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Dernière mise à jour :
dimanche 25 septembre 2016

Mot Clé : Théâtre




Album(s) :


coup de coeur Pauvre Pierrot / H. Heine ; P. Schössow. - La Joie de lire. 2013

Le spectacle se prépare, spectateurs et acteurs prennent place et la pièce déroule son intrigue malheureuse : le timide Pierrot ne peut déclarer son amour à Margot, qui se marie à un autre... « Il a perdu son seul trésor, son meilleur lit, c’est la tombe. Le voici qui s’y couche et qui dort jusqu’à la fin du monde. » Applaudissements enthousiastes, la vie retrouve, hors de la scène, sa légereté.
Une adaptation heureuse d’un texte classique de la littérature allemande du XIXe siècle, qui est aussi ici, grâce aux champs/contrechamps et à la mise en abime qui induit une distanciation, une métaphore subtile et intelligente du désespoir dans la vie. Ces drames que l’on pense ne jamais pouvoir surmonter promettent pourtant d’autres beaux jours...

Roman(s) :


coup de coeur Trac aux trousses / Yves Hughes. - Mini Syros (théâtre à jouer), 2014

Demain, c’est la rentrée des classes, et à l’intérieur de la trousse on n’en mène pas large. Crayon n’aime pas travailler, Trombone est tout détordu, Compas rêve de tracer une ligne droite, Colle en pot dégouline, Stylo-Plume joue les petits chefs….L’ambiance est fébrile et mouvementée ! Règlements de comptes en tout genre ou complicité solidaire, trac paralysant, rêves les plus fous, questions existentielles…tout ce petit monde bruisse à qui mieux mieux, jusqu’au petit matin du jour J. Prêts ?

Publié dans la collection "théâtre à jouer", cette petite pièce est également savoureuse en simple lecture (à une ou plusieurs voix). C’est vif, pétillant, très amusant. On savoure les jeux de mots comme les questionnements plus profonds de ce petit peuple des cartables. Ewa Bochenski

A partir de 7 ans

coup de coeur Histoir d’ouf / P. Petit. - Ecole des loisirs. - (Théâtre), 2013

C’est une pièce délirante, écrite sans utiliser la lettre E (comme Georges Perec). Ce livre peut être intéressant en classe pour la jubilation de lire des mots « estropiés » mais je ne pense pas qu’il soit accessible à des lecteurs isolés. Histoir d’ouf, c’est l’histoire de l’œuf, l’histoire des origines, vue d’une façon très originale.

Nathalie Bertin

coup de coeur Sous l’armure / C. Anne. - Ecole des loisirs. - (Théâtre)

Au château de Monseigneur, une guerre se prépare. Avant d’aller défendre son territoire, ce dernier met en ordre ses affaires et prend deux décisions : sa fille Christine sera envoyée dans un couvent et Thibaut, son fils adoptif nommé chevalier, viendra avec lui au combat. Or Christine et Thibaut ne sont pas de cet avis. Ils ont l’idée d’inverser leurs rôles.
Pièce de théâtre assez légère qui peut amener le débat sur l’image de l’homme et de la femme. Quelles sont les attentes de la société ? Comment chacun y trouve sa place ? Les rôles de chacun sont-ils définis ?

coup de coeur La migration des canards / E. Gonçalves. - Ecole des loisirs. - (Théâtre)

Cette pièce de théâtre raconte la souffrance d’une fille d’immigrés, gardiens d’immeuble. Son père-tyran croit pouvoir offrir un avenir meilleur à cette écolière de dix ans en employant des mesures coercitives, il l’isole et voyant que cela n’aboutit à rien, la frappe. Il maltraite aussi la mère qu’il juge responsable de cette situation.
Meurtrie par la souffrance et la solitude forcée, l’enfant se mure peu à peu dans le silence et entre dans une spirale d’échec scolaire.
Une façon singulière et percutante d’aborder le thème de la maltraitance et de la tyrannie dans la cellule familiale.
Autre lecture
Un père issu de l’immigration se sert de la violence en croyant ainsi permettre à sa fille d’échapper à sa condition sociale. Pas de vacances, pas de sortie mais une vie rythmée par les coups. La stratégie mise en place par le père pour éviter la différence ne réussit même pas à empêcher celle-ci d’éclater à l’école... Que reste-t-il à l’enfant ?
L’auteur de cette pièce de théâtre nous fait entendre tour à tour trois voix : celles des parents et celle de l’enfant. Les mots sont terribles. Il n’y a pas de jugement mais un simple constat. Chacun campe son rôle et il ne reste à la petite fille que le vol des canards sauvages pour laisser un peu d’espoir dans cette tragédie.
« L’enfant sait que le père est capable de beaucoup
Le père est fort et courageux
Le père agit quand il faut
Le père est pragmatique
Il varie le nombre de coup
Leur intensité
Le matériel
L’ endroit de la frappe selon la faute à corriger
 »

