couv

(Ne prend pas en compte les mots de moins de quatre lettres)

Croqu’livre

L’Association
> Le CRRLJ
Nouveautés
Sélections annuelles
Sélections thématiques
Formations
Groupes lecture
Temps forts
Contact
Quoi de neuf

Le livre jeunesse en Franche-Comté

Auteurs-illustrateurs
Conteurs
Associations
Editeurs
Salons et évènements
Prix et concours
Spectacles

...et au-delà

Actualités
Spectacles
Expositions
Liens

Dernière mise à jour :
dimanche 25 septembre 2016

Mot Clé : Identité




Album(s) :


coup de coeur Le grand écart / Thomas Scotto ; Lucie Albon. - Le diplodocus, 2015

"Je suis Anya
Et ici, tout autour,
ce n’est pas ma ville normale"

Dans un langage enfantin d’une belle justesse, Thomas Scotto narre la délicate expérience de l’intégration en pays étranger. Anya, la petite héroïne venue de loin, habite désormais un logement aussi petit qu’un puzzle à deux pièces et se rend chaque matin à l’école "sur la pointe des pieds", tellement il lui est difficile de comprendre la langue de ses nouveaux camarades qui rient sans qu’elle sache pourquoi. Lorsqu’elle suit son papa, la ville est une forêt de jambes entre des murs trop serrés pour respirer. Il n’y a que dans le parc au pied de l’immeuble qu’Anya met sur pause ses plus lourdes pensées. Et c’est justement à cet endroit qu’un jour, elle rencontre Tom...le premier pas vers une grand écart réussi ? Les illustrations de Lucie Albon, issues de ses recherches en résidence à la villa Kujoyama en 2009, traduisent subtilement, entre collages et peinture, l’environnement nouveau et incompréhensible. Une belle découverte de la toute nouvelle maison d’édition jeunesse Le diplodocus, à suivre absolument ! Ewa Bochenski

A partir de 6 ans

coup de coeur Mère Méduse / Kitty Crowther. - Ecole des Loisirs (Pastel), 2014

C’est par une nuit de pleine lune que Méduse a mis au monde Irisée. Sa toute petite au creux de sa chevelure infinie, elle murmure d’un souffle : "Tu es ma perle et je suis ton coquillage". Douceur des tout premiers temps d’une maternité exclusive (ici, pas de père). Dans ses rêves les plus fous, elle et sa fille se suffisent à elles-mêmes...Seulement, Irisée grandit. Elle aimerait aller à l’école avec les autres enfants. D’abord réticente, Méduse finit par lâcher un peu de son emprise, petit à petit...

Un album magnifique, envoûtant. Il interroge la relation à une mère excessive, tant rassurante qu’étouffante, presque inquiétante, mais jamais monstrueuse. De rassurante et protectrice la chevelure ensuite emprisonne et empêche de grandir. Grâce au désir d’autonomie de la petite, la mère parvient peu à peu à se défaire (à les défaire toutes deux) de ce poids. L’eau, omniprésente comme souvent chez Kitty Crowther, prend une portée toute symbolique dans cette histoire de mère. Coup de coeur. Ewa Bochenski

A partir de 5 ans

vidéo de Kitty Crowther

coup de coeur Skita, Les mémoires d’un vieux singe / Alain Burban ; Paskal Martin. – Ateliers Art terre, 2014

C’est l’histoire d’un vieux singe qui évoque ses souvenirs. Après une enfance passée sur les routes du monde avec le cirque Diabolo, Skita le chimpanzé, insatisfait, curieux, intelligent, se questionne sur le sens de la vie. Un matin d’hiver 1954 (hommage à l’appel de l’abbé Pierre renommé « l’insurrection de la bonté ») il quitte les siens pour vivre son aventure, celle de ses interrogations, direction le Sud ! Il fera des rencontres étonnantes, apprivoisera Lili la souris verte, connaîtra le chagrin, la solitude pour enfin rejoindre l’arbre à palabres où de nouveaux amis l’attendent…
Cet album est une métaphore de la vie, racontée par Skita. Ou comment les empreintes des rencontres, inattendues et sensibles, impriment une mémoire vive et disent une chose essentielle : « Là où l’on s’aime, il ne fait jamais nuit ».
L’origine de ce livre est le travail remarquable de 2 ans entre artistes et amis. Pensé pour des enfants dyslexiques (un enregistrement sonore de l’album par Jean-François Derouet est à écouter sur le site www.art-terre.com), il s’adresse à tous. Les sculptures qui animent l’histoire sont créées à partir de matériaux de récupération (tôle découpée, bidon métallique, canette, papier, bois, journal, paille…). Réalisées par Alain Burban (voir en vidéo la naissance de Skita sur le site), elles sont ensuite mises en situation et photographiées par Paskal Martin pour devenir les illustrations de l’album. Le résultat est surprenant, original et dynamique. Les couleurs, vives et franches, influencent les univers différents traversés par le petit chimpanzé. La mise en page permet à l’enfant de bien se repérer entre le texte et l’image. C’est un album sympathique, aux émotions fortes et avec de nombreuses références culturelles à découvrir pour développer sa curiosité. De plus, les éditions Ateliers Art terre mènent une belle réflexion sur l’apport du livre jeunesse pour les enfants qui n’auraient pas encore le plaisir de lire… A découvrir ! Claire Py

Découvrir tous les ouvrages des atliers Art Terre

coup de coeur Gaston / Kelly Dipucchio ; Christian Robinson. - Hélium, 2014

Madame Caniche a quatre chiots : trois femelles et un mâle. Dès la première page, lorsque l’auteur nous présente la petite progéniture, un léger détail nous étonne....Alors que cette maman élève ses enfants dans la tradition "caniche" l’impression d’étrangeté se confirme pour le chiot prénommé Gaston. En effet même s’il fait plus d’effort que ses sœurs il n’est pas tout à fait conforme au modèle : trop gros, trop grand, trop turbulent ! mais aussi trop chou.... Au printemps la petite famille fait sa première sortie au parc où sont déjà arrivés madame Bouledogue qui a elle aussi quatre chiots,trois mâles bien costauds et Antoinette une femelle bien.... trop petite. Lorsque les deux tribus s’observent la vérité saute aux yeux : "il y a eu confusion ! ". Qu’à cela ne tienne les enfants reprennent leur juste place dans la bonne famille et chacune rentre chez elle et tout va rentrer dans l’ordre. Seulement voilà, ce n’est pas si simple de se réadapter, ni pour les petits, ni pour les adultes ! Le surlendemain ils se retrouvent donc tous au parc et chacune des mamans reprend le petit parce qu’après tout même si elle n’est pas la mère biologique, c’est bien son enfant. Un petit air du film "la vie est un long fleuve tranquille" dans cet album drôle et charmant. Coup de cœur ! Myriam Lemercier

A partir de 3 ans

coup de coeur L’ avie d’Isée / C. Ponti - Ecole des Loisirs. 2013

C’est la première fois qu’Isée peut toucher la musique d’une chanson. Et même monter et marcher dessus... Isée entre dans le livre et nous la suivons sur sa portée musicale, à travers une forêt de maisons. Des maisons pour tenir au chaud sauf que tout est sens dessus dessous et qu’un monstre veut la dévorer ! Ou deux ! mais rien ni personne ne l’arrête... Ouvrir les yeux sur le monde, à-prendre le plus de chemins possibles... Entre rêve et réalité, Isée s’éveille et s’émerveille.
Claude Ponti perpétue la vie d’Isée entre initiation et culture dans un foisonnement d’images où les détails nous interpellent et nous interrogent (nombreuses références artistiques, architecturales ou même technologiques). Il nous invite à la vigilance, la découverte, comme un voyage à suivre ou à poursuivre. La lecture de ce troisième opus des aventures d’Isée élargit d’ailleurs la perception des précédentes.

coup de coeur Prune / V. Granville ; M. Rich. - Lampion. - (Loupiote). 2013

« Je voudrais tellement dire et entendre parfaitement un mot, un seul mot, juste un seul petit mot de rien du tout »
Prune, c’est l’histoire d’une petite fille rêveuse, « muette de sourde solitude », vivant dans un monde secret, qui ne parvient pas à retranscrire la force de ses sentiments par les mots. Elle part ainsi à la quête d’un mot « plus précieux que tout le reste », un mot capable d’exprimer ce qu’elle ressent au plus profond d’elle-même.
Cet album retrace à travers une poésie de mots doux et profonds la question de l’identité, car comment se définir soi-même en tant qu’être à part entière quand on ne parvient pas à cerner de mots le monde qui nous entoure ?
Les illustrations de Maryline Rich retracent l’errance de Prune, sa quête et enfin l’apaisement, rencontre de soi à soi.

coup de coeur La contrebasse / S. Henrich. - Kaléidoscope. 2013

Quoi de plus émouvant -mais surtout pathétique- que ces parents qui projettent leur rêve d’enfant sur leur "merveilleuse" progéniture. C’est le thème de cet album grand format traité savoureusement par Stéphane Henrich.
Rémy a visiblement toujours rêvé de devenir un virtuose de contrebasse et croit évidemment que sa fille réussira là où il a échoué. Bien sûr, si les enfants répondaient aux attentes des parents, cela se saurait... Donc au fil des pages nous voyons la petite Charlotte souffrir avec la contrebasse de son père retrouvée dans le grenier, sur fond de discours grandiloquent de ce dernier. Il n’entendra raison qu’après un malencontreux accident survenu au noble instrument. Ce livre est drôle du début à la chute.

coup de coeur L’ ogre odieux / N. Juster ; J. Feiffer. - Ecole des loisirs. - (Pastel)

Précédé par son « horrible réputation », un ogre sème la terreur, sans le moindre effort, dans tous les lieux qu’il traverse. Un jour, s’aventurant hors des sentiers battus, il rencontre une jeune fille totalement insensible à son allure, fort aimable qui plus est : Un thé lui ferait-il plaisir ? Pour la première fois de sa vie, l’ogre déconcerté doit jouer de sa monstruosité : parade de grimaces, jeu de poings et de pieds, grognements terribles mais rien ne désarme la bonté de la jeune demoiselle. Quel avenir alors pour l’ogre démystifié ?
"A bas les idées préconçues" semble être le message de ce livre illustré qui terrasse le topos de l’ogre terrifiant. L’illustration joue sur un trait brouillon qui conforte la laideur et le gigantisme du monstre tandis que le texte, semblant s’adapter à la disposition picturale, encourage l’enfant à développer l’indépendance de son esprit.

coup de coeur César / G. Solotareff. - Ecole des loisirs

Les pleines illustrations de ce livre grand format ouvrent droit sur les thèmes de l’indépendance et de l’identité. Un petit oiseau nommé César, serré dans une cage contre son père conteur d’histoire, est depuis toujours bercé par la légende de « l’empereur des crocodiles ». Lorsqu’un jour la liberté s’offre à lui, il voit l’occasion de revêtir la cuirasse d’un héros, un oiseau qui n’aurait jamais peur. Il est temps de partir à l’aventure ! Prenant alors son envol - dans le bleu du ciel venu remplacer le blanc impersonnel de la cage - César aborde une île habitée par un crocodile. Loin de se laisser impressionner par l’animosité de la créature et fort de son identification à l’empereur, César lui cloue la mâchoire ! Mais un héros est-il celui qui domine ou qui partage ?
En jouant sur l’opposition des aplats de couleurs, Grégoire Solotareff nous conte ici l’histoire d’une émancipation et d’une amitié atypique.

coup de coeur Féroce / J.-F. Chabas ; D. Sala. - Casterman

« Chaque fois que le petit Fenris approchait sa gueule pour téter, sa mère ne pouvait s’empêcher de frissonner. (...) celui-ci avait l’air si... féroce. » Le ton est donné, Fenris à l’air si « sanguinaire, épouvantable, cruel », que sa propre mère s’en effraie. Comment, alors, se construire autrement que comme les autres le voient... Ce loup deviendra avec le temps l’archétype de lui-même, toujours plus violent, craint, rejeté, solitaire. Lorsqu’il rencontre une petite fille, il ne doute pas un instant de l’épouvante qu’il va susciter... Mais la fillette reste stoïque et même curieuse. Voire familière avec lui. Et puis, de façon incompréhensible : affectueuse...
Les illustrations, stupéfiantes, rendent bien le saisissement, la peur, et la redoutable férocité du carnassier, puis la phase d’apprivoisement... Les contrastes sont renforcés par un jeu de pages qui se déplient, verticalement (instants figés) ou horizontalement (mouvements d’allant). L’histoire se fait glaçante, drôle et complice et se clôt sur la convergence des solitudes pour une symbiose d’êtres que tout séparait a priori.

coup de coeur Princess & Princesse / S. Morgenstern ; V. Dumas. - Talents Hauts

Le roi Edward Edgar Edmond estime que son pays, le royaume d’Angleterre, est « le plus beau et le plus digne de toute la terre ». La reine Marguerite Marthe Mathilde considère que « le pays le plus estimable » est la France. Ils s’aiment mais ne sont prêts à aucune concession concernant l’amour de leur pays. Et puisque la reine est enceinte de jumelles, ils vont pourvoir à leur éducation en mode stéréo. Cultures anglaise et française se mêlent et se répondent, chacun y trouve son compte. Lorsque les fillettes grandissent, point de fusion néanmoins : Zélie parle français, Nina anglais et chacune se tient sur son quant-à-soi...
Un album tonique et joyeux, dans le texte -anglais et français dialoguent de façon presque musicale- comme dans l’illustration, chamarrée et voluptueuse. L’identité culturelle s’affirme ici comme une force vive, loin de tout antagonisme et de toute supériorité. Un modèle de syncrétisme.

coup de coeur Les monstres n’existent pas ! / K. Schoene. - Ecole des loisirs. - (Pastel)

Quel air déconfit chez ce monstre à qui l’on serine que « les monstres n’existent pas ! ». Et lui alors ? Qui serait-il si on lui dénie le droit d’exister en tant que monstre ? Dans une démarche obstinée, le héros et narrateur de cette histoire s’évertue à prouver son existence aux humains aveugles ou circonspects.
Album inégal mais très drôle par endroits qui prouve que l’on n’existe réellement que dans le regard de l’autre.

coup de coeur Oiseau et croco / A. Deacon. - Kaléidoscope

Deux œufs côte à côté éclosent simultanément. De l’un, sort un volatile, de l’autre, jaillit un reptile. « “J’ai faim” dit le crocodile ». Et le lecteur tremble...
Fausse frayeur ! Car les deux nouveaux nés vont développer une relation faite d’échanges et de complicité. Qu’adviendra-t-il lorsqu’ils rencontreront leurs congénères ?
Les dialogues lapidaires expriment avec évidence le bonheur que ces deux êtres si différents ont su construire. Les illustrations elles accentuent la tendresse d’une union fraternelle qui fait fi de la biologie.

coup de coeur Fanfan / M . Sellier ; I. Fossier. - Editions courtes et longues

Fanfan vit avec sa famille d’autruches. Voilà qu’un vieux marabout s’en étonne et renvoie Fanfan à sa différence. Ainsi donc, il serait un éléphant ? Mais quelle est cette engeance ? Parti à la recherche de ses congénères, il croise de nombreuses espèces qui lui dressent la carte identitaire de ses caractéristiques physiques. Enfin, il trouve ses “semblables”. Mais est-il au bout de ses peines ?
Un thème classique, une illustration d’Iris Fossier qui l’est beaucoup moins ! Avec un mélange de gravures dorées, de dessins au trait cendrés, et d’aplats bleu indien, la quête initiatique de Fanfan se fait tout en poésie et légèreté. Le format de l’album qui s’ouvre dans une verticalité conforte cet aspect aérien.

coup de coeur June et Léa / S. Bonini ; S. Desmazières. - Le Baron perché

June et Léa. Léa et June. Pour tous, elles sont jumelles, malgré l’année qui les sépare. Mais devant tant de ressemblances et de complicité, l’erreur est excusable, d’autant que les deux sœurs entretiennent la confusion. Mais cette année, June rentre en sixième et Léa regarde sa sœur changer et s’éloigner peu à peu. Pourtant, elle ne perd pas espoir, elle aussi sera bientôt au collège.
Les illustrations pleine page -couleurs denses et univers fleuri- de Sandra Desmazières, ajoutent une profondeur à cette histoire où le passage de l’enfance à l’adolescence redéfinit le lien entre les deux sœurs : autrefois exclusives, elles sont aujourd’hui, toutes les deux, curieuses de ce que l’autre devient dans sa singularité.

coup de coeur Le masque / S. Servant ; I. Green. - Didier

Petit frère a trouvé un masque capable de le transformer en n’importe quel animal... Pratique pour tenter de plaire aux filles, d’épater les copains. Mais le risque lorsqu’on revêt un masque, c’est de ne plus pouvoir s’en défaire, de se retrouver prisonnier. A moins que l’amour d’une sœur redonne sens à ce que l’on est...
Un jeu de masques et de métamorphoses évoquant les sentiments qui peuvent être les nôtres face à nos pairs : désir de s’intégrer, colère de ne pas l’être, l’apaisement enfin de se sentir aimé...

coup de coeur Jérôme, Amédée et les girafes / N. Gouny. - Atelier du poisson soluble

Nous plongeons dans un univers graphique gai, coloré et très vivant, parsemé d’onomatopées opportunes. L’ouverture de l’histoire fait un peu contrepoids : Jérôme, plein d’entrain, salue un groupe de girafes qu’il pense être ses congénères. Mais les donzelles, circonspectes, le remettent à sa place d’ours. Qu’à cela ne tienne, Jérôme poursuit son chemin et aborde un groupe d’ours. “Aaaaaaaaaaaahhh ! une girafe !” se voit-il opposer...
Notre pauvre Jérôme est bien content de tomber sur Amédée -est-ce une girafe, est-ce un éléphant ?- qui semble bien moins coincé et tous les deux s’acceptent comme ils sont !
Effet de groupe, cases auxquelles il faudrait se tenir, tout cela vole en éclats avec ces deux personnages libres et joyeux !

coup de coeur Hippo et la petite question de trop... / Lili Pissenlit ; E. Lepicard. - Scarabea

Que d’interrogations pressantes de la part de ce petit hippopotame qui demande à un interlocuteur resté hors champs s’il est sa mère, son père, quel est leur lien...
Un questionnement identitaire à la fois très drôle et émouvant, dans le texte, le jeu de typo et les illustrations : les dessins représentant l’hippopotame et son adoptant sont irrésistibles !

coup de coeur Jean-Pierre la brebis / H. Rice ; A. Bouillard. - Ane bâté

Une brebis qui s’appelle Jean-Pierre, ce n’est déjà pas banal. Qui entretient une relation privilégiée avec le berger, encore moins. Mais si on sait qu’en plus Jean-Pierre ne donne pas de lait, ça devient louche !!!
Entre trouble identitaire et joyeux délire de candeur, cet album aux teintes sepia est un bon remède au manque de confiance en soi !

coup de coeur Je ne m’appelle pas Bernard ! / Claire Cantais. -Atelier du poisson soluble

Après Raoul la Terreur, Bernard -non pardon, pas Bernard- le peureux qui ne veut avouer son prénom de peur qu’on s’en moque. Ceci dit, il n’avait pas tord car les camarades a priori compréhensifs qui l’invitent à se livrer ne manqueront pas de se gausser !
Comme dans le précédent opus, une chute à deux temps où l’humour n’épargne aucun des personnages.

