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Dernière mise à jour :
dimanche 25 septembre 2016

Mot Clé : Esclavage




Album(s) :


coup de coeur Henry et la liberté / E. Levine ; K. Nelson. - Toucan

Toute la vie d’Henry est racontée dans ses grandes étapes, sans fioritures, dans un style percutant qui renforce toute la violence que lui et ses proches ont endurée. Séparé tôt de sa famille pour partir travailler, puis de sa femme et ses enfants, vendus sans qu’ils puissent se revoir... Henry qui a toujours rêvé de liberté prend les moyens de son rêve et s’embarque pour le nord des États-Unis. Comme une marchandise...
L’histoire vraie d’Henry Brown qui, comme des milliers d’autres esclaves, emprunta le Train fantôme, le chemin clandestin vers la liberté. L’album, dans une mise en page intelligente, suscite tous les sentiments que peut inspirer l’esclavage : colère, sidération, incompréhension, espoir...

Roman(s) :


coup de coeur Toussaint Louverture, l’arbre noir de la liberté / Y. Pinguilly. - Oskar. - (Histoire et société)

Plus documentaire que roman historique, la moitié de l’ouvrage est d’ailleurs consacrée à un dossier qui regroupe différents textes comme le Code noir ou encore la déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Le récit chronologique est divisé en six chapitres. Nous y trouvons notamment : la découverte des îles, la mise en place de l’esclavage, les conséquences de l’avènement de la Révolution française sur la colonie de Saint-Domingue, les tergiversations politique de la métropole, les guerres civiles, l’identité et le rôle joué par Toussaint Louverture jusqu’à sa mort.
Loin d’être un portrait à la gloire d’un homme, le texte tente de retracer la complexité d’une société fermée, divisée en castes où la couleur de peau est le seul critère de mérite. L’auteur nous montre un monde très individualiste où chacun tente avant tout de protéger ses intérêts quitte à oublier les droits de l’homme qu’il vient de promouvoir. Un livre complet et intéressant même s’il ne se lit pas comme un roman.
« Tout homme peut engager ses services, son temps ; mais il ne peut se vendre, ni être vendu ; sa personne n’est pas une propriété aliénable. La loi ne reconnaît point de domesticité ; il ne peut exister qu’un engagement de soins et de reconnaissance, entre l’homme qui travaille et celui qui l’emploie. »

coup de coeur La vraie couleur de la vanille / S. Cherer. - Ecole des loisirs. - (Médium)

Sophie Cherer s’empare de la vie d’Edmond Albius pour lui donner corps à travers ce roman de 200 pages. C’est donc une vision romancée de sa vie qu’elle nous propose.
Ferréol Bellier Beaumont, grand planteur de l’île Bourbon, recueille un bébé dont la mère, esclave noire, est morte en couche. Il brave alors tous les interdits d’une société esclavagiste en lui donnant un prénom, Edmond, lui permettant de rentrer dans sa maison, de toucher à tout ce qu’il souhaite ; il va même jusqu’à lui enseigner sa passion, la botanique. Ainsi, Edmond connait bientôt le grec ancien et tout ce qu’il y a à savoir sur les plantes. Ferréol oublie juste de lui apprendre à lire et à écrire... Lorsqu’à 12 ans, Edmond découvre le procédé de la fécondation de la vanille, Ferréol doute de son intégrité et l’abandonne à la vindicte des puissants de l’île. Ce génie méconnu et maltraité par ses proches et l’histoire aura une fin de vie misérable.
Sophie Cherer prend sans doute beaucoup de liberté dans l’adaptation de cette histoire mais elle sonne très juste en cela que l’Histoire de l’esclavage et de l’abolition résonne étroitement avec celle d’Albius.
L’histoire, chapitrée comme pour suivre le développement des plantes (Un germe, une pousse, des fleurs, des fruits, En terre d’autres graines), montre l’Histoire en marche. La sensibilité avec laquelle l’auteur décrit les personnages, la qualité d’écriture la rende très accessible et passionnante. Coup de coeur de Catherine

coup de coeur Les trois vies d’Antoine Anacharsis / A. Cousseau. - Rouergue. - (DoAdo)

