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Dernière mise à jour :
dimanche 25 septembre 2016

Mot Clé : Premier roman


Roman(s) :


coup de coeur Bird / C. Chan. - Helium. 2014

Comment survivre à l’infinie tristesse ? Comment poursuivre sa vie lorsqu’on a perdu son frère/enfant/petit fils, qui s’est jeté d’une falaise croyant s’envoler, "encouragé" par son grand-père qui le surnommait Bird ?
Chacun tente comme il le peut de maintenir le cap, dans un silence assourdissant, envahissant, de plus en plus pesant. « C’est comme si nous avions peur des mots. Ils patientent, suspendus dans l’air, inarticulés, puis quand ils comprennent qu’ils ne vont pas servir, ils se flétrissent et meurent. » Jewel, 12 ans, est née le jour de la mort de son frère. Elle a toujours été soucieuse jusque là de ne pas créer de problème, tente seule d’alléger sa peine. La rencontre avec Eugène, qui jette sur leur vie un regard nouveau, réveille Jewel : elle ressent de plus en plus le besoin impérieux de lever ce silence -nourri-gavé d’une colère et d’une culpabilité inexprimées- et d’affirmer ses choix afin de libérer la parole et la vérité. Même si pour cela elle doit encore souffrir.
Un premier roman bouleversant porté par une jeune fille qui tente d’exister malgré la pesanteur de leur vie. Métisse, elle navigue entre le rationalisme de sa mère et les croyances vaudou de ses père et grand-père, mais c’est dans l’amitié et la nature qu’elle puisera la force de naître à sa propre vie. Julie Feuvrier

A partir de 12 ans

coup de coeur Enfernité / B. Ashton. - Milan. - (Macadam)

Nikki revient des enfers pour dire au revoir à ses proches et notamment à son petit ami de l’époque. Elle est suivi par un enfernaute qui cherche à la persuader de rester avec lui. Mais que s’est-il passé six mois avant pour que la jeune fille suive ce démon ? Le récit alterne le présent et le passé et nous envoûte peu à peu avec les déchirements internes de l’héroïne. Quels choix restent-ils ?
Un bon roman qui fait penser à Hush, Hush…

coup de coeur Dis-moi qu’il y a un ouragan / F. Emont. - Gallimard. - (Scripto). 2014

Lea est sur ses gardes. Nouvelle ville, nouvel établissement scolaire en cours d’année, elle doit s’intégrer sans que ne soient mises au jour les raisons de sa "fuite". Elle se retrouve en atelier d’art visuel avec trois loosers et une pimbêche punie pour son retard. Ensemble, ils vont devoir réaliser un mini film avec leur appareil portable. Les personnalités se révèlent et Léa, au tempérament affirmé, ne peut rester longtemps sur la réserve qu’elle s’était fixée comme ligne de conduite.
La méfiance qui sous-tendait tout le petit groupe laisse bientôt place à une vraie solidarité et une compréhension des problèmes de chacun qui abolit les frontières.
La personnalité de Léa, franche, généreuse et volontaire, agit comme un catalyseur sur le petit groupe et l’on s’attache facilement aux problèmes de chacun. Avec Lea, les problèmes n’en seront d’ailleurs bientôt plus !
Fabrice Emont nous présente ici la naissance de son premier roman.
Autre lecture
Parce qu’ils doivent réaliser une vidéo scolaire ensemble, cinq adolescents différents sont obligés de s’unir. Moussa est bouddhiste, Pauline a peur des germes, Quentin est poète, Jennifer est la bombe du lycée et notre héroïne, Léa, tente de refaire sa vie dans un nouvel établissement. Nous suivons l’évolution des relations entre les personnages. A la clé pour le groupe vidéaste vainqueur, une visite de studio et la rencontre avec un acteur célèbre. Comment le groupe va-t-il arriver à s’entendre ?
Un roman intéressant par l’écriture notamment dans sa manière de travailler les personnages et leurs blessures profondes tout en gardant une certaine hauteur grâce à l’ humour. Par contre l’histoire de la vidéo, très présente dans le récit est pourtant peu décrite au final. Beaucoup de situations sont improbables mais le livre s’avère cependant agréable à lire. Un bon roman sur les relations entre adolescents.
« On a tous des secrets, ai-je dit pour changer de sujets sans vraiment changer de sujet. Des secrets intimes qui ne regardent personne, et aussi des secrets qui ont besoin de sortir mais qui restent coincés dans la gorge. Le tout, c’est de choisir ce qu’on veut dire ou pas. Moi, je veux bien te dire que c’est justement parce que des secrets ne sont pas restés secrets que j’ai dû partir. Voilà. »
Playslit du livre : http://www.deezer.com/playlist/139268071