coup de coeur Made in OuLiPo / P. Petit. - Ecole des loisirs. - (Théâtre)

Deux courtes pièces qui ont la particularité de proposer des variantes infinies en utilisant le principe présenté par Raymond Queneau. Dans la première, nous sommes amenés à choisir chaque réplique dans un vaste choix, le tout dessinant peu à peu une vraie pièce, plus ou moins burlesque et fantaisiste mais toujours dans l’ordre du possible.
« - C’est l’histoire d’un po... po... po...
- D’un Polonais ? d’un Portugais ? d’un policier ? d’un postier ? d’un potier ? d’un polichinelle ? d’un pop-corn ? d’un podologue ? d’un poète ? d’un polisson ? d’un porc-épic ? d’un polytechnicien ? d’un politicien ? d’un porte-drapeau ? d’un potamochère ? d’un polatouche ? d’un potorou ? d’un poltron ?
 »
La seconde pièce propose d’inventer une recette de cuisine tout en enlevant un des ingrédients principaux. Elle a la particularité de pouvoir être jouée avec autant d’acteurs que possibles. Intéressant et riche en possibilités...
« Wouaouh ! Pas mal du tout, la tortilla ! Oui, oui, oui, la tortilla, nous la voulons jusqu’à ras bord, sans conditions, sans raison, sans façon, sans privation, sans chichi, sans tralala, sans flafla. Dans la tortilla, tout paraît ultrabon ! Il nous faut au moins dix rations ! Portons un toast à la tortilla ! Vivat la tortilla ! »

coup de coeur Grève ! / I. Rossignol. - Ecole des loisirs. - (Théâtre). 2013

Depuis la mort de sa femme, le père de Natacha et Pauline a baissé les bras. Ses filles vont tenter, tour à tour, de lui faire reprendre le chemin de la vie. Grève, ultimatum, douceur, tous les moyens sont bons pour retrouver leur père.
Une pièce en six scènes pour évoquer la peur, la tristesse, l’impossible deuil d’un être cher mais aussi le pouvoir du langage et des mots pour continuer à vivre malgré tout. Un livre qui sonne juste.
« Dimanche 6 mars : plus de lait ni de chocolat pour le petit-déjeuner. Lundi 7 mars : boîte de céréales vide et toujours pas de lait ni de chocolat. Mardi 8 mars : sans la cantine, je n’aurais mangé qu’une tranche de jambon aujourd’hui. Mercredi 9 mars : la situation est identique à celle d’hier. »

