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Dernière mise à jour :
dimanche 25 septembre 2016

Mot Clé : Violence




Album(s) :


coup de coeur Brutus / L. V. Seeger. - Kaléidoscope. 2014

Qui est rejeté, peiné peut devenir méchant et agressif. Le processus de la violence est ici exprimé très simplement : elle gonfle dans la solitude puis se laisse désamorcer dans l’échange. Car rien n’est irréversible si les victimes réagissent posément et fermement.
Un trait minimaliste et expressif, des cadrages percutants, le message passe sans détours : Ne fais pas à autrui ce que tu ne veux pas qu’on te fasse !

coup de coeur L’ arbre de paix / A. Jonas ; R. Lejonc. - Flammarion. - (Père Castor). 2013

« C’était un homme (...) Là où la vie l’avait fait naître, il n’était pas bien. » Autour de Youba, il y a les assoiffés de sang, de pouvoir et de guerre. Alors, depuis l’enfance, il chante pour que ses mots disent l’ailleurs, la paix. Mais sa résistance provoque l’ire irraisonnée des hommes de guerre. Youba sera tué. Sur sa tombe pousse un arbre fragile mais toujours plus grand, toujours plus puissant, pour chanter les mots de Youba et les donner au monde...
Voilà un album saisissant ! Son texte incisif, soutenu par des illustrations fortes, dénonce la violence des hommes érigée comme système de vie et nous donne à résister avec Youba, pour la vie, pour la paix.
« Le temps de la vie est si court...
Pourquoi le trancher encore ?
La paix épargne demain.
Elle sauve la douceur des mangues
Et promet la confiance d’une lune pleine. »

coup de coeur La guerre des hiboux et des corbeaux / B. Chèze ; N. Safakhoo. - Lirabelle

Une communauté de mille corbeaux voit sa paix menacée par le peuple des hiboux, querelleurs et féroces. L’attaque tant redoutée survient. Comment doivent réagir les corbeaux survivants, comment parer aux prochains assauts ? Les tactiques évoquées sont offensives ou défensives mais la stratégie choisie au final ne manquera pas de choquer.
Cet album graphiquement magnifique constitue un outil efficace de discussion sur la guerre, la non violence, la politique... « Gagner la guerre est facile, maintenir la paix est beaucoup plus difficile. »

coup de coeur Le conte du Genévrier / J. et W. Grimm ; G. Rapaport. - Le Genévrier. - (Ivoire)

« Ma mère m’a tué ;
Mon père m’a mangé ;
Ma sœurette Marlène
A pris bien de la peine,
Pour recueillir mes os jetés
Dessous la table, et les nouer
Dans son foulard de soie
Qu’elle a porté sous le genévrier. »
Ce leitmotiv révèle toute la violence de ce conte méconnu et terrible illustré, avec la densité ad hoc, par Gilles Rapaport. La marâtre jalouse et infanticide, le père inconscient de ce qui se trame, la sœur bouleversée qui se croit meurtrière, la culpabilité constante... la tension dramatique ne faiblit pas avant l’issue apaisante quoique vengeresse.
L’ouvrage grand format inaugure cette nouvelle collection « Ivoire » qui « proposera un choix de textes patrimoniaux mis en images par des illustrateurs de talent. » Avec ce premier titre, l’éditeur tient ses promesses de façon remarquable.

coup de coeur Camions / Reuman. - Drozophile

Une journée sur le port d’une grande ville avec camions, camionnettes, voitures... qui chargent et déchargent. Trafics d’armes, prostitution, pollution industrielle... aucune violence, humaine ou animale n’est épargnée, c’est toute la société qui est passée au crible, dans un condensé de l’image. Sordide ? Même pas car l’humour, bien noir, traverse toutes les scènes.

coup de coeur Ammi / P. Favaro ; F. Malaval. - Mas(s)ala

La vie est si fragile. Hier, la plénitude, dans le giron d’une mère. Aujourd’hui, tout est détruit. Où est Ammi ? Où est la mère de cette petite fille perdue dans les décombres de sa maison ? Heureusement, Ammi-chat est là pour apporter un peu de réconfort. Toutes les mères ne sont-elles pas des refuges sûrs et inconditionnels ?
Un album riche et splendide, imprimé en sérigraphies sur papier artisanal qui exprime avec force couleurs et émotions. A commander aux éditions Massala. (Adresse à laquelle vous pourrez poursuivre l’histoire à rebours en découvrant toute la génèse du livre !)

coup de coeur Ca mord / T. Charlier. - Editions de l’école supérieure d’Art d’Epinal

Quand deux géants, voisins et ennemis, en viennent aux mains, cela peut vite dégénérer. La violence des situations s’exprime dans les traits noirs et broussailleux du dessin et se résout dans une autodestruction jubilatoire. Tout ça pour un poisson !!!

coup de coeur Enchaîné / V. Dayre ; Sara. - La Joie de lire

Il y a bien quelques plans d’ensemble, une narration extérieure mais c’est bien au chien qu’on s’identifie le plus. Un chien qui n’aura connu tout le long de sa vie, que l’horizon de sa chaîne. Certes, il y eut quelques balades avec son maître, en période de chasse, mais vite abandonnées : quelle peut être l’efficacité d’un chien "de chasse" tout à sa joie de gambader et de partager un moment qu’il croit d’affection ?
Toute la notion de violence se trouve chamboulée dans cet album. Un homme qui n’a peut-être jamais frappé son chien mais n’eut jamais aucun geste d’affection. Un autre qui porte le geste fatal mais quelle libération pour la "victime"...
Une vision de l’animal sensible, forte, engagée et une réflexion sur le lien qui nous unit à lui. Coup de coeur de Julie

coup de coeur Corrida / Y. Fastier. - Atelier du poisson soluble

C’est un album uppercut. Qui ne laissera personne indifférent et conduira naturellement à une discussion autour des violences. Le texte énumère les étapes d’une corrida, froidement, inéluctablement. L’illustration lui fait écho et met en scène une agression d’un individu par une bande.
Au-delà de l’excitation et du voyeurisme, toute violence, à son paroxysme, mène à la stupeur. (Sauf peut-être pour les amateurs de corridas et leurs semblables...)

Roman(s) :


coup de coeur Les anges de l’abîme / Magnus Nordin. - rouergue (doado noir), 2014

Alice est nouvelle au lycée : elle vient de déménager et de changer d’identité suite aux menaces de mort proférées par son père (qui veut se venger de sa mère). Elle fait une forte impression à sa professeur de suédois, Molly Zettelholm, une jeune femme très à l’écoute de ses élèves. Elle l’invite d’ailleurs à se joindre à son groupe de parole au lycée, et même chez elle où elle fait la connaissance de Hannes et Samira, des anciens élèves qui ont eux aussi un passé douloureux (brimades pour le premier, viol collectif pour la seconde). Ensemble, ils vont former un groupe secret, les « anges de l’abîme », et piéger des pédophiles sur internet…
Un thriller sombre et très bien mené, qui nous tient en haleine jusqu’à la fin : une ambiance entre « le silence des agneaux » et « Millenium », un style sans fioriture, une intrigue implacable, bref un très bon roman noir, à déconseiller cependant aux âmes sensibles ! Coup de cœur pour moi. Florence Langlois

Alice, adolescente fragile, est invitée par Molly, enseignante charismatique et attentionnée à participer à un groupe de parole destiné à amener les élèves à se libérer de leurs problèmes. Alice va rapidement se rendre compte qu’il s’agit d’autre chose, car les « anges de l’abyme » qui y participent ont pour but de traquer les pervers sexuels qui sévissent sur Internet. Une sorte de milice citoyenne achevant un travail qui aurait du être celui de la police. Ces anges ne sont pas là par hasard mais portent en eux de lourds secrets.
Molly fait beaucoup penser à l’héroïne de « Millenium », Libeth Salander (auteur norvégien oblige), l’ambiance est lourde et nous suivons le groupe de héros avec intérêt. Un polar tendu, qui ne laisse pas indifférent et n’hésite pas à mettre mal à l’aise le lecteur auquel les détails les plus violents et glauques ne sont pas épargnés. A réserver par conséquent à un public plutôt averti de grands adolescents. Marie-Pierre Muneret

A partir de 15 ans.

coup de coeur Saison rouge / Charlotte Bousquet. - Oskar Jeunesse, 2015

Kenza se retrouve mariée de force à 17 ans, et son époux et sa belle-famille l’emmène vivre en France, banlieue parisienne. Peu à peu, la jeune fille s’étiole et apprend à obéir et à servir son mari et sa belle-mère. De jour en jour, elle courbe le dos, mais garde au fond d’elle-même l’idée de s’enfuir. Un jour enfin, l’occasion se présente, et Kenza se retrouve à Paris, seule, dormant dehors. Heureusement, le Samu social passera par là. Le début d’une autre vie possible ? Très bon roman, âpre, mais réaliste. Marie Chaillet

A partir de 12 ans

coup de coeur Tu veux savoir / J. Heliot. - Thierry Magnier. - (Nouvelles), 2013

Neuf nouvelles autour du thème du savoir. Elles sont toutes différentes mais la plupart sont désenchantées, sombres et pessimistes. Chacune évoque notre société et le rôle des machines. Nous voyons l’homme se détruire et se perdre peu à peu. Mais plus qu’un constat désespéré, c’est un appel à la réflexion que nous renvoient ces histoires.

Mes préférées sont : "Requête non valide", où un individu séquestré tente désespérément de lancer un S.O.S., "Tu veux savoir ?" dans laquelle une jeune fille espère avoir découvert un réseau magique capable de répondre à toutes les questions comme celles permettant de savoir qui nous aime ou encore la nouvelle "Les remplaçants" qui nous amène à rencontrer un enseignant...trop parfait.