A partir de 13 ans

coup de coeur Je suis sa fille / B. Minville. - Sarbacane. - (Exprim’). 2013

Il a toujours transmis à sa fille une grande confiance en la vie et lui a appris à avoir un regard généreux sur les autres, à choisir la liberté, toujours. Aujourd’hui, il est sur un lit d’hôpital entre la vie et la mort, parce que le braquage qu’il a maladroitement tenté a mal tourné. Quant à savoir comment il en est venu à une telle extrémité, Joan a sa petite idée, fermement décidée à retrouver celui qui l’a détruit, dans un harcèlement méthodique sur son lieu de travail. Épaulée par son meilleur ami Hugo, puis accompagnée ensuite par Blanche si forte et si poignante, elle part sur la route de la vengeance. Mais en chemin, il faut VIVRE, rendre hommage à ce père exceptionnel. Le voyage oscille ainsi entre bouffées de rage et de haine et moments rares de partage complice : « Imaginer que je souhaite la mort de quelqu’un… c’est absurde. Se servir d’un putain de flingue ! (…) Mais dès que je revois son visage éteint… les électrodes, les moniteurs autour de son corps… dès que j’imagine toutes ses souffrances et sa détresse, je bascule. » Quel choix fera Joan devant le bourreau de son père ?
Ce premier roman offre de vrais passages bouleversants, des personnages extrêmement attachants, nous suivrons Benoît Minville avec un intérêt certain !
« Rien n’est écrit, tout est à faire. On va le vivre, notre grand chemin, et à notre sauce. Avec nos rêves, nos faiblesses, et on en sera fières. »
Autre lecture
Lessivé par son entreprise et rejeté par la société, le père de Joan finit à l’hôpital dans un état inquiétant. Sa fille décide de traverser la France pour obtenir vengeance en tuant le grand patron de la firme. Le roman retrace le périple effectué avec Hugo son meilleur ami et la voiture qu’il emprunte à son frère. Chaque halte est l’occasion d’aventures mais aussi d’une réflexion sur la vie et la société.
Roman initiatique qui pose la question des idéaux dans la société moderne. Est-il possible de rester positif et de garder ses rêves intacts ? Quels choix nous laisse la vie ? De beaux passages dans ce récit un peu déjanté mais percutant sur la jeunesse d’aujourd’hui et le monde qu’il hante.
« Je n’arrive plus à m’imaginer une vie normale.
- Elle ne sera plus, tu sais. C’est vrai. Elle sera différente, mais elle sera ce que tu as envie d’en faire. J’espère que je ne vais pas te choquer, mais je veux dire qu’elle sera...extraordinaire. Tu comprends ? Elle n’aura plus jamais rien d’ordinaire, quoi qu’il advienne. »

coup de coeur L’ envol / R. Rossetti. - Albin Michel. - (Wiz). 2013

« Rien ne compte davantage qu’une vie » pour Frenenquer, c’est pourquoi elle ne peut faire autrement que de sauver ce chat enfermé en cage dans le souk, contre l’avis et la colère de son père. Et il lui faut une grande détermination et un courage inédit, tant est importante l’emprise qu’il a sur elle. Il l’a façonnée selon sa volonté, lui impose un nombre de règles infinies pour qu’elle agisse et pense selon l’image qu’il a d’elle. Frenenquer étouffe...
L’atmosphère est aussi suffocante que l’héroïne -et narratrice- est froide, distante, sèche. Mais un noyau de révolte croît en elle, qui se développera aux côtés de Sangris, ce chat capable de prendre forme humaine, de voler, d’emmener Frennen loin, très loin... Car il est une Libre créature et va la guider sur le chemin de l’émancipation... Avec lui, elle va découvrir la liberté, et sentiments honnis et redoutés, l’affection et la sensualité.
Les deux personnages sont atypiques, l’une n’accédant pas à son identité propre, l’autre incarnant la liberté infinie, mais sans contours pour délimiter sa forme. Tout deux souffrent d’un manque d’ancrage, jusqu’à leur rencontre salvatrice...
Un premier roman à découvrir !
Autre lecture
Frenenqer vit dans une oasis. Son père tient à faire d’elle une fille parfaite. Ses obligations tournent principalement autour de l’idée qu’elle doit, en tant que femme, se faire oublier. Devant l’impossibilité de satisfaire ce père tout puissant, la jeune fille s’étiole. Dans une de ses rares périodes de rébellion, elle sauve un chat, qui se révèle être un Être Libre, capable de toutes les transformations et déplacements. Pour la remercier, il l’amène voler et découvrir le monde... Mais ces échappées ne sont toujours que temporaires...
Conte allégorique sur l’enfermement et la manipulation. Le récit est tout à la fois poétique et fantastique, ce qui en réalité renforce le côté terrible de cette éducation où il n’est même plus possible de respirer. J’ai autant apprécié la description de l’Oasis et des autres mondes que cette allégorie de l’étouffement. Un livre à part, beau et terrible à la fois.
« Mon père m’a dégoté des règles de conduite aux quatre coins de la planète. Tout et n’importe quoi, du moment que ça lui semble raffiné. Demande pardon s’il t’arrive de frôler quelqu’un : ça, c’est canadien. Affecte la timidité : ça c’est thaïlandais. Ne souris pas aux hommes : ça c’est une des règles de l’Oasis. Non que je sois contre les bonnes manières, ou que j’aspire à la vulgarité et à l’ignorance... »

coup de coeur Effacée / T. Terry. - La Martinière. 2013

Kyla est une effacée, une parmi tant de jeunes de moins de 16 ans qui ont fait du tord à la société ou à eux-mêmes. Leur punition ou traitement est une seconde chance : plus de passé, plus de souvenirs. Ils sont comme réinitialisés pour mener une nouvelle vie, auprès d’une nouvelle famille, qui peut les "retourner" en cas d’incompatibilité. Le nivo, à leur bras, est le garant de leur état émotionnel : s’ils se laissent allés à de trop fortes émotions - à la violence a fortiori-, le nivo les déconnecte, peut même provoquer leur mort. Les anciens criminels ne représentent ainsi plus aucun danger.
Mais pourquoi Kyla a-t-elle tant de flashs, comme des réminiscences d’un passé ? Et pourquoi tant de personnes, autour d’elle, disparaissent ? Auprès de qui peut-elle se tourner pour élucider tous ces mystères ?
Une quête d’identité, et en creux une réflexion sur la justice des mineurs, pour un roman haletant, grâce à l’écriture qui suit au plus près les doutes, questionnements, vertiges et réflexions de la narratrice, héroïne à la sensibilité exacerbée et dotée d’une force de caractère inaltérable. Vite le tome 2 !
Autre lecture
Kyla est une effacée. Mais contrairement aux autres jeunes à qui on a enlevé la mémoire pour leur offrir une seconde chance, elle cherche à comprendre qui elle est. Sa famille, son école, son médecin, chacun essaye de lui apporter des avertissements et des conseils. Seulement Kyla tout en s’adaptant peu à peu à cette nouvelle vie, voit ressurgir en elle des fragments de son passé sous la forme de cauchemars… Les faits troublants s’enchaînent, des jeunes disparaissent autour d’elle, certains adultes semblent vouloir la protéger alors que d’autres la menacent directement… Peut-on réellement renaître et à quel prix ?
Une dystopie intéressante car tous les personnages sont troubles et comme emprisonnés par la société, ses règles et ses non-dits. Malheureusement, bien que rien ne l’indique, il doit s’agir d’un premier tome car la fin est tout à la fois ouverte et déconcertante. Nous avons peu de réponses aux interrogations de l’héroïne. Si le ciel s’assombrit pour elle, c’est comme pour mieux révéler la naissance de sa conscience. A tenter.
« Mon Nivo vibre.
4,4.
Phoebe a un sourire satisfait.
La vibration s’accentue : 4,2.
Phoebe lève la main.
- Monsieur ? Je crois que la nouvelle élève va exploser...
Tout le monde glousse. Tout le monde me regarde.
3,9...
 »

