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Dernière mise à jour :
dimanche 25 septembre 2016

Mot Clé : Solitude




Album(s) :


coup de coeur L’ enfant qui riait tout le temps / Conteur A, Julien M. - Première pression à froid

Un enfant continuellement hilare qui contamine tout son entourage, ce peut être fort sympathique mais aussi très perturbant (à l’école notamment). « Soyons sérieux ! » s’offusquent certains, invitant les autres à quitter la ville grise. Un “cirque rigolo” est créé et tout aurait pu se terminer ainsi, autour de son succès manifeste. Mais l’enfant qui riait tout le temps comprend un jour que derrière les rires tonitruants des spectateurs se cache une immense solitude.
Belle surprise pour cet album, d’un tout nouvel éditeur, qui commence dans un grand fou rire et évolue vers une communion plus intérieure des solitudes. L’illustration, qui joue sur la superposition des formes, interpelle.

coup de coeur Chapeau-renard / Seungyoun Kim. - Didier

Entre rêve et réalité, l’histoire d’une petite fille qui s’est vue confier un renardeau par sa mère partie chasser. Elle, timide, qui aimait la solitude ne peut bientôt plus quitter son nouveau compagnon, qui fait presque corps avec elle.
L’ouverture sur le monde tout en douceur, originalité et complicité, via le règne animal.

coup de coeur Pingouin glacé / C. V. Kitzing. - Joie de lire

La banquise et ses immensités glacées... Un pingouin, seul et transi, tente par tous les moyens de se réchauffer. « Pas très efficace ! » Notre pingouin va mesurer ce que veut dire l’expression chaleur humaine...
Texte de répétition minimaliste qui laisse une large place aux illustrations très tendres.

coup de coeur Ma bouteille : Conte de Noël / HH. - Les mille univers. - (Pains perdus)

Le narrateur nous raconte -texte laconique, voire lapidaire- son double héritage : comme son père, il est devenu père noël ; comme son père, il a toujours une bouteille à portée de main.
Les mots assassinent, les images enfoncent le clou, dans une complémentarité redoutable ; l’histoire est sans appel, celle d’une tendresse refusée qui conduit à la détresse. Album pour adolescents désabusés !

coup de coeur La grande dame et le petit garçon / G. De Kockere ; K. Vermeire . - Rouergue

Pour le petit garçon héros de cette histoire, la dame est bien trop grande, bien trop effrayante pour qu’il ose s’en approcher. Une ogresse à n’en point douter. Mais elle est mystérieuse aussi... Et le petit garçon curieux ! Nous savons bien entendu l’issue de cette valse hésitante ; elle donne le temps d’entrevoir l’imaginaire enfantin qui joue avec ses peurs.
Tout en couleur carton kraft avec des tissus délicatement incrustés, l’illustration est un enchantement graphique et donne corps à cette rencontre touchante.

coup de coeur Mon ami à trois pattes / K. Yamamoto ; H. Ise. - Seuil

Le narrateur, qui vient de perdre sa mère, habite désormais chez sa tante. "Tout le monde était gentil avec moi. Mais j’étais tout seul." Il croise un chien, “Trois-Pattes”, qui partagera désormais sa solitude. Pour tous deux la vie n’est pas facile et chaque coup dur, évoqué dans le texte ou à travers les aquarelles, va droit au cœur du lecteur. Et lorsqu’on se dit qu’ils ont au moins la chance de pouvoir compter l’un sur l’autre, ils doivent se quitter...
Difficile sans doute pour le lecteur d’accepter cette séparation. Mais l’album n’est pas dénué d’espoir : chacun a été présent pour l’autre, l’un pour accompagner la période de deuil, l’autre pour traverser l’hiver, il est temps de faire séparément sa route, plus solide. La narration du héros devenu adulte et la dernière page sont fortes de cette certitude.

coup de coeur La nuit de Léon / Y. Jaulin ; E. Nouhen. - Didier

L’hiver, le froid, la solitude pour le vieux Léon, qui trouve une maison toute isolée dans les bois pour passer la nuit. Nuit troublée par un “drôle de petit bounome”, transi, glacé, gelé. Rien ne semble pouvoir le réchauffer. Quand deux êtres partagent leur solitude, au-delà de la peur, tout devient possible, surtout dans la langue du conteur Yannick Jaulin. Cette histoire d’humanité retrouvée prend donc vie par la langue et ses inventions, mais également par la justesse des illustrations d’Elodie Nouhen.
Un conte à l’univers fort, qui reprend une histoire du CD Merlicoquet et autres contes de randonnée paru début 2009.

