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Dernière mise à jour :
dimanche 25 septembre 2016

Mot Clé : Secret de famille


Roman(s) :


coup de coeur Les géants / Benoît Minville. - Sarbacane (EXPRIM’), 2014

Western à la plage.
Deux familles survivent en bord de mer au Pays basque français à l’aide de petits boulots et de beaucoup d’amitié. Cette année, Marius a décidé de prendre la mer sur le bateau qu’il retape. Mais comment l’annoncer à sa famille ? Sa soeur repasse son bac, c’est sa dernière chance mais elle a la tête accaparée par une histoire d’amour... _C’est le moment que choisit leur Grand-Père, César, un truand qui vient de purger 20 ans de prison, et qu’ils croyaient mort, pour ressurgir. Que vient-il chercher auprès de son fils alors que ce dernier s’est enfui au moment de son arrestation ?
Un roman où passé et présent se croisent pour former une histoire où l’héritage tant psychologique que financier est au coeur de l’action. Barbouzes, fusillades et jeux de lutte s’intercalent avec des passages plus réflexifs sur la nécessité d’être fidèle à soi-même afin de trouver le bon chemin. Un livre complexe à lire, avec de nombreux personnages et événements et un amour de la mer et de la liberté qui nouent les thématiques. A découvrir. Marion Uteza

A partir de 15 ans

coup de coeur Ma mère est une sirène ; où les mots sont parfois comme les poissons, difficiles à pêcher / B. Broyart. - Oskar (Trimestre), 2014

J’ai bien aimé ce petit livre qui traite d’un sujet grave mais d’une manière étonnante. Les illustrations sont vraiment jolies. Le fait que les couleurs soient ou bleues ou blanches est idéal pour une histoire qui se passe en partie sur et dans l’eau. On retrouve un petit garçon qui vit dans le mal-être car ne sait pas ce qu’est devenu sa maman et voit bien que son père n’est pas heureux et comble les réponses aux questions qu’il n’a pas avec son imagination. Puis un père renfermé sur lui-même qui n’ose pas évoquer ce sujet dramatique qu’est la mort de sa femme à l’accouchement. Un beau roman ! Coralie Bernat

Un coup de coeur pour ce petit bijou, tant au niveau de la narration que de l’illustration. Thomas vit seul avec son père, pêcheur. De la mère, personne ne parle et Thomas se questionne, échafaude des théories, imagine. Et l’idée apparait, lumineuse, sa mère doit être une sirène ! Alors Thomas demande à accompagner son père à la pêche, imagine les retrouvailles avec sa mère lorsqu’il aura plongé... malheureusement, la réalité reprend le dessus, l’eau est glacée, sa mère n’est pas là...
Un très beau récit sur l’absence d’un parent, sur les non-dits et les histoires imaginée pour pallier l’absence, mais aussi sur les retrouvailles et la vérité. Enfin. Marie Grandgirard

A partir de 8 ans

coup de coeur Les demoiselles des Hauts-Vents / Yaël Hassan. - Magnard, 2014

Charlotte, Emilie et Marie sont trois sœurs dont la mère vient de disparaître de façon très surprenante et inattendue. Leur père les emmène pour l’été dans le manoir breton de leurs grands-parents qu’elles ne connaissent pas. L’accueil est très particulier et d’une froideur extrême mais les filles vont peu à peu découvrir l’histoire de leur famille faite de secrets. Une histoire réellement captivante et agréable à lire. On est pris par les secrets de cette famille si particulière. Le roman fait écho aux Hauts de Hurlevent des sœurs Bronte. Christelle Renaud

Charlotte, Emily et Anne, voici comment se prénomment les filles de la famille Gauthier. Comme les soeurs Brontë ? précisément. Car la mère, Marie, est une fervente admiratrice de ces brillantes écrivains, et sa passion s’est transmise à ses filles. Mais voila, Marie a disparue, laissant un petit mot laconique. Qu’est s’est il donc passé pour qu’elle abandonne brusquement Pierre,son mari, et ses filles ? Déboussolé par les evènements, Pierre n’a d’autres choix que de laisser les jeunes filles à la garde de leur grand-parents maternels. Des grands parents vivant dans la lande bretonne, au manoir des Hauts-vents, mais surtout des grands-parents que les trois soeurs n’ont jamais vu, leur mère ayant coupé tout contact avec eux pour une raison inconnue...

Passez un été avec les soeurs Gauthier et découvrez la Bretagne, belle et mystérieuse. Esprits, secrets de famille et retrouvailles seront au rendez vous dans ce roman passionnant et magnifiquement bien écrit ! Marie Grandgirard

A partir de 11 ans

coup de coeur Une saison au goût citron / Joanna Philbin. - Albin Michel (Wiz), 2014

Rory est invitée à partager pendant un été la vie d’une famille très riche. Elle quitte avec soulagement sa ville et sa mère irresponsable. Mais très vite, elle se rend compte qu’elle n’est libre ni de son temps ni de ses actes.
Madame Rule lui demande à toute heure des "petits services" comme se rendre à la pharmacie la nuit... le pire étant de devoir accompagner Isabel, qui a son âge mais pas son permis, dans ses déplacements. Pourtant, à force de se côtoyer, les deux jeunes filles vont nouer des liens forts... jusqu’à l’arrivée de Connor, le surdoué de la famille...

Un récit bien construit autour de l’opposition entre les classes sociales et les codes à connaître pour éviter manipulation et exclusion. Rory, lucide, a bien du mal à s’adapter dans ce monde de l’apparence et de la futilité mais elle est droite et courageuse. La couverture du livre, très jolie, évoque l’été et les vacances mais le récit parle aussi de la difficile acceptation de l’autre, de celui qui n’est pas de notre milieu. Intéressant ! Marion Uteza

3ème/Lycée

coup de coeur Les autodafeurs, tome 2 : ma soeur est une artiste de guerre / Marine Carteron. - Rouergue (DoAdo), 2014

Après une fin en feu d’artifice on retrouve avec plaisir nos deux héros si différents. C’est la guerre qui continue entre les autodafeurs et les gardiens des livres et de la mémoire. Auguste est sous contrôle judiciaire mais Césarine reprend la lutte. Premiers objectifs : reconstituer la famille et sauver les archives ! Une suite dans la droite ligne du premier tome avec la même alternance de regards entre celui du frère et celui de sa soeur, jeune autiste. L’un nous apporte l’action et les actes parfois irréfléchis de l’adolescence et l’autre une réinterprétation bienvenue du monde. De nouveaux éléments apparaissent et le voile commence à être levé sur le passé des personnages. Les héros eux-mêmes évoluent dans la prise de conscience de leurs sentiments et de leur vision de la société.

Une série attachante par ses protagonistes hors du commun mais aussi par la réflexion induite par la prise de contrôle des livres et de la connaissance. Le XXIème siècle est présenté comme celui où la maîtrise de l’information est synonyme de pouvoir. A lire absolument ! Marion Uteza

A partir de 13 ans

coup de coeur La vie au bout des doigts / Orianne Charpentier. - Gallimard (Scripto). 2014

A la veille de la première guerre mondiale, Guenièvre vit dans une maison de jeune fille. Elle est considérée comme une sorcière car on lui attribue le don de prédire l’avenir. Sa solitude va être brisée par l’amitié qu’elle va nouer avec une autre pensionnaire. Mais des événements extérieurs vont l’amener à retourner dans sa famille où il ne reste plus que sa grand-mère au comportement étrange, et Perpétue, son aide. Elle va y découvir le manoir métamorphosé et plonger peu à peu dans ses racines, ses origines. Alors qu’une certaine paix l’habite, la guerre éclate... Quel est véritablement le don de Guenièvre ?

Suivre les traces feutrées de l’héroïne c’est traverser avec elle l’Histoire mais c’est aussi renouer avec l’humanité. Le récit est parsemé de véritables trésors en forme d’anecdotes sur la vie en ces temps de Guerre. On y apprend beaucoup comme par exemple le prénom Anastasia qui personnifiait la censure. Les informations sont adroitement mélangées au récit. Mais le livre acquiert une dimension supplémentaire justement par la question du don développée tout au long des pages. L’héroïne n’a au commencement de l’histoire que très peu de considération pour elle-même. C’est la confrontation avec la misère et la guerre qui vont ouvrir les yeux de Guenièvre sur la vie et ses valeurs. Un parcours initiatique, semé de belles rencontres, de celles qui font grandir.

Un livre qui apporte au lecteur une brassée d’ondes positives, comme si le don venait jusqu’à nous... A lire absolument ! Marion Uteza

coup de coeur Les Autodafeurs, T1 : Mon frère est un gardien / Marine Carteron. - Rouergue (doado). 2014

Attention, lecture addictive ! Un concentré d’humour et d’aventure, de la finesse, de l’émotion, un beau gosse et une petite "artiste", un professeur de français tatoué aux cheveux longs, un secret de vingt-cinq siècles et un Livre caché, une initiation...il y a tout cela et bien plus, dans le tome 1 des Autodafeurs. D’abord, c’est un récit à 2 voix. Celle d’Auguste Mars, 14 ans, un collégien parisien préoccupé par sa mèche de cheveux qui va devoir s’adapter à la campagne, et accessoirement continuer une lutte menée depuis des siècles pour empêcher la destruction du savoir... Et celle de Césarine, sa soeur de 7 ans, pétillant personnage ! Ordinateur en socquettes d’une logique à toute épreuve, petite "artiste" Asperger qui nous ouvre les pages de son journal. Signe particulier : génie des chiffres qui prend tout au pied de la lettre. ("Légèrement asociale et qui a l’imagination d’une huître", ajouterait Auguste). Toujours là pour guider son "idiot" de frère -à condition qu’il veuille bien l’écouter. Leur père meurt et leur quotidien va voler en éclat...

