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Dernière mise à jour :
dimanche 25 septembre 2016

Mot Clé : Etats-Unis




Album(s) :


coup de coeur Ma grand-mère chante le blues / S. Martin ; B. Dubois. - Rouergue

On sent que le narrateur est fier de sa grand-mère ! Une grand-mère qui chante le blues, ce n’est pas banal pour une française, surtout lorsqu’elle en devient célèbre, même outre-Atlantique ! Il raconte le parcours de cette mamie qui, jeune fille qui croisa le chemin d’un GI, en tomba amoureuse, connut le cafard de l’absence puis décida de suivre ses pas...
Texte et illustrations jouent en parfaite symbiose la partition de cette histoire d’amour habitée par la musique et traversée par les évènements historiques qui frappèrent l’Europe et les États-Unis (guerre 39-15 et émeutes raciales à Chicago).
Un album à la fois grave et léger dès 6-7 ans.

coup de coeur La dame aux livres / H. Henson ; D. Small. - Syros

Style oral, abrupt. Le narrateur, Cal, envisage cette nouvelle visiteuse avec méfiance. Qu’est-ce qu’elle vient les déranger ? Avec des livres en plus ! Des “griffouillis de poules”, c’est tout ce qu’on trouve là-dedans !
Très bel hommage au Livre, qui transforme le visage fermé et hostile de cet ado, et aux Pack Horse Librarians, ces femmes qui sillonnaient les montagnes américaines dans les années 30 pour prêter des livres dans les coins les plus reculés.

Roman(s) :


coup de coeur Bodyguard, tome 2 : la rançon / Chris Bradford. - Casterman, 2015

Seconde mission pour Connor qui doit protéger des jumelles, filles d’un magnat de la presse australienne particulièrement détesté. Garde du corps d’Emily, déjà enlevé l’an passé, il doit aussi superviser la protection de sa soeur Chloé.

C’est les vacances pour les deux jeunes filles qui souhaitent avant tout s’amuser sur leur yacht de luxe et se détendre. Mais les incidents se multiplient laissant planer une menace sur leur séjour aux Seychelles.

Elles ignorent qu’elles sont traquées par une organisation criminelle internationale qui a envoyé des pirates somaliens à leurs trousses...

Un très bon roman d’action à la James Bond, avec gadgets, radar, lutte et lance-roquettes ! Nous allons parcourir le yacht dans tous ses recoins et découvrir une vie luxueuse pas si tranquille avec au programme vengeance et jalousie.

Mais ce qui rend le livre intéressant c’est aussi sa capacité à dessiner des personnages denses, avec leurs failles, leurs apparences mais aussi leurs nuances.

Le final assez inattendu renforce l’impact du livre. Un thriller à lire ! Marion Uteza

A partir de 12 ans

coup de coeur Bodyguard, tome 1 : l’otage / Chris Bradford. - Casterman, 2015

Excellent boxeur, Connor, 14 ans, est recruté dans une agence secrète de garde du corps. Sa première mission ? Protéger à son insu la fille du Président américain, qui ne supporte plus sa garde rapprochée et multiplie les fugues...

Les deux jeunes vont bien s’entendre et se comprendre, jusqu’à ce que sa couverture, de jeune bénéficiant d’un programme d’échange, s’évente...

Un roman d’action classique dans sa trame avec sentiment et course poursuite.

Deux éléments sont à noter : l’importance accordée aux méthodes des gardes du corps qui donne l’impression au lecteur de vivre l’événement et le décor de la Maison Blanche et de Washington qui offre une véritable visite de cet environnement particulier.

Le livre est construit à la manière des séries comme "24 heures Chrono". Le héros est tout à sa mission alors que sa cliente semble plutôt écervelée.

Un bon récit à engrenage pour se changer les idées et explorer le centre politique des Etats-Unis ! Marion Uteza

A partir de 12 ans

coup de coeur Broadway limited, tome 1 : Un dîner avec Cary Grant / Malika Ferdjoukh. - Ecole des Loisirs (Medium), 2015

Parfois 600 pages, c’est trop court ! C’est le cas pour ce formidable roman que nous offre Malika Ferdjoukh, déjà auteur (entre autre) du sublime "Quatre soeurs". Le cadre de ce nouveau récit est le New York de l’après-guerre et le monde du music hall. Jocelyn, un jeune français est accepté in extremis dans une pension pour jeune fille en raison d’un providentiel pot d’asperges et d’un don pour le piano. Venu poursuivre ses études musicales, il va s’immerger dans la vie des pensionnaires ainsi que de leur voisine excentrique.

Ce n’est donc pas un portrait que nous offre l’auteur mais plutôt l’observation d’un microcosme qui fourmille, se croise, se lie et parfois se sépare.

Les jeunes filles, tout comme Jocelyn, sont venus à New York pour réussir, atteindre leur rêve, briller et être reconnues. Elles n’y font que survivre. Et pourtant elles restent. Comme ci ce qu’elles y avaient trouvé avait au final plus de valeur que toutes leurs chimères. A moins qu’elles n’aient pas encore assez touché le fond pour espérer refaire surface et accepter une autre vie, plus calme, moins trépignante.

Il y a les propriétaires de la pension qui sont décrites comme des "dragons". Elles vivent dans un autre temps mais semblent toutefois se nourrir aussi de la fraîcheur et de la jeunesse de leurs pensionnaires. Ensuite vous trouverez Chic qui va de casting en casting espérant être repérée. Page, qui se croit amoureuse d’un critique de théâtre. Manhattan, qui cherche à obtenir un face à face avec un célèbre acteur. Dido, militante qui fonce sans peur ni crainte. Charity au grand coeur... Et surtout Hadley, qui est au centre de ce premier volume, hantée par son passé.

Elles sont toutes au bord de la survie avec pour seul cavalier le désir et la soif d’aller jusqu’au bout, de toucher le mirage. Avec souvent comme lot de consolation leur fraternité. Alors quand le seul et unique téléphone se met à sonner, tous les coeurs battent la chamade...

