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Dernière mise à jour :
dimanche 25 septembre 2016

Mot Clé : Famille




Album(s) :


coup de coeur Petits secrets au fil des lettres / Sylvie Poillevé ; Elodie Durand. - Père Castor, 2015

Un album au format enveloppe géante, cela intrigue ! Et bien je n’ai pas été déçue par ce livre qui contient bien à l’intérieur quatre lettres à ouvrir et qui font corps avec le récit. Elles ne sont pas seulement figurées sur la page à la manière d’un trompe-l’oeil mais bien insérées à chaque fois dans des pages qui prennent l’apparence d’une enveloppe et s’ouvrent au moyen d’un rabat. On y trouve aussi les timbres, les adresses du destinataire et du correspondant mais aussi le tampon de la poste !

Un bel outil pour parler de l’objet lettre... et redonner envie de prendre son stylo et d’envoyer lettres et cartes. On imagine facilement poursuivre la lecture par une activité de "Mail Art" ou courrier artistique. Le livre commence par un arbre généalogique qui présente la famille dans son ensemble avec les grands-parents en premier. Au second plan il y a les trois enfants du couple et leur(s) conjoint(s) et enfin les petits-enfants. L’histoire est racontée par les plus jeunes. Habitués à passer des vacances ensemble, les voilà en partie séparés par un déménagement. Ils vont utiliser la poste et le courrier électronique pour échanger leurs petits secrets...

A lire !

Marion Uteza

A partir de 6 ans

coup de coeur Super maman ! Claire Clément ; Philippr Diemunsch. - Père Castor, 2015

Lorsque sa maman le quitte en le laissant à l’école, Gabin pense soudainement qu’il pourrait arriver des choses terribles, en son absence, à sa mère...

Au jeu des "et si", il convoque les plus grandes peurs des enfants : la sorcière, le loup et le gros monstre. Mais il se rend aussi compte, à chaque fois, que son extraordinaire maman pourrait, avec quelques accessoires, venir à bout sans trop de peine de ces méchants "ordinaires". Alors, à l’heure des mamans, c’est le plaisir des retrouvailles qui domine, même si le garçon ne tarde pas à s’apercevoir, grâce à quelques indices, qu’il s’est forcément passé des événements pendant son absence...

Un très bon album qui joue avec réussite sur les clés du conte. On retrouve les personnages qui incarnent les peurs de l’enfance mais aussi la construction du récit en boucle à partir de leitmotis. L’intrigue, à partir de petits riens, transforme la mère en super héros, dynamique, fraîche et souriante. Elle n’élude pas la question de l’occupation des mères lorsque l’enfant est en classe mais la traite avec brio et imagination.

La dernière phrase interpelle le lecteur afin de lui permettre de conclure lui-même le récit. On espère une version super papa...car la fin de l ’école c’est parfois aussi l’heure des papas.

Un album à partager sans modération ! Marion Uteza

A partir de 3 ans

coup de coeur Papa à grands pas / Nadine Brun-Cosme ; Aurélie Guillerey

Tous les jours papa dépose Mathieu à la crèche et revient le chercher le soir. Mais ce matin, la vieille voiture verte hoquète et montre des signes de faiblesse. Et si ce soir elle ne démarrait plus du tout ? s’inquiète le petit garçon. Pas de problème, papa a réponse à tout ! De la plus raisonnable à la plus farfelue, son imagination n’a pas de borne, notre enthousiasme non plus, à l’écoute de ses propositions : il viendra à gros tracteur rouge, et si le tracteur est fatigué aussi, doudou Martin le gros ours le portera dans ses pattes, et si la peluche dort, il s’envolera porté par les becs des oiseaux, et ainsi de suite... jusqu’à la solution la plus fiable, la plus rassurante : ni une ni deux, il prendra ses grandes jambes, qui elles ne sont jamais fatiguées ! Un album très joyeux signé Nadine Brun-Cosme qui enveloppe les angoisses de l’enfant d’une ritournelle rassurante : "Et si ? Alors...". Les illustrations d’Aurélie Guillerey, dans un équilibre très réussi entre esprit vintage et modernité, respirent la joie de vivre. Chaque proposition du papa est illustrée sur une double page à la palette restreinte (rouge, vert, noir, rose, jaune, blanc). Le plein de tendresse ! Ewa Bochenski

A partir de 3 ans

coup de coeur Le jour de ta naissance / Emma Dodd. - Albin Michel, 2014

C’est une parenthèse intime et tendre à laquelle invite ce petit album au format carré. Des parents animaux s’adressent à leur petit pour évoquer leur arrivée au monde. Pour le petit éléphanteau, la pluie s’est arrêtée, le soleil est sorti des nuages. Pour le petit ours, la neige a doucement fondu, les arbres ont fleuri....et ainsi de suite pour tous les animaux : un souvenir heureux lié aux éléments naturels est rattaché à leur naissance. Puis des parents d’adressent à leur enfant, et posent pêle-mêle des mots sur les émotions de ce grand moment ! Oui, ils ont ri et pleuré tout à la fois..."Le jour de ta naissance, nous avons posé sur le monde un regard nouveau". Réunis dans cette expérience universelle, hommes et animaux se retrouvent ensemble en dernière double page. Le rythme est lent, posé, pour un petit livre empli d’amour et de poésie. Ewa Bochenski

A partir de 3 ans.

coup de coeur La grande aventure du Petit Tout / Agnès de Lestrade ; Tiziana Romanin. - Sarbacane, 2014

Petit tout grandit bien au chaud , protégé par l’amour de ses parents. Ensemble ils forment un abri où résonnent les rires et les baisers. Mais le temps passe et avec lui ce bel amour s’éteint. Oh bien sûr, madame Tout et monsieur Tout embrassent toujours aussi fort leur petit mais désormais plus rien ne sera comme avant : petit Tout part vivre avec sa maman dans une nouvelle maison. Un jour, elle lui présente son nouvel amoureux. "Je vous appellerai monsieur Rien", décrète petit Tout. La situtation se complique encore lorsque madame Tout et monsieur Rien fabriquent un petit Quelquechose ! Heureusement, si le temps peut défaire il sait aussi reconstruire, et petit à petit peuvent se recoller les morceaux de coeur brisé...

Un très bel album qui aborde avec justesse la séparation, les familles recomposées, la jalousie, et aussi l’apaisement. Les sentiments du petit garçon sont merveilleusement matérialisés par le jeu entre les mots "tout", "rien", "quelquechose", qui jalonnent les étapes de cette grande aventure de la séparation. Le texte d’Agnès de Lestrade est tout en simplicité. Les illustrations de Tiziana Romanin sont empreintes de douceur, un crayonné pastel aux courbes douces qui rassurent et portent le propos, d’une grande intelligence. Ewa Bochenski

A partir de 4 ans

coup de coeur Avec moi, c’est comme ça / Nadine Brun-Cosme ; Magali Le Huche. - Père Castor-Flammarion ( Les p’tits albums du père castor), 2015

Quand maman sort au cinéma, papa s’occupe de tout...enfin, il essaie ! Comment ? Qui a dit maladroit ? D’accord, tout ne se passe pas exactement comme d’habitude : le bain est un peu froid, la purée trop salée. et sacrilège, papa raconte l’histoire avec la grande lampe allumée ! Oui mais...le bain est bien plus rigolo, le dessert très sucré, et deux histoires et trois bisous, c’est bien plus doux...
Paru en 2012, Avec moi c’est comme ça fait partie désormais des p’tits albums du père castor pour notre plus grand plaisir ! Empreint d’humour et de tendresse, le texte de Nadine Brun-Cosme dit la complicité et l’amour par des mots simples et des détails qui sonnent juste. Les illustrations de Magali Le Huche le complètent à merveille. Vive les "soirées-papas" ! Ewa Bochenski

A partir de 3 ans

coup de coeur Comme deux confettis / Didier Jean ; Zad ; Sandrine Kao. - Utopique (Bisous de famille), 2013

Cet album est un livre de naissance : celle d’une famille. Une enfant raconte comment ses parents sont devenus "papa" et "maman".
"Imaginez deux confettis lancés au milieu d’un carnaval"... Sans se connaître ils se cherchaient pourtant. Par le plus grand des hasards et pour le plus grand des bonheurs ils se sont trouvés. Il y a l’avant : deux solitudes qui ne demandaient qu’à se rapprocher. Il y a 9 mois d’attente, "le plus long des câlins", celui où la petite narratrice perçoit voix et intonations, battements de coeur. Enfin, arrive le moment de la rencontre où tout se joue. Immédiatement, bébé a reconnu : la voix de l’un, la douceur de l’autre. Papa et maman sont nés, eux aussi. Les illustrations de Sandrine Kao au crayon sont empruntes de douceur et de quiétude.
Un album intimiste qui sera l’occasion de partager avec l’enfant son histoire, et celle de sa famille. Deux doubles pages spécifiques clôturent l’ouvrage : la première rappelle la définition d’une famille et nomme les différents types de famille que l’on peut rencontrer, la dernière laisse la place aux photos souvenirs du petit lecteur. Ewa Bochenski

