couv

(Ne prend pas en compte les mots de moins de quatre lettres)

Croqu’livre

L’Association
> Le CRRLJ
Nouveautés
Sélections annuelles
Sélections thématiques
Formations
Groupes lecture
Temps forts
Contact
Quoi de neuf

Le livre jeunesse en Franche-Comté

Auteurs-illustrateurs
Conteurs
Associations
Editeurs
Salons et évènements
Prix et concours
Spectacles

...et au-delà

Actualités
Spectacles
Expositions
Liens

Dernière mise à jour :
dimanche 25 septembre 2016

Mot Clé : Banlieue




Album(s) :


coup de coeur La petite fille en rouge / A. Frisch ; R. Innocenti. - Gallimard. 2013

« Les histoires sont comme le ciel : changeantes, imprévisibles et susceptibles de vous surprendre sans protection. » Mais elles ont un avantage sur la vie : elles sont « magiques » et peuvent décliner d’autres fins... C’est ainsi balisée que se raconte l’histoire de Sophia, petite fille en rouge, qui doit porter quelques douceurs à sa mamie. La forêt se dessine, serrée et grouillante, en béton et très urbaine. Il y a les merveilles : musique, magie, mystères ; et les nombreuses tentations. De quoi se perdre en chemin et éprouver le danger... Les dangers plus exactement, indistincts, sourds, angoissants parce que protéiformes.
Mais n’oubliez pas, nous sommes dans une histoire, que nous pouvons maîtriser, peu ou prou... Alors choisissons notre fin (versions de Perrault ou de Grimm), éprouvons notre confiance en l’avenir avec ce conte moderne très réussi dans sa mise en abime, son graphisme très riche et sa capacité à réinventer un conte tellement revisité.

coup de coeur Shéhérazade / B. Fontanel ; O. Balez. - Sarbacane

Shéhérazade n’a rien perdu de sa magie à captiver par les histoires, mais Shâhriar n’est plus son public privilégié. Si le texte joue sur une ambigüité qui nous transpose à la fois dans un univers de conte et dans une modernité toute proche, les illustrations d’Olivier Balez, elles, tranchent et dessinent la banlieue. C’est dans ce cadre que la belle Shéhérazade, dévoreuse de livres et d’histoires, va mettre en haleine son auditoire.
Une figure mystérieuse que cette Shéhérazade des temps modernes qui utilise les histoires comme outil de liberté, ciment social et graine de savoir !

Roman(s) :


coup de coeur C’est pas grave / J. Hoestland. - Milan. - (Macadam). 2014

Je, Chloé, narratrice du roman. Tu, Mathis, qui rompt, tel un goujat. Il, le père parti pour une plus jeune. Elle, telle qu’elle s’imagine, se rêve. On, Liza et elle, censées être amies, avant la trahison. Nous, elle et sa mamie, confidentes. Vous, le professeur si stimulant…
Des pronoms comme autant de personnes qui influent sur la vie de Chloé. Elle en bave, Chloé, mais malgré les crasses, les désillusions, les vacheries de la vie, elle reste une survival ! C’est pas grave tout ça ! « A quoi bon grandir, apprendre, aimer, faire des enfants à quoi bon faire ce que tout le monde fait pourtant si rien ne change jamais ? » Peut-être parce que finalement, la vie réserve toujours de bonnes surprises...Julie Feuvrier

Portrait d’une jeune fille de banlieue sous différents angles : la famille, les copains et l’école. Chloé a un moral d’enfer, elle pense être une "survival" et affronte tous les problèmes avec philosophie. Une mère trop présente, un père absent, un petit-copain irrespectueux, des enseignants qui croient en leurs élèves, et une cité omniprésente. Un coup de colère ou un nouveau départ ? La fragmentation de l’histoire en tableaux, en moments de vie empêche le lecteur de s’immerger complètement dans la vie de Cholé. La vision finale de la banlieue comme un lieu où l’on vie, où l’on aime, où l’on veut rester m’a un peu surpris. Enfin, j’ai trouvé que l’écriture restait en décalage par rapport à la parole d’un jeune. Au final, un livre en demi-teinte d’un auteur que j’apprécie beaucoup. Marion Uteza

A partir de 12 ans

coup de coeur La porte rouge / V. Gouby ; H. Vinet. - Thierry Magnier. - (Photoroman)