"Salut, c’est moi, Ton meilleur copain@ ! Mais tu peux m’appeler plus simplement TMC, ça ne me dérange pas. Comment vas-tu ? Bien, j’espère. Tu as l’air en pleine forme. Ta journée a été bonne au collège ? Ne me mens pas, tu sais qu’il me suffit de me connecter avec le Meilleur Ami@ de ton prof principal pour connaître la vérité. Ah, tu as eu 07 à ton interro d’histoire géo... Ce n’est pas brillant ! Pourtant, on avait révisé... TMC est là pour ça. Mais toi, tu n’as rien écouté, rien enregistré. Normal, tu n’es pas configuré pour !" Ton Meilleur Copain@

Marion Uteza

A partir de 13 ans

coup de coeur Mon père est parti à la guerre / J. Boyne. - Gallimard. 2014

Le jour de ses 5 ans, le père d’Alfie part à la guerre. Tous l’espèrent rapide mais elle s’étire interminablement. Dans une narration qui alterne souvenirs du début de la guerre et péripéties 4 ans plus tard, c’est la première guerre du côté de l’Angleterre qui nous est racontée, avec l’angoisse des familles, les pénuries, la pression d’un peuple qui veut que tous s’engagent pour défendre la patrie, les blessés de guerre et plus particulièrement les hommes atteints de psychoses traumatiques. C’est le cas du papa d’Alfie mais cette maladie honteuse, non reconnue, entachée du soupçon de tricherie, sera cachée à tous. Alfie le découvrira par lui-même. C’est par lui-même également qu’il tentera de sauver ce père qui a perdu le sens des réalités, des responsabilités envers son fils.
Un roman qui mêle, comme dans Le garçon au pyjama rayé, naïveté de l’enfance et responsabilisation d’un petit garçon grandi prématurément devant les horreurs de la guerre. Un bon roman sur la guerre, avec des réflexions nuancées sur le patriotisme et le courage.
Autre lecture
Alfie a cinq ans lorsque la première Guerre Mondiale éclate et qu’il voit son père partir comme volontaire sur le front. Quatre ans après, la guerre qui devait se terminer avant Noël, dure toujours. Maggie, la mère d’Elfie enchaine les petits travaux pour tenter de survivre et le jeune garçon s’improvise cireur de chaussures après la déportation de ses voisins et amis de toujours, originaires de Prague. Mais rapidement les lettres du soldat changent de ton puis s’arrêtent. D’après Maggie, son père est en mission secrète pour le gouvernement. Mais Alfie a de sérieux doutes, alors que les annonces de soldats morts se succèdent...
Un roman fort qui propose de voir les conséquences de la guerre par les yeux d’un enfant tout à la fois lucide et volontaire. La quête du père absent n’est pas la seule trame de l’histoire qui se plait à les multiplier. L’auteur semble rendre hommage à tous les oubliés : les anglais d’origine étrangères envoyés dans des camps pour la durée de la guerre, les objecteurs de conscience maltraités par leurs voisins, les soldats revenus de guerre sans handicap physique mais avec des traumatismes psychologiques bien souvent irréversibles.... Encore un très beau livre de l’auteur du livre Le garçon en pyjama rayé.
« Les combats avaient commencé le 28 juillet 1914. Certains pourraient ne pas se rappeler cette date avec autant de précision, mais Elfie, lui, ne l’oublierait jamais. C’était le jour de son anniversaire. »

coup de coeur Là où naissent les nuages / A. Heurtier. - Casterman. 2014

A Amélia, la vie semble avoir tout donné : des parents aimants, un foyer confortable, des amis… Mais c’est l’image d’une jeune fille angoissée mal dans sa peau et son embonpoint que nous découvrons, qui vit dans l’ombre et l’admiration de ses parents. Ces derniers, militants, ont l’occasion d’aller en Mongolie : un voyage familial s’organise. Mais c’est seule en définitive qu’elle partira, à la découverte d’une vie âpre, violente, difficile, où la situation économique désastreuse du pays se complique de façon dramatique lorsque les hivers sont très rudes (dzud). Les nomades sont alors contraints de rallier la capitale et de s’installer dans un bidonville « ravagé par l’insalubrité, la violence et l’alcoolisme » ; les enfants sont alors les premières victimes. The Shelter, l’association que rejoint Amélia, leur vient en aide. Le contraste de leur vie apparaît comme indécent et Amélia se donnera corps et âme pour apporter sa pierre à l’édifice.
Amélia décrit très justement et sans concession le décalage entre sa vie ouatée et égo-centrée et celle, féroce, de certains enfants mongols. Les premières réactions apeurées (« Est-ce que je pouvais changer la date de mon retour, histoire de rentrer avant qu’il y ait trop de souvenirs qui viennent pourrir ma tranquillité ? ») laissent très vite place à une vision du monde élargie, enrichie, consolidée de valeurs solides. Et elle en aura bien besoin lorsqu’une découverte fortuite la ramènera à sa propre histoire, à ses origines…
Une histoire forte qui réussit brillamment à faire résonner, en écho, l’intime et l’altruisme.
Autre lecture
D’un milieu aisé, Amelia est pourtant mal dans sa peau. Les circonstances vont l’amener à partir un mois en Mongolie pour travailler dans une association humanitaire qui vient en aide aux enfants. Ce voyage va changer sa vie...
Au début de l’histoire, Amélia manque de confiance, elle n’est pas volontaire pour partir et a peur. Mais pour tenter de se sentir mieux elle décide de relever le défi et va rencontrer le passé de ses parents. Le récit initiatique présente la découverte des coutumes mongoles, la difficile condition des enfants mais aussi la révélation d’un secret familial. Il s’agit donc en quelque sorte d’un héritage.
Le lecteur suit la métamorphose de la jeune fille, entre dans le quotidien d’une association humanitaire, pénètre dans les yourtes, et ressort lui aussi... changé ! A lire absolument !
« Pour eux, je n’étais qu’une bénévole parmi tant d’autres, de celles dont le visage se serait effacé quelques mois plus tard. A l’inverse, je savais qu’ils faisaient désormais partie de ma vie. Mon passage parmi eux était mon premier tatouage : indélébile. »

coup de coeur Le chien anarchiste / T. Maricourt. - Chant d’orties. 2014

30 courtes pages avec quelques illustrations -trop enfantines dommage-, pour une histoire coup de poing. Celle d’une chienne accueillie par un homme qui normalement n’aime que les chats mais se laisse séduire par son caractère généreux. La chienne s’entend à merveille avec les chats, enfants et autres animaux gravitant alentour. « Tout ce petit monde vit ensemble » dans une joyeuse anarchie et cette « harmonie entre les vivants » enchante l’homme. Une harmonie que viennent troubler les chausseurs, qui ne se contentent pas d’être cruels mais aussi d’une bêtise crasse...

A partir de 7 ans

coup de coeur Solitaire / B. Ashley. - Bayard. - (Millézime). 2014

Il se réveille sur une île seulement habitée par quelques chèvres. Aucun souvenir de ce qui l’a amené ici, de son passé... son identité semble être une friche vierge. Seules certitudes : il se sent chez lui sur cette île et est habité par une forte volonté de paix. Son nom sera donc Pax, il ne tuera pas même pour se nourrir.
Parallèlement à la survie sur l’île déserte, nous suivons l’histoire de Mike, grand-père de Joseph disparu lors d’une attaque d’un bateau, en zone de guerre. Joseph a-t-il été tué ou se peut-il qu’il soit le survivant repéré sur une petite île ? Mike décide de s’y rendre lui-même…
La rencontre du vieil homme richissime et du jeune traumatisé pacifiste et les liens qui se tissent entre eux nous surprendront à plus d’un titre. Nous ne dévoilerons évidemment pas la fin mais préciserons que le roman qui commence par une aventure de survie s’étoffe (certes un peu lentement) en une réflexion sur les guerres, la non-violence et le principe de réalité...

coup de coeur Le sens de l’honneur / R. Godel. - Oskar. - (Court métrage). 2014

Yvan, qui a tué Sandra ; Pauline, la sœur d’Yvan ; Thomas, petit ami de Pauline ; Sandra victime et déclencheur du drame. Tous se partagent les chapitres de ce court roman pour expliquer comment une histoire de rivalité amoureuse bascule dans la mort. Inspiré d’un fait divers, cette histoire dramatique montre les conséquences terribles des préjugés. S’aimer ne devrait jamais être honteux ; pourtant, cet amour-là, secret puis révélé dans la haine, causera la mort. Un gâchis dû à la bêtise ordinaire.

coup de coeur Le jour d’après / C. Léon. - Thierry Magnier. 2014

Dans ce mode narratif, cher à Christophe Léon, d’entrelacements de personnages et de séquences temporelles, ce sont les vies de Tilly, Fred, Jean et Sofia qui vont se croiser pour un drame annoncé.
Les 2 premiers sont recherchés par la police pour une histoire anecdotique, un malentendu. Le second, retraité solitaire, les accueille et les embarque un peu malgré eux à la campagne. Là, Sofia pourra régler ses comptes avec son passé douloureux et ce ne sont pas seulement les coupables qui seront punis…
Autre lecture
Le père de Tilly frappe sa mère. Celui de Fred vient de quitter la sienne. Ils vont se rencontrer dans le métro et fuir ensemble après une altercation avec un "Frotteur". Ils vont croiser la route de Jean un retraité que ses enfants veulent mettre en maison de retraite et d’une jeune fille enfermée dans un terrible secret... La rencontre entre ces êtres en souffrance risque bien d’être... explosive !
Un roman bien construit avec au final une fin plutôt surprenante. Les cicatrices des personnages sont si nombreuses que le tableau de la société peinte par l’auteur est particulièrement noire même si les deux personnages principaux amènent une touche de fraîcheur et d’espoir... La jeunesse est en définitive à la fois un point d’explosion et une possible reconstruction. Intéressant.
« J’ai décidé qu’ils sont homme et femme. Pour l’intrigue c’est mieux. ça laisse la porte ouverte à un tas de possibilités. Ils pourront se détester, s’aimer, s’arracher les cheveux... La suite maintenant. »

A partir de 14 ans

coup de coeur Je suis en Chine / C. Ferey Fleury. - Oskar. - (Court métrage). 2014

Il y a l’écriture du rêve, de l’évasion en Chine, du raffinement. Puis il y a celle en italique, plus abrupte, violente, qui dit les injures et les coups qui fusent. La narratrice subit, regarde sa mère se faire cogner régulièrement par son beau-père. Mais un jour, stop ! Le rempart de l’imaginaire ne suffit plus et elle passe à l’action. « Je n’irai plus en Chine ».
La violence conjugale et la maltraitance vues par un prisme particulier, celui de la fuite dans l’imaginaire. Deux pages documentaires complètent le propos ; un ouvrage court pour aborder le thème.
Autre lecture
Pour échapper aux violences conjugales de son beau-père envers sa mère, une jeune fille s’évade dans une Chine imaginaire. Comme « on ne sait jamais comment ça commence », elle est en permanence sur le qui vive, tentée de disparaître dans son monde intérieur. Mais le paravent est bien frêle et il devient impossible de refuser de voir et d’entendre...
Court récit qui alterne les descriptions d’une Chine magnifique et la dure réalité d’un petit appartement où se déroule au quotidien une violence incompréhensible et inacceptable. L’auteur réussit ainsi à évoquer avec pudeur mais aussi avec force l’indicible.
Quelques chiffres en fin d’ouvrage permettent au lecteur de mieux connaître la réalité des violences faites aux femmes, en France et dans le monde. Quelques exemples : une femme sur cinq dans le monde sera victime de viol ou de tentative de viol au cours de sa vie. 40 % des femmes de l’Union européenne ont fait état d’une forme ou d’une autre de harcèlement sexuel sur le lieu de travail. 80 % des enfants vivent au domicile où s’exercent les violences et y sont exposés.
Violences conjugales info : 3919 (gratuit) pour dénoncer, obtenir une écoute et une aide
« Je baisse la tête, ce que je ne vois pas n’existe pas. Si je ne le regarde pas, il va peut-être disparaître, éclater comme ces dragons de papier mâché qui hantent les rues pour la fête du Nouvel An, leur langue rouge dardée peut très vite s’enflammer, grésiller et se racornir, devenir noire, devenir cendre, devenir...
...rien.
Il n’est rien. Il n’a pas de place dans mes rêves.
Quand je suis en Chine.
 »

A partir de 13 ans

coup de coeur La migration des canards / E. Gonçalves. - Ecole des loisirs. - (Théâtre)