Tout commence par un choc, brutal. Cet accident de voiture n’en est pas un. Les meurtriers parlent latin, l’homme qui s’éteint se surnomme Aramis et ferme les yeux en paix : il sait que son fils poursuivra le combat, et que sa fille protégera son Livre... Ellipse. Auguste Mars est assigné à résidence, bracelet électronique à la cheville, il va nous expliquer par le menu comment il en est arrivé là. Après le décès de son père, le reste de la famille est parti vivre chez les grands-parents qui habitent une Commanderie chargée d’histoire. Très vite, au contact de ses nouveaux camarades du collège et surtout d’un professeur charismatique, Auguste comprend qu’il n’est pas un élève comme les autres. Comme son père, son grand-père et même son professeur, il fait partie d’une société secrète chargée de protéger les livres, la Confrérie. Leurs ennemis : les Autodafeurs. Il faut à tout prix les empêcher de mener à bien leur dernier plan destructeur et fatal...Parallèlement à la narration d’Auguste défile le journal de Césarine : Sa nouvelle vie à l’institut, son nouvel entourage, ce gros livre que papa lui a confié et qu’elle cache sous son lit, sa découverte de l’amitié -très émouvante-, et surtout le regard qu’elle porte sur les événements et les multiples rebondissements... Les deux voix se complètent à merveille et nous offrent une lecture jubilatoire.

Coup de coeur sans réserve pour ce roman rythmé et habilement construit, aux personnages particulièrement attachants et drôles, à l’intrigue aussi prenante qu’intelligente. Vite, la suite !

Ewa Bochenski

coup de coeur L’ oncle Mika / G. Constant. - Oskar. - (Court métrage). 2014

Jérémie sait qu’on lui cache quelque chose. Son oncle Mika ne vient plus à la maison le garder, plus de sorties clandestines qui faisaient leur joie. Jérémie a beau être mature, il ne comprend pas ce changement radical. Oncle Mika est-il mort ? En prison ? Avec l’aide de sa baby-sitter, il va non seulement découvrir pourquoi son oncle est persona non grata mais également le retrouver pour ces fameux moments de rencontres libres et joyeuses.
L’étroitesse d’esprit des parents qui refusent l’homosexualité de l’oncle ne gâchera pas leur complicité !
Autre lecture
Jérémie adore son oncle avec qui il a l’habitude de passer son temps libre. Un jour, sans que personne ne lui explique pourquoi, ce dernier disparait de sa vie.
Est-il mort ? Est-il parti ? Le jeune garçon s’interroge. Jusqu’à l’arrivé d’une jeune fille venue le garder et qui pourrait bien devenir une alliée...
Un récit court qui évoque autant les secrets de famille et leur répercussion sur les enfants que l’homophobie qui peut amener des proches à devenir des étrangers. Intéressant et facile à lire.
« C’était l’histoire d’un petit cochon pas comme les autres car il n’était pas rose, comme les cochons normaux, mais bleu. Et le pire, c’était qu’il n’avait pas de moustache !... »

coup de coeur Bird / C. Chan. - Helium. 2014

Comment survivre à l’infinie tristesse ? Comment poursuivre sa vie lorsqu’on a perdu son frère/enfant/petit fils, qui s’est jeté d’une falaise croyant s’envoler, "encouragé" par son grand-père qui le surnommait Bird ?
Chacun tente comme il le peut de maintenir le cap, dans un silence assourdissant, envahissant, de plus en plus pesant. « C’est comme si nous avions peur des mots. Ils patientent, suspendus dans l’air, inarticulés, puis quand ils comprennent qu’ils ne vont pas servir, ils se flétrissent et meurent. » Jewel, 12 ans, est née le jour de la mort de son frère. Elle a toujours été soucieuse jusque là de ne pas créer de problème, tente seule d’alléger sa peine. La rencontre avec Eugène, qui jette sur leur vie un regard nouveau, réveille Jewel : elle ressent de plus en plus le besoin impérieux de lever ce silence -nourri-gavé d’une colère et d’une culpabilité inexprimées- et d’affirmer ses choix afin de libérer la parole et la vérité. Même si pour cela elle doit encore souffrir.
Un premier roman bouleversant porté par une jeune fille qui tente d’exister malgré la pesanteur de leur vie. Métisse, elle navigue entre le rationalisme de sa mère et les croyances vaudou de ses père et grand-père, mais c’est dans l’amitié et la nature qu’elle puisera la force de naître à sa propre vie. Julie Feuvrier

A partir de 12 ans

coup de coeur Mon père est parti à la guerre / J. Boyne. - Gallimard. 2014

Le jour de ses 5 ans, le père d’Alfie part à la guerre. Tous l’espèrent rapide mais elle s’étire interminablement. Dans une narration qui alterne souvenirs du début de la guerre et péripéties 4 ans plus tard, c’est la première guerre du côté de l’Angleterre qui nous est racontée, avec l’angoisse des familles, les pénuries, la pression d’un peuple qui veut que tous s’engagent pour défendre la patrie, les blessés de guerre et plus particulièrement les hommes atteints de psychoses traumatiques. C’est le cas du papa d’Alfie mais cette maladie honteuse, non reconnue, entachée du soupçon de tricherie, sera cachée à tous. Alfie le découvrira par lui-même. C’est par lui-même également qu’il tentera de sauver ce père qui a perdu le sens des réalités, des responsabilités envers son fils.
Un roman qui mêle, comme dans Le garçon au pyjama rayé, naïveté de l’enfance et responsabilisation d’un petit garçon grandi prématurément devant les horreurs de la guerre. Un bon roman sur la guerre, avec des réflexions nuancées sur le patriotisme et le courage.
Autre lecture
Alfie a cinq ans lorsque la première Guerre Mondiale éclate et qu’il voit son père partir comme volontaire sur le front. Quatre ans après, la guerre qui devait se terminer avant Noël, dure toujours. Maggie, la mère d’Elfie enchaine les petits travaux pour tenter de survivre et le jeune garçon s’improvise cireur de chaussures après la déportation de ses voisins et amis de toujours, originaires de Prague. Mais rapidement les lettres du soldat changent de ton puis s’arrêtent. D’après Maggie, son père est en mission secrète pour le gouvernement. Mais Alfie a de sérieux doutes, alors que les annonces de soldats morts se succèdent...
Un roman fort qui propose de voir les conséquences de la guerre par les yeux d’un enfant tout à la fois lucide et volontaire. La quête du père absent n’est pas la seule trame de l’histoire qui se plait à les multiplier. L’auteur semble rendre hommage à tous les oubliés : les anglais d’origine étrangères envoyés dans des camps pour la durée de la guerre, les objecteurs de conscience maltraités par leurs voisins, les soldats revenus de guerre sans handicap physique mais avec des traumatismes psychologiques bien souvent irréversibles.... Encore un très beau livre de l’auteur du livre Le garçon en pyjama rayé.
« Les combats avaient commencé le 28 juillet 1914. Certains pourraient ne pas se rappeler cette date avec autant de précision, mais Elfie, lui, ne l’oublierait jamais. C’était le jour de son anniversaire. »

coup de coeur Là où naissent les nuages / A. Heurtier. - Casterman. 2014

A Amélia, la vie semble avoir tout donné : des parents aimants, un foyer confortable, des amis… Mais c’est l’image d’une jeune fille angoissée mal dans sa peau et son embonpoint que nous découvrons, qui vit dans l’ombre et l’admiration de ses parents. Ces derniers, militants, ont l’occasion d’aller en Mongolie : un voyage familial s’organise. Mais c’est seule en définitive qu’elle partira, à la découverte d’une vie âpre, violente, difficile, où la situation économique désastreuse du pays se complique de façon dramatique lorsque les hivers sont très rudes (dzud). Les nomades sont alors contraints de rallier la capitale et de s’installer dans un bidonville « ravagé par l’insalubrité, la violence et l’alcoolisme » ; les enfants sont alors les premières victimes. The Shelter, l’association que rejoint Amélia, leur vient en aide. Le contraste de leur vie apparaît comme indécent et Amélia se donnera corps et âme pour apporter sa pierre à l’édifice.
Amélia décrit très justement et sans concession le décalage entre sa vie ouatée et égo-centrée et celle, féroce, de certains enfants mongols. Les premières réactions apeurées (« Est-ce que je pouvais changer la date de mon retour, histoire de rentrer avant qu’il y ait trop de souvenirs qui viennent pourrir ma tranquillité ? ») laissent très vite place à une vision du monde élargie, enrichie, consolidée de valeurs solides. Et elle en aura bien besoin lorsqu’une découverte fortuite la ramènera à sa propre histoire, à ses origines…
Une histoire forte qui réussit brillamment à faire résonner, en écho, l’intime et l’altruisme.
Autre lecture
D’un milieu aisé, Amelia est pourtant mal dans sa peau. Les circonstances vont l’amener à partir un mois en Mongolie pour travailler dans une association humanitaire qui vient en aide aux enfants. Ce voyage va changer sa vie...
Au début de l’histoire, Amélia manque de confiance, elle n’est pas volontaire pour partir et a peur. Mais pour tenter de se sentir mieux elle décide de relever le défi et va rencontrer le passé de ses parents. Le récit initiatique présente la découverte des coutumes mongoles, la difficile condition des enfants mais aussi la révélation d’un secret familial. Il s’agit donc en quelque sorte d’un héritage.
Le lecteur suit la métamorphose de la jeune fille, entre dans le quotidien d’une association humanitaire, pénètre dans les yourtes, et ressort lui aussi... changé ! A lire absolument !
« Pour eux, je n’étais qu’une bénévole parmi tant d’autres, de celles dont le visage se serait effacé quelques mois plus tard. A l’inverse, je savais qu’ils faisaient désormais partie de ma vie. Mon passage parmi eux était mon premier tatouage : indélébile. »

coup de coeur Dis-moi qu’il y a un ouragan / F. Emont. - Gallimard. - (Scripto). 2014

