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Dernière mise à jour :
dimanche 25 septembre 2016

Mot Clé : Fugue


Roman(s) :


coup de coeur Et les lumières dansaient dans le ciel / E. Pessan. - Ecole des loisirs. - (Médium). 2014

La nuit, Elliot s’enfuit. Profitant du sommeil médicamenteux de sa mère, il part regarder les étoiles loin de la ville. C’est là qu’on les voit le mieux. C’est là que son père et lui les observaient, réunis tous deux dans la même passion, lorsque ses parents n’étaient pas séparés. Hors ce lieu tout a changé, il vit seul avec sa mère, ses parents sont en guerre, sa mère semble ne pas le comprendre. Un soir, il est témoin d’un phénomène inexpliqué : des lumières oranges et vertes semblent danser dans le ciel. Obsédé par cet événement dont il ne trouve pas trace ni explication rationnelle, il fugue jusqu’à Toulouse apporter son témoignage au GEIPAN (groupe d’études et d’informations sur les phénomènes aérospatiaux inexpliqués, qui existe réellement). Finalement, si ces lumières resteront non identifiées, elles n’auront pas été sans effets. Sa mère va se rapprocher de lui. Son père, en revanche, fera le trajet inverse : son appartement est méconnaissable, une nouvelle femme est entrée dans sa vie, il ne comprend pas le geste de son fils. Une page s’est tournée. Un très beau roman, traitant avec justesse de la solitude et parfois du désarroi de l’enfant partagé entre deux parents déchirés. Un rythme tout en douceur pour suivre des trajectoires familiales bouleversées.

Autre lecture Alors qu’Elliot menait une vie heureuse, le divorce de ses parents le laisse désorienté et seul. Sa mère, chez qui il vit, passe désormais ses nuits dans un sommeil de plomb aussi artificiel que tous ses gestes au quotidien tandis que son père, avec qui il aimait contempler le ciel, s’éloigne peu à peu. Les étoiles ont toujours été là, pour lui et quand il espère trouver auprès d’elle un peu de réconfort, il découvre bien plus. Chacune de ses escapades permet à Elliot de se chercher mais aussi de retrouver ses proches et de tisser de nouveaux liens.

Elliot prête sa plume pour conter sa merveilleuse histoire. Tout en partageant sa vision du ciel et la science qu’il a acquis dès son enfance, il permet de montrer toutes les pensées si innocentes qu’une fugue peut parfois cachées. Comme quoi des actes peuvent parfois découler de convictions bien plus profondes qu’on ne le soupçonnerait aux premiers abords.

Un excellent livre qui correspond parfaitement à ce qu’un lecteur peut attendre d’un école des loisirs (avec une belle couverture qui plus est).

A partir de 12 ans

coup de coeur Ce qui ne nous tue pas / A. Dole. - Actes sud. 2014

De la colère. Rien qu’une immense boule de colère noire qui grandit dans le cœur et le corps de Lola. Alors elle gribouille des cahiers, elle ferme ses oreilles aux cris de ses parents, elle devient ce que l’on pense d’elle, une fille froide, une mauvaise élève.
Quand la colère la submerge totalement, Lola fugue. Elle erre et rencontre Simone. Simone qui l’appelle Anna, qui vit dans un océan d’immondices, qui perd la mémoire. Une solitude plus grande que la sienne, un abîme à combler au gré des histoires que Lola lui raconte. La colère fait place à la tendresse et le mot amour prend alors tout son, tous ses sens. Ce qui ne nous tue pas ou le très beau récit de l’adolescence, dans toute son incompréhension, sa tristesse et sa beauté aussi.
Autre lecture
Lola a fui la maison où ne résonnent plus que les cris, le collège où elle s’est grillée tant auprès des profs que de ses amis. Elle fuit et atterrit par hasard au pied d’un immeuble. On appelle, elle monte et découvre une veille femme à la dérive. Auprès d’elle, et au fur et à mesure qu’elle raconte sa déroute, elle retrouve peu à peu de vrais repères.
Deux solitudes qui convergent, l’une qui vit difficilement le divorce de ses parents, l’autre isolée dans la fin de sa vie. Dans le soin que la jeune fille apporte à son aînée, elle reprend le fil de ses émotions, de son humanité et sera prête à reprendre le cours d’une vie laissée abruptement.