coup de coeur Bacha Posh / C. Erlih. - Actes Sud. 2013

Farrukh, jeune afghan, a un rêve : emmener son équipe d’aviron aux jeux olympiques. Pas facile quand on habite en Afghanistan, sans moyen et sans entraîneur… Mais grâce à d’anciens contacts de son père, Farrukh réussit l’impossible : obtenir un bateau moderne, avec en prime -et surprise de taille- une entraîneuse femme ! Il faut la faire accepter par l’équipe, entamer sérieusement les entrainements. Mais bientôt, cet obstacle paraît dérisoire face à ce qui se joue pour Farrukh : elle est devenue une femme…
L’histoire fait référence à une tradition afghane des plus étranges pour nous : afin de pallier l’absence d’un fils, une petite fille peut être travestie en homme par sa famille, jusqu’à sa puberté. Alors, elle retrouve son genre originel. Lorsque Farrukh redevient Farrukhzad, elle doit se familiariser avec ce nouveau corps, « embryon de femme, posture d’homme. Corps laid. Corps mensonge. » Farrukhzad doit apprendre le « B.A.-BA de la vie quotidienne », toutes ces tâches réservées aux femmes. Farrukhzad doit renoncer à ses rêves, à sa liberté de mouvement, de décision. Comment se résigner…
Même si les ramifications d’intrigues parallèles paraissent artificielles ou inabouties, même si les rôles de certains personnages sont avortés et laissent une frustration (Maud la française, Sohrab l’ami, la jalousie des sœurs de Farrukhzad...), le roman est passionnant dans les réflexions qu’il amorce, sur l’identité, le genre (l’écriture s’adapte selon que Farukh et fille ou garçon), les traditions, la liberté...

coup de coeur Frangine / M. Brunet. - Sarbacane. - (Exprim’). 2013

Oui ils ont deux mamans, oui leur schéma familial est différent (ils sont nés par PMA) mais pour Joachim, ce n’est pas un problème. Entouré de ses mères, toutes les moqueries, incompréhensions, discriminations ont vite été balayées. Son problème à lui, c’est d’arriver à "franchir le cap" avec Blandine. Alors il n’est pas très attentif à Pauline, sa cadette qui entre en seconde et se ferme de jour en jour devant les insultes de 3 camarades et le silence de tous les autres. Lorsqu’il comprend la situation, Joachim veut en venir aux poings mais Pauline refuse son aide, veut absolument trouver la force en elle de régler les choses. Pour cela, elle pose des questions, revient sur le passé, construit par touches son identité et sa force.
Joachim, sûr de lui et Pauline, vulnérable, réaffirme à leur manière l’évidence de l’amour quel qu’en soit l’équation.
Autre lecture
Joachim voit sa sœur sombrer. L’entrée au Lycée est pour elle une épreuve. Sa faille ? Avoir écrit qu’ils ont deux mères et pas de père ! C’est le début de moqueries, mise à l’écart et harcèlement. Mais Pauline ne veut pas d’aide, elle souhaite s’en sortir seule. Nous suivons la montée de la tension chez la jeune fille et de l’impuissance chez son frère. Jusqu’à ce que...
Un récit fort avant tout sur la relation frère sœur mais aussi sur la bêtise et l’homophobie. La famille homo-parentale ne diffère pas des autres. Joachim n’est pas un héros. Il doute et parfois préfère ne pas voir et ne pas entendre la souffrance de sa sœur. C’est en définitive elle qui va trouver sa propre voie en partie en revenant sur ses racines, sur son identité. Assumer ses différences, ne pas avoir peur du regard des autres, savoir dire non, voilà un message très positif ! Livre pour ados et adultes.
« J’ai lu dans son regard qu’elle était perdue. Que pour elle, rien n’avait été progressif. Et qu’elle était brutalement passée du pays enchanté aux terres menaçantes du Mordor - elle tombait de haut. »

coup de coeur Des yeux bleu trottoir / A. Sautier. - Ecole des loisirs

Louis est assez isolé dans sa classe de seconde. Avoir un an d’avance ne l’aide pas. Il aimerait aborder Émilie mais n’ose pas… L’annonce du divorce de ses parents va bousculer les choses. De les voir louvoyer, ne pas dire l’entière vérité, l’agace et le révolte. D’autant plus que son petit frère Otto, par ailleurs amoureux de sa maitresse, vit mal la situation. Louis observe, souffre et décide d’agir.
L’originalité du texte repose sur ses personnages et cette façon intelligente de les décrire : le narrateur Louis montre leur identité profonde sans trop en dire, avec un regard à la fois très tendre et acerbe, pour mieux parler de l’amour qui, s’il ne dure pas toujours, reste une belle chose à vivre. Même lorsqu’il prend des chemins inhabituels.