Un terrible roman tant les personnages, écorchés mais jamais longtemps désespérés, nous émeuvent. _Même si l’époque peut paraître lointaine aux lecteurs contemporains, le tissage de la vie avec ses noeuds et ses surprises nous emporte. Laissons-nous entraîner ! Marion Uteza

A partir de 15 ans

coup de coeur Hope / Xavier Deutsch. - Mijade, 2014

MARION Recherche de l’âme soeur au sein de l’Amérique étriquée de l’après guerre. Joseph, un jeune garçon sérieux et respecté, vit dans le Wyoming. Un jour, il est captivé par l’image d’une pin-up de calendrier qu’il décide de nommer Hope. Qui est-elle ? Pourquoi ressent-il un appel irrépressible ? Contre toute attente, les adultes approuvent et soutiennent sa quête. Et le voilà avec un billet de train pour Milwaukee... et d’un ticket pour ramener Hope ! Mais un monde très différent l’attend dans cette grande ville. Comment la retrouver ? Acceptera-t-elle de le suivre ?
Un très beau roman qui évoque le récit d’une rencontre magique qui va nécessiter plus d’un ange gardien ! L’histoire racontée à hauteur des yeux d’enfant captive et le milieu américain, anticommuniste et puritain est particulièrement bien rendu. L’équilibre entre action et merveilleux garde au récit une dimension réaliste qui n’exclut pas, à la manière du rêve américain, tous les possibles ! A lire ! Marion Uteza

Un roman beau, rempli d’espoir et agréable à lire. On découvre une autre époque et surtout une manière de penser tout à fait particulière mais charmante. Marie Jeannot

A partir de 15 ans

coup de coeur Billie H. / L. Atangana. - Rouergue (DoAdo). 2014

Il ne faut pas la chercher, Eleanora, ou les réparties fusent ! Sa maitresse tout d’abord, sa tante, les hommes en font les frais, ce qui n’empêche pas Leanora de se prendre des coups. De ces coups durs qui pourraient briser un être mais il y a quelque chose chose chez cette fille, entre détermination et assurance farouche, qui la maintient debout. Cette petite Leanora, à force de croire en son talent, deviendra celle que l’on connaît sous le nom de Billie Holyday.
C’est donc son enfance, jusqu’à la promesse de son premier enregistrement, qui nous est racontée ici, dans un style oral donnant à entendre les gens de la rue dans le Baltimore des années 20. Quelques tournures répétitives finissent d’ailleurs par agacer (“Sûr que”…) mais ce que l’on retient surtout, c’est la force de résistance de cette jeune fille qui encaisse mais ne succombe jamais.
Autre lecture
Récit qui retrace la vie de Billie Holiday, reine du jazz.
1920, Etats-Unis, Eleanora ne connait pas son père musicien, elle tente de survivre avec sa mère dans le quartier noir de Baltimore. Elle ne tarde pas à quitter l’école et connait la misère suite au licenciement de sa mère. Passionnée de musique, elle chante et vit à cent à l’heure. Sa beauté fait d’elle aussi une proie que son tempérament de feu ne suffit pas toujours à protéger. C’est alors qu’elle décide de tenter sa chance dans les cabarets, espérant y retrouver son père...
Le conte de fée intéresse modérément l’auteur qui préfère nous décrire la lutte pour la survie et la rage de Billie qui continue à se battre. Il lie ainsi la qualité de sa voix et la densité de son chant à sa traversée de la vie. L’écriture est fragmentée en petits impacts qui décrivent la course de Billie vers sa passion, le chant. Un très bel hommage à cette magnifique chanteuse.
« Cette gosse avait à peine dix-huit ans. Elle chantait avec la maturité d’une femme de trente ans. Sa voix avait vécu et connu la douleur, l’amour, l’espoir, la déception. Une voix dans laquelle vibraient l’épaisseur et la complexité de la vie. Sans illusions. Sans amertume, non plus. »

A partir de 13 ans

coup de coeur La bobine d’Alfred / M. Ferdjoukh. - Ecole des loisirs. - (Médium). 2013

Harry et son père sont des cinéphiles invétérés qui ont la chance de se retrouver à Hollywood. Leur bonne fortune ne s’arrêtent pas là puisqu’ils vont côtoyer le grand, l’immense Monsieur Hitchcock qui tourne en secret Mary Rose. Harry est ahuri lorsqu’il se retrouve avec les bobines des premières images du film. Avec la belle Valentine pour héroïne. Comment résister… Il visionne les images et… tout lui échappe.
Une œuvre cinéphile chapitrée avec 18 titres de film du maître, saupoudrée de références diverses et de clins d’œil anachroniques. Le film en question est réellement un film qu’Hitchcock rêvait de tourner et qui ne vit jamais le jour. Malika Ferdjoukh s’est amusée à en imaginer le naufrage. Mais la leçon du livre est une répétition du principe A quelque chose malheur est bon… Harry lui, au milieu de cette bérézina, découvrira l’amour...
Autre lecture
Harry a un père cuisinier et... cinéphile. Quand celui-ci est engagé par une célèbre actrice pour servir de cuisinier à Hollywood, Harry ne sait pas à quel point cela va changer sa vie ! Entre tournage secret, disparition de bobine et course poursuite, Harry va faire les rencontres de sa vie et en premier celle de Madeleine...
Un roman qui nous permet de découvrir la magie du cinéma du point de vue d’un adolescent. Ferdjoukh nous envoûte et nous offre une rencontre exceptionnelle avec Hitchcock. L’intérêt du récit est moins dans la narration que dans la capacité de l’auteur à faire sentir au lecteur une atmosphère.
« Ah, c’est de la belle histoire. Ça parle des morts, tu vois, des morts qui reviennent et qui partent. Du souvenir. Du temps qui passe. De l’amour d’une maman pour son enfant. Mais va proposer ça à des producteurs ! Ils te répondent quoi ? "Monsieur Hitchcock, tu nous as montré des meurtres sous une douche, sur un manège, un trapèze, dans un train, un bateau, un moulin, un clocher... et tu te ramènes avec ta petite histoire de fantômes sans crime ? Sorry. No money." Trop romantique pour 1964. »