A partir de 5 ans

coup de coeur Gaston / Kelly Dipucchio ; Christian Robinson. - Hélium, 2014

Madame Caniche a quatre chiots : trois femelles et un mâle. Dès la première page, lorsque l’auteur nous présente la petite progéniture, un léger détail nous étonne....Alors que cette maman élève ses enfants dans la tradition "caniche" l’impression d’étrangeté se confirme pour le chiot prénommé Gaston. En effet même s’il fait plus d’effort que ses sœurs il n’est pas tout à fait conforme au modèle : trop gros, trop grand, trop turbulent ! mais aussi trop chou.... Au printemps la petite famille fait sa première sortie au parc où sont déjà arrivés madame Bouledogue qui a elle aussi quatre chiots,trois mâles bien costauds et Antoinette une femelle bien.... trop petite. Lorsque les deux tribus s’observent la vérité saute aux yeux : "il y a eu confusion ! ". Qu’à cela ne tienne les enfants reprennent leur juste place dans la bonne famille et chacune rentre chez elle et tout va rentrer dans l’ordre. Seulement voilà, ce n’est pas si simple de se réadapter, ni pour les petits, ni pour les adultes ! Le surlendemain ils se retrouvent donc tous au parc et chacune des mamans reprend le petit parce qu’après tout même si elle n’est pas la mère biologique, c’est bien son enfant. Un petit air du film "la vie est un long fleuve tranquille" dans cet album drôle et charmant. Coup de cœur ! Myriam Lemercier

A partir de 3 ans

coup de coeur Mille et une familles / Marie-Cécile Distinguin-Rabot. - Editions d’un monde à l’autre, 2014

C’est quoi, une famille ? Voici un album haut en couleurs et plein de vie, qui permet de répondre à cette question à choix multiples. Les personnages accueillent le petit lecteur : "Viens avec nous, on va te présenter nos familles !". Puis chacun, par double page, nous présente son cocon familial. Qu’il soit recomposé ou classique, mixte, séparé, qu’il y soit question d’homoparentalité, de handicap, de famille d’accueil...en quelques phrases et une illustration pleine de gaieté, l’enfant nous présente ses proches et son quotidien. En fin d’ouvrage, le jeune lecteur peut lui aussi dessiner et présenter sa famille.
Le texte à hauteur d’enfant, les illustrations vives, le propos à large vue, en font un album particulièrement réjouissant et essentiel à l’heure des récents débats sur ce thème. Coup de coeur. Ewa Bochenski

A partir de 6 ans

coup de coeur abris / Emmanuelle Houdart. - Les fourmis rouges, 2014

Le ventre de maman, les mains de papa, l’amour, l’amitié, les jardins secrets...la vie nous offre toutes sortes d’abris. Autant de refuges qu’Emmanuelle Houdart explore en de foisonnants tableaux successifs, emprunts de douceur. Son univers fantasmagorique se fait ici plus tendre que d’habitude. Des pages cocons, qui entrent en résonance avec tout lecteur, quel que soit son âge. Un abri, là où l’on n’a plus peur de rien, là où se consolent les chagrins, là où renaissent nos forces, une place à soi où se retrouver. Un abri, c’est protéiforme, c’est un toucher, un sentiment, une relation, c’est une cabane ou un échange, un moment de calme ou un éclat de rire, une transmission entre générations. Il y a tout cela dans ce magnifique album au tempo tout en douceur, à feuilleter sans fin. Ewa Bochenski

A partir de 3 ans

coup de coeur Il pleut, il pleut berbère / Gérard Alle ; Marianne Larvol. – Locus Solus, 2014

Pour conjurer la sécheresse qui a envahi sa région dans le sud du Maroc, Saïd un paysan, va risquer sa vie : sauter d’une falaise, plonger dans un minuscule point d’eau creusé dans la terre pour épater des touristes. Ceux-ci, ignorants des traditions, sont prêts à lui donner de l’argent pour ce pari osé. Mais, avides de sensations, ils lui proposent de renouveler son exploit contre encore plus d’argent. Après le premier saut, Saïd refuse catégoriquement la proposition. C’est alors qu’il se met à pleuvoir… Les Berbères sont un peuple libre à l’origine du Maghreb. Menacés à l’arrivée des Arabes en Afrique du Nord, ils ne se laissent séduire par aucune autorité. La maison d’édition Locus Solus, inscrite dans sa région de prédilection, la Bretagne, propose sa collection Locus Solus Minus pour interpeller et faire découvrir des régions du monde à forte identité, à un jeune public. Marianne Larvol, illustratrice bretonne, donne des couleurs à cet album sympathique. En fin d’ouvrage, une page documentaire nous invite à mieux connaître les Berbères. Claire Py

A partir de 4 ans

coup de coeur Cœur élastique / Anne-Claire Lévêque ; Arianna Tamburini. – Ricochet, 2014

Tout commence par une histoire d’amour. Alors arrive l’enfant. Nommé, aimé, il s’inscrit dans l’arbre généalogique de la famille, se love dans le cœur immense de ses parents. Chaque branche est une filiation avec laquelle compter : Grand-père, Mamé, cousins, cousines, sœurs et frères, quand tous se retrouvent c’est la fête ! Chaque enfant a sa place. Cœur élastique des parents, l’amour est grand… Avec les trois couleurs primaires (bleu, rouge, jaune), l’illustratrice Arianna Tamburini imagine le chemin de cet enfant qui grandit, parmi l’affection des siens, jusqu’à l’envol. Claire Py

A partir de 4 ans

coup de coeur Raoul : Attendez ! je suis pressé ! / Michel Van Zeveren. - EDL, Pastel, 2014

Toute ressemblance avec une famille existante n’est pas du tout fortuite...Raoul le petit loup pose des questions, beaucoup de questions : les graines des donuts font-elles pousser les donuts, combien de larmes faut-il pour noyer un chagrin, et quand est-ce qu’il peut avoir un petit frère, à la fin ? Alors oui, Raoul fait parfois tourner ses parents en bourrique mais rassurez-vous, vraiment, Raoul est un petit loup à croquer ! Complicité avec papa, tendresse avec maman, on fait le plein d’amour dans cette famille-là. Et le plein de bonne humeur, en partageant leurs aventures quotidiennes. Des séquences BD extrêmement drôles et qui sonnent justes, tant pour les petits que pour les grands ! Ewa Bochenski

A partir de 5 ans

coup de coeur A la maison il y a des règles ! / L. Salaün ; G. Rapaport. - Seuil. 2014

34 règles de savoir vivre pour mieux cohabiter en famille et en société. « Je ne me précipite pas aux toilettes quand je dois débarrasser la table. » « Je ne dis pas : “j’ai pas trouvé” quand j’ai pas cherché. » Bien sûr, l’exercice serait fastidieux s’il n’était dévoyé et égayé par des illustrations farceuses.
Chacun se retrouvera dans l’une ou l’autre de ses saynètes qui transforment l’agacement légitime provoqué par ces petits travers en sourire finalement attendri.

coup de coeur Papa, maman, nos livres et moi / D. Marcotte ; J. Bisaillon. - Les 400 coups. 2013

Le livre, chez le petit narrateur, c’est une histoire de famille. Les parents, les grands-parents, les oncles et tantes, tout le monde a sa façon de lire. Des romans, des recettes de cuisine, des partitions... « En sécurité dans son hamac, ma voisine tremble face aux pirates. Moi, c’est dans un bain de mousse que j’aime me donner la frousse. » La lecture revêt tant de possibles, suscite tant d’émotions... La lecture, c’est un monde en soi, pour soi, et un univers à partager.

coup de coeur Il n’y avait jamais eu autant de neige à Noël / F. Burckel. - Sarbacane. 2013

Comme un journal intime, l’album égrène les jours et évènements précédant noël. L’impatience est palpable, vis à vis de Noël bien sûr mais surtout de l’arrivée de Martin, le cousin de la narratrice. Mais la neige en abondance compromet la réunion familiale et plus rien n’a de sens pour Nina. L’excitation du matin de Noël n’est pas au rendez-vous. A moins que...
Un album qui s’attache à l’instant, aux sensations et surtout aux êtres que l’on aime et qui donnent tout leur sens à la fête de Noël.

coup de coeur Je voulais un chat et j’ai une soeur / L. Froissart ; K. Dupont-Belrhali. - Milan. 2013

« Je veux un chat ! » exprime la narratrice. « Et un jour, paf, ils me font une soeur ! » « C’est comme à Noël : on commande quelque chose, et on a toujours autre chose ! » C’est avec ce ton direct et très drôle que l’on découvre les premiers moments de cohabitation entre Zelda et sa petite sœur. Elle trouve au départ qu’un bébé apporte les mêmes désagréments que lui opposaient ses parents à propos du chat mais au final, une sœur, ça a du bon...
Dessins naïfs et très colorés, humour infaillible dans les scènes de vie familiale, un livre hautement vivant, un brin délirant !

coup de coeur Drôles de familles / A. Valente ; A. Delrieu. - Tournez la page ; ALHERT. 2013

C’est la rentrée, la maîtresse demande aux élèves comment s’est « passé l’été avec leur famille ». Le sujet des vacances laisse immédiatement place à un panorama des familles : homoparentale, monoparentale, mixte, recomposée, placement en foyer...
Le propos est évidement très ciblé et l’illustration criarde mais l’album a le mérite de montrer la variété des situations familiales en toute spontanéité. « La seule chose qui compte, c’est d’être heureux ensemble et de s’aimer ! »

coup de coeur Courage, au lit ! / F. Benaglia. - Sarbacane. - (Petit dernier). 2013