coup de coeur Comment j’ai piqué la petite amie Alien de Johnny Depp / G. Ghislain. - La Martinière. - (Fiction J)

Lorsque Zelda arrive chez son célèbre psy de père Davis comprend tout de suite que cette jeune fille est différente des autres patientes qu’il croise parfois. C’est un euphémisme. En effet Zelda prétend être une extraterrestre à la recherche de son élu, Johnny Depp (oui rien que ça !), et aurait pour mission de le ramener sur sa planète. David est à la fois effrayé et fasciné par cette superbe adolescente. D’autant qu’elle est d’une force surhumaine et sait se faire convaincante. Zelda est-elle une dangereuse schizophrène comme le prétendent les adultes ? Cela importe peu à David qui est amoureux d’elle et est bien décidé à ne plus la quitter. S’en suit alors une aventure rocambolesque à travers Paris.
Cette histoire est aussi déjantée que l’héroïne. On rit beaucoup à son humour très anglais. Normal l’auteur a parcouru le monde et l’anglais lui est devenu aussi naturel que le français, sa langue natale (ce roman a d’abord été écrit en anglais).
Autre lecture
Le père de David est thérapeute et sa patiente actuelle est vraiment étrange, voire dangereuse. David est pourtant très attiré par elle et surtout intrigué. La jeune Zelda lui avoue être une extra-terrestre à la recherche de son "double" terrien. David croit surtout qu’elle est schizophrène, jusqu’à ce que la jeune fille, alors solidement attachée par les policiers pour assister à sa séance thérapeutique, réussisse à s’échapper miraculeusement. David la retrouve dans le coffre de la voiture de sa mère : comment est-elle arrivée là ? C’est simple, Zelda spatioflash. David commence à douter des origines terrestres de Zelda. Commence alors une incroyable et trépidante course à travers Paris, entre David, Zelda, les parents du jeune garçon (une mère particulièrement hystérique) et les compagnes "alien" de Zelda. Et on apprend que le double terrien de Zelda n’est autre que Johnny Depp.
Roman drôle, hystérique, personnages attachants, pas si extra-terrestres que ça...
Autre lecture
Le père de David s’occupe de jeunes psychiquement perturbés. Mais cette Zelda nouvellement arrivée semble dépasser tout ce qu’ils connaissent : elle affirme venir de la planète Vahalal, qui ne tolère que les femmes. On y vit des centaines d’années, avec des pouvoirs étonnants et la reproduction est un phénomène bien compliqué. Zelda est justement là pour s’accoupler avec un certain… Johnny Depp. David va bientôt se retrouver adjuvant dans sa quête obsessionnelle…
C’est un roman loufoque, déjanté, violent par moment mais résolument enlevé et original. Coup de coeur de Myriam

coup de coeur Le spectre des abysses / K. Falls. - Bayard

Dans un monde confronté à la montée des eaux, il y a ceux d’En Haut, condamnés à s’entasser toujours plus nombreux dans quelques mètres carrés et ceux d’En Bas qui tentent de s’adapter à la vie sous-marine. Mais la rumeur veut que les enfants subissent une pression qui les amène à être « différents ». Ty est né et a toujours vécu dans une ferme aquatique. Seul bémol : l’absence d’ados de son âge jusqu’à ce que débarque Gemma, une “cramée”, à la recherche de son frère prospecteur... Au même moment, les attaques de hors-la-loi sur la colonie se multiplient ainsi que la pression du gouvernement sur ces nouveaux fermiers...
Un roman d’aventure très réussi. Le monde aquatique est particulièrement bien décrit, on plonge littéralement avec nos jeunes héros dans un monde rempli de créatures magnifiques. Les personnages sont denses et tout en nuances. La dimension fantastique avec les pouvoirs développés par ces nouveaux aventuriers est intégrée avec justesse dans l’histoire. Vivement le second tome même si ce premier opus peut se lire sans frustration.
« Etait-il possible qu’autrefois les filles aient découvert leurs jambes de la sorte ? J’avais vu des photos prises avant la Grande Crue, mais je n’y croyais pas. Sans même tenir compte des objections morales des Nouveaux Puritains, une fille d’En Haut qui exposerait autant de chair nue au soleil se retrouverait à l’hôpital avec des brûlures au troisième degré ! » Coup de coeur de Chahin

coup de coeur Moi Ambrose roi du scrabble / S. Nielsen. - Hélium

Ambrose est du genre tête à claque :« Il n’a pas le filtre (…) il dit tout ce qui lui passe par la tête. » Mais par ailleurs, il voit « toujours le bien chez les autres. Les possibilités. » Une personnalité bigarrée qui peine à se faire apprécier par les jeunes de son âge, d’autant qu’il déménage très souvent, suivant sa mère toujours en recherche du poste qui lui assurera une stabilité. Si l’on ajoute à cela une allergie aux cacahuètes et une mère on ne peut plus angoissée qui le surprotège (et en même temps l’abandonne tous les soirs !), sa place dans la vie n’est pas aisée. Mais Ambrose, roi du scrabble, va réussir des miracles. Pour lui-même, pour ses voisins, pour sa mère.
Cette auteure a le talent de dresser des situations de la vie compliquée sans verser dans le drame. Les personnalités de ses héros, avec leurs défauts et leurs richesses, se démènent pour transformer leur vie et celle de leur entourage. L’humour affleure constamment, assurant une lecture positive et agréable !