coup de coeur Big easy / R. Sepetys. - Gallimard. - (Scripto). 2013

On peut être parent et néanmoins une belle ordure, la mère de Josie le démontre à foison ! Voleuse, menteuse et bientôt criminelle, cette mère a laissé l’éducation de sa fille aux soins de Willie, la tenancière de la maison close où elle travaille, à Charlie et son fils, libraires passionnés. Grâce à eux, elle a grandi sans être trop abîmée par la vie, a une solide culture littéraire et l’ambition d’aller à l’université de Smith. Mais même loin de chez elle, peut-elle prétendre, elle, fille de prostituée au cursus atypique, à une place sociale qui n’est pas la sienne ? Culottée et déterminée, Josie s’évertue à mettre en place son rêve mais la Nouvelle Orléans des années 50 dressera de nombreux obstacles sur sa route.
Ruta Sepetys a l’art de nous entraîner dans des intrigues nourries où l’histoire marque son empreinte. Le style est extrêmement vivant, retranscrit les accents des divers personnages hauts en couleurs, nous sommes aux côtés de Josie, vivons dans le même souffle, avec elle, ses tourments et ses aspirations.
Autre lecture
Josie Moraine veut s’en sortir. Fille d’une prostituée et habitante du Quartier français de la Nouvelle Orléans, elle souhaite s’échapper par le haut, partir faire des études dans un autre état. Mais dans les années 50 il n’est pas simple de fuir son passé et sa condition sociale. Alors, il y a son quotidien, la boutique de livres dans laquelle elle a trouvé refuge dès son plus jeune âge et la maison close où elle va faire des ménages. Le meurtre d’un riche entrepreneur va bouleverser son destin... Arrivera-t-elle à trouver le bonheur ?
Un roman sombre et lumineux à la fois. L’histoire est racontée par la jeune héroïne qui oscille entre espoir et fatalisme. Pourtant elle ne renonce jamais à lutter même lorsque son avenir devient noir. Il y a de la tragédie antique dans ce récit mais aussi beaucoup de positif avec notamment la chaleur humaine que lui apporte les simples gens de son entourage, l’amitié et l’amour. Son rêve est-il possible ? Est-il envisageable pour une femme des années 50 de réussir sa vie ? L’histoire se construit par l’éparpillement d’indices. Il n’y a aucun temps mort. Un magnifique roman porté par une écriture envoûtante.
« - Les grandes décisions, déclara-t-il, voilà ce qui façonne notre destinée. Et, sans même ouvrir le livre, il se mit à réciter un passage de David Copperfield : "Deviendrai-je le héros de ma propre vie, ou bien cette place sera-t-elle occupée par quelqu’un d’autre ?"
Acquiesçant d’un signe de tête, je terminai la phrase avec lui :
- "A ces pages de le montrer."
Nous étions tous les deux là, en face l’un de l’autre - deux inconnus qui se comprenaient parfaitement
 »

coup de coeur Pour toi je décrocherai la lune / G. Hughes. - Seuil

Roberto et sa sœur Marie-Claire, dit "le rat", vivent avec leur père à Winnipeg, une petite ville de la campagne profonde canadienne. Marie-Claire a un don particulier. Elle voit l’avenir et, plus particulièrement, sait d’instinct à qui faire confiance. Mais, comme une sorte de malédiction, elle a en retour de graves crises d’épilepsie. Lorsque leur père décède, les deux enfants se retrouvent seuls et pour éviter d’être placés, ils se mettent en tête de retrouver leur oncle inconnu et riche paraît-il qui vit à New-York. Leur voyage est semé d’embûches mais ils vont aussi faire des rencontres étonnantes grâce à Marie-Claire : un dealer, un escroc, une star du rap…
Une jolie histoire servie par une belle écriture, malgré quelques évènements improbables dans un texte qui se veut malgré tout réaliste. La relation frère-sœur est traitée avec beaucoup de finesse et de sensibilité, ce qui constitue le principal intérêt du livre. Roberto est le narrateur et il est en permanence partagé entre l’agacement provoqué par les excentricités de sa sœur et son amour pour elle. La fin est magnifique.
Un livre qui plaira aux lecteurs qui n’ont pas peur de sortir des sentiers battus.

Autre lecture Quand leur père meurt, Bob et Marie-Claire décident de partir retrouver l’oncle qu’ils n’ont jamais rencontré à New York. On suit donc le parcours de ces deux enfants que rien n’arrête. La fillette, surnommée Le Rat par son frère, semble posséder le don de voir à travers les gens : elle est capable de déterminer au premier coup d’œil si les personnes qu’elle rencontre sont dignes de confiance ou non. Elle est d’ailleurs si attachante et positive que l’on ne peut que vouloir l’aider, ce que beaucoup de personnages vont tenter de faire. Elle cache toutefois un secret : elle est prise de tremblements inexplicables et d’absences que son frère arrive de moins en moins à maîtriser et qui pourraient mettre sa vie en danger. Une belle histoire d’amitié. Des personnages bien dépeints et inattendus. Point de vue narratif du frère bien restitué. A conseiller donc. Sandy Morel

coup de coeur Calpurnia / J. Kelly. - Ecole des loisirs. 2013

Six frères, une mère débordée, un grand-père fantasque et un prénom impossible à porter, voilà l’univers de Calpurnia. Nous sommes au Texas à la fin du XIXe siècle dans une société qui se remet à peine de la guerre de Sécession et qui propose aux jeunes filles un avenir fait de casseroles et de maternités.
Pas de chance pour notre héroïne qui manifeste une sérieuse attirance pour les sciences de la terre… Il lui faudra batailler, ruser et s’appuyer sur son grand-père pour avoir accès aux connaissances. De quoi faire réfléchir les générations d’aujourd’hui.
Un récit savoureux, bien mené, truffé d’anecdotes drôles ou émouvantes et surtout riche d’informations sur une époque que nous commençons mal. Un vrai plaisir de lecture.
Autre lecture
Eté 1899, Texas. A l’orée du nouveau siècle qui voit le développement de l’électricité, du téléphone, des automobiles, Calpurnia s’apprête à entrer dans l’adolescence. Alors que sa mère souhaite la transformer en jeune fille bonne à marier et lui inculquer la cuisine, la broderie, la dentelle... Calpurnia a bien d’autres préoccupations. Ce qu’elle aime par-dessus tout, c’est "étudier le monde qui est autour de soi, et essayer de comprendre comment il fonctionne." Bon papa est en cela un excellent professeur, qui l’incite à observer, noter ses réflexions et questionnements, trouver des réponses par elle-même… Certes, il est souvent "absorbé dans ses pensées" mais joue un rôle indéniable dans la vocation de sa petite fille. C’est avec lui qu’elle fera sa première vraie découverte scientifique, c’est grâce à lui qu’elle acquerra la patience et la méthodologie scientifique. Et qu’elle trouvera la force d’affirmer sa différence.
Au-delà des observations naturalistes sur les insectes, animaux et plantes, par ailleurs passionnantes, c’est le destin d’une jeune fille déterminée particulièrement attachante qui se dessine au cours de ces quelques 400 pages. Avec elle et ses 6 frères, nous sommes ravis de voir mises à mal, tout en subtilité, les habitudes sexistes, spécistes et racistes. Coup de coeur de Julie