Lea est sur ses gardes. Nouvelle ville, nouvel établissement scolaire en cours d’année, elle doit s’intégrer sans que ne soient mises au jour les raisons de sa "fuite". Elle se retrouve en atelier d’art visuel avec trois loosers et une pimbêche punie pour son retard. Ensemble, ils vont devoir réaliser un mini film avec leur appareil portable. Les personnalités se révèlent et Léa, au tempérament affirmé, ne peut rester longtemps sur la réserve qu’elle s’était fixée comme ligne de conduite.
La méfiance qui sous-tendait tout le petit groupe laisse bientôt place à une vraie solidarité et une compréhension des problèmes de chacun qui abolit les frontières.
La personnalité de Léa, franche, généreuse et volontaire, agit comme un catalyseur sur le petit groupe et l’on s’attache facilement aux problèmes de chacun. Avec Lea, les problèmes n’en seront d’ailleurs bientôt plus !
Fabrice Emont nous présente ici la naissance de son premier roman.
Autre lecture
Parce qu’ils doivent réaliser une vidéo scolaire ensemble, cinq adolescents différents sont obligés de s’unir. Moussa est bouddhiste, Pauline a peur des germes, Quentin est poète, Jennifer est la bombe du lycée et notre héroïne, Léa, tente de refaire sa vie dans un nouvel établissement. Nous suivons l’évolution des relations entre les personnages. A la clé pour le groupe vidéaste vainqueur, une visite de studio et la rencontre avec un acteur célèbre. Comment le groupe va-t-il arriver à s’entendre ?
Un roman intéressant par l’écriture notamment dans sa manière de travailler les personnages et leurs blessures profondes tout en gardant une certaine hauteur grâce à l’ humour. Par contre l’histoire de la vidéo, très présente dans le récit est pourtant peu décrite au final. Beaucoup de situations sont improbables mais le livre s’avère cependant agréable à lire. Un bon roman sur les relations entre adolescents.
« On a tous des secrets, ai-je dit pour changer de sujets sans vraiment changer de sujet. Des secrets intimes qui ne regardent personne, et aussi des secrets qui ont besoin de sortir mais qui restent coincés dans la gorge. Le tout, c’est de choisir ce qu’on veut dire ou pas. Moi, je veux bien te dire que c’est justement parce que des secrets ne sont pas restés secrets que j’ai dû partir. Voilà. »
Playslit du livre : http://www.deezer.com/playlist/139268071

A partir de 13 ans

coup de coeur La double vie de Cassiel Roadnight / J. Valentine. - Ecole des loisirs. - (Médium). 2013

Jeune homme sans famille placé dans un foyer, Chap se laisse entraîner dans une histoire où il devient un autre qui était recherché en vain par les siens depuis plusieurs mois. Tout à coup, il devient à la fois un frère et un fils, mais sa nouvelle identité fait planer sur sa vie une immense menace...
Récit haletant et plein de suspense, agréable à lire et surprenant.

coup de coeur Ma tante est un cachalot / A. Provoost. - Alice. - (Deuzio)

A l’âge où elle croit encore aux légendes et créatures magiques, Anna se voit soudain confrontée à la violence du monde réel. Lorsqu’elle fait la connaissance de sa cousine Tara, elle ne voit en elle qu’une gamine capricieuse, revêche, fermée aux autres et curieusement collée aux basques de son père. Mais son comportement étrange l’intrigue, de même que, bientôt, son insistance à rester de plus en plus souvent chez Anna. Un drame va accentuer encore toutes les tendances de la petite fille. D’indices troublants en confidence à demi-mots, Anna comprend le terrible secret de sa cousine. Comment lui venir en aide ?
Le récit ne trouve pas sa résolution dans la mise au jour de l’inceste. Il traite tout autant de notre difficulté à affronter la violence qui nous entoure. Refuser de voir, éluder, travestir la réalité, mourir... nos capacités de fuite sont légion. Mais celle de résilience également, et les baleines joueront en ce sens un rôle majeur…
Les personnages bénéficient d’une finesse et d’une compréhension qui évitent tout manichéisme. L’auteure a su rendre la difficulté d’interprétation de l’enfant qui s’étonne de certains comportements, pressent des dysfonctionnements mais ne possède pas les clés pour les interpréter. On ne peut être aussi indulgents envers les adultes qui, longtemps, restent bien défaillants...

coup de coeur Sœur, je ne sais pas quoi frère / P. Dorin. - Ecole des loisirs. - (Théâtre)

Cinq sœurs de dix à soixante-quinze ans sont recluses dans une maison, en Russie. Elles jouent aux cartes, elles chantent, elles boivent de la vodka. Chaque jour, elles évoquent et jouent leur passé commun puis font resurgir les secrets qu’elles ont si bien cachés. Dans l’esprit des matriochkas, une sœur en cache une autre, un secret en dévoile un autre jusqu’au dévoilement final par la plus jeune sœur. C’est une pièce de théâtre qui se lit à voix haute pour faire ressurgir la timidité des mots et des gestes mais aussi pour mettre en exergue la beauté des échanges.
Autre lecture
Cinq sœurs semblent rejouer des morceaux de leur vie. Les scènes étranges se succèdent. Les registres et les tons sont variés, le lecteur passe d’un sentiment diffus de peur au pur burlesque. La relation entre les personnages est à la fois cruelle et pleine de complicité. Qu’est-ce qui les unit ? Nous l’apprendrons à la fin de la pièce...
Un théâtre qui se regarde, des personnages dans un "hors temps", et surtout beaucoup de jeux avec le langage. L’ensemble reste cependant difficile d’accès.
« Toutes, à voix basses : Seigneur doux Jésus, faites que mes sœurs soient mortes. Délivrez-moi d’elles, doux seigneur Jésus. Dites aux communistes de venir pendant la nuit avec leurs couteaux grands comme ça et de les égorger toutes vivantes. Je voudrai tellement devenir fille unique et que mon père revienne pour moi toute seule et qu’il me conduise à son bras devant le tsar. »

coup de coeur Je vous écrirai / P. du Bouchet. - Gallimard. - (Scripto). 2013

Un roman ambitieux et de facture classique : l’histoire d’un individu et d’une famille située dans le cadre d’événements historiques, qui vont de la Révolution bolchévique de 1917 jusqu’à la guerre d’Algérie en passant par la deuxième guerre mondiale. Les événements de l’histoire personnelle et familiale se situent pour la plupart vers la fin des années cinquante. Le personnage principal, une jeune fille prénommée Amalia, est née en 1938, et au cours de l’intrigue elle découvre ses origines cachées. Le deuxième personnage du roman est sans doute sa mère, une femme simple dépassée par les événements dramatiques qui ont compliqué, et qui vont compliquer encore, sa vie de famille. Elle sombre lentement, péniblement, vers la mort, dans un mouvement en contraste évident avec l’essor de sa fille, qui s’épanouit à Paris aussi bien dans sa découverte du théâtre que dans ses études de philosophie.
Le roman est dense, raconté en grande partie par les lettres que les personnages s’écrivent. C’est un livre pour bons lecteurs qui ont l’habitude des lignes narratives qui passent d’une époque à l’autre.
Autre lecture
Septembre 1955, c’est une nouvelle vie qui commence pour Malia : jeune étudiante douée, elle a obtenu la permission de poursuivre ses études à Paris, de loger avec sa grande amie, Gisèle. Mais rien n’est joué tant sa mère a du mal à la voir partir, à la laisser vivre sa vie. Et les choses ne s’arrangent pas lorsque son père meurt. Malia est partagée, elle aime de tout cœur sa mère, si simple, si généreuse qui ne vit que pour elle. Mais elle aspire à une vie tellement plus riche, ouverte sur le monde… Elle découvre à Paris la politique, le théâtre, l’amour… Et tandis que son monde s’élargit, sa mère sombre dans la folie et appelle Malia à ses côtés, de tout son être.
Un roman qui commence comme le récit d’émancipation d’une jeune fille et se referme sur une quête trouble d’identité. Malia, qui s’est toujours sentie si différente, apprend qu’elle n’est pas la fille biologique de ses parents. Les secrets de la guerre ressurgissent...

coup de coeur Le garçon de l’intérieur / B. Séverac. - Syros. - (Rat noir). 2013

Voici neuf mois que Jules est sourd (voir Silence). Ses parents ont décidé de passer les vacances en Alsace, dans un gite tenu par une famille dont le fils est également sourd. Tous deux s’entendent à merveille et leurs escapades va bientôt avoir un but : découvrir qui a saccagé les vignes du village…
Dans une écriture très descriptive, Benoît Séverac continue son exploration du monde des sourds avec l’opposition oralistes et signeurs, et nous fait découvrir en parallèle une facette méconnue de la seconde guerre mondiale : le douloureux statut des alsaciens qui furent tour à tour français et allemands. Ils vont mettre au jour un secret datant de cette période qui va bouleverser le village alsacien.
Jules sera heureux d’avoir éclairci ce pan du passé, le sera davantage encore dans les bras de Camille, la fille aînée de la famille…
Autre lecture
"Un français de l’intérieur" est une expression qui désigne celui qui n’est pas né en Alsace. Elle fait référence à la période de la seconde guerre mondiale lorsque la région Alsace Lorraine occupée était appelée la France de l’extérieur... Cela évoque aussi la difficulté parfois de choisir son camp....
Jules est devenu sourd après un accident. S’il a accepté son handicap et trouvé un équilibre dans son école spécialisée, ses relations avec sa famille sont plus difficiles. Ils décident d’aller tous passer des vacances dans un gîte d’un petit village alsacien où leurs hôtes ont un fils sourd de son âge. Une belle amitié commence. Mais au même moment, des événements étranges surgissent qui renvoient au temps de la seconde guerre mondiale. Pourquoi des pieds de vignes ont-elles été coupées ? Qui est l’homme retrouvé mort dans sa voiture avec au cou le médaillon d’une riche famille locale ? Les garçons décident de partir enquêter...
L’histoire mêle le passé historique de l’Alsace et les interrogations d’un "devenu sourd" sur le meilleur moyen de vivre sa vie. Doit-il continuer d’oraliser avec ses proches ou au contraire se contenter de signer pour redevenir entier et trouver le bonheur voire l’amour ? Un récit qui évoque le thème du handicap sous un angle original, celui de l’entre deux. Le parallèle avec l’Alsace est aussi intéressant et efficace. A lire.
« Ta langue, maintenant, c’est celle des signes. C’est à eux de s’adapter. Sinon tu resteras un oraliste toute ta vie et ils ne maîtriseront jamais vraiment la langue des signes. »
« Je suis devenu sourd, tu le sais bien. Je ne peux pas leur demander de faire comme si j’avais toujours été sourd.
D’accord. Mais toi, qu’est-ce que tu veux ? Rester un devenu sourd toute ta vie ou devenir un vrai sourd ? il te faudra choisir ton camp à un moment donné.
 »

