couv

(Ne prend pas en compte les mots de moins de quatre lettres)

Croqu’livre

L’Association
> Le CRRLJ
Nouveautés
Sélections annuelles
Sélections thématiques
Formations
Groupes lecture
Temps forts
Contact
Quoi de neuf

Le livre jeunesse en Franche-Comté

Auteurs-illustrateurs
Conteurs
Associations
Editeurs
Salons et évènements
Prix et concours
Spectacles

...et au-delà

Actualités
Spectacles
Expositions
Liens

Dernière mise à jour :
dimanche 25 septembre 2016

Mot Clé : Pauvreté/richesse




Album(s) :


coup de coeur Il pleut, il pleut berbère / Gérard Alle ; Marianne Larvol. – Locus Solus, 2014

Pour conjurer la sécheresse qui a envahi sa région dans le sud du Maroc, Saïd un paysan, va risquer sa vie : sauter d’une falaise, plonger dans un minuscule point d’eau creusé dans la terre pour épater des touristes. Ceux-ci, ignorants des traditions, sont prêts à lui donner de l’argent pour ce pari osé. Mais, avides de sensations, ils lui proposent de renouveler son exploit contre encore plus d’argent. Après le premier saut, Saïd refuse catégoriquement la proposition. C’est alors qu’il se met à pleuvoir… Les Berbères sont un peuple libre à l’origine du Maghreb. Menacés à l’arrivée des Arabes en Afrique du Nord, ils ne se laissent séduire par aucune autorité. La maison d’édition Locus Solus, inscrite dans sa région de prédilection, la Bretagne, propose sa collection Locus Solus Minus pour interpeller et faire découvrir des régions du monde à forte identité, à un jeune public. Marianne Larvol, illustratrice bretonne, donne des couleurs à cet album sympathique. En fin d’ouvrage, une page documentaire nous invite à mieux connaître les Berbères. Claire Py

A partir de 4 ans

coup de coeur Evita / A. Villeray ; S. Delacroix. - Auzou

La grand-mère de Gloria est heureuse de retrouver sa bague, si rouillée soit-elle, et explique à sa petite fille qu’elle représente à ses yeux le symbole de son attachement à Eva Peron. Elle raconte Evita : son enfance dans la pauvreté, ses ambitions, sa rencontre avec le colonel Peron et surtout toutes les avancés sociales qu’elle obtint -d’une main de fer- pour son peuple. Ces changements, l’aïeule les remarqua, fillette, dans son quotidien : les souliers neufs, l’école pour tous ; puis le droit de vote pour les femmes...
Une histoire condensée mais non simpliste qui se lit avec une grande facilité, portés que l’on est par le souffle d’une femme ambitieuse et révolutionnaire ! Les pages de garde témoigne du soutien populaire massif dont elle bénéficia...

coup de coeur Plus / I. C. Springman ; B. Lies. - Minedition

Les pages de garde évoquent les entrelacements de fils végétaux divers des nids d’oiseaux. Le décor est posé. Une pie entre en scène et au gré de plusieurs allers-retours amasse, entasse, accumule des objets : clés, montre, stylos, dentier et autre détails à débusquer. Le texte se résume presque uniquement à des adverbes de quantité, plus, encore plus, beaucoup trop... Le nid devenu bric à brac débordant doit s’alléger, sous peine de voir notre pie et son compagnie souris étouffés....
Une chute toute en légèreté et liberté qui prône avec humour le détachement des biens matériaux.

coup de coeur Qui veut aider Ali Baba ? / M. Sylvander ; P. Barrier. - Ecole des loisirs

Entre album et BD, l’histoire d’Ali Baba nous est contée dans une fantaisie légère et avec quelques libertés ! Notre homme, s’il est riche, est bel et bien perdu dans le désert. Et ceux (vautour et momie) qui proposent de lui venir en aide ont des idées derrière la tête... La lampe magique sortira-t-elle Ali Baba de ce traquenard ?
Une histoire fort sympathique traversée par des olibrius rusés mais dépassés par les évènements.

coup de coeur Je veux mon chapeau / J. Klassen. - Milan

“Tu n’aurais pas vu mon chapeau ?” demande l’ours désappointé aux animaux croisés tour à tour. Grenouille, lapin, tortue, serpent, tatou, cerf répondent par la négative mais tandis que les réponses de la plupart sont laconiques, l’un des animaux est étrangement prolixe...
Une randonnée minimaliste qui fonctionne sur une succession de face-à-face. En jouant sur les couleurs (texte et illustrations), l’auteur orientera le lecteur vers le coupable et notre ours vers la résolution de sa quête. Juste avant qu’un écureuil vienne demander à l’ours s’il n’aurait pas vu un certain lapin à chapeau...
“Qui parle beaucoup cache une vérité” dit un proverbe rrom, nos menteurs devraient s’en souvenir s’ils veulent être plus crédibles...

coup de coeur Le roi et la grenouille / A. Chiche ; S. Diez. - Kaléidoscope

Un roi riche, si riche qu’il n’a plus rien à désirer rencontre une grenouille qui lui quémande un baiser pour briser le sort. Dégouté, le roi lion s’y refuse mais la grenouille n’est pas à cours d’arguments !
Une petite fable sur l’amitié, qui se joue des codes du conte, avec une chute inattendue invitant à la relecture. Simplicité du trait, dialogues incisifs pour une petite philosophie de vie.

