couv

(Ne prend pas en compte les mots de moins de quatre lettres)

Croqu’livre

L’Association
> Le CRRLJ
Nouveautés
Sélections annuelles
Sélections thématiques
Formations
Groupes lecture
Temps forts
Contact
Quoi de neuf

Le livre jeunesse en Franche-Comté

Auteurs-illustrateurs
Conteurs
Associations
Editeurs
Salons et évènements
Prix et concours
Spectacles

...et au-delà

Actualités
Spectacles
Expositions
Liens

Dernière mise à jour :
dimanche 25 septembre 2016

Mot Clé : Vengeance




Album(s) :


coup de coeur L’ orphelin / A. Grinberg. - Cèdrelune. 2014

Dans ce village tout au bout du monde, les gens ont le cœur dur. Un jeune orphelin est maltraité : rejeté, nié, moqué, battu. « Le petit orphelin restait faible, chétif, peureux. Alors souvent, il allait dans la montagne, pour ne plus voir les hommes. » Seule une vieille femme veille et lui conseille de crier sa détresse au ciel. Le démon du froid l’entend et va l’aider par trois fois. Il extirpe, dans un corps à corps terrible, des petits os de phoque qui l’empêchaient de grandir. « Tu auras alors le pouvoir de changer les choses. »
Parce que l’enfant saura résister et faire confiance au démon, parce qu’il saura ne pas dévoiler son secret, il prendra le chemin de la résilience, loin de la laideur. « Et jamais, jamais il n’oublia de partager son butin avec ceux qui n’avaient rien. »
Anouk Grinberg, par ailleurs comédienne singulière et rare, nous offre une adaptation illustrée d’un conte du Groenland qui ne laisse pas indifférent.

coup de coeur La vengeance de Germaine / E. Eeckhout. - Ecole des loisirs. - (Pastel)

La vengeance est un plat qui se mange froid, ce n’est pas à Germaine que l’on apprendra cela. Lulu la favorite de la basse-cour et son ennemie de toujours ne sait pas ce qui l’attend...
Un album à ne pas laisser entre toutes les mains car ici on ne paie pas pour ses crimes !

Roman(s) :


coup de coeur Vibrations / Raphaëlle Frier. - Talents Hauts, 2014

Que révèlent nos portables sur nous ?

Clara est amoureuse de Syl-vain. Il ne semble pas insensible à son charme et lui envoie des sms régulièrement. Pourtant Hakim, son ami d’enfance, lui demande de se tenir éloigné de ce garçon. Pourquoi cet avertissement ? Lors d’un rendez-vous au café, par mégarde, Clara prend le téléphone de Sylvain. Curieuse, elle décide de fouiller sa mémoire...
Un court roman qui évoque les traces que nous laissons via nos outils nomades. Le smartphone devient en l’occurrence le lieu des secrets mais aussi un outil de preuve.
Le récit met aussi en garde contre l’illusion que peut conférer une image trop lisse et la nécessité de bien connaître les personnes avant de plaquer nos sentiments sur une simple image. Intéressant même si la fin est selon moi un peu trop optimiste. Marion Uteza

A partir de 13 ans

coup de coeur Les filles en chocolat, tome 5 : coeur vanille / Cathy Cassidy. - Nathan, 2014

Des cinq filles au chocolat, c’est Honey qui m’intéressait le plus tellement elle semble en colère contre la vie elle-même. Le départ de son père et la nouvelle famille recomposée que lui impose sa mère déséquilibre son existence et l’amène dans les tomes précédents à tester les limites. C’est donc avec beaucoup de plaisir et de fébrilité que j’attendais ce tome, et il ne m’a pas déçu ! _ Honey s’en va rejoindre son père en Australie. Elle espère avoir ainsi une seconde chance après ses dernières frasques en Angleterre. Mais si le changement est au rendez vous avec une nouvelle école et de nouveaux amis, l’ombre de son passé plane toujours. Si elle a décidé d’éviter les excès et les sorties, c’est par le biais d’internet et des réseaux sociaux que des photos d’avant vont faire de sa vie un enfer... Qui est responsable de cet harcèlement ? Et surtout comment en sortir ? _ Encore un très bon tome des filles au chocolat qui mêle plaisir de la lecture et thèmes d’actualités. A travers la correspondance de l’héroïne et de ses soeurs on retrouve les problèmes abordés dans les autres volumes. Si Honey est plutôt un anti-héros dans les premiers livres, elle fait ici preuve de courage et de bravoure pour reconstruire sa vie. Le sujet du harcèlement est en plus bien amené et traité. Une série plus que jamais indispensable ! Marion Uteza

J’ai aimé l’emploi du "je" et que comme dans toute la série on parle des dangers que risque un adolescent dans différentes situations. Exemple Skye avec son amour pour le passé a risqué d’oublier le présent dans coeur guimauve. Summer avec sa passion pour la danse et la sveltesse l’ont rendu anorexique dans coeur mandarine. Quant à Honey, en voulant se confier, elle a révélé sa vie à un "inconnu". La personne ne l’était pas réellement, mais elle ne savait pas précisément à qui elle s’adressait. Ce livre montre qu’il faut se méfier un minimum des réseaux sociaux et de gens sur Internet. On n’est pas toujours qui on prétend être. Il n’y a rien que je n’ai pas aimé dans ce livre. Lou, 5ème (collège lumière)

A partir de 12 ans

coup de coeur Deux soeurs, un destin : la trahison / Maya Snow.- Flammarion (Castor Poche), 2014