coup de coeur L’ enfant de la neige / F. David ; M. Solal. - Motus

Après Voir, entièrement noir, Motus pousse l’audace jusqu’au blanc total. Seuls texte et reliefs viennent troubler l’immaculé. Dans ce blanc, il y a la neige et l’enfant trop blanc pour s’en démarquer. Différent des autres. Donc à bannir. Heureusement, la nature constitue un refuge immuable.
Chacun investira dans cet enfant, force invisible mais omniprésente, la symbolique qu’il veut lui conférer. Mais qui pourrait y rester insensible, tant cette histoire nous renvoie à notre relation à l’autre ?

coup de coeur Une nuit / C. Féret-Fleury. - Motus

La nuit tombe, les flocons recouvrent la ville. Chacun mène sa vie, bien à l’abri. Dehors, une voiture rouge, et un homme...
Dans une concision radicale renforcée par le petit format noir et blanc, Christine Féret-Fleury évoque les villes grouillantes et les drames qui s’y jouent dans la solitude.

coup de coeur Raoul la terreur / C. Cantais. - Atelier du poisson soluble

Papiers découpés, silhouettes crantées pour un face à face a priori inégal : Raoul la terreur croise un “petit” qui ne se démonte aucunement et le déstabilise en démasquant sa solitude et son besoin d’amour. Une nouvelle amitié qui commence ?
Les rapports de pouvoir, mouvement perpétuel, sont traités ici avec humour et une certaine dose de machiavélisme...

coup de coeur L’ ours et les souris / A. Picault. - Kaléidoscope

Un ours solitaire, dans une cabane au fond de la forêt enneigée. Son plaisir : peindre. Cette atmosphère monacale est chamboulée un soir par une invasion de souris pas franchement disciplinées. Elles prennent plaisir à taquiner le vieil ours... Mais lorsqu’elles abîment une de ses peintures, l’ambiance n’est plus à la rigolade...
L’histoire toute simple et pleine de vie d’une amitié improbable.

coup de coeur Vlan ! / P. Dorin. - Rouergue

Les parents de Mima sont très envahissants. Entre leur activité professionnelle et leurs disputes incessantes, il n’y a plus de place pour Mima qui se résout au silence en compagnie de son petit chien Pincha. Chien qui ne réchappera pas de l’ambiance tonitruante du foyer. Voilà de quoi briser le fragile équilibre de cette petite fille qui aura besoin d’une psychologue pour s’en sortir. Les parents dans tout ça ? Ils prennent enfin conscience de leur fille, lui offre un nouveau chien mais Mima a grandi. Elle n’attend pas plus d’eux que ce qu’ils peuvent lui donner. N’espérez donc pas de grandes réconciliations !
Ce résumé peut donner l’impression d’une histoire dramatique, celle d’une petite fille en manque d’amour, mais on prend l’habitude avec Perrine Dorin d’être sur le fil du rasoir : les évènements peuvent être difficiles à vivre, la vision qu’elle en donne est résolument incisive et insolente. Le sourire du lecteur n’est donc jamais bien loin.

coup de coeur Le rêve de Léon / A. de Lestrade ; K. Yamamoto. - Tourbillon

Si l’on en croit ce que dit Tom, tout va bien dans sa vie. Si l’on observe les illustrations, la réalité est tout autre. Cela nous fait sourire d’abord mais au fil des pages, on découvre que c’est l’extrème solitude de cet enfant qui le pousse à se réfugier dans le rêve, s’inventer un ami et idéaliser sa vie. Un album mi-figue, mi-raisin, avec des images très fortes.

Roman(s) :


coup de coeur Un courant d’air / Laurie Cohen. - Alice Jeunesse, 2014

Elle est jeune, une vingtaine d’années, et vit dans la rue. Rien n’est épargné au lecteur, ni le froid, ni l’alcool, ni la violence sous toutes ses formes, ni la saleté. Réaliste.On ne saura pas son nom, elle reste anonyme, mais on suit son parcours. Elle a une jolie voix et un homme lui tend la main, avec des projets d’avenir. Hélas, là aussi, c’est la désillusion, puisque dans cette boîte, les filles jouent quasiment nues. _Etrange roman, rude, où toutes les échappatoires sont bloquées, sans espérance. _Pour grands ados avertis.
Marie Chaillet

