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Dernière mise à jour :
dimanche 25 septembre 2016

Mot Clé : Folie/dépression/autres maladies mentales


Roman(s) :


coup de coeur Lucien Lucien / Anne Houdy. - Alice Jeunesse (Le chapelier fou), 2014

« Papa est allé voir ailleurs s’il y avait mieux. Et papa a trouvé mieux. Il est allé voir là-bas si maman y était. Comme elle n’y était pas, il est resté là-bas. C’était préférable ».
Voici les premières lignes qui composent le magnifique roman d’Anne Houdy, Lucien Lucien. Un roman empli d’innocence et d’absence.

Lire l’article : Histoiresetgourmanlises

A partir de 9 ans

coup de coeur Tout va bien / E. Kavian. - Mijade. 2014

Dernier volet de la trilogie autour de Sophie et Gauthier (ou Homère !). Il devait être leur récit d’une romance commune en vacances loin des parents mais leur plan a lamentablement échoué. Gauthier se retrouve à Rome, Sophie reste chez elle et accueille un américain au prénom étrange : Dakota. Voilà de quoi mettre leur amour tout neuf à l’épreuve. Gauthier se dit que peut-être il pourrait profiter de cette liberté pour parfaire ou disons-le, initier sa vie sexuelle. Sophie se demande s’il est normal qu’elle confie à cet ami tout neuf des choses qu’elle n’a jamais dites à son petit ami.
Un amour déjà à l’épreuve des doutes… Mais ils se sont engagés à s’écrire souvent, à conclure par un Tout va bien destiné à se rassurer l’un l’autre. Dans cet échange, le lien est maintenu et tout reste possible même si nos deux tourtereaux empruntent des chemins bien différents : Sophie s’avoue et confie enfin qu’elle fait une dépression ; Gauthier fait le tri entre l’appel de ses hormones et ses sentiments profonds et nous pourrons bientôt conclure avec l’auteur : Tout va bien, au-delà des difficultés !
Autre lecture
L’auberge espagnole version ados. Mais pas seulement...
Gauthier est envoyé à l’étranger afin de s’ouvrir aux autres et découvrir une autre culture. Il voulait voir New York avec Sophie. Ce sera Rome, logé avec une islandaise, un chypriote, une espagnole et Klaus... mais sans Sophie, obligée de rester accueillir une américaine quinze jours chez elle.
Les problèmes très vite se multiplient. Dakota se révèle être un jeune homme, empreint de nature et de liberté. La logeuse italienne de Gauthier est gentille et agréable. Mais pourquoi ne leur donne-t-elle presque rien à manger ?
Gauthier dérive au milieu de la ville éternelle et des tentations de sa libido tandis que sa petite amie s’interroge sur sa capacité à se sociabiliser. Comme le rhinocéros de Ionesco, est-elle condamnée à vivre seule ? La cohabitation forcée avec le jeune américain va l’aider à comprendre que le rejet subi n’est en rien inéluctable.
Un roman qui clôt la trilogie de nos deux jeunes héros découverts dans Premier chagrin et poursuivie dans La conséquence de mes actes. Vivre en groupe, ne ressembler à personne, un équilibre difficile à concilier à l’âge de l’entrée dans la vie adulte. « Je ne suis pas un rhinocéros, tout va bien ».
Un livre pour rire, discuter et réfléchir. A lire.
« Ma mère nous a fait le coup des classes de patrimoine. Plombant. Quand je pense que tu es à Rome. J’espère que le charme de Dak va opérer sur maman et que nous irons à Paris, dès que mes joues seront redevenues roses par exemple. Super mini coup de blues mais ne t’inquiète pas, tout va bien »

