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Dernière mise à jour :
dimanche 25 septembre 2016

Mot Clé : Métier/vocation




Album(s) :


coup de coeur Henri ne veut pas aller au centre de loisirs/ C. Nicolas ; R. Badel. - Didier. 2013

« Le centre de loisirs, c’est nul. » Sentence lapidaire, aux accents définitifs... Qui vaut à Henri de passer ses journées de vacances chez ses 4 oncles : lundi chez son oncle pompier, mardi auprès de l’agriculteur, puis le conducteur de métro, d’engins... Ce qui paraissait enthousiasmant au départ n’est pas si folichon. Vendredi, Henri a le choix entre aller chez son 5ème oncle au musée de l’Horlogerie ancienne et ... est-ce que c’est si nul, finalement, le centre de loisirs ?
Le texte et les vignettes de bandes dessinées se partagent la mise en page pour suivre au plus près les réactions d’Henri, gamin gâté et néanmoins attachant, qui passe par toutes les émotions durant cette semaine de découvertes.

coup de coeur Quand on sera grands / S. Beau ; N. Gouny. - Les P’tits bêrets. 2013

Deux enfants rivalisent d’inventivité et d’imagination pour trouver le métier de leur rêve : bullier, musicien de verres à l’eau, guirlandeurs d’étoiles, bouillotte vivante, désintégrateur de bombes... Les idées ne manquent pas, pas plus que l’optimisme et la tendresse qui les inspirent. A deux, forcément, tout paraît possible !

coup de coeur Walé, tailleur à toute heure / V. Vernette. - Points de suspension

Comment va-t-il s’en sortir, Walé, avec toutes ces commandes qui ne cessent d’affluer, alors qu’il a déjà tant à faire pour le mariage d’Issouf ? Il ne peut refuser aucune demande, « le client doit sortir content de chez Walé »...
Une histoire à répétition aux couleurs -et tissus- de l’Afrique qui montre la vie au quotidien dans son bouillonnement. En cette veille de mariage, l’ambiance est à la joie et la solidarité.

coup de coeur Toclo Toclo et la fille tête-en-l’air / M. Diallo. - Vents d’ailleurs. - (Petits métiers)

« Toclo toclo, je découpe et je raccommode, couture tendance et moins cher, toclo toclo. » Il y va à l’instinct, Newton, pour confectionner à ses clients des vêtements “stylés.” Malheureusement, ses impulsions ne sont pas toujours heureuses et les clients crient au scandale. Jusqu’à ce qu’il rencontre la fille Tête-en-l’air qui saura l’inspirer de la plus belle façon...
Un album rythmé qui a une belle énergie, tant dans le style -très parlé- que dans l’image qui agence avec brio papiers collés, dessins et bouts de tissus.

coup de coeur Le camion-poubelle / M. Estes. - La Joie de lire

Simon et Oskar ont pour mission de débarrasser la ville des ordures ménagères. Nous suivons par le menu détail la journée de travail de ces petits héros du quotidien dans leur camion poubelle. A l’heure où la plupart des gens se lèvent, Simon et Oskar auront déjà collecté dix mille kilos de déchets !
Les illustrations, assemblages de papiers collés et de différentes matières, sont en cohérence avec le thème, pour mieux montrer l’importance de ce travail de tri des déchets. Un album documentaire esthétique avec une pointe d’humour bienvenue !

coup de coeur Tu me prends en photo / M.-F. Hébert ; J.-L. Trudel. - Les 400 coups. - (Carré Blanc)

« Tu me prends en photo. Pour quoi donc... » Leitmotiv de la fillette qui s’adresse, de façon muette, au journaliste-photographe lui faisant face. Elle cherche à comprendre les motivations de celui qui la comprend si mal, elle. Chaque page accentue le décalage, l’abîme entre celle qui a tout perdu dans la guerre (son intégrité physique, sa famille, son innocence) et celui qui est là, indécent tout en autant que nécessaire, pour montrer cette réalité au monde.
Souffrance et amertume de la fillette, professionnalisme du journaliste qui retournera bientôt là d’où il vient. Un gouffre glaçant. Les pages de garde lèvent un voile d’espoir : un gamin « trouvé dans le fossé à côté de ses parents tombés morts » accompagnera désormais la fillette, et avec lui, sourire devient à nouveau possible...

