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Dernière mise à jour :
dimanche 25 septembre 2016

Mot Clé : Relation au père




Album(s) :


coup de coeur Papa-île, Emile Jadoul, Pastel, 2014

Devenir papa...Même chez les ours, ça donne à réfléchir ! Betty et Jean-Louis vont devenir parents, et Jean-Louis se pose soudain beaucoup de questions : un papa qui ne sait pas jouer au foot, qui ne sait ni bricoler ni plonger, peut-il être un super papa ? Heureusement, Betty saura trouver les mots pleins de tendresse pour le rassurer. Papa-île, papa-cabane...et bien d’autres rôles attendent le futur "super roi des papas", qui protège et donne à voir le monde. Un album très touchant et tout en douceur pour évoquer avec justesse la paternité. Ewa Bochenski

coup de coeur Le ciel d’Anna / S. Hole. - Albin Michel. 2014

Quelle délicatesse dans cet album... Il dit, en creux, l’absence de l’être cher et le monde sens dessus-dessous depuis le décès de la mère. Mais il dit surtout le monde tel qu’il se redessine dorénavant. Et c’est Anna qui va définir les contours de leur réalité, en dialogue avec son père, dans une poésie, une fantaisie et une philosophie qui les réconforteront et leur permettront d’affronter la suite, « comme le chat qui tombe du neuvième étage, qui se retourne en plein vol et retombe sur ses pattes ».
Les illustrations, mélange d’ultra réalisme et de collages foisonnants, reflètent bien cette ambiance -temps suspendu dans une douce mélancolie- entre peine palpable, individuelle et partagée, et complicité renforcée au final. Un album qui met les larmes aux yeux, sans accabler.

coup de coeur Gros chagrin / R. Courgeon. - Talents hauts. 2014

« J’veux plus être noire ! J’veux être blanche comme toi ! » sanglote Noémie à son père dépité. Vite, une histoire pour consoler la fillette et la réconcilier avec son métissage : Boulou, petite chatte noire voit son rêve de devenir blanche exaucé. Mais qui est-elle désormais ? Et comment les autres la voient-ils ?
Les sentiments de la fillette, la tendresse du père, les détails de l’illustration ancrés dans le réel confèrent à cette double histoire un ton très juste.

coup de coeur Attention au crocodile ! / L. Moroni ; E. Eriksson. - Ecole des loisirs. - (Pastel). 2014

« On y va ! On y va ! » s’enthousiasme Tora. Mais papa prend son temps pour préparer leur expédition. « Quel papa ennuyeux ! » Ça y est enfin, ils « arrivent en pleine nature » et l’aventure peut commencer !
Mais papa et Tora ne voient vraiment pas les mêmes choses : la forêt, sous les yeux imaginatifs de Tora, prend des allures de savane où se cachent de surprenants dangers délicieux et multiples. Il leur faudra du temps pour être au même diapason. Le papa ennuyeux devient bientôt « le meilleur papa du monde » !

coup de coeur La contrebasse / S. Henrich. - Kaléidoscope. 2013

Quoi de plus émouvant -mais surtout pathétique- que ces parents qui projettent leur rêve d’enfant sur leur "merveilleuse" progéniture. C’est le thème de cet album grand format traité savoureusement par Stéphane Henrich.
Rémy a visiblement toujours rêvé de devenir un virtuose de contrebasse et croit évidemment que sa fille réussira là où il a échoué. Bien sûr, si les enfants répondaient aux attentes des parents, cela se saurait... Donc au fil des pages nous voyons la petite Charlotte souffrir avec la contrebasse de son père retrouvée dans le grenier, sur fond de discours grandiloquent de ce dernier. Il n’entendra raison qu’après un malencontreux accident survenu au noble instrument. Ce livre est drôle du début à la chute.

coup de coeur Mon père, c’est le plus fort / E. Manceau ; F. Kessler. - Milan

Loup des bois et loup des villes -Frédéric Kessler dessine la ville, Edouard Manceau la campagne- se toisent en vis à vis. Chacun défend son style de vie, d’abord de façon civilisée et bientôt dans une flopée d’injures. Puis ce sont leur rejeton respectif qui vont prendre la relève. De la même manière, la discussion achoppe et se termine en bagarre. Quelle issue possible alors ?
Une histoire qui pulse, entre guéguerre et convivialité retrouvée autour du ventre.

coup de coeur Mon papa est comme ci / S. Beau ; Soufie. - Limonade

En vis à vis, deux petits garçons ergotent : l’un défend les qualités exceptionnelles de son père, l’autre ne reconnait en rien ce qui est l’apanage des pères, des hommes, des mâles. Un papa qui cuisine, ne travaille pas et fait le ménage ? « T’es sûr que c’est un papa, ton papa ? »
La chute, surprenante, prouve que les préjugés touchent les deux sexes et qu’il y a encore du chemin avant que l’égalité homme-femme soit un combat d’arrière garde. Une belle collaboration de deux auteures franc-comtoises, Sandrine Beau et Soufie.

coup de coeur Peau d’âne / C. Perrault, Kochka ; C. Gastaut. - Père Castor-Flammarion

Quel funeste souhait fit cette mère, avant de mourir ! En demandant à son mari de ne se remarier qu’avec plus belle et plus sage qu’elle-même, imaginait-elle ce qui pourrait advenir ? Lié par ce serment, le roi tombe bientôt amoureux de sa fille. Elle échappera à cette union contre nature en fuyant, camouflée par la peau d’un âne très spécial. La princesse devient souillon...
Le conte de Charles Perrault est adapté clairement et fidèlement par Kochka, et mis en images, très léchées, par Charlotte Gastaut.

coup de coeur Avec moi c’est comme ça / N. Brun-Cosme ; M. Le Huche. - Flammarion

Quand maman n’est pas là et que papa s’occupe de Clara, les choses sont différentes : le bain n’est pas assez chaud, la purée trop salée... mais qu’importe, papa a le chic pour faire la différence ! Avec lui, il y a même deux histoires du soir et trois bisous.
Belle relation complice entre un père et sa fille qui réinventent le quotidien du soir.

coup de coeur Le train / S. Santirosi ; C. Carrer. - Oqo

Un moment très privilégié entre un père et sa fille, au cœur de la nuit, face au firmament. La fillette lui raconte son rêve récurrent, avec ce train à bord duquel elle ne peut jamais monter. Comment trouver des réponses rassurantes lorsqu’on est père et que l’on veut protéger sa fille de la douleur ?
Une histoire subtile et métaphorique sur l’absence, celle de la mère, qui ne sera pas atténuée, pas plus que « l’obscurité de la nuit ». Mais le père, comme l’étoile, représente le repère immuable, fiable et rassurant. Celui qui permet de prendre à nouveau le train de la vie. Les illustrations de Chiara Carrer, en collages et crayonnés, véhiculent de fortes émotions.

coup de coeur Louise & la grenouille en robe des champs / M. Majaluoma. - La Joie de lire

On peut dire qu’il donne de sa personne, Victor, pour faire manger la petite Louise. Que de stratagèmes et de déguisements pour tenter de lui faire avaler son repas. Avec force onomatopées pour se donner de l’entrain ! Mais Louise « garde la bouche fermée ».
L’auteur nous gâte avec ces deux petites histoires simples et joyeuses (autre titre : Louise et Victor) : les deux personnages attachants -le père patient et la petite réfractaire malicieuse- nous offrent des scènes désopilantes, avec d’abondants détails dans les illustrations, jusque dans les pages de garde.

coup de coeur Nous les hommes... / C. Voltz. - Rouergue

Lui, c’est sûr, il n’est pas comme ses potes, c’est pas une femmelette ! Lui, il fait pas le ménage, pas la tambouille, pas les courses ! En tous cas, c’est ce qu’il clame devant les amis parce qu’à la maison, la vraie vie l’attend !
Regard tendre et amusé sur un homme qui joue les machos mais se révèle tout à fait heureux dans son quotidien de père et mari attentionné.

coup de coeur Le fil d’Ariane / J. Sobino ; E. Odriozola. - Autrement

Ariane sort de la maison visiblement en colère et peinée. Dans sa poche, elle trouve une pelote de ficelle dont se sert son père pour réparer des marionnettes. Celle-ci se transforme alors en fil d’Ariane qui épuisera sa colère, dans un jeu imaginaire et symbolique, à la fois expression de la liberté de la fillette et lien jamais interrompu avec le père. A la fin de l’après-midi, Ariane pourra retourner chez elle et retrouver son père pour la réconciliation.
Album tout en poésie avec des illustrations fines, épurées.

coup de coeur Comme mon père me l’a appris / Rascal. - Ecole des loisirs. - (Pastel)

“Comme mon père me l’a appris”, leitmotiv qui revient à chaque page, à chaque étape de la chasse au phoque. Tradition respectée à la lettre mais au moment de porter le coup fatal ... “je n’ai pas pu le tuer.” La dernière phrase, “nous sommes tantôt faibles, tantôt forts” résonnera différemment chez chacun des lecteurs.
Un texte fort et sobre sur la transmission d’un père à son fils devenu assez solide pour faire ses propres choix.

coup de coeur Haut les pattes / C. Valckx. - Ecole des loisirs

Billy est censé devenir un bandit... Certes, il a toute la panoplie, pour ce qui est de la motivation, c’est autre chose... Mais il ne doit pas décevoir son père, alors en route et advienne que pourra !
Billy, poussé par les vertus de l’amitié, surprendra tout le monde. Ou comment trouver sa propre voie...

coup de coeur Tous les vendredis / D. Yaccarino. - Didier

Un moment privilégié entre un père et son fils, qui traversent une partie de la ville -et la regarde s’agiter- pour se rendre au café. En tête à tête, chaque vendredi, ils prennent leur petit déjeuner, “pancakes pour tout le monde” et parlent “de plein de choses”.
Une tranche de vie américaine dans le décor, une complicité, qui elle est universelle, entre ces deux êtres heureux de se retrouver et d’avoir leur moment à eux.

coup de coeur Paul Honfleur / Rascal ; Alfred. - L’Edune. - (Empreintes)

Paul, pris en flagrant délit de vol, est interrogé par l’inspecteur Bufka. Le premier n’a jamais connu son père, le second est en passe de devenir papa. Dialogue amorcé.
Texte, illustrations et BD (dans les teintes noir-gris-vert) alternent, l’émotion est palpable à chaque page. Court et intense, très intense...

coup de coeur Mon père en slip / T. M. Le Thanh ; Barroux. - Gautier Languereau

Ce père-là, c’est sûr, n’est pas comme tout le monde. Il aime porter des slips. De soie s’il vous plaît. Et comme ce n’est pas super facile de se trimballer en slip toute la journée sans se faire remarquer, il a choisi un métier qui va avec : catcheur. Mais même s’il chante des berceuses comme En route vers l’enfer, c’est un papa génial qui peut par exemple porter tous les copains du square en même temps. Bon, c’est sûr, des fois, il s’emporte et se bat avec d’autres brutes mais avec lui, cela se termine toujours, après le chaos, par une franche camaraderie ! Ambiance garantie à la maison...
Univers atypique pour une relation père-fils des plus complices que Barroux réussit à exprimer, tour de force, à travers les silhouettes massives des personnages.

coup de coeur La tête ailleurs / A. Bouchard ; Q. Blake. - Circonflexe

Papa a perdu la tête ! Au sens littéral du terme ! Avouez que ses deux enfants et leur mère ont de quoi être embarrassés... Remarquez, la situation a ses avantages : un papa bien docile qui accomplit toutes les besognes et exauce les souhaits, il faut en profiter. Un beau jour cependant, le vrai papa revient, avec toute sa tête, enfin libéré de ses soucis professionnels.
Adultes préoccupés, stressés... Les deux auteurs rivalisent d’humour pour dédramatiser le sujet auprès des enfants qui arriveront même à rire de la situation.

coup de coeur Le nid / Zidrou ; D. Merveille. - Rouergue

De la sortie de l’école au lendemain matin, une bulle enchantée : un texte minimaliste, et, pleine page, des scènes de vie familiale privilégiée. La métaphore du nid pour évoquer le cocon familial, dans une vision un peu idyllique mais qui n’exclue pas les cauchemars de la nuit. Tout va bien, papa veille... Un album rempli d’amour où le papa tient une place prépondérante.

coup de coeur Guili Lapin / M. Willems. - Kaléidoscope

Une histoire de doudou perdu, oublié au lavomatic par un tout jeune papa. Trixie, propriétaire de l’objet chéri - ici un Guili lapin- a encore quelques difficultés à se faire comprendre par son géniteur... Heureusement, les mamans sont là !
Album drôle, dynamique, autant dans le texte que dans l’illustration, très originale : les personnages, dessinés façon BD, évoluent sur un décor de photos.

coup de coeur L’ arbre à Kadabras / M.-S. Roger ; V. Hié. - Casterman. - (Les albums Duculot)

Ce n’est pas une formule magique mais plus une invitation au monde magique. L’arbre à Kadabras de Tom se trouve dans un jardin fantastique. Un jardin comme nulle part ailleurs, planté d’arbres à Papa. Mais un matin de nuit, un petit mot a dit : "...mon petit lapin, je te confie le jardin..."
Son papa est loin alors Tom en prend soin, car ce jardin abrite des arbres étranges ... On y trouve des outils farfelus comme le soupiroir pour soupirer ou l’épluchoir à fourmis mais surtout le grand caillé avec ses feuilles à carreaux, l’arbrizou pour les bisous sans joues et bien sûr l’arbre à Kadabras qui peut faire revenir les gens, même les papas.. Il a des fruits particuliers, approchez-vous pour les découvrir...
Nous sommes dans un monde de poésie où les saveurs se mêlent aux couleurs de la magie. Une bien belle histoire faite de mots en forme d’images et d’humour qui rime avec amour.

coup de coeur Toc ! Toc ! Qui est là ? / S. Grindley ; A. Browne. - Kaléidoscope

Des créatures effrayantes se pressent à la porte de la petite fille qui attendait tranquillement au lit que son papa vienne lui raconter une histoire. La pauvre a une mine qui se décompose au fil des pages... mais sera bien soulagée de découvrir que derrière le gorille, la sorcière, le fantôme... ne se cachait que son "bon papa câlin."
Une randonnée qui joue sur la complicité du père et de sa fille et qui sollicite la perspicacité du lecteur.

coup de coeur Monsieur Monstre / J. Sage ; R. Ayto. - Kaléidoscope

Un père et son fils jouent à se faire peur. Et pour créer l’atmosphère adéquate, il faut bien sûr toute une panoplie de sonorités inquiétantes...

coup de coeur Quand papa était petit / V. Malone ; A. Bouchard. - Seuil

Quand papa était petit, pour un enfant, c’est la préhistoire... C’est d’ailleurs le registre qu’a choisi A. Bouchard pour illustrer les observations du fiston sur son père. Cela donne lieu à un catalogue de délires anachroniques, prétexte à fustiger les excès de la société de consommation.
Un album grand format à la (dé)mesure du monde des dinosaures, qui enchantera les préadolescents comme les adultes.

coup de coeur Tu peux compter sur ton papa / M. D’Allancé. - Ecole des loisirs

Inquiétude de petit ours lorsqu’il passe sur un pont avec son père : Et si je tombais à l’eau ? Il sera vite rassuré par l’amour indéfectible du père qui est prêt à affronter tous les dangers éventuels pour son fils. Mise en page humoristique et efficace pour rassurer les petits.