coup de coeur La mort préfère Ava / M. Bernard. - Syros

Toujours dans sa mission de venir en aide aux fantômes, Ava visite l’Ile de Guernesay pour assister à l’assemblée annuelle des consolateurs. Elle rencontre les fantômes de l’ile, les nombreux consolateurs -elle qui a longtemps cru être seule à avoir ces pouvoirs si particuliers-, mais aussi quelques humains bien en chair : Marco, son ex petit-ami, Alistair qui pourrait bien être le prochain. Oui, l’amour fait son entrée dans la vie d’Ava et la jeune fille se demande comment envisager une vie amoureuse avec un humain quand on passe l’essentiel de son temps en conversation avec des fantômes. Pour compliquer le tableau, un troisième amoureux entre en piste, spectral celui-ci...
La vie amoureuse d’Ava, les machinations entre consolateurs, le terrible secret de sa formatrice Cécilia... le séjour d’Ava sur l’île ne sera pas de tout repos et se terminera même à l’hôpital ! Avec une révélation qui nous invite, nous presse même, à lire le prochain tome !
Autre lecture
Ava revient pour les vacances chez son oncle. Elle doit poursuivre le recensement des fantômes des différentes îles et rencontrer d’autres consolateurs. Mais notre héroïne devient adolescente et le thème des sentiments est plus présent dans ce tome. Non seulement elle retrouve Marco mais elle fait aussi de nouvelles rencontres... En parallèle, Ava tente de résoudre une nouvelle énigme qui concerne cette fois-ci le passé de sa consolatrice... De nouveaux fantômes, plus originaux les uns que les autres font aussi leur apparition.
J’adore Ava. Non pas que l’on soit happé par le livre mais parce qu’il en découle une atmosphère très particulière, avec le paysage de Guernesey, les revenants qu’il faut consoler (seulement s’ils le veulent !), et le personnage de la jeune fille hésitante et en plein apprentissage. Ce volume est un peu particulier. La révélation du passé douloureux de la consolatrice amène une note inattendue dans ce volume plutôt romantique, et surtout la fin... qui donne envie d’écrire tout de suite à l’auteur pour lui demander de ne plus nous faire un coup pareil...
« Règle numéro 21 de l’art du consolateur : Parfois, il faut se faire aider pour aider. Mais parfois, il faut aider pour se faire aider. Et d’autres fois, il faut aider sans attendre de retour, comme il peut arriver qu’on doive accepter de l’aide sans se demander comment la rendre un jour. Encore quelque chose qui n’est pas simple. »

coup de coeur Une vie retrouvée / J. Chicheportiche. - Oskar. - (La vie)

Un joli récit, délicat, émouvant, qui raconte la quête de Gina, une jeune étudiante parisienne éprouvant le besoin de retrouver ses racines dans sa terre d’origine : le Cantal. Grâce à sa persévérance, elle découvrira au terme de cette quête initiatique sa véritable histoire et elle comprendra mieux sa passion pour les saveurs et les parfums.
Autre lecture
Histoire classique autant que douloureuse : le petit ami de Gina l’a quittée pour sa meilleure amie. Double trahison. Le remède lui est plus original : Gina décide de partir dans le Cantal à la rencontre d’une grande tante inconnue qui fait l’objet d’une véritable loi du silence dans sa famille. Approche tout d’abord distante et premier constat : cette tante Eugénie est considérée dans le village comme une sorcière excentrique. Premier contact : rejet violent de la part de la vieille dame. Mais Gina, intriguée par toutes sortes de coïncidences troublantes entre son histoire et celle de son aïeule s’acharne et lève enfin le voile sur un secret de famille d’une grande violence.
Si le récit de cette vérité mise peu à peu à jour est mené par une Gina opiniâtre, il est rendu vivant par un personnage très attachant, à la spontanéité désarmante et à la joie communicative, dont Gina dira : « Jessica m’est apparue à ce moment-là, non plus comme une gamine qui parlait trop et trop vite, comme on lui reprochait, mais comme une petite fille solitaire, sensible, et qui surtout prenait le temps d’observer le monde et de se faire son idée à elle au lieu de suivre aveuglément les autres ». Elle apportera le tourbillon nécessaire à Gina pour oublier son histoire récente et lui fournira une aide précieuse pour accéder aux clés plus anciennes de son passé. Alors il sera temps pour Gina d’envisager son avenir.

coup de coeur Traversée / E. Savasta. - Ecole des loisirs. - (Théâtre)

Un magnifique texte théâtral, qui soulève chez le lecteur une vague d’émotions intenses. Une écriture sobre et puissante. Les deux héroïnes, dont l’une est sourde et s’exprime en langue des signes, sont unies par un lien très fort et rien ne semble pouvoir les séparer. Mais elles vivent dans un pays totalitaire où les femmes ont un avenir tout tracé. Youmna transmet sa force à Nour et elle lui permettra d’échapper à la condition à laquelle son avenir de femme sourde et soumise semblait la destiner.
Autre lecture
Pièce de théâtre en trois actes. Nour vit avec Youmna qui est sourde. Elle l’élève comme sa fille, à l’aide d’un fort rituel quotidien, jusqu’au jour où la mère naturelle de Nour la réclame. La seconde partie de l’histoire est consacrée au voyage, à la traversée vers un ailleurs. Enfin c’est l’arrivée et la nécessaire reconstruction avec comme clé la petite boîte que Nour ne doit ouvrir que lorsqu’elle sera femme...
L’écriture poétique, remplie de monologues, est belle et envoûtante. L’histoire est forte. Elle interroge sur ce qui fait une mère et les renoncements qu’elle implique. La fin, surprenante, éclaire différemment tout le récit. Un beau texte.
« Je suis comme un colis qu’on déplace d’un endroit à un autre. On demande rarement à un colis son avis sur la situation. Je ne peux pas voir le paysage. J’ai chaud. Je crève de soif au milieu de ces fruits pleins d’eau. Celle que je vais rejoindre a dû s’imaginer que je voyagerais comme une princesse. La vérité c’est que je voyage comme une pastèque. »

coup de coeur La nuit des otages / G. Jimenes. - Oskar. - (Polar)

Au pays Basque, José intercepte une lettre de sa tante Nieves qui a été reniée par sa famille à cause de son appartenance au groupe terroriste E.T.A. Maintenant qu’elle a quitté le groupe, elle voudrait renouer avec sa famille. José se rend chez elle à l’insu de ses parent. Ils se font tous les deux kidnapper par des membres de l’E.T.A. qui veulent tuer Nieves pour sa trahison...
J’ai adoré ce livre car il y a beaucoup de suspens. Il y a moins d’action que dans "Plus jamais sans ma mère" mais c’est le même genre d’aventure : un adolescent qui essaye de retrouver une personne de sa famille et qui est confronté à des gangsters ou des terroristes. (Arthur)
Autre lecture
José ne comprend pas pourquoi plus personne n’accepte de lui parler de sa tante préférée. Or voilà qu’à la veille de noël il intercepte une de ses lettres qui lui révèle son adresse actuelle. José choisit alors de s’y rendre immédiatement, bien décidé à ramener avec lui cette tante indésirable. C’est sans compter sur le groupe ETA venu justement la chercher pour laver l’affront de sa défection...
Un roman policier bien écrit et efficace qui brode sur le motif de la liberté de penser et du droit à changer d’opinion. Le scénario semble réaliste et les personnages denses et complexes. Un très bon polar.
« Quelques jours plus tôt, Javier avait repéré l’appartement de la repentie, au deuxième sans ascenseur. Il fallait lui laisser le temps de monter, tout en la suivant d’assez près. Encombrée de sacs, elle ne refermerait pas sa porte que Javier n’aurait qu’à pousser. Psychologiquement, l’impact serait beaucoup plus fort. Effet de surprise garanti. On s’imagine toujours plus en sécurité dans un espace confiné, clos et familier. Javier annihilerait d’emblée cette illusion. »

coup de coeur Bacha Posh / C. Erlih. - Actes Sud. 2013

Farrukh, jeune afghan, a un rêve : emmener son équipe d’aviron aux jeux olympiques. Pas facile quand on habite en Afghanistan, sans moyen et sans entraîneur… Mais grâce à d’anciens contacts de son père, Farrukh réussit l’impossible : obtenir un bateau moderne, avec en prime -et surprise de taille- une entraîneuse femme ! Il faut la faire accepter par l’équipe, entamer sérieusement les entrainements. Mais bientôt, cet obstacle paraît dérisoire face à ce qui se joue pour Farrukh : elle est devenue une femme…
L’histoire fait référence à une tradition afghane des plus étranges pour nous : afin de pallier l’absence d’un fils, une petite fille peut être travestie en homme par sa famille, jusqu’à sa puberté. Alors, elle retrouve son genre originel. Lorsque Farrukh redevient Farrukhzad, elle doit se familiariser avec ce nouveau corps, « embryon de femme, posture d’homme. Corps laid. Corps mensonge. » Farrukhzad doit apprendre le « B.A.-BA de la vie quotidienne », toutes ces tâches réservées aux femmes. Farrukhzad doit renoncer à ses rêves, à sa liberté de mouvement, de décision. Comment se résigner…
Même si les ramifications d’intrigues parallèles paraissent artificielles ou inabouties, même si les rôles de certains personnages sont avortés et laissent une frustration (Maud la française, Sohrab l’ami, la jalousie des sœurs de Farrukhzad...), le roman est passionnant dans les réflexions qu’il amorce, sur l’identité, le genre (l’écriture s’adapte selon que Farukh et fille ou garçon), les traditions, la liberté...