coup de coeur Le chat bonheur / Lan Qu. - Chan-Ok. - (Perles du ciel)

Echigoya aime se parer, se prélasser, parier à des jeux d’argent. Mais ce qu’il aime par dessus tout, c’est jouer avec son chat Tama. Cette vie d’oisiveté le mène à dilapider peu à peu la fortune familiale. Lorsque la déroute de son jeune maître est devenue manifeste et qu’il l’enjoint de lui ramener de l’argent, le chat disparait et revient avec une pièce dans la gueule. Très vite engloutie dans les jeux. Scénario qui se répète encore et encore. Dans son avidité, Echigoya ne voit pas que son chat maigrit à vue d’œil.
Magnifiquement illustrée par de larges tableaux aux couleurs et courbes douces, cette poignante histoire d’abnégation est également un conte étiologique expliquant les origines du chat bonheur au Japon, les fameux Maneki-neko qui, levant la patte droite, accueillent richesse et bonheur.

coup de coeur Le coffre enchanté / J.-F. Chabas ; D. Sala. - Casterman

Un fort beau coffre est découvert par un pêcheur, puis confié à l’Empereur. Mais il demeure impossible à ouvrir et l’Empereur enrage puis se meurt de ne pas savoir ce qu’il contient. Dernier espoir : « Un lynx capable de voir à travers les choses. » L’autre pouvoir de l’animal aux yeux magiques est une sagesse certaine. Il sait que « la vérité peut être redoutable, surtout pour celui qui la proclame. » La ruse de l’animal le sauvera, redonnera la paix à l’Empereur.
Une figure assez pathétique du pouvoir (Votre magnificence, Votre pureté, Votre supériorité...) qui ne doit son sentiment de richesse qu’à un leurre. Les illustrations, hommage à Klimt, participe de cet apparat de richesse. Un beau conte philosophique facétieux.

coup de coeur Paris-Paradis / D. Jean, Zad ; B. Nemo. - 2 vives voix

Moussa ne peut plus garder ça pour lui : il confie à sa mère Saka-mama ses rêves d’avenir qui le portent vers Paris-Paradis. A chacun de ses arguments (argent, confort, santé...), Saka-mama rétorque, proverbes à l’appui, pour tenter de le dissuader, aidée du grand sage qui lui demande d’apporter son soutien en restant au village. Chacun est à l’écoute de l’autre, appuyant sa réflexion avec des exemples concrets de réussites ou d’échecs dans le grand départ. Mais entre la perspective d’un ailleurs riche de promesses et celle d’une réalité déjà connue, le choix de Moussa est fait...
Un texte fort, sans parti pris, sur l’émigration.

coup de coeur Le chat machin / M. Malte ; C. Hayat. - Syros

Machin n’est pas son nom, de nom il n’en a pas. C’est un chat des rues, pas par choix, mais qui choisit vraiment sa destinée ? Un jour, il saute par mégarde dans le jardin d’une villa et se retrouve nez à nez avec un chien. Le chien Pacha porte bien son nom celui-là, il est aimé, choyé et pourtant il manque un petit machin à son bonheur. Que va-t-il se passer ? Vont-ils se battre comme "chat et chien" ?
Véritable coup de coeur pour cet album dans lequel Marcus Malte donne une vision de la société qu’il traite avec poésie et humour décalé. Cet auteur possède une recette secrète pour passer d’un genre à un autre, il n’est jamais vraiment là où on l’attend, pour le plus grand plaisir de ses lecteurs d’ailleurs. Les illustrations de Candice Hayat servent bien l’atmosphère de cet album que nous conseillons à partir de 5 ans. Coup de coeur de Myriam

coup de coeur Toi, vole / E. Bunting ; F. Rébéna. - Syros

Vivre dans un aéroport, c’est le quotidien d’un petit garçon et de son père qui doivent y trouver les moyens de survivre sans se faire repérer. Une vie de précarité, de peur mais aussi de solidarité avec les autres habitués du lieu, et d’espoir d’un avenir meilleur. A l’instar de l’oiseau perdu dans ce lieu hostile qui réussira néanmoins à trouver la sortie, les 2 protagonistes savent que leur situation n’appelle que des jours meilleurs. Un regard très sensible sur une situation méconnue.

Roman(s) :


coup de coeur U4 . Stéphane / Vincent Villeminot. - Nathan Jeunesse, Syros Jeunesse, 2015

Stéphane vit à Lyon. Son père est absent lorsque l’épidémie se propage et ne laisse presque que des adolescents vivants. Sachant son père grand spécialiste des maladies, elle espère son retour rapide. Mais la situation se détériore rapidement, obligeant la jeune fille à rejoindre le lieu de rassemblement des survivants afin d’échapper aux pillards. Les restrictions se font de plus en plus sentir lorsque que l’hiver arrive. C’est alors que les événements vont s’enchaîner et la contraindre à prendre la route...

U4 est une saga en quatre actes avec à chaque fois un auteur différent aux manettes. Outre que l’idée de faire résonner quatre univers très différents est réjouissant, c’est l’occasion pour le lecteur de découvrir une histoire en quatre dimensions.

