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Dernière mise à jour :
dimanche 25 septembre 2016

Mot Clé : Ecole




Album(s) :


coup de coeur A l’école, il y a des règles ! Laurence Salün avec Emmanuelle Cueff ; Gilles Rapaport. - Seuil Jeunesse, 2015

Alors là, plus d’excuses : les 36 règles répétées 36 fois par jour vont être entendues ! Après la maison ( A la maison il y a des règles, 2014 ), voici la vie scolaire dans ses moindres détails, avec la preuve par l’image (toujours expressive, toujours drôle) : Je ne me couche pas sur la table / je ne fais pas répéter la maîtresse 15 fois / je fais attention à mes affaires / je ne mets pas n’importe quoi dans mon cartable : on n’apprend pas "n’importe quoi" à l’école... On jubile à chaque double page, entre le texte et l’image. A partager sans modération ! Ewa Bochenski

A partir de 5 ans

coup de coeur Maman à l’école / Eric Veillé ; Pauline Martin. - Actes Sud Junior, 2015

Ca y est, c’est le grand jour ! Un grand couloir, des portes jaunes, et derrière, des enfants qui pleurent : bouh, ça ne donne pas envie de lâcher sa maman !... "Ah non, ça ne va pas se passer comme ça !", déclare notre petite héroïne, qui développe de savantes techniques animalières pour retenir maman à l’école (chaque parent -et chaque enfant- pourra y reconnaître sa préférée dans une savoureuse double page). Gagné ! Maman reste. Il va lui falloir apprendre à bien lever le doigt avant de parler, découper sagement une frise, faire la sieste sans déranger les autres... ce n’est pas si facile, et finalement, maman en classe, c’est plutôt embêtant non ?

Coup de coeur pour ce bel album de rentrée aux lumineuses illustrations, si justes dans l’expression ! Ewa Bochenski

A partir de 3 ans

coup de coeur Un ours à l’école / Jean-Luc Englebert. - Pastel, 2015

Flânant de ci de là pendant que maman prépare la tanière pour l’hiver, petit ours trouve un bonnet coloré, tout doux. Il pose la douillette découverte sur sa tête et poursuit son chemin au hasard, jusqu’en lisière de la forêt. Là débute la ville. Dans la cour de l’école, les enfants coiffés de bonnets semblables s’en donnent à coeur joie. "Tiens ! Des copains !", se dit petit ours qui descend les rejoindre... et voici que les enfants, qui le prennent pour le nouveau, l’entraînent en classe ! C’est l’heure de la leçon de calcul, il fait si chaud, petit ours n’a pas l’habitude : il ferme les yeux et s’endort aussitôt sur l’épaule de sa voisine...aïe aïe aïe, que va dire la maîtresse ?

Tout en simplicité, tant par le trait que par le texte, un album tout doux pour savourer la rentrée et parler à mots couverts de tolérance : des enfants accueillant avec beaucoup de naturel un nouvel élève "différent", une maîtresse bienveillante et pragmatique, un climat des plus rassurant ! Le contraste est très réussi entre la vie sauvage et la parenthèse civilisée, avec un retour à la nature plein d’amour, dans le giron maternel. On aime ! Ewa Bochenski

A partir de 3 ans

coup de coeur Super maman ! Claire Clément ; Philippr Diemunsch. - Père Castor, 2015

Lorsque sa maman le quitte en le laissant à l’école, Gabin pense soudainement qu’il pourrait arriver des choses terribles, en son absence, à sa mère...

Au jeu des "et si", il convoque les plus grandes peurs des enfants : la sorcière, le loup et le gros monstre. Mais il se rend aussi compte, à chaque fois, que son extraordinaire maman pourrait, avec quelques accessoires, venir à bout sans trop de peine de ces méchants "ordinaires". Alors, à l’heure des mamans, c’est le plaisir des retrouvailles qui domine, même si le garçon ne tarde pas à s’apercevoir, grâce à quelques indices, qu’il s’est forcément passé des événements pendant son absence...

Un très bon album qui joue avec réussite sur les clés du conte. On retrouve les personnages qui incarnent les peurs de l’enfance mais aussi la construction du récit en boucle à partir de leitmotis. L’intrigue, à partir de petits riens, transforme la mère en super héros, dynamique, fraîche et souriante. Elle n’élude pas la question de l’occupation des mères lorsque l’enfant est en classe mais la traite avec brio et imagination.

La dernière phrase interpelle le lecteur afin de lui permettre de conclure lui-même le récit. On espère une version super papa...car la fin de l ’école c’est parfois aussi l’heure des papas.

Un album à partager sans modération ! Marion Uteza

A partir de 3 ans

coup de coeur L’heure des mamans / Yaël Hassan ; Sophie Rastégar. - Utopique, 2014

Chaque jour lorsque la maitresse demande de ranger et de se laver les mains, elle ajoute : "C’est bientôt l’heure des mamans !"...N’importe quoi ! Pense le petit raton. Parce que du lundi au vendredi, il y a sa baby-sitter, son papi, sa mamie, son tonton, son papa, mais jamais maman puisqu’elle travaille ! Non vraiment, ne laissons plus les maîtresses raconter des choses pareilles. La véritable heure des mamans ? Elle a le goût des matins câlins...
Avec cet album inspiré du quotidien de sa petite-fille, Yaël Hassan touche juste : il était grand temps de remettre les pendules à l’heure ! Ewa Bochenski

A partir de 3 ans

coup de coeur Les secrets de l’école : où vont les maîtresses après le coucher du soleil ? / Eric Veillé. - Actes Sud Junior, 2014

L’envers du décor d’après Eric Veillé : les origines de la première maîtresse, une espèce à part entière, et des premiers élèves, des poissons évidemment (si, si…), les gens de l’école, les super pouvoirs des maîtresses, la folle soirée des maîtresses qui vivent à l’école bien sûr sans oublier entre autres les journées des dames de la cantine. Voici un livre qui a de quoi ravir nos chères têtes blondes (mais pas qu’elles…) et les faire rire (idem surtout les vraies maîtresses qui se reconnaîtront). Un ouvrage qui transforme les plus horribles fautes d’orthographe en délicieuses tartes à la rature ! Sandy Morel

A partir de 6 ans

coup de coeur Pouce ! Alice Brière-Haquet ; Amélie Graux. - Flammarion. - (Père Castor). 2014

Un petit pouce doudou, que c’est rassurant ! Mais aujourd’hui, il se passe quelque chose de bizarre : lui qui ne sortait jamais, le voici qui bondit d’un seul coup... Pour attraper un feutre et faire un beau dessin, pour ramasser un petit oiseau, et même, pour se glisser dans la main de Manon...Et s’il était temps pour lui de découvrir le monde ? Vous l’aurez compris, le petit narrateur a trouvé une manière astucieuse et détournée de nous parler de lui, et de son envie de grandir. Les jeux de mots autour du "pouce" sont un plaisir, et le joyeux graphisme frais et crayonné d’Amélie Graux ravira petits et grands. Un album qui sonne juste, pour évoquer tout ce qui s’ouvre à l’enfant lorsqu’il est prêt à devenir plus grand. Ewa Bochenski

coup de coeur Ah ! Ernesto / M. Duras ; K. Couprie. - Thierry Magnier. 2013

« A l’école on m’apprend des choses que je ne sais pas ». Une bonne raison, selon Ernesto, pour ne plus y aller ! Le maître, consulté par les parents, fulmine :« l’instruction est obligatoire ». Les parents se désolent, ils sont d’accord sur un point : « un crétin (...) voilà ce que ce sera ». Mais Ernesto, sait ce qu’il veut et sait qu’il saura. « Par la force des choses ».
Ce texte méconnu de Marguerite Duras, unique œuvre jeunesse de l’auteure, défend l’idée de la liberté du savoir et de l’esprit critique, la connaissance rebelle fondée sur la curiosité.
Katy Couprie propose dans ses illustrations un chemin de découvertes comme une leçon de choses avec des compositions fantaisistes et un brin foutraques.
Édité pour la première fois en 1971 par Harlin Quist, cet album est accompagné ici d’un livre documentaire Ah ! Duras. Photos, lettres, extraits de tapuscrit corrigés par Marguerite Duras... constituent une approche métalittéraire de ce texte subversif. A découvrir pour l’année du centenaire de sa naissance (1914-1996).

coup de coeur Le petit garçon qui aimait le rose / J. Taboni Misérazzi ; R. Laborde. - Des ronds dans l’O

Lorsque Luc découvre le pouvoir d’embellissement de la couleur rose, il la décline autant que faire se peut. Cela vaut pour son nouveau cartable de rentrée. Si lui est « fier et heureux », la cour de récréation bruisse d’incompréhension, de moqueries et de méchancetés. Luc ne serait plus bon qu’à jouer avec les filles...
D’abord déstabilisé par tant d’histoires, Luc aura bientôt l’occasion de remettre les choses à leur place !

coup de coeur Je, tu, il m’embête / M. Van Zeveren. - Ecole des loisirs. - (Pastel). 2013

Pour ne pas s’embêter, pourquoi ne pas embêter quelqu’un ? Une idée toute simple qui va vite dégénérer lorsque le maître s’absente de sa salle de classe. Voilà qui est fort embêtant...
La richesse de la langue française démontrée avec un humour, une facétie et une fraîcheur fort appréciables !

coup de coeur Drôles de familles / A. Valente ; A. Delrieu. - Tournez la page ; ALHERT. 2013

C’est la rentrée, la maîtresse demande aux élèves comment s’est « passé l’été avec leur famille ». Le sujet des vacances laisse immédiatement place à un panorama des familles : homoparentale, monoparentale, mixte, recomposée, placement en foyer...
Le propos est évidement très ciblé et l’illustration criarde mais l’album a le mérite de montrer la variété des situations familiales en toute spontanéité. « La seule chose qui compte, c’est d’être heureux ensemble et de s’aimer ! »

coup de coeur Et patati... Et patata / Christos ; B. Baldi. - D’un monde à l’autre

Tom est un grand bavard et ses copains d’école l’aiment plutôt bien. Ils l’ont gentiment surnommé Patati. Mais sa logorrhée finit par les fatiguer et ils en viennent à le rejeter. L’enfant est seul et désemparé jusqu’au jour où arrive une adorable petite fille sourde qui adore grimacer. Patati et Patata trouvent un parfait terrain d’entente...
La vie à l’école n’est pas simple lorsqu’on se démarque un tant soit peu mais le constat n’a rien de manichéen et de définitif dans cet album dynamique : texte et illustrations sont garants d’une vie débordante et légère.

coup de coeur Quand je vais à l’école / P . Elliott. - Ecole des loisirs. - (Pastel)

Ce n’est pas la destination qui importe mais le chemin pour l’atteindre. Aussi, en allant à l’école par les sentiers buissonniers, ce petit âne à l’âme d’artiste apprend quantité de choses essentielles pour savoir profiter de la vie. Une pédagogie certes non académique mais très réjouissante et saine !

coup de coeur La maîtresse a de grandes oreilles / N. Dargent ; M. Allag. - Milan

Une nouvelle maîtresse va venir enseigner au village ! Les parents sont d’abord inquiets qu’elle ne soit pas remplacée puis dès l’annonce de l’arrivée de la nouvelle institutrice, se désintéressent de l’affaire. Chacun étant bien trop occupé à trouver les meilleures fournitures pour leur enfant prodige. Il n’en va pas de même pour les enfants, surtout lorsque la rumeur parle "de grandes oreilles pleines de poils", "de grands bras", "de grandes jambes", "d’une grande bouche". Cela ne va pas sans rappeler un certain conte....
Album amusant, agréable à lire.

coup de coeur Attention sortie d’école / B. Legendre ; E. Houdart. - Thierry Magnier

Une sortie d’école au rythme de l’alphabet : de l’Attention qu’il faut porter en traversant les rues jusqu’aux Zygomatiques qu’il est bon de reposer après une si dure journée d’âneries... Illustrations très colorées, fourmillant de détails poétiques.

coup de coeur L’ école de Léon / S. Bloch. - Albin Michel

L’école, ce n’est pas toujours facile, même si l’institutrice a de longs cheveux de princesse. Mais comme de toutes manières, on n’y échappe pas, il vaut mieux tenter d’y trouver du plaisir. Cette histoire assez longue est à réserver aux plus grands.

Roman(s) :


coup de coeur Moostique et Tignasse, tome 1 / Pieter Koolwijk, Linde Faas. - Bayard Jeunesse, 2015

Malik est le souffre-douleur de trois de ses camarades de classe qui le surnomment Moustique en raison de sa petite taille. Mais bientôt arrive en classe Tignasse, une petite fille encore plus minuscule que lui. Les deux enfants se lient d’amitié, et grâce à l’originalité et la joie de vivre de Tignasse, Malik apprend à ne plus être une victime et à vivre différemment la situation. Joli roman, très belles illustrations. Marie Chaillet

A partir de 8 ans

coup de coeur Mes parents sont dans ma classe / Luc blanvillain. - Ecole des Loisirs (neuf), 2015

Un matin Fanny retrouve ses parents redevenus adolescents, ayant le même âge qu’elle et décidés à intégrer sa classe de sixième. D’abord inquiète puis en colère, la petite fille est bien décidée à ne pas se laisser faire, ni être espionnée toute la journée. Pourtant, peu à peu, ses "cousins" trouvent une vraie place au sein de la classe et du groupe d’amis de Fanny, et, finalement, de situations improbables à loufoques, ce n’est pas si désagréable pour elle. Le lecteur passe un très bon moment, avec une bonne dose d’humour. Marie Chaillet

A partir de 10 ans.

coup de coeur Mon frère a une tornade dans la tête, c’est grave ? L’hyperactivité / Christine Deroin. - Oskar Jeunesse (Pas de panique, c’est la vie !), 2015

Récit par un jeune garçon de l’hyperactivité de son jeune frère vu à travers le prisme de la famille et de l’école.

Lucas dialogue avec un psychologue et raconte sa vie minée par les troubles du comportement de son frère. Du déni du père à l’inquiétude de la mère, il est bien difficile pour le jeune de se situer... Faut-il que lui même devienne agité pour que ses parents arrivent enfin à le voir ?

Nous vivons avec Lucas les découvertes des particularités de son frère à travers des situations différentes : les courses, les repas, le rejet par les autres enfants...

La discussion avec le spécialiste l’amène a formuler son admiration pour ce frère différent mais aussi sa propre souffrance !

A la suite du récit, une interview avec le Dr. Gabriel Wahl pédopsychiatre permet en quelques questions claires de remettre en perspective le sujet : qu’est-ce que c’est au juste que l’hyperactivité ? Pourquoi est-ce difficile à vivre pour l’enfant et son entourage ? Et enfin comment aider l’enfant hyperactif avec une liste d’adresses utiles...

Un livre qui ne dénonce pas mais resitue dans un contexte médical le problème de ces enfants qui cumulent trouble de l’attention, agitation et impulsivité. Un ouvrage qui fait du bien, déculpabilise l’enfant, ses parents, ses enseignants et offre quelques pistes pour mieux vivre ensemble ! Marion Uteza

A partir de 12 ans

coup de coeur H.E.N.R.I a onze doigts / Yves Grevet ; Jess Pauwels. - Nathan (Premiers romans), 2014

Depuis peu Manon a un nouveau voisin de table en classe : Henri. Il vient de très loin (sûrement plus loin que tout ce que vous pouvez imaginer !), et pour l’instant ne sait qu’un mot de français : "oui". Depuis son arrivée, il se passe des choses étranges ... Dans cet épisode, Manon a la preuve qu’Henri possède bel et bien d’incroyables pouvoirs : ne vient-il pas d’ajouter un doigt à sa main pour pouvoir compter jusqu’à 11 ? Ce tome 2 de la réjouissante série d’Yves Grevet et Jess Pauwells est aussi bon que le premier ! Ewa Bochenski

A partir de 7 ans

coup de coeur Chacun son tour ! / Anne Warin ; Amandine Laprun ; - Bayard (mes premiers j’aime lire), 2015

Alexandre, un grand de CM1, a pris la figurine Polki préférée de Mathis et refuse de lui rendre. Mathis est désemparé, au point qu’il n’écoute plus rien en classe. Impossible de se confier à la maîtresse : il sait très bien qu’il est interdit d’amener des jouets en classe ! Heureusement une bonne surprise l’attend à la maison, sa cousine Lucile a apporté un livre de magie. Grâce à elle, il a une grande idée : il va se servir d’un tour de magie pour récupérer son Polki...et donner une leçon au voleur. Un bon premier petit roman très joliment illustré, qui permet d’aborder avec les plus jeunes le thème du harcèlement. Ewa Bochenski

A partir de 7 ans

coup de coeur Le journal (nul) de mes amours nulles tome 3 / Bernard Friot. - Flammarion, 2015

Dans la série du Livre de mes records nuls et du Journal de mes vacances nulles, Le Journal de mes amours nulles raconte la mésaventure de Ben obligé de tenir un journal intime pour les cours de français de Melle Dumoulin. Il y a en fait deux journaux dans ce livre : l’officiel et l’officieux (qui risque de vous faire exploser car le papier est imprégné d’une substance chimique...). Bien sûr, le sujet du devoir tourne au ridicule, d’autant qu’il sera relevé par le professeur, évalué et lu devant toute la classe, et les élèves en ont d’ailleurs bien conscience. Le héros décide alors de recopier celui tenu par sa sœur et c’est là que les malentendus commencent car elle était amoureuse d’un footballeur... Un récit amusant et facile à lire. Du Friot pur beurre ! Sandy Morel

A partir de 10 ans

coup de coeur Elliot, super-héros / Cécile Chartre. - Dacodac, Rouergue, 2015

Un peu par hasard, Elliott le chouchou de la classe se retrouve un jour puni pour la première fois, avec Gaspard et robin , les deux habitués des lignes à copier. Au moment où le directeur s’absente pour des photocopies, le néon explose, et plus rien ne sera jamais comme avant. Elliott en est sûr : désormais, il a un super pouvoir. Il sait parler chat ! Gaspard et Robin, d’abord dubitatifs, finissent eux aussi par se trouver un super pouvoir. Trois : largement de quoi constituer un gang de nouveaux super-héros, avec un super chef, des super costumes, et même, devinez quoi ? Une super mission bien sûr. Et si ça peut aider à se rapprocher de la belle Lisa c’est encore mieux. Avec son côté "Petit Nicolas" version XXIème siècle et son humour irrésistible, ce petit roman offre un très agréable moment de lecture ! Ewa Bochenski