coup de coeur Souviens-toi / E. Combres. - Gallimard. - (Scripto)

Pendant 15 ans, Joséphine a été la jumelle de Juliette. Puis Armand la lui a enlevée. 65 ans après le drame, Joséphine se confronte à celui qu’elle hait pour lui extorquer la vérité : que s’est-il exactement passé le jour du meurtre de Juliette ? Les points de vue alternent -Joséphine, Armand, puis Juliette à travers son journal- mais l’entrelacs des paroles de chacun est bien loin de mettre à jour une vérité claire. Car la difficulté de chacun des personnages à vivre apaisés avec eux-mêmes est amplifiée par l’ombre qui pèse sur leur passé. Est-on responsable des crimes perpétués par ses ancêtres ? Juliette livre une réponse certaine : « Je déteste ce que je suis en train de devenir, le sombre passé de ma famille et mon avenir bouché. » Joséphine, après une vie entière d’isolement, se résout à faire la lumière sur le trouble du passé. Pour elle, il sera alors enfin temps de vivre…
Un roman magnétique, à l’écriture concise et intime, qui commence dans la hargne, la rancœur et la solitude et ouvre petit à petit ses personnage aux possibles, au crépuscule de leur vie.
Autre lecture
Joséphine, quatre-vingts ans, part à la recherche de son passé, de son histoire. Elle souhaite découvrir les raisons de la mort de sa sœur jumelle à quinze ans, assassinée par son petit-ami. Mais c’est un autre récit qui va apparaître, celui d’un grand-père méconnu, qui aurait embrassé le parti fasciste en Italie pendant la guerre. Les deux fils conducteurs vont rentrer en résonance afin de libérer peu à peu la vieille dame...
Ce roman court sur un impossible deuil nous amène à réfléchir à l’héritage d’un passé enfoui comme possible déclencheur dans le destin tragique de la jeune Juliette. Le thème du secret familial est porté par la voix de la sœur jumelle qui cherche et s’interroge. Toutefois l’ensemble reste très fragmentaire à l’image des souvenirs.
« J’aime Armand et je le hais. Je suis la petite-fille d’un monstre et je suis un monstre. J’ai provoqué Armand, il m’a anéantie. Comment aimer et être aimé ? Je déteste ce que je suis en train de devenir, le sombre passé de ma famille et mon amour bouché »

coup de coeur Le soir de nos 13 ans / E. Brisou-Pellen. - Oskar. - (Polar)

Bon petit roman policier. L’enquête est menée par Alice et Brice, deux jumeaux orphelins et élevés sans grande tendresse par leurs grands-parents. Leurs parents et leurs deux frères sont morts neuf ans auparavant dans un accident de voiture. Petit à petit, ils trouvent des éléments qui leur indiquent que ce n’était pas un accident...
Le roman se lit vite, les chapitres se suivent et appellent les suivants avec un suspense bien entretenu. Finalement, c’est un vieil homme toujours assis sur un banc près du domicile des jumeaux, rongé par la culpabilité, qui va dévoiler la vérité.
Roman qui peut plaire aux 6°/5°, l’enquête est bien menée et les deux personnages principaux sont sympathiques.
Autre lecture
Alice et Brice sont élevés de façon très stricte par leurs grands-parents. La mort du reste de leur famille dans un accident de voiture demeure de l’ordre du secret. Pour vaincre le silence, ils décident, à l’âge de 13 ans, de mener l’enquête. Arriveront-ils à lever le voile sur les événements passés ?
Entre secrets de famille, convenances et destin, nous partageons le chemin que mène les jumeaux pour retrouver racines et affection. Un roman policier et psychologique bien mené avec un dénouement inattendu mais intéressant.
« Dans les moments de cafards, on s’était proposé de mettre dans le journal une petite annonce du genre : "Cède orphelins, 13 ans, bon état." Or on avait déjà trouvé preneur, et on ne s’en était jamais rendu compte. »

coup de coeur L’ été des gitans / S. Fournout. - Oskar. - (Passion ). 2013

Les gitans sont arrivés pour les vendanges. Et les querelles de village se réveillent. Une haine tenace qui sourd depuis des années. Il y a quelques rares personnes qui soutiennent les Gitans, et tant d’autres qui crachent leurs insultes et ourdissent de sales plans. Julie observe tout cela, avec pas mal d’incompréhension à propos de ce qui se trame entre sa cousine Sarah, le jeune gitan Nada, l’arrogante Noah et tous ces adultes qui cumulent cachotteries et non-dits… Au fur et à mesure que les tensions s’accumulent, le passé ressurgit pour enfin laisser entendre la vérité…
Haines de village, des étrangers, guerres de pouvoir et de possession autour du bouc émissaire ancestral, le Gitan. L’ambiance est pesante, poisseuse, et tout est assez lourdement signalé. Mais le roman a un certain exotisme dans son décor et dans le sympathique personnage du chef des gitans, Jorge.

coup de coeur Dans la nuit blanche et rouge / J.-M. Payet. - Les Grandes personnes

Avec Tsvetana, nous traversons la Russie, de février 1917 à Petrograd à août 1918 en Sibérie… Autant dire que ce ne sera pas de tout repos ! Tsvetlana appartient à la noblesse, mais c’est une héroïne qui s’intéresse aux changements du monde, et qui, par le biais de la poésie, se retrouvera propulsée en plein cœur de la Révolution que connaît son pays. Son destin va croiser celui du mystérieux Roman, à la recherche d’un bijou qui a d’étranges pouvoirs… Un roman qui allie le rouge et le blanc, l’Histoire, l’aventure, l’amour et le fantastique et qui emporte le lecteur jusqu’au bout grâce au bon équilibre entre toutes ces composantes !
Autre lecture
Tsvetana a beau être comtesse, elle ressent très fortement, à 17 ans, les inégalités et injustices dont est victime le peuple de Russie en 1917. Elle contribue à une revue de poésie clandestine mais va être bientôt beaucoup plus impliquée dans la révolte qui gronde à Petrograd. D’autant qu’elle découvre l’existence d’une demi-sœur, d’origine modeste, recherchée par la police. Nous suivons Tsvetana dans une longue aventure qui mêle secret de famille, intrigue policière sur fond d’enjeux politiques, et histoire fantastique aux accents philosophiques. Les personnages et leurs interactions sont nombreux et complexes et tiennent en haleine le lecteur.

coup de coeur Double jeu / J. Blundell. - Albin Michel. - (Wiz). 2013

Kit, 17 ans à peine, a quitté, sur un coup de tête, Providence et sa famille pour New York où elle veut mener une carrière de danseuse. Elle n’a guère le temps de se faire du souci pour son avenir, le père de son petit ami Billy, récemment engagé, lui offre un logement et un travail. Problème : Ned, le père de Billy, est au cœur d’une mafia implacable et demande bientôt des "petits services" à Kit…
Ambiance trouble pour une intrigue qui se dévoile par bribes dans un va et vient entre passé (Après guerre à Providence) et présent (1950 à New York).
Où l’on apprend que les mensonges, les compromissions, les manipulations ne peuvent que s’accumuler dans une tension croissante dont le dénouement se jouera dans le drame. L’innocence n’en sortira pas indemne. Un roman frontière ado adulte aux personnages très ambivalents. Et malgré tout attachants.
Autre lecture
Destin d’une jeune danseuse dans l’après-guerre à New York. Kit a pour passion la danse. Elle souhaite rejoindre Broadway et faire carrière. Mais les temps sont difficiles et son passé la poursuit. Pour survivre au décès en couche de sa femme, son père a exhibé ses triplés, leur procurant une gloire éphémère. Mais kit est volontaire et croit en son rêve. Un jour, le père de son ancien petit ami, avocat de la mafia, vient la trouver, pour un dernier petit service... Et c’est toute l’histoire familiale, ses secrets, ses moments noirs comme ses moments de bonheur qui vont refaire surface...
Un livre intéressant parce que réaliste. C’est le portrait de l’Amérique d’après-guerre qui se dessine au fil des révélations. L’influence de l’église, la peur du communisme, le racisme, l’empreinte de la mafia, le désir de faire la fête pour oublier la guerre... tous ces thèmes dessinent en patchwork les États-Unis des années 1950. Le personnage principal, Kit est assez froid. Nous plongeons peu à peu avec l’héroïne dans les calculs et compromissions d’hier et d’aujourd’hui. Intéressant.
« -Tu me dois pas mal de choses, je te rappelle. Il avait raison. C’était là le problème : je lui devais mon appartement, ma garde-robe, mon job. Tout. Il m’avait piégée et je ne l’avais pas vu venir. »

coup de coeur Tu as toujours aimé Bob Marley / A. de Lestrade. - Sarbacane

Blanche fuit la maison et raconte à rebours les raisons de son ras le bol. Une mère qui ne se consacre plus qu’à l’écriture et ne semble plus voir ce et ceux qui l’entourent. Blanche ne comprend pas ce qui vaut que l’on sacrifie son confort matériel -elle a arrêté de travailler- son couple, sa famille. Acculée, sa mère va devoir lui expliquer la raison impériale qui l’appelle vers l’écriture. Blanche apprend alors l’existence de Marissa…
Texte court, sensible et percutant pour un propos original.

coup de coeur La question de 10 heures du soir / K. de Goldi. - Alice. - (Tertio)