Autre lecture : Une jeune fille en perdition prise dans la tourmente d’un déchirement parental fugue et arrive par hasard dans l’appartement d’une vieille femme en fin de vie et atteinte de troubles de la mémoire. Contre toute attente, la rencontre se fera entre ces deux solitudes, ces deux personnes... Un roman que j’ai eu du mal à lire tant l’histoire me semble décousue. Si les thèmes des liens entre les générations, de la maladie et de la crise d’identité de l’adolescence sont intéressants, ils sont traités de manière trop diffuse. Tout parait en définitive survolé. Je n’ai pas eu l’impression non plus d’avoir une histoire crédible. Dommage.

A partir de 14 ans

coup de coeur Une nuit d’angoisse / C. Bouvier. - Oskar. - (Polar)

Tomy vient de déménager et s’effraie de la rentrée qui a lieu le lendemain. Il a passé en revue les solutions pour éviter le jour tant redouté et n’envisage plus qu’une option : la fugue ! Le voici donc dans les rues de sa nouvelle ville, en pleine nuit, avec l’objectif de retrouver son ancienne cabane. Mais il croise un vieil homme inquiétant, fuit à toutes jambes pour trouver un autre homme. Celui-ci représentera-t-il le refuge espéré ?
Un petit thriller pour les plus jeunes sur fonds de kidnapping et de rançon.
Autre lecture
Il ne fallait pas sortir... Pas cette nuit-là !
Alors qu’un kidnappeur rôde en ville, Tomy qui ne le sait pas, décide de fuguer en pleine nuit afin d’échapper à l’angoisse de la rentrée scolaire dans une nouvelle école. Une peur chassant l’autre Clément va devoir garder la tête froide pour espérer s’en sortir.
Un vrai thriller pour petit lecteur, avec des passages qui font peur. Nous suivons et partageons la peur du héros, nous la sentons progresser, être en partie refoulée comme pour mieux remonter.
« La rentrée des classes lui sembla soudain beaucoup moins angoissante, et il commença à se demander s’il n’avait pas fait une grosse bêtise en quittant la maison. Tomy se raisonna : il n’allait quand même pas abandonner aussi vite à cause d’un petit kidnappeur de rien du tout ! Il avait le courage d’un kangourou, lui ; il n’avait peur de rien, qu’on se le dise. »

coup de coeur Tchao Papy / L. Brauge-Baron. - Alice. - (Deuzio)

Léo et son grand-père Hippolyte sont très complices. Lorsqu’il comprend que ses parents veulent le placer en maison spécialisée parce qu’il déclare tout juste un Alzheimer, Léo se révolte et échafaude un plan d’évasion. Son grand-père souhaite retourner sur un lieu précis, y retrouver son amour de sa jeunesse…
La relation est belle, l’intrigue quelque peu rocambolesque et la fin très… optimiste, mais nous retiendrons le beau message de l’auteur qui invite à vivre sa vie selon ses désirs et convictions, à ne pas se laisser balloter par les évènements.
Autre lecture
Léo refuse que son papi parte en maison de retraite. Pourtant Hippolyte n’est plus capable de rester seul en raison de ses pertes de mémoire. Le petit fils décide de fuguer avec son grand-père. Arriveront-ils à destination ? Pourquoi Hippolyte se souvient-il si bien du chemin ?
La couverture et le papier sont de qualité. L’amour inconditionnel du petit-fils pour son grand-père est bien rendu. L’écriture est agréable et facile à lire. L’invraisemblance de certaines situations, notamment le dénouement font penser à un conte de fée.
« Ce secret dont Hippolyte voulait me parler en m’emmenant ici me soulageait autant qu’il me chamboulait. Je comprenais enfin les raisons pour lesquelles il avait capitulé à certains moments de sa vie et pourquoi il avait accordé si peu d’intérêt à ce qu’il vivait. »

coup de coeur Chacun sa cabane / J.-M. Mathis. - Thierry Magnier. - (Petite poche). 2013