coup de coeur Mes petits démons / C. Desmarteau. - Albin Michel

Il y a un de ces mondes chez moi ! Des démons dans tous les organes, de toutes les formes, avec des noms pas possibles ! Et mal élevés avec ça, bref, c’est invivable de vivre avec eux, alors moi décide de les éradiquer, par tous les moyens possibles : les amadouer, les noyer à la vodka, les effrayer... En vain, ces démons font partie intégrante de nous, ne reste qu’à transiger avec Jonas l’angoisse, Grégoire le désespoir, Roger le négligé... !
Dessins trash et langue sans détour, Claudine Desmarteau dresse une radioscopie de nos vices et défauts, avec une certaine tendresse !

coup de coeur Jo singe garçon / B. Alemagna. - Autrement

Jo a la conviction d’être un garçon singe et se comporte comme tel. Au milieu des humains, mais également des singes, il se sent différent. Ses parents ne savent plus comment l’aider. Qu’il est difficile de composer avec le regard de l’autre !
Un beau travail graphique sur l’identité, la différence, la liberté. Jo se pense et s’incarne différemment au fil de sa quête mais il a la chance d’avoir le temps et l’espace pour se chercher, se trouver !

coup de coeur Lizbeth / A. Burban ; P. Martin. - Les Ateliers Art-terre. - ( Les petites histoires sans mots)

Encore une fois, les éditions Art-terre excelle pour magnifier la ferraille en créatures légères et élégantes. Lorsqu’elle constate sa différence, une poule quitte ses congénères et part à la quête de son identité. Thème classique mais chute réjouissante !
Une histoire sans paroles qui laissera à chaque lecteur la liberté d’interprétation.
Existent aussi un livre de coloriage et un puzzle.

coup de coeur Edmond / J. Binet. - Autrement. - (Histoire sans paroles)

Au loin, un groupe d’enfants joue au ballon. Un personnage, au premier plan, regarde la scène et a bien envie de les rejoindre... Pour faciliter son intégration, mieux vaut se travestir, pense-t-il, mais il sera vite démasqué. Va-t-il être rejeté, exclu du groupe ?
On veut souvent ressembler à l’autre pour mieux se faire accepter mais qui est véritablement cet autre ? Quel jeu joue-t-il, lui aussi ? Un album sans texte sur notre rapport à autrui, sur les différences qui nous lient et nous isolent. Irrémédiablement.
Cette collection ne déçoit pas, avec ici une esthétique très épurée, en crayonnés gris et masques en couleurs, un peu rétro.

coup de coeur Le pingouin qui n’était pas sûr d’être un pingouin / Faulkner ; Lambert. - Casterman

Petite randonnée sur le thème de l’identité.

coup de coeur Les démons caca / F. Loodts. - Esperluette éditions

Appelons ça comme on veut : démons caca, part d’ombre, démons intérieurs... nous avons cela en chacun de nous. La différence réside en la manière de l’envisager et de le traiter. Déni, honte, peur, ostentation, acceptation... Et selon, nous définissons notre identité et notre rapport à autrui.
Une illustration noir et blanc des plus sobres et des plus expressives pour une représentation forte de la nature humaine. De quoi engager une discussion avec les enfants dès 7-8 ans...

Roman(s) :


coup de coeur Seul avec mon chien / Béatrice Masini. - La Joie de Lire (Hibouk), 2015

Le jour où le roi du domaine où vit Miro et ses parents décide que les chiens doivent être supprimé, c’est la folie de trop. Le petit garçon s’enfuit donc avec Tito, son petit chien adoré. On suit alors le parcours initiatique du petit garçon qui, tour à tour, va rencontrer la Peur, la Soif, le Repos, le Doute, .... tous personnifié sous les traits de différents vieillards plus ou moins malfaisants.
Un roman philosophique parlant de la vie, de nos rencontres, de nos choix, et surtout de confiance. Pour public averti. Marie Chaillet

A partir de 12 ans

coup de coeur L’Apache aux yeux bleus / Christel Mouchard. - Flammarion, 2015

Alors que Herman, 11 ans, chasse les corbeaux pour éviter qu’ils ne mangent le blé, il est kidnappé par les Apaches sous les yeux de sa mère, impuissante. Le changement de vie est radical et l’enfant peine à s’adapter à ces nouvelles coutumes barbares qu’il ne connaît pas. Il ne baisse toutefois jamais les bras car une petite voix lui chuchote sans cesse : « Tiens bon, Herman, tiens bon, tu es une tête de pioche ». Il subira des humiliations et le chaman du village ne l’appréciera pas. Le jeune garçon va finir par trouver en lui la force de s’adapter et de tirer fierté de son statut d’adopté jusqu’à devenir un véritable apache. Mais que faire quand les visages pâles menacent son clan ? Un roman fort aux multiples rebondissements. On suit avec intérêt un héros entre deux mondes et à qui on demande de choisir. La réflexion sur le sentiment d’appartenance et sur les formes différentes que peut prendre la liberté reste entière. Un livre à lire donc ! Sandy Morel

A partir de 13 ans

coup de coeur Si j’étais un rêve / Charlotte Bousquet. - Flammarion (Tribal), 2015

Lina vit en Bulgarie et Nour en France. Leurs professeurs respectifs décident d’établir une correspondance entre leurs deux établissements, et c’est le début d’une véritable amitié entre les deux adolescents. L’une parle de sa vie à Sofia, de la pauvreté et des émeutes politiques qui se profilent, l’autre de son quotidien en Seine Saint Denis. Au fur et à mesure des échanges, Lina ressent un vrai mal de vivre chez Nour, et aimerait en comprendre les raisons. Le jour où il est question que la classe de Nour fasse le déplacement en Bulgarie, celle-ci devient distante et agressive avec Lina. Très beau roman, tout en sensibilité, avec un final inattendu. A lire ! Marie Chaillet

A partir de 12 ans

coup de coeur La vie rêvée des grands / Géraldine Barbe. - rouergue (dacodac), 2015

Rose est une préado timide et secrète qui rêve de sa « vie d’après » et du garçon dont elle préfère taire le nom, celui qui semble un peu différent, à peu à l’écart, comme elle… entre première boum et grandes questions existentielles, c’est un très beau petit roman sur cet âge d’avant l’envol adolescent . Pour Rose, on a tous un canard qui deviendra cygne…Souvent, elle pense au sien, à ce qu’il deviendra, elle pense aux « canards » des autres et comment le monde tourne, comment chacun évolue. Une belle écriture imagée. Ewa Bochenski

A partir de 9 ans.

coup de coeur Brune du lac, toma 1 : le chevalier inconnu / Christelle chatel. - Nathan (Premiers romans), 2014

Lorsqu’elle n’était qu’un bébé, Brune a été confiée aux moines pour la protéger d’un grand danger. Elle a grandi dans le clître, appris à lire, écrire, à connaître les plantes médicinales. A présent, c’est une petite fille intelligente et vive, dont le rêve est de combattre les dragons en vrai chevalier ! Mais les règles de vie des moines sont strictes et ses élans de liberté souvent réprimés. Lorsqu’elle est triste, Brune dessine sur le mur de sa chambre un jardin imaginaire. un jour un mystérieux visiteur arrive au monastère. La vie de la fillette va être bouleversée : le jour est venu pour elle d’apprendre le secret de son histoire. _Une excellent série romanesque pour jeunes lecteurs, avec un réelle qualité d’écriture. Le personnage de Brune casse les codes de la princesse médiévlae, avec son tempérament de feu et ses rêves chevaleresques. Ewa Bochenski

A partir de 8 ans

coup de coeur La forêt plénitude / Franck Andriat. - Mijade, 2013

C’est un beau livre, très poétique, sur la beauté de la nature et sur les bienfaits d’une vie simple.
Virginie est une fille qui, à ses dix-huit ans, reçoit un livre en cadeau. Ce livre va la faire changer de vie, elle quitte tout pour aller vivre seule dans la forêt. Elle réalise qu’il faut se détacher du superficiel pour aller vers l’essentiel. Nathalie Bertin

A partir de 13 ans

coup de coeur Les géants / Benoît Minville. - Sarbacane (EXPRIM’), 2014

Western à la plage.
Deux familles survivent en bord de mer au Pays basque français à l’aide de petits boulots et de beaucoup d’amitié. Cette année, Marius a décidé de prendre la mer sur le bateau qu’il retape. Mais comment l’annoncer à sa famille ? Sa soeur repasse son bac, c’est sa dernière chance mais elle a la tête accaparée par une histoire d’amour... _C’est le moment que choisit leur Grand-Père, César, un truand qui vient de purger 20 ans de prison, et qu’ils croyaient mort, pour ressurgir. Que vient-il chercher auprès de son fils alors que ce dernier s’est enfui au moment de son arrestation ?
Un roman où passé et présent se croisent pour former une histoire où l’héritage tant psychologique que financier est au coeur de l’action. Barbouzes, fusillades et jeux de lutte s’intercalent avec des passages plus réflexifs sur la nécessité d’être fidèle à soi-même afin de trouver le bon chemin. Un livre complexe à lire, avec de nombreux personnages et événements et un amour de la mer et de la liberté qui nouent les thématiques. A découvrir. Marion Uteza

A partir de 15 ans

coup de coeur Le miroir brisé / Jonathan Coe. - Gallimard, 2014

Ce livre nous entraîne dans un autre monde, que l’on découvre à travers les yeux d’une petite fille dénommée Claire. Au fils des pages, la voilà devenue adolescente et peu à peu le monde se ternit autour d’elle. Les merveilles que son petit miroir brisé lui renvoyait ne sont plus qu’un lointain souvenir, de quoi s’interroger sur tout ce qui nous entoure : l’illusion de l’enfance, le brusque retour à la réalité qui s’en suit ou encore les différentes manières de rendre le monde meilleur. Accompagné d’image, ce texte retrace avec délicatesse le passage de l’enfance à l’adolescente. Porteur d’un beau message d’espoir, il fait rêver et le lecteur se surprend même à imaginer à quoi ressemblerait son quotidien s’il était soudainement troublé par l’apparition d’un fragment de miroir. Premier roman jeunesse de Jonathan Coe. Marie Jeannot

A partir de 12 ans

coup de coeur Une saison avec Jane-Esther / S. Cassim. - Ecole des loisirs (Medium), 2013

Eden, orpheline élevée par sa tante, a la fibre poétique et un brin mélodramatique. Elle passe son temps à noter ses impressions dans un carnet et s’essaie à la poésie. Jane-Esther, l’’amie de sa tante, poète reconnue, est de passage dans leur village et lui donne quelques conseils : observer sans cesse et mettre au jour la singularité de ses impression de façon précise et juste. Mais ce qu’elle peut apprendre de plus utile lui sera dispensé par la vie elle-même, en la personne d’Adam, personnage fantasque, révolutionnaire et …volatile. Eden est un personnage attachant. Elle qui se donne la tâche urgente de "trouver un façon plus digne d’etre au monde" compose avec ses angoisses, ses fêlures, ses amours et ses doutes avec pour seuls repères trois mères poules de substitution et une farouche volonté d’écrire au plus juste. Déroutant mais attachant. Julie Feuvrier

Autre lecture : Une jeune héroïne plutôt originale, qui s’appelle Eden, elle est orpheline, elle aime les poules et elle veut être poète. Elle est entourée, dans une ambiance féminine chaleureuse, de trois femmes : sa tante et les deux amies de celle-ci, dont l’une s’appelle Jane-Esther. Le monde des personnages est de plus plutôt bien campé : le sud des Etats Unis dans les années soixante au moment de la lutte des Noirs pour faire valoir leurs droits civiques. Eden se lie d’amitié avec le neveu de la femme de ménage de sa tante. Tout cela promet bien, jusqu’au moment de dérapage, qui pourrait déconcerter aussi le lecteur. Eden rencontre un révolutionnaire d’origine russe et tout de suite elle tombe amoureuse de lui. Ils passent une nuit ensemble avant qu’il ne disparaisse pour de bon. Les trois femmes qui s’occupent d’elle la consolent, et grâce à elles et grâce aussi à son carnet d’écriture, elle commence à se remettre. Le lecteur a peut-être plus de mal à suivre le même chemin. C’est tout de même un livre à recommander, surtout aux jeunes lectrices littéraires. David Ball

Eden Villette est ce que l’on appelle généralement une jeune fille passionnée. Pour elle, il n’y a que la poésie qui compte, et avec ce magnifique genre littéraire, le questionnement et la recherche de la perfection. Adolescente unique en son genre, elle profite du retour de la célèbre poétesse Jane-Esther pour pousser plus loin sa réflexion. A ses côtés, elle découvre le monde d’une autre manière et surtout appréhende l’amour. Pas celui romantique sui nous couvre de bonheur, non… Celui passionnel qui change définitivement toute vie. Cette Eden pourrait sans doute vous horrifier par son caractère égoïste et hautain mais poursuivrez votre lecture et ainsi pourrez-vous, vous aussi, questionner la vie, la poésie ou encore la nature qui vous entoure. Marie Jeannot

A partir de 12 ans

coup de coeur Une arme dans la tête / Claire Mazard. - Flammarion (Tribal), 2014

Apollinaire, enfant soldat en Afrique, s’échappe. Il rencontre un prêtre qui l’aide à rejoindre la France où il devient un "mineur isolé". Son parcours d’enfant écorché est raconté à la première personne. Apollinaire revit avec nous les tableaux de sa vie qui le hante. Mais c’est aussi de reconstruction qu’il s’agit. Comment réintégrer le fleuve de la vie ? Comment racheter ses fautes ? Accepter de vivre va passer par de belles rencontres, simples et intenses... le chemin du héros empruntera aussi ’exploration d’autres langages avec la découverte de la poésie et de la photo.

Un roman fort qui nous plonge dans la condition d’enfant soldat. On apprend leur recrutement et les techniques de manipulation mises en oeuvre pour les maintenir en état de dépendance. Il faut un élément déclencheur pour permettre à Apollinaire de s’arracher à cet esclavage. Mais l’auteur s’intéresse autant à l’après, aux multiples tentatives nécessaires de désintoxications et surtout à la nécessité de regarder son passé pour arriver ensuite, peut-être, à tourner la page ou tout au moins en ouvrir une nouvelle. L’écriture suit avec justesse les hésitations du héros. Fragmentée au début du livre, elle colle au héros. L’introduction du monde de la poésie et de la photo est une réussite. Intéressant ! Marion Uteza

Autre lecture : C’est un livre fort et violent, écrit à la première personne, qui parle d’un jeune, Apollinaire, qui s’est fait enrôler dès l’âge d’onze ans dans un commando en Afrique. Son compagnon Wamba a été tué parce que ce n’était pas un « impitoyable guerrier ». Apollinaire se retrouve dans un foyer en France mais il est marqué psychologiquement par son passé. Il repasse dans sa tête toutes ses scènes de violence. Mais le roman se termine avec de l’espoir, l’espoir de revivre, d’aimer et de s’accepter avec son passé criminel (dans les dernières pages, on apprend qu’il a tué un petit enfant !). Nathalie Bertin

A partir de 14 ans

coup de coeur Passeurs de mort / F. Colin. - Flammarion (Grand format), 2014

En allant à l’enterrement de son oncle, Angel ne pouvait imaginer dans quel engrenage elle mettait les pieds. Car son oncle avait fait une découverte extraordinaire, dont il lui lègue les clés. Mais lui-même ne savait pas tout, et c’est Angel qui part à la découverte de cette histoire au-delà de tout entendement : des passeurs de morts accompagnent les vivants dans leur trépas. Ces narconautes vivent une vie parallèles à celle des vivants et Angel, grâce à une paire de lunettes, peut accéder à leur monde secret. Angel intervient au moment où l’ordonnancement de la vie et de la mort est déséquilibré par certaines personnes souhaitant accéder à l’immortalité. Qui sont-elles ? A qui faire confiance dans la famille Cooper qui l’a guidée au départ de cette initiation surréelle…

Angel, qui veut devenir romancière et dont sa psy disaiit qu’elle faisait preuve d’une"imagination débordante, incapable de se satisfaire du réel, va trouver matière à son besoin d’évasion mais elle se met gravement en danger, et pire, menace à son insu ses proches. Un terrible imbroglio au tréfond de l’âme humaine : certains flirtent avec la mort, d’autres la redoutent au point de vouloir tuer, Angel, elle devra trouver un moyen d’affronter ses vieux démons pour se construire une vie. Julie Feuvrier

A partir de 14 ans

coup de coeur Nox : Ailleurs (2) / Yves Grevet. - Syros, 2013

La lutte des classes continue. C’est une lutte pour la survie. Lucen doit être exécuté mais avant il lui faut tenir six mois dans un camp de travail particulièrement dur. Firmie, enceinte se terre mais elle est vite victime de chantage de la part du furtif qui l’héberge. Elle est contrainte d’accepter de donner son enfant contre quelques mois de sursis, espérant contre toute attente le retour de son bien aimé. Dans la ville haute, Ludmilla doit jongler entre la vigilance continue de son père et de sa gouvernante et les exigences du groupuscule à qui elle a décidé de prêter allégeance. Elle noue des liens réels avec le fiancé imposé par les activistes... Bien sûr, les chemins vont encore se croiser et les destins prendre un chemin inattendu...

Trahison et entraide sont étroitement mêlé dans ce final. ¨Personne ne peut arriver à s’en sortir seul et à la fois chacun se méfie des autres. Les personnages évoluent peu mais la vie se charge de les bousculer. Nous entendons à tour de rôle la voix des quatre protagonistes principaux. Les événements s’accélèrent jusqu’à la conclusion finale. Mais dans un monde où la pollution est un enjeu vital, existe t-il un ailleurs possible ?. A lire ! Marion Uteza

A partir de 12 ans

coup de coeur Les jumeaux de l’île rouge / Brigitte Peskine. - Bayard ( Millézime), 2014

Cléa ne va pas bien. En rupture avec ses parents adoptifs, elle l’est aussi avec l’école. C’est alors que sa marraine lui propose de l’accueillir à Madagascar... Elle part sur l’île, à la recherche de ses racines, avec son frère jumeau et y découvre un autre monde, d’autres croyances. Une autre vie s’ouvre devant elle... Livre en forme de témoignage constitué principalement par les courriels envoyés par les différents protagonistes de l’histoire. Mais c’est Madagascar qui constitue au final le personnage principal. Les aventures multiples de Cléa et Brice, qui au seuil de l’âge adulte, tentent de mieux se connaître, ne sont que des morceaux d’un puzzle formé par l’île et ses nombreuses particularités. Le choix d’un récit de vie facilite la lecture. Chloé est le fil conducteur du récit et le garant de la véracité de l’histoire. Un livre riche, vivant et fort qui nous amène dans un monde où les superstitions régissent le destin des hommes. A lire ! Marion Uteza

Autre lecture : Cléa Chêne, jeune fille adoptée en même temps que son frère jumeau Brice, décide de rapporter à une romancière ce qu’elle a vécu lors de son voyage à Madagascar sur la terre de ses ancêtres. Ce parcours initiatique changera à tout jamais sa vie et elle ne laissera à nul autre le soin de raconter ses découvertes. En effet, messages, dialogues et pensées sont soigneusement consignés. On découvre les traditions de l’île Rouge, ses croyances et superstitions concernant la gémellité. Le personnage de Cléa évolue, cherche à trouver sa place et se construira au fur et à mesure des pages quittant ainsi son statut d’ado révoltée. Un roman surprenant, émouvant et agréable à lire sur un sujet original. Sandy Morel

Autre lecture : Cléa et Brice sont d’origine malgache. Ce sont des jumeaux qui ont été adoptés par une famille française à la naissance. Brice semble être un élève modèle, cléa, elle, est en pleine crise d’adolescence. Leurs parents adoptifs leur paient alors un voyage dans leur pays d’origine pendant les vacances scolaires d’été. Le frère et la sœur vont alors découvrir la terrible situation des jumeaux de l’île : ils sont mis au ban de la société, voire abandonnés. On va alors passer de rebondissement en rebondissement ; le rythme est haletant. L’écriture est dynamique grâce à un mélange de narration, de lettres et de mails. Bref, passionnant ! Valérie Boujon.