Roman(s) :


coup de coeur La fille de l’hôtesse de l’air / C. Beigel. - Sarbacane. 2014

Marilou est en colère. Alors qu’enfin, à 14 ans, elle allait rencontrer son père, voilà que l’impensable se produit : il décède soudainement, ne laissant à la jeune fille que son manque. Mais l’enterrement sera l’occasion de grands bouleversements pour Marilou... Un court roman qui évoque avec justesse la douleur de ne pas pouvoir connaître son père. L’impuissance de Marilou se traduit par une grande agressivité notamment envers sa mère et ses choix de vie. La vie réussira-t-elle à les réconcilier ?

L’écriture coupante, les phrases courtes, moulent la fureur et le dépit de l’adolescente. A la difficulté de communication fille mère, se superpose l’empêchement de se construire autour de l’absence irrémédiable du père.

Un livre beau et positif qui contourne l’impasse en proposant une autre voie : la reconstruction à partir des traces. La couverture représente bien le contenu du livre. L’évocation sur la quatrième de couverture de la résonance du récit avec "Vendeur de rêves" n’empêche en rien une lecture indépendante du livre. Marion Uteza

A partir de 13 ans

coup de coeur Belle gueule de bois / Pierre Deschavannes. - Rouergue (doado), 2014

Parce qu’il s’inquiète pour lui et refuse de l’abandonner, Pierre a choisi de vivre avec son père après la séparation de ses parents. Tous les deux habitent une maison froide et loin de tout. Le froid, Pierre le ressent au quotidien et le transcrits son journal : son père boit, tous les jours et parle peu. Les rôles sont inversés, le fils veille et protège son père. La honte surgit aussi lorsque tous les deux rencontrent les camarades du collège. Roman âpre, illustré de dessins noirs qui renforcent le malaise. Grands lecteurs. Marie Chaillet

bazar

Pierre a un très fort désir de liberté. Il recherche l’envol et ressent la tentation des chemins de traverses. Son ancre ? Son père avec qui il vit seul dans les bois. S’il est alccolique et drogué, c’est aussi pour l’adolescent un modèle, par sa forte présence, presque animale... Récit d’une relation hors norme, le texte nous offre un regard différent sur la vie. Il y a le rejet de la norme et des contraintes que représentent l’école et la société. Mais aussi l’image du "papillon autour de l’ampoule" qui marque à la fois un mouvement centrifuge et centripète avec l’attrait pour l’extérieur et la recherche d’un ailleurs. bazar3

Un beau texte sur l’impossible équilibre entre la fidélité, la peur et l’envie de partir. Les dessins de l’écrivain ne font qu’un avec le texte. Coups de stylo noir qui s’entrecroisent et semblent checher eux-aussi à s’extirper de la page. S’il est difficile d’évaluer un texte aussi personnel, il est important de signaler la beauté de la poésie des mots et des lignes comme des bouteilles à la mer. Marion Uteza

Un roman sur l’alcoolisme. Mais pas que. Un roman sur la difficulté d’être père, parent, dans un monde compliqué. Car qu’est-ce qui est noir, au final ? L’alcoolisme du père ou la difficulté d’élever un enfant seul dans un endroit complètement isolé ? Les illustrations, qui ne sont pas sans rappeler celles d’un certain Manu Larcenet dans Blast, pourraient plomber un récit déjà lourd, cru, sans faux semblant et en cela, terriblement vrai. Mais elles s’imbriquent dans le texte, le font autre et le font plus puissant et plus lisible, aussi. Ce livre ne nécessite aucun mot en plus, aucun gribouilli en plus, il est parfait ainsi dans sa simplicité et sa justesse. Juliane

A partir de 15 ans

coup de coeur Au bout du voyage / M. Rosoff. - Albin Michel (Wiz). 2014

"Il ne faut jamais s’allonger dans la neige "

Mat a sauvé Gil, son copain d’enfance qu’il avait entraîné dans une escalade périlleuse. Devenus adultes, ils se considèrent toujours comme liés même si la vie les a depuis longtemps séparé. Lorsque Mat disparaît mystérieusement au moment même où ils avaient prévu de se retrouver, Gil décide de partir malgré tout, accompagné de sa fille Mila.

De Londres à New York, puis à l’intérieur de l’Etat de New York, Mila tente de relever les indices permettant de retrouver Mat. Son flair hors du commun et sa grande capacité à agencer les réseaux de signes, font de la jeune fille un détective hors du commun. Et pourtant... le chemin pris par Mathew et même son profil restent flous. Que s’est-il passé dans sa vie pour qu’il souhaite soudain disparaître ?

Un roman qui remue les tripes. Sous une apparence froide, clinique, le récit formé des impressions de Mila et de ses conclusions, nous attrape et nous amène à réfléchir sur nos propres choix de vie. Les rares dialogues sont fondus dans le texte donnant le sentiment que l’histoire est racontée par un aveugle. Mila n’a pas les clés nécessaires pour décrypter cette énigme en forme de mille feuilles et pourtant... L’ auteur dessine à travers l’exploration d’un monde, celle de l’homme en fuite. Il invite le lecteur à marcher côte à côte de son héros, du même pas hésitant, pour tenter se saisir furtivement une réalité dense et complexe.

Meg Rosoff semble inciter le liseur à ne pas juger l’homme en fonction des traces de son passé, à lui offrir une dernière chance, quelle que soit l’issue qu’il décide de donner à l’histoire. Un texte fort sur les liens, le pardon... l’homme dénudé.Marion Uteza

A partir de 13 ans

coup de coeur Coup de Meltem / S. Baffert. - La Joie de lire. - (Encrage), 2014

Un malaise et la double nouvelle, comme une petite apocalypse : Virgil apprend qu’il est atteint de la maladie du cœur de verre, et par la même occasion qu’il est né par procréation artificielle, grâce à un donneur de sperme lui-même malade. "Tout est devenu suspect" Les questions affluent, entre colère et terreur : comment vivre avec cette maladie ? Comment considérer son père ("Qu’est ce qui fait qu’un père est un père ? Son désir de l’être ou quelques mililitres de sperme dans un tube de verre ?") ? At-il des frères et sœurs ? Qui est-il ? Il est contacté par l’institut à l’origine de la procréation artificielle malheureuse pour des "examens croisés sur plusieurs d’entre eux". Il y voit l’occasion de trouver quelques réponses à ses questions. Et c’est son père qui l’accompagne. Le biologique conserve son identé secrète, avec ces seuls indices : GCP. Pour "Grosse Couille Pourrie" ou "Grand Caucasien Proportionné" ? Avec sa demi sœur Meltem et 2 de ses demi-frères, et son père découvert sous un nouveau jour, il apaisera sa colère et son désarroi. Et comprendre qu’on leur "a transmis une maladie mortelle : la vie" et qu’il ne reste qu’à la vivre pleinement.

Le roman se déroule aux Etats-Unis, avec une législation sur la PMA différente de la nôtre. Il donne à réfléchir aux problématiques liées, avec une note finale, mais invite surtout à vivre pleinement Julie Feuvrier

A partir de 15 ans

coup de coeur Après la peine / A. Kalouaz. - Rouergue. - (DoAdo). 2014

Ludovic, 16 ans, lycéen, assiste un matin avec étonnement et incompréhension à l’arrestation de son père pour escroquerie. A son retour, trois mois après, ce dernier lui propose une échappée en tête à tête à travers les Cévennes, tout en lui promettant de lui expliquer enfin les raisons de son geste.
Ce hors temps partagé sera principalement celui du dévoilement et de la rencontre. Un moment d’échange privilégié dans la relation père fils. Celui d’une histoire personnelle mais aussi de la grande histoire, celle d’un pays et de ses habitants. Un enracinement offert en forme d’héritage.
L’écriture de ces retrouvailles m’a touché car le texte est beau. Il oscille entre nostalgie et poésie tout en offrant une réponse inattendue aux questions du jeune homme. A travers ce récit étrange, l’auteur nous amène à nous interroger sur nos choix de vie, l’importance des combats qu’il reste à mener. Un très beau livre.
« - Tu as perdu ta langue ? a demandé papa.
En fait, j’avais cru perdre mon père, le matin où la police avait débarqué à l’aube, puis lorsqu’il était parti avec eux, et que nous étions restés, la porte ouverte, sans comprendre. Dans l’instant, à lui qui revenait vers le bonheur, je ne pouvais pas dire que j’avais perdu bien plus que ça. Des mots, des émotions, des accolades tendres.
 »

A partir de 15 ans

coup de coeur Billie H. / L. Atangana. - Rouergue (DoAdo). 2014

Il ne faut pas la chercher, Eleanora, ou les réparties fusent ! Sa maitresse tout d’abord, sa tante, les hommes en font les frais, ce qui n’empêche pas Leanora de se prendre des coups. De ces coups durs qui pourraient briser un être mais il y a quelque chose chose chez cette fille, entre détermination et assurance farouche, qui la maintient debout. Cette petite Leanora, à force de croire en son talent, deviendra celle que l’on connaît sous le nom de Billie Holyday.
C’est donc son enfance, jusqu’à la promesse de son premier enregistrement, qui nous est racontée ici, dans un style oral donnant à entendre les gens de la rue dans le Baltimore des années 20. Quelques tournures répétitives finissent d’ailleurs par agacer (“Sûr que”…) mais ce que l’on retient surtout, c’est la force de résistance de cette jeune fille qui encaisse mais ne succombe jamais.
Autre lecture
Récit qui retrace la vie de Billie Holiday, reine du jazz.
1920, Etats-Unis, Eleanora ne connait pas son père musicien, elle tente de survivre avec sa mère dans le quartier noir de Baltimore. Elle ne tarde pas à quitter l’école et connait la misère suite au licenciement de sa mère. Passionnée de musique, elle chante et vit à cent à l’heure. Sa beauté fait d’elle aussi une proie que son tempérament de feu ne suffit pas toujours à protéger. C’est alors qu’elle décide de tenter sa chance dans les cabarets, espérant y retrouver son père...
Le conte de fée intéresse modérément l’auteur qui préfère nous décrire la lutte pour la survie et la rage de Billie qui continue à se battre. Il lie ainsi la qualité de sa voix et la densité de son chant à sa traversée de la vie. L’écriture est fragmentée en petits impacts qui décrivent la course de Billie vers sa passion, le chant. Un très bel hommage à cette magnifique chanteuse.
« Cette gosse avait à peine dix-huit ans. Elle chantait avec la maturité d’une femme de trente ans. Sa voix avait vécu et connu la douleur, l’amour, l’espoir, la déception. Une voix dans laquelle vibraient l’épaisseur et la complexité de la vie. Sans illusions. Sans amertume, non plus. »

A partir de 13 ans

coup de coeur Ma tempête de neige / T. Scotto. - Actes sud. - (D’une seule voix). 2014

Étudiant, Zacharie a 19 ans, l’âge où l’on se fout à poil sur les comptoirs de bar... Mais il attend, avec Katell, un enfant qui le rend fou de joie, d’impatience, d’espoir. Ces quelques 60 pages disent leur rencontre amoureuse et leurs premiers doutes, levés par une évidence : ils souhaitent de tout cœur l’arrivée de ce bébé (« Ce soir là, on s’est fait l’amour avec deux corps qui avaient toutes les réponses »). Pas encore né, cet enfant a déjà l’âge de leurs attentes et désirs.
Un roman pour lycéens et au-delà.
Autre lecture
Un jeune homme de 19 ans parle à son bébé qui va naître. Il évoque sa rencontre avec Katell, âgée de vingt quatre ans et les liens qu’ils ont tissés et qui les ont amenés à choisir de garder l’enfant. On entend son amour pour cet enfant qui est déjà là dans son esprit, mais aussi les doutes de son entourage. 19 ans n’est-ce pas trop tôt ? Surtout quand on est étudiant... Mais le futur père n’a aucun doute, il a "confiance".
Un texte de la collection d’une seule voix, "des textes à dire, à partager avec soi et le monde". Un hymne à la vie que l’auteur porte avec joie. Un joli texte au final...
« Tu vas naître et... putain tu vas naître...Tu vas naître et, pour moi, t’auras déjà tout ce passé là. Impossible à raconter. Des déroulés de secondes rien qu’à toi. Ton aventure intérieure. Et moi, dans tout ça, "déjà" je suis ton père ? Avant que tu arrives ? Oui c’est ça, forcément. C’était "déjà" certain dès qu’on t’a vu sur l’échographie de la première fois, de toute façon. C’était y a longtemps maintenant mais, sur tout l’écran, il n’y avait bien que toi. »

coup de coeur Bras de fer / J. Bourgine. - Sarbacane. - (Exprim). 2013

A chacun de ses anniversaires, Julian tente de battre son père au bras de fer. Une victoire lui apportera la moto promise ! Le jour de ses 17 ans, rien ne se passe comme prévu et c’est un combat d’un autre ordre qu’il va devoir mener : privé de son bras dans un accident, il tente de construire son avenir, de conserver son rêve de devenir graphiste. Mais très vite, il se laisse submerger par les dépendances en testant toutes sortes de drogues.
« On n’arrête pas une bille de plomb à mi-hauteur de la baignoire »... Malgré le soutien sacrificiel de Leïla, malgré les opportunités qui se présentent, Julian sombre.
Julian est un personnage qui a de la chance. Leïla l’aime inconditionnellement malgré toutes les horreurs qu’il lui infligera ; mais cette force qu’il pourrait puiser auprès d’elle n’est rien à côté de ce père dont il espérait la reconnaissance. Ce père droit dans ses principes et son orgueil ne sait comment faire un pas vers son fils. C’est encore Leïla qui réussira à le faire fléchir, pour Julian.
Même le voisin aveugle et intrusif, qui prônait la réserve, se laissera attendrir par cette force de bonté qu’est Leïla. Tant d’amour, tant de tendresse peuvent-elles lutter contre la violence du monde ?
Un roman pour jeunes adultes bons lecteurs.

