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(Ne prend pas en compte les mots de moins de quatre lettres)

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Dernière mise à jour :
dimanche 25 septembre 2016

Mot Clé : Langage




Album(s) :


coup de coeur Prune / V. Granville ; M. Rich. - Lampion. - (Loupiote). 2013

« Je voudrais tellement dire et entendre parfaitement un mot, un seul mot, juste un seul petit mot de rien du tout »
Prune, c’est l’histoire d’une petite fille rêveuse, « muette de sourde solitude », vivant dans un monde secret, qui ne parvient pas à retranscrire la force de ses sentiments par les mots. Elle part ainsi à la quête d’un mot « plus précieux que tout le reste », un mot capable d’exprimer ce qu’elle ressent au plus profond d’elle-même.
Cet album retrace à travers une poésie de mots doux et profonds la question de l’identité, car comment se définir soi-même en tant qu’être à part entière quand on ne parvient pas à cerner de mots le monde qui nous entoure ?
Les illustrations de Maryline Rich retracent l’errance de Prune, sa quête et enfin l’apaisement, rencontre de soi à soi.

coup de coeur MéliMélodie / H. Meunier ; M. Jarrie. - Rouergue. 2013

Des notes, de simples notes mais qui assemblées, combinées, mélangées forment des mots, des embryons de phrases. Fa do, pour un fado qui se chante sur un Sol-fa-si-la-si-ré. Le principe d’homophonie permet de jouer ainsi avec les sens ; les doubles pages, en confrontant deux jeux de mots, ajoutent au délire.

coup de coeur Je, tu, il m’embête / M. Van Zeveren. - Ecole des loisirs. - (Pastel). 2013

Pour ne pas s’embêter, pourquoi ne pas embêter quelqu’un ? Une idée toute simple qui va vite dégénérer lorsque le maître s’absente de sa salle de classe. Voilà qui est fort embêtant...
La richesse de la langue française démontrée avec un humour, une facétie et une fraîcheur fort appréciables !

coup de coeur La girafe en maillot de bain / S. Beau ; M. Legrand. - Elan vert. 2013

La girafe s’est acheté un maillot de bain. Message clair. Que deviendra-t-il après être passé par une douzaine de destinataires ?
Le fameux principe du téléphone arabe, version animalière et délirante, pour un bon moment de lecture à prolonger en se prenant au jeu !

coup de coeur Poney / O. Douzou ; F. Bertrand. - Rouergue. - (Les comptines en continu). 2013

C’est la série, plus que ce titre en particulier, que nous tenons à présenter pour son originalité. 6 volumes sont parus à l’heure actuelle, chacun se lisant indépendamment mais formant un tout : les comptines en continu... Chaque animal est personnage principal d’un volume mais se retrouve en clin d’œil dans d’autres titres, se passant ainsi le relais d’histoires courtes, fantaisiste, aux jeux de mots très variés.
- Poney se dit cheval mais personne ne le croit, sauf Teckel...
- Teckel est très obéissant, mais peut-être pas vraiment bien dressé !
- Ours fuit l’averse : « Au sec ours ! »
- Minou traverse la ville, sourd aux appels des humains.
- Truite fait des additions très... personnelles !
- Zignongnon ne s’apaise qu’après épluchage d’oigoui.
A la lecture de ces comptines/poèmes/histoires, le sentiment d’étrangeté laisse vite place au plaisir de la langue et du jeu.

coup de coeur L’ enfant sans bouche / P.-L. Granjon. - Corridor

Un enfant sans bouche, qui observe le chat bailler, le chien aboyer, ses parents blablater... Mais ce lapin souriant qu’on lui met dans les bras, que va-t-il en faire ? Comment réagir face à son sourire qui se lasse de plus en plus, à ses oreilles qui rapetissent de jour en jour ?
La solution, trouvée par l’enfant, apportera le bonheur à ce duo qui s’est bien trouvé...
Petit format carré calqué sur le DVD joint (4 mn). Trait noir et blanc pour l’album à la mise en page dynamique, teintes bleutées sur le DVD et narration par une petit fille, les deux formats se lisent sans impression de redondance et apportent un même plaisir.