Clément fuit. Ses parents « trop cons » et le dilemme qu’ils lui imposent : avec lequel de ses parents divorcés doit-il partir en avances puisqu’ils n’ont pas été foutus de s’entendre ? Il se réfugie chez son grand-père un peu abrupt, un peu taiseux mais tellement malin. Lui saura trouver la solution...
L’écriture de Mathis est comme toujours concise, percutante, sensible et fait jaillir l’émotion dans une simplicité véritable.

coup de coeur Une histoire à vieillir debout / C. Prieur. - Oskar. - (La vie)

Quand elle apprend que son grand-père, qu’elle connaît si peu, a quitté la maison de retraite sans crier gare, Lou se lance à sa poursuite, avec Najette, qu’elle ne connaît guère mieux. Et c’est bien cela le problème de Lou, elle vient de comprendre qu’elle ne porte pas assez d’attention aux gens qui l’entourent. A moins que ce soit une vérité plus générale ? Alors c’est décidé, elle tentera tout ce qu’elle peut pour retrouver ce grand-père et lui demander la raison de cette "fugue".
Voici deux jeunes filles bien décidées à prendre leur destin en main, à vivre, à l’instar de ce grand-père, en restant vivant et bien vivant !

coup de coeur Ecole buissonnière / F. Librini. - Oskar. - (La vie)

Xavier n’en peut plus de s’ennuyer en cours et de supporter sa maîtresse méprisante. Et depuis quelques mois, il ne porte pas ses parents dans son cœur : il a entendu qu’il n’était pas désiré par son père et que sa mère aurait préféré une fille… Son souhait ? Être appelé par les extraterrestre, ou vivre seul dans les bois. Lorsqu’il fait la connaissance de Momo, cette dernière alternative lui paraît vraiment possible. Car Momo est débrouillard, habitué à vivre par lui-même dans une famille alcoolique et peu présente. Les deux nouveaux amis partent donc à l’aventure vivre leur école buissonnière…
Les galères succèdent aux moments exaltants de liberté, leur complicité se teinte de malentendus mais l’escapade demeure formidable, permettant surtout, non de fuir leur réalité mais plutôt de prendre une distance qui la révélera sous un jour nouveau.
Les rouages de l’histoire sont un peu trop visibles mais les personnages attachants.

coup de coeur La tribu de l’asphalte / M. Rhue. - Bayard

Voici un livre coup de poing. Morton Rhue, d’une écriture incisive, sans larmoiement, nous fait entrer dans la vie quotidienne d’un groupe de jeunes américains ayant trouvé “refuge” dans les rues de New-York. Ils ont entre 12 et 20 ans. Ils ont tous subit des maltraitances et forment La tribu de l’asphalte. La narratrice, Maybe, relate à la façon d’une chronique leur combat pour ne pas mourir de froid, pour manger, se laver, pour se protéger des adultes et trouver un semblant de toit. On est plongé avec ces jeunes dans un monde de souffrance et de débrouille, où la capacité à survivre est primordiale. Tears, Rainbow, Twister, Jewel, 2Moro, Smog, Pest et Country Club, ils sont une dizaine mais, chapitre après chapitre, voit leur nombre diminuer. La biographie de celui qui meurt est alors présentée en début de chapitre : « Angel Perez, alias 2Moro. Née à West New York, État du New Jersey. Père inconnu. Mère décédée du sida – quand l’enfant est âgée de quatre ans. Vit avec sa grand-mère, puis avec une tante. Maltraitance physique ; agressions sexuelles répétées commises par le partenaire de la tante. Diagnostic de séropositivité VIH à l’âge de huit ans… Envoyée en famille d’accueil. Puis, très rapidement, placée en centre de redressement pour enfants. Libérée à l’âge de douze ans. De treize à quatorze ans, arrestations successives pour vagabondage, prostitution, possession de drogue, rébellion. Dernière adresse : inconnue, à New York. Décès à l’âge de quinze ans. Cause : strangulation. » Maybe arrivera à s’en sortir mais combien n’ont pas cette chance...
« Chaque année, aux États-Unis, 2 800 000 adolescents fuguent… En se limitant à la ville de New York, il y aurait entre 12 000 et 20 000 jeunes qui vivent dans la rue. Près des deux tiers sont des Noirs ou des Hispaniques. Une large fraction d’entre eux sont homosexuels ou bisexuels, ou même transgenres… la moitié des enfants des rues n’ont pas fui le domicile familial ; au contraire ils se sont fait rejeter. La raison de ces rejets tient souvent à leur sexualité. L’homosexualité est une cause majeure, en ce début du XXIe siècle, de destins brisés. »… A méditer.
Autre lecture
La tribu de l’asphalte, c’est ainsi qu’ils se sont nommés, ces jeunes venant de différents horizons que la faim, le froid et la solitude ont poussés à se rassembler. Ils vivent dans les squats, sous les ponts, dans les boites de nuits, ont entre 12 et 21 ans et refusent les refuges et autres propositions de réinsertion par méfiance et peur des règles. Mais les chapitres sont lestés par des pages nécrologiques annonçant successivement le décès des membres de la petite bande. La narratrice Maybe, encouragée par un bibliothécaire et une jeune policière, se met à reconsidérer son mode de vie qu’elle croyait dicté par la liberté.
C’est un univers noir qui est décrit ici, où le monde des parents s’apparente souvent à la maltraitance, l’indifférence, la violence… Celui des adultes côtoyés dans la rue ne vaut guère mieux. La solidarité qui les unie n’en sera que plus solide. Puis la dichotomie se fait plus floue, les drames se succèdent et Maybe grandit… Une chance pour une gamine des rues dont l’espérance de vie est infiniment courte.
Le roman est une volonté de l’auteur de décrire une réalité qu’il a découverte aux États-Unis ; les chiffres donnés dans la postface sont vertigineux et donnent une densité supplémentaire au roman déjà bouleversant.