Chez les Crumpets, l’heure d’aller au lit a sonné ! Grands-grands, grands tout court, moyens et plus petits s’activent dans une impatience unanime et courent au lit. Seul Petit Dernier Crumpets redoute la nuit silencieuse... « Si seulement un grand-grand pouvait me cajoler, ça ferait passer le temps et j’aurais moins peur. » Toute la chambrée est alors bientôt réveillée...
Cette famille nombreuse, chaleureuse et solidaire fait bien vite oublier la peur liée au moment du coucher. Petit dernier, entouré de la bienveillance de la fratrie et encouragé par ses parents sera vite rassuré.
Dynamisme du texte, tendresse et humour des expressions, cette série apporte une joyeuse fraîcheur à des thèmes classiques.

coup de coeur Madame le lapin blanc / G. Bachelet. - Seuil

Madame lapin tient son journal, comme un exutoire. Une famille si nombreuse, c’est autant de préoccupations, de problèmes qui occupent pleinement une journée : l’aînée qui ne mange plus rien, les jumeaux qui sont à l’âge des découvertes, « l’adorable petite dernière, Emily (...) tout le portrait de son père : elle braille toute la sainte journée »... Madame lapin, débordée et attentionnée à chacun, se plait à rêver que son mari lui soit d’un soutien sans faille...
Au-delà du journal, c’est la vie de famille dans toute sa fantaisie, son foisonnement, ses débordements... qui explose dans ces pages d’illustrations à l’humour irrésistible. L’intrusion des univers d’Alice aux pays des merveilles-notamment avec le Chat du Cheshire- ou du Vent dans les Saules, parachève cette ambiance décalée et jubilatoire.

coup de coeur Brindille / R. Courgeon. - Milan

Brindille, ce n’est pas son nom mais le surnom que ses brutes de frères lui ont donné. Ils ne sont pas méchants, ce sont juste des garnements. Le père de cette famille travaille beaucoup et la mère est décédée. Toutes les tâches ménagères incombent à Pavlina car les négociations avec ses frères se font aux coups de poings et qu’elle n’a pas la carrure pour ça. Un jour, n’en pouvant plus, elle décide de s’adonner à la boxe. Sa détermination et sa colère servent à rendre cette petite fille sûre d’elle et très vite elle prend le dessus sur la fratrie. Mais l’histoire serait bien triste si les rapports entre eux s’arrêtaient là. Et Rémi Courgeon a plutôt écrit une histoire émouvante....
Autre lecture
Le père, les 3 grands frères et la petite dernière, Brindille. Elle a un nom, pourtant, mais elle reste la petite, la serviable, la corvéable. Mais Brindille grandit, tout comme sa volonté de s’affirmer. Et s’il faut pour cela en passer par les poings, soit ! Brindille s’entraîne dur à la boxe, avec en prime les railleries des frères. Puis leurs encouragements...
Rémi Courgeon est décidément aussi doué dans l’exercice de l’album avec que sans texte. L’histoire de Palvina/Brindille est racontée dans un style aussi tonique que l’est cette héroïne volontaire mais pas butée. On s’attachera autant à elle qu’à cette famille qu’elle a su faire évoluer à la seule force de sa détermination.
A noter les lettrines particulières de Rémi Courgeon qu’il mêle subrepticement aux illustrations.

coup de coeur La couverture : Une histoire en petits carreaux (de tissu) / I. Minhos Martins, Y. Kono . - Notari

Au décès de la grand-mère, leurs filles se déchirent. Non pour les nombreuses richesses qu’elle possédait mais pour une couverture immense, gage du sommeil le plus serein. Une couverture patchwork dont chaque petit morceau de tissu est en lui-même une histoire, un voyage émouvant, une anecdote de la vie familiale. Alors pour se raccommoder, chacun se partagera la couverture de mois en mois. Et continuera de rapiécer l’étoffe d’une vie.

coup de coeur La soupe des trois ours / C. Kim ; M. Moriuchi. - Ane bâté

Ils sont trois : un grand, un moyen et un petit... Mais point de Boucle d’or ici, nos 3 ours préparent une soupe. A chaque étape, le narrateur questionne le lecteur pour savoir lequel des trois a pêché le plus gros des poissons ? Cueilli la moyenne carotte ? Porté le plus grand des seaux ?... Et surtout, « qui mangera le plus de soupe ? »
Les illustrations en papiers collés et aux couleurs chaudes sont parfaitement adaptées à cette histoire aux allures de randonnée, rythmée de questions, exclamations et onomatopées.

coup de coeur La maison en petits cubes / K. Hirata ; F. Katô. - Nobi Nobi

De quoi est constituée une vie ? Ces deux auteurs apportent une réponse des plus originales : le vieux monsieur héros de cette histoire a superposé des cubes sur sa maison pour contrer la montée des eaux, progressive et incessante. Chaque étage constitue ainsi une étape de sa vie. Lorsqu’il doit un jour descendre tout en bas, il enfile une combinaison et remonte le fil du temps. Les souvenirs affleurent.
Teintes feutrées entre vieux jaune et bleutés pour évoquer une vie.

coup de coeur A travers la vitre / S. Kamino. - Lirabelle

Vue extérieure de la maison, une fenêtre embuée... « Oh ! Une fillette ! Et voilà son frère ! » Qui n’a jamais joué avec la buée sur une vitre ? Ici chaque habitant de la maison se révèle tour à tour et se joint au tableau. Quand maman ouvre la casserole, « on n’y voit goutte ! » Recommençons ! Puis accueillons enfin celui qui observait, dehors, cette scène hivernale enjouée.
Existe également en version kamishibaï.

coup de coeur Le Crafougna / S. Servant ; A. Monte. - Didier

Le foyer du narrateur est envahi par un monstre Crafougna qui contamine tous ses habitants. Chaque jour de la semaine, le constat se fait plus accablant, il faut réagir devant cette ambiance délétère !
Le petit bonhomme, comptable de la bonne humeur de sa famille, congédie à temps le monstre. La déclinaison dans toutes ses formes du mot Crafougna destine particulièrement cet album à la lecture à voix haute.

coup de coeur Super-Charlie / C. Läckberg ; M. Sarri. - Actes Sud

Charlie n’est pas un bébé ordinaire. Tout petit déjà, il a des capacités hors normes et une autonomie étonnante, qu’il faut néanmoins camoufler pour ne pas effrayer ses parents tout à fait normaux. Quand il apprend qu’on embête son grand frère Willy à l’école, il échafaude en secret, mais avec l’aide de sa grand-mère, un plan d’attaque.
Un tout-petit super héros qui cultive sa normalité, voilà qui n’est pas banal et assez plaisant à lire sous la plume d’une auteure suédoise connue pour ses romans policiers. Le texte est assez long, les illustrations colorées, la fin vengeresse pourra déplaire à certains mais gageons que les enfants dès 4-5 ans auront plaisir à lire cet album et les suites annoncées.

coup de coeur Chasse, pêche et surgelé / P. Bisinski. - Gallimard. - (Giboulées)

Nouvelle petite série chez Gallimard Giboulée écrite par Pierrick Bisinski avec la collaboration d’Edouard Manceau, illustrée en papiers découpés.
Dans la famille ogre, je voudrais Igor et Olafe le fils et la fille, espiègles mais finalement assez sages. Dans la famille ogre, je voudrais le père, gaffeur, et la mère, qui veille sur tout ce petit monde...
Des histoires de dévoration savoureuses pour les tout-petits. Une préférence pour Un délicieux marcassin (qui, ouf, sera sauvé des crocs de la pas-si-terrible famille ogre) et Chasse, pêche et surgelé dans lesquels le père se retrouve dans des situations particulièrement amusantes. Serez-vous étonnés d’apprendre qu’à la fin de chaque titre, la famille se retrouve autour d’une table pour un festin ?

coup de coeur Une vie exemplaire / Floc’h. - Hélium

Entre prosaïsme et philosophie, cet album hors norme énumère des conseils, des règles de vie quotidienne et spirituelle. Une vie exemplaire sera assurée à conditionner d’« aimer les chapeaux », de « s’interroger sur le sens de la vie »... et de « ne pas oublier que nous sommes mortels »... C’est une drôle de famille composée d’un père, de sa fille et d’un lapin qui nous la présente.
A la question de Jean-Luc Fromental, en 4° de couverture, de savoir si l’on confierait nos enfants à l’illustrateur Floc’h, la réponse est OUI, tant cette fantaisie empreinte de légèreté et teintée d’un mordant indéniable paraît saine.

coup de coeur Un air de famille / M. Port ; P. Waechter. - Milan

Hélène ne veut pour rien au monde perpétuer la tradition familiale et devenir “un hurleur” comme son père. Face à la perspective de vociférer continuellement et pour un rien, elle préfère prendre ses distances, quitter la maison.
Une histoire courte et enlevée qui montre comment déjouer la génétique quelques fois lourde à porter, et exploiter positivement ce qui peut apparaître comme une tare. La famille, aussi pénible soit-elle, reste un pilier !

