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Dernière mise à jour :
dimanche 25 septembre 2016

Mot Clé : Peur/angoisse




Album(s) :


coup de coeur Maximiam / Dorothée de Monfreid. - Ecole des Loisirs, 2015

La maman d’Arnold, soigneuse de bêtes sauvages, s’absente un matin pour une urgence au zoo. Le petit garçon rêve de l’accompagner bien sûr, mais doit rester à la maison : la mission est bien trop dangereuse pour lui. Il traîne son ennui de pièce en pièce, l’heure tourne, il a faim. Dans le placard réservé au matériel de maman, il tombe sur du "Maximiam, pour les maxifaims". Chouette ! Aussitôt, il prépare la mixture, avec une main un peu lourde sur le dosage (mais une maxifaim, c’est une maxifaim, non ?). Catastrophe : Une créature rose, gélatineuse, grossit, grandit, déborde, et gobe tout sur son passage ! Seule solution, rejoindre maman au zoo au plus vite...
Un album pour se faire joyeusement peur avec cette créature gloutonne trop rose pour être effrayante et trop vorace pour laisser indifférent ! Double plaisir pour le petit lecteur, qui voit le héros donner une bonne leçon à sa maman : eh oui, la maison s’avérait finalement bien plus dangereuse que la mission... Encore un réjouissant album de Dorothée de Monfreid qu’on aime beaucoup. Ewa Bochenski

A partir de 4 ans

coup de coeur Papa à grands pas / Nadine Brun-Cosme ; Aurélie Guillerey

Tous les jours papa dépose Mathieu à la crèche et revient le chercher le soir. Mais ce matin, la vieille voiture verte hoquète et montre des signes de faiblesse. Et si ce soir elle ne démarrait plus du tout ? s’inquiète le petit garçon. Pas de problème, papa a réponse à tout ! De la plus raisonnable à la plus farfelue, son imagination n’a pas de borne, notre enthousiasme non plus, à l’écoute de ses propositions : il viendra à gros tracteur rouge, et si le tracteur est fatigué aussi, doudou Martin le gros ours le portera dans ses pattes, et si la peluche dort, il s’envolera porté par les becs des oiseaux, et ainsi de suite... jusqu’à la solution la plus fiable, la plus rassurante : ni une ni deux, il prendra ses grandes jambes, qui elles ne sont jamais fatiguées ! Un album très joyeux signé Nadine Brun-Cosme qui enveloppe les angoisses de l’enfant d’une ritournelle rassurante : "Et si ? Alors...". Les illustrations d’Aurélie Guillerey, dans un équilibre très réussi entre esprit vintage et modernité, respirent la joie de vivre. Chaque proposition du papa est illustrée sur une double page à la palette restreinte (rouge, vert, noir, rose, jaune, blanc). Le plein de tendresse ! Ewa Bochenski

A partir de 3 ans

coup de coeur Vite, vite, au loup ! Magdalena ; Tristan Mory. - Père Castor (mes premières histoires), 2015

Qui craint le grand méchant loup ? Dans la forêt, une joyeuse bande d’enfants déguisés gloussent à qui mieux mieux : "c’est pas nous ! c’est pas nous !", répètent à l’envi les faux petits lapins, cochons, souris, ou grands hérissons...Oh, mais qui voilà ? Un grand méchant loup arrive, sauve qui peut ! A moins que... et si les papas avaient le droit de se déguiser eux aussi ? Un joli album plein de gaieté que l’on raconte en chantonnant, une vraie-fausse-frayeur, le plein de couleurs, bref, tout ce qu’il faut pour passer un bon moment ! Ewa Bochenski

A partir de 3 ans

coup de coeur L’enfant qui avait peur du noir / Emma Yarlett. - Circonflexe, 2014

Hugo a toujours eu peur d’à peu près tout...mais sa pire crainte au monde, c’est la nuit NOIRE. Brrr... il a beau avoir essayé toutes les solutions pour y échapper (l’élevage de vers luisants, se déguiser en hibou, repeindre sa chambre en fluo), rien à faire, à chaque fois revient l’heure terrible d’aller au lit. Or un soir, tout a changé. D’abord, Hugo en a eu assez, il a crié après la nuit : "Euh...Allez vous en !". Ensuite, il s’est passé quelque chose d’extraordinaire : la Nuit Noire en personne est entrée par la fenêtre, elle lui a donné la main (avec un beau jeu de découpe du papier). Quand on part à l’aventure à deux, on devient vite amis... L’histoire dédramatise par "paliers" la peur enfantine et l’ouvrage dynamique et coloré est extrêmement bien vu, il invite l’enfant à prendre les choses en main. Enorme, toute en rondeur, cette Nuit Noire est rassurante et enveloppante, elle donne envie de s’y blottir. Ewa Bochenski

A partir de 5 ans

coup de coeur L’enfant qui avait oublié sa peur / Nathalie Wyss ; Béatrice Boutignon. - Le baron perché, 2015

Il marche dans le froid, il avance malgré la neige et le vent, le petit héros de cette histoire. Il ne s’arrête pas de peur que son coeur ne cesse de battre en même temps que le rythme de ses pas. Un jour, marchant endormi, il heurte la grosse fourrure d’un ours. Mais il en faut plus pour stopper sa marche anxieuse !Il ne le sait pas encore : cette rencontre va changer sa vie.... Le pachyderme va petit à petit aider l’enfant à oublier sa peur, irrationnelle. D’abord de son pas lourd et de sa chaude présence, ensuite de sa parole apaisante. "Imagine que la peur est un petit oiseau qui vit sur ton épaule (...) il passe comme les nuages et leur ombre dans la neige". A son tour, l’enfant protègera l’ours de sa (soi-disante ?) peur : les flocons. Il s’endort sur le dos de l’animal...à son réveil, la nature et son regard sur le monde a changé. Son coeur n’est pas en miette, le soleil brille. Le petit oiseau sur son épaule va et vient. Tout va bien. Un texte magnifique, délicat, métaphorique tout en restant limpide. Les douces illustrations de Béatrice Boutignon servent à la perfection le propos. A découvrir. Ewa Bochenski

A partir de 5 ans.

coup de coeur D’un côté... et de l’autre / Gwendoline Raisson ; Ella Charbon. - Ecole des Loisirs (Loulou & Cie), 2014

Voici un livre cartonné à double entrée, de l’un ou de l’autre côté du mur. un ours brun découvre un grand mur qui lui barre le passage. Qu’y a-t-il derrière ? zut, ours est trop petit pour voir au-delà. Il y a quelqu’un, c’est sûr : après avoir vu un ballon dépasser, voici deux petits avions de papiers qui franchissent l’obstacle...tiens ! On dirait un passage secret là en bas ! ours se penche, et tombe nez à nez avec ..un autre petit ours. Et hop ! On retourne le livre et l’on peut revivre la même histoire du côté des deux petits ours d’en face.
Le procédé est savoureux, petits et grands prendront plaisir à vivre cette histoire d’un sens puis de l’autre. Elle permet d’évoquer le thème de la peur de l’inconnu, et montre avec simplicité combien ce que l’on imagine avec crainte est souvent très différent d’une réalité toute simple.
Gwendoline Raisson est l’auteur, entre autre, de l’irrésistible Rien n’arrête Bidule Chouette !, et de Debout super !, illustré également par Ella Charbon. Ewa Bochenski

A partir de 2 ans

coup de coeur Bibi et le loup / Eric Englebert ; Claude K. Dubois. - Mijade, 2014

Bibi ne peut pas s’endormir après l’histoire du soir, et pour cause : il y a un bruit dans sa chambre. Là ! La queue d’un loup sort de l’armoire ! Quand maman arrive, elle ouvre le meuble, soulève le rideau : pas de loup en vue, il est grand temps de faire dodo ! Le petit biquet va devoir affronter seul sa peur...et se retrouver nez à nez avec son loup-de-dessous-le-lit. Mais lequel des deux est le plus effrayé par l’autre ? Ensemble ils vont s’apprivoiser, et s’endormir rassurés. Apprendre à dépasser ses peurs, la grande affaire de l’enfant qui grandit ! Cet album ne nie pas l’existence du "monstre" du soir, elle apprend à le regarder en face. Il n’est pas si terrible finalement ! Un album d’une grande justesse, à mettre entre toutes les petites mains. Dans la même veine : Ca sent bon la maman, Emile Jadoul, Pastel, 2013Ewa Bochenski

A partir de 3 ans

coup de coeur Ca sent bon la maman / Emile Jadoul. - Pastel, 2013

C’est l’heure du coucher. Comme tous les soirs maman taupe lit une histoire à son Taupinou. Mmm, que c’est bon ce temps doux, lovés l’un contre l’autre... Mais quand vient le dernier bisou, tout se complique ! Taupinou ne peut pas dormir. La nuit fait trop de bruit, "plus que d’habitude". Il a peur. Alors maman, tendrement, défait son foulard et le laisse tout contre son petit, un peu d’elle auprès de lui..."et la nuit se calme"... Comment ne pas craquer devant tant de douceur et d’amour ? Par son trait, si sensible, par son ton, juste et apaisant, cet album est celui par excellence de l’objet transitionnel et des frayeurs nocturnes apprivoisées. Coup de coeur émerveillé pour ce petit bijou plein tendresse ! Ewa Bochenski

A partir de 2 ans

coup de coeur Nine en juillet / Estelle Billon-Spagnol ; Annette Marnat. - Chocolat Jeunesse, 2013

6 nuits, 3 enfants, 1 cabane, et un mois de juillet chaud et orageux propice aux grandes aventures de vacances... Nine se réveille un matin avec une brillante idée : avec ses amis Bill et Rosie, sans oublier Mouche, le chien du voisin, ils vont construire une cabane perchée au fond du jardin et y passer quelques nuits ! Mais soir après soir, les compagnons de Nine vont se décourager : Rosie a peur du "loup volant", Mouche se lasse de tenir toujours le même rôle dans leurs jeux de pirate, Bill a peur que l’arbre craque sous l’orage...Restée seule, bravant ses appréhensions, Nine partage, joue contre écorce, les secrets du vieil arbre.
Un joli récit de vacances au parfum de liberté et de nostalgie, dont les héros choisissent ou non d’affronter leurs peurs. On aime l’esprit rétro de l’illustration (qu’on aurait toutefois préférée sans références américaines...) Ewa Bochenski

A partir de 5 ans

coup de coeur Le voleur d’enfants / Michaël Escoffier ; Clément Lefèvre. - Chocolat Jeunesse, 2010

Il était une fois un voleur d’enfants, aux dents longues et effilées comme des couteaux. La nuit, il sillonne la campagne sur son vieux chariot. De maison en maison, il s’empare des petites filles et petits garçons endormis qu’il met dans la corbeille d’osier accrochée sur son dos. Brrrrr.... Tremblez petits lecteurs, mais soyez sûrs cependant, que l’ogre le plus terrible n’est pas celui que l’on attend !
Le texte en rimes et rythmé, emporte immédiatement. On attend anxieux le dénouement en le redoutant, happés par les images aux plans inattendus...jusqu’à l’habile coup de théâtre. Quel plaisir de se laisser manipuler par le talent de Michaël Escoffier et Clément Lefèvre ! Coup de cœur. Ewa Bochenski

A partir de 5 ans

L’accompagnement pédagogique de cet album est disponible gratuitement sur le site www.chocolat-jeunesse.com

coup de coeur L’indien dans la nuit blanche / Didier Lévy ; Laurent Corvaisier. - Oskar, 2014