A partir de 15 ans

coup de coeur Ce qui ne nous tue pas / A. Dole. - Actes sud. 2014

De la colère. Rien qu’une immense boule de colère noire qui grandit dans le cœur et le corps de Lola. Alors elle gribouille des cahiers, elle ferme ses oreilles aux cris de ses parents, elle devient ce que l’on pense d’elle, une fille froide, une mauvaise élève.
Quand la colère la submerge totalement, Lola fugue. Elle erre et rencontre Simone. Simone qui l’appelle Anna, qui vit dans un océan d’immondices, qui perd la mémoire. Une solitude plus grande que la sienne, un abîme à combler au gré des histoires que Lola lui raconte. La colère fait place à la tendresse et le mot amour prend alors tout son, tous ses sens. Ce qui ne nous tue pas ou le très beau récit de l’adolescence, dans toute son incompréhension, sa tristesse et sa beauté aussi.
Autre lecture
Lola a fui la maison où ne résonnent plus que les cris, le collège où elle s’est grillée tant auprès des profs que de ses amis. Elle fuit et atterrit par hasard au pied d’un immeuble. On appelle, elle monte et découvre une veille femme à la dérive. Auprès d’elle, et au fur et à mesure qu’elle raconte sa déroute, elle retrouve peu à peu de vrais repères.
Deux solitudes qui convergent, l’une qui vit difficilement le divorce de ses parents, l’autre isolée dans la fin de sa vie. Dans le soin que la jeune fille apporte à son aînée, elle reprend le fil de ses émotions, de son humanité et sera prête à reprendre le cours d’une vie laissée abruptement.

Autre lecture : Une jeune fille en perdition prise dans la tourmente d’un déchirement parental fugue et arrive par hasard dans l’appartement d’une vieille femme en fin de vie et atteinte de troubles de la mémoire. Contre toute attente, la rencontre se fera entre ces deux solitudes, ces deux personnes... Un roman que j’ai eu du mal à lire tant l’histoire me semble décousue. Si les thèmes des liens entre les générations, de la maladie et de la crise d’identité de l’adolescence sont intéressants, ils sont traités de manière trop diffuse. Tout parait en définitive survolé. Je n’ai pas eu l’impression non plus d’avoir une histoire crédible. Dommage.

A partir de 14 ans

coup de coeur Les sauvageons / A. Kalouaz. - Rouergue. - (DoAdo)

Un roman d’aventure agréable à lire et très touchant sur le sort de ces enfants du début du siècle dernier, embrigadés dans des camps de redressement pour mineurs, dont le seul tort était souvent d’être nés sous une mauvaise étoile.
On suit les péripéties d’Hippolyte, jeune homme épris de liberté, confronté à la cruauté du monde des adultes. Le récit est très rythmé, on ne s’ennuie pas un instant. C’est très intéressant de voir ce jeune héros grandir au fil des pages, affirmer son caractère et se rebeller contre le sort injuste qui lui est réservé, tout en protégeant son jeune ami.
Un point négatif cependant, je n’ai pas réussi à comprendre son besoin de revenir systématiquement dans le camp d’où il avait réussi à s’échapper. Malgré l’amitié très forte qui le lie à son ami, il me semble que le récit ne parvient pas vraiment à justifier le côté un peu masochiste d’Hippolyte.
Mais dans l’ensemble, j’ai apprécié cette histoire, d’amitié notamment, sur ces enfants marginalisés, traités comme du bétail par leurs bourreaux puis chassés par les habitants des villages alentours.
Autre lecture
Itinéraire d’un enfant puni pour vagabondage et envoyé dans une colonie agricole dans la France de la fin du XIXème siècle. Hippolyte, à la mort de son père part en apprentissage chez son oncle. Las de ses conditions de travail, il s’enfuit bien vite. Arrêté, le juge l’envoie dans une colonie. Il y partage la vie d’autres enfants nés eux aussi sous une mauvaise étoile. Mais à côté des conditions terribles de vie, il y découvre l’amitié. Malgré les risques, Hippolyte décide de fuir ce bagne et de tenter de rejoindre sa mère...
Le roman décrit la vie misérable et violente des enfants condamnés, de l’aube au coucher du soleil, au travail, à la saleté et à la faim. Leur crime ? être orphelin, sans tuteur ou encore abandonné et avoir été contraint de chaparder pour survivre. Les peines sont lourdes pour ces innocents. A travers la figure d’Hippolyte, l’auteur dénonce un système social injuste et condamné. Cet ouvrage en forme de témoignage émouvant est porté par une belle écriture. Un livre intéressant.
« Ici, on pouvait être puni parce qu’on chuchotait dans les rangs, mais aussi parce qu’on se faisait mal en travaillant, que l’on attrapait la fièvre, lorsque la nuit vous fait grelotter sous la couverture trop mince. Le règlement était parsemé d’embûches, de pièges dans lesquels il ne fallait pas tomber. »

coup de coeur La fille seule dans le vestiaire des garçons / H. Ben Kemoun. - Flammarion. - (Emotion). 2013

