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Dernière mise à jour :
dimanche 25 septembre 2016

Mot Clé : Féminin/masculin




Album(s) :


coup de coeur Rosie géniale ingénieure / Andrea Beaty ; David Robertes. - Sarbacane. - 2014

De bric et de broc, Rosie fabrique sans cesse quantité de gadgets extraordinaires : distributeurs de hot-dogs, pantalon-ballon... Son rêve : devenir un grand ingénieur. Un rêve mis entre parenthèse depuis quelque temps : tout s’est effondré le jour où son oncle préféré, gardien de zoo, a littéralement hurlé de rire devant le chapeau-fromage que Rosie avait spécialement conçu pour le protéger des serpents (qui détestent le fromage, c’est bien connu). Depuis, mortifiée, la petite fille n’a plus jamais rien osé présenter. Tout change le jour où son arrière-grand-tante Rose vient en visite. Ancienne mécanicienne, elle a construit de vrais avions dans sa jeunesse. Rose a réalisé la plupart de ses rêves, sauf un...connaître le "grand frisson du vol". Tiens tiens... Grâce à elle, Rosie apprend à dépasser ses échecs et reprend confiance. Oui, un ratage peut être réussi ! Oui, les rêves de petite fille peuvent être audacieux ! Le personnage de la grand-tante est librement inspiré de la symbolique "Rosie la riveteuse" , icône populaire américaine au foulard rouge à pois blancs, en bleu de travail, avec son célèbre slogan : "We can do it !". Le dessin , joyeusement naïf, est très frais, le message est double : tant sur la place des femmes que sur le sens que l’on peut donner à ses échecs. A lire ! Ewa Bochenski

A partir de 5 ans

coup de coeur La valise rose / Susie Morgenstern ; Serge Bloch. - Galliamrd Jeunesse, 2015

A la naissance de Benjamin, grand-mère lui offre, à rebours de touts les cadeaux convenus, une valise rose. Rose fluo, même ! Les réactions sont de tout ordre : maman est atterrée, papa un brin amusé et indulgent envers sa propre mère... La valise est remisée dans un coin. Seulement en grandissant, le petit garçon est de plus en plus attaché à ce précieux présent pas comme les autres. La valise lui apprend à marcher, elle l’accompagne à l’école, c’est encore avec elle qu’il passe la nuit pour la première fois chez un copain, c’est avec elle qu’il entrera au lycée... L’objet de toutes les controverses, doudou singulier et lien intergénérationnel, l’accompagne jusqu’à l’âge adulte, où l’histoire se répète...
Humour et sensibilité du texte, vivacité et tendresse du trait, Susie Morgenstern et Serge Bloch nous offrent un bonbon rose à croquer, à partager de toute urgence ! Ewa Bochenski

A partir de 5 ans

coup de coeur Les poupées c’est pour les filles de L. Flamant ; J.-L. Englebert. - Ecole des loisirs. - (Pastel). 2013

Quelle idée a eu la tante d’offrir une poupée à son neveu ! Ce dernier est ravi, le père beaucoup moins et tente de l’orienter vers des jouets plus "normaux". Mais le fiston et son frère aîné ont de la suite dans les idées, laissent les parents se quereller et filent mener leur vie...
Des parents plus prompts à "genrer" les jouets de leurs enfants qu’à veiller à leur sécurité, des enfants qui résistent, quelques réflexions bien senties et sans lourdeur, l’album est sympathique et fournira matière à débats...

coup de coeur Le petit garçon qui aimait le rose / J. Taboni Misérazzi ; R. Laborde. - Des ronds dans l’O

Lorsque Luc découvre le pouvoir d’embellissement de la couleur rose, il la décline autant que faire se peut. Cela vaut pour son nouveau cartable de rentrée. Si lui est « fier et heureux », la cour de récréation bruisse d’incompréhension, de moqueries et de méchancetés. Luc ne serait plus bon qu’à jouer avec les filles...
D’abord déstabilisé par tant d’histoires, Luc aura bientôt l’occasion de remettre les choses à leur place !

coup de coeur Boucle d’ours / S. Servant ; L. Le Saux. - Didier. 2013

Soir de carnaval, tout le monde se prépare : Maman Ours opte pour un déguisement de la Belle au bois dormant, Papa Ours, pour le Grand méchant loup, mais il s’étrangle en voyant la tenue choisie par Petit ours : « Moi ze me déguise en Boucle d’ours ! » Aucune des figures viriles suggérées par Papa Ours ne fera faiblir la détermination du fils ! A l’inverse, le grand mâle changera radicalement ses plans...
Les personnages de contes défilent en bouleversant les genres, dans la bonne humeur et la vitalité qu’implique un carnaval ! Et tout, dans l’album (dialogues, expressions de personnages et mise en page) concourt à ce dynamisme libéré de tout préjugé.

coup de coeur La pire des princesses / A. Kemp ; S. Ogilvie. - Milan. 2013

Zélie trépigne d’impatience : « On dit qu’un jour mon prince viendra... mais ça fait cent ans que je l’attends ! Je n’en peux plus (...) qu’il bouge un peu ses royales fesses ! » Mais quelle déconvenue lorsque le prince arrive enfin et se révèle plus crétin que charmant : il veut l’enfermer dans une cage dorée ! Hors de question pour Zélie qui préfère l’option dragon et aventure !
Un prince au langage châtié, une princesse hors norme, libre, impétueuse... Nous sommes fort aises de la suivre dans son émancipation joyeuse.

coup de coeur Nils, Barbie et le problème du pistolet / K. Tinnen ; M. Kanstad Johnsen. - Albin Michel. 2013

« Tu pourras choisir ce que tu veux au magasin de jouets, promet papa. » Nils, ce qu’il veut, c’est une Barbie. « Ça et rien d’autre. » Pas le pistolet qu’essaie de lui “vendre” son père. La situation était déjà délicate, son père oubliant sa promesse, voilà qu’approchent Bo et son père, deux vrais balèzes !
Détermination du fils, honte du père, bêtise des mâles arc-boutés sur leur virilité, l’album dresse une remise en cause des genres très vivante, tant dans les dialogues qui fusent que par l’illustration foisonnante.

coup de coeur Les trois petits cochons / G. Quarenghi ; C. Carrer. - Cambourakis

Nous sommes dans le conte connu des 3 petits cochons et les personnages eux-mêmes ont connaissance des déboires de leurs ancêtres. Poussés hors de la maison familiale, les 3 petits cochons, « en réalité deux plus un, ou plutôt une : deux cochonnets et une cochonnette » se construisent chacun une maison. Le conte hésite entre trame classique et invention narrative, naturellement portée par la cochonnette ! Face à elle, le loup, encore plus paumé que ses modèles, n’aura aucune chance.
Une adaptation réjouissante à lire particulièrement à voix haute.

coup de coeur Madame le lapin blanc / G. Bachelet. - Seuil

Madame lapin tient son journal, comme un exutoire. Une famille si nombreuse, c’est autant de préoccupations, de problèmes qui occupent pleinement une journée : l’aînée qui ne mange plus rien, les jumeaux qui sont à l’âge des découvertes, « l’adorable petite dernière, Emily (...) tout le portrait de son père : elle braille toute la sainte journée »... Madame lapin, débordée et attentionnée à chacun, se plait à rêver que son mari lui soit d’un soutien sans faille...
Au-delà du journal, c’est la vie de famille dans toute sa fantaisie, son foisonnement, ses débordements... qui explose dans ces pages d’illustrations à l’humour irrésistible. L’intrusion des univers d’Alice aux pays des merveilles-notamment avec le Chat du Cheshire- ou du Vent dans les Saules, parachève cette ambiance décalée et jubilatoire.

coup de coeur La venture d’Isée / C. Ponti. - Ecole des loisirs

Isée a grandi depuis Mô-Namour et décide ici d’être non plus victime mais actrice de sa vie. Elle veut « vivre une venture, et une vraie belle ». Depuis ses mésaventures avec Torlémo, compagnon autoritaire et abusif, Isée a pris de l’assurance. Plus question désormais de se laisser emberkikiner quand bien même il s’agirait du Tipouinze ! Accompagnée de Tadoramour, elle entame son périple aux multiples croisements. C’est une jouissance, pour Isée comme pour nous, d’expérimenter les différents chemins, de rencontrer tous ces personnages qui ont besoin d’aide... Leur amitié est tout de même plus précieuse que les propositions peu fiables de ceux qui voulaient l’épouser !
Lire Ponti, c’est décrypter l’intertextualité (et intericonicité) et savourer la richesse d’un langage inimitable : un plaisir sans cesse renouvelé, sans cesse approfondi...

coup de coeur Emmène-moi à la ville / Tejubehan ; S. Selvam. - Actes Sud

Tejubehan, surnommée Teju, nous raconte le parcours de sa vie. Le texte court, qui change de couleurs à chaque grande étape, est retranscrit par l’écrivain tamoul Salai Selvam.
Teju, enfant, rêvait de prendre le train mais ne s’imaginait pas le prendre dans des circonstances aussi coercitives. Poussée par la faim, toute la famille quitte leur village pour la grande ville. C’est là que quelques années plus tard, elle rencontrera son mari, Ganesbhai, qui l’incitera à la fois à reprendre le métier de son père -chanter- mais également à développer ses capacités artistiques. Cet album est la preuve de son talent, dessins naïfs au trait noir, expression d’une réalité mais surtout des rêves qui la transcendent.
Un parcours atypique pour un livre qui l’est tout autant dans le paysage du livre jeunesse. Merci à Actes Sud et Tara books de nous donner à voir d’autres graphismes, d’autres savoir-faire, à travers ces sérigraphies.