coup de coeur Krokmais / M. Zürcher ; E. Coresa. - Winioux

Fantine a capturé un petit monstre dénommé Krokmais, qui, comme son nom l’indique « mange tous les mais qu’il rencontre ». Des « Mais vite-dit » au « Mais-qui-hésitent » en passant par les plus costauds de la famille, les « Mais dodus », le petit bonhomme les engloutit tous d’une bouchée. Pratique pour déjouer les autorisations des adultes, trop souvent ponctuées de conditions embarrassantes ! : « Tu peux jouer avec l’eau de ton bain mais attention de ne pas éclabousser ! ». La gourmande créature croque la dernière partie de la phrase et très vite, « la salle de bain ressemble à une piscine ». L’équipe espiègle formée par Fantine et son arrangeant compagnon pourra-t-elle inlassablement faire disparaître toutes les contingences de la réalité ?
Tandis que les illustrations façonnées par la découpe de papiers journaux côtoient une typographie variée, la bouche d’un mangeur de conjonctions devient la personnification d’une oralité enfantine avide d’éradiquer toutes contrariétés.

coup de coeur C’est bébé qui commande ! / M. Frazee. - Flammarion

Bébé est ici croqué comme un PDG inflexible et tyrannique. En costard cravate, il mène son monde à la baguette, dans un tourbillon qui épuiserait même le lecteur ! Autant dire que les employés -entendez les parents- qui n’arrivent plus à suivre les ordres, sont harassés. Devant leur grève inopinée, le petit chef tente une nouvelle technique managériale : après les hurlements, les mots ! « Maman ? Papa ? » Surprise : « Ça marche ! » Mais pas question pour autant de baisser ses exigences ! Satire drôle et féroce sur la tyrannie.

coup de coeur Muette / A. Cortey ; A. Pichard. - Autrement

On s’inquiète parce qu’elle ne parle pas (ses parents). Ou on la délaisse (ses frères et sœurs). Mais elle sait bien ce qui se passe en elle, qu’il ne faudrait pas grand chose pour que les mots enfermés trouvent le chemin de l’expression. Peut-être un peu de silence. De l’écoute aussi. De la considération.
Une petite fille avec son univers bien à elle qui prend le temps de cultiver sa différence, sûre et mature.

coup de coeur Le petit prinche / A. Brière-Haquet ; C. Jourdy. - P’tit Glénat

Pour ne pas traumatiser le prince qui a un défaut de prononciation, le roi et la reine interdisent au peuple de prononcer le son s. Obligation pour tout le monde de chuinter ! Forcément, lorsqu’un client voulant payer sa salade demande « Combien ch’te dois de choux pour chette chalade ? », ça fait désordre ! Et que se passera-t-il lorsque le prince aura grandi et qu’il s’ouvrira au monde ? Et qu’il rencontrera une princesse qui n’est pas au courant de la règle ?
Jeux de langages et confusions dans cette histoire totalement décalée qui se joue des contes de fée.

coup de coeur Bou et les 3 zours / E. Valentin ; I. Green. - L’atelier du poisson soluble

C’est une histoire que l’on connaît par cœur - celle d’une petite curieuse qui se perd dans la forêt et s’incruste chez les 3 ours- mais qui se raconte ici avec une fraîcheur totalement inattendue, grâce à la langue, très libre, d’Elsa Valentin. Elle nous concocte un joyeux mélange de mots-valise, de néologismes, de mots aux consonances poétiques, avec des accents de langues étrangères ; le tout dans des expressions tour à tour enfantines, familières et même soutenues... On s’habitue très vite et l’on prend plaisir à ce jeu de langage -appuyé par une structure répétitive- qui invite spontanément à une lecture à voix haute.
L’illustration n’est pas en reste : Ilya Green qui nous avait habitués avec Olga, au trait noir épuré, manie ici avec brio les couleurs à la fois vives et profondes dans une juxtaposition de formes qui donne une densité incroyable à la forêt. Que dire de Bou... Avec ses grands yeux clairs, elle passe de l’émerveillement à la frousse mais meurt d’envie, malgré tout, “de retourner viser les zours”. Et nous de replonger dans cet univers délectablement dépaysant.

