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Dernière mise à jour :
dimanche 25 septembre 2016

Mot Clé : Viol/Agressions sexuelles


Roman(s) :


coup de coeur Pour qui tu m’as prise ? Isabelle Rossignol. - Talents hauts, 2014

Une histoire à quatre voix, le texte se lit presque comme une pièce de théâtre, sans didascalies pourtant, tout passe par les quatre voix, mi-monologues, mi-narrations. Les voix de quatre adolescents : David, qui ne s’intéresse pas encore à l’amour, Pauline, qui est cependant tombée amoureuse de lui, Matthieu, un accro du sexe, et Camille, déjà convaincue que l’amour n’existe pas. Les voix sonnent pour la plupart de manière authentique, un peu trop schématiques peut-être et poussées vers le cru et le vulgaire. Sous l’influence de Matthieu, David décide qu’il va tenter l’expérience de l’amour, et pour se préparer fait passer des vidéos porno, avec des conséquences désastreuses quand il se trouve seul avec Pauline dans un appartement vide. La présentation dramatique du texte permet au lecteur de saisir pleinement la mésentente totale entre les deux jeunes. C’est, donc, un livre à leçon : méfiez-vous des images pornographiques et de l’idée brutale et réductrice de l’amour qu’elles véhiculent ! David Ball

A partir de 14 ans

coup de coeur Cheval océan / S. Servant. - Actes sud. - (D’une seule voix). 2014

Pour Angela, un seul rêve, un seul horizon, la mer immense et impétueuse du Portugal. L’océan "pareil à un cheval lancé au galop". Elle devait s’y rendre avec son amoureux, ils économisaient pour cela sou après sou, mais la rencontre avec le cousin de son père -"une tempête qui est venue dévaster mon corps et mon âme"- a donné un tout autre sens à ce voyage. Devant l’océan tant imaginé, tant espéré, elle n’a plus que sa rage, sa haine d’elle-même, sa colère à crier. Et la décision à prendre de savoir que faire de sa vie abimée et de celle qu’elle porte désormais malgré elle...

Fidèle à la collection D’une seule voix, un texte court, puissant, porteur d’une rage et d’une fougue au final constructives.

Autre lecture Sous une forme poétique, une adolescente raconte la tragédie qui a surgit dans sa vie. Par petite touche, elle nous livre les événements qui la conduisent là où elle en est. Belle lecture.

A partir de 13 ans

coup de coeur Ma tante est un cachalot / A. Provoost. - Alice. - (Deuzio)

A l’âge où elle croit encore aux légendes et créatures magiques, Anna se voit soudain confrontée à la violence du monde réel. Lorsqu’elle fait la connaissance de sa cousine Tara, elle ne voit en elle qu’une gamine capricieuse, revêche, fermée aux autres et curieusement collée aux basques de son père. Mais son comportement étrange l’intrigue, de même que, bientôt, son insistance à rester de plus en plus souvent chez Anna. Un drame va accentuer encore toutes les tendances de la petite fille. D’indices troublants en confidence à demi-mots, Anna comprend le terrible secret de sa cousine. Comment lui venir en aide ?
Le récit ne trouve pas sa résolution dans la mise au jour de l’inceste. Il traite tout autant de notre difficulté à affronter la violence qui nous entoure. Refuser de voir, éluder, travestir la réalité, mourir... nos capacités de fuite sont légion. Mais celle de résilience également, et les baleines joueront en ce sens un rôle majeur…
Les personnages bénéficient d’une finesse et d’une compréhension qui évitent tout manichéisme. L’auteure a su rendre la difficulté d’interprétation de l’enfant qui s’étonne de certains comportements, pressent des dysfonctionnements mais ne possède pas les clés pour les interpréter. On ne peut être aussi indulgents envers les adultes qui, longtemps, restent bien défaillants...