Kimi est passionnée par l’épée alors que sa soeur Hana est plus douée pour se comporter comme une vraie demoiselle. L’assassinat de leur père et la disparition de leur mère, va les amener à fuir leur vie douillette pour tenter de survivre. Leur première halte les amène dans un célèbre Dojo où elles vont devoir devenir des garçons et accepter la fonction de serviteurs. Comment réussir à se venger de leur oncle usurpateur ? C’est le travail acharné, et le code des samouraï qui va leur ouvrir une nouvelle voie… Un roman dans le Japon ancien qui fait une large part aux arts martiaux et aux règles qui régissent la vie d’un samouraï. L’honneur, la coutume, mais aussi les techniques de combat sont au premier plan de ce très bon roman d’aventure
Un premier tome au coeur d’un dojo qui se lit d’une traite et qui a le mérite, bien qu’appartenant à une tétralogie, de comporter une première résolution. La question de la condition féminine mais aussi celle du milieu social viennent renforcer l’intérêt du livre. Le mérite n’est plus celui du sang, il s’acquiert à force de volonté et de travail. A lire ! Marion Uteza

J’ai adoré ce roman. J’aime beaucoup cet univers japonais, dans lequel il est question de trahison, de samouraï, de respect, de thé, de femmes, et de cerisiers en fleurs. L’histoire est passionnante, une fois que j’ai commencé la lecture de ce roman je ne pouvais plus m’arrêter. De plus, je trouve la couverture vraiment jolie et attrayante. J’attends la suite avec impatience. Coralie Bernat

CM2-collège

coup de coeur L’homme qui dessine / Benoît Severac. - Syros, 2014

Plongée assez fascinante dans la préhistoire des sapiens sapiens. L’homme-qui-dessine, homme fossile, est un des derniers survivants de sa tribu, qui s’est atrophiée. Il part chercher une compagne d’une autre tribu mais rencontre les hommes-qui-savent. Ces derniers le croient coupable d’une série de meurtres chez eux et s’apprête à le tuer. Mais Mounj leur promet de retrouver le meurtrier, s’accordant ainsi une semaine de répit. Mounj est celui qui dans sa tribu dessine, retrace l’histoire de son peuple, il est donc habitué à observer. Menant l’enquête et aiguillé par les fresques secrètes des hommes-qui-savent, il comprend bientôt que les meurtres sont des vengeances. Le coupable est également une victime… L’intrigue policière est prétexte à découvrir le mode de vie de ces hommes chasseurs. Les peurs irrationnelles côtoient les règles de vie commune mais "une tribu qui a interdit les combats entre chasseurs n’est pas pour autant débarrassé de la violence." Instincts et civilisation naissante bataillent, à l’époque comme aujourd’hui…Julie Feuvrier

Mounj est un homme-droit, un Néanderthalien dont le clan se meurt. "Homme du souvenir", sa mission est de parcourir le monde pour en tracer les contours sur l’écorce, et pour agrandir son peuple qui s’éteint. Sa quête est également personnelle : trouver une femme, avoir un fils, transmettre sa mission. Il découvre un jour un cadavre en forêt. Il est accusé du meurtre par un groupe d’hommes-qui-savent, sapiens sapiens, qui le soupçonnent d’être responsable d’une série de meurtres qui déciment le clan. S’il veut échapper à la mort, Mounj a jusqu’à la prochaine lune, soit 7 jours, pour résoudre 7 meurtres...

Passionnant policier préhistorique, à l’écriture intelligente et fluide, savamment documentée. L’apport historique et les thèmes développés sont riches de sens, et nourrissent la trame d’une enquête habile et surprenante. L’étranger, perçu d’emblée comme l’ennemi, va devoir gagner leur confiance et déjouer des secrets inavouables. Il va également confronter son savoir-faire, plutôt pratique, à un savoir et une culture plus subtils. Auprès des hommes-qui-savent, Mounj découvre une "émotion sans nom" devant le Beau, et découvre l’Art. Sur les fresques sacrées dissimulées au cœur de Womb, la montagne-mère protectrice, se cache peut être la clé de l’enquête… Ewa Bochenski

A partir de 12 ans

coup de coeur Tant pis pour elle / V. Dayre ; P. Leterrier. - La joie de lire. - (Encrage). 2014

Rebecca, jeune journaliste, est là pour une banale interview, un papier sans intérêt mais le coin paumé de Montchalin s’anime de la plus glauque des manières : un double meurtre qui réactive une sale affaire vieille d’une quinzaine d’année. Rebecca connait bien l’affaire puisqu’elle était aux premières loges : c’est sa sœur qui s’est suicidée alors. Quels sont les liens entre la bande de satanistes amateurs d’antan qu’elle fréquentait et les meurtres d’aujourd’hui ? Qu’ont à cacher ces divers personnages ?
L’intrigue se dévoile peu à peu, brouillant les pistes, la profusion de personnages et de points de vue ajoutant au trouble. Ce que l’on découvre est toujours plus noir...
« Où finit le petit sadisme ordinaire, où commence l’ignoble ? Ce sadisme que chacun s’autorise, dans les relations familiales, amoureuses, professionnelles… »
Un roman à réserver aux bons lecteurs -de par sa construction éclatée- au cœur bien accroché. Sévices sur les animaux, sur les humains, tortionnaires d’hier et victimes d’aujourd’hui se confondent. Alors, Tant pis pour elle
Autre lecture
Une jeune journaliste se voit contrainte de loger dans le village de son enfance pour interroger le maire. Et son passé ressurgit... Un loup a été disséqué il y a peu dans la forêt et aujourd’hui c’est une jeune femme qui est retrouvée dans des circonstances similaires. Or elle avait proposé à des maisons d’édition un roman témoignage qui évoque un étrange décès. Un flic spécialisé dans les vieilles enquêtes arrive pour tenter de démêler les fils…
Roman policier qui propose une histoire de vengeance. La trame est assez dense, elle joue entre passé et présent et tente d’enlever les masques que chacun s’est donné pour tenter de se protéger d’une tragédie. Mais c’est surtout la qualité de l’écriture, qui fluctue avec les scènes, que j’ai apprécié. Un bon polar au final.
« Il va finir par l’écouter, ce morveux de gendarme ? Par prêter attention à ce qu’elle dit ? C’est grave, c’est important. Elle l’a reconnue, la femme, là, dans la voiture du maire. C’est celle qui est venue rôder trois fois, oui trois fois, et même en pleine nuit... »

coup de coeur Si tu meurs, elle reviendra / M.Tabachnik. - Flammarion. - (Grands Formats). 2014

