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Dernière mise à jour :
dimanche 25 septembre 2016

Mot Clé : Racisme




Album(s) :


coup de coeur Machin Truc Chouette / H. Ben Kemoun ; V. Joffre. - Rue du monde

Machin Truc Chouette, c’est tout ce qu’il mérite comme sobriquet ce nouvel arrivant, lui qui pourtant a un nom : Massicholihaloi. Mais qui ferait l’effort de retenir un tel nom, vu le peu de respect qu’on lui témoigne... Un gars qui parle si mal la langue locale, qui a des mœurs si étranges... Avec le temps, chacun s’accorde à dire qu’il s’investit beaucoup dans son nouveau pays, il participera même aux combats durant la guerre... Mais lorsque Machin Truc Chouette émet le souhait de faire venir sa famille auprès de lui, fin de non recevoir ! Le mépris affiché d’une population qui n’a pas voulu saisir la richesse de l’altérité.
Un texte quelque peu didactique, manichéen et appuyé mais qui peut servir de base à un débat sur la citoyenneté.

coup de coeur Le bus de Rosa / F. Silei, M. A. C. Quarello. - Sarbacane ; Amnesty International

Un grand-père d’aujourd’hui emmène son petit-fils Ben au musée Ford pour lui montrer le bus de Rosa. Et là, assis à la même place qu’il occupait 50 ans plus tôt, le grand-père raconte l’histoire de Rosa Park qui a refusé de se soumettre à la loi de la ségrégation raciale, et comment sa résistance silencieuse a interpellé les consciences de tout un peuple.
A travers des mots mesurés et les images-choc de Quarello, ce récit touche les jeunes comme les adultes. Un superbe outil pour introduire une discussion sur la discrimination…

coup de coeur Un mouton au pays des cochons / A. Brière-Haquet ; P. Paicheler. - Amaterra

Être un mouton au pays des cochons, voilà qui n’est pas simple, surtout quand moutons et cochons ne peuvent pas se voir... Alors le papa du narrateur est régulièrement ignoré, snobé, malmené, insulté. Surtout par son voisin Martin. Mais il devient difficile pour ce dernier de considérer comme ennemi celui qui lui a sauvé la mise. Encore plus lorsqu’il apprend à le connaître et qu’ils se découvrent de nombreux points communs.
Texte dynamique et illustrations intelligentes qui induisent une lecture du racisme vis à vis des maghrébins.

coup de coeur L’ île / A. Greder. - La Compagnie créative

Un album aux couleurs sombres, des personnages aux mines fermées et haineuses, un texte sans appel pour dénoncer la xénophobie. La peur, les fausses justifications, l’exclusion, la mauvaise conscience, les rumeurs, autant de réactions tristement humaines face à cet étranger que l’on n’aura même pas entendu.
Au niveau du message comme du graphisme, c’est un ouvrage qui marque et que l’on ne peut que vivement conseiller dès 9-10 ans.

Roman(s) :


coup de coeur Vive la France/ Thierry Lenain ; Delphine Durand. - Nathan (Premiers romans), 2012

Pourquoi Lucien se retrouve-t-il tout seul dans la cour ? C’était pourtant le chef de bande ! C’est que le petit garçon a rejeté tous ses copains : l’un pour sa couleur de peau, l’autre pour son accent, un troisième pour son grand-père étranger... Un très bon petit roman pour lecteurs débutants qui invite au dialogue et à l’ouverture d’esprit, qu’il s’agisse d’évoquer le racisme, la différence culturelle, l’égalité filles/garçons. Ewa Bochenski

A partir de 6 ans

coup de coeur Vibrations / Raphaëlle Frier. - Talents Hauts, 2014

Que révèlent nos portables sur nous ?