coup de coeur Les souliers écarlates / G. Aymon ; N. Ribard. - Talents hauts

« Je n’éprouve (...) aucune joie à vous faire du mal. Mais il me semble que c’est pour votre bien. » Ainsi s’exprime et agit le seigneur envers son épouse, belle et fragile. « Malmenée », choyée, la jeune fille trouve en elle le moyen de résister : grâce à ses souliers écarlates, elle s’offre une assurance et une liberté qui déplairont fort à son mari.
En empruntant aux contes, cette histoire de maltraitance met une distance qui n’occulte cependant pas la réalité. Le mécanisme psychologique est bien décrit et la libération possible !

coup de coeur Mon papa est comme ci / S. Beau ; Soufie. - Limonade

En vis à vis, deux petits garçons ergotent : l’un défend les qualités exceptionnelles de son père, l’autre ne reconnait en rien ce qui est l’apanage des pères, des hommes, des mâles. Un papa qui cuisine, ne travaille pas et fait le ménage ? « T’es sûr que c’est un papa, ton papa ? »
La chute, surprenante, prouve que les préjugés touchent les deux sexes et qu’il y a encore du chemin avant que l’égalité homme-femme soit un combat d’arrière garde. Une belle collaboration de deux auteures franc-comtoises, Sandrine Beau et Soufie.

coup de coeur Les poulets guerriers / C. Zarcate ; E. Balandras. - Syros

« Il était une fois des poulets adolescents décidés de partir sur le sentier de la guerre !… ». De vrais mâles, farouches guerriers qui ne veulent pas s’embarrasser du minable poussin qui s’obstine à les suivre… Et pourtant c’est lui, le petit, qui parviendra à mettre en déroute le terrible ennemi. Un texte simple, mais attachant (c’est celui d’une vraie professionnelle du conte) et à chaque page des illustrations véritablement cocasses pour raconter cette fable africaine sur le triomphe du faible sur le mépris du fort.

coup de coeur Jazyâa la tapageuse / C. Gendrin ; C. Degans. - Didier

Jazyâa rêve de liberté... de quoi contrarier son grand frère Djamal. Lorsqu’elle rencontre Pedro, elle croit avoir trouvé la voix de l’accomplissement. Ils ne sont pas de la même religion, pas du même pays... quelle importance lorsqu’on s’aime ? Mais Djamal les surprend, Pedro fuit avant même d’avoir pu entendre de l’aimée la nouvelle qui aurait pu changer leur vie. Quelle issue pour Jazyâa...
Un texte bouleversant traversé par un souffle de liberté et de révolte que n’auront pas su éteindre la bêtise et la lâcheté des hommes. Et si le conte moderne se situe en Algérie, servi par de grandes fresques aux paysages méditerranéens, l’histoire est intemporelle...

coup de coeur Imagier Renversant / Melo ; S.Telleschi. - Talents hauts

Imagier tête-bêche qui renverse les préjugés sexistes. Le tablier sera porté autant par l’homme que par la femme : à la cuisine pour le premier, au jardin pour la seconde !

coup de coeur Nous les hommes... / C. Voltz. - Rouergue

Lui, c’est sûr, il n’est pas comme ses potes, c’est pas une femmelette ! Lui, il fait pas le ménage, pas la tambouille, pas les courses ! En tous cas, c’est ce qu’il clame devant les amis parce qu’à la maison, la vraie vie l’attend !
Regard tendre et amusé sur un homme qui joue les machos mais se révèle tout à fait heureux dans son quotidien de père et mari attentionné.

coup de coeur Hector, l’homme extraordinairement fort / M. Le Huche. - Didier

On savait que le cirque peut être un lieu magique mais celui-là dépasse la légende : tout y est extraordinaire ! Et surtout Hector, l’homme "extraordinairement fort." Cet hercule a des dons encore plus étonnants, qu’il ne veut révéler. Vous allez comprendre : Une fois rentré chez lui, dans le secret de son antre, Hector devient le roi de la maille. Eh oui, il tricote ! Les jaloux se disent que le secret divulgué ridiculisera définitivement leur rival. Effectivement, Hector est très atteint et se croit perdu aux yeux de sa belle, Léopoldine. Que pensez-vous qu’il arrivât ?
Teintes roses et pourpres pour une histoire qui porte un coup aux stéréotypes machistes. Magali Le Huche nous campe un Hector viril, gracieux et touchant, avec les détails dans l’illustration qui font sa touche.

coup de coeur L’ imagier renversant / Melo ; S. Telleschi. - Talents hauts

Tête-bêche, des situations mettant en scène des hommes et des femmes pour illustrer des notions : le gant peut être celui du père qui fait la vaisselle devant son fils admiratif ou celui de la femme qui enfourche sa moto. De quoi renverser les stéréotypes même si on aurait souhaiter que la caricature inversée soit un peu plus subtile. A noter des illustrations aux couleurs très criardes.

coup de coeur Anton et les filles / O. Könnecke. - Ecole des loisirs

Anton part au parc et dans le parc, il y a les filles... Seulement voilà, ni la pelle, ni le seau et encore moins la supergrosse voiture ne fait lever un seul regard. C’est grâce à une situation qui n’est pas vraiment à son avantage qu’Anton réussira à jouer avec elles.
Les illustrations servent très bien cette histoire simple et drôle de la vie de tous les jours.

Roman(s) :


coup de coeur Marjane et le sultan / Agnès Laroche. - Talents Hauts (Livres & égaux), 2015

Sultanat d’Aroum, 1898. Une jeune fille qui travaille dans l’atelier de tissage de son père risque de tout perdre à la mort de celui-ci, puisque les filles ne peuvent pas hériter. Deux solutions s’offrent alors à elle : épouser un homme pour qu’il hérite à sa place ou aller voir le sultan pour lui faire changer cette loi qui interdit aux femmes d’hériter. C’est cette deuxième option qu’elle va choisir à ses risques et périls, puisque le sultan accèdera à sa requête si elle lui donne un tapis volant. J’ai bien aimé ce roman. Je trouve que le thème traité (la place des femmes dans la société) est très intéressant. On comprend le combat de Marjane qui se bat pour l’égalité entre les hommes et les femmes et contre les injustices de la société. L’histoire est bien écrite, on ne s’ennuie pas. La fin est heureuse avec une belle histoire d’amour (forcément !). Coralie Bernat

A partir de 10 ans

coup de coeur Charly / Sara Turoche-Dromery. - Thierry Magnier (Petite Poche), 2015

C’est l’été et Sam participe à la vie de l’hôtel de ses parents : il aide à l’accueil, à la préparation des chambres, mais s’ennuie légèrement. Jusqu’à l’arrivée de Charly, qui, entre foot et jeux de rôles,devient rapidement son ami. Mais Charly ne lui a pas tout dit...
Ai vraiment bien aimé ce petit roman qui va contre les idées toutes faites sur les filles et garçons, même si, en tant qu’adulte, on voit le final arriver. Marie Chaillet

A partir de 8 ans

coup de coeur J’aime pas les bébés / Isabelle Minière. - Rouergue (DacOdac), 2015

Ludi est une petite fille qui déteste les jeux de filles.Les histoires de filles et l’amour ! Son frère, Colas, lui au contraire adore les jouets de sa sœur. Pourtant, leurs parents s’évertuent à leur offrir des cadeaux bien sexués, que la sœur et le frère s’échangent dès que leurs parents ont le dos retourné. Jusqu’au jour où ils vont comprendre et offrir à leurs enfants de quoi jouer ensemble : de la peinture.

L’auteur nous raconte les aventures et les réflexions de Ludi. C’est frais, très drôle et émouvant. L’écriture est simple, facile à lire Ce petit roman pose des questions sur les stéréotypes et la normalité. Est-ce grave si une petite fille n’aime pas les poupées et un petit garçon les camions ? Cela jouera t’il un rôle sur leur future identité sexuelle ? Coup de cœur. Dominique Topin

A partir de 9 ans

coup de coeur J’aime pas les bébés ! / Isabelle Minière. - Rouergue (DacOdac), 2015

Ludivine (Ludi) déteste tout ce qui fait fille : les robes à nœuds, les froufrous, les poupées, et les bébés. Son petit frère Colas, lui, adore. Et pourquoi, s’interroge Ludi, faudrait-il que les filles aiment forcément les poupées, les mariages, le prince charmant, les belles histoires d’amour ?? Tout cela l’agace, surtout que ses parents auraient tellement aimé que Ludi joue avec ses jeux de fille et que son frère aime un peu moins cajoler Muette, une poupée. Quand sa maîtresse tombe enceinte, Ludi se sent bien seule : toutes ses camarades se réjouissent de la nouvelle. Heureusement, il y a le nouveau qui lui aussi trouve que tout ces schémas sont bien caricaturaux.. Joli roman à contre courant, qui déclare que non, le rose n’est pas forcément la couleur préférée des filles ! Marie Chaillet

A partir de 9 ans

coup de coeur Les aventures mégachouettes de mademoiselle Chacha : la robe à froufrous / S. Beau ; A. Pinel. - Alice. - (Primo). 2014

Marie-Charlotte, surnommée Chacha, se voit offrir une robe "de princesse" pour assister au mariage de sa cousine. Mais la petite fille est une casse-cou, une grimpeuse aux arbres et les robes de ce genre, franchement, ce n’est pas son truc ! Elle tente mille et une excuses, mille et un mensonges pour ne pas la porter, mais sa mère n’est pas d’accord. C’est sans compter l’intervention et les talents de couturière de sa grand-mère...
Roman pour plus jeunes, avec une fin peu crédible mais un ton sympathique !
Autre lecture
Marie-Charlotte déteste les robes. Pas question d’aller au mariage de sa tante avec la tenue à froufrous prévue pour les demoiselles d’honneur ! Mademoiselle Chacha va tenter de nombreux stratagèmes afin d’essayer d’éviter ce qu’elle considère comme être un cauchemar ! Mais sa maman veille...
Un roman sur les vêtements et l’identité. Doit-on tout accepter pour faire plaisir à quelqu’un qu’on aime ou bien est-il légitime de défendre ses convictions vestimentaires ? Entre roman léger et drôle, aventure et réflexion sur l’apparence, un livre joyeux pour les petites filles affirmées !
« J’ai horreur des robes ! Je sais que je me répète, mais moi, je suis une fille salopette, short, jean. Des trucs pratiques, quoi ! Avec lesquels on a pas besoin de réfléchir pour savoir si on va voir notre culotte ou pas. Et puis, j’ai déjà un prénom de princesse (merci, maman !) ; pas la peine d’avoir en plus la panoplie assortie. Alors, une robe à froufrous... Au secours ! »