coup de coeur Mon plus grand combat / F. Jallier. - Sarbacane. - (Exprim’). 2014

Tara n’a qu’une ligne directrice dans sa vie : « combattre, réussir, vaincre ». Pas de place pour autre chose que les entrainements, les combats. La boxe et rien d’autre. Voilà ce que nous martèle la narratrice, d’origine italo-libérienne, dans une première partie où le doute n’a pas droit de cité.
Mais Tara commet l’irréparable aux yeux de Freddy son seul ami et ce dernier lui sort ses quatre vérités. De quoi mettre Tara au tapis. KO sur le ring, KO dans sa vie, Tara ne sait plus qui elle est, ce qu’elle vaut, ce qu’elle veut devenir.
La seconde partie sera celle d’une errance, d’une remise en cause sous la coupe d’un énigmatique garçon de salle…
Un style nerveux pour une héroïne en recherche d’elle-même, dommage que cet homme étrange prenne les traits d’un sauveur prédestiné, enveloppant la fin du roman d’un soupçon d’invraisemblance...
Autre lecture
C’est l’histoire de Tara, jeune fille qui ne vit que pour la boxe depuis ses 7 ans. Peu d’amis, un père italien dont le grand regret est de ne pas avoir eu de fils, une mère complétement soumise, deux sœurs jumelles jalouses de l’attention que Tara attire sur elle : tel est son quotidien.
Tous les choix de sa vie sont marqués par la confrontation : je l’affronte ou je ne l’affronte pas. Son objectif est d’arriver à trouver le coup parfait qui mettra son adversaire KO : le one shot. Jusqu’au jour où elle perd un combat et tombe dans le coma trois jours. Elle ne peut expliquer cette défaite et remet alors sa vie en question.
Dans la première partie du livre, Tara est une espèce de machine : insensible, froide, arrogante, son seul ancrage est la boxe. Mais elle change radicalement après sa défaite. Tout son monde est remis en question. Elle devient alors presque l’opposé de ce qu’elle était.
La transition est abrupte, radicale ; ce personnage froid, arrogant, avec un mental de fer devient un personnage plus « classique », dommage.

coup de coeur Un de perdu / G. Abier. - Sarbacane

D’un côté il y a Enzo, 12 ans, qui a des preuves quotidiennes qu’il encombre ses parents. En réalité, pas tant que ça puisqu’ils s’en débarrassent (à la bibliothèque, à l’école…) à chaque fois qu’ils ont envie d’une escapade amoureuse. De l’autre, il y a Mélanie dont le fils a disparu dans la rue, il y a 5 ans, et qui n’a jamais renoncé à l’espoir de le revoir un jour. Leur chemin peuvent-ils se croiser ?
Une histoire forte, bien qu’un peu rapide et dressée à grands traits, parce qu’elle interroge le manque, le besoin d’amour, la nécessité de se raccrocher à la vie.

coup de coeur Un lézard amoureux / A. Cousseau. - Rouergue. - (DoAdo). 2013

Prosaïquement récit d’une "première fois", Un lézard amoureux est beaucoup plus que cela. Il évoque par petites touches très sensibles et poétiques la belle relation d’un fils avec son père, une amitié qui rien ne pourrait venir ternir, la découverte de la mort, la peur de dire l’amour...
Aucun évènement extraordinaire dans ce roman mais une façon de voir et de vivre les choses en profondeur qui leur donne un sens tout particulier. Et l’on se laisse bercer par la douceur qui se dégage des êtres et par l’écriture concise et puissamment évocatrice.

coup de coeur Ma tante est un cachalot / A. Provoost. - Alice. - (Deuzio)

A l’âge où elle croit encore aux légendes et créatures magiques, Anna se voit soudain confrontée à la violence du monde réel. Lorsqu’elle fait la connaissance de sa cousine Tara, elle ne voit en elle qu’une gamine capricieuse, revêche, fermée aux autres et curieusement collée aux basques de son père. Mais son comportement étrange l’intrigue, de même que, bientôt, son insistance à rester de plus en plus souvent chez Anna. Un drame va accentuer encore toutes les tendances de la petite fille. D’indices troublants en confidence à demi-mots, Anna comprend le terrible secret de sa cousine. Comment lui venir en aide ?
Le récit ne trouve pas sa résolution dans la mise au jour de l’inceste. Il traite tout autant de notre difficulté à affronter la violence qui nous entoure. Refuser de voir, éluder, travestir la réalité, mourir... nos capacités de fuite sont légion. Mais celle de résilience également, et les baleines joueront en ce sens un rôle majeur…
Les personnages bénéficient d’une finesse et d’une compréhension qui évitent tout manichéisme. L’auteure a su rendre la difficulté d’interprétation de l’enfant qui s’étonne de certains comportements, pressent des dysfonctionnements mais ne possède pas les clés pour les interpréter. On ne peut être aussi indulgents envers les adultes qui, longtemps, restent bien défaillants...

coup de coeur Je suis sa fille / B. Minville. - Sarbacane. - (Exprim’). 2013

Il a toujours transmis à sa fille une grande confiance en la vie et lui a appris à avoir un regard généreux sur les autres, à choisir la liberté, toujours. Aujourd’hui, il est sur un lit d’hôpital entre la vie et la mort, parce que le braquage qu’il a maladroitement tenté a mal tourné. Quant à savoir comment il en est venu à une telle extrémité, Joan a sa petite idée, fermement décidée à retrouver celui qui l’a détruit, dans un harcèlement méthodique sur son lieu de travail. Épaulée par son meilleur ami Hugo, puis accompagnée ensuite par Blanche si forte et si poignante, elle part sur la route de la vengeance. Mais en chemin, il faut VIVRE, rendre hommage à ce père exceptionnel. Le voyage oscille ainsi entre bouffées de rage et de haine et moments rares de partage complice : « Imaginer que je souhaite la mort de quelqu’un… c’est absurde. Se servir d’un putain de flingue ! (…) Mais dès que je revois son visage éteint… les électrodes, les moniteurs autour de son corps… dès que j’imagine toutes ses souffrances et sa détresse, je bascule. » Quel choix fera Joan devant le bourreau de son père ?
Ce premier roman offre de vrais passages bouleversants, des personnages extrêmement attachants, nous suivrons Benoît Minville avec un intérêt certain !
« Rien n’est écrit, tout est à faire. On va le vivre, notre grand chemin, et à notre sauce. Avec nos rêves, nos faiblesses, et on en sera fières. »
Autre lecture
Lessivé par son entreprise et rejeté par la société, le père de Joan finit à l’hôpital dans un état inquiétant. Sa fille décide de traverser la France pour obtenir vengeance en tuant le grand patron de la firme. Le roman retrace le périple effectué avec Hugo son meilleur ami et la voiture qu’il emprunte à son frère. Chaque halte est l’occasion d’aventures mais aussi d’une réflexion sur la vie et la société.
Roman initiatique qui pose la question des idéaux dans la société moderne. Est-il possible de rester positif et de garder ses rêves intacts ? Quels choix nous laisse la vie ? De beaux passages dans ce récit un peu déjanté mais percutant sur la jeunesse d’aujourd’hui et le monde qu’il hante.
« Je n’arrive plus à m’imaginer une vie normale.
- Elle ne sera plus, tu sais. C’est vrai. Elle sera différente, mais elle sera ce que tu as envie d’en faire. J’espère que je ne vais pas te choquer, mais je veux dire qu’elle sera...extraordinaire. Tu comprends ? Elle n’aura plus jamais rien d’ordinaire, quoi qu’il advienne. »

coup de coeur L’ âme emmurée / F. Woets. - Oskar. - (Fantastique). 2013

Alix vit depuis peu dans un manoir qu’elle déteste. Grand, froid, impersonnel, il s’y passe en sus des choses étranges : du sang coulant des murs, des respirations venues de nulle part, Alix est tétanisée et ne peut se confier ni à son père glaçant et hautain ni à sa mère neurasthénique. Heureusement elle s’épanouit à l’extérieur, au conservatoire avec son violoncelle. Elle se lie d’amitié avec Rozenn et Samy qui lui ouvrent les portes de la légèreté et de l’amitié. Et elle en aura bien besoin lorsque les évènements étranges deviennent angoissants.
Le roman flirte avec le fantastique avant de laisser libre cours à la vengeance ; il montre un monde huppé où les sentiments n’ont pas droit de cité, montre également qu’on peut s’ouvrir au partage, par le biais de la musique.

coup de coeur La fille qui n’aimait pas les fins / Y. Hassan ; M. Radenac. - Syros. - (Tempo). 2013

Une belle histoire de transmission entre trois générations, mais surtout une rencontre : celle de Maya, une adolescente vive et amoureuse des livres, et de Manuelo l’écrivain. Des liens très forts se tissent entre eux... Un secret de famille se cache derrière cette histoire de livres que l’on écrit, que l’on lit et que l’on partage. Un livre agréable à lire et des personnages attachants.
Autre lecture
Maya adore lire sauf les fins de romans : elle interrompt donc sa lecture quelques pages avant l’issue. Elle n’aime pas non plus les bibliothèques car elle aime posséder les livres. Mais, budget oblige, sa mère l’inscrit à la bibliothèque de son quartier et Maya y trouve un autre intérêt que les livres eux-mêmes : un vieux monsieur charmant avec qui discuter. Tandis que Maya raconte son plaisir à rencontrer Manuelo, des chapitres alternés donnent voix et identité au vieil homme...
L’histoire d’une jeune fille qui reprend confiance après la mort de son père et s’épanouit dans l’univers des livres. Loin d’être une échappatoire, la lecture lui ouvrira bien des horizons...

coup de coeur Le marchand de souvenirs / G. Biondi. - Oskar. - (Fantastique)

Pouvoir acheter des souvenirs jamais vécus. Un rêve pour Antoine. Il pense d’abord à des vacances à la mer dont il a toujours voulu. Et ça marche ! Le vendeur sera-t-il ensuite capable de lui fournir des souvenirs de son père qu’il n’a pas connu ? Et la mère d’Antoine que souhaite-t-elle ?
Un court roman intense qui éveille l’imagination et apporte au jeune Antoine comme au lecteur un brin de nostalgie et d’espoir...
« Ecoute-moi Antoine, je vends à chacun les souvenirs qui lui manquent. Toi, ce sont les souvenirs avec ton papa qui te manquent. Mais qui te dit que les souvenirs avec cet homme manquent à ta maman ? »

coup de coeur Confessions d’un apprenti gangster / A. Cendres. - Sarbacane. 2013

Un fils de gangster est-il destiné à être gangster ? En quelques 90 pages, le narrateur raconte son enfance et les visites à Fleury ; les premières tentations d’une vie de gangster ; la raison, un temps, pour mieux retourner à ses errances... Et enfin, la découverte de la trahison et la vengeance chevillée au cœur. Jusqu’au coup qui tourne mal : ses complices n’ont rien trouvé de mieux que de kidnapper la fille du commissaire, son amie d’enfance qui plus est…
Un héros qui compose avec le poids d’une famille atypique et se débat contre les injustices de la vie, afin de trouver son propre chemin, loin de toute influence, si ce n’est peut-être celle de l’amour ?
Autre lecture
Fils d’un truand célèbre, un jeune garçon est persuadé de devoir lui aussi finir mal. Reconnu par une jeune fille kidnappée, il se voit sommé de raconter son parcours. Et c’est à partir de fragments de vie, parfois comiques avec notamment la galerie des oncles, parfois poétiques avec par exemple une belle scène père fils à la mer, que l’action avance, que les morceaux du puzzle se mettent en place, renforçant ainsi la dimension policière du livre.
Comment a-t-il pu se retrouver dans cette situation pour le moins rocambolesque ? Et surtout trouvera-t-il une issue ?
Récit court et décalé de la vie d’un fils de gangster, on découvre un monde, on rit, et l’intrigue progresse efficacement. Un livre agréable et facile à lire qui m’a très agréablement surpris !
« Pour me garder après l’école, on pouvait compter sur mes oncles, et j’en avais plein. Des grands, des petits, des gros, des tout maigres et même un Noir ! Mes oncles étaient vraiment gentils avec moi, à les entendre répéter qu’ils étaient les "frères" de mon père, moi je croyais que c’était pour de vrai... Jusqu’au jour où la maîtresse nous a demandé de faire un dessin de notre famille. J’ai représenté ma mère entourée d’hommes, et quand la directrice, alertée, m’a demandé qui étaient tous ces gens, j’ai répondu :
- Mes oncles, les frères de mon père.
 »