Clara est amoureuse de Syl-vain. Il ne semble pas insensible à son charme et lui envoie des sms régulièrement. Pourtant Hakim, son ami d’enfance, lui demande de se tenir éloigné de ce garçon. Pourquoi cet avertissement ? Lors d’un rendez-vous au café, par mégarde, Clara prend le téléphone de Sylvain. Curieuse, elle décide de fouiller sa mémoire...
Un court roman qui évoque les traces que nous laissons via nos outils nomades. Le smartphone devient en l’occurrence le lieu des secrets mais aussi un outil de preuve.
Le récit met aussi en garde contre l’illusion que peut conférer une image trop lisse et la nécessité de bien connaître les personnes avant de plaquer nos sentiments sur une simple image. Intéressant même si la fin est selon moi un peu trop optimiste. Marion Uteza

A partir de 13 ans

coup de coeur Une saison avec Jane-Esther / S. Cassim. - Ecole des loisirs (Medium), 2013

Eden, orpheline élevée par sa tante, a la fibre poétique et un brin mélodramatique. Elle passe son temps à noter ses impressions dans un carnet et s’essaie à la poésie. Jane-Esther, l’’amie de sa tante, poète reconnue, est de passage dans leur village et lui donne quelques conseils : observer sans cesse et mettre au jour la singularité de ses impression de façon précise et juste. Mais ce qu’elle peut apprendre de plus utile lui sera dispensé par la vie elle-même, en la personne d’Adam, personnage fantasque, révolutionnaire et …volatile. Eden est un personnage attachant. Elle qui se donne la tâche urgente de "trouver un façon plus digne d’etre au monde" compose avec ses angoisses, ses fêlures, ses amours et ses doutes avec pour seuls repères trois mères poules de substitution et une farouche volonté d’écrire au plus juste. Déroutant mais attachant. Julie Feuvrier

Autre lecture : Une jeune héroïne plutôt originale, qui s’appelle Eden, elle est orpheline, elle aime les poules et elle veut être poète. Elle est entourée, dans une ambiance féminine chaleureuse, de trois femmes : sa tante et les deux amies de celle-ci, dont l’une s’appelle Jane-Esther. Le monde des personnages est de plus plutôt bien campé : le sud des Etats Unis dans les années soixante au moment de la lutte des Noirs pour faire valoir leurs droits civiques. Eden se lie d’amitié avec le neveu de la femme de ménage de sa tante. Tout cela promet bien, jusqu’au moment de dérapage, qui pourrait déconcerter aussi le lecteur. Eden rencontre un révolutionnaire d’origine russe et tout de suite elle tombe amoureuse de lui. Ils passent une nuit ensemble avant qu’il ne disparaisse pour de bon. Les trois femmes qui s’occupent d’elle la consolent, et grâce à elles et grâce aussi à son carnet d’écriture, elle commence à se remettre. Le lecteur a peut-être plus de mal à suivre le même chemin. C’est tout de même un livre à recommander, surtout aux jeunes lectrices littéraires. David Ball

Eden Villette est ce que l’on appelle généralement une jeune fille passionnée. Pour elle, il n’y a que la poésie qui compte, et avec ce magnifique genre littéraire, le questionnement et la recherche de la perfection. Adolescente unique en son genre, elle profite du retour de la célèbre poétesse Jane-Esther pour pousser plus loin sa réflexion. A ses côtés, elle découvre le monde d’une autre manière et surtout appréhende l’amour. Pas celui romantique sui nous couvre de bonheur, non… Celui passionnel qui change définitivement toute vie. Cette Eden pourrait sans doute vous horrifier par son caractère égoïste et hautain mais poursuivrez votre lecture et ainsi pourrez-vous, vous aussi, questionner la vie, la poésie ou encore la nature qui vous entoure. Marie Jeannot

A partir de 12 ans

coup de coeur Banzaï Sakura / V. Delamarre Bellégo. - Oskar. - (Aventures)

Jo raconte dans son nouveau journal le harcèlement dont a été victime Sakura, jeune japonaise, à son arrivée dans la classe et comment elle a réussi, avec l’aide d’autres enfants, à le faire cesser. Sakura est d’un milieu aisé et elle est très fiere de son origine. Cette base solide va l’amener à réussir à s’intégrer dans sa classe en dépit de l’hostilité constante de Fabio. Elle va se servir de sa culture, de ses contes et légendes pour renverser la situation...