Comment survivre à l’absence de leur fille unique ? Comment accepter le fait qu’un homme a percuté un être vivant et s’est enfui sans lui porter secours ? Les O’mara pourraient être anéantis mais la rage les tient encore debout. Francis n’aura de répit que lorsqu’il aura vengé sa fille. Il traque le meurtrier, malgré des indices très faibles. Mais sa fille elle-même lui vient en aide, en rêve, et l’envoie sur une plate-forme pétrolière…
Un polar à l’ambiance très marquée. Décor : l’Écosse ; protagonistes : les nouveaux riches de l’industrie du pétrole ; particularité : ambiguïté des personnages, de tous les personnages. Ainsi, lorsque Francis trouvera le meurtrier de sa fille, c’est un homme lâche mais très sympathique qui lui fait face. Quel sens alors donner à sa vengeance ?
Autre lecture
Patricia est fauchée sur la route à la veille de ses vingt-cinq ans. Ses parents n’acceptent ni sa mort ni l’absence de recherche de l’auteur du délit de fuite. Nous suivons le père dans sa traque pour retrouver le "meurtrier". Seul indice : il s’agirait d’une voiture de luxe non répertoriée. Il décide alors de partir enquêter autour des plate-formes pétrolières situées non loin, au nord de l’Écosse...
Un roman policier noir centré sur le désir de vengeance de ce père dont toute la vie est organisée autour de la réussite de sa fille unique. Alors que le ventre du récit nous fait croire à une fin facile et attendue, l’auteur renverse dans la dernière partie l’histoire et amène ainsi l’adhésion du lecteur. La géographie des lieux apporte une dimension supplémentaire en nous faisant découvrir un paysage et des caractères rudes. A lire !

coup de coeur Je suis sa fille / B. Minville. - Sarbacane. - (Exprim’). 2013

Il a toujours transmis à sa fille une grande confiance en la vie et lui a appris à avoir un regard généreux sur les autres, à choisir la liberté, toujours. Aujourd’hui, il est sur un lit d’hôpital entre la vie et la mort, parce que le braquage qu’il a maladroitement tenté a mal tourné. Quant à savoir comment il en est venu à une telle extrémité, Joan a sa petite idée, fermement décidée à retrouver celui qui l’a détruit, dans un harcèlement méthodique sur son lieu de travail. Épaulée par son meilleur ami Hugo, puis accompagnée ensuite par Blanche si forte et si poignante, elle part sur la route de la vengeance. Mais en chemin, il faut VIVRE, rendre hommage à ce père exceptionnel. Le voyage oscille ainsi entre bouffées de rage et de haine et moments rares de partage complice : « Imaginer que je souhaite la mort de quelqu’un… c’est absurde. Se servir d’un putain de flingue ! (…) Mais dès que je revois son visage éteint… les électrodes, les moniteurs autour de son corps… dès que j’imagine toutes ses souffrances et sa détresse, je bascule. » Quel choix fera Joan devant le bourreau de son père ?
Ce premier roman offre de vrais passages bouleversants, des personnages extrêmement attachants, nous suivrons Benoît Minville avec un intérêt certain !
« Rien n’est écrit, tout est à faire. On va le vivre, notre grand chemin, et à notre sauce. Avec nos rêves, nos faiblesses, et on en sera fières. »
Autre lecture
Lessivé par son entreprise et rejeté par la société, le père de Joan finit à l’hôpital dans un état inquiétant. Sa fille décide de traverser la France pour obtenir vengeance en tuant le grand patron de la firme. Le roman retrace le périple effectué avec Hugo son meilleur ami et la voiture qu’il emprunte à son frère. Chaque halte est l’occasion d’aventures mais aussi d’une réflexion sur la vie et la société.
Roman initiatique qui pose la question des idéaux dans la société moderne. Est-il possible de rester positif et de garder ses rêves intacts ? Quels choix nous laisse la vie ? De beaux passages dans ce récit un peu déjanté mais percutant sur la jeunesse d’aujourd’hui et le monde qu’il hante.
« Je n’arrive plus à m’imaginer une vie normale.
- Elle ne sera plus, tu sais. C’est vrai. Elle sera différente, mais elle sera ce que tu as envie d’en faire. J’espère que je ne vais pas te choquer, mais je veux dire qu’elle sera...extraordinaire. Tu comprends ? Elle n’aura plus jamais rien d’ordinaire, quoi qu’il advienne. »

coup de coeur L’ âme emmurée / F. Woets. - Oskar. - (Fantastique). 2013

Alix vit depuis peu dans un manoir qu’elle déteste. Grand, froid, impersonnel, il s’y passe en sus des choses étranges : du sang coulant des murs, des respirations venues de nulle part, Alix est tétanisée et ne peut se confier ni à son père glaçant et hautain ni à sa mère neurasthénique. Heureusement elle s’épanouit à l’extérieur, au conservatoire avec son violoncelle. Elle se lie d’amitié avec Rozenn et Samy qui lui ouvrent les portes de la légèreté et de l’amitié. Et elle en aura bien besoin lorsque les évènements étranges deviennent angoissants.
Le roman flirte avec le fantastique avant de laisser libre cours à la vengeance ; il montre un monde huppé où les sentiments n’ont pas droit de cité, montre également qu’on peut s’ouvrir au partage, par le biais de la musique.

