couv

(Ne prend pas en compte les mots de moins de quatre lettres)

Croqu’livre

L’Association
> Le CRRLJ
Nouveautés
Sélections annuelles
Sélections thématiques
Formations
Groupes lecture
Temps forts
Contact
Quoi de neuf

Le livre jeunesse en Franche-Comté

Auteurs-illustrateurs
Conteurs
Associations
Editeurs
Salons et évènements
Prix et concours
Spectacles

...et au-delà

Actualités
Spectacles
Expositions
Liens

Dernière mise à jour :
dimanche 25 septembre 2016

Mot Clé : Précarité




Album(s) :


coup de coeur Mille petits poucets / Y. Autret ; S. Serprix. - Grasset

Le livre, dans sa maquette, est de facture classique, jouant avec les formulations d’antan (le livre est écrit par sieur Yann Autret), les chiffres romains en guise de date d’édition, et la typographie idoine ; les pages de garde reprennent le début du texte original du Petit Poucet de Charles Perrault. Tout est fait en somme pour être « dans l’esprit du temps ». Cependant une fois entré dans l’album, on découvre un conte détourné à la dimension très actuelle. Le texte prend en effet une résonance toute particulière en ces temps de “crise” mais loin d’aggraver l’aspect dramatique du conte, elle en modifie l’issue de façon généreuse et solidaire. Le Petit Poucet, dans une dynamique collective et optimiste, est rejoint par des milliers d’enfants. La forêt n’a plus rien du caractère angoissant qu’on lui confère généralement dans le conte, elle devient force vitale rassembleuse. Une alliance intelligente et réussie entre tradition et modernité.

coup de coeur Le parapluie vert / Y. Dong-Jae ; K. Jae-Hong. - Didier

La mousson... la pluie qui tombe drue... chacun se presse. Pas assez cependant pour épargner le vieux mendiant. La commerçante le chasse, les écoliers se moquent. Seule Yeong le voit véritablement...
C’est la force de l’image qui est prépondérante ici, avec sa douceur et sa luminosité. On apprécie ensuite cet instant de générosité pure, parenthèse dans la violence du monde.

coup de coeur Toi, vole / E. Bunting ; F. Rébéna. - Syros

Vivre dans un aéroport, c’est le quotidien d’un petit garçon et de son père qui doivent y trouver les moyens de survivre sans se faire repérer. Une vie de précarité, de peur mais aussi de solidarité avec les autres habitués du lieu, et d’espoir d’un avenir meilleur. A l’instar de l’oiseau perdu dans ce lieu hostile qui réussira néanmoins à trouver la sortie, les 2 protagonistes savent que leur situation n’appelle que des jours meilleurs. Un regard très sensible sur une situation méconnue.

Roman(s) :


coup de coeur Fleur de béton / C. Bernos. - Oskar (La vie), 2014

Azalée vit avec sa mère sur le trottoir depuis que son père est parti un jour en mer avec la promesse de revenir un jour. Le quotidien de cette fleur de béton est raconté avec beaucoup d’innocence et d’espoir. On pourrait croire que ce livre va vous plonger dans le misérabilisme mais on comprend que la fille souffre en gardant toujours espoir. L’histoire est vue à travers ses yeux et on pourrait penser que sa vie va connaître une autre direction (quand par exemple elles décident elles aussi de partir en vacances) mais les retrouvailles ont finalement lieu. Fin un peu décevante, humiliante pour ces deux-là qui ont attendu qu’on veuille bien les retrouver. Histoire toutefois intéressante et instructive sur la survie dans la rue. Sandy Morel

La vie quotidienne d’une fillette et de sa mère, SDF, racontée par l’enfant, avec tendresse, humour et lucidité. Un bon moyen de faire comprendre la rudesse de la rue, mais aussi la solidarité des anonymes. Sylvie Vernier

A partir de 11 ans

coup de coeur Elle est où la ligne ? / D. Cali ; J. Jolivet. - Oskar. - (Trimestre). 2013