coup de coeur Le cœur en braille / P. Ruter. - Didier

L’impossibilité de Victor à se concentrer et à comprendre les cours est inversement proportionnelle à la facilité qu’il a à comprendre l’être humain dans ses richesses et ses fragilités. Ce n’est pas un hasard, en ce sens, s’il s’entend si bien avec le mystérieux Haïçam "qui ne jugeait jamais mais accompagnait toujours". Lorsque Marie-José, génie intégrale, se rapproche de lui, Victor a néanmoins bien du mal à comprendre ce qui peut les lier… Mais les faits sont là, Marie-José l’aide à combler son "ignorance ennemie", l’amène à devenir par là-même plus vivant et lui ouvre grand ses horizons. À mesure que ceux de Marie-José s’obscurcissent puisqu’elle est condamnée à perdre totalement la vue ; elle compte sur Victor pour l’aider à terminer l’année et atteindre son objectif…
Un premier roman drôle, touchant, positif, solidaire, dont les personnages ne jugent pas, mais se regardent et s’entraident.
Autre lecture
Victor a construit un monde très personnel. Il vit seul avec son père collectionneur et a pour passion les vieilles voitures. Son ami est aussi un être isolé puisque il passe son temps à jouer aux échecs. Mais la plupart du temps Victor est à l’ouest, il déforme les mots et a bien du mal à entretenir de bonnes relations avec l’école. Mais voilà qu’il rencontre Marie-José, brillante élève et violoncelliste. Or elle lui révèle qu’elle va bientôt être totalement aveugle et lui demande son soutien…Une nouvelle vie s’ouvre alors pour Victor.
L’écriture est agréable, le récit propose la confrontation entre deux mondes. L’ensemble est un peu long et la fin trop prévisible mais cela reste un bon moment de lecture.
« Je suis monté au C.D.I., qui était un endroit davantage dans ses cordes mais où, pour ma part, je ne m’étais encore jamais trop montré - un genre de bibliothèque où onpeut s’informer sur tout. A la télévision j’avais entendu qu’on appelait parfois ce genre d’endroit un "temple de la culture" et je préférais m’en tenir à bonne distance, à cause du temple, et aussi de la culture. »

coup de coeur Arsène / J. Arnaud. - Casterman

Georges, un prénom atypique pour un garçon de 11 ans. Sa singularité s’exprime aussi dans sa façon d’être. Passionné par Arsène Wenger, son quotidien est vécu à l’aune de cet entraîneur. Aussi, lorsqu’il fait la connaissance de sa voisine fantasque et tempétueuse, la voici surnommée Arsène. C’est dire s’il est subjugué… Il s’immisce dans la vie de cette jeune femme révoltée qui se comporte bientôt bizarrement. Georges veut tout faire pour l’aider…
Roman très original porté par un personnage rayonnant. Par sa simplicité, sa sincérité et sa générosité, Georges affronte des problèmes bien trop lourds pour lui. Mais sa candeur étant communicative, il fédère un réseau qui soulèvera des montagnes. Pas de happy end pour autant, et c’est là la force de ce premier roman, c’est qu’il mâtine toute la réalité difficile et non occultée (drogue, "La crise", solitude…) d’un humour discret mais efficace. Georges aura sur le lecteur comme sur les autres personnages, une influence revigorante !
Autre lecture
Un jeune garçon intrépide tombe amoureux de sa voisine. Un monde les sépare. Il entre au collège. Elle travaille. Il adore le football, elle aime la musique. Pourtant, par de nombreuses ruses, Georges va réussir à partager certains moments avec son idole, sous le regard conciliant de sa petite voisine, passionnée de médecine, d’Ali le libraire ou encore de M. Guédon son professeur de sport.
Un roman qui avec humour évoque des destins en décalage avec leur monde, avec leur temps. Les personnages sont hauts en couleurs et le récit vivant.

coup de coeur Elliot / G. Gardner. - Flammarion. - (Tribal)

Elliot vient de changer de collège et est fermement décidé à ne plus être tête de turc. Il se fait invisible, toujours dans l’angoisse et réussit miraculeusement à faire croire qu’il est sûr de lui. Pour garder le masque, il est prêt à trahir le seul ami qu’il s’est fait mais réalise grâce à sa mère qu’il doit refuser l’omerta.
Un roman très prenant sur l’univers scolaire, avec son système de leaders, de souffre-douleurs et de jeu de masques.

coup de coeur Mes chaussures couleur caca / R. Oum. - Oskar. - (Court métrage)

Une nouvelle collection qui, avec ses 4 premiers titres, promet… Texte plus ou moins court, phrase accroche en page de couverture avec juste un dessin, 4° de couverture avec 3 mots clés en guise de résumé, tout est dans la sobriété mais attire l’attention.
Dans Mes chaussures couleur caca, Elle vit dans l’angoisse de ce que dira son père. Il faut faire attention à ne pas le choquer, l’énerver et Elle et sa mère, vivent dans l’économie d’elles-mêmes. Aujourd’hui, la sentence est tombée, "Ta mère t’a acheté des chaussures de pute." Un jour, Elle constate ce qu’elle redoutait le plus : sa mère est partie. Pour elle aussi, alors, les choses doivent changer. Elle se donnera notamment le droit d’exprimer sa haine de ce père qui les a toujours humiliées.
Roman court, phrases courtes et langage haché, qui voit une fillette s’affranchir de la violence psychologique du père. Pas de happy end ici, on perçoit tout le mal qui est fait et la liberté ne sera sans doute pas facile...