coup de coeur Le jeu de cette famille / A. Agopian ; C. Franek. - Rouergue

La famille, ça peut être simple, carré. Papa-maman-fiston-le chien. Là où ça l’est beaucoup moins, c’est lorsqu’il y a divorce puis recomposition des patchworks familiaux. Les parents ont de nouveaux compagnons, eux-mêmes affublés d’enfants. Pour peu que tout ce monde là soit accompagné d’un ou plusieurs animaux de compagnie, bonjour le bazar ! Avec ce que cela suppose de merveilleux moments et d’affreuses tensions. Mais l’aventure, tout comme l’album, est pleine de vie et de surprises et constitue un sacré challenge !

coup de coeur Dans les basquettes de Babakar / A. Vaugelade. - Ecole des loisirs

On l’aime cette famille Quichon ! Dans ce nouvel opus, toute la famille est sur la ligne de départ... prêts... partez ! Très vite, Babakar se démarque du peloton et fait des merveilles avec ses basquettes rouges, un peu trop même !
Un univers de tendresse, avec juste ce qu’il faut d’humour et de décalage, sans oublier la poésie, le cocktail est réussi.

coup de coeur Le petit roi / M. Solal. - Motus

Un petit prince... un roi, voilà ce que souhaite devenir notre narrateur. La louche de maman pour le sceptre, le châle de mamie pour la cape, un peu d’imagination et le tour est joué, c’est moi qui commande ! Sauf que les membres de la famille ne sont guère prêt à jouer le jeu. Dur-dur le retour à la réalité... Encore que ;-)
Petite scène de vie familiale, avec les moments d’emportement et de tendresse.

coup de coeur La vie rêvée de Papa Quichon / A. Vaugelade. - (Ecole des loisirs)

Qu’aurait été la vie de papa Quichon s’il n’avait rencontré maman Quichon ? Il se prend à en rêver, ses 73 enfants avec lui. Une parenthèse pleine de poésie dans la vie trépidente de cette famille haute en couleurs. Le rêve est aux antipodes des regrets et de l’amertume et se clôt sur une famille heureuse de se retrouver.
Un nouvel épisode de la saga familiale des Quichon avec, toujours, la sensibilité teintée d’humour propre à Anaïs Vaugelade.

Roman(s) :


coup de coeur Zac et Zou , l’heure des devoirs / Nathalie Suquet ; Thérèse Bonté. - Belin Jeunesse (Premières lectures), 2015

L’heure des devoirs où comment aider les parents (ici, en l’occurence, la maman) à rester calmes et à aider leurs enfants. Très drôle, les adultes en prennent pour leur grade et les enfants sont bien moins naïfs qu’on peut le penser ! Avec de jolies illustrations donnant du peps à l’histoire. Marie Chaillet.

A partir de 7 ans

coup de coeur Mon papy voit la vie en jaune / Sandrine Beau, Stéphanie Rubini. - Belin Jeunesse (Premiers romans), 2015

Adrine passe ses vacances d’été chez son grand-père. Cette année le garçon rencontre Suzette et il comprend vite que c’est l’amoureuse de son grand-père... Suzette s’habille en jaune, elle a la peau sombre, et rit tout le temps. Il faudra pourtant beaucoup de temps à Adrien pour accepter de partager son papy, et faire une place à cette nouvelle grand-mère, pleine de vie. Bon roman traitant des tiers grands-parents/enfants avec un petit récapitulatif à la fin sur la particularité de ces relations. Marie Chaillet

A partir de 7 ans

coup de coeur Le bonheur de A à Z / Barry Jonsberg. - Flammarion (Tribal), 2015

Candice, 12 ans, est une petite fille très particulière et solitaire. Parce que son professeur de français lui a donné une rédaction à faire, Candice raconte sa vie par ordre alphabétique. D’une adolescente décalée en apparence, on découvre une personne intelligente et sensible, décidée à redonner le sourire à ses parents même s’il faut pour cela remonter les souvenirs pénibles à la surface et, aussi, casser sa tirelire. Très bon roman, drôle, interlligent, décalé tout comme son héroïne. Marie Chaillet.

A partir de 13 ans.

coup de coeur Les quatre filles du Docteur March / Nev, d’après l’oeuvre de Louisa May Alcott. - Nobi Nobi (Les classiques en Manga), 2015

Quel plaisir de retrouver sous la forme moderne du manga, une histoire de notre enfance. "Les quatre filles du docteur March" est un classique qui traverse les générations. Le récit est celui de la trajectoire de quatre soeurs, élevées dans une grande simplicité et avec des valeurs morales que sont la solidarité et l’aide aux plus démunis. Alors que leur père est parti combattre lors de la guerre de Sécession, elles n’ont plus que le courage et la bienveillance de leur mère pour grandir et se transformer à leur tour en adulte.

L’amour qui existe entre chacun irradie les pages du roman. On le retrouve rendu avec exactitude dans cette adaptation illustrée.

Chaque personnage est décrit avec justesse. J’avais principalement gardé en mémoire celui de Jo, véritable garçon manqué au début de l’histoire et héroïne principale de cette vie avant tout à dimension familiale. C’était oublier un peu vite Amy, la plus jeune, vive et parfois pénible, Beth la douce et timide et Meg l’aîné toujours raisonnable. Le catalyseur de leur aventure est Laurie, leur jeune voisin, qui va faire battre les coeurs...

Le dessin réussit à bien individualiser les différents acteurs et évite ainsi que le lecteur se perde à l’intérieur du récit. La forme du manga met ce chef d’oeuvre de la littérature à la portée de tous. Marion Uteza

A partir de 9 ans

coup de coeur Je fais ce qui me plaît / Gérard Goldman. - Ecole des Loisirs (Neuf), 2015

Hector part en vacances avec sa mère et Norbert, son beau-père. On peut dire que les relations ne sont pas au beau fixe entre ces deux-là, et le garçon va tout faire pour faire pour séparer le couple. Dans cette mission, il est épaulé et hautement influencé par la jolie (mais peste) Alma, jeune fille riche qui le méprise un peu. Heureusement, en Normandie, il y a aussi Denise qui, elle, aimerait tant se rapprocher d’Hector. Jolie histoire sur fond des années 60. Rafraichissant ! Marie Chaillet

A partir de 9 ans

coup de coeur La nappe blanche / Françoise Legendre. - Thierry Magnier (Petite poche), 2014

1910. Jeanne la grand mère d’Ana brode l’immense nappe de mariage de sa petite fille. Cette nappe, on va la redécouvrir à plusieurs étapes et à plusieurs époques. Durant la 1° Guerre Mondiale puis la seconde où elle servira de cachette. Nappe qui passe de génération en génération, nappe d’une vie de famille. Succession d’histoires de famille sur fond de grande Histoire, Histoires de femmes également. Roman sans fin avec l’arrivée de la petite Jeanne, nommée comme l’aïeule qui avait brodé cette nappe.

Petit roman tout en sensibilité, coup de cœur assuré. Dominique Topin

A partir de 10 ans

coup de coeur Refuges / Annelise Heurtier. - Casterman, 2015

Mila revient sur les traces de son enfance en venant passer ses vacances dans la maison familiale de sa grand-mère maintenant décédée. Elle va découvrir l’île de Lampedusa, guidée en cela par la captivante Paola qui lui montre les trésors de cette terre qu’elle va réapprendre à aimer. Sa narration va vite alterner avec des récits de personnages nés en Erythrée et cherchant à s’en éloigner pour survivre par tous les moyens. Un sujet brûlant d’actualité et un roman bien écrit qui donne à réfléchir notamment sur les décisions à prendre en matière d’immigration et de misère humaine. Une belle histoire pour l’héroïne qui apporte sur l’île ses démons personnels et surtout son drame familial. Le dénouement est bien pensé et incite à réagir, à s’ouvrir sur le monde extérieur. Sandy Morel

A partir de 14 ans

coup de coeur Géant / Jo Hoestland. - Magnard Jeunesse, 2014

A la mort de son père, berger, Louis s’installe en ville avec sa mère qui a besoin de trouver rapidement un travail. Le quotidien et l’environnement du garçon est bouleversé : fini les marais avec son père, l’observation des échassiers, voici la ville avec ses bagarres avec les copains dans la cour de l’école, et la vie dans un appartement minuscule. Heureusement, il y a sa voisine, Flora, dont la petite soeur est malade. C’est le début d’une véritable amitié entre les enfants, et d’un réel soutien.
Joli roman pour les plus jeunes, poétique mais aussi réaliste, avec de belles illustrations intérieures. Marie Chaillet

A partir de 8 ans

coup de coeur Vers le bleu / Sabrina Bensalah. - Sarbacane (Exprim), 2014

A l’âge de l’insouciance et des rêves plein la tête, Ornella (dite Nel), 18 ans, vit dans une caravane avec une mère volage complètement démissionnaire et sa petite soeur Anouchka (Nouch), 9 ans, mini-miss à la Little Miss Sunshine. L’horizon ? Il n’y en a pas. Au moment où Nel s’apprête à les laisser derrière elle pour partir vivre enfin sa vie, la mère les abandonne à leur sort en disparaissant du jour au lendemain. Commence pour les deux soeurs un quotidien de débrouillardise et de courage, fait de rencontres hétéroclites. Les intrigues s’emmêlent, l’authenticité du langage claque aux oreilles, la justesse des émotions éblouit. L’aventure se clôt dans un coup de théâtre peut être improbable mais qui s’inscrit dans le mouvement général du récit, avec une énergie et un naturel qui nous emportent pour notre plus grand plaisir. Premier roman jeunesse de Sabrina Bensalah, auteur à suivre ! Ewa Bochenski

