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Dernière mise à jour :
dimanche 25 septembre 2016

Mot Clé : Résistances




Album(s) :


coup de coeur Tu te crois le lion ? / Urial ; L. Le Saux. - Didier. 2014

« Des ordres, encore des ordres, toujours des ordres », c’est à peu près tout ce qu’il est capable de vociférer, avec des paroles vexantes en prime. « Admirez moi ! Grattez moi les fesses (...) Et que ça saute ! (...) Vous êtes nuls ! » Les animaux qui entourent ce roi lion -qui se fait appeler Trop-puissant- se fatiguent très vite de sa tyrannie et s’en vont un à un. Le lion, sûr de son assise, est convaincu qu’ils reviendront.
Sur la plage, les animaux retrouvent doucement mais très sûrement des habitudes respectueuses, joyeuses, libres et paisibles. Et lorsque le lion tente de s’immiscer, il sera vite remis à sa place !
Les illustrations en papiers collés, pleines de peps, les échanges livrés dans une typographie dynamique contribuent à une histoire vivante, intelligente et presque militante : l’album invite à une résistance au pouvoir imbécile et arbitraire, dans la fermeté et la non violence.

coup de coeur L’ arbre de paix / A. Jonas ; R. Lejonc. - Flammarion. - (Père Castor). 2013

« C’était un homme (...) Là où la vie l’avait fait naître, il n’était pas bien. » Autour de Youba, il y a les assoiffés de sang, de pouvoir et de guerre. Alors, depuis l’enfance, il chante pour que ses mots disent l’ailleurs, la paix. Mais sa résistance provoque l’ire irraisonnée des hommes de guerre. Youba sera tué. Sur sa tombe pousse un arbre fragile mais toujours plus grand, toujours plus puissant, pour chanter les mots de Youba et les donner au monde...
Voilà un album saisissant ! Son texte incisif, soutenu par des illustrations fortes, dénonce la violence des hommes érigée comme système de vie et nous donne à résister avec Youba, pour la vie, pour la paix.
« Le temps de la vie est si court...
Pourquoi le trancher encore ?
La paix épargne demain.
Elle sauve la douceur des mangues
Et promet la confiance d’une lune pleine. »

coup de coeur Les Frères Moustaches / A.Cousseau ; C. Duterte. - Rouergue. 2013

Les frères Moustaches peuvent être trois ou cent ou mille, ils n’ont pas forcément de moustache mais sont dotés d’une résistance farouche ! De tous temps et en tous lieux, ils se dressent contre les tyrans et les généraux qui sèment la terreur. Point de violence de leur part, leur seule arme : le rire, le pastiche, la dérision.
Les puissants sanguinaires contre les saltimbanques pacifiques, violence et facéties coexistent dans le texte comme dans l’illustration. Mais ce sont bien les Moustaches qui ont le dernier mot : « Quand on rase une moustache, elle finit toujours pas repousser. »

coup de coeur Tour de lapin / M. Engler ; F. Oral. - Minedition

« Il en a toujours été ainsi (...) Le fort chasse le faible. C’est la vie. » Ainsi répond le chien au lapin qui lui demande pourquoi ce dernier s’évertue à l’effrayer, à le pourchasser. Au fil de ces courses poursuites, Lapin se conforte dans l’idée que « ce n’est pas parce que les choses ont toujours été ainsi qu’elles doivent le rester. »
Le bonheur est à portée de main lorsqu’on se donne la peine de le construire, dans une union qui fait force de loi.

coup de coeur Missak, l’enfant de l’affiche rouge / D. Daeninckx ; L. Corvaisier. - Rue du monde

L’auteur donne la parole à Missak chassé de sa terre d’Arménie et mort sous les balles allemandes durant la seconde guerre mondiale. L’album entier vibre de la liberté qui a porté Missak et ses camarades, malgré la vie difficile d’immigrés, malgré la guerre. La célébration de la vie, la poésie et la résistance comme mots d’ordre !
En fin d’album, des documents d’archive complètent ce bel hommage aux hommes exilés qui ont donné leur vie pour un pays d’adoption, au nom de la liberté.

coup de coeur Monsieur T / F. Millard. - La cabane sur le chien ; Amnesty international

Parler d’un sujet grave aux enfants est toujours une gageure. Que dire pour sensibiliser, sans traumatiser ? Fanny Millard a choisi une approche intéressante pour parler de la vie de Monsieur T, contestataire dans un état totalitaire. Le texte est grave, mais scandé dans des allitérations en T, qui apportent comme une respiration dans la violence du propos.
L’illustration, elle, joue autour d’un sachet de thé, pour suggérer l’oppression, l’horreur de la torture.
L’ensemble constitue un support, déroutant et original, à une discussion avec les adolescents.

coup de coeur Vite, cachez-vous ! / F. Asch ; D. Asch. - Albin Michel

Les Asch, père et fils, nous offrent une nouvelle histoire de chats et de souris. Antagonisme, forcément, mais il y a aussi Madame Merlot, chatte charmante et très classe, qui choisit de casser les stéréotypes : elle protége et chérit chez elle une famille entière de souris. Cela ne va pas sans risques, surtout lorsque débarque la Sûreté féline...
Charme désuet de l’image, détails à profusion à observer, à débusquer. On frémit dans les moments de danger, puis on profite de la sérénité et de la complicité retrouvées. Et libre à chaque lecteur, selon son niveau de compréhension, d’y déceler une portée plus politique voire historique...

Roman(s) :


coup de coeur Résistez, poèmes pour la liberté - Char, Aragon, Eluard et tous les autres (1939-1945) / Anthologie présentée par Danièle Henky. - Seghers Jeunesse, 2015

Belle anthologie, complétée par une nouvelle qui met en perspective la question de la résistance aujourd’hui, à travers l’engagement des jeunes qui ne sont pas si passifs... Pertinent pédagogiquement, une édition bien pensée, une introduction bien problématisée. Niki

A partir de 14 ans

coup de coeur Germaine Tillion : un long combat pour la paix / Jeannine Teisson. - Oskar Editeur (histoire & société. Résistants et résistantes), 2014

Dans la lignée des livres de cette collection, ce récit fait découvrir la vie de Germaine Tillion. Une personnalité méconnue des jeunes mais qui vient d’être honorée au Panthéon. Moi-même, j’ai beaucoup appris sur cette femme courageuse et volontaire. Elle a été prisonnière à Ravensbruck, a vu les siens mourir et a lutté, pendant le conflit franco-algérien, pour le retour de la paix et le respect de chacun. Elle a passé toute sa vie à se battre pour les droits de l’homme…et de la femme. Jusqu’à la fin de sa vie, elle a refusé toute violence. Le texte est clair, bien documenté et agréable à lire. C’est une bonne manière de découvrir une grande figure de l’histoire trop longtemps méconnue. Le dossier à la fin est peut-être un peu trop dense. Nathalie Bertin

A partir de 11 ans

coup de coeur Août 1944 La résistance libère Paris / Gérard Streiff. - Oskar ( Histoire Société). 2014

Ce documentaire relate la libération de Paris par les parisiens, résistants ou simples habitants. Jour après jour, la rébellion monte et la mise en route de la libération se met en place. C’est d’ailleurs grâce à cette libération menée par les oppressés que la France a su regagner son statut de nation indépendante au yeux des alliés, et ainsi éviter le statut de pays sous contrôle américain. Un récit précis et bien écrit. Marie Grandgirard

A partir de 10 ans

coup de coeur N-H. / S. Tamaillon - Oskar. - (Science-fiction)