Thomas voyage seul en train pour la première fois. Ses parents sont sur le point de divorcer et ont décidé de l’envoyer passer ses vacances chez sa grand-mère. Alors qu’il arrive à Paris gare de l’Est pour prendre une correspondance, une grève surprise est déclenchée. Il appelle sa maman qui le rassure et lui conseille de manger tranquillement les sandwichs qu’elle lui a préparés en attendant l’arrivée de sa grand-mère. Alors qu’il est installé au pied du panneau d’horaires, un SDF s’approche et engage avec lui une conversation sur la vie et les lignes réelles et imaginaires.
Ce roman est une réflexion passionnante sur ses fameuses lignes que certains franchissent tandis que d’autres restent sur le quai. Parfois encore, d’autres les ont dépassées sans en avoir eu conscience et aimeraient revenir en arrière sans succès. Difficile de faire le bon choix !
Davide Cali et Joëlle Jolivet nous offrent ici un roman illustré intéressant et un poil philosophique.
Autre lecture
Ses parents viennent de divorcer, il va passer l’été chez sa grand-mère. A tout juste 10 ans, il effectue son premier voyage seul et cogite... « Je réfléchis beaucoup et souvent, dans ma tête… » A ses parents par exemple : « Je ne comprends pas comment on peut arrêter de s’aimer si on s’est aimés avant. Je ne comprends pas ça. Est-ce qu’il y a une ligne avec l’amour d’un côté et le non-amour de l’autre côté ? Une ligne qu’on peut franchir sans le faire exprès ? » Et ce clochard qui vient lui tenir compagnie à l’annonce de la grève, comment a-t-il franchi la ligne et laissé derrière lui la vie normale ?
Un ouvrage qui dit la fragilité de la vie mais aussi tous les chemins possibles ; ces « lignes qu’on traverse ou pas » sont autant de potentialités à construire sa vie.
Encore un titre sensible et fort dans cette collection (Trimestre) que l’on apprécie décidément beaucoup, illustré ici par Joëlle Jolivet. Elle donne aux lignes toute leur portée.

coup de coeur Monsieur Kipu / D. Walliams ; Q. Blake. - Albin Michel. - (Wiz)

Dire de ce vagabond qu’il pue est un doux euphémisme, tant cet homme a une notion toute personnelle de l’hygiène. Mais cela n’empêche pas Chloé de l’approcher, puis de devenir son ami. Son besoin de contact est à la hauteur de la solitude qu’elle ressent à la maison, entourée d’une mère rigide et cassante, un père complice mais effacé et une peste de petite sœur. Le vagabond odorant et la fillette mal dans sa peau vont former un duo improbable mais très soudé, Chloé va même l’inviter dans la cabane du jardin à l’insu de tous. Ajoutons que sa mère, en campagne politique, milite pour le "bannissement définitif de tous les SDF, ou "sales pouilleux". Car ils constituent une menace pour la société"… La confrontation sera inévitable et pleine de surprises !
Roman, dès 8-9 ans, très léger, que viennent illustrer quelques dessins de Quentin Blake. Le texte invite à porter un regard ouvert sur les autres, afin de ne pas les enfermer dans des carcans. Conseil valable pour Monsieur Kipu bien sûr, mais également pour les membres de la famille qui avaient cessé de se voir tels qu’ils sont.

coup de coeur Demander l’impossible.com / I. Cohen-Janca. - Rouergue. - (DoAdo)