coup de coeur Le coeur des louves / S. Servant. - Rouergue. 2013

Célia revient habiter dans le village de sa grand-mère, espérant vaguement que sa mère tourmentée pourra y trouver un apaisement. Mais elle retrouve très vite l’ambiance qu’elle détestait déjà enfant, pleine de secrets, de méfiance, de superstitions de la part des villageois. Seule Alice, jeune fille de son âge, lui donne la sensation d’être un peu elle-même. Toutes les deux, pour échapper à ce climat délétère et à leur famille torturée, prennent le chemin des bois pour vivre ce bonheur simple de se sentir en harmonie avec ce qui les entoure. Mais peut-on vivre indéfiniment loin des hommes ? Peut-on fuir une vérité qui demande à voir le jour ?
En reconstituant bribes par bribes, entre passé et présent, l’histoire de sa famille et du village, Célia fait le difficile travail de se libérer de « toutes les chaînes d’angoisse de l’enfance et de l’adolescence ».
L’histoire est celle d’une adolescente en souffrance mais s’étoffe très vite et se tricote avec celle de ses ancêtres pour s’enfoncer toujours plus profondément dans les entrailles du passé, de la forêt, du cœur des hommes. Et ce que l’on découvre échappe à tout manichéisme, la souffrance étant le lisier de tant de tragédies. Chacun s’en arrange selon ses moyens, prenant le chemin de la vengeance, de la folie, de la carapace... mais personne n’en ressort indemne ; les femmes, premières victimes, ne sont pas les moins fortes...
Un roman dense (540 pages), à la narration éclatée, qui force sur les thème difficiles mais reste très prenant ; à réserver aux bons lecteurs.

coup de coeur Il faisait chaud cet été-là / A. de Lestrade. - Rouergue. - (Doado). 2013

Blanche est enchantée de passer l’été avec sa meilleure amie Violette. Un peu intimidée aussi, flattée que Violette, aussi extravertie qu’elle est réservée, l’ait choisie entre ses amies. Elle espère être à la hauteur. Mais c’est une autre Violette qu’elle découvre cet été-là. Une Violette ombrageuse et orageuse, possessive, d’une hypersensibilité qui frise la pathologie. De fait, Blanche apprend par la grand-mère de son amie que Violette, malade psychologiquement, est extrêmement fragile et … dangereuse.
Racontée comme une lettre ouverte à celle qu’elle tente de comprendre et d’épauler, la relation des 2 amies, est à la fois celle, inconditionnelle, de l’amitié adolescente puis se teinte insidieusement de troubles psychiatriques qui mettront Blanche face à des responsabilités bien loin d’une ambiance estivale et insouciante.
Autre lecture
Court roman sur le thème de la double personnalité et l’adolescence. Blanche raconte un été qui a marqué profondément sa vie. Alors qu’elle pensait vivre des vacances idylliques avec sa meilleure amie, Blanche va devoir composer avec le comportement et les attitudes très étranges de Violette...
Le scénario est bien construit et la fin apporte une toute nouvelle dimension au récit. Bien loin d’un été romantique, l’auteur revisite le thème de l’amitié sous fond de thriller psychologique. Le dénouement ouvre le livre sur la difficile question de la construction de l’identité et la fragilité du bonheur.
« Bien installés dans le train climatisé, nous dévorons nos sandwiches au thon en buvant nos canettes de soda. C’est ce que j’aime dans les voyages. On peut s’attarder sur des petits plaisirs banals comme s’ils étaient les plus grands bonheurs du monde. »

coup de coeur La reine de la nuit / B. Broyart. - Oskar. - (Court métrage)