coup de coeur Western girl / A. Percin. - Rouergue. - (DoAdo)

Mercredi 11 juillet, Elise inaugure son journal pour ne rien omettre de son voyage dans le Dakota du Sud. Elle va y suivre un stage de cheval avec d’autres jeunes. Pour elle, passionnée depuis des années par le far west, la musique country, les chevaux, ce séjour devrait être idyllique ! Son carnet de bord nous montrera que si les paysages et les américains sont à la hauteur de ses rêves, la relation avec les autres français n’est pas celle espérée, de passion partagée. Georgia la peste et Louis le "bourge" ne l’épargnent pas. Pourtant Louis a une attitude ambigüe…
Une héroïne et narratrice très attachante parce que déterminée, passionnée, sûre de ses goût aussi atypiques -et donc segmentants- soient-ils. Dépaysement garanti, pour les yeux et oreilles, avec ce roman qui offre en bonus une tracklist.
Autre lecture
Élise, fan de tout ce qui touche à la country et l’équitation western, se fait offrir, grâce aux indemnités de licenciement de sa mère, un séjour dans un ranch du Middle West. Elle se retrouve dans un groupe de gosses de riches égocentriques et snobs et devient vite le bouc émissaire de la majeure partie du groupe. Elle réussit malgré tout à vivre son rêve américain.
Comme dans les autres romans d’Anne Percin, le lecteur arrive à se mettre dans la peau du personnage aussi différent de lui soit-il. Le récit s’attache surtout aux relations dans le groupe. Pas de rebondissements ou de suspens, mais les problèmes s’enchaînent et sont traités avec humour.

coup de coeur Double jeu / J. Blundell. - Albin Michel. - (Wiz). 2013

Kit, 17 ans à peine, a quitté, sur un coup de tête, Providence et sa famille pour New York où elle veut mener une carrière de danseuse. Elle n’a guère le temps de se faire du souci pour son avenir, le père de son petit ami Billy, récemment engagé, lui offre un logement et un travail. Problème : Ned, le père de Billy, est au cœur d’une mafia implacable et demande bientôt des "petits services" à Kit…
Ambiance trouble pour une intrigue qui se dévoile par bribes dans un va et vient entre passé (Après guerre à Providence) et présent (1950 à New York).
Où l’on apprend que les mensonges, les compromissions, les manipulations ne peuvent que s’accumuler dans une tension croissante dont le dénouement se jouera dans le drame. L’innocence n’en sortira pas indemne. Un roman frontière ado adulte aux personnages très ambivalents. Et malgré tout attachants.
Autre lecture
Destin d’une jeune danseuse dans l’après-guerre à New York. Kit a pour passion la danse. Elle souhaite rejoindre Broadway et faire carrière. Mais les temps sont difficiles et son passé la poursuit. Pour survivre au décès en couche de sa femme, son père a exhibé ses triplés, leur procurant une gloire éphémère. Mais kit est volontaire et croit en son rêve. Un jour, le père de son ancien petit ami, avocat de la mafia, vient la trouver, pour un dernier petit service... Et c’est toute l’histoire familiale, ses secrets, ses moments noirs comme ses moments de bonheur qui vont refaire surface...
Un livre intéressant parce que réaliste. C’est le portrait de l’Amérique d’après-guerre qui se dessine au fil des révélations. L’influence de l’église, la peur du communisme, le racisme, l’empreinte de la mafia, le désir de faire la fête pour oublier la guerre... tous ces thèmes dessinent en patchwork les États-Unis des années 1950. Le personnage principal, Kit est assez froid. Nous plongeons peu à peu avec l’héroïne dans les calculs et compromissions d’hier et d’aujourd’hui. Intéressant.
« -Tu me dois pas mal de choses, je te rappelle. Il avait raison. C’était là le problème : je lui devais mon appartement, ma garde-robe, mon job. Tout. Il m’avait piégée et je ne l’avais pas vu venir. »

coup de coeur Rosa Parks, la femme qui a changé l’Amérique / E. Simard. - Oskar. - (Société)

Voici un livre très documenté, un peu austère, qui retrace avec beaucoup de détails la vie de cette femme qui a eu le courage de s’opposer à la ségrégation. Elle était pourtant très discrète et timide, mais sa dignité lui a permis de faire face et de résister aux pressions. Difficile d’imaginer que Rosa Parks, morte en 2005, a connu la ségrégation dans la plus grande démocratie du monde : interdiction de s’asseoir à côté d’un blanc, espaces réservés aux noirs...
C’est un livre qu’il convient de recommander.

coup de coeur L’ arbre aux fruits amers / I. Wlodarcyk. - Oskar. - (Histoire et société)

James s’apprête à participer à un vol avec ses deux camarades mais réalisant qu’il connaît la victime, s’enfuit. Le lendemain, les policiers débarquent chez lui et l’arrêtent pour meurtre. Il est miraculeusement sauvé du lynchage, ses deux camarades n’auront pas cette chance. Nous sommes aux États-Unis, en 1920, les violences sont inouïes, à peine édulcorées dans ce texte jeunesse. Si l’histoire est vraie, l’auteure a inclus des éléments romanesques : le racisme du fils du shérif, l’intervention, durant le lynchage de Billie Holiday.
Un récit subtil sur la haine partagée des noirs et des blancs, les dérives comme ce besoin de "justice" qui conduit au lynchage, la prison...

