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Dernière mise à jour :
dimanche 25 septembre 2016

Mot Clé : Culpabilité




Album(s) :


coup de coeur Mais que dit l’escargot à chapeau ? / M. Van Zeveren. - Ecole des loisirs. - (Pastel)

Benjamin, très urbain, aide un escargot chapeauté à traverser la route. On pourrait même peut-être dire qu’il lui sauve la mise. L’escargot veut lui dire quelque chose mais Benjamin ne parvient pas à le comprendre. Pas plus que son amie Babelut qui les a rejoints. C’est alors que débarque Bertrand, l’éléphant maladroit...
Un album qu’il faut lire, relire, observer pour en saisir tout le sens. Comme la vie qui n’est jamais simple et peut s’interpréter de tellement de façons. Culpabilité et pardon sont abordés avec tendresse, légèreté et même une touche d’humour !

Roman(s) :


coup de coeur Bird / C. Chan. - Helium. 2014

Comment survivre à l’infinie tristesse ? Comment poursuivre sa vie lorsqu’on a perdu son frère/enfant/petit fils, qui s’est jeté d’une falaise croyant s’envoler, "encouragé" par son grand-père qui le surnommait Bird ?
Chacun tente comme il le peut de maintenir le cap, dans un silence assourdissant, envahissant, de plus en plus pesant. « C’est comme si nous avions peur des mots. Ils patientent, suspendus dans l’air, inarticulés, puis quand ils comprennent qu’ils ne vont pas servir, ils se flétrissent et meurent. » Jewel, 12 ans, est née le jour de la mort de son frère. Elle a toujours été soucieuse jusque là de ne pas créer de problème, tente seule d’alléger sa peine. La rencontre avec Eugène, qui jette sur leur vie un regard nouveau, réveille Jewel : elle ressent de plus en plus le besoin impérieux de lever ce silence -nourri-gavé d’une colère et d’une culpabilité inexprimées- et d’affirmer ses choix afin de libérer la parole et la vérité. Même si pour cela elle doit encore souffrir.
Un premier roman bouleversant porté par une jeune fille qui tente d’exister malgré la pesanteur de leur vie. Métisse, elle navigue entre le rationalisme de sa mère et les croyances vaudou de ses père et grand-père, mais c’est dans l’amitié et la nature qu’elle puisera la force de naître à sa propre vie. Julie Feuvrier

A partir de 12 ans

coup de coeur Le journal malgré lui de Henry K. Larsen / S. Nielsen. - Hélium. 2013

Henry doit s’habituer à sa nouvelle vie : nouvel appartement, nouveaux voisins, nouveau collège, et un psy bizarre. Il doit surtout intégrer une nouvelle configuration familiale : son frère est mort, sa mère est soignée pour dépression dans une autre ville. Restent son père et lui, qui tentent de retrouver un semblant de vie. Henry se méfie de tout, de tous, mais se laisse malgré tout prendre à la consigne de son psy d’écrire ce qu’il ressent dans son journal. C’est ainsi que l’on découvrira les circonstances du drame qui a touché sa famille, et surtout ses terribles répercussions. Leur chance ? Être entourés de personnages atypiques, eux-mêmes en souffrance, qui en s’unissant bientôt autour d’un projet commun vont retrouver une confiance en la vie.
Un roman à la fois poignant dans la violence qu’il décrit et très positif : aucun traumatisme, aussi violent soit-il, n’est insurmontable lorsqu’on s’ouvre à l’amitié et à la solidarité.

coup de coeur Rien que nous / K. Halbrook. - Albin Michel. - (Wiz)

Zoé et Will fuient en direction de Las Vegas. Ils fuient le père violent de Zoé, 15 ans, et le silence complice de ceux qui savent, ils fuient le foyer sans avenir de Will, tout juste majeur, et sa rage incontrôlable. Ils fuient avec seuls bagages quelques dollars volés et un amour immense. Chacun veut protéger l’autre des coups durs de la vie, de soi-même également. Leur amour sera-t-il assez fort pour résister aux aléas d’un cavale ?
En chapitres alternés, les deux amoureux clandestins confient leur formidable espoir d’une vie meilleure mais aussi leurs doutes sur leur propre capacité à être à la hauteur de l’amour de l’autre. Galvanisés par l’amour, ils mettent à l’épreuve leur capacité de résilience. Nous espérons avec eux que l’avenir leur soit clément, alors que les difficultés s’amoncellent...
Autre lecture
Will et Zoé s’enfuient ensemble en voiture en espérant rejoindre Vegas et commencer une nouvelle vie. Ils partagent, sur la route, de vrais moments de bonheur. Mais Zoé est mineure et Will, qui a déjà un lourd passé est vite recherché pour enlèvement. A travers leurs confidences se dessine leur passé sous le joug de la violence. Arriveront-ils, transportés par la force de leur amour, à s’échapper et se reconstruire ?
Le récit de la cavale est une descente aux enfers qui fait écho à leurs traumatismes personnels. Maltraitance du père chez Zoé, litanie de familles d’accueil pour Will. L’amour est dès le départ marqué du sceau de la violence avec la nécessité d’assommer le père au moment de leur fuite. La gradation de leurs forfaits les peint en couple maudit. Mais tout n’est pas sombre puisque chacun réussit à atteindre une forme de résilience.
« Pas de coups. Il faut que ça devienne une règle entre nous. Jamais, jamais de coups sur quelqu’un qu’on aime. »

coup de coeur Norlande / J. Leroy. - Syros. - (Rat noir)