A partir de 7 ans

coup de coeur Sous l’armure / C. Anne. - Ecole des loisirs. - (Théâtre)

Au château de Monseigneur, une guerre se prépare. Avant d’aller défendre son territoire, ce dernier met en ordre ses affaires et prend deux décisions : sa fille Christine sera envoyée dans un couvent et Thibaut, son fils adoptif nommé chevalier, viendra avec lui au combat. Or Christine et Thibaut ne sont pas de cet avis. Ils ont l’idée d’inverser leurs rôles.
Pièce de théâtre assez légère qui peut amener le débat sur l’image de l’homme et de la femme. Quelles sont les attentes de la société ? Comment chacun y trouve sa place ? Les rôles de chacun sont-ils définis ?

coup de coeur Soeurs sorcières, livre I / J. Spotswood. - Nathan

Nouvelle Angleterre, début XXème siècle : la région est gouvernée par les Frères, ordre religieux dont l’une des missions principales est de s’assurer de la mise hors d’état de nuire de toutes les sorcières et qui veille à la soumission de toutes les femmes. Or une prophétie énonce qu’à l’aube du XXème siècle, trois sœurs atteindront l’âge de décision, toutes les trois sorcières, et l’une d’elles sera la plus puissante sorcière de tous les temps. La prophétie indique également que l’une des trois tuera l’une des sœurs...
Cate, Maura et Tess, trois sœurs sont toutes les trois sorcières et pourraient bien correspondre à la prophétie. Cate, l’ainée et héroïne, arrive en âge où elle va devoir choisir de se marier ou de rentrer dans l’ordre des sœurs. Mais son choix est guidé par la promesse qu’elle a faite à sa défunte mère de protéger ses sœurs et de tout faire pour que personne ne découvre que toutes trois sont des sorcières.
L’héroïne, qui est déchirée entre ses désirs personnels et son devoir, a une personnalité attachante, dans un univers très marqué par la religion et dans lequel les femmes sont complétement dévalorisées.
Des rebondissements viennent constamment renouveler l’intrigue, les apparences sont souvent trompeuses et l’auteur arrive à surprendre. Le style de l’écriture est très plaisant et le roman se lit facilement.
Autre lecture
Depuis la mort de sa mère, Cate protège ses deux sœurs. Il s’agit pour elle d’éviter que leurs pouvoirs magiques s’ébruitent dans un monde qui fait la chasse aux sorcières et où la seule place possible pour une femme est d’être sous la coupe d’un mari ou au couvent. Or, il reste seulement quelques semaines à Cate avant de devoir faire ce choix et les événements se précipitent... C’est alors qu’elle apprend qu’elle fait l’objet d’une terrible prophétie.
Une dystopie qui dépeint la condition féminine sous un jour digne du Moyen-Age. Les héroïnes sont fières et courageuses mais en sursis. La société est oppressante et angoissante. Dans ce premier volume le temps semble suspendu, comme dans les tragédies antiques. Existe-t-il seulement un choix ou faut-il laisser le destin s’abattre ? Un premier tome bien écrit et qui fait espérer une suite proche.
« J’en ai marre des corsets, des jupons, des souliers, marre des épingles à cheveux qui me transpercent le crâne, marre des nattes serrées qui me flanquent la migraine. Je suis lasse de m’efforcer d’être tout à la fois : jeune fille parfaite, mère de remplacement, enfant digne des attentes de son père, future épouse avenante... Rien de tout cela n’est ce que je désire être ! Je n’ai qu’un désir : être moi, Cate. Cela ne peut donc pas suffire ? »

Autre lecture : La sybille a prédit ceci : A l’aube du XXème siècle, trois soeurs atteindront l’âge de décision. Toutes les trois seront des sorcières. L’une d’elles, qui aura reçu le don de manipuler la pensée des autres, sera la plus puissante sorcière de tous les temps... Un roman plein de suspense, d’aventures et de mystères. Il regorge d’histoires de magie ainsi que d’histoires d’amour. J’ai adoré. Je le recommande. Une héroïne attachante, beaucoup de rebondissements. On ne le quitte pas du début à la fin. Un livre que je conseille fortement aux fans de romans fantastiques Souad (Atelier 1, 2, 3 Ecrivez ! du collège Victor Hugo)

coup de coeur La porte rouge / V. Gouby ; H. Vinet. - Thierry Magnier. - (Photoroman)

Dora n’est plus sortie de chez elle depuis le 29 juin. Date à laquelle Alex l’a coincée derrière une porte et l’a menacée. Parce qu’elle porte une mini jupe, parce que cela ne se fait pas dans leur quartier. Dora refuse de plier face aux diktats imbéciles mais derrière la résistance farouche, la peur, qui la fait se terrer.
Elle remarque que tous les soirs quelqu’un jette une canette, ce geste d’incivilité la pousse à sortir, à interpeler celui qui se révèle être un jeune homme : Charlie fuit tous les soirs sa maison, son père plus exactement, qui refuse son métier de jardiner. Métier de tapette.
Ces deux là, affirmant leur différence, se comprennent et s’entraident.
La série de photos ouvrant le roman montre une ouverture, Valentine Goby brode, autour de ces clichés, une histoire d’amour en lutte contre les discriminations, qui fait fi des étroitesses d’esprit de leur entourage.

coup de coeur Mon plus grand combat / F. Jallier. - Sarbacane. - (Exprim’). 2014

Tara n’a qu’une ligne directrice dans sa vie : « combattre, réussir, vaincre ». Pas de place pour autre chose que les entrainements, les combats. La boxe et rien d’autre. Voilà ce que nous martèle la narratrice, d’origine italo-libérienne, dans une première partie où le doute n’a pas droit de cité.
Mais Tara commet l’irréparable aux yeux de Freddy son seul ami et ce dernier lui sort ses quatre vérités. De quoi mettre Tara au tapis. KO sur le ring, KO dans sa vie, Tara ne sait plus qui elle est, ce qu’elle vaut, ce qu’elle veut devenir.
La seconde partie sera celle d’une errance, d’une remise en cause sous la coupe d’un énigmatique garçon de salle…
Un style nerveux pour une héroïne en recherche d’elle-même, dommage que cet homme étrange prenne les traits d’un sauveur prédestiné, enveloppant la fin du roman d’un soupçon d’invraisemblance...
Autre lecture
C’est l’histoire de Tara, jeune fille qui ne vit que pour la boxe depuis ses 7 ans. Peu d’amis, un père italien dont le grand regret est de ne pas avoir eu de fils, une mère complétement soumise, deux sœurs jumelles jalouses de l’attention que Tara attire sur elle : tel est son quotidien.
Tous les choix de sa vie sont marqués par la confrontation : je l’affronte ou je ne l’affronte pas. Son objectif est d’arriver à trouver le coup parfait qui mettra son adversaire KO : le one shot. Jusqu’au jour où elle perd un combat et tombe dans le coma trois jours. Elle ne peut expliquer cette défaite et remet alors sa vie en question.
Dans la première partie du livre, Tara est une espèce de machine : insensible, froide, arrogante, son seul ancrage est la boxe. Mais elle change radicalement après sa défaite. Tout son monde est remis en question. Elle devient alors presque l’opposé de ce qu’elle était.
La transition est abrupte, radicale ; ce personnage froid, arrogant, avec un mental de fer devient un personnage plus « classique », dommage.

coup de coeur Un baiser pour la nuit / A. Godbersen. - Albin Michel. - (Wiz). 2013

Roman d’une certaine envergure, il a le charme de son époque et de ses trois héroïnes amoureuses et ambitieuses. L’époque est celle des Années Folles et de la Prohibition. Les trois jeunes femmes sont déjà entrées dans l’âge adulte : Cordelia est patronne d’une boîte de nuit, Letty a commencé sa carrière d’actrice de cinéma, et Astrid est femme au foyer, foyer de luxe, son mari vivant du trafic d’alcool. Mais elles ont gardé un esprit assez adolescent, rêvant surtout d’amour. L’histoire, et leurs vies, basculent lorsque le mari d’Astrid massacre l’homme de main d’un gang rival....
Se lit indépendamment des 2 précédents tomes de la série Tout ce qui brille.
Autre lecture
Astrid, Cordelia et Lettie sont proches du bonheur au moment où tout bascule. Letty s’aperçoit que le monde du cinéma n’est que masque et trahison. Cordelia voit son aventure avec Max, célèbre aviateur noir, s’afficher dans les journaux et créer un scandale. L’amour d’Astrid pour son mari se transforme en dégoût. Derrière le portrait de ces trois belles femmes riches dans l’Amérique de la prohibition, se dessine progressivement la crise de 1929...
Roman de la désillusion mais aussi de la seconde chance, de la renaissance. Chacune fait le choix de nouvelles valeurs. L’atmosphère est très bien rendue et l’écriture stylée. Dernier tome d’une trilogie, le livre peut toutefois se lire indépendamment. Un bon roman même s’il est aujourd’hui bien difficile de se retrouver dans le profil des personnages. Si Lettie semble très naïve et Astrid très futile, il reste Cordelia qui dessine mieux le portrait d’une femme moderne. Mais à quel prix ?
« Je sais que la vie paraît bien sombre parfois et il peut arriver de se sentir complètement piégé. Mais il y a toujours une échappatoire. »