Un message positif, un récit gai, et une écriture simple m’ont convaincue ! Sakura se dessine devant nous en même temps qu’elle s’oppose aux préjugés de son camarade. Le lecteur apprend des mots japonais, et certains éléments de cette culture mais c’est aussi l’occasion de retrouver des expressions françaises. Un récit frais et intelligent ! J’aime Marion Uteza

A partir de 10 ans

coup de coeur Billie H. / L. Atangana. - Rouergue (DoAdo). 2014

Il ne faut pas la chercher, Eleanora, ou les réparties fusent ! Sa maitresse tout d’abord, sa tante, les hommes en font les frais, ce qui n’empêche pas Leanora de se prendre des coups. De ces coups durs qui pourraient briser un être mais il y a quelque chose chose chez cette fille, entre détermination et assurance farouche, qui la maintient debout. Cette petite Leanora, à force de croire en son talent, deviendra celle que l’on connaît sous le nom de Billie Holyday.
C’est donc son enfance, jusqu’à la promesse de son premier enregistrement, qui nous est racontée ici, dans un style oral donnant à entendre les gens de la rue dans le Baltimore des années 20. Quelques tournures répétitives finissent d’ailleurs par agacer (“Sûr que”…) mais ce que l’on retient surtout, c’est la force de résistance de cette jeune fille qui encaisse mais ne succombe jamais.
Autre lecture
Récit qui retrace la vie de Billie Holiday, reine du jazz.
1920, Etats-Unis, Eleanora ne connait pas son père musicien, elle tente de survivre avec sa mère dans le quartier noir de Baltimore. Elle ne tarde pas à quitter l’école et connait la misère suite au licenciement de sa mère. Passionnée de musique, elle chante et vit à cent à l’heure. Sa beauté fait d’elle aussi une proie que son tempérament de feu ne suffit pas toujours à protéger. C’est alors qu’elle décide de tenter sa chance dans les cabarets, espérant y retrouver son père...
Le conte de fée intéresse modérément l’auteur qui préfère nous décrire la lutte pour la survie et la rage de Billie qui continue à se battre. Il lie ainsi la qualité de sa voix et la densité de son chant à sa traversée de la vie. L’écriture est fragmentée en petits impacts qui décrivent la course de Billie vers sa passion, le chant. Un très bel hommage à cette magnifique chanteuse.
« Cette gosse avait à peine dix-huit ans. Elle chantait avec la maturité d’une femme de trente ans. Sa voix avait vécu et connu la douleur, l’amour, l’espoir, la déception. Une voix dans laquelle vibraient l’épaisseur et la complexité de la vie. Sans illusions. Sans amertume, non plus. »

A partir de 13 ans

coup de coeur Nelson Mandela, humble serviteur de son peuple / Philippe Barbeau. - Oskar. - (Histoire & société), 2013

Récit du parcours de Nelson Mandela, de ses rêves d’enfant à ses rêves d’adulte. Avec fluidité, l’auteur nous conte ce cheminement individuel exceptionnel, avec ses écarts et ses failles. Sans parti pris et avec simplicité nous marchons avec Mandela vers son idéal d’un monde plus juste.
Nous découvrons l’homme privé avec sa difficile vie familiale, l’échec de son premier mariage et ses relations tendues avec Winnie sa seconde épouse, mais aussi la mort de sa mère alors qu’il est en prison et ne peut se rendre à ses obsèques. Nous voyons aussi l’homme public, fidèle en amitié et capable de passer d’un idéal de paix à la nécessité d’une lutte armée. Le livre enfin n’oublie pas l’importance des pressions internationales. Un récit très complet.
Ce beau portrait tout en nuance est complété par un dossier qui reprend les principaux éléments de sa biographie, évoque l’apartheid et ses racines et présente le texte fondateur de la charte de la liberté.
« Au cours de ma vie, je me suis entièrement consacré à la lutte du peuple africain. J’ai lutté contre la domination blanche et j’ai lutté contre la domination noire. Mon idéal le plus cher a été celui d’une société libre et démocratique dans laquelle tous vivraient en harmonie avec des chances égales. J’espère vivre assez longtemps pour l’atteindre. Mais si cela est nécessaire, c’est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir. »