Cette pièce de théâtre raconte la souffrance d’une fille d’immigrés, gardiens d’immeuble. Son père-tyran croit pouvoir offrir un avenir meilleur à cette écolière de dix ans en employant des mesures coercitives, il l’isole et voyant que cela n’aboutit à rien, la frappe. Il maltraite aussi la mère qu’il juge responsable de cette situation.
Meurtrie par la souffrance et la solitude forcée, l’enfant se mure peu à peu dans le silence et entre dans une spirale d’échec scolaire.
Une façon singulière et percutante d’aborder le thème de la maltraitance et de la tyrannie dans la cellule familiale.
Autre lecture
Un père issu de l’immigration se sert de la violence en croyant ainsi permettre à sa fille d’échapper à sa condition sociale. Pas de vacances, pas de sortie mais une vie rythmée par les coups. La stratégie mise en place par le père pour éviter la différence ne réussit même pas à empêcher celle-ci d’éclater à l’école... Que reste-t-il à l’enfant ?
L’auteur de cette pièce de théâtre nous fait entendre tour à tour trois voix : celles des parents et celle de l’enfant. Les mots sont terribles. Il n’y a pas de jugement mais un simple constat. Chacun campe son rôle et il ne reste à la petite fille que le vol des canards sauvages pour laisser un peu d’espoir dans cette tragédie.
« L’enfant sait que le père est capable de beaucoup
Le père est fort et courageux
Le père agit quand il faut
Le père est pragmatique
Il varie le nombre de coup
Leur intensité
Le matériel
L’ endroit de la frappe selon la faute à corriger
 »

coup de coeur La claque / M. Wiéner. - Thierry Magnier. - (Petite poche). 2013

Aglaé, 9 ans, et son ami attendent le père d’Achille qui doit les ramener du centre de loisirs. Personne ne vient, les animateurs sont partis, les 2 enfants décident de rentrer à pied en prenant un raccourci à travers bois. Les enfants sont assez fiers de se débrouiller seuls. Mais lorsqu’Aglaé arrive, elle reçoit une gifle monumentale de la part de son père. Est-ce que son père a cessé de l’aimer ? Faut-il ête d’accord avec son grand-père qui pense qu’une bonne raclée peut apprendre la vie ? Quel sens donner à ce geste ?
Petite tranche de vie dès CM2-6°, condensée d’angoisse, d’injustice, de rage, d’amour fort qui s’exprime, égaré, dans la violence. La parole retrouvée apaisera les esprits mais le geste laissera des traces...

coup de coeur Coup de talon / S. Deshors. - Talents hauts. 2013

Tout bascule dans la vie de Lucie et Laure le jour où cette dernière subit une humiliation dans le métro. Sous le regard désespéré de sa sœur, Laure se laisse tout doucement sombrer dans la dépression et l’anorexie. Lucie a du mal à tenir sa promesse de ne rien dire à ses parents qui ne voient rien et fait des tentatives maladroites pour tenter de sortir sa sœur adorée de ce cauchemar.
Un roman très réussi sur les rapports fille/garçons, la violence et la résilience.
Autre lecture
Quelques minutes et l’univers doux et confiant de Lucie et Laure se fissure : les sœurs sont dans le métro, une bande de garçons pénètre dans la rame, bouscule Laure, l’agresse, l’insulte, l’humilie. Juste parce qu’elle est belle, qu’elle a mis une jupe. La voilà salie. Lucie, un peu plus loin, n’a rien pu faire, ne peut qu’observer sa sœur aînée basculer dans le silence, la honte. Surtout ne rien dire. Lucie, narratrice, tente de venir en aide à sa sœur mais la voilà si loin maintenant…
La discrimination dans toute sa banalité quotidienne, souillure indélébile. Mais dans la solidarité, le partage, la parole, les anonymes sexistes n’auront pas gain de cause ! Coup de coeur de Myriam

coup de coeur Rien que nous / K. Halbrook. - Albin Michel. - (Wiz)

Zoé et Will fuient en direction de Las Vegas. Ils fuient le père violent de Zoé, 15 ans, et le silence complice de ceux qui savent, ils fuient le foyer sans avenir de Will, tout juste majeur, et sa rage incontrôlable. Ils fuient avec seuls bagages quelques dollars volés et un amour immense. Chacun veut protéger l’autre des coups durs de la vie, de soi-même également. Leur amour sera-t-il assez fort pour résister aux aléas d’un cavale ?
En chapitres alternés, les deux amoureux clandestins confient leur formidable espoir d’une vie meilleure mais aussi leurs doutes sur leur propre capacité à être à la hauteur de l’amour de l’autre. Galvanisés par l’amour, ils mettent à l’épreuve leur capacité de résilience. Nous espérons avec eux que l’avenir leur soit clément, alors que les difficultés s’amoncellent...
Autre lecture
Will et Zoé s’enfuient ensemble en voiture en espérant rejoindre Vegas et commencer une nouvelle vie. Ils partagent, sur la route, de vrais moments de bonheur. Mais Zoé est mineure et Will, qui a déjà un lourd passé est vite recherché pour enlèvement. A travers leurs confidences se dessine leur passé sous le joug de la violence. Arriveront-ils, transportés par la force de leur amour, à s’échapper et se reconstruire ?
Le récit de la cavale est une descente aux enfers qui fait écho à leurs traumatismes personnels. Maltraitance du père chez Zoé, litanie de familles d’accueil pour Will. L’amour est dès le départ marqué du sceau de la violence avec la nécessité d’assommer le père au moment de leur fuite. La gradation de leurs forfaits les peint en couple maudit. Mais tout n’est pas sombre puisque chacun réussit à atteindre une forme de résilience.
« Pas de coups. Il faut que ça devienne une règle entre nous. Jamais, jamais de coups sur quelqu’un qu’on aime. »

coup de coeur Sur la tête de l’amour / B. Lanneau. - Sarbacane. - (Exprim’)

Slam deale les rimes. Il vend des vers pour les rappeurs de la cité en mal d’inspiration. Seul, isolé, il vit comme une ombre, un réverbère. Et surtout il ne prononce pas un mot. Mais lorsqu’il croise Nora, c’est le foudroiement. La jeune fille tente de réussir au lycée. Intelligente, seule l’orthographe lui pose un réel problème... Mais la cité est là, dans les cages d’escalier, les grands frères, la religion, les règles, la musique... Arriveront-ils à se rencontrer et pour quel avenir ?
Une romance au cœur de la banlieue ? Non, pas vraiment, pas seulement. Plutôt un périple pour décrire la difficulté à amener les mots à se reformer, les individus à se retrouver. L’écriture elle-même "scratch et clash". Le récit s’affole et ralentit. Les mots s’étalent. Et c’est tout un monde qui s’offre à nous. Celui dans lequel les mots ont un pouvoir absolu et à la fois manquent souvent terriblement à nos protagonistes. Alors laissez vous tenter !
« Personne ne le connaissait. Rien. Sans histoire, aucune réput’, pas de cicatrice, ni de trous de boulette dans le survêt. Tout le monde se demandait, c’est qui ce gars chelou, vu que jamais on ne le voyait en plein jour et qu’il passait toutes ses soirées planté sous un réverbère. Il habite où, quel bâtiment, en plus il est seul-tout, il a pas de renp’s ? C’est là que les rumeurs ont commencé, vilci, taulard, espion... S’ils savaient. »

coup de coeur Desert Angel / C. Price.- Thierry Magnier. 2013

C’est une société américaine bien noire qui tient lieu de décor à ce roman passionnant et haletant. Angel a aujourd’hui 14 ans et sa mère l’a entraînée toute sa vie dans ses galères amoureuses. Scotty le dernier amant en date est un véritable monstre. Après avoir tué sa mère, il tente d’en finir avec l’adolescente qui réussit à fuir de la caravane à laquelle l’homme a mis le feu. Commence alors une chasse à l’homme (à la jeune fille en l’occurrence) terrifiante. Scotty ne saurait laisser derrière lui le témoin du meurtre...
Angel n’a jamais eu d’amis ni d’adultes bienveillants à son égard, c’est pourquoi elle aura du mal à faire confiance aux Mexicains, peuple lui-même maltraité, qui croiseront son chemin et n’hésiteront pas à se mettre en danger pour elle. Elle n’aura pourtant pas le choix et devra croire à un avenir possible.
Autre lecture
Ambiance oppressante pour une traque sans merci. Sa mère vient d’être tuée, Angel, témoin gênant, n’a pas de temps à consacrer à sa peine et doit fuir son assassin. Mais l’homme est un chasseur, un braconnier et même si Angel a eu le temps d’apprendre un peu de ce beau père éphémère, elle doit bien vite demander de l’aide. Avant de fuir à nouveau. Lorsqu’elle comprend que Scotty est prêt à tout pour la retrouver, y compris briser ceux qui l’ont aidée, elle se sent prise en étau : se débrouiller seule, mais que peut une jeune fille de 14 ans face à un tueur aguerri ? Ou accepter l’aide de personnes bienveillantes alors que ce fut toujours à elle de veiller sur la seule personne de son entourage, « sa mère, toujours dans le dénuement et les drames ». Angel, dans ce tourment incessant, fera l’apprentissage de la confiance en l’autre et en soi. « Jusqu’à quel point pouvait-on se détester soi-même ? Existait-il une limite à la haine de soi ou finissait-on par exploser comme les bombes de Scotty ? »
Un roman très prenant dès le départ, avec quelques baisses de rythme dans les doutes et revirements permanents d’Angel.

coup de coeur Pour toi je décrocherai la lune / G. Hughes. - Seuil

Roberto et sa sœur Marie-Claire, dit "le rat", vivent avec leur père à Winnipeg, une petite ville de la campagne profonde canadienne. Marie-Claire a un don particulier. Elle voit l’avenir et, plus particulièrement, sait d’instinct à qui faire confiance. Mais, comme une sorte de malédiction, elle a en retour de graves crises d’épilepsie. Lorsque leur père décède, les deux enfants se retrouvent seuls et pour éviter d’être placés, ils se mettent en tête de retrouver leur oncle inconnu et riche paraît-il qui vit à New-York. Leur voyage est semé d’embûches mais ils vont aussi faire des rencontres étonnantes grâce à Marie-Claire : un dealer, un escroc, une star du rap…
Une jolie histoire servie par une belle écriture, malgré quelques évènements improbables dans un texte qui se veut malgré tout réaliste. La relation frère-sœur est traitée avec beaucoup de finesse et de sensibilité, ce qui constitue le principal intérêt du livre. Roberto est le narrateur et il est en permanence partagé entre l’agacement provoqué par les excentricités de sa sœur et son amour pour elle. La fin est magnifique.
Un livre qui plaira aux lecteurs qui n’ont pas peur de sortir des sentiers battus.