Ornella, dix-huit ans, n’a pas la vie facile : elle vit dans une caravane dans un camping, avec sa petite sœur de cinq ans, Noush, qu’elle essaie de protéger de sa mère - qui est à ranger franchement dans la catégorie « cas social irresponsable ». D’ailleurs, elle ne tarde pas à les abandonner toutes les deux pour suivre son nouvel amant, laissant Nel faire face à la situation… C’est un roman très facile à lire et qui ne démoralise pas le lecteur bien qu’il nous plonge dans une réalité sociale difficile. Ainsi, Nel doit faire face à des situations assez scabreuses (les avances du propriétaire d’une galerie intéressé par ses charmes) et finira par avoir « une liaison d’un soir rémunérée » avec un vacancier au bar du camping. Cette situation est bien décrite, elle sonne juste et on la voit basculer après avoir bu deux verres sans avoir réfléchi aux conséquences. Dommage que la fin pêche par son manque de vraisemblance, mais en même temps, cela rend le livre accessible à un plus jeune lectorat ! Florence Langlois

A partir de 14 ans

coup de coeur Lucien Lucien / Anne Houdy. - Alice Jeunesse (Le chapelier fou), 2014

« Papa est allé voir ailleurs s’il y avait mieux. Et papa a trouvé mieux. Il est allé voir là-bas si maman y était. Comme elle n’y était pas, il est resté là-bas. C’était préférable ».
Voici les premières lignes qui composent le magnifique roman d’Anne Houdy, Lucien Lucien. Un roman empli d’innocence et d’absence.

Lire l’article : Histoiresetgourmanlises

A partir de 9 ans

coup de coeur Tonton Zéro chouchou de la télé / Roland Fuentès. - Syros (Mini Syros), 2015

Tonton Zéro a décidé de participer à un jeu télé : le « Jeu du chouchou ». Toute la famille est rassemblée autour de la télévision et assiste à son élection : les téléspectateurs sont séduits par une maladresse qui les rassure. Un petit livre amusant et qui met en lumière les jeux télévisés en prenant le contre-pied : quoi de mieux qu’une personne imparfaite pour être un chouchou… Sandy Morel

A partir de 8 ans

coup de coeur Buen camino ! / Roselyne Bertin. - Oskar (La vie), 2014

Parce que ses parents se sont séparés, et qu’il a très envie de les faire se retrouver, Robin accompagne sa mère sur le chemin de Compostelle, mère qui, elle, part marcher pour faire le point, certes, mais aussi pour tenter de rejoindre son ex mari lui aussi en pèlerinage sur la même route. Si le jeune garçon y va à reculons, il s’aperçoit vite des bienfaits de cette marche quotidienne, et surtout des rencontres inattendues, notamment celle avec la jolie Fanette. Très beau roman, plein de vie et d’élans. Marie Chaillet

A partir de 10 ans

coup de coeur Des rébus pour papa / Emmanuel Trédez. - Oskar (la vie), 2015

Lancelot refuse de parler depuis que son père est à l’hôpital. Il communique avec son entourage à l’aide de rébus. Ses parents, son professeur, ses amis doivent tenter de comprendre chacun de ses dessins. Au début étonnés, chacun finit par se prêter au jeu. Mais ce système d’échange n’a pas que des avantages... Il est difficile par exemple de répondre assez vite aux questions de la maîtresse ou encore de faire les courses sans y passer un temps fou ! Jusqu’à quand Lancelot va-t-il continuer de parler en mode rébus ?

Un livre original qui attire vite le lecteur. Dès la couverture, nous sommes plongés dans le monde des rébus. Il y en a environ un par page ce qui rythme avec plaisir la lecture, qui se transforme alors en jeu et donc en plaisir. Le récit évoque aussi les difficultés que nous aurions de communiquer autrement. Il donne envie de se mettre au rébus ! Marion Uteza

A partir de 8 ans

coup de coeur Un hiver en enfer / J. Witek. - Actes Sud Junior, 2014

Edward, 15 ans, entretient une relation pour le moins délicate avec sa mère, Rose, qui revient d’un séjour en hôpital psychiatrique. Dépressive, distante, elle ne parvient pas à lui montrer son amour, son affection. Edward se raccroche alors davantage à son père, à une figure parentale qui l’affectionne pour deux. Mais quand une nuit la voiture de ses parents heurte un arbre et que son père meurt, ne laissant plus qu’à Edward sa mère, tout bascule de manière vertigineuse : sa vie d’adolescent prend un tournant différent.

Lire l’article : Histoireetgourmanlises

A partir de 15 ans

coup de coeur Les géants / Benoît Minville. - Sarbacane (EXPRIM’), 2014

Western à la plage.
Deux familles survivent en bord de mer au Pays basque français à l’aide de petits boulots et de beaucoup d’amitié. Cette année, Marius a décidé de prendre la mer sur le bateau qu’il retape. Mais comment l’annoncer à sa famille ? Sa soeur repasse son bac, c’est sa dernière chance mais elle a la tête accaparée par une histoire d’amour... _C’est le moment que choisit leur Grand-Père, César, un truand qui vient de purger 20 ans de prison, et qu’ils croyaient mort, pour ressurgir. Que vient-il chercher auprès de son fils alors que ce dernier s’est enfui au moment de son arrestation ?
Un roman où passé et présent se croisent pour former une histoire où l’héritage tant psychologique que financier est au coeur de l’action. Barbouzes, fusillades et jeux de lutte s’intercalent avec des passages plus réflexifs sur la nécessité d’être fidèle à soi-même afin de trouver le bon chemin. Un livre complexe à lire, avec de nombreux personnages et événements et un amour de la mer et de la liberté qui nouent les thématiques. A découvrir. Marion Uteza

A partir de 15 ans

coup de coeur Nola / Florence Aubry. - Mijade, 2014

Nola est enlevée avec le docteur qui devait procéder à son avortement. Elle se retrouve vite seule, dans un hangar désaffecté, à tenter de comprendre comment elle est arrivée là... Mais Nola ne pleurniche pas, elle se bat, et revendique fort sa liberté face à tous ceux qui veulent décider à sa place de sa vie !
Ses parents, l’école, la clinique, le docteur, son geôlier, les différents personnages qui tournent autour d’elle ressemblent aux éléments d’un manège en bois. Au centre, Nola, sa vie, son histoire.
Une écriture qui touche avec la voix d’une adolescente pleine de certitudes et un garçon perdu. Un livre pour réfléchir ensemble, discuter, échanger. Un récit qui dérange par moment notre conscience. Une histoire qui a le mérite d’exister et d’ouvrir le débat ! Marion Uteza

A partir de 15 ans

coup de coeur La tribu, tome 1 : La tribu trouve ça louche / Sandrine Beau ; Anne-Gaëlle Balpe ; Séverine Vidal ; Jess Pauwels, 2013

Betty et Roméo pensent que leur nouveau voisin cache quelqu’un dans sa cave. C’est les vacances et cousins et copains vont rejoindre le duo pour tenter de comprendre... et d’agir s’il le faut. Car, au même moment, les médias annoncent l’évasion d’un cruel malfrat et mémé Sardine, une vieille Dame du village semble avoir disparu. Entre enquête et défi, jalousie et sentiment, c’est l’aventure !
Ce roman laisse parler à tour de rôle ses personnages, ce qui permet de mieux comprendre les relations des uns et des autres et donne du mouvement au récit. L’intrigue n’est pas très originale, mais elle fonctionne. Seul bémol : le langage qui a force de vouloir reproduire le parler des enfants nuit à la lecture. En point positif : les illustrations de la couverture et de certaines pages du roman par Jess Pauwels.
"Une enquête bien dangereuse, la tension qui monte, une belle histoire d’amour et des rivalités entre sœurs : on se croirait dans une tragédie grecque. Un peu. Non ?" Marion Uteza

A partir de 9 ans

coup de coeur La famille trop d’filles, une mère à la maison / Susie Morgenstern ; Clotka. - Nathan, 2014

La maman des filles Arthur est reporter de guerre, et ses filles assistent en direct, à la télévision,à l’accident dont elle est victime. Panique et inquiétude chez les Arthur ! Heureusement, les grands-parents et le père prennent le relais, surtout que leur mère est bientôt de retour, et en convalescence.. Mais comment gérer une mère au quotidien quand celle-ci est normalement toujours en déplacement à l’autre bout du monde ? Comment supporter ses remarques et sa gestion du Quotidien ? D’autant qu’elle-même a bien du mal avec l’inactivité et avec surtout la vie de famille. Une maman qui "sait fabriquer des bébés, mais qui est débutante pour les élever". Chacun revoit sa place, ses attentes, et apprend à connaître l’autre et à le respecter.
Bonne lecture, bons personnages, les filles, souvent seules, sont bien plus adultes et moins égoïstes que leur propre mère, mais une grande tolérance pour que tous et toutes puissent vivre sa vie au mieux. Marie Chaillet