coup de coeur Coup de talon / S. Deshors. - Talents hauts. 2013

Tout bascule dans la vie de Lucie et Laure le jour où cette dernière subit une humiliation dans le métro. Sous le regard désespéré de sa sœur, Laure se laisse tout doucement sombrer dans la dépression et l’anorexie. Lucie a du mal à tenir sa promesse de ne rien dire à ses parents qui ne voient rien et fait des tentatives maladroites pour tenter de sortir sa sœur adorée de ce cauchemar.
Un roman très réussi sur les rapports fille/garçons, la violence et la résilience.
Autre lecture
Quelques minutes et l’univers doux et confiant de Lucie et Laure se fissure : les sœurs sont dans le métro, une bande de garçons pénètre dans la rame, bouscule Laure, l’agresse, l’insulte, l’humilie. Juste parce qu’elle est belle, qu’elle a mis une jupe. La voilà salie. Lucie, un peu plus loin, n’a rien pu faire, ne peut qu’observer sa sœur aînée basculer dans le silence, la honte. Surtout ne rien dire. Lucie, narratrice, tente de venir en aide à sa sœur mais la voilà si loin maintenant…
La discrimination dans toute sa banalité quotidienne, souillure indélébile. Mais dans la solidarité, le partage, la parole, les anonymes sexistes n’auront pas gain de cause ! Coup de coeur de Myriam

coup de coeur L’ envol / R. Rossetti. - Albin Michel. - (Wiz). 2013

« Rien ne compte davantage qu’une vie » pour Frenenquer, c’est pourquoi elle ne peut faire autrement que de sauver ce chat enfermé en cage dans le souk, contre l’avis et la colère de son père. Et il lui faut une grande détermination et un courage inédit, tant est importante l’emprise qu’il a sur elle. Il l’a façonnée selon sa volonté, lui impose un nombre de règles infinies pour qu’elle agisse et pense selon l’image qu’il a d’elle. Frenenquer étouffe...
L’atmosphère est aussi suffocante que l’héroïne -et narratrice- est froide, distante, sèche. Mais un noyau de révolte croît en elle, qui se développera aux côtés de Sangris, ce chat capable de prendre forme humaine, de voler, d’emmener Frennen loin, très loin... Car il est une Libre créature et va la guider sur le chemin de l’émancipation... Avec lui, elle va découvrir la liberté, et sentiments honnis et redoutés, l’affection et la sensualité.
Les deux personnages sont atypiques, l’une n’accédant pas à son identité propre, l’autre incarnant la liberté infinie, mais sans contours pour délimiter sa forme. Tout deux souffrent d’un manque d’ancrage, jusqu’à leur rencontre salvatrice...
Un premier roman à découvrir !
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Frenenqer vit dans une oasis. Son père tient à faire d’elle une fille parfaite. Ses obligations tournent principalement autour de l’idée qu’elle doit, en tant que femme, se faire oublier. Devant l’impossibilité de satisfaire ce père tout puissant, la jeune fille s’étiole. Dans une de ses rares périodes de rébellion, elle sauve un chat, qui se révèle être un Être Libre, capable de toutes les transformations et déplacements. Pour la remercier, il l’amène voler et découvrir le monde... Mais ces échappées ne sont toujours que temporaires...
Conte allégorique sur l’enfermement et la manipulation. Le récit est tout à la fois poétique et fantastique, ce qui en réalité renforce le côté terrible de cette éducation où il n’est même plus possible de respirer. J’ai autant apprécié la description de l’Oasis et des autres mondes que cette allégorie de l’étouffement. Un livre à part, beau et terrible à la fois.
« Mon père m’a dégoté des règles de conduite aux quatre coins de la planète. Tout et n’importe quoi, du moment que ça lui semble raffiné. Demande pardon s’il t’arrive de frôler quelqu’un : ça, c’est canadien. Affecte la timidité : ça c’est thaïlandais. Ne souris pas aux hommes : ça c’est une des règles de l’Oasis. Non que je sois contre les bonnes manières, ou que j’aspire à la vulgarité et à l’ignorance... »

coup de coeur Le coeur des louves / S. Servant. - Rouergue. 2013

Célia revient habiter dans le village de sa grand-mère, espérant vaguement que sa mère tourmentée pourra y trouver un apaisement. Mais elle retrouve très vite l’ambiance qu’elle détestait déjà enfant, pleine de secrets, de méfiance, de superstitions de la part des villageois. Seule Alice, jeune fille de son âge, lui donne la sensation d’être un peu elle-même. Toutes les deux, pour échapper à ce climat délétère et à leur famille torturée, prennent le chemin des bois pour vivre ce bonheur simple de se sentir en harmonie avec ce qui les entoure. Mais peut-on vivre indéfiniment loin des hommes ? Peut-on fuir une vérité qui demande à voir le jour ?
En reconstituant bribes par bribes, entre passé et présent, l’histoire de sa famille et du village, Célia fait le difficile travail de se libérer de « toutes les chaînes d’angoisse de l’enfance et de l’adolescence ».
L’histoire est celle d’une adolescente en souffrance mais s’étoffe très vite et se tricote avec celle de ses ancêtres pour s’enfoncer toujours plus profondément dans les entrailles du passé, de la forêt, du cœur des hommes. Et ce que l’on découvre échappe à tout manichéisme, la souffrance étant le lisier de tant de tragédies. Chacun s’en arrange selon ses moyens, prenant le chemin de la vengeance, de la folie, de la carapace... mais personne n’en ressort indemne ; les femmes, premières victimes, ne sont pas les moins fortes...
Un roman dense (540 pages), à la narration éclatée, qui force sur les thème difficiles mais reste très prenant ; à réserver aux bons lecteurs.

coup de coeur A comme aujourd’hui / D. Levithan. - Les grandes personnes. 2013

A se réveille chaque matin dans un corps différent : une fille, un garçon, pauvre, riche, malade, toxicomane, un premier de la classe ou la fille la plus connue du lycée.... A est un esprit qui voyage d’existence en existence. Un jour, il se retrouve dans le corps de Justin, petit ami de Rhiannon et il en tombe amoureux alors qu’il s’est imposé comme règle de ne pas intervenir dans la vie des corps qu’il « emprunte ». Désormais il fera tout pour la retrouver chaque jour même si c’est dans un corps différent.
Un bon livre, original, bien construit avec des personnages attachants et complexes.
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Chaque jour, le héros de ce livre se réveille dans la peau d’une personne de son âge, 16 ans en ce début de roman. Il s’est nommé A, « une manière de préserver mon intégrité tout en passant d’un corps à un autre, d’une vie à une autre. J’avais besoin de quelque chose de pur. Alors j’ai choisi la lettre A » Il a grandi sans autres repères que ceux qu’il se construit en lui-même, navigant d’une enveloppe corporelle à l’autre sans comprendre les enjeux d’une telle particularité. A s’est toujours arrangé pour ne pas perturber la vie de ses hôtes mais en ce jour 5994, il rencontre Rhiannon et tout vole en éclat. Avec Rhiannon il découvre l’amour, il entrevoit la fin d’une solitude qui ne lui pesait pas jusqu’alors. Mais comment vivre l’amour lorsqu’on ne possède pas de corps, qu’on se retrouve chaque jour dans un lieu différent et surtout qu’il faut convaincre l’être aimé d’une situation aussi in-croyable.
« Je veux retourner auprès d’elle. Revivre la journée d’hier. Je n’ai droit qu’à demain. »
Un roman passionnant sur l’identité. Quelle part notre enveloppe extérieure représente-t-elle dans ce que nous sommes ? Rhiannon aime-t-elle A de la même manière lorsqu’il est fille, garçon, beau gosse, obèse… ? A lui-même se sent-il garçon ou fille ? Comment a-t-il pu se construire dans cette inconstance, avec pour seule balise une adresse mail ? La diversité de ses expériences lui donne une grande connaissance de l’âme, il a pu accéder à l’universel mais le sentiment d’appartenance lui est étranger. Et l’on comprend l’attachement qu’il éprouve pour Rhiannon qui enfin lui donne une existence propre. Toute la question qui tient le lecteur en haleine sera dès lors : quelle solution trouvera A pour permettre à cet amour de perdurer ?

coup de coeur Le choix d’Adélie / C. Cuenca. - Oskar. - (La vie). 2013

Un roman historique qui raconte les efforts d’une jeune fille de devenir médecin à l’époque de la Grande Guerre, et qui a un peu du souffle typique des romans du dix-neuvième siècle : une histoire qui se déroule sur plusieurs années et avec une variété de personnages. La jeune fille en question, Adélie, est issue d’une famille bourgeoise obnubilée par la “respectabilité”. Elle tombe néanmoins amoureuse d’un garçon de la même classe, Antonin, qui partage ses ambitions. Mais il se laisse influencer par des camarades désinvoltes et la relation avec Adélie prend fin. Arrive la guerre, Adélie, pour se sauver de sa famille et du projet de ses parents de la marier contre son gré, s’engage comme infirmière à la Croix Rouge et part pour le front. Elle y retrouve Antonin...
C’est un roman parfois caricatural et schématique, et son message est clairement affiché : Ne laisse pas les conventions gâcher ta vie… Fais ce que tu aimes. Mais les détails de la vie de l’époque sont intéressants et ceux des souffrances des blessés de la guerre très impressionnants. C’est un livre féministe, mais le garçon, Antonin, échappe aux stéréotypes ; la présentation du travail dévoué des médecins et infirmières qui, ensemble et dans des conditions épouvantables, essaient de soulager les souffrances des blessés a de quoi réchauffer le cœur de n’importe quel lecteur.
Autre lecture
Adélie est une jeune fille douée qui veut devenir médecin. Ses parents lui accordent ce qui est à leurs yeux une lubie en attendant un bon mariage. Car nous sommes en 1913 et la place d’une femme est encore celle d’une épouse dévouée à son foyer ! Pour Adélie, il s’agit bien d’une vocation et elle s’imagine médecin auprès de son cher Antonin qui partage sa passion. Mais Antonin la trahit, ses parents veulent lui imposer un mari et la guerre est déclarée. Quel choix reste-t-il à Adélie ? Respecter les conventions si chères à ses parents, renoncer à ses rêves ? Ou se donner les moyens d’accéder à son but, à savoir soigner les gens ? Si elle ne peut devenir médecin, la guerre lui donnera mille occasions de sauver des vies. Et dans l’enfer des combats, d’aborder la vie avec une nouvelle philosophie.
Parcours d’une jeune fille passionnée, déterminée et courageuse qui fera fi des obstacles pour mener sa barque.

