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Dernière mise à jour :
dimanche 25 septembre 2016

Mot Clé : Société de consommation




Album(s) :


coup de coeur Dodo / Dorothée de Monfreid. - Ecole des Loisirs (Loulou & Cie), 2014

Pendant que Popov ronfle, branle-bas de combat à tous les étages ! Dans les (nombreux !) lits superposés, un à un se réveillent les compagnons de chambrée : Nono n’arrive pas à dormir, Micha va lui raconter une histoire dans son lit, ce qui réveille Pedro, qui va chercher le doudou de Nono, qui ne veut pas prêter don lit à Zaza qui n’aime pas dormir en bas....un joyeux bazar entre les matelas, sous les RoonfflfPppssshhhrrr d’un Popov imperturbable...jusqu’au petit matin ! Un album tout-cartonné tout en hauteur, comme les lits ! Les petits lecteurs prendront plaisir à observer les personnages et les allées et venues. Le jeu contrasté entre l’ombre et la lumière qui envahit peu à peu la chambre est très réussi. Ewa Bochenski

Voir ici la vidéo

A partir de 2 ans

coup de coeur Bonne nuit Louna ! / Héléna Perez-Garcia. – Les petites bulles, 2014

Louna dessine, Louna peint. Mais c’est l’heure d’aller se coucher et parfois le sommeil tarde à venir. Dans le jour qui s’étire au fond de ses yeux ou est-ce dans la nuit de ses rêves, un papillon virevoltant invite Louna à le suivre. Grimpée sur un nuage, Louna saute, joue, glisse sur les couleurs de l’arc-en-ciel, d’un souffle puissant chasse les soucis, trace un chemin de fleurs, constelle la nuit d’étoiles… Héléna Perez-Garcia est une jeune illustratrice qui aime explorer des moyens d’expressions inédits, variés. Pour Louna (voir aussi Louna au musée, 2013), elle utilise la mine graphite avec précision, joue sur le noir et blanc dans la page qu’elle rehausse de gouache colorée et vive. Ce contraste donne du rythme à cet album sans texte. Claire Py

A partir de 4 ans

coup de coeur L’ accumulateur à bidouilleries / L. Brient ; J. Grugeaux. - Winioux. 2013

Hector et Archibald vivent dans une toute petite maison écrasée par les gratte ciel mais sont heureux car ils ont la chance d’avoir une terrasse et un jardin sur leur toit. Tout est parfait jusqu’au jour où Hector lit une promotion et va tomber dans la frénésie "des bonnes affaires" à ne pas manquer... Leur vie sera alors envahie par le superflu au grand dam d’Archibald mais Hector ne s’arrêtera qu’à l’achat du catastrophique accumulatôr à bidouilleries.
Album à conseiller aussi bien pour le texte, le thème -consommation excessive et souvent inutile- et les illustrations.
Autre lecture
Chez Hector et Archibald, il n’y a pas grand chose. « Pas grand chose, c’est à dire tout ce qu’il faut. » Une idée du bonheur… Hector néanmoins se dit qu’il serait bête de se priver de ces bacs à glaçons en promotion et du congélateur offert en prime. Et de ces 13 arrosoirs. Et encore et encore plus… « Mais comment faisait-on avant ? » Hector s’emballe, achète, entasse, accumule, amoncelle…Bouuuumm ! Les voici tous les deux en possession d’une montagne de débris. Archibald ronronnant et Hector philosophant retrouveront la sérénité des matins simples…
Le format oblong et la double page qui se déplie participent du thème de la surconsommation qui envahit nos espaces de vie. Et nous pollue l’esprit. Jusqu’à la page de garde, les auteurs nous invitent, tout en légèreté, à prendre de la distance…

coup de coeur Le boulanger des croissants / Y. Beaupuis. - Balivernes. 2013

« Vous voyez, mes compagnons, c’est ça le bonheur. Travailler sereinement la semaine pour gagner notre pain, puis partager le dimanche de délicieux croissants devant ce magnifique paysage. » Mais voici qu’un prince, conquis par les croissants au miel, veut se faire livrer tous les matins. Puis demande plus et davantage encore. Ses amis, paysan, meunier, bucheron et apiculteur tentent de suivre les impératifs d’une production toujours plus importante. Bientôt, les ressources sont épuisées et leur amitié bien mise à mal... Voici venue l’heure de la décroissance ? Si c’est cette fin qu’emprunte l’album, la nôtre, nous précise l’auteur, reste à écrire...
Les illustrations très originales dans les tons et textures boisés présentent aux lecteurs jeunes et moins jeunes les redoutables conséquences d’un productivisme à tout-va. De quoi méditer...