Las de ses disputes avec son grand frère, Sam, un jeune garçon se réfugie dans le salon. Il s’imagine alors être un courageux indien et attribue à son aîné le rôle du Cow-Boy. C’est alors qu’il entend des bruits de pas... _ Un magnifique album cartonné grand format avec un texte minimaliste qui raisonne avec justesse. Il témoigne de l’amour trop grand entre deux frères d’âge rapproché et de l’oscillation permanente entre une guerre terrible et une paix magnifique. La métaphore de l’Indien et du Cow-Boy obligés tous les deux à se partager un même territoire est très bien saisie.
Les images sont elles aussi splendides. Les teintes vertes, jaunes, noires et rouges dominent. Le coup de pinceau qui dessine les scènes est large sans pourtant omettre de détails. Nous voilà pour notre plus grand plaisir plongés dans l’univers impitoyable et fascinant de la guerre et de l’affection au sein de la fratrie. A lire ! Marion Uteza

A partir de 7 ans

coup de coeur Un jardin en hiver / Pauline Kalioujny. – Thierry Magnier, 2014

Micha s’est habillé chaudement, il part se promener dans le jardin floconneux et silencieux. Tout est blanc ! N’y aurait-il personne dans toute cette chantilly ? Un ami ferait de la compagnie. Micha ne voit pas les animaux au pelage d’hiver et entre ses moufles rouges, roule boule, boule roule, apparaît une magnifique poule de neige ! Mais soudain, il remarque de curieuses empreintes, là dans la neige. Paniqué, Micha imagine tout un bestiaire improbable venu visiter le jardin : tigre de Sibérie, yéti, panda polaire ou peut-être même un ours ! Sauve qui peut ! Micha court…
Ce petit album cartonné, proposé dans des couleurs fortes et contrastées (noir, blanc, rouge) est une belle découverte sensorielle pour le tout-petit. Le blanc de la neige brille, certains animaux sont en relief, la peur de Micha est très visuelle et la fin de l’histoire est un clin d’œil à l’imaginaire enfantin. Après la peur, le réconfort, sans prendre froid… Vite, une histoire ! Claire Py

A partir de 3 ans

coup de coeur Polka et Hortense, la grande aventure / Astrid Desbordes ; Marc Boutavant. - Nathan, 2014

Aujourd’hui c’est le grand jour : Polka entraîne son amie Hortense tout en haut de la grande montagne, là où personne n’est encore jamais monté de peur de disparaître en tombant de l’autre côté. L’inconnu, si haut, si effrayant... Mais l’amitié, ça aide à se surpasser non ? La première arrivée en haut ne sera pas celle que l’on croit, et l’on retrouve avec grand plaisir Edmond l’écureuil, qui définitivement, a su lui aussi dépasser ses peurs... Encore une belle collaboration pour le duo Astrid Desbordes / Marc Boutavant ! On suit pas à pas toutes les étapes du dépassement de soi, car la plus haute montagne, finalement, n’est que celle de l’imagination. Un beau récit d’amitié, de courage, avec un soupçon de poésie. En route pour l’aventure ! Ewa Bochenski

A partir de 4 ans

coup de coeur Ouvre-moi ta porte / Michaël Escoffier ; Matthieu Maudet. – Ecole des Loisirs, 2014

Cerf court dans la forêt. Il a l’air effrayé, un loup est dans le bois ! Toc, toc, toc ! Petit lapin est installé douillettement près d’un bon feu qui éclaire et réchauffe sa maison. Il ouvre sa porte à l’ami essoufflé qui, apeuré, se cache sous le canapé. Loup court dans la forêt. Il a l’air effrayé, mais qui est dans le bois ? C’est un monstre qui le poursuit. Toc, toc, toc ! Sauvé, lapin va lui ouvrir sa porte évidemment. Lapin n’est pas idiot, il connaît ses classiques et carotte à la main, protège sa maison. Pom, pom, pom ! loup aussi connaît la littérature, il grimpe sur le toit pour passer par la cheminée ! Sauve qui peut dans la maisonnée, cerf et lapin courent se réfugier dans la forêt. Oui mais voilà, il y a vraiment un monstre, effrayant, qui les surprend. Où être en sécurité ? Dans la maison pardi ! Voici un petit album cartonné plein de saveur, où l’histoire s’improvise entre humour et suspens. Il suffit à Michaël Escoffier de peu de mots pour créer une situation rythmée et légère, soutenue par les illustrations en noir et blanc de Matthieu Maudet. Son trait simplifié, son utilisation du clair et du foncé, animent l’espace du dedans (lumière) et du dehors (nuit). C’est très visuel et le tout-petit décryptera rapidement l’image. Il s’amusera à déplier les rabats, à soulever les fenêtres de papier pour découvrir et animer l’histoire concoctée par ce duo d’artistes talentueux. Ils ont collaboré à d’autres albums tous aussi drôles : Allô Vénus Thierry Magnier, 2012, et Un mammouth dans le frigo, Ecole des Loisirs, 2011. Un petit trésor de livre à déguster à partir de 2 ans. Claire Py

A partir de 2 ans

coup de coeur Seul dans la forêt / Gita Wolf ; Andréa Anastasio ; Bhajju Shyam. – Albin Michel, 2014

Musa vit avec sa mère dans un village et part dans la forêt chercher du bois. Soudain, un bruit se fait entendre. Crac ! Un sanglier ? De peur, il se précipite dans le creux protecteur d’un arbre. Et attend ... Peut-être même y a-t-il une horde de sangliers ! Paniqué, il ne bouge plus. Est-ce le jour, est-ce la nuit ? Il attend. Et puis il a envie de se gratter, un écureuil le surprend, se sauve. Musa veut le suivre, il se retrouve nez à nez avec une superbe vache ! Vite, elle sera son guide jusqu’au village. Dehors, il fait grand soleil… Cette jolie histoire de Gita Wolf est magnifiquement illustrée par l’artiste aborigène Gond, Bhajju Shyam, de l’état du Madhya Pradesh en Inde. Les couleurs joyeuses sont parsemées de figures géométriques et de points. Le dessin se fait écriture picturale dans une vibration organique, d’une grande finesse et avec une belle simplicité. A l’origine peint sur le sol et les murs des maisons, cet art rituel est éphémère. Les éditions Tara Books permettent à des artistes Gond de montrer leurs œuvres et de reconnaître leur talent immense. Claire Py

voir aussi Mon voyage inoubliable et Emmène-moi à la ville

A partir de 4 ans

coup de coeur Trotte souris / Anne Fronsacq ; Anne Montel. – Père Castor, 2014

Petite souris est sortie de son trou à toute allure. Elle a eu tellement peur ! Mais de quoi, elle ne le sait pas et la voilà qui croise éléphant. Pris de frayeur en la voyant sous son nez, il se perche sur un rocher. Rhinocéros les aperçoit et ne manque pas d’avertir girafe. Mais de quoi donc ? Vite, il faut le dire à hippopotame... Toute une ribambelle d’animaux se retrouve les uns derrière les autres, au fil des pages. C’est la souris qui... mais quoi donc ? Ce remue-ménage réveille le chat sauvage. Il croquerait bien, lui, une petite souris ! Pour la psychologue Agnès Lauras-Petit, cette histoire permet à l’enfant de distinguer le danger imaginaire et le danger réel afin de mieux s’en protéger. Réédition d’une version parue en 1975, cet album est avant tout une randonnée amusante et toute simple pour les tout-petits, avec des pages cartonnées faciles à tourner. Les illustrations d’Anne Montel et sa technique de l’aquarelle donnent une légèreté au monde sauvage de la savane qui devient fantaisiste et gai. Vite, une histoire ! Claire Py

A partir de 2 ans

coup de coeur La chambre du lion / Adrien Parlange. – Albin Michel. 2014

Un petit garçon pénètre dans la page, c’est la chambre du lion. Petite souris s’enfuit, trop de bruit ! Des pas approchent. Vite, petit garçon se cache sous le lit… Petite fille entre. Des pas approchent. Vite, petite fille se cache sous le tapis…Et une volée d’oiseau envahit la pièce… Arrive le lion, qui ne reconnaît pas sa chambre. Terrifié, lui aussi se cache sous sa grande couverture et c’est alors qu’arrive…

Dans cet album , les actions se répètent et se succèdent. Il est d’une facture classique dans sa mise en page (texte à gauche, illustration à droite) et d’une belle modernité dans sa proposition graphique (A. Parlange est passé par les Arts déco de Strasbourg et d’autres écoles prestigieuses). Quelques traits d’un vert profond esquissent l’espace de la feuille : un trait horizontal en bas de page et voilà un tapis où se cacher ! Une ligne inclinée ? elle devient miroir derrière lequel peut se glisser un chien. Une arabesque ? un petit garçon s’en fera un lustre où se percher… Ce sont les personnages, colorés, qui donnent à voir l’univers graphique, le transforment et le déforment au fur et à mesure de la progression de l’histoire. Ils se retrouvent tous dans la chambre du lion, sans se voir. Sauf que… observez bien les illustrations, à chaque page, un détail éveille l’attention. C’est simple et beau.

Claire Py

coup de coeur Bonjour l’ami / Full Kang. - Picquier. 2014

Réveillé en pleine nuit, un petit garçon entame une discussion avec un chaton puis le suit dans la ville enneigée afin de l’aider à retrouver sa maison. Leur déambulation rythmée de rencontres et de dialogues les emmène toujours plus loin...
Ces deux compères réunis par la même solitude vont faire des découvertes majeures lors de cette escapade initiatique : l’enfant gagne en indépendance et en assurance ; le chaton mesure combien la vie est plus facile et plus riche lorsqu’on fait confiance aux autres. Forts de leurs échanges, ils pourront se quitter, sûrs de se retrouver bientôt...
Entre album et BD, la mise en page se réinvente sans cesse et participe de l’aventure tandis que les empreintes jalonnent les parcours. Décidément, une belle équipée complice !

coup de coeur Au secours voilà le loup ! / C. Ramadier ; V. Bourgeau. - Ecole des Loisirs. - (Loulou et Compagnie). 2013

Album cartonné pour les plus jeunes sur la peur du grand méchant loup. Au fil des pages, il se rapproche du lecteur qui va essayer de s’en débarrasser sur les conseils de l’auteur en manipulant le livre (le secouer, le pencher, le retourner....). Le lecteur se joue de sa propre frayeur. Mais tout va bien puisque l’animal ne s’échappe pas des pages et l’enfant a tout loisirs de refermer le livre si la pression est trop forte.
Recommandé à tout moment de la journée sauf peut-être au moment du coucher....

coup de coeur Maman est là ! Un conte enchanteur des steppes de Mongolie / I. Ganbaatar ; B. Bolormaa. - Syros

Venu du fond de la taïga, au cœur des neiges éternelles, ce conte de randonnée, originaire de Mongolie du Nord, nous invite au côté d’une maman qui, dans le creux chaleureux d’une Yourte, veille de tout son amour sur le sommeil paisible de son bébé. L’envergure maternelle de cette éleveuse de rennes distille une intensité propre à désarmer tous les dangers, même les plus redoutables… N’en déplaise aux nombreux renards malveillants en quête d’un enfant savoureux à se mettre sous la dent ! Oui, mais… Il reste que la maman doit parfois s’éloigner pour nourrir son bébé. Tandis qu’elle sort de la tente et rejoint son troupeau en entonnant son chant quotidien : « Turlutu ! Tourloutou ! Tirliti ! (...) Donnons plein de bon lait à mon bébé » le renard à l’affût du moindre manquement de la mère, rôde autour de la tente, s’apprêtant à tout instant à bondir sur l’enfant...
De vastes illustrations en pleines pages, dessinées aux crayons pastels, présentent un exotique chassé-croisé entre un félin rusé et une mère louve maitresse de la survie et de l’ingéniosité. Bref, « Maman est là ! » et les enfants pourront s’endormir rassurés.