coup de coeur Le mangeur de mots / Dedieu. - Seuil

Le Bougni est un goulu, un avide de connaissances, d’explications. Mais il y a tant de mots accumulés, ça se bouscule dans sa tête jusqu’à l’indigestion. Vient le temps du silence ; celui des mots, pas celui de la communication. Car il découvre dans l’institut spécialisé où il a été placé, qu’il y a quantité de langages. Lola, elle, ne parle que le langage humain, et c’est par amour pour elle que Le Bougni se réconciliera avec le "langage de la norme". Dès 11 ans

Roman(s) :


coup de coeur Made in OuLiPo / P. Petit. - Ecole des loisirs. - (Théâtre)

Deux courtes pièces qui ont la particularité de proposer des variantes infinies en utilisant le principe présenté par Raymond Queneau. Dans la première, nous sommes amenés à choisir chaque réplique dans un vaste choix, le tout dessinant peu à peu une vraie pièce, plus ou moins burlesque et fantaisiste mais toujours dans l’ordre du possible.
« - C’est l’histoire d’un po... po... po...
- D’un Polonais ? d’un Portugais ? d’un policier ? d’un postier ? d’un potier ? d’un polichinelle ? d’un pop-corn ? d’un podologue ? d’un poète ? d’un polisson ? d’un porc-épic ? d’un polytechnicien ? d’un politicien ? d’un porte-drapeau ? d’un potamochère ? d’un polatouche ? d’un potorou ? d’un poltron ?
 »
La seconde pièce propose d’inventer une recette de cuisine tout en enlevant un des ingrédients principaux. Elle a la particularité de pouvoir être jouée avec autant d’acteurs que possibles. Intéressant et riche en possibilités...
« Wouaouh ! Pas mal du tout, la tortilla ! Oui, oui, oui, la tortilla, nous la voulons jusqu’à ras bord, sans conditions, sans raison, sans façon, sans privation, sans chichi, sans tralala, sans flafla. Dans la tortilla, tout paraît ultrabon ! Il nous faut au moins dix rations ! Portons un toast à la tortilla ! Vivat la tortilla ! »

coup de coeur Sœur, je ne sais pas quoi frère / P. Dorin. - Ecole des loisirs. - (Théâtre)

Cinq sœurs de dix à soixante-quinze ans sont recluses dans une maison, en Russie. Elles jouent aux cartes, elles chantent, elles boivent de la vodka. Chaque jour, elles évoquent et jouent leur passé commun puis font resurgir les secrets qu’elles ont si bien cachés. Dans l’esprit des matriochkas, une sœur en cache une autre, un secret en dévoile un autre jusqu’au dévoilement final par la plus jeune sœur. C’est une pièce de théâtre qui se lit à voix haute pour faire ressurgir la timidité des mots et des gestes mais aussi pour mettre en exergue la beauté des échanges.
Autre lecture
Cinq sœurs semblent rejouer des morceaux de leur vie. Les scènes étranges se succèdent. Les registres et les tons sont variés, le lecteur passe d’un sentiment diffus de peur au pur burlesque. La relation entre les personnages est à la fois cruelle et pleine de complicité. Qu’est-ce qui les unit ? Nous l’apprendrons à la fin de la pièce...
Un théâtre qui se regarde, des personnages dans un "hors temps", et surtout beaucoup de jeux avec le langage. L’ensemble reste cependant difficile d’accès.
« Toutes, à voix basses : Seigneur doux Jésus, faites que mes sœurs soient mortes. Délivrez-moi d’elles, doux seigneur Jésus. Dites aux communistes de venir pendant la nuit avec leurs couteaux grands comme ça et de les égorger toutes vivantes. Je voudrai tellement devenir fille unique et que mon père revienne pour moi toute seule et qu’il me conduise à son bras devant le tsar. »

coup de coeur Les filles de Cuchulainn / J.-F. Chabas. - Ecole des loisirs. - (Médium). 2013