L’héroïne a dans ce tome un prénom masculin et une identité forte. Fille d’un docteur, elle a elle-même de bonnes connaissances médicales qui vont, parfois, apporter une coloration altruiste à ses décisions. Mais sa filiation est aussi son plus grand problème. Alors qu’il semble que, contre toute probabilité que son père est vivant, elle cherche à le rejoindre et à comprendre son absence.

Un tome particulièrement nerveux et mouvementé qui campe une jeune fille déchirée entre la fidélité qu’elle ressent pour sa famille et celle qu’elle prête à ses nouveaux amis.

On retrouve bien la patte et l’écriture de l’auteur d’"Instinct" et de "Réseau(x)" avec une réflexion sur la société, ses rouages. A lire ! Marion Uteza

A partir de 14 ans

coup de coeur Belle Epoque, suivi de Les repoussoirs, d’ Emile Zola/ Elizabeth Ross. - R. Laffont, 2013

1889. Maude Pichon, 16 ans, a quitté sa Bretagne natale pour "monter à Paris". Fuyant un mariage forcé, la voici libre mais contrainte de gagner sa vie rapidement. Une annonce attire son attention : " On demande des jeunes femmes pour faire un ouvrage facile. Bienséance respectée"... Lorsque Maude pousse la porte de l’agence Durandeau et se fait inspecter sans ménagement de la tête aux pieds, elle comprend vite que le service à rendre est bien particulier. Car un mot avait été effacé par la pluie, sur le texte de l’annonce, un mot capital : "LAIDE". L’agence emploie des faire-valoir au physique ingrat, que les dames de la bonne société louent pour se mettre en valeur, elles ou leurs filles en âge de se marier. Maude, en difficulté financière, est contrainte d’accepter la place. Que va lui réserver cette nouvelle vie ? Comment préserver sa dignité ? Le récit est suivi de la nouvelle d’Emile Zola "Les repoussoirs", dont Elizabeth Ross s’est librement inspirée.

On se laisse complètement emporter dans ce Paris Belle Epoque, même si la qualité d’écriture laisse parfois à désirer. L’atmosphère oppressante qu’une jeune provinciale sans le sou peut ressentir sur les pavés de la capitale, les différences de classe, les toilettes recherchées -outils de manipulation-, sont décrites en regard de personnages féminins bien campés, Maude l’héroïne bien sûr, mais aussi Isabelle, jeune fille de bonne famille qui se révèle passionnée de sciences naturelles, désireuse de rentrer à l’université, d’échapper au carcan social et familial qui trace pour elle son destin.

Prisonnières de leur caste respective, ces jeunes filles sont attachantes, émouvantes, le ton est juste. Qu’il s’agisse du roman ou de la nouvelle de Zola, on ne peut s’empêcher de faire le rapprochement avec un thème toujours actuel : le diktat de la Beauté, le culte de l’apparence. L’auteur explique en note avoir été profondément marquée en lisant Zola par cette figure du repoussoir, métaphore de l’adolescence : âge suprême du sentiment d’ingratitude physique, de la hantise de la différence. A découvrir. Ewa Bochenski

A partir de 14 ans

coup de coeur L’infortune de Kitty Grey / M. Hooper. - Grandes personnes, 2014

1813, Angleterre, manoir de Bridgeford. Kitty est laitière à demeure pour la famille Baysmith. Sa vie s’écoule parisiblement entre son troupeau de vaches, les caprices des jeunes ladies du manoir, et surtout Will, le jeune passeur de la rivière. Les deux amoureux font de nombreaux projets d’avenir, avec toutefois un désaccord de taille : Will ne rêve que de Londres quand Kitty refuse de quitter sa douce vie campagnarde.
Un matin, stupeur : Will a disparu. Pensant qu’il l’a lâchement abandonnée pour rejoindre la capitale, Kitty est au comble du désespoir. Aussi n’hésite -t-elle pas lorsque miss Alice Baysmith l’y envoie acheter un roman récent qu’elle brûle de découvrir (celui d’une certaine Jane Austen)…Hélàs à peine arrivée la petite provinciale se fait dérober son sac. Sans un sou et sans aucun moyen de rentrer, elle doit trouver le moyen de survivre. Une suite d’enchaînements malheureux l’envoie dans l’obscure et redoutable prison de Newgate, avant d’être condamnée à la déportation en Australie. Une descente aux enfers impitoyable, à l’issue toutefois heureuse et apaisée !

La plongée éprouvante dans le quotidien du peuple et dans l’implacable système judicaire et carcéral de l’époque fait froid dans le dos : une jeune fille modeste pouvait basculer rapidement dans une misère sans fonds, les personnes les plus pauvres se voir condamner abusivement à de lourdes peines pouvant aller jusqu’à la pendaison. Des notes historiques de l’auteur apportent en fin d’ouvrage un éclairage édifiant et l’on retrouve bien sûr le talent de Mary Hooper à redonner vie à ce Londres du XIXème siècle. Enrichissant. Ewa Bochenski

Autre lecture :

Katty est laitière à la campagne. Mais Will, son fiancé rêve de partir pour Londres où tout semble de loin plus facile. Lorsqu’il disparait, elle choisit de partir à sa recherche sans vraiment connaître les dangers d’une grande ville. Après un trajet épuisant, le vol de son sac va l’amener jusqu’à Newgate, la célèbre prison. C’est donc une descente en enfer qui est décrite. Y aurait-il une fin heureuse possible ? _ Si Mary Hooper sait toujours aussi bien décrire Londres de la fin du 19ème siècle, en l’espèce en apportant le contrepoint de la tranquille campagne et des vaches, l’histoire elle-même est peu crédible dans sa seconde partie. C’est dommage car l’Histoire est bien présente avec la dénonciation en arrière-plan du système judiciaire et même des lois.