Une société norlandaise, idéale sous bien des aspects, subit de plein fouet un drame auquel les norlandais n’étaient pas préparés : une tuerie savamment orchestrée par un seul individu aux idées d’extrême droite. Les victimes furent nombreuses, dans le quartier des ministères puis sur une ile…
Les évènements rappellent fortement la tragédie d’Utoya en Norvège, en 2011. Mais l’auteur, en transposant l’histoire dans un pays imaginaire, élargit la réflexion et nous parle, en miroir, de notre société et de ses dérives racistes. L’analyse sociétale est d’ailleurs très intéressante.
Autre distance apportée par Jérôme Leroy : il raconte l’histoire par les yeux de Clara, doublement victime : parce qu’elle fut au cœur de la tragédie, et qu’elle vit ses compagnons mourir sous ses yeux. Et parce qu’à la souffrance du deuil se rajoute la culpabilité : l’Autre, le monstre, l’a choisie comme petite amie pour faciliter, à son insu, la mise en place des tueries… Il faudra 8 mois à Clara pour se relever… Alors seulement, elle se met à raconter, à affronter le passé.
La narration n’est pas des plus fluides, oscillant constamment entre passé et présent de la reconstruction, sans transition. Et l’on peut s’étonner du parti pris de rajouter la culpabilité à l’horreur d’un tel drame. Mais le roman, très fort, est à conseiller pour les nombreuses pistes de réflexions.

coup de coeur Double jeu / J. Blundell. - Albin Michel. - (Wiz). 2013

Kit, 17 ans à peine, a quitté, sur un coup de tête, Providence et sa famille pour New York où elle veut mener une carrière de danseuse. Elle n’a guère le temps de se faire du souci pour son avenir, le père de son petit ami Billy, récemment engagé, lui offre un logement et un travail. Problème : Ned, le père de Billy, est au cœur d’une mafia implacable et demande bientôt des "petits services" à Kit…
Ambiance trouble pour une intrigue qui se dévoile par bribes dans un va et vient entre passé (Après guerre à Providence) et présent (1950 à New York).
Où l’on apprend que les mensonges, les compromissions, les manipulations ne peuvent que s’accumuler dans une tension croissante dont le dénouement se jouera dans le drame. L’innocence n’en sortira pas indemne. Un roman frontière ado adulte aux personnages très ambivalents. Et malgré tout attachants.
Autre lecture
Destin d’une jeune danseuse dans l’après-guerre à New York. Kit a pour passion la danse. Elle souhaite rejoindre Broadway et faire carrière. Mais les temps sont difficiles et son passé la poursuit. Pour survivre au décès en couche de sa femme, son père a exhibé ses triplés, leur procurant une gloire éphémère. Mais kit est volontaire et croit en son rêve. Un jour, le père de son ancien petit ami, avocat de la mafia, vient la trouver, pour un dernier petit service... Et c’est toute l’histoire familiale, ses secrets, ses moments noirs comme ses moments de bonheur qui vont refaire surface...
Un livre intéressant parce que réaliste. C’est le portrait de l’Amérique d’après-guerre qui se dessine au fil des révélations. L’influence de l’église, la peur du communisme, le racisme, l’empreinte de la mafia, le désir de faire la fête pour oublier la guerre... tous ces thèmes dessinent en patchwork les États-Unis des années 1950. Le personnage principal, Kit est assez froid. Nous plongeons peu à peu avec l’héroïne dans les calculs et compromissions d’hier et d’aujourd’hui. Intéressant.
« -Tu me dois pas mal de choses, je te rappelle. Il avait raison. C’était là le problème : je lui devais mon appartement, ma garde-robe, mon job. Tout. Il m’avait piégée et je ne l’avais pas vu venir. »

coup de coeur Clash sur la ligne 9 / C. Ribeiro. - Oskar. - (Court métrage)

Phrases courtes, heurtées, exclamatives, pour exprimer un malaise certain. Le narrateur de ce très "court métrage" qui a pour décor un bus en mouvement, observe une altercation entre un inconnu et Fadel, qu’il connaît de vue. Le premier vole une passagère, le second l’interpelle et l’échange dégénère. Et le rôle du narrateur dans tout ça ? N’y aurait-il pas maldonne sur celui qu’on lui attribue ?
Un texte essoufflé plein de rage et de dégoût, pour un personnage qui va devoir apprendre à vivre avec ce qu’il n’a pas fait...
Autre lecture
Vendredi soir. Julien attrape le bus de justesse pour rentrer chez lui. Soulagé, il va s’asseoir au fond du bus, loin de la promiscuité des autres voyageurs. Mais va alors se dérouler devant ses yeux une agression violente. Que faire ? Comment réagir ? Surtout que la victime est une connaissance...
C’est avec efficacité que l’auteur décrit l’impuissance qui peut nous saisir face à une violence soudaine et inattendue. Qu’est ce qu’un héros ? Qu’est ce qu’un lâche ? Le récit est raconté comme une scène de film, par le jeune encore sous le coup de l’émotion. Mais comment expliquer ce qui ne peut l’être ?
"T’entends ça aux infos : une nana se fait agresser dans la rue, ou violer dans un train ; personne ne bouge. Et toi, tu brailles devant la télé que ce n’est pas possible. Que les mecs n’ont rien dans la culotte. Que si tu avais été à leur place... Que dalle ! A ta place ; t’y restes. Collé comme un insecte à du papier tue-mouches. La honte. Trop dégueulasse ! "