A partir de 8 ans

coup de coeur Les autres mode d’emploi : on dit de moi que je suis différent / Sylvie Baussier. - Oskar ( court métrage), 2014

Arno jeune autiste avec le syndrome d’Asperger va passer au Collège. Nous partageons son parcours, ses craintes et ses difficultés à communiquer avec les autres. Incapable de mentir, passionné par les oiseaux, il a du mal à s’intégrer à tout nouvel environnement. Pourtant il va trouver sur sa route des adultes et des enfants capables d’entendre sa différence et de l’accepter. _ Un joli témoignage écrit par un auteur qui nous confie en postface qu’elle est maman d’un jeune adulte porteur de ce syndrome.
Elle partage son expérience en donnant voix aux pensées de l’enfant pour qui le monde est souvent incompréhensible. Cela donne un récit parfois humoristique parfois léger et surtout porteur d’espoir. Marion Uteza

A partir de 10 ans

coup de coeur L’école du tonnerre / Sylvie Deshors. - Rue du monde, 2014

Thibo est malentendant et il vient de déménager. C’est une nouvelle rentrée pour lui, dans une nouvelle école. S’il s’entend tout de suite bien avec Lou et quelques autres, en revanche, son institutrice l’a pris en grippe. Celle-ci ne sait en effet pas comment s’y prendre avec cet élève, si différent. D’autant uqe le petit garçon est loin d’être stupide (une sensibilité extrême), et qu’il a tendance à se réfugier dans son monde à lui. Jusqu’au jour où il fugue, suite à un altercation de trop avec sa maîtresse. Face à l’absence de son élève, l’enseignante prend peur, s’inquiète, et va finalement aider Thibo à s’intégrer. E surtout, il peut compter sur le soutien indéfectible de Lou, son amie-amoureuse.
J’ai vraiment bien aimé, l’histoire, les illustrations, la sensibilité du jeune garçon, son monde à part, un peu poétique... Marie Chaillet

A partir de 8 ans

coup de coeur H.E.N.R.I. a les oreilles qui bougent / Yves Grevet ; Jess Pauwells. - Nathan (Premiers romans), 2014

Un nouvel élève vient d’arriver dans la classe de Manon. Il s’appelle Henri, et comme l’a expliqué la maîtresse, il vivait à l’étranger et ne parle donc pas un mot de français. Bien vite Manon remarque que ce nouveau venu est plus étrange qu’étranger : il se produit de drôles de choses en classe, surtout lorsqu’Henri garde le regard fixe ou se met à bouger ses oreilles...Mais qui est réellement Henri ?
Une pincée de fantastique dans le quotidien de l’école, un soupçon de mystère autour des relations familières enfantines....une réjouissante série Nathan Premiers Romans par les talentueux Yves Grevet et Jess Pauwells. On en redemande ! Ewa Bochenski

A partir de 7 ans

coup de coeur La rentrée de Marcel / Christine Noyer. - Actes sud Junior Benjamin, 2014

C’est la rentrée et Marcel a très mal au ventre. Va-t-il retrouver ses amis, et surtout Hermine ? Va-t-il se retrouver dans la classe de la terrible Madame Rouchcolb ? La patience de sa maman s’use, et l’heure tourne. Il faut partir pour l’école ? Seulemen le petit garçon se sent de moins en moins bien.. Et si ce n’était pas juste l’angoisse de cette nouvelle rentrée et de ses changements ? Jolie histoire qui, ouf !, se termine bien, avec les questions (terriblement angoissantes) des enfants, leur peur de l’inconnu, et l’impatience des parents qui n’ont pas toujours l’oreille. Marie Chaillet

A partir de 6 ans

coup de coeur 3 tyrans + 1 boloss = quelle vie ! / Davide Cali. - Sarbacane, 2014

Le narrateur de ce récit nous présente les différents tyrans auxquels il a eu à faire durant sa vie scolaire de la maternelle jusqu’au collège. Il a réussi par la ruse à arrêter les 2 premiers. Quant au 3ème, était-ce réellement un tyran ?
Roman court et efficace sur la thématique du harcèlement et du racket à l’école mais sur un ton léger et décalé. Et finalement on se pose la question de qui est vraiment un tyran. Certains en ont peut-être toutes les caractéristiques en apparence mais n’est-ce pas pour cacher des faiblesses…Christelle Renaud

A partir de 11 ans

coup de coeur Tu veux savoir / J. Heliot. - Thierry Magnier. - (Nouvelles), 2013

Neuf nouvelles autour du thème du savoir. Elles sont toutes différentes mais la plupart sont désenchantées, sombres et pessimistes. Chacune évoque notre société et le rôle des machines. Nous voyons l’homme se détruire et se perdre peu à peu. Mais plus qu’un constat désespéré, c’est un appel à la réflexion que nous renvoient ces histoires.

Mes préférées sont : "Requête non valide", où un individu séquestré tente désespérément de lancer un S.O.S., "Tu veux savoir ?" dans laquelle une jeune fille espère avoir découvert un réseau magique capable de répondre à toutes les questions comme celles permettant de savoir qui nous aime ou encore la nouvelle "Les remplaçants" qui nous amène à rencontrer un enseignant...trop parfait.

"Salut, c’est moi, Ton meilleur copain@ ! Mais tu peux m’appeler plus simplement TMC, ça ne me dérange pas. Comment vas-tu ? Bien, j’espère. Tu as l’air en pleine forme. Ta journée a été bonne au collège ? Ne me mens pas, tu sais qu’il me suffit de me connecter avec le Meilleur Ami@ de ton prof principal pour connaître la vérité. Ah, tu as eu 07 à ton interro d’histoire géo... Ce n’est pas brillant ! Pourtant, on avait révisé... TMC est là pour ça. Mais toi, tu n’as rien écouté, rien enregistré. Normal, tu n’es pas configuré pour !" Ton Meilleur Copain@

Marion Uteza

A partir de 13 ans

coup de coeur La vie devant eux / Blandine Gérard. - Alice Editions (Tertio), 2014

Un lycée, somme toute banal, avec toute une galerie de professeurs et d’élèves ; des professeurs blasés voire totalement découragés comme Mme Perrot, professeur de mathématiques, qui pour apaiser sa frustration ne se prive pas de remarques humiliantes en rendant ses copies, ou des professeurs au contraire pleins de bonne volonté, mais dépourvus d’une grande autorité, comme Mme Rousseau professeur de français… Du côté des élèves, là aussi, des portraits se dessinent : issus de quartiers plus ou moins favorisés, avec des parents « poules » ou au contraire inexistants, avec les relations entre les différents groupes, etc… Mais voilà qu’en rentrant du lycée, Mme Perrot est victime d’un grave accident de voiture. Ses freins ont été sectionnés. La police mène l’enquête, et nous voyons les liens entre les élèves évoluer au fil des jours…
Un roman agréable à lire grâce au point de vue toujours extérieur (qui évite toute dramatisation de l’intrigue) et au grand sens de l’observation de l’auteur qui sait nous rendre proche tous les protagonistes. Bien sûr, la fin sera « politiquement correcte », mais pourtant, on n’éprouve pas une grande empathie pour la victime de cette histoire, surtout en regard de l’illustration de couverture choisie pour illustrer le titre : un jeune face à un mur…Florence Langlois

Madame Perot, prof de math, vient d’avoir un "accident". En fait, ses freins ont été sectionnés, et les policiers enquêtent et questionnent les lycéens. Il faut dire que cette professeur n’était pas appréciée de ses élèves, qu’elle dénigrait et enfonçait dés que possible. Seuls les bons élèves semblaient avoir une place légitime dans son cours. A travers les voix de Mounir, Adélaïde, Gaëtan et Elisa, l’histoire des ces lycéens défile, avec leurs espoirs, peurs, envies, déceptions et amours, ils jonglent entre leur famille, le lycée et l’inégalité des chances. Si certains en sortent bien égratignés et ayant laissé en route quelques illusions, tous en ressortent grandis et aguerris. Ou, quand des ados croisent l’accident, les institutions, la mort, l’amour et la prison. Marie Chaillet

A partir de 13 ans

coup de coeur Mon prince en carrosse / Sophie Rigal-Goulard. - Rageot (Petit roman), 2014

Ce lundi, quand la maîtresse annonce qu’un nouvel élève arrivera la semaine suivante et qu’il est en fauteuil roulant, un silence gêné s’installe. Eulalie et Maëlys s’imaginent que le nouvel élève doit être triste de sa situation, et pense qu’il ne pourra pas participer aux épreuves sportives des prochaines olympiades. Or, contre toute attente, elles découvrent un garçon joyeux, au regard pétillant, et qui dès le premier jour bat Léo à la course ! Et pour ne rien gâcher, il est plutôt mignon... Un petit roman très agréable qui dépoussière les idées reçues sur le handicap. Ewa Bochenski

A partir de 7 ans

coup de coeur Bienvenue au cast, aux portes du rêve / P. Perrier ; Diglee. - Rageot, 2014

J’ai bien aimé ce roman. Certes, une couverture rose et glamour qui laisse présager une histoire « rose bonbon » mais finalement pas si « niaise » que prévue. L’histoire est bien menée, les personnages sont sympathiques, on apprend pleins de choses sur le monde du spectacle et j’ai bien aimé les dessins accompagnant l’histoire. Bref, un roman qui donne envie de lire du Racine, de chanter « j’avais rêvé d’une autre vie » et même de faire de la danse classique. Coralie Bernat

Pauline intègre le Centre des Arts du Spectacle, option comédie musicale. C’est sa première année, elle est en seconde, et nous découvrons avec elle les caractéristiques de cette école très particulière. Il y a bien sûr les autres élèves, tous passionnés et motivés qui amènent une ambiance unique faite de camaraderie mais aussi de tension : emploi du temps lourd, fortes exigences des enseignants, stress et compétition. Dès le premier jour, le directeur annonce un casting pour une comédie musicale. Quelle place aura Pauline ? Va t-telle réussir à s’intégrer dans l’école ?
Le livre est très complet et réaliste. On découvre les différentes matières et les divers métiers du monde du spectacle. L’ambiance, digne de la star académie est très bien rendu. L’accroche du lecteur par la rencontre entre l’héroïne et ses camarades de chambre fonctionne bien. Un livre qui a su me séduire ! Marion Uteza

Une jeune fille, Pauline, va entrer dans une école d’art. Elle va rencontrer d’autres jeunes avec qui elle a quinze jours pour présenter un spectacle . J’ai trouvé l’histoire banale et les personnages pas assez marqués. Les illustrations sont bien et il y a beaucoup de dialogues comme dans une pièce de théâtre. Lou, 5ème (Collège Lumière)

Cette fabuleuse histoire commence aux portes d’un immense bâtiment, le Cast, l’école de l’art du spectacle la plus renommée de France. Une future artiste, Pauline, s’engage dans le sentier semé d’embuches vers la célébrité. Alors qu’elle commence à s’habituer à ses nouveaux professeurs et à ses amis, elle découvre que cette année la barre a été mise très haute : un casting a été mis en place avec un délai de 15 jours. Un gros problème plane sur les filles : il n’y aura pas assez de rôles pour elles toutes… J’ai toujours adoré ce style de livres. Celui-là est plutôt moyen car j’ai eu du mal à accrocher quand je suis arrivée vers le milieu… et c’est en partie à cause des didascalies. Les illustrations sont très belles même si ce sont toujours les mêmes au fil de l’histoire… J’ai donc trouvé ce livre bien, mais sans plus…Ilona, 12 ans

A partir de 11 ans

coup de coeur Trac aux trousses / Yves Hughes. - Mini Syros (théâtre à jouer), 2014

Demain, c’est la rentrée des classes, et à l’intérieur de la trousse on n’en mène pas large. Crayon n’aime pas travailler, Trombone est tout détordu, Compas rêve de tracer une ligne droite, Colle en pot dégouline, Stylo-Plume joue les petits chefs….L’ambiance est fébrile et mouvementée ! Règlements de comptes en tout genre ou complicité solidaire, trac paralysant, rêves les plus fous, questions existentielles…tout ce petit monde bruisse à qui mieux mieux, jusqu’au petit matin du jour J. Prêts ?

Publié dans la collection "théâtre à jouer", cette petite pièce est également savoureuse en simple lecture (à une ou plusieurs voix). C’est vif, pétillant, très amusant. On savoure les jeux de mots comme les questionnements plus profonds de ce petit peuple des cartables. Ewa Bochenski

A partir de 7 ans

coup de coeur Faut jouer le jeu / Esmé Planchon. - Ecole des Loisirs (Médium), 2014

Un gros coup de coeur ! Terminale L, la pression du bac, la passion pour les livres. Solange trace son chemin dans les sinuosités de sa dernière année de lycée quand, tout à coup, au détour d’un ennui et d’une porte, elle tombe sur un camarade de classe et son frère qui "jouent le jeu". Et voila comment elle "entre dans la fiction". Au menu, princesse aux cheveux rouges dans un HLM de 26 étages, potagers surprises et comédies musicales. Car la vie ne vaut la peine d’être vécue que si on la joue à fond. Roman tour à tour attendrissant, bouleversant et angoissant, "Faut jouer le jeu" nous oblige à regarder le monde sans œillères, à oublier ce tigre d’admission post-bac et à découvrir l’amour, sans frontières, avec ou sans robes de Temps, de Soleil et de Lune. Et vive les comédies musicales, car la vie n’est décidément plus belle que quand elle est dansée, chantée ou rêvée ! Marie Grandgirard

A partir de 12 ans

coup de coeur Moins que zero / V. Marais. - Oskar (La vie), 2014

Elodie est une petite fille trop sage, bien habillée, bien coiffée, qui ne dérange rien ni personne, que tout le monde apprécie mais que personne ne voit vraiment . Kevin, lui, est le cancre par excellence que toute la classe déteste. Ces 2 là s’apprivoisent, Elodie révélant aux yeux de tous les talents cachés de Kevin et Kevin amenant de la vie et de la folie dans la vie bien trop cadrée d’Elodie. Très bon roman où les contraires (pas si différent au fond) s’attirent et se révèlent. Histoire vivante, touchante et sur fonds familial compliqué : couple qui divorce et un père détenu et donc absent. Julie Feuvrier

J’ai bien aimé l’alternance des points de vue par chapitre : d’un côté Elodie, la petite fille modèle, et de l’autre Kévin, le cancre. Au départ, on a l’impression que rien ne va les rapprocher mais un délit à la bibliothèque de l’école va permettre à l’auteur d’en faire un « duo de choc ». Kevin va diriger un projet de film dans la classe, ce qui le met en valeur. Ensuite, il est accusé de vol mais les coupables vont finir par se dénoncer. Tout se termine bien, Elodie et Kevin sont très amis. C’est un livre divertissant pour les plus jeunes. Nathalie Bertin.

A partir de 10 ans

coup de coeur Banzaï Sakura / V. Delamarre Bellégo. - Oskar. - (Aventures)

Jo raconte dans son nouveau journal le harcèlement dont a été victime Sakura, jeune japonaise, à son arrivée dans la classe et comment elle a réussi, avec l’aide d’autres enfants, à le faire cesser. Sakura est d’un milieu aisé et elle est très fiere de son origine. Cette base solide va l’amener à réussir à s’intégrer dans sa classe en dépit de l’hostilité constante de Fabio. Elle va se servir de sa culture, de ses contes et légendes pour renverser la situation...

Un message positif, un récit gai, et une écriture simple m’ont convaincue ! Sakura se dessine devant nous en même temps qu’elle s’oppose aux préjugés de son camarade. Le lecteur apprend des mots japonais, et certains éléments de cette culture mais c’est aussi l’occasion de retrouver des expressions françaises. Un récit frais et intelligent ! J’aime Marion Uteza

A partir de 10 ans

coup de coeur Je ne veux pas lire ! Quitterie Simon ; Hervé Le Goff. - Milan Poche Benjamin. 2014

C’est bien connu, au CP, on apprend à lire. Quelle catastrophe ! Lili a bien trop peur que ses parents ne lui racontent plus l’histoire du soir si elle sait lire toute seule ! Alors elle prend une grande décision. Au CP, elle n’apprendra qu’à compter. Savoir compter des moutons pour devenir bergère. Seulement voilà...c’est la lecture qui lui vient l’air de rien, petit à petit, en déchiffrant un titre, en comprenant un menu...et lorsqu’il s’agit de consoler son petit frère, Lili n’hésite plus : c’est avec une histoire entière ! Et finalement, si ça n’était pas si terrible ? Et puis ça n’empêche pas les câlins de papa et maman, non ? Ni de garder les moutons ? Un joli petit récit qui permet d’aborder en douceur, avec humour et tendresse, les peurs et les doutes du grand saut en primaire, et le cheminement vers l’autonomie. Ewa Bochenski

Première lecture

coup de coeur La malédiction des bras cassés / C. Claire. - Oskar. - (Polar). 2014

Marjorie s’est cassé le bras et toute sa classe est aux petits soins pour elle : on porte son sac, on lui met son manteau, tout le monde l’entoure à la récréation et même la maîtresse lui recopie ses leçons dans son cahier. Elle, la première de la classe qui jusqu’à présent était tenue un peu à l’écart, devient soudain la fille la plus populaire de l’école. Mais lorsqu’il arrive la même chose à Tom, cette fois, les camarades un peu las repartent à leurs occupations ! Les deux enfants, désoeuvrés, se voient confier par le directeur de l’école la tâche délicate d’aller faire quelques photocopies au sous-sol…c’est alors qu’ils se retrouvent embarqués bien malgré eux dans une course poursuite avec de dangereux délinquants, après avoir presque assistés à une tentative de meurtre... Un petit roman au rythme enlevé, dont l’humour et les péripéties - malgré quelques invraisemblances - raviront les plus jeunes.

coup de coeur Cette fille est différente / J.J. Johnson. - Alice. - (Tertio). 2014

Evi est une fille pas banale : elle vit seule avec sa mère dans une maison-tente écologique qu’elles ont construite elles-mêmes, une vache, des poules… La mère d’Evi a en effet des convictions politiques et écologiques très affirmées, et a fait le choix de scolariser sa fille à domicile. Pour son année de terminale, Evi a décidé de « réintégrer » un cursus scolaire normal – pour se préparer à la fac - et va donc au lycée pour un an. Son professeur de philosophie semble apprécier cette nouvelle élève, toujours prête à participer et à débattre. Mais son caractère affirmé et son habitude à défendre les idées qu’elle pense justes ne vont pas toujours lui rendre la vie facile… Cette histoire est drôle et accrocheuse, les personnages originaux et les actions s’enchaînent jusqu’au dénouement. On suit avec intérêt l’évolution d’Evi, qui nous montre combien l’univers scolaire peut être étouffant en formatant les esprits, mais qui va apprendre aussi à reconnaître les limites de la liberté d’expression.