Juste après le décès de son marin de mari, Mary découvre qu’elle est enceinte. De jumelles qui plus est. Mais Mary est forte de son amour, épaulée par un cheval d’une bien étrange nature qui seul semble pouvoir entrer en contact avec les fillettes...
Une ambiance insulaire, des personnages hauts en couleurs, une vie retracée dans les grandes lignes, fortes et teintées d’une aura mystique. Le roman est court, puissant dans son évocation de liberté via la figure du cheval, animal non asservi à l’homme mais profondément lié aux jumelles.
Autre lecture
Sur une petite île en mer d’Irlande, Mary, institutrice, a une vie calme, marquée seulement par la présence incongrue d’un cheval borgne et majestueux. La disparition en mer de son mari pêcheur et la naissance de ses jumelles vont modifier légèrement son existence. Mais sa principale préoccupation concerne le lien unique et exclusif de ses enfants avec le cheval. Quelle place occupe réellement l’animal dans leur vie ? Sera-t-il un élément positif dans leur existence ?
L’auteur semble nous demander de garder une part de merveilleux et d’inexplicable dans notre vie. Le cheval ressemble à une figure mythologique avec sa taille démesurée, sa puissance mais aussi sa stature et sa dignité qui lui interdisent d’accepter toute compromission avec l’homme. Il n’est pas là pour travailler mais bien comme un être à part entière. Sa relation privilégiée avec les jumelles, renforcée par l’absence du père, est au centre du livre. Il s’agit en définitive d’accepter les différences, de ne pas tenter de modifier la nature profonde des êtres qui nous sont chers mais d’y déposer un amour inconditionnel...
« J’ai su, scrutant mes filles dans la pénombre, qu’elles auraient une vie heureuse, parce qu’elles avaient une mère aimante, qu’elles s’ouvraient aux autres, et qu’un cheval leur avait enseigné des principes immémoriaux.  »

coup de coeur Sur la tête de l’amour / B. Lanneau. - Sarbacane. - (Exprim’)

Slam deale les rimes. Il vend des vers pour les rappeurs de la cité en mal d’inspiration. Seul, isolé, il vit comme une ombre, un réverbère. Et surtout il ne prononce pas un mot. Mais lorsqu’il croise Nora, c’est le foudroiement. La jeune fille tente de réussir au lycée. Intelligente, seule l’orthographe lui pose un réel problème... Mais la cité est là, dans les cages d’escalier, les grands frères, la religion, les règles, la musique... Arriveront-ils à se rencontrer et pour quel avenir ?
Une romance au cœur de la banlieue ? Non, pas vraiment, pas seulement. Plutôt un périple pour décrire la difficulté à amener les mots à se reformer, les individus à se retrouver. L’écriture elle-même "scratch et clash". Le récit s’affole et ralentit. Les mots s’étalent. Et c’est tout un monde qui s’offre à nous. Celui dans lequel les mots ont un pouvoir absolu et à la fois manquent souvent terriblement à nos protagonistes. Alors laissez vous tenter !
« Personne ne le connaissait. Rien. Sans histoire, aucune réput’, pas de cicatrice, ni de trous de boulette dans le survêt. Tout le monde se demandait, c’est qui ce gars chelou, vu que jamais on ne le voyait en plein jour et qu’il passait toutes ses soirées planté sous un réverbère. Il habite où, quel bâtiment, en plus il est seul-tout, il a pas de renp’s ? C’est là que les rumeurs ont commencé, vilci, taulard, espion... S’ils savaient. »

coup de coeur Sabotage / M. Pouchain. - Oskar. - (Court métrage)

Camille s’est mise à lire Dostoïevski pour tenter de plaire à Gaspard. Il sera sans doute à la soirée pour laquelle elle se prépare et son souci de paraître désirable à ses yeux prend autant de place, dans son monologue -qui fait référence aux Carnets du sous-sol- que ses doutes existentiels. « Dostoïevski, en fait, je lui ressemble… pour la gamberge, pas pour le talent ».
Une logorrhée dispersée, éclatée, dont on attend le dénouement…
Dans un style très oral ponctué de SMS, Martine Pouchain propose une première grille de lecture de l’œuvre de Dostoïevski et nous invite à penser notre rapport à l’autre.
Autre lecture
Camille a flashé sur Gaspard en tombant sur une de ses dissertations sur le bonheur. Elle se prépare en espérant pouvoir le séduire. Elle a même lu Dostoïevski pour mieux le comprendre. Mais la soirée va prendre un tour inattendu. Camille réfléchit beaucoup et sa caractéristique principale est... l’indécision !
Un court roman qui interroge sur la séduction et ses codes. On réfléchit avec l’héroïne, on rit, on se laisse porter par cette écriture nerveuse qui nous bouscule... 38 pages qui illustrent la citation des Carnets du Sous-sol de Dostoïevski : « Que doit-on préférer : un bonheur facile ou des souffrances élevées ? ». Camille, elle, a choisi...
« Moi, je n’ai pas envie de passer à côté de la mienne de vie et...Tiens finalement, je vais remettre mon jean... Le mieux, ce serait de ne pas parler du tout... on ne ferait rien que se regarder et nos âmes se mélangeraient et ... Ouh lala, attention, il n’y a pas que des avantages ! Rien que d’imaginer que Gaspard puisse regarder à l’intérieur de ma tête quel foutoir c’est ! »