coup de coeur Féroce / J.-F. Chabas ; D. Sala. - Casterman

« Chaque fois que le petit Fenris approchait sa gueule pour téter, sa mère ne pouvait s’empêcher de frissonner. (...) celui-ci avait l’air si... féroce. » Le ton est donné, Fenris à l’air si « sanguinaire, épouvantable, cruel », que sa propre mère s’en effraie. Comment, alors, se construire autrement que comme les autres le voient... Ce loup deviendra avec le temps l’archétype de lui-même, toujours plus violent, craint, rejeté, solitaire. Lorsqu’il rencontre une petite fille, il ne doute pas un instant de l’épouvante qu’il va susciter... Mais la fillette reste stoïque et même curieuse. Voire familière avec lui. Et puis, de façon incompréhensible : affectueuse...
Les illustrations, stupéfiantes, rendent bien le saisissement, la peur, et la redoutable férocité du carnassier, puis la phase d’apprivoisement... Les contrastes sont renforcés par un jeu de pages qui se déplient, verticalement (instants figés) ou horizontalement (mouvements d’allant). L’histoire se fait glaçante, drôle et complice et se clôt sur la convergence des solitudes pour une symbiose d’êtres que tout séparait a priori.

coup de coeur Trop loin ! / A. Picault. - Kaléidoscope

Edwin le petit oiseau ne quitte jamais son nid. Pourtant il rêve de voyager mais comment dompter la peur et franchir le premier pas ? Avec l’aide de son aïeule, Edwin s’ouvre au monde, étape par étape : il rencontre d’autres oiseaux et sans s’en rendre compte, parcourt des montagnes...
Histoire simple et touchante, aux aquarelles pastels, qui voit un personnage craintif et généreux s’affranchir de ses freins et accéder à la liberté.

coup de coeur Le monstre des toilettes / S. Pegorier. - Atelier du poisson soluble

“Tu es grand maintenant, assez grand pour aller aux cabinets des grands.” Mais pour ce petit garçon, l’enjeu est énorme : aller seul, dans un endroit isolé, où se cache un monstre... Non décidément, il ne se sent pas prêt. Il imagine alors divers subterfuges pour dompter le monstre, avec l’aide de son doudou Hector.
Des illustrations en noir et blanc, style art nouveau, pour exprimer toute la peur d’un lieu destiné à devenir familier mais qui pour l’heure est le lieu de tout un imaginaire angoissé. Un peu d’humour et d’inventivité, tout cela devient bientôt léger ! “Y a quand même pas de quoi en faire toute une histoire”.
Un jeu entre terreur et humour pour un livre esthétiquement remarquable.

coup de coeur Félix, le collectionneur de peurs / Fina Casalderrey, T. Lima. - Oqo

Toujours avec le même soin porté aux illustrations, les éditions Oqo nous propose, avec humour et légèreté (et avec le ton juste !), une méthode pour lutter contre ses peurs. Félix, champion du monde des collectionneurs de peurs, nous donne le mode d’emploi !

coup de coeur Oméga et l’ourse / G. Guéraud ; B. Alemagna. - Panama

Très bel album complice de deux talentueux artistes français. Guillaume Guéraud excelle ici dans une écriture qui lie violence et tendresse tandis que Beatrice Alemagna joue avec ses superbes illustrations pour nous emmener dans un monde d’allégories. Le format étonnant de l’album permet au lecteur de se plonger dans cette histoire et de s’y perdre. Résumer l’histoire la réduirait, juste dire qu’il s’agit là d’un amour peu commun entre une ourse et une petite fille, chacun y comprendra ce qu’il voudra mais l’important est de ne pas passer à côté de cet ouvrage.
Autre lecture
C’est un album qui ne manquera pas d’attirer le regard : un format impressionnant tout d’abord et c’est bien ce qu’il fallait pour mettre en valeur les illustrations de Beatrice Alemagna. Pour l’espace grand ouvert des paysages remplis d’arbres ; pour les accolades serrées-serrées des 2 personnages. C’est une tendresse toute particulière qui unit cette petite fille sage et cette ourse sauvage. La nuit venue, l’espace des rêves offre une symbiose forte mais troublante... Et c’est là tout le talent de Guillaume Guéraud, d’exprimer cette réalité inquiétante avec une douceur indéniable.
Un moment hors du temps, comme une bulle, qui laisserait des traces réconfortantes lorsque la réalité reprend ses droits.

coup de coeur Mauvais temps / W. Van Reek. - Bayard

Temps gris, pluie battante, le mieux à faire pour l’oiseau Grand-Bec et son chien Touki est de rester bien au chaud toute la journée... Mais plus de bois dans le poêle ! Touki est désigné pour la corvée, Grand-Bec prépare une boisson chaude. Tout est prêt, mais le thé refroidit, l’angoisse monte : pourquoi Touki n’est-il pas de retour ? Son ami part sur ses traces.
Dessins pleine page ou en bandes serrées, petites vignettes stylisées exprimant les pensées et sentiments des protagonistes... le dynamisme de la mise en scène nous conduit à ressentir avec notre héros l’inquiétude et l’urgence soudaine de la situation. Nous éprouvons avec lui le soulagement et le réconfort lorsque les deux amis se retrouvent pour un thé... champêtre !

coup de coeur En attendant maman / T.J. Lee ; D.S Kim. - Didier

Un enfant, haut comme trois pommes, seul, sur le trottoir. Il attend le tramway d’où descendra sa mère. Que peut-il ressentir ? Tout le monde s’agite autour de lui ; les tramways passent... un, puis deux, puis trois... Toujours personne. Et la nuit bientôt, s’annonce... Ce garçon là semble patient, sûr de l’amour de sa maman.
Et de fait, elle finit par arriver, sans qu’on en sache davantage sur les circonstances de cette attente, de ces retrouvailles. La neige est là, les passants se sont dissipés, ne restent que ces deux êtres qui se sont enfin rejoints...
Certains lecteurs pourront ressentir une grande angoisse devant la solitude de ce petit ; d’autres se laisseront porter par l’ambiance sans pareil, où le temps est suspendu... Quoi qu’il en soit, la neige vient recouvrir doucement les tons verts et sépias de cet album atypique et se clôt sur un grand sentiment d’apaisement.

Roman(s) :


coup de coeur U4 . Yannis / Florence Hinckel. - Nathan Jeunesse, Syros Jeunesse, 2015

Yannis vit à Marseille lorsque l’épidémie décime la majorité de la population. Adolescent plutôt chétif et timide, il vit sa vie par procuration en incarnant sur WOT, un jeu en ligne, un parfait combattant. Lorsque le jeune homme se décide enfin à quitter son appartement, il se rend vite compte que la ville est au prise à la violence avec la présence de gangs issus des quartiers défavorisés. La présence de son chien lui apporte le courage de s’enfuir et la peur lui donne comme objectif de tenter de rejoindre Paris afin de contacter les experts du jeu.Arrivé à Lyon, il prend conscience de l’organisation des rescapés par le biais de militaires survivants. Il espère alors y retrouver d’autres experts de Warriors of Times...

U4 est un projet un peu fou : celui de faire écrire par quatre auteurs différents, la trajectoire de quatre adolescents qui vont se croiser dans un monde en perdition où il est difficile de survivre sans aliéner pour autant son identité et sa liberté.

Le personnage de Yannis est intéressant parce qu’il questionne la personnalité de ces adolecents qui se plongent dans les jeux en ligne pour oublier leurs faiblesses ou leur manque d’estime de soi.

Tout le long du récit on sent, et c’est encore plus vrai dans les moments forts, cette tension entre Yannis et son personnage en ligne qui va le dédoubler et parfois l’aider à se confronter à ses peurs. Car c’’est un adolescent d’une grande sensibilité qui reste hanté par les morts qu’il rencontre. Mais l’autre particularité du jeune homme est d’être accompagné de son chien qui va lui aussi participer à l’aventure et devenir en définitive un des personnages. Cela tend à humaniser encore plus le récit.

Enfin, il est à noter que l’on retrouve dans ce volume un certain nombre d’événements déjà racontés dans "Stéphane" car l’histoire veut qu’ils font une partie du chemin ensemble. On n’est donc plus aussi surpris par le récit.

Cependant il éclaire différemment l’histoire et donne de nouvelles informations !

Il me reste à lire Jules afin de faire le tour d’U4 qui restera dans tous les cas pour moi une belle lecture, tant en raison du projet d’écriture collective que des personnages qu’ils nous offrent. Marion Uteza

A partir de 14 ans

coup de coeur L’âme emmurée / Freddy WOetz. - Oskar Jeunesse (Fantstique), 2015

Alix, jeune fille de bonne famille, emménage dans une immense et inquiétante demeure. Ses parents sont plutôt absents (physiquement ou psychologiquement), elle est accompagnée de sa gouvernante le plus souvent. Un jour en rentrant de son cours de violoncelle, elle découvre su sang sur une partition. Bientôt se multiplient les signes inquiétants, et tout porte à croire que cette maison est hantée. Et si cela avait à voir avec le fantôme de la jeune fille qui occupait la chambre du dessus ? Violoncelliste, comme Alix, elle est morte dans d’étranges circonstances quelques années plus tôt... Un très bon roman ! On y croit, et on a peur. On ne le lâche plus. Marie Chaillet

A partir de 13 ans

coup de coeur Maintenant nous sommes deux / Antonio Malpica ; Mélanie Rutten. - Ecole des Loisirs (Mouche), 2014

Un petit martien est en mission spéciale pour conquérir la Terre. Tous les soirs d’orage et de pluie, un grand monstre menace de le manger. Il a peur et appelle ses parents ce qui fait disparaître le monstre.

Il va bientôt voir arriver une assistante... matérialisée dans la peau d’un bébé fille...

J’ai aimé la construction du livre avec un compte à rebours. A la fin ce qui est marrant c’est que le titre du chapitre c’est "un jour après", ce qui nous amène dans le futur.

Un bon livre illustré, que je conseille pour les enfants qui sont à l’école élémentaire.

Sacha (élève de CE2)

A partir de 8 ans

coup de coeur Seul avec mon chien / Béatrice Masini. - La Joie de Lire (Hibouk), 2015

Le jour où le roi du domaine où vit Miro et ses parents décide que les chiens doivent être supprimé, c’est la folie de trop. Le petit garçon s’enfuit donc avec Tito, son petit chien adoré. On suit alors le parcours initiatique du petit garçon qui, tour à tour, va rencontrer la Peur, la Soif, le Repos, le Doute, .... tous personnifié sous les traits de différents vieillards plus ou moins malfaisants.
Un roman philosophique parlant de la vie, de nos rencontres, de nos choix, et surtout de confiance. Pour public averti. Marie Chaillet

A partir de 12 ans

coup de coeur Les affreusement sombres histoires de Sinistreville, tome 1 : Hubert très très méchant / Christopher William Hill. - Flammarion, 2015

Roman noir d’aventure pour jeunes lecteurs adeptes d’histoire pleines d’horribles personnages. Hubert affole ses parents par son intelligence et se retrouve confié à une nounou qui l’amène en promenade dans le cimetière en lui confiant d’affreuses histoires. Plus tard, il rentre dans l’institut de la ville où tous les parents d’enfants de Sinistreville rêvent de voir leur enfant accepter. Mais Hubert réalise alors que la plupart des enseignants n’ont de cesse de brimer et maltraiter les enfants. C’est alors que de terribles meurtres sont commis, plus machiavéliques les uns que les autres...
Une histoire où la plupart des personnages ressemblent à des monstres et ne semblent ressentir aucune tristesse face à la souffrance des autres. Un récit qui glace le lecteur par la noirceur des coeurs qui y sont exposés. Une bonne partie du livre est consacré à l’explication des crimes. La chute est dans la même tonalité... polaire. Un livre pour les amoureux de thriller... Marion Uteza

A partir de 12 ans

coup de coeur Plus de morts que de vivants / Guillaume Guéraud. - Rouergue, 2015

J’ai choisi de lire ce livre en raison du titre. Il me semble qu’il représente bien l’impression qu j’ai parfois en regardant notre société évoluer. Au lieu de se centrer sur l’humain comme valeur principale, on encense le Dieu "croissance". Bien sûr, j’avais aussi repéré le nom de l’auteur, synonyme de peur et de plongée dans l’horreur. Oh, au départ, ses récits commencent de façon ordinaire. Mais en seulement quelques pages, le lecteur subit un glissement dans un cadre qui se délite et nous met en face de nos peurs les plus folles mais aussi très réaliste. Toutefois, ce choix ne me semble pas gratuit et encore moins inintéressant. Il nous secoue, nous entraîne et nous pousse à regarder le monde dans lequel nous vivons autrement, en quelque sorte dans toute son horreur.
Son choix de mettre en scène des adolescents me plaît aussi. Ils ressemblent à des abeilles qui tenteraient de s’échapper d’un piège. Or cette tranche d’âge est la plus à même de tenter de nouveaux défis. Les mêmes scénarios avec des adultes risqueraient de tourner court !