coup de coeur Bestiorama, le guide des métiers sympa / O. Santi. - Auzou

Jeux de mots et slogans percutants pour nous présenter les métiers de ces messieurs-dames animaux. “Vincent Glier, feu à volonté” / “Franck Ochon, la viande qui rend les gens bons” / “Mage Hyppocrito, escroc mais pas trop”... Autant de cartes de visites auxquelles répondent des illustrations astucieuses et expressives, un petit dico fantaisiste des métiers qui ne se prend pas au sérieux !

coup de coeur Monstres de père en fils / G. Stehr ; F. Stehr. - Actes sud

Monstres de père en fils... Balthazar a quelques difficultés à accepter un avenir tout tracé... Son père est bien décidé à lui prouver le bien-fondé de cette vocation. Ils rendent visite à tous les monstres de la famille : le monstre d’égoïsme, le monstre sacré, le monstre de cruauté... Il faudra un monstre contre nature pour le convaincre de devenir... un monstre de gentillesse !
Trouver sa liberté dans la contrainte, beau challenge mené avec douceur et compréhension chez le père, comme chez le fils. (Les auteurs, frères et artistes tous les deux, ont-ils eu ce dilemme ? ;-)

coup de coeur La tête ailleurs / A. Bouchard ; Q. Blake. - Circonflexe

Papa a perdu la tête ! Au sens littéral du terme ! Avouez que ses deux enfants et leur mère ont de quoi être embarrassés... Remarquez, la situation a ses avantages : un papa bien docile qui accomplit toutes les besognes et exauce les souhaits, il faut en profiter. Un beau jour cependant, le vrai papa revient, avec toute sa tête, enfin libéré de ses soucis professionnels.
Adultes préoccupés, stressés... Les deux auteurs rivalisent d’humour pour dédramatiser le sujet auprès des enfants qui arriveront même à rire de la situation.

Roman(s) :


coup de coeur Au moins un / I. Cohen-Janca. - Actes Sud Junior. (D’une seule voix). 2014

Elle devrait se réjouir, Marie, d’avoir trouvé ce job en des temps si difficiles. Et puis elle et Mickaël s’aiment, de quoi supporter cet emploi avilissant de télétravail où l’on n’a pas même le droit de garder son prénom. Mais malgré tous ses efforts, Marie étouffe de ne pouvoir être elle-même, même avec son amoureux... Le jour où elle croise son ancienne prof de français qui leur préconisait d’apprendre au moins un poème par cœur, un déclic s’opère en elle. Avec la conviction plus forte que jamais qu’elle se doit d’être elle-même, Marie, qui rêve d’être coiffeuse. A-t-on le droit d’avoir des rêves lorsque les préoccupations matérielles sont prépondérantes ? Irène Cohen-Janca l’affirme, avec ce personnage très doux et néanmoins tenace.

Autre lecture Marie démarre un nouveau travail de télé-vendeuse. La jeune femme se sent rapidement mal à l’aise dans cet univers où il faut vendre n’importe quoi et à tout prix, d’autant qu’elle est rebaptisée Sonia par son manageur. Personne dans son entourage ne comprend son malaise, ni sa mère, fière que sa fille est un travail "propre", ni son amoureux qui trouve que " "Sonia" c’est plus sexy que "Marie"... De plus en plus isolée, Marie sera sauvée par le souvenir d’un conseil de son professeur de français : retenir au moins un poème qui nous accompagnera toute la vie.

A partir de 15 ans

coup de coeur Cette fille a du style / M.-S. Vermot. - Thierry Magnier. 2014

Après avoir testé ses talents d’actrice dans Meilleur jeune espoir féminin, Damienne se croit aujourd’hui destinée à la mode. Elle fait un stage chez une jeune styliste montante, découvre les nouvelles tendances, suit le rythme frénétique de la préparation du prochain défilé... la jeune fille traverse cette nouvelle vie intense et s’y adapte tout naturellement. Elle s’essaie même à ses premières créations.
Dans le même temps, elle se découvre une sœur ainée, une nièce, retombe dans les bras de son ancien amoureux.
La vie de cette jeune fille légère, enthousiaste et inconstante nous est décidément sympathique si l’on recherche un agréable moment de lecture.