Taan/Antoine/Anacharsis nous raconte ses 3 vies. Celle du temps in utero, alors que ses parents sont capturés et réduits à l’état d’esclaves ; celle de ses premières années sur terre avec l’homme qui l’a recueilli ; et enfin l’age adulte et la sérénité trouvée. D’épreuves en renaissances, Antoine court après le trésor de son ancêtre pirate. Faisons confiance à Alex Cousseau pour ne pas imaginer une fin sur un plan matériel, elle sera à l’image de l’ensemble du livre et de ses personnages en communion qui se croisent et se répondent.
Une fiction aux accents fantastiques, ésotériques, traversée d’éléments véridiques, de quoi envouter le lecteur, à condition qu’il se laisse aller à cette vie rêvée.

coup de coeur Les déchaînés / F. Jallier. - Sarbacane. - (Exprim’)

Contrairement à ce que pourrait laisser supposer le titre et la 4ième de couverture bien trop réductrice, ce récit n’est pas une histoire d’esclaves libérés. C’est un roman riche, complexe mais parfaitement clair dans sa narration. Il est composé de quatre chapitres qui mènent de la Martinique de la fin du XIX siècle à Paris en 2005. Centré sur « l’éternelle répétition » qui pèse sur les femmes d’une même famille, (Man Artémise, 1871 ; Camille, 1943 ; Louisiane, 1974 ; Marie-Jo, 2005) il aborde bien des aspects importants de la vie et de la société selon les lieux et les époques :
- répétition du racisme : le mépris est le même en Martinique qu’à Paris occupé par les nazis en 1943.
- répétition des conditions faites aux femmes : viols de l’esclave, chantages des hommes de pouvoir, règlements de compte expéditifs de l’après guerre… Il met aussi au jour :
- le racisme ordinaire de la société contemporaine
- la nécessité de connaître l’Histoire pour comprendre qui l’on est, d’où l’on vient… ce qui suppose possible l’accès aux livres, à la culture… (illustré par le parcours du père de Marie-Jo)
- l’origine multiculturelle et raciale de la population française.
Chacune des époques décrites est ancrée dans la réalité sociale du moment grâce à une habile utilisation des langues (créole, allemand, vocabulaire de banlieue des années 70…). Le chemin est long de la toujours esclave, malgré l’abolition, de Man Artémise, à Marie-Jo l’écrivaine qui s’adresse à sa mère par mails pour obtenir la levée sur les derniers secrets de famille, nécessaire à son équilibre et qui écrit le livre qui mettra fin à « l’éternelle répétition ». Un roman vraiment passionnant.
Autre lecture
Thibault et Amélia sont inséparables. Les jeux de l’enfance laissent place aux premiers émois amoureux. Mais lorsqu’on sait que Thilbault est le fils du Maître blanc et qu’Amélia est la fille de la cuisinière, en Martinique en 1871, on sent venir les problèmes. Qui s’amplifient lorsqu’on apprend qu’Amélia et Thibault sont frère et sœur… Les deux âmes sœurs sont éloignées, l’une restant en Martinique, l’autre expédié en France.
Deuxième partie, deuxième génération. Paris, 1943, c’est Camille, la nièce de Thibault, que nous suivons avec, à nouveau, une naissance honteuse : celle de Louisiane, fille de Camille et d’un officier Nazi. Pour sauver Amélia, Camille a commis ce qui la rebutait par-dessus tout, en vain qui plus est. Louisiane sera confiée à une famille d’adoption.
1974, Louisiane ne veut rien savoir de son passé et c’est avec Pierrot qu’elle construit sa vie. Ensemble, ils ont Marie-Jo mais le silence entre eux s’épaissit et les conduit à se séparer.
C’est Marie-Jo, 4° génération, qui lèvera le voile sur leur histoire et brisera le silence étouffant pesant sur les naissances.
Écritures variées des différents protagonistes, histoire dense et intéressante qui prouve que qui ne connaît pas son passé est condamné à le répéter. D’où L’éternelle répétition, tête de chapitres… Coup de coeur de Mireille et Catherine

coup de coeur Pour l’amour de Vanille / C. Grenier. - Bayard. - (Estampille)