Autre lecture Quand leur père meurt, Bob et Marie-Claire décident de partir retrouver l’oncle qu’ils n’ont jamais rencontré à New York. On suit donc le parcours de ces deux enfants que rien n’arrête. La fillette, surnommée Le Rat par son frère, semble posséder le don de voir à travers les gens : elle est capable de déterminer au premier coup d’œil si les personnes qu’elle rencontre sont dignes de confiance ou non. Elle est d’ailleurs si attachante et positive que l’on ne peut que vouloir l’aider, ce que beaucoup de personnages vont tenter de faire. Elle cache toutefois un secret : elle est prise de tremblements inexplicables et d’absences que son frère arrive de moins en moins à maîtriser et qui pourraient mettre sa vie en danger. Une belle histoire d’amitié. Des personnages bien dépeints et inattendus. Point de vue narratif du frère bien restitué. A conseiller donc. Sandy Morel

coup de coeur Camp Paradis / J.-P. Nozière. - Gallimard. - (Scripto). 2013

Pa ne comprend pas pourquoi Boris veut devenir écrivain : « La guerre toujours. La violence toujours. Les luttes de pouvoir toujours. La force brutale toujours pour imposer sa loi à l’autre. Les bouquins n’ont pas changé ça d’un iota. » Pour preuve l’histoire de ces éclopés de la vie qui ont trouvé refuge à Camp paradis auprès de Pa et Ma. Victoire, l’esclave ; Fatouma, l’enfant soldat ; Serge et son bras manquant, victime des superstitions de la population ; Djodjo qui fuit la famine, conséquence des « combats entre les milices rivale ou les bandes armées d’ethnies différentes » ; et Boris, dont le père marchand d’armes permet tous ces massacres… Mais Boris note, veut témoigner plus tard de ces destins tragiques, de ce havre de paix qu’est Camp paradis où ni la religion, ni les mauvaises intentions, ni l’argent ne sont tolérés. Comment ces quelques personnes, isolées au sein des luttes armées en quête de pouvoir et d’argent, vont-elles résister ?
Jean-Paul Nozière sait susciter l’émotion, l’empathie, la révolte avec des phrases percutantes et des personnages fortement campés. Et même si « cette histoire se déroule dans un pays imaginaire (…) raconte des événements imaginaires. Évidemment », elle nous dit beaucoup -évidemment- de la violence de notre monde mais également de la résistance possible. Malgré tout.
Autre lecture
Un couple recueille des enfants blessés par la vie : c’est Camp Paradis. Boris est l’un deux. C’est lui qui va nous raconter l’histoire de ce lieu hors du temps et surtout des destins qui s’y croisent. Leur arrivée, comme leur histoire, est toujours particulière, unique. Nous allons suivre plus particulièrement le parcours de cinq d’entre eux, chacun ayant sa propre blessure : enfant soldat, enfant violenté, enfant dans tous les cas rejetés par leur milieu en raison de leur différence ou d’un coup du destin. Le récit s’accélère avec l’arrivée de la guerre aux portes même de Paradis...
Un roman fort, universel qui a pour thème principal celui de la seconde chance avec pour arrière plan celui des enfants dans la guerre. La construction est réussie, les personnages continuent à vivre en nous une fois le livre refermé. 
« A Paradis, n’entrent ni les races, ni les couleurs de peau, ni les religions, ni l’argent, ni le désir de possession, ni le désir de dominer les autres, ni la violence, ni les égoïsmes, ni les rivalités, prévenait Ma, le premier jour de l’arrivée d’un éclopé de la vie. Les termes du contrat étaient clairs et furent tenus. Du moins jusqu’au survol de Paradis par ce maudit avion. »

coup de coeur Engrenages / C. Léon. - Oskar. - (Polar)

Le roman s’ouvre sur le procès de jeunes hommes et tout le propos sera ensuite d’expliciter comment ils en sont arrivés à cette extrémité. Comment une amitié de village a engendré un commando dont les membres ont perpétré des vols violents, alors même qu’ils connaissaient les victimes, et quelques fois de très près… Une escalade glaçante, qui fait part des doutes et des réserves de chacun des membres -sauf peut-être du leader- sans que cela n’enraie la violence…
Bien sûr les histoires personnelles des 4 membres amènent à comprendre cet engrenage (parents absents ou défaillants, échecs scolaires relatifs, boutons ingrats sur le visage, vide de la vie rurale), mais aucun des éléments donnés ne semble déterminant. Les actes criminels graves commis par des mineurs restent au final aussi incompréhensibles que tragiques. Le lecteur, atterré, aura de quoi débattre de l’effet de groupe, de la violence qu’il peut engendrer, niant les individualités…
Un roman à rapprocher de La pouilleuse pour l’approche froide et distanciée de la violence.

coup de coeur No pasaran, endgame / C. Lehmann. - Ecole des loisirs. - (Médium)

Final de No pasaran. Eric et Thierry en ont maintenant la certitude : Andreas est coincé en 1942, juste au moment de la rafle du Vel d’Hiv. Les deux amis ne se font pas d’illusions : leur ancien camarade de classe n’hésitera pas un instant à se ranger du côté de l’Allemagne nazie. Eux ne peuvent plus rien faire : ils sont désormais bannis du jeu. Heureusement, Gilles, le frère d’Eric tout juste revenu d’Irak, découvre l’incroyable réalité et se lance à la poursuite d’Andreas. En plongeant lui aussi dans la France Occupée, il se retrouve alors en danger, que ce soit dans le monde virtuel ou réel.
Une trilogie terminée en beauté. L’intrigue ne laisse pas un moment de répit. Le lecteur va de surprise en surprise sans avoir le temps de s’ennuyer. L’antisémitisme des Nazis, la guerre en Irak, le nettoyage ethnique dans l’ex-Yougoslavie, le racisme anti-arabe et l’islamisme fondamentaliste sont autant de manifestations d’un mal universel et permanent qui cherche à s’exprimer en toutes occasions, surtout dans les périodes de conflit. La conclusion est plutôt pessimiste, en partie contredite par l’issue de l’intrigue qui voit l’adolescent égaré sortir, de justesse, du cercle vicieux de la haine.

coup de coeur No pasaran, le jeu / C. Lehmann. - Ecole des loisirs. - (Médium)

Recueil comprenant deux titres : No pasaran, le jeu publié en 1996 et Andrea le retour en 2005.
Trois ados sont passionnés de jeux vidéo. Eric et Thierry sont plutôt sympathiques mais leur camarade Andreas est brutal avec des opinions qui penchent vers l’extrême droite. Au cœur de l’intrigue se trouve la possibilité, grâce à un jeu vidéo spécial, d’accéder aux événements réels du passé : les combats de la première guerre mondiale, de la guerre d’Espagne, de la guerre en Irak et le déroulement de la rafle du Vel d’hiv. Andreas est happé par le passé...
Il ne sera pas étonnant, vu la première date d’édition, que les lecteurs trouvent les détails sur les jeux vidéo un peu datés. Mais l’ouvrage apporte une réflexion sur la guerre, constitue une dénonciation de la barbarie et du racisme. Quant aux jeux vidéo vus par le prisme de ce roman, faut-il les considérer comme dangereux car violents ou éducatifs, vecteurs d’une leçon historique ?

coup de coeur A copier 100 fois / A. Dole. - Sarbacane. 2013

Il ne peut rien dire à son père qui lui dit d’être un homme, un vrai. De savoir se défendre, se battre même s’il le faut. Alors il encaisse chaque jour au collège les coups, les humiliations, les insultes (fiotte, pédé) et rêve d’avoir à ses côtés, un père qui le protégerait, lui apprendrait les mots pour riposter. Pris en étau entre la violence au collège et les faux semblants à la maison, un jour il craque. La confrontation avec son père est devenue inévitable. Et salutaire.
Autre lecture
Antonin est victime de harcèlement de la part des autres élèves qui lui reprochent d’aimer les garçons. Mais ce qui le blesse le plus c’est l’attitude de son père qui estime qu’il suffit d’agir en homme pour régler les différents entre jeunes. Jusqu’au jour où...
Les thèmes de la violence à l’école et de l’homosexualité passent, au fur et à mesure des 56 pages du récit, en arrière plan pour révéler un sujet plus universel, celui du soutien nécessaire des parents pour aider l’adolescent à se construire.
« Papa m’a dit cent fois d’être un homme, et d’agir comme un homme. Oui mais Papa, lequel ? Je veux pas être comme Vincent, n’être fait que de bruits, de cris et de colère. Pourquoi tu m’apprends pas les mots, plutôt ? Les mots qui soulagent, les mots qui apaisent, je voudrais avoir les mots qui soignent, ceux qui ne laissent pas seul. Ceux qui ne me viennent pas quand les choses vont trop loin : « Arrête maintenant, arrêtez, c’est trop ». C’est ces mots-là Papa, que tu dois me donner la force de dire. »

coup de coeur La pouilleuse / C. Beauvais. - Sarbacane

Ils sont 5 élèves de première issus des beaux quartiers qui décident, une énième fois, de sécher les cours. Comment les évènements se sont enchaînés ? Le narrateur ne sait trop comment l’expliquer mais il énumère les faits, comme incapable d’avoir de la distance. Ils se sont baladés, ont acheté à manger, croisé une classe, une gamine un peu à la traîne et l’ont chopée. Parce qu’elle a des poux, parce qu’ils doivent évacuer une haine de l’autre, la petite Elikya va subir leurs humiliations, leur violence psychique qui veulent la réduire à l’état de parasite, comme les poux qu’ils lui chassent de la tête.
Un « crime social, un crime raciste, un crime de classe » décrit dans toute sa violence et son absurdité. Et son actualité. L’empathie reste minimale.
Autre lecture
Une bande de jeunes lycéens kidnappe une petite fille. David raconte l’inexplicable. Comment ils en sont venus à séquestrer une toute jeune enfant, le déroulement des faits. Manque l’explication. Quelques pistes sont évoquées...
Un livre qui met mal à l’aise. Un fait divers sous forme de fiction mais qu’on imagine très bien se dérouler dans la réalité ! Il évoque avant tout le phénomène de groupe et les terribles effets combinés de l’ennui et de la haine. Pourtant, même si les thèmes abordés sont intéressants et l’écriture fluide, le récit reste de l’ordre des "affaires non élucidées", frustrant. Au final, il ne reste que la démangeaison.
« Ils ont essayé de chercher des explications, ils ont voulu comprendre, on a essayé de les aider en répondant à toutes leurs questions. On a été très dociles. Ca n’a pas fait avancer les choses. »

coup de coeur Douce nuit, minus ! / S. Deshors. - Rouergue. - (DoAdo noir)

Le soir de Noël, Aurélien, 14 ans, vient de voir sa mère interpellée par un vigile pour avoir volé un jeu vidéo. Lui a filé et ère jusqu’à ce qu’il encontre Nasta, jeune rebelle d’une vingtaine d’années qui vit dehors. Tous deux, bien décidés à se venger des réjouissances de Noël qu’ils détestent, vont se retrouver à vivre un cauchemar, une course poursuite avec de vrais méchants. Soirée vécue comme un jeu vidéo, sauf qu’il n’ont qu’une seule vie !
Combats sanglants et vrais frissons sont l’apanage de cet univers noir, glauque, dans lequel les ados vont vraiment se retrouver...
Autre lecture
C’est un Noël spécial qui attend Aurélien. La virée au centre commercial avec sa mère s’est terminée abruptement : elle a été coincée parce qu’elle avait voulu “offrir” un cadeau à son fils. Lui est en cavale pour échapper au vigile. Dans sa fuite, il croise Nasta, un doux dingue fracasseur de pères noël, Torg, un père noël obèse aux intentions douteuses, sa femme et un vieillard en pleurs. La misère sociale dans toute son humanité et son horreur, de quoi faire grandir Aurélien d’un coup.
Un roman noir référencé manga, qui rivalise de dinguerie et de violence.

coup de coeur La peau d’un autre / P. Arnaud. - Sarbacane. - (Exprim’)