coup de coeur Le baiser de l’araignée / R. Judenne. - Oskar. 2013

Ozlem, une collégienne d’origine turque âgée de 14-15 ans, disparaît. Son frère prévient la police mais la famille ne fait pas de déposition. Le commissaire Deflaw décide une garde à vue de Romain Larbier, violeur récidiviste libéré depuis peu. Le commissaire le relâche faute de preuves solides. Le coupable est trop idéal et il ne veut surtout pas être mis en cause par sa hiérarchie pour erreur judiciaire. Leroy, son bras droit -et narrateur de l’histoire- a des doutes sur Larbier et ne peut s’empêcher de garder un œil sur lui. Il fait connaissance avec Vanessa, la meilleure amie d’Ozlem, qui n’a pas sa langue dans sa poche et qu’il voit souvent en compagnie de Larbier.
Les doutes de Leroy et son humour rendent le personnage sympathique. Vanessa est une jeune fille déconcertante et attachante. Elle fait preuve d’une grande maturité et porte sur les adultes un regard lucide et parfois amusé. C’est un personnage original qui échappe aux stéréotypes.
Un bon moment de lecture que ce polar où la psychologie des personnages joue un rôle important, dans la tradition de Fred Vargas et en jeunesse Claire Mazard.

coup de coeur Le garçon de l’intérieur / B. Séverac. - Syros. - (Rat noir). 2013

Voici neuf mois que Jules est sourd (voir Silence). Ses parents ont décidé de passer les vacances en Alsace, dans un gite tenu par une famille dont le fils est également sourd. Tous deux s’entendent à merveille et leurs escapades va bientôt avoir un but : découvrir qui a saccagé les vignes du village…
Dans une écriture très descriptive, Benoît Séverac continue son exploration du monde des sourds avec l’opposition oralistes et signeurs, et nous fait découvrir en parallèle une facette méconnue de la seconde guerre mondiale : le douloureux statut des alsaciens qui furent tour à tour français et allemands. Ils vont mettre au jour un secret datant de cette période qui va bouleverser le village alsacien.
Jules sera heureux d’avoir éclairci ce pan du passé, le sera davantage encore dans les bras de Camille, la fille aînée de la famille…
Autre lecture
"Un français de l’intérieur" est une expression qui désigne celui qui n’est pas né en Alsace. Elle fait référence à la période de la seconde guerre mondiale lorsque la région Alsace Lorraine occupée était appelée la France de l’extérieur... Cela évoque aussi la difficulté parfois de choisir son camp....
Jules est devenu sourd après un accident. S’il a accepté son handicap et trouvé un équilibre dans son école spécialisée, ses relations avec sa famille sont plus difficiles. Ils décident d’aller tous passer des vacances dans un gîte d’un petit village alsacien où leurs hôtes ont un fils sourd de son âge. Une belle amitié commence. Mais au même moment, des événements étranges surgissent qui renvoient au temps de la seconde guerre mondiale. Pourquoi des pieds de vignes ont-elles été coupées ? Qui est l’homme retrouvé mort dans sa voiture avec au cou le médaillon d’une riche famille locale ? Les garçons décident de partir enquêter...
L’histoire mêle le passé historique de l’Alsace et les interrogations d’un "devenu sourd" sur le meilleur moyen de vivre sa vie. Doit-il continuer d’oraliser avec ses proches ou au contraire se contenter de signer pour redevenir entier et trouver le bonheur voire l’amour ? Un récit qui évoque le thème du handicap sous un angle original, celui de l’entre deux. Le parallèle avec l’Alsace est aussi intéressant et efficace. A lire.
« Ta langue, maintenant, c’est celle des signes. C’est à eux de s’adapter. Sinon tu resteras un oraliste toute ta vie et ils ne maîtriseront jamais vraiment la langue des signes. »
« Je suis devenu sourd, tu le sais bien. Je ne peux pas leur demander de faire comme si j’avais toujours été sourd.
D’accord. Mais toi, qu’est-ce que tu veux ? Rester un devenu sourd toute ta vie ou devenir un vrai sourd ? il te faudra choisir ton camp à un moment donné.
 »

coup de coeur Les yeux de Lisa / K. Reysset. - Ecole des loisirs. - (Medium)