Comment Marion a-t-elle pu succomber aux charmes d’Enzo, le même qu’elle envoyait au tapis quelques jours plus tôt parce qu’il l’avait draguée de façon insistante et irrespectueuse ? Comment en est-elle venue à embrasser ce garçon qu’elle méprisait ? « Est-ce qu’on tombe amoureuse par faim d’amour, par peur de la solitude ou du grand vide, pour se prouver qu’on peut plaire ? » La conséquence de ce moment de faiblesse : une humiliation cuisante, le baiser avec le bel Enzo n’étant que le point d’orgue d’une vengeance mise en scène par Enzo et ses potes et se retrouvant sur youtube avec le commentaire : Marion, fille facile. Marion n’avait pas besoin de cet épisode désastreux, tant sa relation aux hommes était déjà en souffrance : son père, parti à l’autre bout du monde les abandonnant elle, sa mère et son petit frère a fait bien des dégâts.
Humiliation, vengeance, réseaux sociaux, un bien mauvais mélange qui aurait pu terrasser Marion, l’enfermant dans la rage et la solitude. Mais les vrais amis la sauveront d’une déroute certaine...
Un happy end un peu facile, mais retenons plutôt, dans cette histoire prenante, les personnages attachants, notamment le petit frère compréhensif et très intelligent et la vivacité des sentiments.
Autre lecture
Marion est une adolescente seule et courageuse. Elle tient tête aux petits caïds du lycée qui tentent de jouer avec elle. Mais humiliés, ces derniers vont tâcher de faire de sa vie un enfer. Reste son petit frère, à la fois attachant et énervant, en tout cas haut en couleurs et sa mère qui se débat avec ses propres problèmes. Au-delà, sa seule bouée de sauvetage est la musique et son carnet de morceaux personnels qui l’accompagnent, jusqu’à ce que le livre disparaisse...
Entre harcèlement et peur, c’est la rage qui domine chez Marion. Ses sentiments sont tellement forts qu’ils l’empêchent d’avancer. Comment dès lors arriver à se reconstruire, à reformer un sas de confiance ? Le récit retrace avec justesse les moments forts de solitude et de désespoir que peuvent traverser les jeunes, entre deux âges, entre deux mondes. Un livre réussi à l’écriture vive et incisive.
«  Si j’avais eu un père, il serait venu rectifier la tronche de ces quatre salopards. Il les aurait chopés un par un ou ensemble pour leur faire payer l’affront fait à sa fille. Ensuite, en quelques mots justes, pour me rassurer, il aurait aussi su me faire croire que je valais mille fois mieux qu’eux et que je restais la plus exceptionnelle du monde. Et j’aurais tout gobé, de la première à la dernière syllabe. Si j’avais eu un père, je n’aurais pas fait cela. Ou pas ainsi. Seule, je devais me débrouiller seule.  »

coup de coeur Quand j’étais cagibi / H. Gaudy ; E. Harel. - Rouergue. - (Rouergue)

Puisque personne ne s’occupe d’elle, la jeune Amy décide de s’enfermer dans le cagibi et compte bien y rester ! Alors que la jeune fille ne demandait qu’un peu d’attention, elle se retrouve confrontée à elle-même. Sa mère semble persuadée qu’elle sortira de son propre chef tandis que son père n’a encore rien remarqué. Face à cette incompréhension, elle résiste et commence même à décorer son cagibi où elle ne manque désormais de rien. Coupée et isolée du monde, elle essaie pourtant de découvrir ce qu’il se passe de l’autre côté de la porte. Tous ses sens lui permettent de garder un faible lien avec sa famille, en particulier avec sa sœur...
L’histoire, illustrée par Emilie Harel, est aussi touchante qu’amusante. A travers les pensées d’Amy, on retrouve toutes les espérances d’une jeune fille de cet âge : de l’attention de la part de ses proches et de la compréhension.
Autre lecture
Amy a l’impression de ne plus exister aux yeux de sa famille. Elle décide donc de s’installer dans le cagibi afin de se retirer complètement. De là, elle voit et observe le comportement de ses parents... Comment va réagir sa famille ? Arrivera-t-elle à sortir de ce cagibi et à trouver enfin sa place ?
Un récit en forme de conte où le retrait soudain d’Amy amène chacun à prendre de la distance pour mieux s’interroger sur ce qu’il est et ce qu’il attend des autres. Si le fil de l’histoire s’égare par moment, le message final reste actuel. Nous avons tous besoin parfois de faire une retraite. A chacun de trouver son cagibi...
« Dans mon cagibi, j’ai appris à reconnaître les silences de la maison.
Ceux de quand il n’y a personne.
Ceux de quand on veut être tranquille.
Ceux de quand on n’a rien à dire.
Ceux de quand on est fâché.
Et puis, celui-là. Le silence de quand on voudrait bien faire sortir sa fille d’un cagibi.
 »

coup de coeur La rusalka / E. Bow. - Alice. - (Fantasy)