coup de coeur Le premier défi de Mathieu Hidalf / C. Mauri. - Gallimard

Réjouissons-nous ! L’anniversaire du roi approche et chacun parie sur la prochaine bêtise de Mathieu Idalf ! Mais comment pourrait t-il réussir alors que chacun est sur le qui vive ? Et quelle bêtise va t-il choisir ? Cette lutte au sein du tissu familial où chacun nous surprend tout à tour se double d’une intrigue politique secondaire assez intéressante. Vite le tome 2 !
Autre lecture
Quelle tête à claque ce Mathieu ! Sa principale préoccupation, obsession devrait-on dire, est de faire la bêtise la plus monumentale qui soit, le jour de l’anniversaire du Roi. Il doit bluffer tout le monde. Plus encore que le jour de ses 8 ans, avec cette bêtise si spectaculaire qu’elle lui a valu 2 ans de punition et d’enfermement. Ces 2 années de préparation intense n’auront pas été vaines : le forfait de Mathieu est sadique, effets retentissants !
Un héros -anti-héros plutôt- à la fois suffisant, diabolique, génial et inconscient. Car tandis que son royaume est menacé par les redoutables frères Estaffes, Mathieu reste dans son trip de vengeance. La relation de Mathieu à son père, à la Simpson, est en ce sens assez jubilatoire. Entre agacement, moments de haine et tendresse, père et fils sont obnubilés l’un par l’autre, avec des relations régentées par des contrats juridiques !
Écriture très léchée pour un jeune auteur de 21 ans. Quelques longueurs mais un vrai univers et des personnages sardoniques !
Autre lecture
C’est un premier tome d’une série annoncée qui risque d’être longue … D’abord une famille, un père souvent bougon et colérique face aux frasques de son fils, une mère aimante, trois sœurs Juliette d’Or, Juliette d’Argent, la plus jeune : Juliette d’Airain… Mathieu, désespéré de grandir, doit fêter son dixième anniversaire et comme chaque année cela tombe le jour de la soirée du Grand Busier, nom d’un vieux roi fatigué « par trop de cérémonies, de moustiques, et de courtisans » ( chercher l’intrus !!!) Et comme chaque année, cela a lieu au palais où l’on se rend en carrosse de verre avec toute la noblesse du coin. C’est là que Mathieu doit réaliser « La grosse bêtise » que tous attendent ou craignent : sa famille, la cour, les professeurs de l’Ecole des Elitiens nichée au creux du palais, les journalistes, ses copains. Pendant les deux jours passés au Palais nous attendons donc « la bêtise » avec une foule de personnages amusants ou étonnants (les Nymphettes, le chien Bougetou aux 4 têtes, les sœurs jumelles baby sitters de choc ), actions et nombreux dialogues se succèdent rapidement, on nous mène aussi sur une fausse piste (une sorte de coup d’état se prépare…) et enfin la « Bêtise » annoncée se réalise, énorme farce qui nécessite le Vieux Roi, la sorcière Proserpine auteur des contes préfères de Mathieu sous le nom de « la grand-mère édentée », un parchemin rouge indéchirable, la complicité de membres de la cour et l’aide des sœurs de Mathieu à cause de « l’accord Sage comme du potage ».
C’est un récit qui s’adresse à de jeunes enfants que l’on veut faire rire avec un univers farfelu, la malice de Mathieu, les situations cocasses, il faudra quand même être bon lecteur…

coup de coeur Ce qu’ils n’ont pas pu nous prendre / R. Sepetys. - Gallimard. - (Scripto)

1941 : Lina, une jeune Lituanienne se trouve un matin embarquée avec sa famille pour un voyage dont elle ne connaît pas la destination. Le père n’est pas là, Lina, son petit frère et leur mère sont violemment poussés avec d’autres compatriotes dans un wagon à bestiaux pour un voyage qui durera 6 semaines, dans des conditions infâmes. Le but du "voyage" ? Un camp de travail dans l’Altaï où ils resteront près de 10 mois à souffrir la dure condition des déportés du monde soviétique. Quelques temps plus tard, ils reprennent leur interminable périple, pour aller bien au-delà du cercle polaire. Un voyage au bout de l’enfer… Heureusement Lina et son frère sont des battants, possèdent une force de vie que rien ne semble atteindre.
C’est le long calvaire de cette famille que nous suivons, avec quelques flashbacks d’une vie heureuse, avant l’annexion de la Lituanie par les russes. Merci au Petit Père des peuples : les horreurs se succèdent mais les Lituaniens développent une solidarité et une humanité qui leur garantit leur dignité. "Ce qu’ils n’ont pas pu nous prendre" : leur sens de l’humour, la peur, qu’ils ne montrent pas… Lina en est une parfaite illustration, avec la fougue et l’intransigeance de l’adolescence. Elle comprend petit à petit le paradoxe, les compromissions des êtres mais garde toujours une forte dignité en utilisant son talent de dessinatrice comme un moyen de résistance.
Un roman exceptionnel par le sujet traité, assez dur à lire dans les horreurs qu’il décrit. Mais l’état de souffrance et de total dénuement est quelque peu adouci grâce à l’humanité toujours sous-jacente : tendresse familiale, solidarité de groupe...

Autre lecture
J’ai beaucoup aimé cette histoire triste et très touchante. Il est vrai qu’on connait très peu l’histoire de ces pays que sont l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie et quand on aborde l’histoire de l’Europe on ne parle pas de ce qu’ont vécu les populations de ces pays pendant la guerre. Pour ma part, j’ai été surprise et horrifiée d’apprendre que des familles au complet ont été déportées de la sorte rien que parce que jugées antisoviétiques. En premier lieu, j’ai été totalement attirée par la couverture du livre qui est très belle mais montre aussi une part de tristesse. A elle seule, elle résume bien l’atmosphère de l’histoire.
L’histoire ensuite nous emporte dans l’histoire de cette famille qui vit des horreurs sans nom mais qui malgré tout se bat pour vivre et survivre. On voit vraiment les pires côtés de l’être humain (ces hommes qui traitent les lituaniens comme moins que rien, qui se rient de leurs souffrances, et les insultent de « cochons ») mais à la fois on voit l’entraide qui naît de la souffrance, le courage , l’espoir. Un roman pleins d’émotions !!