Autre lecture Damienne ne s’intéresse pas à sa scolarité. Renvoyée de la classe théâtre elle décide de rebondir en demandant à être acceptée en classe mode. Commence pour elle un stage auprès d’une jeune styliste italienne prometteuse. Elle va s’investir totalement dans cette nouvelle passion et faire de nouvelles rencontres... Un roman qui propose une héroïne sûre d’elle, à un âge ou tout est encore possible. Les désillusions semblent couler sur elle sans remettre en cause sa confiance intérieure. Le stage qu’elle étire en longueur finit par prendre une place capitale dans sa vie. Damienne a découvert son monde et croisé par ailleurs quelques secrets de famille. Un beau livre.

A partir de 12 ans

coup de coeur La porte rouge / V. Gouby ; H. Vinet. - Thierry Magnier. - (Photoroman)

Dora n’est plus sortie de chez elle depuis le 29 juin. Date à laquelle Alex l’a coincée derrière une porte et l’a menacée. Parce qu’elle porte une mini jupe, parce que cela ne se fait pas dans leur quartier. Dora refuse de plier face aux diktats imbéciles mais derrière la résistance farouche, la peur, qui la fait se terrer.
Elle remarque que tous les soirs quelqu’un jette une canette, ce geste d’incivilité la pousse à sortir, à interpeler celui qui se révèle être un jeune homme : Charlie fuit tous les soirs sa maison, son père plus exactement, qui refuse son métier de jardiner. Métier de tapette.
Ces deux là, affirmant leur différence, se comprennent et s’entraident.
La série de photos ouvrant le roman montre une ouverture, Valentine Goby brode, autour de ces clichés, une histoire d’amour en lutte contre les discriminations, qui fait fi des étroitesses d’esprit de leur entourage.

coup de coeur La vie est belle / C. Léon. - La Joie de lire

Le livre s’ouvre sur un suicide, celui d’un homme ne supportant plus le harcèlement sur son lieu de travail. Il se poursuit, en un temps disséminé, sur les moments clés précédant le drame. Mais l’on pressent, en même temps que l’on en comprend les circonstances, qu’un autre pourrait s’annoncer, au goût de vengeance...
Lewis, fils du défunt, approche Julia, fille du celui qui est désigné comme responsable. Quel est véritablement son but ?
Avec une narration éclatée qui distille des éléments de réponse et de questionnement, Christophe Léon invite son lecteur à reconstruire l’histoire et à en envisager l’issue. Devant l’injustice, quel choix s’offre à nous ? Comment se positionner au sein d’une société impitoyable ?
Autre lecture
Christophe Léon est un auteur dérangeant. Il gratte la conscience du lecteur pour l’amener à réfléchir. Il part d’un fait de notre monde contemporain pour nous proposer d’y poser un autre regard. La fin, souvent sombre mais en partie ouverte est un appel au lecteur à changer le monde dans lequel il vit... Tout un programme !
Le père de Lewis s’est suicidé. Il était victime de harcèlement sur son lieu de travail. La nouvelle vie de Lewis est entièrement tournée vers la vengeance. Il veut infiltrer la famille du patron de son père pour le détruire... Que va-t-il y trouver ? Nous suivons en parallèle le récit de la lente dégradation du salarié victime de harcèlement et la mise au point de la vengeance par le fils.
Un roman fort qui évoque la déshumanisation du monde du travail et de ses conséquences sur l’individu et la famille. Il n’y a pas de bons et de méchants mais plutôt un système, une société qui sont grippés, empoisonnés. Tantôt horrifiés, tantôt intéressés nous découvrons le cheminement meurtrier du fils. La fin, terrible, est faussement ouverte. Qui sont les lâches ? Qui sont les victimes ? L’alternative n’est pas vraiment réjouissante. Reste une lecture d’un roman bien agencé, bien équilibré entre des passages très "ados" avec les thèmes de l’acné ou encore des relations avec le beau-père, et d’autres bien plus sombres...