coup de coeur Le fil à recoudre les âmes / J.-J. Greif. - Ecole des loisirs. - (Médium)

Ce roman de Jean-Jacques Greif relate un épisode souvent méconnu de l’histoire des États-Unis : suite au bombardement par les Japonais de Pearl Harbor durant la seconde guerre mondiale, tous les américains d’origine japonaise vont être envoyés dans des "camps de rassemblement’’. Du jour au lendemain, ces citoyens américains deviennent par décret des ennemis de l’Amérique, des espions potentiels, contraints de quitter leur vie paisible et banale. Ce bouleversement est raconté par un jeune garçon, Kenichiro Kashimura, qui décide de correspondre avec son institutrice, Mrs Moore. Il va lui raconter, jour après jour et avec beaucoup d’optimisme, sa nouvelle vie en camp et surtout la façon dont les prisonniers, résignés mais ne manquant pas de sens pratique, vont s’organiser pour récréer une ville, leur vie, en plein désert.
Par la suite, le jeune garçon et sa famille vont être envoyés au Japon, peu de temps avant le bombardement d’Hiroshima. C’est alors que le récit du jeune garçon s’interrompt pour donner la parole à une jeune japonaise d’Hiroshima qui va nous faire vivre de l’intérieur les effets dévastateurs de la bombe atomique et ses terribles conséquences.
Enfin, la dernière partie du roman relate le combat du pasteur Tanimoto qui va réussir, grâce à de nombreux soutiens internationaux, à emmener des jeunes filles japonaises, monstrueusement défigurées suite au bombardement nucléaire, aux États-Unis afin d’être opérées.
Ce roman procure une vision différente de cette période historique dont il restitue le contexte et les enjeux politiques avec beaucoup de clarté. Il constitue un témoignage précieux et passionnant tout en apportant une réflexion dénuée de manichéisme sur ces événements.
Autre lecture
Encore un pan méconnu de la guerre qui est exploré dans ce roman assez dense de Jean-Jacques Greif. La guerre vue par Kenichiro, jeune américain dont les parents sont japonais. Après l’attaque de Pearl Harbor par les japonais, les jap ne sont plus les bienvenus aux États-Unis. Ceux qui pourtant se considèrent comme américains seront parqués dans des "centres de réinstallation", suspectés d’être espions… Les conditions de vie y sont sommaires, l’éducation parcellaire et Kenichiro est heureux de trouver un peu d’évasion en écrivant à son ancienne institutrice. Il faudra ensuite faire un choix impossible pour la famille : rassembler toute la famille, mais au Japon, ou continuer de vivre aux États-Unis loin du père et mari.
La seconde partie se déroule donc au Japon, Kenichiro fait la connaissance de Yuriko qui part bientôt pour Hiroshima…
A la fin du roman, c’est au tour de Yuriko de venir aux États-Unis pour l’opération de son visage défiguré…
Roman très documenté où l’on apprend l’histoire mais aussi les mœurs différents des deux pays. Le texte reste froid et l’ensemble peut paraître long.

coup de coeur Ku Klux Klan, Les cagoules de la terreur / R. Martin. - Oskar éditeur.

Ce roman raconte les faits authentiques qui ont mené à l’assassinat de trois militants des droits civiques en juin 1964, dans le comté de Neshoba (Mississippi).
Bill Caldwell et son petit-fils visitent le Mississipi et les lieux qui témoignent des luttes qui s’y sont déroulées entre 1963 et 1964 contre la ségrégation raciale et pour les droits civiques des noirs. Ils rencontrent d’autres personnages qui, comme Bill, ont été des militants importants et sont encore là pour témoigner pour ceux qui ont payé de leur vie leur engagement. Jim est avide du récit que lui font son grand-père, Rita Scherner et Ben Chaney.
Le principal intérêt de ce texte est son caractère documentaire. La forme romanesque ne semble être qu’un prétexte à une volonté didactique et, par conséquent, le récit présente parfois un caractère artificiel. Cependant, Roger Martin évite les défauts les plus rebutants du genre et parvient honorablement à son but.
Le point de vue narratif privilégié est celui des militants (dont Bill Caldwell) faisant à Jim le récit de leurs souvenirs et de leur expérience commune. Chacun reprend le récit où l’autre l’a arrêté. Les interruptions permettent de retrouver Jim et d’exprimer ses sentiments. Il est vrai que les personnages, à l’exception de Jim, sont indifférenciés sur le plan du caractère et de l’expression, mais ce mélange des points de vue reste une réussite car il rend le discours vivant, actuel et justifie la précision historique.
Le roman est accompagné d’un dossier documentaire d’une vingtaine de pages. Ce dossier complète le roman en développant certaines références culturelles ou historiques. Comme l’ensemble du livre, il donne des pistes pour en savoir plus sur le sujet.
Autre lecture
Jim est heureux de passer quelques jours avec son grand-père. Ce dernier lui a promis de lui raconter la guerre de Sécession et la naissance du Ku Klux Klan. Pour ce passionné d’histoire, avoir un grand-père qui a lui-même vécu les grands évènements historiques est une chance inouïe. Sur un mémorial des victime du KKK, ils rencontrent Rita et Ben et l’histoire prend corps sous les yeux du jeune passionné d’histoire... Car Billy, Rita et Ben ont participé activement à la lutte contre la ségrégation encore persistante dans les année 60 alors que la loi de 1954 avait aboli la ségrégation dans les écoles. C’est leur quotidien qu’ils racontent à Jim, les espoirs fous, les difficultés et les vraies obstacles dans la population et avec les membres du KKK. Enfin, ils racontent ce jour terrible du 21 juin 1964 où 3 hommes furent assassinés tandis que leurs assassins furent à peine inquiétés.
Un récit qui n’élude pas la violence des faits, des passions devant une nouvelle réalité qui bouleverse les mentalités ancrées dans une haine de l’autre. Le jeune Jim, concerné et impliqué, incarne l’espoir...