Nous voici projetés dans quelques siècles, dans un futur qui a de tristes ressemblances avec le passé et la domination nazie en Europe. La planète Polis est peuplé d’humains, et les non-humains (les N-H) qui y arrivent en migrants clandestins sont emprisonnés, maltraités et exploités. Polis est gouvernée par un dictateur, le général Kasp, chef du Parti Noir, dont l’obsession est de produire une nouvelle race de surhommes. Il est même prêt à sacrifier sa propre fille, Lucia, pour les expériences nécessaires. Mais Lucia fait partie d’un groupe de résistants qui luttent contre la dominance du Parti Noir. Le suspense du récit tient au fait de savoir si le groupe va réussir à libérer Lucia avant qu’il ne soit trop tard.
Roman d’anticipation qui nous avertit des dangers du racisme et de la discrimination, N-H est aussi un roman d’action violente, d’armes sophistiquées et de corps carbonisés. Mais il est surtout un appel à la résistance !

coup de coeur Le fichier des bannis / J. Asklund. - Oskar. - (Science-Fiction). 2013

Pourchassé par des miliciens, Felip, adolescent opposé au régime totalitaire de son pays, s’engouffre dans une cachette. Garfeld, pourtant fonctionnaire et occupant un poste clé au sein de cette dictature, assiste à la scène mais n’en souffle mot à personne. Il n’imagine pas l’aventure dans laquelle il s’est ainsi engagé, car, en nouant des liens avec le jeune Felip, il se voit demander par les opposants de pénétrer dans l’ordinateur central pour obtenir des informations sur le lieu de déportation des "bannis".
Très bon roman qui fait bien sûr allusion à la déportation des années 40, et qui interroge sur la capacité de chacun à garder son libre arbitre même (et surtout) lorsqu’on est bien intégré dans une société (mais en l’occurrence dans une société qui va mal).

coup de coeur Du sable entre tes doigts / P. Favaro. - Le Muscadier. - (Place du marche). 2013

Un court roman qui aborde les conséquences de la crise des subprimes sur des milliers de familles américaines par le regard de Jordan et sa mère, contraints de vivre dans leur voiture, sillonnant l’Amérique. Le propos est engagé mais ne se résout pas à une simple démonstration. On s’attache aux personnages du livre et à son atmosphère, grâce à des courtes scènes de vie quotidienne, des rencontres fugaces. On découvre par petites touches tout au long du livre comment ils se sont retrouvés d’une maison familiale à une situation d’errance. On a l’impression en même temps de vivre « au jour le jour », et que cette maison est bien lointaine, un mirage du passé : on a au départ peu d’indications temporelles, y compris dans l’enchaînement des scènes situées au « présent ». Un coup de cœur !
Autre lecture
Par chapitres courts, nous découvrons comment Jordan et sa mère en sont arrivés à dormir dans leur van derrière l’église de Cleveland. Avant, lui et ses parents avaient un toit. Un crédit "subcrime" les a laissés sur la paille. Le père est parti, il a fallu composer avec une nouvelle réalité. C’est cette vie quotidienne faite de débrouilles, que nous découvrons entre ces pages, mais aussi la solidarité entre les routards, les doutes et angoisses. Et les espoirs aussi. Alors que Jordan se demande comment vivre dans un monde qui vous dépossède de tout en un instant, la persévérance de sa mère lui permettra de découvrir la réponse de certains. Ceux qui, debout, résistent.
A noter les références et résonances aux raisins de la colère.

coup de coeur Fugueuses / S. Deshors. - Rouergue. - (DoAdo). 2013

Lisa et Jeanne sont lycéennes. Depuis quelque temps, tout les révolte, la petite vie routinière de leurs parents, leur incompréhension face aux grands problèmes du monde, cette société de consommation qui dévore les petits et perturbe l’environnement. Elles décident de partir et de trouver un nouveau souffle, de donner du sens à leur vie en accomplissant de grandes choses ! Après un long périple, elles arrivent sur la ZAD, Zone d’Aménagement Différé... C’est là que les différents activistes, militants écolos, agriculteurs en colère... se retrouvent et s’organisent pour lutter contre la construction de l’aéroport de Notre-Dame-Des-Landes. Elles vont s’intégrer au groupe et accomplir enfin quelque chose pour faire bouger cette société qu’elles exècrent ! Mais tout n’est pas si simple et c’est en se confrontant à la violence et à la réalité que les deux jeunes filles vont grandir et faire face à leurs contradictions.
Un beau roman qui se lit comme un souffle d’air frais. L’enthousiasme des deux ados est communicatif et on suit avec plaisir leur découverte du monde, sa violence récurrente, mais aussi leur découverte des valeurs de solidarité et d’entraide.
Autre lecture
Leurs parents et la société les voient comme des "fugueuses", elles se considèrent plutôt comme des activistes qui ne peuvent plus attendre pour mettre en œuvre leurs idées. Lisa et Jeanne arrivent donc à la ZAD de Notre Dame des Landes pour « tester (leurs) principes de vie ». Lisa est politisée, Jeanne solidaire de son amie, la lutte commence enfin pour elles. Elles se partagent les chapitres du livre, avec Britt également, activiste plus âgée, voix nécessaire pour légitimer la révolte des filles : lutter contre la société et ses abus n’est pas le seul apanage des jeunes en mal de sensations !
Les discussions et activités laissent bientôt place à la vraie lutte, contre les CRS qui opposent aux idéaux « une violence démesurée ». Jeanne et Lisa, dès lors, bien que toujours solidaires, prendront des chemins de vie différents.
Roman salvateur parce qu’il parle de politique, d’engagement, de liberté. Être en accord avec ses convictions et choisir sa vie en conformité, voici le choix de ces femmes à la parole forte. Dommage que les idées ne soient pas davantage développées mais la puissance de leur foi, elle, reste intacte.

coup de coeur Nelson Mandela, humble serviteur de son peuple / Philippe Barbeau. - Oskar. - (Histoire & société), 2013

Récit du parcours de Nelson Mandela, de ses rêves d’enfant à ses rêves d’adulte. Avec fluidité, l’auteur nous conte ce cheminement individuel exceptionnel, avec ses écarts et ses failles. Sans parti pris et avec simplicité nous marchons avec Mandela vers son idéal d’un monde plus juste.
Nous découvrons l’homme privé avec sa difficile vie familiale, l’échec de son premier mariage et ses relations tendues avec Winnie sa seconde épouse, mais aussi la mort de sa mère alors qu’il est en prison et ne peut se rendre à ses obsèques. Nous voyons aussi l’homme public, fidèle en amitié et capable de passer d’un idéal de paix à la nécessité d’une lutte armée. Le livre enfin n’oublie pas l’importance des pressions internationales. Un récit très complet.
Ce beau portrait tout en nuance est complété par un dossier qui reprend les principaux éléments de sa biographie, évoque l’apartheid et ses racines et présente le texte fondateur de la charte de la liberté.
« Au cours de ma vie, je me suis entièrement consacré à la lutte du peuple africain. J’ai lutté contre la domination blanche et j’ai lutté contre la domination noire. Mon idéal le plus cher a été celui d’une société libre et démocratique dans laquelle tous vivraient en harmonie avec des chances égales. J’espère vivre assez longtemps pour l’atteindre. Mais si cela est nécessaire, c’est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir. »

A partir de 10 ans

coup de coeur Les trois soeurs et le dictateur / E. Fontenaille. - Rouergue. - (DoAdo). 2014