Prise d’otages dans une école maternelle. Les voix de chaque protagoniste se croisent, chacune avec son histoire propre, ses valises (lourdes, très lourdes), son lot de coups et de bleus. Un drame se joue, tous ou presque en en déjà vécu un, et c’est ce traumatisme initial qui refait surface, obturant un peu le présent. D’où le malaise, accentué par le récit distant, froid, brut, cash. Dans ce résultat présent se jouent des règlements de comptes passés...
Autre lecture
Il fait irruption, arme au poing, dans la salle de classe de petits de 6 ans, bien décidé à "leur" en montrer, aux autres dehors ! Car si jusqu’ici, il a subi en silence les déceptions, les humiliations et les coups, juste parce qu’il est toujours "différent", où qu’il soit (albinos en Afrique, bizarre en France), aujourd’hui, il veut reprendre le pouvoir sur sa vie et l’imposer à tous !
Nous découvrirons petit à petit les bribes de ses motivations et de son histoire, en alternance avec d’autres points de vue, celui de la maîtresse, d’une des fillettes…
Ce sont bien sûr les failles et les forces de chacun qui apparaissent sous les carapaces, suscitant progressivement de l’empathie entre les personnages mais aussi chez le lecteur.
Une narration très efficace, au plus près des pensées décousues et sincères des personnages, qui exposent la situation dans toute sa complexité et son caractère implacable… Coup de coeur de Samy

coup de coeur Une mère quelque part / B. Gérard. - Jasmin

Mika est une boule de violence et d’arrogance. Un père directeur au CNRS toujours prêt à le défendre dans ses conneries, une belle-mère qui redoute sa méchanceté, Mika semble ne jamais pouvoir sortir de ce schéma. C’est sans compter sur la rencontre avec Evan, un camarade de classe, de Cathy, surveillante au lycée et de son amie Nina. Tous les 4 partent de façon fort improbable à la recherche de la mère de Mika, en Belgique.
L’histoire est dressée à grands traits et manque de vraisemblance mais elle est attachante dans la description des personnages, tous plus ou moins perdus et tentant de se défaire de leurs démons. Dans la solidarité -pas forcément synonyme d’amitié souriante-, ils découvriront l’histoire de la mère de Mika (mère maltraitante parce que maltraitée) et trouveront eux-mêmes leur voix.

coup de coeur L’ heure de la vengeance / J. Chr. Naess. - Thierry Magnier

Un père militant, une mère décédée d’overdose, Kurt, 17 ans, semble être la synthèse de ses deux parents, tiraillé entre quête de justice et de pureté et rage contre le monde. Sa seule amie : une vieille dame au passé nazi, qui vient d’être assassinée. Kurt est persuadé que la police se trompe de coupable et mène son enquête parallèle. En suivant le déroulement de son raisonnement, nous découvrons la personnalité de Kurt, ado solitaire à tendance dépressive, raciste, homophobe, à la répartie acerbe.
Le lecteur suit, médusé, la vengeance d’un ado même pas détestable qui semble refléter la société norvégienne. Pas de happy end, pas de rédemption, juste le constat d’une situation latente qui semble explosive. Pour grands ados et adultes.

coup de coeur Clash sur la ligne 9 / C. Ribeiro. - Oskar. - (Court métrage)

Phrases courtes, heurtées, exclamatives, pour exprimer un malaise certain. Le narrateur de ce très "court métrage" qui a pour décor un bus en mouvement, observe une altercation entre un inconnu et Fadel, qu’il connaît de vue. Le premier vole une passagère, le second l’interpelle et l’échange dégénère. Et le rôle du narrateur dans tout ça ? N’y aurait-il pas maldonne sur celui qu’on lui attribue ?
Un texte essoufflé plein de rage et de dégoût, pour un personnage qui va devoir apprendre à vivre avec ce qu’il n’a pas fait...
Autre lecture
Vendredi soir. Julien attrape le bus de justesse pour rentrer chez lui. Soulagé, il va s’asseoir au fond du bus, loin de la promiscuité des autres voyageurs. Mais va alors se dérouler devant ses yeux une agression violente. Que faire ? Comment réagir ? Surtout que la victime est une connaissance...
C’est avec efficacité que l’auteur décrit l’impuissance qui peut nous saisir face à une violence soudaine et inattendue. Qu’est ce qu’un héros ? Qu’est ce qu’un lâche ? Le récit est raconté comme une scène de film, par le jeune encore sous le coup de l’émotion. Mais comment expliquer ce qui ne peut l’être ?
"T’entends ça aux infos : une nana se fait agresser dans la rue, ou violer dans un train ; personne ne bouge. Et toi, tu brailles devant la télé que ce n’est pas possible. Que les mecs n’ont rien dans la culotte. Que si tu avais été à leur place... Que dalle ! A ta place ; t’y restes. Collé comme un insecte à du papier tue-mouches. La honte. Trop dégueulasse ! "

coup de coeur Kill all enemies / M. Burgess. - Gallimard. - (Scripto)

Billie, Alex et Rob sont trois ados en difficulté, souffrance, déroute.
Billie n’est plus la bienvenue chez elle, alors même qu’elle s’est dévouée des années durant, et depuis ses 10 ans à peine, pour porter sa famille à bout de bras. Elle est un condensé d’émotions, la violence et la rage ne sont jamais bien loin et stigmatisent la jeune fille comme une bagarreuse impitoyable.
Rob lui est le souffre douleur préféré de son école mais également de son beau-père. Pas question d’embêter sa mère, qu’il idolâtre, avec ses ennuis.
Alex quant à lui, refuse catégoriquement de passer du temps à bucher à la maison. Temps scolaire, OK, devoirs à la maison, hors de question, même s’il doit se heurter avec ses parents et être viré de l’école !
Les histoires alternent et se croisent, avec une violence latente qui va crescendo, et l’on redoute qu’elles s’acheminent vers une voie sans issue pour ces jeunes que tout semble accabler. Car les adultes sont vraiment à côté de la plaque, au mieux professionnels et compatissants, comme Hannah, au pire facteurs supplémentaires des catastrophes annoncées. Mais Melvin Burgess nous surprend et invente une fin digne de ce qu’il a pu observer dans les centres pédagogiques spécialisés anglais. Tout n’est pas noir, l’énergie des gamins, pour peu qu’elle soit guidée par quelques adultes compétents et sublimée par un projet, peut transformer ces ados paumés. Coup de coeur de Chahin

coup de coeur Tapage nocturne / N. Amram. - Oskar. - (La vie)

Antoine, élève de CM2, a un comportement violent. A la question de son institutrice "Qu’est ce que le tapage nocturne ?", le jeune garçon répond que c’est quand quelqu’un "tape en pleine nuit". A l’occasion d’une nouvelle bagarre avec Charles, Antoine est guidé vers une éducatrice qui va l’amener à parler et à jouer. Surtout, il fait la connaissance d’Abdou, jeune réfugié politique, et de Noélie qui ne parle pas du tout. Où l’on apprend que parce que son père est alcoolique et frappeur, Antoine n’a pas appris à communiquer autrement qu’avec les poings.
Autre lecture
Antoine se bat. Dès qu’on le contrarie. Alors qu’il n’est qu’en CM2. Il a la chance que son école bénéficie d’une institutrice spécialisée à l’écoute des enfants ayant des problèmes. Avec elle, Antoine peut comprendre d’où vient cette violence. Et s’ouvrir aux autres, Abdou qui a fui la guerre au Congo ou encore Noélie et sa sœur handicapée.
Petit roman très court sur l’impact que peut avoir la violence du couple sur l’enfant et la résilience possible.

coup de coeur La nuit de la 25e heure / E. Hogan. - Les grandes personnes

Dan est le seul à voir Lexi, une jeune fille qui étrangement apparaît à chaque fois avec plus de marques de coups sur la peau. Il est dans un centre de loisirs avec son père où tous les deux tentent de reprendre leur vie en main. Mais cette nouvelle et unique relation va l’entraîner au-delà de l’imaginable. Lexi, avec ses marques, ne peut pas être abandonnée. Mais pour cela il va lui falloir découvrir son histoire...
A partir d’une base assez classique, un adolescent trop gros qui subit les problèmes de ses parents, l’auteur nous entraîne peu à peu vers un récit étrange et fantastique qui se double d’un bon roman policier. A conseiller à partir du Lycée.
Autre lecture
Daniel se passerait bien de ces vacances avec son père, porté sur la bouteille depuis son divorce. En tête à tête avec lui, Daniel ressent plus fortement encore la culpabilité : si ses parents sont séparés, c’est parce qu’il a été témoin de l’adultère de sa mère et n’a pu le cacher. Heureusement il trouve une oreille attentive, une présence réconfortante en la personne de Lexi. Mais Lexi aussi a ses problèmes, qui les dépassent bientôt tous les deux jusqu’à envahir l’intégrité physique de Daniel, de la plus étrange des façons…
Un roman à l’angoisse palpable qui voit deux personnages lutter contre le cycle infernal et mortifère de la violence, de la culpabilité. Dans la solidarité, ils briseront ce cercle, l’un pourra enfin s’accepter tel qu’il est, dans une relation pacifiée avec son père, l’autre pourra échapper... aux limbes.

coup de coeur La randonnée / C. Léon. - Thierry Magnier

Jeff en est certain, cette randonnée avec 5 de ses jeunes en difficultés resserrera les liens de tous, les valorisera. Lisa, Jennifer, Meriam, Damien et Lukas suivent donc les traces de leur éducateur. Les espérances de Jeff se vérifient assez vite : dès le deuxième jour, les tensions s’apaisent, les jeunes profitent des joies et surprises de la nature. Les choses se gâtent lorsqu’un ours fait son apparition. Mais le danger ne vient pas de là où on l’attend et l’excursion va dramatiquement se gâter. Des jeunes qui semblent reprendre confiance en eux, généreux et responsables, se voient, en toute fin d’ouvrage, saper leur avenir par un monde adulte sanguinaire et irraisonné, représenté -logiquement- par des chasseurs.
Le roman, avec sa construction du récit parfaitement menée et le style direct et minéral, se révèle, avec sa fin pour le moins abrupte et terrifiante, d’un pessimisme rare. Elle interrogera nécessairement le lecteur.

coup de coeur Jolene / S. Cassim. - Ecole des loisirs. - (Medium)

Aurélien est un adolescent qui a du mal à s’engager. Aussitôt que la fille lui cède son cœur, il se sent prisonnier et tente à tout prix de tout détruire. Mais cet adolescent a par ailleurs un monde à lui, la musique blues et son harmonica mais aussi sa mère et son petit frère qu’il tente de protéger. Puis il rencontre Jolène, et c’est comme si une tornade l’emportait...
Un livre dur et beau à la fois sur la difficulté des sentiments. Comment aimer alors que tout semble promis à l’échec ?
Autre lecture
Aurélien ne savait pas que c’était ça, tomber amoureux : ne plus pouvoir vivre quand l’être aimé n’est pas là, être en attente de son retour pour vivre à nouveau. Avec Jolene, "l’univers se remet en place", il peut partager la musique, les émotions, ne rien faire d’autre qu’être amoureux, quitte à rater ses examens de prépa. Sa seule urgence : aimer Jolene. Et l’avenir lui prouvera combien il a eu raison puisque tout a une fin. Tragique celle là, qui fera de leur amour une histoire aussi intense que fulgurante. Comment reprendre pied alors…
On aime à retrouver le monde de Shaïne Cassim : concentré d’émotions, bouillonnement de sentiments éclatés, il ne saurait tolérer longtemps l’inertie.

coup de coeur Dans l’ombre du monde / M. Tabachnik. - Flammarion. - (Tribal)