coup de coeur La nuit de la 25e heure / E. Hogan. - Les grandes personnes

Dan est le seul à voir Lexi, une jeune fille qui étrangement apparaît à chaque fois avec plus de marques de coups sur la peau. Il est dans un centre de loisirs avec son père où tous les deux tentent de reprendre leur vie en main. Mais cette nouvelle et unique relation va l’entraîner au-delà de l’imaginable. Lexi, avec ses marques, ne peut pas être abandonnée. Mais pour cela il va lui falloir découvrir son histoire...
A partir d’une base assez classique, un adolescent trop gros qui subit les problèmes de ses parents, l’auteur nous entraîne peu à peu vers un récit étrange et fantastique qui se double d’un bon roman policier. A conseiller à partir du Lycée.
Autre lecture
Daniel se passerait bien de ces vacances avec son père, porté sur la bouteille depuis son divorce. En tête à tête avec lui, Daniel ressent plus fortement encore la culpabilité : si ses parents sont séparés, c’est parce qu’il a été témoin de l’adultère de sa mère et n’a pu le cacher. Heureusement il trouve une oreille attentive, une présence réconfortante en la personne de Lexi. Mais Lexi aussi a ses problèmes, qui les dépassent bientôt tous les deux jusqu’à envahir l’intégrité physique de Daniel, de la plus étrange des façons…
Un roman à l’angoisse palpable qui voit deux personnages lutter contre le cycle infernal et mortifère de la violence, de la culpabilité. Dans la solidarité, ils briseront ce cercle, l’un pourra enfin s’accepter tel qu’il est, dans une relation pacifiée avec son père, l’autre pourra échapper... aux limbes.

coup de coeur Velvet / M. Hooper. - Les grandes personnes

Autant la vie de Velvet a bien mal commencé -avec un père maltraitant, une mère décédée trop tôt et la misère qui la talonne- autant la rencontre avec Madame, voyante réputée, lui apparaît comme un miracle. Madame a le don si précieux de pouvoir contacter les esprits et vient en aide aux personnes en souffrance. Bien sûr, elles doivent payer pour ce service et il faut donner des coups de pouce au sort (et c’est là qu’intervient notre Velvet dévouée) mais son talent est si grand ! Elle-même en a fait l’expérience...
Mais l’admiration laisse bientôt place à des soupçons de plus en plus marqués et ce n’est pas son ami Charlie, jeune policier, qui va les étouffer…
Comme toujours, Mary Hooper a le don de nous immerger dans une époque passée, ici les années 1900-1901 à Londres et d’y camper une histoire qu’on ne peut lâcher. Les ficelles restent les mêmes : une orpheline qui voit son destin transformé mais le plaisir reste intact. (Détail original : le roman est traversé par des noms d’étoffes)
Autre lecture
Velvet est sauvée d’une vie misérable par une des reines du spiritisme de l’Angleterre victorienne. Rapidement, elle assiste aux séances du Médium et se voit accorder un rôle. Elle doit accueillir les clients et assister, incognito, aux prestations des autres voyants de la ville. Ce lien possible entre les morts et les vivants la fascine. Mais le doute s’installe en elle alors que de nombreux scandales pour escroquerie éclatent dans la ville. Pourtant Madame connaît son vrai prénom alors que son père, mort noyé sous ses yeux, était son seul lien à son passé... Une véritable enquête commence...
Un roman policier qui nous plonge dans un moment précis de l’histoire de l’Angleterre, celui de la vague du spiritisme.

coup de coeur Plus haut que les oiseaux / E. Pessan. - Ecole des loisirs. - (Médium)

En une seconde tout peut basculer. Thomas, depuis la terrible nouvelle, ne vit plus. Concentré sur la vie d’un certain Etienne Poley dans le coma par sa faute. La sienne ou celle de ses amis, peu importe, la culpabilité est la même. Réunis sur le toit de l’immeuble, ils ont jeté des bouteilles vides sans penser à mal. Mais que valent les intentions, les faits sont là, irréversibles. Comme un fait exprès, Thomas étudie Crime et châtiment en classe, les résonances sont troublantes. Thomas va-t-il parler, se dénoncer ? Comment soulager sa conscience ?
Un livre qui a l’intelligence de mener une intrigue au suspense haletant (le jardinier va-t-il survivre ? Thomas va-t-il se dénoncer ?) tout en introduisant une dimension philosophique.
Autre lecture
Parce qu’ils s’ennuient un peu, parce qu’ils rêvent d’espace, 3 amis montent sur le toit de leur immeuble pour, raconte Thomas, observer le dos des oiseaux. Par désœuvrement, par jeu, un peu, ils lancent de là-haut des bouteilles qui trainaient là. Mais ils n’avaient pas prévu que le jardinier en reçoive une sur la tête et bascule dans le coma.
Le récit de Thomas est une confession, avec sa peur, sa culpabilité, sa responsabilité dans ce qui reste, malgré tout, un accident stupide et involontaire. Mais les faits sont là, l’homme va rester plusieurs jours entre la vie et la mort. Ce laps de temps fait grandir Thomas et le responsabilise, même rongé d’angoisse. Afin d’atténuer sa honte, il s’engage davantage aux côtés de son père dans les luttes sociales...
Roman au ton juste où le héros n’est pas toujours ni très responsable, ni très courageux mais qui reste attachant, touchant. Coup de coeur de Marie C.