Félix aime passer les mercredi chez son arrière grand-mère. Une journée sans bigorneau, sa petite sœur très collante. Mais ces derniers temps, Mamy devient étrange. Elle se confectionne une capsule pour faire « machine arrière », elle qui redoute plus que tout de vieillir. Félix se demande s’il doit en parler à ses parents, eux qui redoutent de la laisser seule... Mais il décide de percer le mystère avant de prendre une décision. Et c’est une réalité bien plus poétique que la triste sénilité que va découvrir Félix…
Comment dépasser ses peurs, tel est l’enjeu qui lie les personnages de ce petit roman. Chacun invente ses propres moyens, dans une complicité renforcée.
Autre lecture
Tout le monde a ses peurs, pour Félix c’est celle des extraterrestres. Malheureusement pour lui, son arrière grand-mère adorée a décidé d’échapper à la vieillesse et à la maison de retraite en allant les rejoindre à bord d’un vaisseau spatial qu’elle a elle-même construit. Alors qu’il essayait de convaincre ses parents que sa mamie n’est pas folle, le voilà bien embêté et surtout bloqué entre sa véritable phobie et son devoir de fidélité. Comment va-t-il parvenir à s’en sortir ?
Plus que l’histoire, c’est l’écriture, drôle et énergique et la qualité des personnages qui m’amènent à vous recommander ce tout petit livre. Ensuite, vous ne verrez plus jamais de la même façon votre arrière grand-mère...
« Je te fais confiance. Aucune information ne sortira d’ici. Si je parviens à briser le continuum espace-temps, je suis sauvée. Mais personne ne doit connaître mes projets. Autrement, pour moi, c’est la maison de retraite assurée. »

coup de coeur Douze minutes avant minuit / C. Edge. - Flammarion. 2013

Arachnophobes, n’ouvrez pas ce livre ! Car les araignées y tissent leur toile, instruments du dessein funeste de Lady Cambridge. Le venin des tisseuses de rêves, administré aux hommes, a le pouvoir de leur donner, lors de crises d’écriture forcenée, des visions du futur. En les collectant et les assemblant bout à bout, Lady Cambridge compte prendre le destin des nations entre ses mains et déterminer le cours du siècle à venir. Seule ombre au tableau, les hommes ayant bu le breuvage divinatoire sombrent dans la démence. Et même si Lady Cambridge a pris soin d’œuvrer dans un asile, l’étrange comportements des patients éveille bientôt les soupçons... Et c’est à Pénélope, jeune auteure talentueuse de 13 ans, qui écrit sous pseudonyme, de mener l’enquête et de résoudre cette histoire des plus étranges, digne de ses meilleurs écrits.
Londres, fin 1899, est le décor de ce roman fantastique haletant. Nous y croisons H.G. Wells, A.C. Doyle et autres écrivains anglais, qui tous feront partie à leur insu du plan diabolique. Mais ils restent au final, grâce à notre jeune héroïne, dans leur rôle de garde-fou, de garant de la raison du peuple.
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Peneloppe Tredwell est non seulement un célèbre auteur d’histoires à faire peur, publiées sous le nom de Montgomery Flinch mais elle est aussi la propriétaire du magazine en vogue, le Frisson illustré. Seul problème, elle n’est encore qu’une toute jeune fille dans le Londres menaçant de 1899. Elle utilise donc un prête-nom dont elle affirme être la nièce afin de pouvoir mieux le diriger. Seulement cet homme se révèle être alcoolique et couard et tout se complique lorsque Montgomery est appelé en raison de ses capacités de déduction et de réflexion à comprendre pourquoi tous les pensionnaires de l’asile de fou de la ville, se lèvent tous les soirs, douze minutes avant minuit pour écrire d’étranges phrases...
Cette étrange enquête policière dans l’Angleterre de la fin du 19ème siècle se double d’une réflexion sur la relation qui peut exister entre l’auteur et ses lecteurs. Dans une atmosphère sombre et angoissante, la courageuse héroïne va devoir découvrir l’origine de la folie intense qui peu à peu se répand dans les rues de Londres, au soir du réveillon, à la veille du changement de siècle. Nous croisons dans ce texte riche en intertextualité, Conan Doyle, H.G. Wells ou encore Rudyard Kipling, en prises avec le pouvoir des mots et de l’imagination... Suivons-les...
« Si vous vous êtes fait un nom, ce n’est pas un coup de chance, mais grâce à votre talent purement éblouissant. Personne d’autre n’aurait pu raconter des histoires aussi terrifiantes. Nous n’avons pas besoin de connaître votre secret - nous devons seulement vous remercie de bien vouloir partager vos histoires avec nous. »

