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Dernière mise à jour :
dimanche 25 septembre 2016

Mot Clé : Maltraitance




Album(s) :


coup de coeur Les souliers écarlates / G. Aymon ; N. Ribard. - Talents hauts

« Je n’éprouve (...) aucune joie à vous faire du mal. Mais il me semble que c’est pour votre bien. » Ainsi s’exprime et agit le seigneur envers son épouse, belle et fragile. « Malmenée », choyée, la jeune fille trouve en elle le moyen de résister : grâce à ses souliers écarlates, elle s’offre une assurance et une liberté qui déplairont fort à son mari.
En empruntant aux contes, cette histoire de maltraitance met une distance qui n’occulte cependant pas la réalité. Le mécanisme psychologique est bien décrit et la libération possible !

coup de coeur Mô-Namour / C. Ponti. - Ecole des loisirs

Pas de situation appuyée, pas de message insistant avec Claude Ponti. Les inventions de langage et les nombreux détails de l’illustration permettent une grande liberté de lectures. Il raconte une histoire, explore des pistes et chaque lecteur creusera le sillon comme il l’entend. L’histoire ici est celle d’Isée, frappée avec ses parents par un accident de voiture. Ses parents montent dans le ciel de plus en plus haut, si haut, « qu’ils doivent... être morts ». Et elle, poursuit son chemin comme elle peut, rencontre bientôt Torlémo Damourédemorht. Isée, comme le lecteur, mettra du temps à comprendre la nature de leur relation. Car si Torlémo appelle Isée de ce petit nom, Mô-namour, les faits montrent une tout autre réalité...
Un parcours d’accidentée de la vie qui refuse le statut de victime et se révolte. Chacun comprendra à sa manière le chemin emprunté pour retrouver le bonheur...

coup de coeur Luis et moi : J’en ai assez ! / Z. Figeac. - Didier

Une fillette s’en prend à son crocodile, sans prendre de gants... Maltraitance verbale, physique, la petite peste signifie à celui qui fut son préféré qu’elle en assez de lui. Et quand les choses tournent mal, la fillette éprouve du remord... Luis sera-t-il prêt à pardonner ?
Crayonné noir léger, quelques pastilles rouges, dessin minimaliste mais belle occupation de la page pour une histoire efficace d’amour vachard !

coup de coeur Me voici / F. K. Waechter. - Memo

Me voici est un de ces albums qui ne laissent pas indifférent. Comme dans Loup rouge, Friedrich Karl Waechter a pour personnage un animal, ici un chat, victime d’une violence et d’une souffrance qui font écho à une histoire plus large. L’auteur déstabilise en cela.
Le narrateur est un chat parmi d’autres chats, beaucoup trop de chats... Il sera le seul de sa fratrie à réchapper du meurtre des hommes. Bien des épreuves l’attendent encore avant le réconfort...
L’histoire se lira donc au premier degré : un chaton malmené par la vie qui trouvera enfin un foyer. Elle illustre aussi, avec ce chat anthropomorphisé, la résilience de ceux à qui on ne laisse pas le droit d’exister et qui finissent par faire leur place.

coup de coeur Parle, Petit Loup / C. Stanké ; S.-Y. Barroux. - Les 400 coups. - (Les petits albums)

Petit loup sature. Il ne veut plus, il ne peut plus supporter les mots durs de son papa, et les coups qui vont avec. C’est décidé, il va parler. A sa maman, sa maitresse, son ami ? Trop de sentiments contradictoires, la honte, la peur, la culpabilité... Heureusement, face à sa mamie, la parole devient facile. Et c’est le début de la solution.
Album qui a le mérite de parler d’un sujet lourd sans dramatiser, de montrer que la maltraitance n’est pas une fatalité.

coup de coeur Ce type est un vautour / Sara ; B. Heitz. - Casterman

“On n’a pas deux cœurs, un pour les animaux et un pour les humains. On a un cœur ou on n’en a pas.” (Lamartine ) Il faudra du temps à cette femme amoureuse pour comprendre la vraie nature de celui qui, avec son harmonica, fait chavirer son cœur. Elle tolère les violences faites au chien mais sera ferme lorsque le vautour s’en prendra à sa fille.
Le chien, narrateur de cette histoire, a d’emblée sondé le cœur de l’homme. Sa sentence revient comme un leitmotiv, inaltérable, “ce type est un vautour”. Son point de vue est rendu avec une forte puissance d’évocation, tant dans le texte -qui n’occulte pas la violence de la situation- que dans les illustrations et les cadrages.