Chaque soir, à 22h, Frankie ressent le besoin de passer dans la chambre de sa mère et de lui faire part de ses questions, doutes, angoisses. Chaque soir, sa mère trouve les mots pour le rassurer. Chose assez étonnante lorsqu’on sait qu’elle-même est une grand angoissée qui n’a pas quitté la maison depuis 9 ans. 9 ans, l’âge de Frankie qui jusqu’alors s’accommodait très bien de la situation mais commence à s’interroger… Alors qu’il vient de se faire une nouvelle amie, Sidney, et apprend aussi vite que celle-ci va déjà devoir déménager, Frankie craque. Il veut des explications, il refuse de devenir comme sa mère et de se laisser aller aux angoisses envahissantes.
Des personnages extrêmement attachants, une histoires qui prend aux tripes mais alourdie par quelques longueurs. L’auteur, comme un de ses personnages, ne rate jamais « une occasion de tourner une belle description, riche en adjectifs et imagée à souhait » ; le lecteur se trouve trop souvent distrait du propos lors de digressions incessantes. Dommage.
Autre lecture
Tous les soirs Frankie vient poser une question à sa mère. Cette dernière n’est plus sortie de chez elle depuis 9 ans. Elle est très angoissée, tout comme son fils. Mais Frankie n’est pas seul, il a dans sa famille des personnages très originaux et attachants. Sa vie très rythmée est organisée par des rituels immuables comme ses jeux avec son ami Gigs. Jusqu’à l’arrivée de Sydney et ses secrets...
Le lecteur est entraîné dans le quotidien haut en couleurs de ce jeune garçon qui vit en Nouvelle Zélande. Nous partageons avec lui sa vie, ses relations avec sa famille, ses amis et ses réflexions. La figure de la mère est au centre du récit. Pourquoi refuse t-elle de quitter la maison ? Une fois rentrés dans son monde, nous nous laissons portés par cette quête. Et c’est par le questionnement que Frankie entre, peu à peu, dans l’adolescence...
« Dans son lit, il avait imaginé les ailes de l’avion ramollir d’une façon inexplicable, il les avait vues prendre l’eau comme du papier absorbant et se détacher de l’avion au beau milieu du ciel. Il avait imaginé de petites flammes, invisibles depuis le cockpit, s’engouffrer dans l’allée centrale entre les fauteuils, gonfler en une énorme boule de feu et avaler les passagers. Il avait imaginé des terroristes déguisés en stewards qui sortaient de leur poche non pas des bonbons, mais des revolvers. Il avait imaginé des bouteilles qui avaient échappé à tous les contrôles au sol et qui explosaient en plein vol dans la soute à bagages. Il avait imaginé l’avion sombrer dans l’océan Pacifique, et lui qui devait lutter contre des requins pendant que les vagues emportaient Alma loin, loin, très loin de lui. Maman avait fini par dire qu’il vaudrait peut-être mieux qu’il n’y aille pas. »

coup de coeur Nox : Ici bas (1) / Y. Grevet. - Syros

Une histoire d’amitié et d’engagement. Dans un monde coupé en deux, où la frontière est matérialisée par un épais brouillard de pollution, s’engage un chassé croisé entre des jeunes aisés qui cherchent à se battre pour un idéal et des pauvres qui veulent seulement survivre. Mais tout n’est pas si simple.
Lucen a 15 ans. Il doit choisir une femme et avoir des enfants très vite car l’espérance de vie est courte. Mais sa mère s’oppose à son union avec son amour de jeunesse. Ludmilla, elle, est surprotégée dans un monde facile mais oppressant. Gerges, fils de milicien va devoir lui aussi prendre parti.
La richesse du roman vient de la pluralité des voix et de la complexité des personnages. Si au début du livre chacun semble représenter un archétype, très vite les frontières se brouillent. Que vaut l’amitié ? Quelle est la vrai richesse ? Avons nous le choix de nos vies ? Yves Grevet traite des thèmes qui lui sont chers : oppression, liberté, solidarité, amitié, dans une écriture fluide et très agréable.
« A l’âge adulte, vers la fin du lycée, nous sommes censés tout savoir : qu’ils habitent à quelques centaines de mètres de nous, au-delà du no man’s land, et que le fruit de leur exploitation nous permet de bien vivre, que leurs conditions d’existence entraînent pour eux une durée de vie très courte et une surmortalité des enfants en bas âge, mais que c’est ainsi depuis des générations et que rien ne justifie que cette situation change un jour. »

coup de coeur Léon ou les confessions d’un orphelin ordinaire / K. Vereecken. - Bayard. - (Millézime)

Jusqu’à la mort de Méline, Léon, bien qu’orphelin, n’était pas malheureux. Elle lui apportait la tendresse et la curiosité de la vie, pourvoyant à tous ses besoins. Mais lorsqu’elle se suicide par amour, Léon décide de ne plus jamais se laisser aller aux émotions. Il quitte la maison de sa nourrice pour la grande ville. Paris, dans les années 1760, est une ville impitoyable pour les pauvres mais Léon, entre sincérité et roublardise, entre jeu de séduction et refus de s’attacher, se fait une place. Aux premiers boulots répugnants succèdent les jours meilleurs et Léon, devenu écrivain public, se débrouille bien, tant il a appris à réfléchir sur la vie et sait formuler ce qui se dérobe aux illettrés. Mais s’il est une chose qu’il a du mal à saisir, c’est l’amour et les aberrations auxquelles les hommes se livrent en son nom. Sa propre histoire familiale en est une parfaite illustration, c’est ce qu’il va découvrir au cours du roman.
L’histoire de cet orphelin débrouillard, pris d’une "soif ardente", malin et philosophe croisera celle, plus illustre, d’un grand auteur de ce siècle, Rousseau. Une convergence qui rend le roman passionnant, touchant, traversé du souffle de la connaissance et… de l’amour.
Autre lecture
Léon est un orphelin au 18ème siècle en France. Il débute sa vie chez une nourrice dont il profitera de l’affection de la fille aînée. A sa mort, il se lance à la recherche de son identité, une carte représentant l’infini ayant été glissée dans ses langes et à la conquête de Paris. Il y découvrira la pauvreté, l’insalubrité des logements mais aussi l’entraide et l’amour. Mais qui est-il ? Et que peut être son destin ? Contre toute attente, Léon se tourne vers l’écriture…
Un roman documentaire qui nous permet d’apercevoir le quotidien des enfants abandonnés, exploités ou encore maltraités. Mais c’est aussi un récit d’aventure, car la vie de Léon offre de nombreux événements et rebondissements. C’est enfin un policier car la quête de son identité est un élément central du livre. Enfin, le livre évoque le monde de la littérature et nous amène à croiser la figure du philosophe Rousseau qui est très bien décrit dans ses contradictions. C’est l’ensemble de ces facettes qui rend le livre intéressant.

« La lecture m’aidait, jusqu’à un certain point. De temps en temps, un livre m’apportait une réponse. Mais chaque réponse faisait naître en moi de nouvelles questions. Curieusement, elles ne me dérangeaient pas, moins en tout cas que celles qui se posaient à moi au quotidien. Elles me permettaient d’avoir une prise sur le réel. Elles étaient aussi préoccupantes que celles de la vraie vie, mais, avec elles, j’avais le temps de méditer. Je me voyais comme le personnage principal d’un roman et je réfléchissais à la suite de l’histoire. »

coup de coeur Les orphelins d’Abbey Road, tome 1 : Le diable vert / Audren. - Ecole des loisirs

Joy est à l’orphelinat d’Abbey Road depuis l’âge de ses 6 ans. Auparavant, elle vivait heureuse avec ses parents, disparus (morts ?) dans un naufrage. La vie est bien différente maintenant, avec les religieuses qui les encadrent de façon très stricte, austère. Avec elles, il ne fait pas bon être curieux de la vie… Heureusement, la découverte d’un étrange souterrain va apporter une bouffée d’air (soufré) et donner l’occasion à Joy, Margarita et bientôt d’autres camarades, de pimenter leur quotidien. Et de le compliquer au-delà de leurs prévisions.
Au Green’s devil Manor, les orphelines vont apprendre peu à peu à remettre en cause l’ordre établi et les règles toutes faites et échafaudent leurs propres systèmes de pensée. Le roman explore donc les failles, découture les cadres et met à jour les contradictions, nuances et subtilités des êtres. Il offre aux personnages, qui ont chacun une intensité et/ou étrangeté, une véritable aventure initiatique aux contours fantastiques. Dans l’amitié et la solidarité, chacune se construit.

coup de coeur L’ attache / F. Robert. - Ecole des loisirs. - (Médium)

Igor et Emma sont séparés suite au décès soudain de leurs parents. Emma est aussitôt adoptée par un couple d’amis de leur mère et Igor envoyé en institut jusqu’à son adoption par un couple de paysans. Nous suivons le lent cheminement personnel d’Igor pour se reconstruire. Le récit est très beau. L’écriture est constituée de phrases courtes qui rendent le livre facile à lire en dépit du peu de dialogues. Igor va tout d’abord tenter de retrouver sa sœur mais ses échecs vont vite l’amener à vivre sa vie en mode bémol, avec indifférence. Mais peu à peu, il va devoir s’ouvrir au monde qui l’entoure, à la ferme, à la campagne, à ses camarades, à lui-même.
Quelle force accorder aux liens ? Peut-on reconstruire une relation déchirée ? Quelle valeur, quelle place donner aux parents adoptants qui vous ouvrent leur cœur ?
Un coup de cœur pour ce livre qui peut se lire de 12 à 77 ans !
Autre lecture
L’écriture particulière et très belle, précise et sensible, dit au plus près de l’intime l’errance d’Igor. Une errance formalisée par un texte non chapitré qui va et vient entre passé et présent, pelote impossible à détricoter interdisant ainsi l’accès à l’avenir.
Avant, Igor vivait à Paris avec sa sœur jumelle, ses parents aisés. C’était avant la mort des parents, avant la séparation intolérable d’avec sa sœur.
Aujourd’hui, il vit chez ses parents adoptifs, paysans, à propos desquels il pense : "Ils n’ont rien compris à ce que je suis, ils ont adoptés une poupée, un pantin, un doudou, un truc," Comment savoir qui il est ? Son passé est rasé, ses parents adoptifs lui dénient le peu qu’il sait de lui, il ne sait où est sa sœur… Comment vivre seul avec le sentiment si fort d’être lié à l’autre, d’abord dans la douleur et le manque, puis, après les retrouvailles, dans la plénitude de se savoir entité à part entière connecté à l’autre dans une évidence retrouvée… Telle est la force de ce roman où l’émotion pudique de tous les personnages cueille le lecteur, envoûté. Coup de coeur de Julie et Marion

coup de coeur Je t’aime, signé Lou / R. Joséphine. - Oskar. - (Société)