coup de coeur Le coup de kif / G. Constant. - Oskar. - (La Vie). 2013

Karel a toujours été attentive aux mots. Pas pour être à la mode mais pour être précise, comprise. Lorsqu’elle rencontre Lucas, elle met du temps à trouver les mots justes pour décrire ce qu’il provoque en elle : "kiffe, c’est rapide, c’est agressif, et le désir c’est ça, une brulure qui monte en deux secondes et perfore l’estomac, genre ulcère des sentiments." Dans sa tentative d’approche du beau Lucas, Karel cheminera dans la relation avec sa mère, dans sa réflexion sur son avenir et vers la découverte de l’amour. Mais pas celui fantasmé…
Un roman aussi intéressant dans sa forme (réflexion sur la langue) que dans le thème : la jeune fille dans l’exploration d’elle-même et des autres nous attache à sa singularité en quelques pages percutantes.
Autre lecture
Karel a le coup de foudre pour un nouvel élève de terminal. Elle va tenter de l’aborder par le biais de la lecture car elle a vu qu’il lisait Les yeux d’Elsa d’Aragon. Mais Karel est plutôt Hunger Games. Il va lui falloir trouver un moyen de comprendre celui qu’elle kiffe. Or Lucas veut intégrer une prépa après le bac alors que la jeune fille ne s’est pas encore interrogée sur une éventuelle poursuite d’études...
Récit d’une tentative de rencontre entre deux mondes que tout oppose mais aussi courte épopée d’une difficile conquête de soi. L’écriture, à l’image de l’adolescente, oscille entre plusieurs mondes, celui des adultes et celui des "jeunes". De très beaux passages et une fin ouverte.
« ça n’a l’air de rien comme ça, mais je ne m’étais jamais retrouvée en panne de mots. Avec toutes ces manières de parler qu’on a, et même si, comme je l’ai déjà dit, j’avais une préférence pour le "courant", je croyais naïvement qu’on pouvait passer par tous les états et la ramener quoi qu’il arrive, surtout pas demeurer quoi qu’il arrive, surtout pas demeurer coi. Et là, j’en étais réduite à sucer des miettes de chocolat avec, sur le bout de la langue, un mot qui ne voulait pas venir, peut-être parce qu’il n’existait pas. »

coup de coeur Mon père est une saucisse / A. de Lestrade. - (Dacodac)

Le père de Séraphine s’est mis en tête « l’abracadabrantesque idée d’être comédien, lui qui n’a jamais réussi à nous faire croire au père Noël. » Pas facile à faire passer dans sa famille où les affaires et les chiffres sont rois. Mais l’amour y tient une place tellement forte que le projet, qui passe au départ pour une lubie, sera au final soutenu par toute la famille, mère/femme d’affaire comprise ! Et Séraphine découvrira elle aussi sa vocation…
Roman très gai, positif, un peu facile dans l’enchainement des situations mais qu’importe tant la bonne humeur de tous est communicative.
Autre lecture
Un père comptable se transforme en comédien. Un court roman optimiste sur la possibilité, à tout moment, de changer sa vie, en dépit des remous occasionnés au sein de la famille. L’ensemble est raconté par un des enfants, avec beaucoup d’humour comme le titre le laissait supposer.
On y évoque aussi la nécessaire organisation au sein des familles nombreuses ainsi que l’influence des parents sur l’orientation professionnelle de leurs progénitures. Un bon petit livre.
« Fifine, Lulu, Baba, j’ai un truc à vous dire... Première pensée qui surgit dans ma petite tête : se méfier quand mon père nous appelle par ces surnoms archinouilles alors que ma mère et lui ont choisi à notre naissance de splendides prénoms romanesques : Balthazar, Séraphine et Lubin. »

coup de coeur Plus tard je serai moi / M. Page. - Rouergue. - (DoaDo)