Manon est aimantée par Lisa, qu’elle a d’abord cru garçon, avant de la découvrir jeune fille, sauvage, abrupte, attachante. Elle se démène pour offrir à son amie, qui vit en foyer, des vacances au bord de la mer. Virée qui se termine finalement à 4, puis à 3 et qui tourne au cauchemar. Les 3 jeunes filles, mineures et livrées à elles-mêmes, sont victimes d’une agression. « Violence inattendue, fulgurante », à laquelle s’ajoute ensuite la douleur pour Manon d’apprendre la vérité sur le passé de Lisa. Comment assimiler ces violences lorsqu’on est habitué au confort douillet des familles aimantes et du quotidien confortable ? Comment ne pas se laisser submerger par la peur ? « Je suis ressortie de cette expérience désenchantée, sonnée, grandie. Plus une adolescent, pas encore une adulte. » Mais la blessure de Manon ne sera cicatrisée que lorsque Lisa lui fera part, plus tard, de sa propre résilience.
L’écriture de Karine Reysset nous approche au plus près de l’intimité de son personnage qui rend tangible ses désirs, son malaise, sa mélancolie et enfin sa force retrouvée. Une lecture bouleversante et néanmoins réconfortante.
Autre lecture
Manon vit une amitié particulière avec Lisa, jeune fille vivant en foyer, au passé sombre et mystérieux. Elle décide de l’amener en vacances au bord de la mer avec deux autres copines. Mais là, rien ne va se passer comme prévu. Les événements s’enchaînent jusqu’à ce que le groupe frôle la tragédie. Seule solution ? Rester souder ! Mais des fêlures apparaissent...
Ce roman amène des personnages de milieux sociaux très éloignés à se côtoyer. Or c’est la solidarité et l’acceptation de l’autre dans ses différences qui va permettre de survivre. Un livre d’espoir qui aborde en filigrane d’autres thèmes comme l’homosexualité ou encore le poids de l’hérédité...
« Comment vivre avec ce secret ? Comment se regarder après ça ? Je devais rester la même. Ne surtout pas éprouver de pitié, si c’était ce qu’elle redoutait, mais de la colère, un sentiment profond d’injustice, d’impuissance aussi. J’avais un goût amer dans la bouche. Un goût de sang et de cendres »

coup de coeur A l’ombre de l’oubli / M. Disdero. - Seuil. 2013

A l’ombre de l’oubli, c’est un livre choc parce que, même si très vite on se doute que LA fameuse rencontre que fait Violette sur le Net tournera mal en réalité, il est toujours bouleversant de lire, de découvrir les mots qui peuvent décrire un viol ainsi que les blessures qui en découlent. En cela, ce roman aux différents points de vue (Violette, bien sûr, Arnaud son amoureux et Internet qui est considéré comme un personnage à part entière) interpelle, remue et fait passer un message, aussi évident soit-il. Les sentiments sont exacerbés, la reconstruction passant par diverses émotions. On a l’impression que certains passages sont surjoués, pourtant ils restent intenses, durs et doux à la fois, s’accordant tout à fait à la bande-son proposée par les personnages.
Autre lecture
Arnaud et Juliette sont à l’aube d’une histoire d’amour. Mais Juliette participe à une fête rassemblant les blogueurs amateurs d’écriture et de poésie, et après cela, plus rien n’a le goût des promesses de bonheur. Juliette éprouve un malaise indicible et s’enfonce dans une déprime qui n’a d’égale que l’incompréhension de ce qui lui arrive. Reste son blog, unique lieu possible d’expression. Arnaud peine à comprendre sa Juliette qui s’éloigne de plus en plus mais se raccroche à ses mots. Grâce à eux, à travers eux, dans la persévérance de la victime et la patience de son ami, la vérité pourra se dessiner peu à peu…
Les voix de Juliette et d’Arnaud alternent, avec en filigrane les publications sur internet, et le roman se déroule ainsi entre souffrance et amitié tenace.