coup de coeur Double jeu / J.-F. Blondel. - Actes sud junior. 2013

Les romans de Jean Philippe Blondel traitent toujours du même sujet : l’adolescence. Ses histoires mettent donc en scène la rupture avec l’enfance et la difficile entrée dans le monde des adultes que les jeunes voient bien souvent comme des ennemis plutôt que des soutiens. Dans Double jeu, Quentin est obligé de changer de lycée car il s’est fait un peu trop remarquer dans le précédent. Changement complet de décor puisqu’il passe d’un lycée de banlieue à un lycée de quartier bourgeois. Il se sent perdu au milieu de ces jeunes qui sont loin d’avoir la même vie. En effet chez lui tout est morose, son père dépressif et sa mère découragée et fatiguée. Très souvent il aurait envie de tout quitter mais il a une jeune sœur qui est son petit soleil et c’est surtout pour elle qu’il veut s’accrocher. Par ailleurs il a la chance d’être dans la classe d’une professeur de français atypique qui va l’enrôler dans une pièce de théâtre dont le héros principal est très proche de lui. Ce roman est très bien écrit, émouvant et positif.
Autre lecture
Quentin a eu des problèmes de discipline dans son ancien collège et se retrouve dans un établissement qui n’a rien à voir avec son quartier d’origine : le voici propulsé dans un milieu huppé (il y a même une "option théâtre" !), avec des élèves et des profs qui le toisent comme un élément perturbateur. Seule la prof de français ne semble pas intimidée par l’arrogance de Quentin et l’invite à rejoindre la troupe jouer La Ménagerie de verre de Tennessee Williams.
Quentin se retrouve à jouer double jeu : issu d’un quartier défavorisé, entouré de parents complètement absorbés par leur travail et d’amis en prise avec la justice, Quentin doit se familiariser avec ce milieu aux codes si différents. Changer, s’adapter, rester fidèle à soi-même, aux autres (son meilleur ami, sa petite sœur, si attachante), trouver sa voie sans plus jouer de rôle si ce n’est au théâtre, voilà le défi que va devoir relever notre héros. Il nous offre en cela un beau parcours semé de doutes, d’erreurs constructrices, de rencontres fondatrices…
Un roman intéressant avec une narration en je, sur plusieurs mois, avec ellipses.

coup de coeur Entre les deux mon coeur / N. Brun-Cosme. - Ecole des loisirs. - (Théâtre). 2013

Courte pièce de théâtre. Deux jumeaux tous les deux amoureux de leur amie d’enfance sont consternés par l’incapacité de celle-ci à les distinguer. Mais à ce jeu de colin-maillard enfantin fait écho peu à peu un drame qui lui concerne les adultes...
Une pièce à double lecture où le pardon et l’amour tentent de se concilier. Qu’est-ce qu’aimer ? Qui aime ton ? Peut-on se tromper ? Une pièce sur l’errance et l’espoir, sur le balancement de la vie. Mais pour qui est écrit le livre ?
« Ils disent que je me trompe. Ils disent que Théo, c’est Tom. Mais moi je sais bien que c’est Théo. Quand on a joué à colin-maillard avec le grand foulard jaune de ma mère, quand j’ai posé mes mains sur son visage, je savais bien que c’était le visage de Théo. »

coup de coeur Sœur, je ne sais pas quoi frère / P. Dorin. - Ecole des loisirs. - (Théâtre)

Cinq sœurs de dix à soixante-quinze ans sont recluses dans une maison, en Russie. Elles jouent aux cartes, elles chantent, elles boivent de la vodka. Chaque jour, elles évoquent et jouent leur passé commun puis font resurgir les secrets qu’elles ont si bien cachés. Dans l’esprit des matriochkas, une sœur en cache une autre, un secret en dévoile un autre jusqu’au dévoilement final par la plus jeune sœur. C’est une pièce de théâtre qui se lit à voix haute pour faire ressurgir la timidité des mots et des gestes mais aussi pour mettre en exergue la beauté des échanges.
Autre lecture
Cinq sœurs semblent rejouer des morceaux de leur vie. Les scènes étranges se succèdent. Les registres et les tons sont variés, le lecteur passe d’un sentiment diffus de peur au pur burlesque. La relation entre les personnages est à la fois cruelle et pleine de complicité. Qu’est-ce qui les unit ? Nous l’apprendrons à la fin de la pièce...
Un théâtre qui se regarde, des personnages dans un "hors temps", et surtout beaucoup de jeux avec le langage. L’ensemble reste cependant difficile d’accès.
« Toutes, à voix basses : Seigneur doux Jésus, faites que mes sœurs soient mortes. Délivrez-moi d’elles, doux seigneur Jésus. Dites aux communistes de venir pendant la nuit avec leurs couteaux grands comme ça et de les égorger toutes vivantes. Je voudrai tellement devenir fille unique et que mon père revienne pour moi toute seule et qu’il me conduise à son bras devant le tsar. »