Roman(s) :


coup de coeur Là où naissent les nuages / A. Heurtier. - Casterman. 2014

A Amélia, la vie semble avoir tout donné : des parents aimants, un foyer confortable, des amis… Mais c’est l’image d’une jeune fille angoissée mal dans sa peau et son embonpoint que nous découvrons, qui vit dans l’ombre et l’admiration de ses parents. Ces derniers, militants, ont l’occasion d’aller en Mongolie : un voyage familial s’organise. Mais c’est seule en définitive qu’elle partira, à la découverte d’une vie âpre, violente, difficile, où la situation économique désastreuse du pays se complique de façon dramatique lorsque les hivers sont très rudes (dzud). Les nomades sont alors contraints de rallier la capitale et de s’installer dans un bidonville « ravagé par l’insalubrité, la violence et l’alcoolisme » ; les enfants sont alors les premières victimes. The Shelter, l’association que rejoint Amélia, leur vient en aide. Le contraste de leur vie apparaît comme indécent et Amélia se donnera corps et âme pour apporter sa pierre à l’édifice.
Amélia décrit très justement et sans concession le décalage entre sa vie ouatée et égo-centrée et celle, féroce, de certains enfants mongols. Les premières réactions apeurées (« Est-ce que je pouvais changer la date de mon retour, histoire de rentrer avant qu’il y ait trop de souvenirs qui viennent pourrir ma tranquillité ? ») laissent très vite place à une vision du monde élargie, enrichie, consolidée de valeurs solides. Et elle en aura bien besoin lorsqu’une découverte fortuite la ramènera à sa propre histoire, à ses origines…
Une histoire forte qui réussit brillamment à faire résonner, en écho, l’intime et l’altruisme.
Autre lecture
D’un milieu aisé, Amelia est pourtant mal dans sa peau. Les circonstances vont l’amener à partir un mois en Mongolie pour travailler dans une association humanitaire qui vient en aide aux enfants. Ce voyage va changer sa vie...
Au début de l’histoire, Amélia manque de confiance, elle n’est pas volontaire pour partir et a peur. Mais pour tenter de se sentir mieux elle décide de relever le défi et va rencontrer le passé de ses parents. Le récit initiatique présente la découverte des coutumes mongoles, la difficile condition des enfants mais aussi la révélation d’un secret familial. Il s’agit donc en quelque sorte d’un héritage.
Le lecteur suit la métamorphose de la jeune fille, entre dans le quotidien d’une association humanitaire, pénètre dans les yourtes, et ressort lui aussi... changé ! A lire absolument !
« Pour eux, je n’étais qu’une bénévole parmi tant d’autres, de celles dont le visage se serait effacé quelques mois plus tard. A l’inverse, je savais qu’ils faisaient désormais partie de ma vie. Mon passage parmi eux était mon premier tatouage : indélébile. »

coup de coeur Je suis en Chine / C. Ferey Fleury. - Oskar. - (Court métrage). 2014

Il y a l’écriture du rêve, de l’évasion en Chine, du raffinement. Puis il y a celle en italique, plus abrupte, violente, qui dit les injures et les coups qui fusent. La narratrice subit, regarde sa mère se faire cogner régulièrement par son beau-père. Mais un jour, stop ! Le rempart de l’imaginaire ne suffit plus et elle passe à l’action. « Je n’irai plus en Chine ».
La violence conjugale et la maltraitance vues par un prisme particulier, celui de la fuite dans l’imaginaire. Deux pages documentaires complètent le propos ; un ouvrage court pour aborder le thème.
Autre lecture
Pour échapper aux violences conjugales de son beau-père envers sa mère, une jeune fille s’évade dans une Chine imaginaire. Comme « on ne sait jamais comment ça commence », elle est en permanence sur le qui vive, tentée de disparaître dans son monde intérieur. Mais le paravent est bien frêle et il devient impossible de refuser de voir et d’entendre...
Court récit qui alterne les descriptions d’une Chine magnifique et la dure réalité d’un petit appartement où se déroule au quotidien une violence incompréhensible et inacceptable. L’auteur réussit ainsi à évoquer avec pudeur mais aussi avec force l’indicible.
Quelques chiffres en fin d’ouvrage permettent au lecteur de mieux connaître la réalité des violences faites aux femmes, en France et dans le monde. Quelques exemples : une femme sur cinq dans le monde sera victime de viol ou de tentative de viol au cours de sa vie. 40 % des femmes de l’Union européenne ont fait état d’une forme ou d’une autre de harcèlement sexuel sur le lieu de travail. 80 % des enfants vivent au domicile où s’exercent les violences et y sont exposés.
Violences conjugales info : 3919 (gratuit) pour dénoncer, obtenir une écoute et une aide
« Je baisse la tête, ce que je ne vois pas n’existe pas. Si je ne le regarde pas, il va peut-être disparaître, éclater comme ces dragons de papier mâché qui hantent les rues pour la fête du Nouvel An, leur langue rouge dardée peut très vite s’enflammer, grésiller et se racornir, devenir noire, devenir cendre, devenir...
...rien.
Il n’est rien. Il n’a pas de place dans mes rêves.
Quand je suis en Chine.
 »

A partir de 13 ans

coup de coeur La migration des canards / E. Gonçalves. - Ecole des loisirs. - (Théâtre)