coup de coeur Fugue traversière / J.-L. Luciani. - Oskar. - (Société)

Parce qu’il ne supporte plus l’abattement mortifère qui règne chez lui depuis le décès de son grand frère, Julien fuit, tant pour lancer un appel que pour ne pas se laisser dériver vers l’appel de la mort, se faire engloutir. Dès son arrivée à Marseille, il découvre les règles de la rue mais aussi la solidarité avec Abdallah, jeune réfugié marocain. Avec les conseils et la débrouille de ce dernier, et grâce au talent de Julien à la flute traversière, les premiers jours sont presque faciles. Mais les difficultés s’accumulent rapidement et Julien sent qu’il est temps de rentrer chez lui. Mais impossible de laisser tomber Abdallah !
Une plongée rapide dans le monde de la rue qui reste mesurée dans la violence décrite mais ne verse pas dans la facilité du happy end. Si Abdallah n’est pas sorti d’affaires, il reste dans les préoccupations de Julien. Coup de coeur de Chahin

coup de coeur Un chien pour toujours / E. Ibbotson. - Gallimard

Hal est fou de joie, pour ses 10 ans, ses parents vont enfin réaliser son souhait le plus cher : avoir un chien. Un chien qu’il choisit lui-même et la complicité est immédiate et totale. Mais Hal comprend très vite la trahison : ses parents l’ont trompé en louant ce chien pour un seul WE, espérant qu’il s’en lasserait rapidement. Le petit garçon obéissant et compréhensif se métamorphose alors : « Hal en avait assez de vivre dans un monde d’adultes. Il était temps de construire son propre monde où les choses étaient justes et telles qu’elles devaient être. » S’ensuit une fugue des plus atypiques, où Hal et Flocon sont rejoints par la toute nouvelle amie de Hal et divers chiens qui se sont joints à l’équipée…
Des parents préoccupés par eux-mêmes qui n’écoutent pas leur fils, des enfants qui se rebellent contre l’égoïsme, la cupidité des adultes et n’écoutent que leur cœur : un beau texte pour les 8-12 ans qui porte l’étendard de la rébellion, de la fidélité et de la tendresse.
Autre lecture
Hal voudrait un chien. Ses parents s’y opposent. Mais devant l’insistance de leur fils unique, ils décident de louer un animal pour le week-end, pariant que l’enfant s’en lassera très vite. Mais la relation avec le chien est vite fusionnelle et la séparation déchirante pour l’un comme pour l’autre... Hal va alors décider d’agir...
Un conte animalier qui allie aventure et réflexion sur les valeurs de notre société. Quel lien reste-t-il quand le matériel prend la place de l’humain ? Le récit prend le temps de construire les personnages. Les animaux ont chacun leur personnalité et leur histoire. La relation parent-enfant est aussi évoquée avec beaucoup de justesse. A quoi bon donner de nombreux cadeaux si on ne prend pas le temps de parler et de jouer avec ses enfants ?
« On peut emmener le chien qu’on veut pendant une heure ou une journée - les gens les prennent pour impressionner leurs amis ou pour aller à la campagne. Ce sont des animaux sélectionnés avec le plus grand soin - dressés à bien se tenir dans une maison, et tout ce qu’il faut.
- Oui, mais qu’est-ce qui se passe quand il faut rendre le chien ? Est-ce que tu vas dire à Hal que c’est simplement pour le week-end ?
- Bien sûr que non ! Lorsque le chien devra repartir, Hal en aura déjà assez - tu sais comme les enfants se lassent rapidement de tout ce qu’on leur donne »