Ce nouveau roman propose un huis clos. Alors que les vacances se profilent à la fin de la journée, un Collège devient en quelques heures la proie d’une catastrophe : des élèves et des adultes de l’établissement se voient en quelques secondes présenter des symptômes étranges : pertes de cheveux, de dents, vomissements, et parfois même explosion des organes internes et mort soudaine. A l’incrédulité des décideurs fait vite place la nécessité de l’action. Des pompiers, des médecins et mêmes des policiers sont envoyés en renfort. Mais rien ne semble endiguer la contamination. Les parents inquiets se massent devant les grilles. Les journalistes cherchent des informations. Les portables sont au maximum de leur activité mais aussi sonnent parfois dans le vide.
Est ce un Virus, une bactérie ou autre agent pathogène ? Comment se transmet-il ? Que faire face à l’impuissance qui gagne chacun ? Que faire des derniers instants qui restent ? D’une épidémie implacable on passe rapidement à une extinction en masse... Nous suivons une poignée de jeunes et d’adultes qui semblent pris au piège et qui vont toutefois tenter de se battre jusqu’au bout ! Mais attention, il ne faut pas trop s’attacher aux personnages, leur délai de vie est compté !

Le style est vif, l’idée intéressante avec la vie d’un Collège portée à son paroxysme, la tension ne semble jamais s’arrêter de monter alors que dès le premier chapitre on a l’impression que rien ne pourrait être pire. Et pourtant... Guillaume Guéraud nous met en face de notre insignifiance et nos faiblesses. Car le pouvoir est toujours dans la main d’autres pour qui nous sommes souvent que des chiffres. C’est ce que nous révèle les apartés avec les messages entretenus avec les "autorités compétentes". Ou encore l’histoire des combinaisons... Un livre à lire ! Marion Uteza

Des élèves d’un collège décèdent les uns après les autres. Tous ont présenté, au prélable, différents symptomes, à priori anodins. Puis, la castrophe sanitaire se dessine en très peu de temps. Les morts deviennent plus nombreux que les vivants et le hasard un allié ou un ennemi, au choix. C’est du Guillaume Guéraud dans toute sa puissance. Ainsi, pour les détracteurs, on reconnaîtra la violence quasi gratuite, inexpliquée, simplement présentée et offerte quand bien même elle pourrait heurter les lecteurs. Pour les autres, ce sera du grand spectacle quasi télévisée retranscrit sous forme de roman à suspense avec du gore à la pelle. Guillaume Guéraud semble s’inspirer de séries comme "Walking Dead" pour créer une ambiance inégalable et pour nous faire réagir, provoquant dégoût, étonnement et envie absolument incontrôlable de finir le livre. Il réveille en nous nos peurs et notre voyeurisme presque malsain.
Je le selectionne pour ce côté avide de lire et pour l’étonnement suscité à chaque page. Pour un public éclairé, pour des grands lycéens, par exemple. Juliane Eblé

A partir de 15 ans

coup de coeur Faites-moi rire, sinon je vous égorge ! / Anne Schmauch. - Oskar (court-métrage), 2014

Après avoir lancé des bombes à eau sur leurs soeurs, Lucien et Antoine se réfugient dans l’appartement de ce dernier. Mais, profitant de leur entrée, un homme s’introduit et s’invite également. Il déclare détenir une bombe et menace de la faire exploser si les deux garçons ne trouve pas un moyen de le faire rire.... La tension et l’angoisse montent, Antoine espère très fort que sa soeur ou sa mère va téléphoner. Jusqu’à ce que Lucien parvienne à ouvrir la valise et s’aperçoive de l’absence de bombe. Et si l’homme était "seulement" un fou en mal d’émotions fortes ?
Bon petit polar pour les plus jeunes, la tension s’accroît au fur et à mesure de la lecture. Marie Chaillet

Ce petit livre d’une soixantaine de pages est distrayant, c’est un policier très abordable, même pour les petits lecteurs de collège. Deux ados, Antoine et Lucien, se retrouvent seuls pendant une soirée car les parents sont sortis ; leurs sœurs se retrouvent également seules dans la maison voisine. Tout s’annonce bien jusqu’à ce qu’un intrus apparaisse dans leur salon et les menace de les faire sauter s’ils n’arrivent pas à trouver d’histoires drôles à lui raconter. Ce fou dangereux va finir par être pris mais on a quand même quelques sueurs froides avant que les policiers n’arrivent…Nathalie Bertin

A partir de 10 ans

coup de coeur La gueule du loup / Marion Brunet. - Sarbacane (EXPRIM’), 2014

Deux amies partent faire un break à Madagascar après leur baccalauréat. Loin des images de l’île paradisiaque, elles découvrent la pauvreté, l’entraide mais aussi la peur... A la recherche d’elles-mêmes, leur route va croiser celle d’une insulaire que la misère a plongé dans une vois sans issue. Elles vont décider de s’enfuir ensemble. Plongées dans l’épouvante, dans un monde quelles ne connaissent pas, elles vont devoir adopter le lieu et ses règles pour survivre...
Un thriller psychologique où la tension monte au fil des pages. Elle part de la nature, des animaux hors norme, de la forêt, pour d’un regard basculer et s’incarner dans la peur de l’homme. Le lecteur perçoit en filigrane un portrait de Madagascar, ses croyances, ses coutumes. Il y trouve sa faune et sa flore mais aussi l’évocation de ses habitants, leur nécessaire solidarité, les taxis brousse ou encore la cérémonie du retournement des morts. Mais c’est les deux européennes qui retiennent l’attention principale avec un bond dans l’âge adulte activé, amplifié par les circonstances. Marion Uteza

A partir de 15 ans

coup de coeur La crocheuse d’enfants / Gwladys Constant. - Oskar (aventures), 2015

Eléonore vient d’emménager à la campagne et rencontre ses nouveaux camarades de classe. Mais pour être complètement admises parmi eux, elle doit suivre un rite d’initiation : casser la fenêtre de la sorcière du village. Seulement la petite fille s’aperçoit que cette sorcière se trouve être sa grand-mère ! Et si les enfants confondaient "sorcière" et "sourcière" ? Heureusement, la maîtresse est là pour mettre du bon ordre dans les choses !
Roman sur les malentendus et sur la tolérance, où l’on découvre qu’en parlant et en échangeant avec les gens, les préjugés tombent. Marie Chaillet

A partir de 8 ans

coup de coeur La rentrée de Marcel / Christine Noyer. - Actes sud Junior Benjamin, 2014

C’est la rentrée et Marcel a très mal au ventre. Va-t-il retrouver ses amis, et surtout Hermine ? Va-t-il se retrouver dans la classe de la terrible Madame Rouchcolb ? La patience de sa maman s’use, et l’heure tourne. Il faut partir pour l’école ? Seulemen le petit garçon se sent de moins en moins bien.. Et si ce n’était pas juste l’angoisse de cette nouvelle rentrée et de ses changements ? Jolie histoire qui, ouf !, se termine bien, avec les questions (terriblement angoissantes) des enfants, leur peur de l’inconnu, et l’impatience des parents qui n’ont pas toujours l’oreille. Marie Chaillet

A partir de 6 ans

coup de coeur Lockwood & Co. - T1 : L’escalier hurleur/ Jonathan Stroud. - Albin Michel (Wiz). 2014

Londres, notre époque. Depuis 50 ans, les fantômes sont partout. Fini les manoirs délabrés et exotiques pour les touristes et les passionnés, chaque maison ou coin de rue peut abriter un fantôme. Et attention, si certains sont relativement inoffensifs, d’autres sont animés d’une envie de vengeance et de mort, et tous font mourir les êtres vivants dans d’atroces souffrances dès qu’ils les touchent. Pour pallier ce problème grandissant, des agences de médiums se créent à travers tout le pays, avec pour principaux employés des enfants, plus sensibles aux apparitions.
Lucy Carlyle, adolescente auparavant médium dans le nord du pays, débarque à Londres dans l’agence Lockwood &Co, composé exclusivement de mineurs (sans superviseurs) : Anthony Lockwood et George Cubbins. Après avoir lamentablement échoué dans leur mission commune, qui se termine par l’incendie de la maison hantée, l’agence Lockwood & Co doit en deux mois : trouver 60 000$, redorer son blason, payer Lucy et convaincre le gouvernement de ne pas fermer l’agence. Et pour cela, rien de tel qu’une mission "kamikaze" dans un château peuplé de fantômes, à l’histoire sanglante. Le But ? Survivre toute la nuit...

Jonathan Stroud nous emmène de nouveau dans un Londres fantastique où il ne fait pas bon croiser des créatures sans un minimum de précaution. Prometteur !! Marie Grandgirard

A partir de 12 ans

coup de coeur Villa du crime / Guy Jimenes. - Oskar (Polar), 2014

Marie et son père s’apprêtent à s’installer dans une villa de bord de mer pour les vacances. Le séjour s’annonce parfait jusqu’à ce qu’ils apprennent ce qui s’est passé l’année précédente dans ses murs…. Un thriller efficace, à l’écriture nerveuse, qui m’a tenue en haleine jusqu’au bout. L’auteur de fait pas de concessions, ne cherche pas à édulcorer le récit pour l’adapter à son auditoire adolescent. Les personnages sont bien campés, l’environnement idéalement choisi (l’isolement de la villa permet tous les rebondissements !) Bref, un petit polar parfait pour des lecteurs qui ont envie de se faire peur. Marie-Pierre Muneret

A partir de 12 ans

coup de coeur Robin au fond des bois / Malika Ferdjoukh . - Gallimard ( Folio junior). 2014

"Est ce qu’on peut entendre deux cœurs qui battent au milieu d’une forêt profonde ?"
Lorsque Robin et son petit frère Jules prennent le train ce vendredi pour rejoindre leur grand-mère adorée, ils sont loin de se douter que les 32 minutes de trajet vont se révéler plus longues et plus mouvementées que prévues. Pour échapper à l’abominable Brendan Strekfus, qui s’est juré de faire payer à Robin son 14 et demi en histoire et une humiliation subie à la boulangerie, les deux frères font un détour risqué en sortant du train. Mais ils se perdent, et les virées nocturnes au fond des bois peuvent réserver d’effrayantes surprises… Dommage que le récit soit si court ! Le suspense de la course poursuite est haletant, le récit efficace. Un bon petit thriller. Ewa Bochenski