A partir de 12 ans

coup de coeur Le prix à payer / Vincent Faucheux. - Alice Editions (Tertio), 2014

Paul Tournier, célibataire, a une vie bien définie mais surtout bien morne. Alors quand il se fait renverser et qu’on lui propose d’avoir la possibilité de changer des bribes de sa vie, il le fait sans hésitation, mais il y a des conséquences
Lire l’article : Histoiresetgourmanlises

Paul a une vie bien réglée maus bien monotone et soliatire. Le jour où il se fait faucher par une voiture et tombe dans le coma, il rencontre Fortunae. Celui-ci lui offre la chance d epouvoir recommencer sa vie et de faire d’autres choix d’existence. Entre plusieurs allers-retours dans le temps, Paul va pouvoir faire ce qui lui semble de bons choix pour une vie lui correspondant mieux, en adéquation avec ses aspirations. Mais les conséquances sont lourdes, très lourdes à porter et le personnes de son entourage deviennent victimes ou coupables. Et si vouloir le bonheur en rendant les gens heureux était impossible ou trop compliqué ? Paul va peut être devoir apprendre à revoir ses rêves et se contenter de voir le bonheur dans sa vie à lui. Très bon roman qui se lit d’une traîte, avec une leçon d’humilité. Marie Chaillet

À partir de 14 ans

coup de coeur La vie étonnante d’Ellis Spencer / Justine Augier. - Actes Sud. 2014

A Naol il est obligatoire de bouger, de crier, d’être en permanence actif. Et pour être reconnu, mieux vaut avoir une vie sociale intense. Or Justine est différente. Elle aspire à rêver, lire et prendre le temps de vivre... ce qui est non seulement mal vu mais aussi dangereux. Entouré de l’amour de ses parents et de deux nounous gardiennes, elle tente de satisfaire chacun... sans grand succès. Un dernier espoir : l’intégration dans un lycée mixte qui accueille une poignée d’enfants différents. Fasse à ce défi, Justine s’arme de courage. Premier objectif : réussir à se faire inviter pour qu’enfin une inscription apparaisse sur son mur de la réussite. Simple ? Pas vraiment... L’auteur propose un monde intéressant où, à force d’être obligé d’occuper en permanence le plus d’espace possible, plus personne n’échange ni ne s’écoute. Marion Uteza

Spencer dénote dans sa famille, dans la société du Pays de Naol. Elle est petite, discrète, calme alors que la norme est de faire "d’immenses pas décidés" et de toujours porter le regard au loin. Des conquérants, des leaders ! Ellis intègre une école mixte censée la rééduquer. Elle y rencontre un autre élève marginal, qui lui fait découvre d’autres horizons. Et tout son quotidien s’en trouve chamboulé. Un roman d’anticipation qui oppose l’agitation au rêve, au droit d’imaginer, à la volonté de changer le monde... Un peu faible néanmoins, tant au niveau du personnage principal que des valeurs défendues, et des parties disproportionnées : la longue tentative d’adapation de Ellis contre la "révolution" finale qui tient en quelques pagesJulie Feuvrier

Ce livre est intéressant car il remet en cause la notion de l’enfance. Est-ce qu’être enfant c’est obéir à toute règle et effacer une personnalité ? Est-ce qu’être enfant c’est être marginal ? Qu’est-ce qu’un enfant ? Cependant, ce roman est mal construit, selon moi. Peut-être parce qu’il est court, il y a cette nécessité de voir les descriptions, explications, rebondissements s’enchaîner. Le rythme est beaucoup trop lourd alors que des pauses réflexives seraient bienvenues. Décevant donc... Juliane

A partir de 12 ans

coup de coeur Brûler de l’intérieur / A. Kalouaz ; A. Cornu. - Thierry Magnier (Photoroman), 2012

Sophie étouffe à la maison depuis le burn out de son père. Bien sûr, elle comprend que cet homme qui se bat au quotidien pour les sans-papiers soit usé, après tant d’implication. Mais il demeure que la tension à la maison est trop forte à vivre pour elle. Elle s’échappe à vélo et fait la connaissance d’une vieille dame, Marcelle, qui en lui montrant les milliers de photos de "gens abandonnés" faites durant tant d’années, ouvre des portes en elle. Une façon de mieux comprendre le feu sacré de chacun, celui qui peut consumer mais qui peut surtout donner sens à tout une vie. Julie Feuvrier

coup de coeur Deux soeurs, un destin : la trahison / Maya Snow.- Flammarion (Castor Poche), 2014

Kimi est passionnée par l’épée alors que sa soeur Hana est plus douée pour se comporter comme une vraie demoiselle. L’assassinat de leur père et la disparition de leur mère, va les amener à fuir leur vie douillette pour tenter de survivre. Leur première halte les amène dans un célèbre Dojo où elles vont devoir devenir des garçons et accepter la fonction de serviteurs. Comment réussir à se venger de leur oncle usurpateur ? C’est le travail acharné, et le code des samouraï qui va leur ouvrir une nouvelle voie… Un roman dans le Japon ancien qui fait une large part aux arts martiaux et aux règles qui régissent la vie d’un samouraï. L’honneur, la coutume, mais aussi les techniques de combat sont au premier plan de ce très bon roman d’aventure
Un premier tome au coeur d’un dojo qui se lit d’une traite et qui a le mérite, bien qu’appartenant à une tétralogie, de comporter une première résolution. La question de la condition féminine mais aussi celle du milieu social viennent renforcer l’intérêt du livre. Le mérite n’est plus celui du sang, il s’acquiert à force de volonté et de travail. A lire ! Marion Uteza

J’ai adoré ce roman. J’aime beaucoup cet univers japonais, dans lequel il est question de trahison, de samouraï, de respect, de thé, de femmes, et de cerisiers en fleurs. L’histoire est passionnante, une fois que j’ai commencé la lecture de ce roman je ne pouvais plus m’arrêter. De plus, je trouve la couverture vraiment jolie et attrayante. J’attends la suite avec impatience. Coralie Bernat

CM2-collège

coup de coeur La fille de l’hôtesse de l’air / C. Beigel. - Sarbacane. 2014

Marilou est en colère. Alors qu’enfin, à 14 ans, elle allait rencontrer son père, voilà que l’impensable se produit : il décède soudainement, ne laissant à la jeune fille que son manque. Mais l’enterrement sera l’occasion de grands bouleversements pour Marilou... Un court roman qui évoque avec justesse la douleur de ne pas pouvoir connaître son père. L’impuissance de Marilou se traduit par une grande agressivité notamment envers sa mère et ses choix de vie. La vie réussira-t-elle à les réconcilier ?

L’écriture coupante, les phrases courtes, moulent la fureur et le dépit de l’adolescente. A la difficulté de communication fille mère, se superpose l’empêchement de se construire autour de l’absence irrémédiable du père.

Un livre beau et positif qui contourne l’impasse en proposant une autre voie : la reconstruction à partir des traces. La couverture représente bien le contenu du livre. L’évocation sur la quatrième de couverture de la résonance du récit avec "Vendeur de rêves" n’empêche en rien une lecture indépendante du livre. Marion Uteza

A partir de 13 ans

coup de coeur Addiction / Blake Nelson. - Albin Michel (Wiz), 2014

Comment reprendre sa vie en main en sortant d’un centre de désintoxication ? Maddie a 16 ans. L’amitié puis l’amour vont l’aider à tenir le coup pendant la cure. Le retour au lycée va se révéler plus difficile entre les anciens amis qu’il faut éviter de peur de replonger et les copains de galère qui vous aident à tenir le coup dans les moments difficiles. Il est cependant compliqué de se faire de nouveaux amis et d’avoir de vrais projets. Pourtant Maddie s’accroche et se bat pour arriver à continuer coûte que coûte à diriger sa vie !

Un livre construit en neuf parties et des chapitres courts, plus ou moins nombreux. Le texte est ciselé comme pour représenter le chemin de croix de l’héroïne qui ne peut diminuer sa vigilance sous peine de sombrer. Une épopée difficile, éprouvante et émouvante tant pour l’héroïne que pour le lecteur qui l’accompagne dans ses moments de joie comme de peine.

Un sujet complexe, celui des addictions, de l’alcool, de la drogue qui empêche l’adolescent de se construire un avenir. Le poids du passé est constant chez Maddie et représente bien l’incroyable force nécessaire pour s’en sortir tant la société est peu à même d’effacer les erreurs.

Un très beau livre, avec des tonalités différentes selon les parties. La première, consacrée au centre ne doit pas éclipser toute l’aventure humaine qui est ensuite décrite avec finesse et qualité. (Niveau Ado/Adulte) A lire ! Marion Uteza

A partir de 15 ans

coup de coeur Au bout du voyage / M. Rosoff. - Albin Michel (Wiz). 2014

"Il ne faut jamais s’allonger dans la neige "

Mat a sauvé Gil, son copain d’enfance qu’il avait entraîné dans une escalade périlleuse. Devenus adultes, ils se considèrent toujours comme liés même si la vie les a depuis longtemps séparé. Lorsque Mat disparaît mystérieusement au moment même où ils avaient prévu de se retrouver, Gil décide de partir malgré tout, accompagné de sa fille Mila.

De Londres à New York, puis à l’intérieur de l’Etat de New York, Mila tente de relever les indices permettant de retrouver Mat. Son flair hors du commun et sa grande capacité à agencer les réseaux de signes, font de la jeune fille un détective hors du commun. Et pourtant... le chemin pris par Mathew et même son profil restent flous. Que s’est-il passé dans sa vie pour qu’il souhaite soudain disparaître ?

Un roman qui remue les tripes. Sous une apparence froide, clinique, le récit formé des impressions de Mila et de ses conclusions, nous attrape et nous amène à réfléchir sur nos propres choix de vie. Les rares dialogues sont fondus dans le texte donnant le sentiment que l’histoire est racontée par un aveugle. Mila n’a pas les clés nécessaires pour décrypter cette énigme en forme de mille feuilles et pourtant... L’ auteur dessine à travers l’exploration d’un monde, celle de l’homme en fuite. Il invite le lecteur à marcher côte à côte de son héros, du même pas hésitant, pour tenter se saisir furtivement une réalité dense et complexe.

Meg Rosoff semble inciter le liseur à ne pas juger l’homme en fonction des traces de son passé, à lui offrir une dernière chance, quelle que soit l’issue qu’il décide de donner à l’histoire. Un texte fort sur les liens, le pardon... l’homme dénudé.Marion Uteza

A partir de 13 ans

coup de coeur Le ciel nous appartient / K.Rundell - Les Grandes Personnes, 2014

Sophie a été retrouvée dans l’étui d’un violoncelle après le naufrage d’un bateau. Elle est élevée par un dandy humaniste... jusqu’à ce que les services sociaux d’Angleterre trouve que vraiment, ce n’est plus possible, qu’une jeune fille soit en pantalon et n’apprenne pas la couture ! La solution ? la fuite et la recherche de cette mère mystérieuse... Direction : les toits de Paris !

Un roman assez poétique et humoristique. L’auteur crée un monde particulier entre écart vis à vis des règles et envol vers l’impossible. Le livre est scindé en deux temps. Celui de l’enfance et de l’apprentissage du pas de côté puis celui de l’adolescence où des ailes semblent pousser à l’héroïne. Joli ! Marion Uteza

Tout commence au milieu de la Manche, après un naufrage. Une petite fille a survécu dans l’étui du violoncelle de sa mère. Londres, des années plus tard. Sophie a vécu une enfance merveilleusement fantasque auprès de son tuteur Charles Maxim, érudit original et bohème capable de se servir de dictionnaires en guise d’assiettes ! Mais à l’aube de l’adolescence, elle a besoin plus que jamais de connaître ses origines. Dans le même temps, les services sociaux veulent faire d’elle une jeune fille "bien élevée", en la retirant au plus vite à son tuteur. Charles et Sophie choisissent la fuite, muni d’un maigre indice pour tenter de retrouver la mère disparue. Une quête éperdue qui mènera la jeune fille jusque sur les toits de Paris, aidée de mystérieux et marginaux habitants des hauteurs…Au fil des rencontres (parfois risquées) et des notes de musique, Sophie trouvera-t-elle son chemin ?

Coup de cœur pour ce récit plein de charme et de poésie noctambule. Il se dévore, porté par la volonté inébranlable de la jeune héroïne. La façon dont la petite imagine et "vit" sa mère inconnue, la force de sa détermination, la résolution de sa quête, sont porteurs d’émotion extrêment forte. A découvrir Ewa Bochenski

A partir de 10 ans

coup de coeur Quatre filles et quatre garçons / F. Hinckel. - Talents hauts, 2014

Neuf portraits d’adolescents à la veille de quitter le collège. Huit amis ont pris l’habitude d’emprunter le bus pour se rendre à l’école et partager des moments privilégiés. Ils y croisent quotidiennement une jeune file qui les intrigue. Ils décident de tenir à tour de rôle une sorte de journal pour se raconter. Les voix féminines et masculines s’entremêlent pour former au final une image de l’adolescence et de ses questions : rapports aux parents, à l’école, à son corps... choix d’une orientation professionnelle et sexuelle etc...

Le récit avance et nous offre à chaque fois un nouveau regard. Au final j’ai trouvé le livre très riche et dense et plutôt représentatif du monde de l’adolescence. Il n’y a pas de grands événements ni de véritable accroche mais une succession de petits faits du quotidien qui sonnent justes. Marion Uteza

coup de coeur Angel l’indien blanc / François Place. - Casterman. 2014

Né d’une mère blanche et d’un indien, Angel s’enfuit au bord d’un bateau afin de fuire sa condition d’esclave. Le trois-mâts a pour projet d’explorer la côte antarctique. Séparé de l’équipage, Angel et un savant vont partager pendant de longs mois la vie quotidienne d’une peuplade primitive tout en cherchant un moyen de rejoindre l’équipage. Une épopée fondatrice et dangereuse... Un récit qui nous amène vers les limites du monde, là où la place de l’homme est plus que jamais mis en balance avec les forces de la nature. Plusieurs visions s’offrent au lecteur : celle du savant qui cherche des explications, celle du jeune garçon qui a un rapport plus immédiat avec son milieu et celle de la poésie qu’apporte le langage avec "les gens-de-l’eau", les "Jours blancs" ou encore la "fleur des mers" et les baleines tueuses.... Laissons nous porter... Marion Uteza

Buenos Aires, XVIIIème siècle. Indien blanc métis, Angel embarque en douce à bord d’un navire pour échapper à une vie d’esclavage. Il ignore alors que Le Neptune, commandité par Louis XV, est en partance pour une exploration des terres australes. Au sein de l’équipage se trouvent 3 scientifiques de renom chargés d’inventorier les futures découvertes et d’établir le tracé de ces territoires inconnus, et hostiles... En accostant, Angel et le savant Corcovado sont aussitôt pris en otage par les Waonoas : mystérieux peuple indigène effrayant qui se donne l’apparence de créatures à deux bouches et vit en harmonie avec les forces de la nature. Durant de longs mois, Le jeune homme et l’érudit tenteront de percer le secret des fleurs aux propriétés magiques, des combats contre les "gens-de-l’eau", des conseils des Anciens en contact avec les puissances occultes...Parvenant à s’échapper, les deux hommes regagnent Venise, ou Corcovado ne parvient pas à faire valoir ses découvertes : un autre savant de l’expédition s’en attribue tout le mérite et se répand en fausses déclarations. Il semblerait qu’Angel et Corcovado doivent garder en eux la vérité de ce voyage irréel aux confins du monde, dont le tracé même s’efface des cartes ramenées par l’équipage...

Récit d’aventure envoûtant et puissant, le 3ème roman de François Place emporte le lecteur au bout des territoires connus : ceux de la géographie bien sûr, mais aussi ceux de l’être humain. Roman initiatique dans une société d’ancien régime à la hiérarchie sociale extrêmement codifiée, ou comment faire tomber les barrières dans ce siècle des lumières pétri de nouvelles questions ayant pour thèmes l’homme, la science, la liberté... Ewa Bochenski

A partir de 12 ans

coup de coeur Le regard des princes à minuit / E. L’Homme. - Gallimard. 2014

Avoir des valeurs et les porter avec fierté, est-ce encore possible dans notre société ? A travers 7 nouvelles, Erick L’Homme transpose les commandements chevaleresques dans notre époque et met à l’épreuve 7 jeunes hommes, toujours au sein d’un duo : Arnaud est entraîné dans une folle Mazurka, dans une belle relation avec Faustine (Honore et aime toutes les femmes) ; Guillaume part en randonnée en forêt, à la découverte de lui-même ( Médite sur toi et sur qui tu es ) ; Patrick découvre avec Hervé la liberté de pensée et d’agir ( Sois bon avec les faibles et fier avec les puissants) ; Pour Wilfrid, c’est l’heure de l’épreuve ultime, celle qui le fera accéder à l’Ordre, et il ne s’attendait vraiment pas à ça…

Un recueil qui nous invite à l’éveil de la conscience, à la responsabilité de nos actes, à la liberté de nos décisions. Toutes sur le même schéma -ce qui peut lasser- mais le message n’en demeure pas moins très fort. "Tu commences ta vie assis, écrasé par toute ce qui te dépasse et que tu ne comprends pas. Un jour, quelque chose te bouscule et te donne envie de te lever. Alors tu te mets en marche. Et toute ta vie se met en marche avec toi. "

Autre lecture Comment être un chevalier de nos jours ? Expériences insensées et étranges qui nous questionnent sur notre façon de vivre et remettent en cause notre place dans la société. Comment pouvons tracer notre propre chemin ? Lecture assez déroutante au début mais agréable.

coup de coeur Au moins un / I. Cohen-Janca. - Actes Sud Junior. (D’une seule voix). 2014

Elle devrait se réjouir, Marie, d’avoir trouvé ce job en des temps si difficiles. Et puis elle et Mickaël s’aiment, de quoi supporter cet emploi avilissant de télétravail où l’on n’a pas même le droit de garder son prénom. Mais malgré tous ses efforts, Marie étouffe de ne pouvoir être elle-même, même avec son amoureux... Le jour où elle croise son ancienne prof de français qui leur préconisait d’apprendre au moins un poème par cœur, un déclic s’opère en elle. Avec la conviction plus forte que jamais qu’elle se doit d’être elle-même, Marie, qui rêve d’être coiffeuse. A-t-on le droit d’avoir des rêves lorsque les préoccupations matérielles sont prépondérantes ? Irène Cohen-Janca l’affirme, avec ce personnage très doux et néanmoins tenace.