A partir de 15 ans

coup de coeur Tout va bien / E. Kavian. - Mijade. 2014

Dernier volet de la trilogie autour de Sophie et Gauthier (ou Homère !). Il devait être leur récit d’une romance commune en vacances loin des parents mais leur plan a lamentablement échoué. Gauthier se retrouve à Rome, Sophie reste chez elle et accueille un américain au prénom étrange : Dakota. Voilà de quoi mettre leur amour tout neuf à l’épreuve. Gauthier se dit que peut-être il pourrait profiter de cette liberté pour parfaire ou disons-le, initier sa vie sexuelle. Sophie se demande s’il est normal qu’elle confie à cet ami tout neuf des choses qu’elle n’a jamais dites à son petit ami.
Un amour déjà à l’épreuve des doutes… Mais ils se sont engagés à s’écrire souvent, à conclure par un Tout va bien destiné à se rassurer l’un l’autre. Dans cet échange, le lien est maintenu et tout reste possible même si nos deux tourtereaux empruntent des chemins bien différents : Sophie s’avoue et confie enfin qu’elle fait une dépression ; Gauthier fait le tri entre l’appel de ses hormones et ses sentiments profonds et nous pourrons bientôt conclure avec l’auteur : Tout va bien, au-delà des difficultés !
Autre lecture
L’auberge espagnole version ados. Mais pas seulement...
Gauthier est envoyé à l’étranger afin de s’ouvrir aux autres et découvrir une autre culture. Il voulait voir New York avec Sophie. Ce sera Rome, logé avec une islandaise, un chypriote, une espagnole et Klaus... mais sans Sophie, obligée de rester accueillir une américaine quinze jours chez elle.
Les problèmes très vite se multiplient. Dakota se révèle être un jeune homme, empreint de nature et de liberté. La logeuse italienne de Gauthier est gentille et agréable. Mais pourquoi ne leur donne-t-elle presque rien à manger ?
Gauthier dérive au milieu de la ville éternelle et des tentations de sa libido tandis que sa petite amie s’interroge sur sa capacité à se sociabiliser. Comme le rhinocéros de Ionesco, est-elle condamnée à vivre seule ? La cohabitation forcée avec le jeune américain va l’aider à comprendre que le rejet subi n’est en rien inéluctable.
Un roman qui clôt la trilogie de nos deux jeunes héros découverts dans Premier chagrin et poursuivie dans La conséquence de mes actes. Vivre en groupe, ne ressembler à personne, un équilibre difficile à concilier à l’âge de l’entrée dans la vie adulte. « Je ne suis pas un rhinocéros, tout va bien ».
Un livre pour rire, discuter et réfléchir. A lire.
« Ma mère nous a fait le coup des classes de patrimoine. Plombant. Quand je pense que tu es à Rome. J’espère que le charme de Dak va opérer sur maman et que nous irons à Paris, dès que mes joues seront redevenues roses par exemple. Super mini coup de blues mais ne t’inquiète pas, tout va bien »

coup de coeur Comme des images / C. Beauvais. - Sarbacane. 2014

« I. Il y a un corps dans la cour du lycée Henri IV. » Le ton est donné, le drame se déroule en un puzzle implacable.
Ils sont obsédés par leurs notes, leurs études, leur carrière. Issus d’un lycée select parisien, aucun échec ne leur est permis. Passer en ES est un naufrage, que dire de la filière L… Derrière l’excellence, l’ambition et la supériorité affichée, on découvre un univers d’une violence inouïe. Les dialogues sont acerbes, mauvais, pervers même mais les réactions impavides. Acceptation placide d’un univers déshumanisé là où devraient éclater le scandale, l’indignation, la révolte.
Seule Iseult s’émeut de tout ce qui ne tourne pas rond ces derniers temps : sa sœur jumelle Léo qui se joue de la narratrice et la traite comme une copine kleenex ; qui se fait humilier lorsqu’est divulguée à la vue de tous une vidéo très intime ; et cette narratrice amoureuse qui perd tout sens critique... Iseult observe, Iseult tente d’éveiller les consciences mais le monde continue sa course inexorable.
Après La pouilleuse, Clémentine Beauvais poursuit l’observation d’une jeunesse privilégiée mais désincarnée. La fin semble toutefois moins noire, avec cette narratrice qui espère bien fabriquer « quelque chose de plus vrai, de plus beau, de plus logique, dans ce grand monde de macadam. »

A partir de 14 ans

coup de coeur C’est pas grave / J. Hoestland. - Milan. - (Macadam). 2014

Je, Chloé, narratrice du roman. Tu, Mathis, qui rompt, tel un goujat. Il, le père parti pour une plus jeune. Elle, telle qu’elle s’imagine, se rêve. On, Liza et elle, censées être amies, avant la trahison. Nous, elle et sa mamie, confidentes. Vous, le professeur si stimulant…
Des pronoms comme autant de personnes qui influent sur la vie de Chloé. Elle en bave, Chloé, mais malgré les crasses, les désillusions, les vacheries de la vie, elle reste une survival ! C’est pas grave tout ça ! « A quoi bon grandir, apprendre, aimer, faire des enfants à quoi bon faire ce que tout le monde fait pourtant si rien ne change jamais ? » Peut-être parce que finalement, la vie réserve toujours de bonnes surprises...Julie Feuvrier

Portrait d’une jeune fille de banlieue sous différents angles : la famille, les copains et l’école. Chloé a un moral d’enfer, elle pense être une "survival" et affronte tous les problèmes avec philosophie. Une mère trop présente, un père absent, un petit-copain irrespectueux, des enseignants qui croient en leurs élèves, et une cité omniprésente. Un coup de colère ou un nouveau départ ? La fragmentation de l’histoire en tableaux, en moments de vie empêche le lecteur de s’immerger complètement dans la vie de Cholé. La vision finale de la banlieue comme un lieu où l’on vie, où l’on aime, où l’on veut rester m’a un peu surpris. Enfin, j’ai trouvé que l’écriture restait en décalage par rapport à la parole d’un jeune. Au final, un livre en demi-teinte d’un auteur que j’apprécie beaucoup. Marion Uteza

A partir de 12 ans

coup de coeur Le sens de l’honneur / R. Godel. - Oskar. - (Court métrage). 2014

Yvan, qui a tué Sandra ; Pauline, la sœur d’Yvan ; Thomas, petit ami de Pauline ; Sandra victime et déclencheur du drame. Tous se partagent les chapitres de ce court roman pour expliquer comment une histoire de rivalité amoureuse bascule dans la mort. Inspiré d’un fait divers, cette histoire dramatique montre les conséquences terribles des préjugés. S’aimer ne devrait jamais être honteux ; pourtant, cet amour-là, secret puis révélé dans la haine, causera la mort. Un gâchis dû à la bêtise ordinaire.

coup de coeur Dis-moi qu’il y a un ouragan / F. Emont. - Gallimard. - (Scripto). 2014

Lea est sur ses gardes. Nouvelle ville, nouvel établissement scolaire en cours d’année, elle doit s’intégrer sans que ne soient mises au jour les raisons de sa "fuite". Elle se retrouve en atelier d’art visuel avec trois loosers et une pimbêche punie pour son retard. Ensemble, ils vont devoir réaliser un mini film avec leur appareil portable. Les personnalités se révèlent et Léa, au tempérament affirmé, ne peut rester longtemps sur la réserve qu’elle s’était fixée comme ligne de conduite.
La méfiance qui sous-tendait tout le petit groupe laisse bientôt place à une vraie solidarité et une compréhension des problèmes de chacun qui abolit les frontières.
La personnalité de Léa, franche, généreuse et volontaire, agit comme un catalyseur sur le petit groupe et l’on s’attache facilement aux problèmes de chacun. Avec Lea, les problèmes n’en seront d’ailleurs bientôt plus !
Fabrice Emont nous présente ici la naissance de son premier roman.
Autre lecture
Parce qu’ils doivent réaliser une vidéo scolaire ensemble, cinq adolescents différents sont obligés de s’unir. Moussa est bouddhiste, Pauline a peur des germes, Quentin est poète, Jennifer est la bombe du lycée et notre héroïne, Léa, tente de refaire sa vie dans un nouvel établissement. Nous suivons l’évolution des relations entre les personnages. A la clé pour le groupe vidéaste vainqueur, une visite de studio et la rencontre avec un acteur célèbre. Comment le groupe va-t-il arriver à s’entendre ?
Un roman intéressant par l’écriture notamment dans sa manière de travailler les personnages et leurs blessures profondes tout en gardant une certaine hauteur grâce à l’ humour. Par contre l’histoire de la vidéo, très présente dans le récit est pourtant peu décrite au final. Beaucoup de situations sont improbables mais le livre s’avère cependant agréable à lire. Un bon roman sur les relations entre adolescents.
« On a tous des secrets, ai-je dit pour changer de sujets sans vraiment changer de sujet. Des secrets intimes qui ne regardent personne, et aussi des secrets qui ont besoin de sortir mais qui restent coincés dans la gorge. Le tout, c’est de choisir ce qu’on veut dire ou pas. Moi, je veux bien te dire que c’est justement parce que des secrets ne sont pas restés secrets que j’ai dû partir. Voilà. »
Playslit du livre : http://www.deezer.com/playlist/139268071

A partir de 13 ans

coup de coeur Une voix en nord / V. Petit. - Oskar. - (La vie)

Marco a de grosses difficultés pour apprendre à lire. Le maître suggère a sa mère de l’aider chaque soir mais « tu ne préfères pas qu’on écoute Cloclo ? » répond-elle le soir… Marco comprend bientôt que sa mère n’est « pas finie », que ce sont ses 2 aînés qui gèrent le quotidien. Leur mère ne sait pas lire, Marco doit-il, pas fidélité, par loyauté, refuser d’apprendre à lire ? Doit-il continuer « comme maintenant à (se) méfier des lettres et des mots ? » Heureusement, Marco a un autre talent, une voix incroyable qui le mène à un concours de jeunes talents. Mais là comme ailleurs, savoir lire est nécessaire. Quel dilemme…
Le petit garçon est pris en tenaille, refusant de devenir comme ses aînés -responsables mais trop souvent moqueurs- mais tellement désireux de chanter et d’être reconnu… Les accents un peu naïfs par moments n’enlèvent rien à la sympathie qu’inspire ce jeune héros.
Autre lecture Marco adore chanter mais il ne sait toujours pas lire. Son enseignant demande à sa mère de l’aider mais celle-ci préfère l’inciter à écouter de la musique. Alors que les autres élèves se moquent souvent de lui, il devient soudain la coqueluche de l’école en raison de sa participation à un concours de chant télévisuel. Mais lorsqu’on lui tend les paroles d’une chanson à apprendre, Marco voit un gouffre s’ouvrir à ses pieds. Pris dans un conflit de loyauté, le héros ne sait plus s’il est autorisé à grandir. C’est la confrontation avec le monde extérieur qui va l’obliger à sortir de la cage où il s’était enfermé... Un très beau roman sur l’illettrisme, ses causes, ses conséquences.
« - Il n’est pas là, maman, je dis.
- Alors il faudra attendre qu’il rentre, répond maman. Moi je ne peux pas lire, j’ai perdu mes lunettes. J’entends Laura Ricaner du fond de son canapé.
- Et c’est vrai que j’ai beau me fouiller la mémoire, je n’ai encore jamais vu maman avec des lunettes.
 »

coup de coeur Sujet : Tragédie / E. Laban. - Gallimard. 2014

Lorsqu’on arrive en terminale à Irving, on se voit attribuer une chambre, et l’élève qui habitait ladite chambre laisse un “trésor” à son successeur. Duncan est impatient, anxieux, son pressentiment se vérifie : il hérite de la chambre de Tim (Macbeth !).
Tim l’albinos, habitué à être rejeté mais qui espérait trouver un peu de répit dans ce nouvel établissement dont la devise est « Entre ici pour être et te faire un ami ».
Tim amoureux de Vanessa, elle-même en couple avec l’irascible Patrick.
Tim dont l’année de terminale s’est achevée en fiasco...
Il a laissé pour “trésor” une pile de CD qui racontent cette année… Duncan a joué un rôle dans cette histoire et renâcle à s’y replonger, préfère roucouler avec Daisy...
C’est donc le récit d’une tragédie annoncée qui se déroule en chapitres alternés, dans une tension proportionnelle à la sympathie que nous inspirent les héros. Le sujet de devoir des terminales étant la tragédie, ils vont trouver matière à alimenter leur dissertation…
Une tragédie est une œuvre littéraire dans laquelle le personnage principal « souffre beaucoup et se retrouve acculé à sa perte. En général cette souffrance, cette perte, surviennent du fait de la tare ou de la faiblesse du personnage principal et de son incapacité à gérer le sort qui lui a été réservé ». Tim et Duncan n’auront pas les mêmes capacités à « gérer ce sort »…
Un roman difficile à lâcher qui nous interroge sur la portée de nos actes, notre responsabilité, sur la confiance en soi. En somme, sur la maîtrise que l’on peut avoir de son destin.

coup de coeur La musique, c’est toute ma vie (L’amour, très peu pour moi) / J. Bloss. - Bayard. - (Sublime idylle). 2014

Ellie est obsédée par la fanfare ; chef de section des trompettistes, elle exige de la part de ses musiciens une discipline très sévère. Pas question d’un faux pas sous ses ordres, pas question non plus d’exécuter son solo autrement qu’à la perfection. Mais Connors est arrivé et tout s’est déréglé. Connors est « canon », Connors est « sexy » et les remparts qu’Ellie s’est construits depuis des années, suite à une expérience humiliante qui fit les choux gras de tout l’établissement, faiblissent dangereusement. Se laissera-t-elle finalement aller à l’amour ? Pour entendre les quolibets dans les couloirs : une terminale sort avec un élève de seconde ?!?
« J’ai la trouille, me suis-je avoué. Je meurs de trouille de ne pas être celle que j’ai toujours cru être. Et je m’accroche comme une folle à cette vieille image devant les autres, incapable d’affronter leurs regards. » Ellie chemine, aux côtés d’un Connors patient et très mature, et entourée de ses amis non moins exemplaires. Et la jeune fille égoïste et un brin psychorigide devient tout doucement sympathique.
Lecture légère et plaisante d’un titre de la nouvelle collection de Bayard, Sublime idylle, qui entend « faire battre le cœur des jeunes lectrices » avec ses « romans d’amour pour les plus de 11 ans. »
Autre lecture
Après une expérience amère et humiliante, Ellie, 17 ans, tire un trait sur l’amour et consacre tout son temps à sa passion : la musique. Obsédée par la fanfare, elle s’entête à repousser les gens autour d’elle, et refuse tout d’abord l’amour du beau et sensible Connor - qui pourtant fait battre son cœur - et ira jusqu’à être odieuse avec lui et trahir sa confiance. Comment peut-elle concilier amour et musique alors que ce jeune homme lui fait rater le solo de trompette qu’elle prépare depuis des mois ? Mais alors qu’elle se rapproche de plus en plus de Connor, voilà que son ancien amour de collège refait surface...
Ce roman nous plonge au cœur des bouleversements sentimentaux adolescents, explore les difficultés à aimer l’autre. Cette jeune fille, caractérielle, dominante et quelque peu brute, porte cependant le masque d’une grande sensibilité, d’un besoin d’amour et de reconnaissance évidents.

coup de coeur La migration des canards / E. Gonçalves. - Ecole des loisirs. - (Théâtre)

Cette pièce de théâtre raconte la souffrance d’une fille d’immigrés, gardiens d’immeuble. Son père-tyran croit pouvoir offrir un avenir meilleur à cette écolière de dix ans en employant des mesures coercitives, il l’isole et voyant que cela n’aboutit à rien, la frappe. Il maltraite aussi la mère qu’il juge responsable de cette situation.
Meurtrie par la souffrance et la solitude forcée, l’enfant se mure peu à peu dans le silence et entre dans une spirale d’échec scolaire.
Une façon singulière et percutante d’aborder le thème de la maltraitance et de la tyrannie dans la cellule familiale.
Autre lecture
Un père issu de l’immigration se sert de la violence en croyant ainsi permettre à sa fille d’échapper à sa condition sociale. Pas de vacances, pas de sortie mais une vie rythmée par les coups. La stratégie mise en place par le père pour éviter la différence ne réussit même pas à empêcher celle-ci d’éclater à l’école... Que reste-t-il à l’enfant ?
L’auteur de cette pièce de théâtre nous fait entendre tour à tour trois voix : celles des parents et celle de l’enfant. Les mots sont terribles. Il n’y a pas de jugement mais un simple constat. Chacun campe son rôle et il ne reste à la petite fille que le vol des canards sauvages pour laisser un peu d’espoir dans cette tragédie.
« L’enfant sait que le père est capable de beaucoup
Le père est fort et courageux
Le père agit quand il faut
Le père est pragmatique
Il varie le nombre de coup
Leur intensité
Le matériel
L’ endroit de la frappe selon la faute à corriger
 »

coup de coeur Mamie passe le bac / G. Constant. - Oskar. - (La vie)