A partir de 9 ans

coup de coeur Autopsie d’un papillon / J.-N. Sciarini. - La Joie de lire. - (Encrage). 2014

Mark est un champion de la natation et son père décide de vivre à Paris afin qu’il fréquente la meilleure école et bénéficie du meilleur entrainement sportif. Mark rencontre Marie dont il tombe tout de suite amoureux. Il commence aussi à se faire des amis. Mais, lors d’une sortie, la vue d’une femme couchée par terre le bouleverse et son monde bascule. Mark devient alors incapable d’aller au-delà de certaines limites géographiques, l’angoisse le surprend n’importe où, la foule l’oppresse. Le garçon se découvre alors agoraphobe. Seule l’eau reste son élément. Mais là aussi, tout semble se bloquer. Heureusement, Mark pourra compter sur son entraineur.
Le lecteur a envie que l’ado s’en sorte. Et il s’en sortira, petit à petit, car il a la chance (la grande chance) d’être entouré de personnes sûres et d’une grande humanité. Même s’il reste fragile, on sent qu’il parvient à dépasser ses peurs. Au moins, il essaie.
Autre lecture
Mark a tout du futur champion de natation, son père a même décidé de déménager à Paris pour lui offrir un bon entraineur. Mark quitte donc la campagne lilloise et sa grande amie Vanille pour la grande ville. La très grande ville, oppressante, grouillante, violente avec les premiers chocs : « Comment pouvaient-ils gambader ici, avec une telle insouciance et dans une amnésie parfaite, tandis qu’une femme crevait lentement là-bas ? ». Le malaise de Mark est tenace, s’amplifie, prend des proportions très handicapantes puisque sortir devient extrêmement compliqué. Son mal-être prend bientôt des contours plus précis et trouve son nom : l’agoraphobie. Un mal difficile à expliquer, presque honteux, qui enferme Mark dans une solitude grandissante. Même Marie lui devient inaccessible car comment expliquer à son tout nouvel amour que Paris le terrifie, que chaque pas hors de son périmètre de sécurité peut être source de terrible crise d’angoisse ?
Composé en 4 parties (L’eau, la terre, le feu, l’air), le roman analyse les causes et manifestations d’un mal que l’on juge souvent sévèrement. S’il paraît quelques fois un peu long et insistant, il a le mérite de montrer que partager un problème avec des personnes de confiance est la première marche vers sa résolution.

A partir de 15 ans

coup de coeur Là où naissent les nuages / A. Heurtier. - Casterman. 2014

A Amélia, la vie semble avoir tout donné : des parents aimants, un foyer confortable, des amis… Mais c’est l’image d’une jeune fille angoissée mal dans sa peau et son embonpoint que nous découvrons, qui vit dans l’ombre et l’admiration de ses parents. Ces derniers, militants, ont l’occasion d’aller en Mongolie : un voyage familial s’organise. Mais c’est seule en définitive qu’elle partira, à la découverte d’une vie âpre, violente, difficile, où la situation économique désastreuse du pays se complique de façon dramatique lorsque les hivers sont très rudes (dzud). Les nomades sont alors contraints de rallier la capitale et de s’installer dans un bidonville « ravagé par l’insalubrité, la violence et l’alcoolisme » ; les enfants sont alors les premières victimes. The Shelter, l’association que rejoint Amélia, leur vient en aide. Le contraste de leur vie apparaît comme indécent et Amélia se donnera corps et âme pour apporter sa pierre à l’édifice.
Amélia décrit très justement et sans concession le décalage entre sa vie ouatée et égo-centrée et celle, féroce, de certains enfants mongols. Les premières réactions apeurées (« Est-ce que je pouvais changer la date de mon retour, histoire de rentrer avant qu’il y ait trop de souvenirs qui viennent pourrir ma tranquillité ? ») laissent très vite place à une vision du monde élargie, enrichie, consolidée de valeurs solides. Et elle en aura bien besoin lorsqu’une découverte fortuite la ramènera à sa propre histoire, à ses origines…
Une histoire forte qui réussit brillamment à faire résonner, en écho, l’intime et l’altruisme.
Autre lecture
D’un milieu aisé, Amelia est pourtant mal dans sa peau. Les circonstances vont l’amener à partir un mois en Mongolie pour travailler dans une association humanitaire qui vient en aide aux enfants. Ce voyage va changer sa vie...
Au début de l’histoire, Amélia manque de confiance, elle n’est pas volontaire pour partir et a peur. Mais pour tenter de se sentir mieux elle décide de relever le défi et va rencontrer le passé de ses parents. Le récit initiatique présente la découverte des coutumes mongoles, la difficile condition des enfants mais aussi la révélation d’un secret familial. Il s’agit donc en quelque sorte d’un héritage.
Le lecteur suit la métamorphose de la jeune fille, entre dans le quotidien d’une association humanitaire, pénètre dans les yourtes, et ressort lui aussi... changé ! A lire absolument !
« Pour eux, je n’étais qu’une bénévole parmi tant d’autres, de celles dont le visage se serait effacé quelques mois plus tard. A l’inverse, je savais qu’ils faisaient désormais partie de ma vie. Mon passage parmi eux était mon premier tatouage : indélébile. »

coup de coeur Il était une fois, au fond des bois... / R. Scott Whinnem. - Bayard. - (Millézime). 2013

Comme chaque été, une bande d’amis se réunit, entre lac et forêt mais cette année, rien n’est plus comme avant. Peter semble faire bande à part et leurs relations deviennent de plus en plus conflictuelles. Pourtant, ils continuent leur jeu de dupe annuel autour d’un feu et d’une histoire qui a bercé leur enfance : celle de l’enfant épine. Lorsque tous s’aventurent dans les bois afin de découvrir la vérité sur cette vieille légende, ils ne pensent pas être aussi marqués par cette aventure qu’ils le seront ensuite.
Cette intrigue, particulièrement bien menée, ne laisse aucunement présager le dénouement surprenant. Comme ces adolescents, une fois plongé dans une ambiance magique et indescriptible, il devient difficile de revenir à la réalité et de s’en contenter, surtout lorsque l’inimaginable devient le palpable. Voici donc un livre captivant qui allie à la fois la peur, l’émotion et la surprise.
Autre lecture
Contrairement à ce que suggère la couverture, il ne s’agit pas d’un roman qui cherche à faire peur, mais plutôt sur la peur, les peurs d’enfant, ou sur ce qui nous fait peur chez l’autre quand il grandit…
C’est une histoire d’amitié, entre un groupe de jeunes (4 garçons et 2 filles), qui se retrouvent chaque été au bord d’un étang. Parmi eux, Stuck, le narrateur, et Pete (qui cet été-là n’est pas avec eux) habitent là à l’année et une amitié solide les lie… ou les liait, car on découvre peu à peu la raison pour laquelle il ne fait plus partie du groupe. Ce n’est pas une histoire facile à résumer, car la narration est un peu décousue, avec des flashbacks, car c’est la façon dont Stuck s’approche ainsi peu à peu de ce qui lui fait peur tout au fond de lui-même…

coup de coeur Je suis en Chine / C. Ferey Fleury. - Oskar. - (Court métrage). 2014

Il y a l’écriture du rêve, de l’évasion en Chine, du raffinement. Puis il y a celle en italique, plus abrupte, violente, qui dit les injures et les coups qui fusent. La narratrice subit, regarde sa mère se faire cogner régulièrement par son beau-père. Mais un jour, stop ! Le rempart de l’imaginaire ne suffit plus et elle passe à l’action. « Je n’irai plus en Chine ».
La violence conjugale et la maltraitance vues par un prisme particulier, celui de la fuite dans l’imaginaire. Deux pages documentaires complètent le propos ; un ouvrage court pour aborder le thème.
Autre lecture
Pour échapper aux violences conjugales de son beau-père envers sa mère, une jeune fille s’évade dans une Chine imaginaire. Comme « on ne sait jamais comment ça commence », elle est en permanence sur le qui vive, tentée de disparaître dans son monde intérieur. Mais le paravent est bien frêle et il devient impossible de refuser de voir et d’entendre...
Court récit qui alterne les descriptions d’une Chine magnifique et la dure réalité d’un petit appartement où se déroule au quotidien une violence incompréhensible et inacceptable. L’auteur réussit ainsi à évoquer avec pudeur mais aussi avec force l’indicible.
Quelques chiffres en fin d’ouvrage permettent au lecteur de mieux connaître la réalité des violences faites aux femmes, en France et dans le monde. Quelques exemples : une femme sur cinq dans le monde sera victime de viol ou de tentative de viol au cours de sa vie. 40 % des femmes de l’Union européenne ont fait état d’une forme ou d’une autre de harcèlement sexuel sur le lieu de travail. 80 % des enfants vivent au domicile où s’exercent les violences et y sont exposés.
Violences conjugales info : 3919 (gratuit) pour dénoncer, obtenir une écoute et une aide
« Je baisse la tête, ce que je ne vois pas n’existe pas. Si je ne le regarde pas, il va peut-être disparaître, éclater comme ces dragons de papier mâché qui hantent les rues pour la fête du Nouvel An, leur langue rouge dardée peut très vite s’enflammer, grésiller et se racornir, devenir noire, devenir cendre, devenir...
...rien.
Il n’est rien. Il n’a pas de place dans mes rêves.
Quand je suis en Chine.
 »

A partir de 13 ans

coup de coeur Toute seule dans la nuit / S. Beau ; E. Chatelain. - Alice (Primo), 2014

Miette adore passer du temps seule avec son grand-père qui la comprend mieux que quiconque. Alors que son grand-père est parti faire une course, il ne revient pas et la jeune fille se retrouve seule dans le noir avec un inconnu qui s’est introduit dans la maison. « Tu t’en sortiras toujours. Quoi qu’il arrive », lui répète sans arrêt son grand-père, c’est le moment où jamais de lui donner raison...
Parallèlement, son grand-père a été victime d’une crise cardiaque au volant de sa voiture et est retrouvé tardivement par un couple qui l’emmène à l’hôpital. Le malaise lui sera-t-il fatal ?
Papier glacé, mise en page aérée, ce roman pour les plus jeunes offre une lecture haletante. Chapitres courts, points de vue alternés et illustrations en vignettes alimentent le suspens, nous tremblons avec Miette et espérons la voir retrouver la complicité avec son grand-père.

coup de coeur Magie au château/ C. Miraucourt. - Oskar. - (Deuxième lecture)

Marie, une petite sorcière très douée, se voit proposer un passage anticipé en CM2 c’est-à-dire Cours de Magie 2ème année. Entre les mauvais tours de Sylvina à déjouer, l’examen à passer et la découverte d’un livre où on peut lire l’avenir, Marie et ses nouveaux amis sont bien occupés. Histoire sympathique pour les plus jeunes, qui rappelle Harry Potter...
Autre lecture
Marie rentre de façon anticipée en CM2. Elle doit bientôt passer le test afin de savoir si elle va ou non pouvoir garder ses pouvoirs de sorcière. Mais elle se heurte à la malveillance de Sylvina, une fille de sa nouvelle classe. Heureusement, elle arrive aussi à se faire des amis dont un jeune garçon peu sûr de lui. La découverte d’un livre capable de prédire l’avenir va bouleverser leurs relations...
Un livre pour les jeunes ou petits lecteurs qui auront dans un format court de 52 pages, de la magie, de l’aventure et de l’amitié...
« Ce que tu as vu dans le livre, c’est ton avenir si tu ne fais rien pour qu’il change. Tout dépend de toi ! Je t’aiderai et ce soir, tu liras à nouveau ton avenir. Je suis sûre que tu l’auras modifié ! »

coup de coeur Personne ne te sauvera / F. Colin. - Flammarion. - (Tribal)