Mina part sur les traces de son histoire, qui rejoint celle d’une période sombre de la République dominicaine. Sa grand-mère et ses 2 sœurs furent parmi les rares personnes à se dresser contre le dictateur Trujillo, aussi violent qu’arbitraire dans ses décisions, et amateur de très jeunes filles. De la bouche de sa grande tante, la plus jeune des 4 sœurs Mirabal, unique survivante, Mina découvre la répression inouïe mais surtout le courage de ces très jeunes filles qui donnèrent leur vie pour la fin d’un régime totalitaire. Un courage exemplaire à l’origine de la journée du 25 novembre, journée mondiale de lutte contre la violence faite aux femmes.
« A quoi pense-t-on quand on est si jeunes, pleines de vie, et qu’on va mourir sous les coups ? Peut-on penser au jasmin qui fleurira pour les autres ? »
Autre lecture
C’est en hommage aux sœurs Mirabal que la journée du 25 novembre a été déclarée “journée mondiale de lutte contre la violence faite aux femmes”. Alors que son père ne lui a jamais parlé de ses parents, Mina décide de partir en République Dominicaine, invitée par son cousin. Elle y découvre une île, une atmosphère, des gens mais aussi son histoire. Sa rencontre avec sa grand-tante lui ouvre la porte du souvenir, celui d’un drame familial qui plonge dans l’histoire du pays...
Fiction à partir d’un fait réel, la plume de l’auteur nous amène à la découverte de jeunes filles héroïques qui ont bravé le pouvoir au prix de leur vie. La lente gradation du récit qui tend à reporter à toujours plus tard le drame densifie les événements et leur donne un caractère universel. Aux faits précis fait échos l’hymne à la résistance contre toute forme de tyrannie et transforme les trois sœurs Mirabal en symbole de la lutte contre la dictature.
« La terrible Nuit du Persil. Pour reconnaître un Haïtien d’un Dominicain, les soldats portaient un brin de persil à la boutonnière, ils obligeaient les Haïtiens à dire le mot perejil, et comme il y a un r qu’ils ont du mal à prononcer, vu qu’ils parlent le créole ou le français et mal l’espagnol, et bien ceux qui le disaient mal, ce mot maudit...on les massacrait. »

coup de coeur Irena Sendlerowa, des papiers pour mémoire / I. Wlodarczyk. - Oskar. - (Les justes). 2013

Parcours d’un juste. Le récit raconte comment 2500 enfants juifs ont pu être sauvés du ghetto de Varsovie grâce à un réseau de personnes qui ont risqué leur vie pour protéger des innocents. Nous suivons Irena de sa venue dans le ghetto pour venir chercher Anna à la fin de la guerre.
Le texte très court, 70 pages, est complet et bouleversant. Il rappelle, que "Quiconque sauve une vie sauve l’univers tout entier". La simplicité de la narration permet de la rendre accessible au plus grand nombre. La sobriété renforce la puissance des mots. Un livre pour ne jamais oublier.
« De quel droit m’as-tu enlevée à ceux que j’aime ? Pourquoi me forces-tu à vivre, alors que je me suis habituée à l’idée de mourir, depuis des mois. Que sais-tu de ce qui est mieux pour moi ?Je ne redoute pas l’Umshlagplatz ! Je sais bien que les hommes n’y partent pas en vacances et que la confiture et le pain que les Allemands nous donnent ne sont qu’un maigre appât pour nous mener à l’abattoir. J’ai compris tout cela. J’observe les gens, j’écoute les conversations des adultes crédules, je colle mon oreille aux murs et j’entends les murmures dans la nuit. Je sais ce qui nous attend. »

coup de coeur L’ enfant de Soweto / L. Pourrier. - Oskar. - (Histoire et Société). 2013

L’Afrique du Sud des années 1970 ou l’apartheid vue à travers le regard d’un adolescent.
Wilson qui grandit dans le township de Soweto décide de tenir un journal, racontant son quotidien dans la misère et la violence d’une société victime d’une révoltante discrimination. Son intérêt pour l’étude et la bienveillance des employeurs de sa mère lui laisse heureusement entrevoir une vie meilleure.
Son récit au jour le jour met en lumière les causes, la montée en puissance et l’explosion des violences qui aboutiront à la manifestation dramatique du 16 juin 1976.
Un personnage extrêmement attachant et un récit dynamique rendent très facile la lecture de ce récit très bien documenté.
Autre lecture
1976, Afrique du sud. Wilson vit à Soweto avec ses frère, sœurs et parents, dans des conditions déplorables. Mais grâce à son oncle, lui et ses sœurs peuvent suivre une scolarité. Rien de moins banal dans un environnement si précaire. Wilson n’aime pas l’école, où l’on est battu parce qu’on est sale ou qu’on n’a pas assez d’argent pour acheter les livres. Mais il aime apprendre, découvrir, être distingué pour ses bons résultats. Et il rêve même d’un avenir, lui qu’on destine comme ses paires à une vie de rien. Ses rêves, sa révolte, il les confie à son journal.
Les évènements vont s’accélérer le 16 juin lorsque les étudiants manifestent pour refuser une loi les obligeant à suivre les cours en afrikaans, langue de l’oppresseur. La manifestation pacifique est réprimée dans la violence et constitue un tournant dans la lutte contre le régime d’apartheid. Les jeunes n’auront alors de cesse d’éliminer le régime totalitaire et ségrégationniste, encouragés par l’opinion internationale révoltée des méthodes de répressions.
L’apartheid vue dans le quotidien de Wilson et sa famille, puis la révolte. Le chemin sera encore long, Wilson lui, devra rejoindre les États-Unis pour se construire un avenir…

coup de coeur Sweet Sixteen / A. Heurtier. - Casterman, 2013

Imaginez 9 lycéens noirs parmi 2500 blancs. 9 Noirs qui intègrent pour la première fois un prestigieux lycée d’Arkansas, après la décision de la cour suprême des États-Unis rendant inconstitutionnelle la ségrégation raciale dans les écoles publiques. Nous sommes en 1957, dans le Sud du pays et la violence des réactions laissent entrevoir le poids des préjugés et des blocages. Sweet Sixteen alterne l’histoire de Molly, une des 9 étudiantes, et celle de Grace, préoccupée par ses conquêtes masculines et observant d’un œil agacé ces bouleversements.
Molly sait que « 85 % de la population étaient hostiles au plan d’intégration ». Mais Molly imagine aussi « qu’un jour viendrait où les Noirs pourraient assister aux mêmes spectacles que les Blancs. Peut-être que les piscines leur seraient ouvertes toute la semaine, et pas seulement la veille du nettoyage. (…) Qu’il serait permis de se marier en mélangeant les couleurs. » Portée par ce rêve, elle est prête à surmonter les humiliations, les insultes, et surtout la solitude -au lycée comme dans son quartier car « la stupidité (est) la chose la mieux partagée au monde »- pour contribuer à l’Histoire de son pays.
Grace quant à elle, d’abord peu concernée, refuse bientôt de suivre la masse, augurant ainsi de l’évolution en bonne marche, malgré tout.
Le récit d’Anne-Lise Heurtier s’inspire naturellement de faits réels et donne une idée assez précise de la peur ambiante. Les peurs de ceux qui portent courageusement le changement comme de ceux qui le refuse.
Autre lecture
1954, la ségrégation raciale dans les écoles publiques est interdite. Molly, jeune noire de quinze ans se porte volontaire pour intégrer un prestigieux lycée. "L’intégration" a lieu trois ans après. Neuf adolescents noirs au milieu de deux mille cinq cents blancs. Le récit à deux voix alterne la vision d’une jeune fille blanche modérée avec celle de Molly. On cherchera en vain un quelconque héros. C’est l’Histoire qui se dessine à travers les petits événements. On ressent la peur, le poids des traditions mais aussi les changements en marche.
Les phrases sont courtes, les mots simples pour permettre à tous les lecteurs de partager ce grand moment de la lutte contre les inégalités et les discriminations. Les personnages sont nuancés. Un livre afin de ne pas oublier nos luttes.
« L’intégration était suspendue ? Peut-être que cela valait mieux, après tout. Sa vie redeviendrait comme avant. Injuste, mais normale et rassurante. Avec des écoles minable, mais sans menaces de mort au téléphone. Blottie dans l’odeur de sa grand-mère, elle sentit pourtant que la déception prenait le dessus. Quand, à son tour, elle serait grand-mère, elle n’avait pas envie de se retrouver à devoir expliquer à ses petits-enfants pourquoi ils ne pouvaient pas aller au parc d’attraction avec les blancs. »