Autre lecture Marie démarre un nouveau travail de télé-vendeuse. La jeune femme se sent rapidement mal à l’aise dans cet univers où il faut vendre n’importe quoi et à tout prix, d’autant qu’elle est rebaptisée Sonia par son manageur. Personne dans son entourage ne comprend son malaise, ni sa mère, fière que sa fille est un travail "propre", ni son amoureux qui trouve que " "Sonia" c’est plus sexy que "Marie"... De plus en plus isolée, Marie sera sauvée par le souvenir d’un conseil de son professeur de français : retenir au moins un poème qui nous accompagnera toute la vie.

A partir de 15 ans

coup de coeur Les couleurs de la liberté / S. Baussier, P. Perrier. - Oskar. - (Fantastique). 2014

Dans la société dans laquelle vit Juliaca, les colliens sont les nouvelles fenêtres de l’âme. Ils expriment la nature profonde de chaque individu ainsi que leurs émotions du moment. Elle rêve d’explorer la Valtavie, un pays lointain. Avant cela, elle doit réaliser une épreuve qui lui est imposée. Finalement, il s’avère qu’aller en Valtavie pour aider son petit frère est la clef pour la réussite de cette épreuve et elle se lance dans une aventure dont elle ignore tout mais qui va lui apprendre bien des choses sur ces colliens et leurs failles.
Une dimension didactique importante mais qui laisse tout de même de la place à notre propre jugement. Une écriture fluide et imaginative. Simple mais efficace.
Autre lecture
A Sheridan, personnalité et émotions de chacun sont exposées grâce à un collien. Sa couleur, ses reflets et ses bords permettent de lire en chacun, ce qui est censé pacifier la société. En réalité, le brun n’est jamais visible, associé à la tyrannie, il a disparu de ce pays. Lorsque le collier d’Ouro commence à prendre des teintes brunes et lui enchaîner les crises de colère, la vie de sa famille s’arrête... Est-il possible de le sauver ?
Juliaca et Sofia, ses deux sœurs aux caractères opposés, vont tenter de l’aider. Mais pour cela il leur faut traverser la frontière et apprendre à porter un autre regard sur la différence, chasser les ombres qu’on porte en soi...
Un roman d’apprentissage où chaque personnage évolue. A la recherche de leur identité, celle que le collien ne suffit pas à révéler, ils vont devoir surmonter des épreuves, et en premier affronter leurs préjugés...
L’histoire est originale et elle amène à ne pas poser d’étiquettes sur les gens, à leur permettre d’être eux-mêmes mais aussi de leur laisser la chance d’évoluer, de transformer leurs faiblesses en points forts. Une jolie fable.
« Comment condamner d’aussi jeunes vies alors qu’elles sont pleines de promesses ? Il est de notre devoir de les éduquer. C’est plus difficile que de les enfermer, mais tellement plus beau. »

A partir de 13 ans

coup de coeur Mon américain / J.-P. Nozière. - Nathan

Marina n’en revient pas. Le nouvel élève s’intéresse à elle. Son parcours est étonnant : il dit venir de Los Angeles, avoir un père qui travaille pour l’ambassade et une mère écrivain. Que fait-il là alors dans ce Collège à mauvaise réputation ? Mais le vernis qui recouvre Jérémie se fend progressivement, révélant une toute autre vérité...
Un roman sur le clivage entre l’être et le paraître. C’est en quelque sorte une initiation pour Marina qui doit apprendre à regarder autrement le garçon qui lui plait. Mais la conclusion est déroutante voire dérangeante avec au centre le couple mère-enfant. Reste la qualité d’écriture de ce grand auteur et la perspective de nombreux débats sur cette étrange fin.
« Il ment. ça se voit comme le nez au milieu de la figure. Sa voix sonne faux. J’ignore quel est ce mensonge, même si je sens qu’il n’a aucune envie non plus que j’aille chez lui. Je m’en moque. Qu’il habite le 25 ou le 52, un immeuble ou une maison, quelle importance à côté de ce formidable aveux : "Tu me troublais". »

coup de coeur La musique, c’est toute ma vie (L’amour, très peu pour moi) / J. Bloss. - Bayard. - (Sublime idylle). 2014

Ellie est obsédée par la fanfare ; chef de section des trompettistes, elle exige de la part de ses musiciens une discipline très sévère. Pas question d’un faux pas sous ses ordres, pas question non plus d’exécuter son solo autrement qu’à la perfection. Mais Connors est arrivé et tout s’est déréglé. Connors est « canon », Connors est « sexy » et les remparts qu’Ellie s’est construits depuis des années, suite à une expérience humiliante qui fit les choux gras de tout l’établissement, faiblissent dangereusement. Se laissera-t-elle finalement aller à l’amour ? Pour entendre les quolibets dans les couloirs : une terminale sort avec un élève de seconde ?!?
« J’ai la trouille, me suis-je avoué. Je meurs de trouille de ne pas être celle que j’ai toujours cru être. Et je m’accroche comme une folle à cette vieille image devant les autres, incapable d’affronter leurs regards. » Ellie chemine, aux côtés d’un Connors patient et très mature, et entourée de ses amis non moins exemplaires. Et la jeune fille égoïste et un brin psychorigide devient tout doucement sympathique.
Lecture légère et plaisante d’un titre de la nouvelle collection de Bayard, Sublime idylle, qui entend « faire battre le cœur des jeunes lectrices » avec ses « romans d’amour pour les plus de 11 ans. »
Autre lecture
Après une expérience amère et humiliante, Ellie, 17 ans, tire un trait sur l’amour et consacre tout son temps à sa passion : la musique. Obsédée par la fanfare, elle s’entête à repousser les gens autour d’elle, et refuse tout d’abord l’amour du beau et sensible Connor - qui pourtant fait battre son cœur - et ira jusqu’à être odieuse avec lui et trahir sa confiance. Comment peut-elle concilier amour et musique alors que ce jeune homme lui fait rater le solo de trompette qu’elle prépare depuis des mois ? Mais alors qu’elle se rapproche de plus en plus de Connor, voilà que son ancien amour de collège refait surface...
Ce roman nous plonge au cœur des bouleversements sentimentaux adolescents, explore les difficultés à aimer l’autre. Cette jeune fille, caractérielle, dominante et quelque peu brute, porte cependant le masque d’une grande sensibilité, d’un besoin d’amour et de reconnaissance évidents.

coup de coeur Entre les deux mon coeur / N. Brun-Cosme. - Ecole des loisirs. - (Théâtre). 2013

Courte pièce de théâtre. Deux jumeaux tous les deux amoureux de leur amie d’enfance sont consternés par l’incapacité de celle-ci à les distinguer. Mais à ce jeu de colin-maillard enfantin fait écho peu à peu un drame qui lui concerne les adultes...
Une pièce à double lecture où le pardon et l’amour tentent de se concilier. Qu’est-ce qu’aimer ? Qui aime ton ? Peut-on se tromper ? Une pièce sur l’errance et l’espoir, sur le balancement de la vie. Mais pour qui est écrit le livre ?
« Ils disent que je me trompe. Ils disent que Théo, c’est Tom. Mais moi je sais bien que c’est Théo. Quand on a joué à colin-maillard avec le grand foulard jaune de ma mère, quand j’ai posé mes mains sur son visage, je savais bien que c’était le visage de Théo. »

coup de coeur Les partials / D. Wells. - Albin Michel. - (Wiz)

2076, Kira vit dans un monde post-apocalyptique ou du moins ce qu’il en reste. Les seuls survivants humains vivent à Long Island et ne sont plus que quelques milliers. Ils sont entourés par des humanoïdes, les Partials. Conçus par les humains, ils ont fini par se retourner contre eux et gagner la guerre. Mais un mystérieux virus sévit chez les humains et aucun bébé ne survit plus de quelques jours. Kira, jeune chercheuse en médecine, va essayer de trouver un vaccin, quitte à aller en territoire ennemi pour faire des analyses sur les Partials.
Un bon livre qui a le mérite de poser la question de l’humanité et de son rapport aux machines et à ses propres créations. A rapprocher de la série TV Battlestar Galactica.
Autre lecture
L’humanité se meurt faute de nouveaux enfants alors même qu’une loi oblige toutes les jeunes filles à partir de 18 ans à tomber enceinte. Mais tous les nouveaux nés décèdent rapidement après leur naissance, emportés par un virus. Les partials, des êtres crées en laboratoire auraient importé ce virus après leur guerre avec les hommes. Kira, jeune médecin intrépide décide de partir en territoire Partials pour en ramener du sang. Que va-t-elle découvrir ?
Une bonne dystopie avec pour socle une enquête médicale. Un roman facile à lire avec des personnages simples et beaucoup d’action. L’histoire médicale permet d’accorder une certaine originalité au récit. Ce premier tome comporte une fin même si la destinée de Kira reste ouverte.
« Il esquive le contrôle d’identité et me tend le pistolet. Il est forcément dans notre camp. Mais qu’est-ce qu’il attend pour agir ? Les autres militaires les observaient toujours, suspendus à sa décision. Qui est avec nous ? Qu’est-ce que je dois faire ? Devant elle, le sergent n’avait plus de raisons de se tenir de profil. Il me donne le choix, comprit-elle soudain. »

coup de coeur Un lézard amoureux / A. Cousseau. - Rouergue. - (DoAdo). 2013

Prosaïquement récit d’une "première fois", Un lézard amoureux est beaucoup plus que cela. Il évoque par petites touches très sensibles et poétiques la belle relation d’un fils avec son père, une amitié qui rien ne pourrait venir ternir, la découverte de la mort, la peur de dire l’amour...
Aucun évènement extraordinaire dans ce roman mais une façon de voir et de vivre les choses en profondeur qui leur donne un sens tout particulier. Et l’on se laisse bercer par la douceur qui se dégage des êtres et par l’écriture concise et puissamment évocatrice.

coup de coeur Ma vie extraordinaire / Johan Unenge. - Bayard, 2013

Morne vie que celle de Mattias. L’école, les jeux vidéo, les parents. A l’infini. Avec quelques variantes : la sortie de la dernière version de Mortal Kombat, les immigrés qui se sont échappés de leur centre d’accueil et la chasse à l’homme qui s’organise, le match de basket d’Hellevik qui gagne toujours depuis que Yosseff est dans l’équipe... Le seul évènement notable aux yeux de Mattias est l’arrivée d’Alva. Alors qu’importe toute cette agitation aux relents racistes. Mais peut-on faire abstraction très longtemps d’une réalité toujours plus nauséabonde ? Et lorsqu’un des jeunes immigrés sonne à sa porte ?
Texte et encarts de BD alternent pour installer une ambiance poisseuse. Le narrateur ne veut pas se positionner, les parents sont maintenus dans une ambiguïté malgré quelques réactions plus affirmées, tout est fait pour que le lecteur reste maître de son jugement. Comment réagirions-nous face à la haine populaire ? Comment se positionner sur des enjeux de société ?
Un texte suédois troublant, intelligent dans son approche, qui incitera le lecteur à réfléchir.

A partir de 12 ans

coup de coeur Irena Sendlerowa, des papiers pour mémoire / I. Wlodarczyk. - Oskar. - (Les justes). 2013

Parcours d’un juste. Le récit raconte comment 2500 enfants juifs ont pu être sauvés du ghetto de Varsovie grâce à un réseau de personnes qui ont risqué leur vie pour protéger des innocents. Nous suivons Irena de sa venue dans le ghetto pour venir chercher Anna à la fin de la guerre.
Le texte très court, 70 pages, est complet et bouleversant. Il rappelle, que "Quiconque sauve une vie sauve l’univers tout entier". La simplicité de la narration permet de la rendre accessible au plus grand nombre. La sobriété renforce la puissance des mots. Un livre pour ne jamais oublier.
« De quel droit m’as-tu enlevée à ceux que j’aime ? Pourquoi me forces-tu à vivre, alors que je me suis habituée à l’idée de mourir, depuis des mois. Que sais-tu de ce qui est mieux pour moi ?Je ne redoute pas l’Umshlagplatz ! Je sais bien que les hommes n’y partent pas en vacances et que la confiture et le pain que les Allemands nous donnent ne sont qu’un maigre appât pour nous mener à l’abattoir. J’ai compris tout cela. J’observe les gens, j’écoute les conversations des adultes crédules, je colle mon oreille aux murs et j’entends les murmures dans la nuit. Je sais ce qui nous attend. »

coup de coeur Cœurs brisés, Têtes coupées / R. Schneider. - Gallimard. 2013

Suite à un grave accident de voiture, Ezra voit sa vie chamboulée. Il passe de champion de tennis et héros du lycée à handicapé. Le récit recouvre son année de Terminale et les changements inéluctables. Si ses amis sportifs essayent de l’intégrer à nouveau c’est évidemment avec un rôle différent, diminué. Ezra décide alors de se retourner vers son ami d’enfance, peu populaire et responsable du groupe de débat. Ce virage à 180° coïncide avec l’arrivée dans sa classe de Cassidy, une fille au passé trouble qui l’attire peu à peu... Comment se reconstruire lorsque tous vos rêves s’écroulent ?
Un roman intéressant sur la découverte de soi et de ses limites. L’auteur instaure un jeu du chat et de la souris entre les deux héros qui accroche le lecteur. Le mystère Cassidy se révèle peu à peu, éclairant d’une autre manière le livre. Mais il est avant tout question de mieux se connaître pour se réaliser, seul. Entre solitude et popularité, Ezra souffre et évolue, offrant au lecteur un héros en définitive optimiste. Un univers très ancré dans les valeurs américaines et un système scolaire assez différent avec l’incontournable bal de fin d’année. Un roman à découvrir.
« Voulait-elle vraiment que je le dise à voix haute ? Que je lui explique que je ne me sentais plus à ma place parmi eux, comme s’ils recherchaient uniquement ma compagnie par pitié ? Qu’ils m’avaient abandonné pendant que j’étais à l’hôpital ? Qu’elle m’avait trompé le soir de l’accident et que la tenais pour un tout petit peu responsable de ce qui m’était arrivé ? »

coup de coeur Sophie et la princesse des loups / C. Constable. - Gallimard

Dans un pensionnat pour jeune fille, à Londres, trois amies adolescentes, dont l’une, Sophie, est orpheline. La nuit, elle fait des rêves étranges, de grandes étendues de neige où virevoltent de magnifiques loups blanc. Par un curieux hasard, Sophie et ses amies partent pour un voyage scolaire en Russie. Mais le programme prévu n’est pas suivi et les voilà entrainées, malgré elles, par un personnage fort et bienveillant. Il les conduit au cœur de la forêt, dans un palais somptueux où une princesse les attend. Pourquoi ? La réalité est remplie de mystère et de secrets. Qui est vraiment Sophie et quel est son destin ?
Un conte magique et enivrant. Une Russie extraordinaire au cœur d’une légende pailletée de neige et de loups blancs.
Autre lecture
Sophie, orpheline pauvre, va par miracle partir avec son école à Saint-Pétersbourg. Elle pense réaliser ainsi un rêve d’enfance qui la lie à son père et aux histoires qu’il lui racontait. Mais très vite Sophie et ses amies sont enlevées et amenées dans un palais digne d’un conte de fée pour être accueillies par la princesse Volkonski. Derrière le décor fabuleux, des fissures commencent à se faire jour : le palais est en réalité à l’abandon et le comportement de la princesse déroutant... Que cherche-t-elle et pourquoi a-t-elle tenu à rencontrer Sophie ?
Ce conte merveilleux, bien écrit, nous porte dans un monde féérique qui se fêle peu à peu pour amener l’héroïne à devenir maître de son destin. Un bon moment de lecture par les paysages et les décors qui nous sont offerts et par le côté traditionnel de l’intrigue, entre Princesse Sarah et conte Russe. Niveau Collège.
« C’était l’hiver. Il neigeait. Une petite fille était perdue dans les bois. Et il y avait...(Sophie sentit la peur lui comprimer la poitrine)... un loup... La main de son père s’échappa de la sienne.
- Ne me quitte pas ! Mais il n’était pas là. La tristesse et le peur, mêlées aux flocons, recouvrirent tout.
 »

coup de coeur Confessions d’un apprenti gangster / A. Cendres. - Sarbacane. 2013

Un fils de gangster est-il destiné à être gangster ? En quelques 90 pages, le narrateur raconte son enfance et les visites à Fleury ; les premières tentations d’une vie de gangster ; la raison, un temps, pour mieux retourner à ses errances... Et enfin, la découverte de la trahison et la vengeance chevillée au cœur. Jusqu’au coup qui tourne mal : ses complices n’ont rien trouvé de mieux que de kidnapper la fille du commissaire, son amie d’enfance qui plus est…
Un héros qui compose avec le poids d’une famille atypique et se débat contre les injustices de la vie, afin de trouver son propre chemin, loin de toute influence, si ce n’est peut-être celle de l’amour ?
Autre lecture
Fils d’un truand célèbre, un jeune garçon est persuadé de devoir lui aussi finir mal. Reconnu par une jeune fille kidnappée, il se voit sommé de raconter son parcours. Et c’est à partir de fragments de vie, parfois comiques avec notamment la galerie des oncles, parfois poétiques avec par exemple une belle scène père fils à la mer, que l’action avance, que les morceaux du puzzle se mettent en place, renforçant ainsi la dimension policière du livre.
Comment a-t-il pu se retrouver dans cette situation pour le moins rocambolesque ? Et surtout trouvera-t-il une issue ?
Récit court et décalé de la vie d’un fils de gangster, on découvre un monde, on rit, et l’intrigue progresse efficacement. Un livre agréable et facile à lire qui m’a très agréablement surpris !
« Pour me garder après l’école, on pouvait compter sur mes oncles, et j’en avais plein. Des grands, des petits, des gros, des tout maigres et même un Noir ! Mes oncles étaient vraiment gentils avec moi, à les entendre répéter qu’ils étaient les "frères" de mon père, moi je croyais que c’était pour de vrai... Jusqu’au jour où la maîtresse nous a demandé de faire un dessin de notre famille. J’ai représenté ma mère entourée d’hommes, et quand la directrice, alertée, m’a demandé qui étaient tous ces gens, j’ai répondu :
- Mes oncles, les frères de mon père.
 »

coup de coeur Les yeux de Lisa / K. Reysset. - Ecole des loisirs. - (Medium)