Ce n’est pas tant l’immoralité ou le vol que condamne alors la société que l’absence de connaissance des codes, comme ceux concernant l’enroulement militaire. Le portrait du peuple des rues qui se dessine est celui des sans espoirs. Un livre au final dense et intéressant même si une autre fin aurait été plus attendue. Marion Uteza

A partir de 12 ans

coup de coeur L’enfant du trottoir d’en face / M. Cantin. - Oskar. - (La vie), 2014

Ce roman est une présentation documentaire plutôt qu’une histoire, présentation de la manière la plus sympathique d’un pays, en l’occurrence la Colombie en Amérique du Sud. La pauvreté et l’insécurité du pays ne sont pas cachées mais l’auteur met l’accent sur l’entraide, la convivialité et la générosité qu’il observe chez les gens de son quartier de Bogotá. L’illustration principale de ce mode de vie est le garçon de dix ans, Jaime, qui habite la maison en face de celle du narrateur, un homme mûr français. La mère du garçon se prostitue pour subvenir à leurs besoins. Elle se drogue aussi pour supporter les épreuves du métier, et le narrateur essaie de son mieux de l’aider, elle et son fils. En contraste avec le bruit et la saleté de la grande ville, la forêt tropicale est pleine de merveilles naturelles, et c’est là que le garçon va vivre, chez son oncle, suivant la mort d’une overdose de sa mère. Un roman histoire-géo, donc, à recommander aux lecteurs qui s’intéressent aux problèmes du monde contemporain. David Ball

A partir de 10 ans

coup de coeur Là où naissent les nuages / A. Heurtier. - Casterman. 2014

A Amélia, la vie semble avoir tout donné : des parents aimants, un foyer confortable, des amis… Mais c’est l’image d’une jeune fille angoissée mal dans sa peau et son embonpoint que nous découvrons, qui vit dans l’ombre et l’admiration de ses parents. Ces derniers, militants, ont l’occasion d’aller en Mongolie : un voyage familial s’organise. Mais c’est seule en définitive qu’elle partira, à la découverte d’une vie âpre, violente, difficile, où la situation économique désastreuse du pays se complique de façon dramatique lorsque les hivers sont très rudes (dzud). Les nomades sont alors contraints de rallier la capitale et de s’installer dans un bidonville « ravagé par l’insalubrité, la violence et l’alcoolisme » ; les enfants sont alors les premières victimes. The Shelter, l’association que rejoint Amélia, leur vient en aide. Le contraste de leur vie apparaît comme indécent et Amélia se donnera corps et âme pour apporter sa pierre à l’édifice.
Amélia décrit très justement et sans concession le décalage entre sa vie ouatée et égo-centrée et celle, féroce, de certains enfants mongols. Les premières réactions apeurées (« Est-ce que je pouvais changer la date de mon retour, histoire de rentrer avant qu’il y ait trop de souvenirs qui viennent pourrir ma tranquillité ? ») laissent très vite place à une vision du monde élargie, enrichie, consolidée de valeurs solides. Et elle en aura bien besoin lorsqu’une découverte fortuite la ramènera à sa propre histoire, à ses origines…
Une histoire forte qui réussit brillamment à faire résonner, en écho, l’intime et l’altruisme.
Autre lecture
D’un milieu aisé, Amelia est pourtant mal dans sa peau. Les circonstances vont l’amener à partir un mois en Mongolie pour travailler dans une association humanitaire qui vient en aide aux enfants. Ce voyage va changer sa vie...
Au début de l’histoire, Amélia manque de confiance, elle n’est pas volontaire pour partir et a peur. Mais pour tenter de se sentir mieux elle décide de relever le défi et va rencontrer le passé de ses parents. Le récit initiatique présente la découverte des coutumes mongoles, la difficile condition des enfants mais aussi la révélation d’un secret familial. Il s’agit donc en quelque sorte d’un héritage.
Le lecteur suit la métamorphose de la jeune fille, entre dans le quotidien d’une association humanitaire, pénètre dans les yourtes, et ressort lui aussi... changé ! A lire absolument !
« Pour eux, je n’étais qu’une bénévole parmi tant d’autres, de celles dont le visage se serait effacé quelques mois plus tard. A l’inverse, je savais qu’ils faisaient désormais partie de ma vie. Mon passage parmi eux était mon premier tatouage : indélébile. »

coup de coeur Du sable entre tes doigts / P. Favaro. - Le Muscadier. - (Place du marche). 2013

