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Dernière mise à jour :
dimanche 25 septembre 2016

Mot Clé : Politique




Album(s) :


coup de coeur Le lion et les trois buffles / M. Dhouib ; M. Angeli. - Seuil. 2014

« Ensemble, nous serons toujours invincibles. » Trois buffles « blanc comme la lune », « noir comme la nuit », « jaune comme la terre », vivent en symbiose dans une vallée où rien ne manque. Ils décident pourtant de partir à l’aventure et rencontrent un lion maître en la savane. Ils lui demandent l’hospitalité. Rongé par la faim, le lion ourdit son plan : diviser pour dévorer sans peine...
La solidarité et la fidélité des 3 frères ne feront pas le poids face à la ruse du lion qui instille peur, jalousie et orgueil dans leurs valeurs.
Cet album d’une grande puissance est inspiré d’une fable arabe traditionnelle. Il nous saisit par l’émotion, la pertinence et la beauté de l’écriture de Moncef Dhouib et des gravures sur bois blanc, noir et jaune or de May Angeli.

coup de coeur La robe rouge de Nonna / M. Piquemal ; J. Brax. - Albin Michel. 2013

Les cuisines sont souvent lieux de confidence... Les mains dans la farine, Nonna raconte son enfance à sa petite fille : son père ouvrier anarchiste, l’arrivée de Mussolini au pouvoir, les chemises noires, la résistance de ce père pourtant chassé de son travail, persécuté... Mais lorsque les chemises noires s’en prennent à Nonna alors petite fille, sa mère décide d’émigrer en France... Restent les souvenirs, les chansons, dont l’emblématique Bella Cia qui traverse tout l’album.
Les illustrations de Justine Brax, pleine page, sont à la mesure du texte fort de Michel Piquemal, qui évoquent l’Italie des années 20.

Roman(s) :


coup de coeur Pétrol Saint-Germain / E. Simard. - Oskar. 2014

Chers téléspectateurs, bienvenue au match opposant le Pétrol Saint-Germain et les Tsars de Monaco... Le ton est donné : Bernard et Thierry commentent en direct le match opposant l’équipe sponsorisée par le Qatar à l’équipe nouvellement rachetée par les russes. Les deux journalistes s’emmêlent bien vite les micros pour identifier les joueurs et finissent par ne plus les nommer que par leur valeur en millions sur le marché, les arbitres semblent sous pression et les règles sur le terrain paraissent à dimension variable...L’auteur s’amuse à caricaturer les liens forts qui existent entre argent et sport mais aussi entre argent, politique et médias. Ce récit court est assimilable à une nouvelle tant la chute fait mouche. Alors sommes nous encore dans le jeu ou totalement dans la politique ?

Autre lecture : En pleine coupe du monde au Brésil, ce petit roman est à faire passer entre toutes les mains. Derrière le sport, toute une industrie marchande qui méprise les hommes, les droits sociaux et ne pense qu’aux bénéfices à engranger. Au sport sclérosé par les enjeux médiatiques, financiers et politiques, Eric Simard nous oppose un héros libre et engagé qui profite d’un exploit sportif pour dénoncer l’exploitation des hommes.

Un bon roman très court et efficace dans la caricature !

coup de coeur Fugueuses / S. Deshors. - Rouergue. - (DoAdo). 2013

Lisa et Jeanne sont lycéennes. Depuis quelque temps, tout les révolte, la petite vie routinière de leurs parents, leur incompréhension face aux grands problèmes du monde, cette société de consommation qui dévore les petits et perturbe l’environnement. Elles décident de partir et de trouver un nouveau souffle, de donner du sens à leur vie en accomplissant de grandes choses ! Après un long périple, elles arrivent sur la ZAD, Zone d’Aménagement Différé... C’est là que les différents activistes, militants écolos, agriculteurs en colère... se retrouvent et s’organisent pour lutter contre la construction de l’aéroport de Notre-Dame-Des-Landes. Elles vont s’intégrer au groupe et accomplir enfin quelque chose pour faire bouger cette société qu’elles exècrent ! Mais tout n’est pas si simple et c’est en se confrontant à la violence et à la réalité que les deux jeunes filles vont grandir et faire face à leurs contradictions.
Un beau roman qui se lit comme un souffle d’air frais. L’enthousiasme des deux ados est communicatif et on suit avec plaisir leur découverte du monde, sa violence récurrente, mais aussi leur découverte des valeurs de solidarité et d’entraide.
Autre lecture
Leurs parents et la société les voient comme des "fugueuses", elles se considèrent plutôt comme des activistes qui ne peuvent plus attendre pour mettre en œuvre leurs idées. Lisa et Jeanne arrivent donc à la ZAD de Notre Dame des Landes pour « tester (leurs) principes de vie ». Lisa est politisée, Jeanne solidaire de son amie, la lutte commence enfin pour elles. Elles se partagent les chapitres du livre, avec Britt également, activiste plus âgée, voix nécessaire pour légitimer la révolte des filles : lutter contre la société et ses abus n’est pas le seul apanage des jeunes en mal de sensations !
Les discussions et activités laissent bientôt place à la vraie lutte, contre les CRS qui opposent aux idéaux « une violence démesurée ». Jeanne et Lisa, dès lors, bien que toujours solidaires, prendront des chemins de vie différents.
Roman salvateur parce qu’il parle de politique, d’engagement, de liberté. Être en accord avec ses convictions et choisir sa vie en conformité, voici le choix de ces femmes à la parole forte. Dommage que les idées ne soient pas davantage développées mais la puissance de leur foi, elle, reste intacte.