coup de coeur Les deux poissons / F. Laurent. - Editions d’Orbestier. - (Rêves bleus)

Monsieur le directeur nous fait un burn-out, il a besoin de repos. Son médecin lui prescrit des vacances, quelle drôle d’idée ; « il ne sait comment s’occuper l’esprit » sur cette plage mexicaine... S’il donnait des conseils de productivité à ce pêcheur ?
Sur le même thème que La leçon de pêche, une remise en question -démonstration par l’absurde- du travail à outrance, de la course aux profits ; une apologie de l’art de vivre en gérant intelligemment son temps.

coup de coeur La leçon de pêche / H. Böll ; E. Bravo. - P’tit glénat

Dans un port, une conversation s’engage entre un touriste curieux et un pêcheur « misérablement vêtu » qui fait la sieste dans sa barque. Le premier met tout en œuvre pour convaincre le second de sortir en mer, d’augmenter ses gains, de se construire un empire, de conquérir la richesse ! Face à ces délires ambitieux et mégalos, le pêcheur flegmatique oppose une approche de la vie beaucoup plus tempérée, pour un profit maximum... de bon temps !
Le texte des années 60, dans son essence, garde toute sa modernité, non démentie par les illustrations style BD.

coup de coeur Le grand trou américain / M. Galvin. - Rouergue

Ils sont forts ces américains ! Voilà qu’ils ont construit « un trou gigantesque comme on n’en avait jamais vu ! » Son usage ? Être impressionnant et... En réalité, il s’avère rapidement que ledit trou est surtout un trou sans fond de problèmes.
Un album que l’on pourra lire comme une histoire au ton décalé, voire absurde mais qui se révèle surtout jubilatoire au vu des excès de la société américaine, plus globalement occidentale, qu’il révèle avec une ironie certaine. Course au progrès, au gigantisme, à la consommation, avec toute la communication que cela induit, standardisation des êtres... la démonstration, appuyée par une illustration pléthorique, donne le tournis.

coup de coeur Le Petit chaPUBron rouge / A. Serres, C. Perrault ; C. Perrin. - Rue du monde

Même dans les livres, on est envahi par la pub, c’est un comble ! Sauf qu’ici, c’est inattendu et décalé : pas moins de 14 artistes se sont associés pour revisiter le célèbre conte du Petit chaperon rouge qui devient... un album publicitaire !
Chaque épisode bien connu est interrompu par une pub. Pour la mère-grand enrhumée, une réclame pour du pchitt-pchitt-choum-choum qui « nettoie vos narines ». Et la vie du Petit chaperon avalée gloutonnement n’aurait-elle pas été radicalement différente si elle avait eu un Magicphonik ?
Styles graphiques, slogans publicitaires, compléments de texte, la publicité s’affiche dans une diversité ludique certes mais non dénuée d’un sens critique et ironique !
PS : Tout cela ne doit pas faire oublier l’illustration de Clotilde Perrin : entre les encarts publicitaires, elle arrive à imposer sa version qui en d’autres circonstances aurait pu effrayer comme il se doit.

coup de coeur Quand nous aurons mangé la planète / A. Serres ; S. Bonanni . - Rue du Monde. - (Pas comme les autres)

Quand nous aurons pillé et épuisé toutes les ressources de la terre, nous serons riches ! "Mais l’argent ne se mange pas"... Texte court et percutant, et néanmoins porteur d’espoir pour l’enfant qui se sentira responsable de l’avenir de la terre.

coup de coeur Le marchand de bruits / A. Rozen ; F. Avril. - Nathan

Monsieur Boum est un amoureux des bruits. Il les collecte, en invente et finit par les commercialiser. Ce festival de bruits est aussi le prétexte d’une réflexion sur l’art et la société de consommation.
Illustration dépouillée, variété des typographies qui reflètent les nuances des sons.

coup de coeur Quand papa était petit / V. Malone ; A. Bouchard. - Seuil

Quand papa était petit, pour un enfant, c’est la préhistoire... C’est d’ailleurs le registre qu’a choisi A. Bouchard pour illustrer les observations du fiston sur son père. Cela donne lieu à un catalogue de délires anachroniques, prétexte à fustiger les excès de la société de consommation.
Un album grand format à la (dé)mesure du monde des dinosaures, qui enchantera les préadolescents comme les adultes.