Manon jeune bachelière apprend qu’elle a un anévrisme cérébral susceptible de se rompre à tout moment. Se faire opérer, risquer les diverses séquelles imaginables... c’est une lourde décision à prendre, Manon préfère la fuite. Direction Las Vegas où elle rencontre Dorian qui joue le vampire sur scène. Mais Manon saisit derrière le jeu une vérité que l’étrange jeune homme finit par reconnaître : Dorien est bel et bien un vampire qui vieillit 20 fois moins vite que les humains : « une existence plus douloureuse et sauvage, des sentiments puissants et des pouvoirs divins - une vie moins ordinaire, en somme ». Manon arrivera-t-elle à convaincre Dorian de la faire devenir l’une d’eux ? Et le souhaitera-t-elle encore lorsque la situation changera pour elle ?
Une réflexion sur notre rapport à la vie, à la jouissance que chacun peut en faire ou non, avec pour toile de fond des histoires de vampires, d’amour et de haine. « Les gens aiment bien avoir peur et savoir dans le même temps que leur peur est sans fondement. Ça les aide à se persuader que le monde n’es pas si sombre qu’il en a l’air. Alors qu’il l’est, bien sûr. Alors qu’il est bien plus que ça. »
Autre lecture
Manon, 17 ans, doit se faire opérer pour espérer échapper à l’anévrisme qui menace sa vie. Mais, devant les risques chirurgicaux, elle décide de fuir à Las Vegas pour repousser son angoisse. Sa rencontre avec Dorian, dont elle pressent la condition de vampire, va changer sa vie... Mais quel peut-être son avenir ?
Un roman initiatique qui utilise la figure du vampire pour mieux réfléchir sur la condition de mortelle. Le décor que constitue pendant une partie du livre la ville du jeu et de l’illusion renforce cette dimension réflexive. Qu’est-ce que la vie ? Quels choix faire ? Le récit fait entendre principalement la voix de la jeune fille qui nous émeut mais nous trouvons aussi des retranscriptions "d’enregistrements audios" et le carnet de Dorian complète l’écriture. L’histoire, très courte, incite le lecteur à s’imaginer à la place de l’héroïne, que choisirions-nous ?
« Confrontées à l’idée de leur disparition prochaine, la plupart des personnes expérimentent cinq paliers : d’abord le refus, puis la colère, la négociation, la dépression et enfin l’acceptation. J’avais connu les quatre premières étapes, avec une nette prédilection pour la colère. Assise sur mon lit, lumières éteintes, je restais prostrée des heures durant, à ressasser les mêmes pensées lugubres. Un temps, je dois l’avouer, l’idée du suicide m’avait effleurée. Mais, tel un oiseau égaré, elle était vite repartie. Pourquoi me tuer ? Il suffisait d’attendre. »

coup de coeur Une histoire terrifiante : peur sur la ville / N. M. Zimmermann. - Flammarion. 2013

Tom se laisse prendre au défi d’écrire une histoire pour gagner un prix aussi mystérieux que fantastique. Pas d’autres précisions, mais devant l’insistance et les flatteries de son camarade, il écrit une histoire, qu’il nous livre ici. Histoire terrifiante, entre le joueur de flute d’Hamelin et le comte de Dracula. Des rats, d’énormes rats envahissent la ville et sèment la terreur. Comment Tom va-t-il se sortir de cette histoire ? Une intrigue en abime, à la chute efficace, un bon thriller pour les plus jeunes.

coup de coeur Une nuit d’angoisse / C. Bouvier. - Oskar. - (Polar)

Tomy vient de déménager et s’effraie de la rentrée qui a lieu le lendemain. Il a passé en revue les solutions pour éviter le jour tant redouté et n’envisage plus qu’une option : la fugue ! Le voici donc dans les rues de sa nouvelle ville, en pleine nuit, avec l’objectif de retrouver son ancienne cabane. Mais il croise un vieil homme inquiétant, fuit à toutes jambes pour trouver un autre homme. Celui-ci représentera-t-il le refuge espéré ?
Un petit thriller pour les plus jeunes sur fonds de kidnapping et de rançon.
Autre lecture
Il ne fallait pas sortir... Pas cette nuit-là !
Alors qu’un kidnappeur rôde en ville, Tomy qui ne le sait pas, décide de fuguer en pleine nuit afin d’échapper à l’angoisse de la rentrée scolaire dans une nouvelle école. Une peur chassant l’autre Clément va devoir garder la tête froide pour espérer s’en sortir.
Un vrai thriller pour petit lecteur, avec des passages qui font peur. Nous suivons et partageons la peur du héros, nous la sentons progresser, être en partie refoulée comme pour mieux remonter.
« La rentrée des classes lui sembla soudain beaucoup moins angoissante, et il commença à se demander s’il n’avait pas fait une grosse bêtise en quittant la maison. Tomy se raisonna : il n’allait quand même pas abandonner aussi vite à cause d’un petit kidnappeur de rien du tout ! Il avait le courage d’un kangourou, lui ; il n’avait peur de rien, qu’on se le dise. »

coup de coeur La reine de la nuit / B. Broyart. - Oskar. - (Court métrage)

Félix aime passer les mercredi chez son arrière grand-mère. Une journée sans bigorneau, sa petite sœur très collante. Mais ces derniers temps, Mamy devient étrange. Elle se confectionne une capsule pour faire « machine arrière », elle qui redoute plus que tout de vieillir. Félix se demande s’il doit en parler à ses parents, eux qui redoutent de la laisser seule... Mais il décide de percer le mystère avant de prendre une décision. Et c’est une réalité bien plus poétique que la triste sénilité que va découvrir Félix…
Comment dépasser ses peurs, tel est l’enjeu qui lie les personnages de ce petit roman. Chacun invente ses propres moyens, dans une complicité renforcée.
Autre lecture
Tout le monde a ses peurs, pour Félix c’est celle des extraterrestres. Malheureusement pour lui, son arrière grand-mère adorée a décidé d’échapper à la vieillesse et à la maison de retraite en allant les rejoindre à bord d’un vaisseau spatial qu’elle a elle-même construit. Alors qu’il essayait de convaincre ses parents que sa mamie n’est pas folle, le voilà bien embêté et surtout bloqué entre sa véritable phobie et son devoir de fidélité. Comment va-t-il parvenir à s’en sortir ?
Plus que l’histoire, c’est l’écriture, drôle et énergique et la qualité des personnages qui m’amènent à vous recommander ce tout petit livre. Ensuite, vous ne verrez plus jamais de la même façon votre arrière grand-mère...
« Je te fais confiance. Aucune information ne sortira d’ici. Si je parviens à briser le continuum espace-temps, je suis sauvée. Mais personne ne doit connaître mes projets. Autrement, pour moi, c’est la maison de retraite assurée. »

coup de coeur Le mystérieux cercle Benedict / T. L. Stewart. - Bayard

Reynie, Sticky, Kate et Constance ont pour point commun d’avoir réussi -avec des capacités bien différentes- un examen aussi difficile qu’étrange. Reynie a une capacité d’analyse et de décision exceptionnelle ; Sticky est une mine de connaissances ; Kate est souple, vive et ingénieuse ; Constance, quant à elle, a des qualités plus… dissimulées mais possède un aplomb inversement proportionnel à sa taille minuscule.
Autre dénominateur commun : la solitude et l’absence de parents.
L’instigateur de ce concours, M. Benedict, leur en explique enfin la finalité : des messages sibyllins et subliminaux, énoncés par des enfants, mettent en danger l’humanité. Les 4 recrues, en tant qu’enfants, génies et personnes intègres, doivent comprendre qui se cache derrière cette manipulation, quels en sont le fonctionnement et les enjeux exacts. A cette fin, ils se rendent sur l’Ile de Nomansan et sa pension pour enfants...
La mission est complexe, dangereuse, mais le groupe ainsi constitué - le mystérieux cercle Benedict- relève le défi et entraîne le lecteur dans une succession de rebondissements haletants. Ce roman dense en aventures est également soigné dans la description des personnages. C’est une famille d’un autre genre qui se construit sous nos yeux, dont les membres, avec leurs talents, leurs doutes et leur sens des responsabilités, nous sont de plus en plus sympathiques. Nous ne serons donc pas fâchés de les retrouver bientôt dans la suite de leurs aventures...

coup de coeur Vert de peur / Plié de rire / R. Corenblit. - Rouergue. - (Boomerang)

Joseph se targue de n’avoir peur de rien, jamais. Même lorsqu’il est mis au défi, il s’en sort haut la main. Mais tête bêche, c’est une toute autre histoire qui est racontée, celle de Joseph qui pique une livre à sa sœur. Un livre « avec une couverture rose ». Et voilà notre Joseph invincible gagné par les larmes…
Un roman à lire d’un côté puis de l’autre, pour mieux cerner les nuances d’une personnalité et le pouvoir des livres.
Autre lecture
Plié de rire : portrait de Joseph un jeune garçon qui n’a peur de rien. Non seulement les histoires horribles ne l’effrayent pas mais en plus elles le font rire et il va jusqu’à lui-même inventer des récits qui font peur ! Mais lorsque l’on retourne le livre, on est invité à découvrir un autre Joseph, vert de peur… en découvrant une autre sorte d’histoires…
Un récit gigogne, qui peut se lire de différentes façons et se décompose en différentes histoires… Un bel exercice de jeux avec les mots et la littérature avec pour toile de fond l’indémodable thème de la peur ! Intéressant…
« Se retrouver dans sa chambre sans lumière un soir de tempête, se perdre dans un magasin immense et ne plus retrouver ses parents, tomber d’une falaise haute comme la tour Eiffel ou se fracasser le crâne en chutant de son vélo, aucune de ces idées atroces ne le dérange. »
Autre lecture
Le livre est à lire dans les deux sens : par quel côté commencer ? Si l’on commence par Plié de rire : un jeune garçon (Joseph) n’a peur d’aucune histoire qui effraie. On lit en même temps que lui quelques histoires mais rien n’affole Joseph à l’école. Il ricane plutôt. Sa bibliothèque ne comporte que des livres qui font peur et il les lit le soir dans son lit en souriant.
De l’autre côté : Vert de peur. C’est le même personnage qui est le héros. Par hasard, il lit un livre rose de sa sœur et il a peur parce qu’il est seul. C’est une histoire d’amour et il est désorienté car il ne connait pas ce genre de relations : Mo, un jeune garçon, n’ose pas avouer son amour ! En fait, dans les histoires qui font peur, on sait que c’est pour de faux mais, dans les histoires de sentiments, c’est la réalité qui parle et Joseph, le crâneur, se retrouve seul face à une situation qui l’intrigue.
Les couvertures sont intéressantes, déroutantes : on a des fantômes pour le titre Plié de rire et des cœurs roses et blancs pour Vert de peur. On est forcément intrigué et on a envie de lire la suite ! Le livre fait réfléchir sur les différents types d’histoires et aussi l’impact de la lecture. C’est une bonne réflexion pour les plus jeunes.

coup de coeur La question de 10 heures du soir / K. de Goldi. - Alice. - (Tertio)