coup de coeur Traverser la nuit / M. Pouchain. - Sarbacane. - (Exprim’)

Etrenjoie est habituellement un coin sans histoire. Sinon celles, habituelles, des villages de campagne. Lorsque le cadavre de Jacques Jaron est découvert, la stupeur est totale : qui peut bien, au village, avoir commis un acte si violent ? C’est à Vilor, jeune gendarme, de mener l’enquête mais sa concentration est loin d’être optimale, obsédé qu’il est par la très jeune Blanche, fille de la victime. En guise d’enquête, Vilor nous raconte plus volontiers les histoires de voisinage, sa quête de justice, et Blanche bien sûr… En conséquence de quoi, l’enquête piétine et ne désigne aucun coupable. Et Vilor multiplie les insomnies…
Tableau très vivant d’une campagne picarde, avec des personnages hauts en couleur, décrits dans la langue très vivante et imagée que l’on aime tant chez Martine Pouchain. Les portraits laissent place peu à peu à l’introspection et le polar gouailleur verse dans une dimension plus sombre...

coup de coeur Mauvaise connexion / J. Witek. - Talents Hauts. - (Ego)

Julie aime la mode et voudrait devenir mannequin. Elle s’invente une nouvelle identité, Marilou, plus âgée et moins sage. Lorsqu’elle croise sur la toile un jeune homme attentif qui se dit amoureux d’elle, c’est le début d’une chute rapide et vertigineuse dans le harcèlement moral et l’atteinte à son intégrité. Car si elle ne rencontre à aucun moment son interlocuteur, Julie va très rapidement devenir sa "chose". Comment dès lors s’en sortir ? Où trouver du secours ?
Un récit prenant et très réaliste, murmuré sur le ton de la confession, qui une nouvelle fois nous amène à nous interroger sur les dangers des relations introduites par des personnes perverses et manipulatrices. A lire à partir de la fin du collège.
Autre lecture
Julie raconte des années plus tard ce qui fut au commencement une formidable histoire d’amour mystérieuse… Lorsqu’elle rencontre Laurent sur internet, les premiers échanges sont passionnés, tendres. Julie, 14 ans, est flattée qu’un homme plus vieux la retrouve tous les soirs dans le secret de sa chambre. Mais les premiers échanges romantiques prennent un caractère sexué et Julie, entre peur de perdre son prince charmant et honte d’effectuer les gestes qu’il lui suggère, se trouve emprisonnée dans une situation inextricable.
Les dangers des relations anonymes sur internet prennent ici les contours d’une manipulation, d’un harcèlement moral dont on suit le mécanisme implacable.

coup de coeur Je t’aime, signé Lou / R. Joséphine. - Oskar. - (Société)

Dièse s’inquiète pour sa mère qu’elle entend pleurer tous les soirs. Elle découvre que des lettres d’amour récentes signées par un certain Lou sont à l’origine de sa tristesse et décide de partir à sa rencontre...
Un court livre beau et difficile sur la nécessité d’affronter son passé pour se construire, car comme le souligne la première de couverture, "le temps n’efface pas les traces".
Autre lecture
Dièse a toujours souffert de la froideur de sa mère. Avec elle, jamais de câlins, de démonstrations d’affection. Lorsque Dièse découvre des lettres cachées, elle s’empare de l’histoire de sa mère pour éclaircir leur présent à toutes les deux : elle veut redonner la joie de vivre à sa mère ; elle veut pouvoir, elle, aimer sans zone d’ombre. Pour cela, il faudra que sa mère affronte son propre père...
Un roman court sur un sujet difficile qui montre bien qu’on ne peut fuir son passé sous peine de briser les êtres.