coup de coeur Bacha Posh / C. Erlih. - Actes Sud. 2013

Farrukh, jeune afghan, a un rêve : emmener son équipe d’aviron aux jeux olympiques. Pas facile quand on habite en Afghanistan, sans moyen et sans entraîneur… Mais grâce à d’anciens contacts de son père, Farrukh réussit l’impossible : obtenir un bateau moderne, avec en prime -et surprise de taille- une entraîneuse femme ! Il faut la faire accepter par l’équipe, entamer sérieusement les entrainements. Mais bientôt, cet obstacle paraît dérisoire face à ce qui se joue pour Farrukh : elle est devenue une femme…
L’histoire fait référence à une tradition afghane des plus étranges pour nous : afin de pallier l’absence d’un fils, une petite fille peut être travestie en homme par sa famille, jusqu’à sa puberté. Alors, elle retrouve son genre originel. Lorsque Farrukh redevient Farrukhzad, elle doit se familiariser avec ce nouveau corps, « embryon de femme, posture d’homme. Corps laid. Corps mensonge. » Farrukhzad doit apprendre le « B.A.-BA de la vie quotidienne », toutes ces tâches réservées aux femmes. Farrukhzad doit renoncer à ses rêves, à sa liberté de mouvement, de décision. Comment se résigner…
Même si les ramifications d’intrigues parallèles paraissent artificielles ou inabouties, même si les rôles de certains personnages sont avortés et laissent une frustration (Maud la française, Sohrab l’ami, la jalousie des sœurs de Farrukhzad...), le roman est passionnant dans les réflexions qu’il amorce, sur l’identité, le genre (l’écriture s’adapte selon que Farukh et fille ou garçon), les traditions, la liberté...

coup de coeur Je porte la culotte / Le jour du slip / A. Percin. - (Boomerang). 2013

Pour la première fois dans cette collection, les deux histoires tête bêche sont racontées par deux auteurs différents. Je porte la culotte, par Thomas Gornet, raconte la stupeur d’un Corentin halluciné de se réveiller fille. Anne Percin dans Le jour du slip explique comment Corinne s’adapte en ce jour où elle est garçon. Différences de caractères, habitudes sociales... tout est à négocier différemment mais finalement, rien de plus simple que de trouver un modus vivendi ! Un récit -un peu rapide- pour une base de débat sur les genres...
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Une journée dans la peau d’un autre. Coco, c’est Corentin qui se réveille dans le corps de Corinne et vice versa. Passé le moment de surprise, il faut affronter les autres élèves dans la cour de récréation mais aussi en cours. Or découvrir les autres avec un nouveau regard, c’est aussi se redécouvrir !
Le thème est propice à la réflexion et l’échange. Mais le lecteur peut rester un peu sur sa faim tant le sujet mériterait un plus ample développement...
« - Mais c’est quoi, ce truc ? Le pipi sort de là comme d’un tuyau d’arrosage. C’est pas compliqué : y en a partout ! Le pire, c’est que ça ne tient même pas tout seul ! Je croyais que c’était comme un parapluie, un zizi : on le sort et hop, on le déplie. Eh ben, en vrai, on est obligé de le tenir avec ses propres doigts ! Au secours ! »

coup de coeur La fille seule dans le vestiaire des garçons / H. Ben Kemoun. - Flammarion. - (Emotion). 2013

Comment Marion a-t-elle pu succomber aux charmes d’Enzo, le même qu’elle envoyait au tapis quelques jours plus tôt parce qu’il l’avait draguée de façon insistante et irrespectueuse ? Comment en est-elle venue à embrasser ce garçon qu’elle méprisait ? « Est-ce qu’on tombe amoureuse par faim d’amour, par peur de la solitude ou du grand vide, pour se prouver qu’on peut plaire ? » La conséquence de ce moment de faiblesse : une humiliation cuisante, le baiser avec le bel Enzo n’étant que le point d’orgue d’une vengeance mise en scène par Enzo et ses potes et se retrouvant sur youtube avec le commentaire : Marion, fille facile. Marion n’avait pas besoin de cet épisode désastreux, tant sa relation aux hommes était déjà en souffrance : son père, parti à l’autre bout du monde les abandonnant elle, sa mère et son petit frère a fait bien des dégâts.
Humiliation, vengeance, réseaux sociaux, un bien mauvais mélange qui aurait pu terrasser Marion, l’enfermant dans la rage et la solitude. Mais les vrais amis la sauveront d’une déroute certaine...
Un happy end un peu facile, mais retenons plutôt, dans cette histoire prenante, les personnages attachants, notamment le petit frère compréhensif et très intelligent et la vivacité des sentiments.
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Marion est une adolescente seule et courageuse. Elle tient tête aux petits caïds du lycée qui tentent de jouer avec elle. Mais humiliés, ces derniers vont tâcher de faire de sa vie un enfer. Reste son petit frère, à la fois attachant et énervant, en tout cas haut en couleurs et sa mère qui se débat avec ses propres problèmes. Au-delà, sa seule bouée de sauvetage est la musique et son carnet de morceaux personnels qui l’accompagnent, jusqu’à ce que le livre disparaisse...
Entre harcèlement et peur, c’est la rage qui domine chez Marion. Ses sentiments sont tellement forts qu’ils l’empêchent d’avancer. Comment dès lors arriver à se reconstruire, à reformer un sas de confiance ? Le récit retrace avec justesse les moments forts de solitude et de désespoir que peuvent traverser les jeunes, entre deux âges, entre deux mondes. Un livre réussi à l’écriture vive et incisive.
«  Si j’avais eu un père, il serait venu rectifier la tronche de ces quatre salopards. Il les aurait chopés un par un ou ensemble pour leur faire payer l’affront fait à sa fille. Ensuite, en quelques mots justes, pour me rassurer, il aurait aussi su me faire croire que je valais mille fois mieux qu’eux et que je restais la plus exceptionnelle du monde. Et j’aurais tout gobé, de la première à la dernière syllabe. Si j’avais eu un père, je n’aurais pas fait cela. Ou pas ainsi. Seule, je devais me débrouiller seule.  »

coup de coeur Calpurnia / J. Kelly. - Ecole des loisirs. 2013

Six frères, une mère débordée, un grand-père fantasque et un prénom impossible à porter, voilà l’univers de Calpurnia. Nous sommes au Texas à la fin du XIXe siècle dans une société qui se remet à peine de la guerre de Sécession et qui propose aux jeunes filles un avenir fait de casseroles et de maternités.
Pas de chance pour notre héroïne qui manifeste une sérieuse attirance pour les sciences de la terre… Il lui faudra batailler, ruser et s’appuyer sur son grand-père pour avoir accès aux connaissances. De quoi faire réfléchir les générations d’aujourd’hui.
Un récit savoureux, bien mené, truffé d’anecdotes drôles ou émouvantes et surtout riche d’informations sur une époque que nous commençons mal. Un vrai plaisir de lecture.
Autre lecture
Eté 1899, Texas. A l’orée du nouveau siècle qui voit le développement de l’électricité, du téléphone, des automobiles, Calpurnia s’apprête à entrer dans l’adolescence. Alors que sa mère souhaite la transformer en jeune fille bonne à marier et lui inculquer la cuisine, la broderie, la dentelle... Calpurnia a bien d’autres préoccupations. Ce qu’elle aime par-dessus tout, c’est "étudier le monde qui est autour de soi, et essayer de comprendre comment il fonctionne." Bon papa est en cela un excellent professeur, qui l’incite à observer, noter ses réflexions et questionnements, trouver des réponses par elle-même… Certes, il est souvent "absorbé dans ses pensées" mais joue un rôle indéniable dans la vocation de sa petite fille. C’est avec lui qu’elle fera sa première vraie découverte scientifique, c’est grâce à lui qu’elle acquerra la patience et la méthodologie scientifique. Et qu’elle trouvera la force d’affirmer sa différence.
Au-delà des observations naturalistes sur les insectes, animaux et plantes, par ailleurs passionnantes, c’est le destin d’une jeune fille déterminée particulièrement attachante qui se dessine au cours de ces quelques 400 pages. Avec elle et ses 6 frères, nous sommes ravis de voir mises à mal, tout en subtilité, les habitudes sexistes, spécistes et racistes. Coup de coeur de Julie

coup de coeur Au ventre du monde / G. Barraqué. - Ecole des loisirs

Paohétama vit avec son grand-père sur Notre terre, une île qui « pourrait être l’une de l’archipel des Marquises, aux temps lointains, bien avant l’arrivée de l’homme blanc. » Le vie y est très codifiée, grand chef et sorcier sont les garants des traditions et croyances. Mais lorsqu’il est temps de décider de l’avenir de sa petite fille, Grand-père fait preuve d’une habilité et d’une malice redoutable pour faire accepter l’invraisemblable : Paohétama sera dorénavant une fille-garçon qui succèdera à son aïeul maître pêcheur. Elle apprend les secrets de son art, et un plus grand encore, et plus douloureux, celui de la mort de ses parents…
Le roman se joue des frontières. Celles entre filles et garçons ; celles, géographiques qui font que d’une île à l’autre, on parle d’"Autre monde", cultivant la peur et la haine de l’autre ; celle enfin qui transgresse les traditions pour un dépassement de soi, des règles injustes. Paohétama porte courageusement la révolte et, devenant « l’enfant monde », sera porteuse, à plusieurs titres, de réconciliations.
Le style, qui nous met en tête des images merveilleuses de bout du monde, est très agréable, accessible dès 12 ans, et sert un conte initiatique, poétique et envoutant, entre espièglerie et émotions.