coup de coeur A la folie / B. Lorentzen. - Bayard. - (Millézime). 2013

Luisa, une jeune adolescente bien dans peau et dans sa tête se met à faire d’étranges cauchemars : une fillette, Rosa, la tête ensanglantée, veut lui parler mais le contact ne s’établit pas. Un jour, à la cantine, un ado solitaire et un peu spécial, lui demande si la petite fille qui la suit comme son ombre est son amie...
Une enquête débute pour les deux jeunes gens, sur le passé de la fillette aux yeux tristes, morte pendant la guerre.
Un livre où les ados se reconnaîtront dans leurs difficultés à se faire comprendre par les adultes qui prend la forme d’une enquête policière aux accents fantastiques.
Autre lecture
Loulou passe des nuits horribles, avec cette impression qu’une petite fille la visite durant son sommeil et essaie de lui communiquer un message. Un délire de sa part sans doute… Mais comment se fait-il alors que Thomas, à l’école, voit cette fameuse fillette à ses côtés ? Ce ne peut être qu’une histoire de dingue, Thomas, justement, a déjà été interné ! Mais les indices s’accumulent, tendant à prouver qu’il ne peut s’agir de coïncidences ou d’imagination débridée. L’étrange fantôme est là dans un but précis, que seul Thomas peut comprendre ; il mettra tout en œuvre pour lui venir en aide, au risque de mettre en danger sa santé mentale et sa vie.
Le roman présente plusieurs intérêt : outre l’évocation d’un épisode de la seconde guerre mondiale au Danemark, il montre bien la réticence que l’on peut éprouver au contact de la différence. Thomas est-il schizophrène ? Médium ? Les frontières se meuvent constamment et Loulou oscille entre scepticisme et adhésion à cette réalité parallèle. Lorsqu’elle laisse tomber les barrières de la rationalité, c’est au monde des morts qu’elle accède, et plus fort que lui, à l’amour…
Plusieurs références intéressantes contribuent à dresser une philosophie de vie qui l’est tout autant.

coup de coeur BZRK / M. Grant. - Gallimard

Noah et Sadie, deux adolescents presque comme les autres se retrouvent engagés dans une guerre secrète et très spéciale où l’échec conduit à la folie ou la mort. Dans le monde réel ou dans l’infiniment petit, deux groupes mènent un combat sans pitié : l’un veut relier les individus entre eux pour les unir en une seule et même unité, l’autre se bat pour défendre la liberté de chacun.
Amateurs de jeux vidéo ou d’action, laissez-vous guider dans cet univers étrange. Vous ne regarderez plus notre monde avec les mêmes yeux. Descriptions et explications sont parfois très pointues, très techniques et scientifiques. Pour amateurs de sciences bons lecteurs, néanmoins prêts à accepter certaines situations tirées par les cheveux.