A partir de 12 ans

coup de coeur Rosa Parks, la femme qui a changé l’Amérique / E. Simard. - Oskar. - (Société)

Voici un livre très documenté, un peu austère, qui retrace avec beaucoup de détails la vie de cette femme qui a eu le courage de s’opposer à la ségrégation. Elle était pourtant très discrète et timide, mais sa dignité lui a permis de faire face et de résister aux pressions. Difficile d’imaginer que Rosa Parks, morte en 2005, a connu la ségrégation dans la plus grande démocratie du monde : interdiction de s’asseoir à côté d’un blanc, espaces réservés aux noirs...
C’est un livre qu’il convient de recommander.

coup de coeur La fille du loup / P. Favaro. - Thierry Magnier. 2013

Il s’agit d’un conte moderne qui, à la manière de ce qu’a pu écrire Mourlevat (Cf. L’homme qui ne possédait rien dans la même collection), fait sa cuisine dans les vieux pots. Ici, il est question de loups et de brebis. Les loups cherchent à manger les brebis, et les brebis à ne pas leur servir de casse-croûte. Mais l’histoire est habile, et dépasse la simple confrontation entre bons (les brebis) et méchants (les loups). Ainsi, lorsque la jeune louve se déguise et tente de diviser les brebis en leur promettant de libérer les blanches de leur prison (les brebis noires étant, selon la louve, contre-nature), ces dernières prennent conscience de leur condition : on les enferme, on les tond, et surtout, on leur arrache leurs agneaux. Pour autant, elles ne laissent pas entrer la louve dans la bergerie, mais s’en débarrassent au contraire en la chargeant comme un seul homme avant de gagner les pâturages d’altitude où elles pourront désormais s’épanouir en toute liberté.
Belle allégorie du pouvoir et de ses mécanismes (diviser pour mieux régner), ce petit conte « haut en couleur » tente de sensibiliser les plus jeunes à des notions dont on ne parle plus guère : la liberté et le vivre ensemble. Gare à nous pourtant car la fille du vieux loup borgne veille. Sous une pelisse couleur marine se dissimule un pelage brun...
Autre lecture
Un loup et sa fille, qui se ressemblent "autant pas la gourmandise que par (leur) coupable penchant à la paresse" rêvent de s’infiltrer parmi les brebis pour les dévorer. La fille, plus rusée que le père, veut passer à la vitesse supérieure et échafaude un plan…
"Faire entrer le loup dans la bergerie"… Patrice Favaro a pris l’expression au pied de la lettre pour évoquer avec subtilité l’art de la manipulation : en dressant les brebis contre l’ennemi extérieur, la louve tente de leur faire oublier le véritable danger. Si l’on précise que la louve aime à s’habiller en bleu marine pour masquer sa couleur d’origine -la brune- la fable prendra tout son sens…

coup de coeur Vercors, un vent de liberté / B. Solet. - Oskar. - (Histoire et société)

A travers la captivante histoire de Pierre-Louis et de Jeannot, tout est dit de la tragique histoire du Vercors en ces années 1940 : la France occupée, le refus de la situation, les élans de résistance, l’attirance des jeunes pour l’aventure, leur courage et la générosité de leur engagement. En arrière plan la grande histoire de la libération suit son cours. Les véritables forces armées ne seront pas là pour soutenir ces combattants de l’ombre lors des derniers assauts.
Il n’était pas facile de résumer cette terrible aventure en un petit fascicule de 130 pages accessible aux moins de 15 ans. Il fallait le talent d’un auteur comme Bertrand Solet, écrivain et historien confirmé pour intégrer aussi naturellement ce petit récit dans un grand contexte. Pour les plus curieux, quelques pages documentaires permettent de compléter l’information. Un ton juste pour un récit bien documenté.

coup de coeur Le secret du dernier poilu / C. Cuenca. - Oskar (Histoire et Société), 2012

Laura rend visite tous les mercredis à son arrière grand-père. Elle aime leurs balades en tête à tête, leur complicité. A l’occasion d’une commémoration du 11 septembre, Eugène lui confie son secret, impensable à révéler auparavant : durant la première guerre, il a fraternisé avec l’ennemi. Durant quelques secondes certes, mais qui ont suffit à sauver la vie d’un jeune allemand. Laura, à l’heure d’internet, veut permettre à son aïeul de retrouver ce soldat.
Bon roman pour une introduction au thème de la fraternisation des soldats ennemis et le poids du secret ; on comprend la difficulté à le révéler lorsqu’on sait que certains furent fusillés pour mutinerie.

coup de coeur Sentiment 26 / G. Malley. - Michel Lafon

Après les Horreurs, guerre qui décima une grande partie de la population mondiale, tous les survivants souhaitaient un monde de paix. C’est ainsi que fut créée la Cité. Entre ces murs, plus personne ne songe au mal : tous les sentiments y ont été effacés lors du Nouveau Baptême que reçoivent les habitants à leur naissance. Chacun est classé de A à E selon son respect de l’autorité. Evie, jeune fille de seize ans, a déjà enfreint les règles. Depuis sa tendre enfance, elle aime Raffy, frère de l’homme qu’elle doit épouser. Lorsque ce dernier risque de subir un Deuxième Baptême, elle n’hésite pas à s’enfuir avec lui. Pourtant, au-delà de la Cité, nul ne sait ce qui vit...
Après un début un peu long, l’histoire se met en place. Aussi captivante qu’innovante, elle ne laisse pas le temps de s’ennuyer.
Autre lecture
Le système au sein de la Cité classe les gens en cinq catégories de A à E. Evie est B, bienveillante et elle doit bientôt épouser Lucas mais c’est en réalité son frère qui l’attire... Or ce dernier multiplie les transgressions. Comment, dans ces conditions, continuer à accepter les lois qui lui paraissent toujours plus bancales ? Mais bientôt, de façon totalement inattendue, Evie bascule hors de la Cité... Quel monde va-t-elle découvrir ? Existe-t-il une société juste ? Commet lutter ?
Un bon livre mais plutôt froid et qui ne tranche pas dans les productions de dystopie actuelles.

coup de coeur L’ étang aux libellules / E. Ibbotson. - Albin Michel. - (Wiz)

L’histoire se déroule à Londres en 1939. Tally, une jeune fille pleine de vie, curieuse, rayonnante, vit seule avec son père, médecin dévoué. Ce dernier, pour l’éloigner de la guerre imminente, décide de l’envoyer dans un pensionnat situé dans la campagne anglaise. D’abord réticente, elle s’y épanouit rapidement. Un soir au cinéma, elle découvre un reportage sur un petit royaume nommé Berganie et a une révélation. Elle réussit alors à convaincre le directeur du pensionnat d’y organiser un voyage en prétextant vouloir participer à un festival de danse folklorique. Sur place, elle rencontre le prince héritier dont les jours sont en danger, se trouvant sous la menace directe d’Hitler. Tally et ses amis sont bien décidés à aider Karil.
Eva Ibboston, en mêlant éléments historiques et imaginaires, réussit à créer un climat unique dans lequel on est très aisément transporté. Le personnage de Tally est absolument formidable et donne une force considérable au roman. Car même si la trame de l’histoire reste classique et discernable, l’intérêt se porte essentiellement sur ce petit bout de fille pas comme les autres. L’étang aux libellules est un livre original et profond, très facile d’accès pour les jeunes lecteurs.