A partir de 10 ans

coup de coeur Ma vie extraordinaire / Johan Unenge. - Bayard, 2013

Morne vie que celle de Mattias. L’école, les jeux vidéo, les parents. A l’infini. Avec quelques variantes : la sortie de la dernière version de Mortal Kombat, les immigrés qui se sont échappés de leur centre d’accueil et la chasse à l’homme qui s’organise, le match de basket d’Hellevik qui gagne toujours depuis que Yosseff est dans l’équipe... Le seul évènement notable aux yeux de Mattias est l’arrivée d’Alva. Alors qu’importe toute cette agitation aux relents racistes. Mais peut-on faire abstraction très longtemps d’une réalité toujours plus nauséabonde ? Et lorsqu’un des jeunes immigrés sonne à sa porte ?
Texte et encarts de BD alternent pour installer une ambiance poisseuse. Le narrateur ne veut pas se positionner, les parents sont maintenus dans une ambiguïté malgré quelques réactions plus affirmées, tout est fait pour que le lecteur reste maître de son jugement. Comment réagirions-nous face à la haine populaire ? Comment se positionner sur des enjeux de société ?
Un texte suédois troublant, intelligent dans son approche, qui incitera le lecteur à réfléchir.

A partir de 12 ans

coup de coeur L’ enfant de Soweto / L. Pourrier. - Oskar. - (Histoire et Société). 2013

L’Afrique du Sud des années 1970 ou l’apartheid vue à travers le regard d’un adolescent.
Wilson qui grandit dans le township de Soweto décide de tenir un journal, racontant son quotidien dans la misère et la violence d’une société victime d’une révoltante discrimination. Son intérêt pour l’étude et la bienveillance des employeurs de sa mère lui laisse heureusement entrevoir une vie meilleure.
Son récit au jour le jour met en lumière les causes, la montée en puissance et l’explosion des violences qui aboutiront à la manifestation dramatique du 16 juin 1976.
Un personnage extrêmement attachant et un récit dynamique rendent très facile la lecture de ce récit très bien documenté.
Autre lecture
1976, Afrique du sud. Wilson vit à Soweto avec ses frère, sœurs et parents, dans des conditions déplorables. Mais grâce à son oncle, lui et ses sœurs peuvent suivre une scolarité. Rien de moins banal dans un environnement si précaire. Wilson n’aime pas l’école, où l’on est battu parce qu’on est sale ou qu’on n’a pas assez d’argent pour acheter les livres. Mais il aime apprendre, découvrir, être distingué pour ses bons résultats. Et il rêve même d’un avenir, lui qu’on destine comme ses paires à une vie de rien. Ses rêves, sa révolte, il les confie à son journal.
Les évènements vont s’accélérer le 16 juin lorsque les étudiants manifestent pour refuser une loi les obligeant à suivre les cours en afrikaans, langue de l’oppresseur. La manifestation pacifique est réprimée dans la violence et constitue un tournant dans la lutte contre le régime d’apartheid. Les jeunes n’auront alors de cesse d’éliminer le régime totalitaire et ségrégationniste, encouragés par l’opinion internationale révoltée des méthodes de répressions.
L’apartheid vue dans le quotidien de Wilson et sa famille, puis la révolte. Le chemin sera encore long, Wilson lui, devra rejoindre les États-Unis pour se construire un avenir…

coup de coeur Norlande / J. Leroy. - Syros. - (Rat noir)

Une société norlandaise, idéale sous bien des aspects, subit de plein fouet un drame auquel les norlandais n’étaient pas préparés : une tuerie savamment orchestrée par un seul individu aux idées d’extrême droite. Les victimes furent nombreuses, dans le quartier des ministères puis sur une ile…
Les évènements rappellent fortement la tragédie d’Utoya en Norvège, en 2011. Mais l’auteur, en transposant l’histoire dans un pays imaginaire, élargit la réflexion et nous parle, en miroir, de notre société et de ses dérives racistes. L’analyse sociétale est d’ailleurs très intéressante.
Autre distance apportée par Jérôme Leroy : il raconte l’histoire par les yeux de Clara, doublement victime : parce qu’elle fut au cœur de la tragédie, et qu’elle vit ses compagnons mourir sous ses yeux. Et parce qu’à la souffrance du deuil se rajoute la culpabilité : l’Autre, le monstre, l’a choisie comme petite amie pour faciliter, à son insu, la mise en place des tueries… Il faudra 8 mois à Clara pour se relever… Alors seulement, elle se met à raconter, à affronter le passé.
La narration n’est pas des plus fluides, oscillant constamment entre passé et présent de la reconstruction, sans transition. Et l’on peut s’étonner du parti pris de rajouter la culpabilité à l’horreur d’un tel drame. Mais le roman, très fort, est à conseiller pour les nombreuses pistes de réflexions.