coup de coeur Le dernier ami de Jaurès / T. Sollogoub. - Ecole des loisirs. - (Médium). 2013

Tandis que les grands de ce monde font la guerre et la paix, des gens modestes mènent leur vie anonyme d’amour et de travail. Parmi ces gens, il y a Paul, un garçon de 15 ans, sa mère Catherine et son compagnon marin, Mallavec, et un couple sexagénaire, Lucien et Suzanne. Des gens affectueux, intelligents, généreux. C’est inhabituel dans un livre pour adolescents de donner une telle place aux vies des aînés mais l’amour qui unit chacun des couples est d’une sincérité et d’une tendresse qu’on ne trouverait guère dans un roman contemporain pour adultes, et qui donnerait aux jeunes, du moins dans le cas de Suzanne, qui est en train de mourir, une idée de la beauté de pouvoir finir sa vie dans une fidélité à toute épreuve. L’histoire d’amour de Paul, par contre, appartient plutôt au registre des contes de fées. Il tombe amoureux d’une fille de classe supérieure aperçue la nuit sur son balcon. Personne ne lui déconseille d’espionner quelqu’un qui se croit seul, et sa décision de refaire sa vie avec elle loin de la France et des menaces de guerre est si forte qu’elle accepte d’entrer dans son rêve.
Le lien entre le monde des grands et celui des modestes est Jean Jaurès, le chef socialiste qui fait de son mieux pour sauver la paix. Mais les deux assassinats au début et à la fin du livre, celui d’abord de François-Ferdinand à Sarajevo le 28 juin 1914 et puis celui de Jaurès lui-même le 31 juillet à Paris, nous font comprendre que la guerre est maintenant inéluctable. Le côté historique du roman est bien présenté, mais il faut sans doute avoir déjà quelques idées sur la Grande Guerre pour l’apprécier pleinement.

coup de coeur Pas assez pour faire une femme / J. Benameur. - T. Magnier

Fidèle à elle-même dans sa capacité à analyser finement l’évolution psychologique de ses personnages, Jeanne Benameur donne à lire une fois de plus une histoire singulière, profonde et touchante. Sur fond de révolte étudiante de 1968, revendiquant liberté et droit à la parole, Judith va vivre une émancipation plus intime. C’est dans les bras d’Alain, avec qui elle vit ses premières expériences d’amour charnel, que s’opère à l’intérieur d’elle une mini révolution. L’envie de s’échapper de sa famille, de fuir ce père autoritaire, véritable tyran domestique, et de vivre enfin. Lire et s’autoriser à être libre. Les digues intérieures lâchent l’une après l’autre et les flots libérés permettront d’élever le niveau pour voguer vers d’autres horizons prometteurs.
Un texte dense qui saisit de manière très fine les chamboulements intérieurs de la jeune femme.
Autre lecture
Judith, jeune étudiante, se libère du carcan familial, de l’étroitesse du père et du suivisme de sa mère et sa sœur et se bat pour la liberté de tous. Elle apprend la lutte, au côté d’Alain, tous les deux sont étudiants, de ceux « qui n’ont encore rien à perdre et qui peuvent penser large ». Elle se construit dans le groupe et l’action politique, en ces années 1968 ; se construit dans la solitude et l’intime, se nourrissant de littérature et pensées en construction ; se construit enfin en tant que femme -dans la sensualité- et conscience féminine dans le partage du couple.
Interrogeant sans cesse le monde et elle-même, elle fait la lumière sur son passé et pose les bases de ce qu’elle sera : une femme, une intellectuelle, une humaniste.

coup de coeur La grande môme / J. Leroy. - Syros. - (Rat noir). 2013

Avant, elle était Dora Suarez. Elle avait bien conscience d’avoir une vie particulière, à déménager aussi souvent mais pas de quoi s’inquiéter. Et puis il y a eu la prise d’otage, la blessure par balle, la découverte du passé de sa mère et la nécessité de s’habituer à sa nouvelle identité et à sa vie avec ses grands-parents jusqu’alors inconnus. Sans compter l’absence de sa mère maintenant en prison...
Le lecteur découvre page après page l’enchaînement des faits passés et l’encrage difficile dans le présent. C’est un véritable cataclysme que Dora/Emilie subit, mesurant les ravages du passé politique de sa mère dans un mouvement d’extrême gauche actif.
Le puzzle se met en place lentement, favorisant le suspense au détriment d’une véritable explication des motivations politiques de la mère. Mais le thème de l’engagement étant si peu traité en littérature jeunesse, on ne peut que saluer ce titre.