A partir de 8 ans

coup de coeur L’été où papa est devenu gay / Endre Lund Eriksen. - Thierry Magnier, 2014

Arvid, douze ans, passe l’été en camping avec son père. Les vacances s’annoncent d’autant plus joyeusement que père et fils ont rencontré Roger et sa fille Indiane. Mais lorsqu’Arvid réalise que Roger est homosexuel et que son père passe la plupart de son temps à ses côtés, les vacances prennent un nouveau tournant. Ses réactions, légitimes, s’orientent tout d’abord vers les préjugés et la violence verbale. Arvid a, par la suite, tout un tas de plans prêts à mettre en oeuvre pour séparer son père et Roger. Enfin, la découverte de son propre corps et de son attirance envers Indiane incite Arvid à se remettre en question petit à petit. Ce roman arrive, à l’aide d’un humour absurde, décalé, nordique ( !) à aborder un sujet à priori difficile à traiter voire tabou. Les personnages et, par conséquent, le lecteur adolescent potentiel, font la paix avec leur corps, traité ici sous tous ces aspects. Les préjugés sont déconstruits, détruits, la sexualité mise en problématique. Un roman brillant et intelligent. Juliane Eblé

A partir de 15 ans

coup de coeur Les demoiselles des Hauts-Vents / Yaël Hassan. - Magnard, 2014

Charlotte, Emilie et Marie sont trois sœurs dont la mère vient de disparaître de façon très surprenante et inattendue. Leur père les emmène pour l’été dans le manoir breton de leurs grands-parents qu’elles ne connaissent pas. L’accueil est très particulier et d’une froideur extrême mais les filles vont peu à peu découvrir l’histoire de leur famille faite de secrets. Une histoire réellement captivante et agréable à lire. On est pris par les secrets de cette famille si particulière. Le roman fait écho aux Hauts de Hurlevent des sœurs Bronte. Christelle Renaud

Charlotte, Emily et Anne, voici comment se prénomment les filles de la famille Gauthier. Comme les soeurs Brontë ? précisément. Car la mère, Marie, est une fervente admiratrice de ces brillantes écrivains, et sa passion s’est transmise à ses filles. Mais voila, Marie a disparue, laissant un petit mot laconique. Qu’est s’est il donc passé pour qu’elle abandonne brusquement Pierre,son mari, et ses filles ? Déboussolé par les evènements, Pierre n’a d’autres choix que de laisser les jeunes filles à la garde de leur grand-parents maternels. Des grands parents vivant dans la lande bretonne, au manoir des Hauts-vents, mais surtout des grands-parents que les trois soeurs n’ont jamais vu, leur mère ayant coupé tout contact avec eux pour une raison inconnue...

Passez un été avec les soeurs Gauthier et découvrez la Bretagne, belle et mystérieuse. Esprits, secrets de famille et retrouvailles seront au rendez vous dans ce roman passionnant et magnifiquement bien écrit ! Marie Grandgirard

A partir de 11 ans

coup de coeur Torsepied / Ellen Potter. - Alice Editions (Deuzio), 2014

Les enfants Cherchemidi décident de partir chez leur grand-tante Haddie quand leur père, portraitiste, les quitte précipitamment en les laissant à la bonne garde, croit-il, de leur cousine à Londres. Lucia, Max et Otto débarquent donc à Somnol-sur-mer à La Folie, une version miniature du château Torsepied qu’ils aperçoivent au loin. De sombres rumeurs courent sur l’édifice et les enfants vont bien sûr enquêter notamment sur le fils Torsepied qui dit-on était un monstre. La disparition de leur mère est aussi un mystère qu’ils comptent éclaircir lors de leur séjour. Un roman bien mené avec des personnages hauts en couleurs et une couverture magnifique. L’auteur a agi avec intelligence en laissant la parole à un personnage muet qui communique par le langage des signes. Toutefois la fin m’a laissé un goût amer : la réalité rattrape le fantastique. A conseiller néanmoins ! Sandy Morel

A l’occasion d’un malentendu, trois enfants vont se retrouver sur les traces de leur mère disparue. Alors qu’ils vivent dans une petite bourgade anglaise, la famille Cherchemidi est surtout connue pour ses excentricités. L’aîné n’utilise plus que le langage des signes pour communiquer et le dernier est trop vif pour pouvoir se faire des amis.
Suite à un quiproquo, ils atterrissent à Londres où ils vont devoir se débrouiller. Or la seule adresse qu’ils ont est celle d’une grande tante dont ils n’ont jamais entendu parler mais qui semble détenir des informations sur leur mère. L’aventure ne sera pas de tout repose et frôlera à de multiples fois les mondes de l’imaginaire et du fantastique. Pourtant, tout finira par trouver une explication logique...
Un roman qui interpelle souvent son lecteur et arrive sans peine à l’intéresser tant il offre une vision du monde à la fois décalée et raisonnée. C’est un voyage en enfance mais aussi une leçon de vie car le final peut être porteur de réflexions sur le secret imposé aux plus jeunes. Que peut-on dire à un enfant ? Que faut-il lui cacher ? Quels marques vont laisser cet héritage du vide ?
Un livre à rapprocher de "Les désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire" ou encore "Les fausses bonnes questions de Lemony Snicket" . A découvrir ! Marion Uteza

Résumé : Les enfants Cherchemidi sont trois : Otto, le plus vieux et le plus étrange ; Lucia, qui espère toujours que quelque chose d’intéressant se passe ; et Max, qui pense toujours tout savoir. C’est l’un des trois qui raconte l’histoire, mais vous n’avez qu’à deviner lequel ! La mère d’Otto, Lucia et Max a disparu il y a quelques années. les rumeurs les plus folles courent à ce sujet dans le village. Depuis cette disparition, Otto n’a plus prononcé un seul mot, et n’a plus quitté l’écharpe qui lui entoure le cou. Leur père a comme métier de faire le portrait de souverains tombés en disgrâce, ce qui l’oblige à faire de nombreux voyages. ...Sans baby-sitter, les enfants vont donc se rendre chez une vieille tante qui habite près d’un château hanté . Les enfants vont vivre des aventures abracadabrantes dans ce château...
C’est plein de tendresse, de tristesse, de joie. Bourré de jeux de mots, d’humour ! Un merveilleux roman. Un coup de coeur ! Emma (Atelier 1,2,3, Ecrivez ! du collège Victor Hugo)

A partir de 9 ans

coup de coeur Tu veux savoir / J. Heliot. - Thierry Magnier. - (Nouvelles), 2013

Neuf nouvelles autour du thème du savoir. Elles sont toutes différentes mais la plupart sont désenchantées, sombres et pessimistes. Chacune évoque notre société et le rôle des machines. Nous voyons l’homme se détruire et se perdre peu à peu. Mais plus qu’un constat désespéré, c’est un appel à la réflexion que nous renvoient ces histoires.

Mes préférées sont : "Requête non valide", où un individu séquestré tente désespérément de lancer un S.O.S., "Tu veux savoir ?" dans laquelle une jeune fille espère avoir découvert un réseau magique capable de répondre à toutes les questions comme celles permettant de savoir qui nous aime ou encore la nouvelle "Les remplaçants" qui nous amène à rencontrer un enseignant...trop parfait.

"Salut, c’est moi, Ton meilleur copain@ ! Mais tu peux m’appeler plus simplement TMC, ça ne me dérange pas. Comment vas-tu ? Bien, j’espère. Tu as l’air en pleine forme. Ta journée a été bonne au collège ? Ne me mens pas, tu sais qu’il me suffit de me connecter avec le Meilleur Ami@ de ton prof principal pour connaître la vérité. Ah, tu as eu 07 à ton interro d’histoire géo... Ce n’est pas brillant ! Pourtant, on avait révisé... TMC est là pour ça. Mais toi, tu n’as rien écouté, rien enregistré. Normal, tu n’es pas configuré pour !" Ton Meilleur Copain@

Marion Uteza

A partir de 13 ans

coup de coeur Si tu voyais ça, papa... / S. Vaillant. - Oskar, 2014

Après la mort soudaine de son père, Ombeline se retrouve souvent seule chez elle. Sa mère a intégré un mystérieux groupe de « soeurs », son frère fuit le domicile et sa sœur se consacre corps et âme à ses études.

Reste le Lycée qui l’aide à ritualiser ses journées même si elle a du changer d’établissement ! Mais lorsque sa mère disparaît et que sa sœur fait un malaise, les grand-parents comprennent qu’il est urgent d’agir !