coup de coeur La voix du volcan / E. Brisou-Pellen. - Oskar. - (Histoire)

En 1910, Lucie a 11 ans. Ses parents n’ayant pas le temps de s’occuper d’elle, elle vit chez son grand-père en Martinique, qui possède un vaste domaine. La jeune fille reçoit l’instruction d’une perceptrice et, confinée dans la propriété, s’ennuie. L’envie de découverte la pousse à désobéir à son grand-père. Lucie fait alors la connaissance d’Amétise, une jeune fille de son âge à la peau noire. Malgré leurs préjugés respectifs et les problèmes liés à leur famille, elles deviennent rapidement amies.
Tout au long de ce livre, les relations entre noirs et blancs au début du XXème siècle et la notion de racisme sont abordées. L’importante éruption qui eut lieu à cette époque en Martinique sert de cadre à l’action.

coup de coeur Sweet Sixteen / A. Heurtier. - Casterman, 2013

Imaginez 9 lycéens noirs parmi 2500 blancs. 9 Noirs qui intègrent pour la première fois un prestigieux lycée d’Arkansas, après la décision de la cour suprême des États-Unis rendant inconstitutionnelle la ségrégation raciale dans les écoles publiques. Nous sommes en 1957, dans le Sud du pays et la violence des réactions laissent entrevoir le poids des préjugés et des blocages. Sweet Sixteen alterne l’histoire de Molly, une des 9 étudiantes, et celle de Grace, préoccupée par ses conquêtes masculines et observant d’un œil agacé ces bouleversements.
Molly sait que « 85 % de la population étaient hostiles au plan d’intégration ». Mais Molly imagine aussi « qu’un jour viendrait où les Noirs pourraient assister aux mêmes spectacles que les Blancs. Peut-être que les piscines leur seraient ouvertes toute la semaine, et pas seulement la veille du nettoyage. (…) Qu’il serait permis de se marier en mélangeant les couleurs. » Portée par ce rêve, elle est prête à surmonter les humiliations, les insultes, et surtout la solitude -au lycée comme dans son quartier car « la stupidité (est) la chose la mieux partagée au monde »- pour contribuer à l’Histoire de son pays.
Grace quant à elle, d’abord peu concernée, refuse bientôt de suivre la masse, augurant ainsi de l’évolution en bonne marche, malgré tout.
Le récit d’Anne-Lise Heurtier s’inspire naturellement de faits réels et donne une idée assez précise de la peur ambiante. Les peurs de ceux qui portent courageusement le changement comme de ceux qui le refuse.
Autre lecture
1954, la ségrégation raciale dans les écoles publiques est interdite. Molly, jeune noire de quinze ans se porte volontaire pour intégrer un prestigieux lycée. "L’intégration" a lieu trois ans après. Neuf adolescents noirs au milieu de deux mille cinq cents blancs. Le récit à deux voix alterne la vision d’une jeune fille blanche modérée avec celle de Molly. On cherchera en vain un quelconque héros. C’est l’Histoire qui se dessine à travers les petits événements. On ressent la peur, le poids des traditions mais aussi les changements en marche.
Les phrases sont courtes, les mots simples pour permettre à tous les lecteurs de partager ce grand moment de la lutte contre les inégalités et les discriminations. Les personnages sont nuancés. Un livre afin de ne pas oublier nos luttes.
« L’intégration était suspendue ? Peut-être que cela valait mieux, après tout. Sa vie redeviendrait comme avant. Injuste, mais normale et rassurante. Avec des écoles minable, mais sans menaces de mort au téléphone. Blottie dans l’odeur de sa grand-mère, elle sentit pourtant que la déception prenait le dessus. Quand, à son tour, elle serait grand-mère, elle n’avait pas envie de se retrouver à devoir expliquer à ses petits-enfants pourquoi ils ne pouvaient pas aller au parc d’attraction avec les blancs. »