coup de coeur Cavale / H. Goldberg Sloan. - Gallimard

Tout commence par une rencontre improbable entre un jeune homme de 17 ans, en cavale permanente avec son frère autiste et un père fou et dangereux, et une jeune fille de bonne famille. Il est beau, musicien surdoué et a pour seul objectif de survivre et d’être là pour son frère différent. Elle est belle, sage et ... c’est la reconnaissance immédiate de l’Autre ! Mais le bonheur, si intense soit-il est fragile et les obstacles sont nombreux. On pense à une leçon de vie, au conte de fée, à Roméo et Juliette mais aussi aux gags de Tom et Jerry avec le personnage de Bobby qui enchaîne les mésaventures ! Un livre à multiples facettes très réussi.
Autre lecture
D’un côté il y a Sam, ado qui se sent vivre uniquement en écoutant de la musique. De l’autre, Emily qui, justement ce jour là à l’église, doit chanter, contre sa volonté, I’ll be there. Elle chante, ils se regardent et leur destin est désormais lié. Mais leur histoire est-elle possible ? Lui protège son petit frère de Clarence, leur père paranoïaque sans cesse en fuite, d’un état à l’autre. Elle est issue d’une famille classique, aimante, qui ne peut que s’inquiéter de voir l’aînée fréquenter un marginal taiseux. Clarence va régler la question : cette relation est dangereuse à ses yeux, il est temps de larguer à nouveau les amarres. Dans sa folie, la solution lui paraît même bientôt évidente : il faut tuer ses fils. Nous voici au cœur d’une cavale qui paraît à tous interminable.
C’est un roman haletant, dont tous les ingrédients sont mesurés : des enfants malheureux et maltraités, une histoire d’amour contrariée, une mise en danger des “gentils”, on sait d’emblée que tout finira bien. Si l’ensemble est un peu trop bien calibré, trop léché, on se laisse prendre par l’humanité des personnages.
Autre lecture
Deux personnages que tout sépare mais qui finiront par se rencontrer ? Hum ! Déjà lu ça mille fois, non ? Sans doute, mais Holly Goldberg Sloan parvient cependant à tirer son épingle du jeu grâce à une plume vive et à un scénario finement découpé. Cavale, sans être exempt de reproches, est donc un roman intelligemment écrit dans lequel on ne s’embarrasse pas du superflu. Les informations clés s’empilent et sont distillées avec une précision d’orfèvre, parvenant au lecteur en temps voulu, juste avant de basculer vers un autre protagoniste. Le lecteur est ainsi constamment maintenu en haleine. Si l’auteure utilise le procédé de manière un peu trop systématique, il n’en reste pas moins que ça fonctionne. Les pages sont traversées par ce souffle épique typique des romans américains (James Lee Burke, Christopher Cook...), et confère à Cavale un côté échevelé tout à fait plaisant. A ce cocktail détonnant s’ajoute un humour sobre mais irrésistible qui permet au lecteur de trouver des temps de respiration.
On regrettera toutefois quelques fâcheuses facilités. Ainsi ce recours à de grossiers hasards afin d’extirper les personnages de situations critiques est particulièrement agaçant. Ainsi, lorsqu’une goutte d’eau tombe sur un verre de montre, et qui, traversée par un rayon de soleil, permet de concentrer la chaleur en un point précis et d’allumer un feu en agissant comme une loupe naturelle pile au moment où les deux héros ont atteint un moment vraiment très critique, on a soudain très envie de refermer le roman. Il faudra aussi nous expliquer comment il est possible de descendre un torrent en furie sur un canoë sans rame, de réchapper à une chute de plusieurs dizaines de mètres dans les eaux tumultueuses d’une cascade, tout cela avec la clavicule en miette, et de s’en sortir sans plus de séquelles...
Malgré tout, Cavale reste un très bon roman avec en point d’orgue un dénouement tout à fait émouvant. A lire !

coup de coeur Les nuits d’Ismaël / M. Chartres. - Ecole des loisirs. - (Neuf)

Ismaël est convaincu d’avoir le pouvoir de voler pendant la nuit. Comment expliquer sinon qu’il se retrouve chaque matin dans le lit de sa mère ? Il aimerait comprendre davantage cette étrange magie mais ne désespère pas de la maîtriser également en plein jour. Une pensée qui l’occupe d’autant plus que la mélancolie de sa mère prend du terrain. Jusqu’à l’engloutir totalement, définitivement… Dès lors, Ismaël ne peut plus se réfugier dans l’imaginaire. Dans la compréhension de la vie et de ses drames, il grandit d’un coup et acquière, paradoxalement, une légèreté qui lui ouvre son avenir.