Un bon point pour ce livre qui se lit facilement et qui est loin d’être monotone grâce à des formes d’écriture différentes : journal intime, boîte mail, conversation sur Facebook, blog… Nous avons ainsi différents points de vue exposés : Maelys l’adolescente, Mady la grand-mère et « Marie Rose » la mère. L’histoire se déroule sur une année scolaire et on retrouve les préoccupations habituelles des adolescents : amour, amitié, réussite scolaire… Les personnages sont sympathiques, en particulier la grand-mère qui aime la vie.
Autre lecture
Maëlys doit passer le bac de français mais sa préoccupation principale est de se faire aimer par Maxence. Sa vie est un sac de nœuds avec sa mère blogueuse, son père divorcé qui tente de refaire sa vie et sa mamie qui décide de s’inscrire au bac. Nous suivons ses échanges, souvent exaspérés, à travers Facebook, ses sms, ses mails ou encore lettres et cartes postales...
La diversité des écritures et la mise en page aérée font de la lecture du livre un vrai moment de plaisir. Pas de situation invraisemblable, si ce n’est le cumul de difficultés qui attendent l’héroïne. L’opposition entre les motivations de la mamie et le manque de motivation de l’adolescente pour le scolaire est très bien analysée. Une question de notion du temps, sans doute ! A lire !
« Je suis bonne pour m’inscrire sur Viedemerde.fr : "Mon père a largué ma mère pour une fille qui pourrait être ma grande sœur, ma mère raconte sa vie sur un blog, et ma grand-mère passe le bac à 76 ans." Qui dit mieux ? »

coup de coeur Double jeu / J.-F. Blondel. - Actes sud junior. 2013

Les romans de Jean Philippe Blondel traitent toujours du même sujet : l’adolescence. Ses histoires mettent donc en scène la rupture avec l’enfance et la difficile entrée dans le monde des adultes que les jeunes voient bien souvent comme des ennemis plutôt que des soutiens. Dans Double jeu, Quentin est obligé de changer de lycée car il s’est fait un peu trop remarquer dans le précédent. Changement complet de décor puisqu’il passe d’un lycée de banlieue à un lycée de quartier bourgeois. Il se sent perdu au milieu de ces jeunes qui sont loin d’avoir la même vie. En effet chez lui tout est morose, son père dépressif et sa mère découragée et fatiguée. Très souvent il aurait envie de tout quitter mais il a une jeune sœur qui est son petit soleil et c’est surtout pour elle qu’il veut s’accrocher. Par ailleurs il a la chance d’être dans la classe d’une professeur de français atypique qui va l’enrôler dans une pièce de théâtre dont le héros principal est très proche de lui. Ce roman est très bien écrit, émouvant et positif.
Autre lecture
Quentin a eu des problèmes de discipline dans son ancien collège et se retrouve dans un établissement qui n’a rien à voir avec son quartier d’origine : le voici propulsé dans un milieu huppé (il y a même une "option théâtre" !), avec des élèves et des profs qui le toisent comme un élément perturbateur. Seule la prof de français ne semble pas intimidée par l’arrogance de Quentin et l’invite à rejoindre la troupe jouer La Ménagerie de verre de Tennessee Williams.
Quentin se retrouve à jouer double jeu : issu d’un quartier défavorisé, entouré de parents complètement absorbés par leur travail et d’amis en prise avec la justice, Quentin doit se familiariser avec ce milieu aux codes si différents. Changer, s’adapter, rester fidèle à soi-même, aux autres (son meilleur ami, sa petite sœur, si attachante), trouver sa voie sans plus jouer de rôle si ce n’est au théâtre, voilà le défi que va devoir relever notre héros. Il nous offre en cela un beau parcours semé de doutes, d’erreurs constructrices, de rencontres fondatrices…
Un roman intéressant avec une narration en je, sur plusieurs mois, avec ellipses.

coup de coeur Mon frère est une sorcière / A. Tiercelin. - Rouergue. - (Dacodac)

Arnaud, pendant une semaine, aura une maîtresse à la place de son maître tant apprécié. Très vite, il se met en tête qu’elle est en réalité une sorcière... Son frère lui donne le mode d’emploi pour le protéger, lui et tous les enfants, de ses redoutables pouvoirs. Inquiet, Arnaud suit les consignes à la lettre : mettre un polo rose, manger de l’ail…
La relation entre les 2 frères est à la fois touchante lorsqu’ils évoquent l’amour qu’Arnaud découvre tout juste, et un brin cruelle lorsque l’aîné se moque du petit. Mais au final, on rit de la naïveté d’Arnaud, rassurés de le voir se consoler dans les bras de Lucie.

coup de coeur Le baiser de l’araignée / R. Judenne. - Oskar. 2013

Ozlem, une collégienne d’origine turque âgée de 14-15 ans, disparaît. Son frère prévient la police mais la famille ne fait pas de déposition. Le commissaire Deflaw décide une garde à vue de Romain Larbier, violeur récidiviste libéré depuis peu. Le commissaire le relâche faute de preuves solides. Le coupable est trop idéal et il ne veut surtout pas être mis en cause par sa hiérarchie pour erreur judiciaire. Leroy, son bras droit -et narrateur de l’histoire- a des doutes sur Larbier et ne peut s’empêcher de garder un œil sur lui. Il fait connaissance avec Vanessa, la meilleure amie d’Ozlem, qui n’a pas sa langue dans sa poche et qu’il voit souvent en compagnie de Larbier.
Les doutes de Leroy et son humour rendent le personnage sympathique. Vanessa est une jeune fille déconcertante et attachante. Elle fait preuve d’une grande maturité et porte sur les adultes un regard lucide et parfois amusé. C’est un personnage original qui échappe aux stéréotypes.
Un bon moment de lecture que ce polar où la psychologie des personnages joue un rôle important, dans la tradition de Fred Vargas et en jeunesse Claire Mazard.

coup de coeur Le journal malgré lui de Henry K. Larsen / S. Nielsen. - Hélium. 2013

Henry doit s’habituer à sa nouvelle vie : nouvel appartement, nouveaux voisins, nouveau collège, et un psy bizarre. Il doit surtout intégrer une nouvelle configuration familiale : son frère est mort, sa mère est soignée pour dépression dans une autre ville. Restent son père et lui, qui tentent de retrouver un semblant de vie. Henry se méfie de tout, de tous, mais se laisse malgré tout prendre à la consigne de son psy d’écrire ce qu’il ressent dans son journal. C’est ainsi que l’on découvrira les circonstances du drame qui a touché sa famille, et surtout ses terribles répercussions. Leur chance ? Être entourés de personnages atypiques, eux-mêmes en souffrance, qui en s’unissant bientôt autour d’un projet commun vont retrouver une confiance en la vie.
Un roman à la fois poignant dans la violence qu’il décrit et très positif : aucun traumatisme, aussi violent soit-il, n’est insurmontable lorsqu’on s’ouvre à l’amitié et à la solidarité.

coup de coeur La liste / S. Vivian. - Nathan

Chaque année, un mois après la rentrée, le lycée de Mount Washington vibre autour d’une liste. Pour chaque niveau scolaire, « la plus moche » et « la plus belle » sont distinguées. Car oui il n’y a que des filles. L’auteur de la liste ? Inconnu. Les conséquences ? Des ravages, des deux côtés. « Quelqu’un s’est permis de vous sortir du lot, de vous coller une étiquette et de vous réduire arbitrairement à votre dimension la plus superficielle. »
Nous suivons les 8 jeunes filles depuis la publication de la liste jusqu’au bal de rentrée, une semaine plus tard. Il faut soi-même encaisser la nouvelle et surtout gérer les réactions des autres élèves. Plus que jamais à cet âge où l’on se construit dans le regard des autres, cette épreuve de la liste n’est pas sans conséquences. Et le besoin de reconnaissance bride toute sincérité et corrompt toute spontanéité.
Le style n’est pas des plus recherchés, qui suit au jour le jour les réactions des jeunes filles et il est beaucoup question de tenues, maquillage, coiffure, silhouettes... mais tous ces artifices laissent entrevoir les doutes, les failles, les solitudes aussi.

Autre lecture
Être sur la liste comme étant une des plus belles ou des plus moches filles du lycée, voilà ce qui arrive à nos fausses héroïnes. Elles se révèlent toutes affectées par cette nomination. Mais c’est pour Jennifer, nommée pour la quatrième fois la plus moche fille en quatre ans, que l’épreuve risque d’être le plus difficile... C’est sans compter sur le nouveau proviseur qui a décidé de trouver le responsable et de faire cesser cette terrible tradition...
Un roman aux nombreux personnages, plus à plaindre les uns que les autres, qui a le mérite d’évoquer la dictature de l’apparence et ses méfaits : manque de confiance en soi, anorexie ou encore fausses amitiés... Les faits évoqués sont souvent cruels et sonnent vrais. Un récit qui fait réfléchir et il est difficile à la fin de l’ouvrage, au dénouement inattendu, de prendre position pour ou contre l’attitude de certaines filles. Reste la morale qui revient à plusieurs moments de l’histoire : le plus important n’est pas le regard porté par la collectivité sur une personne à un moment donné mais les liens personnels que l’on tisse au fur et à mesure de notre existence... Un livre à, contre toute attente, méditer !
« Dans quelques années, tout le monde aura oublié ce bal, tout le monde aura oublié qui était la reine. Ce dont vous vous souviendrez, c’est de vos amis, des liens que vous aurez tissés. C’est à ces choses-là qu’il faut s’accrocher. »

Autre lecture Cette histoire se passe dans le lycée de Hount Washington. Tous les ans, deux filles sontsélectionnées par des personnes inconnues, qui font La Liste. Dans chaque niveau, la plus moche et la plus belle sont nommées. En 3ème, Danielle alias Dan the Man qui remporte le prix de la plus moche et Abby, très coquette, l’opposée de sa soeur aînée, pour la plus belle. En seconde, Candace, une peste de première devient la plus moche face à Lauren, une nouvelle, d’une beauté naturelle. En 1ère, c’est Sarah qui -on dirait- fait tout pour être la plus moche, et Bridget qui a perdu beaucoup de poids pendant l’été. Et pour finir en classe de terminale, pour la 4ème année consécutive Jennifer pour la plus moche et pour la plus belle, la future reine de la rentrée, Margo.
Mais QUI est derrière cette liste affichée partout dans le lycée, avec ce fameux tampon qui avait été volé il y a une dizaine d’années (devenu maintenant une pièce de contrebande) ?
Découvrez les sentiments et le quotidien des huit filles qui devront faire avec et en tirer parti si possible. Ce livre est très amusant, tout en parlant de choses sensibles mais en restant dans la vie des lycéennes. Nina, 14 ans.

coup de coeur Une nuit d’angoisse / C. Bouvier. - Oskar. - (Polar)

Tomy vient de déménager et s’effraie de la rentrée qui a lieu le lendemain. Il a passé en revue les solutions pour éviter le jour tant redouté et n’envisage plus qu’une option : la fugue ! Le voici donc dans les rues de sa nouvelle ville, en pleine nuit, avec l’objectif de retrouver son ancienne cabane. Mais il croise un vieil homme inquiétant, fuit à toutes jambes pour trouver un autre homme. Celui-ci représentera-t-il le refuge espéré ?
Un petit thriller pour les plus jeunes sur fonds de kidnapping et de rançon.
Autre lecture
Il ne fallait pas sortir... Pas cette nuit-là !
Alors qu’un kidnappeur rôde en ville, Tomy qui ne le sait pas, décide de fuguer en pleine nuit afin d’échapper à l’angoisse de la rentrée scolaire dans une nouvelle école. Une peur chassant l’autre Clément va devoir garder la tête froide pour espérer s’en sortir.
Un vrai thriller pour petit lecteur, avec des passages qui font peur. Nous suivons et partageons la peur du héros, nous la sentons progresser, être en partie refoulée comme pour mieux remonter.
« La rentrée des classes lui sembla soudain beaucoup moins angoissante, et il commença à se demander s’il n’avait pas fait une grosse bêtise en quittant la maison. Tomy se raisonna : il n’allait quand même pas abandonner aussi vite à cause d’un petit kidnappeur de rien du tout ! Il avait le courage d’un kangourou, lui ; il n’avait peur de rien, qu’on se le dise. »

coup de coeur Le nouveau de la 5e / E. Mourachova. - Bayard. - (Millézime)

Dans la classe E de la dernière chance, il y a ceux qui sont affectés par des handicaps physiques, des problèmes de comportements... ils ont pour points communs de ne point trop espérer de l’avenir puisque tous les considèrent comme des ratés. Anton, hyperactif, observe ses camarades avec lucidité et un certain détachement jusqu’à ce qu’arrive Youri. Youri est infirme moteur cérébral, est brillant mais assez lent, ce qui lui vaut d’être en 5eE. Très vite, il invite Anton pour une balade des plus étonnantes, dans un lieu où se réalisent les rêves. D’autres camarades se joignent à leur périple imaginaire mais cela n’est pas sans risque. De quoi souder la complicité de cette classe atypique...
Autre lecture
5e E, la classe de la dernière chance. Une véritable cour des miracles avec son lot d’orphelins et de malmenés par la vie. Arrive un nouvel élève en fauteuil roulant, Youri. Mais lui ce n’est pas sa famille qui est cassée, c’est son corps. Pourtant c’est grâce à lui que les élèves de la 5° E vont découvrir la solidarité mais aussi l’espoir, provocant chez la plupart une véritable renaissance...

coup de coeur L’ étendard collégien est levé ! / G. Constant. - Oskar. - (Court métrage). 2013

Avec une verve très mature, Juliette, 14 ans, écrit un manifeste en 10 chapitres pour mettre à mal toutes les idées reçues sur l’adolescence, véhiculées par les parents. A ton age on a la belle vie ; L’adolescence, c’est vraiment l’âge bête ; A ton âge on n’a pas de problèmesTout ce que tu apprends en classe te sera utile un jour… Autant de phrases entendues et répétées devenues vides de sens. Juliette enchaîne coups de gueule, vérités bien senties et remarques plus légères et trouvera sans aucun doute écho chez ses jeunes lecteurs, tout en ralliant peut-être à sa cause certains parents…
Autre lecture
Récit en forme de manifeste collégien. Les parents n’ont pas conscience de la vie que peut mener un élève de collège. Juliette, quatorze ans, se propose de leur remettre les idées en place en partant de 10 idées "stupides" des parents :
N°1 : A ton âge, on a la belle vie
N°2 : L’adolescence, c’est vraiment l’âge bête
N°3 : Vous êtes assis toute la journée
N°4 : Il faut que tu apprennes à t’organiser
N°5 : Mange à la cantine, tu feras des repas équilibrés
N°5 bis : Les cours d’EPS sont une bonne chose
N°6 : Ne traîne pas dans la rue, c’est dangereux
N°7 : "Les chiens aboient, la caravane passe"
N°8 : Il faut participer en cours
N°9 : A ton âge, on a pas de problèmes
N°10 : Tout ce que tu apprends en classer te sera utile un jour
L’auteur nous dépeint ainsi la dure vie du jeune adolescent. Un portrait drôle et mordant, à partager afin de ne pas oublier nos années collèges. Le texte est dense et argumentatif. Les parents, les enseignants, les élèves, tout un monde décrit avec justesse.

coup de coeur Le banc / S. Kao. - Syros. - (Tempo). 2013

Alex bol de riz, Alex tronche de nem, tels sont les inscriptions qu’Alex peut lire sur le banc où il déjeune. Sybille se propose de l’aider à découvrir qui peut inscrire ces messages aussi pauvres qu’imbéciles.
Au-delà de la petite intrigue policière, c’est la vie d’Alex que l’on découvre : ses parents taïwanais ont émigré en France mais son père n’a jamais réussi à s’intégrer, a préféré repartir, espaçant de plus en plus ses visites en France. Alex doit composer avec cette incertitude (son père n’est plus venu depuis si longtemps), avec les ragôts des voisins compatriotes qui comprennent mal cette situation, et maintenant avec les préjugés de ses camarades de classes qui s’expriment sournoisement.
A l’âge où l’identité est en construction, cette problématique de l’immigration rajoute au trouble du jeune homme. Mais entouré d’une mère aux petits soins, d’amis fidèles, Alex surmontera tout cela sans grandes blessures.
Roman pour jeunes (8-12 ans) bien senti sur le thème.

coup de coeur L’ amour ? C’est mathématique ! / D. Cali. - Sarbacane. 2013

Quelle chose impossible que l’amour ! D’autant plus à l’adolescence, âge des chemins à débroussailler ! Le narrateur de ce roman, 12 ans, est amoureux de 3 filles. Laquelle approcher ? Quand, comment ? Ou alors tenter une déclaration aux trois ? Et si elles refusaient ? L’équation lui semble de plus en plus difficile à résoudre. Fort de ses calculs en probabilités et des conseils de ses amis, il est à deux doigts de se lancer. Mais rien ne se passe comme prévu...
Peut-être justement parce l’amour se joue des probabilités, dépasse tous les possibles…
Roman très court et très léger mais ô combien revigorant ! Combattre la timidité et le manque de confiance en soi à l’aide de formules mathématiques, l’idée est plaisante, drôle et de lecture facile, même pour les mathophobes !
Autre lecture
Comment demander à une fille de sortir avec elle ? Notre héros va tenter de mettre en place diverses stratégies plus ou moins rationnelles. Il est aidé par ses copains qui ont chacun une théorie sur la manière de s’y prendre. Et si l’amour devait défier la logique ?
Un livre court et aéré, qui évoque un sujet réel et profond, celui de la formulation de la demande. Entre doute et peur, c’est toute la fragilité de ce moment qui est ici retranscrit avec bonheur et humour.
« Comment on fait avec les filles ? Je veux dire, il y en a une qui te plaît, tu lui demandes si elle veut sortir avec toi, elle peut répondre oui ou non. Une chance sur deux d’avoir une réponse positive. C’est la probabilité de 50%. Apparemment, ça ne devrait pas être compliqué. Mais c’est la peur des 50% de non qui me bloque. Parce que si le non tombe, alors c’est la totale : une fois le non prononcé, c’est non à 100%. »

coup de coeur Les enfants de Babel / E. Cansino. - Ecole des loisirs. 2013

Ce roman présente un joli méli-mélo de personnages et de sentiments. On retrouve un peu de soi dans chacun des habitants de cette tour de la banlieue de Séville. A leur manière, ce sont tous des héros ordinaires qui, par leurs parcours, leurs choix de vie et leurs erreurs, offrent une belle leçon de vie, simplement. Le roman est empreint d’une douce lenteur et de philosophie portée par le personnage d’Angel, enseignant oui, mais plus que cela ! Au final, ce roman aborde la transmission sous toutes ses formes. Il en ressort tant d’émotions et de fragilité qu’il est impossible d’y rester insensible.
Autre lecture
Un roman espagnol dont l’intrigue se déroule pour l’essentiel dans la grande tour d’une cité à la dérive. Première (petite) surprise : les cités espagnoles semblent identiques aux cités françaises : les mêmes graffitis, trafics et immigrés clandestins. Deuxième surprise : le personnage principal de ce roman pour ados -héros pourrait-on dire, tant il est courageux et sympathique- est un adulte, un professeur de philosophie d’une cinquantaine d’années. Il est en contact permanent avec des jeunes du lycée et de la tour mais a sa propre vie d’adulte, de solitude suite à la mort de sa femme et de responsabilités professionnelles. Responsabilités complexes. A-t-il le droit ou le devoir d’aider un élève africain à faire entrer clandestinement son jeune frère en Espagne ?
Un roman remarquable et exceptionnel qui fera grandir ses jeunes lecteurs. Coup de coeur de David

coup de coeur Le coup de kif / G. Constant. - Oskar. - (La Vie). 2013

Karel a toujours été attentive aux mots. Pas pour être à la mode mais pour être précise, comprise. Lorsqu’elle rencontre Lucas, elle met du temps à trouver les mots justes pour décrire ce qu’il provoque en elle : "kiffe, c’est rapide, c’est agressif, et le désir c’est ça, une brulure qui monte en deux secondes et perfore l’estomac, genre ulcère des sentiments." Dans sa tentative d’approche du beau Lucas, Karel cheminera dans la relation avec sa mère, dans sa réflexion sur son avenir et vers la découverte de l’amour. Mais pas celui fantasmé…
Un roman aussi intéressant dans sa forme (réflexion sur la langue) que dans le thème : la jeune fille dans l’exploration d’elle-même et des autres nous attache à sa singularité en quelques pages percutantes.
Autre lecture
Karel a le coup de foudre pour un nouvel élève de terminal. Elle va tenter de l’aborder par le biais de la lecture car elle a vu qu’il lisait Les yeux d’Elsa d’Aragon. Mais Karel est plutôt Hunger Games. Il va lui falloir trouver un moyen de comprendre celui qu’elle kiffe. Or Lucas veut intégrer une prépa après le bac alors que la jeune fille ne s’est pas encore interrogée sur une éventuelle poursuite d’études...
Récit d’une tentative de rencontre entre deux mondes que tout oppose mais aussi courte épopée d’une difficile conquête de soi. L’écriture, à l’image de l’adolescente, oscille entre plusieurs mondes, celui des adultes et celui des "jeunes". De très beaux passages et une fin ouverte.
« ça n’a l’air de rien comme ça, mais je ne m’étais jamais retrouvée en panne de mots. Avec toutes ces manières de parler qu’on a, et même si, comme je l’ai déjà dit, j’avais une préférence pour le "courant", je croyais naïvement qu’on pouvait passer par tous les états et la ramener quoi qu’il arrive, surtout pas demeurer quoi qu’il arrive, surtout pas demeurer coi. Et là, j’en étais réduite à sucer des miettes de chocolat avec, sur le bout de la langue, un mot qui ne voulait pas venir, peut-être parce qu’il n’existait pas. »

coup de coeur Je porte la culotte / Le jour du slip / A. Percin. - (Boomerang). 2013