Dièse s’inquiète pour sa mère qu’elle entend pleurer tous les soirs. Elle découvre que des lettres d’amour récentes signées par un certain Lou sont à l’origine de sa tristesse et décide de partir à sa rencontre...
Un court livre beau et difficile sur la nécessité d’affronter son passé pour se construire, car comme le souligne la première de couverture, "le temps n’efface pas les traces".
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Dièse a toujours souffert de la froideur de sa mère. Avec elle, jamais de câlins, de démonstrations d’affection. Lorsque Dièse découvre des lettres cachées, elle s’empare de l’histoire de sa mère pour éclaircir leur présent à toutes les deux : elle veut redonner la joie de vivre à sa mère ; elle veut pouvoir, elle, aimer sans zone d’ombre. Pour cela, il faudra que sa mère affronte son propre père...
Un roman court sur un sujet difficile qui montre bien qu’on ne peut fuir son passé sous peine de briser les êtres.

coup de coeur Qui es-tu, papa ? / A. Stratton. - Bayard. - (Millézime)

Sami est à un âge où la relation avec le père devient plus distendue. Sami a ses potes, pas facile devant eux de composer avec ce père strict, religieux et musulman pratiquant. Mais tous les deux maintiennent un lien malgré tout, ils ont même prévu de passer un WE ensemble au Canada. Très vite annulé par son père… Dépité, Sami mène son enquête et découvre des choses qu’il ne s’explique pas. Lorsque le FBI pénètre au petit matin chez eux et embarque le père pour soupçon de terrorisme, les repères de Sami s’effondrent. Il découvre, avec ses amis, des secrets qui n’ont strictement rien à voir avec des actes de terrorisme... Une réalité que la société, obsédée par la sûreté nationale, n’est pas allée dénicher.
Cet emballement autour d’une histoire singulière révèle la difficulté de s’intégrer dans une société quand on est différent, d’autant plus lorsqu’on est musulman aux États-Unis après 2001 ; et la force des médias qui propagent les soupçons plus rapidement que la vérité. Sami, dans la tourmente, raisonne posément et se bat pour la liberté.

coup de coeur La vérité aux enchères / C. Franz. - Belin. - (Charivari)

Jan se présente à cette drôle de fille qui l’aborde, Sunny, en lui donnant le nom de Judas. Celui dont son père l’a affublé quelques jours plus tôt. Nous apprenons au fil des pages ce qui a conduit père et fils à ne plus se comprendre : un secret de guerre que Jan a mis au jour, qui révèle comment son grand-père obtint l’imprimerie qui enrichit la famille. Lorsque ce dernier aurait pu, du rembourser l’ami juif qui lui avait cédé l’entreprise au début de la guerre, il s’est défilé…
Nous suivons donc à la fois la révélation progressive du secret et la fugue de Jan avec la jeune Sunny. Avec elle, il va lui aussi se confronter à la vie et ses compromissions. Et les beaux principes de l’adolescence vont devoir composer avec la réalité : voler, ou non lorsqu’on est dans la panade ; trahir ses amis ? S’il faut sauver son amour...

coup de coeur La vie cachée des poupées / G. Bienne. - Ecole des loisirs. - (Médium)

Ingrid récupère des poupées abandonnées. La première, abîmée, qu’elle trouve dans le grenier de son amie Aurélia. La deuxième, qu’elle découvre délaissée au fond d’un coffre à jouets chez Alix. Puis il y a une petite figurine chinoise perdue au milieu de toute une collection. Encore une autre, cassée, à la déchetterie. Ingrid se les approprie et les réunit chez elle, dans un coin de son grenier. Et si en adoptant ces poupées, Ingrid posait le doigt sur son histoire personnelle ?
Un roman à travers le regard d’une toute jeune adolescente qui, décidément, trouve qu’elle ne ressemble guère à ses parents... Une atmosphère mélancolique et silencieuse.
Autre lecture
Ingrid se met à voler ou à récupérer des vieilles poupées délaissées ou un peu cabossées. Elle les adopte et les garde jalousement dans un petit grenier où plus personne ne va depuis longtemps. C’est son secret. Et que dirait son père policier sur ces vols ? Et que penserait sa mère de ces cachoteries ? Elle se créé donc un clan, presqu’une nouvelle famille sur laquelle elle veille tendrement. C’est une façon pour elle de leur redonner une dignité. Mais Carole, sa mère, découvre la double vie de sa fille et tente le dialogue pour essayer de comprendre le sens de ce secret. Elle sera fatalement renvoyé à celui qu’elle gardait avec son mari.
Ca commence en étant bizarre, ça continue en étant étrange et ça finit en étant très logique ! Non pas cette logique de l’esprit mais celle du cœur qui n’a pas su, en son temps, s’épancher et qui, malgré toutes les résistances, s’ouvrira largement. Une belle leçon d’amour et de respect.

coup de coeur Le grand déballage / E.L. Konigsburg. - Bayard. - (Millézime)

C’est une relation tout en pudeur et en précautions qui se tisse entre Amadeo et William. Leur terrain d’apprivoisement : la maison de Madame Zender chez qui la mère de William fait une liquidation de biens. Haute en couleurs, la vieille dame capricieuse et délicieuse mène son monde à la baguette. En parallèle, nous suivons la mise en place de l’exposition d’un certain Peter, autour de l’Art dégénéré. L’occasion de découvrir cet aspect de la seconde guerre mondiale. Bientôt, les deux histoires vont se mêler et révéler un trafic d’œuvres d’art de la sombre époque. Pour Amadéo qui rêvait de faire une découverte, une vraie, il découvre surtout que les gens cachent bien des choses…
Un roman qui prend son temps pour installer l’ambiance et l’intrigue, avec des personnages énigmatiques sur fond d’un pan d’Histoire méconnu et intéressant. Pour bons lecteurs.

coup de coeur Quand un amant passe / M. Wahl. - Thierry Magnier

Secrets de famille, haine dans la fratrie, histoires d’amour possibles. Et puis, une arme… Très vite le lecteur ressent une tension. On sent, on sait qu’il va arriver quelque chose. Mais la personnalité du narrateur et héros, Tom -ce qui nous en est donné en tout cas- ne permet pas de savoir s’il va nous mener vers un dénouement heureux ou un drame. Ou peut-être aucun des deux, juste la vie, racontée dans une style typiquement nordique -l’histoire se déroule en Suède- qui peut nous laisser pantois ou nous envouter selon qu’on apprécie ou non ces ambiances floues qui suggèrent plus qu’elles n’appuient. Pour bons lecteurs.
Autre lecture
C’est une histoire inquiétante au moins à deux titres. D’abord, le héros, Tom, qui est un garçon apparemment calme, gentil et intelligent -en contraste total avec son demi-frère, brute agressive qui n’aime que le foot- raconte sa propre histoire de manière laconique et détachée, commet deux actes d’agression qui vont, sans doute, changer sa vie. Le premier se produit au collège lors d’une bagarre ; le second, plus grave, à la maison quand il tire sur l’homme qui s’apprêtait à violer sa sœur. Tom semble lui-même incapable d’expliquer les changements qui s’opèrent en lui. De plus, le roman nous fait un portrait inquiétant de la société suédoise. Les institutions de l’état-providence que nous avons toujours admirées fonctionnent bel et bien mais leur force et leur raison d’être semblent minées par la violence et la vulgarité d’un égoïsme ou d’un individualisme débridé. Les scènes de classe au collège sont hallucinantes avec des incivilités grossières des élèves qui empêchent les professeurs de faire cours.
C’est donc une lecture pour ceux qui seront capables d’apprécier un roman dur, sans tendresse, aux comportements humains imprévisibles. Glacial, comme le climat !

coup de coeur Le monde dans la main / M. Ollivier. - Thierry Magnier

Pierre-Marie partage sa vie à Versailles entre ses cours au Conservatoire, ses parents enfermés dans une existence certes privilégiée mais très conventionnelle, et ses échanges par SMS avec Alix, sa sœur qui a déjà quitté la maison. Un jour, la mère disparaît volontairement sur le parking d’Ikea en laissant comme seule trace un SMS assez vague. Cette faille vient rompre l’équilibre bien métré du quotidien et c’est au rythme de la révélation d’une blessure familiale, des premières escapades amoureuses et de l’entrée dans une vie plus naturelle et spontanée que nous finissons par comprendre le sens de la désertion.
Un roman qui nous entraîne d’un chapitre à l’autre telle une valse tempérée et, sans trop nous tourner la tête pour autant, donne envie de trouver en chacun de nous la petite clé qui permet de nous ouvrir à un nouveau monde. Prendre sa vie, son destin en main…

coup de coeur Pourvu que tu m’aimes / V. Campomar. - Seuil. - (Karactère(s)

Voici un an que Mathilde a perdu sa sœur et tous autour d’elle imaginent que chacun de ses gestes, de ses paroles, est influencé par ce deuil et sa peine. Elle étouffe parce qu’on ne lui reconnaît le droit d’être soulagée par la mort d’une sœur aînée qui multipliait les remarques humiliantes et assassines. Néanmoins, auprès de sa grand-mère, elle peut véritablement être elle-même et lui confier ses tourments. Elle comprend aussi grâce à elle -et malgré elle- que leur rancœur pourrait bien trouver sa source dans le passé, dans les relations entre cette grand-mère et sa sœur. Forte de ce passé, elle se sent le courage de révéler à ses parents qu’elle ne peut partager comme ils l’imaginent leur peine immense.
Un roman qui ose dire la haine dans la fratrie, en dépit du deuil.