Cette pièce de théâtre raconte la souffrance d’une fille d’immigrés, gardiens d’immeuble. Son père-tyran croit pouvoir offrir un avenir meilleur à cette écolière de dix ans en employant des mesures coercitives, il l’isole et voyant que cela n’aboutit à rien, la frappe. Il maltraite aussi la mère qu’il juge responsable de cette situation.
Meurtrie par la souffrance et la solitude forcée, l’enfant se mure peu à peu dans le silence et entre dans une spirale d’échec scolaire.
Une façon singulière et percutante d’aborder le thème de la maltraitance et de la tyrannie dans la cellule familiale.
Autre lecture
Un père issu de l’immigration se sert de la violence en croyant ainsi permettre à sa fille d’échapper à sa condition sociale. Pas de vacances, pas de sortie mais une vie rythmée par les coups. La stratégie mise en place par le père pour éviter la différence ne réussit même pas à empêcher celle-ci d’éclater à l’école... Que reste-t-il à l’enfant ?
L’auteur de cette pièce de théâtre nous fait entendre tour à tour trois voix : celles des parents et celle de l’enfant. Les mots sont terribles. Il n’y a pas de jugement mais un simple constat. Chacun campe son rôle et il ne reste à la petite fille que le vol des canards sauvages pour laisser un peu d’espoir dans cette tragédie.
« L’enfant sait que le père est capable de beaucoup
Le père est fort et courageux
Le père agit quand il faut
Le père est pragmatique
Il varie le nombre de coup
Leur intensité
Le matériel
L’ endroit de la frappe selon la faute à corriger
 »

coup de coeur Rien que nous / K. Halbrook. - Albin Michel. - (Wiz)

Zoé et Will fuient en direction de Las Vegas. Ils fuient le père violent de Zoé, 15 ans, et le silence complice de ceux qui savent, ils fuient le foyer sans avenir de Will, tout juste majeur, et sa rage incontrôlable. Ils fuient avec seuls bagages quelques dollars volés et un amour immense. Chacun veut protéger l’autre des coups durs de la vie, de soi-même également. Leur amour sera-t-il assez fort pour résister aux aléas d’un cavale ?
En chapitres alternés, les deux amoureux clandestins confient leur formidable espoir d’une vie meilleure mais aussi leurs doutes sur leur propre capacité à être à la hauteur de l’amour de l’autre. Galvanisés par l’amour, ils mettent à l’épreuve leur capacité de résilience. Nous espérons avec eux que l’avenir leur soit clément, alors que les difficultés s’amoncellent...
Autre lecture
Will et Zoé s’enfuient ensemble en voiture en espérant rejoindre Vegas et commencer une nouvelle vie. Ils partagent, sur la route, de vrais moments de bonheur. Mais Zoé est mineure et Will, qui a déjà un lourd passé est vite recherché pour enlèvement. A travers leurs confidences se dessine leur passé sous le joug de la violence. Arriveront-ils, transportés par la force de leur amour, à s’échapper et se reconstruire ?
Le récit de la cavale est une descente aux enfers qui fait écho à leurs traumatismes personnels. Maltraitance du père chez Zoé, litanie de familles d’accueil pour Will. L’amour est dès le départ marqué du sceau de la violence avec la nécessité d’assommer le père au moment de leur fuite. La gradation de leurs forfaits les peint en couple maudit. Mais tout n’est pas sombre puisque chacun réussit à atteindre une forme de résilience.
« Pas de coups. Il faut que ça devienne une règle entre nous. Jamais, jamais de coups sur quelqu’un qu’on aime. »

coup de coeur Les filles chocolat, tome 4 : coeur coco / C. Cassidy. - Nathan. 2013

C’est au tour de Coco, la plus jeune des sœurs Tanberry de prendre la parole. La petite dernière, toujours enthousiasmée par les animaux qui l’entourent, se consacre au collège à un club de défense des animaux. Elle se rend également chaque semaine dans un centre d’équitation. Lorsqu’elle apprend que son poney préféré est vendu -par sa faute- elle veut s’assurer du sérieux du nouveau propriétaire mais découvre que l’homme est maltraitant. Pas d’autre solution que d’enlever l’animal, avec l’aide de son ennemi juré Stevie.
Ses parents étant préoccupés par l’essor de leur entreprise, l’anorexie de Summer et le caractère toujours plus imprévisible de Honey, ils ne sont guère attentifs à l’emploi du temps de Coco qui, bénéficiant d’un capital de confiance de ses parents, va pouvoir mener à bien son plan de sauvetage, plus ambitieux que prévu…
Coco, optimiste et volontaire et Stevie, taciturne et inquiet, forment un tandem explosif puis complice, autour d’une même passion et une expérience commune de la famille recomposée.
Nous attendons maintenant de découvrir pourquoi Honey reste si difficile à vivre…
Autre lecture
Coco a pour passion les animaux. Elle se mobilise pour les espèces en danger. Lorsque son poney préféré est racheté par un éleveur violent, elle décide de passer à l’action… Mais comment agir sans éveiller les soupçons ? Heureusement les parents ont une grosse commande de chocolats à honorer et Honey préoccupe assez ses autres sœurs pour que Coco passe inaperçue. Être la dernière, la petite, n’a pas que des inconvénients parfois…Mais il va lui falloir trouver de l’aide.
Ce quatrième tome de la série les filles au chocolat est un moment de plaisir. Il y a bien sûr le chocolat omniprésent dont le lecteur peut facilement imaginer sentir l’odeur. Mais il y a surtout une famille attachante et vivante. Le thème de ce volume est la maltraitance et la lutte, l’engagement. C’est avec impatience que j’attends le dernier tome qui sera j’espère consacré à Honey, le vilain petit canard, l’adolescente rebelle…
« Une famille, c’est un peu comme une boîte de chocolats : un mélange de parfums classiques, originaux ou complètement fous. Dans la mienne, on trouve surtout les deux dernières catégories. »