coup de coeur Quelques minutes après minuit / P. Ness. - Gallimard

Un livre fort, envoûtant, qui doit beaucoup à son écriture. Conor fait des cauchemars récurrents. Il faut dire que sa vie elle-même ressemble à un cauchemar : son père a fondé une nouvelle famille, sa mère suit un énième traitement contre son cancer, et à l’école il est le souffre douleur. C’est alors qu’un monstre apparaît... pour l’aider ? Mais est-ce possible ? Ce conte philosophique à l’écriture hachée, avec ses illustrations qui viennent par moment lécher le texte, ne laissera personne indifférent.
Autre lecture
Conor est angoissé, seul, en colère. Et pour cause, sa mère subit encore un traitement contre le cancer, le troisième. A qui pourrait-il confier ses cauchemars ? Certainement pas à sa mère en proie à de grandes souffrances, il déteste sa grand-mère et son père est parti aux États-Unis refaire sa vie. Sa meilleure et unique amie ? Elle l’a trahi en révélant à l’école la maladie de sa mère alors qu’il souhaitait conserver une vie normale, au moins à l’extérieur… Lorsque apparaît le monstre, gigantesque if personnifié, il se raisonne et tente de ne pas laisser entrer cette chose irrationnelle dans sa vie. Mais que ce soient les histoires qu’il raconte ou les remarques qu’il lui oppose, les échos avec ce qu’il vit sont si forts qu’il le retrouve régulièrement et se laisse guider par celui qui dit lui venir en aide...
L’ouvrage évoque bien sûr la maladie, l’impossible et nécessaire acceptation de la mort de ceux qu’on aime, l’insoutenable cheminement pour y parvenir, avec son lot de sentiments contradictoires. Cette tension psychologique -remarquablement décrite par Patrick Ness- est intensifiée dans les moments clés par les illustrations noires et denses de Jim Kay, et tous deux mènent ce drame imprégné de culpabilité avec une sensibilité nuancée. Le fait de savoir que l’histoire est inspirée par Siobhan Dowd, récemment décédée d’un cancer, donne une coloration très particulière au roman. Coup de coeur de Julie et Catherine

coup de coeur Brise glace / J.-P. Blondel. - Actes Sud

L’ambition d’Aurélien est de rester discret, invisible, de se faire oublier de tous. Manque de chance, Thibaud, le garçon le plus populaire de la classe, s’est mis en tête de lui faire la conversation, pire, de devenir son ami. Aurélien d’abord réticent, est également flatté, et peut-être prêt à sortir de sa réserve. Peu à peu, les deux ados sont amenés à se faire des confidences et Aurélien livre bientôt les raisons de son malaise : il se sent responsable de la mort de ses deux amis, 4 ans auparavant.
La métaphore filée du froid (le titre Brise glace, la mort des 2 ados sur un lac gelé, le froid apparent du héros) est un peu appuyée mais comme toujours chez Jean-Philippe Blondel, une belle tendresse lie les personnages.

coup de coeur Hate List / J. Brown. - Albin Michel. - (Wiz)

Est-elle un monstre ? A-t-elle une part de responsabilité dans cette horreur ? Certes, c’est elle qui a rédigé la liste de haine, qui a relevé tous les noms de ceux qui les harcelaient et les humiliaient, elle et Nick. Mais elle n’a jamais voulu qu’il passe à l’acte, qu’il abatte froidement leurs camarades de classes. Val, elle-même blessée dans la tuerie, va devoir affronter, à son retour en classe, les élèves rescapés et surtout "des choses plus profondes, plus noires" qui se bousculent en elle. Une introspection menée avec le Dr Hieler qui l’aide à gérer ses propres troubles mais également ses relations avec les jeunes, avec ses parents.
Lorsque les personnes qui nous entourent perdent leurs contours connus, que la grille de compréhension du monde s’altère, il faut tout appréhender avec un œil neuf. Malgré la force de caractère de la narratrice, le processus se fera dans le temps et la douleur. Un roman bouleversant qui nous questionne forcément sur nos rapports à autrui.
Autre lecture
Valérie reprend le lycée plusieurs mois après la tuerie dans son lycée dont l’auteur est...son petit ami qui ensuite s’est suicidé. Un livre émouvant et prenant sur la difficile reconstruction de soi. Après une première partie qui relate les faits avec notamment les papiers, très froids d’une journaliste, nous suivons Valérie dans ses interrogations. Pourquoi n’a t-elle rien vu venir ? Est-elle coupable et responsable ? Son retour au milieu de ses camarades ressemble à un chemin de croix. Mais c’est la dernière partie du livre qui est la plus intéressante, sur la résilience.

Autre lecture : J’ai adoré ce livre dans lequel on suit le quotidien de Vanessa, lycéenne survivante d’une fusillade dans son établissement scolaire, perpétrée par son petit ami. On rentre facilement dans l’histoire et on ne peut plus lâcher le livre ! De plus, le fait que ce dernier soit écrit du point de vue de Vanessa fait que l’on vit les mêmes choses qu’elle et que l’on ressent ses émotions. L’injustice dont fait preuve les élèves survivants face à Vanessa ( ils pensent que c’est elle la coupable car elle était la petite amie du tueur alors qu’elle est aussi une victime) nous émeut. On ne voit pas le temps passer quand on lit ce livre ! Un livre à lire absolument ! Tessa 4ème (collège lumière)

coup de coeur La toute première fois / L. Strasnick. - Albin Michel. - (Wiz)