Kate est maintenant orpheline. Plus de protection, plus d’apprentissage avec son père sculpteur sur bois, la voilà livrée à elle-même dans un environnement précaire. Les épidémies, la faim rendent les villageois méfiants et la moindre différence suffit à stigmatiser un individu. Kate avec son physique disgracieux et ses compétences hors norme est vite désignée et doit quitter le village. Une décision précipitée par l’intervention d’un individu étrange aux pouvoirs redoutables : ce Linay sera désormais étroitement lié à son destin.
Un roman étrange, envoutant, déroutant, qui brouille les frontières entre la vie et la mort, la "normalité" et la sorcellerie, l’homme et l’animal, les motivations légitimes et les moyens pour parvenir à ses fins… Kate qui a donné son ombre pour survivre et ne plus être seule (son compagnon de route est un chat loquace), mesurera dans sa chair toutes ces interactions. Et c’est seulement lorsqu’elle décidera de prendre la main sur son destin qu’elle pourra trouver sa place et assurer son avenir.
Autre lecture
Un conte noir ou le récit d’une vengeance. Kate est orpheline et par temps de famine, pour survivre, elle échange son ombre contre quelques nourritures. Mais pour que le troc soit équitable et donc valable, le sorcier blanc accorde aussi la parole à son chat Loque. Elle est alors suspectée par les villageois de sorcellerie et se voit contrainte de fuir. Elle quitte la ville avec un groupe de nomades où elle tente d’être acceptée, grâce à ses dons de sculpture sur bois. Mais les malheurs se succèdent, la mort rôde dans toute la région et son absence d’ombre risque d’être révélée à tout moment, la désignant une nouvelle fois comme paria. Pourchassée, elle est recueillie par Linay, le sorcier blanc, et découvre peu à peu la terrible vérité...
Un conte étrange et fort, illuminé par la force de caractère et le courage de l’héroïne et par la personnalité indépendante de son chat. Le lecteur se laisse entraîner de la campagne à la ville par les événements qui se succèdent, et tremble avec Kate. La couverture est belle et le papier très agréable. Un livre à découvrir.
« Ma mère et lui étaient jumeaux. Ils étaient toujours ensemble. On aurait dit qu’ils partageaient le même cœur. Je me souviens que notre campement était à l’extérieur des murs de Lov, près de la rivière. Quand ma mère est morte, je veux dire. Mon oncle a trouvé son corps qui flottait contre la grille de la rivière. (...) Il a pris son ombre : voilà pourquoi je t’en parle. »

coup de coeur La toute première fois / L. Strasnick. - Albin Michel. - (Wiz)

Une page, la première, et l’on saura tout de "la toute première fois" de Holly. Rapide, froid. Un peu à l’image d’Holly, telle qu’elle nous apparaît au départ en tout cas : détachée de ses sentiments. On comprend très vite que la mort de sa mère, quelques mois auparavant, a laissé un vide affectif immense et que Holly gère mal ses émotions. Mais le partenaire sexuel qu’était Paul, celui de la première fois, prend davantage d’importance à ses yeux. Ce qui n’est pas réciproque puisque Paul a une petite amie officielle. Le fossé se creuse, d’autant que cette dernière, Saskia, devient l’amie d’Holly. Rendez-vous secrets avec Paul, pour que Saskia ou Nils, son meilleur ami, ne sachent rien… Holly s’enfonce dans une profonde solitude. Lorsque vérité éclate, Holly n’est plus qu’une "sale pute" aux yeux de tous.
Nous suivons le parcours douloureux d’une jeune fille éperdue d’amour mais qui ne possède plus les codes émotionnelles. Holly semble tout subir sans jamais se révolter. Mais elle réapprendra, avec sa force et ses fragilités, à s’aimer et à se pardonner (on apprendra subrepticement qu’elle était partie en vacances juste avant la mort de sa mère), avec une autre vie possible, ailleurs...

coup de coeur Ma sœur vit sur la cheminée / A. Pitcher. - Plon

Pour Jamie, 11 ans, narrateur de cette histoire, la vie est semée d’embûches. Depuis que Rose, la jumelle de Jasmine, est morte dans un attentat à Londres, son père boit, sa mère est partie avec un autre homme et Jasmine, qui tente d’exister par elle-même, ne se nourrie presque plus. Mais elle, au moins, est là pour son frère et inversement. Et heureusement car les adultes ne gèrent plus rien. Soumya est là également, nouvelle camarade de classe, mais son père ne doit rien savoir de leur amitié : ce sont les musulmans qui ont tué sa fille et il leur voue une haine farouche et aveugle. Les choses vont de mal en pis mais James n’est pas prêt à laisser sombrer sa famille. Il est persuadé qu’une émission de téléréalité peut les sauver.
C’est toute la souffrance d’une famille qui est disséquée ici, avec la solitude dans laquelle chacun se mure. Mais la solidarité entre James et Jas, plus forte que le drame, permettra à chacun de se relever.
Larmes assurées pour peu qu’on se laisse porter par l’histoire. Mais le regard plus détaché du jeune Jamie évite le mélo et assure au roman dur et intense une note d’espoir…