Autre lecture : J’ai beaucoup aimé ce livre parce qu’il y a de l’aventure, du suspens... mais ce n’est pas meilleur de la série ! J’ai préféré coeur cerise et coeur vanille ! Louise D. 5ème ( collège lumière)

coup de coeur Une mère quelque part / B. Gérard. - Jasmin

Mika est une boule de violence et d’arrogance. Un père directeur au CNRS toujours prêt à le défendre dans ses conneries, une belle-mère qui redoute sa méchanceté, Mika semble ne jamais pouvoir sortir de ce schéma. C’est sans compter sur la rencontre avec Evan, un camarade de classe, de Cathy, surveillante au lycée et de son amie Nina. Tous les 4 partent de façon fort improbable à la recherche de la mère de Mika, en Belgique.
L’histoire est dressée à grands traits et manque de vraisemblance mais elle est attachante dans la description des personnages, tous plus ou moins perdus et tentant de se défaire de leurs démons. Dans la solidarité -pas forcément synonyme d’amitié souriante-, ils découvriront l’histoire de la mère de Mika (mère maltraitante parce que maltraitée) et trouveront eux-mêmes leur voix.

coup de coeur Kill all enemies / M. Burgess. - Gallimard. - (Scripto)

Billie, Alex et Rob sont trois ados en difficulté, souffrance, déroute.
Billie n’est plus la bienvenue chez elle, alors même qu’elle s’est dévouée des années durant, et depuis ses 10 ans à peine, pour porter sa famille à bout de bras. Elle est un condensé d’émotions, la violence et la rage ne sont jamais bien loin et stigmatisent la jeune fille comme une bagarreuse impitoyable.
Rob lui est le souffre douleur préféré de son école mais également de son beau-père. Pas question d’embêter sa mère, qu’il idolâtre, avec ses ennuis.
Alex quant à lui, refuse catégoriquement de passer du temps à bucher à la maison. Temps scolaire, OK, devoirs à la maison, hors de question, même s’il doit se heurter avec ses parents et être viré de l’école !
Les histoires alternent et se croisent, avec une violence latente qui va crescendo, et l’on redoute qu’elles s’acheminent vers une voie sans issue pour ces jeunes que tout semble accabler. Car les adultes sont vraiment à côté de la plaque, au mieux professionnels et compatissants, comme Hannah, au pire facteurs supplémentaires des catastrophes annoncées. Mais Melvin Burgess nous surprend et invente une fin digne de ce qu’il a pu observer dans les centres pédagogiques spécialisés anglais. Tout n’est pas noir, l’énergie des gamins, pour peu qu’elle soit guidée par quelques adultes compétents et sublimée par un projet, peut transformer ces ados paumés. Coup de coeur de Chahin

coup de coeur La véritable histoire d’Harrison Travis hors-la-loi, racontée par lui-même / P. Maret. - Thierry Magnier

Harrison a commencé à voler très tôt. Pour manger d’abord, pour survivre ensuite, lorsqu’il était en cavale. Il a squatté des maisons, piloté des bateaux puis des avions ! Comme Elise Fontenaille, Pascale Maret s’est basée sur l’histoire de Colton Harris-Moore pour écrire ce roman. On retrouve un jeune homme épris de liberté, accro à l’adrénaline procurée par les vols à bord de petits avions. Le jeune homme écrit depuis la prison et explique ce qui l’y a amené, en évoquant sa mère, la pauvreté, les déceptions, son père...
Une histoire atypique dont Pascale Maret nous donne sa propre vision, plus centrée sur le quotidien d’Harrison et moins axée sur la fierté du parcours...

coup de coeur Tapage nocturne / N. Amram. - Oskar. - (La vie)

Antoine, élève de CM2, a un comportement violent. A la question de son institutrice "Qu’est ce que le tapage nocturne ?", le jeune garçon répond que c’est quand quelqu’un "tape en pleine nuit". A l’occasion d’une nouvelle bagarre avec Charles, Antoine est guidé vers une éducatrice qui va l’amener à parler et à jouer. Surtout, il fait la connaissance d’Abdou, jeune réfugié politique, et de Noélie qui ne parle pas du tout. Où l’on apprend que parce que son père est alcoolique et frappeur, Antoine n’a pas appris à communiquer autrement qu’avec les poings.
Autre lecture
Antoine se bat. Dès qu’on le contrarie. Alors qu’il n’est qu’en CM2. Il a la chance que son école bénéficie d’une institutrice spécialisée à l’écoute des enfants ayant des problèmes. Avec elle, Antoine peut comprendre d’où vient cette violence. Et s’ouvrir aux autres, Abdou qui a fui la guerre au Congo ou encore Noélie et sa sœur handicapée.
Petit roman très court sur l’impact que peut avoir la violence du couple sur l’enfant et la résilience possible.