coup de coeur Le don d’Adèle / A. de Poncheville. - Ecole des loisirs. - (Médium)

L’univers d’Alice de Poncheville est doux, sensible, étrange et même si les histoires ne sont pas faciles, elles se déroulent au plus près des personnages, comme si l’auteur les accompagnait, avec nous, pour que tout se déroule au mieux.
Adèle a fait une chute et depuis, lit dans la tête des gens. Pouvoir fascinant, fatigant, bouleversant car elle doit apprendre à l’utiliser de façon utile. Comme par exemple aider son prof qui voit mourir son père, identifier le pyromane qui sévit dans le village de sa tante…
L’intrigue est dense, on s’attache à cette héroïne différente et pleine d’empathie ainsi qu’à son amie Prudence.

coup de coeur Brune et Jules / N. Le Gendre. - Oskar

Brune est une jeune ado qui doit s’occuper de ses frère et sœur en bas âge car sa mère est ivre les trois quarts du temps (pour le reste, elle engueule sa fille de vouloir jouer les petites mères !). Un beau-père alcoolique et libidineux, le manque d’argent, la solitude… Brune étouffe mais croise bientôt la route de Jules qui l’encourage à croire en ses rêves. Brune découvre avec lui un autre monde, celui des SDF, de la solidarité et de la violence et affirme son envie de jouer du théâtre avec le soutien du vieil homme.
Le style heurte quelques fois, ne sonne pas toujours vrai, quelques grosses ficelles également mais c’est un roman généreux et positif.

coup de coeur Mistik lake / M. Brooks. - Alice

Au cours de son adolescence, Sally fut la seule survivante d’un accident de voiture à Mistic Lake, un lac du Canada. Elle en gardera toute sa vie une certaine tristesse et un mal être. Des années plus tard alors qu’elle est mère et confortablement installée avec sa famille, elle quitte tout brusquement et part en Islande où elle décédera accidentellement. Odella d’abord très choquée par l’abandon de sa mère puis anéantie par ce décès, décide de partir à la quête de la vérité sur la mélancolie maternelle.
Au cours de ce récit, nous découvrons trois histoires de femmes sur trois générations. Odella apprend par bribe l’histoire de Sally et se reconstruit elle-même. Un roman très agréable à lire, une ambiance feutrée et la découverte de l’Islande.
Si on se demande pourquoi les secrets le sont restés si longtemps, on mesure bien le poids du non dit et l’utilité de la parole.

coup de coeur Blog / J.-P. Blondel. - Actes Sud Junior

Trahison, viol, les sentiments sont très forts pour le narrateur de ce roman qui vient de comprendre que son père a lu son blog. Bien sûr, on sait que la sphère du net est publique, bien sûr, on a conscience qu’il peut-être lu par tous. Mais de la théorie aux faits… Son père, pour tenter une réconciliation, lui confie son propre journal, du temps où il était lui-même ado. Après la colère, d’autres sentiments affleurent : que la vie est fugace ! La vie d’adulte est-elle synonyme de renoncements ?
Confrontation des époques, des générations, pour une rencontre finale qui tend vers la compréhension et l’échange. Il est intéressant de voir pour une fois la réalité des blogs du point de vue d’une personne pro-blog, d’un auteur qui plus est, avec ses ressentis et les raisons pour lesquelles il entretient un journal virtuel.

coup de coeur Grand-père menteur / A. Zei. - Syros

Grande leçon d’humanité dans ce superbe roman. Marios n’est pas un grand-père ordinaire : comédien à la retraite, il s’occupe de son petit fils de 10 ans et l’ouvre avec subtilité à l’art et à la tolérance dans de multiples domaines. Si Antonis le traite de menteur, c’est parce que Marios lui raconte l’Histoire, le quotidien des Grecs et leurs difficultés comme si la vie était une scène de théâtre et qu’il en était un des acteurs principaux. Il faut dire aussi que dans cette famille plane un secret autour de la grand-mère dont personne ne parle jamais mais qui sera dévoilé à la fin de ce récit et qui est encore plus extraordinaire que le reste.
Coup de cœur pour ce beau roman.

coup de coeur Mes deux Allemagne / A. C. Voorhoeve. - Bayard. - (Millézime)

1988. Lily vient de perdre sa mère et la seule famille qu’il lui reste -et qu’elle ne connaît d’ailleurs pas- habite en Allemagne de l’Est. Pour l’enterrement, sa tante réussit à faire le déplacement pour la journée uniquement. La personne qu’elle rencontre la subjugue. Elle n’envisage plus un instant de vivre loin d’elle. Il est interdit de franchir la frontière, même dans ce sens là ? Qu’à cela ne tienne, elle y arrivera !
Une épopée pleine de souffle, d’inconscience, vécue comme on lance une bouteille à la mer. Lily retrouvera sa famille et découvrira la façon de vivre de ces gens si proches, mais à la mentalité si différente. L’Histoire a malmené sa famille, elle en découvrira les secrets...

coup de coeur Orages d’été / B. Hall. - T. Magnier

L’été, cette année, s’annonce dramatique. Pas de pluie, pas de récolte, pas d’argent. L’inquiétude est palpable, la solidarité familiale montre des failles… C’est dans ce contexte qu’arrive Norma, la cousine de Dutch. Elle est un peu plus âgée, vient de la ville et n’a pas sa langue dans sa poche. Ce sera l’été de tous les changements...
Ambiance suffocante des canicules, tensions latentes, secrets de famille mis à jour, remises en questions… L’amour qui unit cette famille atypique sans mères sera bien malmené mais les évènements souderont davantage encore Dutch et les siens, dans un lien indéfectible.

coup de coeur Les hivers de Malou / A. Jonas. - Seuil. - (Karactère(s)

C’est une douleur trop vive pour Mona. Perdre cette grand-mère adorée, dont la vie semblait être une définition de la liberté, Mona ne peut faire face. Ca la tient debout cependant, cette colère qu’elle éprouve à voir sa mère si froide face au décès de sa propre mère. Comment une mère et sa fille peuvent-elles être si différentes ?
Mona trouvera des réponses lors de cette période troublante où l’on redécouvre une personne chère au-delà de sa mort. En triant ses affaires, en rencontrant ses proches, elle réalise que sa grand-mère lui avait tu tout une partie de sa vie. Elle comprend un peu mieux l’histoire de sa famille, et par là-même, ce qu’elle attend de sa propre vie.
Un récit fort, mené par une narratrice qui nous séduit par sa fougue et son mordant propres à l’adolescence. De beaux portraits féminins.

coup de coeur Pas un mot / N. Kuperman. - Ecole des loisirs. - (Neuf)

Roman touchant sur les difficultés de communication des sentiments au sein d’une famille. Comme quoi, il ne suffit pas d’aimer pour se comprendre. Agathe a neuf ans et reste muette depuis sa plus tendre enfance. Ses parents parlent pour elle. Elle s’en arrangerait finalement bien si toutefois ses camarades ne se moquaient pas d’elle. Nicolas surtout lui fait peur. Jusqu’au jour où la vie et ses surprises va rapprocher ces deux-là malgré tout et les forcer à se rencontrer. Commence alors une amitié vraie parce qu’essentielle et la renaissance d’Agathe dans cette famille ayant connu un douloureux évènement. Accepter le souvenir et le partager pour libérer les mots et enfin vivre ensemble une même souffrance. C’est le message de ce très joli livre qu’on aurait peut-être aimé un peu plus long.

coup de coeur Un secret derrière la porte / C. Gutman. - Martinière. - (Confessions)

Stéphane apprend un jour qu’il a un oncle, un grand-père et que ce dernier est mort. Et il n’est pas censé avoir entendu cette révélation, ce n’est donc pas l’heure des explications. Stéphane seul devra dénouer le passé, dans une révolte et une rage dont les parents ne comprennent pas l’origine.
Le secret en question paraît aujourd’hui, à l’heure des familles recomposées, démesuré. Mais la souffrance liée au mensonge elle, est bien palpable, remarquablement transcrite par l’écriture de Gutman qui explore les recoins avec justesse, force et émotion.

coup de coeur La Châtaigneraie / Y. Hassan. - Casterman. - (Feeling)

On a toujours fait croire à Judith que ses grands-parents maternels étaient morts et voilà qu’aujourd’hui elle trouve sa mère pleurant la mort de son père ! En réalité, celle-ci s’était coupée de sa famille qu’elle déteste. Judith décide de l’accompagner à l’enterrement et va découvrir une famille déchirée par des rancoeurs tues. D’un premier abord antipathique, cette famille va se révéler attachante, y compris la grand-mère, personnage froid et paraissant incapable de sentiments maternels. De lourds secrets vont être révélés et permettre un espoir de réconciliation.
On retrouve les thèmes chers à Yaël Hassan dans ce roman : la seconde guerre mondiale et ses atrocités, le judaïsme, le racisme mais aussi la famille et l’espoir de relations meilleurs entre les hommes.

coup de coeur Pacte de sang / W. Van Draanen. - Milan. - (Macadam)

Une amitié forte entre 2 adolescents, Rusty et Joey, à Lost River, aux Etats-Unis. Rusty vient d’emménager à proximité de la famille Banks et se lie d’amitié avec le fils, Joey. Avec lui, Rusty apprend les jeux de l’insouciance et ces jeux deviennent progressivement plus sérieux, toujours scellés par le secret, dans le sang. Lorsqu’une de leur blague tourne mal, très mal, le silence devient vite infernal, les torturant tous les deux.
L’atmosphère du récit commence comme une amitié rythmée par les 400 coups des deux amis et tend petit à petit vers une relation étouffante et insidieusement perverse qui bascule au final avec le dévoilement d’un secret trop lourd à porter.

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