Un roman sur la trop grande responsabilité laissée à certains enfants à qui on vole leur jeunesse mais qui aborde aussi de façon assez frappant les questions de secte et d’anorexie. Intéressant. Marion Uteza

A partir de 11 ans

coup de coeur X-ray la crise / Christophe Léon. - La Joie de lire (Encrage), 2014

L’auteur nous propose de passer au rayon X la "Crise". Ses héros sont des jeunes adolescents dont les parents sont en train de vivre le tsunami que constitue le chômage. Une sorte de mise au rebut concoctée par la société afin de mettre de côté tous ceux qui ne peuvent ou ne veulent plus rester dans le rail. Le récit commence par une visite humiliante à pole emploi. C’est le chômage qui constitue en quelque sorte le personnage principal de l’histoire. L’auteur suit la trajectoire d’une poignée de jeunes qui sont confrontés à ses conséquences : parents en fuite, désespérés ou encore anesthésiés et surtout moral en berne et perte du goût de la vie. Pourtant, ses héros sont ces ados qui continuent à se battre et à croire une autre vie possible. Même s’ils ne reçoivent qu’un mur en réponse. Leurs prénoms ornent la plupart des chapitres. Au contraire, le dernier s’intitule "L’homme" comme pour mieux montrer sa déshumanisation par le système mis en place. Marion Uteza

Karine, Anthony, Hugo, Bruno. Quatre adolescents, quatre voix pour un récit sur le quotidien de ces jeunes adultes qui traversent la crise économique actuelle. Chez l’un, la mère est au chômage et doit aller pointer, humiliée, à Pôle Emploi, chez l’autre, c’est le père qui est sans emploi et s’enfonce dans l’alcool. D’autres, enfin, voient leurs parents se séparer. Chaque adolescent lutte à sa manière, entre l’oubli dans les jeux vidéos et les fêtes (très) alcoolisées, comment se construire et se sentir en sécurité quand la précarité devient durable ? Roman à quatre voix, pour sensibiliser sur le chômage et ses conséquences sur l’entourage. Roman âpre, comme toujours chez Léon, avec un bémol : ai, personnellement, moins accroché cet auteur que d’habitude. Marie Chaillet

A partir de 15 ans

coup de coeur Alabama blues / Maryvonne Rippert, avec la collaboration artistique de Christian Biral et Cédric Vernet. - Oskar Poche (Société), 2014

Lou fait la connaissance d’un SDF Noir et musicien qu’il croise régulièrement dans les rues de Lyon. Commence alors pour le garçon un passionnant voyage dans la musique, en particulier le blues de la Nouvelle-Orléans. C’est aussi et surtout l’occasion pour lui de s’approcher d’une autre Lou (fille de sa classe) qui a décidemment un sacré caractère. Très bon roman où le lecteur découvre l’histoire de la musique des esclaves noirs en Louisiane, et comment celle-ci peut agrandir les horizons et les rencontres de chacun. Marie Chaillet

Lou a du mal à trouver sa place dans sa famille recomposée. Son paradis ? La musique ! Sa rencontre avec un vieux blues man puis avec un groupe de musiciens, vont l’aider à trouver sa voie. Cela sera aussi l’occasion de porter un autre regard sur Lou, une jeune fille de sa classe qui l’intrigue beaucoup. Mais deux hommes en costumes sombres rôdent autour d’eux. Ils prétendent être en planque afin d’arrêter des trafiquants d’instruments...
Un roman tissé de fils de musique avec au milieu des pages des flashcodes pour écouter en ligne les morceaux qui bercent l’histoire. Mais c’est l’optimisme et l’ouverture sur les autres qui seront les clés du récit. Alors que l’auteur nous propose un retour sur les malheurs de la Nouvelle Orléans et les sources du Blues, de l’esclavage à l’ouragan Katarina, les personnages sont lumineux.
Un livre à différentes facettes, qui séduit par la conception de la musique qu’il déploie comme instrument de vie. A lire ! Marion Uteza

A partir de 11 ans

coup de coeur Aldabra, la tortue qui aimait Shakespeare / S. Gondolfi. - Editions des Grandes Personnes, 2014

Elisa adore sa grand-mère et lui rend visite très régulièrement, sans que sa mère ne l’accompagne, les deux femmes ne se parlent plus. La petit fille partage avec la vieille dame l’amour du théâtre, plus particulièrement de Shakespeare, ce qui donne lieu à de savoureux échanges. Petit à petit, la vieille dame change, se déplace plus difficilement, avec lourdeur. Elle se met aussi à peindre, des paysages étranges et minéraux. La petite fille assiste avec angoisse et curioisité à cette transformation de sa grand-mère qui deviendra au final une tortue. Ce roman, raconte la fin de vie avec poésie et sans aucun pathos, d’une façon intelligente et douce qui rend nostalgique, mais heureux. Marie-Pierre Muneret

A partir de 10 ans

coup de coeur Une maison pour neuf / B. Lindelauf. - Gallimard (Folio junior), 2013

C’est l’histoire de la vie d’une famille au Pays- Bas en 1937 avec toutes les péripéties du quotidien. Nine, 11 ans, est la narratrice ; elle parle de ses 4 frères, ses deux sœurs, son papa et sa grand-mère Mamie Mei du genre autoritaire. Ils emménagent tous dans une maison isolée au bout de Schlammbammsahara et l’on suit leur quotidien mouvementé avec plaisir. Tout d’abord, le père, figure du perdant, qui entreprend la fabrication de cigares avec les grands fils mais qui échoue. La grand-mère qui gère la maisonnée avec poigne mais aussi qui possède une malle à histoires (une valise pleine de photos) qui enchante les enfants. Se mêlent ainsi le présent et les souvenirs du passé. Les filles qui vont découvrir une étrange maison abandonnée avec un fou qui mange des boutons… On pourrait croire qu’on va alors plonger dans un roman fantastique mais non, rien n’est vraiment effrayant, on découvre des secrets et c’est intéressant. J’ai bien aimé l’histoire pleine d’entrain et de fantaisie. Nathalie Bertin

A partir de 9 ans

coup de coeur Les filles en chocolat, tome 5 : coeur vanille / Cathy Cassidy. - Nathan, 2014

Des cinq filles au chocolat, c’est Honey qui m’intéressait le plus tellement elle semble en colère contre la vie elle-même. Le départ de son père et la nouvelle famille recomposée que lui impose sa mère déséquilibre son existence et l’amène dans les tomes précédents à tester les limites. C’est donc avec beaucoup de plaisir et de fébrilité que j’attendais ce tome, et il ne m’a pas déçu ! _ Honey s’en va rejoindre son père en Australie. Elle espère avoir ainsi une seconde chance après ses dernières frasques en Angleterre. Mais si le changement est au rendez vous avec une nouvelle école et de nouveaux amis, l’ombre de son passé plane toujours. Si elle a décidé d’éviter les excès et les sorties, c’est par le biais d’internet et des réseaux sociaux que des photos d’avant vont faire de sa vie un enfer... Qui est responsable de cet harcèlement ? Et surtout comment en sortir ? _ Encore un très bon tome des filles au chocolat qui mêle plaisir de la lecture et thèmes d’actualités. A travers la correspondance de l’héroïne et de ses soeurs on retrouve les problèmes abordés dans les autres volumes. Si Honey est plutôt un anti-héros dans les premiers livres, elle fait ici preuve de courage et de bravoure pour reconstruire sa vie. Le sujet du harcèlement est en plus bien amené et traité. Une série plus que jamais indispensable ! Marion Uteza

J’ai aimé l’emploi du "je" et que comme dans toute la série on parle des dangers que risque un adolescent dans différentes situations. Exemple Skye avec son amour pour le passé a risqué d’oublier le présent dans coeur guimauve. Summer avec sa passion pour la danse et la sveltesse l’ont rendu anorexique dans coeur mandarine. Quant à Honey, en voulant se confier, elle a révélé sa vie à un "inconnu". La personne ne l’était pas réellement, mais elle ne savait pas précisément à qui elle s’adressait. Ce livre montre qu’il faut se méfier un minimum des réseaux sociaux et de gens sur Internet. On n’est pas toujours qui on prétend être. Il n’y a rien que je n’ai pas aimé dans ce livre. Lou, 5ème (collège lumière)

A partir de 12 ans

coup de coeur Garçons sans noms / K. Shet. - Ecole des loisirs (Médium), 2014

La famille de Gopal, à l’image de millions d’indiens acculés par les dettes, quitte son village où chacun connait son voisin, pour tenter sa chance à Bombay, ville tentaculaire. Il ne faudra que quelques heures pour que Gobal, sa mère et les jumeaux perdent le père de famille de vue. Et bientôt, c’est Gopal lui-même, attiré dans un piège grossier, qui se trouve prisonnier d’un atelier clandestin où 5 enfants sont réduits en esclavage. Il va lui falloir beaucoup de patience, d’intelligence et d’empathie pour gagner la confiance des autres enfants, et avec elle, leur liberté.