coup de coeur Les fils de l’ogre / Mathis. - T. Magnier. - (Nouvelles)

12 nouvelles, 12 moments de la vie de Fred et Max, deux frères qui font corps contre leur père brutal, alcoolique, égoïste. Les coups pleuvent, humiliations en prime et il n’est pas facile pour les frères de se construire. Au fil des nouvelles, on suit justement l’évolution de leur vie et l’on se dit qu’il n’est facile d’échapper au modèle familial. Pas facile, mais pas impossible.
Un recueil assez noir avec comme toujours chez Mathis, un humour qui résiste et affleure.
Autre lecture
Voyage en enfer. A travers douze nouvelles nous suivons l’existence de deux frères maltraités par leur père. De la peur des coups à l’attente du moment où tout dérape. Mais il y a aussi Paul, leur copain et surtout la solidarité entre les frères. Est-il alors possible de s’en sortir ?

coup de coeur Cavale / H. Goldberg Sloan. - Gallimard

Tout commence par une rencontre improbable entre un jeune homme de 17 ans, en cavale permanente avec son frère autiste et un père fou et dangereux, et une jeune fille de bonne famille. Il est beau, musicien surdoué et a pour seul objectif de survivre et d’être là pour son frère différent. Elle est belle, sage et ... c’est la reconnaissance immédiate de l’Autre ! Mais le bonheur, si intense soit-il est fragile et les obstacles sont nombreux. On pense à une leçon de vie, au conte de fée, à Roméo et Juliette mais aussi aux gags de Tom et Jerry avec le personnage de Bobby qui enchaîne les mésaventures ! Un livre à multiples facettes très réussi.
Autre lecture
D’un côté il y a Sam, ado qui se sent vivre uniquement en écoutant de la musique. De l’autre, Emily qui, justement ce jour là à l’église, doit chanter, contre sa volonté, I’ll be there. Elle chante, ils se regardent et leur destin est désormais lié. Mais leur histoire est-elle possible ? Lui protège son petit frère de Clarence, leur père paranoïaque sans cesse en fuite, d’un état à l’autre. Elle est issue d’une famille classique, aimante, qui ne peut que s’inquiéter de voir l’aînée fréquenter un marginal taiseux. Clarence va régler la question : cette relation est dangereuse à ses yeux, il est temps de larguer à nouveau les amarres. Dans sa folie, la solution lui paraît même bientôt évidente : il faut tuer ses fils. Nous voici au cœur d’une cavale qui paraît à tous interminable.
C’est un roman haletant, dont tous les ingrédients sont mesurés : des enfants malheureux et maltraités, une histoire d’amour contrariée, une mise en danger des “gentils”, on sait d’emblée que tout finira bien. Si l’ensemble est un peu trop bien calibré, trop léché, on se laisse prendre par l’humanité des personnages.
Autre lecture
Deux personnages que tout sépare mais qui finiront par se rencontrer ? Hum ! Déjà lu ça mille fois, non ? Sans doute, mais Holly Goldberg Sloan parvient cependant à tirer son épingle du jeu grâce à une plume vive et à un scénario finement découpé. Cavale, sans être exempt de reproches, est donc un roman intelligemment écrit dans lequel on ne s’embarrasse pas du superflu. Les informations clés s’empilent et sont distillées avec une précision d’orfèvre, parvenant au lecteur en temps voulu, juste avant de basculer vers un autre protagoniste. Le lecteur est ainsi constamment maintenu en haleine. Si l’auteure utilise le procédé de manière un peu trop systématique, il n’en reste pas moins que ça fonctionne. Les pages sont traversées par ce souffle épique typique des romans américains (James Lee Burke, Christopher Cook...), et confère à Cavale un côté échevelé tout à fait plaisant. A ce cocktail détonnant s’ajoute un humour sobre mais irrésistible qui permet au lecteur de trouver des temps de respiration.
On regrettera toutefois quelques fâcheuses facilités. Ainsi ce recours à de grossiers hasards afin d’extirper les personnages de situations critiques est particulièrement agaçant. Ainsi, lorsqu’une goutte d’eau tombe sur un verre de montre, et qui, traversée par un rayon de soleil, permet de concentrer la chaleur en un point précis et d’allumer un feu en agissant comme une loupe naturelle pile au moment où les deux héros ont atteint un moment vraiment très critique, on a soudain très envie de refermer le roman. Il faudra aussi nous expliquer comment il est possible de descendre un torrent en furie sur un canoë sans rame, de réchapper à une chute de plusieurs dizaines de mètres dans les eaux tumultueuses d’une cascade, tout cela avec la clavicule en miette, et de s’en sortir sans plus de séquelles...
Malgré tout, Cavale reste un très bon roman avec en point d’orgue un dénouement tout à fait émouvant. A lire !