A partir de 12 ans

coup de coeur L’ été des gitans / S. Fournout. - Oskar. - (Passion ). 2013

Les gitans sont arrivés pour les vendanges. Et les querelles de village se réveillent. Une haine tenace qui sourd depuis des années. Il y a quelques rares personnes qui soutiennent les Gitans, et tant d’autres qui crachent leurs insultes et ourdissent de sales plans. Julie observe tout cela, avec pas mal d’incompréhension à propos de ce qui se trame entre sa cousine Sarah, le jeune gitan Nada, l’arrogante Noah et tous ces adultes qui cumulent cachotteries et non-dits… Au fur et à mesure que les tensions s’accumulent, le passé ressurgit pour enfin laisser entendre la vérité…
Haines de village, des étrangers, guerres de pouvoir et de possession autour du bouc émissaire ancestral, le Gitan. L’ambiance est pesante, poisseuse, et tout est assez lourdement signalé. Mais le roman a un certain exotisme dans son décor et dans le sympathique personnage du chef des gitans, Jorge.

coup de coeur Rosa Parks, la femme qui a changé l’Amérique / E. Simard. - Oskar. - (Société)

Voici un livre très documenté, un peu austère, qui retrace avec beaucoup de détails la vie de cette femme qui a eu le courage de s’opposer à la ségrégation. Elle était pourtant très discrète et timide, mais sa dignité lui a permis de faire face et de résister aux pressions. Difficile d’imaginer que Rosa Parks, morte en 2005, a connu la ségrégation dans la plus grande démocratie du monde : interdiction de s’asseoir à côté d’un blanc, espaces réservés aux noirs...
C’est un livre qu’il convient de recommander.

coup de coeur L’ arbre aux fruits amers / I. Wlodarcyk. - Oskar. - (Histoire et société)

James s’apprête à participer à un vol avec ses deux camarades mais réalisant qu’il connaît la victime, s’enfuit. Le lendemain, les policiers débarquent chez lui et l’arrêtent pour meurtre. Il est miraculeusement sauvé du lynchage, ses deux camarades n’auront pas cette chance. Nous sommes aux États-Unis, en 1920, les violences sont inouïes, à peine édulcorées dans ce texte jeunesse. Si l’histoire est vraie, l’auteure a inclus des éléments romanesques : le racisme du fils du shérif, l’intervention, durant le lynchage de Billie Holiday.
Un récit subtil sur la haine partagée des noirs et des blancs, les dérives comme ce besoin de "justice" qui conduit au lynchage, la prison...

coup de coeur L’ heure de la vengeance / J. Chr. Naess. - Thierry Magnier

Un père militant, une mère décédée d’overdose, Kurt, 17 ans, semble être la synthèse de ses deux parents, tiraillé entre quête de justice et de pureté et rage contre le monde. Sa seule amie : une vieille dame au passé nazi, qui vient d’être assassinée. Kurt est persuadé que la police se trompe de coupable et mène son enquête parallèle. En suivant le déroulement de son raisonnement, nous découvrons la personnalité de Kurt, ado solitaire à tendance dépressive, raciste, homophobe, à la répartie acerbe.
Le lecteur suit, médusé, la vengeance d’un ado même pas détestable qui semble refléter la société norvégienne. Pas de happy end, pas de rédemption, juste le constat d’une situation latente qui semble explosive. Pour grands ados et adultes.

coup de coeur Ku Klux Klan, Les cagoules de la terreur / R. Martin. - Oskar éditeur.