coup de coeur La vie est belle / C. Léon. - La Joie de lire

Le livre s’ouvre sur un suicide, celui d’un homme ne supportant plus le harcèlement sur son lieu de travail. Il se poursuit, en un temps disséminé, sur les moments clés précédant le drame. Mais l’on pressent, en même temps que l’on en comprend les circonstances, qu’un autre pourrait s’annoncer, au goût de vengeance...
Lewis, fils du défunt, approche Julia, fille du celui qui est désigné comme responsable. Quel est véritablement son but ?
Avec une narration éclatée qui distille des éléments de réponse et de questionnement, Christophe Léon invite son lecteur à reconstruire l’histoire et à en envisager l’issue. Devant l’injustice, quel choix s’offre à nous ? Comment se positionner au sein d’une société impitoyable ?
Autre lecture
Christophe Léon est un auteur dérangeant. Il gratte la conscience du lecteur pour l’amener à réfléchir. Il part d’un fait de notre monde contemporain pour nous proposer d’y poser un autre regard. La fin, souvent sombre mais en partie ouverte est un appel au lecteur à changer le monde dans lequel il vit... Tout un programme !
Le père de Lewis s’est suicidé. Il était victime de harcèlement sur son lieu de travail. La nouvelle vie de Lewis est entièrement tournée vers la vengeance. Il veut infiltrer la famille du patron de son père pour le détruire... Que va-t-il y trouver ? Nous suivons en parallèle le récit de la lente dégradation du salarié victime de harcèlement et la mise au point de la vengeance par le fils.
Un roman fort qui évoque la déshumanisation du monde du travail et de ses conséquences sur l’individu et la famille. Il n’y a pas de bons et de méchants mais plutôt un système, une société qui sont grippés, empoisonnés. Tantôt horrifiés, tantôt intéressés nous découvrons le cheminement meurtrier du fils. La fin, terrible, est faussement ouverte. Qui sont les lâches ? Qui sont les victimes ? L’alternative n’est pas vraiment réjouissante. Reste une lecture d’un roman bien agencé, bien équilibré entre des passages très "ados" avec les thèmes de l’acné ou encore des relations avec le beau-père, et d’autres bien plus sombres...

coup de coeur La liste / S. Vivian. - Nathan

Chaque année, un mois après la rentrée, le lycée de Mount Washington vibre autour d’une liste. Pour chaque niveau scolaire, « la plus moche » et « la plus belle » sont distinguées. Car oui il n’y a que des filles. L’auteur de la liste ? Inconnu. Les conséquences ? Des ravages, des deux côtés. « Quelqu’un s’est permis de vous sortir du lot, de vous coller une étiquette et de vous réduire arbitrairement à votre dimension la plus superficielle. »
Nous suivons les 8 jeunes filles depuis la publication de la liste jusqu’au bal de rentrée, une semaine plus tard. Il faut soi-même encaisser la nouvelle et surtout gérer les réactions des autres élèves. Plus que jamais à cet âge où l’on se construit dans le regard des autres, cette épreuve de la liste n’est pas sans conséquences. Et le besoin de reconnaissance bride toute sincérité et corrompt toute spontanéité.
Le style n’est pas des plus recherchés, qui suit au jour le jour les réactions des jeunes filles et il est beaucoup question de tenues, maquillage, coiffure, silhouettes... mais tous ces artifices laissent entrevoir les doutes, les failles, les solitudes aussi.

Autre lecture
Être sur la liste comme étant une des plus belles ou des plus moches filles du lycée, voilà ce qui arrive à nos fausses héroïnes. Elles se révèlent toutes affectées par cette nomination. Mais c’est pour Jennifer, nommée pour la quatrième fois la plus moche fille en quatre ans, que l’épreuve risque d’être le plus difficile... C’est sans compter sur le nouveau proviseur qui a décidé de trouver le responsable et de faire cesser cette terrible tradition...
Un roman aux nombreux personnages, plus à plaindre les uns que les autres, qui a le mérite d’évoquer la dictature de l’apparence et ses méfaits : manque de confiance en soi, anorexie ou encore fausses amitiés... Les faits évoqués sont souvent cruels et sonnent vrais. Un récit qui fait réfléchir et il est difficile à la fin de l’ouvrage, au dénouement inattendu, de prendre position pour ou contre l’attitude de certaines filles. Reste la morale qui revient à plusieurs moments de l’histoire : le plus important n’est pas le regard porté par la collectivité sur une personne à un moment donné mais les liens personnels que l’on tisse au fur et à mesure de notre existence... Un livre à, contre toute attente, méditer !
« Dans quelques années, tout le monde aura oublié ce bal, tout le monde aura oublié qui était la reine. Ce dont vous vous souviendrez, c’est de vos amis, des liens que vous aurez tissés. C’est à ces choses-là qu’il faut s’accrocher. »

Autre lecture Cette histoire se passe dans le lycée de Hount Washington. Tous les ans, deux filles sontsélectionnées par des personnes inconnues, qui font La Liste. Dans chaque niveau, la plus moche et la plus belle sont nommées. En 3ème, Danielle alias Dan the Man qui remporte le prix de la plus moche et Abby, très coquette, l’opposée de sa soeur aînée, pour la plus belle. En seconde, Candace, une peste de première devient la plus moche face à Lauren, une nouvelle, d’une beauté naturelle. En 1ère, c’est Sarah qui -on dirait- fait tout pour être la plus moche, et Bridget qui a perdu beaucoup de poids pendant l’été. Et pour finir en classe de terminale, pour la 4ème année consécutive Jennifer pour la plus moche et pour la plus belle, la future reine de la rentrée, Margo.
Mais QUI est derrière cette liste affichée partout dans le lycée, avec ce fameux tampon qui avait été volé il y a une dizaine d’années (devenu maintenant une pièce de contrebande) ?
Découvrez les sentiments et le quotidien des huit filles qui devront faire avec et en tirer parti si possible. Ce livre est très amusant, tout en parlant de choses sensibles mais en restant dans la vie des lycéennes. Nina, 14 ans.