coup de coeur Jack / A. M. Homes. - Actes Sud junior

Jack aura bientôt 16 ans, pourra conduire et il s’en réjouit ! Bientôt l’accession à la liberté, bientôt l’âge adulte... Mais c’est un tout autre chemin initiatique qui l’attend : son père lui annonce un jour qu’il est gay, qu’il vit avec un autre homme. Ses parents étaient divorcés, son père vivait avec un colocataire, c’était ça, l’histoire, et tout devait rester ainsi !!! Pour Jack, la pilule est dure à avaler. Le voilà étiqueté mini fiotte au lycée.
Comment reconstruire la réalité quand tout s’effondre ? S’envisager soi, découvrir l’autre sous un nouveau jour, à un âge où tout est déjà si compliqué... Tel est l’enjeu de ce roman sensible qui alterne situations drôles et graves, dans un style direct. La scénariste de The L Word a réussi son tout premier roman, écrit à l’âge de 19 ans, en 1989.

coup de coeur Les années blanches / J. Jacob-Coeur. - Thierry Magnier

Dans une écriture foisonnante et une chronologie éclatée -alternance de dialogues, lettres, narration extérieure et pensées du personnage principal- l’auteur dresse le portrait de Marie qui voit sa vie sans dessus-dessous depuis que sa sœur aînée se drogue et pourrit les relations familiales. Bien entourée de ses amis, de son frère aîné, elle veut se construire une vie à elle, même si pour cela elle doit s’éloigner de ses parents et de cette sœur infernale.
C’est un premier roman dense et subtile qui montre des personnages forts de caractère. La vie avec ses périodes heureuses et ses drames, qu’il faut envisager avec la bonne distance pour arriver à se construire.

coup de coeur Le faire ou mourir / C.-L. Marguier. - Rouergue. - (DoAdo)

Damien est un écorché vif, avec une sensibilité exacerbée. Effrayé par son père à la discipline de fer, il subit, se tait, s’éteint. Mais lorsqu’il fait la connaissance de Samy, plus âgé que lui mais surtout plus sûr, plus en phase avec ses sentiments, il découvre une manière d’être qui le touche au plus haut point. Samy devient son ami, son guide et plus encore. Dès lors, il lui faut changer. Le faire ou mourir. Ce sont les 2 évolutions que l’auteur explore, celle de l’affirmation de soi, celle de l’impossibilité de se faire entendre et les drames qui en résultent. Si les personnages sont très touchants -Dam avec sa fragilité et ses douleurs, Samy avec sa douceur et sa sincérité- l’un manque un peu de contrepoint, l’autre de failles. Mais la sensibilité de l’auteur sauve ces manques de nuances et dépeint un monde de souffrance non dénué de solutions.
Autre lecture
Intelligent, sensible, bon élève, obéissant, craintif, Damien est depuis toujours l’objet des railleries familiales et la victime des bagarres à l’école. L’année de ses 16 ans, il tombe amoureux de Samuel, ce qui amplifie sa difficulté à vivre. Son mal-être est violent : anorexie, désespoir, mutilations. Quand ses parents découvrent son homosexualité l’auteur propose deux fins possibles à ce récit, déterminées par leurs réactions : le drame sanglant quand Damien comprend qu’il ne sera jamais accepté tel qu’il est, une perspective d’avenir quand l’amour des parents dépasse les préjugés.
C’est cette double fin qui finalement donne tout son sens à ce texte et qui montre à quel point l’adolescent et/ou l’enfant est sensible aux jugements portés, à l’amour reçu, aux conventions intégrées. La culpabilité de Damien montre aussi combien la question homosexuelle pose encore problème dans notre société.
Dommage ceci dit d’avoir pris le parti de faire de Damien un martyr presqu’en permanence. Néanmoins il fallait un certain culot pour choisir de traiter ce thème, l’écriture est précise, sans voyeurisme, un vrai sujet de société pour très grands ados.

coup de coeur Des étoiles au plafond / J. Tydell. - Thierry Magnier

Jenna, 13 ans, suédoise, vit avec sa mère qui se meurt d’un cancer. Bien sûr c’est un terrible drame familial sauf qu’à cet âge là, on a surtout envie d’être comme les autres ! Jenna sera donc tiraillée entre son chagrin, la honte irrépressible de ce qu’est devenue sa mère à cause de la maladie et l’amour qu’elle lui porte. Elle a du mal également à se situer par rapport à ses camarades et là encore, comment se positionner : la sagesse de Suzanna, son amie de toujours, ou l’effronterie de Pénélope sa voisine ?
Superbe roman sur la complexité des rapports humains. Néanmoins l’auteur n’a pas joué la facilité du pathos et nous livre à l’inverse un bel hymne à l’amour, la vie... Un exemple de résilience.
Autre lecture
Jenna, jeune suédoise de 13 ans, vit seule avec sa mère, atteinte d’un cancer du sein depuis 8 ans. On découvre son quotidien d’adolescente qui grandit avec cette « chose », la peur qu’elle engendre, mais aussi la honte, et la honte d’avoir honte… Heureusement, il y a aussi les moments forts passés avec sa mère, les rigolades avec sa copine Suzanne, quand elles essaient les faux seins de sa mère ou qu’elles se moquent de « Pénélope-la-salope », une fille de leur classe qui habite dans le même immeuble que Jenna et qui a tous les garçons du lycée à ses pieds…
Peu à peu, un basculement va s’opérer : la progression de la maladie, et la naissance d’une amitié. Pénélope, qui vit aussi seule avec sa mère, alcoolique au dernier degré, va un jour aider la mère de Jenna qui a fait une chute en bas de l’immeuble ; à partir de ce jour, elle va se rapprocher de Jenna et « l’apprivoiser » : elles vont petit à petit s’influencer et s’épauler l’une l’autre dans les « épreuves » qu’elles traversent.
Une histoire triste et forte, toujours juste dans le ton, sur le deuil, le passage de l’enfance à l’adolescence. Coup de coeur de Myriam et Florence L.