Ce roman raconte les faits authentiques qui ont mené à l’assassinat de trois militants des droits civiques en juin 1964, dans le comté de Neshoba (Mississippi).
Bill Caldwell et son petit-fils visitent le Mississipi et les lieux qui témoignent des luttes qui s’y sont déroulées entre 1963 et 1964 contre la ségrégation raciale et pour les droits civiques des noirs. Ils rencontrent d’autres personnages qui, comme Bill, ont été des militants importants et sont encore là pour témoigner pour ceux qui ont payé de leur vie leur engagement. Jim est avide du récit que lui font son grand-père, Rita Scherner et Ben Chaney.
Le principal intérêt de ce texte est son caractère documentaire. La forme romanesque ne semble être qu’un prétexte à une volonté didactique et, par conséquent, le récit présente parfois un caractère artificiel. Cependant, Roger Martin évite les défauts les plus rebutants du genre et parvient honorablement à son but.
Le point de vue narratif privilégié est celui des militants (dont Bill Caldwell) faisant à Jim le récit de leurs souvenirs et de leur expérience commune. Chacun reprend le récit où l’autre l’a arrêté. Les interruptions permettent de retrouver Jim et d’exprimer ses sentiments. Il est vrai que les personnages, à l’exception de Jim, sont indifférenciés sur le plan du caractère et de l’expression, mais ce mélange des points de vue reste une réussite car il rend le discours vivant, actuel et justifie la précision historique.
Le roman est accompagné d’un dossier documentaire d’une vingtaine de pages. Ce dossier complète le roman en développant certaines références culturelles ou historiques. Comme l’ensemble du livre, il donne des pistes pour en savoir plus sur le sujet.
Autre lecture
Jim est heureux de passer quelques jours avec son grand-père. Ce dernier lui a promis de lui raconter la guerre de Sécession et la naissance du Ku Klux Klan. Pour ce passionné d’histoire, avoir un grand-père qui a lui-même vécu les grands évènements historiques est une chance inouïe. Sur un mémorial des victime du KKK, ils rencontrent Rita et Ben et l’histoire prend corps sous les yeux du jeune passionné d’histoire... Car Billy, Rita et Ben ont participé activement à la lutte contre la ségrégation encore persistante dans les année 60 alors que la loi de 1954 avait aboli la ségrégation dans les écoles. C’est leur quotidien qu’ils racontent à Jim, les espoirs fous, les difficultés et les vraies obstacles dans la population et avec les membres du KKK. Enfin, ils racontent ce jour terrible du 21 juin 1964 où 3 hommes furent assassinés tandis que leurs assassins furent à peine inquiétés.
Un récit qui n’élude pas la violence des faits, des passions devant une nouvelle réalité qui bouleverse les mentalités ancrées dans une haine de l’autre. Le jeune Jim, concerné et impliqué, incarne l’espoir...

coup de coeur Je suis un homme Martin Luther King / E. Simard. - Oskar (Histoire et Société), 2011

On peut être surpris que ce document qui se présente comme une biographie de Martin Luther King s’ouvre sur des propos d’un racisme particulièrement violent : « Je ne les aimais pas. Je les détestais. Tous ceux de ma famille haïssaient les Noirs et j’avais fini par faire comme eux… Nous étions d’une famille de racistes et les humilier était dans l’ordre des choses… » Ce livre relate l’histoire de Mike, un jeune garçon blanc issu des milieux les plus hostiles aux noirs, mais dont la vie va croiser la tragique histoire du pasteur d’Atlanta. D’un côté nous avons le clan de sa famille adepte du Ku Klux Klan qui méprise, rejette, agresse et cherche sans cesse à humilier les noirs et de l’autre l’inexorable marche du peuple noir vers l’égalité des droits. Mike devra subir lui-même la violence, la misère, l’injustice et partager le sort des noirs pour comprendre le bien fondé de leur cause.
Un roman accrocheur et un excellent document sur la lutte mémorable de tout un peuple.

A partir de 10 ans

coup de coeur La liberté porte une chemise rouge sang / G. Halberstam. - Bayard, 2010

Victoria, 15 ans grandit dans un milieu familial chaleureux entre des parents aimants, un petit frère et une nounou de couleur. Nous sommes dans l’Afrique du Sud d’avant Mandela. Elle est en train de prendre conscience des violences infligées aux noirs mais au collège, elle se heurte aux méchancetés gratuites de ses camarades de classe. Son cœur bat pour Mawe, le fils de sa nounou, qui milite avec les noirs opprimés.
La situation tourne mal pour Maswe et Victoria qui l’aide et se trouve impliquée dans une tragédie. La famille qui se trouve subitement en danger fuit à Londres.
Deux ans plus tard, Victoria marquée par le drame qu’elle n’a pas oublié choisit de revenir faire ses études en Afrique du Sud et s’engager dans la lutte...
Un récit très bien documenté qui commence comme l’histoire classique de l’ado cachant un homme traqué, mais ce scénario fait vite place à un récit très accrocheur riche de détails aux accents très personnels.