Un court roman qui aborde les conséquences de la crise des subprimes sur des milliers de familles américaines par le regard de Jordan et sa mère, contraints de vivre dans leur voiture, sillonnant l’Amérique. Le propos est engagé mais ne se résout pas à une simple démonstration. On s’attache aux personnages du livre et à son atmosphère, grâce à des courtes scènes de vie quotidienne, des rencontres fugaces. On découvre par petites touches tout au long du livre comment ils se sont retrouvés d’une maison familiale à une situation d’errance. On a l’impression en même temps de vivre « au jour le jour », et que cette maison est bien lointaine, un mirage du passé : on a au départ peu d’indications temporelles, y compris dans l’enchaînement des scènes situées au « présent ». Un coup de cœur !
Autre lecture
Par chapitres courts, nous découvrons comment Jordan et sa mère en sont arrivés à dormir dans leur van derrière l’église de Cleveland. Avant, lui et ses parents avaient un toit. Un crédit "subcrime" les a laissés sur la paille. Le père est parti, il a fallu composer avec une nouvelle réalité. C’est cette vie quotidienne faite de débrouilles, que nous découvrons entre ces pages, mais aussi la solidarité entre les routards, les doutes et angoisses. Et les espoirs aussi. Alors que Jordan se demande comment vivre dans un monde qui vous dépossède de tout en un instant, la persévérance de sa mère lui permettra de découvrir la réponse de certains. Ceux qui, debout, résistent.
A noter les références et résonances aux raisins de la colère.

coup de coeur Le coeur des louves / S. Servant. - Rouergue. 2013

Célia revient habiter dans le village de sa grand-mère, espérant vaguement que sa mère tourmentée pourra y trouver un apaisement. Mais elle retrouve très vite l’ambiance qu’elle détestait déjà enfant, pleine de secrets, de méfiance, de superstitions de la part des villageois. Seule Alice, jeune fille de son âge, lui donne la sensation d’être un peu elle-même. Toutes les deux, pour échapper à ce climat délétère et à leur famille torturée, prennent le chemin des bois pour vivre ce bonheur simple de se sentir en harmonie avec ce qui les entoure. Mais peut-on vivre indéfiniment loin des hommes ? Peut-on fuir une vérité qui demande à voir le jour ?
En reconstituant bribes par bribes, entre passé et présent, l’histoire de sa famille et du village, Célia fait le difficile travail de se libérer de « toutes les chaînes d’angoisse de l’enfance et de l’adolescence ».
L’histoire est celle d’une adolescente en souffrance mais s’étoffe très vite et se tricote avec celle de ses ancêtres pour s’enfoncer toujours plus profondément dans les entrailles du passé, de la forêt, du cœur des hommes. Et ce que l’on découvre échappe à tout manichéisme, la souffrance étant le lisier de tant de tragédies. Chacun s’en arrange selon ses moyens, prenant le chemin de la vengeance, de la folie, de la carapace... mais personne n’en ressort indemne ; les femmes, premières victimes, ne sont pas les moins fortes...
Un roman dense (540 pages), à la narration éclatée, qui force sur les thème difficiles mais reste très prenant ; à réserver aux bons lecteurs.

coup de coeur Temps de chien pour les requins / M. Gleitzman. - Les grandes personnes

Le jour où Oliver, 10 ans, comprend la réalité du métier de ses parents, riches banquiers internationaux, il est sûr de ne pas aimer ce qu’il voit. D’autant que cela affecte des personnes qu’il apprécie, ruinées par les opérations financières de ses parents. D’abord tenté d’utiliser leurs armes, il préférera bientôt saboter à sa hauteur, ce système absurde et inique.
Comme dans Un jour, Gleitzman confronte ses jeunes personnages à des réalités d’adultes qui devraient les dépasser mais dont ils s’emparent avec la générosité et la naïveté -et néanmoins le bon sens- de leur âge. Nous découvrons avec Oliver le monde étourdissant de la finance, avec ses « grosses pépettes » et ses grosses pertes, et la boussole semble bien se trouver dans l’attention que l’on porte aux personnes qui nous entourent...

coup de coeur Les compagnons de la lune rouge / C. Mazard. - Oskar. - (Aventures)

Faustine est un personnage hors norme. Toute jeune, elle a déjà une conscience accrue de l’injustice et s’autorise quelques vols aux nantis impolis ou mal dégrossis ! Lorsqu’un mystérieux inconnu lui propose de rejoindre une organisation secrète, les compagnons de la lune rouge, elle se laisse convaincre, attirée par la perspective d’un monde plus juste : l’idée de l’association est de voler aux riches pour redistribuer aux plus démunis. Mais dans les faits, le grand maître s’avère être un homme surtout motivé par ses propres intérêts… Faustine va prendre la relève !
Un roman très enlevé mené par une héroïne qui manque peut-être d’un peu de nuances mais certainement pas de générosité et d’allant. Dès 10 ans.

coup de coeur Dans la nuit blanche et rouge / J.-M. Payet. - Les Grandes personnes