coup de coeur Le coup de kif / G. Constant. - Oskar. - (La Vie). 2013

Karel a toujours été attentive aux mots. Pas pour être à la mode mais pour être précise, comprise. Lorsqu’elle rencontre Lucas, elle met du temps à trouver les mots justes pour décrire ce qu’il provoque en elle : "kiffe, c’est rapide, c’est agressif, et le désir c’est ça, une brulure qui monte en deux secondes et perfore l’estomac, genre ulcère des sentiments." Dans sa tentative d’approche du beau Lucas, Karel cheminera dans la relation avec sa mère, dans sa réflexion sur son avenir et vers la découverte de l’amour. Mais pas celui fantasmé…
Un roman aussi intéressant dans sa forme (réflexion sur la langue) que dans le thème : la jeune fille dans l’exploration d’elle-même et des autres nous attache à sa singularité en quelques pages percutantes.
Autre lecture
Karel a le coup de foudre pour un nouvel élève de terminal. Elle va tenter de l’aborder par le biais de la lecture car elle a vu qu’il lisait Les yeux d’Elsa d’Aragon. Mais Karel est plutôt Hunger Games. Il va lui falloir trouver un moyen de comprendre celui qu’elle kiffe. Or Lucas veut intégrer une prépa après le bac alors que la jeune fille ne s’est pas encore interrogée sur une éventuelle poursuite d’études...
Récit d’une tentative de rencontre entre deux mondes que tout oppose mais aussi courte épopée d’une difficile conquête de soi. L’écriture, à l’image de l’adolescente, oscille entre plusieurs mondes, celui des adultes et celui des "jeunes". De très beaux passages et une fin ouverte.
« ça n’a l’air de rien comme ça, mais je ne m’étais jamais retrouvée en panne de mots. Avec toutes ces manières de parler qu’on a, et même si, comme je l’ai déjà dit, j’avais une préférence pour le "courant", je croyais naïvement qu’on pouvait passer par tous les états et la ramener quoi qu’il arrive, surtout pas demeurer quoi qu’il arrive, surtout pas demeurer coi. Et là, j’en étais réduite à sucer des miettes de chocolat avec, sur le bout de la langue, un mot qui ne voulait pas venir, peut-être parce qu’il n’existait pas. »

coup de coeur Je m’appelle Mina et j’adore la nuit, tout semble possible la nuit quand le reste du monde est endormi / D. Almond. - Gallimard. - (Scripto)

Mina, ce qu’elle aime ce sont les mots. Des mots qu’elle utilise librement, sans les contraintes liées habituellement à l’école. (Un amour des mots formalisé par une variété de polices de caractères). Forcément, avec le tempérament déterminé et étrange de la fillette, les choses vont se compliquer. A force de transformer les leçons de grammaire en réflexions philosophiques, la patience des adultes s’amenuise… Mina sera désormais scolarisée à la maison, avec sa mère pour enseignante. Depuis la mort du père, toutes les deux partagent leur chagrin discret, et la mère respecte entièrement l’étrangeté de sa fille, son monde à part. Elle lui laissera le temps de développer son univers, de se réconcilier avec ce monde en décalage avec sa sensibilité. Le temps de comprendre que les mots ne jamais si riches que lorsqu’on les échange avec d’autres...
Autre lecture
Mina est une petite fille à l’imagination fertile qui porte un regard singulier sur le monde qui l’entoure : elle aime le jeu, les mots et ce livre, raconté à la première personne, en est le « résultat » : à première vue, une succession d’histoires qu’elle nous raconte – et qui sont imprimées avec des typographies différentes. Mais au fil des histoires se dessine la sienne : le deuil du père, et la « différence » de Mina ; sa mère vient de la retirer du système scolaire car elle n’arrive pas à s’intégrer à ce cadre rigide et formaté – il faudrait qu’elle se fasse « déstrangifier », comme son amie Sophie se fait opérer de son « boitement ». Mina trouve refuge dans un arbre d’où elle nous raconte ses histoires et, grâce à la présence compréhensive et aimante de sa mère, elle va peu à peu en redescendre…
Une très belle histoire sur la fragilité de l’enfance, qui en fait ressentir tous ses aspects : l’appétit pour le jeu, le goût des mots « qu’on emmène en promenade », la faculté de se laisser entraîner par son imagination comme lors d’une promenade sans but ; mais aussi la nécessité de permettre à chaque enfant d’affirmer sa personnalité (cf la rencontre d’autres enfants différents dans une école spécialisée ou les récits autour de l’école « normale » et ses sacro-saintes évaluations !) Coup de coeur de Florence L.