coup de coeur L’ envol / R. Rossetti. - Albin Michel. - (Wiz). 2013

« Rien ne compte davantage qu’une vie » pour Frenenquer, c’est pourquoi elle ne peut faire autrement que de sauver ce chat enfermé en cage dans le souk, contre l’avis et la colère de son père. Et il lui faut une grande détermination et un courage inédit, tant est importante l’emprise qu’il a sur elle. Il l’a façonnée selon sa volonté, lui impose un nombre de règles infinies pour qu’elle agisse et pense selon l’image qu’il a d’elle. Frenenquer étouffe...
L’atmosphère est aussi suffocante que l’héroïne -et narratrice- est froide, distante, sèche. Mais un noyau de révolte croît en elle, qui se développera aux côtés de Sangris, ce chat capable de prendre forme humaine, de voler, d’emmener Frennen loin, très loin... Car il est une Libre créature et va la guider sur le chemin de l’émancipation... Avec lui, elle va découvrir la liberté, et sentiments honnis et redoutés, l’affection et la sensualité.
Les deux personnages sont atypiques, l’une n’accédant pas à son identité propre, l’autre incarnant la liberté infinie, mais sans contours pour délimiter sa forme. Tout deux souffrent d’un manque d’ancrage, jusqu’à leur rencontre salvatrice...
Un premier roman à découvrir !
Autre lecture
Frenenqer vit dans une oasis. Son père tient à faire d’elle une fille parfaite. Ses obligations tournent principalement autour de l’idée qu’elle doit, en tant que femme, se faire oublier. Devant l’impossibilité de satisfaire ce père tout puissant, la jeune fille s’étiole. Dans une de ses rares périodes de rébellion, elle sauve un chat, qui se révèle être un Être Libre, capable de toutes les transformations et déplacements. Pour la remercier, il l’amène voler et découvrir le monde... Mais ces échappées ne sont toujours que temporaires...
Conte allégorique sur l’enfermement et la manipulation. Le récit est tout à la fois poétique et fantastique, ce qui en réalité renforce le côté terrible de cette éducation où il n’est même plus possible de respirer. J’ai autant apprécié la description de l’Oasis et des autres mondes que cette allégorie de l’étouffement. Un livre à part, beau et terrible à la fois.
« Mon père m’a dégoté des règles de conduite aux quatre coins de la planète. Tout et n’importe quoi, du moment que ça lui semble raffiné. Demande pardon s’il t’arrive de frôler quelqu’un : ça, c’est canadien. Affecte la timidité : ça c’est thaïlandais. Ne souris pas aux hommes : ça c’est une des règles de l’Oasis. Non que je sois contre les bonnes manières, ou que j’aspire à la vulgarité et à l’ignorance... »

coup de coeur La vie est belle / C. Léon. - La Joie de lire

Le livre s’ouvre sur un suicide, celui d’un homme ne supportant plus le harcèlement sur son lieu de travail. Il se poursuit, en un temps disséminé, sur les moments clés précédant le drame. Mais l’on pressent, en même temps que l’on en comprend les circonstances, qu’un autre pourrait s’annoncer, au goût de vengeance...
Lewis, fils du défunt, approche Julia, fille du celui qui est désigné comme responsable. Quel est véritablement son but ?
Avec une narration éclatée qui distille des éléments de réponse et de questionnement, Christophe Léon invite son lecteur à reconstruire l’histoire et à en envisager l’issue. Devant l’injustice, quel choix s’offre à nous ? Comment se positionner au sein d’une société impitoyable ?
Autre lecture
Christophe Léon est un auteur dérangeant. Il gratte la conscience du lecteur pour l’amener à réfléchir. Il part d’un fait de notre monde contemporain pour nous proposer d’y poser un autre regard. La fin, souvent sombre mais en partie ouverte est un appel au lecteur à changer le monde dans lequel il vit... Tout un programme !
Le père de Lewis s’est suicidé. Il était victime de harcèlement sur son lieu de travail. La nouvelle vie de Lewis est entièrement tournée vers la vengeance. Il veut infiltrer la famille du patron de son père pour le détruire... Que va-t-il y trouver ? Nous suivons en parallèle le récit de la lente dégradation du salarié victime de harcèlement et la mise au point de la vengeance par le fils.
Un roman fort qui évoque la déshumanisation du monde du travail et de ses conséquences sur l’individu et la famille. Il n’y a pas de bons et de méchants mais plutôt un système, une société qui sont grippés, empoisonnés. Tantôt horrifiés, tantôt intéressés nous découvrons le cheminement meurtrier du fils. La fin, terrible, est faussement ouverte. Qui sont les lâches ? Qui sont les victimes ? L’alternative n’est pas vraiment réjouissante. Reste une lecture d’un roman bien agencé, bien équilibré entre des passages très "ados" avec les thèmes de l’acné ou encore des relations avec le beau-père, et d’autres bien plus sombres...

coup de coeur Une guitare pour deux / M. Amato. - Nathan. 2013

Lyla se doit d’être douée avec son violoncelle, pour être à la hauteur de sa mère disparue. Mais que cet instrument lui pèse... Tripp lui a BESOIN de sa guitare, mais sa mère la lui a confisquée pour l’obliger à se concentrer sur ses études et sa vie sociale. Ils vont partager un jour sur deux la salle de répétition prêtée par le collège et ne sont donc pas destinés à se rencontrer. Mais ils échangent des petits messages, d’abord utilitaires et agacés puis très vite complices, autour de leur guitare pour deux, exutoire commun. Petit à petit, la musique, puis l’écriture leur donnent confiance en eux et les rapprochent.
Une intrigue au déroulement convenu mais dont les personnages attachants, avec leurs failles et leur passion, garantissent une lecture agréable et facile. Avec en prime les partitions et l’écoute en ligne des chansons composées pour le roman.
Autre lecture
Deux jeunes se rencontrent grâce à leur amour de la musique. Tripp a pour passion la guitare depuis la mort soudaine de son père. Seulement sa mère décide de l’en priver en espérant l’obliger ainsi à s’intéresser à nouveau à l’école et à se faire des amis. Lyla est une jeune violoncelliste douée. Mais son rêve est d’arrêter cet instrument qui l’angoisse. Le chemin des deux adolescents va se croiser...
Un roman d’été, frais et pétillant. De nombreux échanges se font par lettres et par mails. L’intrigue avance en même temps que leur complicité se fait jour. Le thème de la pression parentale est bien travaillé. La musique et l’écriture de paroles sont au centre du livre. Comme si à l’incompréhension momentanée des adolescents par leur parent, ils ne peuvent que répondre par l’invention d’un langage propre à cet âge des possibles.
«  Je sais que tu vas être furieux, mais tu n’as pas respecté ta part du contrat. Tu n’as pas avancé dans tes lectures cet été, ni fait ton devoir de maths. Tu es resté cloîtré dans ta chambre à jouer de la guitare. On dirait que tu ne peux plus t’en passer, que c’est devenu une vraie drogue. C’est malsain et ça te coupe du monde. Tu es capable d’obtenir d’excellentes notes. Si tu n’obtiens que des A pendant le premier semestre et si tu fais des efforts pour être un peu plus sociable, tu pourras récupérer ta guitare. Bisous,
Maman
 »

coup de coeur La fille seule dans le vestiaire des garçons / H. Ben Kemoun. - Flammarion. - (Emotion). 2013

Comment Marion a-t-elle pu succomber aux charmes d’Enzo, le même qu’elle envoyait au tapis quelques jours plus tôt parce qu’il l’avait draguée de façon insistante et irrespectueuse ? Comment en est-elle venue à embrasser ce garçon qu’elle méprisait ? « Est-ce qu’on tombe amoureuse par faim d’amour, par peur de la solitude ou du grand vide, pour se prouver qu’on peut plaire ? » La conséquence de ce moment de faiblesse : une humiliation cuisante, le baiser avec le bel Enzo n’étant que le point d’orgue d’une vengeance mise en scène par Enzo et ses potes et se retrouvant sur youtube avec le commentaire : Marion, fille facile. Marion n’avait pas besoin de cet épisode désastreux, tant sa relation aux hommes était déjà en souffrance : son père, parti à l’autre bout du monde les abandonnant elle, sa mère et son petit frère a fait bien des dégâts.
Humiliation, vengeance, réseaux sociaux, un bien mauvais mélange qui aurait pu terrasser Marion, l’enfermant dans la rage et la solitude. Mais les vrais amis la sauveront d’une déroute certaine...
Un happy end un peu facile, mais retenons plutôt, dans cette histoire prenante, les personnages attachants, notamment le petit frère compréhensif et très intelligent et la vivacité des sentiments.
Autre lecture
Marion est une adolescente seule et courageuse. Elle tient tête aux petits caïds du lycée qui tentent de jouer avec elle. Mais humiliés, ces derniers vont tâcher de faire de sa vie un enfer. Reste son petit frère, à la fois attachant et énervant, en tout cas haut en couleurs et sa mère qui se débat avec ses propres problèmes. Au-delà, sa seule bouée de sauvetage est la musique et son carnet de morceaux personnels qui l’accompagnent, jusqu’à ce que le livre disparaisse...
Entre harcèlement et peur, c’est la rage qui domine chez Marion. Ses sentiments sont tellement forts qu’ils l’empêchent d’avancer. Comment dès lors arriver à se reconstruire, à reformer un sas de confiance ? Le récit retrace avec justesse les moments forts de solitude et de désespoir que peuvent traverser les jeunes, entre deux âges, entre deux mondes. Un livre réussi à l’écriture vive et incisive.
«  Si j’avais eu un père, il serait venu rectifier la tronche de ces quatre salopards. Il les aurait chopés un par un ou ensemble pour leur faire payer l’affront fait à sa fille. Ensuite, en quelques mots justes, pour me rassurer, il aurait aussi su me faire croire que je valais mille fois mieux qu’eux et que je restais la plus exceptionnelle du monde. Et j’aurais tout gobé, de la première à la dernière syllabe. Si j’avais eu un père, je n’aurais pas fait cela. Ou pas ainsi. Seule, je devais me débrouiller seule.  »

coup de coeur La tête au ciel / R. Detambel. - Thierry Magnier

Après le divorce, Lola a suivi sa mère au Canada et voilà 10 ans qu’elle n’a pas vu son père. Elle appréhende de revoir cet homme qu’elle ne connaît plus. Elle sait qu’il aime les oiseaux, élève des pigeons voyageurs et leur consacre tout son temps. Les retrouvailles sont fortes autant que laconiques mais « le lien qui unit un père et une fille ne doit pas être lourd. On ne doit presque pas avoir besoin de parler » justifie son père. Lola s’adapte, observe, apprend beaucoup de son père qui vit dans les hauteurs, si peu préoccupé par le matériel. Et Lola découvre, surprise puis heureuse, qu’elle a un demi frère…
Roman très court (80 pages) pour une tranche de vie évanescente et essentielle.
Autre lecture
A 15 ans, Lola retrouve son père. Il a refait sa vie autour de son amour des pigeons. Proche de la nature, il s’y fondrait sûrement s’il n’avait l’attention de Charlotte sa voisine. Lola vient avec pour projet de renouer des liens. Quelle relation reste possible entre eux ? Que peut lui apporter cette nouvelle rencontre ? Comment se parler après dix ans d’absence ?
Le roman évoque avec des phrases courtes mais denses le lien perdu et retrouvé entre un père au bord de la société et sa fille. Ce livre optimiste prend en partie la forme du conte philosophique. Mais si tout reste possible c’est avant tout grâce à la grande réceptivité de Lola. L’adolescente accepte l’identité de ce père hors norme et trouve son amour dans ses silences et ses non-dits. Cette reconnaissance de paternité sous le signe de la nature va lui permettre un nouvel envol.

coup de coeur Le retour de Cherokee Brown / S. Curham. - Flammarion. - (Tribal)

Claire est furieuse, bouleversée et choisit la voie de l’écriture pour remettre de l’ordre dans ses pensées décousues, pour « essayer de ressembler à (son) héroïne, une fille plus courageuse et meilleure (qu’elle) ». Le jour de ses 15 ans, elle apprend que son père ne vit pas, comme le lui a toujours dit sa mère, aux États-Unis. S’il y est bien parti pour sa carrière de musiciens, il est vite revenu à Londres et a cherché à s’occuper de sa fille. Devant le refus de sa mère, il a abdiqué jusqu’à ce fameux jour…
Claire doit donc encaisser : le mensonge de sa mère ; sa nouvelle filiation incarnée par ce prénom, Cherokee, donné à sa naissance par son père ; l’interdiction de sa mère et son beau-père de revoir ce père ; et le lycée où elle est constamment humiliée. Forte de ces nouvelles révélations, Cherokee est déterminée à devenir auteure de sa vie.
Rythmés par les conseils d’un manuel d’écriture, les chapitres suivent les variations des émotions de Claire/Cherokee : la rage, l’incompréhension, l’espoir, la révolte. Et l’amour bientôt… Une histoire d’émancipation que l’on a plaisir à encourager dans notre lecture.
Autre lecture
Le jour de ses 15 ans Claire reçoit une carte adressée à une certaine Cherokee. Elle vient de son père qui lui propose de reprendre contact après quinze ans d’absence ! La jeune fille, harcelée à l’école, y voit une chance de reconstruire sa vie. D’autant plus quelle a du mal à trouver sa place entre une mère angoissée et un beau-père expert en coaching personnel ! Mais qui est son père ? Après des années de solitude, Cherokee a dessiné dans sa tête un portrait très fort de l’absent. Va-t-il correspondre à ses attentes ?
Le découpage du roman avec pour en tête de chapitre des conseils pour réussir à écrire un livre est très réussi. Il donne envie de soi-même passer à l’écriture. L’héroïne avec toutes ses failles est attachante. On souffre et se questionne avec elle. L’évolution de l’histoire permet d’évoquer de nombreux thèmes comme la relation père fille, le harcélement à l’école ou encore la musique. La lecture est agréable. A lire !
« J’ai eu le cœur serré.Je m’étais fait beaucoup de souci en me demandant ce que j’allais découvrir chez mon père, mais j’avais oublié de me demander ce qu’il pouvait attendre de moi. Il avait envoyé une carte à Cherokee Brown. Il ne savait pas que j’étais devenue Claire Weeks. Une fille qui n’avait pas d’amis et qui n’était même pas capable de marcher normalement. »

coup de coeur Mon père est américain / F. Paronuzzi. - Thierry Magnier

Léo était habitué à l’idée d’un père américain qui ne sait rien de sa naissance, perdu de vue depuis longtemps par sa mère. Mais lorsqu’il apprend qu’en réalité elle lui verse tous les mois de l’argent, il veut comprendre. La vérité n’est pas facile à entendre : son père est depuis 6 ans dans le couloir de la mort, aux Etats-Unis, pour avoir tué une femme après un braquage. A quoi bon chercher à connaître un homme qui va mourir... Pourtant, Léo décide de lui écrire. Il trouve en Ben un père, qui aux dires de sa mère a bien changé, et surtout une forte leçon de vie. A 16 ans, Léo est bien décidé à vivre tout de suite et pleinement les choses, accompagné de son ami Yannis et de la belle Esther.