Avec Tsvetana, nous traversons la Russie, de février 1917 à Petrograd à août 1918 en Sibérie… Autant dire que ce ne sera pas de tout repos ! Tsvetlana appartient à la noblesse, mais c’est une héroïne qui s’intéresse aux changements du monde, et qui, par le biais de la poésie, se retrouvera propulsée en plein cœur de la Révolution que connaît son pays. Son destin va croiser celui du mystérieux Roman, à la recherche d’un bijou qui a d’étranges pouvoirs… Un roman qui allie le rouge et le blanc, l’Histoire, l’aventure, l’amour et le fantastique et qui emporte le lecteur jusqu’au bout grâce au bon équilibre entre toutes ces composantes !
Autre lecture
Tsvetana a beau être comtesse, elle ressent très fortement, à 17 ans, les inégalités et injustices dont est victime le peuple de Russie en 1917. Elle contribue à une revue de poésie clandestine mais va être bientôt beaucoup plus impliquée dans la révolte qui gronde à Petrograd. D’autant qu’elle découvre l’existence d’une demi-sœur, d’origine modeste, recherchée par la police. Nous suivons Tsvetana dans une longue aventure qui mêle secret de famille, intrigue policière sur fond d’enjeux politiques, et histoire fantastique aux accents philosophiques. Les personnages et leurs interactions sont nombreux et complexes et tiennent en haleine le lecteur.

coup de coeur Douce nuit, minus ! / S. Deshors. - Rouergue. - (DoAdo noir)

Le soir de Noël, Aurélien, 14 ans, vient de voir sa mère interpellée par un vigile pour avoir volé un jeu vidéo. Lui a filé et ère jusqu’à ce qu’il encontre Nasta, jeune rebelle d’une vingtaine d’années qui vit dehors. Tous deux, bien décidés à se venger des réjouissances de Noël qu’ils détestent, vont se retrouver à vivre un cauchemar, une course poursuite avec de vrais méchants. Soirée vécue comme un jeu vidéo, sauf qu’il n’ont qu’une seule vie !
Combats sanglants et vrais frissons sont l’apanage de cet univers noir, glauque, dans lequel les ados vont vraiment se retrouver...
Autre lecture
C’est un Noël spécial qui attend Aurélien. La virée au centre commercial avec sa mère s’est terminée abruptement : elle a été coincée parce qu’elle avait voulu “offrir” un cadeau à son fils. Lui est en cavale pour échapper au vigile. Dans sa fuite, il croise Nasta, un doux dingue fracasseur de pères noël, Torg, un père noël obèse aux intentions douteuses, sa femme et un vieillard en pleurs. La misère sociale dans toute son humanité et son horreur, de quoi faire grandir Aurélien d’un coup.
Un roman noir référencé manga, qui rivalise de dinguerie et de violence.

coup de coeur Une fille à la mer / M. Johnson. - Gallimard. - (Scripto)

La couverture est belle mais trompeuse. On s’attend à une histoire fleur bleue entre adolescents à la plage. En réalité, la trame est bien plus intéressante. Clio est en rupture avec son père. Son enfance, révélée au fur et à mesure du livre, s’avère traumatisante. Ses parents ont depuis divorcé. Or, elle se voit contrainte, à dix sept ans, de passer tout l’été avec son père. Il s’agit a priori de passer des vacances idylliques sur un yacht en Italie. Mais Clio sait bien que les apparences sont trompeuses... son père est depuis longtemps fauché et ses idées sont toujours extravagantes et excessives... La réalité va dépasser toutes ses attentes !
Un récit bien construit et des personnages denses et attachants font de ce roman un très bon moment de lecture.
Autre lecture
Les parents divorcés de Clio, 17 ans, ont décidé pour elle ce que devaient être ses vacances : partir avec son irresponsable de père sur un yacht en Italie. Elle apprend sur place qu’ils ne seront pas seuls. Être en huis clos, sans comprendre les enjeux de l’expédition, c’en est trop pour Clio qui étouffe, d’autant qu’elle se retrouve bientôt dans la situation impossible du trio amoureux : comment s’autoriser l’amour naissant avec Aidan sans trahir sa nouvelle amie ? En parallèle à ce dilemme, le destin rocambolesque de Clio et sa famille est dévoilé peu à peu : elle et son père ont inventé un jeu de société qui fut un succès, fortune et vie d’aventures à la clé, avant la ruine et le divorce. On s’attache à cette jeune fille sur la défensive pleine d’imagination.

coup de coeur Je veux aller à la mer ; où l’on apprend que la mer est à 503 km / J. Hoestland ; J.-P. Blanpain. - Oskar. - (Trimestre)

Johnny est le plus heureux des écoliers lorsque la classe se rend à la bibliothèque. Non pour les livres mais parce que pour aller à la bibliothèque, il faut prendre le car. Sûr que le voyage est trop court, ce serait tellement mieux d’aller à la mer, à 503 km de là ! Mais vu les finances de la famille, autant rêver. C’est d’ailleurs ce qu’il apprend à faire à la bibliothèque, rêver. Et si ça l’agace au départ, il se rend compte qu’à force d’imaginer l’impossible, il pourrait bien se produire…
Une relation familiale très tendre qui malgré les tensions financières s’autorise à se donner les moyens de sourire à nouveau.

coup de coeur Joe millionnaire / D. Walliams. - Albin Michel

Le père de Joe patate est devenu extraordinairement, exagérément riche grâce à l’invention d’un papier toilette à double face. Joe lui est très seul depuis le départ de sa mère et n’a pas d’ami dans son école sélecte qui se gausse de l’origine de la fortune familiale. Il demande donc à intégrer une école laïque où son identité serait cachée. Tout se passe bien au début, Joe se lie d’amitié avec Bob, souffre douleur de la classe. Ces deux-là s’épaulent et partagent leur chocolat. Mais très vite, le secret est éventé par un père décidément trop tape à l’œil et les embrouilles commencent. Il va falloir trouver un autre moyen de se faire des amis ; peut-être que l’argent n’a rien à voir dans l’histoire ?
Une histoire sympathique pour les 8-10 ans pleine de bons sentiments et d’humour, petite bulle légère aux personnages extravagants croqués par Tony Ross.