coup de coeur La légende du Roi errant / L. Gallego Garcia. - La Joie de lire. - (Hibouk). 2013

Walid, prince héritier de Kinda, rêve de devenir un grand poète, le plus grand des poètes. Mais lors des concours qu’il organise en son royaume, il est battu, par trois fois, par un homme modeste et humble. Bientôt, Walid est obsédé, non plus par l’idée de battre le poète, mais de le mener à sa perte, humilié d’avoir été vaincu, de façon grandiose qui plus est, sur son terrain. La vengeance sera insidieuse, longue, cruelle, avec une punition ultime qui l’oblige à créer un tapis retraçant l’histoire de l’humanité. Les années passent et le prince, devenu roi, change profondément et, contrit de culpabilité, éprouve le besoin de se racheter auprès des fils de celui qu’il a détruit. Une longue errance commence…
Cette épopée, entre aventures du désert et conte philosophique, suit le parcours d’un orgueilleux repenti cherchant la rédemption. Sa quête l’amènera à comprendre qu’un destin se forge et qu’il n’est nulle fatalité pour qui sait prendre ses responsabilités. L’ouvrage offre également une belle réflexion sur l’art, la poésie, l’amour…
Autre lecture
Le prince Wallid souhaite être reconnu comme étant un grand poète. Mais il manque dans ses compositions du cœur pour réussir à émouvoir son auditoire. A trois reprises, il sera vaincu par un humble tisserand au grand concours de poésie qu’il organise. Blessé dans son orgueil, il tente alors d’imposer au pauvre homme des défis titanesques, que ce dernier réussit à chaque fois jusqu’à ce qu’un jour...
Conte oriental philosophique et symbolique qui nous offre de suivre les péripéties d’un jeune homme riche et fortuné qu’une blessure d’orgueil va entraîner dans un long périple vers la rédemption. Peu de hasard dans ce long cheminement personnel mais une quête sous l’égide des Djinns. Un joli texte. « Ecoute-moi bien : nous sommes tous responsables de nos actes, aussi bien des bons que des mauvais. Et la vie rend toujours ce que toi tu donnes. Ne l’oublie jamais, mon fils. N’oublie pas que la vie nous fait payer un prix... »

coup de coeur Gladiateur, Tome 1 : Le combat pour la liberté / S. Scarrow. - Gallimard. 2013

Le père de Marcus, 10 ans, s’est fait tuer sous ses yeux. Lui a été réduit à l’état d’esclave puis d’apprenti gladiateur. Nous le suivons pendant ses entrainements et combats et lors de ses tentatives de fuite. Il est confronté à la cruauté, à la violence et à la difficulté de la vie dans le centre... mais garde en ligne de mire la vengeance de son père. Or il découvre la réalité sur son identité et sa filiation. D’autres aventures l’attendent, à découvrir dans le tome 2...
Un récit cohérent et bien écrit, qui maintient constamment le suspense et nous plonge au cœur de l’Empire Romain : les descriptions des lieux, des traditions de l’époque, les relations entre romains et esclaves, le monde des gladiateurs…

Autre lecture Marcus a 11 ans, il habite sur une île greque de l’empire Romain. Son père, un ancien centurion, a sauvé la vie de Pompée le Grand, lors de la défaite de Spartacus, un gladiateur devenu meneur d’une révolte d’esclaves. Le drame frappe la famille . Son père est assassiné et Marcus est réduit en esclavage avec sa mère. Le jeune garçon parvient à prendre la fuite, mais est à nouveau vendu comme esclave à une école de gladiateurs où l’apprentissage est rude. Déterminé à retrouver Pompée à Rome pour obtenir justice, il combat devant Jules César, qui l’engage comme garde du corps de sa nièce. Mais, sur la route pour Rome, un ancien gladiateur prétend lui révéler sa véritable identité : Marcus serait le fils de Spartacus ! C’est une histoire passionnante avec du suspens. Agréable à lire ! Je vous le conseille ! Jules (Atelier 1,2,3 Ecrivez ! du collège Victor Hugo)

coup de coeur La fille seule dans le vestiaire des garçons / H. Ben Kemoun. - Flammarion. - (Emotion). 2013

Comment Marion a-t-elle pu succomber aux charmes d’Enzo, le même qu’elle envoyait au tapis quelques jours plus tôt parce qu’il l’avait draguée de façon insistante et irrespectueuse ? Comment en est-elle venue à embrasser ce garçon qu’elle méprisait ? « Est-ce qu’on tombe amoureuse par faim d’amour, par peur de la solitude ou du grand vide, pour se prouver qu’on peut plaire ? » La conséquence de ce moment de faiblesse : une humiliation cuisante, le baiser avec le bel Enzo n’étant que le point d’orgue d’une vengeance mise en scène par Enzo et ses potes et se retrouvant sur youtube avec le commentaire : Marion, fille facile. Marion n’avait pas besoin de cet épisode désastreux, tant sa relation aux hommes était déjà en souffrance : son père, parti à l’autre bout du monde les abandonnant elle, sa mère et son petit frère a fait bien des dégâts.
Humiliation, vengeance, réseaux sociaux, un bien mauvais mélange qui aurait pu terrasser Marion, l’enfermant dans la rage et la solitude. Mais les vrais amis la sauveront d’une déroute certaine...
Un happy end un peu facile, mais retenons plutôt, dans cette histoire prenante, les personnages attachants, notamment le petit frère compréhensif et très intelligent et la vivacité des sentiments.
Autre lecture
Marion est une adolescente seule et courageuse. Elle tient tête aux petits caïds du lycée qui tentent de jouer avec elle. Mais humiliés, ces derniers vont tâcher de faire de sa vie un enfer. Reste son petit frère, à la fois attachant et énervant, en tout cas haut en couleurs et sa mère qui se débat avec ses propres problèmes. Au-delà, sa seule bouée de sauvetage est la musique et son carnet de morceaux personnels qui l’accompagnent, jusqu’à ce que le livre disparaisse...
Entre harcèlement et peur, c’est la rage qui domine chez Marion. Ses sentiments sont tellement forts qu’ils l’empêchent d’avancer. Comment dès lors arriver à se reconstruire, à reformer un sas de confiance ? Le récit retrace avec justesse les moments forts de solitude et de désespoir que peuvent traverser les jeunes, entre deux âges, entre deux mondes. Un livre réussi à l’écriture vive et incisive.
«  Si j’avais eu un père, il serait venu rectifier la tronche de ces quatre salopards. Il les aurait chopés un par un ou ensemble pour leur faire payer l’affront fait à sa fille. Ensuite, en quelques mots justes, pour me rassurer, il aurait aussi su me faire croire que je valais mille fois mieux qu’eux et que je restais la plus exceptionnelle du monde. Et j’aurais tout gobé, de la première à la dernière syllabe. Si j’avais eu un père, je n’aurais pas fait cela. Ou pas ainsi. Seule, je devais me débrouiller seule.  »