Manon est aimantée par Lisa, qu’elle a d’abord cru garçon, avant de la découvrir jeune fille, sauvage, abrupte, attachante. Elle se démène pour offrir à son amie, qui vit en foyer, des vacances au bord de la mer. Virée qui se termine finalement à 4, puis à 3 et qui tourne au cauchemar. Les 3 jeunes filles, mineures et livrées à elles-mêmes, sont victimes d’une agression. « Violence inattendue, fulgurante », à laquelle s’ajoute ensuite la douleur pour Manon d’apprendre la vérité sur le passé de Lisa. Comment assimiler ces violences lorsqu’on est habitué au confort douillet des familles aimantes et du quotidien confortable ? Comment ne pas se laisser submerger par la peur ? « Je suis ressortie de cette expérience désenchantée, sonnée, grandie. Plus une adolescent, pas encore une adulte. » Mais la blessure de Manon ne sera cicatrisée que lorsque Lisa lui fera part, plus tard, de sa propre résilience.
L’écriture de Karine Reysset nous approche au plus près de l’intimité de son personnage qui rend tangible ses désirs, son malaise, sa mélancolie et enfin sa force retrouvée. Une lecture bouleversante et néanmoins réconfortante.
Autre lecture
Manon vit une amitié particulière avec Lisa, jeune fille vivant en foyer, au passé sombre et mystérieux. Elle décide de l’amener en vacances au bord de la mer avec deux autres copines. Mais là, rien ne va se passer comme prévu. Les événements s’enchaînent jusqu’à ce que le groupe frôle la tragédie. Seule solution ? Rester souder ! Mais des fêlures apparaissent...
Ce roman amène des personnages de milieux sociaux très éloignés à se côtoyer. Or c’est la solidarité et l’acceptation de l’autre dans ses différences qui va permettre de survivre. Un livre d’espoir qui aborde en filigrane d’autres thèmes comme l’homosexualité ou encore le poids de l’hérédité...
« Comment vivre avec ce secret ? Comment se regarder après ça ? Je devais rester la même. Ne surtout pas éprouver de pitié, si c’était ce qu’elle redoutait, mais de la colère, un sentiment profond d’injustice, d’impuissance aussi. J’avais un goût amer dans la bouche. Un goût de sang et de cendres »

coup de coeur Le grillon, récit d’un enfant pirate / T. Koëgel. - Didier. 2013

Le grillon n’a jamais connu que l’horizon de la mer. Des pirates modernes ont un jour assassiné ses parents, lui ont laissé la vie sauve et l’ont élevé dans l’esprit des abordages et prises d’otages. Auprès de Samatar, figure tutélaire, et surtout immergé dans un monde imaginaire très fort, il trouve un certain équilibre qui s’apparente à un cocon. Lorsqu’il doit accoster, l’expérience avec le reste du monde se fait dans une violence moins codifiée pour lui. Entre la découverte de la corruption et les personnes bienveillantes (surtout féminines), le grillon, devenu Mostéfa, fait l’apprentissage du monde et de sa complexité. A lui de trouver une issue…
Univers très fort, à part dans le paysage de la littérature jeunesse (qui n’est pas sans rappeler Bandit de Marcus Malte). L’imagination de ce jeune personnage construit des remparts contre la violence du monde et propose une vision de la vie d’une grande poésie.

coup de coeur Traversée / E. Savasta. - Ecole des loisirs. - (Théâtre)

Un magnifique texte théâtral, qui soulève chez le lecteur une vague d’émotions intenses. Une écriture sobre et puissante. Les deux héroïnes, dont l’une est sourde et s’exprime en langue des signes, sont unies par un lien très fort et rien ne semble pouvoir les séparer. Mais elles vivent dans un pays totalitaire où les femmes ont un avenir tout tracé. Youmna transmet sa force à Nour et elle lui permettra d’échapper à la condition à laquelle son avenir de femme sourde et soumise semblait la destiner.
Autre lecture
Pièce de théâtre en trois actes. Nour vit avec Youmna qui est sourde. Elle l’élève comme sa fille, à l’aide d’un fort rituel quotidien, jusqu’au jour où la mère naturelle de Nour la réclame. La seconde partie de l’histoire est consacrée au voyage, à la traversée vers un ailleurs. Enfin c’est l’arrivée et la nécessaire reconstruction avec comme clé la petite boîte que Nour ne doit ouvrir que lorsqu’elle sera femme...
L’écriture poétique, remplie de monologues, est belle et envoûtante. L’histoire est forte. Elle interroge sur ce qui fait une mère et les renoncements qu’elle implique. La fin, surprenante, éclaire différemment tout le récit. Un beau texte.
« Je suis comme un colis qu’on déplace d’un endroit à un autre. On demande rarement à un colis son avis sur la situation. Je ne peux pas voir le paysage. J’ai chaud. Je crève de soif au milieu de ces fruits pleins d’eau. Celle que je vais rejoindre a dû s’imaginer que je voyagerais comme une princesse. La vérité c’est que je voyage comme une pastèque. »

coup de coeur Effacée / T. Terry. - La Martinière. 2013

Kyla est une effacée, une parmi tant de jeunes de moins de 16 ans qui ont fait du tord à la société ou à eux-mêmes. Leur punition ou traitement est une seconde chance : plus de passé, plus de souvenirs. Ils sont comme réinitialisés pour mener une nouvelle vie, auprès d’une nouvelle famille, qui peut les "retourner" en cas d’incompatibilité. Le nivo, à leur bras, est le garant de leur état émotionnel : s’ils se laissent allés à de trop fortes émotions - à la violence a fortiori-, le nivo les déconnecte, peut même provoquer leur mort. Les anciens criminels ne représentent ainsi plus aucun danger.
Mais pourquoi Kyla a-t-elle tant de flashs, comme des réminiscences d’un passé ? Et pourquoi tant de personnes, autour d’elle, disparaissent ? Auprès de qui peut-elle se tourner pour élucider tous ces mystères ?
Une quête d’identité, et en creux une réflexion sur la justice des mineurs, pour un roman haletant, grâce à l’écriture qui suit au plus près les doutes, questionnements, vertiges et réflexions de la narratrice, héroïne à la sensibilité exacerbée et dotée d’une force de caractère inaltérable. Vite le tome 2 !
Autre lecture
Kyla est une effacée. Mais contrairement aux autres jeunes à qui on a enlevé la mémoire pour leur offrir une seconde chance, elle cherche à comprendre qui elle est. Sa famille, son école, son médecin, chacun essaye de lui apporter des avertissements et des conseils. Seulement Kyla tout en s’adaptant peu à peu à cette nouvelle vie, voit ressurgir en elle des fragments de son passé sous la forme de cauchemars… Les faits troublants s’enchaînent, des jeunes disparaissent autour d’elle, certains adultes semblent vouloir la protéger alors que d’autres la menacent directement… Peut-on réellement renaître et à quel prix ?
Une dystopie intéressante car tous les personnages sont troubles et comme emprisonnés par la société, ses règles et ses non-dits. Malheureusement, bien que rien ne l’indique, il doit s’agir d’un premier tome car la fin est tout à la fois ouverte et déconcertante. Nous avons peu de réponses aux interrogations de l’héroïne. Si le ciel s’assombrit pour elle, c’est comme pour mieux révéler la naissance de sa conscience. A tenter.
« Mon Nivo vibre.
4,4.
Phoebe a un sourire satisfait.
La vibration s’accentue : 4,2.
Phoebe lève la main.
- Monsieur ? Je crois que la nouvelle élève va exploser...
Tout le monde glousse. Tout le monde me regarde.
3,9...
 »

coup de coeur Une fille vraiment bien / K. Cohen Hoffmann. - Bayard. - (Millézime). 2013

Lindsey n’en peut plus d’être parfaite en toutes circonstances. Ambassadrice à l’école avec d’excellents résultats, soutien sans faille à la maison où elle assure toutes les tâches pour épargner son père et pacifie les relations conflictuelles entre lui et sa sœur cadette, amie modèle même lorsqu’elle voudrait s’opposer, Lindsey sent se fissurer en elle ce modèle de perfection qu’elle affiche depuis la mort de son frère et le départ de sa mère. Et l’idée, le besoin, lui vient de voler un peu. Puis beaucoup plus… L’écriture n’est pas des plus fluides mais le sujet est intéressant : une jeune fille qui croit pouvoir colmater toutes les souffrances qui l’entourent jusqu’à s’oublier, va découvrir que l’on peut oser être soi-même, avec ses imperfections et ses désirs, sans que le monde ne s’écroule.
Autre lecture
Lindsey, 15 ans, est à la fois une élève et une fille modèle. Seulement ce rôle devient trop difficile à tenir et la réalité trop compliquée à supporter : un grand frère décédé à son âge, une mère partie reconstruire sa vie très loin, un père démissionnaire et une jeune sœur rebelle. C’est alors que surgit Kyle qui a tout du mauvais garçon et s’affirme comme tel... La rencontre sera explosive !
Un livre sur le deuil et la trop lourde responsabilité qui est laissée à la fratrie restante. Lindsey hurle si fort à l’intérieur que sa carapace ne peut que se fendiller en attendant l’implosion. Un passage fort : les vacances des deux sœurs chez leur mère. Il ne s’y passe rien et c’est bien ce qui est terrible ! On voit aussi en parallèle de l’intrigue principale, le nécessaire détachement des relations néfastes. Car il faut avant tout que notre héroïne accepte de ne pas être aimée par tous tout le temps... Une histoire jolie et très positive en définitive.
« Je glissai le gloss dans la poche de ma veste. Mon geste ne dura qu’une seconde, mais j’eus soudain l’impression que tout se déroulait au ralenti. Je sentis le velours de ma veste contre mes doigts, puis l’intérieur soyeux de ma poche. Je jetai un coup d’œil à la camera de surveillance dans un coin du plafond, puis retirai ma main. Alors, tout sembla se remettre en mouvement autour de moi. »

coup de coeur L’ apprenti pilleur de tombes / A. Stratton. - Bayard. 2013

Hans, naufragé lorsqu’il était tout petit, a été élevé par un pilleur de tombe, est destiné à lui succéder. Rien ne l’effraie davantage...
Angela, toute jeune princesse, est assez seule et trouve refuge dans les pièces de marionnettes qu’elle créé. A l’aube de ses 13 ans, elle découvre que l’archiduc Arnulf veut l’épouser, puis la tuer après avoir récupéré sa dot.
Le destin des 2 enfants se mêlera dans une aventure aux nombreux rebondissements. La vie d’Angela et de ses parents est en danger, Hans va découvrir sa véritable identité… Dans l’entraide, ils vont surtout découvrir le cruel théâtre de la vie dont on survit grâce à la magie de l’imagination. « Ceux qui contrôlent les histoires contrôlent le monde. » En tant que « guerriers de l’imagination », ils devront faire preuve d’inventivité et de créativité pour affronter les ennemis cruels, machiavéliques et sans scrupules qui les poursuivent.
Une ambiance à la Tim Burton, où le macabre côtoie l’aventure, l’humour, la solidarité, sans un répit : les chapitres, courts, se suivent de manière efficace sans temps mort.
Autre lecture
Conte "noir" qui propose des ours dressés, un ermite, un enfant trouvé, une princesse et ses parents et bien sûr plein de méchants avec une mention particulière aux charançons !
Angela doit épouser l’archiduc Arnulf qui tel Barbe Bleue, fait disparaitre ses femmes aussi vite qu’il les épouse. Hans essaye d’échapper au métier de pilleur de tombe que tente de lui imposer son père adoptif. Ces deux fuyards vont devoir s’unir afin d’échapper à leur sort et remettre le conte à l’endroit.

Autre lecture : Un jour, alors que Gaspard, un pilleur de tombe finit de soulager les morts de leurs bijoux, il trouve un coffre dans lequel un enfant est enfermé. Il le prend et le nomme Hans qui est alors destiné à suivre la voie de son père adoptif. Mais le jeune homme aspire à une autre vie que de fouiller la terre pour découvrir des cadavres tous plus hideux les uns que les autres. Il décide de fuir et va rencontrer la princesse Angela avec qui il va affronter le Nécromancien et Arnulf l’Archiduc. Avec le Roi Loup et sa meute, les Pandolinis et Pierre l’ermite, les enfants vont vivre beaucoup d’aventures.

J’ai bien aimé ce livre, il y a du suspens, de l’action et plein de rebondissements !

Iris 5ème

coup de coeur A comme aujourd’hui / D. Levithan. - Les grandes personnes. 2013

A se réveille chaque matin dans un corps différent : une fille, un garçon, pauvre, riche, malade, toxicomane, un premier de la classe ou la fille la plus connue du lycée.... A est un esprit qui voyage d’existence en existence. Un jour, il se retrouve dans le corps de Justin, petit ami de Rhiannon et il en tombe amoureux alors qu’il s’est imposé comme règle de ne pas intervenir dans la vie des corps qu’il « emprunte ». Désormais il fera tout pour la retrouver chaque jour même si c’est dans un corps différent.
Un bon livre, original, bien construit avec des personnages attachants et complexes.
Autre lecture
Chaque jour, le héros de ce livre se réveille dans la peau d’une personne de son âge, 16 ans en ce début de roman. Il s’est nommé A, « une manière de préserver mon intégrité tout en passant d’un corps à un autre, d’une vie à une autre. J’avais besoin de quelque chose de pur. Alors j’ai choisi la lettre A » Il a grandi sans autres repères que ceux qu’il se construit en lui-même, navigant d’une enveloppe corporelle à l’autre sans comprendre les enjeux d’une telle particularité. A s’est toujours arrangé pour ne pas perturber la vie de ses hôtes mais en ce jour 5994, il rencontre Rhiannon et tout vole en éclat. Avec Rhiannon il découvre l’amour, il entrevoit la fin d’une solitude qui ne lui pesait pas jusqu’alors. Mais comment vivre l’amour lorsqu’on ne possède pas de corps, qu’on se retrouve chaque jour dans un lieu différent et surtout qu’il faut convaincre l’être aimé d’une situation aussi in-croyable.
« Je veux retourner auprès d’elle. Revivre la journée d’hier. Je n’ai droit qu’à demain. »
Un roman passionnant sur l’identité. Quelle part notre enveloppe extérieure représente-t-elle dans ce que nous sommes ? Rhiannon aime-t-elle A de la même manière lorsqu’il est fille, garçon, beau gosse, obèse… ? A lui-même se sent-il garçon ou fille ? Comment a-t-il pu se construire dans cette inconstance, avec pour seule balise une adresse mail ? La diversité de ses expériences lui donne une grande connaissance de l’âme, il a pu accéder à l’universel mais le sentiment d’appartenance lui est étranger. Et l’on comprend l’attachement qu’il éprouve pour Rhiannon qui enfin lui donne une existence propre. Toute la question qui tient le lecteur en haleine sera dès lors : quelle solution trouvera A pour permettre à cet amour de perdurer ?

coup de coeur Le banc / S. Kao. - Syros. - (Tempo). 2013

Alex bol de riz, Alex tronche de nem, tels sont les inscriptions qu’Alex peut lire sur le banc où il déjeune. Sybille se propose de l’aider à découvrir qui peut inscrire ces messages aussi pauvres qu’imbéciles.
Au-delà de la petite intrigue policière, c’est la vie d’Alex que l’on découvre : ses parents taïwanais ont émigré en France mais son père n’a jamais réussi à s’intégrer, a préféré repartir, espaçant de plus en plus ses visites en France. Alex doit composer avec cette incertitude (son père n’est plus venu depuis si longtemps), avec les ragôts des voisins compatriotes qui comprennent mal cette situation, et maintenant avec les préjugés de ses camarades de classes qui s’expriment sournoisement.
A l’âge où l’identité est en construction, cette problématique de l’immigration rajoute au trouble du jeune homme. Mais entouré d’une mère aux petits soins, d’amis fidèles, Alex surmontera tout cela sans grandes blessures.
Roman pour jeunes (8-12 ans) bien senti sur le thème.

coup de coeur Ma vie toute pourrie / J. Smith. - Nathan

La vie toute pourrie de Sam, 13 ans : une meilleure amie partie vivre en Écosse, un look de gamine, une propension aux fous-rires qui la classe dans les immatures, une vie amoureuse non existante, une mère qui ne supporte plus de passer inaperçue chez elle et part sans sommation en croisière. Une "sans amis" en somme… Pas terrible comme constat pour une adolescente. Mais l’horizon s’éclaircit lorsque Cat, son amie d’enfance perdue de vue, revient dans son collège, ainsi qu’un nouveau venu qui ne lui est pas indifférent...
Sam, à coup de listes de Plus et de Moins, d’échanges internet avec son amie exilée, de messages sur Facebook, partage avec le lecteur son quotidien et son évolution : désormais beaucoup plus seule, elle cherche sa voie et questionne son identité.
Un bon moment de lecture d’été facile à lire, avec cette héroïne pétillante, gaffeuse et douée d’auto-dérision qui quitte l’enfance et découvre les subtilités de l’amour, autour d’elle et par elle-même…
Autre lecture
Sam perd en même temps sa meilleure amie qui déménage, et sa mère qui excédée par le manque de considération de son époux, part en croisière. C’est alors qu’arrive un nouvel élève sur lequel Sam flashe. Tous ces changements amènent notre héroïne à souhaiter changer d’apparence et d’attitude. Mais comment réussir sa vie autrement qu’en restant soi-même ?
Roman journal émaillé de mails, de listes et de réflexions principalement sur la famille, l’amitié et les sentiments. Un livre léger dont la morale simple et positive, sois toi-même, ne peux qu’aider à passer un bon moment de lecture. « _ - La vie est tellement bizarre, ai-je répondu.
- Alors là, pas du tout, a dit Darcie avec son réalisme habituel. Elle est parfaitement logique. Tout est gouverné par la loi de cause à effet. J’ai réfléchi à sa théorie en essayant de l’appliquer à ma situation.
Cause : jour de rentrée sans Gemma.
Effet : crise grave.
Cause : un nouveau trop craquant me fait un sourire génial en cours d’histoire.
Effet : je flashe à mort pour la première fois.
Cause : Cat débarque au Collège alors que je ne l’avais pas vue depuis six ans.
Effet : Étonnée et contente. »

coup de coeur Le journal de Ruby Oliver, Tome 1 : l’amour avec un grand Z / E. Lockhart. - Casterman. 2013