coup de coeur Waterloo Necropolis / M. Hooper. - Les Grandes Personnes

Le roman débute sur un enterrement : celui du bébé de Grace, 15 ans. Un enterrement particulier puisque n’ayant pas d’argent, elle cache le corps dans un cercueil. Elle espère ainsi mettre fin à une sordide histoire, celle, banale, d’une orpheline abusée par un inconnu, qui a du cacher sa grossesse jusqu’à l’accouchement de l’enfant mort né. Elle retourne donc à sa vie quotidienne, avec sa sœur Lily, 16 ans simple d’esprit. Mais le sort semble s’acharner. Car si elles survivaient tant bien que mal dans la ville de Londres des années 1860, les voilà chassées de leur logis. Elles trouvent de mystérieux bienfaiteurs, une famille influente dans les pompes funèbres…
Un roman haletant qui n’est pas sans rappeler les romans de Charles Dickens, qui montre la vie difficile des pauvres à l’époque victorienne. Une histoire d’orphelines malmenées par la vie, de sombres machinations des puissants contre les faibles, un décor historique qui ancre l’histoire de manière très vivante... Le tout, dans l’écriture efficace de Mary Hooper, offre un moment de lecture instructif et dépaysant.
Autre lecture
Roman historique dont l’intrigue à rebondissements multiples se déroule dans un Londres victorien, avec sa pauvreté, ses inégalités, son brouillard épais et ses morts prématurées. L’intrigue tourne autour d’un héritage, immense et inattendu, qui attire des convoitises sans scrupules. L’héroïne et sa sœur, pauvres au début, seront finalement les heureuses héritières mais elles doivent auparavant, avec l’aide d’un jeune avocat, déjouer les manigances des propriétaires d’une entreprise de pompes funèbres qui les emploie. Tous ces éléments feront penser aux romans de Dickens, surtout que le grand homme y fait brièvement son apparition. Mais il manque la magie du maître, surtout ses personnages plus grands que nature et son humour satirique et extravagant. Ce serait, donc, un bon roman de passage ou d’apprentissage, qui pourrait faire étape vers la lecture de Olivier Twist ou des Grandes Espérances de celui qui s’appelait lui-même « l’Inimitable ».

coup de coeur La dernière année ou pourquoi et comment le père noël décida d’arrêter et pourquoi il ne recommença jamais / T. Lenain ; ill. B. Morel. - Oskar. - (Trimestre n°1)

Le père noël n’en peut plus ! C’est décidé, c’est la dernière année qu’il distribuera des cadeaux aux enfants ! Un court roman qui ravira petits et grands et incite à réfléchir sur notre société de consommation, sur les inégalités entre riches et pauvres.
Une collection prometteuse, avec ici un premier titre superbement illustré par Benoit Morel. A partir de la 6eme, voir CM1-CM2.

coup de coeur Broken glass / S. Grindley. - Flammarion. - (Tribal)

Avant, Suresh était fier que son opère travaille dans un bureau, leur permettant ainsi à lui et son frère Sandeep d’aller à l’école. Mais depuis que la grand-mère paternelle est morte, depuis qu’il a été licencié, leur père a versé dans l’excès de boisson, est devenu violent. Pour les deux frères, pas d’autre choix : ils quittent leur village pour la grande ville. Là, ils découvrent l’extrême pauvreté de l’Inde d’aujourd’hui et en quelques jours apprennent à vivre dans la rue comme les autres enfants qu’ils ont rencontrés. Pour survivre ils deviennent chiffonniers et collectent le verre cassé dans les ordures pour quelques roupies…Suresh veille du mieux qu’il peut sur son frère plus jeune, plus spontané, prêt à toutes les bêtises. Les deux découvrent aussi la solidarité qui règne entre tous ces gamins livrés à eux-mêmes.
C’est un récit classique, sans excès, une description précise de la vie quotidienne en Inde dans une grande ville bourdonnante, sale, indifférente aux enfants qui fouillent ses ordures. Coup de coeur de Mireille

coup de coeur Brune et Jules / N. Le Gendre. - Oskar

Brune est une jeune ado qui doit s’occuper de ses frère et sœur en bas âge car sa mère est ivre les trois quarts du temps (pour le reste, elle engueule sa fille de vouloir jouer les petites mères !). Un beau-père alcoolique et libidineux, le manque d’argent, la solitude… Brune étouffe mais croise bientôt la route de Jules qui l’encourage à croire en ses rêves. Brune découvre avec lui un autre monde, celui des SDF, de la solidarité et de la violence et affirme son envie de jouer du théâtre avec le soutien du vieil homme.
Le style heurte quelques fois, ne sonne pas toujours vrai, quelques grosses ficelles également mais c’est un roman généreux et positif.