Pour la première fois dans cette collection, les deux histoires tête bêche sont racontées par deux auteurs différents. Je porte la culotte, par Thomas Gornet, raconte la stupeur d’un Corentin halluciné de se réveiller fille. Anne Percin dans Le jour du slip explique comment Corinne s’adapte en ce jour où elle est garçon. Différences de caractères, habitudes sociales... tout est à négocier différemment mais finalement, rien de plus simple que de trouver un modus vivendi ! Un récit -un peu rapide- pour une base de débat sur les genres...
Autre lecture
Une journée dans la peau d’un autre. Coco, c’est Corentin qui se réveille dans le corps de Corinne et vice versa. Passé le moment de surprise, il faut affronter les autres élèves dans la cour de récréation mais aussi en cours. Or découvrir les autres avec un nouveau regard, c’est aussi se redécouvrir !
Le thème est propice à la réflexion et l’échange. Mais le lecteur peut rester un peu sur sa faim tant le sujet mériterait un plus ample développement...
« - Mais c’est quoi, ce truc ? Le pipi sort de là comme d’un tuyau d’arrosage. C’est pas compliqué : y en a partout ! Le pire, c’est que ça ne tient même pas tout seul ! Je croyais que c’était comme un parapluie, un zizi : on le sort et hop, on le déplie. Eh ben, en vrai, on est obligé de le tenir avec ses propres doigts ! Au secours ! »

coup de coeur Sweet Sixteen / A. Heurtier. - Casterman, 2013

Imaginez 9 lycéens noirs parmi 2500 blancs. 9 Noirs qui intègrent pour la première fois un prestigieux lycée d’Arkansas, après la décision de la cour suprême des États-Unis rendant inconstitutionnelle la ségrégation raciale dans les écoles publiques. Nous sommes en 1957, dans le Sud du pays et la violence des réactions laissent entrevoir le poids des préjugés et des blocages. Sweet Sixteen alterne l’histoire de Molly, une des 9 étudiantes, et celle de Grace, préoccupée par ses conquêtes masculines et observant d’un œil agacé ces bouleversements.
Molly sait que « 85 % de la population étaient hostiles au plan d’intégration ». Mais Molly imagine aussi « qu’un jour viendrait où les Noirs pourraient assister aux mêmes spectacles que les Blancs. Peut-être que les piscines leur seraient ouvertes toute la semaine, et pas seulement la veille du nettoyage. (…) Qu’il serait permis de se marier en mélangeant les couleurs. » Portée par ce rêve, elle est prête à surmonter les humiliations, les insultes, et surtout la solitude -au lycée comme dans son quartier car « la stupidité (est) la chose la mieux partagée au monde »- pour contribuer à l’Histoire de son pays.
Grace quant à elle, d’abord peu concernée, refuse bientôt de suivre la masse, augurant ainsi de l’évolution en bonne marche, malgré tout.
Le récit d’Anne-Lise Heurtier s’inspire naturellement de faits réels et donne une idée assez précise de la peur ambiante. Les peurs de ceux qui portent courageusement le changement comme de ceux qui le refuse.
Autre lecture
1954, la ségrégation raciale dans les écoles publiques est interdite. Molly, jeune noire de quinze ans se porte volontaire pour intégrer un prestigieux lycée. "L’intégration" a lieu trois ans après. Neuf adolescents noirs au milieu de deux mille cinq cents blancs. Le récit à deux voix alterne la vision d’une jeune fille blanche modérée avec celle de Molly. On cherchera en vain un quelconque héros. C’est l’Histoire qui se dessine à travers les petits événements. On ressent la peur, le poids des traditions mais aussi les changements en marche.
Les phrases sont courtes, les mots simples pour permettre à tous les lecteurs de partager ce grand moment de la lutte contre les inégalités et les discriminations. Les personnages sont nuancés. Un livre afin de ne pas oublier nos luttes.
« L’intégration était suspendue ? Peut-être que cela valait mieux, après tout. Sa vie redeviendrait comme avant. Injuste, mais normale et rassurante. Avec des écoles minable, mais sans menaces de mort au téléphone. Blottie dans l’odeur de sa grand-mère, elle sentit pourtant que la déception prenait le dessus. Quand, à son tour, elle serait grand-mère, elle n’avait pas envie de se retrouver à devoir expliquer à ses petits-enfants pourquoi ils ne pouvaient pas aller au parc d’attraction avec les blancs. »

A partir de 12 ans

coup de coeur Prends garde à toi / F. Chiarello. - Ecole des loisirs. - (Medium)

« Ma compréhension précoce de certaines réalités me rend sujette à des phases un peu sombres. Cycliquement, je me renferme, et je me sens victime de toutes les injustices possibles. Ah, la complexité du cerveau humain. » Elle s’exprime ainsi, Louise, en classe de 5° mais avec une haute opinion d’elle-même. Et elle entend bien voir son entourage partager cette opinion. Ses parents doivent soutenir en toute occasion leur fille unique et les adultes doivent lui témoigner admiration. En un mot comme en cent, elle doit régner, doit être admirée. Or voici qu’arrive Manon, nouvelle élève qui se révèle aussi douée qu’elle en bien des domaines… Louise s’offusque, enrage et met en place un plan d’action pour ne pas se laisser détrôner !
Louise, dans sa lutte acharnée pour obtenir le rôle de Carmen, découvre deux ou trois choses à propos d’elle-même, comme par exemple son égocentrisme. Les notions de jalousie, de compétition, de machination, qui pouvaient caractériser Louise en début de roman sont bientôt désamorcées par la générosité de Manon. Avec elle, avec son professeur de chant, elle comprend qu’« il n’est pas nécessaire d’être le meilleur pour être aimé ».
Une héroïne aussi peste qu’attachante dont on observe l’évolution avec soulagement et plaisir !
Autre lecture
J’ai beaucoup aimé ce roman et particulièrement le personnage de Louise, pré-adolescente atypique, qui n’a pas sa langue dans sa poche et dont la vie tourne autour des livres et de l’opéra. Il paraît que ce sont deux activités en voie de disparition chez les adolescents, non ? Le roman démontre le contraire et fait taire les mauvaises langues. Et non, malgré le sujet, il n’est pas du tout rébarbatif ! Par ailleurs, j’ai trouvé que Fanny Chiarello décrivait très bien le monde tel qu’il peut être perçu par les adolescents. Faite de rêve mais aussi de désillusions, la vie est alors vécue fortement, tout est ressenti intensément. Et le personnage de Louise est tout à fait crédible, ses contradictions, ses impulsions, ses sentiments décuplés, son caractère passionnel, tout en fait une héroïne naturelle et attachante.

coup de coeur Le bon Antoine / M. Desplechin. - Gallimard. - (Folio Junior). 2013

La loi de Murphy, Antoine, il connaît bien ! Emmerdements maximum, catastrophes en série ! Son ami pose le diagnostique :« A force d’aider n’importe qui, tu fais n’importe quoi ! » Antoine, de fait, a voulu rendre service à son meilleur ami Thomas, puis à Bébé, jeune mère de famille et le voilà, dans un enchaînement de circonstances, avec un bébé sur les bras et une mère envolée ! Il faudra toute la gentillesse d’Antoine et la solidarité de sa classe pour venir à bout de cette situation impossible. Et le pauvre Antoine qui se sentait victime éternelle (« je suis incompétent, irréfléchi, désordonné, tête en l’air et immature ») s’étonnera des forces qu’il découvre en lui. Chouchou, ce bébé imposé, en sera le révélateur... « J’aime être un héros, même dans les yeux d’un bébé. C’est peut-être un plaisir auquel on s’habitue facilement. »
Comme toujours, l’écriture de Marie Desplechin est convaincante. Elle dépeint ses héros avec subtilité et humour, impossible de ne pas s’attacher...
Autre lecture
Antoine ne sait pas refuser un service. Alors, il choisit d’être puni à la place de son meilleur copain et part le matin avant l’école nettoyer la classe avec les agents de service. Il y fait la connaissance de Bébé, une jeune femme fantasque. Elle lui révèle avoir un enfant de sept mois qu’elle ne tarde pas à lui confier afin de tenter sa chance ailleurs. Heureusement pour Antoine, la solidarité entre les élèves de la classe lui permet de faire face à la situation. Mais personne ne sait quand va rentrer Bébé et les événements se compliquent au fil des heures avec les absences prolongées au Collège, les parents à gérer, ou encore la grand-mère de l’enfant...
Être gentil semble être le gros défaut d’Antoine mais c’est aussi sa plus grande qualité. Les péripéties s’enchaînent, souvent improbables, les élèves s’entraident en permanence, les parents sont bienveillants et le dénouement est heureux pour tous les protagonistes. Un récit léger.
« - Quand elles peuvent empirer, il n’y a aucune raison que les choses s’arrangent. Une fois que c’est parti, le pire est presque toujours certain. C’est ça, la loi de Murphy, mon pauvre Toto. »

coup de coeur Lune mauve : la disparue / M. Aznar. - Casterman

Séléné qui n’avait jamais quitté sa Bretagne entre en seconde dans un lycée parisien select. Elle y retrouve sa splendide cousine qui la snobe d’emblée. Le ton est donné, toute sa clique la rejettera à son tour. Heureusement, elle trouve quelques alliés mais aura du mal à trouver sa place dans ce nouvel environnement. Mais bientôt elle a d’autres soucis : des rêves envahissants dont elle ne saisit pas la portée, deux personnes qui rôdent autour d’elle et surtout sa mère, évaporée des années auparavant, qui lui communique d’étranges messages et l’invite à la retrouver le jour de ses 16 ans. La vie quotidienne de cette lycéenne préoccupée par l’amour se teinte d’un mystère fantastique qui impose à son héroïne un rôle prépondérant dont elle se passerait bien : messagère d’Ishtar dans le monde de Viridan… Monde que nous découvrirons en tome 2...
A qui se fier ? Comment trouver sa place dans un milieu étranger, d’autant plus quand on vous prévient de ne faire confiance à personne ? Et surtout comment ne pas vaciller lorsque tout le quotidien s’auréole d’une dimension extra-terrestre ?
Une narratrice déterminée qui doit composer avec ses failles et accepter des responsabilités bien lourdes pour une adolescente. L’écriture soignée et l’ancrage dans le contexte réaliste du monde des adolescents permettent une lecture aisée et incite à poursuivre la série...
Autre lecture
Séléné change de vie. Elle quitte Rennes où elle vit isolée avec son père, pour intégrer un lycée huppé de Paris. Le choc est rude. Face au règne de l’apparence, Séléné ne se laisse pas décourager et trouve même des alliés. Mais elle est bientôt confrontée à l’héritage laissée par sa mère disparue mystérieusement depuis plusieurs années...
Entre quête identitaire, jeux de l’amour et tensions entre élèves de milieux sociaux différents, le récit est riche et dense. L’intrigue complexe se déploie peu à peu. L’héroïne nous permet de revivre nos années lycées comme pour mieux nous plonger ensuite dans une atmosphère fantastique plutôt sombre et poétique. L’écriture est travaillée avec notamment de belles métaphores qui nous donnent envie d’habiter le récit. Que va devenir notre héroïne ? Nous le saurons très vite grâce à une publication rapide de la trilogie.
« La liberté, enfin ! C’était trop beau pour être vrai. Trop effrayant aussi...Séléné Savel à Darcourt, le lycée le plus snob de Paris. Je m’y donnais autant de chances de survie qu’une souris paralytique lâchée dans un enclos de chats affamés. »

coup de coeur Wonder / R.J. Palacio. - PKJ

Lorsqu’August est né, il n’avait presque aucune chance de survivre. Atteint d’une malformation faciale importante, il subit de nombreuses opérations durant toute son enfance mais la plupart des gens qu’il croise ne peuvent masquer leur dégout et leur peur à son égard. August est habitué à ce genre de réaction mais à la perspective d’aller pour la première fois à l’école (pour son entrée en sixième) et de côtoyer des jeunes de son âge, le jeune garçon appréhende...
Tout au long du livre, différents points de vue se succèdent : celui d’August, de sa grande sœur dévouée et en même temps en pleine revendication et affirmation de ce qu’elle est, elle qui entre au Lycée. Nous entendrons également ses nouveaux amis ou ceux de sa sœur. Ces différents regards sont à la fois pleins d’humour et d’humanité, disent la cruauté des enfants mais aussi leur capacité à changer, à grandir. Un roman nuancé et positif.

coup de coeur Là où je vais / F. Paronuzzi. - Thierry Magnier. 2013

1 heure de classe, 4 personnages qui se partagent les chapitres et autant de chemins qui se dessinent sous nos yeux. Léa « a le cœur en morceaux et brûle de désir pour celle qui l’a mise dans cet état ». Ilyes se sent en marge de ses camarades sauf lorsqu’il joue au club théâtre. Océane a un lourd secret sur le cœur, un de ceux qui emplissent de honte et de dégoût. Clément depuis la mort de sa sœur décroche en cours... Et puis il y a les profs, la CPE, les documentalistes... des figures adultes qui sont globalement attentives aux élèves, les écoutent et les guident.
Des vies qui se déterminent dans les difficultés.
Autre lecture
Quatre lycéens, quatre moments forts où la parole va libérer le champ de possibles. Clément ne se remet pas du décès de sa sœur, Léa est amoureuse de Julie, Océane a subit un viol, llyes est confronté à la souffrance d’un de ses copains... Les récits s’entremêlent et dévoilent, peu à peu, la souffrance mais aussi l’espoir de ces jeunes adolescents.
Le texte est court, difficile. Le seul point commun entre les personnages est le lieu du récit, le lycée. Ce manque d’unité créé un effritement de l’histoire. Le début du livre désoriente le lecteur. Reste quatre témoignages sur la blessure et la résilience. Le message reste très positif, la reconstruction est toujours possible dès lors qu’il y a écoute bienveillante de la part d’un tiers. « _ - Moi...
J’ignore encore ce qui va sortir de ma bouche, mais ce premier mot est celui qui me convient. Car, pour la première fois sans doute, je m’apprête à parler de moi. De mon "vrai moi", pas de la façade que j’ai peiné à construire pendant des années. Je vais dire qui je suis vraiment et la raison pour laquelle je me sens si mal aujourd’hui.
 »

coup de coeur Frangine / M. Brunet. - Sarbacane. - (Exprim’). 2013

Oui ils ont deux mamans, oui leur schéma familial est différent (ils sont nés par PMA) mais pour Joachim, ce n’est pas un problème. Entouré de ses mères, toutes les moqueries, incompréhensions, discriminations ont vite été balayées. Son problème à lui, c’est d’arriver à "franchir le cap" avec Blandine. Alors il n’est pas très attentif à Pauline, sa cadette qui entre en seconde et se ferme de jour en jour devant les insultes de 3 camarades et le silence de tous les autres. Lorsqu’il comprend la situation, Joachim veut en venir aux poings mais Pauline refuse son aide, veut absolument trouver la force en elle de régler les choses. Pour cela, elle pose des questions, revient sur le passé, construit par touches son identité et sa force.
Joachim, sûr de lui et Pauline, vulnérable, réaffirme à leur manière l’évidence de l’amour quel qu’en soit l’équation.
Autre lecture
Joachim voit sa sœur sombrer. L’entrée au Lycée est pour elle une épreuve. Sa faille ? Avoir écrit qu’ils ont deux mères et pas de père ! C’est le début de moqueries, mise à l’écart et harcèlement. Mais Pauline ne veut pas d’aide, elle souhaite s’en sortir seule. Nous suivons la montée de la tension chez la jeune fille et de l’impuissance chez son frère. Jusqu’à ce que...
Un récit fort avant tout sur la relation frère sœur mais aussi sur la bêtise et l’homophobie. La famille homo-parentale ne diffère pas des autres. Joachim n’est pas un héros. Il doute et parfois préfère ne pas voir et ne pas entendre la souffrance de sa sœur. C’est en définitive elle qui va trouver sa propre voie en partie en revenant sur ses racines, sur son identité. Assumer ses différences, ne pas avoir peur du regard des autres, savoir dire non, voilà un message très positif ! Livre pour ados et adultes.
« J’ai lu dans son regard qu’elle était perdue. Que pour elle, rien n’avait été progressif. Et qu’elle était brutalement passée du pays enchanté aux terres menaçantes du Mordor - elle tombait de haut. »

coup de coeur Le retour de Cherokee Brown / S. Curham. - Flammarion. - (Tribal)