coup de coeur Fugue majeure / M. Pouchain. - Oskar. - (Société)

Alors que toute sa famille se demande où a bien pu disparaître sa mamie, Nini, 15 ans, décide de partir à sa recherche. Elle voit son intuition se confirmer : elle se trouve bien à Fort Mahon, là où elle peut profiter du temps présent, fuir l’opération qui lui fait si peur. Toutes les deux se retrouvent, s’expliquent, partagent leurs émotions. L’occasion pour Nini de relativiser ses problèmes du moment, de mieux connaître sa grand-mère, laquelle passe avec sa petite fille un cap difficile. Belle histoire intergénérationnelle.
Autre lecture
Une histoire d’amour entre une grand-mère et sa petite fille. La fugue, c’est la mamie qui la fait. Et la petite fille, bien entendu, part la rejoindre. Car la mamie refuse l’opération qui pourrait peut être la sauver. Elle choisit la vie, maintenant, tout de suite plutôt que l’hôpital et un hypothétique miracle.
C’est l’histoire aussi d’une jeune fille qui a un grand chagrin d’amour et qui pense trouver en sa grand-mère de la compréhension, de l’affection.
C’est surtout l’histoire de leurs retrouvailles, du croisement de deux trajectoires. Et le simple plaisir d’être ensemble quand on s’aime...
Les phrases de Martine Pourchain sont courtes. L’écriture est obstinée. Elle avance irrémédiablement, comme la vie, avec ses pertes, ses douleurs et l’acceptation. Mais aussi avec la conscience forte que le bonheur est dans le présent. Et c’est cet hors temps, déjà presque envolé, que l’auteur nous offre.
« C’est l’histoire d’un amour qui se termine et d’un autre qui continue. C’est aussi l’histoire d’un amour qui pourrait commencer et d’un autre sur lequel tout n’a pas été dit. Mais le mieux c’est que je commence par où les choses ont commencé à dérailler. Pour autant que je m’en souvienne, c’était un dimanche... »