Une page, la première, et l’on saura tout de "la toute première fois" de Holly. Rapide, froid. Un peu à l’image d’Holly, telle qu’elle nous apparaît au départ en tout cas : détachée de ses sentiments. On comprend très vite que la mort de sa mère, quelques mois auparavant, a laissé un vide affectif immense et que Holly gère mal ses émotions. Mais le partenaire sexuel qu’était Paul, celui de la première fois, prend davantage d’importance à ses yeux. Ce qui n’est pas réciproque puisque Paul a une petite amie officielle. Le fossé se creuse, d’autant que cette dernière, Saskia, devient l’amie d’Holly. Rendez-vous secrets avec Paul, pour que Saskia ou Nils, son meilleur ami, ne sachent rien… Holly s’enfonce dans une profonde solitude. Lorsque vérité éclate, Holly n’est plus qu’une "sale pute" aux yeux de tous.
Nous suivons le parcours douloureux d’une jeune fille éperdue d’amour mais qui ne possède plus les codes émotionnelles. Holly semble tout subir sans jamais se révolter. Mais elle réapprendra, avec sa force et ses fragilités, à s’aimer et à se pardonner (on apprendra subrepticement qu’elle était partie en vacances juste avant la mort de sa mère), avec une autre vie possible, ailleurs...

coup de coeur Sous silence / P. Goujon. - Actes Sud. - (D’une seule voix)

Depuis quand le narrateur est-il aussi taciturne ? Depuis quand est-il hanté par les insomnies ? Il remonte le fil de son malaise, en vient à la mort de Demba, à son souhait, juste avant, de le voir crever (“Crève Demba, t’as qu’à crever, sur ma tête, c’est tout ce que tu mérites”). Il faudra remonter plus loin encore, vers des souvenirs plus cléments pour renouer un lien serein, pour se pardonner, accepter.
Patrick Goujon nous offre son premier texte dans une collection pour adolescents. Cet auteur possède une écriture particulière entre littérature et langue orale. Ses mots frappent comme des coups de poings, ses phrases résonnent dans la tête et le tout bouleverse le lecteur. Les thèmes qui sont chers à cet écrivain : la banlieue, les amitiés entre adolescents des cités qui passent par la violence, la difficulté de grandir, parlent forcément aux jeunes. A nous médiateurs de leur faire découvrir afin qu’ils ne passent pas à côté.

coup de coeur Le cri du petit chaperon rouge / B. T. Hanika. - Alice. - (Tertio)

Malvina aimait aller chez ses grand-parents après sa leçon de piano. Mais ça, c’était avant. Bien avant les gestes déplacés de son grand-père. Elle a osé dire, un peu, qu’elle ne veut plus y aller. Mais que pèse un "grand-père m’a embrassée" devant l’attitude autoritaire de son père qui lui rétorque qu’elle doit cesser son cinéma et être gentille avec son vieux grand-père. Sa mère, elle, s’isole dans le noir lors de ses fréquentes migraines. Malvina est au bord de l’explosion.
Le lecteur comprend petit à petit, dans cette ambiance lourde et malsaine, ce qu’il y a derrière ces baisers. Tout ce qui fait grandir le malaise de cette jeune fille de 13 ans qui découvre l’abject à l’heure où l’on devrait se réjouir des premiers émois amoureux. C’est d’ailleurs ses sentiments pour Traque qui lui donneront la force d’affirmer haut et fort ce qui ne doit plus être. Car heureusement, hors de sa famille, elle rencontre des personnes qui parlent, vivent et ouvrent des portes dans sa vie étouffée. A elle et grâce à elles, Malvina pourra enfin parler.
Une version forte du Petit Chaperon rouge... Le lecteur perçoit à la fois l’immobilisme des parents, leur négation des faits et la tension palpable de la jeune fille coupée en deux. Prise entre culpabilité et révolte, le taire ou le dire... Coup de coeur de Marie C.

coup de coeur Délit de fuite / C. Léon. - La Joie de lire. - (Encrage)

Tous les 15 jours, garde alternée oblige, Sébastien fait 2h30 de route avec son père, direction la maison de campagne. Mais ce WE est un WE spécial, le père de Sébastien est pressé, très pressé, obnubilé par son rendez-vous.
Une femme, fauchée sur le bord de la route...
Délit de fuite sous les yeux horrifiés de Sébastien. Ne rien dire, oublier, passer à autre chose. "Tu voudrais peut-être que j’aille en prison ?" Partagé entre l’obéissance et le respect dus à son père, aussi lâche soit-il, Sébastien se fait complice du silence, du meurtre peut-être ? Il veut en avoir le cœur net et prend des nouvelles de la victime. C’est sur son fils Loïc qu’il tombe et s’en fait un ami, sans lui préciser les circonstances de leur rencontre…
Les phrases heurtées du début nous plonge d’emblée dans l’ambiance, dans le dilemme du gamin de 14 ans qui grandit trop vite. La femme est amnésique mais Sébastien lui ne peut oublier. Roman à deux voix, celle de Sébastien (je) et celle de Loïc (tu), qui nous questionne sur les responsabilités, la culpabilité, le pardon.

coup de coeur Johnny / M. Pouchain. - Sarbacane

Elle sait bien, Alice, qu’il est un peu tard pour écrire à Johnny, lui exprimer ses remords. Mais elle a besoin de revenir sur les évènements, pour comprendre, pour justifier, pour apprendre peut-être. Car Johnny est mort, de trop de moqueries, d’humiliations, d’incompréhension, de solitude. Johnny qui en a bavé dans la vie, qui n’a trouvé de réconfort ni dans sa classe, ni auprès d’Alice dont il était amoureux.
Un livre coup de poing qui nous renvoie à nos responsabilités dans notre façon d’agir avec les autres.