coup de coeur Ava préfère se battre / M. Bernard. - Syros. 2013

Ava, 14 ans (presque 15). Future consolatrice de fantômes. Après avoir été mêlée, bien malgré elle, à une affaire de meurtre alors qu’elle était en vacances chez son oncle dans les îles Anglo-normandes (voir Ava préfère les fantômes), Ava doit dans le deuxième tome faire face à un nouveau problème. Si elle a accepté sa différence et son don de voir, comprendre et consoler les fantômes, ceux-ci sont méfiants quant aux capacités de la jeune fille française à faire son devoir : consoler les fantômes des Iles Anglo-normandes et leur permettre de rejoindre l’au-delà et la paix. Ava aura besoin de toute son imagination, d’humilité et de l’aide d’Harald le fantôme viking pour apaiser les dissensions et se découvrir aux autres et à elle-même.
Dans une analyse assez subtile d’une adolescente qui se révèle à travers les épreuves (familiales, amoureuses, spectrales), ce livre offre un récit agréable mêlant roman policier, roman fantastique et roman de vie.
Autre lecture
Ava revient sur l’ile de Jersey avec la lourde tâche de convaincre les fantômes qu’elle peut être un bon consolateur. Elle-même n’est guère convaincue : être consolateur est-il un don ? Faut-il se former à la psychologie, théologie ? Quel est le moyen le plus efficace pour libérer les fantômes et leur faire accepter sereinement leur mort définitive ? Difficulté supplémentaire : être une fille de tout juste 15 ans. Comment dans ces conditions être prise au sérieux par des fantômes morts depuis plusieurs siècles ? Ava a un plan et il faudra toute sa pugnacité et l’aide de son fidèle ami fantôme Harald pour convaincre de sa légitimité.
A ces difficultés stratégiques se greffent une intrigue policière, et des anecdotes sur le spiritisme vécu par Victor Hugo. Un bon tome 2 en définitive avec des psychologies de personnages qui sonnent juste et des réflexions intéressantes sur l’évolution de l’image de la femme à travers les siècles.

coup de coeur Charlotte Corday, tuer un homme pour en sauver 100000 / C. Le Quellenec. - Oskar. - (Les aventures de l’histoire ! )

Pourquoi Charlotte Corday a-t-elle tué Marat ? Ce roman raconte le destin de cette jeune fille, noble mais sans argent, instruite, et surtout très déterminée. 1793, c’est la guerre entre les Montagnards et les Girondins, la terreur s’installe. Marat symbolise, pour Charlotte Corday, la fin des espérances du peuple. Elle décide dès lors de le tuer.
Portrait d’une femme prête à laisser sa vie pour ses idées et ses valeurs. Le texte trop court peut cependant servir à introduire cette grande figure de l’histoire de France.
« Mettre fin à la terreur et à celui qui pour moi l’incarnait, devenait une véritable obsession. J’étais persuadée de l’incapacité des Girondins à contrer Marat. S’ils ne le pouvaient pas, qui mieux que moi était en mesure de le faire ? »

coup de coeur Mon frère, ma princesse / C. Zambon. - Ecole des loisirs. - (Théâtre)

Quand Alyan, un jeune garçon passe sa journée déguisée en fée, toute son entourage est impacté ! Sa mère s’inquiète, son père tâche d’ignorer les faits, sa grand-mère tente de l’arrêter, sa sœur devient bouc émissaire dans la cour de l’école, son voisin tâche de comprendre... Mais jusqu’où le malaise doit-il s’étendre pour que les adultes réagissent ?
Une courte pièce de théâtre, bien écrite, où les scènes sont stylisées par des étoiles. L’auteur nous fait assister à plusieurs naissances. Celle du petit garçon qui s’affirme fille mais aussi celle nécessaire mais difficile de son entourage.

coup de coeur Le cœur n’est pas un genou que l’on peut plier / S. Panet ; P. Penot. - Thierry Magnier

Awa doit passer son bac français cette année. Elle a toujours vécu avec sa famille dans la banlieue parisienne. Mais un jour, contre toute attente, son père lui annonce qu’elle doit rentrer cet été au Sénégal afin de se marier avec un cousin à qui elle a été promise dès sa conception. Il s’agit d’une dette d’honneur, de l’argent ayant été prêté pour faciliter l’installation des parents d’Awa en France. Après le choc, c’est l’acceptation car elle ne souhaite pas être reniée par son père. Mais petit à petit le doute s’installe en elle... Et si un autre choix était possible ? Car la vie à l’occidentale continue à bouillonner autour d’elle : sa sœur répète en boucle sa pièce de théâtre de Molière et veut devenir célèbre, sa meilleure amie surfe sur les réseaux sociaux et sa tante est une femme libre !
Un récit rempli de bruit et de couleurs avec des personnages complexes et attachants. Le sujet est ici traité avec légereté et le dénouement le rapproche du conte de fée...
Autre lecture
C’est la douche froide pour Awa : alors qu’elle s’apprête à passer le bac de français, ses parents lui apprennent qu’ils iront cet été au pays pour la marier. Elle a été promise à un cousin dont le père facilita la venue de ses parents en France. Si elle refuse, elle jettera l’opprobre sur toute sa famille, qui la reniera. Sa tante Dado, très indépendante, veut l’aider, de même que sa petite sœur Églantine qui se destine à une carrière d’actrice. Mais quel plan pourrait bien déjouer ces projets d’une culture qui n’est ni tout à fait la sienne, ni totalement étrangère ?
Un thème grave traité avec légèreté : les dialogues sont très vivants, les personnages attachants et loin de tout manichéisme, le dénouement un peu facile mais peu importe, la problématique est posée. Le texte est de lecture facile et agréable, notamment grâce aux joutes de proverbes africains.

coup de coeur Si tu me tues, je te tue / Djaan. - Oskar. - (Court métrage)

Lola est contente d’aller manger chez sa voisine qui est une très bonne amie de sa mère. Mais la déconvenue est violente : le jeune fils de 10 ans leur souhaite à plusieurs reprise la lapidation… La mère de Lola se donne pour mission de donner une leçon au gamin et surtout à celui qui lui met de telles idées en tête.
Entre conte et fable, ce court récit de 66 pages est un bon moyen d’aborder l’intégrisme et la manipulation.

coup de coeur J’ai décidé / I. Rossignol. - Flammarion. - (Tribal)

Cynthia n’avait réellement pas besoin de ça dans sa vie. Elle qui ne sait déjà pas que faire de sa vie -résultats scolaires médiocres et aucune ambition- apprend qu’elle est enceinte. A l’abattement le plus total succède une prise de conscience du choix qu’elle a à faire. Un choix qui implique de réfléchir à son avenir, à la notion de parentalité -être enceinte et vouloir garder son enfant, est-ce une fuite comme une autre ou un vrai choix responsable- et tout simplement à son identité.
En étant enceinte Cynthia s’interroge sur elle-même, sur la condition des femmes, devient curieuse de la vie, des autres tout simplement. Si le géniteur n’a aucune place dans ses interrogations, Cynthia elle saura enfin qui elle est, ce qu’elle veut devenir.
Le style de la narratrice, très affranchi au niveau de la syntaxe, participe de la description d’une certaine banlieue. Si le propos est un peu didactique, l’intérêt pour la thématique est certain.
Autre lecture
Cynthia, jeune fille des banlieues de 17 ans, découvre après un premier rapport sexuel non protégé qu’elle est enceinte. Que faire ? Que décider ? Au-delà des différents avis donnés par son entourage, Cynthia va découvrir que c’est de sa vie qu’il est question. Son état est révélateur d’un mal être plus profond.
C’est par des rencontres parfois inattendues que Cynthia va être amenée à prendre en charge son existence. Que veut-elle faire de sa vie ? Quel métier ? Quelles études ? Quelle place veut-elle occuper dans la société ? Être une femme est-ce tout accepter ? Faut-il avorter ou au contraire garder le bébé ? De nombreuses questions auxquelles Cynthia devra apporter ses propres réponses.
Un très beau livre sur la construction de soi, très positif en dépit de la noirceur du thème. Car commencer à réfléchir ouvre la voie des possibles. Et, à 17 ans, tout est encore possible... Coup de coeur de Marie C.

coup de coeur Les déchaînés / F. Jallier. - Sarbacane. - (Exprim’)