coup de coeur Ne le dis à personne / J. Chicheportiche. - Oskar. - (Société)

Théo, 12 ans, doit encaisser le divorce de ses parents. Difficile pour lui, d’autant plus qu’on lui assigne le rôle de grand frère qui doit protéger sa petite sœur Lola puisque sa mère n’est plus en état de s’en occuper. Et lui ? Qui prend soin de lui ? Même s’il continue tant bien que mal à assurer le cours de sa vie de collégien, l’annonce de l’homosexualité de son père amorce une véritable fêlure intérieure : l’adolescent ne peut plus faire semblant, les questions affluent.
Théo, pris en otage par les histoires des adultes, arrivera-t-il à formuler sa détresse et à trouver de nouveaux repères ?
Une conclusion s’impose dans ce roman : le naturel des enfants, portant une vision plus souple de la vie que celle des adultes, peut souvent être bénéfique à l’acceptation des situations les plus compliquées.

coup de coeur A copier 100 fois / A. Dole. - Sarbacane. 2013

Il ne peut rien dire à son père qui lui dit d’être un homme, un vrai. De savoir se défendre, se battre même s’il le faut. Alors il encaisse chaque jour au collège les coups, les humiliations, les insultes (fiotte, pédé) et rêve d’avoir à ses côtés, un père qui le protégerait, lui apprendrait les mots pour riposter. Pris en étau entre la violence au collège et les faux semblants à la maison, un jour il craque. La confrontation avec son père est devenue inévitable. Et salutaire.
Autre lecture
Antonin est victime de harcèlement de la part des autres élèves qui lui reprochent d’aimer les garçons. Mais ce qui le blesse le plus c’est l’attitude de son père qui estime qu’il suffit d’agir en homme pour régler les différents entre jeunes. Jusqu’au jour où...
Les thèmes de la violence à l’école et de l’homosexualité passent, au fur et à mesure des 56 pages du récit, en arrière plan pour révéler un sujet plus universel, celui du soutien nécessaire des parents pour aider l’adolescent à se construire.
« Papa m’a dit cent fois d’être un homme, et d’agir comme un homme. Oui mais Papa, lequel ? Je veux pas être comme Vincent, n’être fait que de bruits, de cris et de colère. Pourquoi tu m’apprends pas les mots, plutôt ? Les mots qui soulagent, les mots qui apaisent, je voudrais avoir les mots qui soignent, ceux qui ne laissent pas seul. Ceux qui ne me viennent pas quand les choses vont trop loin : « Arrête maintenant, arrêtez, c’est trop ». C’est ces mots-là Papa, que tu dois me donner la force de dire. »

coup de coeur Maman au bois dormant / J. Wilson. - Gallimard. - (Folio Junior)

Sa maman est sur le point d’accoucher, Ella attend avec anxiété que son demi-frère voit le jour. Mais les nouvelles ne sont pas bonnes : si le bébé se porte bien, la maman elle est plongée dans le coma. Il va falloir s’organiser, vivre dans l’attente du réveil, cohabiter avec Jack, beau-père qu’Ella n’a jamais accepté, et Samson le nouveau né…
Une jeune narratrice encore dans les préoccupations de l’enfance (guéguerre de meilleures amies) qui est confrontée aux soucis pragmatiques de gestion nouvelle du quotidien et doit tempérer son angoisse. Jamais elle ne se laisse abattre, portée par un espoir courageux. Elle apprend également à mieux considérer ceux qui l’entourent, nuance ses jugements sur son père biologique, ses camarades de classe et surtout sur Jack... Un roman très positif et agréable à lire.
Autre lecture
A la suite de son accouchement, la maman d’Ella se retrouve plongée dans le coma. La jeune fille doit alors reconstruire sa vie, avec son père absent, son beau-père qu’elle a du mal à accepter et son tout nouveau petit frère. Que lui reste-t-il alors que même sa meilleure amie semble s’éloigner d’elle ? Comment et où trouver de nouveaux (re)pères ?
Le ton reste léger en dépit du thème douloureux de la présence d’un parent à l’hôpital.
Les relations entre Ella et son beau-père sonnent justes. Le portrait de la jeune fille, souvent agaçante, parfois touchante, est réaliste. Un bon Jacqueline Wilson au final.
« Je ne comprends pas ce que maman lui trouve. Oh ! papa ! Maman va vraiment mal. Elle est dans son lit, elle ne peut plus parler, plus bouger, même pas ouvrir les yeux. Tu crois qu’elle va s’en sortir, papa ? »

coup de coeur Aristote in love / A.-G. Balpe. - Rouergue. - (Dacodac)

Lorsqu’il rencontre Mina pour la première fois, Aristote est bien obligé, face à ses questions, de reconnaître qu’il n’avait jamais véritablement songé à l’origine de son prénom. Un prénom bizarre certes mais qui était Aristote ? Il partage les résultats de son enquête avec Mina et se sentant pousser une vocation, lui propose de monter ensemble une Agence de philosophie. Pour répondre à des questions aussi fondamentales que "L’amitié entre garçon et fille est-elle possible ?" "Est-ce qu’il vaut mieux voir les films en 2D ou 3D ?" Et une plus délicate : Qui est mon père ? Avec Mina, Aristote découvre le syllogisme, son identité, l’amour...
Quel petit roman tendre et drôle ! Les relations d’Aristote avec Mina, sa mère, son cousin, sont chacune différentes mais construisent un personnage "grand et fort comme quelqu’un qui n’a plus peur de répondre à toutes les questions."

coup de coeur Mon père / M. - F. Ehret. - Oskar. - (La vie)

Simon appelle son père Bernard et sa mère Zoé. Relation décontractée, de confiance. Aussi, quand Bernard débarque, comme toujours à l’improviste, Zoé ne voit pas d’inconvénient à ce qu’ils partent tous les deux en virée à la mer. Puis dans les Cévennes, en pleine période scolaire. Simon s’en étonne un peu, mais saute sur l’occasion. Les voilà partis en moto sur les routes, multipliant les étapes et les rencontres. Une vie au gré des envies de Bernard, sans plan précis. Simon suit, apprécie, puis... demande à rentrer, à reprendre les cours qu’il avait pourtant tant de mal à suivre. De retour au lycée, il se trouve grandi. Il le sera d’autant plus à l’annonce de la terrible nouvelle : son père s’est tué sur la route.
C’est un roman étrange, avec une couverture et une collection en décalage avec le texte, destiné sans doute aux ados plus grands, qui montre que d’autres voies sont possibles. D’autres modes de vie, solidaire, libre. Aucun jugement de valeur ici, juste des parcours différents qui arrivent à cohabiter. Ou comment s’inscrire dans la société.

coup de coeur Oublie-moi un peu, papa / B. Smadja. - Ecole des loisirs. - (Neuf)

Un jour, la vie de Naomi se trouve bouleversée par l’annonce de ses parents : avec leur divorce, elle va devoir s’habituer à vivre dans deux endroits, partager son emploi du temps entre son père et sa mère. Mais comment faire comprendre à son père que, si elle apprécie tous les efforts qu’il fait pour elle, elle a besoin de liberté et d’autonomie ?
Cette jeune fille narratrice de l’histoire nous rend son père très touchant. Quand les évènements extérieurs redistribuent les rôles, il arrive que l’on se révèle sous un nouveau jour, à chacun alors de retrouver des repères. Avec la chance en prime de se redécouvrir l’un l’autre...

coup de coeur Les fils de l’ogre / Mathis. - T. Magnier. - (Nouvelles)

12 nouvelles, 12 moments de la vie de Fred et Max, deux frères qui font corps contre leur père brutal, alcoolique, égoïste. Les coups pleuvent, humiliations en prime et il n’est pas facile pour les frères de se construire. Au fil des nouvelles, on suit justement l’évolution de leur vie et l’on se dit qu’il n’est facile d’échapper au modèle familial. Pas facile, mais pas impossible.
Un recueil assez noir avec comme toujours chez Mathis, un humour qui résiste et affleure.
Autre lecture
Voyage en enfer. A travers douze nouvelles nous suivons l’existence de deux frères maltraités par leur père. De la peur des coups à l’attente du moment où tout dérape. Mais il y a aussi Paul, leur copain et surtout la solidarité entre les frères. Est-il alors possible de s’en sortir ?

coup de coeur L’ homme qui court / M. G. Bauer. - Bayard. - (Millézime)

Joseph est un adolescent timide et renfermé. Mais lorsqu’il entend sa mère acquiescer à l’idée qu’il aurait peur de son ombre, il relève le défi et contre toute attente va accepter de faire le portrait de son voisin, un homme rentré cassé de la guerre du VietNam, que personne n’a même vu depuis des années et que tout le monde craint ! Qu’est-il vraiment arrivé à Tom Leyton ? Faut-il ou non avoir peur de lui ? Pourquoi est-ce si important pour Joseph de réussir à peindre l’homme derrière ses apparences ? Et qui est l’homme qui court ?
Un livre dense qui s’apparente par moment à un conte philosophique. Il y est avant tout question de trouver la meilleur façon de surmonter les brisures du destin. On y trouvera de la poésie, des réflexions sur le dépassement et la réalisation de soi et... des vers à soie !
Autre lecture
Parce qu’il a entendu qu’on disait de lui "qu’il a peur de son ombre", Joseph accepte ce qu’il redoute pourtant au plus haut point : se retrouver seul avec son voisin, à faire son portrait pour l’école. Il faut dire que cet étrange Tom Leyton n’est pas sorti de chez lui depuis des années, depuis un scandale dans un lycée… Dépassant sa peur, affrontant les rumeurs, Joseph commence les séances de dessin, toujours en présence de la sœur de l’homme étrange. Mais c’est autour de l’élevage de vers à soie qu’ils se retrouvent vraiment et qu’ils apprennent à mieux se connaître : sa tragique histoire prend sa source pendant la guerre du Vietnam. Derrière l’homme et "son côté sinistre et pessimiste", Joseph, sans doute parce que lui aussi a à affronter de terribles angoisses, sait voir un autre homme…
Étrange roman au rythme de l’angoisse qui paralyse, qui aveugle mais n’est pas irréversible pour peu qu’on l’affronte. Car ces deux êtres, l’un ayant vécu l’horreur indicible et l’autre bloqué par un traumatisme d’enfance, vont pouvoir se comprendre et s’entraider. Pour bons lecteurs.

coup de coeur En fuite / T. Robberecht. - Syros. - (Rat noir)

Depuis 8 ans, Mathieu et Lucille sont sur le qui vive. Une voiture suspecte, un homme qui rôde et les voilà de nouveau embarqués par leur père sur les routes. Trouver un nouvel abri, un nouveau travail pour le père, voilà à quoi se résume leur vie de clandestinité depuis qu’ils ont été enlevés à leur mère après une séparation difficile. Bien sûr, Mathieu a tenté d’appeler cette dernière mais il a fini par abandonner : par loyauté envers leur père, par peur de l’envoyer en prison. Mais maintenant que celui qui est censé les protéger est empêtré dans une histoire louche, menacé par des jumeaux sans scrupules, Mathieu se doit d’intervenir d’une manière ou d’une autre…
Un roman qui se lit d’une traite tant l’angoisse du narrateur (Mathieu) est communicative. La fin est un peu rapide - dans les retrouvailles avec la mère et le stress post-traumatique des enfants - mais l’empathie indéniable : une relation de couple dans l’impasse et ce sont deux enfants qui sont niés dans leur propre histoire.

coup de coeur Une fille à la mer / M. Johnson. - Gallimard. - (Scripto)

La couverture est belle mais trompeuse. On s’attend à une histoire fleur bleue entre adolescents à la plage. En réalité, la trame est bien plus intéressante. Clio est en rupture avec son père. Son enfance, révélée au fur et à mesure du livre, s’avère traumatisante. Ses parents ont depuis divorcé. Or, elle se voit contrainte, à dix sept ans, de passer tout l’été avec son père. Il s’agit a priori de passer des vacances idylliques sur un yacht en Italie. Mais Clio sait bien que les apparences sont trompeuses... son père est depuis longtemps fauché et ses idées sont toujours extravagantes et excessives... La réalité va dépasser toutes ses attentes !
Un récit bien construit et des personnages denses et attachants font de ce roman un très bon moment de lecture.
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Les parents divorcés de Clio, 17 ans, ont décidé pour elle ce que devaient être ses vacances : partir avec son irresponsable de père sur un yacht en Italie. Elle apprend sur place qu’ils ne seront pas seuls. Être en huis clos, sans comprendre les enjeux de l’expédition, c’en est trop pour Clio qui étouffe, d’autant qu’elle se retrouve bientôt dans la situation impossible du trio amoureux : comment s’autoriser l’amour naissant avec Aidan sans trahir sa nouvelle amie ? En parallèle à ce dilemme, le destin rocambolesque de Clio et sa famille est dévoilé peu à peu : elle et son père ont inventé un jeu de société qui fut un succès, fortune et vie d’aventures à la clé, avant la ruine et le divorce. On s’attache à cette jeune fille sur la défensive pleine d’imagination.

