal et évoque la forte symbolique qui existe avec par exemple les animaux sur les blasons ou encore les animaux mascottes. Puis, l’auteur décline cette problématique en sept chapitres, chacun étant consacré à un animal particulier : L’éléphant, le cheval, le pigeon, le chien, le chameau, le dauphin, les insectes.
Après l’évocation de leur fonction particulière, l’écrivain propose une nouvelle qui met en scène chaque bête dans le cadre des guerres : la traversée des Alpes par les éléphants d’Hannibal, l’importance des chevaux dans les guerres napoléoniennes, les pigeons pendant la guerre avec la Prusse en 1870, le chien dans les tranchées, le chameau en 1942, le dauphin aujourd’hui et les insectes demain !
De courtes anecdotes ponctuent chaque chapitre. Un livre à multiples facettes où on ressent un grand respect de l’auteur pour les animaux. Une dimension de la guerre à ne pas oublier en ces temps de commémoration. Intéressant. Marion Uteza

A partir de 11 ans

coup de coeur La vie au bout des doigts / Orianne Charpentier. - Gallimard (Scripto). 2014

A la veille de la première guerre mondiale, Guenièvre vit dans une maison de jeune fille. Elle est considérée comme une sorcière car on lui attribue le don de prédire l’avenir. Sa solitude va être brisée par l’amitié qu’elle va nouer avec une autre pensionnaire. Mais des événements extérieurs vont l’amener à retourner dans sa famille où il ne reste plus que sa grand-mère au comportement étrange, et Perpétue, son aide. Elle va y découvir le manoir métamorphosé et plonger peu à peu dans ses racines, ses origines. Alors qu’une certaine paix l’habite, la guerre éclate... Quel est véritablement le don de Guenièvre ?

Suivre les traces feutrées de l’héroïne c’est traverser avec elle l’Histoire mais c’est aussi renouer avec l’humanité. Le récit est parsemé de véritables trésors en forme d’anecdotes sur la vie en ces temps de Guerre. On y apprend beaucoup comme par exemple le prénom Anastasia qui personnifiait la censure. Les informations sont adroitement mélangées au récit. Mais le livre acquiert une dimension supplémentaire justement par la question du don développée tout au long des pages. L’héroïne n’a au commencement de l’histoire que très peu de considération pour elle-même. C’est la confrontation avec la misère et la guerre qui vont ouvrir les yeux de Guenièvre sur la vie et ses valeurs. Un parcours initiatique, semé de belles rencontres, de celles qui font grandir.

Un livre qui apporte au lecteur une brassée d’ondes positives, comme si le don venait jusqu’à nous... A lire absolument ! Marion Uteza

coup de coeur Mon père est parti à la guerre / J. Boyne. - Gallimard. 2014

Le jour de ses 5 ans, le père d’Alfie part à la guerre. Tous l’espèrent rapide mais elle s’étire interminablement. Dans une narration qui alterne souvenirs du début de la guerre et péripéties 4 ans plus tard, c’est la première guerre du côté de l’Angleterre qui nous est racontée, avec l’angoisse des familles, les pénuries, la pression d’un peuple qui veut que tous s’engagent pour défendre la patrie, les blessés de guerre et plus particulièrement les hommes atteints de psychoses traumatiques. C’est le cas du papa d’Alfie mais cette maladie honteuse, non reconnue, entachée du soupçon de tricherie, sera cachée à tous. Alfie le découvrira par lui-même. C’est par lui-même également qu’il tentera de sauver ce père qui a perdu le sens des réalités, des responsabilités envers son fils.
Un roman qui mêle, comme dans Le garçon au pyjama rayé, naïveté de l’enfance et responsabilisation d’un petit garçon grandi prématurément devant les horreurs de la guerre. Un bon roman sur la guerre, avec des réflexions nuancées sur le patriotisme et le courage.
Autre lecture
Alfie a cinq ans lorsque la première Guerre Mondiale éclate et qu’il voit son père partir comme volontaire sur le front. Quatre ans après, la guerre qui devait se terminer avant Noël, dure toujours. Maggie, la mère d’Elfie enchaine les petits travaux pour tenter de survivre et le jeune garçon s’improvise cireur de chaussures après la déportation de ses voisins et amis de toujours, originaires de Prague. Mais rapidement les lettres du soldat changent de ton puis s’arrêtent. D’après Maggie, son père est en mission secrète pour le gouvernement. Mais Alfie a de sérieux doutes, alors que les annonces de soldats morts se succèdent...
Un roman fort qui propose de voir les conséquences de la guerre par les yeux d’un enfant tout à la fois lucide et volontaire. La quête du père absent n’est pas la seule trame de l’histoire qui se plait à les multiplier. L’auteur semble rendre hommage à tous les oubliés : les anglais d’origine étrangères envoyés dans des camps pour la durée de la guerre, les objecteurs de conscience maltraités par leurs voisins, les soldats revenus de guerre sans handicap physique mais avec des traumatismes psychologiques bien souvent irréversibles.... Encore un très beau livre de l’auteur du livre Le garçon en pyjama rayé.
« Les combats avaient commencé le 28 juillet 1914. Certains pourraient ne pas se rappeler cette date avec autant de précision, mais Elfie, lui, ne l’oublierait jamais. C’était le jour de son anniversaire. »