coup de coeur Coline, 17 ans, dans la rue / V. Lacroix. - T. Magnier

Coline claque un jour la porte de chez elle pour ne plus y revenir. Quelques affaires, son portable, son chien, Lyon sera désormais son toit. Besoin de distance pour faire le point. Réponses sommaires aux SMS des copines, pas de nouvelles de sa mère si peu présente auparavant (noyée dans l’alcoolisme depuis la mort du père) ; et son grand-père, doit-elle le contacter ? Coline ère, se cherche, s’affirme, traverse les mois avec détermination. Elle renoue peu à peu les contacts avec ses proches mais ne se sent pas encore prête à rentrer. La colère est épuisée, bientôt, elle pourra envisager un avenir, forte de toutes ses rencontres.

coup de coeur Le cantique des elfes / M. Chirousse. - Thierry Magnier

Jessica est devenue une accro d’Ultramonde, espace virtuel dans lequel elle incarne Lady Kerridwen. Au château d’Osgarth, elle fait la rencontre de Lupus Negrus, un étrange personnage qui semble en savoir déjà beaucoup sur elle. Les échanges par mails sont quotidiens et le désir de la rencontre réelle devient pressant. Pour Jessica en tout cas. Elle découvre que le mystérieux correspondant n’est autre que Tom, un voisin de classe presque inexistant aux yeux de tous. Le correspondant se révèle bien timoré dans la vraie vie mais cela ne l’empêche pas d’entamer une relation amoureuse. Au fil de leurs rencontres, Jessica découvre un jeune homme délaissé par ses parents, qui vit seul dans un grand appartement. Sa vie par procuration dans Ultramonde apparaît bien vite comme un leurre pour tenter d’exorciser la souffrance et la solitude de son existence quotidienne. Et quand, au final, on le découvre complètement déconnecté de la réalité, on se demande si ce n’est pas dans son existence virtuelle qu’il est le plus vivant.
Un bon roman à mettre dans les mains des adolescents accros à la virtualité d’internet. L’histoire est plaisante à lire et peut fournir une approche pédagogique pertinente sur les risques de dépendance aux univers virtuels.
Autre lecture
C’est une histoire à trois voix, ou peut-être plus si l’on considère que mener une vie virtuelle constitue également une vie. Ultramonde est le refuge d’ados, Jessica, Héléna et Tom qui jouent tous les trois des rôles où ils se subliment. Si pour les deux jeunes filles, le jeu est une échappatoire, pour Tom, l’enjeu est plus fort et la confusion avec la vie réelle plus dangereuse.
Choisir sa vie, dans le réel ou le virtuel, comme un moyen de se donner confiance ou de fuir, tels sont les équilibres à trouver pour ces jeunes en quête d’eux-mêmes...

coup de coeur Voie interdite / A. Vantal. - Actes Sud

Un jeune homme est en fuite. Il a quitté la maison, a rassemblé quelques affaires dans un sac et il est parti. Il se dirige désormais vers un campement abandonné dont lui parlait Patou, son grand-père, seule famille qui lui restait. Et Patou est mort. Et lui est resté seul. Il s’installe donc dans un bungalow abandonné, commence à vivre, certes sommairement mais sereinement. C’est dans ce dénuement et cet isolement qu’il retrouve en lui une certaine paix. Mais au fait, pourquoi fuit-il ? Et qui est cette Alexia qui vient hanter ses nuits ? On se demande aussi pourquoi il s’est tant appliqué à faire disparaître toute trace de lui.
Les réponses arrivent, en filigrane, tissées autour du récit de son quotidien d’ermite puis, d’un seul coup, à la fin, les fils viennent se tresser, se tendre comme une étoffe qui enserre jusqu’à la suffocation. En découvrant le sens de son errance, on se retrouve en équilibre sur le fil si ténu qui sépare en chacun de nous humanité et bestialité. Les frissons perdurent bien après la dernière page tournée. Comme si, même terminée, l’histoire continuait de résonner à l’intérieur de nous.
Autre lecture
Description froide, détaillée, presque chirurgicale du grand voyage de ce héros. On sait de lui qu’il part s’isoler loin du monde, après un terrible chagrin d’amour, pour ne plus voir personne, au moins pour un temps. Le style froid laisse bientôt apparaître des bribes de vérités qui viennent fissurer l’image de victime de ce jeune adulte. La fameuse Alexia a bien refusé de l’accompagner dans ce bout du monde de campagne mais c’est tout le reste de l’histoire que le lecteur, de plus en plus effaré, découvre petit à petit... Portrait étouffant d’un antihéros ... Coup de coeur de Sandra

coup de coeur Pourquoi Emma-Jane est tombée de l’arbre, et ce qui s’ensuit… / L. Tarshis. - Bayard. - (Millézime)