Roman(s) :


coup de coeur L’île du temps perdu / S. Gondolfi. - Grandes personnes, 2014

C’est un coup de cœur pour moi. J’ai beaucoup aimé ce roman-fable qui fait réfléchir sur nos habitudes de vie. Giulia et Arianna sont deux filles qui visitent une mine avec l’école ; elles prennent un mauvais chemin, se perdent et vont finir par tomber dans un gouffre pour se retrouver sur une île étrange. Ce début paraît un peu banal mais ce qui est intéressant, c’est la nature de cet endroit : l’île du temps perdu c’est-à-dire l’île où il est bien vu de savourer le temps, de ne pas le gaspiller, de prendre son temps…A chacun d’entre nous de réfléchir sur notre façon d’appréhender le temps qui passe….Dans cette île, tombent constamment les objets que l’on a perdus ou gaspillés. Encore une fois, on est amené à penser à l’utilisation des objets et même à notre société de consommation. A-t-on vraiment besoin de tout avoir ?...Les personnages de l’île se rendent bien compte qu’il y a beaucoup de monde sur la terre qui se trompe en se pressant tout le temps, par exemple et ils veulent intervenir… C’est vraiment une histoire bien écrite, un peu comme un conte philosophique, et qui , mine de rien, fait beaucoup réfléchir sur notre société. Nathalie Bertin

Autre lecture : L’idée du roman m’avait attiré : l’éloge de la paresse et du temps perdu comme moment de construction de soi. Mais j’ai été déçue, parce que cette idée n’est que peu développée dans le roman. Après avoir expliqué le fonctionnement de l’île, où atterrissent tous les objets, individus, idées, courage, etc. qui se perdent sur terre, nous apprenons que les moments perdus par les Hommes à faire des choses qui ne leur plaisent pas se transforment en fumée noire très nocive pour les habitants de l’île du temps perdu. En respirant cette fumée, ils se transforment en cannibales léthargiques ! Mais rien n’est vraiment dit des bénéfices du farniente chez les habitants de l’ile eux mêmes. Hormis une relative absence de contraintes, ils semblent même très affairés. D’autre part, au delà de quelques rebondissements assez inattendus, le récit de la vie sur l’ile n’est pas extrêmement palpitant. Les enfants qui se sont regroupés en bande ne paressent pas vraiment, mais il n’ y a pas vraiment d’aventure non plus. Les rares moments de suspens et d’action laissent largement présager du dénouement, comme lorsque l’héroïne se retrouve confrontée aux cannibales. La chance est toujours avec elle, il ne lui arrive évidemment pas grand chose, et s’en est presque énervant. Je n’ai pas non plus détesté ce livre, il se lit très bien, mais ce n’était juste pas ce à quoi je m’attendais. Aurélie Teyssieux

A partir de 10 ans

coup de coeur Candor / P. Bachorz. - Thierry Magnier

Candor est une cité de rêve. Tout s’y passe à merveille : pas de crime, pas de débordement, du luxe et de l’ordre. A l’origine de ce projet, un homme, impitoyable et véritable savant fou. Le créateur de la cité efface les dérapages, les fragilités des uns et des autres comme il a pu gommer celles de son propre parcours. Il s’enrichit en vendant une illusoire perfection au prix de la santé mentale de ses clients. Cette mécanique bien huilée va se gripper lorsque arrive Nia, une ado rebelle dont les parents ne savent plus que faire. Candor est leur dernier recours. Oscar, son fils, découvre un esprit libre, atypique, qui résiste au formatage ambiant. Oscar tombe amoureux.
Roman de science fiction dans lequel on ne rentre pas aisément. Trop long pour en venir au fait. Pourtant si l’on persiste dans la lecture, on découvre une histoire qui mêle science-fiction, thriller et romance. Les réflexions de l’auteur, sur l’individualité, la société de consommation ou encore l’affranchissement, méritent que l’on s’intéresse à ce roman.
Autre lecture
A Candor, ville créée par le père d’Oscar, le monde est parfait, les normes respectées, les habitants heureux. Mais Oscar, qui connait l’envers du décor, refuse de se laisser paramétrer. Il a conscience de ces messages martelés au subconscient à longueur de journées et résiste à la fois en se programmant d’autres messages pour lui-même et en utilisant ce système à des fins personnelles lucratives. Lorsqu’il tombe amoureux de Nia, fraîchement arrivée à Candor, son système bien rôdé se grippe. Pour arriver à ce que Nia reste libre et révoltée, il faut qu’elle écoute d’autres messages pour contrer les officiels. Il faudrait qu’Oscar lui explique le fonctionnement pour la préserver mais n’ose se mettre en danger… Alors il le fait à son insu, et lorsqu’elle découvre le stratagème, cela ne lui plait pas du tout…
Le bonheur imbécile ou la liberté périlleuse… ou comment affirmer son identité...