Dora n’est plus sortie de chez elle depuis le 29 juin. Date à laquelle Alex l’a coincée derrière une porte et l’a menacée. Parce qu’elle porte une mini jupe, parce que cela ne se fait pas dans leur quartier. Dora refuse de plier face aux diktats imbéciles mais derrière la résistance farouche, la peur, qui la fait se terrer.
Elle remarque que tous les soirs quelqu’un jette une canette, ce geste d’incivilité la pousse à sortir, à interpeler celui qui se révèle être un jeune homme : Charlie fuit tous les soirs sa maison, son père plus exactement, qui refuse son métier de jardiner. Métier de tapette.
Ces deux là, affirmant leur différence, se comprennent et s’entraident.
La série de photos ouvrant le roman montre une ouverture, Valentine Goby brode, autour de ces clichés, une histoire d’amour en lutte contre les discriminations, qui fait fi des étroitesses d’esprit de leur entourage.

coup de coeur Sur la tête de l’amour / B. Lanneau. - Sarbacane. - (Exprim’)

Slam deale les rimes. Il vend des vers pour les rappeurs de la cité en mal d’inspiration. Seul, isolé, il vit comme une ombre, un réverbère. Et surtout il ne prononce pas un mot. Mais lorsqu’il croise Nora, c’est le foudroiement. La jeune fille tente de réussir au lycée. Intelligente, seule l’orthographe lui pose un réel problème... Mais la cité est là, dans les cages d’escalier, les grands frères, la religion, les règles, la musique... Arriveront-ils à se rencontrer et pour quel avenir ?
Une romance au cœur de la banlieue ? Non, pas vraiment, pas seulement. Plutôt un périple pour décrire la difficulté à amener les mots à se reformer, les individus à se retrouver. L’écriture elle-même "scratch et clash". Le récit s’affole et ralentit. Les mots s’étalent. Et c’est tout un monde qui s’offre à nous. Celui dans lequel les mots ont un pouvoir absolu et à la fois manquent souvent terriblement à nos protagonistes. Alors laissez vous tenter !
« Personne ne le connaissait. Rien. Sans histoire, aucune réput’, pas de cicatrice, ni de trous de boulette dans le survêt. Tout le monde se demandait, c’est qui ce gars chelou, vu que jamais on ne le voyait en plein jour et qu’il passait toutes ses soirées planté sous un réverbère. Il habite où, quel bâtiment, en plus il est seul-tout, il a pas de renp’s ? C’est là que les rumeurs ont commencé, vilci, taulard, espion... S’ils savaient. »

coup de coeur Les enfants de Babel / E. Cansino. - Ecole des loisirs. 2013

Ce roman présente un joli méli-mélo de personnages et de sentiments. On retrouve un peu de soi dans chacun des habitants de cette tour de la banlieue de Séville. A leur manière, ce sont tous des héros ordinaires qui, par leurs parcours, leurs choix de vie et leurs erreurs, offrent une belle leçon de vie, simplement. Le roman est empreint d’une douce lenteur et de philosophie portée par le personnage d’Angel, enseignant oui, mais plus que cela ! Au final, ce roman aborde la transmission sous toutes ses formes. Il en ressort tant d’émotions et de fragilité qu’il est impossible d’y rester insensible.
Autre lecture
Un roman espagnol dont l’intrigue se déroule pour l’essentiel dans la grande tour d’une cité à la dérive. Première (petite) surprise : les cités espagnoles semblent identiques aux cités françaises : les mêmes graffitis, trafics et immigrés clandestins. Deuxième surprise : le personnage principal de ce roman pour ados -héros pourrait-on dire, tant il est courageux et sympathique- est un adulte, un professeur de philosophie d’une cinquantaine d’années. Il est en contact permanent avec des jeunes du lycée et de la tour mais a sa propre vie d’adulte, de solitude suite à la mort de sa femme et de responsabilités professionnelles. Responsabilités complexes. A-t-il le droit ou le devoir d’aider un élève africain à faire entrer clandestinement son jeune frère en Espagne ?
Un roman remarquable et exceptionnel qui fera grandir ses jeunes lecteurs. Coup de coeur de David

coup de coeur Sami, Goliath, Oscar, Ousmane, et les autres... / C. Clément. - Bayard. - (Estampille)