coup de coeur Les enfants rats / F. Jay. - Plon

2025. Le monde n’est guère réjouissant : seuls les riches ont le droit d’être soignés, et les démunis abandonnent leurs enfants. Les survivants s’organisent en bandes rivales et vivent dans les égouts. D’autres, comme Irielle, s’organisent un peu mieux, à l’air libre lorsqu’ils le peuvent. La jeune fille a même réussi à sauver 2 enfants de la mort : Jode et Moïsa, qu’elle élève comme ses propres enfants. Un enfant rat croise un jour leur destinée : Nolane.
La société décrite est violente surtout pour les enfants, premières victimes d’un monde toujours capitalistes. Mais elle n’est pas dénuée d’espoir, avec une résistance qui s’organise, avec des hommes qui veulent croire encore à la solidarité.

coup de coeur Aggie change de vie / M. Ferdjoukh. - Ecole des loisirs. - (Neuf)

Aggie a appris à se débrouiller seule pour survivre. Elle vit chez des gens qui sont davantage intéressés par le butin de ses larcins que par son bien être. Elle tombe un jour sur un détective qui lui assure la fortune : si elle arrive à se faire passer pour une lady des quartiers chics, elle vivra désormais dans la peau de Maggie, une riche héritière enlevée 6 ans auparavant. Le jeu de rôle semble fonctionner…
Un très bon moment de lecture pour les CM2-6°.

coup de coeur Marion du Faouët ou la révolte des gueux / M. Bruyère. - Oskar. - (Histoire et société)

Début du 18° siècle. Marion se jure d’être un jour libre et riche. Simple servante, le chemin à parcourir est immense. Son caractère ambitieux et impatient la mène à emprunter des chemins de travers. Marion du Faouët, dite Finefont, va bientôt se retrouver à la tête de centaines de brigands, et détrousse les bourgeois pour partager avec les plus pauvres.
Le roman, court et enlevé, retrace le destin d’un personnage ayant réellement existé, sorte de version féminine de Robin des Bois ou de Mandrin. Il montre également l’extrême pauvreté et les injustices du siècle qui a vu naître la révolution française.

coup de coeur 13 ans, 10000 roupies / P. Mc Cormick. - Gallimard. - (Scripto)

C’est dans un style lapidaire que la narratrice s’exprime. Phrases percutantes, chapitres courts. Mais cette histoire ne pouvait se dire que dans la suggestion, dans l’économie de langage… Lakshmi, jeune népalaise, vit dans l’extrême pauvreté mais l’amour de sa mère fait oublier bien des difficultés. Vient un moment cependant où la nécessité l’oblige à partir pour la grand ville, en Inde. Mélange de fierté -elle va aider sa famille à gagner un peu d’argent- et d’appréhension. Elle pensait partir pour devenir petite bonne mais sombre très brutalement dans la spirale infernale de l’esclavage sexuel...
On peut déplorer la vision pas tout à fait manichéenne de l’américain-sauveur-du-monde mais l’essentiel est ailleurs, dans la pudeur adoptée pour exprimer cette réalité insoutenable.

coup de coeur Jeu mortel / Moka. - Ecole des loisirs. - (Médium)

Les parents d’Arielle l’inscrivent pour un an dans la très chic école Saint Charles, car ils partent en Amazonie et ne peuvent l’emmener. Cette ado de 15 ans se trouve projetée dans un monde inconnu et complexe : clans, rites d’initiation, secrets, alcool, drogue... Malgré tout, la jeune fille arrivera à se faire une place et à imposer sa personnalité. Mais les évènements iront trop loin et entraîneront Arielle et ses camarades dans une aventure dramatique. Un livre passionnant qui tient le lecteur en haleine.

coup de coeur La Vengeance des Barbares / J.-P. Gourévitch. - Bayard

Paris, 1842. Le chef de la bande des Barbares vient d’être guillotiné. [Arbitrairement car depuis 1832, le vol qualifié n’est plus passible de la peine de mort. A moins d’une petite incorrection de la part de l’auteur ?]. Pour le venger, ses copains, des gamins pauvres et orphelins des rues de la capitale, enlève la fille d’un conseiller du préfet. La rançon payée par le père sera divisée en deux, une part pour la bande mais la plupart pour l’hospice des enfants assistés où la jeune fille travaille en bénévole. Les jeunes délinquants qui avaient déjà obtenu la sympathie du lecteur, vu la menace de la guillotine et la pauvreté de leur situation, l’emportent définitivement en devenant de jeunes Robin des bois.
L’auteur connaît bien le Paris de cette époque et son histoire sociale et nous les délivre dans un foisonnement d’aventures et de ruses. L’émotion et le suspense sont maintenus malgré quelques longueurs, et c’est un livre à recommander à tous dès 12-13 ans.

Et aussi... :


coup de coeur Le petit marchand des rues / A. Lago. - Rue du monde

Avec ses illustrations pleine page, très colorées et denses, Angela Lago décrit la vie d’un petit garçon qui survit en vendant quelques fruits aux automobilistes. On devine le vacarme assourdissant, on sent la solitude et la peur du personnage face aux réactions des adultes, entre méfiance, moquerie et condamnation. Heureusement, il y a de temps en temps un chien pour partager un moment de réconfort mais très vite, la même scène - Cena de rua, titre original- reprend, à l’infini.

<<< Retour à la page précédente

© Association Croqu'Livre - Centre régional de ressources en littérature jeunesse