Les parents de Séléna annoncent solennellement à leur fille qu’il serait vraiment dommage qu’elle choisisse une autre voie que celle d’artiste. Séléna entend, est un peu perturbée d’une telle annonce mais ne se doute pas des répercussions sur sa vie. Car ses parents mettent tout en œuvre pour faire d’elle une artiste, dans un acharnement qui frise le ridicule. Bientôt, elle se sent « coupable de ne pas être celle qu’ils voyaient en elle, celle pour qui ils faisaient tant et dépensaient tant d’argent ». Séléna tente d’analyser les raisons d’une telle fixation, réfléchit à ses parents, à son avenir, et se dit qu’ils ont au moins le mérite d’accélérer sa réflexion à propos de ce qu’elle veut faire dans sa vie.
Un récit qui, au nom de la fantaisie ne lésine pas sur l’outrance des situations mais propose au final une réflexion toute en légereté sur l’identité et les choix de vie.

coup de coeur Ca me file le bourdon / H. Giraud. - Thierry Magnier. - (Nouvelles)

11 nouvelles qui nous cueillent, surpris, autour d’un même ado. Un cancer qui se transforme en... jumeaux ; un repas qui devrait être une fête mais tourne à la soupe à la grimace ; un stage de coiffure qui provoque une vocation de pompier ; un vieux pote du père qui brillait de mille feux, avant… ; une arnaque à l’assurance qui fait long feu ; un concours de chant prometteur qui tourne en eau de boudin ; un vol de bécane, source finalement de joie intense ; une expulsion d’un pote sans papier en pleine salle de cours ; une frousse monumentale qui se transforme en émotion ultime lors d’une visite de zoo clandestine. Un match de tennis épique, vu du côté des ramasseurs de balles ; et pour clore ce recueil, une amitié qui bifurque avec un des amis qui a choisi la voie de l’apprentissage tandis que les autres restent dans le cursus traditionnel…
L’ouvrage aurait pu s’intituler mi figue mi raison, tant les nouvelles oscillent sans cesse entre des émotions contradictoires, où l’angoisse vire à la rigolade ou inversement.
Autre lecture
Portrait d’un adolescent en onze nouvelles. Les sujets traités sont variés : les parents, les copains, la police, les stages en entreprise, la mobylette, la frime, la peur, la différence, les délires, le handicap… Le ton est toujours agréable et les chutes souvent drôles mais la réflexion est omniprésente notamment sur les préjugés.
Dans « La bécane, c’est la vie », le héros se voit braquer la mobylette qu’il vient d’avoir par un grand black qu’il va poursuivre. Mais au moment où il le retrouve, ce dernier le convie à une fête ! « Carrefour des métiers » l’amène à suivre un stage chez un coiffeur qui va se révéler intéressant et mouvementé ! « Loup y-est tu ? » offre une plongée nocturne au zoo avec un face à face angoissant et complice avec une louve.
L’écriture nous plonge dans la vie de ce jeune au moment où tout est encore possible. Un petit Nicolas qui aurait grandi en quelque sorte…
« Comme chaque soir, je raccompagne Eyup chez lui, ensuite il me raccompagne chez moi et puis je n’ai plus qu’à le raccompagner chez lui. Ce soir, on me dit de rapporter du pain, "ça optimisera tes déplacements interurbains", ajoute-t-on. »

coup de coeur Comme un poisson hors de l’eau / O. Hijuelos. - Bayard. - (Millézime)

Rico est victime de racisme à l’envers. Habitant Harlem, il ne cesse de récolter des regards torves et coups violents parce qu’il est né blanc parmi les noirs. Son ancêtre irlandais lui a transmis cette peau claire qui fait tant jaser dans cette famille cubaine. Fatigué et révolté des injustices répétées, Rico décide de fuir chez son ami Gilberto. Vivre en communauté, habiter dans une ferme sans les commodités n’est pas tous les jours facile mais Rico, loin de ses parents, loin des pressions de la rue, apprend à savoir ce qu’il veut de la vie.
Héros généreux, optimiste et volontaire, Rico se fera une place sans jamais se décourager.
Autre lecture
Rico, jeune porto-ricain à la peau blanche, est victime en permanence de brimades à caractère raciste. Il se sent rejeté par tous, même ses parents ! Brillant élève, il arrête les études pour échapper à la violence qui règne dans son lycée public. Quand un de ses rares amis gagne au loto et part commencer une nouvelle vie dans un autre État... Rico y voit une chance d’échapper aux coups, à la drogue, à sa famille. Mais est-il aussi simple de fuir son passé et son destin ?
Ce livre contient de bons passages mais les chapitres sont trop longs et le quotidien dépeint est bien loin de celui des jeunes européens.