coup de coeur Les guerriers de la nuit / J.-P. Andrevon. - Flammartion. - (Tribal)

Val Santamaria, jeune agent spécial du FBI, part en Arizona pour enquêter sur les meurtres de riches propriétaires terriens. C’est en raison de son appartenance à la culture indienne -il est métis- qu’il a été désigné pour cette enquête solo, sa toute première. Son enquête va vite être ralentie par le mutisme des locaux, des indiens pour la plupart, et l’inertie de la police indienne. Mais Santamaria acquière bien vite l’intuition que cette série de meurtres aurait à voir avec le massacre d’une tribu Navajo qui a eu lieu 150 ans plus tôt... Jean-Pierre Andrevon tisse une intrigue policière qui tire vers le fantastique quand l’agent du FBI réalise qu’il est au cœur de cette vengeance indienne et qu’il est lié corps et âme à cette tribu décimée à la fin du 19ème siècle...
Un roman fort pour bons lecteurs qui distille une atmosphère lourde et pesante : les corps sont poisseux, le soleil brûlant, le désert fantastique... Une riche évocation du destin des tribus séculaires qui habitaient l’ouest américain bien avant que l’homme blanc ne vienne y installer ses puits de pétrole...

coup de coeur Le chant des orques / A. Babendererde. - Bayard. - (Millézime)

La vie de Sofie est morne depuis la mort de sa mère. Elle n’a pas d’amis dans son nouveau collège, son père, beaucoup en déplacements, est lui-même enfermé dans sa peine. La perspective de l’accompagner à Neah Bay ne l’enchante guère mais elle va vite changer d’avis ! D’abord, il y a sa rencontre avec Yahid, bel indien mystérieux. Puis il y a la culture Makah qu’elle découvre avec lui. Et point culminant : les orques, qu’ils peuvent approcher et “apprivoiser”. Pour Sofie, c’est une renaissance. Les personnages principaux ont tous deux perdu un parent ; sont aussi confrontés à des dilemmes : Sofie a du mal tout d’abord à faire confiance au jeune homme, à se débarrasser de sa souffrance et accepter d’être heureuse ; Jahid quant à lui est partagé entre son amour, son respect des orques et la tradition qu’il est censé perpétuer, à savoir chasser la baleine, comme son père. Chacun va être en mesure d’aider son ami.
Un roman dense, très détaillé, et pour ceux qui aiment la nature et qui s’intéressent à la culture des Indiens, le long séjour sur cette côte sauvage passera aussi vite et aussi agréablement que pour Sofie elle-même.

coup de coeur Ce que j’ai vu et pourquoi j’ai menti / J. Blundell. - Gallimard

Judy Blundell a construit son roman dans un style très cinématographique et cela n’a rien d’étonnant puisque cette auteur écrit, sous un pseudonyme, des livres à partir de films et notamment le célèbre La guerre des étoiles. Nous retrouvons ici tous les ingrédients du film noir : une superbe femme mariée, un jeune homme qui apparait de façon étrange, un hôtel à moitié vide, du mystère et une angoisse sourde... Et, surtout, le témoin narrateur : Evie. Adolescente de 15 ans, elle va vivre son premier élan amoureux et basculer violemment dans le monde des adultes. Quant à l’histoire elle-même, elle se déroule après la seconde guerre mondiale, période qui n’a pas fini de révéler ses ignominies.
Un roman original dans le paysage de l’édition pour adolescents que nous conseillons aux lecteurs amateurs d’ambiance policière à caractère noir.

coup de coeur Dans les griffes du Klan / S. Tamaillon. - Seuil (Chapitre), 2009

Une plongée dans l’état le plus raciste des Etats-Unis, l’Alabama, au milieu des années 50 lorsque le Khu Klux Klan fait régner la terreur. Jessy comprend l’ampleur et les dangers de la ségrégation quand il doit aider son père à descendre Lester pendu à un peuplier. Cependant, grâce à un nouveau venu dans sa classe, Spike Battle, il découvre un autre monde noir, plus riche, plus créatif, plus libre que sa communauté de Chastity : celui des musiciens. Miles Davies, de passage, lui laisse non seulement le souvenir d’une musique libératrice mais aussi une pensée qui va déterminer sa vie. Jessy se lance alors dans des défis à l’ordre blanc et brave les lois racistes. Mais lorsque le Klan découvre ses insoumissions, son père, son ami Spike et ses parents sont assassinés. Jessy échappe à ses poursuivants, quitte Chastity, retrouve Miles Davies et devient musicien à son tour. Le roman se termine au lendemain de l’élection du nouveau président américain, quand Jessy Jackson, 66 ans, retourne pour la première fois en Alabama pour assister au procès de l’assassin à la tête du KKK pendant toutes ces années.
L’auteur n’évite pas une certaine violence dans l’écriture, liée à la période décrite (lynchage, pendaison, chasse à l’homme). Cependant, ces scènes ne semblent pas inutiles ni gratuites : elles illustrent le climat que faisait régner le Klan en toute impunité à l’époque. Ce petit livre peut être un complément à l’étude du mouvement d’émancipation des Noirs aux Etats-Unis dans les années 60.

A partir de 11 ans

coup de coeur Orages d’été / B. Hall. - T. Magnier

L’été, cette année, s’annonce dramatique. Pas de pluie, pas de récolte, pas d’argent. L’inquiétude est palpable, la solidarité familiale montre des failles… C’est dans ce contexte qu’arrive Norma, la cousine de Dutch. Elle est un peu plus âgée, vient de la ville et n’a pas sa langue dans sa poche. Ce sera l’été de tous les changements...
Ambiance suffocante des canicules, tensions latentes, secrets de famille mis à jour, remises en questions… L’amour qui unit cette famille atypique sans mères sera bien malmené mais les évènements souderont davantage encore Dutch et les siens, dans un lien indéfectible.

coup de coeur Le premier qui pleure a perdu / S. Alexie. - Albin Michel. - (Wiz)