coup de coeur Le survivant / J. W. Johnston. - T. Magnier

Chase a du mal à remonter la pente. Il est le seul survivant d’un accident de la route, ne se souvient de rien ou si peu. Depuis, il a fait 2 tentatives de suicide. Il faut dire qu’à la maison, entre un père pasteur qui fait comme si de rien n’était, une mère sur-protectrice, un frère aîné adoré banni pour cause de déshonneur, il a de quoi broyer du noir. Heureusement, les séances régulières chez la Dr Braun l’aident à y voir plus clair. Il commence à se souvenir de certaines choses, à propos de l’accident, et bien avant également. Et puis il y a Darla qui l’aide à aller mieux parce qu’elle n’a pas peur de poser des questions directes.
Une plongée lente et douloureuse dans le passé de Chase qui s’est enfermé dans les secrets jusqu’à en être pris au piège. Il lui faudra se confronter à une réalité difficile : son frère aîné, qui avait été abusé par son oncle, est en réalité décédé. Chase, au courant des viols mais n’ayant jamais rien révélé aux parents, s’est laissé ronger par la culpabilité au point de se dévaloriser et de biaiser sa vision de la réalité.

coup de coeur Un ange passe et ricane / P. Ferroul. - Oskar

Passez en mode série télé… Des personnages bien marqués et très attachants, de nombreux rebondissements (ne soyez pas trop attachés à la vraisemblance), des dialogues qui font mouche… Vous passerez un très agréable moment de lecture avec pas mal de rires francs, quelques moments d’attendrissement et l’envie… d’une suite !
Plus concrètement, nous suivons l’histoire de Grégoire qui est fan de TV, surtout de la série L’autre côté de l’écran qu’il ne rate pour rien au monde. Il oublie -ou veut oublier- qu’il ne s’agit que de fiction et croit être responsable de la mort du héros. Il finira par s’avouer que fuir dans la fiction lui a permis d’oublier sa situation dans une famille nombreuse et joyeuse mais avec un drame sous-jacent : le frère jumeau de Greg est handicapé depuis la naissance et il a toujours cru, à tord, que son frère le tenait pour responsable. Une réalité en somme pas si difficile à vivre !

coup de coeur C’était la guerre : 3 récits inspirés de faits réels / A. Ténor. - Oskar. - (Histoire et société)

3 nouvelles inspirées de personnages ou de faits réels, qui posent un autre regard sur la guerre 39-45.
La première raconte la désillusion d’un gamin formé dans les jeunesses hitlériennes. Totalement endoctriné et fier de recevoir la croix de fer des mains mêmes du Führer, on mesure jusqu’où peut l’emmener son militantisme aveugle et fanatique.
Dans la seconde, deux amis, Claude et Gaspar, veulent se venger de l’occupant. La peur est là mais la bravade l’emporte et ils décident de saboter les lignes du téléphone de la Kommandantur. Lorsqu’il faut dénoncer les coupables, le courage se fait plus timide, surtout du côté de Claude, instigateur et réalisateur du forfait qui s’empresse de désigner son ami… Les conséquences seront dramatiques et Claude devra vivre à jamais torturé par la honte et le remord.
La dernière nouvelle se passe au tout début de la guerre, à Paris. Deux lycéens, dans la fougue de la jeunesse, osent affirmer leur soutien à la nation, lors de la cérémonie du 11 novembre 1918. Ils découvrent que les risques sont bien réels, surtout pour Jacqueline qui est juive. Mais ils croiseront la route d’un officier allemand qui se comporte en homme de cœur…
La guerre, comme toutes les périodes de crises, révèle l’être humain dans ce qu’il incarne de plus noir et de plus lumineux. Arthur Ténor le souligne avec justesse.

coup de coeur Je m’appelle America / E. R. Frak. - Bayard. - (Millézime)

« Ce sont les petits détails qui comptent… ». America n’a jamais oublié la phrase prononcée par Mme Harper, celle qui l’aimait et souhaitait l’adopter. Après… America préfère oublier les détails et s’enfonce dans la souffrance, la culpabilité, la certitude d’être mauvais et à l’adolescence, il revendique un mutisme destructeur et agressif. Le récit parfaitement construit commence lorsqu’il rencontre le docteur B, après une longue et lente descente aux enfers et une tentative de suicide. Le texte alterne les chapitres : Maintenant, ce sont la douleur, les tocs, l’impossible parole d’America. Avant, ce sont les gens, les faits, la destruction, les souvenirs qu’il redécouvre et auxquels il tente d’échapper.
Le récit montre combien est long et difficile le dialogue de délivrance que le docteur B. tente de mettre en place. C’est un dialogue vif, percutant, vital qui montre toutes les stratégies de refus d’America auxquelles le docteur B. fait face sans jamais faillir. La reconstruction prendra plusieurs années, et s’amorce quand America regarde autour de lui parce que le monde le concerne à nouveau.
C’est un excellent roman pour grands ados sur un thème difficile et poignant. Sans simplification, mais construit clairement -mise en page aérée, vocabulaire limpide- ce livre se lit d’une traite parce que la lutte menée par America et le docteur B. est fondamentale : la confiance s’installe, le désir de vivre l’emporte, l’amour se dit. Tout reprend sens, en effet, « ce sont les petits détails qui comptent… ». Coup de coeur de Julie

coup de coeur Ne plus vivre avec lui / E. Kavian. - Mijade

Pas de chance pour Sylvia, au moment même où elle annonce à son père, par téléphone, qu’elle ne veut plus vivre chez lui les semaines de garde alternée, celui-ci meurt en simultané dans un accident de voiture. Culpabilité, tristesse, douleur de l’absence. Sylvia essaie de donner consistance à son père qui a été si peu présent dans son enfance. Elle habite son appartement, lit ses écrits et ouvrages préférés.
A travers un style très percutant -quoi qu’un peu bavard-, l’auteure partage avec nous une vraie réflexion sur la présence et l’absence. Soutenue par les très beaux rites de la mort au Viet-Nam, sa découverte de la vie dans une autre dimension rejoint tous ceux pour qui la vie ne peut s’arrêter à la tombe.