coup de coeur 6000 nuits / A. Borbé. - Naïve. - (Land)

A 16 ans, Esther, qui vit dans une cité dirigée par la main de fer du Commandeur, n’a jamais dormi de sa vie. C’est là la marque des Bienveillants, qui, dans ce monde sans livres font acte de résistance et sont destinés à écrire des histoires qui seront ensuite distribuées sous le manteau. Suite à l’emprisonnement de son oncle, Esther va découvrir ce monde parallèle, qui n’est pas sans dangers…
Un joli conte très agréable à lire.
Autre lecture
Dans un pays de conte où l’humeur des puissants est adoucie par la lecture de livres, un homme, pour se venger va réaliser un coup d’état et plonger la population dans la peur. Mais des conteurs renaissent et sont bien décidés, avec l’aide des livreurs et des relieurs, à redonner espoir et vie à ce pays. Un bon conte fantastique de 250 pages.

coup de coeur Swing à Berlin / C. Lambert. - Bayard. - (Millézime)

Wilhelm Dussander se serait bien passé d’un tel honneur : il a été sélectionné par Goebbels pour former un orchestre de "musique allemande de danse fortement rythmée". Une façon biaisée de jouer du Jazz sans le dire, puisque cette musique a été cataloguée dans la catégorie des Arts dégénérés. Chaperonné par un officier SS, il sillonne l’Allemagne pour constituer son orchestre. Quatre musiciens sont sélectionnés, les répétitions commencent. Chacun apprend à se connaître mais les tensions naissent bientôt entre trois des jeunes et le quatrième, "pur produit des Jeunesse hitlériennes".
Quel avenir pour ce groupe passionné qui s’affranchit dans la musique et comprend de plus en plus les réalités politiques de leur pays ? Un roman qui s’appuie sur l’Histoire et choisit une réponse idéaliste à cette mascarade.

coup de coeur Insoumise / A. Condie. - Gallimard

Nous retrouvons dans ce second tome les héros principaux, Cassia, Ky et Xander, qui continuent à chercher leur place. Est-elle dans la Société où tout est réglementé jusqu’à l’heure de sa mort, avec la Rébellion et l’espoir d’un monde meilleur ou encore dans un entre deux précaire chez les fermiers qui tentent de survivre ? Mais peut-on vraiment faire de choix sans connaître tous les secrets ? Ce deuxième tome continue à tenir le lecteur en haleine.
Autre lecture
Seconde partie d’une trilogie. A la fin de Promise, Cassia partait à la recherche de son amour, Ky, exilé dans un territoire en guerre. Prête à tout pour le retrouver, Cassia a quitté son meilleur ami, Xender, se met en danger et comprend toujours un peu plus les failles et injustices de la Société. Au point que son objectif n’est bientôt plus uniquement de retrouver Ky mais de rejoindre le Soulèvement. Ky, quant à lui, n’a pas les mêmes inspirations, connaissant la révolte de l’intérieur. Les retrouvailles n’auront donc pas le goût de bonheur inconditionnel espéré. Quels chemins vont-ils suivre tous les deux ?
Un roman sans temps morts, avec des chapitres qui alternent la narration entre Cassia et Ky, et des personnages qui gravitent autour d’eux avec leur part de mystère.

coup de coeur Un soldat allemand dans la résistance française, le courage de désobéir / G. Streiff. - Oskar. - (Histoire et Société)

Quand il s’agit de dénicher des récits atypiques voire inédits concernant tous les conflits de la planète la compétence la Maison Oskar est sans limite. Cet exemplaire de la série Histoire et société nous raconte Hans Heisel, un héros très peu connu de la 2ème guerre mondiale. Ce soldat du Reich arrivé à Paris avec la candeur d’un jeune provincial ravi de connaître un nouveau pays, découvre progressivement ce qu’est une armée d’occupation. Et puis il sympathise avec son coiffeur français qui lui ouvre les yeux sur les forfaits commis par l’occupant et l’invite à résister. Un étonnant exemple de prise de conscience de la part d’un homme simple qui prend le parti de l’opprimé mais ne tirera jamais profit de ses actes de bravoure une fois le conflit achevé. Comme chaque fois la lecture s’achève sur quelques pages documentaires qui parlent du courage de désobéir, mais ne souligne guère l’importance des risques encourus. Après celle de Sophie et Frantz Scholl, c’est une belle histoire à connaître et une invitation à la réflexion : ce sont les vainqueurs qui écrivent l’histoire. Si les événements avaient tourné autrement, Hans Heisel aurait été considéré à tout jamais comme un collaborateur et un déserteur ? (On n’échappe pas au petit cocorico : le récit de la libération de Paris raconte le réveil soudain de la population qui prend les armes en passant quasiment sous silence le rôle primordial joué par les Forces alliées !)

coup de coeur Ne vends pas ton âme, Indio / R. Judenne. - Oskar. - (Carré poche)

Depuis que son père est parti pour la ville pour chercher du travail, Federico a pris la relève : il s’occupe des lamas, de sa mère enceinte. La vie est difficile, l’argent et la nourriture manquent. Beaucoup de villageois sont tentés de vendre leurs lamas ou de partir avec leur famille pour la grande ville. Le vieux sage, inlassablement, les met en garde : "Tant que nous aurons des lamas, nous serons des hommes. Quand nous n’en aurons plus, nous ne serons plus que des esclaves." Mais le désespoir est grand et le village péruvien se vide lentement.
La vie traditionnelle des indiens du Pérou est menacée mais Roger Judenne veut croire que rien n’est perdu. Le dossier documentaire en fin d’ouvrage montre l’historique de ce peuple puissant décimé par les européens.

coup de coeur Mujnak, la mer d’Aral assassinée / A. Surget. - Oskar. - (Carré poche)

La construction de ce roman est particulière, qui consacre une longue partie à l’agonie du peuple de la mer d’Aral et une partie beaucoup plus courte à l’espoir, aux solutions. Et pour cause, elles sont si peu nombreuses...
La culture du coton, avec ses pesticides à outrance et ses besoins énormes en eau, a asséché la mer d’Aral, appauvri les terres, rendu malade la population. Quel avenir, quelles perspectives dans une URSS qui se désintéresse de leur sort ? Djazia et Gengis, deux ados, veulent y croire. Avec le Dr Yassin, ils contactent l’UNESCO. Un appel au secours qui, avec la chute de l’URSS, sera enfin entendu dans les années 90. Mais les solutions sont insuffisantes et la mer continue de reculer...
Quelques pages documentaires complètent la fiction et font un état des lieux des mesures entreprises.
Au-delà du seul cas de la mer d’Aral, c’est tout le fonctionnement d’un désastre écologique qui est décrypté ici. Ou comment l’emballement d’une population pour un projet s’avère, au vu du cynisme des industriels et de l’inertie des instances politiques, dévastateur, écologiquement et humainement.

coup de coeur Ce qu’ils n’ont pas pu nous prendre / R. Sepetys. - Gallimard. - (Scripto)

1941 : Lina, une jeune Lituanienne se trouve un matin embarquée avec sa famille pour un voyage dont elle ne connaît pas la destination. Le père n’est pas là, Lina, son petit frère et leur mère sont violemment poussés avec d’autres compatriotes dans un wagon à bestiaux pour un voyage qui durera 6 semaines, dans des conditions infâmes. Le but du "voyage" ? Un camp de travail dans l’Altaï où ils resteront près de 10 mois à souffrir la dure condition des déportés du monde soviétique. Quelques temps plus tard, ils reprennent leur interminable périple, pour aller bien au-delà du cercle polaire. Un voyage au bout de l’enfer… Heureusement Lina et son frère sont des battants, possèdent une force de vie que rien ne semble atteindre.
C’est le long calvaire de cette famille que nous suivons, avec quelques flashbacks d’une vie heureuse, avant l’annexion de la Lituanie par les russes. Merci au Petit Père des peuples : les horreurs se succèdent mais les Lituaniens développent une solidarité et une humanité qui leur garantit leur dignité. "Ce qu’ils n’ont pas pu nous prendre" : leur sens de l’humour, la peur, qu’ils ne montrent pas… Lina en est une parfaite illustration, avec la fougue et l’intransigeance de l’adolescence. Elle comprend petit à petit le paradoxe, les compromissions des êtres mais garde toujours une forte dignité en utilisant son talent de dessinatrice comme un moyen de résistance.
Un roman exceptionnel par le sujet traité, assez dur à lire dans les horreurs qu’il décrit. Mais l’état de souffrance et de total dénuement est quelque peu adouci grâce à l’humanité toujours sous-jacente : tendresse familiale, solidarité de groupe...