Sami prend grand soin de son lapin nain Goliath. Des carottes bio, un grand espace et même des virées à l’extérieur lorsqu’il fait beau. C’est ainsi que, chamboulé par la crise d’appendicite de son meilleur ami Oscar et l’accompagnant en urgence à l’hôpital, il en vient à oublier son cher lapin. L’animal a disparu à son retour et Sami s’évertue à le retrouver. Dans sa quête, il nous fait rencontrer les habitants du quartier et bientôt la solidarité de tous est à l’œuvre. Pour le lapin mais surtout pour Ayana, la mère d’Oscar sans papiers, pour Ousmane, grand sage qui a lui aussi ses cicatrices. Sami, au contact de toutes ces personnes avec leurs problèmes, élargit son champ de perception, de réflexion et nous fait profiter de leçons de vie. Ainsi, Ayana se battant pour ses droits et celui de son fils : « Monsieur le président, depuis quand la République française s’attaque aux enfants ? (…) Une après-midi, des policiers sont venus chercher mon fils à l’école, et ils l’ont emmené. (…) Dix ans, monsieur le président. C’est l’âge de mon fils que vous traitez comme un bandit. » Ou encore Sami, à propos d’Ousmane prenant la défense d’un raciste notoire : « C’est peut-être ça, avoir une grande âme ? Aider, essayer de consoler quelqu’un même si ce quelqu’un ne le mérite pas. »

coup de coeur Une étoile dans le cœur / L. Atangana. - Rouergue. - (DoAdo). 2013

Depuis le départ de son père « qui ne trouvait pas sa place en France », Damien est assailli de questions, de doutes, paraît égaré dans sa généalogie atypique. Jusqu’à maintenant, il était métis, d’une mère blanche et d’un père congolais. Mais il prend conscience que si sa mère est juive, lui l’est également. Qu’est-ce qu’être juif ? Questionnement d’autant plus problématique quand on n’est pas religieux et qu’on habite dans une cité...
Il faudra se faire au style haché, aux « phrases fracassées. Brisées dans leur élan », comme le dit le narrateur lui-même mais Damien est touchant dans sa volonté de se comprendre, de lutter contre les lois de la cité, d’affirmer son identité avant même de bien intégrer ce qui la constitue.
Autre lecture
Que signifie être black et juif ? Le père de Damien, originaire d’Afrique, vient de fuir la maison faute d’avoir réussi à s’intégrer et à trouver un travail stable en France. A cette occasion Damien apprend qu’il est juif. Dans la banlieue où il vit, la combinaison black et juif passe mal. Si ses amis lui restent fidèles, il ressent une tension en lui et autour de lui. Alors il cherche à comprendre...
Un roman sur l’identité, l’insertion, les racines. Les phrases courtes rendent bien la rage que ressent l’adolescent face à ses blessures généalogiques, ses manques de repères. L’histoire elle-même est celle d’une recherche, avec au bout une lueur d’espoir...
« Papa avait plié sa vie en quatre et l’avait enfoncée dans sa poche. Bien profond. Il s’était tiré. J’en revenais pas. Ca passait pas. »

coup de coeur J’ai décidé / I. Rossignol. - Flammarion. - (Tribal)

Cynthia n’avait réellement pas besoin de ça dans sa vie. Elle qui ne sait déjà pas que faire de sa vie -résultats scolaires médiocres et aucune ambition- apprend qu’elle est enceinte. A l’abattement le plus total succède une prise de conscience du choix qu’elle a à faire. Un choix qui implique de réfléchir à son avenir, à la notion de parentalité -être enceinte et vouloir garder son enfant, est-ce une fuite comme une autre ou un vrai choix responsable- et tout simplement à son identité.
En étant enceinte Cynthia s’interroge sur elle-même, sur la condition des femmes, devient curieuse de la vie, des autres tout simplement. Si le géniteur n’a aucune place dans ses interrogations, Cynthia elle saura enfin qui elle est, ce qu’elle veut devenir.
Le style de la narratrice, très affranchi au niveau de la syntaxe, participe de la description d’une certaine banlieue. Si le propos est un peu didactique, l’intérêt pour la thématique est certain.
Autre lecture
Cynthia, jeune fille des banlieues de 17 ans, découvre après un premier rapport sexuel non protégé qu’elle est enceinte. Que faire ? Que décider ? Au-delà des différents avis donnés par son entourage, Cynthia va découvrir que c’est de sa vie qu’il est question. Son état est révélateur d’un mal être plus profond.
C’est par des rencontres parfois inattendues que Cynthia va être amenée à prendre en charge son existence. Que veut-elle faire de sa vie ? Quel métier ? Quelles études ? Quelle place veut-elle occuper dans la société ? Être une femme est-ce tout accepter ? Faut-il avorter ou au contraire garder le bébé ? De nombreuses questions auxquelles Cynthia devra apporter ses propres réponses.
Un très beau livre sur la construction de soi, très positif en dépit de la noirceur du thème. Car commencer à réfléchir ouvre la voie des possibles. Et, à 17 ans, tout est encore possible... Coup de coeur de Marie C.