coup de coeur Cavale / B. Broyart. - Oskar. - (Court métrage)

En allant voir sa mère à l’hôpital, Paul ne s’imaginait pas devoir participer à la cavale de cette mère qui refuse qu’on la soigne. C’est indéniable, il est content d’avoir sa mère pour lui, de partager quelques moments de complicité et de tendresse mais bientôt, il retrouve cette mère absente, lointaine, perdue dans son désespoir et sa paranoïa et il sait qu’il va devoir prendre une décision difficile.
Paul, confronté à la bipolarité de sa mère, est partagé entre son affection pour elle et le sens des responsabilités d’un gamin devant protéger sa mère et pour cela, grandir trop vite.

coup de coeur Thomas quelque chose / F. Chevaux. - Ecole des loisirs. - (Médium)

Il n’y en a que pour Sylvain dans cette famille ! Et depuis que ce frère aîné a "pris son envol", la mère de Thomas n’est plus qu’un zombie. Une courgette, aux yeux de son plus jeune fils qui ne se sent pas considéré. Encore moins lorsqu’il apprend qu’il est un "accident". Mais paradoxalement, cette révélation lui donne enfin le sentiment d’exister, d’avoir une particularité ! Il brule de la révéler à Grégoire mais déboulant chez lui sans prévenir, découvre le secret de son meilleur ami…
Un roman étrange sur l’identité, sur la capacité à faire de nos complexes et de nos souffrances une force ; sur l’amitié également d’autant plus forte lorsqu’elle partage l’expérience de la différence : une mère déprimée à moitié cinglée pour Thomas et une sœur lourdement handicapé moteur pour Grégoire. Ou comment transformer les difficultés de la vie en comédie joyeuse.

coup de coeur Abel et la bête / Y. Coridian. - Ecole des loisirs. - (Neuf)

La bête, c’est celle qui a pris possession de son père depuis un moment. Une bête qui le ronge, l’assomme, le vole à lui-même. Et Abel a du mal à supporter l’humeur toujours plus triste de son père, qui finit un matin par être hospitalisé…
Toute la naïveté (un peu trop néanmoins) d’un enfant qui veut tout le bien de son père mais n’en possède pas forcément les clés. Malgré son angoisse, il sait faire preuve d’humour. Un livre sobre pour les plus jeunes qui montre que la dépression n’est qu’une période...

coup de coeur Le grand cheval bleu / I. Cohen-Janca. - Rouergue. - (DoAdo)

La mère de Paolo travaille pour l’hôpital San Giovanni, qui accueille des fous. Il vit donc au milieu d’eux, ce qui lui vaut la méfiance des "autres". Il y a les patients lunaires comme Francesco qui parle aux oiseaux, il en est d’autres qui les tuent… Un jour arrive un nouveau docteur, Franco Pasaglia, qui veut abolir les frontière entre le village et l’hôpital, remplacer les médicaments et électrochocs par les mots. Paolo lui a d’autres inquiétudes : on veut envoyer à l’abattoir son vieil ami le cheval Marco. Pour lui aussi, le docteur trouvera une solution...
Le récit montre l’humanité d’un homme qui permet aux vies fatiguées et brisées de poursuivre leur chemin, au sein de la société. Les illustrations de Maurizio A.C. Quarello apportent une incroyable densité à cette histoire qui voit les codes éclater.
Précisons, comme l’auteur, que l’histoire s’inspire d’un psychiatre qui, dans les années 70 à Trieste, remit en cause les asiles d’aliénés et bouscula le monde de la psychiatrie.