Sur l’île de la Réunion, Marianne en vacances avec ses parents, rencontre par hasard un descendant de la famille Albius. Le vieux monsieur raconte l’histoire de son ancêtre, esclave noir et inventeur du procédé de reproduction de la vanille... et amoureux de la fille de son propriétaire. Cette histoire donne un exemple précis de l’exploitation, de la spoliation et de l’enrichissement des grands propriétaires de l’île au détriment de la population noire grâce à l’esclavage. Un "petit" roman facile à lire pour jeunes lecteurs.
Autre lecture
Élevé auprès de Vanille, la fille du Maître M. Bellier-Beaumont, Edmond, jeune noir de 12 ans, a un statut spécial, plus tout à fait esclave mais pas concrètement libéré… Il a pu développer sa passion de la botanique auprès de son Maître et réussit bientôt l’exploit fou de percer le secret de pollinisation de la vanille. Il en vient à caresser l’espoir de demander la main de Vanille…
C’est l’histoire vraie, mais romancée, d’Edmond Albius qui nous est racontée ici. En 1841, à l’heure où l’esclavage vacille, les injustices sont encore criantes. Celles vécues par tout un peuple, mais également celle de cet inventeur bafoué qui mourut dans la misère.
Le récit est assuré par un descendant d’Edmond, à une ado venue de Métropole pour visiter l’île de la Réunion. Comme pour réparer l’injustice, pour rétablir la vérité…

coup de coeur De l’autre côté du soleil / P. Davy. - Nathan. - (Poche histoire)

Traoré, berger peul rencontre Vanidia près de la source d’Aïn Kala. C’est une rencontre décisive qui va bouleverser totalement leur vie. Vanidia est déjà esclave du chef de la tribu Toucouleur voisine. Pour survivre, elle a admis son destin. Traoré envisage déjà de s’enfuir avec elle. La suite du roman confirme cette différence fondamentale : l’une s’adapte, l’autre ne renoncera jamais à sa liberté ni à son amour. Faits prisonniers alors qu’ils s’apprêtaient à fuir, les deux rejoignent l’île de Gorée et sont vendus comme esclaves en Guadeloupe. Le roman décrit avec précision les conditions du voyage sur le négrier puis le travail de Traoré dans une plantation. Vanidia, protégée par le chevalier Yvon de Kerven, est employée dans une maison et devient sa maîtresse.
Le récit est ponctué des extraits du Journal de ce Breton qui découvre les conditions réelles de l’esclavage.
C’est un récit fidèle à l’histoire de cette tragédie que fut le commerce triangulaire au XVIII siècle. Commerce, exploitation régie par le Code noir, rentabilité, traitements inhumains, rôle de la religion, conditions des esclaves marrons, tout y est ou presque…

coup de coeur Le miroir de la liberté / L. Bodoc. - Seuil. - (Chapitre)

Un petit miroir, objet témoin d’une quête de liberté. Deux histoires, suivies en alternance, retracent le parcours de ce miroir. Celle de la famille d’Atima, vendue comme esclave, qui le lèguera à sa fille. Celle de Dorel, orphelin élevé dans la peur panique de l’extérieur. Ces deux enfants recouvreront la liberté, dans la peur et les doutes.
Une écriture originale, un rythme alerte.

coup de coeur 13 ans, 10000 roupies / P. Mc Cormick. - Gallimard. - (Scripto)

C’est dans un style lapidaire que la narratrice s’exprime. Phrases percutantes, chapitres courts. Mais cette histoire ne pouvait se dire que dans la suggestion, dans l’économie de langage… Lakshmi, jeune népalaise, vit dans l’extrême pauvreté mais l’amour de sa mère fait oublier bien des difficultés. Vient un moment cependant où la nécessité l’oblige à partir pour la grand ville, en Inde. Mélange de fierté -elle va aider sa famille à gagner un peu d’argent- et d’appréhension. Elle pensait partir pour devenir petite bonne mais sombre très brutalement dans la spirale infernale de l’esclavage sexuel...
On peut déplorer la vision pas tout à fait manichéenne de l’américain-sauveur-du-monde mais l’essentiel est ailleurs, dans la pudeur adoptée pour exprimer cette réalité insoutenable.