Ce livre au titre énigmatique met une scène une « étrange » collégienne d’une douzaine d’années. Intelligente et posée, Emma-Jane a hérité de son père, brillant mathématicien décédé deux ans auparavant, un esprit redoutablement rationnel et logique. Elle préfère se tenir à distance de ses camarades dont les comportements, souvent, lui paraissent inadéquats, voire incompréhensibles. Ce qui ne l’empêche pas de les observer avec une réelle attention, un peu à la façon d’un zoologue, et les cerner avec justesse. Un jour, cependant, elle sort de sa réserve et se met en tête d’aider Collen, puis Will, qui sont dans sa classe, et aussi Vikram, un étudiant indien qui sous-loue le dernier étage de sa maison. Par empathie, elle tente de les sortir de situations douloureuses ou injustes, mais à leur insu, sans les prévenir, et en usant de méthodes peu orthodoxes. Le succès est indéniable, mais les conséquences inattendues et parfois incontrôlables... A sa manière, Emma-Jane prend sa revanche sur le destin, elle en sort grandie : elle s’est réappropriée sa vie et s’est fait des amies.
En peu de pages, il est question à la fois du deuil, de la solitude, et surtout, de l’amitié si souvent fusionnelle à cet âge, du regard d’autrui et de la difficulté à trouver la bonne distance entre soi et les autres. Avec une intrigue qui réserve quelques surprises et des personnages atypiques et attachants, ce récit résolument drôle et optimiste séduira à coup sûr les plus jeunes dès 10 ans par son univers décalé, empreint de poésie et non dénué d’une certaine sagesse.

coup de coeur Le complexe de l’ornithorynque / J. Hoestland. - Milan. - (Macadam)

Trois voix pour trois solitudes. Une jeune fille, Carla, en mal d’amour ; Rose, handicapée, en mal d’enfant ; un jeune homme, Aurélien, partagé entre une homosexualité à peine assumée et la volonté de ne pas blesser Rose qui est amoureuse de lui…
On est seul, irrémédiablement, mais cela n’empêche pas de jeter des ponts pour alléger sa peine, pour se réconforter de temps en temps, pour garder l’espoir de plus beaux lendemains…

coup de coeur Trop de chance / H. Vignal. - Rouergue. - (DoAdo)

Est-il normal de "faire un travail sur soi" et de se sentir aussi mal ? Est-il normal de se sentir si malheureux quand tant de personnes s’accordent à répéter qu’"on a beaucoup de chance" ? L’héroïne de cette histoire vit ce constant décalage entre ce que les adultes lui serinent et ce qu’elle ressent profondément. Elle arrive, au fil du texte, à identifier de plus en plus clairement son malaise : ce Monsieur Maurice Lepoivre, Maître de ses parents et de tant d’autres, qui tient à avoir des tête-à-tête avec sa sœur aînée, n’est pas si bénéfique qu’on veut lui faire croire...
Désirs d’être reconnue par le Maître, d’avoir sa famille pour elle-seule, et d’affirmer tout haut ce qu’elle pense, cela fait beaucoup de contradictions pour une petite fille. Et nul adulte à l’oreille attentive...
Un roman court, très dense et assez sombre, qui évoque l’univers des sectes, de l’intérieur et du point de vue de ceux qui n’ont pas choisi d’être là.

coup de coeur La grosse / M. Sachs. - Labor. - (Zone J)

Nous sommes aux Etats-Unis. Jeff s’inscrit au cours de poterie du lycée et tombe amoureux de Norma. Sa vie familiale est difficile : il vit avec sa mère malheureuse et dépressive depuis son divorce, et sa petite sœur Wanda s’apprête à rejoindre le nouveau foyer de son père. Au lycée, il côtoie Ellen, une fille très grosse, très mal dans sa peau, et qui semble en admiration devant lui. Très méprisant, il l’appelle « la grosse ». Lorsqu’elle lui fait part de son intention de se suicider, il décide de la prendre en charge, d’être celui qui va la transformer. Et en effet, en suivant à la lettre les conseils de Jeff, Ellen va très rapidement perdre du poids, devenir coquette, et trouver une certaine assurance. Jeff éprouvait à son égard une rage obsessionnelle, puis de la pitié, leur relation ressemble dorénavant à de l’amour. Lorsqu’elle commence à vouloir décider elle-même de ce qui lui convient, Jeff n’est plus vraiment d’accord...
Ce roman met l’accent sur une relation très particulière : l’amour/pouvoir sur l’autre. Jeff aime Ellen, mais à condition qu’elle devienne sa créature et qu’elle lui appartienne. Dès qu’elle veut décider de sa vie, le malaise de Jeff devient plus prégnant et révèle une solitude abyssale... Coup de coeur de Julie et Florence L.