coup de coeur Le carnet rouge / A. Heurtier. - Casterman

Pas facile pour Marie d’avancer dans la vie : un père parti lorsque sa mère était enceinte de 6 mois, une mère qui refuse de parler de sa famille. Tout ce qu’elle sait, c’est que ses ancêtres étaient népalais alors elle se rattache à ce signe distinctif aussi fort qu’elle le peut, et tant pis si cela sonne creux, si elle a l’impression de vivre selon un folklore d’apparat. Un jour, un vieil homme l’aborde et lui donne, à travers un carnet rouge écrit par sa grand-mère, la clé de son passé. Ce qu’elle y découvre l’émerveille, la révolte, la dégoûte. Et enfin, l’apaise.
Un récit sur la difficulté à se construire sans racine, pour ce qui est du personnage de Marie, ou avec un passé douloureux, comme ce fut le cas pour la mère de Marie. Car ce carnet rouge est l’histoire de Sajani, la grand-mère de Marie, qui fut Kumari, déesse vivante, avant de sombrer dans la déchéance parce que rien ne préparait les kumari au retour à la vie normale…
Comment composer avec le passé, vaut-il mieux ne rien savoir ou souffrir de la vérité, Marie donne sa réponse et nous invite à réfléchir…

coup de coeur Waterloo Necropolis / M. Hooper. - Les Grandes Personnes

Le roman débute sur un enterrement : celui du bébé de Grace, 15 ans. Un enterrement particulier puisque n’ayant pas d’argent, elle cache le corps dans un cercueil. Elle espère ainsi mettre fin à une sordide histoire, celle, banale, d’une orpheline abusée par un inconnu, qui a du cacher sa grossesse jusqu’à l’accouchement de l’enfant mort né. Elle retourne donc à sa vie quotidienne, avec sa sœur Lily, 16 ans simple d’esprit. Mais le sort semble s’acharner. Car si elles survivaient tant bien que mal dans la ville de Londres des années 1860, les voilà chassées de leur logis. Elles trouvent de mystérieux bienfaiteurs, une famille influente dans les pompes funèbres…
Un roman haletant qui n’est pas sans rappeler les romans de Charles Dickens, qui montre la vie difficile des pauvres à l’époque victorienne. Une histoire d’orphelines malmenées par la vie, de sombres machinations des puissants contre les faibles, un décor historique qui ancre l’histoire de manière très vivante... Le tout, dans l’écriture efficace de Mary Hooper, offre un moment de lecture instructif et dépaysant.
Autre lecture
Roman historique dont l’intrigue à rebondissements multiples se déroule dans un Londres victorien, avec sa pauvreté, ses inégalités, son brouillard épais et ses morts prématurées. L’intrigue tourne autour d’un héritage, immense et inattendu, qui attire des convoitises sans scrupules. L’héroïne et sa sœur, pauvres au début, seront finalement les heureuses héritières mais elles doivent auparavant, avec l’aide d’un jeune avocat, déjouer les manigances des propriétaires d’une entreprise de pompes funèbres qui les emploie. Tous ces éléments feront penser aux romans de Dickens, surtout que le grand homme y fait brièvement son apparition. Mais il manque la magie du maître, surtout ses personnages plus grands que nature et son humour satirique et extravagant. Ce serait, donc, un bon roman de passage ou d’apprentissage, qui pourrait faire étape vers la lecture de Olivier Twist ou des Grandes Espérances de celui qui s’appelait lui-même « l’Inimitable ».

coup de coeur Le cri du petit chaperon rouge / B. T. Hanika. - Alice. - (Tertio)