coup de coeur Le parloir / E. Sanvoisin. - Gründ. - (Gründroman)

Yan, dix-huit ans à peine, est accusé d’avoir tué le père de sa copine. En prison, il se mure dans le silence alors qu’au parloir défile ses proches et son avocat, dévoilant peu à peu son histoire, à travers les pensées de Yan.
Un court roman difficile sur la réalité du quotidien de la prison avec toutefois un léger espoir de résilience à la fin du récit.
Autre lecture
Yan ne veut pas dire un mot. Le voudrait-il qu’il ne le pourrait pas. Mais son silence l’accable, le désigne comme coupable. Tout juste 18 ans, pas un mot, la prison n’en sera que plus difficile, douloureuse.
7 mois de détention qui nous sont racontés ici, principalement au rythme des parloirs : avec sa mère, son avocat commis d’office, sa sœur, sa petite amie, durant lesquels on comprend peu à peu les raisons de l’incarcération de Yan et son silence.
Un roman prenant parce que l’on veut comprendre le secret de Yan, parce que l’on vit la prison avec toute sa violence et ses drames. Un lieu décidément inapte.

coup de coeur Les mots qui tuent / A. de Lestrade. - Sarbacane. - (Mini-romans)

Un jour on est en souffrance, en mal de reconnaissance et d’amour, le lendemain, on est responsable de la mort d’un innocent. Mara nous explique avec ses mots ce qui l’a amenée à l’irréparable, avec un acte d’accusation mensonger. C’est un texte court d’une grande violence dans le rapport à la mère ; dans les déceptions de l’amitié ; dans le constat amer de la solitude. Mais c’est aussi un texte qui veut croire que l’on peut avoir commis de terribles erreurs sans renoncer à un avenir. Percutant.
Autre lecture
Mara aime les mots. C’est pour cela qu’elle préfère les garder pour elle plutôt que de les donner aux autres. Sa mère couturière utilise depuis toujours sa fille comme publicité mobile et la transforme en mannequin chaque jour afin que les autres mères puissent admirer ses créations à l’école. Heureusement que Mara peut aller se réfugier chez sa Grand-Mère lorsque sa mère lui pèse trop ! A son entrée au collège, elle rencontre Clara, épanouie, rebelle et bavarde comme pas deux ! Mara et elles deviennent vite amies, mais comment s’affirmer auprès d’une telle amie lorsqu’on s’appelle Mara, qu’on ne connaît pas son père, qu’on déteste sa mère, qu’on ne connaît rien au monde, qu’on n’a aucun ami et qu’on ne dit pas un mot ? En parlant justement ! Les mots sont magnifiques, mais mal employés ... ils peuvent tuer.
Un petit livre très court mais intense ! Quand Mara lâche très naturellement que le jardinier de sa Grand-Mère l’a violée uniquement pour que l’on s’occupe d’elle, elle ne s’imagine pas du tout que l’affaire ira si loin. En effet, Clara prévient la Grand-Mère qui prévient la mère qui prévient la police, et tout s’enchaîne alors à une vitesse incroyable. Le jardinier est inculpé et va en prison en garde à vue. Tout le monde entoure Mara d’amour et de protection, surtout la mère qui se sent coupable d’avoir laissé sa fille livrée à elle-même. Le jardinier ne voit comme solution pour s’en sortir que la mort, qui survient, terrible, et achève de donner un ton tragique à l’histoire. Mara se sent évidemment responsable et, prenant son courage à deux mains, reprend les mots pour « corriger » sa faute. Mais il est trop tard : Clara part, Grand-Mère est déçue au plus haut point et sa mère ne lui parle plus. Les mots sont magnifiques, mais ils sont dangereux. Dans cette histoire, les mots tuent, et détruisent une famille entière.