coup de coeur Nous sommes tous tellement désolés / J.P. Nozière. - T. Magnier

Vassile, tout jeune homme, vient d’hériter d’une maison de sa mère, qui l’a abandonné 10 ans plus tôt. La maison se trouve près d’un village viticole, et l’accueil de la population est pour le moins mitigé, Vassile étant le fils de l’étrangère, la pute du Maître. Un climat qui le pousserait à fuir s’il ne ressentait malgré lui le besoin de comprendre le passé. Ainsi, il va se réconcilier avec l’histoire de cette femme qu’il a cherché à oublier à tout prix. Grâce à quelques habitants et au journal laissé par sa mère, il découvre que cette jeune femme, avant d’arriver au village, a subi l’esclavage sexuel et qu’elle a tout fait, jusqu’au bout, pour protéger sa progéniture.
La nature humaine dans ce qu’elle peut révéler de plus nauséabond mais aussi de plus sincère…

coup de coeur Les larmes noires / J. Lester. - Hachette

Livre très émouvant entre la pièce de théâtre et le roman. Nous sommes en Géorgie en 1859, l’année où la plus grande vente aux enchères d’esclaves a lieu aux Etats-Unis. Les personnages à tour de rôle témoignent, chacun, chacune marqué(e) à sa façon (les esclaves, les vendeurs, la famille du maître…). Le témoignage d’Emma vendue à 13 ans est bouleversant ; celui de Sarah, la fille du maître, qui ne pourra jamais pardonner, l’est tout autant…
Lecture sur un sujet grave et lourd qu’est l’esclavage mais qui est « facilitée » par la structure théâtrale du roman. Le résultat est saisissant !

Et aussi... :


coup de coeur Le ventre de l’arbre / Hassane Kassi Kouyaté ; Joëlle Jolivet ; Dramane Dembele. – Didier (Contes et voix du monde), 2014

Hassane Kassi Kouyaté, conteur et metteur en scène d’une famille de griot du Burkina Faso, fils du grand comédien fétiche de Peter Brook, Sotigui Kouyaté, nous emmène de sa voix savoureuse à l’écoute de trois contes issus de la tradition orale africaine :

- Le ventre de l’arbre (10mn) où comment la hyène se retrouva affublée de son postérieur bas et pourquoi les arbres restent fermés aux hommes
- L’arbre qui parle (7mn) où comment il y a toujours plus malin que soit dans la vie
- Petit Jean (7mn) où comment un paresseux très paresseux se révèle en être sage.

Initiateur du festival de conte Yeleen au Burkina Faso (18éme saison) et directeur artistique de la compagnie Deux temps, trois mouvements, H.K. Kouyaté joue avec gourmandise des mots, métisse les sonorités de la langue française et bambara, se moque de ses personnages (la hyène et le lièvre, animaux emblématiques des contes africains) où la stupidité de l’un rivalise avec la ruse de l’autre.
Entre chaque récit, pépite de sagesse des anciens et d’humour savoureux, les instruments d’Afrique de l’Ouest de l’artiste musicien Dramane Dembele donnent une respiration musicale et brève (flûte peul, n’goni, kora, tama). Les illustrations chaleureuses et puissantes de Joëlle Jolivet sont à la mesure de ces contes philosophiques, si riches d’humanité et merveilleux vecteurs d’éducation et de réflexion. Un bel hommage aux anciens, hommes de paroles et de transmission : « Je vais te raconter une histoire qui sera ma vérité, peut-être qu’elle t’aidera à trouver ta vérité. Si tu trouves ta vérité, peut-être qu’un jour nous irons vers la vérité. » Claire Py

Dans la même collection (Contes et voix du monde), découvrez aussi Mahboul le sage, trois histoires tirées du répertoire traditionnel du Maghreb.