Claire est furieuse, bouleversée et choisit la voie de l’écriture pour remettre de l’ordre dans ses pensées décousues, pour « essayer de ressembler à (son) héroïne, une fille plus courageuse et meilleure (qu’elle) ». Le jour de ses 15 ans, elle apprend que son père ne vit pas, comme le lui a toujours dit sa mère, aux États-Unis. S’il y est bien parti pour sa carrière de musiciens, il est vite revenu à Londres et a cherché à s’occuper de sa fille. Devant le refus de sa mère, il a abdiqué jusqu’à ce fameux jour…
Claire doit donc encaisser : le mensonge de sa mère ; sa nouvelle filiation incarnée par ce prénom, Cherokee, donné à sa naissance par son père ; l’interdiction de sa mère et son beau-père de revoir ce père ; et le lycée où elle est constamment humiliée. Forte de ces nouvelles révélations, Cherokee est déterminée à devenir auteure de sa vie.
Rythmés par les conseils d’un manuel d’écriture, les chapitres suivent les variations des émotions de Claire/Cherokee : la rage, l’incompréhension, l’espoir, la révolte. Et l’amour bientôt… Une histoire d’émancipation que l’on a plaisir à encourager dans notre lecture.
Autre lecture
Le jour de ses 15 ans Claire reçoit une carte adressée à une certaine Cherokee. Elle vient de son père qui lui propose de reprendre contact après quinze ans d’absence ! La jeune fille, harcelée à l’école, y voit une chance de reconstruire sa vie. D’autant plus quelle a du mal à trouver sa place entre une mère angoissée et un beau-père expert en coaching personnel ! Mais qui est son père ? Après des années de solitude, Cherokee a dessiné dans sa tête un portrait très fort de l’absent. Va-t-il correspondre à ses attentes ?
Le découpage du roman avec pour en tête de chapitre des conseils pour réussir à écrire un livre est très réussi. Il donne envie de soi-même passer à l’écriture. L’héroïne avec toutes ses failles est attachante. On souffre et se questionne avec elle. L’évolution de l’histoire permet d’évoquer de nombreux thèmes comme la relation père fille, le harcélement à l’école ou encore la musique. La lecture est agréable. A lire !
« J’ai eu le cœur serré.Je m’étais fait beaucoup de souci en me demandant ce que j’allais découvrir chez mon père, mais j’avais oublié de me demander ce qu’il pouvait attendre de moi. Il avait envoyé une carte à Cherokee Brown. Il ne savait pas que j’étais devenue Claire Weeks. Une fille qui n’avait pas d’amis et qui n’était même pas capable de marcher normalement. »

coup de coeur A copier 100 fois / A. Dole. - Sarbacane. 2013

Il ne peut rien dire à son père qui lui dit d’être un homme, un vrai. De savoir se défendre, se battre même s’il le faut. Alors il encaisse chaque jour au collège les coups, les humiliations, les insultes (fiotte, pédé) et rêve d’avoir à ses côtés, un père qui le protégerait, lui apprendrait les mots pour riposter. Pris en étau entre la violence au collège et les faux semblants à la maison, un jour il craque. La confrontation avec son père est devenue inévitable. Et salutaire.
Autre lecture
Antonin est victime de harcèlement de la part des autres élèves qui lui reprochent d’aimer les garçons. Mais ce qui le blesse le plus c’est l’attitude de son père qui estime qu’il suffit d’agir en homme pour régler les différents entre jeunes. Jusqu’au jour où...
Les thèmes de la violence à l’école et de l’homosexualité passent, au fur et à mesure des 56 pages du récit, en arrière plan pour révéler un sujet plus universel, celui du soutien nécessaire des parents pour aider l’adolescent à se construire.
« Papa m’a dit cent fois d’être un homme, et d’agir comme un homme. Oui mais Papa, lequel ? Je veux pas être comme Vincent, n’être fait que de bruits, de cris et de colère. Pourquoi tu m’apprends pas les mots, plutôt ? Les mots qui soulagent, les mots qui apaisent, je voudrais avoir les mots qui soignent, ceux qui ne laissent pas seul. Ceux qui ne me viennent pas quand les choses vont trop loin : « Arrête maintenant, arrêtez, c’est trop ». C’est ces mots-là Papa, que tu dois me donner la force de dire. »

coup de coeur Graffiti Moon / C. Crowley. - Albin Michel. - (Wiz). 2013

Nous suivons en chapitres alternés Lucy et Ed. La première rêve de rencontrer l’Ombre, celui qui « peint dans la nuit » des fresques si profondes à ses yeux… Le second court après l’argent pour payer le loyer et sa peinture pour graffer sur les murs de la ville. Lucy et Ed sont amenés à passer la nuit ensemble et on ne peut pas dire que l’entente soit immédiate… Outre le fait que Lucy a cassé le nez d’Ed quelques temps auparavant, elle ne lui parle que de cette ombre si talentueuse qui la fait rêver (fantasmer serait plus juste). Hors de question dans ce cas pour Ed de révéler qu’il est bel et bien l’ombre. Son manque de confiance en lui lui intime de se taire quand tout son être le pousse à faire confiance à cette fille qui le comprend si bien.
Le temps d’une nuit pleine d’enjeux, Lucy et Ed s’apprivoisent maladroitement au rythme de discussions autour de l’art et des artistes. Ed arrivera-t-il à intégrer qu’il peut légitimement s’exprimer dans l’art malgré son échec scolaire ?
Autre lecture
Qui est l’Ombre, ce graffeur qui tague les murs de la ville de tableaux qui intriguent Lucie ? En virée avec ses copines, elle part à sa poursuite accompagnée d’un groupe de garçons. Entre mensonges et sentiments, Ed et Lucie, vont-ils finir par se rencontrer vraiment ? Pourquoi l’Ombre cache-t-elle son identité ? Que cherche Lucie à travers cette quête ?
Un très joli roman, agréable à lire, qui se dévore en peu de temps, grâce à son mélange d’humour et d’action ainsi que par l’alternance des chapitres Ed/Lucie. Les personnages sont attachants et les thèmes ne se contentent pas de la romance puisqu’on y évoque aussi l’illettrisme, la poésie, la peinture, la fidélité, l’amitié...
« Si mon penchant pour toi était le public d’un match de foot, il rugirait jusqu’à te rendre sourde. Et si mon penchant pour toi était un boxeur, il y aurait un mort étendu par terre. Et si mon penchant pour toi était en sucre, tu perdrais toutes tes dents avant tes vingt ans. Et si mon penchant pour toi était de l’argent, tu pourrais dépenser sans compter. » Coup de coeur de Marion

coup de coeur Les A.U.T.R.E.S. / P. Manas. - La Joie de Lire

Franz, jusqu’ici, était on ne peut plus normal : « ni très grand, ni très petit, ni très intelligent ni très bête, ni très bavard ni très réservé ». En somme, bien intégré dans son école. Mais le voici affublé d’un cache-œil… Comment, dans ces conditions, être sélectionné dans les équipes pendant la récré ? Sans compter les remarques bêtes et les quolibets qui tombent... Le voilà rapidement et insidieusement rejeté dans le clan des enfants qui restent dans leur coin. Les différents, les bizarres, les solitaires, ceux dont on se moque.
Même s’il porte sa différence de manière temporaire, Franz va réfléchir et évoluer dans sa perception de l’identité et du rapport aux autres. « Je suis exactement comme les autres. (…) Alors n’importe qui pourrait me remplacer »... Jakob, avec sa proposition de club secret, fait le reste : les Anormaux Unis Très Rarissimes, Exceptionnels et Surprenants (Les A.U.T.R.E.S.) se révèleront sous un jour nouveau ! En s’unissant, ils se découvriront un formidable potentiel d’engagement.
Roman dès 8-9 ans qui aborde avec intelligence et humeur la différence et la discrimination.

coup de coeur Maman au bois dormant / J. Wilson. - Gallimard. - (Folio Junior)

Sa maman est sur le point d’accoucher, Ella attend avec anxiété que son demi-frère voit le jour. Mais les nouvelles ne sont pas bonnes : si le bébé se porte bien, la maman elle est plongée dans le coma. Il va falloir s’organiser, vivre dans l’attente du réveil, cohabiter avec Jack, beau-père qu’Ella n’a jamais accepté, et Samson le nouveau né…
Une jeune narratrice encore dans les préoccupations de l’enfance (guéguerre de meilleures amies) qui est confrontée aux soucis pragmatiques de gestion nouvelle du quotidien et doit tempérer son angoisse. Jamais elle ne se laisse abattre, portée par un espoir courageux. Elle apprend également à mieux considérer ceux qui l’entourent, nuance ses jugements sur son père biologique, ses camarades de classe et surtout sur Jack... Un roman très positif et agréable à lire.
Autre lecture
A la suite de son accouchement, la maman d’Ella se retrouve plongée dans le coma. La jeune fille doit alors reconstruire sa vie, avec son père absent, son beau-père qu’elle a du mal à accepter et son tout nouveau petit frère. Que lui reste-t-il alors que même sa meilleure amie semble s’éloigner d’elle ? Comment et où trouver de nouveaux (re)pères ?
Le ton reste léger en dépit du thème douloureux de la présence d’un parent à l’hôpital.
Les relations entre Ella et son beau-père sonnent justes. Le portrait de la jeune fille, souvent agaçante, parfois touchante, est réaliste. Un bon Jacqueline Wilson au final.
« Je ne comprends pas ce que maman lui trouve. Oh ! papa ! Maman va vraiment mal. Elle est dans son lit, elle ne peut plus parler, plus bouger, même pas ouvrir les yeux. Tu crois qu’elle va s’en sortir, papa ? »

coup de coeur La peau d’un autre / P. Arnaud. - Sarbacane. - (Exprim’)

Prise d’otages dans une école maternelle. Les voix de chaque protagoniste se croisent, chacune avec son histoire propre, ses valises (lourdes, très lourdes), son lot de coups et de bleus. Un drame se joue, tous ou presque en en déjà vécu un, et c’est ce traumatisme initial qui refait surface, obturant un peu le présent. D’où le malaise, accentué par le récit distant, froid, brut, cash. Dans ce résultat présent se jouent des règlements de comptes passés...
Autre lecture
Il fait irruption, arme au poing, dans la salle de classe de petits de 6 ans, bien décidé à "leur" en montrer, aux autres dehors ! Car si jusqu’ici, il a subi en silence les déceptions, les humiliations et les coups, juste parce qu’il est toujours "différent", où qu’il soit (albinos en Afrique, bizarre en France), aujourd’hui, il veut reprendre le pouvoir sur sa vie et l’imposer à tous !
Nous découvrirons petit à petit les bribes de ses motivations et de son histoire, en alternance avec d’autres points de vue, celui de la maîtresse, d’une des fillettes…
Ce sont bien sûr les failles et les forces de chacun qui apparaissent sous les carapaces, suscitant progressivement de l’empathie entre les personnages mais aussi chez le lecteur.
Une narration très efficace, au plus près des pensées décousues et sincères des personnages, qui exposent la situation dans toute sa complexité et son caractère implacable… Coup de coeur de Samy

coup de coeur Le cœur en braille / P. Ruter. - Didier

L’impossibilité de Victor à se concentrer et à comprendre les cours est inversement proportionnelle à la facilité qu’il a à comprendre l’être humain dans ses richesses et ses fragilités. Ce n’est pas un hasard, en ce sens, s’il s’entend si bien avec le mystérieux Haïçam "qui ne jugeait jamais mais accompagnait toujours". Lorsque Marie-José, génie intégrale, se rapproche de lui, Victor a néanmoins bien du mal à comprendre ce qui peut les lier… Mais les faits sont là, Marie-José l’aide à combler son "ignorance ennemie", l’amène à devenir par là-même plus vivant et lui ouvre grand ses horizons. À mesure que ceux de Marie-José s’obscurcissent puisqu’elle est condamnée à perdre totalement la vue ; elle compte sur Victor pour l’aider à terminer l’année et atteindre son objectif…
Un premier roman drôle, touchant, positif, solidaire, dont les personnages ne jugent pas, mais se regardent et s’entraident.
Autre lecture
Victor a construit un monde très personnel. Il vit seul avec son père collectionneur et a pour passion les vieilles voitures. Son ami est aussi un être isolé puisque il passe son temps à jouer aux échecs. Mais la plupart du temps Victor est à l’ouest, il déforme les mots et a bien du mal à entretenir de bonnes relations avec l’école. Mais voilà qu’il rencontre Marie-José, brillante élève et violoncelliste. Or elle lui révèle qu’elle va bientôt être totalement aveugle et lui demande son soutien…Une nouvelle vie s’ouvre alors pour Victor.
L’écriture est agréable, le récit propose la confrontation entre deux mondes. L’ensemble est un peu long et la fin trop prévisible mais cela reste un bon moment de lecture.
« Je suis monté au C.D.I., qui était un endroit davantage dans ses cordes mais où, pour ma part, je ne m’étais encore jamais trop montré - un genre de bibliothèque où onpeut s’informer sur tout. A la télévision j’avais entendu qu’on appelait parfois ce genre d’endroit un "temple de la culture" et je préférais m’en tenir à bonne distance, à cause du temple, et aussi de la culture. »

coup de coeur Ca me file le bourdon / H. Giraud. - Thierry Magnier. - (Nouvelles)

11 nouvelles qui nous cueillent, surpris, autour d’un même ado. Un cancer qui se transforme en... jumeaux ; un repas qui devrait être une fête mais tourne à la soupe à la grimace ; un stage de coiffure qui provoque une vocation de pompier ; un vieux pote du père qui brillait de mille feux, avant… ; une arnaque à l’assurance qui fait long feu ; un concours de chant prometteur qui tourne en eau de boudin ; un vol de bécane, source finalement de joie intense ; une expulsion d’un pote sans papier en pleine salle de cours ; une frousse monumentale qui se transforme en émotion ultime lors d’une visite de zoo clandestine. Un match de tennis épique, vu du côté des ramasseurs de balles ; et pour clore ce recueil, une amitié qui bifurque avec un des amis qui a choisi la voie de l’apprentissage tandis que les autres restent dans le cursus traditionnel…
L’ouvrage aurait pu s’intituler mi figue mi raison, tant les nouvelles oscillent sans cesse entre des émotions contradictoires, où l’angoisse vire à la rigolade ou inversement.
Autre lecture
Portrait d’un adolescent en onze nouvelles. Les sujets traités sont variés : les parents, les copains, la police, les stages en entreprise, la mobylette, la frime, la peur, la différence, les délires, le handicap… Le ton est toujours agréable et les chutes souvent drôles mais la réflexion est omniprésente notamment sur les préjugés.
Dans « La bécane, c’est la vie », le héros se voit braquer la mobylette qu’il vient d’avoir par un grand black qu’il va poursuivre. Mais au moment où il le retrouve, ce dernier le convie à une fête ! « Carrefour des métiers » l’amène à suivre un stage chez un coiffeur qui va se révéler intéressant et mouvementé ! « Loup y-est tu ? » offre une plongée nocturne au zoo avec un face à face angoissant et complice avec une louve.
L’écriture nous plonge dans la vie de ce jeune au moment où tout est encore possible. Un petit Nicolas qui aurait grandi en quelque sorte…
« Comme chaque soir, je raccompagne Eyup chez lui, ensuite il me raccompagne chez moi et puis je n’ai plus qu’à le raccompagner chez lui. Ce soir, on me dit de rapporter du pain, "ça optimisera tes déplacements interurbains", ajoute-t-on. »

coup de coeur Ismaël part en live (les rebelles de St Daniel) / M. G. Bauer. - Casterman

Ismaël cherche à attirer l’attention de Kelly. Mais les catastrophes s’accumulent autour de lui comme une malédiction. Heureusement, son fidèle ami Razza va l’épauler pour l’aider à conquérir sa belle. L’humour, la poésie et la musique vont apporter leur contribution...
Un tome qui est long à démarrer, avec pourtant des gags et de très bons passages notamment la lecture du conte de Boucle d’or et les trois ours par Razza... Le livre, avec beaucoup de dialogues, se lit facilement.

coup de coeur Pour un carré de chocolat / E. Fontenaille, C. Buono ; J. Coat. - Grasset

Jean Reno nous décrit sa vie à Boignykro, petit village de Côte d’Ivoire. La famille, les récoltes de cacao, la vie à l’école, le Bic et Daba, entreprise collective menée avec les autres enfants du village… Et surtout la belle Innocente, à qui il voudrait tellement offrir un carré de chocolat.
Ces quelques 60 pages illustrées dans un petit roman format carré destiné aux 8-10 ans, constituent un véritable dépaysement : un pan de vie africaine nous est raconté, dans un style extrêmement vivant qui témoigne d’une conscience aiguisée de la vie sociale et politique.
Autre lecture
Jean Reno monte une bande pour proposer de travailler après l’école aux gens du quartier. Le but est de récolter assez d’argent pour leurs besoins comme s’acheter des bottes pour se protéger des serpents vénéneux. Mais il souhaite aussi se rapprocher d’Innocente, voire lui offrir un carré de chocolat. Car s’ils ramassent et font sécher les fèves des cacaoyers, ils n’ont jamais la possibilité de connaître le goût du chocolat !
Cette fiction raconte le quotidien des enfants de Côte d’Ivoire de nos jours. S’ils ont compris l’importance de l’école, l’essentiel de leur vie est tourné vers les champs. Les enfants sont très autonomes et plein d’imagination. La famille semble assez absente du récit. Entre récit de vie et d’aventure, ce livre est comme une petite lucarne qui nous invite à partager des moments avec les enfants d’Afrique.
"Tu ramasses cabosse à terre sans y penser et CLAC- serpent t’attrape, tu peux rien faire et OUI tu peux mourir. En plus, tu as très mal avant la mort, tu deviens tout bleu et noir, tu te tords à terre en sifflant comme serpent et c’est vraiment affreux comme fin."

coup de coeur Adolf (roman hystérique) / O. Costes. - Oskar. - (Société)