Chaque soir, à 22h, Frankie ressent le besoin de passer dans la chambre de sa mère et de lui faire part de ses questions, doutes, angoisses. Chaque soir, sa mère trouve les mots pour le rassurer. Chose assez étonnante lorsqu’on sait qu’elle-même est une grand angoissée qui n’a pas quitté la maison depuis 9 ans. 9 ans, l’âge de Frankie qui jusqu’alors s’accommodait très bien de la situation mais commence à s’interroger… Alors qu’il vient de se faire une nouvelle amie, Sidney, et apprend aussi vite que celle-ci va déjà devoir déménager, Frankie craque. Il veut des explications, il refuse de devenir comme sa mère et de se laisser aller aux angoisses envahissantes.
Des personnages extrêmement attachants, une histoires qui prend aux tripes mais alourdie par quelques longueurs. L’auteur, comme un de ses personnages, ne rate jamais « une occasion de tourner une belle description, riche en adjectifs et imagée à souhait » ; le lecteur se trouve trop souvent distrait du propos lors de digressions incessantes. Dommage.
Autre lecture
Tous les soirs Frankie vient poser une question à sa mère. Cette dernière n’est plus sortie de chez elle depuis 9 ans. Elle est très angoissée, tout comme son fils. Mais Frankie n’est pas seul, il a dans sa famille des personnages très originaux et attachants. Sa vie très rythmée est organisée par des rituels immuables comme ses jeux avec son ami Gigs. Jusqu’à l’arrivée de Sydney et ses secrets...
Le lecteur est entraîné dans le quotidien haut en couleurs de ce jeune garçon qui vit en Nouvelle Zélande. Nous partageons avec lui sa vie, ses relations avec sa famille, ses amis et ses réflexions. La figure de la mère est au centre du récit. Pourquoi refuse t-elle de quitter la maison ? Une fois rentrés dans son monde, nous nous laissons portés par cette quête. Et c’est par le questionnement que Frankie entre, peu à peu, dans l’adolescence...
« Dans son lit, il avait imaginé les ailes de l’avion ramollir d’une façon inexplicable, il les avait vues prendre l’eau comme du papier absorbant et se détacher de l’avion au beau milieu du ciel. Il avait imaginé de petites flammes, invisibles depuis le cockpit, s’engouffrer dans l’allée centrale entre les fauteuils, gonfler en une énorme boule de feu et avaler les passagers. Il avait imaginé des terroristes déguisés en stewards qui sortaient de leur poche non pas des bonbons, mais des revolvers. Il avait imaginé des bouteilles qui avaient échappé à tous les contrôles au sol et qui explosaient en plein vol dans la soute à bagages. Il avait imaginé l’avion sombrer dans l’océan Pacifique, et lui qui devait lutter contre des requins pendant que les vagues emportaient Alma loin, loin, très loin de lui. Maman avait fini par dire qu’il vaudrait peut-être mieux qu’il n’y aille pas. »

coup de coeur Moi Ambrose roi du scrabble / S. Nielsen. - Hélium

Ambrose est du genre tête à claque :« Il n’a pas le filtre (…) il dit tout ce qui lui passe par la tête. » Mais par ailleurs, il voit « toujours le bien chez les autres. Les possibilités. » Une personnalité bigarrée qui peine à se faire apprécier par les jeunes de son âge, d’autant qu’il déménage très souvent, suivant sa mère toujours en recherche du poste qui lui assurera une stabilité. Si l’on ajoute à cela une allergie aux cacahuètes et une mère on ne peut plus angoissée qui le surprotège (et en même temps l’abandonne tous les soirs !), sa place dans la vie n’est pas aisée. Mais Ambrose, roi du scrabble, va réussir des miracles. Pour lui-même, pour ses voisins, pour sa mère.
Cette auteure a le talent de dresser des situations de la vie compliquée sans verser dans le drame. Les personnalités de ses héros, avec leurs défauts et leurs richesses, se démènent pour transformer leur vie et celle de leur entourage. L’humour affleure constamment, assurant une lecture positive et agréable !

coup de coeur L’ homme qui court / M. G. Bauer. - Bayard. - (Millézime)

Joseph est un adolescent timide et renfermé. Mais lorsqu’il entend sa mère acquiescer à l’idée qu’il aurait peur de son ombre, il relève le défi et contre toute attente va accepter de faire le portrait de son voisin, un homme rentré cassé de la guerre du VietNam, que personne n’a même vu depuis des années et que tout le monde craint ! Qu’est-il vraiment arrivé à Tom Leyton ? Faut-il ou non avoir peur de lui ? Pourquoi est-ce si important pour Joseph de réussir à peindre l’homme derrière ses apparences ? Et qui est l’homme qui court ?
Un livre dense qui s’apparente par moment à un conte philosophique. Il y est avant tout question de trouver la meilleur façon de surmonter les brisures du destin. On y trouvera de la poésie, des réflexions sur le dépassement et la réalisation de soi et... des vers à soie !
Autre lecture
Parce qu’il a entendu qu’on disait de lui "qu’il a peur de son ombre", Joseph accepte ce qu’il redoute pourtant au plus haut point : se retrouver seul avec son voisin, à faire son portrait pour l’école. Il faut dire que cet étrange Tom Leyton n’est pas sorti de chez lui depuis des années, depuis un scandale dans un lycée… Dépassant sa peur, affrontant les rumeurs, Joseph commence les séances de dessin, toujours en présence de la sœur de l’homme étrange. Mais c’est autour de l’élevage de vers à soie qu’ils se retrouvent vraiment et qu’ils apprennent à mieux se connaître : sa tragique histoire prend sa source pendant la guerre du Vietnam. Derrière l’homme et "son côté sinistre et pessimiste", Joseph, sans doute parce que lui aussi a à affronter de terribles angoisses, sait voir un autre homme…
Étrange roman au rythme de l’angoisse qui paralyse, qui aveugle mais n’est pas irréversible pour peu qu’on l’affronte. Car ces deux êtres, l’un ayant vécu l’horreur indicible et l’autre bloqué par un traumatisme d’enfance, vont pouvoir se comprendre et s’entraider. Pour bons lecteurs.

coup de coeur Ce soir-là / A. Lacor. - T. Magnier. - (Petite poche)

Comme tous les soirs, Benjamin attend le retour de sa mère, pour 19h30. Le goûter léger est pris, les devoirs terminés, il attend en lisant. La vie est dure pour lui, économie pour tout, une mère peu présente qui bosse dur, et l’inquiétude, ce soir, de voir qu’elle n’arrive pas et qu’elle pourrait le laisser seul au monde...
Toute la détresse d’un môme qui sait son quotidien fragile.

coup de coeur Si jamais… / M. Rosoff. - Hachette. - (Black Moon)

Une seconde. Une toute petite seconde suffit pour passer de vie à trépas. Et cette conscience aigüe de la fragilité de la vie bouleverse David. Le destin est trop cruel, il va chercher à tout prix à lui échapper. Même s’il faut pour cela changer de nom (Justin Case), de look, d’habitude de vie... Cette angoisse l’habite au point de le conduire jusqu’au bord de la folie... Mais Justin est entouré, de ses amis, de sa famille. Et grâce à eux tous, il arrivera enfin à voir la vie sous un angle plus apaisant.
Un roman qui souffre de quelques longueurs mais au thème original.

coup de coeur Le contour de toutes les peurs / G. Guéraud. - Rouergue. - (DoAdo noir)

Guillaume Guéraud a l’art de nous glacer les sangs ! Alors qu’un ado rebelle mais inoffensif rentre chez lui, il se fait agresser par un détraqué qui n’en voulait en réalité qu’à son avocate de mère. Âme sensible, refermez le bouquin ! Les autres peuvent continuer car Guillaume Guéraud est quand même un gentil garçon et ne tuera pas son héros. Encore un livre de cet auteur légèrement provocateur qui fera parler de lui.
Autre lecture
Vincent rentre chez lui après le collège, tranquille. Banalité du quotidien. A la maison, il croit sa mère rentrée plus tôt que prévue, mais c’est une toute autre réalité qui l’attend. Avec lui, le lecteur bascule dans un monde brutal, violent, incompréhensible. L’agression dont il est victime trouvera, plus tard, une explication. Peut-elle suffire pour se remettre du traumatisme ?
Guillaume Guéraud se garde bien de donner une réponse définitive. Dans l’écriture, il amène le lecteur au plus près de l’action pour le confronter à lui-même. A chacun de composer avec sa propre vérité...

coup de coeur Une petite chance / M. Hof. - Seuil. - (Chapitre)

Quand l’angoisse vous tient, il y a mille façons de négocier avec elle. Lili s’imagine que son père, parti en mission humanitaire dans un pays en guerre, aura la vie sauve si elle a déjà vécu des deuils. Question de probabilités… Avant de commettre l’irréparable avec son chien, elle comprendra l’absurdité de son raisonnement. N’y aurait-il pas une autre solution, qui n’empêche pas l’angoisse certes, ni les drames, mais qui aide à les affronter ?
Une autre problématique, en filigrane : on peut choisir de mener sa vie en privilégiant la sécurité ou en assumant la prise de risque, mais lorsque ce choix implique les proches, les choses deviennent plus compliquées...
Autre lecture
Le père de Lili est médecin. Malgré l’amour qu’il porte à sa femme et à sa fille, il ne peut s’empêcher de partir secourir ceux qui n’ont pas de médecins et sont victimes de guerres cruelles et injustes. Lili vit donc constamment dans la peur, imaginant tous les dangers que court son père. Pour se rassurer et conjurer la mort éventuelle, elle élabore quantité de stratagèmes. Sa mère l’aide de son mieux, cachant sa propre angoisse. Sa mamie, elle, ne cesse d’accabler son fils pour les risques qu’il prend. Mais un jour, le téléphone reste muet...
Au-delà des réaction de chaque personnages pour affronter la peur et l’angoisse, ce court roman pose question sur les choix de vie possibles, égoïsme ou engagement, sécurité ou prise de risque.

Et aussi... :


coup de coeur Ogres et ogresses / Praline Gay-Para ; Martine Bourre ; Rémi Saillard ; Vanessa Hié. – Didier Jeunesse, 2014

Dans cet album de 35mn, on découvre 3 contes racontés par la savoureuse Praline Gay-Para, édités à l’origine dans la sympathique et indispensable collection pour faire découvrir les contes aux petits A petits petons mais aussi dans la collection Escampette, chez Didier Jeunesse. Ils ne sont pas à écouter par toutes les mêmes petites oreilles :

A partir de 2 ans : Le premier conte «  L’ogresse et les 7 chevreaux  », 8mn34
Une version libanaise de la chèvre et les 7 biquets. C’est le plus musical. La voix de Praline nous porte et nous emporte dans un imaginaire que les enfants connaissent bien, celui de la mère qui part au marché en prodiguant de nombreux conseils à ses petits pour les protéger de l’ogresse qui rôde. Mais c’est toujours la même chose ! Voilà les chevreaux qui ouvrent la porte à celle qu’il ne faut pas laisser entrer… Heureusement tout se termine bien grâce à une maman courageuse et déterminée qui ne se laisse pas faire. La mise en page est variée, des couleurs différentes pour les personnages sont utilisées dans la typographie. Et l’illustration de Martine Bourre renforce la qualité rythmique de ce conte à voix nue.

A partir de 4 ans : Le deuxième conte « Trouvé dans un nid », 12mn20
Adaptation du conte des Frères Grimm « Volétrouvé ». En se promenant dans la forêt avec son père, Lili entend les cris d’un bébé. Celui-ci, caché dans un nid, deviendra « Touvé – dans - un - nid », un frère aussi précieux que la prunelle de ses yeux. Si bien que lorsque la fillette découvre l’horrible dessein de la grosse Suzon qui les a élevés, elle s’enfuit de la maison avec le petit, main dans la main. « Ils courent, ils courent, plus vite que le vent, plus vite que le temps. ». Poursuivis par les 2 valets de l’ogresse révélée, ils échapperont par 3 fois à leur funeste sort, grâce au pouvoir magique de Lili. L’illustration de Rémi Saillard accentue le mouvement de la course, les ombres, la peur. Au niveau musical, des grelots viennent souligner la course des enfants, les sabots des chevaux, la poursuite des cavaliers mais l’essentiel du rythme est donné par la voix chaleureuse de la conteuse. Les transformations des personnages pour échapper aux poursuivants intéresseront beaucoup les enfants.