coup de coeur Good bye Berlin / W. Herrndorf. - Thierry Magnier

Maik est transparent. Il n’a pas d’ami ni de copine. Il a quatorze ans et passe son temps sur sa console de jeux. Sa mère alcoolique est la plupart du temps en cure de désintoxication et son père décide de le laisser seul quinze jours afin de partir avec sa maîtresse. Mais sa route croise celle d’un jeune russe lui aussi à la dérive. Ce roman retrace leur épopée mouvementée à bord d’une voiture volée. Il raconte leurs aventures, leurs rencontres, leurs galères. Cet été restera surement pour eux le meilleur ! Et après ?
Un récit étonnant, qui nous amène à partager l’aventure de deux adolescents sans repères, qui découvrent l’amitié.
Autre lecture
C’est la déprime totale pour Maik. Il savait qu’il n’était pas très apprécié dans sa classe mais il pensait quand même être invité, comme tous les autres, à la fête de Tatiana. Il avait passé du temps à réaliser son cadeau, en était fier et voilà qu’il apprend qu’il est un des très rares à ne pas être de la fête… De même que Tschick, qui effraie toute la classe. Parce qu’il se retrouve seul à la maison pour 15 jours, parce qu’ils sont tous les deux unis par ce rejet collectif, parce qu’il pourrait peut être ainsi se démarquer et faire de sa vie un évènement, Maik et Tschick partent à bord d’une voiture "empruntée" pour la Valachie. Cette virée libre et aventureuse mettra sur leur route bon nombre de personnages atypiques/cinglés mais là, enfin, ils vivent et se révèlent.
Aucune désespérance dans ce roman, malgré les familles déglinguées auxquelles appartiennent nos deux héros. L’humour domine, qui soude des amitiés éphémères ou solides. Parce que la vie, abordée avec un brin de folie, peut dans ces conditions se révéler surprenante et heureuse.

coup de coeur Tout seuls / M. Achard. - Actes sud

Après l’accident de son père, Malo s’enfuit avec sa sœur. Il ne se retourne pas et part à la recherche de sa mère partie au Maroc depuis de nombreuses années et dont il est sans nouvelles. Peu de regards pour l’avant, peu de regrets. Le lien avec ce père silencieux et éteint n’existe que par ses manques. Reste cette mère lointaine et à moitié oubliée qu’il va falloir retrouver pour se construire un avenir. Mais la route est longue et nos deux jeunes ne sont pas équipés ni matériellement ni psychologiquement. Restent la vie, le destin et bien sûr les rencontres. Le livre, très lumineux en définitive, s’ancre dans la découverte d’un cirque de nomades. Peut-être trouveront-ils là la force d’aller de l’avant ? Un beau livre sur le silence et le poids des mots mais aussi sur la résilience et la reconstruction.
Autre lecture
Malo s’enfuit, loin de la voiture accidentée, loin de son père inerte. Il embarque au passage sa petite sœur Siloa et la course continue. Loin très loin, là où on ne pourra plus les séparer. Car c’est ce qui arrivera si les services sociaux les récupèrent, vu que leur père est sans doute… (il ne veut pas y penser) et que leur mère est partie, il y a longtemps. C’est vers elle d’ailleurs qu’ils courent, jusqu’au Maroc. Sur leur route, ils croisent des artistes, le temps de reposer les corps et les esprits, le temps de se réconcilier avec la vie. Car si le père était taiseux et fermé, Malo et Siloa découvrent ici que l’on peut s’exprimer par l’art, le corps, la sensibilité.
Un livre qui pourra convenir aux plus jeunes que le cœur de cible de la collection.

coup de coeur La balade de Jordan et Lucie / C. Léon. - Ecole des loisirs. - (Médium)

Lucie accepte au collège d’être la marraine d’un enfant différent qui est en classe d’intégration. Mais elle regrette aussitôt son choix. Jordan est collant et les amies de Lucie se moquent d’eux ! Et pourtant, est-ce vraiment par hasard que Lucie s’est portée volontaire ? N’ont-ils pas en définitive beaucoup de choses en commun ?
De l’intérêt pour la différence de l’autre aux sentiments, l’auteur nous amène à dépasser les frontières de l’apparence pour nous entraîner dans une aventure où chacun va être obligé d’aller à la rencontre de soi.
Autre lecture
Lucie n’a pas franchement compris ce qui lui a pris de se porter volontaire pour être marraine d’un élève d’Unité pédagogique d’intégration. La voilà collée par ce Jordan tellement bizarre… Et un peu attachant. Sans maîtriser davantage ce qui lui arrive, elle se retrouve bientôt chez lui. Regarder Thelma et Louise les inspire de la plus folle des manières et la perte de contrôle est alors totale, ou presque.
Roman particulier dans sa construction : Lucie, qui vit très mal la mésentente de ses parents, est narratrice de la première partie ; dans la seconde, Jordan, handicapé de naissance, se raconte dans un style plus lent, décalé. La dernière partie réunit leurs différences et les aborde à l’unisson.

coup de coeur Qui a tué Michka ? / I. Cohen-Janca. - Rouergue. - (Dacodac)