coup de coeur Désobéis / C. Léon. - Thierry Magnier. - (Nouvelles)

Scandale des loyers faramineux dans les grandes villes, barrière de séparation israélienne, massification publicitaire, pollution lumineuse des villes, discrimination sexuelle, vivisection, société de consommation, invasion de 4x4 sur les trottoirs, interdiction d’aider et d’héberger des sans papiers…
Autant de raisons pour ces ados, accompagnés parfois d’adultes, de s’insurger, de résister à ce qui nous entoure ; autant de nouvelles qui montrent les chemins de désobéissance, tout au moins de réflexion. Car l’autorité, lorsqu’elle entraîne des inégalités et des aberrations, qu’elles soient sociales ou écologiques, doit être remise en cause !

coup de coeur La dernière année ou pourquoi et comment le père noël décida d’arrêter et pourquoi il ne recommença jamais / T. Lenain ; ill. B. Morel. - Oskar. - (Trimestre n°1)

Le père noël n’en peut plus ! C’est décidé, c’est la dernière année qu’il distribuera des cadeaux aux enfants ! Un court roman qui ravira petits et grands et incite à réfléchir sur notre société de consommation, sur les inégalités entre riches et pauvres.
Une collection prometteuse, avec ici un premier titre superbement illustré par Benoit Morel. A partir de la 6eme, voir CM1-CM2.

coup de coeur Vachement moi ! E. Bourdier. - Nathan. - (Nathan poche humour)

Chaque matin, Paul présente la paume de sa main au concierge de l’école, la lecture du code-barre lui permet d’être identifié et d’entrer en classe. Jusqu’au jour où il fait une mauvaise chute qui endommage son code. Le jeune garçon devient alors... une vache. Il lui faudra pas mal de persévérance pour convaincre son entourage qu’il est toujours un petit garçon.
C’est un roman drôle et clairvoyant sur les dérives de la technologie et l’importance du respect des libertés et identité de chacun. Une petite satyre du monde qui se profile où tout et tous seront bagués, pucés, listés. Dès 8-9 ans.

coup de coeur Papa et maman sont dans un bateau / M.-A. Murail. - Ecole des loisirs. - (Médium)

Malaise chez les Doinel : le père, directeur d’une entreprise de transport, voit sa boite rachetée. Ce qui suppose des licenciements à venir avec les douloureux cas de conscience qui en découlent… La mère, institutrice, se sent prisonnière d’un systême éducatif qui ne lui correspond pas. Charlie l’aînée, et le petit Estaban tentent de trouver leur place parmi leurs camarades d’école. Chacun pourrait trouver réconfort au sein de cette famille aimante mais pudeur, mauvais moments, malentendus… amènent les uns et les autres à s’isoler chaque jour un peu plus, dans un rêve cultivé en secret...
Et puis un jour, c’est le trop plein, exprimé en ces mots par Marc Doinel : "On est entourés de robots humanoïdes, des gens qui fonctionnent au lieu de vivre, et qui ne pensent qu’à produire, à faire produire." Une telle prise de conscience appelle un changement de vie radical !
Chapeau à Marie-Aude Murail qui arrive à décrire notre société morose, gangrenée par l’obsession du rendement, sans plomber son lecteur. Au contraire, ce roman où les personnages montrent qu’une autre vie est possible nous apporte une véritable bouffée d’oxygène. Coup de coeur de Florence L.

coup de coeur Apocalypse Maya / F. Lorient. - Syros. - (Soon)

Futur indéfini, réalité immuable : l’être humain, conquérant et arrogant, défriche de nouveaux territoires - ici la planète Maya- , dans le plus grand mépris des autochtones. Autrefois le peuple indien, ici les Suris, créatures guerrières primitives, sortes de serpents cyclopes à fourrure, mais à la culture déjà très élaborée. Trree, vieil indien, fait exception et s’est toujours efforcé de comprendre et de respecter les Suris. Il assurera la transmission de son savoir à Jove et lui fera découvrir les subtilités de ces formes de vie intelligente. Mais la relève paraît bien faible face à l’AgroCorp qui vise les profits à tout prix avec son maïs génétiquement modifié...
Un titre convaincant pour cette nouvelle collection d’anticipation bien ancrée dans les problématiques actuelles.