Dans Demander l’impossible.com, Irène Cohen-Janca met en scène Antonin, un adolescent comme les autres, pas forcément mal dans sa peau, mais pas forcément à l’aise, pas forcément doué au lycée, mais pas mauvais non plus. Il est un peu amoureux mais peut-être pas finalement, un adolescent qui cherche sa place dans une famille a priori ordinaire, à côté d’une sœur en apparence parfaite, côtoyant souvent son oncle soixante-huitard boudé par ses parents. Une famille apparemment calme et sans histoire mais qui va être mise à l’épreuve avec la découverte de l’anorexie de la sœur ainée d’Antonin.
Antonin qui, au début du roman, peut rappeler le héros d’Anne Percin, Maxime, dans Comment (bien) rater ses vacances, à cause de son flegme et son humour pince sans rire, évolue grandement, grandit, devient adulte. Ses convictions s’ébranlent en même temps que les épreuves s’imposent et il ne peut plus rester sur ses acquis, sur sa réserve, sur son laisser-aller, il est obligé de se poser toute une série de questionnements sur le sens de la vie, la famille, les secrets de famille, les relations amoureuses.
Le roman prend alors une profondeur qui n’était pas forcément attendue au départ, il devient touchant et soulève des questions forcément proches des adolescents. Une belle découverte.
Autre lecture
Comment bien grandir ? Comment entrer dans le monde adulte lorsque les modèles environnants ne donnent pas envie ? Antonin et sa sœur Emma sont à l’âge où ces questions sont d’importance. Antonin, en croisant tous les matins un SDF au regard pénétrant, ne peut rester indifférent, ce qui consterne sa petite amie. Emma, jusqu’alors fille et élève modèle, n’a plus que la peau sur les os et rejette le modèle de vie de ses parents "vulgaires et normopathes." Max, l’oncle soixante huitard qui vit seul avec ses souvenirs, offre un autre modèle, comme une fuite… Antonin le "petit "de la famille pourrait bien être celui qui est le plus clairvoyant. D’abord incertain, puis s’affirmant de plus en plus, il ouvre les yeux de ses parents, de sa petite amie, de lui-même, dans la compréhension de ce qu’il veut faire de sa vie.
Un roman grave mais loin d’être désespéré puisqu’il montre que rien n’est établi et que chacun peut réinventer sa vie, pour peu qu’il rencontre un regard attentif.

coup de coeur Victor et Philomène / C. Renaud. - Ecole des loisirs. - (Neuf)

Victor a une main mal formée. Cela l’éloigne de ses camarades de classe qui ne supportent pas sa vue. Ainsi, il porte toujours des manches trop grandes pour cacher son infirmité. Heureusement, il vit dans une famille nombreuse et chaleureuse qui l’entoure. Or arrive une nouvelle en classe. Elle s’appelle Philomène et elle plaît vraiment à Victor. Il préfère toutefois commencer à lier connaissance avant de dévoiler son handicap. Mais la jeune élève est elle-même à part et se laisse difficilement approcher...
Un joli récit sur la difficulté de s’accepter en entier et sur la violence du regard de l’autre. L’histoire est contée par Victor, elle est fluide et agréable à lire.
Autre lecture
Lorsque Philomène arrive en classe, Victor se dit que cette étrange fille à la timidité exacerbée pourrait bien devenir son amie. Tous ceux de sa classe ont tendance à l’ignorer ou à se moquer de sa main inerte qui lui vaut le surnom de crabe. Mais avant la grand amitié, il va falloir apprivoiser celle qui se retranche dans sa coquille, comme un escargot. Victor et ses nombreux frères et sœurs vont prendre sous leurs ailes Philomène, livrée à elle-même le soir parce que sa maman, seule, travaille pour l’élever.
Une histoire sur la différence, l’amitié.

coup de coeur Tom, petit Tom, tout petit homme, Tom / B. Constantine. - Le livre de poche

Tom si petit, si jeune et déjà tellement responsable. Il prend soin de sa mère Joss, qui l’a eu alors qu’elle n’avait que 13 ans et qui depuis galère avec des petits boulots ; il assure auprès d’une mamie trouvée blessée dans son jardin ; il est d’une patience d’ange avec Samy, jeune gars paumé qui tourne autour de Joss. Oui, vraiment, Tom est un de ces personnages précieux, attentifs à tous et c’est avec bonheur que l’on voit d’autres, autour de lui, lui rendre la pareille.
Un roman étonnant, drôle qui voit les histoires les plus tristes s’adoucirent quand la solidarité entre en jeu, chaque solitude trouvant un chemin vers les autres.
Autre lecture
La couverture du livre présente un caractère enfantin tout-à-fait trompeur. L’histoire qui s’adresse aux grands ados est celle de Tom, le principal personnage et de Joss, une trop jeune maman de 24 ans. Pour subsister dans leur mobil-home pourri, l’une effectue des petits boulots et l’autre des petits larcins qui améliorent leurs repas quotidiens…
Deux personnages atypiques qui vont en rencontrer d’autres : déplaisants ou fort sympathiques mais jamais ordinaires. Un roman qui dépote par son scénario original, son ton dynamique et ses personnages très attachants… Un plaisir de lecture.