Huit nouvelles noires, percutantes, réalistes (hélas....) sur le monde actuel et ses contradictions. Qu’il s’agisse d’un policier new-yorkais, bien "rôdé" aux multiples déviances humaines, d’une fillette africaine de 12 ans, pleine de projets plutôt culottés dans sa culture, mais qui se heurte violemment aux pratiques ancestrales de l’excision (ou comment briser l’élan de vie et d’envies....), ou encore du problème Israël-Palestine, où deux familles juive et arabe se sont prises d’amitié avant de s’entretuer. Huit nouvelles sur l’absurdité du monde, sa violence, sa fragilité, ses régressions et paradoxes malgré une mondialisation galopante....
Ton juste et réaliste, pour grands lecteurs, car la réalité est crue et parfois choquante.
Autre lecture
Le sida aux États-Unis ; un chaton en prison, nouvel ami d’un incarcéré ; la circoncision en Afrique ; la guerre et ses haines qui rattrapent deux amis, juif et arabe, près de Jérusalem ; 2 conscrits, hutsi et tutsi, pendant et après la guerre ; la guerre des gangs, en France, qui menace une famille serbe ; un crime conjugal presque parfait…
8 nouvelles plus ou moins longues qui n’ont pour traits communs que "l’ombre du monde", la part sombre des hommes, quelles que soient les régions du monde. Mais on trouve également entre les pages une étincelle d’humanité, d’espoir, qui montre que la violence n’a pas tout à fait gagné.

coup de coeur Récolte la tempête / J.-A. Mazaud. - Milan. - (Macadam)

C’est à son tour, il lui faut entrer dans la maison. Mais Ijaz ne veut pas, comme tous les autres précédemment, violer cette femme, il n’en peut plus de cette violence subie et infligée. Alors il fuit, avec la femme, et tous deux arrivent bientôt au pied d’une forteresse. Il lui faudra convaincre pour y pénétrer, lui, l’homme, alors qu’il n’y a que des femmes par delà la muraille. Enfin, à l’abri, il pourra se reconstruire. Une année sera nécessaire pour accepter son destin d’enfant soldat, pour pouvoir enfin accepter une possible reconstruction…
Un style lapidaire pour tenter d’exprimer l’indicible. Mais quoi qu’il en soit, le texte reste pudique, rapide dans les évocations de l’horreur et insiste sur les souffrances des victimes de guerre. Que sont aussi les tortionnaires...

coup de coeur Bye bye Crazy Girl / J. Schreiber. - La Martinière

Perry est dégouté : il avait l’opportunité de jouer avec ses potes lors d’un concert mais au lieu de ça, il doit accompagner sa correspondante lituanienne au bal de fin d’année. Ordre des parents et Perry ne s’oppose pas à ses parents. Sauf que ce soir, rien ne se déroule comme prévu : la timide et austère Gibija se révèle être une tueuse à gage redoutable qui sème le chaos sur son passage. Perry devient complice par la force des choses, Gobija ayant installé une bombe dans la cave de la maison familiale pour lui faire entendre raison…
Gobi veut venger sa sœur, prostituée et exploitée aux États-Unis, puis tuée par un certain Santamaria. Rien ne l’arrêtera tant qu’elle n’aura pas eu la peau du salaud. Tandis que Gobi assouvie sa vengeance, Perry lui, apprend à s’affirmer devant son père !
On n’est pas loin ici de l’univers de Nikita, avec un déferlement de violence froide (gratuite ?). Le suspense est là, dans une énergie qui ne retombe jamais. Les titres de chapitre sont des sujets de test d’entrée aux universités, ce qui rythme de façon originale le déroulement d’une l’intrigue efficace.

coup de coeur Hate List / J. Brown. - Albin Michel. - (Wiz)

Est-elle un monstre ? A-t-elle une part de responsabilité dans cette horreur ? Certes, c’est elle qui a rédigé la liste de haine, qui a relevé tous les noms de ceux qui les harcelaient et les humiliaient, elle et Nick. Mais elle n’a jamais voulu qu’il passe à l’acte, qu’il abatte froidement leurs camarades de classes. Val, elle-même blessée dans la tuerie, va devoir affronter, à son retour en classe, les élèves rescapés et surtout "des choses plus profondes, plus noires" qui se bousculent en elle. Une introspection menée avec le Dr Hieler qui l’aide à gérer ses propres troubles mais également ses relations avec les jeunes, avec ses parents.
Lorsque les personnes qui nous entourent perdent leurs contours connus, que la grille de compréhension du monde s’altère, il faut tout appréhender avec un œil neuf. Malgré la force de caractère de la narratrice, le processus se fera dans le temps et la douleur. Un roman bouleversant qui nous questionne forcément sur nos rapports à autrui.
Autre lecture
Valérie reprend le lycée plusieurs mois après la tuerie dans son lycée dont l’auteur est...son petit ami qui ensuite s’est suicidé. Un livre émouvant et prenant sur la difficile reconstruction de soi. Après une première partie qui relate les faits avec notamment les papiers, très froids d’une journaliste, nous suivons Valérie dans ses interrogations. Pourquoi n’a t-elle rien vu venir ? Est-elle coupable et responsable ? Son retour au milieu de ses camarades ressemble à un chemin de croix. Mais c’est la dernière partie du livre qui est la plus intéressante, sur la résilience.

Autre lecture : J’ai adoré ce livre dans lequel on suit le quotidien de Vanessa, lycéenne survivante d’une fusillade dans son établissement scolaire, perpétrée par son petit ami. On rentre facilement dans l’histoire et on ne peut plus lâcher le livre ! De plus, le fait que ce dernier soit écrit du point de vue de Vanessa fait que l’on vit les mêmes choses qu’elle et que l’on ressent ses émotions. L’injustice dont fait preuve les élèves survivants face à Vanessa ( ils pensent que c’est elle la coupable car elle était la petite amie du tueur alors qu’elle est aussi une victime) nous émeut. On ne voit pas le temps passer quand on lit ce livre ! Un livre à lire absolument ! Tessa 4ème (collège lumière)

coup de coeur Nickel Blues / N. Monfils. - Mijade

Roman burlesque qui n’est pas sans rappeler le style Tarantino : rythme effréné, spirale infernale. Deux frères ados se retrouvent seuls pendant les vacances. L’ainé, bête et méchant, a tout du looser prétentieux. Du kidnapping au viol, en passant par toutes sortes de violences gratuites, Ralph est le antihéros stupide par excellence. On est emporté par le ridicule et les situations extrêmes voire caricaturales. Les personnages en deviennent presque attachants. Pour lycées uniquement et qui apprécient le second degré (au moins) !
Autre lecture
La maison parentale est saccagée par les fêtes répétées en l’absence des adultes. Mais ils rentrent bientôt et il faut sauver les apparences... Pas question pour Ralph et Tony, les deux frères de se tuer à la tâche pour nettoyer, encore moins de payer une femme de ménage. L’idée ? Kidnapper une femme pour l’obliger à rendre la maison nickel ! Après le kidnapping, pourquoi ne pas tenter la rançon ? Le problème pour les deux frères, c’est qu’en plus d’être grossiers, méchants, feignants, radins, vulgaires, ils n’ont malheureusement pas la monopole de la folie... et vont tomber sur plus cinglés qu’eux ! Ils s’embarquent dans une aventure outrancière, mêlée de sang, de sexe et... d’amour. Mais voilà, quand on considère à la base que les sentiments ne sont rien d’autres que des niaiseries, pas facile d’accepter l’idée d’être amoureux...
Un roman barré truffé de belgicismes pour une ambiance noire, gore même, et loufoque.
Un petit aperçu : "Parce que la vie, madame, il faut la danser avec des souliers de clown pour ne pas tomber. "
"C’est la connerie qui est grossière. Pas les mots."

coup de coeur Adulte à présent / E. Sekloka. - Sarbacane. - (Exprim’)

Ce nouveau roman d’Edgar Sekloka nous conforte dans la certitude qu’il est un écrivain à part dans la littérature pour adolescents française. En effet, ce livre relève plus de la tradition littéraire noire et policière américaine. Les héros sont deux adolescents dont on ignorera le nom, ils seront "la cadette" et "le fils" tout au fil de l’histoire. Dans la première partie, on assiste à l’extermination de toute la famille de la jeune fille au Cameroun par les militaires du régime totalitaire en place. Alors que le peuple se soulève et que les massacres n’en finissent pas, contre toute attente, un membre du gouvernement lui donne de l’argent et l’aide à s’enfuir en Amérique. Elle est alors hébergée dans une famille dont le père trempe dans des histoires de drogue et autres petites affaires louches. La jeune fille issue d’une famille d’intellectuels se sent perdue dans ce milieu sordide. Heureusement, "le fils", à peine plus âgé qu’elle, est différent et sent immédiatement qu’à eux deux, une issue est possible. La fin est tragique mais tout reste ouvert...
Grandes qualités d’écriture et de narration pour ce second roman. Coup de coeur de Myriam

coup de coeur L’ Innocent de Palerme / S. Gandolfi. - Les grandes personnes

Ce sont deux histoires que nous suivons en parallèle : celle de Santino, 5 ans, dont les père et grand-père se font tuer par un mafieux, le blessant grièvement au passage. Et celle de Lucio, 11 ans, s’occupant beaucoup de sa mère, presque invalide, et de sa petite sœur Ilaria. Bientôt, les histoires se rejoignent : Lucio n’est autre que Santino, survivant d’une vengeance implacable de la mafia sicilienne. Témoin protégé, il a du changer de vie, après avoir témoigné contre les meurtriers, dont l’un est toujours en fuite… A quoi ressemble la vie d’un enfant devant faire face à la mort, à la justice et à la mafia, obligé de se cacher, de se méfier de tous ; un enfant que a peur du moindre évènement qui serait anodin aux yeux d’un être insouciant...
C’est une réalité inouïe que nous décrit Silvana Gandolfi, l’influence de la mafia, l’omerta qui règne, la corruption, et cet enfant qui courageusement fait face. Car la préface nous le dit : la mafia n’épargne pas plus les enfants que les guerres. Et c’est avec effroi que nous suivons le parcours de ce petit devenu grand beaucoup trop vite et trop brutalement, heureusement accompagné d’un modèle de justice, Francisco, magistrat intègre. Passionnant, édifiant.

coup de coeur Département 19 / W. Hill. - Seuil

Jamie Carpenter assiste à l’assassinat de son père par une mystérieuse organisation. Deux ans plus tard, sa mère disparaît dans de bien étranges circonstances. Enlevé à son tour par le mystérieux Frankenstein ( !), Jamie découvre que son père faisait partie d’une organisation secrète du gouvernement britannique ayant pour objectif de contrôler les phénomènes surnaturels : le Département 19. Son père aurait trahi l’organisation, d’où son exécution. Aidé de Frankenstein et d’une créature vampire, Jamie va intégrer le Département 19 pour réhabiliter la mémoire de son père et déjouer les complots des créatures malfaisantes qui menacent notre monde...
Un scénario plutôt original, qui mêle Science-Fiction, Fantastique et Espionnage dans une aventure menée tambour battant.
Autre lecture
Jamie Carpenter est un agent du Département 19, une cellule secrète du gouvernement britannique. Cette cellule, depuis sa fondation par Van Helsing, a pour but la destruction des créatures surnaturelles (vampires, loups-garous...). J’ai aimé ce livre car il nous fait redécouvrir les vampires d’aujourd’hui, leurs mœurs et leurs peurs. Bien qu’il soit très sanglant, on y retrouve l’inévitable quête du héros à la recherche de sa mère. Et également Dracula et Frankenstein. (Amadou, 5ème, 12 ans) Coup de coeur de Chahin

coup de coeur Nicholas Dane / M. Burgess. - Gallimard. - (Scripto)