coup de coeur Qui es-tu, papa ? / A. Stratton. - Bayard. - (Millézime)

Sami est à un âge où la relation avec le père devient plus distendue. Sami a ses potes, pas facile devant eux de composer avec ce père strict, religieux et musulman pratiquant. Mais tous les deux maintiennent un lien malgré tout, ils ont même prévu de passer un WE ensemble au Canada. Très vite annulé par son père… Dépité, Sami mène son enquête et découvre des choses qu’il ne s’explique pas. Lorsque le FBI pénètre au petit matin chez eux et embarque le père pour soupçon de terrorisme, les repères de Sami s’effondrent. Il découvre, avec ses amis, des secrets qui n’ont strictement rien à voir avec des actes de terrorisme... Une réalité que la société, obsédée par la sûreté nationale, n’est pas allée dénicher.
Cet emballement autour d’une histoire singulière révèle la difficulté de s’intégrer dans une société quand on est différent, d’autant plus lorsqu’on est musulman aux États-Unis après 2001 ; et la force des médias qui propagent les soupçons plus rapidement que la vérité. Sami, dans la tourmente, raisonne posément et se bat pour la liberté.

coup de coeur Mes chaussures couleur caca / R. Oum. - Oskar. - (Court métrage)

Une nouvelle collection qui, avec ses 4 premiers titres, promet… Texte plus ou moins court, phrase accroche en page de couverture avec juste un dessin, 4° de couverture avec 3 mots clés en guise de résumé, tout est dans la sobriété mais attire l’attention.
Dans Mes chaussures couleur caca, Elle vit dans l’angoisse de ce que dira son père. Il faut faire attention à ne pas le choquer, l’énerver et Elle et sa mère, vivent dans l’économie d’elles-mêmes. Aujourd’hui, la sentence est tombée, "Ta mère t’a acheté des chaussures de pute." Un jour, Elle constate ce qu’elle redoutait le plus : sa mère est partie. Pour elle aussi, alors, les choses doivent changer. Elle se donnera notamment le droit d’exprimer sa haine de ce père qui les a toujours humiliées.
Roman court, phrases courtes et langage haché, qui voit une fillette s’affranchir de la violence psychologique du père. Pas de happy end ici, on perçoit tout le mal qui est fait et la liberté ne sera sans doute pas facile...

coup de coeur Jade fille de l’eau / N. Blazon. - Albin Michel. - (Wiz)

Après un début un peu laborieux en raison de la complexité de l’histoire, on se laisse happer par ce récit à la Roméo et Juliette. Il y a des humains, une Lady tyrannique, des chasseurs et des chasseurs de sang, le peuple de la mer, le peuple de l’eau, un vieux pas tout à fait fou et une héroïne attachante. Mais Jade s’éprend de Faune alors que tout les oppose. Il va falloir survivre dans ce temps particulièrement incertain. Jade refuse de prendre partie car c’est aux gens en eux-mêmes qu’elle est attachée, quel que soit leur "clan". Et c’est ce qui rend ce livre intéressant.
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Jade vit avec son père Jakob au Larimar, hôtel délabré, dans la ville en ruines qui appartient à Lady Mar, retranchée dans son palais et entourée de ses alliés, les Lords. Les Chasseurs font régner l’ordre et la terreur. Leurs cibles sont les Echos mais aussi les Rebelles. La chasse s’intensifie quand on retrouve le corps d’un Lord abattu… Face au nouveau conflit qui se profile, Matt et Faune, deux Nordlandais, venus du pays de neige, de nuit et de forêts, appelés par Lady Mar se sont installés à l’hôtel avec des caisses de bois au contenu mystérieux et dangereux…
L’auteur a construit un monde remarquable de complexité dans lequel Jade va découvrir sa véritable nature, tracer sa voie et choisir son camp. Chaque être, chaque objet de ce récit participe d’une double nature : Le vieux Fou de la ville seul connaît la vérité, le père de Jade est peut-être un traitre, les beaux yeux noirs de Faune cachent une réalité étouffante, Moïra la Chasseuse implacable au regard glaçant aide Jade, les oiseaux bleus sont les yeux des Dénicheurs d’Echos, survivants impalpables de la dernière guerre mais formidables guerriers qui ont trouvé refuge dans la Wila le fleuve infesté de vipères mais lieu de liberté qui traverse la ville.
Le moindre reflet, les petits morceaux de miroir, les flaques d’eau ont du sens, fantômes, animaux, hommes et femmes à la double nature partagent ce territoire trouble où règnent la méfiance, les incertitudes des uns et des autres, les secrets profondément enfouis, une tension continue.
C’est un récit foisonnant (trop ?) de situations improbables comme la renaissance du Prince des Echos qui grâce à l’eau du fleuve sort d’une fresque et passe de l’enfance à l’âge adulte en quelques secondes, mais on peut se laisser prendre si on est « bon public » et bon lecteur, malgré quelques répétitions (l’emploi du verbe feuler) et longueurs, d’autant plus que dans ce fouillis cauchemardesque mais construit, Jade et Faune que tout oppose réussiront à s’aimer et à partir vers un monde plus clair dans la nuit du grand Nord.

coup de coeur Sans toi papa… / S. Rigal-Goulard. - Oskar

Florentin débarque à Marseille avec sa mère et sa sœur et doit affronter une nouvelle classe dans une nouvelle école. Pas évident, pour le petit parisien qu’il est, de faire face aux supporters de l’OM. D’autant que Tony, le caïd de l’école prend en grippe le petit nouveau, qui non seulement porte des lunettes, mais récolte les 20/20 à la pelle.... Pourtant, ces deux-là vont se frôler, et se rapprocher. Le jour où Tony entre chez Florentin, il découvre une autre possibilité de vie. Presque malgré eux, les deux garçons s’aperçoivent que s’ils décident de réagir, ils ne subiront plus dans leur vie ce qui les abime.
Deux parcours différents, une même fragilité et une volonté féroce de se battre. Un roman pour jeunes qui se lit d’une traite, avec une belle écriture et une émotion juste.
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Florentin, nouvellement arrivé à Marseille, tente de se faire une place dans sa nouvelle école. Il repère vite le caïd des CM2 et pressent qu’il va lui donner du fil à retordre. En matière de caïd, c’est Tony, autre narrateur du roman, que l’on découvre en parallèle. Le premier souffre du départ du père qui a préféré refaire sa vie loin d’eux. Le second voudrait bien que le sien soit moins présent, moins violent... Les deux enfants, sans partager une amitié fusionnelle, comprennent les fêlures de l’autre. Florentin va tout faire pour sortir Tony de cette impasse. Avant que le fils ne devienne aussi violent que le père…
Un court roman, parcours croisés de deux ados qui sauront se défaire des souffrances infligées par les adultes.

coup de coeur Le premier défi de Mathieu Hidalf / C. Mauri. - Gallimard

Réjouissons-nous ! L’anniversaire du roi approche et chacun parie sur la prochaine bêtise de Mathieu Idalf ! Mais comment pourrait t-il réussir alors que chacun est sur le qui vive ? Et quelle bêtise va t-il choisir ? Cette lutte au sein du tissu familial où chacun nous surprend tout à tour se double d’une intrigue politique secondaire assez intéressante. Vite le tome 2 !
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Quelle tête à claque ce Mathieu ! Sa principale préoccupation, obsession devrait-on dire, est de faire la bêtise la plus monumentale qui soit, le jour de l’anniversaire du Roi. Il doit bluffer tout le monde. Plus encore que le jour de ses 8 ans, avec cette bêtise si spectaculaire qu’elle lui a valu 2 ans de punition et d’enfermement. Ces 2 années de préparation intense n’auront pas été vaines : le forfait de Mathieu est sadique, effets retentissants !
Un héros -anti-héros plutôt- à la fois suffisant, diabolique, génial et inconscient. Car tandis que son royaume est menacé par les redoutables frères Estaffes, Mathieu reste dans son trip de vengeance. La relation de Mathieu à son père, à la Simpson, est en ce sens assez jubilatoire. Entre agacement, moments de haine et tendresse, père et fils sont obnubilés l’un par l’autre, avec des relations régentées par des contrats juridiques !
Écriture très léchée pour un jeune auteur de 21 ans. Quelques longueurs mais un vrai univers et des personnages sardoniques !
Autre lecture
C’est un premier tome d’une série annoncée qui risque d’être longue … D’abord une famille, un père souvent bougon et colérique face aux frasques de son fils, une mère aimante, trois sœurs Juliette d’Or, Juliette d’Argent, la plus jeune : Juliette d’Airain… Mathieu, désespéré de grandir, doit fêter son dixième anniversaire et comme chaque année cela tombe le jour de la soirée du Grand Busier, nom d’un vieux roi fatigué « par trop de cérémonies, de moustiques, et de courtisans » ( chercher l’intrus !!!) Et comme chaque année, cela a lieu au palais où l’on se rend en carrosse de verre avec toute la noblesse du coin. C’est là que Mathieu doit réaliser « La grosse bêtise » que tous attendent ou craignent : sa famille, la cour, les professeurs de l’Ecole des Elitiens nichée au creux du palais, les journalistes, ses copains. Pendant les deux jours passés au Palais nous attendons donc « la bêtise » avec une foule de personnages amusants ou étonnants (les Nymphettes, le chien Bougetou aux 4 têtes, les sœurs jumelles baby sitters de choc ), actions et nombreux dialogues se succèdent rapidement, on nous mène aussi sur une fausse piste (une sorte de coup d’état se prépare…) et enfin la « Bêtise » annoncée se réalise, énorme farce qui nécessite le Vieux Roi, la sorcière Proserpine auteur des contes préfères de Mathieu sous le nom de « la grand-mère édentée », un parchemin rouge indéchirable, la complicité de membres de la cour et l’aide des sœurs de Mathieu à cause de « l’accord Sage comme du potage ».
C’est un récit qui s’adresse à de jeunes enfants que l’on veut faire rire avec un univers farfelu, la malice de Mathieu, les situations cocasses, il faudra quand même être bon lecteur…

coup de coeur Bye bye Crazy Girl / J. Schreiber. - La Martinière

Perry est dégouté : il avait l’opportunité de jouer avec ses potes lors d’un concert mais au lieu de ça, il doit accompagner sa correspondante lituanienne au bal de fin d’année. Ordre des parents et Perry ne s’oppose pas à ses parents. Sauf que ce soir, rien ne se déroule comme prévu : la timide et austère Gibija se révèle être une tueuse à gage redoutable qui sème le chaos sur son passage. Perry devient complice par la force des choses, Gobija ayant installé une bombe dans la cave de la maison familiale pour lui faire entendre raison…
Gobi veut venger sa sœur, prostituée et exploitée aux États-Unis, puis tuée par un certain Santamaria. Rien ne l’arrêtera tant qu’elle n’aura pas eu la peau du salaud. Tandis que Gobi assouvie sa vengeance, Perry lui, apprend à s’affirmer devant son père !
On n’est pas loin ici de l’univers de Nikita, avec un déferlement de violence froide (gratuite ?). Le suspense est là, dans une énergie qui ne retombe jamais. Les titres de chapitre sont des sujets de test d’entrée aux universités, ce qui rythme de façon originale le déroulement d’une l’intrigue efficace.

coup de coeur Dernier métro / C. Léon. - La Joie de Lire. - (Encrage)

1962, Daniel a 16 ans, il vit seul avec son père depuis le décès de sa mère et la fuite salvatrice de sa sœur. Son père, Maurice, est ouvrier et surtout communiste convaincu. Entre les distributions de tracts, l’Huma, et le lycée, le père et le fils se ménagent des petites bulles d’oxygène faites de balades à bicyclette le dimanche et de visites aux grands-parents. Mais, dans un contexte social que l’on sent tendu (luttes ouvrières, séparations des classes sociales), où la mixité est inexistante, Daniel ressent le besoin d’adhérer au parti communiste. Fort de ses convictions, il s’engage de plus en plus et suit son père dans des manifestations qui se veulent pacifistes et humanistes. L’une d’elle tourne à l’affrontement avec les forces de l’ordre, et l’univers de Daniel se trouve bouleversé.
Où l’on apprend que face à la violence automatique, un adolescent fragile, même plein de bonnes intentions, répond par la défense violente. Christophe Léon donne une vision juste de la société de ces années là. Un roman foisonnant de vie et d’élan.
Autre lecture
Daniel, 16 ans, est particulièrement attaché à son père depuis la mort de sa mère et le départ de sa grande sœur. Une affection mêlée d’admiration pour ce militant communiste de tous les combats ouvriers, de toutes les causes solidaires. Lorsque son père lui propose de l’accompagner à la manifestation du 13 février 1962 pour "proclamer leur indignation, leur volonté de faire échec au fascisme et d’imposer la paix en Algérie", Daniel accepte bien évidemment, fier de militer avec son père. Ils ne s’attendaient certes pas à la répression terrible des policiers…
Les relations entre le fils et son père sont justes, touchantes, très humaines. Les conflits de l’Histoire, brièvement évoqués, vont passer par là, broyant les individus.

coup de coeur Jack / A. M. Homes. - Actes Sud junior

Jack aura bientôt 16 ans, pourra conduire et il s’en réjouit ! Bientôt l’accession à la liberté, bientôt l’âge adulte... Mais c’est un tout autre chemin initiatique qui l’attend : son père lui annonce un jour qu’il est gay, qu’il vit avec un autre homme. Ses parents étaient divorcés, son père vivait avec un colocataire, c’était ça, l’histoire, et tout devait rester ainsi !!! Pour Jack, la pilule est dure à avaler. Le voilà étiqueté mini fiotte au lycée.
Comment reconstruire la réalité quand tout s’effondre ? S’envisager soi, découvrir l’autre sous un nouveau jour, à un âge où tout est déjà si compliqué... Tel est l’enjeu de ce roman sensible qui alterne situations drôles et graves, dans un style direct. La scénariste de The L Word a réussi son tout premier roman, écrit à l’âge de 19 ans, en 1989.