Malvina aimait aller chez ses grand-parents après sa leçon de piano. Mais ça, c’était avant. Bien avant les gestes déplacés de son grand-père. Elle a osé dire, un peu, qu’elle ne veut plus y aller. Mais que pèse un "grand-père m’a embrassée" devant l’attitude autoritaire de son père qui lui rétorque qu’elle doit cesser son cinéma et être gentille avec son vieux grand-père. Sa mère, elle, s’isole dans le noir lors de ses fréquentes migraines. Malvina est au bord de l’explosion.
Le lecteur comprend petit à petit, dans cette ambiance lourde et malsaine, ce qu’il y a derrière ces baisers. Tout ce qui fait grandir le malaise de cette jeune fille de 13 ans qui découvre l’abject à l’heure où l’on devrait se réjouir des premiers émois amoureux. C’est d’ailleurs ses sentiments pour Traque qui lui donneront la force d’affirmer haut et fort ce qui ne doit plus être. Car heureusement, hors de sa famille, elle rencontre des personnes qui parlent, vivent et ouvrent des portes dans sa vie étouffée. A elle et grâce à elles, Malvina pourra enfin parler.
Une version forte du Petit Chaperon rouge... Le lecteur perçoit à la fois l’immobilisme des parents, leur négation des faits et la tension palpable de la jeune fille coupée en deux. Prise entre culpabilité et révolte, le taire ou le dire... Coup de coeur de Marie C.

coup de coeur Tarja / J.-L. Sciarini. - La Joie de lire

Tarja a couché avec plus de 15 garçons et avec son professeur de français dont elle tombe enceinte. Pourtant Tarja n’a que 16 ans. C’est une adolescente fragile qui a vécu pas mal de choses difficiles, comme la mort de sa meilleure amie, des rumeurs qui lui font une sale réputation et l’isolent, et des parents trop souvent absents. Nous suivons Tarja tout au long de sa grossesse et nous partageons ses émotions de la dépression au suicide.
Roman fort et captivant sur l’adolescence, l’amour, l’amitié, le deuil et la solitude. Cultivée et sensible, Tarja nous émeut. Dans ce monde brutal où les adolescents ne se font pas de cadeau, on a envie de la protéger car son histoire est touchante. Très beau roman de Jean Noël Sciarini, bien construit, parfois cru mais toujours juste. Un très bon moment de lecture plus particulièrement destiné aux 15-18 ans.
Autre lecture
Tarja traîne une réputation de salope dans son lycée. Une réputation tenace et amplifiée depuis qu’elle semble avoir noué des liens avec son prof de lettres. Lorsqu’elle tombe enceinte, son sort est définitivement scellé. Mais la narratrice qu’elle est dans ce roman nous donne d’elle-même une toute autre vision : celle d’une jeune fille d’une grande tendresse, habitée par des rêves qui prennent une place importante dans sa vie. Pour faire la jonction entre la fragilité de Tarja et la violence de l’image qui lui est renvoyée par les autres, il y a Léon, l’ami solide, qui veut que Tarja retrouve l’estime d’elle-même et surtout qu’elle cesse de cacher, derrière une vie rêvée, le drame qui l’éloigne d’elle-même.
Comment une jeune fille blessée tente de faire face, de protéger à tout prix son enfant à venir, de trouver en elle les ressources pour avancer... Un texte fort qui joue beaucoup sur les symboles, la psychanalyse, la méditation. Coup de coeur de Charlotte et Julie

coup de coeur Le survivant / J. W. Johnston. - T. Magnier

Chase a du mal à remonter la pente. Il est le seul survivant d’un accident de la route, ne se souvient de rien ou si peu. Depuis, il a fait 2 tentatives de suicide. Il faut dire qu’à la maison, entre un père pasteur qui fait comme si de rien n’était, une mère sur-protectrice, un frère aîné adoré banni pour cause de déshonneur, il a de quoi broyer du noir. Heureusement, les séances régulières chez la Dr Braun l’aident à y voir plus clair. Il commence à se souvenir de certaines choses, à propos de l’accident, et bien avant également. Et puis il y a Darla qui l’aide à aller mieux parce qu’elle n’a pas peur de poser des questions directes.
Une plongée lente et douloureuse dans le passé de Chase qui s’est enfermé dans les secrets jusqu’à en être pris au piège. Il lui faudra se confronter à une réalité difficile : son frère aîné, qui avait été abusé par son oncle, est en réalité décédé. Chase, au courant des viols mais n’ayant jamais rien révélé aux parents, s’est laissé ronger par la culpabilité au point de se dévaloriser et de biaiser sa vision de la réalité.