Son petit ami l’a quittée, ses amies ne lui parlent plus, Ruby cumule les mauvaises expériences et, assaillie par des crises d’angoisse, n’arrive plus à faire face. Ses parents l’envoie parler au docteur Z qui l’aide à mettre au jour ses mécanismes de répétition. Entre son père qui lui dit toujours de pardonner et sa mère qui l’incite à libérer sa colère, Ruby peine à être en accord avec ses sentiments, qu’elle met en sourdine. Séance après séance, chapitre après chapitre, dans une chronologie éclatée, Ruby revient sur ses relations avec les garçons…
La narratrice abuse des notes de bas de page, longues et nombreuses mais finit par s’attacher ses lecteurs, curieux de découvrir avec elle pourquoi elle semble si malchanceuse en amour. Rassurés aussi de la voir prendre prise sur son destin.
Autre lecture
Ruby est une jeune fille de quinze ans. Elle vient d’être abandonnée par son petit ami au profit d’une de ses meilleures copines. Victime de crises d’angoisse, elle est amenée à consulter un psy qui lui conseille de faire la liste de tous les petits amis qu’elle a eue. Mais à travers ses différents récits et aventures, l’héroïne va peu à peu dresser un portrait d’elle-même.
Si au départ, Ruby est agaçante, la progression de l’intrigue va lui donner de la densité et du caractère. Elle finit, au fur et à mesure de ses confessions, par devenir vraiment émouvante et attachante. Au final, un premier tome réussit avec des thèmes assez divers qui sont abordés comme la fidélité, l’amitié ou encore les premiers amours. Un "discours" vrai et tout en nuances, à lire jusqu’au bout !
« La liste était une sorte de devoir à faire à la maison destiné à améliorer ma santé mentale. Elle m’a demandé d’y inscrire le nom de tous mes petits amis, espèces de petits amis, quasi petits amis, prétendus petits amis et éventuels petits amis. » 

coup de coeur Bacha Posh / C. Erlih. - Actes Sud. 2013

Farrukh, jeune afghan, a un rêve : emmener son équipe d’aviron aux jeux olympiques. Pas facile quand on habite en Afghanistan, sans moyen et sans entraîneur… Mais grâce à d’anciens contacts de son père, Farrukh réussit l’impossible : obtenir un bateau moderne, avec en prime -et surprise de taille- une entraîneuse femme ! Il faut la faire accepter par l’équipe, entamer sérieusement les entrainements. Mais bientôt, cet obstacle paraît dérisoire face à ce qui se joue pour Farrukh : elle est devenue une femme…
L’histoire fait référence à une tradition afghane des plus étranges pour nous : afin de pallier l’absence d’un fils, une petite fille peut être travestie en homme par sa famille, jusqu’à sa puberté. Alors, elle retrouve son genre originel. Lorsque Farrukh redevient Farrukhzad, elle doit se familiariser avec ce nouveau corps, « embryon de femme, posture d’homme. Corps laid. Corps mensonge. » Farrukhzad doit apprendre le « B.A.-BA de la vie quotidienne », toutes ces tâches réservées aux femmes. Farrukhzad doit renoncer à ses rêves, à sa liberté de mouvement, de décision. Comment se résigner…
Même si les ramifications d’intrigues parallèles paraissent artificielles ou inabouties, même si les rôles de certains personnages sont avortés et laissent une frustration (Maud la française, Sohrab l’ami, la jalousie des sœurs de Farrukhzad...), le roman est passionnant dans les réflexions qu’il amorce, sur l’identité, le genre (l’écriture s’adapte selon que Farukh et fille ou garçon), les traditions, la liberté...

coup de coeur Je porte la culotte / Le jour du slip / A. Percin. - (Boomerang). 2013

Pour la première fois dans cette collection, les deux histoires tête bêche sont racontées par deux auteurs différents. Je porte la culotte, par Thomas Gornet, raconte la stupeur d’un Corentin halluciné de se réveiller fille. Anne Percin dans Le jour du slip explique comment Corinne s’adapte en ce jour où elle est garçon. Différences de caractères, habitudes sociales... tout est à négocier différemment mais finalement, rien de plus simple que de trouver un modus vivendi ! Un récit -un peu rapide- pour une base de débat sur les genres...
Autre lecture
Une journée dans la peau d’un autre. Coco, c’est Corentin qui se réveille dans le corps de Corinne et vice versa. Passé le moment de surprise, il faut affronter les autres élèves dans la cour de récréation mais aussi en cours. Or découvrir les autres avec un nouveau regard, c’est aussi se redécouvrir !
Le thème est propice à la réflexion et l’échange. Mais le lecteur peut rester un peu sur sa faim tant le sujet mériterait un plus ample développement...
« - Mais c’est quoi, ce truc ? Le pipi sort de là comme d’un tuyau d’arrosage. C’est pas compliqué : y en a partout ! Le pire, c’est que ça ne tient même pas tout seul ! Je croyais que c’était comme un parapluie, un zizi : on le sort et hop, on le déplie. Eh ben, en vrai, on est obligé de le tenir avec ses propres doigts ! Au secours ! »

coup de coeur Lune mauve : l’héritière / M. Aznar. - Casterman

Dans La disparue, Séléné apprenait qu’elle devait endosser le rôle de messagère d’Ishtar. Elle qui ne rêve que de retrouver ses préoccupations banales d’adolescente et notamment l’amour de Thomas, ne peut ignorer que des vies sont en jeu. En effet, Edon, usurpateur au pouvoir de Viridan a lâché un Fléau tuant à petit feu les femmes de ce monde. Et Séléné est désignée pour trouver l’antidote. Pour cela, elle doit, avec ses compagnons de mission, convaincre une généticienne terrienne de les aider. Mais peut-elle être sûre, au vu des enjeux, d’en avoir terminé après sa mission ?
Nous retrouvons dans ce tome 2 les personnages du premier volume, en découvrons de nouveaux, notamment le très drôle Rimbaud. L’écriture mêle toujours habilement psychologie des personnages- tiraillés entre leurs faiblesses et leurs devoirs- et monde fantastique où forces obscures et idéaux se livrent bataille.
Autre lecture
Séléné a fait le choix de défendre le peuple de sa mère mais elle souhaite pouvoir au plus vite retrouver sa simple vie d’humaine. Il lui faut pour l’instant, par tous les moyens tenter de sauver l’avenir de Viridan. Mais pour cela, Séléné doit découvrir un remède au virus qui ronge son peuple.
Nous retrouvons une héroïne plus que jamais isolée. Les forces en présence sont difficiles à cerner et la lutte risque d’avoir un prix extrêmement élevé. La compétition entre Séléné et Alexia se poursuit avec Thomas comme ligne de fuite. Les personnages T’sent prennent de l’importance avec la ténébreuse et souffrante Cloé, l’agaçant et séducteur impénitent Dagan et le droit et sérieux Vadim. Le cadre du récit évolue. Il quitte les couloirs du Lycée pour arpenter celui des hôpitaux. L’intrigue continue à se nouer et nous retenons notre souffle...
« - Je redeviendrai comme avant, répliquai-je d’une voix tremblante.
- Avant, tu n’étais rien. Rien qu’une petite fille timorée qui ne s’était jamais remise de la disparition de sa mère. Tu n’étais pas heureuse, tu détestais ton quotidien. A part le musicien, rien ne te retenait. Sinon, pourquoi aurais-tu fait tous ces sacrifices ? »

coup de coeur Souviens-toi / E. Combres. - Gallimard. - (Scripto)

Pendant 15 ans, Joséphine a été la jumelle de Juliette. Puis Armand la lui a enlevée. 65 ans après le drame, Joséphine se confronte à celui qu’elle hait pour lui extorquer la vérité : que s’est-il exactement passé le jour du meurtre de Juliette ? Les points de vue alternent -Joséphine, Armand, puis Juliette à travers son journal- mais l’entrelacs des paroles de chacun est bien loin de mettre à jour une vérité claire. Car la difficulté de chacun des personnages à vivre apaisés avec eux-mêmes est amplifiée par l’ombre qui pèse sur leur passé. Est-on responsable des crimes perpétués par ses ancêtres ? Juliette livre une réponse certaine : « Je déteste ce que je suis en train de devenir, le sombre passé de ma famille et mon avenir bouché. » Joséphine, après une vie entière d’isolement, se résout à faire la lumière sur le trouble du passé. Pour elle, il sera alors enfin temps de vivre…
Un roman magnétique, à l’écriture concise et intime, qui commence dans la hargne, la rancœur et la solitude et ouvre petit à petit ses personnage aux possibles, au crépuscule de leur vie.
Autre lecture
Joséphine, quatre-vingts ans, part à la recherche de son passé, de son histoire. Elle souhaite découvrir les raisons de la mort de sa sœur jumelle à quinze ans, assassinée par son petit-ami. Mais c’est un autre récit qui va apparaître, celui d’un grand-père méconnu, qui aurait embrassé le parti fasciste en Italie pendant la guerre. Les deux fils conducteurs vont rentrer en résonance afin de libérer peu à peu la vieille dame...
Ce roman court sur un impossible deuil nous amène à réfléchir à l’héritage d’un passé enfoui comme possible déclencheur dans le destin tragique de la jeune Juliette. Le thème du secret familial est porté par la voix de la sœur jumelle qui cherche et s’interroge. Toutefois l’ensemble reste très fragmentaire à l’image des souvenirs.
« J’aime Armand et je le hais. Je suis la petite-fille d’un monstre et je suis un monstre. J’ai provoqué Armand, il m’a anéantie. Comment aimer et être aimé ? Je déteste ce que je suis en train de devenir, le sombre passé de ma famille et mon amour bouché »

coup de coeur Meilleur jeune espoir féminin / M.-S. Vermot. - Thierry Magnier

Pourquoi Damienne devrait-elle se contenter d’une réalité qu’elle juge médiocre ? Pourquoi ne pourrait-elle pas s’inventer une nouvelle identité ? Elle serait Isild, logerait chez sa sœur dans une luxueuse villa en bord de mère… C’est toute de même mieux que ce prénom hideux et le statut de fille d’employée de maison ! Mais même le temps d’un été, qu’il est dur de porter deux identités, de jongler avec les mensonges… L’héroïne traverse néanmoins ces imbroglios avec beaucoup d’assurance et finit par établir ses priorités.
Roman court sur l’identité, le mensonge, petit ou grand, partagé par tant de monde…

coup de coeur Plus tard je serai moi / M. Page. - Rouergue. - (DoaDo)

Les parents de Séléna annoncent solennellement à leur fille qu’il serait vraiment dommage qu’elle choisisse une autre voie que celle d’artiste. Séléna entend, est un peu perturbée d’une telle annonce mais ne se doute pas des répercussions sur sa vie. Car ses parents mettent tout en œuvre pour faire d’elle une artiste, dans un acharnement qui frise le ridicule. Bientôt, elle se sent « coupable de ne pas être celle qu’ils voyaient en elle, celle pour qui ils faisaient tant et dépensaient tant d’argent ». Séléna tente d’analyser les raisons d’une telle fixation, réfléchit à ses parents, à son avenir, et se dit qu’ils ont au moins le mérite d’accélérer sa réflexion à propos de ce qu’elle veut faire dans sa vie.
Un récit qui, au nom de la fantaisie ne lésine pas sur l’outrance des situations mais propose au final une réflexion toute en légereté sur l’identité et les choix de vie.

coup de coeur Dark eyes / W. Richter. - Albin Michel. - (Wiz). 2013

« Pour sauver sa peau, elle doit tuer son père ». Wally est à la recherche de sa mère. Jeune fille Russe, elle a été adoptée, très jeune, par un couple d’américain qui a tôt fait de se séparer. Aujourd’hui, Wally entretient des relations difficiles avec sa mère d’adoption, cherche à survivre dans la rue avec un groupe de jeunes qui sont devenus pour elle une seconde famille. Mais ce qu’elle ne sait pas, c’est que son père biologique est aussi à sa recherche... pour la tuer !
Roman d’action et d’aventure, qui ne se préoccupe pas trop d’être crédible et nous amène, d’indice en indice, à lever peu à peu le voile sur l’identité de Wally et son histoire. Un bon thriller.
« L’heure de se quitter est arrivée si vite, et qui sait si nous nous reverrons ? Mais nos cœurs doivent rester unis, et un jour c’est sûr, nous nous... Elle sombra dans le sommeil avant la fin de la chanson. »

coup de coeur Là où je vais / F. Paronuzzi. - Thierry Magnier. 2013

1 heure de classe, 4 personnages qui se partagent les chapitres et autant de chemins qui se dessinent sous nos yeux. Léa « a le cœur en morceaux et brûle de désir pour celle qui l’a mise dans cet état ». Ilyes se sent en marge de ses camarades sauf lorsqu’il joue au club théâtre. Océane a un lourd secret sur le cœur, un de ceux qui emplissent de honte et de dégoût. Clément depuis la mort de sa sœur décroche en cours... Et puis il y a les profs, la CPE, les documentalistes... des figures adultes qui sont globalement attentives aux élèves, les écoutent et les guident.
Des vies qui se déterminent dans les difficultés.
Autre lecture
Quatre lycéens, quatre moments forts où la parole va libérer le champ de possibles. Clément ne se remet pas du décès de sa sœur, Léa est amoureuse de Julie, Océane a subit un viol, llyes est confronté à la souffrance d’un de ses copains... Les récits s’entremêlent et dévoilent, peu à peu, la souffrance mais aussi l’espoir de ces jeunes adolescents.
Le texte est court, difficile. Le seul point commun entre les personnages est le lieu du récit, le lycée. Ce manque d’unité créé un effritement de l’histoire. Le début du livre désoriente le lecteur. Reste quatre témoignages sur la blessure et la résilience. Le message reste très positif, la reconstruction est toujours possible dès lors qu’il y a écoute bienveillante de la part d’un tiers. « _ - Moi...
J’ignore encore ce qui va sortir de ma bouche, mais ce premier mot est celui qui me convient. Car, pour la première fois sans doute, je m’apprête à parler de moi. De mon "vrai moi", pas de la façade que j’ai peiné à construire pendant des années. Je vais dire qui je suis vraiment et la raison pour laquelle je me sens si mal aujourd’hui.
 »

coup de coeur Itawapa / X.-L. Petit. - Ecole des loisirs. 2013

1974, au cœur de la forêt amazonienne. La scène d’ouverture est tendue, dramatique, bouleversante : une « machine à dévorer la forêt » s’attaque aux « arbres ancêtres » sous les yeux effarés et impuissants d’un indien. Effrayé par les phares de la machine inconnue, l’homme tire une flèche qui tuera malencontreusement un des hommes blancs. Les conséquences pour son village seront apocalyptiques.
2010, un village d’Amazonie. Talia s’inquiète de ne pas avoir de nouvelles de sa mère, spécialiste des cultures indiennes et de ces hommes qui « sont le cœur, les racines et la mémoires des hommes ». Elle part à sa recherche avec son grand-père et un policier tombé sous le charme de la belle India. En se rendant à Itawapa, elle est sans le savoir sur les traces de son histoire…
Inquiétude des personnages, atmosphère lourde, chaude, poisseuse de la forêt, parcours semé d’embuches vers la vérité, l’ambiance est rendue de manière très sensorielle, avec des dialogues qui n’excluent pas l’humour. Aussi, si l’histoire est grave, aux résonances malheureusement très actuelles, elle n’est pas dénuée d’espoir…

coup de coeur Graffiti Moon / C. Crowley. - Albin Michel. - (Wiz). 2013

Nous suivons en chapitres alternés Lucy et Ed. La première rêve de rencontrer l’Ombre, celui qui « peint dans la nuit » des fresques si profondes à ses yeux… Le second court après l’argent pour payer le loyer et sa peinture pour graffer sur les murs de la ville. Lucy et Ed sont amenés à passer la nuit ensemble et on ne peut pas dire que l’entente soit immédiate… Outre le fait que Lucy a cassé le nez d’Ed quelques temps auparavant, elle ne lui parle que de cette ombre si talentueuse qui la fait rêver (fantasmer serait plus juste). Hors de question dans ce cas pour Ed de révéler qu’il est bel et bien l’ombre. Son manque de confiance en lui lui intime de se taire quand tout son être le pousse à faire confiance à cette fille qui le comprend si bien.
Le temps d’une nuit pleine d’enjeux, Lucy et Ed s’apprivoisent maladroitement au rythme de discussions autour de l’art et des artistes. Ed arrivera-t-il à intégrer qu’il peut légitimement s’exprimer dans l’art malgré son échec scolaire ?
Autre lecture
Qui est l’Ombre, ce graffeur qui tague les murs de la ville de tableaux qui intriguent Lucie ? En virée avec ses copines, elle part à sa poursuite accompagnée d’un groupe de garçons. Entre mensonges et sentiments, Ed et Lucie, vont-ils finir par se rencontrer vraiment ? Pourquoi l’Ombre cache-t-elle son identité ? Que cherche Lucie à travers cette quête ?
Un très joli roman, agréable à lire, qui se dévore en peu de temps, grâce à son mélange d’humour et d’action ainsi que par l’alternance des chapitres Ed/Lucie. Les personnages sont attachants et les thèmes ne se contentent pas de la romance puisqu’on y évoque aussi l’illettrisme, la poésie, la peinture, la fidélité, l’amitié...
« Si mon penchant pour toi était le public d’un match de foot, il rugirait jusqu’à te rendre sourde. Et si mon penchant pour toi était un boxeur, il y aurait un mort étendu par terre. Et si mon penchant pour toi était en sucre, tu perdrais toutes tes dents avant tes vingt ans. Et si mon penchant pour toi était de l’argent, tu pourrais dépenser sans compter. » Coup de coeur de Marion

coup de coeur Une étoile dans le cœur / L. Atangana. - Rouergue. - (DoAdo). 2013

Depuis le départ de son père « qui ne trouvait pas sa place en France », Damien est assailli de questions, de doutes, paraît égaré dans sa généalogie atypique. Jusqu’à maintenant, il était métis, d’une mère blanche et d’un père congolais. Mais il prend conscience que si sa mère est juive, lui l’est également. Qu’est-ce qu’être juif ? Questionnement d’autant plus problématique quand on n’est pas religieux et qu’on habite dans une cité...
Il faudra se faire au style haché, aux « phrases fracassées. Brisées dans leur élan », comme le dit le narrateur lui-même mais Damien est touchant dans sa volonté de se comprendre, de lutter contre les lois de la cité, d’affirmer son identité avant même de bien intégrer ce qui la constitue.
Autre lecture
Que signifie être black et juif ? Le père de Damien, originaire d’Afrique, vient de fuir la maison faute d’avoir réussi à s’intégrer et à trouver un travail stable en France. A cette occasion Damien apprend qu’il est juif. Dans la banlieue où il vit, la combinaison black et juif passe mal. Si ses amis lui restent fidèles, il ressent une tension en lui et autour de lui. Alors il cherche à comprendre...
Un roman sur l’identité, l’insertion, les racines. Les phrases courtes rendent bien la rage que ressent l’adolescent face à ses blessures généalogiques, ses manques de repères. L’histoire elle-même est celle d’une recherche, avec au bout une lueur d’espoir...
« Papa avait plié sa vie en quatre et l’avait enfoncée dans sa poche. Bien profond. Il s’était tiré. J’en revenais pas. Ca passait pas. »

coup de coeur Le yark / B. Santini ; L. Gapaillard. - Grasset

Le monde n’est plus ce qu’il était ! Il devient de plus en plus difficile de trouver des enfants sains et sages, les seuls qui soient digestes pour le yark, espèce de monstre particulièrement fragile de l’estomac... Galopins et gredins sont légion mais où débusquer des enfants comestibles ? Grâce au père noël bien sûr, qui, avec sa liste d’enfants sages, le conduira à son repas ! Première destination : Charlotte, « excellente écolière, hygiène impeccable, prie Dieu tous les soirs, débarrasse la table. PS. Et en plus, elle trie les ordures ! ». Mais Charlotte la studieuse a également lu le manuel pour se défendre face aux monstres ; Lewis lui réserva une autre mauvaise surprise. Madeleine, quant à elle...
Une langue précise, léchée, et néanmoins délicieusement familière par moments, qui interroge le lecteur en 13 chapitres illustrés : bon ou mauvais, carnivore ou pacifiste, doit-on, fataliste, se résigner à suivre ce que l’on croit être sa nature ?

coup de coeur Aristote in love / A.-G. Balpe. - Rouergue. - (Dacodac)