coup de coeur Les maux du cœur / A. Cendres. - Sarbacane

Le narrateur de ce très court roman découvre en peu de temps l’amour - envers Ludmilla- et la puissance des mots, qui peuvent être tour à tour enivrants ou dévastateurs. Mais au-delà des désillusions, c’est toute la tendresse unissant ce jeune à sa mère et à ses grands-parents qui réconforte. Les mots que l’on choisit de dire -ou pas- pour blesser, réconforter, épargner l’autre. Des mots révélateurs de choix de vie.

coup de coeur Le chaos en marche, livre 3 : La guerre du bruit / P. Ness. - Gallimard

Un récit particulièrement tourmenté et foisonnant pour ce troisième tome… C’est la guerre entre les hommes et les Spackle, guerre totale où tous les coups sont permis. Nous retrouvons Le Maire et Mrs Coyle (Le Cercle et la Flèche), fidèles à eux-mêmes , profitant du chaos pour obtenir le pouvoir. Les Spackle, préparés minutieusement au combat pour exterminer les hommes. Simone et Bradley sont de nouveaux venus dans ce monde déchiré, émissaires du peuple de Viola, en attente d’un Nouveau Monde. Le récit est une succession haletante de batailles et de tentatives de retour à la paix où les surprises, les ruses et les imprévus sont nombreux. Le monde est devenu d’une incroyable complexité pour Todd et Viola. L’un est manipulé et dépossédé de ses pensées et peut-être de son amour ; l’autre, blessée par le bracelet, souffre dans sa chair et dépérit… Ce sont pourtant eux les artisans de la Paix, mais le chemin est long et le prix à payer quelques fois bien lourd…
Difficile de rendre compte des événements de ce récit bien trop foisonnant que l’on peut trouver à peine long et/ou répétitif (seul petit bémol !) mais c’est aussi une réussite par la construction qui guide le lecteur : alternance annoncée des récits par Todd / Viola, changement d’écriture pour Le Retour et Le Ciel qui permettent la reprise sur des événements complexes et les points de vue différents… Finalement le lecteur est plongé dans une explosion d’informations, de nouvelles et de fausses nouvelles, de manipulations du discours, de double langage, (le personnage du Maire est étonnant de duplicité et de complexité), de Bruits (quelle formidable idée encore que l’utilisation faite de la pensée « secrète » ou inconsciente….) partagés, étouffés, manipulés, maîtrisés, grâce à un rythme soutenu dans le récit des évènements d’une part, aux rebondissements fréquents, à la graphie donnée aux mots selon les locuteurs ou les situations, à la forme des phrases en petites unités qui se succèdent, aux métaphores du langage des Spackle (La Clairière ; La Source…), aux mots et expressions inventés… (La Une en particulier …) Cette multiplicité de points de vue et de paroles sont bien le reflet du Chaos qui règne en maître et le dernier tome l’aboutissement du thème annoncé « Le chaos en marche ».
Un projet littéraire qui tient la route jusqu’au bout, inventivité, originalité, thème de fond sur lequel on pourrait méditer (le langage et l’information, nerfs de la guerre !, la pensée unique partagée instantanément chez les Spackle comme sur internet…), un vrai plaisir de lecture… pour bon lecteur ! Coup de coeur de Mireille et Julie

coup de coeur Le chaos en marche, livre 1 : La voix du couteau / P. Ness. - Gallimard