coup de coeur Sous silence / P. Goujon. - Actes Sud. - (D’une seule voix)

Depuis quand le narrateur est-il aussi taciturne ? Depuis quand est-il hanté par les insomnies ? Il remonte le fil de son malaise, en vient à la mort de Demba, à son souhait, juste avant, de le voir crever (“Crève Demba, t’as qu’à crever, sur ma tête, c’est tout ce que tu mérites”). Il faudra remonter plus loin encore, vers des souvenirs plus cléments pour renouer un lien serein, pour se pardonner, accepter.
Patrick Goujon nous offre son premier texte dans une collection pour adolescents. Cet auteur possède une écriture particulière entre littérature et langue orale. Ses mots frappent comme des coups de poings, ses phrases résonnent dans la tête et le tout bouleverse le lecteur. Les thèmes qui sont chers à cet écrivain : la banlieue, les amitiés entre adolescents des cités qui passent par la violence, la difficulté de grandir, parlent forcément aux jeunes. A nous médiateurs de leur faire découvrir afin qu’ils ne passent pas à côté.

coup de coeur Zone tribale / P. Maret. - T. Magnier

Souf, ado malheureux, vit dans un quartier où cohabitent juifs, maghrébins et africains. Il ne se sent à l’aise que dans la société secrète dirigée par Chaka, un petit trafiquant qui exhorte ses troupes à la violence contre les juifs. Souf est amoureux d’Angie, belle mais inaccessible. Quand Chaka lui demande d’enlever et de séquestrer le fiancé - juif- d’Angie, Souf n’hésite pas une seconde. Mais les évènements vont déraper...
Un roman violent et lucide sur les conflits ethniques dans les banlieues. Pascale Maret ne dénonce pas, elle informe, raconte sans préjugés ni tabous pour pointer une situation due à la misère sociale et à la mise à l’écart d’une partie de la population. Une histoire qui rappelle fortement le Gang des barbares mais s’en détache par l’issue : l’humanité l’emporte. Dès 14-15 ans.

coup de coeur L’ âge d’ange / A. Percin - Ecole des loisirs. - (Médium)

Vous trouverez rarement un personnage principal de roman aussi discret. Asexué pendant de longues pages, elle -car c’est une jeune fille- ne se sent exister que dans sa passion pour la Grèce Antique. Elle excelle en classe de grec, passe sa vie dans les livres, mais traverse la vie comme un fantôme. Jusqu’au jour où elle rencontre Tadeusz... Grâce à lui, elle s’ouvre à ses propres sentiments, aux autres, et se découvre également une conscience politique. Immigré polonais, Tadeusz n’a pas le même niveau social que tous les élèves de ce grand lycée huppé luxembourgeois. Il porte également une autre différence, que notre héroïne recevra de plein fouet.
Une tragédie moderne qui oppose deux mondes condamnés à ne pouvoir vivre ensemble ?

coup de coeur Echancrure / M. Le Bourhis. - Seuil. - (Karactère(s)

Un roman à 2 voix : Thomas est en LP, en rupture scolaire. Il adore les beaux livres (ceux de la Pléiade en particulier), les toucher, les sentir. Les voler aussi… Micheline elle aussi aiment les livres. Ils se rencontrent dans une librairie, une rencontre étrange et improbable... Lorsque la vie paraît toute tracée, perdue d’avance, des rencontres peuvent tout faire basculer. Ou non…
Tranche de vie d’une adolescence qui sonne assez juste.

coup de coeur Balle perdue / M. Akkoouche. - Seuil. - (Karactère(s)