Lorsqu’il rencontre Mina pour la première fois, Aristote est bien obligé, face à ses questions, de reconnaître qu’il n’avait jamais véritablement songé à l’origine de son prénom. Un prénom bizarre certes mais qui était Aristote ? Il partage les résultats de son enquête avec Mina et se sentant pousser une vocation, lui propose de monter ensemble une Agence de philosophie. Pour répondre à des questions aussi fondamentales que "L’amitié entre garçon et fille est-elle possible ?" "Est-ce qu’il vaut mieux voir les films en 2D ou 3D ?" Et une plus délicate : Qui est mon père ? Avec Mina, Aristote découvre le syllogisme, son identité, l’amour...
Quel petit roman tendre et drôle ! Les relations d’Aristote avec Mina, sa mère, son cousin, sont chacune différentes mais construisent un personnage "grand et fort comme quelqu’un qui n’a plus peur de répondre à toutes les questions."

coup de coeur Gabriel et Gabriel / P. Alphen. - Livre de poche

Gabriel, dont le père est français et la mère brésilienne, part seul au Brésil rencontrer sa famille. Il y rencontre Gabriel, même âge mais vie totalement différente. Vie qu’ils vont d’ailleurs échanger et découvrir, tout étonnés des grandes différences et surtout contents de ce qu’ils ont...
Autre lecture
Découverte du Brésil par un jeune garçon qui va y trouver une partie de ses racines. Gabriel, moitié français moitié brésilien, se rend pour la première fois dans le pays et la famille de sa mère. Le voyage se fait seul et s’est un arrachement avec ce petit frère qui accapare ses parents en France. Mais très vite Gabriel est aspiré par le Brésil où les mots chantent, où les couleurs et la vie flambent. Il y fait les quatre cents coups avec un cousin de son âge qui porte le même prénom que lui. Mais il se rend aussi compte du fossé entre son existence facile et celle de son camarade qui participe énormément au travail et à la vie de la maison. Or un jour, les deux enfants vont échanger leur identité et partager pendant quelques jours la vie de l’autre... Une expérience enrichissante qu’ils garderont longtemps en eux comme un trésor.
Un récit court et vif qui nous laisse entrevoir la richesse du Brésil, sa langue, ses coutumes, ses légendes, tout en nous faisant partager l’expérience et l’aventure d’un jeune garçon qui s’ouvre à l’amitié et au monde. Un beau livre.
« Au début, c’était un peu compliqué parce que, lorsque quelqu’un appelait "Gabriel !" (qui là-bas se dit "Gabrièou", avec un "r" roulé comme ça : "rrrr"), ils se levaient tous les deux. Ou ils se cachaient tous les deux. ça dépendait des bêtises qu’ils avaient faites. Alors quelqu’un eut l’idée de les appeler Gabriel-Brasil et Gabriel-França. Mais c’était trop long et c’est devenu "Brasil" et "França".  »

coup de coeur Nox : Ici bas (1) / Y. Grevet. - Syros

Une histoire d’amitié et d’engagement. Dans un monde coupé en deux, où la frontière est matérialisée par un épais brouillard de pollution, s’engage un chassé croisé entre des jeunes aisés qui cherchent à se battre pour un idéal et des pauvres qui veulent seulement survivre. Mais tout n’est pas si simple.
Lucen a 15 ans. Il doit choisir une femme et avoir des enfants très vite car l’espérance de vie est courte. Mais sa mère s’oppose à son union avec son amour de jeunesse. Ludmilla, elle, est surprotégée dans un monde facile mais oppressant. Gerges, fils de milicien va devoir lui aussi prendre parti.
La richesse du roman vient de la pluralité des voix et de la complexité des personnages. Si au début du livre chacun semble représenter un archétype, très vite les frontières se brouillent. Que vaut l’amitié ? Quelle est la vrai richesse ? Avons nous le choix de nos vies ? Yves Grevet traite des thèmes qui lui sont chers : oppression, liberté, solidarité, amitié, dans une écriture fluide et très agréable.
« A l’âge adulte, vers la fin du lycée, nous sommes censés tout savoir : qu’ils habitent à quelques centaines de mètres de nous, au-delà du no man’s land, et que le fruit de leur exploitation nous permet de bien vivre, que leurs conditions d’existence entraînent pour eux une durée de vie très courte et une surmortalité des enfants en bas âge, mais que c’est ainsi depuis des générations et que rien ne justifie que cette situation change un jour. »

coup de coeur Léon ou les confessions d’un orphelin ordinaire / K. Vereecken. - Bayard. - (Millézime)

Jusqu’à la mort de Méline, Léon, bien qu’orphelin, n’était pas malheureux. Elle lui apportait la tendresse et la curiosité de la vie, pourvoyant à tous ses besoins. Mais lorsqu’elle se suicide par amour, Léon décide de ne plus jamais se laisser aller aux émotions. Il quitte la maison de sa nourrice pour la grande ville. Paris, dans les années 1760, est une ville impitoyable pour les pauvres mais Léon, entre sincérité et roublardise, entre jeu de séduction et refus de s’attacher, se fait une place. Aux premiers boulots répugnants succèdent les jours meilleurs et Léon, devenu écrivain public, se débrouille bien, tant il a appris à réfléchir sur la vie et sait formuler ce qui se dérobe aux illettrés. Mais s’il est une chose qu’il a du mal à saisir, c’est l’amour et les aberrations auxquelles les hommes se livrent en son nom. Sa propre histoire familiale en est une parfaite illustration, c’est ce qu’il va découvrir au cours du roman.
L’histoire de cet orphelin débrouillard, pris d’une "soif ardente", malin et philosophe croisera celle, plus illustre, d’un grand auteur de ce siècle, Rousseau. Une convergence qui rend le roman passionnant, touchant, traversé du souffle de la connaissance et… de l’amour.
Autre lecture
Léon est un orphelin au 18ème siècle en France. Il débute sa vie chez une nourrice dont il profitera de l’affection de la fille aînée. A sa mort, il se lance à la recherche de son identité, une carte représentant l’infini ayant été glissée dans ses langes et à la conquête de Paris. Il y découvrira la pauvreté, l’insalubrité des logements mais aussi l’entraide et l’amour. Mais qui est-il ? Et que peut être son destin ? Contre toute attente, Léon se tourne vers l’écriture…
Un roman documentaire qui nous permet d’apercevoir le quotidien des enfants abandonnés, exploités ou encore maltraités. Mais c’est aussi un récit d’aventure, car la vie de Léon offre de nombreux événements et rebondissements. C’est enfin un policier car la quête de son identité est un élément central du livre. Enfin, le livre évoque le monde de la littérature et nous amène à croiser la figure du philosophe Rousseau qui est très bien décrit dans ses contradictions. C’est l’ensemble de ces facettes qui rend le livre intéressant.

« La lecture m’aidait, jusqu’à un certain point. De temps en temps, un livre m’apportait une réponse. Mais chaque réponse faisait naître en moi de nouvelles questions. Curieusement, elles ne me dérangeaient pas, moins en tout cas que celles qui se posaient à moi au quotidien. Elles me permettaient d’avoir une prise sur le réel. Elles étaient aussi préoccupantes que celles de la vraie vie, mais, avec elles, j’avais le temps de méditer. Je me voyais comme le personnage principal d’un roman et je réfléchissais à la suite de l’histoire. »

coup de coeur Les éveilleurs, livre I : Salicande / P. Alphen. - Livre de poche

Dans un monde où la magie a été bannie, des jumeaux vont voir se réveiller leurs dons ; leur destin s’en trouvera ainsi bouleversé. Claris et son jumeau Jad vivent reclus depuis la disparition mystérieuse de leur mère. Les excès des siècles antérieurs ont entraîné l’émergence de petites communautés repliées sur elles-mêmes et proches du monde médiéval. Mais des événements étranges vont provoquer l’effritement des certitudes.
Une excellente saga dans la lignée des Bottero et Lhomme. Ce premier tome nous amène à faire connaissance avec les deux héros et vivre avec eux leur lente transformation, qui évoque le passage à l’adolescence. A suivre...

coup de coeur L’ héritage Jenna Fox / M.e. Pearson. - Les Grandes personnes

Cela fait 260 ans que Jenna a eu son accident (voir Jenna Fox, pour toujours). Mais elle au moins a eu droit à une vie depuis. Tandis que Kara et Locke, ses amis, ont erré dans une "vie" sans corps, dans un couloir de vide et de souffrance, jusqu’à ce qu’un docteur mette fin à leur absence de matérialisation. Grâce à la technologie du Bio Perfect et à la sauvegarde de leur esprit, ils ont dorénavant retrouvé leur corps, leurs souvenirs, leur personnalité. Mais ils vivent dans un monde qu’il ne connaissent pas, n’ont plus de parents connus. Ne reste qu’un repère : Jenna. Que faisait-elle pendant qu’ils erraient, pétris de souffrance ? Pourquoi les a-t-elle abandonnés ? Locke a des doutes et des interrogations, mais Kara est dans une haine obsessionnelle. Ils s’enfuient tous deux de chez leur médecin opportuniste et partent à la recherche de Jenna. En chemin, ils bénéficient de l’aide de Dot, un robot qui a développé des rêves et des aspirations…
Dans ce deuxième tome, l’auteure poursuit sa réflexion sur l’identité et la biotechnologie : qu’est-ce qui définit l’humanité ? Mais elle aborde aussi les relations entre humains : amitié, famille, qu’est-ce qui nous unit ?
S’il est un peu moins étonnant que le premier opus, ce titre reste intéressant et fourmille de pistes de réflexion.

coup de coeur Comme un poisson hors de l’eau / O. Hijuelos. - Bayard. - (Millézime)

Rico est victime de racisme à l’envers. Habitant Harlem, il ne cesse de récolter des regards torves et coups violents parce qu’il est né blanc parmi les noirs. Son ancêtre irlandais lui a transmis cette peau claire qui fait tant jaser dans cette famille cubaine. Fatigué et révolté des injustices répétées, Rico décide de fuir chez son ami Gilberto. Vivre en communauté, habiter dans une ferme sans les commodités n’est pas tous les jours facile mais Rico, loin de ses parents, loin des pressions de la rue, apprend à savoir ce qu’il veut de la vie.
Héros généreux, optimiste et volontaire, Rico se fera une place sans jamais se décourager.
Autre lecture
Rico, jeune porto-ricain à la peau blanche, est victime en permanence de brimades à caractère raciste. Il se sent rejeté par tous, même ses parents ! Brillant élève, il arrête les études pour échapper à la violence qui règne dans son lycée public. Quand un de ses rares amis gagne au loto et part commencer une nouvelle vie dans un autre État... Rico y voit une chance d’échapper aux coups, à la drogue, à sa famille. Mais est-il aussi simple de fuir son passé et son destin ?
Ce livre contient de bons passages mais les chapitres sont trop longs et le quotidien dépeint est bien loin de celui des jeunes européens.

coup de coeur Jade fille de l’eau / N. Blazon. - Albin Michel. - (Wiz)

Après un début un peu laborieux en raison de la complexité de l’histoire, on se laisse happer par ce récit à la Roméo et Juliette. Il y a des humains, une Lady tyrannique, des chasseurs et des chasseurs de sang, le peuple de la mer, le peuple de l’eau, un vieux pas tout à fait fou et une héroïne attachante. Mais Jade s’éprend de Faune alors que tout les oppose. Il va falloir survivre dans ce temps particulièrement incertain. Jade refuse de prendre partie car c’est aux gens en eux-mêmes qu’elle est attachée, quel que soit leur "clan". Et c’est ce qui rend ce livre intéressant.
Autre lecture
Jade vit avec son père Jakob au Larimar, hôtel délabré, dans la ville en ruines qui appartient à Lady Mar, retranchée dans son palais et entourée de ses alliés, les Lords. Les Chasseurs font régner l’ordre et la terreur. Leurs cibles sont les Echos mais aussi les Rebelles. La chasse s’intensifie quand on retrouve le corps d’un Lord abattu… Face au nouveau conflit qui se profile, Matt et Faune, deux Nordlandais, venus du pays de neige, de nuit et de forêts, appelés par Lady Mar se sont installés à l’hôtel avec des caisses de bois au contenu mystérieux et dangereux…
L’auteur a construit un monde remarquable de complexité dans lequel Jade va découvrir sa véritable nature, tracer sa voie et choisir son camp. Chaque être, chaque objet de ce récit participe d’une double nature : Le vieux Fou de la ville seul connaît la vérité, le père de Jade est peut-être un traitre, les beaux yeux noirs de Faune cachent une réalité étouffante, Moïra la Chasseuse implacable au regard glaçant aide Jade, les oiseaux bleus sont les yeux des Dénicheurs d’Echos, survivants impalpables de la dernière guerre mais formidables guerriers qui ont trouvé refuge dans la Wila le fleuve infesté de vipères mais lieu de liberté qui traverse la ville.
Le moindre reflet, les petits morceaux de miroir, les flaques d’eau ont du sens, fantômes, animaux, hommes et femmes à la double nature partagent ce territoire trouble où règnent la méfiance, les incertitudes des uns et des autres, les secrets profondément enfouis, une tension continue.
C’est un récit foisonnant (trop ?) de situations improbables comme la renaissance du Prince des Echos qui grâce à l’eau du fleuve sort d’une fresque et passe de l’enfance à l’âge adulte en quelques secondes, mais on peut se laisser prendre si on est « bon public » et bon lecteur, malgré quelques répétitions (l’emploi du verbe feuler) et longueurs, d’autant plus que dans ce fouillis cauchemardesque mais construit, Jade et Faune que tout oppose réussiront à s’aimer et à partir vers un monde plus clair dans la nuit du grand Nord.

coup de coeur Le creux des maths / C. Avel. - Ecole des loisirs. - (Neuf)

Abel n’aime pas les maths. Difficile pour lui de s’épanouir dans sa famille blindée de génies des chiffres. Entre les jumeaux surdoués et la médaille Field de la maman, Abel rêve de voyage et de sorcellerie avec un destin digne d’Harry Potter. Puis il gagne une semaine en Finlande chez Elias Chamsson, un génie des mathématiques. Comble de l’horreur pour Abel mais cette escapade nordique va le transformer à jamais. Il parviendra enfin à trouver sa place dans la fratrie tout en se démarquant de la loyauté familiale. Un bel exemple d’émancipation.
Une écriture fluide et un enchaînement des péripéties bien rythmé. Un bon moment de lecture qui saura régaler les jeunes adolescents.
Autre lecture
Abel, 11 ans, est le vilain petit canard de la famille. Alors que tous excellent dans le domaine des mathématiques, même ses frères cadets, lui ne révèle aucune disposition. Et il se demande bien ce qu’il va pouvoir faire de sa vie, quel talent il va pouvoir développer. Sa rencontre avec un grand mathématicien, auprès duquel il se sent faussaire, va pourtant changer sa vie. Loin de sa famille et de cette pression, il va trouver ce pour quoi il est doué.
Petit bouquin sympathique et léger : pas d’inquiétude, on peut se sentir différent dans une famille et pourtant y trouver sa place…

coup de coeur Thomas quelque chose / F. Chevaux. - Ecole des loisirs. - (Médium)

Il n’y en a que pour Sylvain dans cette famille ! Et depuis que ce frère aîné a "pris son envol", la mère de Thomas n’est plus qu’un zombie. Une courgette, aux yeux de son plus jeune fils qui ne se sent pas considéré. Encore moins lorsqu’il apprend qu’il est un "accident". Mais paradoxalement, cette révélation lui donne enfin le sentiment d’exister, d’avoir une particularité ! Il brule de la révéler à Grégoire mais déboulant chez lui sans prévenir, découvre le secret de son meilleur ami…
Un roman étrange sur l’identité, sur la capacité à faire de nos complexes et de nos souffrances une force ; sur l’amitié également d’autant plus forte lorsqu’elle partage l’expérience de la différence : une mère déprimée à moitié cinglée pour Thomas et une sœur lourdement handicapé moteur pour Grégoire. Ou comment transformer les difficultés de la vie en comédie joyeuse.

coup de coeur Jack / A. M. Homes. - Actes Sud junior

Jack aura bientôt 16 ans, pourra conduire et il s’en réjouit ! Bientôt l’accession à la liberté, bientôt l’âge adulte... Mais c’est un tout autre chemin initiatique qui l’attend : son père lui annonce un jour qu’il est gay, qu’il vit avec un autre homme. Ses parents étaient divorcés, son père vivait avec un colocataire, c’était ça, l’histoire, et tout devait rester ainsi !!! Pour Jack, la pilule est dure à avaler. Le voilà étiqueté mini fiotte au lycée.
Comment reconstruire la réalité quand tout s’effondre ? S’envisager soi, découvrir l’autre sous un nouveau jour, à un âge où tout est déjà si compliqué... Tel est l’enjeu de ce roman sensible qui alterne situations drôles et graves, dans un style direct. La scénariste de The L Word a réussi son tout premier roman, écrit à l’âge de 19 ans, en 1989.

coup de coeur Le carnet rouge / A. Heurtier. - Casterman

Pas facile pour Marie d’avancer dans la vie : un père parti lorsque sa mère était enceinte de 6 mois, une mère qui refuse de parler de sa famille. Tout ce qu’elle sait, c’est que ses ancêtres étaient népalais alors elle se rattache à ce signe distinctif aussi fort qu’elle le peut, et tant pis si cela sonne creux, si elle a l’impression de vivre selon un folklore d’apparat. Un jour, un vieil homme l’aborde et lui donne, à travers un carnet rouge écrit par sa grand-mère, la clé de son passé. Ce qu’elle y découvre l’émerveille, la révolte, la dégoûte. Et enfin, l’apaise.
Un récit sur la difficulté à se construire sans racine, pour ce qui est du personnage de Marie, ou avec un passé douloureux, comme ce fut le cas pour la mère de Marie. Car ce carnet rouge est l’histoire de Sajani, la grand-mère de Marie, qui fut Kumari, déesse vivante, avant de sombrer dans la déchéance parce que rien ne préparait les kumari au retour à la vie normale…
Comment composer avec le passé, vaut-il mieux ne rien savoir ou souffrir de la vérité, Marie donne sa réponse et nous invite à réfléchir…

coup de coeur Candor / P. Bachorz. - Thierry Magnier

Candor est une cité de rêve. Tout s’y passe à merveille : pas de crime, pas de débordement, du luxe et de l’ordre. A l’origine de ce projet, un homme, impitoyable et véritable savant fou. Le créateur de la cité efface les dérapages, les fragilités des uns et des autres comme il a pu gommer celles de son propre parcours. Il s’enrichit en vendant une illusoire perfection au prix de la santé mentale de ses clients. Cette mécanique bien huilée va se gripper lorsque arrive Nia, une ado rebelle dont les parents ne savent plus que faire. Candor est leur dernier recours. Oscar, son fils, découvre un esprit libre, atypique, qui résiste au formatage ambiant. Oscar tombe amoureux.
Roman de science fiction dans lequel on ne rentre pas aisément. Trop long pour en venir au fait. Pourtant si l’on persiste dans la lecture, on découvre une histoire qui mêle science-fiction, thriller et romance. Les réflexions de l’auteur, sur l’individualité, la société de consommation ou encore l’affranchissement, méritent que l’on s’intéresse à ce roman.
Autre lecture
A Candor, ville créée par le père d’Oscar, le monde est parfait, les normes respectées, les habitants heureux. Mais Oscar, qui connait l’envers du décor, refuse de se laisser paramétrer. Il a conscience de ces messages martelés au subconscient à longueur de journées et résiste à la fois en se programmant d’autres messages pour lui-même et en utilisant ce système à des fins personnelles lucratives. Lorsqu’il tombe amoureux de Nia, fraîchement arrivée à Candor, son système bien rôdé se grippe. Pour arriver à ce que Nia reste libre et révoltée, il faut qu’elle écoute d’autres messages pour contrer les officiels. Il faudrait qu’Oscar lui explique le fonctionnement pour la préserver mais n’ose se mettre en danger… Alors il le fait à son insu, et lorsqu’elle découvre le stratagème, cela ne lui plait pas du tout…
Le bonheur imbécile ou la liberté périlleuse… ou comment affirmer son identité...