Le héros éponyme a 15 ans, vient tout juste de perdre sa mère d’une overdose et n’a pas de famille qui pourrait le prendre en charge. Direction le foyer de jeunes délinquants, quant bien même il n’a rien d’un délinquant… Nous sommes à Manchester, en 1980, les conditions sont désastreuses et par la force des choses, Nick va devenir ce qu’on attend de lui, un délinquant !
Melvin Burgess se joue du lecteur qui imagine à chaque page que la situation peut s’améliorer. Pas de concessions, il nous emmène, nous et son personnage, très loin dans la violence que Nick va affronter : pédophilie, violence, trahison, manipulation… L’image de l’adulte y est désastreuse : inconscient, lâche, aveugle, égoïste… Aucun ne sera en mesure d’aider Nick. Seul le dernier chapitre voit la situation de Nick se dénouer, lorsqu’il sera adulte.

coup de coeur Voie interdite / A. Vantal. - Actes Sud

Un jeune homme est en fuite. Il a quitté la maison, a rassemblé quelques affaires dans un sac et il est parti. Il se dirige désormais vers un campement abandonné dont lui parlait Patou, son grand-père, seule famille qui lui restait. Et Patou est mort. Et lui est resté seul. Il s’installe donc dans un bungalow abandonné, commence à vivre, certes sommairement mais sereinement. C’est dans ce dénuement et cet isolement qu’il retrouve en lui une certaine paix. Mais au fait, pourquoi fuit-il ? Et qui est cette Alexia qui vient hanter ses nuits ? On se demande aussi pourquoi il s’est tant appliqué à faire disparaître toute trace de lui.
Les réponses arrivent, en filigrane, tissées autour du récit de son quotidien d’ermite puis, d’un seul coup, à la fin, les fils viennent se tresser, se tendre comme une étoffe qui enserre jusqu’à la suffocation. En découvrant le sens de son errance, on se retrouve en équilibre sur le fil si ténu qui sépare en chacun de nous humanité et bestialité. Les frissons perdurent bien après la dernière page tournée. Comme si, même terminée, l’histoire continuait de résonner à l’intérieur de nous.
Autre lecture
Description froide, détaillée, presque chirurgicale du grand voyage de ce héros. On sait de lui qu’il part s’isoler loin du monde, après un terrible chagrin d’amour, pour ne plus voir personne, au moins pour un temps. Le style froid laisse bientôt apparaître des bribes de vérités qui viennent fissurer l’image de victime de ce jeune adulte. La fameuse Alexia a bien refusé de l’accompagner dans ce bout du monde de campagne mais c’est tout le reste de l’histoire que le lecteur, de plus en plus effaré, découvre petit à petit... Portrait étouffant d’un antihéros ... Coup de coeur de Sandra

coup de coeur 2 jours pour faire des thunes / H. Jemaï. - Sarbacane. - (Exprim’)

Micklo, avant, c’était le genre glandeur looser un peu guignol. Résultat : 20000 euros à rembourser, et fissa ! Il comptait sur le clan des Skilachi, ses oncles roms, pour le sortir d’affaire mais la réalité le renvoie à ses responsabilités. De traquenards en galères, le voilà devenu Anthon, un tueur froid, super pro, aux ordres de Monsieur Goulag. Est-il en mesure de mener sa barque comme un grand maintenant ?
On pense à l’ambiance des films de Tarantino oscillant ultra violence et humour, lié au décalage des personnages, souvent attachants et bouffons. Ici, on s’attache justement au héros, au départ embourbé dans ses peurs, ses fuites, ses petites et grandes lâchetés, puis on admire le revirement : entraîné "à la dure" (c’est le moins qu’on puisse dire !), il devient imposant, froid, déterminé et sûr de lui, bref, un truand de grand calibre.... avec cependant un avenir plus qu’incertain...
Ecriture nerveuse et tchatche très enlevée, un roman qui se lit avec plaisir, dès 14-15 ans.

coup de coeur Sous influences / L. Mattia. - Milan. - (Macadam)

Antonio admire éperdument son frère Pedro. Un dur ce Pedro : chef de famille en lieu et place de leur père alcoolique. Mais ce grand frère est quelques fois violent, humiliant, et ça, Antonio le supporte de moins en moins. Lorsqu’il comprend qu’il a tué son propre meilleur ami pour asseoir son autorité auprès de Don Salvo, ses doutes sont officiels. Il passera à l’action lorsqu’il comprend que pour sauver sa peau, Pedro doit tuer un innocent témoin de son crime.
Court et percutant sur la mafia sicilienne et surtout sur les jeux d’influences.

coup de coeur La ballade de Sean Hopper / M. Pouchain. - Sarbacane. - (Exprim’)

Sean Hopper est une espèce de brute mécanique. Il officie à l’abattoir de Springfield sans aucun état d’âme, au poste décisif que tout le monde redoute. Chez lui, pas plus d’aménité, pas même avec sa petite amie Bonnie : il ne faut pas l’emmerder ! Son voisin, petit garçon narrateur de cette histoire, n’a pas intérêt à pénétrer chez lui... Bonnie le quitte bientôt, lassée de tant de violence et d’indifférence. Alcool, accident, Sean frôle la mort. A son réveil, il perçoit des choses qu’il ne comprend pas, a des dons de pré sciences et trouve la mort bien familière… L’occasion pour le lecteur de découvrir le passé de cet homme taciturne et détestable. Et de mieux comprendre sa dureté.
Roman dont l’écriture, sans concession, va à l’essentiel. Très émouvant, il pose la question des réactions face aux drames, interroge la possibilité de se réinventer.

coup de coeur Tokyo ne dort jamais / A. Calmels. - Flammarion. - (Tribal)

Suite de La nuit des Yakuzas. Toshi, après avoir découvert que son père est un yakuza, souhaite découvrir ce monde, pour combler le vide qu’il ressent depuis cette révélation. Il s’engage donc comme apprenti auprès de Takeshi. Il découvre ses compagnons d’armes et les codes des mafieux. Avec eux il parcourt Tokyo la nuit, fréquente les bars où il rencontre Jade, se bat avec les Chinois concurrents, subit aussi leur violence mais garde de la distance par rapport à ce qu’on lui fait faire et réfléchit… Toshi est-il prêt à affronter ce monde ? A renier son passé et embrasser cette nouvelle vocation ? La fin reste ouverte mais sombre, très sombre. L’adolescent a franchi un cap mais doit encore trouver ce qu’il veut devenir… On imagine un tome 3 ?

coup de coeur Imprégnation / D. Almond. - Gallimard. - (Scripto)

C’est l’été, les vacances, au nord de l’Angleterre. Liam vit dans une grande liberté, son père est écrivain, sa mère peintre et photographe et cet été-là il grandit. Non qu’il en ait particulièrement envie, les jeux d’enfants sont tellement confortables ; mais plusieurs événements viennent perturber cette vie d’enfant heureux : l’ami Max s’éloigne peu à peu, la télé déverse chaque jour des images de la guerre en Irak, Natrass le dur du coin invente de plus en plus souvent des jeux violents et morbides... Puis un jour, Max et Liam découvrent un bébé abandonné …
Le roman montre le jeu des forces mystérieuses et complexes auxquelles est soumis l’adolescent et avec lesquelles il se construit : d’un côté une réalité plutôt heureuse, prometteuse avec ce bébé plein de vie auquel Liam s’attache. D’un autre, l’attrait pour Nattras, personnage trouble, malsain qui ne voit dans le monde que guerres et meurtres. Et puis il y a Crystal et Oliver, dont Liam fait la connaissance ; deux enfants qui ont beaucoup souffert, particulièrement Oliver qui a, dit-il, échappé aux massacres au Liberia...
C’est un roman initiatique qui plonge en eaux troubles et montre l’interaction complexe entre réel et fiction, vie et mort. Les frontières entre ce qu’il est convenu d’appeler le bien et le mal deviennent de plus en plus floues au fur et à mesure que Liam aiguise sa perception de la réalité.

coup de coeur J’irai au Pays des licornes / J.-F. Chabas. - Ecole des loisirs. - (Médium)

Le pays des licornes… Voilà ce que Pavlo aime à nous raconter, plutôt que sa terrible histoire. Qui aurait envie d’entendre, par le menu, son passé d’orphelin de la rue ? Puis ses années de combats ultimes avec d’autres enfants… Toute cette violence qu’il faut bien traverser, si l’on veut survivre. Heureusement, il y a ses camarades de combats, mais faut-il se lier à eux, s’ils doivent mourir ...
Un texte dur, très dur, sur une réalité inacceptable qui voit des adultes s’enrichir sur le dos d’enfants. Pas d’espoir, si ce n’est celui de se révolter et de rejoindre le pays des licornes

coup de coeur Blood Bar / D. Nobody. - Sarbacane. - (Exprim’)

Coup de cœur pour ce roman noir et rouge à ne pas mettre entre toutes les mains. Noir comme l’Homme quand il est acculé à des situations de crises et se laisse aller à ses pulsions les plus sombres. Rouge comme le sang bu à grandes goulées depuis l’été de la « Grande soif »... L’histoire dérange, fascine, l’écriture est magnifique d’horreur. On ne pouvait pas ne pas mentionner ce roman - également sorti en adulte- car les livres de cette qualité, lorsqu’on aime ce genre, sont trop rares. Nous pouvons néanmoins fortement conseiller de ne pas le lire trop tôt (17 ans) pour en saisir toute la portée. Coup de coeur de Myriam

coup de coeur La nuit des Yakuzas / A. Calmels. - Flammarion. - (Tribal)

C’est vrai que la vie n’est pas facile depuis la mort de son père mais Toshi tient le coup. En tout cas jusqu’au jour où des hommes entrent par effraction dans sa maison, qu’il apprend que sa mère a été enlevée et qu’elle possède un lourd passif qui la lie à la mafia japonaise ! Tout cela est dur à encaisser pour ce jeune adolescent qui veut comprendre, retrouver sa mère.
L’intrigue n’est pas simple mais elle donne l’occasion de découvrir une facette du japon : les otakus, passionnés d’informatique qui ne sortent plus de chez eux et bien sûr les yakuzas, très influents au japon…

coup de coeur Un petit bout d’enfer / R. Corenblit. - Rouergue. - (DoAdo Noir)

L’excitation du frisson pour Juliette : une soirée interdite par les parents, un film d’horreur pas de son âge… Mais tout cela ne devait être qu’une provocation, et tout bascule dans l’horreur. Dans une violence abrupte, crue, désespérée. Juliette a croisé le chemin de Jules, qui vient d’assassiner sa femme et ses enfants. Juliette est tétanisée mais elle finit par comprendre derrière la violence de cet homme, toute la solitude et l’immense tendresse qui l’habitent.
Un roman très humain qui ne peut laisser insensible.

coup de coeur Un cactus à Versailles / M. Bernard. - Syros. - (Tempo+)