coup de coeur Waterloo Necropolis / M. Hooper. - Les Grandes Personnes

Le roman débute sur un enterrement : celui du bébé de Grace, 15 ans. Un enterrement particulier puisque n’ayant pas d’argent, elle cache le corps dans un cercueil. Elle espère ainsi mettre fin à une sordide histoire, celle, banale, d’une orpheline abusée par un inconnu, qui a du cacher sa grossesse jusqu’à l’accouchement de l’enfant mort né. Elle retourne donc à sa vie quotidienne, avec sa sœur Lily, 16 ans simple d’esprit. Mais le sort semble s’acharner. Car si elles survivaient tant bien que mal dans la ville de Londres des années 1860, les voilà chassées de leur logis. Elles trouvent de mystérieux bienfaiteurs, une famille influente dans les pompes funèbres…
Un roman haletant qui n’est pas sans rappeler les romans de Charles Dickens, qui montre la vie difficile des pauvres à l’époque victorienne. Une histoire d’orphelines malmenées par la vie, de sombres machinations des puissants contre les faibles, un décor historique qui ancre l’histoire de manière très vivante... Le tout, dans l’écriture efficace de Mary Hooper, offre un moment de lecture instructif et dépaysant.
Autre lecture
Roman historique dont l’intrigue à rebondissements multiples se déroule dans un Londres victorien, avec sa pauvreté, ses inégalités, son brouillard épais et ses morts prématurées. L’intrigue tourne autour d’un héritage, immense et inattendu, qui attire des convoitises sans scrupules. L’héroïne et sa sœur, pauvres au début, seront finalement les heureuses héritières mais elles doivent auparavant, avec l’aide d’un jeune avocat, déjouer les manigances des propriétaires d’une entreprise de pompes funèbres qui les emploie. Tous ces éléments feront penser aux romans de Dickens, surtout que le grand homme y fait brièvement son apparition. Mais il manque la magie du maître, surtout ses personnages plus grands que nature et son humour satirique et extravagant. Ce serait, donc, un bon roman de passage ou d’apprentissage, qui pourrait faire étape vers la lecture de Olivier Twist ou des Grandes Espérances de celui qui s’appelait lui-même « l’Inimitable ».

coup de coeur A quoi servent les clowns / A. Percin. - Rouergue. - (DacoDac)

Melinda, 5 ans, est réveillée en pleine nuit par sa sœur aînée Cindy : leur immeuble est en feu. Les deux filles vont devoir vivre désormais avec leur mère dans leur caravane-épave stationnée sur un parking au bord de la nationale. Melinda, à qui sa sœur a dit de n’emmener qu’“un truc que tu as besoin”, finira par prendre, après bien des hésitations - Tigrou ou son livre de lecture ? - le manuel et regrettera très fort son Tigrou et la photo de son père qu’elle n’a jamais connu. Parallèlement, un petit tigre d’un cirque installé dans les environs s’échappe, suite à la maladresse du jeune fils du directeur du cirque, Pablo…
L’auteur décrit avec justesse et sans pathos la situation de cette famille plongée dans la précarité suite à l’incendie de leur immeuble vétuste. Le récit est raconté du point de vue de Melinda et son regard naïf nous fait sentir d’autant plus cruellement la dureté de la situation (elle n’a plus les moyens de retourner dans son école). L’histoire alterne avec celle de la fuite du petit tigre, jusqu’à la rencontre des deux univers, qui ne se fera pas sans surprise !