coup de coeur Le soir de nos 13 ans / E. Brisou-Pellen. - Oskar. - (Polar)

Bon petit roman policier. L’enquête est menée par Alice et Brice, deux jumeaux orphelins et élevés sans grande tendresse par leurs grands-parents. Leurs parents et leurs deux frères sont morts neuf ans auparavant dans un accident de voiture. Petit à petit, ils trouvent des éléments qui leur indiquent que ce n’était pas un accident...
Le roman se lit vite, les chapitres se suivent et appellent les suivants avec un suspense bien entretenu. Finalement, c’est un vieil homme toujours assis sur un banc près du domicile des jumeaux, rongé par la culpabilité, qui va dévoiler la vérité.
Roman qui peut plaire aux 6°/5°, l’enquête est bien menée et les deux personnages principaux sont sympathiques.
Autre lecture
Alice et Brice sont élevés de façon très stricte par leurs grands-parents. La mort du reste de leur famille dans un accident de voiture demeure de l’ordre du secret. Pour vaincre le silence, ils décident, à l’âge de 13 ans, de mener l’enquête. Arriveront-ils à lever le voile sur les événements passés ?
Entre secrets de famille, convenances et destin, nous partageons le chemin que mène les jumeaux pour retrouver racines et affection. Un roman policier et psychologique bien mené avec un dénouement inattendu mais intéressant.
« Dans les moments de cafards, on s’était proposé de mettre dans le journal une petite annonce du genre : "Cède orphelins, 13 ans, bon état." Or on avait déjà trouvé preneur, et on ne s’en était jamais rendu compte. »

coup de coeur La rusalka / E. Bow. - Alice. - (Fantasy)

Kate est maintenant orpheline. Plus de protection, plus d’apprentissage avec son père sculpteur sur bois, la voilà livrée à elle-même dans un environnement précaire. Les épidémies, la faim rendent les villageois méfiants et la moindre différence suffit à stigmatiser un individu. Kate avec son physique disgracieux et ses compétences hors norme est vite désignée et doit quitter le village. Une décision précipitée par l’intervention d’un individu étrange aux pouvoirs redoutables : ce Linay sera désormais étroitement lié à son destin.
Un roman étrange, envoutant, déroutant, qui brouille les frontières entre la vie et la mort, la "normalité" et la sorcellerie, l’homme et l’animal, les motivations légitimes et les moyens pour parvenir à ses fins… Kate qui a donné son ombre pour survivre et ne plus être seule (son compagnon de route est un chat loquace), mesurera dans sa chair toutes ces interactions. Et c’est seulement lorsqu’elle décidera de prendre la main sur son destin qu’elle pourra trouver sa place et assurer son avenir.
Autre lecture
Un conte noir ou le récit d’une vengeance. Kate est orpheline et par temps de famine, pour survivre, elle échange son ombre contre quelques nourritures. Mais pour que le troc soit équitable et donc valable, le sorcier blanc accorde aussi la parole à son chat Loque. Elle est alors suspectée par les villageois de sorcellerie et se voit contrainte de fuir. Elle quitte la ville avec un groupe de nomades où elle tente d’être acceptée, grâce à ses dons de sculpture sur bois. Mais les malheurs se succèdent, la mort rôde dans toute la région et son absence d’ombre risque d’être révélée à tout moment, la désignant une nouvelle fois comme paria. Pourchassée, elle est recueillie par Linay, le sorcier blanc, et découvre peu à peu la terrible vérité...
Un conte étrange et fort, illuminé par la force de caractère et le courage de l’héroïne et par la personnalité indépendante de son chat. Le lecteur se laisse entraîner de la campagne à la ville par les événements qui se succèdent, et tremble avec Kate. La couverture est belle et le papier très agréable. Un livre à découvrir.
« Ma mère et lui étaient jumeaux. Ils étaient toujours ensemble. On aurait dit qu’ils partageaient le même cœur. Je me souviens que notre campement était à l’extérieur des murs de Lov, près de la rivière. Quand ma mère est morte, je veux dire. Mon oncle a trouvé son corps qui flottait contre la grille de la rivière. (...) Il a pris son ombre : voilà pourquoi je t’en parle. »

coup de coeur L’ heure de la vengeance / J. Chr. Naess. - Thierry Magnier

Un père militant, une mère décédée d’overdose, Kurt, 17 ans, semble être la synthèse de ses deux parents, tiraillé entre quête de justice et de pureté et rage contre le monde. Sa seule amie : une vieille dame au passé nazi, qui vient d’être assassinée. Kurt est persuadé que la police se trompe de coupable et mène son enquête parallèle. En suivant le déroulement de son raisonnement, nous découvrons la personnalité de Kurt, ado solitaire à tendance dépressive, raciste, homophobe, à la répartie acerbe.
Le lecteur suit, médusé, la vengeance d’un ado même pas détestable qui semble refléter la société norvégienne. Pas de happy end, pas de rédemption, juste le constat d’une situation latente qui semble explosive. Pour grands ados et adultes.