Junior est né avec pas mal de handicaps : hydrocéphale, chétif, puis premier de la classe et surtout indien Spokane qui vit dans une réserve où l’avenir est une notion bien abstraite. Il a tout de même quelques atouts : une famille qui l’aime, un humour mêlé d’autodérision et une forte volonté de s’en sortir. Même s’il doit pour cela quitter son environnement...
Ce roman, ponctué de dessins drolatiques, retrace cette période difficile durant laquelle Junior tente de se faire accepter par les blancs tandis que les siens le rejettent, se sentant trahis.
L’humour et la sensibilité du héros -qui est aussi le narrateur- le rendent terriblement attachant. Il dépeint la situation dramatique des réserves indiennes coupées du monde des blancs et minées par l’omniprésence de l’alcool mais nous offre en parallèle une véritable leçon de dépassement de soi.

coup de coeur Rita, New-York, 1964 / U. Nielsen. - Rouergue. - (DoAdo Monde)

L’histoire des États-Unis dans les années 60 - le racisme anti noirs et surtout, l’absurdité et la monstruosité de la guerre au Vietnam - vue par une jeune émigrée norvégienne. Le style, très particulier dans l’usage qu’il fait des répétitions, impose l’image d’un monde qui tournerait comme un manège, reproduisant l’histoire infinie de peuples privés de leur terre et luttant pour leur liberté. Rita observe, tente de s’acclimater. La force de son amour transforme tous ceux qui la côtoient. Pour autant, elle ne pourra rien contre la folie de son époque et préfèrera au bout du compte regagner son pays...
Un roman pour bons lecteurs qui offre une critique noire (malgré l’humour) du "rêve américain". Coup de coeur de Julie

coup de coeur Le rêve de Sam / F. Cadier. - Gallimard, (Scripto), 2008

Au travers de faits historiques, l’écrivain a noué une fiction autour d’un personnage, Sam, et de son grand frère Josh, pour raconter comment les noirs dans le Sud des Etats-Unis sont arrivés à se faire une place dans l’Amérique des Blancs, après l’abolition de l’esclavagisme. Au fur et à mesure du livre, nous découvrons ce que peut être le racisme, ce que pouvait vivre un jeune noir de 10 ans en 1952 dans ce Sud baigné par les descentes du Ku Klux Klan. Cette violence a touché Sam directement puisque ses parents ont été assassinés. Malgré cela, il résiste à la tentation de répondre à la violence par la violence et conserve encore l’espoir de devenir juge noir, grâce à sa rencontre avec Luther King. Son frère prendra un autre chemin, au côté d’un autre grand personnage de la lutte pour les droits des noirs, Malcom X.
De 1952 à 2005, nous parcourons l’histoire des luttes non violentes pour les droits des Noirs. L’écriture est simple, les personnages sensibles, et on imagine bien que ce personnage, s’il avait existé, poursuivrait aujourd’hui cette lutte pour l’égalité entre les peuples contre la discrimination raciale.

A partir de 13 ans

coup de coeur Les larmes noires / J. Lester. - Hachette

Livre très émouvant entre la pièce de théâtre et le roman. Nous sommes en Géorgie en 1859, l’année où la plus grande vente aux enchères d’esclaves a lieu aux Etats-Unis. Les personnages à tour de rôle témoignent, chacun, chacune marqué(e) à sa façon (les esclaves, les vendeurs, la famille du maître…). Le témoignage d’Emma vendue à 13 ans est bouleversant ; celui de Sarah, la fille du maître, qui ne pourra jamais pardonner, l’est tout autant…
Lecture sur un sujet grave et lourd qu’est l’esclavage mais qui est « facilitée » par la structure théâtrale du roman. Le résultat est saisissant !

coup de coeur Un été Lakota / S. Bages. - Plon

Cet été, Léonard va travailler dans un parc d’attraction donnant des spectacles de reconstitutions historiques sur les indiens, près de la réserve sioux de Pine Ridge. Au départ, il s’agissait juste de gagner un peu d’argent pour aider sa famille, qui en a cruellement besoin. Lui-même d’origine indienne, il n’est pas enchanté par cette idée, se sentant complètement coupé de ses racines. Mais Pine Ridge est le pays originaire de son père, qu’il ne connaît pas ; il y voit donc un moyen de savoir ce qu’il est devenu... Très vite, il découvre que ce dernier est mort, mais que sa mort ne serait pas aussi accidentelle qu’on le dit.
Une enquête prétexte à renouer avec ses ancêtres, avec les coutumes d’un peuple que le gouvernement américain s’est évertué à faire disparaître. Durant cet été, Léonard découvrira également des valeurs fortes, telles que le pardon, l’amour, autant de concepts qui devraient lui faire envisager l’avenir sous de meilleurs augures...

coup de coeur Lune indienne / A. Babendererde. - Bayard. - (Millézime)

Ce qui attend Olivier n’est pas facile et le changement va être aussi brutal que radical : il quitte l’Allemagne et sa petite amie pour suivre sa mère qui va épouser un indien Lakota habitant dans une réserve en Amérique. Il s’habitue tant bien que mal à sa nouvelle vie, à sa nouvelle famille, mais également au fait d’être un wasicun pour les autochtones, qui le regarde souvent avec haine ou méfiance, tant la difficulté d’entente entre indiens et blancs reste actuelle et les injustices perpétrées par ces derniers, flagrantes.
Mais au-delà d’une certaine violence, il découvre surtout une manière de vivre totalement différente, en phase avec la nature, où la notion de famille prend une toute autre dimension et où le rapport à la vie se révèle plus courageux chez un peuple déterminé à sauvegarder sa dignité.
Olivier, au début du roman s’apitoie beaucoup sur lui-même, mais il s’ouvre très vite au monde et découvre, dans l’altérité, ce dont il est capable.
Autre lecture :
Le ton de ce roman m’a paru juste du début à la fin. Autant dans ce que vit Olivier, cet adolescent allemand lors de cette séparation imposée (avec la fille qu’il aime…) par sa mère pour aller rejoindre cet homme indien que dans ce contraste violent rencontré lors de son arrivée dans ce « nouveau monde » qu’est cette réserve d’Indiens du Dakota. L’apprentissage est énorme pour Olivier et pour le lecteur car c’est tout un parcours initiatique qui en découle : Vivre et accepter l’instant en toute sincérité où que ce soit et le reste se fera tôt ou tard …
Une très belle leçon de vie !