Autre lecture
J’ai beaucoup aimé cette histoire triste et très touchante. Il est vrai qu’on connait très peu l’histoire de ces pays que sont l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie et quand on aborde l’histoire de l’Europe on ne parle pas de ce qu’ont vécu les populations de ces pays pendant la guerre. Pour ma part, j’ai été surprise et horrifiée d’apprendre que des familles au complet ont été déportées de la sorte rien que parce que jugées antisoviétiques. En premier lieu, j’ai été totalement attirée par la couverture du livre qui est très belle mais montre aussi une part de tristesse. A elle seule, elle résume bien l’atmosphère de l’histoire.
L’histoire ensuite nous emporte dans l’histoire de cette famille qui vit des horreurs sans nom mais qui malgré tout se bat pour vivre et survivre. On voit vraiment les pires côtés de l’être humain (ces hommes qui traitent les lituaniens comme moins que rien, qui se rient de leurs souffrances, et les insultent de « cochons ») mais à la fois on voit l’entraide qui naît de la souffrance, le courage , l’espoir. Un roman pleins d’émotions !!

coup de coeur Je me souviens, Rebecca / N. Somers. - Nathan. - (Nathan poche histoire)

André passe son certificat en cette année 1942 mais il est préoccupé par Rebecca, une jeune fille récemment arrivée dans le village de Chambon-sur-Lignon et accueillie par une famille du coin. Il comprend vite qu’elle est réfugiée juive et sa décision d’entrer dans la résistance n’est pas étrangère à ce secret.
Chambon-sur-Lignon, dans le massif central, est un village connu pour avoir caché des juifs durant la seconde guerre mondiale. L’intrigue amoureuse entre André et Rebecca est un prétexte pour montrer les convictions de ces habitants protestants qui choisirent, par solidarité, de défier l’autorité française et nazie.

coup de coeur Hunger Games, Tome 3 : La révolte / S. Collins. - Pocket

Dans ce troisième et dernier volume de la série des Hunger Games, nous découvrons une nouvelle configuration : le Capitole, toujours pouvoir central, les districts, à la botte de ce dernier, et les rebelles du district 13. Face à cette nouvelle réalité, Katniss ne peut plus fuir ses responsabilités. Même si elle est accablée de voir Peeta loin d’elle, à la merci du Président Snow, elle se doit d’endosser le statut d’icône rebelle, de représenter le geai moqueur. Mais qu’il est difficile de faire coïncider ce visage de la rébellion que l’on veut lui accoler, avec l’image qu’elle a d’elle-même ("Brutale. Méfiante. Manipulatrice. Mortelle") ? Comment d’ailleurs pourrait-elle s’y retrouver dans un monde où chacun se méfie de l’autre, est manipulé dans un jeu de pouvoir et de pression ? Dans un monde enfin qui façonne sa réalité à coup d’images pour galvaniser le peuple. Car les Hunger Games (Panem et circenses, du pain et des jeux), même en cette période de grands troubles, sont toujours d’actualité, avec cette mise en scène jusqu’au-boutiste de la survie… On monte d’un cran dans la violence, Katniss paraît encore plus perdue. C’est un livre qu’on lit les épaules tendues, au rythme des doutes, de la peur, de la rage de Katniss. Et si violence et pessimisme transparaissent tout le long de ce dernier tome -"Nous sommes des êtres versatiles, stupides, amnésiques, et doués d’un immense talent d’autodestruction" - l’espoir demeure, incarné par le couple Peeta/Katniss.

coup de coeur Candor / P. Bachorz. - Thierry Magnier

Candor est une cité de rêve. Tout s’y passe à merveille : pas de crime, pas de débordement, du luxe et de l’ordre. A l’origine de ce projet, un homme, impitoyable et véritable savant fou. Le créateur de la cité efface les dérapages, les fragilités des uns et des autres comme il a pu gommer celles de son propre parcours. Il s’enrichit en vendant une illusoire perfection au prix de la santé mentale de ses clients. Cette mécanique bien huilée va se gripper lorsque arrive Nia, une ado rebelle dont les parents ne savent plus que faire. Candor est leur dernier recours. Oscar, son fils, découvre un esprit libre, atypique, qui résiste au formatage ambiant. Oscar tombe amoureux.
Roman de science fiction dans lequel on ne rentre pas aisément. Trop long pour en venir au fait. Pourtant si l’on persiste dans la lecture, on découvre une histoire qui mêle science-fiction, thriller et romance. Les réflexions de l’auteur, sur l’individualité, la société de consommation ou encore l’affranchissement, méritent que l’on s’intéresse à ce roman.
Autre lecture
A Candor, ville créée par le père d’Oscar, le monde est parfait, les normes respectées, les habitants heureux. Mais Oscar, qui connait l’envers du décor, refuse de se laisser paramétrer. Il a conscience de ces messages martelés au subconscient à longueur de journées et résiste à la fois en se programmant d’autres messages pour lui-même et en utilisant ce système à des fins personnelles lucratives. Lorsqu’il tombe amoureux de Nia, fraîchement arrivée à Candor, son système bien rôdé se grippe. Pour arriver à ce que Nia reste libre et révoltée, il faut qu’elle écoute d’autres messages pour contrer les officiels. Il faudrait qu’Oscar lui explique le fonctionnement pour la préserver mais n’ose se mettre en danger… Alors il le fait à son insu, et lorsqu’elle découvre le stratagème, cela ne lui plait pas du tout…
Le bonheur imbécile ou la liberté périlleuse… ou comment affirmer son identité...

coup de coeur Désobéis / C. Léon. - Thierry Magnier. - (Nouvelles)

Scandale des loyers faramineux dans les grandes villes, barrière de séparation israélienne, massification publicitaire, pollution lumineuse des villes, discrimination sexuelle, vivisection, société de consommation, invasion de 4x4 sur les trottoirs, interdiction d’aider et d’héberger des sans papiers…
Autant de raisons pour ces ados, accompagnés parfois d’adultes, de s’insurger, de résister à ce qui nous entoure ; autant de nouvelles qui montrent les chemins de désobéissance, tout au moins de réflexion. Car l’autorité, lorsqu’elle entraîne des inégalités et des aberrations, qu’elles soient sociales ou écologiques, doit être remise en cause !

coup de coeur La liberté porte une chemise rouge sang / G. Halberstam. - Bayard, 2010

Victoria, 15 ans grandit dans un milieu familial chaleureux entre des parents aimants, un petit frère et une nounou de couleur. Nous sommes dans l’Afrique du Sud d’avant Mandela. Elle est en train de prendre conscience des violences infligées aux noirs mais au collège, elle se heurte aux méchancetés gratuites de ses camarades de classe. Son cœur bat pour Mawe, le fils de sa nounou, qui milite avec les noirs opprimés.
La situation tourne mal pour Maswe et Victoria qui l’aide et se trouve impliquée dans une tragédie. La famille qui se trouve subitement en danger fuit à Londres.
Deux ans plus tard, Victoria marquée par le drame qu’elle n’a pas oublié choisit de revenir faire ses études en Afrique du Sud et s’engager dans la lutte...
Un récit très bien documenté qui commence comme l’histoire classique de l’ado cachant un homme traqué, mais ce scénario fait vite place à un récit très accrocheur riche de détails aux accents très personnels.