Nora est chamboulée depuis quelques temps. Le déménagement dans une nouvelle maison, l’arrivée d’une petite sœur, la disparition de son ours Michka, ses résultats scolaires en baisse... Et sa mère qui, elle en est sûre, ne l’aime plus... Nora s’enferme dans son malaise. Lorsque sa mère lui remet entre les mains son fameux Michka, celui-là même qui contient en son ventre tous ses secrets, le dialogue, enfin, pourra se restaurer. Ce petit Michka sera à la fois la source et la clé de leur brouille, mais il est évident que celles qui étaient unies par une telle complicité ne pourront que se retrouver.
Autre lecture
Nora devrait être heureuse : toute la famille vient d’emménager dans une grande maison, une « vraie » maison, comme dit sa mère, avec un jardin, un grenier, une mémoire. Mais depuis, Nora ne va pas bien, elle est même devenue une « mauvaise élève » à l’école. Est-ce à cause du déménagement ? Ou parce qu’une petite soeur vient d’arriver dans la famille ? Surtout, pourquoi sa maman ne lui dit-elle plus aucun mot d’amour, est-ce parce qu’elle devient grande ? Ce qui inquiète aussi beaucoup Nora, c’est la disparition de Michka, son ours en peluche, dans le déménagement. C’est sa tante Pauline qui le lui avait offert quand elle avait cinq ans, et il était devenu plus qu’une peluche, un vrai confident, comme un journal intime. Car c’est à lui que Nora confiait tous ses secrets, et ses secrets, Nora a très peur que quelqu’un les ait découverts. Aussi, quand elle trouve par hasard dans la boîte à couture de sa maman, un petit bout de feutrine ressemblant très fort à la patte de Michka, Nora ne voit qu’une solution : s’enfuir loin de la maison, comme Michka le petit ours, dans l’histoire que lui racontait sa tante quand elle était petite.
Une fable très émouvante racontée avec justesse et sensibilité par Irène Cohen-Janca, sur les relations parfois difficiles entre mère et fille et sur l’importance des lieux où l’on vit quand on est enfant.

coup de coeur La vérité aux enchères / C. Franz. - Belin. - (Charivari)

Jan se présente à cette drôle de fille qui l’aborde, Sunny, en lui donnant le nom de Judas. Celui dont son père l’a affublé quelques jours plus tôt. Nous apprenons au fil des pages ce qui a conduit père et fils à ne plus se comprendre : un secret de guerre que Jan a mis au jour, qui révèle comment son grand-père obtint l’imprimerie qui enrichit la famille. Lorsque ce dernier aurait pu, du rembourser l’ami juif qui lui avait cédé l’entreprise au début de la guerre, il s’est défilé…
Nous suivons donc à la fois la révélation progressive du secret et la fugue de Jan avec la jeune Sunny. Avec elle, il va lui aussi se confronter à la vie et ses compromissions. Et les beaux principes de l’adolescence vont devoir composer avec la réalité : voler, ou non lorsqu’on est dans la panade ; trahir ses amis ? S’il faut sauver son amour...

coup de coeur Coline, 17 ans, dans la rue / V. Lacroix. - T. Magnier

Coline claque un jour la porte de chez elle pour ne plus y revenir. Quelques affaires, son portable, son chien, Lyon sera désormais son toit. Besoin de distance pour faire le point. Réponses sommaires aux SMS des copines, pas de nouvelles de sa mère si peu présente auparavant (noyée dans l’alcoolisme depuis la mort du père) ; et son grand-père, doit-elle le contacter ? Coline ère, se cherche, s’affirme, traverse les mois avec détermination. Elle renoue peu à peu les contacts avec ses proches mais ne se sent pas encore prête à rentrer. La colère est épuisée, bientôt, elle pourra envisager un avenir, forte de toutes ses rencontres.

coup de coeur Où vas-tu, Sunshine ? / S. Dowd. - Gallimard. - (Scripto)