coup de coeur Cut ! / H. M. Marttila. - Actes Sud Junior

La violence sociale aujourd’hui en Finlande. Percutant et original comme le titre, c’est un roman pour grands ados.
Le personnage principal, Torsti 15 ans, raconte sa vie. Il est le seul membre équilibré d’une famille déglinguée par la pauvreté et l’alcoolisme. Torsti se charge de tout et gère le quotidien : achats de contraceptifs pour sa sœur, mère adolescente et dont le rôle sera décisif pour le cinéphile qu’est Torsti ; achats de médicaments pour son père dépressif profond ; surveillance du traitement antialcoolique pour ses deux parents ; entretiens avec l’assistante sociale qui suit la famille et qui est la seule personne fiable de son entourage. Le milieu dans lequel vit Torsti est sordide, gai aussi par moments, et tout l’intérêt du texte est de montrer le système de défense qui lui permet de garder son intégrité, sa joie de vivre et ses espoirs. En effet, le récit des drames répétitifs et quotidiens ou presque, n’est pas linéaire ni fastidieux car les faits rapportés donnent l’occasion de digressions toujours éclairantes sur la manière de penser du jeune garçon : références au cinéma, ce qui permet à Torsti d’identifier les scènes vécues et de garder de la distance par rapport au réel ; références aux revues et livres de cinéma qu’il lit souvent et au dictionnaire qui lui permet de nommer les situations auxquelles il est confronté ; analyse de ses propres comportements qui lui permet de ne pas sombrer.
Le texte utilise tous les registres de langage, langage parlé violent et agressif, langage courant la plupart du temps quand Torsti prend le recul nécessaire à sa vie.
La fin du roman laisse grandes ouvertes les portes de l’espoir et apporte une touche optimiste qui correspond bien à la capacité de résistance de ce personnage qu’il semble difficile d’oublier quand les pages se ferment.

coup de coeur S’en aller sans retour / F. Arcis. - Seuil. - (Karactère(s)

Un jour, on décide de partir. De quoi sera fait demain, peu importe. La liberté plutôt que le train-train étouffant des parents. Angélique, 16 ans, franchit le pas un matin. Elle part pour la grande ville, Lyon, là où il est si facile de disparaître, de se fondre dans l’indifférence. Elle croise Ludmilla et partage un temps sa vie qui n’est plus rythmée que par la quête d’argent, de nourriture. Lorsque Ludmilla tombe gravement malade, elle réalise qu’elle ne peut plus se laisser porter par le hasard...
Le glissement insidieux de la normalité à la marginalité. En chemin, on perd son identité, son orgueil. Francisco Arcis le fait très bien ressentir dans ce roman court qui va à l’essentiel.

coup de coeur Princes des rues / E. Laird. - Gallimard. - (Folio junior)

Addis-Abeba, Ethiopie. 2 gamins que tout oppose, l’un pauvre et orphelin, l’autre originaire d’une riche famille, se retrouve à partager les galères de la rue. Si la réalité, crue et quelque fois sordide est décrite sans concession, c’est l’espoir et l’optimisme qui l’emportent, grâce à la solidarité qui lie tous les "godanas", membres d’une bande d’enfants de la rue qui vivent de la mendicité.
Un roman classique mais néanmoins passionnant, dont on suit les personnages au plus près grâce au style de l’auteur qui suscite l’empathie. Coup de coeur de Julie

coup de coeur Mon p’tit vieux / J. Hoestland ; S. Martin. - Le Baron perché. - (Les orpailleurs)

Ca commence comme une histoire banale et légère : un gamin agacé par le vieux du coin, un peu bougon, un peu crado. Mais un petit vieux qui fait malgré tout partie du paysage, et même un peu plus. Et puis un jour, on le retrouve sur le bitume, défenestré. Et il faut bien, alors, affronter la vérité : le vieux, dans sa solitude et sa pauvreté, ne pouvait plus vivre. Depuis, Tim a l’oeil sur les vieux, il se promet de ne plus les regarder de la même façon. Un roman pour les plus jeunes, entre vie quotidienne et drame de la vie, une de ces tranches de vie qui font irrémédiablement grandir.

Et aussi... :


coup de coeur Le petit cépou / P. Matéo ; B. Heitz. - Syros. - (Album, Paroles de Conteurs)