A partir de 5 ans

coup de coeur Un jour je serai libre / S. Koechlin, V. Dubois, M. Bouquinet ; Blues du Delta. - Kanjil

Voici l’histoire d’un enfant noir, Noé, de son vrai nom Omondola, "enfant du bonheur", dans l’Amérique esclavagiste du début du 19° siècle. Jusqu’à ses 10 ans, Noé vit heureux avec ses parents dans une plantation de coton. Mais en tant que fils d’esclaves, il est vendu à un capitaine de navire et emmené loin des siens. Sa mère aura le temps de lui expliquer quelle est son histoire et celle des siens, libres autrefois.
Le départ vers la Nouvelle Orléans marque le début d’une vie nouvelle parfois empreinte de nostalgie, adoucie par le don d’un petit chat, mais aussi pleine de découvertes d’univers différents : la ville, le port, le bateau, sa cargaison, le commerce et le transport sur le Mississippi ... Et puis, il y a les relations humaines, souvent chaleureuses et formatrices. Ces découvertes sont déjà une liberté à laquelle rêve avec confiance Noé...
L’histoire est complétée par deux textes dans l’album :
On ne tue pas les rêves, très émouvant : dans l’histoire de l’esclavage est situé le développement du chant et notamment du blues, avec l’importance de Charles Patton.
Un témoignage de l’auteur Quand j’ai créé Noé, écrit 20 ans après la première histoire, situe le contexte personnel de l’auteur, Sophie Koechlin, fille de journaliste amateur de jazz et de blues.
La récitante Marion Bouquinet sait laisser respirer le texte, accompagné de blues qui sont repris, complétés et explicités à la fin du livre, avec une présentation des auteurs.
Un beau livre CD, ouverture sur l’histoire, marquante pour des enfants à partir de 9 ans.

coup de coeur La légende de Chico Rei / B. Tanaka et M.-A. Rodrigues. - Kanjil éditeur

L’album comprend 7 parties
- L’histoire a un fondement historique : destin d’un roi du Congo vendu avec les siens à la mine d’or Encardideira à Vila Rica au Brésil. Il réussit, grâce à son travail et son attitude digne, à se faire libérer par son maître et à racheter la mine qui devint alors prospère. Cela lui permit de racheter tous les siens. Il aurait alors défilé à la Fête des rois de 1747 en costume de roi, accompagné de la musique de son pays natal, jusqu’à l’église qu’il avait fait construire. On visite toujours à Ouro Preto l’entrée de la mine et l’église. En 1964 fut créé le samba-enredo Chico Rei en l’honneur de ce roi qui sut utiliser la loi coloniale pour organiser une résistance pacifique et solidaire et accéder à une vie libre dans une ville coloniale du Brésil. L’écriture de la légende est très vivante, facile à suivre même pour des enfants non lecteurs, aidés par des illustrations très colorées. La réalité historique transformée par la légende peut être l’occasion d’une découverte de l’esclavage et de son importance pour comprendre la culture brésilienne.
- Texte bilingue du samba-enredo Chico Rei.
- La partie documentaire débute par la création de ce samba-enredo, puis décrit le fonctionnement d’une école de samba : les couleurs, la construction des chars.
- Sous le titre Ecole de samba, une école de la vie, le professeur Maria Augusta Rodrigues raconte son expérience des écoles de samba et leur préparation du défilé jusqu’au jour du carnaval. L’accent est mis sur le rôle des femmes de la communauté afro-brésilienne dans la transmission de la mémoire et celui des Écoles de Samba, lieu de réunion, de garderie des enfants, de formation à différents métiers et d’éducation des enfants à la patience, à la solidarité.
- Suit Petit Cahier de Souvenirs de l’Auteur, illustré de petits croquis en noir et blanc, réalisés en 1950 (sur fond jaune). Béatrice Tanaka y rend hommage au peintre Alberto da Vega Guignard qui lui a fait connaître Ouro Preto, et au carnavalesco (celui qui trouve le thème, les costumes et les décors du défilé pour une école) du Salgueiro, Fernando Pamplona, qui lui a raconté l’histoire de Chico Rei en 1965. Elle-même fut carnavalesca de Portela.
- Version portugaise (du Brésil) de la légende.
- Version portugaise du texte de Maria Augusta Rodrigues.
Le CD comprend 6 plages
- C’est le comédien sénégalais Mamadou Dioum qui conte la version française de la légende, d’une voix chaude, dans un style très expressif et légèrement emphatique. La musique s’entrelace avec la narration, à laquelle elle donne toute sa portée, le samba-enredo constituant une sorte de refrain. - Le poète et musicien Martinho da Vila, qui incarne le combat des afro-brésiliens en quête de mémoire, chante le Samba-enredo dans sa version originale, aboutissement logique de cette marche vers la victoire.
- Béatrice Tanaka interprète la partie documentaire (c’est un texte, plus court, de Christian Pouillaude) qui fait écouter l’orchestre de percussion d’une école de samba. Elle laisse chacun des instruments qui le composent se déployer lorsqu’elle les énumère.
- Puis Martinho da Vila conte la version brésilienne de la légende de sa voix très grave, sur un ton très mesuré.
- Version portugaise de la partie documentaire par Maria Augusta Rodrigues.
- Nouvelle interprétation du samba-enredo a capella par Geraldo Babaõ, le créateur de 1964.
Un album très riche, tant dans son aspect narratif, récit d’une légende, que dans les aspects musicaux et documentaires. L’originalité de l’ensemble est d’être entièrement bilingue, tant le CD que l’album. Cela en fait un outil de choix pour l’exploration à l’école ou en famille. On peut y goûter le plaisir de la lecture et l’écoute d’une musique très entraînante qui invite à découvrir l’Autre, l’histoire de l’esclavage, en même temps qu’il invite à chanter et danser.