coup de coeur Gladys et Vova / E. Caron. - Ecole des loisirs. - (Medium). 2013

Gladys et Vova sont jumeaux, inséparables, mais très différents : chacun a sa bulle, « l’imagination et la colère brute leur servaient d’enveloppe ». Et ils ont bien besoin de protection, d’enveloppe, tant la vie les a malmenés. Une mère partie tôt, une grand-mère bientôt décédée, l’orphelinat en Roumanie puis l’arrivée en France chez un riche couple. Gladys est censée remplacer la fille défunte d’une marâtre perdue dans sa souffrance ; Vova est toléré dans la maison en tant que serviteur. Ils grandissent cahin-caha jusqu’au drame…
Une histoire qui se déroule telle un conte moderne semé d’épreuves, de malheurs, de douleurs mais qui apporte au final une issue heureuse. Les héros peuvent dire, de concert avec l’un des personnages : « Je suis plus forte que mes blessures. »

coup de coeur 3000 façons de dire je t’aime / M.-A. Murail. - Ecole des loisirs. - (Médium). 2013

C’est une narration portée par un nous, sans qu’il soit dit explicitement qui de Chloé, Bastien ou Neville, assume la narration. Car c’est une histoire vécue et écrite à trois, trois amis liés par le théâtre.
Chloé suit des études littéraires de prépa, Bastien met un point d’honneur à ne pas travailler et à faire rire, Neville, lui est à la fois torturé et désinvolte. Tous ambitionnent de devenir comédien et ils font leurs armes auprès de Jeanson. Ils vont devoir entendre et comprendre les consignes de leur professeur pour véritablement se mettre dans la peau de leurs personnages. Une voie étonnante pour se comprendre un peu mieux soi-même... « Lancez-vous mademoiselle ! Après tout, il ne s’agit que de mourir ! »
De nombreuses tirades du répertoire classique sont convoquées dans cette histoire d’amitié, de solidarité et d’amour généreux, qui nous prouvent s’il était besoin que les grands auteurs (cités en fin d’ouvrage) peuvent toujours entrer en résonance avec les préoccupations quotidiennes des adolescents d’aujourd’hui.

coup de coeur Traversée / E. Savasta. - Ecole des loisirs. - (Théâtre)

Un magnifique texte théâtral, qui soulève chez le lecteur une vague d’émotions intenses. Une écriture sobre et puissante. Les deux héroïnes, dont l’une est sourde et s’exprime en langue des signes, sont unies par un lien très fort et rien ne semble pouvoir les séparer. Mais elles vivent dans un pays totalitaire où les femmes ont un avenir tout tracé. Youmna transmet sa force à Nour et elle lui permettra d’échapper à la condition à laquelle son avenir de femme sourde et soumise semblait la destiner.
Autre lecture
Pièce de théâtre en trois actes. Nour vit avec Youmna qui est sourde. Elle l’élève comme sa fille, à l’aide d’un fort rituel quotidien, jusqu’au jour où la mère naturelle de Nour la réclame. La seconde partie de l’histoire est consacrée au voyage, à la traversée vers un ailleurs. Enfin c’est l’arrivée et la nécessaire reconstruction avec comme clé la petite boîte que Nour ne doit ouvrir que lorsqu’elle sera femme...
L’écriture poétique, remplie de monologues, est belle et envoûtante. L’histoire est forte. Elle interroge sur ce qui fait une mère et les renoncements qu’elle implique. La fin, surprenante, éclaire différemment tout le récit. Un beau texte.
« Je suis comme un colis qu’on déplace d’un endroit à un autre. On demande rarement à un colis son avis sur la situation. Je ne peux pas voir le paysage. J’ai chaud. Je crève de soif au milieu de ces fruits pleins d’eau. Celle que je vais rejoindre a dû s’imaginer que je voyagerais comme une princesse. La vérité c’est que je voyage comme une pastèque. »

coup de coeur Rouge Tagada / C. Bousquet ; S. Rubini. - Gulf Stream. - (Les graphiques)