coup de coeur Les carcérales / M. Wiéner. - Milan. - (Macadam)

Pour Rod, cette nuit fût un moment de rêve, de partage, de complicité magique. Il est amoureux !
Pour Aurélie, la même nuit s’est conclue par un cauchemar qui a brisé sa vie à jamais. Au petit matin, elle porte plainte pour viol. Rod est anéanti. L’incompréhension, la colère, la rage, le désespoir. Il aura tout le temps d’expérimenter la palette de ces émotions durant les longs mois de prison passés en préventive à Fleury.
Le roman est organisé en 5 chapitres : Aimer - Arrêter - Interroger - Enfermer - Juger. Si les 4 premiers sont racontés par Rod et par là-même lui accordent la sympathie du lecteur, le dernier présente les points de vue de tous les protagonistes du procès -victime, jurés, magistrature- et affirme toute la complexité d’un évènement qui échappait encore au jeune Rod.
Et nous lecteurs, quel aurait été notre verdict ?
C’est un roman bouleversant, au style syncopé qui montre la réalité de la prison dans toute sa violence. Si Rod a appris à s’y endurcir, c’est le procès qui lui apportera toute la compréhension de ce qu’il a fait.

coup de coeur Le courage du papillon / N. F. Mazer. - Albin Michel. - (Wiz)

La situation est difficile chez les Herbert : le père au chômage après un accident de travail, la mère débordée et épuisée et les 5 sœurs qui se chamaillent sans cesse. Les points de vue alternent et se concentrent alternativement sur Beauty, l’aînée qui seconde énormément sa mère mais compte bien se tirer dès que possible ; Fancy qui, pour épargner ses sœurs, enregistre sur un magnéto ses fréquents accès de logorrhées emprunts de naïveté. Autumn la petite dernière, ultra sensible et en besoin énorme d’affection. Et puis il y a "l’homme", inquiétant, qui les observe quotidiennement et se félicite de bien se tenir. Pour le moment...
D’un côté, un portrait vivant et plaisant d’une famille qui lutte contre l’adversité et se montre très soudée. De l’autre, une angoisse sourde qui monte, sûre du drame à venir. Un roman à la construction narrative originale et efficace pour une ambiance haletante qui voit rivaliser terreur et tendresse infinie.

coup de coeur Pas raccord / S. Chbosky. - Sarbacane. - (Exprim’)

Charlie a besoin de se confier. Il a choisi d’écrire à un correspondant alter ego pour lui raconter tout ce qui lui arrive : la vie au lycée, en famille, les soirées avec ses amis plus âgés, qui vivent leur vie en marge de celle des adultes. Il confie ces moments très forts où il se sent intense, qui tranchent avec les périodes de tristesse abyssale. Et les crises enfin, quand il ne comprend plus ce qui lui arrive… Lorsqu’il tente de relater ses souvenirs d’enfance, on sent comme un point d’achoppement. Quelque chose d’infiniment douloureux en lui, qu’il n’identifie pas encore.
D’emblée, Charlie nous touche. On chemine avec lui pour découvrir ce qui a fait de lui ce qu’il est, un être hypersensible, qui préfère se dévouer tout entier à ses amis plutôt que de se mettre en avant. Certes, il est l’ami idéal, tellement attentif et respectueux, mais il comprendra, avec l’aide de son amie Sam, qu’il doit apprendre à vivre pour lui-même, à écouter ses envies, même si pour cela, il doit affronter ses traumatismes…
Le passé conditionne ce que l’on est, mais le déterminisme n’est pas de rigueur. Charlie démontre qu’avoir été sali ne l’a pas empêché de devenir une personne lumineuse, que le lecteur a peine à quitter. Coup de coeur de Julie

coup de coeur Sexy / J. Carol Oates. - Gallimard. - (Scripto)