coup de coeur Je ne suis pas sœur Emmanuelle / C. Tardieu. - Actes Sud. - (D’une seule voix)

Adèle n’en croit pas ses propres yeux, elle est en train de voler un paquet de chewing-gum ! Elle n’a rien prémédité certes, mais elle le vole tout de même ! Inconcevable, inexplicable. Ce petit vol va être à l’origine d’une grosse angoisse mêlée de culpabilité et de beaucoup de questions. Comment être soi, quelqu’un d’imparfait, qui a des défauts et qui n’est donc ni Emmanuelle (sa grande sœur décédée) ni sœur Emmanuelle (la sainte). Comment survivre à sa sœur, vieillir sans elle ? Sa mère la découvre en larme devant chez elle. Elle va lui ouvrir ses bras et la voir à nouveau pour ce qu’elle est, et pas seulement comme la sœur d’Emmanuelle. Et Adèle se dit qu’elle est finalement bien contente d’être en vie.
Un roman court et émouvant qui sonne juste.

coup de coeur La dernière licorne / E. Kavian. - Mijade

Anna et Paula sont deux sœurs inséparables et très complices. Un jour, elles tombent dans l’escalier. L’aînée protège Paula, tombe la tête la première, devient aphasique, avec des troubles du comportement. La culpabilité de Paula la cadette est terrible. Et les relations sont à reconstruire : la mère qui surprotège Anna, Anna qui bien sûr n’est plus la même… Tout cela est bien décrit et très justement exprimé. On peut s’interroger sur la vraisemblable de certaines des situations lorsque se greffent l’euthanasie du grand-père et l’hospitalisation d’Anna (en réalité, Paula se fera passer pour sa sœur, pour l’aider à prouver son indépendance). Mais il est intéressant de voir Paula entrer dans la peau d’Anna et, par là, trouver sa propre identité. Un beau roman sur la différence, plein de sensibilité et d’amour.

coup de coeur Un lourd silence / M. Szac. - Seuil. - (Karactère(s)

On dit du grand-père de Vincent qu’il était héros de guerre. Mais impossible d’aborder le sujet avec les membres de sa famille. Lorsque Vincent décide de mener l’enquête, il est aidé par son amie Agnès et par Pierre, bibliothécaire et fils de résistant. L’empressement maladroit de la première, la discrétion et la rigueur du second permettent à Vincent d’avancer pas à pas dans la découverte de la vérité. Il fait la connaissance d’Hanna, polonaise rescapée des camps, découvre des choses auxquelles il ne s’attendait pas du tout.
Un roman poignant qui exhume un pan sinistre de l’histoire française et qui confronte son héros au poids de la culpabilité. Comment avancer dans la vie lorsque ses ancêtres ont commis tant d’atrocités ? Le silence en tout cas ne peut rien résoudre...

coup de coeur Le saut dans le vide / L. Rood. - Actes Sud junior

Ce n’est pas une lecture de croisière, il va falloir s’accrocher : accepter le jeu de piste, les non-dits, les mensonges, les longueurs, les pensées dissolues... L’histoire de la narratrice, Cor, est difficile. Enfant surdouée, elle a du trouver sa place seule. Face à l’incompréhension et la peur de ceux qui l’entourent. Elle comprend beaucoup plus que les autres mais n’a pas forcément le mode d’emploi des relations humaines. Même avec sa petite sœur adorée Elsa, elle finit pas abdiquer. Alors elle navigue comme elle peut de solitude en mauvaises rencontres, d’espoirs en désillusions. Jusqu’au jour où elle rencontre Sal, un vieil homme qui pourrait bien la comprendre mieux qu’elle-même. Il l’incite à écrire, l’aide à se libérer du poids qui l’empêche d’avancer.
Un parcours atypique encombré du poids de la culpabilité, qui n’a pas peur d’explorer les zones sombres de l’âme humaine.

coup de coeur Pas raccord / S. Chbosky. - Sarbacane. - (Exprim’)

Charlie a besoin de se confier. Il a choisi d’écrire à un correspondant alter ego pour lui raconter tout ce qui lui arrive : la vie au lycée, en famille, les soirées avec ses amis plus âgés, qui vivent leur vie en marge de celle des adultes. Il confie ces moments très forts où il se sent intense, qui tranchent avec les périodes de tristesse abyssale. Et les crises enfin, quand il ne comprend plus ce qui lui arrive… Lorsqu’il tente de relater ses souvenirs d’enfance, on sent comme un point d’achoppement. Quelque chose d’infiniment douloureux en lui, qu’il n’identifie pas encore.
D’emblée, Charlie nous touche. On chemine avec lui pour découvrir ce qui a fait de lui ce qu’il est, un être hypersensible, qui préfère se dévouer tout entier à ses amis plutôt que de se mettre en avant. Certes, il est l’ami idéal, tellement attentif et respectueux, mais il comprendra, avec l’aide de son amie Sam, qu’il doit apprendre à vivre pour lui-même, à écouter ses envies, même si pour cela, il doit affronter ses traumatismes…
Le passé conditionne ce que l’on est, mais le déterminisme n’est pas de rigueur. Charlie démontre qu’avoir été sali ne l’a pas empêché de devenir une personne lumineuse, que le lecteur a peine à quitter. Coup de coeur de Julie

coup de coeur Qui es-tu Alaska ? / J. Green. - Gallimard. - (Scripto)