coup de coeur Velvet / M. Hooper. - Les grandes personnes

Autant la vie de Velvet a bien mal commencé -avec un père maltraitant, une mère décédée trop tôt et la misère qui la talonne- autant la rencontre avec Madame, voyante réputée, lui apparaît comme un miracle. Madame a le don si précieux de pouvoir contacter les esprits et vient en aide aux personnes en souffrance. Bien sûr, elles doivent payer pour ce service et il faut donner des coups de pouce au sort (et c’est là qu’intervient notre Velvet dévouée) mais son talent est si grand ! Elle-même en a fait l’expérience...
Mais l’admiration laisse bientôt place à des soupçons de plus en plus marqués et ce n’est pas son ami Charlie, jeune policier, qui va les étouffer…
Comme toujours, Mary Hooper a le don de nous immerger dans une époque passée, ici les années 1900-1901 à Londres et d’y camper une histoire qu’on ne peut lâcher. Les ficelles restent les mêmes : une orpheline qui voit son destin transformé mais le plaisir reste intact. (Détail original : le roman est traversé par des noms d’étoffes)
Autre lecture
Velvet est sauvée d’une vie misérable par une des reines du spiritisme de l’Angleterre victorienne. Rapidement, elle assiste aux séances du Médium et se voit accorder un rôle. Elle doit accueillir les clients et assister, incognito, aux prestations des autres voyants de la ville. Ce lien possible entre les morts et les vivants la fascine. Mais le doute s’installe en elle alors que de nombreux scandales pour escroquerie éclatent dans la ville. Pourtant Madame connaît son vrai prénom alors que son père, mort noyé sous ses yeux, était son seul lien à son passé... Une véritable enquête commence...
Un roman policier qui nous plonge dans un moment précis de l’histoire de l’Angleterre, celui de la vague du spiritisme.

coup de coeur Mes chaussures couleur caca / R. Oum. - Oskar. - (Court métrage)

Une nouvelle collection qui, avec ses 4 premiers titres, promet… Texte plus ou moins court, phrase accroche en page de couverture avec juste un dessin, 4° de couverture avec 3 mots clés en guise de résumé, tout est dans la sobriété mais attire l’attention.
Dans Mes chaussures couleur caca, Elle vit dans l’angoisse de ce que dira son père. Il faut faire attention à ne pas le choquer, l’énerver et Elle et sa mère, vivent dans l’économie d’elles-mêmes. Aujourd’hui, la sentence est tombée, "Ta mère t’a acheté des chaussures de pute." Un jour, Elle constate ce qu’elle redoutait le plus : sa mère est partie. Pour elle aussi, alors, les choses doivent changer. Elle se donnera notamment le droit d’exprimer sa haine de ce père qui les a toujours humiliées.
Roman court, phrases courtes et langage haché, qui voit une fillette s’affranchir de la violence psychologique du père. Pas de happy end ici, on perçoit tout le mal qui est fait et la liberté ne sera sans doute pas facile...

coup de coeur Sans toi papa… / S. Rigal-Goulard. - Oskar

Florentin débarque à Marseille avec sa mère et sa sœur et doit affronter une nouvelle classe dans une nouvelle école. Pas évident, pour le petit parisien qu’il est, de faire face aux supporters de l’OM. D’autant que Tony, le caïd de l’école prend en grippe le petit nouveau, qui non seulement porte des lunettes, mais récolte les 20/20 à la pelle.... Pourtant, ces deux-là vont se frôler, et se rapprocher. Le jour où Tony entre chez Florentin, il découvre une autre possibilité de vie. Presque malgré eux, les deux garçons s’aperçoivent que s’ils décident de réagir, ils ne subiront plus dans leur vie ce qui les abime.
Deux parcours différents, une même fragilité et une volonté féroce de se battre. Un roman pour jeunes qui se lit d’une traite, avec une belle écriture et une émotion juste.
Autre lecture
Florentin, nouvellement arrivé à Marseille, tente de se faire une place dans sa nouvelle école. Il repère vite le caïd des CM2 et pressent qu’il va lui donner du fil à retordre. En matière de caïd, c’est Tony, autre narrateur du roman, que l’on découvre en parallèle. Le premier souffre du départ du père qui a préféré refaire sa vie loin d’eux. Le second voudrait bien que le sien soit moins présent, moins violent... Les deux enfants, sans partager une amitié fusionnelle, comprennent les fêlures de l’autre. Florentin va tout faire pour sortir Tony de cette impasse. Avant que le fils ne devienne aussi violent que le père…
Un court roman, parcours croisés de deux ados qui sauront se défaire des souffrances infligées par les adultes.

coup de coeur Nicholas Dane / M. Burgess. - Gallimard. - (Scripto)