Dareen est très beau, trop beau. S’il fascine tout ceux qui l’entourent, cette beauté le dérange et l’empêche d’être lui-même. Ce garçon, le plus sexy du lycée, n’intéresse pas que les filles mais visiblement aussi son professeur d’anglais. Ce dernier va être la cible d’élèves qui, pour se venger de mauvaises notes, l’accusent de pédophilie. La plaisanterie ira plus loin que prévue et Dareen sera embarqué malgré lui dans cette lugubre affaire alors qu’il se refuse à prendre position...
L’auteur de ce roman initiatique et passionnant, proche du roman noir, est maître dans l’art des descriptions psychologiques, tout en suggestions, en touches infimes ; dans sa subtilité, elle pourra désarçonner le lecteur adolescent qui manquera de repères.

coup de coeur Quand les trains passent... / M. Lindroth. - Actes sud junior. - (D’une seule voix)

Quoi ! Elle n’avait qu’à deviner, cette conne, qu’on se moquait d’elle. Etre aussi naïve ! C’est ce que martèle la narratrice pour justifier ce qui est arrivé à sa camarade de classe Suzy P. C’était il y a 17 ans. Mais alors, pourquoi en parle-t-elle encore ? Elle n’était pourtant que spectatrice de cette sordide histoire... Spectatrice ?
Le principe de la collection nous donne à entendre un monologue intérieur. Ici, il prend toute sa dimension avec ce personnage anti-héros qui exprime une culpabilité jamais totalement assumée à propos d’un crime demeuré impuni. Cela donne un texte fort, dérangeant, qui va à l’encontre de notre code moral.
Autre lecture
« On n’est pas sérieux quand on a 17 ans »... Pour cette histoire, le terme est faible car ici, les ados sont cruels, irresponsables, n’ont aucune notion du bien et du mal. On voit à quel point la notion de bande peut enlever toute humanité. L’heure de la curée a sonné pour Susy P. il y a 17 ans. Qu’est-elle devenue depuis, c’est la question que se pose la narratrice qui faisait partie de la meute et qui depuis n’arrive pas à oublier.

coup de coeur Piste noire / C. Beigel. - Syros. - (Rat noir)

Une jeune fille, Manou, jeune et belle Réunionnaise, part en station de sports d’hiver, en train, de nuit. Elle partage un compartiment avec trois garçons bruyants et, l’alcool aidant, bientôt agressifs. La première moitié du roman est forte, l’atmosphère de menace qui se crée dans le compartiment est presque insoutenable. Le point de vue de la narration alterne sans cesse entre la jeune fille et les garçons, et l’une des voix masculines exprime, à la première personne et après coup, ses regrets. Ainsi, le lecteur sait très vite que l’irréparable, le viol de la jeune femme, se produira.
Ensuite, la narration des événements devient plus confuse et moins convaincante. On apprend rapidement que Manou a sauté du train encore en mouvement, qu’elle a été hospitalisée et que l’un des garçons se rend au commissariat pour se confesser.
Un roman à l’atmosphère lourde, intéresant surtout pour l’analyse psychologique des rapports humains.

coup de coeur Printemps volé / P. Pouchain. - Pocket Jeunesse

Miriam vient d’avoir quinze ans. Très timide, elle rêve en secret depuis des mois d’Horace qui ne semble même pas la voir. Mais un jour, il lui sourit, lui fixe un rendez-vous et l’embrasse. Miriam se laisse submerger par les promesses d’une passion romantique. Hélas, dès la rencontre suivante, Horace l’entraîne dans un sous-sol où il la viole avec plusieurs de ses copains... Après les émois de l’amour naissant, Printemps volé dépeint l’anéantissement de Miriam, son dégoût, sa honte, les réactions de son entourage, son lent retour à la vie. Tout cela sonne juste, émeut ; on comprend pourquoi elle refuse de porter plainte. Mais faut-il rencontrer une victime afghane, faut-il que le Destin châtie les coupables pour qu’on puisse se reconstruire après une telle épreuve ? Coup de coeur de Julie

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