Armée d’une perruque blonde trouvée dans les affaires de sa famille d’accueil, Holly se sent invincible. Sexy, sûre d’elle, elle n’est plus la petite Holly mais cette fille terrible, Sunshine, prête à aller au bout du monde ! C’est d’ailleurs plus ou moins ce qu’elle fait, en quittant son nouveau foyer pour rejoindre l’Irlande, le pays natal de sa mère. Mais la carapace se fissure au fil de son voyage, au fur et à mesure que les souvenirs remontent à la surface. Que va-t-elle réellement chercher en Irlande ?
Tout à tour Holly / Sunshine, l’héroïne nous embarque dans son histoire tortueuse. De mensonges en bribes de vérités, on reconstitue avec elle sa difficile histoire jusqu’à la libération apportée par cette vérité révélée à elle-même.

coup de coeur Lisa a disparu / J. Hoestland. - Nathan. - (Nathan poche ; C’est la vie)

10 personnages, 10 voix se succèdent pour tenter d’expliquer la disparition de Lisa, 11 ans. Les parents (divorcés), l’amie, la maîtresse, le voisin... A les entendre, Lisa a un caractère rêveur, un peu lent. Au fil des versions, le lecteur se rend compte que ce ne sont pas forcément les proches qui connaissent le mieux la fillette. Celle-ci prendra enfin la parole pour nous révéler le fin mot de l’histoire.
Un roman choral qui construit le portrait d’une héroïne attachante. Dès 10 ans.

coup de coeur Moi et Finn / T. Keely. - Alice. - (Les romans jeunesse)

Comment faire pour continuer à vivre dans ce monde qui a perdu tout agencement, qui n’offre plus aucun repère habituel ? Danny a perdu son frère jumeau et avec lui toute l’insouciance et la joie qui soudaient leur famille. Il sait être le reflet de celui qui n’est plus, sa culpabilité et son besoin de remettre de l’ordre au monde l’emmène à partir en “cavale.” Les pensées tournoient sans fin dans sa tête, aiguillées par les rencontres faites en chemin. Et au bout de cette errance, l’acceptation de ce qu’il est, de ce qui lui reste à faire.
Le sujet est infiniment douloureux mais le récit mené par un narrateur volubile, courageux et très drôle, qui restitue le monde de l’enfance avec espièglerie et bonheur. Ce condensé d’émotions laisse au lecteur une force presque sereine.

coup de coeur Quand mon frère reviendra / I. Collombat. - Rouergue. - (DoAdo)

Les 6 mois d’angoisse sont terminés. Philippe est revenu. Sauf que maintenant, il faut comprendre. Comprendre pourquoi il est parti, pourquoi il n’est pas revenu de son plein gré, pourquoi il veut repartir, préférant la galère de la rue à une vie familiale confortable, pourquoi il ne semble pas comprendre le mal qu’il a fait à sa sœur Lia et à ses parents. "Je veux être libre" a-t-il dit en partant. La belle affaire ! Qui l’empêchait de faire ce qu’il voulait à la maison ? Philippe tente d’expliquer à sa sœur en colère les raisons de sa fuite : l’absence de communication dans la famille, la société de consommation, le formatage, l’absence de perspective… Dans son sillon, Lia s’interroge. A sa manière, elle définit son identité, sa liberté.
Un roman en trois partie déstructurées chronologiquement pour mieux exprimer l’abime creusée par l’absence de Philippe. Son retour n’est qu’une étape dans la lente reconstruction de chacun, confronté aux malaises tus jusqu’alors.

coup de coeur S’en aller sans retour / F. Arcis. - Seuil. - (Karactère(s)

Un jour, on décide de partir. De quoi sera fait demain, peu importe. La liberté plutôt que le train-train étouffant des parents. Angélique, 16 ans, franchit le pas un matin. Elle part pour la grande ville, Lyon, là où il est si facile de disparaître, de se fondre dans l’indifférence. Elle croise Ludmilla et partage un temps sa vie qui n’est plus rythmée que par la quête d’argent, de nourriture. Lorsque Ludmilla tombe gravement malade, elle réalise qu’elle ne peut plus se laisser porter par le hasard...
Le glissement insidieux de la normalité à la marginalité. En chemin, on perd son identité, son orgueil. Francisco Arcis le fait très bien ressentir dans ce roman court qui va à l’essentiel.

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