Le héros éponyme a 15 ans, vient tout juste de perdre sa mère d’une overdose et n’a pas de famille qui pourrait le prendre en charge. Direction le foyer de jeunes délinquants, quant bien même il n’a rien d’un délinquant… Nous sommes à Manchester, en 1980, les conditions sont désastreuses et par la force des choses, Nick va devenir ce qu’on attend de lui, un délinquant !
Melvin Burgess se joue du lecteur qui imagine à chaque page que la situation peut s’améliorer. Pas de concessions, il nous emmène, nous et son personnage, très loin dans la violence que Nick va affronter : pédophilie, violence, trahison, manipulation… L’image de l’adulte y est désastreuse : inconscient, lâche, aveugle, égoïste… Aucun ne sera en mesure d’aider Nick. Seul le dernier chapitre voit la situation de Nick se dénouer, lorsqu’il sera adulte.

coup de coeur Le roman de Sofia / H. Mankell. - Flammarion. - (Tribal)

Ce sont 3 romans rassemblés dans ce recueil, 3 temps de la vie de Sofia, jeune fille du Mozambique.
Le secret du feu raconte la vie de deux sœurs, Maria et Sofia exploser sur une mine anti-personnelle. La survivante devra faire preuve d’un courage hors du commun pour réapprendre à vivre.
Dans Le mystère du feu, c’est une autre sœur de Sofia, Rosa, qui est atteinte du sida. Quant à Sofia elle découvre dans l’amour, un bonheur qui lui semblait impossible du fait de son handicap.
Avec La colère du feu, Sofia est à nouveau frappée par le malheur : mère de trois enfants elle croit avoir trouvé le bonheur avec Armando. Mais avait-elle raison de faire confiance en l’amour d’un homme ?
Une écriture qui séduit d’emblée, synthétique, sans fioriture, qui va au cœur des faits et de l’émotion. Dommage qu’il manque des connexions entre les trois récits : Par exemple, Rosa n’apparaît à aucun moment dans le premier opus. Pour cette raison, on préfèrera la lecture séparée des tomes existants chez le même éditeur.
Quoi qu’il en soit, c’est une histoire très forte, avec une héroïne exceptionnelle habitée par un feu quelques fois apaisant, d’autre fois destructeur.

coup de coeur Mercedes cabossée / H. Ben Kemoun. - Thierry Magnier. - (Petite poche)

Mercedes ne dit plus un mot à qui que ce soit, sauf à sa mère. Même au "Centre". Mais lorsqu’elle voit que son père a à nouveau frappé sa mère, c’en est trop. Les mots sortent, et si elle ne peut encore parler, elle placardera la vérité sur toute la ville. Efficace et touchant.

coup de coeur Le garçon qui volait des avions / E. Fontenaille. - Rouergue. - (DoAdo)

Roman court avec des chapitres alternés qui font entendre les voix du personnage principal, Colton, sa mère, les voisins, Helen, flic et meilleure amie de sa mère lorsqu’elles étaient jeunes… Colt est en révolte contre les flics depuis l’âge de 8 ans, lorsqu’ils l’ont soupçonné d’avoir volé un vélo offert par sa mère. Sa vie n’avait jamais été facile, depuis ses 3 ans où son père avait tenté de l’étrangler mais cet épisode précipite le basculement de sa vie : il sera en fuite continuelle des foyers, puis vivra en “survivor” dans les bois pendant 2 ans, à multiplier les larcins et provocations. Il ira jusqu’à voler des Cesnas (petits avions), pour se sentir encore plus libre !
L’issue n’est pas romanesque mais l’histoire, véridique, est assez terrible : une revendication de liberté d’autant plus révoltée qu’elle a pris racine dans un drame de l’enfance.

coup de coeur Tout près le bout du monde / M. Lethielleux. - Flammarion. - (Tribal)

Il y a Malo, gamin timide et paumé, obsédé par les toilettes ; Solam, ado tête à claque bouillonnant de violence ; Et Jul (ou Djoule) qui ne sait vivre sans Ley qui l’a pourtant rouée de coup. Ils vivent tous Au bout du monde, autour de Marlène qui les invite à écrire chaque jour. Malo relate les évènements avec discipline, Jul écrit inlassablement à Ley, et Solam à Marlène, pour la heurter, la faire craquer. Leur mal-être transparaît à chaque mot, qui dévoile peu à peu leur histoire singulière, et les mène lentement mais sûrement vers une vie plus sereine. Un bout de chemin où se croisent des êtres en souffrance, enfants et adulte, mais en empathie aussi.
Bien sûr, c’est un peu idyllique dans le processus mais il se dégage une vraie sensibilité positive, une belle solidarité qui font que l’on s’attache à tous ces personnages.

coup de coeur J’irai au Pays des licornes / J.-F. Chabas. - Ecole des loisirs. - (Médium)

Le pays des licornes… Voilà ce que Pavlo aime à nous raconter, plutôt que sa terrible histoire. Qui aurait envie d’entendre, par le menu, son passé d’orphelin de la rue ? Puis ses années de combats ultimes avec d’autres enfants… Toute cette violence qu’il faut bien traverser, si l’on veut survivre. Heureusement, il y a ses camarades de combats, mais faut-il se lier à eux, s’ils doivent mourir ...
Un texte dur, très dur, sur une réalité inacceptable qui voit des adultes s’enrichir sur le dos d’enfants. Pas d’espoir, si ce n’est celui de se révolter et de rejoindre le pays des licornes

coup de coeur Un cactus à Versailles / M. Bernard. - Syros. - (Tempo+)