coup de coeur Mon père soldat de 14-18 / C. Malavoy. - La Martinière. 2014

Un enfant raconte son enfance, l’annonce de la mobilisation générale, le départ de son père, les nouvelles du front, les premiers morts, les tranchées, la vie qui continue, les blessés... jusqu’à la joie de la fin de la guerre...
Quelques 50 pages donnent une idée déjà bien précise de cette guerre qui tuait 30000 personnes par mois en 1915. Elle dit le quotidien des soldats pas même équipés de casques dans les tranchées qui exposaient leur tête en première ligne ; elle dit l’eau stagnante qui décime les troupes ; elle dit surtout le quotidien des enfants privés de leur père pour une raison qui leur paraît si dérisoire.
Inspirée par Jean Jaurès, une armée en culottes courtes riposte en édictant la charte de la liberté. Pour que la guerre ne soit pas totalement vaine…
Autre lecture
Un récit magnifique, à partir des sensations et des intérêts de l’enfance, les odeurs, les couleurs et les autres sens sont très présents. Un texte à la fois réaliste, qui apporte de nombreuses précisions sur les conditions des poilus mais aussi sur l’enfant dans la guerre, et poétique car transcendé par l’imaginaire et la sensibilité de l’enfant. Un texte court, vrai et beau.
« La mobilisation ! ... La mobilisation !" criait-elle en courant vers la maison. Nous n’avions pas compris le malheur qui allait se répandre chez nous et dans toutes les fermes avoisinantes »

coup de coeur Le choix d’Adélie / C. Cuenca. - Oskar. - (La vie). 2013

Un roman historique qui raconte les efforts d’une jeune fille de devenir médecin à l’époque de la Grande Guerre, et qui a un peu du souffle typique des romans du dix-neuvième siècle : une histoire qui se déroule sur plusieurs années et avec une variété de personnages. La jeune fille en question, Adélie, est issue d’une famille bourgeoise obnubilée par la “respectabilité”. Elle tombe néanmoins amoureuse d’un garçon de la même classe, Antonin, qui partage ses ambitions. Mais il se laisse influencer par des camarades désinvoltes et la relation avec Adélie prend fin. Arrive la guerre, Adélie, pour se sauver de sa famille et du projet de ses parents de la marier contre son gré, s’engage comme infirmière à la Croix Rouge et part pour le front. Elle y retrouve Antonin...
C’est un roman parfois caricatural et schématique, et son message est clairement affiché : Ne laisse pas les conventions gâcher ta vie… Fais ce que tu aimes. Mais les détails de la vie de l’époque sont intéressants et ceux des souffrances des blessés de la guerre très impressionnants. C’est un livre féministe, mais le garçon, Antonin, échappe aux stéréotypes ; la présentation du travail dévoué des médecins et infirmières qui, ensemble et dans des conditions épouvantables, essaient de soulager les souffrances des blessés a de quoi réchauffer le cœur de n’importe quel lecteur.
Autre lecture
Adélie est une jeune fille douée qui veut devenir médecin. Ses parents lui accordent ce qui est à leurs yeux une lubie en attendant un bon mariage. Car nous sommes en 1913 et la place d’une femme est encore celle d’une épouse dévouée à son foyer ! Pour Adélie, il s’agit bien d’une vocation et elle s’imagine médecin auprès de son cher Antonin qui partage sa passion. Mais Antonin la trahit, ses parents veulent lui imposer un mari et la guerre est déclarée. Quel choix reste-t-il à Adélie ? Respecter les conventions si chères à ses parents, renoncer à ses rêves ? Ou se donner les moyens d’accéder à son but, à savoir soigner les gens ? Si elle ne peut devenir médecin, la guerre lui donnera mille occasions de sauver des vies. Et dans l’enfer des combats, d’aborder la vie avec une nouvelle philosophie.
Parcours d’une jeune fille passionnée, déterminée et courageuse qui fera fi des obstacles pour mener sa barque.

coup de coeur Le secret du dernier poilu / C. Cuenca. - Oskar (Histoire et Société), 2012

Laura rend visite tous les mercredis à son arrière grand-père. Elle aime leurs balades en tête à tête, leur complicité. A l’occasion d’une commémoration du 11 septembre, Eugène lui confie son secret, impensable à révéler auparavant : durant la première guerre, il a fraternisé avec l’ennemi. Durant quelques secondes certes, mais qui ont suffit à sauver la vie d’un jeune allemand. Laura, à l’heure d’internet, veut permettre à son aïeul de retrouver ce soldat.
Bon roman pour une introduction au thème de la fraternisation des soldats ennemis et le poids du secret ; on comprend la difficulté à le révéler lorsqu’on sait que certains furent fusillés pour mutinerie.

coup de coeur Mort pour rien ? : 11 Novembre 1918 / G. Jimenes, N. Girard. - Oskar (Histoire et Société), 2008

C’est la toute fin de la première guerre mondiale qui est évoquée dans ce court roman. Nous sommes le 10 novembre 1918 et la signature de l’armistice est évoquée. Le narrateur et ses amis soldats n’osent pas y croire, d’autant qu’on leur demande de traverser la Meuse pour obtenir la capitulation des Allemands. Au plein cœur de l’action, on leur annonce que la guerre est terminée, enfin bientôt, à 11 heures ! Les balles allemandes redoublent, l’ami du narrateur se fait tuer... Le roman se clôture sur la visite du narrateur à la famille de son ami, au printemps 1919.
Le roman est court mais truffé d’éléments historiques : la censure, la vie à l’arrière du front et l’industrie de l’armement, la grippe espagnole, les gueules cassées.. Roman sensible sur l’absurdité de la guerre mais aussi sur la force de l’amitié et la façon dont celle-ci change les hommes.

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