A partir de 12 ans

coup de coeur Granpa’ / C. Léon. - T. Magnier

Un grand-père refuse de se laisser exproprier de sa propriété par une compagnie pétrolière. Sa terre, il l’aime et lui vivant, personne ne l’en délogera ! Avec son petit fils qu’il élève, ils sabotent les engins pour retarder les chantiers. Si l’issue est écrite, le grand-père incarne, quels que soient les résultats, la résistance contre l’injustice. La lutte comme fin en soi, avec la beauté du geste.

coup de coeur Hunger Games, Tome 2 : L’embrasement / S. Collins. - Pocket

A l’issue du premier tome, Katniss remportait les Hunger games en réinventant les règles du jeu, ce qui ne manqua pas de déclencher le courroux du Capitole. Le second tome commence par la tournée des vainqueurs dans les 12 districts et Katniss est censée s’amender et ramener la paix. Mais la révolte gronde et Katniss ne sait plus comment réagir. Ultime tentative du Capitole pour briser les rebellions : envoyer à nouveau les anciens vainqueurs dans l’arène. Le cauchemar recommence... La jeune héroïne et ses amis sont confrontés ici à la lutte contre le pouvoir. Entre soumission guidée par la peur et volonté de changements -mais à quel prix- Katniss se sent totalement dépassée par les évènements et mesure la portée d’être propulsée symbole de rébellion. Elle doit composer avec la manipulation de l’information et apprend petit à petit à décrypter la réalité.
Quelques longueurs mais on attend néanmoins la suite !

coup de coeur Anton / E. Zöller. - Bayard. - (Millézime)

Le langage était primordial pour le système nazi. Ainsi, on n’assassinait pas les handicapés, on "traitait", ou à l’extrême rigueur "euthanasiait" les "êtres inférieurs". Anton justement, a un problème de langage : tout jeune, il a été percuté par un tramway, en garde une difficulté d’élocution, de mobilité du bras et une intelligence différente. Cela suffit à le stigmatiser aux yeux des nazis et de leurs adeptes et ses parents se demandent comment le protéger : l’envoyer à l’école et le soumettre au risque d’être humilié, et pire, repéré ? Etre enfermé et caché aux yeux du monde ? Anton, à 10 ans à peine, aura été confronté à tout cela. Mais l’Allemagne a aussi ses héros et Anton et sa famille pourront compter sur l’aide précieuse de concitoyens.
L’histoire d’Anton est racontée par sa nièce qui témoigne avec force de toute l’horreur et l’aberration de cette période, mais aussi de la vigilance de certains qui refusèrent la barbarie.

coup de coeur Louise Michel, une femme libre / L.Chastre. - Oskar. - (Histoire et société)

La vie de Louise Michel de la fin de la Commune à son décès en 1905. C’est un texte qui donne une idée de la personnalité de cette femme hors du commun et qui décrit ses engagements. Le récit rappelle tout d’abord la répression terrible que subissent les Communards pendant la Semaine Sanglante, puis la déportation en Nouvelle Calédonie. Là, Louise Michel trouve d’autres combats à mener et continue à diffuser son idéal révolutionnaire internationaliste. Un texte porté par un souffle libertaire communicatif, qui redonne vie à une période historique souvent oubliée tant les vainqueurs furent revanchards…
Le dossier final apporte d’autres précisions historiques intéressantes, on peut regretter que les éditeurs n’aient pas trouvé une photo de Louise Michel. Elles sont pourtant nombreuses…

coup de coeur Mon amie, Sophie Scholl / P. du Bouchet. - Gallimard. - (Scripto)

Du 15 février 1943 au 18 mai 1943 en Allemagne nazie.
Elisa écrit son journal pour lutter contre la peur qui la taraude face au régime qui règne en Allemagne alors que sa meilleure amie Sophie et son frère Hans Scholl, fondateurs du mouvement de résistance étudiant La Rose Blanche, distribuent des tracts, taguent les murs et dénoncent le système. Elisa n’est pas une combattante mais elle a pris conscience de la réalité du régime nazi et partage les convictions de ses amis.
C’est un récit historique précis et émouvant qui décrit l’histoire vraie de ce mouvement de résistance étudiante et du même coup les exactions du régime hitlérien avec un personnage témoin, de fiction certes -et certains s’en agaceront- qui a une réelle épaisseur psychologique et qui nous questionne sur la lâcheté, le courage, l’engagement.

coup de coeur L’ attrape-rêve / X.-L. Petit. - Ecole des loisirs. - (Médium)

Louise vit seule avec son père, dans une vallée isolée repliée sur elle-même où l’étranger n’est pas le bienvenu. Surtout en ces temps de crise où la seule usine employant tous les hommes du coin se trouve en grandes difficultés. Inutile de dire que lorsque Chems arrive de nulle part, il a beaucoup de mal à s’intégrer. Seule Louise s’autorise à lui rendre visite, en cachette d’abord, puis ouvertement, au risque de déclencher les réactions hostiles de la population. Un ingénieur arrive un jour avec ce qui semble être une solution miracle pour la vallée : construire un barrage qui certes inondera le village et ses paysages mais pourvoira aux nécessités de chacun en matière d’emploi. Chems s’oppose au projet, seul contre tous. Si le roman est très bien construit et tient en haleine, on peut regretter que les enjeux humains et écologiques liés à la construction du barrage ne soient pas davantage analysés. Mais le parcours de l’héroïne, Louise, est bien tracé : soumission tacite à la loi du silence de la vallée, distanciation, prise de position et éloignement de cette vallée étouffante.

coup de coeur Dans les griffes du Klan / S. Tamaillon. - Seuil (Chapitre), 2009

Une plongée dans l’état le plus raciste des Etats-Unis, l’Alabama, au milieu des années 50 lorsque le Khu Klux Klan fait régner la terreur. Jessy comprend l’ampleur et les dangers de la ségrégation quand il doit aider son père à descendre Lester pendu à un peuplier. Cependant, grâce à un nouveau venu dans sa classe, Spike Battle, il découvre un autre monde noir, plus riche, plus créatif, plus libre que sa communauté de Chastity : celui des musiciens. Miles Davies, de passage, lui laisse non seulement le souvenir d’une musique libératrice mais aussi une pensée qui va déterminer sa vie. Jessy se lance alors dans des défis à l’ordre blanc et brave les lois racistes. Mais lorsque le Klan découvre ses insoumissions, son père, son ami Spike et ses parents sont assassinés. Jessy échappe à ses poursuivants, quitte Chastity, retrouve Miles Davies et devient musicien à son tour. Le roman se termine au lendemain de l’élection du nouveau président américain, quand Jessy Jackson, 66 ans, retourne pour la première fois en Alabama pour assister au procès de l’assassin à la tête du KKK pendant toutes ces années.
L’auteur n’évite pas une certaine violence dans l’écriture, liée à la période décrite (lynchage, pendaison, chasse à l’homme). Cependant, ces scènes ne semblent pas inutiles ni gratuites : elles illustrent le climat que faisait régner le Klan en toute impunité à l’époque. Ce petit livre peut être un complément à l’étude du mouvement d’émancipation des Noirs aux Etats-Unis dans les années 60.