Contrairement à ce que pourrait laisser supposer le titre et la 4ième de couverture bien trop réductrice, ce récit n’est pas une histoire d’esclaves libérés. C’est un roman riche, complexe mais parfaitement clair dans sa narration. Il est composé de quatre chapitres qui mènent de la Martinique de la fin du XIX siècle à Paris en 2005. Centré sur « l’éternelle répétition » qui pèse sur les femmes d’une même famille, (Man Artémise, 1871 ; Camille, 1943 ; Louisiane, 1974 ; Marie-Jo, 2005) il aborde bien des aspects importants de la vie et de la société selon les lieux et les époques :
- répétition du racisme : le mépris est le même en Martinique qu’à Paris occupé par les nazis en 1943.
- répétition des conditions faites aux femmes : viols de l’esclave, chantages des hommes de pouvoir, règlements de compte expéditifs de l’après guerre… Il met aussi au jour :
- le racisme ordinaire de la société contemporaine
- la nécessité de connaître l’Histoire pour comprendre qui l’on est, d’où l’on vient… ce qui suppose possible l’accès aux livres, à la culture… (illustré par le parcours du père de Marie-Jo)
- l’origine multiculturelle et raciale de la population française.
Chacune des époques décrites est ancrée dans la réalité sociale du moment grâce à une habile utilisation des langues (créole, allemand, vocabulaire de banlieue des années 70…). Le chemin est long de la toujours esclave, malgré l’abolition, de Man Artémise, à Marie-Jo l’écrivaine qui s’adresse à sa mère par mails pour obtenir la levée sur les derniers secrets de famille, nécessaire à son équilibre et qui écrit le livre qui mettra fin à « l’éternelle répétition ». Un roman vraiment passionnant.
Autre lecture
Thibault et Amélia sont inséparables. Les jeux de l’enfance laissent place aux premiers émois amoureux. Mais lorsqu’on sait que Thilbault est le fils du Maître blanc et qu’Amélia est la fille de la cuisinière, en Martinique en 1871, on sent venir les problèmes. Qui s’amplifient lorsqu’on apprend qu’Amélia et Thibault sont frère et sœur… Les deux âmes sœurs sont éloignées, l’une restant en Martinique, l’autre expédié en France.
Deuxième partie, deuxième génération. Paris, 1943, c’est Camille, la nièce de Thibault, que nous suivons avec, à nouveau, une naissance honteuse : celle de Louisiane, fille de Camille et d’un officier Nazi. Pour sauver Amélia, Camille a commis ce qui la rebutait par-dessus tout, en vain qui plus est. Louisiane sera confiée à une famille d’adoption.
1974, Louisiane ne veut rien savoir de son passé et c’est avec Pierrot qu’elle construit sa vie. Ensemble, ils ont Marie-Jo mais le silence entre eux s’épaissit et les conduit à se séparer.
C’est Marie-Jo, 4° génération, qui lèvera le voile sur leur histoire et brisera le silence étouffant pesant sur les naissances.
Écritures variées des différents protagonistes, histoire dense et intéressante qui prouve que qui ne connaît pas son passé est condamné à le répéter. D’où L’éternelle répétition, tête de chapitres… Coup de coeur de Mireille et Catherine

coup de coeur La balade de Pell Ridley / M. Rosoff. - Albin Michel. - (Wiz)

Pell fuit en pleine nuit en compagnie de son petit frère. Elle fuit sa famille, pauvre et rigoriste, son futur mari et surtout une vie de femme au foyer. Mais la liberté a un prix. Et les épreuves sont nombreuses lorsque l’on est une jeune fille, seule et sans recommandation. Lorsque son frère Bean disparaît avec son cheval, une longue quête commence...
Un très beau livre qui parle beaucoup de chevaux, des liens de l’homme avec la nature, de liberté et d’identité. Le début est un peu difficile à suivre mais le livre en vaut la peine ! Pour Jeunes et adultes.
Autre lecture
Au petit matin du jour de ses noces, Pell se glisse hors de la maison familiale et part, accompagnée de son cheval Jack et de son petit frère silencieux Bean. "Prendre la route"… que de perspectives. D’autant que Pell a de solides atouts pour elle : une très bonne connaissance des chevaux et une assurance assez exceptionnelle au vu de sa condition populaire dans l’Angleterre du 19°. Las, les obstacles sont nombreux et Pell se retrouve bientôt seule, à la recherche effrénée de son frère, de son cheval et de son dû.
Cette balade qui confine bientôt à la dérive est au final un entrelacs de personnages, tous liés les uns aux autres pour le meilleur et le pire, qui se quittent et se retrouvent. Chacun vit sa vie mais Pell ne laissera jamais tomber les siens, tout en respectant leur besoin de vie propre. Un beau modèle de femme libre et généreuse, en symbiose avec les animaux, que nous offre ce roman au style léché pour bons lecteurs.

coup de coeur Récolte la tempête / J.-A. Mazaud. - Milan. - (Macadam)

C’est à son tour, il lui faut entrer dans la maison. Mais Ijaz ne veut pas, comme tous les autres précédemment, violer cette femme, il n’en peut plus de cette violence subie et infligée. Alors il fuit, avec la femme, et tous deux arrivent bientôt au pied d’une forteresse. Il lui faudra convaincre pour y pénétrer, lui, l’homme, alors qu’il n’y a que des femmes par delà la muraille. Enfin, à l’abri, il pourra se reconstruire. Une année sera nécessaire pour accepter son destin d’enfant soldat, pour pouvoir enfin accepter une possible reconstruction…
Un style lapidaire pour tenter d’exprimer l’indicible. Mais quoi qu’il en soit, le texte reste pudique, rapide dans les évocations de l’horreur et insiste sur les souffrances des victimes de guerre. Que sont aussi les tortionnaires...

coup de coeur Imago / N. Le Gendre . - Syros. - (Soon)

Neï doit bientôt passer son imago pour devenir enfin adulte. Mais les circonstances sont difficiles : sa sœur et son mari viennent de mourir, laissant derrière eux un nouveau né. Elle va tâcher d’accéder à la fois au statut de sorcière ET de chef de clan. Difficulté supplémentaire : les T’surs, hommes blancs, menacent de s’introduire sur leur territoire, en dépit d’un pacte conclu des années auparavant. Les enjeux sont énormes pour les épaules de Neï car elle est responsable de l’avenir de son clan : le peuple K’awil fonctionne de façon matrilinéaire, les femmes contrôlent le pouvoir. Le père de Neï a déjà fui, Tep représente aujourd’hui un vrai danger dû à sa soif de pouvoir. Les péripéties ne font que commencer…
Un beau roman d’initiation dans un futur intemporel, post-apocalyptique et proche du monde préhistorique. Des maîtresses femmes, en prise avec la jalousie de certains hommes, Neï sera la réconciliatrice. A partir de 14 ans.

coup de coeur Les enquêtes d’Enola Holmes : Metro Baker Street / N. Springer. - Nathan

Voici un roman policier qui nous emmène dans le Londres de la fin du XIXème et dont le héros- détective n’est autre que la petite sœur du célèbre Sherlock Holmes. La Duquesa Del Campo a mystérieusement disparu, même Sherlock Holmes est impuissant : il faudra la sagacité féminine d’Enola pour remonter la piste, en même temps que nous découvrirons le secret de la mère des deux détectives…
Un roman bien construit, pour amateurs d’énigmes et de codes secrets, avec une pointe de féminisme et de coquetterie (ah, les descriptions des toilettes de cette époque !!!) qui lui donne tout son charme.

coup de coeur Un cargo pour Berlin / F. Paronuzzi. - Thierry Magnier

L’histoire commence à Saïda en Algérie et se termine à Tanger, au Maroc. En chapitres alternés -avant (Nour) et maintenant (Youness)- on suit le parcours d’une jeune fille à l’avenir brillant qui s’est laissée séduire par le beau neveu de sa patronne. Enceinte et rejetée par sa famille, elle veut fuir pour l’Europe, déguisée en garçon, avec Tariq, enfant de la misère qui a toujours rêvé de partir pour Berlin. Les deux amis s’unissent pour fuir et rejoignent le flot des harragas qui tentent le voyage vers l’Europe … Un texte court et dense qui décrit avec justesse et pudeur les raisons de leurs tentatives, les conditions du voyage dans les pays de départ et l’attente fiévreuse pour la traversée ou pour une autre vie. C’est un texte clair, documenté, avec une touche d’espoir pour les deux héros qui rendra leurs destins respectifs supportables.
Un roman très attachant sur un thème d’actualité qui délivre de nombreuses informations sans en avoir l’air, que ce soit sur la condition des femmes, l’absence de perspectives, le trafic lié aux voyages… Coup de coeur de Mireille

coup de coeur En attendant New York / M. Perkins. - T. Magnier

New York, le rêve d’un avenir meilleur… c’est pourquoi le père d’Asha et Reet a quitté l’Inde pour tenter sa chance. En attendant, les deux filles et leur mère vivent chez l’oncle et sa famille et la cohabitation n’est pas facile… Pour Reet, la cadette, la difficulté est d’autant plus grande qu’elle est privée de la liberté qu’elle avait jusqu’alors. Plus question de faire du sport, en tant que jeune fille, elle doit "tenir son rang". L’espoir d’une vie meilleure, ailleurs, meurt avec le décès du père. Vient le temps des récriminations -une famille à charge !- et de l’avenir qu’il faut envisager. Asha va devoir accepter le mariage que lui arrange sa famille…
Une description de l’Inde des années 70, avec un regard sur les traditions et le système des castes interdit mais toujours en vigueur. Sur les discriminations entre filles et garçons qui n’ont pas le même accès à la culture, au sport. Mais le personnage de Reet annonce les changements à venir...

coup de coeur Le garçon bientôt oublié / J.-N. Sciarini. - Ecole des loisirs. - (Médium)

On peut avoir des révélation en lisant LE livre, c’est en écoutant une chanson que Toni se sent basculer. Jusqu’alors, Toni était un garçon sans histoires apprécié de tous : par ses parents parce que très sage ; par ses potes parce pas contrariant. Avec cette chanson d’Anthony Hegarty, il comprend que cette sensation de vide, qui ne le quitte jamais, vient du fait d’être mal né. Toni, c’était ce petit garçon auquel il est attaché mais qui dorénavant, n’est plus. Elle sera. Reste à la faire accepter de tous (lui, elle, son entourage).
Un texte très sensible, où la musique a une part importante, qui peut paraître un peu rapide sur ce sujet délicat de la trans-sexualité. Mais le roman se concentre surtout sur la prise de conscience, l’acceptation de soi à soi-même, et pas encore, ou si peu, sur celle des autres.

coup de coeur Un sari couleur de boue / K. Sheth. - Ecole des loisirs. - (Médium)