Adolf est un nouvel élève. Passionné par la musique de Wagner, adepte de la théorie des races, amoureux de son image, violent, il créé rapidement une cour autour de lui. Il aime les carottes vichy, et a pour projet principal l’extermination des rats. La collaboration de La Maréchal l’aide à faire régner un régime de terreur et d’exclusion. Il décide alors de remporter le championnat de football. Qui peut s’opposer à sa fulgurante ascension ?
C’est avec beaucoup d’humour que l’auteur nous amène à découvrir la grande Histoire dans ce récit drôle et instructif.
"Le comportement hors norme d’Adolf jetait un trouble parmi nous. Etait-il fou ? Il y avait les pour et les contre. Moi j’hésitais toujours. Quelque chose en lui me dérangeait, m’inquiétait même, mais je ne pouvais m’empêcher de le trouver attachant."
Autre lecture
Où le jeune Adolf, nouvel élève du collège, ne tarde pas à exercer une emprise assez inexplicable et impressionnante sur certains élèves. Ils ont en commun leur haine des rats, des gens à la peau mate et raffolent de l’eau de Vichy. La blonde Eva tombe amoureuse du "charisme" d’Adolf. Mais France, l’héroïne, veille (sauf qu’elle est parfois bien hésitante...), ainsi que son ami le grand Charles qui va bientôt partir en séjour linguistique en... Angleterre.
Bonne idée de l’auteur de placer l’Histoire dans un contexte actuel, où Adolf parle de bonbons à la cocaïne, de poupées... Barbie. Parvenir à faire rire et réfléchir sur le nazisme, et ce, sans prendre ses jeunes lecteurs pour des abrutis auxquels il faut faire la leçon et répéter que le fascisme, nazisme, racisme c’est pas bien !, le propos est bien vu et assez intelligent.

coup de coeur Je sauve le monde dès que je m’ennuie / G. Guéraud ; M. Romero. - Rouergue. - (Dacodac)

Roman à recommander aux parents qui se cachent dans leur voiture à la sortie de l’école car ils en ont assez des remarques de la maîtresse sur leur enfant qui n’écoute pas, est toujours dans la lune, gêne les autres et dont elle ne sait plus quoi faire ! Oui, Guillaume Guéraud permettra à ces familles de sourire le temps de cette histoire au titre tellement joli. Pour les autres, c’est toujours un plaisir de retrouver l’écriture de cet écrivain qui nous promène dans le monde cinématographique qu’il connait bien. En effet Eugène son héros s’envole dès que le quotidien l’ennuie dans d’extraordinaires aventures tirées des films d’aventures que la plupart d’entre nous connaissons. Mais ce n’est pas du goût de tout le monde et surtout pas de son institutrice....
Autre lecture
Eugène est un super héros qui affronte les monstres et les dézingue. Une vie d’aventures trépidante. Sauf qu’elle prend un peu trop de place dans son quotidien que les adultes voudraient plus studieux. Quand on lui demande combien font 3x8 et qu’Eugène répond Les caraïbes, lieu de ses combats, ça fait désordre…
Invité à aller voir, avec ses parents, un "messie contortionniste" (ou pédopsy comportementaliste), il est bien content d’entendre que tout cela ne serait finalement pas si grave…
Une histoire pleine de fantaisies avec de très jolies illustrations de Martin Romero, un plaidoyer façon Guéraud pour l’imagination qui a droit de cité dans la vie…

coup de coeur Les secrets de Zoé / T. Stewner ; A. Montel. - Bayard. - (Estampille)

Zoé fait tout pour être discrète mais comment l’être véritablement lorsqu’on parle le langage des animaux et que les plantes poussent au moindre contact ? La rencontre avec Esahi, qui porte une autre différence, celle d’être surdoué, lui fait comprendre que ce qu’elle considère comme gênant, honteux, peut être une chance incroyable, celle par exemple de sauver l’éléphante du zoo de la ville.
Un roman illustré dès 8-9 ans agréable et léger.

coup de coeur Tom Gates, c’est moi ! / L. Pichon. - Seuil

Tom Gates n’est pas un as de la discipline mais il a deux talents : une imagination à toute épreuve et un coup de crayon assassin. Aussi se sort-il facilement des situations les plus périlleuses, que ce soit à l’école ou en famille. Malin, il est sans concessions pour sa sœur Délia ou son camarade Marcus ; pour ses ami-e-s, Derek et Amy, il fourmille d’idées constructives.
Entre journal intime et BD au trait grossier mais expressif, Tom Gates est un roman humoristique illustré plutôt destiné aux jeunes garçons de 10-12 ans.

coup de coeur Enterrement d’une vie de cancre / H. Mestron. - Syros. - (Tempo)

Bruno n’avait rien à redire au rôle de cancre qu’on lui attribuait en classe. On peut même dire qu’il s’y confortait. Jusqu’à ce qu’arrive Madeline, drôle de gothique métallique à l’intelligence imparable. La connaissance est une force dit-elle… Et si elle était plus efficace que de faire le clown, comme Bruno ? A ses côtés, il découvre une autre façon d’être, une manière plus fine et plus courageuse d’envisager sa différence.
L’intrigue est un peu fabriquée et idyllique mais reste sympathique à lire.
Autre lecture
Bruno voit sa vie basculer avec l’entrée dans sa classe de Madeline. Elle l’intrigue avec son look de martienne et sa capacité à répondre à toutes les questions. Lui qui a toujours été un clown, il souhaite maintenant donner un sens à sa vie. Mais un jour, son égérie, sa déesse disparait mystérieusement et Bruno part à sa recherche... Doit-il redevenir le cancre de la classe ou tenter d’enlever son masque ?
Un récit original qui donne à réfléchir sur la place qui est allouée à chacun d’entre nous dans la société, tout en faisant l’éloge de la différence. L’écriture est ciselée et les réflexions intéressantes.

coup de coeur Encore heureux qu’il ait fait beau / F. Thinard. - Thierry Magnier

Contre toute attente, une classe de sixième et leur professeur de technologie se retrouvent à naviguer en pleine mer, sur une bibliothèque flottante. Les quelques adultes présents dont la bibliothécaire vont devoir organiser la vie puis la survie de leur équipage au cours de cette aventure qui ne manque pas de péripéties !
L’auteure décrit avec justesse ses personnages, des élèves à la femme de ménage. Et c’est avec plaisir que l’on vogue avec elle dans ce monde improbable ! Aventure et humour sont au rendez-vous.
Autre lecture
Alors que la classe de 6° et leur prof s’apprêtent à sortir, le constat est indéniable : la bibliothèque est entourée d’eau. A perte de vue. Ce qui veut dire que Sarah, la bibliothécaire, son responsable et tous les autres sont bloqués à l’intérieur du bâtiment. Il va falloir s’organiser, l’étrange phénomène se prolongeant, sans plus d’explication. Mais une bibliothèque est une mine : tous les ouvrages de naufrage et de survie sur les îles fourniront une base de connaissance solide que mettront en application enfants et adultes, dans une solidarité efficace. Les histoires du soir, elles, permettront de tranquilliser tout le monde…
Une bibliothèque, comme arche de Noé d’une enfance qui se prend en main et révèle le meilleur d’elle-même.

coup de coeur Elliot / G. Gardner. - Flammarion. - (Tribal)

Elliot vient de changer de collège et est fermement décidé à ne plus être tête de turc. Il se fait invisible, toujours dans l’angoisse et réussit miraculeusement à faire croire qu’il est sûr de lui. Pour garder le masque, il est prêt à trahir le seul ami qu’il s’est fait mais réalise grâce à sa mère qu’il doit refuser l’omerta.
Un roman très prenant sur l’univers scolaire, avec son système de leaders, de souffre-douleurs et de jeu de masques.

coup de coeur L’ étrange cas origami Yoda / T. Angleberger. - Seuil

Voici un roman graphique très enlevé, drôle et même touchant. Toute la question du livre est de savoir si l’on peut faire confiance à Origami Yoda, petite marionnette de papier animée par l’étrange, le très étrange Dennis. Depuis quelques temps, elle prodigue conseils philosophes et sentences profondes aux élèves de 6°. Mais le narrateur voudrait lui confier LA question de confiance concernant Sarah, d’où l’enquête préalable qui donne lieu à des anecdotes cocasses, amères aussi. Car en enquêtant sur Origami Yoda, c’est bien sûr Dennis que l’on découvre peu à peu. Un olibrius qui détone dans la classe et sera celui par qui chacun trouvera solution à son problème, apprendra à mieux gérer sa relation à l’autre.
Autre lecture
Récit original et drôle, composé à la manière d’un journal. Chaque chapitre constitue un épisode de la vie de l’école, souvent raconté à plusieurs voix. Dennis appartient aux perdants, mais sa marionnette à l’effigie de maître Yoda (Star Wars), prodigue des conseils... et cela marche !
Le livre se lit avec plaisir notamment grâce aux nombreuses illustrations et à la mise en page. Un livre à conseiller à ceux qui ont aimé Journal d’un dégonflé.

coup de coeur Sans toi papa… / S. Rigal-Goulard. - Oskar

Florentin débarque à Marseille avec sa mère et sa sœur et doit affronter une nouvelle classe dans une nouvelle école. Pas évident, pour le petit parisien qu’il est, de faire face aux supporters de l’OM. D’autant que Tony, le caïd de l’école prend en grippe le petit nouveau, qui non seulement porte des lunettes, mais récolte les 20/20 à la pelle.... Pourtant, ces deux-là vont se frôler, et se rapprocher. Le jour où Tony entre chez Florentin, il découvre une autre possibilité de vie. Presque malgré eux, les deux garçons s’aperçoivent que s’ils décident de réagir, ils ne subiront plus dans leur vie ce qui les abime.
Deux parcours différents, une même fragilité et une volonté féroce de se battre. Un roman pour jeunes qui se lit d’une traite, avec une belle écriture et une émotion juste.
Autre lecture
Florentin, nouvellement arrivé à Marseille, tente de se faire une place dans sa nouvelle école. Il repère vite le caïd des CM2 et pressent qu’il va lui donner du fil à retordre. En matière de caïd, c’est Tony, autre narrateur du roman, que l’on découvre en parallèle. Le premier souffre du départ du père qui a préféré refaire sa vie loin d’eux. Le second voudrait bien que le sien soit moins présent, moins violent... Les deux enfants, sans partager une amitié fusionnelle, comprennent les fêlures de l’autre. Florentin va tout faire pour sortir Tony de cette impasse. Avant que le fils ne devienne aussi violent que le père…
Un court roman, parcours croisés de deux ados qui sauront se défaire des souffrances infligées par les adultes.

coup de coeur Joe millionnaire / D. Walliams. - Albin Michel

Le père de Joe patate est devenu extraordinairement, exagérément riche grâce à l’invention d’un papier toilette à double face. Joe lui est très seul depuis le départ de sa mère et n’a pas d’ami dans son école sélecte qui se gausse de l’origine de la fortune familiale. Il demande donc à intégrer une école laïque où son identité serait cachée. Tout se passe bien au début, Joe se lie d’amitié avec Bob, souffre douleur de la classe. Ces deux-là s’épaulent et partagent leur chocolat. Mais très vite, le secret est éventé par un père décidément trop tape à l’œil et les embrouilles commencent. Il va falloir trouver un autre moyen de se faire des amis ; peut-être que l’argent n’a rien à voir dans l’histoire ?
Une histoire sympathique pour les 8-10 ans pleine de bons sentiments et d’humour, petite bulle légère aux personnages extravagants croqués par Tony Ross.

coup de coeur Récit intégral (ou presque) d’une coupe de cheveux ratée / J. Witek. - Seuil

La rentrée de seconde de Xavier s’annonce déjà mal : son meilleur ami, Martin, va dans un lycée professionnel. Pour Xavier, il n’y a rien de pire que d’être séparé de lui. Lorsque, le dernier jour des vacances, sa coiffure est entièrement massacrée, sa vie semble s’effondrer. Pour sûr, il va passer pour un ringard qu’il ne faut pas fréquenter. C’est donc désespéré que Xavier découvre le lycée. Le premier trimestre ne fait que commencer et les problèmes s’enchaînent. Martin rencontre un nouvel ami avec qui il semble s’entendre à la perfection tandis qu’Aurélie, la jolie voisine de cinéma dont Xavier est tombé amoureux, semble ne le considérer que comme un ami. Que pourrait-il bien y faire ?
Suite de Récit intégral (ou presque) de mon premier baiser, on peut tout de même lire ce livre indépendamment. A travers son journal intime, Xavier nous livre ses états d’âme. C’est avec facilité que l’on entre dans cette histoire légère et pleine d’humour.

coup de coeur Hate List / J. Brown. - Albin Michel. - (Wiz)

Est-elle un monstre ? A-t-elle une part de responsabilité dans cette horreur ? Certes, c’est elle qui a rédigé la liste de haine, qui a relevé tous les noms de ceux qui les harcelaient et les humiliaient, elle et Nick. Mais elle n’a jamais voulu qu’il passe à l’acte, qu’il abatte froidement leurs camarades de classes. Val, elle-même blessée dans la tuerie, va devoir affronter, à son retour en classe, les élèves rescapés et surtout "des choses plus profondes, plus noires" qui se bousculent en elle. Une introspection menée avec le Dr Hieler qui l’aide à gérer ses propres troubles mais également ses relations avec les jeunes, avec ses parents.
Lorsque les personnes qui nous entourent perdent leurs contours connus, que la grille de compréhension du monde s’altère, il faut tout appréhender avec un œil neuf. Malgré la force de caractère de la narratrice, le processus se fera dans le temps et la douleur. Un roman bouleversant qui nous questionne forcément sur nos rapports à autrui.
Autre lecture
Valérie reprend le lycée plusieurs mois après la tuerie dans son lycée dont l’auteur est...son petit ami qui ensuite s’est suicidé. Un livre émouvant et prenant sur la difficile reconstruction de soi. Après une première partie qui relate les faits avec notamment les papiers, très froids d’une journaliste, nous suivons Valérie dans ses interrogations. Pourquoi n’a t-elle rien vu venir ? Est-elle coupable et responsable ? Son retour au milieu de ses camarades ressemble à un chemin de croix. Mais c’est la dernière partie du livre qui est la plus intéressante, sur la résilience.

Autre lecture : J’ai adoré ce livre dans lequel on suit le quotidien de Vanessa, lycéenne survivante d’une fusillade dans son établissement scolaire, perpétrée par son petit ami. On rentre facilement dans l’histoire et on ne peut plus lâcher le livre ! De plus, le fait que ce dernier soit écrit du point de vue de Vanessa fait que l’on vit les mêmes choses qu’elle et que l’on ressent ses émotions. L’injustice dont fait preuve les élèves survivants face à Vanessa ( ils pensent que c’est elle la coupable car elle était la petite amie du tueur alors qu’elle est aussi une victime) nous émeut. On ne voit pas le temps passer quand on lit ce livre ! Un livre à lire absolument ! Tessa 4ème (collège lumière)

coup de coeur L’ école est finie / Y. Grevet - Syros - (Mini Syros)

En 2028, l’école publique a disparu. Les enfants des plus aisés fréquentent les écoles privées ; les autres travaillent en alternance dans des entreprises envers lesquelles ils se sont engagés dès leur entrée en CP pour financer leur scolarité. Ils reçoivent, en échange de leur travail, quelques enseignements, tous liés à l’entreprise. Mais dans la clandestinité, certains organisent des écoles du maquis. C’est ainsi que le narrateur de ce récit va être séparé de son amoureuse dont les parents ne supportent plus de la voir exploitée...
La brièveté du texte n’empêche pas une immersion immédiate dans cet univers oppressant de la dictature du marché. L’efficacité de la narration et la simplicité de l’écriture font également de ce récit une lecture accessible à tous. Il le faut car la question de l’éducation dans notre société concerne petits et grands.

coup de coeur Harcèlement / G. Jimenes. - Oskar. - (Histoire)

Valentin est "différent" : il est un peu enrobé, aime le blues, a tendance à être bavard et à parler de lui. Rien de franchement détestable mais il fait bientôt naître un agacement chez ses camarades. Qui se transforme insidieusement, par l’intervention de Bastien, en acharnement. Petites vexations, humiliations collectives, racket, violences physiques... ce Bastien beau parleur et meneur de la classe sait manipuler, fait de la vie de Valentin un enfer. Et lui, entre résistance et volonté de se faire oublier, ne sait plus comment enrayer ces persécutions...
Le roman retrace une année scolaire de Valentin avec les points de vue de chacun des protagonistes, des plus impliqués (Bastien) aux spectateurs, en passant par ceux qui, sans être nommément responsables, ont permis ce rapport de forces. Le procédé utilisé (interview par une psychologue fictive des protagonistes, imaginée par Valentin lui-même) n’est pas des plus heureux mais le processus psychologique est finement décrit.

coup de coeur Dans les yeux d’Angel / D. Roumiguière. - Flammarion

Camille, petite fille de dix ans, bonne élève, classe sociale moyenne, se retrouve voisine de classe d’un jeune gitan. Elle est bientôt intriguée par ce garçon si différent qui s’émeut d’une grenouille perdue dans la salle de classe. Bientôt, c’est sa vie qu’elle découvre, ses blessures, son orgueil, sa famille… Elle va aider la petite Leslie à retrouver la parole, à renouer avec la famille de sa mère qui les a rejetées, elles et leur culture.
Une première approche du thème des discriminations qui voit Camille lutter contre les préjugés, en classe et chez les autres.

coup de coeur Petit Tarzan des villes / Mathis. - Thierry Magnier. - (Petite Poche)