Une jeune fille de 13 ans connait son premier émoi amoureux, rien d’original a priori, si ce n’est que l’objet de son amour s’avère être une autre adolescente, nouvelle dans sa classe. Malheureusement tout comme dans les tragédies dont elles partagent le goût, la fin ne connaitra pas de dénouement heureux...
Pas de grandiloquence néanmoins, le ton est juste, en résonance avec les préoccupations contemporaines des adolescentes.
Tout nous plait dans cet ouvrage étonnant : le titre savoureux et enjôleur, la souplesse de la mise en page oscillant entre BD, album et roman graphique, l’ambiguïté d’une amitié adolescente, la force de la chute, douce-amère...
Autre lecture
Une nouvelle élève. Une amitié qui naît. Mais Alex ressent plus que de l’amitié pour Layla. Comment l’approcher ? comment lui dire ? Comment lui faire partager ses sentiments ? Car Axel est elle aussi une fille...
Au delà de la relation du thème du premier amour, se dessine avec finesse, justesse et pudeur les thèmes de l’amour non partagé et de l’homosexualité. Le choix du roman graphique est une réussite. Les illustrations accompagnent avec douceur cet émouvant récit de vie. On reprendrait bien une fraise Tagada...
« A deux, tout était plus facile, et j’en arrivais même à oublier mes idées bizarres, mes envies de la serrer dans mes bras, contre moi, d’embrasser ses paupières et le bout de son nez, de goûter ses lèvres roses et, quand elle était triste, de sécher ses larmes avec des baisers. J’oubliais tout ça, oui, parce que nous étions amies. Vraiment amies. Meilleures amies. Inséparables. »

coup de coeur Mon frère, ma princesse / C. Zambon. - Ecole des loisirs. - (Théâtre)

Quand Alyan, un jeune garçon passe sa journée déguisée en fée, toute son entourage est impacté ! Sa mère s’inquiète, son père tâche d’ignorer les faits, sa grand-mère tente de l’arrêter, sa sœur devient bouc émissaire dans la cour de l’école, son voisin tâche de comprendre... Mais jusqu’où le malaise doit-il s’étendre pour que les adultes réagissent ?
Une courte pièce de théâtre, bien écrite, où les scènes sont stylisées par des étoiles. L’auteur nous fait assister à plusieurs naissances. Celle du petit garçon qui s’affirme fille mais aussi celle nécessaire mais difficile de son entourage.

coup de coeur 2084 : Scènes de marionnettes / P. Dorin. - Ecole des loisirs. - (Théâtre)

Une pièce de théâtre très courte, très originale et très drôle. On y évoque avec beaucoup d’acidité les relations entre "marionnettes" ! A moins qu’on parle en fait de l’homme et de sa nature ?
Autre lecture
Un présentateur nous propulse en 2084. Nous pénétrons dans un monde étrange de marionnettes manipulées, qui vivent à la place des humains.
Pièce drôle mais surtout effrayante car tellement juste sur notre monde actuel. 2084 ressemble assez à 2012 où nous n’existons plus que dans la virtualité, symbolisée dans la pièce par les marionnettes.

coup de coeur Eric n’est pas beau / S. Boulerice. - Ecole des loisirs. - (Théâtre)

Un conte sous forme de pièce de théâtre. Éric se sent laid, son meilleur ami, Jérémie, est très attaché à lui, mais ça ne lui suffit pas. Le jour où 2 nouvelles voisines, jumelles, emménagent, Éric est immédiatement attiré par la plus jolie, Bella. Mais c’est avec sa sœur, Léda, qu’il va parler et évoluer. Léda, bien moins jolie mais tellement plus intéressante et vivante.
Une petite histoire légère sur les apparences (physiques et évidente) et les sentiments (qui peuvent se révéler inattendus).

coup de coeur La manifestation / G. Kocjan. - Syros. - (Mini Syros Théâtre à jouer)

Des élèves qui manifestent pour retourner à l’école, voilà qui n’est pas banal ! Dans cette courte pièce composée de 3 scènes et avec 14 personnages (ou plus), les enfants de classes de primaires vont pouvoir se jouer d’eux-mêmes et de l’école.
Grégoire Kocjan fait mouche avec ses dialogues et signe un premier titre réussi dans cette nouvelle collection Théâtre à jouer.