La famille de Kergolen vit à Versailles à l’ombre du château : une grand-mère pour qui colonisation et Second Empire sont des références, une mère aimante au foyer et bonne cuisinière, un père lettré qui porte une fleur de lys à la boutonnière le 21 janvier, cinq enfants bien élevés qui réussissent brillamment leurs études. Mais comment faire face quand surgit le drame ? C’est l’aîné, Wallerand, 25 ans, adjoint aux cultures fruitières du Potager des jardins de Versailles, qui a commis l’impensable : ses coups ont plongé Sophie, sa fiancée, dans le coma, il est incarcéré et attend son procès… Marie-Liesse , la « petite » sœur fait le récit du désarroi, de la honte, des douleurs des silences, des vérités cachées qui entament la cohésion de la famille.
C’est un texte original : il décrit un milieu social que l’on rencontre peu en littérature jeunesse, il pointe, sans manichéisme, la violence faite aux femmes -le grand frère violent a aussi été aimant et ouvert à la vie. Les parents rigoristes souffrent eux aussi, enfin le texte garde espoir dans la capacité de résistance des deux sœurs qui font voler en éclats les certitudes éducatives des parents. Le ton est alerte, d’une ironie légère et polie comme le reflet de l’éducation reçue.
Suite : Trois baisers / M. Bernard. - Syros. - (Tempo+)

coup de coeur Les parents de Mélie / C. Albaut. - Syros. - (Les uns les autres)

La première partie Mal à ma mère a été publiée en 2002 sous le pseudonyme Clara Vidal. On y découvrait la lente destruction de Mélie par une mère haineuse et venimeuse. La fin se terminait sur une lueur d’espoir, laissant Mélie aux mains d’une psychothérapeute.
La présente édition est augmentée d’une seconde partie Paix à mon père. Quelques années plus tard, Mélie revient au domicile parental, juste après le suicide de son père. Elle le veille toute la nuit, se penche sur leur passé et tente une réconciliation. Ce père qui a été défaitiste, lâche, absent mais qui a cependant su installer, à travers la musique, une complicité avec sa fille, lui offrant ainsi les seules lueurs de son enfance.
Un texte dur, très dur, qui dépeint les mécanismes de la maltraitance psychologique mais révèle aussi la force et l’humanité possible des victimes, malgré tout.

coup de coeur Sortilège / J.-F. Chabas. - Ecole des loisirs. - (Neuf)

Deux histoires courtes qui ont en commun de peindre deux enfances en souffrance. Les deux héros possèdent une maturité hors du commun, luttent et se révoltent contre leur réalité et sont aidés en cela par la force de la Nature dans toutes ses formes.
Cyprien, en escaladant la montagne, analyse le comportement de son père et de sa grand-mère. S’ils le frappent et l’humilient, il ne doit pas pour autant se sentir nul et céder à la violence. Il trouve dans l’ascension de cette montagne la dignité qu’on veut lui enlever...
Antoine quant à lui est tout à sa joie d’avoir une chienne, qu’il appellera Sortilège. Lorsqu’il tombe malade et doit être hospitalisé, il trouve très dur de devoir rester loin d’elle. Les médecins ne lui donnent bientôt plus aucun espoir... Antoine exige de retourner chez lui et ne quitte plus Sortilège. On parle très vite de rémission…

coup de coeur Ta photo dans le journal / M. Brantome. - Seuil

Dans les années d’après-guerre, Laure, une douzaine d’années, et de constitution plutôt fragile - limite anorexique - est envoyée pour les vacances chez des amis de ses parents, les Pinsart, qui vivent à Arcachon avec leur fille Francia de 30 ans, handicapée mentale. Elle y fera aussi la connaissance du jeune Pierrot, un gamin de l’assistance, pour qui ils sont « famille d’accueil ». Laure se lie d’amitié très vite avec lui (elle lui apprend à lire car il est analphabète, il lui apprend à faire du vélo), tout en se rendant compte qu’il est devenu le souffre-douleur de Francia, elle-même humiliée par ses parents. Malheureusement, le drame sera inévitable...
Un roman d’une très grande finesse dans l’observation de la psychologie des différents personnages et dans la restitution de l’époque et qui, tout en traitant de choses tragiques, finit sur une note d’espoir : la photo dans le journal.

coup de coeur Le livre qui dit tout / G. Kuijer. - Ecole des loisirs. - (Neuf)

Thomas a deux formidables moyens d’évasion : lorsque son père bat sa mère ou lui-même, il parle à Jésus qui l’aide à comprendre son quotidien. Le reste du temps, il lit, beaucoup, et écrit Le livre qui dit tout.
C’est un livre dur, mais pas désespéré, grâce aux femmes qui choississent la méthode douce, mais ferme, pour affronter les hommes.

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