coup de coeur Oeil de nuage / R. Gomez. - Seuil. - (Chapitre)

Lorsque l’enfant de Sapin fleuri vient au monde, l’heure est à la joie : un garçon, enfin, et en bonne santé. Il fera un bon chasseur et c’est une chance chez les indiens crows. Au fil des jours, une ombre terrible au tableau : l’enfant est aveugle. Il sera nommé Oeil de nuage. Sa mère se refuse à l’abandonner comme il est de coutume en cas d’invalidité. Elle se promet d’être ses yeux et de lui apprendre tout ce qui peut être utile à un indien. L’enfant grandit dans une tribu qui vit en harmonie avec la nature, dans le respect de son rythme, à l’écoute du moindre signe révélateur. Oeil de nuage, plus que tout autre, révèlera une acuité hors du commun.
Lorsque les hommes pâles envahissent leur territoire, les crows doivent appréhender l’incompréhensible : ces hommes tuent plus d’animaux qu’ils ne peuvent en manger et occupent plus de terres qu’ils ne peuvent en cultiver ! Oeil de nuage trouvera une solution pour sauver son peuple. Pour cette fois ...
C’est un roman à la fois apaisant et inquiétant. Apaisant lorsqu’il décrit le mode de vie des indiens, certes pas idyllique mais respectueux et raisonnable. Inquiétant et même glaçant d’effroi quand le narrateur nous rappelle, s’il était besoin, que les porte-malheur ont continué leur invasion et imposé, durablement, leur mode de vie dénué de tout respect du vivant.

coup de coeur Tout doit disparaître / M. Ollivier. - T. Magnier

Hugo, le narrateur, a 11 ans lorsque ses parents décident d’aller enseigner à Mayotte pour 2 ou 4 ans. L’adaptation à la vie sur l’île est d’abord très difficile, il la déteste aussitôt. Pourtant, c’est aussi là-bas qu’il va connaître son premier amour, Zaïniba, expérience qui va précipiter son retour en métropole…
La seconde partie permet au narrateur de se rendre réellement compte de l’écart entre la vie à Mayotte et celle en métropole. Hugo va prendre conscience de la société de consommation effrénée dans laquelle nous vivons, symbolisée dans le roman par la période des soldes, puis entamer une lutte contre ce mode de vie. Il entre même dans un groupuscule « anti-pub » grâce à sa rencontre avec Charly.
Deux parties distinctes, aussi riche l’une que l’autre, dont l’articulation peut dérouter le lecteur. Néanmoins, elles constituent un bon roman pour lycéens (à partir de 14 ans), qui nous amène à réfléchir sur la société actuelle : la surconsommation irréfléchie, les choix que l’on fait (ou non) dans la vie… Coup de coeur de Florence L.

Et aussi... :


coup de coeur La complainte du progrès / B. Vian et L. Corazza. - Rouergue. - (La prochaine fois je vous le chanterai)

Cet album-CD inaugure une nouvelle collection des Editions du Rouergue, intitulée La prochaine fois je vous le chanterai dirigée par Philippe Meyer en partenariat avec Radio France. Il s’agit de confier à un illustrateur de talent une chanson à texte issue du répertoire français, ici un titre de Boris Vian, la complainte du progrès illustré par Lynda Corazza A la fin du livre, une double page replace l’œuvre dans son contexte culturel : elle a été composée en 1956, en pleine période de croissance économique, alors que le Salon parisien des Arts ménagers est florissant et que les ménages s’équipent pour donner à leur foyer tout le confort moderne. La chanson est drôle, fourmille de jeux de mots, et d’inventions ; satirique, anticonformiste, elle constitue une critique précoce de la société de consommation et paraît aujourd’hui encore tout à fait d’actualité. Les images faites de collages et d’ombres chinoises sont remarquables : elles collent au texte et illustrent à merveille les scènes de la vie conjugale dans un intérieur gadgétisé des années 50. Un beau livre-CD.
A noter l’absence de partition musicale et, sur le CD, l’enregistrement du seul titre présenté interprété par B. Vian lui-même. Reste que l’ouvrage est cher et qu’il n’est pas forcément pour les enfants...

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