A partir de 6 ans : Le troisième conte « Aïcha et l’ogre », 14mn46
Un conte populaire tunisien, assez terrifiant. Après le départ de son père pour un long voyage d’affaires, Aïcha l’espiègle se retrouve seule à la maison, bien protégée par un mur d’enceinte, avec interdiction d’en sortir. Mais elle va enfreindre la promesse pour aller quérir du feu chez le voisin car le chat a fait tomber la boîte d’allumettes et la fillette rêve d’un repas chaud. Mais le voisin est un ogre ! En échange de quelques allumettes, la voilà contrainte à se laisser sucer un doigt tous les matins, à travers un trou du mur… Praline Gay-Para adore faire l’ogre, elle joue de sa voix, la rend caverneuse, angoissante. Les illustrations très suggestives de Vanessa Hié peuvent renforcer un sentiment de terreur chez le petit auditeur mais heureusement, tout se finit bien ! Anita Choteau

coup de coeur L’ enfant et la nuit / O. Balazuc ; F. Villard ; E. Polanco. - Gallimard. - (Giboulées)

Virgile a fait la promesse à sa petite sœur de ramener le jour, ce jour qui ramènera la santé à leur mère malade. Il rencontre en chemin Noctilia, étrange cantatrice glaciale, vampirique : ce qu’elle attend de Virgile, ce sont ses larmes, pour acquérir la jeunesse éternelle… Evariste est son second, son ombre, son adorateur mais son amour est à sens unique, Noctilia ne pensant qu’à elle-seule.
Un conte lyrique sombre, violent dans certaines scènes (yeux arrachés, le spectacle du cirque noir avec ses suicides) mais très vivant qui voit l’opposition de la nuit -désespoir, désenchantement, dureté (insensibilité)- et du jour - rire, beauté, refus de la peur.
Les illustrations ont un côté daté et auraient mérité un trait plus sombre, plus expressif. Les rideaux sont en revanche assez réussis.
Le CD : si la voix de l’enfant est un peu appliquée, les voix adultes sont très expressives. Orchestre et chœurs se répondent, dans un jeu de tensions très réussi.
Un petit regret : les pistes du CD ne sont pas repérables sur l’album. Quelques fois, les changements de piste correspondent aux didascalies mais pas systématiquement.
Un parcours initiatique aux portes de la part sombre de l’humain.
Autre lecture
Ce « conte lyrique » très original, s’adresse à des enfants à partir de 8-9 ans, sans limitation d’âge. L’œuvre est une commande de l’académie musicale de Villecroze (2008) pour sensibiliser le jeune public à l’art lyrique.
Le livret propose un conte fantastique à portée initiatique. Il se compose de 7 scènes (chiffre symbolique) et 4 tableaux.
Deux enfants, dont la mère est gravement malade, se préparent à dormir. La peur du noir qui s’est installé dans la chambre depuis la maladie de leur mère étreint la petite fille. Son frère Virgile (au nom significatif), lui promet de ramener le jour et sa mère. Il plonge dans les ténèbres. Il rencontre la cruelle reine de la nuit, Noctilia. Cette ancienne cantatrice qui veut être la plus belle proscrit le rire, créateur de rides. Elle est assistée par le savant Evariste qui rêve de former avec elle un couple mythique. Tous deux traquent les enfants en détresse pour leur arracher les larmes qui composent un élixir de beauté. Mais Virgile oppose à Noctilia la beauté souriante de sa mère. S’il la suit dans son palais de glace, il résiste à toutes les intimidations. La reine l’emmène alors dans le pavillon de chasse de Mister W, « serviteur du grand Capital », « prédateur » de « merveilles, elfes, lutins et fées… ». Loin d’être désespéré, Virgile lui montre tous les êtres rêvés qu’il n’a pu trouver : « l’écrapouilleur de moufles / Le traversin constrictor / Et le mygaloptère à pantoufles… ». Vaincu, Mister W se couche aux pieds de Virgile.
Noctilia obtient de l’enfant qu’il assiste jusqu’au bout à un spectacle donné dans un cirque noir. En présence de la reine et du savant, le clown sinistre, Yorick (nom shakespearien), est contraint de jouer la scène de son suicide par pendaison. Mais Virgile éclate de rire, entraînant avec lui tous les enfants, puis Evariste et enfin Noctilia dont les traits se décomposent.
A la lueur de l’aube, Virgile quitte les enfants, Yorick et le chasseur. Désormais ils sauront célébrer la vie et rire. Le jeune garçon qui a mûri peut réveiller sa petite sœur : tous deux voient arriver leur mère.
Ce conte confronte à la maladie et à la mort, y compris par suicide. Il peut faire peur et exige des capacités de concentration et de compréhension pour saisir la richesse verbale de l’écriture poétique et suivre les différentes péripéties de ce qui se révèle être les terreurs nocturnes de la fillette. Mais l’effroi est contrebalancé le caractère comique des dialogues entre Noctilia et Evariste (« Au diable l’Evariste ») ou entre Virgile et Mister W. Et la leçon est résolument optimiste. Virgile franchit victorieusement les trois étapes rituelles de l’initiation, progressant ainsi vers l’âge adulte. La joie, le don de soi, l’amour et l’imagination créatrice triomphent de la cruauté d’une science asservie à la soif de pouvoir personnel, de gloire et d’argent. Le rire triomphe de la peur. Les enfants d’une dizaine d’années ou plus peuvent être spontanément sensibles ou initiés aux nombreuses références textuelles qu’elles soient explicites ou non : Blanche-Neige (Perrault ou Grimm), Hamlet (Shakespeare), La flûte enchantée (Mozart), Frankenstein (Mary Shelley, La Divine comédie (Dante), Parsifal (Wagner), La môme néant (Tardieu)…
L’album peut décevoir car on pourrait s’attendre à un album sur papier glacé aussi somptueux et varié que la musique. La première page de ce livret sur papier mat dresse la liste des personnages et des lieux accompagnés de leur ombre chinoise. Il permet de bien comprendre quels sont les personnages en présence et de suivre les dialogues ciselés. Les parties chantées en italique se distinguent bien des parties parlées. Quant aux didascalies, elles sont en majuscules.
Les illustrations en noir et blanc avec quelques détails colorés sont en adéquation tant avec le caractère théâtral qu’avec le thème principal. Chaque scène s’ouvre sur une double page qui plante le décor : la chambre des enfants plongée dans l’obscurité, le sombre pavillon de chasse avec tous ses trophées, la prison tranchante du palais de glace, le cirque noir, jusqu’au retour dans la chambre inondée de lumière.
Des illustrations en pleine page ou plus restreintes campent les personnages et leur costume ou saisissent des postures très théâtrales croquées d’un trait d’encre vigoureux ou dans un théâtre d’ombres. Quelques gros plans mettent en évidence les objets essentiels, telle la fiole de l’élixir, ou les yeux arrachés à un enfant. Le dessin au trait qui fait penser à la BD souligne l’aspect parodique du livret, plus sensible dans les parties parlées qui établissent un contrepoint avec la partition musicale plus effrayante. Les animaux extraordinaires imaginés par Virgile sont dessinés avec une minutie réjouissante inspirée des anciens bestiaires.
Le CD est une vraie réussite. Deux réserves. D’une part des différences de volume rendent difficile une écoute suivie, les paroles de certains passages étant plus difficilement audibles. D’autre part, aucun sommaire n’établit la correspondance entre plages et scènes, et aucun signe au fil du texte ne mentionne le changement de plage. Cela ne facilite pas l’écoute intégrale et surtout l’écoute fragmentée qui est souhaitable pour une véritable appropriation.
Plage 1 : scène I ;
Plages 2 et 3 : scène II ;
Plages 4 à 7 : scène III ;
Plages 8 à 10 : scène IV ;
Plages 11 à 13 : scène V ;
Plages 14 et 15 : scène VI ;
Plage 16 : scène VII.
Ce « conte lyrique » fait alterner chants, dialogue et « sprechgesang », parlé-chanté, apport capital à la musique contemporaine illustré notamment par Schönberg.
Sept solistes interprètent les personnages ; quatre instrumentistes les accompagnent au piano et aux percussions. Cinquante élèves de la Maîtrise de la Perverie de Nantes, âgés de dix à treize ans, composent le chœur d’enfants.
L’interprétation traduit parfaitement les nuances de la partition qui joue à la fois avec les ruptures et les résurgences des thèmes liés aux personnages ou aux atmosphères, revenant comme des leitmotiv faciles à retenir (par exemple le lamento du chœur : « Je veux des larmes »). Percussions cinglantes, piano lugubre, trilles menaçantes de Noctilia, airs de tango, de valse… : cette riche palette offre l’occasion d’une bonne initiation à la musique moderne.
Cet « opéra pour enfants sur la mort » est présenté par Franck Villard « comme un viatique pour les enfants face au monde désenchanté des adultes ». C’est un spectacle total, riche de multiples résonances mythiques et symboliques, littéraires et musicales, exigeant mais accessible.
Lire la critique complète sur le blog de Brigitte Lacot

coup de coeur Même pas peur !. - Gallimard. - (Envols d’enfance)

De l’enfance à la mort, nos peurs sont si nombreuses, qui se résument en somme à l’angoisse de la solitude, « matrice de toutes les peurs »... Le rôle des parents et adultes n’est pas d’épargner ce sentiment aux enfants mais plutôt de les aider à l’affronter, sans les rendre dépendants. En leur donnant les « rituels familiaux et culturels », il s’agit de les encourager à maîtriser non pas l’évènement effrayant mais le sentiment de peur lui-même. Ou comment acquérir les codes pour affronter un mal nécessaire.
L’ouvrage donne à voir diverses expressions de la peur, grâce aux dessins des enfants de l’Atelier Envols d’enfance et aux créations d’auteurs, illustrateurs, photographes. Les articles du neuropsychiatre Boris Cyrulnik, du pédagogue Philippe Meirieu et l’interview de Tomi Ungerer nous aident à comprendre l’origine de la peur et les clés pour la canaliser. Et c’est dans cet apprivoisement de nos peurs que se tisse notre relation à l’autre.
Alors, dans ce partage des peurs et dans l’éclaircissement que nous en donne ce recueil, effectivement, Même pas peur !

TABLE DES MATIÈRES

BORIS CYRULNIK
SERGE BLOCH
PHILIPPE MEIRIEU
EMMANUEL GUIBERT
TOMI UNGERER
MARC TRIVIER
FRED BERNARD
NATHALIE NOYI
FLORENCE LEVILLAIN
TIMOTHÉE DE FOMBELLE
CENDRINE GENIN
RASCAL
MARIE DESPLECHIN
ISABELLE VAILLANT
JEAN-FRANÇOIS MARTIN

coup de coeur ABC de la trouille / A. Lemant. - Atelier du poisson soluble

Crayonné envahissant tout en noir et blanc pour un abécédaire qui ne s’intéresse qu’à ce et ceux qui provoquent la trouille. Abandon, momie, pendu, zombies... Autant de choses affreuses qu’on frissonne à voir listées, en face de chaque lettre elle-même parée d’affreux atours.
Rassurez-vous ( ?), « quelques conseils pour passer une paisible nuit » clôture l’ouvrage, reprenant quelques éléments de l’abécédaire. Et, en pages de garde, le Jeu des sept terreurs/horreurs...

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