coup de coeur Le creux des maths / C. Avel. - Ecole des loisirs. - (Neuf)

Abel n’aime pas les maths. Difficile pour lui de s’épanouir dans sa famille blindée de génies des chiffres. Entre les jumeaux surdoués et la médaille Field de la maman, Abel rêve de voyage et de sorcellerie avec un destin digne d’Harry Potter. Puis il gagne une semaine en Finlande chez Elias Chamsson, un génie des mathématiques. Comble de l’horreur pour Abel mais cette escapade nordique va le transformer à jamais. Il parviendra enfin à trouver sa place dans la fratrie tout en se démarquant de la loyauté familiale. Un bel exemple d’émancipation.
Une écriture fluide et un enchaînement des péripéties bien rythmé. Un bon moment de lecture qui saura régaler les jeunes adolescents.
Autre lecture
Abel, 11 ans, est le vilain petit canard de la famille. Alors que tous excellent dans le domaine des mathématiques, même ses frères cadets, lui ne révèle aucune disposition. Et il se demande bien ce qu’il va pouvoir faire de sa vie, quel talent il va pouvoir développer. Sa rencontre avec un grand mathématicien, auprès duquel il se sent faussaire, va pourtant changer sa vie. Loin de sa famille et de cette pression, il va trouver ce pour quoi il est doué.
Petit bouquin sympathique et léger : pas d’inquiétude, on peut se sentir différent dans une famille et pourtant y trouver sa place…

coup de coeur Elliot peut mieux faire / C. Cahour. - Oskar

Elliot a eu le malheur d’acquiescer un jour, alors qu’il n’avait que 5 ans, lorsqu’on son père lui a demandé s’il voulait être médecin, son propre rêve inaccompli. Depuis, la pression est grandissante et en CM2, Elliot subit un poids démesuré. Et multiplie, forcément, les mauvais résultats. La visite d’un intervenant extérieur lui révèle un jour ce que pourrait être sa vocation (illustrateur) ; mais reste à convaincre son père…
Roman pour CM - 6° sur le thème de la phobie scolaire, de la pression parentale.

coup de coeur Vendeur de rêves / C. Beigel. - Sarbacane. - (Mini romans)

Ce sont bien des questions de profs ça… Il fait quoi ton père ? Marcus s’empourpre et finit par lâcher Pilote de ligne… Ce n’est pas que la vraie profession de son père soit déshonorante mais reporter de guerre, il ne l’est plus : il est au chômage, las des combats et de leur lot de violence. Marcus s’enferre dans son mensonge mais arrive heureusement à se confier à Marilou. Elle l’aide à accepter la vérité qui n’est finalement pas si négative.
Où il est question de figure parentale, de fierté, de l’autorité du père abimée par le fléau du chômage... L’enfant est partagé entre ses rêves (il aimerait tant être sécheur d’yeux ou déclarateur de paix) et la réalité certes difficile mais pas sans solution !

coup de coeur Comment je suis devenue flic / A. et M. Rambach. - T. Magnier

Alice s’apprête à annoncer à sa mère qu’elle veut devenir flic. Pour une militante pour les droits des sans papier, la pilule ne peut qu’être amère, très amère. Et au moment même où Alice fait son "coming out", une fusillade se déclenche sous leurs yeux. C’est l’enchevêtrement d’évènements passés qui l’ont amenée à ce choix et les observations de la situation présente qui sont racontés dans ce roman, dans un va-et-vient qui ne conviendra pas aux lecteurs en difficultés. Pour ceux qui suivent le fil des récits parallèles de Lucie, l’histoire est à la fois drôle, prenante et parsemée de réflexion militante sur les sans papiers.
Un mélange de rocambolesque et de réalisme, à partir de 14 ans.