Alors qu’approche la cérémonie qui fera de lui un homme, Todd doit quitter précipitamment Prentissville. Cillian et Ben ses parents adoptifs avaient tout prévu, à sa grande surprise. Dans son sac est soigneusement emballé le journal écrit par sa mère morte du virus du Bruit comme toutes les autres femmes quand il était enfant. Mais ses pères lui disent également d’oublier tout ce qui lui tenait lieu de vérité... Il fuit sous la menace du maire de la ville et de son fils et d’Aaron l’homme de religion, celui qui définit le bien et le mal, animé d’une haine farouche…
Dans sa course, il tombe sur l’improbable : une fille, Viola. L’engin spatial qui l’a amenée est détruit, ses parents sont morts, et surtout elle tente d’échapper à Aaron qui l’a déjà trouvée… Todd l’emmène avec lui… Commence alors une fuite éperdue, la traversée d’autres villes que Todd doit absolument prévenir de l’arrivée de l’armée de Prentissville à sa poursuite. En même temps qu’il progresse sur les chemins, Todd découvre les pouvoirs de Viola, les raisons de sa propre fuite, et un monde proche du désespoir… Mais les deux héros s’entraident, se soutiennent, se comprennent malgré toutes leurs différences. Todd est maladroit souvent, observateur toujours, ouvert à tous les signes et les Bruits et les silences de la vie ; courageux, il court encore et encore pour échapper à la haine, à l’embrigadement, à la mort…
Premier tome de la série Le chaos en marche qui aborde en vrac les relations hommes/femmes, la quête d’un idéal, le rapport au pouvoir et surtout le combat du bien et du mal en l’homme. Le récit est particulièrement vif et alerte, les deux héros sympathiques vivent dans un monde nouveau où les mots ont changé, où la communication a changé, où les lois des sociétés ont changé mais où l’innocence et l’amour restent des valeurs qui sauvent les hommes… Nous attendons la suite avec impatience ! Coup de coeur de Mireille et Julie et Florence L.

coup de coeur Treizième avenir / S. Joanniez. - Sarbacane. - (Exprim’)

"Je file à l’horizon de la rue voir si l’air est libre". Un samedi, une nuit, un dimanche, un ado raconte comment il s’échappe du quotidien et du quartier. Demain, c’est loin. Un récit en forme de slam et d’improvisations, construit en strophes. Un texte vivant qui percute et parfois heurte tant il exprime cette violence des mots ados. Des maux du monde, qui ne pardonne. "Tout le monde soi-disant les a touchés les seins de sa copine dans la récré c’est le thème." Et lui, va-t-il rester à la ramasse ? Oser agir où ça le démange ?
Une histoire sauvage en forme de ravage parfois. Une play list musicale est proposée en début de livre, comme le veut la collection, comme un portrait de l’auteur. Akhenaton, Baschung, IAL, Lhasa, NTM, le décor est planté....
Autre lecture :
Récit à la première personne d’un mal-être d’adolescent : malaise familial, social et tentative de trouver une autre voix : les copains, Justine, la petite amie qui va permettre enfin de pouvoir lever la tête suite à la première expérience sexuelle.
Une écriture très moderne, hachée, peu de phrases et de ponctuation. Cela déroute au départ mais on se laisse prendre et on trouve même de beaux passages poétiques. Dès 13 ans.

Et aussi... :


coup de coeur Quelle chatastrophe / M. Dor ; C. Meert. - Clochette (Les Zygomots), 2013

Emile est bien embêté depuis qu’il a un chat dans la gorge : tous les sons ca deviennent chat. Charamel, chabinet, c’est la chatastrophe. Pas facile de se faire comprendre dans ces conditions… Avec l’aide de son amie Madeleine, il tente de le faire sortir mais « personne ne dompte un chat, ni ne l’oblige à faire ce qu’il ne veut pas. Et c’est pour cela qu’on les aime ! Il va falloir être plus malin que lui... » Les ruses se succèdent, en vain. Jusqu’à LA ruse...
Dessins sympathiques et vivants, le chat facétieux y prend toute sa place dans les pages aux couleurs tendres sur fond blanc. L’histoire l’est tout autant grâce à la voix agréable de Maureen Dor ; elle insuffle toute l’espièglerie nécessaire et l’on passe un bon moment.
Comme d’habitude dans la collection, l’histoire se clôt sur une chanson au rythme d’un… Cha cha cha, la chanson avec l’instrumental seul et enfin l’histoire racontée avec ellipse pour que l’enfant complète.

coup de coeur Bouche cousue / G. Bigot, P. Matéo ; S. Girel. - Didier

Contexte : Un enfant s’arrête de parler...
Ce qui est répété : (Mot :) Pourquoi ? - (Phrase :) Alors moi (+ action)
Accumulation par : Enchaînement-causalité
Remarques : Guerre d’Algérie
Age : pour les plus grands

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