coup de coeur J’ai tué l’océan / J.-F. Chabas. - Ecole des loisirs. - (Neuf)

Pridi, dix ans, n’a qu’une passion : faire des blagues. Tous les habitants de son village en font les frais. Un jour où il cible l’homme le plus riche, sa mère le réprimande sévèrement et l’enfant préfère s’enfuir plutôt que s’excuser publiquement. Mais lorsqu’on habite une île où il n’y a qu’un seul village, où aller ? Pridi se rend donc jusque chez Kukrit, vieil homme que tout le monde croit fou ; il a perdu sa femme et son enfant dans les flots et vit depuis à l’écart de tous. Chaque matin, il tente de tuer l’océan et n’hésite pas à le défier. Pridi se retrouve alors embarqué dans une aventure aussi palpitante que dangereuse.
L’écriture remarquable de Jean-Françaois Chabas nous entraine dans ce monde unique où l’océan est maître de la destiné des hommes. C’est à travers les yeux innocents de Pridi que l’on découvre sa vision de la vie. A la fois magnifique et mystérieux, l’océan nous dévoile une facette insoupçonnée. Le personnage attachant de Pridi montre une vraie maturité d’esprit.
Autre lecture
Pridi est le préposé aux blagues sur son île. Le joyeux luron, le farceur, le chenapan qui apporte bonne humeur et légèreté aux autres villageois, tout du moins à ceux qui ne sont pas les victimes de ses facéties. Un jour où il s’en prend au puissant du village qui s’offusque, Pridi préfère s’exiler le temps que sa fureur retombe. Il rend visite au vieux kukrit qui perdit sa femme et son fils des années auparavant. Depuis, il voue une haine sans pareil à celle qui causa son malheur, la mer. C’est à une guerre sans merci que Pridi assiste, médusé de voir la haine et la rage de l’homme, plus intense encore qu’à l’époque des faits.
Devant l’insondable tristesse de l’homme, Pridi aurait pu voir sa jovialité entamée, voire anéantie mais c’est une vraie leçon de vie qu’il prend face à cet homme et prendra son rôle de bouffon plus au sérieux encore…

coup de coeur L’ héritage Jenna Fox / M.e. Pearson. - Les Grandes personnes

Cela fait 260 ans que Jenna a eu son accident (voir Jenna Fox, pour toujours). Mais elle au moins a eu droit à une vie depuis. Tandis que Kara et Locke, ses amis, ont erré dans une "vie" sans corps, dans un couloir de vide et de souffrance, jusqu’à ce qu’un docteur mette fin à leur absence de matérialisation. Grâce à la technologie du Bio Perfect et à la sauvegarde de leur esprit, ils ont dorénavant retrouvé leur corps, leurs souvenirs, leur personnalité. Mais ils vivent dans un monde qu’il ne connaissent pas, n’ont plus de parents connus. Ne reste qu’un repère : Jenna. Que faisait-elle pendant qu’ils erraient, pétris de souffrance ? Pourquoi les a-t-elle abandonnés ? Locke a des doutes et des interrogations, mais Kara est dans une haine obsessionnelle. Ils s’enfuient tous deux de chez leur médecin opportuniste et partent à la recherche de Jenna. En chemin, ils bénéficient de l’aide de Dot, un robot qui a développé des rêves et des aspirations…
Dans ce deuxième tome, l’auteure poursuit sa réflexion sur l’identité et la biotechnologie : qu’est-ce qui définit l’humanité ? Mais elle aborde aussi les relations entre humains : amitié, famille, qu’est-ce qui nous unit ?
S’il est un peu moins étonnant que le premier opus, ce titre reste intéressant et fourmille de pistes de réflexion.

coup de coeur Bye bye Crazy Girl / J. Schreiber. - La Martinière

Perry est dégouté : il avait l’opportunité de jouer avec ses potes lors d’un concert mais au lieu de ça, il doit accompagner sa correspondante lituanienne au bal de fin d’année. Ordre des parents et Perry ne s’oppose pas à ses parents. Sauf que ce soir, rien ne se déroule comme prévu : la timide et austère Gibija se révèle être une tueuse à gage redoutable qui sème le chaos sur son passage. Perry devient complice par la force des choses, Gobija ayant installé une bombe dans la cave de la maison familiale pour lui faire entendre raison…
Gobi veut venger sa sœur, prostituée et exploitée aux États-Unis, puis tuée par un certain Santamaria. Rien ne l’arrêtera tant qu’elle n’aura pas eu la peau du salaud. Tandis que Gobi assouvie sa vengeance, Perry lui, apprend à s’affirmer devant son père !
On n’est pas loin ici de l’univers de Nikita, avec un déferlement de violence froide (gratuite ?). Le suspense est là, dans une énergie qui ne retombe jamais. Les titres de chapitre sont des sujets de test d’entrée aux universités, ce qui rythme de façon originale le déroulement d’une l’intrigue efficace.

coup de coeur Les guerriers de la nuit / J.-P. Andrevon. - Flammartion. - (Tribal)

Val Santamaria, jeune agent spécial du FBI, part en Arizona pour enquêter sur les meurtres de riches propriétaires terriens. C’est en raison de son appartenance à la culture indienne -il est métis- qu’il a été désigné pour cette enquête solo, sa toute première. Son enquête va vite être ralentie par le mutisme des locaux, des indiens pour la plupart, et l’inertie de la police indienne. Mais Santamaria acquière bien vite l’intuition que cette série de meurtres aurait à voir avec le massacre d’une tribu Navajo qui a eu lieu 150 ans plus tôt... Jean-Pierre Andrevon tisse une intrigue policière qui tire vers le fantastique quand l’agent du FBI réalise qu’il est au cœur de cette vengeance indienne et qu’il est lié corps et âme à cette tribu décimée à la fin du 19ème siècle...
Un roman fort pour bons lecteurs qui distille une atmosphère lourde et pesante : les corps sont poisseux, le soleil brûlant, le désert fantastique... Une riche évocation du destin des tribus séculaires qui habitaient l’ouest américain bien avant que l’homme blanc ne vienne y installer ses puits de pétrole...