coup de coeur Les barons / N. Ben Yadir, L. Brandenbourger. - Mijade

Etre "un baron" est une philosophie. Vous partez du principe que l’être humain possède un capital de pas et qu’une fois atteint, vous mourrez quelque soit votre âge. Donc si vous voulez vivre vieux, économisez-vous ! Et puis c’est aussi avoir un grand sens de l’humour. Plus les blagues sont "pourries" plus grande sera la reconnaissance de vos pairs. Mounir, Azziz et Hassan le narrateur en sont les principaux adeptes.
En début de livre, nous découvrons Hassan blessé et il ne sait plus ce qu’il lui est arrivé. Peu à peu, retrouvant la mémoire, il nous raconte. Son ambition dans la vie, outre être un baron, est de devenir un humoriste reconnu. Mais il est difficile pour lui d’assumer ce choix. D’abord parce que son père rêve de le faire entrer dans la compagnie de bus où il travaille, ensuite parce que ce serait trahir ses amis. Seule Malika la jeune femme qu’il aime depuis toujours sait la vérité.
De malentendus en malentendus, cette histoire qui commence comme une farce tournera en drame.
Un roman drôle, émouvant, très agréable à lire.

coup de coeur Aimez-moi maintenant / A. Cendres. - Sarbacane. - (Exprim’)

Le narrateur de ce roman est orphelin, a grandi en foyer et s’était forgé la conviction que pour être aimé, il fallait réussir dans la vie. Effort-récompense. Cataclysme lorsqu’il comprend son erreur. Finies les études de médecine, il atterrit au bar avec ses comparses, les désespérés. Des jours durant, il boit, observe, s’interroge sur l’amour, théorise. Puis un jour, toutes ses constructions idéologiques se fissurent, Julia lui ouvre les portes de ce truc magique, incompréhensible, mystérieux qu’est l’amour. Et le monde retrouve son agencement.
Une percée dans l’univers des paumés un peu plus sensibles et fragiles que les autres.

coup de coeur Papa et maman sont dans un bateau / M.-A. Murail. - Ecole des loisirs. - (Médium)

Malaise chez les Doinel : le père, directeur d’une entreprise de transport, voit sa boite rachetée. Ce qui suppose des licenciements à venir avec les douloureux cas de conscience qui en découlent… La mère, institutrice, se sent prisonnière d’un systême éducatif qui ne lui correspond pas. Charlie l’aînée, et le petit Estaban tentent de trouver leur place parmi leurs camarades d’école. Chacun pourrait trouver réconfort au sein de cette famille aimante mais pudeur, mauvais moments, malentendus… amènent les uns et les autres à s’isoler chaque jour un peu plus, dans un rêve cultivé en secret...
Et puis un jour, c’est le trop plein, exprimé en ces mots par Marc Doinel : "On est entourés de robots humanoïdes, des gens qui fonctionnent au lieu de vivre, et qui ne pensent qu’à produire, à faire produire." Une telle prise de conscience appelle un changement de vie radical !
Chapeau à Marie-Aude Murail qui arrive à décrire notre société morose, gangrenée par l’obsession du rendement, sans plomber son lecteur. Au contraire, ce roman où les personnages montrent qu’une autre vie est possible nous apporte une véritable bouffée d’oxygène. Coup de coeur de Florence L.

coup de coeur Faire et défaire / Mathis. - Thierry Magnier. - (Nouvelles)

A priori, des histoires de maçonnerie (mortier, briques, murs à monter, démolir, crépir...) ne devraient rien avoir d’exaltant ! Et pourtant le quotidien de Thomas (15 ans) qui aide son père, artisan maçon, pendant ses temps libres, se transforme en de véritables petites aventures émouvantes, noires, amusantes sous la plume de Mathis.
Dix nouvelles qui nous séduisent et devraient plaire aux adolescents.