L’adolescence, l’âge de tous les possibles… Miles se donne les moyens pour entériner cet axiome : il quitte sa famille pour le pensionnat, où il entend bien vivre de grandes expériences, vivre, enfin ! Il rencontre là-bas le Colonel et la belle et imprévisible Alaska, qui lui font découvrir le sens de l’amitié et de l’amour. Ce qu’il vit est fort, enivrant, va vite, trop vite.
Le lecteur sait qu’il va se produire un événement important : les titres des chapitres forment un compte à rebours, jusqu’au nœud central du roman... La vie impose ses revers et avec eux les questions existentielles. A chacun, comme il le peut, d’y apporter ses réponses, de trouver sa sortie du labyrinthe...
Autre lecture
Miles Halter, 16 ans, a une existence assez terne. Peu populaire et proche de ses parents, il se fascine pour les dernières paroles des gens célèbres. A la recherche du "grand peut-être", il décide de pimenter sa vie en devenant pensionnaire de Culver Creek, un lycée réputé d’Alabama. Miles y trouvera la vraie amitié auprès du Colonel, son camarade de chambre et de Takumi mais aussi les premiers émois amoureux avec Alaska, une mystérieuse étudiante qui le fascine et joue au chat et à la souris avec lui. Mais un drame frappera le groupe et bouleversera les esprits. Entre culpabilité, rancune et besoin de comprendre, Miles et le Colonel vont tenter de comprendre les raisons de ce drame...
Qui es-tu Alaska est le premier roman de John Green. L’histoire est accrocheuse, traite de la recherche de soi, de l’amitié, la sexualité mais aussi du deuil chez les adolescents.

Autre lecture : Miles Halter a seize ans et n’a pas l’impression d’avoir vécu. Assoiffé d’expériences, il décide de quitter sa famille pour partir loin, en Alabama au pensionnat de Culver Creek. Ce sera le lieu de tous les possibles. C’est là aussi, qu’il rencontre Alaska Young, drôle, intelligente .... Qui es-tu Alaska ? est LE roman de l’adolescence : les amitiés fortes, l’amour, et la quête de sens. ce livre fait rire et fondre en larmes l’instant d’après ...Génial, Emouvant ! Alice (Atelier 1,2,3...Ecrivez ! du collège Victor Hugo)

coup de coeur Judy portée disparue / A. Cassidy. - Milan. - (Macadam)

On peut considérer qu’Anne Cassidy est un auteur de roman noir pour adolescents. Après L’affaire Jennifer Jones, nous voici en présence d’une disparition d’enfant. La petite Judy, 5 ans, a disparu un soir dans son quartier alors qu’elle était sous la surveillance de sa soeur Kim à peine plus âgée qu’elle. Huit ans ont passé mais Kim vit en permanence avec cette culpabilité insupportable. D’ailleurs, comment une famille peut-elle vivre une situation pareille ? Ne pas savoir si l’enfant vit, si elle souffre, si elle est morte...
Une histoire bien écrite qui tient son lecteur en haleine jusqu’au bout du récit. Elle ne peut laisser indifférent et on en sort avec un sentiment de grande tristesse.

coup de coeur Quand les trains passent... / M. Lindroth. - Actes sud junior. - (D’une seule voix)

Quoi ! Elle n’avait qu’à deviner, cette conne, qu’on se moquait d’elle. Etre aussi naïve ! C’est ce que martèle la narratrice pour justifier ce qui est arrivé à sa camarade de classe Suzy P. C’était il y a 17 ans. Mais alors, pourquoi en parle-t-elle encore ? Elle n’était pourtant que spectatrice de cette sordide histoire... Spectatrice ?
Le principe de la collection nous donne à entendre un monologue intérieur. Ici, il prend toute sa dimension avec ce personnage anti-héros qui exprime une culpabilité jamais totalement assumée à propos d’un crime demeuré impuni. Cela donne un texte fort, dérangeant, qui va à l’encontre de notre code moral.
Autre lecture
« On n’est pas sérieux quand on a 17 ans »... Pour cette histoire, le terme est faible car ici, les ados sont cruels, irresponsables, n’ont aucune notion du bien et du mal. On voit à quel point la notion de bande peut enlever toute humanité. L’heure de la curée a sonné pour Susy P. il y a 17 ans. Qu’est-elle devenue depuis, c’est la question que se pose la narratrice qui faisait partie de la meute et qui depuis n’arrive pas à oublier.

coup de coeur Vol / N. Kuperman. - Edl. - (Médium)

Rien ne va plus pour Jeanne. Voilà que ce matin, elle se met à voler, à répondre comme une godiche à ce beau garçon qui accompagne son ami, à s’enfuir après s’être ridiculisée... Tout lui échappe. Elle réalise qu’elle ne supporte plus le mensonge. Le mensonge de ses parents qui restent ensemble uniquement pour elle, le mensonge de son ami qui préfère rire de tout et occulter les choses, le mensonge des liens familiaux qui exige de toujours faire bonne figure. Alors aujourd’hui, c’est sûr quelque chose doit changer. Deux rencontres décisives vont l’y aider...

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