François, 9 ans, insiste auprès de ses parents pour aller seul à l’école, à pied. Devant tant d’obstination, ses parents se laissent convaincre. C’est parti pour la grande aventure ! François découvre son quartier comme s’il le parcourait pour la première fois. Que de détails qui lui sautent aux yeux... Et finalement la plus belle des découvertes, c’est qu’il a grandi et sait affronter la jungle citadine, tel Tarzan dans sa jungle !
Un gamin qui, devant nos yeux, prend son indépendance et affirme son caractère : “Je suis comme ça, moi”...
Autre lecture
Le petit François convainc ses parents de le laisser partir seul à l’école (Il est comme ça François : quand il veut quelque chose, il l’obtient). Comme Tarzan, son modèle, il veut affronter les dangers du monde seul. Chemin faisant, il découvre sa ville. Son regard se promène, attiré par une foule de petits détails qu’il n’avait jusqu’alors jamais remarqués. Et puis il tombe amoureux de la boulangère, fait des blagues, et se bagarre avec le caïd de la cour de récré, un certain King Kong... Il s’agit d’un petit texte franc et frais, plein de tendresse et d’humour. En quelques dizaines de pages vite lues, et avec le langage sans chichi d’un enfant de 9 ans, Mathis nous propulse dans cet âge magnifique de l’enfance où les choses se vivent sans intermédiaire. L’espièglerie communicative qui se dégage de ce petit roman n’empêche pas son auteur d’aborder par touches impressionnistes les soucis d’un écolier. En effet, François se retrouve pour la première fois confronté à la réalité, et cette réalité, même s’il ne fait que l’apercevoir sans la comprendre, prend par exemple la forme d’un clochard endormi dans une cage d’escalier. Mathis ne s’appesantit pas, il ne fait que montrer, et laisse son héros (et donc son lecteur) avec ses questions. Il confronte surtout le petit François à la violence physique, mais là encore, sans esquiver la vérité de la scène de bagarre finale : ça saigne, ça chouigne et il y a des bleus et des bosses. Quiconque a déjà été écolier saura que ce petit texte sonne juste. Si le format peut paraitre un brin austère (pas évident de coller ça dans les pattes d’un jeune lecteur), ça reste un récit court, dynamique, s’adressant à de très jeunes lecteurs, qui constitue un excellent « support » de transition vers des textes plus costauds.

coup de coeur Le pitre de la classe / L. Sachar. - Bayard. - (Estampille)

Ami d’Angeline dans Des poissons dans la tête, Barry est ici le héros. Antihéros devrait-on dire car ce jeune ado de 12 ans n’est pas des plus populaires dans sa classe. Il s’imagine que raconter des blagues pourrait le faire apprécier mais l’heure des déconvenues a sonné, Barry, surnommé Baboon, comprend ce qu’on pense de lui. Doit-il renoncer pour autant à ce qu’il aime le plus ? Doit-il abandonner l’idée de participer au concours de jeunes talents ?
Comment trouver la force de ne pas renoncer à ce que l’on est lorsqu’on est différent, décalé ? Barry en fait ici l’expérience, et même si ce petit bonhomme surprend par sa force mêlée d’aveuglement, on ressent aussi toute la douloureuse solitude derrière ses blagues. Un autre titre de cet auteur qui encourage à accepter ses différences.

coup de coeur Le combat de Jodh / M.-H. Delval. - Bayard

C’est un univers sombre que nous décrit Marie-Hélène Delval. La guerre vient de se terminer, laissant les familles exsangues et les paysages dévastés. Jodh, en tant qu’orphelin de guerre, est placé dans une famille privée d’hommes, sous la férule de la mère Musha et de sa fille. Alors qu’il aurait la possibilité de poursuivre ses études et donc de quitter cet environnement glauque, les deux femmes lui refusent cette opportunité. La haine monte, s’empare de lui tout entier…
C’est à la fois un livre antimilitariste mais aussi un récit plein d’espoir sur la renaissance du monde. Garder espoir en toutes circonstances, ne pas figer la perception que l’on peut avoir des autres, s’autoriser à réviser ses jugements pour voir la vie sous un jour plus lumineux.

coup de coeur Elliot peut mieux faire / C. Cahour. - Oskar

Elliot a eu le malheur d’acquiescer un jour, alors qu’il n’avait que 5 ans, lorsqu’on son père lui a demandé s’il voulait être médecin, son propre rêve inaccompli. Depuis, la pression est grandissante et en CM2, Elliot subit un poids démesuré. Et multiplie, forcément, les mauvais résultats. La visite d’un intervenant extérieur lui révèle un jour ce que pourrait être sa vocation (illustrateur) ; mais reste à convaincre son père…
Roman pour CM - 6° sur le thème de la phobie scolaire, de la pression parentale.

coup de coeur Johnny / M. Pouchain. - Sarbacane

Elle sait bien, Alice, qu’il est un peu tard pour écrire à Johnny, lui exprimer ses remords. Mais elle a besoin de revenir sur les évènements, pour comprendre, pour justifier, pour apprendre peut-être. Car Johnny est mort, de trop de moqueries, d’humiliations, d’incompréhension, de solitude. Johnny qui en a bavé dans la vie, qui n’a trouvé de réconfort ni dans sa classe, ni auprès d’Alice dont il était amoureux.
Un livre coup de poing qui nous renvoie à nos responsabilités dans notre façon d’agir avec les autres.

coup de coeur La manifestation / G. Kocjan. - Syros. - (Mini Syros Théâtre à jouer)

Des élèves qui manifestent pour retourner à l’école, voilà qui n’est pas banal ! Dans cette courte pièce composée de 3 scènes et avec 14 personnages (ou plus), les enfants de classes de primaires vont pouvoir se jouer d’eux-mêmes et de l’école.
Grégoire Kocjan fait mouche avec ses dialogues et signe un premier titre réussi dans cette nouvelle collection Théâtre à jouer.

coup de coeur Miettes de lettres / A. Thiollier. - Seuil. - (Chapitre)

C’est un roman documentaire qui nous donne beaucoup de détails sur la vie des Chinois du treizième arrondissement de Paris, à travers l’histoire assez sommaire de Fengfeng, jeune ado de 12-13 ans qui bosse dur pour réussir à l’école mais a quelques difficultés pour faire sa place et dont les parents triment pour rembourser l’argent emprunté pour venir en France. L’occasion de traiter de nombreux aspects intéressants. D’un côté : le folklore des fêtes, les croyances, la cuisine traditionnelle... ; de l’autre, les dures réalités du travail, de la pauvreté, de la clandestinité et de la pression communautaire et familiale. Tiraillé entre ses deux cultures, Fengfeng fait au moins deux découvertes importantes : il est capable de surmonter sa timidité pour résister aux pressions ; il est doué non seulement pour les maths mais également pour l’enseignement : il sait clairement et patiemment les expliquer à son cancre de copain. L’avenir, donc, s’annonce meilleur, et l’Education nationale peut encore être un moyen d’intégration et d’ascension sociales !

coup de coeur L’ incroyable voyage de Simon / C. Gratias. - Oskar

Simon est un petit garçon qui va l’école. Mais son sac est trop lourd... Il est rempli de pierres de savoirs que Simon ne comprend pas, n’assimile pas. Un beau jour, il décide de faire l’école buissonnière et s’endort au bord d’une rivière. A son réveil, un drôle de lutin l’attend pour partir en voyage. A travers l’incroyable aventure de Simon, le lecteur va découvrir différentes facettes de la langue française : la grammaire, mais aussi la poésie, l’étymologie, le verlan... Chaque découverte de Simon l’emmène plus loin vers la compréhension de la langue et des mécanismes de communication. Un voyage initiatique fait d’aventures et de rebondissements sans didactisme aucun. Le lecteur découvre avec Simon les rouages de la langue française de façon ludique (de nombreux jeux avec les mots) et réjouissante à travers diverses rencontres avec des personnages étranges et pittoresques.
Un petit roman facile à lire, à partir de 10 ans, pour les nuls en français !

coup de coeur La bande de Beck / C. Mac. - Actes sud

Zoé, que sa mère ballotte de ville en ville - neuf déménagements en 15 ans - arrive dans un nouveau lycée. Ici règnent Beck et sa bande qui se sont choisi comme bouc émissaire April, rebaptisée Dog. Par crainte des représailles, pour vaincre la solitude, pour se sentir protégée, Zoé se laisse entraîner dans la bande ; elle en porte même la marque dans sa chair. Mais quand elle veut reprendre ses distances, elle s’aperçoit qu’"on ne quitte pas la bande de Beck comme ça, simplement en tournant les talons".
Un récit réaliste haletant, une plongée dans un univers violent où les adultes sont défaillants et les brimades monnaie courante.

coup de coeur Passer au rouge / H. Vignal. - Rouergue. - (DoAdo)

Boris passe en revue toutes les fois où il s’est laissé embarquer par ses camarades dans des actions qu’il réprouve au plus profond de lui. Mais comment trouver la force, lorsqu’on est en 6°, d’affirmer ses opinions ? Heureusement, son père est à l’écoute ; mais qu’il est difficile de voir la déception dans son regard... Puis un jour, un évènement le fait réagir...Un évènement contre lequel il veut manifester son désaccord, ouvertement.
Boris choisit de s’affirmer, dans un acte loin des préoccupations quotidiennes, et de ce fait peut être plus facile à assumer. Mais cette révolte augure un temps où les actes de Boris ne seront plus dictés par le regard d’autrui.

coup de coeur L’ embrouille entre Kiffo et le Pitbull / B. Jonsberg. - Flammarion. - (Tribal)

Calma est une jeune fille brillante qui manie la langue avec dextérité et possède un sens aigu de la dérision. Kiffo, quant à lui, met un point d’honneur à se distinguer dans la désobéissance et les mauvais résultats scolaires.
Tout oppose ces deux-là si ce n’est l’amitié, forte et indéfectible, qui les unit depuis l’enfance, ainsi qu’une nette propension à la rébellion. Lorsque la nouvelle professeur d’anglais arrive, ils unissent donc tout naturellement leurs efforts pour se liguer contre elle et ses méthodes tyranniques. Ils découvrent lors d’une expédition punitive que Mademoiselle Plait, alias le pitbull, pourrait bien se livrer à des activités illicites liées à la drogue. Pour vouloir en savoir plus, ils se mettent en danger... Leurs soupçons sont-ils justifiés ?
Le lecteur devrait être séduit par le style alerte et plein d’humour de la narratrice, et lorsque le suspens, bien mené, glisse de la farce au drame, il s’attachera à sa personnalité, qui derrière sa carapace, révèle une grande sensibilité.

coup de coeur Jeu mortel / Moka. - Ecole des loisirs. - (Médium)

Les parents d’Arielle l’inscrivent pour un an dans la très chic école Saint Charles, car ils partent en Amazonie et ne peuvent l’emmener. Cette ado de 15 ans se trouve projetée dans un monde inconnu et complexe : clans, rites d’initiation, secrets, alcool, drogue... Malgré tout, la jeune fille arrivera à se faire une place et à imposer sa personnalité. Mais les évènements iront trop loin et entraîneront Arielle et ses camarades dans une aventure dramatique. Un livre passionnant qui tient le lecteur en haleine.

coup de coeur L’ ijimé : la loi du plus fort / H. Pérol. - Rageot. - (Métis)

Difficile d’être jeune au Japon ! La société y est dure, sans pitié pour les plus faibles ; la communauté passe avant l’individu et l’éducation vise à former un membre parfait du groupe. Pour le jeune Youhio, meilleur élève de sa classe, mais physiquement et émotionnellement plus fragile, la vie va tourner au cauchemar. Il devient la proie du chef de classe Takéo qui, aidé de ses copains, va mettre en route un "jeu" qui deviendra de plus en plus cruel. Jusqu’où ira le harcèlement, alors que ni sa mère qui réprime sa tendresse pour en faire un vrai homme, ni son père absent et très dur, ni son professeur qui devient complice de ses tortionnaires, ne lui viendront en aide ? Seule sa cousine dont il est amoureux aurait pu la soutenir mais elle est trop loin.
Une histoire douloureuse, un vrai documentaire sur la société japonaise et les règles de l’Ijimé. Passionnant.

coup de coeur Le cabossé / C. Mazard. - Syros. - (Les uns et les autres)

Cette année, c’est à Nicolas que revient l’honneur de chambrer M. Laitier, le vieux professeur de français atypique. Les critiques acerbes visent surtout ses envolées lyriques quand on évoque le mot de poésie, ses vêtements usés et démodés et son cabas vieillot qui semble aussi antique que son propriétaire. Nicolas se flatte des ricanements complices des autres élèves et amplifie les sarcasmes et humiliations envers son professeur pour s’attirer l’admiration de ses camarades. Mais il rencontre un jour le caïd de l’an dernier : Olivier l’avertit de son imprudence et l’invite à réfléchir sur ce que peut vivre et ressentir M. Laitier. Nicolas décide de suivre le professeur, jusqu’au cimetière, et découvre la misère humaine : le vieux poète qui nourrit les chats au Père Lachaise traîne derrière lui un boulet de solitude. Ignoré de sa famille, humilié par ses élèves, il a fini par se réfugier dans l’alcoolisme.
Un roman un peu court qui a le mérite d’amener les adolescents à comprendre la souffrance des autres pour ne pas en faire une faiblesse ou une honte mais un moyen de cultiver des rapports humains nourris de tolérance.

coup de coeur Vive la république / M.A. Murail. - Pocket

Cécile, 22 ans, a son premier poste d’institutrice à l’école Louis-Guilloux. Elle l’aborde avec anxiété mais se fait très vite à la vie de sa classe de CP. Un peu moins à celle des autres adultes qui composent l’école... Elle a une méthode tout à elle pour apprendre à lire à ses élèves, grâce à Lapinou Crotte-crotte, et installe ainsi une vraie complicité dans la classe. C’est grâce à cela que tous pourront venir en aide à la famille Baoulé, en passe d’être expulsée.
Un roman humaniste, drôle, qui n’élude pas la réalité sordide mais choisit toujours le parti de l’optimisme. Pour les plus grands. Coup de coeur de Florence L.

Et aussi... :


coup de coeur Ma classe de A à Z / C. Saudo ; M. Itoiz. - Les p’tits bérêts. - (Sur la pointe des pieds)

C’est la rentrée de A aujourd’hui, qui va nous présenter, tout en allitérations, ses 25 camarades. Un alphabet personnifié, pour une journée de classe tonique et expressive !

coup de coeur La sorcière ne sait pas lire / A. Bertron-Martin ; S. Ceccarelli ; C. Ducey. - Oskar. – (Une histoire à lire et à écouter)

L’histoire a d’abord été publié dans la revue Je lis déjà chez Fleurus, puis chez Oskar jeunesse dans la collection Premières lectures. Elle a pour objectif d’encourager l’enfant à lire. Une sorcière, pour s’amuser, capture une écolière. Quand elle apprend que la fillette, Cléophé, sait lire, elle s’épanche auprès d’elle : elle ne sait pas lire ! Elle va accompagner Cléophé à l’école…
La mise en page très classique, les gros caractères, la présentation préalable des 2 personnages, le découpage en quatre chapitres, tout est destiné à faciliter la lecture des débutants, et le CD vient soutenir l’effort des lecteurs malhabiles ou permet à l’enfant non lecteur de suivre l’histoire même lorsqu’il est seul. Les illustrations au trait centrées sur les personnages sont sympathiques mais n’ont pas de véritable qualité esthétique : elles aident l’enfant à se repérer dans l’histoire. Le CD n’a qu’une plage : l’histoire lue, assurée par une seule narratrice qui assume toutes les voix. La lecture de Caroline Ducey est agréable dans la mesure où elle donne une couleur propre à chaque personnage, sans toutefois apporter vraiment plus que la lecture d’un adulte pouvant dialoguer directement avec l’enfant. Bruitages et quelques brèves phrases musicales de transition viennent agrémenter l’interprétation. Une page finale explique les mots en couleur dans l’histoire. S’y ajoute une page sur l’auteur et sur l’illustrateur.
Un ouvrage qui, sans être désagréable, n’est vraiment pas indispensable.
Autre titre dans la même collection : Le loup qui voulait apprendre à lire / G. Noël ; S. Ceccarelli. – Oskar. – (Une histoire à lire et à écouter)

coup de coeur Mon livre d’histoires d’école et son CD / P. Brissy, M. Billet, D. Dufresne, H. Le Goff . - Milan jeunesse

Cinq courtes histoires (précédemment publiées dans les revues Histoires pour les petits et Toupie à lire à la veille de la rentrée scolaire sont réunies dans cet album. Chacune est autonome, avec des personnages particuliers, un ton et des illustrations spécifiques, par 5 artistes différents qui proposent des dessins faciles d’accès mais peu créatifs.
1. La rentrée d’Anatole : Anatole est impatient d’aller à l’école qu’il imagine comme dans les histoires que sa maman lui a racontées. Mais la maîtresse n’est pas une fée mais un monsieur moustachu... Les illustrations réalistes collent bien au ton joyeux de cette histoire.
2. Le génie de la rentrée : Nadia et Sidiki s’ennuient en ce dernier jour de vacances et par curiosité décident de pénétrer dans l’école. Lorsque qu’ils débouchent un curieux flacon posé sur le bureau, il s’en échappe une mystérieuse fumée bleue...
3. A l’école des monstres : Le petit monstre Zorbi va comme il se doit à l’école des monstres où il est sensé apprendre à faire peur. Mais ce n’est pas exactement ce qu’il apprendra...
4. Tête de passoire : Le petit Jonas, petit garçon rêveur, se fait vite moquer pour ses étourderies par Mélanie qui le surnomme « Tête à courants d’air ». Mais un jour, alors qu’il s’attend à être encore la risée, son dessin renverse la situation....
5. Une rentrée bien cachée : Noémie n’a pas du tout envie de découvrir une nouvelle école ; pour se rassurer, elle cache son Tibou Lapinou dans son sac. Peu à peu, Noémie se laisse apprivoiser par ce nouvel univers...
Un seul narrateur pour ces cinq histoires et un ton un peu monotone avec seulement quelques bruitages d’ambiance font que le CD est un peu redondant et n’apporte pas grand chose. Mais ces petits histoires ont en commun un caractère rassurant et dédramatisant à la veille d’entrer dans une école inconnue.

coup de coeur Au fond de la classe / Merlot ; G. Long. - Milan. - (Tintamarre)

Des thèmes concernant l’école sont abordés ici avec beaucoup de dérision : l’enfant amoureux de sa maitresse, le pourquoi et le comment, les cancres, la cantine, les cours de récré, les chamailles et les sanctions. La musique sur des rythmes endiablés et variés s’inspirent de tous les styles de musique : le rock, la soul ou le rap. L’auteur et compositeur Merlot reprend Boby Lapointe dans "le tube de toilette" et s’inspire de Katerine ou Nino Ferrer pour les excellents "Des frites et du ketchup" ou "j’te cause plus". Des versions instrumentales complètent le disque. L’illustration caricature avec beaucoup d’humour toutes les situations évoquées dans les chansons. Le décalage entre l’imaginaire de l’enfant et l’apprentissage imposé de l’école est très bien évoqué avec tous les malaises que cela peut engendrer chez l’enfant.
Ce livre cd permet de dédramatiser une adaptation pas toujours bien vécue de l’enfant à l’école. Un excellent choix pour rire de ses peurs et voir le monde scolaire sous un autre angle.

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