coup de coeur Norlande / J. Leroy. - Syros. - (Rat noir)

Une société norlandaise, idéale sous bien des aspects, subit de plein fouet un drame auquel les norlandais n’étaient pas préparés : une tuerie savamment orchestrée par un seul individu aux idées d’extrême droite. Les victimes furent nombreuses, dans le quartier des ministères puis sur une ile…
Les évènements rappellent fortement la tragédie d’Utoya en Norvège, en 2011. Mais l’auteur, en transposant l’histoire dans un pays imaginaire, élargit la réflexion et nous parle, en miroir, de notre société et de ses dérives racistes. L’analyse sociétale est d’ailleurs très intéressante.
Autre distance apportée par Jérôme Leroy : il raconte l’histoire par les yeux de Clara, doublement victime : parce qu’elle fut au cœur de la tragédie, et qu’elle vit ses compagnons mourir sous ses yeux. Et parce qu’à la souffrance du deuil se rajoute la culpabilité : l’Autre, le monstre, l’a choisie comme petite amie pour faciliter, à son insu, la mise en place des tueries… Il faudra 8 mois à Clara pour se relever… Alors seulement, elle se met à raconter, à affronter le passé.
La narration n’est pas des plus fluides, oscillant constamment entre passé et présent de la reconstruction, sans transition. Et l’on peut s’étonner du parti pris de rajouter la culpabilité à l’horreur d’un tel drame. Mais le roman, très fort, est à conseiller pour les nombreuses pistes de réflexions.

coup de coeur Il était une fois dans l’Est / Audren. - Ecole des loisirs. - (Médium)

Anna raconte son enfance qui coïncide avec les dernières années du mur de Berlin. Elle décrit cette époque avec les joies des enfants, les réticences des adultes, et c’est ce fossé qu’Anna, adulte, va combler rétrospectivement, en comprenant les enjeux politiques de ce mur. Mais cette compréhension n’annulera en aucun cas la nostalgie, non pas tant de cette barrière imposée, que de l’enfance…
On revit avec bonheur ces bribes d’enfances passées dans la restriction bien sûr, mais aussi dans les joies simples. A travers ce regard juvénile, le lecteur apprend beaucoup d’informations sur la vie derrière ce mémorable rideau de fer.

coup de coeur L’ âge d’ange / A. Percin - Ecole des loisirs. - (Médium)

Vous trouverez rarement un personnage principal de roman aussi discret. Asexué pendant de longues pages, elle -car c’est une jeune fille- ne se sent exister que dans sa passion pour la Grèce Antique. Elle excelle en classe de grec, passe sa vie dans les livres, mais traverse la vie comme un fantôme. Jusqu’au jour où elle rencontre Tadeusz... Grâce à lui, elle s’ouvre à ses propres sentiments, aux autres, et se découvre également une conscience politique. Immigré polonais, Tadeusz n’a pas le même niveau social que tous les élèves de ce grand lycée huppé luxembourgeois. Il porte également une autre différence, que notre héroïne recevra de plein fouet.
Une tragédie moderne qui oppose deux mondes condamnés à ne pouvoir vivre ensemble ?

coup de coeur Anges de Berlin / S. Deshors. - Rouergue. - (DoAdo noir)

Mary fait la surprise à sa fille Solti, 18 ans, de l’emmener à Berlin pour assister au concert Live 8 donné pour dénoncer la situation des pays pauvre avant le G8. Solti est enchantée de se retrouver dans une telle ambiance, au milieu d’une foule immense et de nombreux punks. Elle ressent cependant une vague inquiétude à la vue d’un homme à lunettes noires et sourire mauvais qui semble fixer sa mère. Celle-ci s’éloigne un moment ... et disparaît. Pour Solti va commencer une aventure particulièrement éprouvante dans une ville inconnue. Avec l’aide de Nels, jeune DJ, et d’un couple de punks militants acharnés, elle se lance à la recherche de sa mère et découvre Berlin réunifiée, théâtre d’affrontement entre une extrême droite en pleine renaissance et une extrême gauche pacifiste, en même temps que le passé d’une mère très engagée …
On lit ce roman d’une seule traite. L’enquête menée par les amis de Solti avec l’aide d’internet est riche d’informations historiques et les personnages passionnés. L’écriture lui donne force et vie avec des phrases souvent très courtes, qui accélèrent le rythme et colle parfaitement à la violence des faits (agression de Solti). C’est en même temps un plaidoyer contre le racisme, la violence et l’injustice. Plutôt à partir du lycée.

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