coup de coeur Tarja / J.-L. Sciarini. - La Joie de lire

Tarja a couché avec plus de 15 garçons et avec son professeur de français dont elle tombe enceinte. Pourtant Tarja n’a que 16 ans. C’est une adolescente fragile qui a vécu pas mal de choses difficiles, comme la mort de sa meilleure amie, des rumeurs qui lui font une sale réputation et l’isolent, et des parents trop souvent absents. Nous suivons Tarja tout au long de sa grossesse et nous partageons ses émotions de la dépression au suicide.
Roman fort et captivant sur l’adolescence, l’amour, l’amitié, le deuil et la solitude. Cultivée et sensible, Tarja nous émeut. Dans ce monde brutal où les adolescents ne se font pas de cadeau, on a envie de la protéger car son histoire est touchante. Très beau roman de Jean Noël Sciarini, bien construit, parfois cru mais toujours juste. Un très bon moment de lecture plus particulièrement destiné aux 15-18 ans.
Autre lecture
Tarja traîne une réputation de salope dans son lycée. Une réputation tenace et amplifiée depuis qu’elle semble avoir noué des liens avec son prof de lettres. Lorsqu’elle tombe enceinte, son sort est définitivement scellé. Mais la narratrice qu’elle est dans ce roman nous donne d’elle-même une toute autre vision : celle d’une jeune fille d’une grande tendresse, habitée par des rêves qui prennent une place importante dans sa vie. Pour faire la jonction entre la fragilité de Tarja et la violence de l’image qui lui est renvoyée par les autres, il y a Léon, l’ami solide, qui veut que Tarja retrouve l’estime d’elle-même et surtout qu’elle cesse de cacher, derrière une vie rêvée, le drame qui l’éloigne d’elle-même.
Comment une jeune fille blessée tente de faire face, de protéger à tout prix son enfant à venir, de trouver en elle les ressources pour avancer... Un texte fort qui joue beaucoup sur les symboles, la psychanalyse, la méditation. Coup de coeur de Charlotte et Julie

coup de coeur Lâcher sa main / S. Vidal. - Grasset. - (Lampe de poche)

Parce qu’elle grandit, parce qu’elle a besoin de s’éloigner de sa mère -dont le comportement oscille entre dépression et exubérance- et qu’elle veut découvrir d’autres horizons, Fleur, 15 ans, part sur un voilier avec 5 de ses amis. C’est elle-même que l’adolescent recherche et c’est grâce à ce voyage jusqu’en Suède qu’elle va se construire, assumer ses choix, loin de l’omniprésence de sa mère.
Être si proche de sa mère et devoir s’en affranchir, trouver la bonne distance, tel est l’enjeu de ce roman sensible et atypique, sorte de voyage initiatique, vivant et souvent drôle.

coup de coeur Zarra / C. Fives. - Ecole des loisirs. - (Neuf)

Axelle est une petite fille qui croit détester sa mère, maniacho-dépressive, pour les crises qu’elle leur inflige à elle et son petit frère : entre les enthousiasmes débordants, les journées passées à dormir et les insultes mordantes, la fillette ne sait jamais ce qui l’attend. Elle aime à se réfugier dans le personnage de Zarra, justicière à la manière de Fantomette, qui aura au moins le mérite de lui permettre de rencontrer Susanna, une jeune canadienne. Cette jeune fille va lui ouvrir des horizons...
La fin, ni idyllique ni invraisemblable, voit le cercle familial s’ouvrir, la mère partir en cure... l’avenir s’annonce meilleur !

coup de coeur Aimez-moi maintenant / A. Cendres. - Sarbacane. - (Exprim’)

Le narrateur de ce roman est orphelin, a grandi en foyer et s’était forgé la conviction que pour être aimé, il fallait réussir dans la vie. Effort-récompense. Cataclysme lorsqu’il comprend son erreur. Finies les études de médecine, il atterrit au bar avec ses comparses, les désespérés. Des jours durant, il boit, observe, s’interroge sur l’amour, théorise. Puis un jour, toutes ses constructions idéologiques se fissurent, Julia lui ouvre les portes de ce truc magique, incompréhensible, mystérieux qu’est l’amour. Et le monde retrouve son agencement.
Une percée dans l’univers des paumés un peu plus sensibles et fragiles que les autres.