coup de coeur Unique / A. Allen-Gray. - Bayard. - (Millézime)

Quel choc pour Dominique de découvrir, à 15 ans, qu’il a eu un frère ! Quel trouble aussi de voir à quel point ils se ressemblaient. Et ils avaient le même prénom !!! Dominique ne comprend pas qu’on lui ait caché ce frère décédé et ne trouve aucune réponse de la part de ses parents. Il veut mener sa propre enquête et part sur les traces de son frère à l’université de Cambridge. Ce qu’il découvre là-bas dépasse l’entendement : Dominique est le clone de Nick décédé d’un accident de voiture, dont ses parents, son père surtout, n’ont pu faire le deuil. Dominique sombre dans les affres du doute : qui est-il ? A-t-il une existence propre ? Mais il comprend aussi beaucoup de choses comme l’intransigeance de son père qui supporte mal ses résultats scolaires moyens, alors que ce grand frère était si brillant. Encadré par son grand-père et les amis de son grand-frère, il prend les moyens d’exister par et pour lui-même. Et de réhabiliter le statut de clone auprès du grand public.
Quelques longueurs mais intéressant sur le thème du clonage humain, à rapprocher de Jenna Fox, pour toujours

coup de coeur La société des S / S. Hubbard. - Ecole des loisirs. - (Medium)

Ari vit seule avec son père Raphaël. Sa mère est morte à sa naissance. Vivant quasiment en recluse (elle ne va pas au lycée), elle ne connaît rien au monde, à part les leçons de physiques, philo, littérature... que son père lui donne à la maison. Elle va découvrir petit à petit que sa mère n’est pas morte et qu’elle-même n’est pas vraiment ce qu’elle croyait être... Encore une histoire de vampire ! Mais plutôt bien écrite, l’intrigue est bien menée et on suit avec plaisir le parcours de cette ado en mal de ses origines qui découvre le monde en même temps que sa condition de vampire. Il n’y a pas trop de sang, pas de romantisme suranné comme souvent et même les personnages secondaires ont de la consistance.
Un bon roman fantastique à partir de 14 ans. A suivre car c’est une trilogie mais la lecture du tome 1 peut se suffire à lui-même.
Autre lecture
Chez Ari, 13 ans, et son père, on lit Plutarque et Platon et s’exprime selon la dialectique hégelienne. Régime spécial (végétarien), hygiène de vie stricte, peu de fréquentation. Mais Ari grandit et a besoin de changements, elle se lie d’amitié avec Kathleen. Elle découvre aussi une chose sur elle-même et son père qu’elle pressentait depuis toujours : ils sont de nature différente, de celle des vampires. L’occasion d’apprendre bien des choses qui ne collent pas forcément avec le folklore habituel. Ari apprend beaucoup sur elle-même, l’histoire de ses parents, la vie en dehors de chez elle et elle doit décider ce qu’elle veut devenir…
C’est un roman sérieux, grave presque qui s’interroge sur l’identité, la mort.

coup de coeur Jenna Fox, pour toujours / M. E. Pearson. - Les grandes personnes

Tout commence comme une "banale" histoire d’amnésie. Suite à un accident de voiture, Jenna est restée un an dans le coma et à son réveil, ne reconnaît plus son entourage, n’a pas de souvenirs de son passé et doit tout recomposer, dans un nouveau lieu d’habitation qui plus est. Mais très vite, le roman prend une nouvelle dimension. Car Jenna n’arrive pas à faire coïncider les images filmées de son passé, les impressions ressenties hic et nunc, les relations qu’elle est censée avoir avec ses proches. Il y a comme une faille qui empêche la Jenna d’hier de retrouver celle qui se reconstruit, que les "mensonges" de ses parents ne font qu’agrandir : que sont devenus ses deux amis qui étaient avec elle lors de l’accident ? Pourquoi sa grand-mère est-elle aussi distante ? Que veut-on lui cacher ?
Précisons que le roman se déroule dans un futur proche où la science a fait des progrès infinis dans le domaine des transplantations... les éléments sont réunis pour un roman très riche qui invite à penser l’identité dans tous ses aspects, tant pour réfléchir sur les liens parents-enfants que pour se confronter aux problématiques éthiques de la science… Autant de pistes de réflexion et beaucoup plus, qui se greffent au parcours psychologique d’une adolescente en recherche, pour une lecture passionnante de bout en bout.

coup de coeur La septième fille d’Adèle Kemp / J. Johnston. - Bayard. - (Millézime)

Juliette Kemp a treize ans, vit dans le Canada de l’après-guerre avec ses 5 sœurs et sa mère, Adèle. Elle possède une sorte de don : il lui arrive de voir des bribes d’avenir. Lors d’un séjour chez son cousin, ses deux vieilles tantes lui expliquent qu’un sortilège lui a offert le don de clairvoyance. Mais Juliette considère ce "don" comme une malédiction, et décide de s’en séparer. Puisque cette faculté particulière touche les septièmes filles de la famille Kemp (elle apprend au passage qu’elle a une sœur cachée, différente), qu’à cela ne tienne, elle sera un garçon ! Son entourage reste calme et décide de se plier à ses exigences jusqu’à ce que passe ce "moment difficile".
Saga familiale qui manie humour et cynisme, notamment chez Juliette, qui est aussi la narratrice. Chaque personnage porte sa différence, suscite des réactions variées, ressent des sentiments contradictoires envers les autres. Une réflexion sur l’identité, sur l’acceptation de ce qu’on l’on est, de ce qu’est autrui.

coup de coeur Les barons / N. Ben Yadir, L. Brandenbourger. - Mijade

Etre "un baron" est une philosophie. Vous partez du principe que l’être humain possède un capital de pas et qu’une fois atteint, vous mourrez quelque soit votre âge. Donc si vous voulez vivre vieux, économisez-vous ! Et puis c’est aussi avoir un grand sens de l’humour. Plus les blagues sont "pourries" plus grande sera la reconnaissance de vos pairs. Mounir, Azziz et Hassan le narrateur en sont les principaux adeptes.
En début de livre, nous découvrons Hassan blessé et il ne sait plus ce qu’il lui est arrivé. Peu à peu, retrouvant la mémoire, il nous raconte. Son ambition dans la vie, outre être un baron, est de devenir un humoriste reconnu. Mais il est difficile pour lui d’assumer ce choix. D’abord parce que son père rêve de le faire entrer dans la compagnie de bus où il travaille, ensuite parce que ce serait trahir ses amis. Seule Malika la jeune femme qu’il aime depuis toujours sait la vérité.
De malentendus en malentendus, cette histoire qui commence comme une farce tournera en drame.
Un roman drôle, émouvant, très agréable à lire.

coup de coeur La maison du pont / A. Chambers. - Thierry Magnier

Jan décide de faire un break. A 17 ans, il a besoin de s’éloigner de ses parents, de sa petite amie, de l’image d’ado parfait qui lui colle à la peau. Il accepte un job loin de chez lui, dans un lieu isolé où les contacts humains devraient se faire rares. Etre seul avec lui-même et découvrir ce qu’il est, voilà le plan ! Mais installé dans sa maison près du pont, il est bientôt dérangé par un certain Adam, au regard paumé, qui s’incruste... Pas si solitaire donc, la planque, d’autant que Tess, la fille du "patron", vient souvent leur rendre visite. Ce qu’ils vivent tous les trois est très fort, des grandes discussions lient Tess et Jan, tandis qu’Adam, si attachant soit-il, reste bien mystérieux.
Roman très introspectif qui voit un ado découvrir ce qu’il est (son homosexualité est évoquée tout en pudeur) mais surtout s’ouvrir au monde et comprendre la complexité des êtres : sa mère, dépressive depuis la mort subite de son enfant, Adam au passé sombre et tous les personnages secondaires dont Jan saisit maintenant les parts d’ombres. Quelques longueurs mais une ambiance indéniable ; pour bons lecteurs.

coup de coeur Le garçon bientôt oublié / J.-N. Sciarini. - Ecole des loisirs. - (Médium)

On peut avoir des révélation en lisant LE livre, c’est en écoutant une chanson que Toni se sent basculer. Jusqu’alors, Toni était un garçon sans histoires apprécié de tous : par ses parents parce que très sage ; par ses potes parce pas contrariant. Avec cette chanson d’Anthony Hegarty, il comprend que cette sensation de vide, qui ne le quitte jamais, vient du fait d’être mal né. Toni, c’était ce petit garçon auquel il est attaché mais qui dorénavant, n’est plus. Elle sera. Reste à la faire accepter de tous (lui, elle, son entourage).
Un texte très sensible, où la musique a une part importante, qui peut paraître un peu rapide sur ce sujet délicat de la trans-sexualité. Mais le roman se concentre surtout sur la prise de conscience, l’acceptation de soi à soi-même, et pas encore, ou si peu, sur celle des autres.

coup de coeur Ils m’ont appelée Eva / J. M. Wolf. - Pocket

Ce roman aborde un pan très particulier de l’histoire de la guerre mondiale : le programme Lebensborn (source de vie). Pour restituer le contexte : Lidice, petit village tchécoslovaque osa défier les nazis. En représailles, en juin 1942, 340 habitants furent assassinés, et quelques enfants firent partie de ce programme censés les "germaniser."
L’héroïne du livre, Milada, habite ce village, échappe au massacre mais est sélectionnée, en tant que blonde, pour être rééduquée. Milada devient donc Eva, apprend à parler allemand, fait le salut nazi et est bientôt adoptée par une famille dont le père est responsable de camp.
Troublante réflexion sur l’identité, que l’on peut faire et défaire à force de manipulation. Une autre facette dramatique de l’idéologie nazi.

coup de coeur La vérité sur Marylou / M. Sachs. - Mijade. - (ZoneJ)

Marylou est très fière de porter le nom de sa tante, morte enfant après avoir sauvé les gens de son immeuble lors d’un incendie. Elle aime rejouer la scène et déplore de ne pas être aussi exceptionnelle que sa tante. Dans son obsession et en grandissant, elle cherche à retrouver tout ce qui touche à Marylou. Mais ce qu’elle va découvrir est en décalage total avec la vision fantasmée de Marylou.
Roman publié aux Etats-Unis au début des années 1970, pour une tranche de vie, passage de l’enfance aux désillusions de l’âge adulte, où l’on comprend que la réalité est contrastée, nuancée, multiple.

coup de coeur Je ne sais plus pourquoi je t’aime / G. Zevin. - Albin Michel. - (Wiz)

4 années passées à la trappe, 4 années vidées de toute substance, de tous souvenirs, qui laissent Naomi complètement désemparée. L’accident qui l’a rendue amnésique lui a volé une partie de sa vie. Aime-t-elle vraiment Ace, son petit ami ? Quelle est la véritable raison qui fait qu’elle ne parle plus à sa mère ? Que pouvait-elle apprécier dans le fait de se consacrer autant à l’album de l’année ?
Naomi, comme vierge d’elle-même, réapprend à connaître ceux de son entourage et pose un nouveau regard sur elle-même et la vie.

coup de coeur Quand mon frère reviendra / I. Collombat. - Rouergue. - (DoAdo)

Les 6 mois d’angoisse sont terminés. Philippe est revenu. Sauf que maintenant, il faut comprendre. Comprendre pourquoi il est parti, pourquoi il n’est pas revenu de son plein gré, pourquoi il veut repartir, préférant la galère de la rue à une vie familiale confortable, pourquoi il ne semble pas comprendre le mal qu’il a fait à sa sœur Lia et à ses parents. "Je veux être libre" a-t-il dit en partant. La belle affaire ! Qui l’empêchait de faire ce qu’il voulait à la maison ? Philippe tente d’expliquer à sa sœur en colère les raisons de sa fuite : l’absence de communication dans la famille, la société de consommation, le formatage, l’absence de perspective… Dans son sillon, Lia s’interroge. A sa manière, elle définit son identité, sa liberté.
Un roman en trois partie déstructurées chronologiquement pour mieux exprimer l’abime creusée par l’absence de Philippe. Son retour n’est qu’une étape dans la lente reconstruction de chacun, confronté aux malaises tus jusqu’alors.

coup de coeur Ce Héros n’est pas mon père / Calouan. - Les 400 Coups. - (Connexion)

Comment vivre quand on ne connaît pas son père ? Caroline, adolescente, vit avec sa mère et sa sœur une existence matériellement difficile. Et leur mère qui se bat pour l’assurer leur répète sans cesse que leur père ne donnera plus signe de vie, qu’il les a abandonnées. Alors, pour survivre à cet abandon, Caroline s’invente toutes sortes de papa, le plus souvent riches et célèbres. Mais elle souffre beaucoup de ne pas se savoir aimée, des corvées domestiques qui lui reviennent et des coups de martinet que sa mère lui inflige quand elle-même est en grande souffrance. Puis, un jour, une nouvelle arrive à l’école, Sandrine. Va alors se développer une belle amitié entre ces deux jeunes filles très opposées socialement. La confiance qui va s’installer entre Caroline et Sandrine, ses parents aussi, va permettre à Caroline de sortir enfin de ses mensonges et peut-être de retrouver son père…
Caroline nous fait partager son vécu rude, son sentiment d’abandon, ses efforts pour être aimée, ses premiers émois amoureux, sans se lamenter mais avec sensibilité et émotion. Ce roman assez court est dense mais l’écriture sans difficultés touchera des lecteurs même jeunes.

coup de coeur Les yeux d’or / M. Desplechin . - Ecole des loisirs. - (Médium)

Dans ce roman, nous suivons le récit à travers trois points de vue qui se succèdent au cours des trois parties : Pierre, un jeune collégien, Sonia, une employée du père de Pierre et Edmée, intérimaire un peu magicienne, avec laquelle Pierre va nouer une relation très spéciale. Pierre se sent très seul : sa mère est partie car son mari ne se consacrait qu’à son travail et son père rentre si tard qu’il ne le voit que quelques minutes le matin. Un soir, c’est Edmée qui lui prépare son repas et dès lors, il ne pourra plus se passer d’elle, d’autant qu’ils partagent des tours de magie. Quand son père lui annonce son remariage avec Melle Leclerc et l’interdiction de revoir Edmée, Pierre fait une fugue qui lui permettra de grandir très vite et de montrer enfin à son père qu’il existe…..
L’alternance des points de vue rend ce récit très vivant et nous rapproche de chaque personnage. La richesse de la relation entre Pierre en quête d’une mère et de son identité et d’Edmée qui cherche également qui elle est, lui donne une vraie profondeur. C’est une sorte de conte moderne qui se déroule dans un univers rendu très poétique par les dons surnaturels d’Edmée dont on se demande si elle est une mère de substitution, un ange gardien, une étoile qui accompagne Pierre dans son aventure…

coup de coeur Uglies / S. Westerfeld. - Pocket

Encore quelques semaines et Tally Youngblood sera une Pretty. Finies la mocheté et la ringardise, elle fera partie de la jeunesse enviée. En attendant ses 16 ans et l’opération esthétique qui changera sa vie, elle profite de ces dernières heures hors normes, à franchir en secret les frontières de la Ville et explorer le passé des Rouillés, ces humains qui ont failli mener le monde à sa perte. Shay, sa toute nouvelle amie, partage son goût du risque et, comme elle, doit se faire opérer. Mais Shay a un tout autre objectif et compte bien convaincre Tally de la suivre...
Terrible dilemme pour cette jeune fille qui n’a jamais connu que la perspective d’être enfin belle et insouciante et qui se voit proposer un jour, subitement, une vie affranchie où chaque individu, dans sa différence, est responsable de sa vie. Ce roman passionnant propose une réflexion sur la liberté de l’homme, sa singularité et tout ce que cela peut impliquer d’excitant et de terriblement dangereux...

Et aussi... :


coup de coeur Halb, l’autre moitié / Sigrid Baffert ; Barroux ; Alexis Ciesla ; Elsa Zylberstein . – Des Braques, 2014

Halb, l’autre moitié est une histoire musicale et contée qui nous emmène en Europe de l’Est, à Dulpan. Dulpan existe quelque part sur la carte d’un imaginaire, là où la musique est plus forte que les guerres et les haines… Cet album/CD a reçu le soutien de la Fondation du Judaïsme Français.

Tallin a passé 9 mois à s’accorder dans le ventre de sa mère. Aujourd’hui, elle a 10 ans, c’est son anniversaire. Baka, sa grand-mère, lui prépare un gâteau sous les yeux de Frageh, le petit chien jaune posé comme une question sur le tapis. Frageh ? il veille, s’inquiète, interroge la vieille qu’il voit fatiguée et perdue dans ses idées et souvenirs qui s’envolent. Serait-il temps d’offrir à Tallin le fil de leur histoire, inscrite dans une mélodie transmise par une lignée de femmes, de mères en filles ? Un air pour comprendre le dedans et le dehors, le sens de la vie, caché dans le son de sa clarinette ? Baka va offrir à Tallin ce qu’elle a de plus précieux, cet air, en notes de musique traversées des vies des générations précédentes, dispersées par les guerres. Elle joue sa musique à sa petite-fille mais la mélodie, composée du passé, ne trouve plus la trace du présent. Baka a oublié l’autre moitié. La clarinette offerte à Tallin reste muette. Alors débute la quête de la mélodie perdue…

Ce conte initiatique superbe de 42 mn raconte la mélodie de la vie entre transmission et enfance. Cette mélodie est polie sur la route de nos questions (Frageh, en yiddish) auxquelles il est bon de trouver des réponses pour ne pas se laisser envahir, à l’image du petit chien qui gonfle de page en page. Cette mélodie est bercée par les rencontres, sertie de bon sens et de courage, enrichie d’un passé éclairé, composée de morceaux de vie à orchestrer. Elle chante les paysages intérieurs, uniques et sensibles. Elle est à jouer en notes joyeuses et vivantes. Elsa Zilberstein est formidable de présence, toute en finesse et nuances dans sa voix pour un texte subtil et délicat co-écrit par Sigrid Baffert et Alexis Ciesla. Les illustrations de Barroux offrent une palette de tons chauds pour des personnages attachants. La musique voyage entre accents yiddish et jazz, c’est joyeux, envoûtant. La clarinette d’Alexis Ciesla, qui compose aussi la musique, est vibrante, chaleureuse, grave et s’accorde avec la voix de la comédienne. Les instruments (violon, trombone, saxophone, accordéon, percussion et clarinette) tissent des airs très variés et cheminent avec le texte de façon très fluide, c’est magnifique !
Halb, l’autre moitié, c’est la rencontre d’artistes talentueux qui ont d’abord créé un spectacle en 2011. Il se jouera en Avignon cet été. On ne sait jamais, si vous passez par là… Claire Py

A partir de 7 ans

<<< Retour à la page précédente

© Association Croqu'Livre - Centre régional de ressources en littérature jeunesse