Et aussi... :


coup de coeur Le songe d’une nuit d’été / d’après W. Shakespeare ; A. Kunert ; A. Carré. - Adlibris. - (Grands maîtres)

L’esprit du songe d’une nuit d’été est bien là avec les thématiques retrouvées : amours à différents niveaux de la société ; inclinaison et désirs modifiés par des forces obscures (ici représentées par des elfes, sylphes...) ; théâtre dans le théâtre avec le groupe des artisans qui montent une pièce, le théâtre créé par des gens simples qui réunit par le rire et fait se rencontrer ceux qui a priori n’y étaient pas destinés...
L’inventivité de Shakespeare est mise en évidence avec aussi tout ce qui se trame dans le théâtre et chez les acteurs. Avec le masque, un homme peut jouer un rôle de femme et vice versa ; un mur, sur scène, peut être un mur humain... Tout cela a-t-il bien lieu ou est-ce un songe ?
La narration est faite à partir d’une adaptation allemande de Barbara Kindermann. Les dialogues sont en partie repris d’une traduction de Victor Hugo, avec une lecture d’Alain Carré qui attache et n’entraîne aucun ennui pour ce texte de 38 minutes. Les illustrations, saturées de verts, sont plus intéressantes dans les détails.
Précisions claires en dernière page avec une présentation de William Shakespeare et de la comédie Le songe d’une nuit d’été sous le titre Emmêler et démêler.
Un bel ouvrage pour s’initier à l’œuvre. On aurait pu souhaiter une mise en musique pour alléger l’ensemble.
Autre lecture]
Le choix de ce grand classique de Shakespeare écrit à la fin du XVIe siècle est ambitieux. La pièce (découpée après sa création en 5 actes) est particulièrement complexe, puisque s’y croisent et s’y emboîtent plusieurs intrigues qui ont lieu à Athènes, au moment du solstice d’été.
La première intrigue met en scène les amours contrariées de quatre jeunes gens : Hermia aime Lysandre mais son père, Egée, veut la contraindre à épouser Démétrius et pour ce faire réclame l’arbitrage du duc Thésée. Héléna, amie d’Hermia, aime Démétrius, mais celui-ci aime Hermia. Pour échapper à l’ultimatum du roi, Lysandre et Hermia se donnent rendez-vous dans la forêt, poursuivis par Démétrius, lui-même poursuivi par Héléna.
La deuxième intrigue met en scène sur le mode burlesque six artisans qui veulent monter une pièce pour les noces de Thésée et d’Hippolyte : les amours tragiques de Pyrame et Thisbé. Ils se donnent aussi rendez-vous dans la forêt.
La troisième intrigue représente le différend entre Titania, la reine des fées, et Obéron, le roi des elfes, qui se disputent les services d’un jeune page. Pour châtier Titania, Obéron demande au lutin Puck d’aller chercher une fleur magique dont le suc versé sur les paupières d’une personne endormie rend amoureux du premier être aperçu au réveil. Comme en outre il a entendu les querelles des quatre jeunes Athéniens, il veut également utiliser les pouvoirs de la fleur sur Démétrius.
A partir de là tout se dérègle : Lysandre reçoit le suc et tombe amoureux d’Héléna, Titania tombe amoureuse de l’artisan Bottom affublé par Puck d’une tête d’âne. Il faut qu’Obéron répare les erreurs de Puck : tous les couples peuvent ainsi être formés, Lysandre et Hermia, Démétrius et Héléna, Titania et Obéron. Tous assistent dans le dernier acte à la représentation burlesque de Pyrame et Thisbé donnée par les artisans.
Le nombre élevé des personnages aux relations compliquées risque de décourager le jeune lecteur-auditeur. Il vaut probablement mieux commencer par l’écoute du CD, et même en ce cas, il semble préférable qu’un adulte prépare cette écoute. La mise en place des intrigues peut être ressentie comme trop lente. C’est à partir du moment où les dialogues entre les personnages deviennent plus nombreux, où les artisans font entendre le décalage des styles et où le rythme s’accélère progressivement que l’on peut espérer que les destinataires seront vraiment « embarqués » dans la folle magie de cette nuit d’été. Il est regrettable que l’absence de repères dans l’album, de signalement du changement de plages par un symbole dans l’album et une véritable pause dans le CD ne facilite pas la découverte, sauf si l’adulte passeur, s’appuyant sur une bonne connaissance de l’œuvre, fragmente l’écoute et guide la lecture du passage correspondant. Quoi qu’il en soit, une véritable appropriation demande du temps.
Les illustrations ne sont pas très séduisantes au premier abord mais méritent d’être regardées attentivement. Elles jouent sur différentes nuances de vert, ce qui n’est pas anormal pour une pièce qui se déroule essentiellement dans la forêt, mais il faut dépasser la première impression d’uniformité. Les illustrations pleine page se prolongent sur la page de texte ; cela apporte une certaine variété et rend plus acceptable la densité du texte. Les personnages très petits sont présentés comme des marionnettes, ce qui rend bien la tonalité de ce monde féérique dans lesquels s’agitent les fils de l’amour aveugle. Nombre de petits détails soulignent la dimension comique de la pièce. Ces illustrations sont en accord avec les choix d’Alain Carré qui accorde plus de place aux effets comiques qu’aux subtilités du sentiment amoureux et aux fantasmes du songe.
On peut donc proposer cet album CD à des lecteurs d’une douzaine d’années ou plus (et même à des adultes), mais mieux vaut accompagner la prise en mains. L’ouvrage est à la fois exigeant et intéressant quand on accepte de prendre le temps de l’explorer.