coup de coeur Les yeux tournés vers l’océan / K. Henkes. - Livre de poche

Olive, une camarade de classe de Martha, a été mortellement percutée par une voiture. Ce ne sont pas des amies intimes et pourtant, lorsque la maman d’Olive lui remet une page du journal secret de sa fille, Martha découvre qu’elles partagent toutes les deux le désir profond de devenir écrivain et une fascination pour l’océan. Difficile du reste d’avouer à ses proches son plaisir d’écriture alors que son papa s’essaie à la construction d’un roman depuis 2 ans. Ces sont les grandes vacances et toute la famille s’envole chez leur grand-mère paternelle qui possède une maison au bord de la mer. Martha adore ce lieu et tout au long du séjour, notre héroïne va tisser une relation très touchante avec sa grand-mère, un temps entre parenthèse où se vivront sentiments amoureux, trahison, séparation, danger. Cheminement essentiel dans le coeur de cette adolescente qui observe dès son retour que le décor de sa chambre ne lui ressemble plus. Elle réussit enfin à confier à son père son bonheur de devenir écrivain.

Et aussi... :


coup de coeur La tête de l’emploi / A. Sahler ; Aki. - Actes Sud, 2013

Aurélien (interprété par François Morel) est très sarcastique à propos de la nouvelle vocation de son copain, le narrateur de l’histoire (Antoine Sahler) : photographe. Reste à faire ses preuves. Celui-ci décide de faire le portrait des commerçants du quartier...Ces portraits sur le vif sont assez drôles, tendres ; des voix connues de la chanson française s’invitent pour donner vie aux différents corps de métier (et même chômeur !) : Juliette, Nicolas Jules, Lucrèce Sassella. Il y a de la joie, un plaisir évident dans ces interprétations et les illustrations apparaissent un peu légères en regard. L’organisation du livre CD est claire : une page pour chacune des 21 pistes chantées intercalées avec une page pour chacun des 11 chapitres racontés. En fin d’album, 10 autres pistes nous font découvrir les versions instrumentales et permettent à l’enfant qui écoute de chanter et même de mélanger les musiques avec les textes s’il le souhaite ! En 57 minutes d’écoute participative dans la bonne humeur, il y a de quoi s’amuser et inventer de nouvelles chansons... Un album sympathique.

Autre lecture Une bande de compositeurs, chanteurs, diseurs, interprètes habitués à travailler ensemble et réunis dans un album CD pour enfants chez Actes Sud. Est-ce un exercice de style ou plus que ça ? L’attitude captivée des petits de 7 à 12 ans pourrait bien nous porter à croire que c’est une petite réussite. De quoi s’agit ’il ? Un enfant qui vient de recevoir un appareil photo fabrique une série de 20 portraits des gens de sa rue en chansons dont les textes seront interchangeables. L’histoire est une suite de dialogues entre l’enfant et ses copains suivis des portraits. On voit défiler ses familiers, d’Annabelle Seringue l’infirmière à Hector Desclous l’agent de circulation ou Zladko le galeriste soupçonneux… Si l’illustration est proche de la caricature avec des visages en grands traits sur fond blanc, elle rejoint l’humour des chanteurs parfois déjanté et fort sympathique. On sent une connivence entre tous les participants et c’est sans doute là une des raisons du plaisir qu’y prennent les enfants.

coup de coeur Le coq mange-noix / R. Mezquita ; B. Carvalho. - Oqo. - (O)

Contexte : Un coq et une poule sont bien « décidés à découvrir le monde » mais voient leur projet chamboulé lorsque le coq s’étouffe. La poule court chercher de l’aide mais chaque rencontre l’amène à … une autre rencontre !
Ce qui est répété :
« - Le coq s’étouffe, le coq s’étouffera, il a mangé tellement de noix ! Allons vite chercher de l’eau à la fontaine, sinon il mourra ! » (chaque personne interpelée accepte d’apporter son aide mais avec une contrepartie).
Accumulation par  : Echange
Autre structure présente : Toboggan
Remarques : Nature, animaux et artisans participent au sauvetage orchestré par la poule emplie de tendresse pour son coq.
Soumis au principe de réalité, (pour couper de la laine qui sert à confectionner des chaussures, il faut des ciseaux), l’enfant, qui suit l’enchaînement logique des pas de la petite poule, est amené à saisir le principe évolutif de la vie : le bénéfice du passage de l’état naturel à l’état culturel.

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