coup de coeur Abel et la bête / Y. Coridian. - Ecole des loisirs. - (Neuf)

La bête, c’est celle qui a pris possession de son père depuis un moment. Une bête qui le ronge, l’assomme, le vole à lui-même. Et Abel a du mal à supporter l’humeur toujours plus triste de son père, qui finit un matin par être hospitalisé…
Toute la naïveté (un peu trop néanmoins) d’un enfant qui veut tout le bien de son père mais n’en possède pas forcément les clés. Malgré son angoisse, il sait faire preuve d’humour. Un livre sobre pour les plus jeunes qui montre que la dépression n’est qu’une période...

coup de coeur Boys don’t cry / M. Blackman. - Milan. - (Macadam)

Dante, dans l’attente angoissée de ses résultats d’examen, n’imaginait pas une seconde ce qui allait lui tomber dessus : Mélanie, qu’il n’avait pas vue depuis 1 an et demi, se présente à lui avec un bébé. Son bébé. Leur bébé. Terrassé, Dante n’est cependant pas au bout de ses surprises puisque sous prétexte d’aller faire une course, Mélanie lui laisse Emma. Et ne revient pas. Dante, 17 ans qui s’apprêtait à entrer à l’université avec des grandes ambitions, refuse cette réalité. Comme s’il avait le choix...
Apprendre à s’occuper d’un bébé, renoncer à son avenir professionnel, subvenir à leurs besoins… Même s’il est épaulé par son père et son frère (leur mère est morte), Dante rechigne. Mais pour lui, bientôt, il n’est même plus question de "refiler le bébé", tant il s’investit, responsable, fier même. En marge de l’histoire de Dante, il y a celle de son frère Adam, plus parcellaire. Adam, grande gueule, assume parfaitement son homosexualité. Mais son côté solaire est bientôt obscurci… Les chamboulements autour de Dante relèguent Adam et ses problèmes au second plan…
La vie est rarement celle que l’on s’est planifiée mais le propos de l’auteur est de montrer que toute épreuve peut être porteuse de changements bénéfiques. Ici en l’occurrence, une famille d’hommes qui s’est considérablement ressoudée en apprenant à mieux se connaître et surtout à communiquer.

coup de coeur Mistral / A. Nanetti. - La Joie de lire. - (Encrage)

Mistral est né sur l’île occupée déjà par son grand-père, il en est « le Roi ». De l’enfance heureuse à l’adolescence inquiète on découvre son parcours et celui de sa famille, des pêcheurs et des habitants qui vivent en face sur le continent tout proche. L’île est un fabuleux lieu de découvertes et de jeux pour un gamin amoureux fou de la mer comme son père, jusqu’au jour où elle devient trop petite : le temps d’une escale Mistral a rencontré Chloé, petite fille riche qui parcourt le monde sur un superbe bateau. Elle repart, il l’attend, l’oublie, elle revient, repart… La rencontre qui bouleverse Mistral annonce aussi les changements auxquels sa famille et les habitants de ce coin perdu sont invités avec l’arrivée lente mais sûre des touristes…
Un beau roman qui tout en privilégiant le personnage principal -libre, orgueilleux- n’oublie pas le contexte dans lequel il évolue et qui pose sans en avoir l’air une question complexe : comment garder ses racines, son histoire, les savoirs transmis et acquis tout en s’ouvrant au monde ?

coup de coeur Camille aime pas danser / M.-S. Vermot. - Thierry Magnier

Camille est sérieuse, un peu rêveuse, réservée. Tout l’inverse de sœur Anastasia qui fait la fierté de sa mère. Jusqu’au jour où -parce qu’il y a toujours un jour où- l’aînée commet l’erreur fatale de tomber enceinte. Incapable d’affronter cette réalité, la mère fuit, laissant dans le désarroi la jeune Anastasia et sa sœur cadette. Heureusement, il y a la tante Mathilde, la grand-mère, pour prendre les décisions difficiles et accompagner Ana en Espagne… Mais qui est là pour Camille ? Victime collatérale, elle assume seule sa peine, ses doutes et son incertitude quant à l’avenir.
Marie-Sabine Roger laisse toujours poindre un sentiment final de pessimisme, sans désespérance totale cependant. Mais son écriture est subtile, sans compromis et invite à la réflexion, à la discussion.

coup de coeur Mauvais plans / C.J. Skuse. - Gallimard. - (Scripto)

Paisley est impétueuse, désobéissante et colérique. Beau est inquiet, réfléchi et tente de raisonner sa sœur. Jumeaux mais bien différents. Lorsqu’ils avaient 6 ans, leur mère est décédée d’overdose devant leurs yeux. Partis chercher leur père, ils se sont perdus dans les bois plusieurs jours… Les média firent d’eux des stars lorsqu’ils furent enfin retrouvés. 10 ans plus tard, alors qu’ils apprennent que leur père, même en prison ne les a jamais oubliés, ils se serviront de cette notoriété pour tenter de le retrouver. Obstacle de toujours, la grand-mère manipulatrice, cupide et perverse…
Un roman haletant mais qui force un peu les caricatures -la jeune fille très en colère, la grand-mère très très méchante (Virginia surnommée la Pouffe)- mais propose une bonne expression des sentiments.

coup de coeur L’ envol du dragon / J.-A Debats. - Syros. - (Mini Syros)

Valentin ne trouve de réconfort qu’en se plongeant dans le jeu en ligne Worldofdragons. Le reste du temps n’est que souffrance et découragement : sa maladie gagne du terrain… En jouant, il apprend à voler en tant que dragon, sur les conseils de Mentor7. L’expérience est époustouflante.
Une relation père-fils singulière et émouvante, qui s’épanouit dans le virtuel pour n’en être que plus intense et généreuse…

coup de coeur Qui vive ? / J.-P. Blondel ; F. Lebert. - T. Magnier. - (Photo roman)

Le narrateur tombe sur des enveloppes envoyées à son père Louis, qui ne comprennent que des photos d’un lieu lointain : Soukhoumi. Pas d’expéditeur, pas de message, juste une série de photos qui arrivent l’une après l’autre. L’adolescent mène l’enquête et confronte son père. Ensemble, ils reviennent sur le passé de Louis : à 21 ans, il a fait un voyage à Soukhoumi, y a rencontré l’amour fou. La distance, le temps les ont séparés.
Le procédé des photos pour renouer contact avec le père (l’expéditrice est la fille de Louis) peut sembler artificiel, l’intérêt réside surtout dans la relation d’un fils qui découvre que son père est aussi un homme avec un passé. Tous les deux, à travers ce passé, se découvrent et élargissent leur horizon.

coup de coeur Ma rencontre avec Violet Park / J. Valentine. - Ecole des loisirs. - (Médium)

C’est une histoire peu banale qui nous est contée ici : Lucas, 16 ans, tombe un jour sur une urne qui "l’appelle" : Violet Park a choisi Lucas pour la sortir d’un local de compagnie de taxi où elle végétait depuis 6 ans. 6 ans… pile l’année où le père de Lucas s’est volatilisé… Sans compter, figurez-vous, que Peter, le père, connaissait Violet… Au fil de son enquête, Lucas dénoue les fils. En apprenant à connaître Violet, il doit bien se résoudre aussi à se défaire de l’image idyllique qu’il avait de son père.
Un beau roman d’initiation qui tourne autour de l’absence du père, la recherche d’identité d’un fils et la frontière entre le monde des adultes et celui des enfants.

coup de coeur Blog / J.-P. Blondel. - Actes Sud Junior

Trahison, viol, les sentiments sont très forts pour le narrateur de ce roman qui vient de comprendre que son père a lu son blog. Bien sûr, on sait que la sphère du net est publique, bien sûr, on a conscience qu’il peut-être lu par tous. Mais de la théorie aux faits… Son père, pour tenter une réconciliation, lui confie son propre journal, du temps où il était lui-même ado. Après la colère, d’autres sentiments affleurent : que la vie est fugace ! La vie d’adulte est-elle synonyme de renoncements ?
Confrontation des époques, des générations, pour une rencontre finale qui tend vers la compréhension et l’échange. Il est intéressant de voir pour une fois la réalité des blogs du point de vue d’une personne pro-blog, d’un auteur qui plus est, avec ses ressentis et les raisons pour lesquelles il entretient un journal virtuel.

coup de coeur Les trois premières notes / S. Parkinson. - Ecole des loisirs. - (Médium)

Mags est une toute jeune fille qui n’a pas sa langue dans sa poche et cela peut en exaspérer plus d’un. Elle a décidé de mettre sa verve au service de la Littérature et s’attelle à l’écriture d’un roman. Moult digressions en préambule, mais la voici qui se lance enfin dans le récit de sa rencontre avec Miranda, ou plutôt avec une ado qui a une tête à s’appeler Miranda mais qui se nomme en réalité Gillians. Cette dernière est une virtuose du violon mais se voit empêchée d’aller passer une audition à l’Ecole Yehudi Menuhin. Megs n’est pas du genre à se laisser abattre et décide de venir en aide à sa nouvelle amie.
On comprend combien Mags peut être agaçante mais il apparaît bien vite quelle fille attachante elle peut également être. Entre gamineries et grande maturité, elle mène sa barque malgré les grands drames et petites difficultés de la vie. Un livre dont les détails d’une vie irlandaise plus que provinciale ont leur charme. Et même si le personnage principal est encore une enfant, sa confiance et son sens de l’humour créent un style adapté à un lectorat plus âgé.

coup de coeur La formule du succès / L. Urban. - Ecole des loisirs. - (Neuf)

Amateurs d’humour anglais ce livre est pour vous !
Zoé, 10 ans, rêve de jouer du piano et devenir concertiste. Qu’à cela ne tienne ses parents lui offre... un orgue électrique ! L’enfant voit son rêve s’écrouler avec cet instrument qui est loin d’être le piano à queue qu’elle espérait. Et comme souvent, les désillusions s’enchaînent, sa meilleure amie l’abandonne et les profs censés lui enseigner la musique sont du genre "bizarre". On ne s’ennuie jamais dans ce livre, l’histoire est amusante, l’écriture dynamique, les personnages originaux, petit coup de cœur pour le père de Zoé un brin autiste qui a bien du mal à se trouver une place dans la société.

coup de coeur Désaccords / B. Friot. - Milan. - (Macadam)

Ingrédients :
- une blanche pour Martin, 17 ans.
- une noire pour Florian, son père, chanteur d’opéra très connu.
- deux croches pour Simon, son petit frère surdoué, et Martha, sa vieille tante.
- un triolet pour Julia, 25 ans, jeune chanteuse qui travaille avec son père.
Commencez pianissimo sur une vie normale d’ado, avec quelques accents sur les disputes avec son frère et ses amis.
Transformez ce Largo en Vivace quand Martin rencontre Julia et en tombe profondément amoureux.
Faites un long crescendo sur les tentatives de drague de Martin, qui soudain s’intéresse à nouveau à l’opéra pour la voir. Petit bémol : Julia reste distante.
N’hésitez pas à lier les repas chez la vieille tante Martha, les jeux de Simon et les concerts du père. Faîtes un pizzicato sur les conseils avisés de Martha.
Lors du passage en clé de Fa, le père de Martha sera également attiré par la belle Julia.
Quand Martin, en cachette, suivra son père en répétition loin de la maison avec Julia, passez en Presto et terminez le crescendo pour finir en Forte.
La fin, surprenante et inattendue, restera en point d’orgue.
Néanmoins, quelques trilles et des dièses montrent un changement de tonalité positif pour l’avenir des personnages.

coup de coeur Ne plus vivre avec lui / E. Kavian. - Mijade

Pas de chance pour Sylvia, au moment même où elle annonce à son père, par téléphone, qu’elle ne veut plus vivre chez lui les semaines de garde alternée, celui-ci meurt en simultané dans un accident de voiture. Culpabilité, tristesse, douleur de l’absence. Sylvia essaie de donner consistance à son père qui a été si peu présent dans son enfance. Elle habite son appartement, lit ses écrits et ouvrages préférés.
A travers un style très percutant -quoi qu’un peu bavard-, l’auteure partage avec nous une vraie réflexion sur la présence et l’absence. Soutenue par les très beaux rites de la mort au Viet-Nam, sa découverte de la vie dans une autre dimension rejoint tous ceux pour qui la vie ne peut s’arrêter à la tombe.

coup de coeur Malo de Lange, fils de voleur / M.-A. Murail. - Ecole des loisirs. - (Neuf)

“La vie comporte des hauts et des bas, comme disait le monsieur qui venait de monter cinq étages pour se jeter par la fenêtre.” La sentence, comme tant d’autres du même style, reflète le caractère du héros et narrateur, Malo de Lange. Orphelin et confronté à mille aventures périlleuses, Malo ne se décourage jamais et garde un oeil aiguisé et caustique sur ce qui l’entoure. Mieux vaut être avisé lorsqu’on cotoie fripouilles, arnaqueurs et autres brigands ! Et grâce à cela, il se débrouillera comme un chef dans cette jungle de faux-semblants, maîtrisera le jargon du milieu comme personne, arrivera même à lever le secret qui pèse sur sa naissance.
Marie-Aude Murail s’y entend pour nous embarquer dans des histoires pleines de souffle, d’humour subtil, de personnages tellement attachants. Un livre qui se dévore !

coup de coeur Les parents de Mélie / C. Albaut. - Syros. - (Les uns les autres)

La première partie Mal à ma mère a été publiée en 2002 sous le pseudonyme Clara Vidal. On y découvrait la lente destruction de Mélie par une mère haineuse et venimeuse. La fin se terminait sur une lueur d’espoir, laissant Mélie aux mains d’une psychothérapeute.
La présente édition est augmentée d’une seconde partie Paix à mon père. Quelques années plus tard, Mélie revient au domicile parental, juste après le suicide de son père. Elle le veille toute la nuit, se penche sur leur passé et tente une réconciliation. Ce père qui a été défaitiste, lâche, absent mais qui a cependant su installer, à travers la musique, une complicité avec sa fille, lui offrant ainsi les seules lueurs de son enfance.
Un texte dur, très dur, qui dépeint les mécanismes de la maltraitance psychologique mais révèle aussi la force et l’humanité possible des victimes, malgré tout.