coup de coeur Arlequin, serviteur de deux maîtres / D’après Carlo Goldoni ; C. Carls ; A. Carré. - Adlibris. - (Grands maîtres)

La collection Grands Maîtres offre un résumé assez conséquent de pièces de théâtre classiques et propose des illustrations pleine page dans des albums grand format. Ce résumé est fidèle : il permet d’entendre des éléments du dialogue original. Le CD est un complément indispensable dans lequel le comédien Alain Carré donne vie à l’intrigue et aux différents personnages.
On peut légitimement s’interroger sur le bien-fondé d’une telle démarche. Résumer une pièce, n’est-ce pas, en soi, en trahir l’essence à la fois parce que le théâtre est par définition spectacle d’un jeu fondé sur le dialogue (même si les illustrations offrent un support visuel) ? Et la mise en œuvre particulière de ce projet peut-elle donner envie aux jeunes lecteurs de lire la pièce intégrale et surtout d’aller la voir au théâtre ?
Les résumés proposés exigent une attention soutenue et privent le destinataire de l’impact direct du dialogue (qu’il recherche souvent, même dans les romans), même si certains dialogues sont repris, et ce d’autant plus que Alain Carré interprète seul les différents personnages. Paradoxalement la mise en page de l’album ne facilite absolument pas la lecture puisque le texte forme un tout dans lequel disparaît le découpage en actes et en scènes. Malgré ces réserves, l’entreprise est originale et mérite l’attention.
Arlequin, serviteur de deux maîtres :
Dans la Venise d’un autre temps, deux amoureux Clarice et Silvio vont se marier lorsque surgit Frederico Rasponi à qui le père de la jeune femme l’avait promise autrefois. On le croyait mort. A partir de ce thème, la comédie complexe se déroule, avec tous les ressorts du classique : pouvoir des pères qui décident du mariage, poursuites d’intérêts qui contrarient les affinités des jeunes gens, surprises, déguisements qui menacent de créer des situations dramatiques. L’amour des valets et servantes des deux jeunes gens va créer un imbroglio qui aurait pu mal se terminer. Mais on est dans une comédie et tout se termine bien après la rigueur des bastonnades distribuées par les deux maîtres sur Arlequin.
En première page les personnages de la comédie sont bien présentés. En dernière page l’œuvre est bien située dans son contexte, avec un rappel de la modernité de l’œuvre jouée sur toutes les scènes du monde. L’illustration entre réalisme et idéalisation nous transporte à Venise.
Malgré la voix entrainante d’Alain Carré, le texte du livre est présenté de manière tellement uniforme qu’il est difficile à suivre. Il manquerait un accompagnement musical pour aérer le texte très présent et soutenu.

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