Abdel, étudiant en droit, vit avec sa mère malade et son jeune frère Kévin, dealer, dans une cité à Paris. Un jour, il aide Violaine, femme de 40 ans, à rentrer chez elle alors qu’elle est ivre au bord de la route. Elle est aveugle et pleine de préjugés suite à un accident provoqué par des jeunes de la même cité que lui. Dès leur première rencontre, Abdel est fasciné par cette femme d’un autre monde que le sien et devient Pascal Duverger de peur de lui déplaire s’il lui révèle sa véritable identité. Le mensonge dans lequel il s’enferme et la double vie qu’il mène seront de plus en plus difficiles pour lui et l’emmèneront irrémédiablement au drame.
Mouloud Akkouche nous entraîne ici dans l’univers noir et social qui habite ses romans. Cet auteur traite le plus souvent des rapports difficiles et de l’incompréhension qui existent entre les milieux sociaux, frontières invisibles mais bien réelles. Le lecteur se laissera prendre dès le début par cette histoire dans laquelle les rapports humains sont à la fois complexes et émouvants.

coup de coeur Lilas doit pleurer et les moustiques piquer Jeancri / C. Léon. - Oskar

Jeancri a le corps de son âge, 47 ans, mais l’esprit d’un gamin. Dans sa cité, il a ses repères : les gamins de 13 ans avec qui il joue au foot, "la mère" qui lui dit quoi faire et que dire, les commerçants qui l’ont pris en affection. Lorsqu’il doit aller "à la capitale", il découvre un monde étranger, quelque peu hostile mais éprouve surtout une exaltante liberté, celle de devoir compter sur lui-même pour s’en sortir...
Un roman court au style décontracté, très humain et respectueux de la différence.

coup de coeur Treizième avenir / S. Joanniez. - Sarbacane. - (Exprim’)

"Je file à l’horizon de la rue voir si l’air est libre". Un samedi, une nuit, un dimanche, un ado raconte comment il s’échappe du quotidien et du quartier. Demain, c’est loin. Un récit en forme de slam et d’improvisations, construit en strophes. Un texte vivant qui percute et parfois heurte tant il exprime cette violence des mots ados. Des maux du monde, qui ne pardonne. "Tout le monde soi-disant les a touchés les seins de sa copine dans la récré c’est le thème." Et lui, va-t-il rester à la ramasse ? Oser agir où ça le démange ?
Une histoire sauvage en forme de ravage parfois. Une play list musicale est proposée en début de livre, comme le veut la collection, comme un portrait de l’auteur. Akhenaton, Baschung, IAL, Lhasa, NTM, le décor est planté....
Autre lecture :
Récit à la première personne d’un mal-être d’adolescent : malaise familial, social et tentative de trouver une autre voix : les copains, Justine, la petite amie qui va permettre enfin de pouvoir lever la tête suite à la première expérience sexuelle.
Une écriture très moderne, hachée, peu de phrases et de ponctuation. Cela déroute au départ mais on se laisse prendre et on trouve même de beaux passages poétiques. Dès 13 ans.

coup de coeur Sarcelles Dakar / I. Sané. - Sarbacane. - (Exprim’)

Djirael est un séducteur à la tchatche irrésistible, qui multiplie conquêtes et coups foireux. Il doit partir bientôt pour son pays d’origine, le Sénégal. Le lecteur plonge dans ces 2 univers à travers les yeux de ce jeune "Francenabé", tiraillé entre ses deux pays, entre rationalisme implacable et croyance dans les esprits africains.
C’est pourtant en renouant avec sa culture qu’il se réconciliera avec son histoire familiale, qu’il saura enfin qui il veut être. De retour en France, les aspirations se confrontent à la dure réalité, et cela laisse comme un goût amer...
Autre lecture :
Djiraël vit entre Sarcelles et Gare du Nord, il fait des petits trafics avec ses copains et il est amoureux d’une fille bien mais ne sait pas comment lui avouer !! Les vacances d’été approchent, Djiraël doit partir au Sénégal avec sa mère et son frère pour y rejoindre leur père qui s’y est établi. Le passage de la vie au Sénégal est une complète rupture pour Djiraël et le lecteur... On passe d’une vie speedée, pressurisée par le rythme infernal de la banlieue à un rythme plus lent, plus humain au Sénégal. L’attitude de Djiraël semble s’imprégner progressivement de sagesse. Il va à la rencontre des paysages, des gens, des traditions et de son père. Ce voyage est semblable à une initiation. Mais le retour en France le ramène de plein fouet à sa réalité de "francenabé".
Il s’agit d’un premier roman efficace et intense ; les émotions affleurent à chaque chapitre...

coup de coeur Filer droit / M. Coleman. - Rouergue. - (DoAdo Noir)

Luke est un adolescent de quinze ans, un JDM : jeune délinquant multirécidiviste. Il vit de larcins dans une banlieue de Londres. Son père est en prison et sa mère élève seule ses trois enfants. Alors qu’il est sur un coup, un vol de chaussures de sport dans un 4x4, tout dérape, il est arrêté. Il ne peut pas avouer la vérité, car il deviendrait un mouchard dans le quartier d’East Med. Pour éviter la détention, le juge lui propose un marché, il devra s’occuper de Jody, une adolescente sportive, joyeuse et aveugle. C’est pour Luke la découverte d’un autre monde : pour la première fois, quelqu’un va lui faire confiance. Pourtant, Luke devra à nouveau affronter la loi de son quartier pour la protéger du pire.
Le lecteur se laissera porter par l’intrigue et la reconstruction de cet adolescent.