La famille de Kergolen vit à Versailles à l’ombre du château : une grand-mère pour qui colonisation et Second Empire sont des références, une mère aimante au foyer et bonne cuisinière, un père lettré qui porte une fleur de lys à la boutonnière le 21 janvier, cinq enfants bien élevés qui réussissent brillamment leurs études. Mais comment faire face quand surgit le drame ? C’est l’aîné, Wallerand, 25 ans, adjoint aux cultures fruitières du Potager des jardins de Versailles, qui a commis l’impensable : ses coups ont plongé Sophie, sa fiancée, dans le coma, il est incarcéré et attend son procès… Marie-Liesse , la « petite » sœur fait le récit du désarroi, de la honte, des douleurs des silences, des vérités cachées qui entament la cohésion de la famille.
C’est un texte original : il décrit un milieu social que l’on rencontre peu en littérature jeunesse, il pointe, sans manichéisme, la violence faite aux femmes -le grand frère violent a aussi été aimant et ouvert à la vie. Les parents rigoristes souffrent eux aussi, enfin le texte garde espoir dans la capacité de résistance des deux sœurs qui font voler en éclats les certitudes éducatives des parents. Le ton est alerte, d’une ironie légère et polie comme le reflet de l’éducation reçue.
Suite : Trois baisers / M. Bernard. - Syros. - (Tempo+)

coup de coeur Vestine une légende noire / V. Jouannet Rousset. - Actes Sud junior. - (D’une seule voix)

Jeune adulte, blessée physiquement et psychologiquement, Vestine raconte le chemin qu’il a fallu parcourir pour réapprendre à vivre. Survivante du génocide rwandais, elle explique comment la mise au jour de ses souvenirs d’enfance, les bons et les mauvais l’ont peu à peu libérée de l’horreur et amenée à revivre dans son nouveau pays.
C’est un beau récit sensible et complexe qui mêle les évènements anciens au travail qu’il a fallu accomplir au présent pour retrouver le goût de vivre et de rire.

coup de coeur Déroute sauvage / G. Guéraud. - Rouergue. - (DoAdo Noir)

Voyage scolaire en route vers l’Espagne. Ambiance jolies colonies de vacances ? Que nenni ! A peine a-t-on fait connaissance avec les ados qu’on les voit subir les pires atrocités. Car le car a eu la malchance de croiser 3 individus assoiffés de sang et très adeptes de la chasse à l’homme ! Les ados et les profs ayant survécu au terrible accident provoqué par les 3 sauvages sont donc pourchassés et tentent à tout prix de sauver leur peau. Surenchère de scènes gores. Les fans du genre jubileront, se délectant de chaque nouvelle giclée d’hémoglobine. D’aucuns se raccrocheront à la thématique proposée en filigrane : pour survivre, fuir ou affronter la réalité ? D’autres encore navigueront en eaux troubles, mi épouvantés, mi goguenards, mais finalement presque prêts à se laisser prendre au jeu...
Autre lecture
Les amateurs de films d’horreur se régaleront avec ce roman. Guillaume Guéraud s’amuse à épouvanter les uns, provoquer les autres. Une chose est sûre : il ne se prend pas au sérieux et ceux qui le connaissent savent combien cet auteur est généreux. En ce qui concerne l’écriture, qu’on aime ou pas le genre il est évident que Guillaume Guéraud a du talent !

coup de coeur Dans les griffes du Klan / S. Tamaillon. - Seuil (Chapitre), 2009

Une plongée dans l’état le plus raciste des Etats-Unis, l’Alabama, au milieu des années 50 lorsque le Khu Klux Klan fait régner la terreur. Jessy comprend l’ampleur et les dangers de la ségrégation quand il doit aider son père à descendre Lester pendu à un peuplier. Cependant, grâce à un nouveau venu dans sa classe, Spike Battle, il découvre un autre monde noir, plus riche, plus créatif, plus libre que sa communauté de Chastity : celui des musiciens. Miles Davies, de passage, lui laisse non seulement le souvenir d’une musique libératrice mais aussi une pensée qui va déterminer sa vie. Jessy se lance alors dans des défis à l’ordre blanc et brave les lois racistes. Mais lorsque le Klan découvre ses insoumissions, son père, son ami Spike et ses parents sont assassinés. Jessy échappe à ses poursuivants, quitte Chastity, retrouve Miles Davies et devient musicien à son tour. Le roman se termine au lendemain de l’élection du nouveau président américain, quand Jessy Jackson, 66 ans, retourne pour la première fois en Alabama pour assister au procès de l’assassin à la tête du KKK pendant toutes ces années.
L’auteur n’évite pas une certaine violence dans l’écriture, liée à la période décrite (lynchage, pendaison, chasse à l’homme). Cependant, ces scènes ne semblent pas inutiles ni gratuites : elles illustrent le climat que faisait régner le Klan en toute impunité à l’époque. Ce petit livre peut être un complément à l’étude du mouvement d’émancipation des Noirs aux Etats-Unis dans les années 60.

A partir de 11 ans

coup de coeur Le contour de toutes les peurs / G. Guéraud. - Rouergue. - (DoAdo noir)

Guillaume Guéraud a l’art de nous glacer les sangs ! Alors qu’un ado rebelle mais inoffensif rentre chez lui, il se fait agresser par un détraqué qui n’en voulait en réalité qu’à son avocate de mère. Âme sensible, refermez le bouquin ! Les autres peuvent continuer car Guillaume Guéraud est quand même un gentil garçon et ne tuera pas son héros. Encore un livre de cet auteur légèrement provocateur qui fera parler de lui.
Autre lecture
Vincent rentre chez lui après le collège, tranquille. Banalité du quotidien. A la maison, il croit sa mère rentrée plus tôt que prévue, mais c’est une toute autre réalité qui l’attend. Avec lui, le lecteur bascule dans un monde brutal, violent, incompréhensible. L’agression dont il est victime trouvera, plus tard, une explication. Peut-elle suffire pour se remettre du traumatisme ?
Guillaume Guéraud se garde bien de donner une réponse définitive. Dans l’écriture, il amène le lecteur au plus près de l’action pour le confronter à lui-même. A chacun de composer avec sa propre vérité...

coup de coeur Daddy road Killer / F. Aubry. - Mijade

La peur en voiture quand le conducteur devient enragé, crache sa rage et prend sa voiture pour une arme de vengeance… Cette peur, Baptiste la connaît depuis l’enfance, la ressent chaque fois qu’il monte en voiture avec son père. Et un jour, c’est le drame, l’accident mortel : une petite fille meurt sous ses yeux, par la faute de son père. Celui-ci change-t-il pour autant d’attitude ? Jamais de la vie ! Ce sont les autres qui font des erreurs ! C’en est trop pour Baptiste ...
Un roman au sujet essentiel et qui montre que la conduite à risques a de beaux jours devant elle tant les comportements peuvent se transmettre par simple mimétisme. Baptiste a beau être vigilant, le risque n’en demeure pas moins présent.

coup de coeur Bandit / M. Malte. - Pocket

Celui qu’on appelle Mosquito a été enlevé par le redoutable Bandit et sa bande. Le livre s’ouvre sur l’exécution à la roulette russe du précepteur du jeune homme. Puis on part avec l’adolescent que les hors-la-loi entraînent à travers une contrée inculte, aride et sauvage. Ses ravisseurs, bientôt ses compagnons, sont des rebelles qui vivent de pillages, de massacres et d’alcool.
Quelques figures se détachent parmi ces insoumis, dont celle de Paloma, belle et énigmatique jeune femme qui exerce une véritable fascination sur Mosquito. Atmosphère de western à l’italienne, dans un monde sans pitié, sans morale, où chacun laisse libre cours à sa rapacité sanguinaire. Récit baroque où le temps se dilue, où coexistent révélation mystique et scènes violentes.
Le livre, conseillé à de bons lecteurs, s’achève sur des interrogations annonçant une suite.
Autre lecture :
Comme le dit la première de couverture, nous avons bien affaire ici à un western. Tous les ingrédients s’y trouvent : violence crasse, haine, amour... La différence avec un western classique c’est l’auteur lui-même. Marcus Malte possède un style bien à lui : chaque phrase a de l’importance et chacune d’entre elle est soignée, léchée.
Malte pousse également à réfléchir sur la notion du mal, à ne jamais s’arrêter aux évidences.
Le lecteur est d’abord surpris mais se laisse vite emporter par l’aventure de Mosquito, le jeune fils du gouverneur d’une hostile contrée, enlevé par le terrible Bandit et ses acolytes.

coup de coeur L’ enfant qui savait tuer / M. Whyman. - Gallimard. - (Scripto)

Alberto et Sonny ont douze ans et comme tous les enfants de leur âge ils aiment les sucettes et le foot. Mais ils vivent en Colombie dans un quartier très populaire où la pègre règne et où les coups de feu sont monnaie courante. Les deux enfants vont être pris dans une spirale de violence, seule issue possible, croient-ils, à leur survie. Sauf qu’ils signent aussi leur perte.
Un récit fort et poignant, empreint d’une violence surréaliste pour nous occidentaux et bien réelle en Colombie. Ce livre nous fait connaitre la situation des enfants tueurs à gage. L’histoire est effrayante, désespérée mais l’auteur ne verse jamais dans le voyeurisme. La grande qualité de l’écriture fait la force de ce roman.

coup de coeur La vie blues / H. Nolan. - Gallimard. - (Scripto)

C’est d’abord la langue qui frappe : rugueuse, abrupte. A l’image de la vie de Leshaya qui a connu toutes les violences. Puis on admire la force de caractère de l’adolescente qui poursuit son rêve de devenir chanteuse. Les coups durs s’accumulent, Leshaya est quelquefois sa propre ennemie et pourtant, au-delà des conventions, elle trouve sa voie. Coup de coeur de Julie

coup de coeur Les larmes de l’assassin / A.L. Bondoux. - Bayard

Cette histoire se passe au bout du monde, à l’extrême sud du Chili. Dans une petite maison, loin de tous, vit un vieux couple avec leur garçon Paolo. C’est un enfant malingre, qui s’élève seul et pousse comme une mauvaise herbe. Sa vie va basculer lorsqu’arrive un hôte plutôt étrange, Angel Allegria, qui s’avérera être un assassin. Au cours du roman, les personnages évoluent et se métamorphosent : l’enfant devient un homme, l’assassin un ange. Les thèmes du bien et du mal sont abordés sans manichéisme. Les personnages sont attachants et vus dans leur complexité.
Tout en poésie et en symboles, cet ouvrage est une véritable leçon de vie et d’humanisme. Dès la 4° Coup de coeur de Julie

coup de coeur Pacte de sang / W. Van Draanen. - Milan. - (Macadam)

Une amitié forte entre 2 adolescents, Rusty et Joey, à Lost River, aux Etats-Unis. Rusty vient d’emménager à proximité de la famille Banks et se lie d’amitié avec le fils, Joey. Avec lui, Rusty apprend les jeux de l’insouciance et ces jeux deviennent progressivement plus sérieux, toujours scellés par le secret, dans le sang. Lorsqu’une de leur blague tourne mal, très mal, le silence devient vite infernal, les torturant tous les deux.
L’atmosphère du récit commence comme une amitié rythmée par les 400 coups des deux amis et tend petit à petit vers une relation étouffante et insidieusement perverse qui bascule au final avec le dévoilement d’un secret trop lourd à porter.

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