coup de coeur Si jamais… / M. Rosoff. - Hachette. - (Black Moon)

Une seconde. Une toute petite seconde suffit pour passer de vie à trépas. Et cette conscience aigüe de la fragilité de la vie bouleverse David. Le destin est trop cruel, il va chercher à tout prix à lui échapper. Même s’il faut pour cela changer de nom (Justin Case), de look, d’habitude de vie... Cette angoisse l’habite au point de le conduire jusqu’au bord de la folie... Mais Justin est entouré, de ses amis, de sa famille. Et grâce à eux tous, il arrivera enfin à voir la vie sous un angle plus apaisant.
Un roman qui souffre de quelques longueurs mais au thème original.

coup de coeur Dix-huit baisers plus un / R. Corenblit. - Rouergue. - (DoAdo)

D’abord, il y a cette pomme sur la couverture qu’on a envie de croquer... "croquer la vie à pleines dents" c’est ce qu’elle nous inspire. Alors, on franchit la porte. Surprenant ! La pomme serait-elle acide ? Au fil des pages, 17 femmes et filles parleront et révèleront, non pas Adam mais Alex. A chacune d’elles correspondra un baiser porteur d’espérance ou de désillusion. Pourtant des baisers uniques dont on se souvient toute une vie. On s’attache à Alex et on croquerait bien la pomme...
Un récit original, émouvant et mélancolique malgré la crudité de certains textes et de certaines situations.

coup de coeur Cet hiver-là / B. Hammer. - Oskar

Marie a remarqué depuis quelques temps que sa maman n’est vraiment pas dans son assiette. Jusqu’à en oublier de se lever le matin, puis de venir chercher ses filles à l’école. Le diagnostique tombe : sa maman a une dépression nerveuse et doit être hospitalisée. Marie assure, elle s’occupe bien de sa petite sœur, travaille assidûment à l’école mais elle a le coeur serré. Elle voudrait comprendre cette maladie, savoir ce qui se cache derrière les murmures des adultes.
Ce roman court aborde avec tact un sujet difficile. Le trouble de l’enfant y est bien décrit, avec toute la part de tristesse, de colère, de honte... L’impact du secret dans la famille également, où le suicide de la grand-mère, non révélé aux enfants, continue de peser sur les générations. Et puis, malgré la gravité de la maladie, on comprend la nécessité de s’exprimer pour retrouver la force et le goût de vivre.

coup de coeur Un jour, mon prince / S. Cassim. - Grasset. - (Lampe de poche)

"Lui et moi, on aime le monde normal à la folie". A elle seule, cette phrase résume la puissance des sentiments éprouvés par les 2 enfants héros de cette histoire. Des enfants bouleversés, émerveillés, effrayés... par la vie, autant de sentiments que nous pouvons partager à la lecture de ce roman.

coup de coeur Folle / B. Friot. - Thierry Magnier

Franck vit très mal les troubles psychiatriques de sa mère. Mais grâce à l’aide d’amis et de parents, il va pouvoir surmonter son angoisse, ce quelque chose qui s’apparente à la honte, et mieux vivre son drame. Coup de coeur de Julie

coup de coeur La fin de l’été / R. White. - Pocket. - (Pocket junior)

Summer et Lyric vivent seules avec leur père dans les collines de Virginie. Une vraie complicité les unit. Lorsqu’ils déménagent pour Flint, une ville du Michigan, Summer supportent mal le changement et accumule les comportements étranges et paranoïaques. Le verdict tombe bientôt : Summer est atteinte de schizophrénie. Si son père et Lyric mettent tout en oeuvre pour la maintenir dans son environnement familial, il devient bientôt inévitable de l’interner.
Un livre d’une pudeur remarquable pour un sujet rarement traité en littérature jeunesse, où les sentiments sont exprimés tout en nuances. Coup de coeur de Julie

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