coup de coeur Le cabossé / C. Mazard. - Syros. - (Les uns et les autres)

Cette année, c’est à Nicolas que revient l’honneur de chambrer M. Laitier, le vieux professeur de français atypique. Les critiques acerbes visent surtout ses envolées lyriques quand on évoque le mot de poésie, ses vêtements usés et démodés et son cabas vieillot qui semble aussi antique que son propriétaire. Nicolas se flatte des ricanements complices des autres élèves et amplifie les sarcasmes et humiliations envers son professeur pour s’attirer l’admiration de ses camarades. Mais il rencontre un jour le caïd de l’an dernier : Olivier l’avertit de son imprudence et l’invite à réfléchir sur ce que peut vivre et ressentir M. Laitier. Nicolas décide de suivre le professeur, jusqu’au cimetière, et découvre la misère humaine : le vieux poète qui nourrit les chats au Père Lachaise traîne derrière lui un boulet de solitude. Ignoré de sa famille, humilié par ses élèves, il a fini par se réfugier dans l’alcoolisme.
Un roman un peu court qui a le mérite d’amener les adolescents à comprendre la souffrance des autres pour ne pas en faire une faiblesse ou une honte mais un moyen de cultiver des rapports humains nourris de tolérance.

coup de coeur Mon p’tit vieux / J. Hoestland ; S. Martin. - Le Baron perché. - (Les orpailleurs)

Ca commence comme une histoire banale et légère : un gamin agacé par le vieux du coin, un peu bougon, un peu crado. Mais un petit vieux qui fait malgré tout partie du paysage, et même un peu plus. Et puis un jour, on le retrouve sur le bitume, défenestré. Et il faut bien, alors, affronter la vérité : le vieux, dans sa solitude et sa pauvreté, ne pouvait plus vivre. Depuis, Tim a l’oeil sur les vieux, il se promet de ne plus les regarder de la même façon. Un roman pour les plus jeunes, entre vie quotidienne et drame de la vie, une de ces tranches de vie qui font irrémédiablement grandir.

coup de coeur C’est tout de suite le soir / S. Cassim. - Pocket

Myrtho depuis sa naissance a toujours eu une relation privilégiée avec Barnabé, son grand-père. Le roman est une succesion de chapitres courts, échos de ces moments dans l’enfance et l’adolescence de Myrtho. On retrouve avec bonheur l’écriture de Shaïne Cassim, un style à fleur de peau pour exprimer l’essentiel. Un ouvrage sur la place qu’il faut se faire dans la vie, avec pour compagnie inévitable la solitude. Coup de coeur de Julie

coup de coeur Tête de molaire / C. Carré. - Actes Sud Junior. - (Cactus Junior)

Nelly ressemble à une Tête de molaire : elle est née dans des conditions difficiles... Son apparence influe sur l’opinion que les gens se font d’elle et il n’y a que sa grand-mère pour savoir qu’elle n’est pas idiote. Se sentant vieillir, cette dernière cherche à renouer contact avec le père de Nelly. La rencontre sera très difficile...
Un roman où le handicap est synonyme de grande solitude, où le regard d’autrui ne va guère au-delà des apparences.
Un livre pour adolescents à partir de 13 ans, nécessitant une discussion a posteriori.

Et aussi... :


coup de coeur Timouk, l’enfant aux deux royaumes / Yun Sun Limet ; Guillaume Connesson ; Delphine Jacquot ; Claire-Marie Le Guay. Lu par Marie Gillain. – Didier (Contes et Opéras), 2014

Sur une île, royaume à la singulière étrangeté, Timouk fils de roi, est frappé de malédiction par un merle moqueur. Devenu muet, il va traverser des tableaux, franchir la ligne imaginaire de ses songes, explorer des paysages inconnus, reflets du monde et de son intériorité. Héritier d’un royaume qu’il ignorait, il rencontrera un tigre puissant et bienveillant, un piano au sourire d’ivoire, un gardien de parc mélomane, le silence… Au centre de cet univers fantasmagorique et musical, il retrouvera sa voix.
Sur une idée originale de la pianiste Claire-Marie Le Guay, ce conte musical est une splendeur. Entre réalité et songes, le texte de Yun Sun Limet porté par la voix mélodieuse et tout en finesse de Marie Gillain, dialogue avec la musique originale et flamboyante de Guillaume Connesson. Ce compositeur contemporain rythme à merveille sa partition et lui donne une couleur onirique particulière. Delphine Jacquot illustre avec beaucoup de fantaisie l’album. Tous les artistes sont à l’unisson pour cet ouvrage magnifique où l’émotion se fait chef d’orchestre. Ecoutez, entrez dans ce royaume où même les tigres ont la parole ! Vous en ressortirez transformés. Claire Py

A partir de 6 ans

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