coup de coeur Ce Héros n’est pas mon père / Calouan. - Les 400 Coups. - (Connexion)

Comment vivre quand on ne connaît pas son père ? Caroline, adolescente, vit avec sa mère et sa sœur une existence matériellement difficile. Et leur mère qui se bat pour l’assurer leur répète sans cesse que leur père ne donnera plus signe de vie, qu’il les a abandonnées. Alors, pour survivre à cet abandon, Caroline s’invente toutes sortes de papa, le plus souvent riches et célèbres. Mais elle souffre beaucoup de ne pas se savoir aimée, des corvées domestiques qui lui reviennent et des coups de martinet que sa mère lui inflige quand elle-même est en grande souffrance. Puis, un jour, une nouvelle arrive à l’école, Sandrine. Va alors se développer une belle amitié entre ces deux jeunes filles très opposées socialement. La confiance qui va s’installer entre Caroline et Sandrine, ses parents aussi, va permettre à Caroline de sortir enfin de ses mensonges et peut-être de retrouver son père…
Caroline nous fait partager son vécu rude, son sentiment d’abandon, ses efforts pour être aimée, ses premiers émois amoureux, sans se lamenter mais avec sensibilité et émotion. Ce roman assez court est dense mais l’écriture sans difficultés touchera des lecteurs même jeunes.

coup de coeur Chaîne de vie / R. Judenne. - Oskar. - (Histoire et Société)

Lou sait que son cousin Toan est un enfant adopté. Tout est clair pour elle et pour lui. Et puis en discutant avec sa tante (mère de Toan), elle apprend que c’est son oncle qui ne peut pas avoir d’enfant. Son oncle étant le frère jumeau de son propre père, Lou déroule toute une réflexion qui l’emmène à découvrir qu’elle ne peut être l’enfant biologique de ses parents, tout du moins de son père. Elle apprend qu’elle est née grâce à la procréation médicale assistée, grâce au don de sperme...
Un roman court et sensible sur le thème de la filiation. Dès 11-12 ans.

coup de coeur Les yeux d’or / M. Desplechin . - Ecole des loisirs. - (Médium)

Dans ce roman, nous suivons le récit à travers trois points de vue qui se succèdent au cours des trois parties : Pierre, un jeune collégien, Sonia, une employée du père de Pierre et Edmée, intérimaire un peu magicienne, avec laquelle Pierre va nouer une relation très spéciale. Pierre se sent très seul : sa mère est partie car son mari ne se consacrait qu’à son travail et son père rentre si tard qu’il ne le voit que quelques minutes le matin. Un soir, c’est Edmée qui lui prépare son repas et dès lors, il ne pourra plus se passer d’elle, d’autant qu’ils partagent des tours de magie. Quand son père lui annonce son remariage avec Melle Leclerc et l’interdiction de revoir Edmée, Pierre fait une fugue qui lui permettra de grandir très vite et de montrer enfin à son père qu’il existe…..
L’alternance des points de vue rend ce récit très vivant et nous rapproche de chaque personnage. La richesse de la relation entre Pierre en quête d’une mère et de son identité et d’Edmée qui cherche également qui elle est, lui donne une vraie profondeur. C’est une sorte de conte moderne qui se déroule dans un univers rendu très poétique par les dons surnaturels d’Edmée dont on se demande si elle est une mère de substitution, un ange gardien, une étoile qui accompagne Pierre dans son aventure…

coup de coeur Le fils du marin / T. Storm. - Syros. - (Les uns les autres)

Récit allemand écrit vers la fin du dix-neuvième siècle. L’intrigue est simple. Le père, marin marchand, veut que son fils entre à son tour dans l’entreprise familiale, et il l’envoie au bout du monde dans un long voyage d’initiation, mais le fils ne rentre que beaucoup, beaucoup plus tard, et tellement changé que son père n’est même pas sûr de le reconnaitre. Il refuse de toute manière de lui pardonner son absence. Le fils repart, définitivement... il trouve la mort lors d’une tempête en mer. Du moins, son père en est persuadé, taraudé par un mauvais rêve. Le vieux père, avant de mourir, lègue son affaire à son gendre, mais que représentent une fille et son mari comparés à un fils...
Tragédie d’une société patriarcale et de l’obstination ou rigidité personnelle. Par ses qualités littéraires, c’est un livre qui pourrait être une transition ou introduction à la lecture des grands romans du dix-neuvième siècle français, de Balzac ou de Stendhal, de Flaubert ou de Zola, romans qui commencent, pour la plupart, lentement avec de longues descriptions qui situent les personnages dans leurs temps et lieux et qui se terminent souvent tristement avec la mort, la séparation ou la déception des personnages principaux.

coup de coeur L’ échelle de Glasgow / M. Malte. - Syros. - (Tempo+)

Marcus Malte aime les paires, d’ailleurs masculines la plupart du temps : père-fils / frère-ami... quand il ne dédouble pas les personnages eux-mêmes. Dans ce roman, il double la mise : un père raconte à son fils dans le coma l’histoire vraie de 2 amis "à la vie, à la mort". Une histoire dans une histoire, différentes et pourtant si semblables, deux histoires d’Amour, sur un fond de musique rock (encore un thème cher à l’auteur.) Un roman émouvant.
Autre lecture : Pourquoi faut-il toujours attendre les moments critiques pour exprimer les sentiments qui nous lient aux proches ? Est-ce la pudeur, l’inconscience ou la gêne qui dicte notre silence ?
Dans ce roman à une voix, un père brise ce silence, pour un beau témoignage d’amour à son fils Mika qui est dans le coma. Un moyen aussi de stimuler sa conscience. Il s’interroge sur ce qui a pu conduire son fils au suicide, lui livre un moment de sa vie où lui aussi était à deux doigts de céder face aux difficultés de la vie...
On ne saura pas grand-chose de ce fils, ni sur son passé, ni sur son devenir. On connaîtra seulement, à trois reprises, l’évolution de son état de conscience (l’échelle de Glasgow).
Une relation s’est enfin instaurée et ne fait, c’est sûr, que commencer...

coup de coeur Faire et défaire / Mathis. - Thierry Magnier. - (Nouvelles)

A priori, des histoires de maçonnerie (mortier, briques, murs à monter, démolir, crépir...) ne devraient rien avoir d’exaltant ! Et pourtant le quotidien de Thomas (15 ans) qui aide son père, artisan maçon, pendant ses temps libres, se transforme en de véritables petites aventures émouvantes, noires, amusantes sous la plume de Mathis.
Dix nouvelles qui nous séduisent et devraient plaire aux adolescents.

coup de coeur Atrabile / H. Gaudy. - Rouergue. - (DoAdo)

Trois générations, trois hommes : le grand-père, le père et le fils, narrateur du roman. Il s’appelait Thomas mais aujourd’hui il est "Atrabile, héros de l’apocalypse". L’apocalypse, c’est l’effondrement de son père suite au décès du grand-père. L’adolescent ne supporte pas que son père "rétrécisse" et refuse de faire son deuil muré dans une sorte de mutisme.
Alors Atrabile fuguera et se cachera dans la maison du défunt. Là, il s’appropriera ce grand-père qu’il n’aimait pas trop parce qu’il ne le connaissait pas vraiment et forcera son père à briser son chagrin en venant le chercher.
Un livre avec une écriture sensible sur les rapports filiaux, souvent faussés par des malentendus mais sauvés ici par l’amour.

Et aussi... :


coup de coeur Le vieux Cric Crac / M. Bloch ; A. Huard. - Syros. - (Paroles de conteurs), 2013

Ça commence par « Il était une fois » et c’est bien d’un conte traditionnel qu’il s’agit puisqu’il nous vient des frères Grimm mais Muriel Bloch le renouvelle magnifiquement en une version aux accents actuels.
Donc, il était une fois un vieux roi qui ne voulait pas marier sa fille trop chérie et obligea les prétendants à une épreuve irréalisable : gravir une montagne de sel. Coup de malchance, c’est sa fille qui tombera dans les entrailles de cette montagne et y restera prisonnière d’un vieux plein de mystère avec sa longue barbe grise. Jusque là fidèle au conte classique, Muriel Bloch transforme alors la jeune fille en héroïne capable de se sauver elle-même et de sauver aussi son amoureux…
Est-ce parce que dès la deuxième phrase, la conteuse utilise le présent ? Est-ce parce-que l’on voit de nos yeux grâce à elle, les images de ce rêve étrange ? Est-ce parce-que le choix rigoureux de chaque mot ne nous livre que la substance du conte ? En tous cas, avec sa voix comme seul outil, Muriel Bloch nous embarque. Bien sûr, il faut rajouter un accessoire auquel le lecteur auditeur ne pourra pas être insensible, c’est l’illustration qui facilite le voyage vers les contrées lointaines de l’imaginaire.
Reste que l’histoire ainsi restituée prend une ampleur aisément accessible dès 6- 7 ans jusqu’à l’âge adulte et retrouve une valeur particulièrement savoureuse.
Autre lecture
Le roi refuse de marier sa fille, très jolie princesse. Pour décourager les prétendants, rien de mieux qu’un défi impossible : grimper au sommet d’un montagne de sel… Les jours passent, les prétendants tombent comme des mouches. A force d’insister, la princesse obtient de son père de pouvoir accompagner un des prétendants. Mais elle sombre dans les entrailles de la montagne… Elle y rencontre Cric Crac, ainsi nommé par le bruit qu’il fait avec ses vieux os… Le vieillard la séquestre pendant 7 ans, jusqu’à ce que...
Dans la bouche de Muriel Bloch qui fait craquer terriblement les os et dans l’illustration, le vieux Cric Crac devient vivant, particulièrement réussi.
Muriel Bloch précise, dans la postface, que Le vieux Cric Crac est un des premiers contes de Grimm qu’elle a raconté et raconte encore car il « a su garder suffisamment d’opacité en (elle) pour ne jamais (la) lasser ». Elle a fait évoluer le conte notamment en dotant la princesse d’un caractère plus affirmée. Et nous partageons avec elle le plaisir de ce conte.

coup de coeur Maman dans le vent / J. Descorde. - Ecole des loisirs. - (Théâtre)

En 16 scènes très courtes, l’auteur met en scène le nécessaire travail de deuil. Un père et sa fille se rendent à la mer... répandre les cendres de la mère. Il y a de la poésie, la difficulté de dialoguer dans les moments de tension, l’instant du choix entre continuer à vivre ou bien... suivre le disparu. Un livre à fleur de peau un peu dur sur certaines scènes.

coup de coeur Anna et le gorille / A. Browne. - Flammarion

Anna est une petite fille solitaire qui adore les gorilles. Elle joue avec, elle les dessine, les imagine, mais n’en a jamais vu "en vrai". Pour son anniversaire, son père lui offre une nouvelle peluche, qu’elle oubliera dans un coin de sa chambre. L’animal va alors grandir, s’animer et emmener Anna au zoo, chose que son père n’a jamais pris le temps de faire. Cette aventure en duo s’avèrera pleine de surprises et grâce à une simple peluche, les rêves d’Anna deviendront réalité.
Gorilles à profusion dans l’univers d’Anna, jusque dans les traits de la statue de la Liberté et les tableaux accrochés aux murs :
- La Joconde, entre 1503 et 1506 - Léonard de Vinci
- Portrait de la mère de l’artiste, 1871 - James Abbot Mc Neill Whistler Statut de la liberté
- La statue de la liberté, 1886 - Frédéric Auguste Bartholdi (et Gustave Eiffel)

coup de coeur Mon papa, il est grand et fort, mais... / C. Saudo ; K. di Giacomo. - Frimousse

Sur le même principe que Allez, au lit, maman !, le narrateur de cette histoire a bien du mal à coucher... son père ! Paternel qui a toutes les qualités si ce n’est qu’il a peur du noir. Il faudra un peu de gentillesse, d’autorité, de patience et de concession pour qu’enfin, notre papa s’endorme.

coup de coeur Le monde de Marcelo / F. X. Stork. - Gallimard

Le monde ne va pas de soi pour Marcelo, il l’appréhende à force d’observation, de règles décryptées grâce à l’éducation spécialisée qu’il a pu avoir à l’école Paterson. Et il se débrouille assez bien, tant que son univers reste routinier, codé selon ses capacités. Mais son père lui demande cet été là d’aller justement plus loin que ce dont il se sent capable. Il lui propose, ou plutôt lui impose, de faire un stage dans son cabinet d’avocat pour se confronter au "monde réel". Beaucoup de bouleversement pour Marcelo qui explique comme il peut à ses nouveaux collègues sa différence, que l’on peut comparer au syndrome d’Asperger : il a de grandes capacités dans certains domaines (la religion par exemple) mais ne réagit pas comme les autres, ne comprend pas forcément les attitudes courantes et a besoin de temps pour analyser une situation. Certains sont très réceptifs, d’autres s’engouffrent dans les failles…
C’est tout d’abord un personnage très touchant qui est dépeint dans ce roman, qui confronté au monde en saisit toute la violence, l’aberration, la compromission. "Comment pouvons-nous vivre alors qu’il y a tant de souffrance autour de nous ?" Lui cherche une réaction juste, veut s’adapter sans se briser. La religion, obsession de Marcelo n’apporte pas l’aide escomptée, c’est en lui-même qu’il devra trouver les ressources pour grandir. Fort, touchant, intelligent. Coup de coeur de Julie

coup de coeur Le voyage de Léna / Guire. - Ecole des loisirs

Contexte : Léna par en voyage avec son père routier à travers les pays d’Europe.
Ce qui est répété : Tu es sans doute Léna + (Situation : don d’une chose)
Remplacement par : Echange
Remarques : Randonnée moderne

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