Leela est une jeune fille indienne de 13 ans, gaie, coquette, un peu gâtée mais elle va bientôt quitter ses parents pour rejoindre sa belle famille alors elle profite de ses derniers instants en compagnie de ses parents aimants. Mais la vie bascule le jour où son futur mari meurt brutalement. Elle appréhendait autant qu’elle espérait cette vie de jeune mariée, l’heure n’est plus à l’imagination, la voici, comme l’exige la tradition, recluse chez elle avec interdiction de sortir pendant un an. Cheveux rasés, bijoux et couleurs interdits, l’horizon est bien noir pour Leela, d’autant qu’à l’issue de cette année de deuil, elle n’aura pas le droit de se remarier puisqu’elle est d’une famille brahmane. Dans son isolement, Leela organise sa résistance, avec l’aide de son institutrice et de son frère, et entame un chemin d’indépendance et de liberté.
Un roman inspiré de l’histoire de la grande-tante de l’auteur et émaillé d’informations sur la vie dans l’Inde du début 20° siècle qui pointe surtout les discriminations entre les sexes, les castes, à l’époque où Gandhiji lutte pour les droits de tous les opprimés.

coup de coeur La jeune fille rebelle / J.-C. Van Rijckeghem ; P. Van Beirs. - Mijade

C’est un roman à l’image de la jeune héroïne Marguerite de Male, plein de vie et de fougue. De violence aussi. Nous sommes au 14° siècle, en Flandre et la jeune fille va devenir l’instrument du règne, du pouvoir. Son père, Comte de Flandre, n’a pas eu d’héritier, il devra marier sa fille au parti le plus avantageux politiquement. Elle ne se voit guère en jeune fille soumise, préfère s’aguerrir aux armes et rêve d’amours romantiques. Ses rebellions ne vont pas être sans conséquences…
Un moyen âge rendu très vivant par les nombreuses descriptions qui n’éludent rien : une réalité crue, la violence des situations, les croyances et superstitions.

coup de coeur La jeune fille à la plume / K. Sturtevant. - Bayard. - (Millézime)

On peut dire que Meg a des idées bien arrêtées : le mariage, pas question, sauf si son mari lui permet d’assouvir sa passion de lecture et d’écriture. Ce qui, fin 17° siècle en Angleterre, n’est pas une close évidente. Même son père, assez libéral, refuse que sa fille affiche ouvertement le fait qu’elle écrit. Mais les idéaux se confrontent à la vie et Meg, aussi rebelle soit-elle, a beaucoup à apprendre, et pas seulement de la littérature !
Le parcours bien mené d’une jeune fille en décalage avec son temps.

coup de coeur Le chaos en marche, livre 1 : La voix du couteau / P. Ness. - Gallimard

Alors qu’approche la cérémonie qui fera de lui un homme, Todd doit quitter précipitamment Prentissville. Cillian et Ben ses parents adoptifs avaient tout prévu, à sa grande surprise. Dans son sac est soigneusement emballé le journal écrit par sa mère morte du virus du Bruit comme toutes les autres femmes quand il était enfant. Mais ses pères lui disent également d’oublier tout ce qui lui tenait lieu de vérité... Il fuit sous la menace du maire de la ville et de son fils et d’Aaron l’homme de religion, celui qui définit le bien et le mal, animé d’une haine farouche…
Dans sa course, il tombe sur l’improbable : une fille, Viola. L’engin spatial qui l’a amenée est détruit, ses parents sont morts, et surtout elle tente d’échapper à Aaron qui l’a déjà trouvée… Todd l’emmène avec lui… Commence alors une fuite éperdue, la traversée d’autres villes que Todd doit absolument prévenir de l’arrivée de l’armée de Prentissville à sa poursuite. En même temps qu’il progresse sur les chemins, Todd découvre les pouvoirs de Viola, les raisons de sa propre fuite, et un monde proche du désespoir… Mais les deux héros s’entraident, se soutiennent, se comprennent malgré toutes leurs différences. Todd est maladroit souvent, observateur toujours, ouvert à tous les signes et les Bruits et les silences de la vie ; courageux, il court encore et encore pour échapper à la haine, à l’embrigadement, à la mort…
Premier tome de la série Le chaos en marche qui aborde en vrac les relations hommes/femmes, la quête d’un idéal, le rapport au pouvoir et surtout le combat du bien et du mal en l’homme. Le récit est particulièrement vif et alerte, les deux héros sympathiques vivent dans un monde nouveau où les mots ont changé, où la communication a changé, où les lois des sociétés ont changé mais où l’innocence et l’amour restent des valeurs qui sauvent les hommes… Nous attendons la suite avec impatience ! Coup de coeur de Mireille et Julie et Florence L.

coup de coeur Et que la nuit glisse sur le bleu de ta jupe / C. Portillo ; H. Pancer. - T. Magnier. - (Photoroman)

Elle s’appelle Bleuet et tout en elle suscite le mystère. Elle est toute jeune, vient d’on ne sait où, ne prononce pas un mot ; elle préfère les photos aux mots. Elle ne quitte jamais sa poule Marilyn, confortablement installée dans son sac à main. Deux poules, chuchote-t-on sur leur passage… Pas de médisances cependant comme il est souvent de rigueur dans ces petits villages, juste une foule d’interrogations teintées d’admiration.
Un jour, en marge de tous ces hommes qui passent dans sa chambre, arrive Tim la Poisse et il se pourrait bien que celui-là ait une place particulière, qu’il sache accrocher le regard de Bleuet, habituellement perdu dans le lointain...
Un univers à part dans le roman pour adolescents, plein de mystère et d’humanité, avec de belle figures féminines.

coup de coeur La prédiction / A. Hoffman. - Gallimard. - (Scripto)

Pluie est la fille de la reine des Amazones, peuple de femmes nomades chevauchant à travers les steppes du nord de la Mer Noire. Leur passion principale est la guerre, les hommes sont leurs ennemis. Elles ne s’unissent à eux pour perpétuer la race qu’à l’issue des batailles, après avoir choisi les meilleurs des guerriers adverses.
Pluie, quant à elle, est le fruit d’un viol. C’est sans doute pourquoi sa mère ne l’a jamais regardée ni touchée. Pourtant, Pluie est destinée à lui succéder. Mais le cheval noir qui hante ses rêves est signe de mort... Pluie deviendra-t-elle reine ? Se laissera-t-elle toucher par des émotions et des sentiments que rejettent les femmes de sa tribu ?
Le mythe des Amazones est ici revisité à travers le destin singulier d’une héroïne attachante, et servi par une langue empreinte de poésie.

coup de coeur La fabuleuse histoire de la mouche dans le vestiaire des garçons / E. Lockhart. - Casterman

Il est de rigueur de faire preuve d’un maximum d’originalité lorsqu’on est en fillière artistique, à l’école d’art de New York. Gretchen regarde tout cela d’un air détaché, sauf lorsqu’il s’agit de Titus. Titus pour lequel elle éprouve un fort penchant... Mais comment déclarer sa flamme lorsqu’on est si inexpérimenté en matière de garçon ? Ah, si seulement elle pouvait se glisser dans le vestiaire des garçons pour en savoir un peu plus sur cette engeance si particulière ! Qu’à cela ne tienne, la voilà transformée, à l’instar du héros de Kafka, en une mouche douée de conscience...
Par le bout de la lorgnette, le monde des garçons se dévoile, derrière les faux-fuyants et la brusquerie ambiante.

coup de coeur La Face cachée de Luna / J. A. Peters. - Milan. -(Macadam)

Liam a le sentiment d’être une fille, mais une fille née dans le corps d’un garçon. Il partage ce secret avec sa soeur Regan dans la chambre de laquelle, chaque nuit, il peut être lui-même, Luna, en se maquillant et en s’habillant en fille. Mais cela ne lui suffit plus : il veut vivre comme une femme et opérer sa "transition", c’est-à-dire changer de sexe. Il lui faut d’abord affronter le monde extérieur et, en premier lieu, ses parents...
Ce roman sensible, parfois drolatique, parfois tragique, est conduit d’une manière si habile qu’il en fait à la fois un documentaire, un récit "cinématographique" riche en suspense et un appel à la tolérance. Coup de coeur de Julie

coup de coeur Pépites / A.-L. Bondoux. - Bayard. - (Millezime)

Bella Rossa a des cheveux et un tempérament de feu. Il faut bien ça pour affronter les "calamités" qui lui tombent dessus à chaque fois qu’elle croit en voir le bout ! Et à l’Ouest des Etats Unis, à la fin du 19° siècle, les calamités ne manquent pas : catastrophes naturelles, condition des femmes, guerre... Ajoutez à cela un père invalide et insupportable, une paire de seins qui se rappelle sans cesse à vous... le tableau est dressé ! Et c’est avec délice (et émotion) que le lecteur, dès 13 ans, devrait se laisser captiver par cette épopée aux héros bien trempés. Coup de coeur de Julie

Et aussi... :


coup de coeur A calicochon / A. Browne. - Kaléidoscope

Madame Porchon est aux petits soins pour son mari et ses deux fils, qui considèrent cela comme un dû. Mais trop, c’est trop ! Madame Porchon rend son tablier et quitte le domicile ! L’intérieur d’un foyer qui se familiarise avec le partage des tâches...
Deux tableaux se font l’écho de ce qui se passe chez les Porchon :
- Le Cavalier riant, 1624 - Frans Hals
- Mr et Mme Andrews, 1750 - Thomas Gainsborough

coup de coeur Elza dans la cour des grandes / D. Levy ; C. Meurisse. - Sarbacane

Ahhh l’adolescence... les grandes questions sur les garçons, les paradoxes qui vont avec, l’attente sans fin d’être enfin sexy un jour, une vrai femme quoi ! Elza traverse cette période de grands troubles avec humour, flegme et finalement pas mal de philosophie. Grandir finalement, ça vient quand on n’y croit plus !

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