coup de coeur Dis-moi des chansons d’Haïti / M. Barthélemy. - Kanjil Editeur

Kanjil est une société d’édition et de production indépendante, créée par Lise Bourquin Mercadé en 2005 et qui s’associe parfois à des partenaires choisis pour promouvoir les cultures du monde. Ici Médecins du monde. C’est assurément un album-CD de qualité, authentique, fruit d’un travail sérieux et cohérent. Les chansons créoles sont interprétées avec talent par la conteuse haïtienne Mimi Barthélémy : sa voix, chaude et grave, nous transporte sur des airs bien balancés au cœur des îles Caraïbes. Le livre propose les partitions, ainsi que les paroles des chansons en version trilingue, créole, français et anglais. Chacune d’entre elles est illustrée par une peinture, choisie parmi les œuvres d’un « Maître du Merveilleux Naïf Haïtien », sélectionnée par une galerie d’art de la banlieue de Port-au-Prince. In fine, Mimi Barthélémy évoque en quelques mots - toujours traduits en 3 langues - le contexte culturel et historique de ces chansons qui ont bercé son enfance. L’ensemble, d’une grande qualité technique (mise en page, format à l’italienne, beau papier...) aiguise la curiosité et donne à découvrir, au-delà d’un univers musical et pictural un pays tout entier. On ne saurait y rester insensible, en particulier dans une région comme la nôtre qui abrite l’un des sites de La Route des Abolitions de l’Esclavage et des Droits de l’Homme, le Château de Joux à Pontarlier (Doubs), haut-lieu de pèlerinage de la communauté haïtienne où mourut en 1803 le général Toussaint-Louverture, figure emblématique du mouvement d’émancipation des Noirs en Amérique.

coup de coeur Tanbou / P. Barsony, J.-F. Delfour, M. Barsony ; E. Krater. - Seuil

Une proposition originale pour cet album CD : une histoire oralisée, ponctuée de chants et de rythmes créoles où les interventions musicales sont inhérentes à l’histoire. Le thème abordé est l’esclavage et l’importance du tambour, objet symbolique et élément essentiel de la culture créole, souvenir par excellence de l’esclavage.
L’album grand format met en valeur le travail graphique de l’illustrateur : diverses techniques se superposent. C’est un très bel outil pour aborder les thèmes de l’esclavage, de la différence et de l’histoire de la France.

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