Saint Denis, banlieue nord. C’est dans ce décor moderne que se déroule l’histoire sans âge du Petit Poucet = Petit Cepou, verlan oblige... Les parents Perrault au chômage et aigris, la grande fratrie que le père perdra "dans la jungle des Halles" (forêt de panneaux publicitaires), l’ogre aux allures de contrôleur, le petit Cépou plus malin qui ramène tout le monde à bon port... Tous les ingrédients sont là, servis par les illustrations très colorées et détaillées de Bruno Heitz et la voix précise et alerte de Pépito Matéo. La fin voit notre petit héros prendre son envol, loin de chez lui.
Une réédition heureuse du texte de Pépito Matéo dans un format album doté de la version contée : la plage de 6 minutes comprend une formulette de fermeture de conte non présente à l’écrit.
Autre lecture
Le texte du conte, publié pour la première fois en 2009 dans la collection Mini Syros Paroles de Conteurs, prend toute sa saveur grâce à l’interprétation de son créateur. Il s’agit d’une transposition dans le monde moderne du conte traditionnel mais aussi d’un détournement aux accents parodiques qui s’adresse, pour être vraiment compris et donc apprécié, non pas à de très jeunes enfants mais aux « Moyennes oreilles »à partir de 8 ans.
Dans ce conte très bref, Pépito Matéo esquisse un tableau assez stéréotypé de la vie moderne dans une banlieue pauvre. Mais l’humour omniprésent montre bien que le plus important n’est pas cette évocation de la réalité. Beaucoup plus intéressant est le jeu constant sur la langue, manifeste dès le titre. Le conte de Perrault, lui-même très humoristique, fonde nombre d’images : le chauffeur du tram, qui emprunte la « rue des Petits-cailloux », a un « visage d’ogre », les contrôleurs « sent[ent] la chair fraîche ». Les jeux sur le rythme et les rimes, soulignées par la mise en page, nourrissent le récit, et la déambulation dans le métro devient un véritable poème. Dans la dernière page de l’album, l’auteur explique comment son amour des mots l’a toujours guidé, lui qui s’identifiait au petit héros du conte. Et c’est finalement l’image du jeune Rimbaud fugueur de Ma bohème que fait surgir fugitivement la fin de l’histoire. Trop fugitivement : la brièveté du conte que l’on ressent constamment empêche le conteur d’installer véritablement l’atmosphère du rêve.
Les illustrations au trait de Bruno Heitz sont très colorées. Elles mettent davantage en évidence l’humour un peu grinçant que l’évasion dans les mots et le rêve, ce qu’on peut regretter. Les personnages qui empruntent à la BD sont saisis en plein mouvement. Le texte est mis en valeur par le jeu sur la taille des polices. Bien qu’il s’inscrive sur des fonds de couleur, il reste lisible.
L’interprétation de Pépito Matéo donne vie aux personnages, met en valeur les qualités de l’écriture, ses variations. La déambulation dans le métro se transforme partiellement en rap. Aucun accompagnement musical : toute la force repose sur la voix du conteur, qui ajoute au texte de l’album la formule de clôture du conte : « Tradéridéra, un rat d’égout passa par là et l’histoire finit là. Tradéridéré, une souris congelée et le conte est terminé. »
Malgré les réserves émises, et le coût relativement élevé de cet ouvrage court, il peut être apprécié par de jeunes lecteurs. En classe, il peut entrer très facilement dans l’étude disciplinaire ou transdisciplinaire des différentes versions du Petit Poucet, de ses adaptations, de ses illustrations.

coup de coeur L’ enfant et le chat / L. Hathorn ; G. Rogers. - Mijade

Olivier trouve un chaton dans les rues sombres d’une grande ville. Il l’emmène, blotti contre lui. Les dangers sont nombreux, pour le garçon comme pour le chat, avant d’arriver « à la maison ». Mais en guise de foyer, c’est dans un coin de rue que les frères de rue trouveront à s’abriter.
La solidarité entre ces deux êtres exclus est appuyée en filigrane par l’évocation, en début et fin d’album, de deux mains, célèbre détail de l’œuvre de Michel-Ange :
- La Création d’Adam de la Chapelle Sixtine (détail), vers 1511 - Michel-Ange

coup de coeur Le petit marchand des rues / A. Lago. - Rue du monde

Avec ses illustrations pleine page, très colorées et denses, Angela Lago décrit la vie d’un petit garçon qui survit en vendant quelques fruits aux automobilistes. On devine le vacarme assourdissant, on sent la solitude et la peur du personnage face aux réactions des adultes, entre méfiance, moquerie et condamnation. Heureusement, il y a de temps en temps un chien pour partager un moment de réconfort mais très vite, la même scène - Cena de rua, titre original- reprend, à l’infini.

<<< Retour à la page précédente

© Association Croqu'Livre - Centre régional de ressources en littérature jeunesse