A partir de 11 ans

coup de coeur Tu peux pas rester là / J.-P. Nozière. - Thierry Magnier

Mei, 10 ans, et sa mère vivent en France depuis 6 ans. La Chine, c’est pour l’une et l’autre un pan de leur histoire qu’elles ont relégué dans le passé. Mais la France en a décidé autrement et légifère pour expulser massivement les "sans-papiers". Que la loi soit appliquée, qu’on fasse du chiffre, qu’importent les drames personnels !
Mei est une petite fille au caractère affirmé ; aidée de ses amis et des gens de son quartier, elle organise la résistance.
On peut faire confiance à Jean-Paul Nozière pour éviter tout happy end facile. Il veut éveiller les consciences et oppose à la politique une solidarité essentielle.
Autre lecture
Mei, dix ans, vit avec sa mère Hua à Sponge. Elles sont venues clandestinement de Chine en France et n’ont pas de papiers. Mei avait alors 4 ans. Hua travaille aujourd’hui dans un atelier de confection pour rembourser sa dette à ceux qui les ont fait venir. Et les exploitent. Un durcissement de la position des autorités françaises va mettre Mei et Hua en danger. Un sujet malheureusement d’actualité.
Les personnages sont vraiment très attachants. La petite chinoise nous semble parfois avoir bien plus de 10 ans, dans sa façon de parler, de manipuler les autres et de faire face à son histoire. Elle prend en main très rapidement les choses tandis que sa mère porte le poids du mensonge et ne désir qu’une chose : se fondre dans le silence. Nous sommes quelquefois dans la caricature et dans des situations parfois un peu irréaliste, comme ce gendarme qui mettra sa carrière en jeu pour aider cette famille menacée d’ « OQTF », « Obligation de Quitter le Territoire Français ». L’auteur reste à distance, décrivant une situation et laissant le lecteur seul juge. A lui de faire son propre jugement. On retrouve ceux qui sont pour la loi, ceux qui n’en ont rien à faire et ceux qui ne sont pas d’accord, les révoltés. Une Europe barricadée de plus en plus, une France qui ferme ses portes ET SES FENÊTRES. Dans l’indifférence.
Jean-Paul Nozière lance un appel à éveiller les consciences et rend hommage à la solidarité humaine pour que les choses ne soient pas oubliées, car avant toute chose il aime la vie et demeure toujours positif. Une littérature qui s’empare des combats les plus nobles.
A l’origine de ce roman : une photographie réalisée par un photographe Italien. Elle représente deux petites filles, des rooms, allongées sur une plage en Italie, mortes, dans l’indifférence complète. Par la suite, cette image bouleversera l’opinion publique et sera l’objet de critiques dont le photographe se défendra. Claude Gouin propose :

Interview de J.P. Nozière
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Reportages sur France3 Bourgogne/Franche-Comté

coup de coeur La brigade de l’œil / G. Guéraud. - Rouergue

Voilà un récit rondement mené ! Rondement, pas vraiment, le rythme est ternaire et les phrases, courtes. Les images se créent, nombreuses, on est dans une écriture très cinématographique. Rien d’étonnant lorsqu’on sait que le sujet est la force des images -du cinéma en particulier- interdites en 2017 par décret de l’Impératrice qui leur préfère la littérature. Quelques dissidents luttent pour conserver ces archives, au risque de perdre la vue s’ils sont pris sur le fait. Kao fait partie de ces rebelles... Arrivera-t-il à survivre à cette violence et à retrouver les fameuses bobines de cinéma ?

coup de coeur Pretties / S. Westerfeld. - Pocket

Tally est devenue une prettie. Non qu’elle l’ait véritablement choisi, car elle sait maintenant que l’opération esthétique cache une manipulation du cerveau qui endort les consciences. Mais, se sentant coupable d’avoir à son insu livré les rebelles, elle se devait de subir l’opération afin de tester ensuite l’antidote. Dans la Ville, elle a rencontré Zane, qui ne supporte plus la superficialité de sa vie, insipide, égoïste et paresseuse, et veut redevenir véritablement intense.
Dans ce tome, le lecteur se trouve confronté aux propres failles de notre temps et découvre ce qui se cache sous l’utopie de perfection. Le postulat de base : l’humanité est un cancer, pleine d’agressivité, de jalousie. Il a fallu combattre la société d’alors pour des visées notamment écologiques. Mais devenir des poupées gardées sous contrôle n’est définitivement pas une solution acceptable pour Tally et ses compagnons et ils continueront la lutte...
Quant à savoir si Tally, récupérée par les Specials, gardera son esprit rebelle, il faudra attendre le troisième et avant dernier tome...

coup de coeur Une année douce-amère / P. Maret. - T. Magnier

1943. Dans un village de Haute-Loire, le cours complémentaire du père Chave accueille une nouvelle élève : Edith, une jeune fille juive, qui a trouvé refuge dans une pension à l’entrée du village. Le village, à majorité protestante, cache de nombreux réfugiés, sans poser de questions, en souvenir des persécutions passées. Lorsqu’Emile, un fils de paysan un peu rustaud l’aperçoit, il tombe immédiatement sous le charme de la jolie Edith. Pour qu’elle "puisse vivre à nouveau au grand jour et oublier la peur", il se lance dans la Résistance, sur les pas de son frère aîné, et participe à de nombreuses missions périlleuses...
Sur fond d’histoire d’amour, d’amitié et de fraternité, un roman sensible et émouvant, doublé d’un beau témoignage sur l’action de la Résistance et le courage des habitants de tout un village durant l’occupation allemande.

coup de coeur Le combat d’hiver / J.C. Mourlevat. - Gallimard

Dans une étrange ville d’Europe centrale, les habitants vivent sous l’oppression d’un régime totalitaire. Les dissidents ont été éliminés et leurs enfants grandissent dans la tristesse d’institutions dépourvues de chaleur humaine. Jusqu’alors, ils ignoraient l’histoire de leurs parents mais lorsqu’ils découvrent la vérité, Milena, Helen et leurs amis vont réagir et entrouvrir une brèche dans ce monde de violence, reprenant à leur compte les valeurs de résistance et d’engagement chères à leurs parents ...
Une fois de plus l’auteur de La Rivière à l’envers fait preuve d’un remarquable talent de conteur. Nul doute que les lecteurs, jeunes et moins jeunes se laisseront captiver par ce roman d’aventures.

coup de coeur L’ enfant à l’étoile jaune / A. Toupet. - Milan. - (Milan Poche Junior)

En 1943, non loin de Berlin, Frida est membre des Jeunesses Hitlériennes. En rentrant chez elle, elle découvre un enfant juif endormi dans les fougères. Son devoir est de le livrer aux autorités ; mais son coeur en a décidé autrement...
Ce roman relativise beaucoup d’idées reçues que peuvent avoir les adolescents sur la Seconde Guerre Mondiale. Ils y découvriront que le peuple allemand n’est pas uniquement composé des SS et que la Résistance y était aussi présente. Avec en outre, une belle histoire d’amitié.

Et aussi... :


coup de coeur Salem et le sorcier / M. Dib ; A. Logié. - Yomad

Contexte : L’heure de la révolte contre le sorcier tyrannique a sonné !
Ce qui est répété : Pour punir (x), le sorcier dit : - Par Iblis, lève toi (y) et va (action) ! (y) dit qu’il/elle n’ira pas (action).
Remplacement par : Refus
Autre structure présente : Accumulation
Remarques : Liberté, révolte - Illustration en collage

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