coup de coeur Makila / F. Lorient. - Oskar

En vacances au pays Basque, Mathis visite avec ses parents l’atelier Asaba où se fabrique les « Makila », long bâton à la poignée de métal et objet symbolique destiné à un propriétaire précis. Il ressent alors une impression de « déjà vu » qui le met très mal à l’aise. Quelques semaines plus tard, après sa rentrée au lycée, il retrouve par hasard son amie d’enfance Alexia et en même temps les souvenirs du drame vécu chez elle quand ils avaient 10 ans et qui les a tenus éloignés l’un de l’autre. Mathis vient en aide à Alexia qui n’a rien oublié et cherche désespérément un coupable à la mort de son père. Ils mènent une recherche alerte aux pistes nombreuses et intrigantes qui passe par le pays basque espagnol, la guerre d’Espagne, le Makila, bel objet qui dissimule une pointe de métal assassine et qu’Alexia a retrouvé dans son grenier…
C’est un roman sympathique, bien mené, léger, où les deux protagonistes aux personnalités affirmées expriment aussi leurs failles et leurs blessures, qui flirte avec le roman policier.

coup de coeur L’ amère vengeance de Clytemnestre / M. Drévillon. - Nathan. - (Histoires noires de la mythologie)

Le roman débute par le mariage de Clytemnestre et de Tantale puis le meurtre de ce dernier par Agamemnon, roi de Mycène. Afin de réparer ce meurtre, Agamemnon s’engage à épouser Clytemnestre avec qui elle aura 4 enfants. Quelques années plus tard, la guerre éclate entre les Grecs et la ville de Troie. Agamemnon ayant tué une biche de la déesse Artémis, celle-ci a fait cesser les vents. Les bateaux grecs sont immobilisés, pour qu’ils repartent, Agamemnon doit sacrifier à la déesse l’aînée des filles : Iphigénie. Clytemnestre se promet alors de venger par le sang les effroyables crimes de son époux...
On retrouve dans ce roman la violence propre aux récits mythologiques ainsi que la complexité des liens familiaux qui unissent les différents protagonistes. La psychologie de l’héroine est étudiée en profondeur (frustrations, jalousie envers sa soeur Hélène, ambitions, soif de vengeance), le tout avec pour toile de fond la guerre de Troie.
A noter : Un très bon dossier à la fin du livre permet de mieux connaître l’héroïne, à travers ses origines, sa représentation à travers les récits des auteurs grecques et les arts...

coup de coeur Qui se souvient de Paula ? / R. Slocombe. - Syros. - (Rat noir)

Nous suivons le parcours de Paula depuis octobre 1942, avant de perdre sa trace début 1943. Cette jeune fille juive de 20 ans déjoue les pièges des nazis et des français zélés mais, souhaitant retrouver la trace de son père, sera finalement dénoncée et déportée.
Des années plus tard, en 1997, certaines personnes l’ayant connue souhaitent reconstituer la totalité de son histoire.
Un roman noir qui, sous couvert d’une intrigue policière, explore la période trouble de la guerre et débusque ses tristes protagonistes.

coup de coeur Les trois fils du Catalan / F. Arcis. - Oskar

Le premier chapitre s’ouvre sur l’assassinat du Catalan et la douleur des trois fils. Aussitôt, Francisco Arcis embraie sur l’histoire de François, jeune routard qui s’immisce dans une bagarre qui oppose les fils du Catalan et deux jeunes gitans qu’ils croient être les meurtriers de leur père. Ayant pris la défense des gitans, François est embarqué dans une sombre histoire de haine ancestrale ravivée par le meurtre. Il mène son enquête et découvre les vrais coupables.
Roman facile à lire, bien mené, l’intrigue parfaitement plantée dans un milieu social typé et sympathiquement rebelle.

Et aussi... :


coup de coeur Rigoletto / Verdi ; Toni. - Calligram. - (Musigram)

Dès la première page du livre est présentée l’organisation du livre CD et la manière de l’appréhender : lecture du livre puis écoute du CD en feuilletant le livre ; le CD nous donne 9 des plus beaux airs de Rigoletto, par l’orchestre de l’opéra de Vienne, avec les 3 principaux personnages (Le Duc, Rigoletto, Gilda) ; chaque morceau est rattaché au passage du livre auquel il se réfère.
La manière dont Rigoletto est raconté relate bien l’histoire et son esprit : Rigoletto, bouffon du duc de Mantoue, sait se montrer incisif voire cruel pour plaire au duc. Il va trop loin avec le vieux comte de Monterone qui le maudit. Cette malédiction bouleverse Rigoletto qui pense à sa fille chérie et ultra protégée. Cette dernière est amoureuse du duc de Mantoue, enlevée par les courtisans qui croit avoir à faire à l’amie de Rigoletto. Ce dernier connait le caractère volage du duc et tente en vain d’en détourner sa fille. Il commanditera ensuite son assassinat.
La fin est d’une extrême cruauté, mais ainsi présentée qu’elle ne heurtera pas les enfants.
L’illustration nous situe dans les cours italiennes de la renaissance. Elle apparait un peu fade au départ mais ces tons étouffés permettent de gommer la dureté de l’opéra.
A la fin du livre, un texte sur Verdi et sa vie, sur l’origine de l’opéra Rigoletto (Le Roi s’amuse de Victor Hugo) et sur le présent opéra.
Une belle initiation à cette œuvre.

<<< Retour à la page précédente

© Association Croqu'Livre - Centre régional de ressources en littérature jeunesse