Et aussi... :


coup de coeur Le petit cépou / P. Matéo ; B. Heitz. - Syros. - (Album, Paroles de Conteurs)

Saint Denis, banlieue nord. C’est dans ce décor moderne que se déroule l’histoire sans âge du Petit Poucet = Petit Cepou, verlan oblige... Les parents Perrault au chômage et aigris, la grande fratrie que le père perdra "dans la jungle des Halles" (forêt de panneaux publicitaires), l’ogre aux allures de contrôleur, le petit Cépou plus malin qui ramène tout le monde à bon port... Tous les ingrédients sont là, servis par les illustrations très colorées et détaillées de Bruno Heitz et la voix précise et alerte de Pépito Matéo. La fin voit notre petit héros prendre son envol, loin de chez lui.
Une réédition heureuse du texte de Pépito Matéo dans un format album doté de la version contée : la plage de 6 minutes comprend une formulette de fermeture de conte non présente à l’écrit.
Autre lecture
Le texte du conte, publié pour la première fois en 2009 dans la collection Mini Syros Paroles de Conteurs, prend toute sa saveur grâce à l’interprétation de son créateur. Il s’agit d’une transposition dans le monde moderne du conte traditionnel mais aussi d’un détournement aux accents parodiques qui s’adresse, pour être vraiment compris et donc apprécié, non pas à de très jeunes enfants mais aux « Moyennes oreilles »à partir de 8 ans.
Dans ce conte très bref, Pépito Matéo esquisse un tableau assez stéréotypé de la vie moderne dans une banlieue pauvre. Mais l’humour omniprésent montre bien que le plus important n’est pas cette évocation de la réalité. Beaucoup plus intéressant est le jeu constant sur la langue, manifeste dès le titre. Le conte de Perrault, lui-même très humoristique, fonde nombre d’images : le chauffeur du tram, qui emprunte la « rue des Petits-cailloux », a un « visage d’ogre », les contrôleurs « sent[ent] la chair fraîche ». Les jeux sur le rythme et les rimes, soulignées par la mise en page, nourrissent le récit, et la déambulation dans le métro devient un véritable poème. Dans la dernière page de l’album, l’auteur explique comment son amour des mots l’a toujours guidé, lui qui s’identifiait au petit héros du conte. Et c’est finalement l’image du jeune Rimbaud fugueur de Ma bohème que fait surgir fugitivement la fin de l’histoire. Trop fugitivement : la brièveté du conte que l’on ressent constamment empêche le conteur d’installer véritablement l’atmosphère du rêve.
Les illustrations au trait de Bruno Heitz sont très colorées. Elles mettent davantage en évidence l’humour un peu grinçant que l’évasion dans les mots et le rêve, ce qu’on peut regretter. Les personnages qui empruntent à la BD sont saisis en plein mouvement. Le texte est mis en valeur par le jeu sur la taille des polices. Bien qu’il s’inscrive sur des fonds de couleur, il reste lisible.
L’interprétation de Pépito Matéo donne vie aux personnages, met en valeur les qualités de l’écriture, ses variations. La déambulation dans le métro se transforme partiellement en rap. Aucun accompagnement musical : toute la force repose sur la voix du conteur, qui ajoute au texte de l’album la formule de clôture du conte : « Tradéridéra, un rat d’égout passa par là et l’histoire finit là. Tradéridéré, une souris congelée et le conte est terminé. »
Malgré les réserves émises, et le coût relativement élevé de cet ouvrage court, il peut être apprécié par de jeunes lecteurs. En classe, il peut entrer très facilement dans l’étude disciplinaire ou transdisciplinaire des différentes versions du Petit Poucet, de ses adaptations, de ses illustrations.

<<< Retour à la page précédente

© Association Croqu'Livre - Centre régional de ressources en littérature jeunesse