coup de coeur Top rondes / J. MaDonald. - T. Magnier

A 19 ans, mère de 2 enfants, Aïcha, une new-yorkaise des cités, vient d’apprendre qu’elle arrive en fin de droits. Juesque là, ele se l’est coulée douce. Elle a abandoné l’école par ennui et n’aime que traîner et s’éclater. Elle aime aussi se gaver de hamburgers, de frites et de soda.
Il lui faut maintenant trouver un expédient pour sauver ses allocations. Bien sûr, l’Etat verse des aides en échange d’un travail d’intérêt général mais Aïcha considère que c’est un boulot d’esclaves et trop mal payé. Pourquoi ne pas tenter de devenir mannequin bien en chair, riche et célèbre ?
Roman plein de vivacité et d’optimiste comme son héroïne éclatante de santé et d’effronterie.

coup de coeur Montana 1948 / L. Watson. - 10/18. - (Domaine étranger)

David se souvient avec précision de l’été 1948 - l’été de ses 12 ans - dans un comté du Montana dont son père, après son grand-père, était le shérif. Une jeune servante indienne porte de graves accusations contre l’oncle de David, le brillant, le séduisant docteur Franck Hayden...
Roman simple, intense, poignant où, sous le regard d’un adolescent toujours à l’affût, se posent les questions essentielles de la trahison et de la loyauté, du pouvoir et de la justice.

coup de coeur Après la première mort / R. Cormier. - Ecole des loisirs. - (Médium)

Cette réédition est loin d’être superflue en cette époque où le terrorisme fait rage. Robert Cormier choisit un récit au plus près des corps, des émotions, des doutes pour décrire une prise d’otage d’enfants par un groupe de terroristes qui exige la libération de prisonniers politiques et une somme de 10 millions de dollars. La narration est complexe : on suit alternativement le ressenti de 3 personnages dont la descriptions de la personnalité est renforcée par des évoquations du passé : Miro, jeune terroriste qui espère faire ses preuves, Kate, jeune femme qui fait appel à tout son courage pour gérer cette situation angoissante et Ben, fils d’un agent américain qui choisira de se sacrifier. La situation tendue ne trouvera pas de fin heureuse mais permet d’explorer les méandres de l’âme humaine.
Un récit aux antipodes du manichéisme, très grave, très fort.

Et aussi... :


coup de coeur Comptines pour chanter le Far-West / Cécile Hudrisier. – Didier (Eveil musical), 2015

Après le dernier Comptines pour jouer dans l’eau, les petits sont invités à parcourir les plaines du Far-West à cheval sur des airs traditionnels aux sons de banjo, guitare country, harmonica, violon et flûte ! Passionnés d’indiens ou de cow-boys, chaussés de mocassins ou de bottes, à plumes ou à chapeau, ils seront ravis d’écouter ces textes courts et légers, interprétés par des enfants ou des adultes qui s’en donnent à cœur joie. C’est vif et joyeux, le chant « She’ll be coming round the mountain  » est donné avec une pointe d’accent façon Far West, par le musicien Framix, amoureux de la country. Après Comptines pour chanter dans la savane, il se retrouve à nouveau à hauteur d’enfants pour des interprétations personnelles de 5 titres. Sa version lente et mélancolique de « Nagawicka » est très belle.
Cette petite compilation d’une durée de 22’48mn pour 10 titres (durée des airs entre 1’40mn et 2’50mn, sauf pour « Nagawicka », 4mn), au format cartonné, est adorable. Entre indiens et cow-boys, Cécile Hudrisier, avec une infinie tendresse, illustre cet univers de western pour les petits. Sans oublier sous le tipi, un attrape-rêve … Indispensable ! Claire Py

A partir de 2 ans

coup de coeur Contes d’Amérique / ill. B. Dubois. - Rue des enfants

Cet album CD qui offre six contes traditionnels peu connus est intéressant, de facture assez sobre. On peut regretter que leur provenance précise ne soit pas indiquée, sauf indication interne au conte. On pourra pour la plupart les retrouver grâce aux sites spécialisés (iletaitunehistoire.com, feeclochette.chez.com...), ou dans le recueil général Contes du monde entier publié par Rue des enfants.
1 - Celui qui n’en faisait qu’à sa tête (conte kutenai, de la région correspondant actuellement au Montana , à l’Idaho , et à la Colombie-Britannique).
2 - Les papillons
3 - Les visages sur le mur
4 - Le grand Corbeau et le harfang des neiges (conte inuit)
5 - Les mouettes du lac Salé (Etat d’Utah)
6 - Bâton, tape !
Deux de ces contes sont étiologiques : origine des papillons (belle histoire assez complexe), origine de la couleur du corbeau et de l’harfang des neiges (conte plus humoristique). Trois sont centrés sur les qualités et défauts indéracinables de l’âme, les défauts finissant toujours par être punis : l’expérience n’instruit pas le héros du premier conte ; dans le 3e conte, la belle dont l’âme est mauvaise ne parvient même pas le temps de quelques épreuves à être serviable et droite, ce qui lui coûte la perte de sa beauté (on pense aux Fées de Perrault) ; dans le dernier, les voleurs finissent par être punis grâce à la solidarité des frères. La cinquième histoire est en réalité récente : elle est liée aux circonstances de l’installation des pionniers dans la région du lac Salé et prend une tonalité étiologique en expliquant le respect des mouettes des habitants de la nouvelle.
Les illustrations sont peu nombreuses, colorées, sans charme particulier. Le CD s’écoute bien. Les voix, féminines et masculines, sont agréables et la diction nette. Certains contes sont plus vivants en raison de leur nature moins narrative, ou de l’expressivité plus grande du conteur (surtout la première conteuse qui clôt également le CD). Il y a relativement peu de musique, dont la ponctuation aide à créer une atmosphère particulière. Le bruitage (fleuve, grillons, oiseaux, orage...) est très subtil.
Un ouvrage à écouter pour le plaisir et pour découvrir le patrimoine oral de l’Amérique du Nord. Il permet des comparaisons avec des contes d’autres continents.

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