A partir de 12 ans

coup de coeur Dans les griffes du Klan / S. Tamaillon. - Seuil (Chapitre), 2009

Une plongée dans l’état le plus raciste des Etats-Unis, l’Alabama, au milieu des années 50 lorsque le Khu Klux Klan fait régner la terreur. Jessy comprend l’ampleur et les dangers de la ségrégation quand il doit aider son père à descendre Lester pendu à un peuplier. Cependant, grâce à un nouveau venu dans sa classe, Spike Battle, il découvre un autre monde noir, plus riche, plus créatif, plus libre que sa communauté de Chastity : celui des musiciens. Miles Davies, de passage, lui laisse non seulement le souvenir d’une musique libératrice mais aussi une pensée qui va déterminer sa vie. Jessy se lance alors dans des défis à l’ordre blanc et brave les lois racistes. Mais lorsque le Klan découvre ses insoumissions, son père, son ami Spike et ses parents sont assassinés. Jessy échappe à ses poursuivants, quitte Chastity, retrouve Miles Davies et devient musicien à son tour. Le roman se termine au lendemain de l’élection du nouveau président américain, quand Jessy Jackson, 66 ans, retourne pour la première fois en Alabama pour assister au procès de l’assassin à la tête du KKK pendant toutes ces années.
L’auteur n’évite pas une certaine violence dans l’écriture, liée à la période décrite (lynchage, pendaison, chasse à l’homme). Cependant, ces scènes ne semblent pas inutiles ni gratuites : elles illustrent le climat que faisait régner le Klan en toute impunité à l’époque. Ce petit livre peut être un complément à l’étude du mouvement d’émancipation des Noirs aux Etats-Unis dans les années 60.

A partir de 11 ans

coup de coeur Le rêve de Sam / F. Cadier. - Gallimard, (Scripto), 2008

Au travers de faits historiques, l’écrivain a noué une fiction autour d’un personnage, Sam, et de son grand frère Josh, pour raconter comment les noirs dans le Sud des Etats-Unis sont arrivés à se faire une place dans l’Amérique des Blancs, après l’abolition de l’esclavagisme. Au fur et à mesure du livre, nous découvrons ce que peut être le racisme, ce que pouvait vivre un jeune noir de 10 ans en 1952 dans ce Sud baigné par les descentes du Ku Klux Klan. Cette violence a touché Sam directement puisque ses parents ont été assassinés. Malgré cela, il résiste à la tentation de répondre à la violence par la violence et conserve encore l’espoir de devenir juge noir, grâce à sa rencontre avec Luther King. Son frère prendra un autre chemin, au côté d’un autre grand personnage de la lutte pour les droits des noirs, Malcom X.
De 1952 à 2005, nous parcourons l’histoire des luttes non violentes pour les droits des Noirs. L’écriture est simple, les personnages sensibles, et on imagine bien que ce personnage, s’il avait existé, poursuivrait aujourd’hui cette lutte pour l’égalité entre les peuples contre la discrimination raciale.

A partir de 13 ans

coup de coeur Faire le mort / S. Casta. - T. Magnier

Une plongée dans l’horreur : Kim, un ado sans histoires, plutôt solitaire, se retrouve seul dans la campagne enneigée suédoise, après avoir été battu à mort... Le récit est entrecoupé de ses souvenirs des événements qui ont précédé le drame : la rencontre avec Tove, Philip et sa bande, la préparation de cette excursion pour observer les oiseaux et finalement, cette soirée où circulent alcools et joints, et où Kim, refusant d’en prendre, se verra pris à parti, passé à tabac et finalement abandonné par ses copains...
Un livre fort sur la différence et le racisme.

A partir de 13 ans

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