coup de coeur J’aime pas le lundi / J. Lambert. - Ecole des loisirs. - (Neuf)

Quel râleur ce Lucien ! C’est à se demander s’il lui arrive d’apprécier quoi que ce soit dans la vie. En tout cas, surtout pas Fatou, cette fille grande et populaire ! Ceci dit, ça tombe bien, elle non plus ne l’aime pas. Mais qu’est-ce qu’ils passent de temps à se dire leur désamour ! Quelques personnes de son entourage tenteront de lui faire comprendre ce que cela pourrait bien cacher mais il lui faudra du temps pour admettre une vérité inédite et étonnante : il aime !
Lucien et son côté outrancier inspire sourire et tendresse, d’autant plus lorsqu’on observe l’étrange mutation à laquelle il peine lui-même à croire.

coup de coeur Blood Bar / D. Nobody. - Sarbacane. - (Exprim’)

Coup de cœur pour ce roman noir et rouge à ne pas mettre entre toutes les mains. Noir comme l’Homme quand il est acculé à des situations de crises et se laisse aller à ses pulsions les plus sombres. Rouge comme le sang bu à grandes goulées depuis l’été de la « Grande soif »... L’histoire dérange, fascine, l’écriture est magnifique d’horreur. On ne pouvait pas ne pas mentionner ce roman - également sorti en adulte- car les livres de cette qualité, lorsqu’on aime ce genre, sont trop rares. Nous pouvons néanmoins fortement conseiller de ne pas le lire trop tôt (17 ans) pour en saisir toute la portée. Coup de coeur de Myriam

coup de coeur L’ ogre de la couronne / S. Tamaillon. - Les 400 coups. - (Connexion)

Un tueur, surnommé l’Ogre de la couronne sème la terreur en assassinant des jeunes filles. Bientôt, Pierrot, jeune orphelin vivant dans les rues, est impliqué dans cette sordide affaire : Blandine a disparu, Blandine qui est son rayon de soleil quotidien...
Un roman que nous apprécions pour la gouaille et le vocabulaire argotique des milieux populaires parisiens de l’époque qui propose une vraie intrigue policière dans une réalité historique et sociale crédible.

coup de coeur Moi et Finn / T. Keely. - Alice. - (Les romans jeunesse)

Comment faire pour continuer à vivre dans ce monde qui a perdu tout agencement, qui n’offre plus aucun repère habituel ? Danny a perdu son frère jumeau et avec lui toute l’insouciance et la joie qui soudaient leur famille. Il sait être le reflet de celui qui n’est plus, sa culpabilité et son besoin de remettre de l’ordre au monde l’emmène à partir en “cavale.” Les pensées tournoient sans fin dans sa tête, aiguillées par les rencontres faites en chemin. Et au bout de cette errance, l’acceptation de ce qu’il est, de ce qui lui reste à faire.
Le sujet est infiniment douloureux mais le récit mené par un narrateur volubile, courageux et très drôle, qui restitue le monde de l’enfance avec espièglerie et bonheur. Ce condensé d’émotions laisse au lecteur une force presque sereine.

coup de coeur Bleu de rose / M. Chartres. - Ecole des loisirs. - (Médium)

Rose vit entre parenthèses. Au lycée, elle passe inaperçue ; quand elle rentre chez elle, l’attention de tous se concentre sur Nathan, atteint de mucoviscidose. Les nuits sont porteuses d’angoisse. A quand la prochaine crise... Lorsque l’état de son frère s’aggrave, Rose refuse la fatalité. Dans sa tristesse et sa colère, elle veut offrir un dernier cadeau à son grand frère. Un cadeau impensable mais il faut bien cela pour supporter cette échéance douloureuse, inacceptable, inévitable.
Marie Chartres, que nous découvrons dans ce premier roman, est étonnante de sensibilité et de pudeur -n’oublions pas les étincelles d’humour. Autour d’une relation fraternelle, elle nous propose une belle issue de secours aux angoisses, à la mort : dans un cheminement vers l’autre, Rose va trouver la force de vivre, de vivre pour elle.

coup de coeur Guadalquivir / S. Servant. - Gallimard. - (Scripto)

Au sein de la Meute, Frédéric est Croco. Un pur et dur qui veut “rétablir l’ordre naturel des choses”, punir ceux qui n’auraient pas du franchir la frontière… Dans les yeux de sa grand-mère Pépita, il est Coco, le petit garçon qui se lovait sur ses genoux et raffolaient des rousquilles. Dans un dernier sursaut de lutte contre Alzheimer, Pépita s’enfuit de l’hôpital : elle passera ses derniers jours chez elle en Espagne. Coco se trouve embarqué avec elle dans la folle aventure…
Pour Frédéric, la douleur d’avoir perdu son père prenait le visage de la rage et de la haine. Couplées à l’impulsivité de l’adolescence, le cocktail aurait pu être explosif. Pépita, grâce à la douceur de son regard, à sa vision pacifiée du passé et aux rencontres qu’elle provoque, offre à son petit fils de nouvelles armes pour envisager son avenir.
Un premier roman nerveux qui joue avec les frontières.

coup de coeur Point de côté / A. Percin. - T. Magnier

Pierre ne vit que par habitude, par lassitude. Depuis qu’il a perdu son frère jumeau, rien ne le rattache à la vie. Il a décidé que le jour de ses 20 ans, il le rejoindrait. En attendant, son corps l’encombre, il mange trop, puis trop peu, se met à la course à pied, veut s’oublier. Cette dérive trouve un point d’attache : Raphaël. Alors, enfin, il envisage un autre avenir...
Un roman qui nous touche, dans sa puissance d’évocation des sentiments.

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