Un roman qui nous happe, par les détails de la vie indienne mais également par le soin apporté à la psychologie des personnages. Pour Gopal, tout l’enjeu sera de se confronter à un monde violent qui n’a "pas assez de confiance et de gentillesse à partager entre tous". Sans perdre son âme, sa dignité et l’espoir de retrouver sa famille, il va tout faire pour emporter l’adhésion des autres enfants et les sortir de cet enfer avec lui. Julie Feuvrier

A partir de 12 ans

coup de coeur Des ados parfaits / Yves Grevet. - Syros (soon +), 2014

Des menaces ciblent sept élèves dans une classe de collège. Le mystère qui les entoure se double d’une réaction étrange de leurs parents qui décident de les tenir sous surveillance. Alors qu’ils sont très bons élèves et considérés comme des anomalies par leurs camarades, ils vont devoir s’unir afin de découvrir quel secret cache leur perfection ! Un court roman qui interroge sur la relation parent enfant et sur la notion d’adolescent parfait. Quelle doit être la place d’un adulte dans la vie de jeunes à la recherche de limites ? La lecture est facile et le dénouement attendu mais le livre a le mérite de provoquer la réflexion ! Marion Uteza

Dans un collège tout à fait normal, Anatole et Célia connaissent une scolarité sans vague. De parfaits enfants, ils étudient bien et écoutent leur parents jusqu’au jour où d’étranges enveloppes sont distribuées à leurs parents. Que peuvent-ils bien avoir à se reprocher ? Les deux jeunes s’éveillent alors au monde et décident de se renseigner secrètement pour découvrir le terrible secret familial. Dans la continuité du recueil de nouvelles, Tu veux savoir ?, ce livre saura plaire aux lecteurs déjà séduits par la collection ou le genre, mais pas seulement. Avec des jeunes forts sympathiques et réfléchis, la lecture est agréable et pleine de mystères. Anne-Marie Jeannot

Accessible dès la fin du primaire

coup de coeur La grande famille des tout-seuls / Gwladys Constant. - Oskar (La Vie), 2014

Difficile de vivre seul, sans beaucoup d’argent avec sa mère. Jérémie, six ans, décide alors de lui trouver un compagnon. Il cible les hommes célibataires qu’il connait et rédige une annonce : "Ma maman est toute seule. Vous aussi vous êtes tout seul. Voulez-vous être deux pour avoir une maison et un jardin avec une balançoire ?" Ce sera l’occasion pour Jérémie de s’apercevoir que l’on peut vivre seul à condition de se former un bon réseau de voisinage !

Un roman où le lecteur a plaisir à retrouver le style vif et percutant de Glawdys Constant. Elle arrive à nous amener dans la tête de ce petit bonhomme persuadé que sa mère souffre de solitude et prêt à faire changer les choses. Le ton est toujours optimiste et son jeune personnage est toujours dans l’action et le combat. Il apprendra une jolie leçon sur l’entraide et les différents moyens de vivre à côté les uns des autres. Marion Uteza

A partir de 8 ans

coup de coeur Platine / V. Brunner. - Flammarion (Tribal), 2014

Vous aimez les héroïnes énervantes ? Eh bien Eva ne va pas vous décevoir ! Elle est remplie de certitudes et a du mal à évoluer. Sa vie ? Le Rock ! Elle écoute des playlists en fonction de son humeur. Sinon elle aime rigoler avec Samia et faire les magasins. Une visite a ses grand-parents va l’inciter à porter un nouveau regard sur les autres. Les « hobbits » comme elle les appelle lui laisse un sac qui contient de vieux disques vinyles en souvenir de son père disparu avant sa naissance. C’est le début des ennuis pour Eva...

Un récit d’une vie d’une adolescente raconté par un homme et on le sent ! Le lecteur a souvent envie de hurler sur l’héroïne, de la secouer, de lui demander d’ouvrir les yeux ! Ses relations avec ses parents et avec ses amis sont au centre du livre. L’évolution du personnage en pleine crise personnelle est intéressante et sonne juste. A découvrir... Marion Uteza

coup de coeur 20 pieds sous terre / C. Erlih. - Actes Sud, 2014

La vie de la famille de Manon bascule le jour où la police les appelle pour reconnaître le corps de Théo, son frère aîné, retrouvé mort électrocuté dans un tunnel du métro. Manon est sous le choc, mais n’arrive pas à s’associer à la peine de ses parents et de sa sœur. Elle ne peut croire à un accident, et mène l’enquête sur ce frère qu’elle croyait bien connaître et dont elle va découvrir d’autres aspects de la personnalité, sa passion du graffe, et son homosexualité. J’ai beaucoup aimé ce livre : raconté comme un thriller, il nous plonge dans le monde sous-terrain des tagueurs du métro, à la fois passionnant et inquiétant. Mais son charme doit beaucoup aussi à la personnalité particulière de Manon : elle est « taiseuse », se sent souvent en décalage avec les autres, mais s’affirme peu à peu au cours de ce roman, où, grâce à son opiniâtreté, la vraie personnalité de son frère va se révéler. Ce cheminement lui permet d’accomplir son travail de deuil, de se sentir plus proche de son frère à l’inverse de sa sœur Léa qui réagit plutôt mal à voir que ce nouveau Théo ne coïncide pas avec celui qu’elle croyait si bien connaître. Florence Langlois

"Vingt pieds sous terre" est un livre génial ! L’histoire de Manon qui enquête sur la mort de son frère, graffeur nous embarque et on finit par se prendre pour Sherlock Holmes ! Le fait que ce livre soit écrit au présent permet de vraiment vivre l’histoire. De plus, les actions s’enchaînent très rapidement. N’étant pas fan des romans policiers, "20 pieds sous terre " m’a donné envie de lire plus de romans de ce style ! Un livre à lire ! Tessa, 4ème (collège Lumière)

A partir de 15 ans

coup de coeur Le dernier événement / Yoo Eunsil. - Ecole des Loisirs (Médium). 2014

Dans la famille de Yongkouk, plus personne ne fais attention aux annonces de grand-père : pour la cinquième fois, sa dernière heure est arrivée...Seul Yongkouk, son petit-fils, est à ses côtés. Cette fois, hélàs, il semble que le vieil homme soit réellement à la fin de sa vie. Il confie au jeune garçon un grand secret. Dans une boîte mystérieuse se trouve le nécessaire pour préparer le "dernier événement", mais cette boîte ne devra être ouverte qu’après sa mort. Un événement qui risque bien de bouleverser toute la famille, puisque grand-père a fait le choix de se faire enterrer habillé en femme. Stupeur et consternation chez ses enfants. Bien plus profond qu’une simple lubie excentrique, ce souhait pour le moins inattendu trouvera son explication à la fin de l’ouvrage…

Un regard original sur le lien intergénérationnel. Nous sommes en Corée, les différents rites et le rapport à la famille sont abondamment décrits, avec un humour tout en finesse. Mais plus encore, ce qui émeut à la lecture de cet ouvrage est le lien étroit qui unit le petit-fils et son aïeul, matérialisé par l’omniprésence du corps : celui du jeune adolescent alors en pleine transformation, qui contraste avec la déchéance physique du vieillard. Le visage de celui-ci, constellé de taches ( ses "fleurs de l’au-delà", dit-il), est pour Yonkouk une carte au trésor… Ewa Bochenski

coup de coeur L’ oncle Mika / G. Constant. - Oskar. - (Court métrage). 2014

Jérémie sait qu’on lui cache quelque chose. Son oncle Mika ne vient plus à la maison le garder, plus de sorties clandestines qui faisaient leur joie. Jérémie a beau être mature, il ne comprend pas ce changement radical. Oncle Mika est-il mort ? En prison ? Avec l’aide de sa baby-sitter, il va non seulement découvrir pourquoi son oncle est persona non grata mais également le retrouver pour ces fameux moments de rencontres libres et joyeuses.
L’étroitesse d’esprit des parents qui refusent l’homosexualité de l’oncle ne gâchera pas leur complicité !
Autre lecture
Jérémie adore son oncle avec qui il a l’habitude de passer son temps libre. Un jour, sans que personne ne lui explique pourquoi, ce dernier disparait de sa vie.
Est-il mort ? Est-il parti ? Le jeune garçon s’interroge. Jusqu’à l’arrivé d’une jeune fille venue le garder et qui pourrait bien devenir une alliée...
Un récit court qui évoque autant les secrets de famille et leur répercussion sur les enfants que l’homophobie qui peut amener des proches à devenir des étrangers. Intéressant et facile à lire.
« C’était l’histoire d’un petit cochon pas comme les autres car il n’était pas rose, comme les cochons normaux, mais bleu. Et le pire, c’était qu’il n’avait pas de moustache !... »

coup de coeur Et les lumières dansaient dans le ciel / E. Pessan. - Ecole des loisirs. - (Médium). 2014

La nuit, Elliot s’enfuit. Profitant du sommeil médicamenteux de sa mère, il part regarder les étoiles loin de la ville. C’est là qu’on les voit le mieux. C’est là que son père et lui les observaient, réunis tous deux dans la même passion, lorsque ses parents n’étaient pas séparés. Hors ce lieu tout a changé, il vit seul avec sa mère, ses parents sont en guerre, sa mère semble ne pas le comprendre. Un soir, il est témoin d’un phénomène inexpliqué : des lumières oranges et vertes semblent danser dans le ciel. Obsédé par cet événement dont il ne trouve pas trace ni explication rationnelle, il fugue jusqu’à Toulouse apporter son témoignage au GEIPAN (groupe d’études et d’informations sur les phénomènes aérospatiaux inexpliqués, qui existe réellement). Finalement, si ces lumières resteront non identifiées, elles n’auront pas été sans effets. Sa mère va se rapprocher de lui. Son père, en revanche, fera le trajet inverse : son appartement est méconnaissable, une nouvelle femme est entrée dans sa vie, il ne comprend pas le geste de son fils. Une page s’est tournée. Un très beau roman, traitant avec justesse de la solitude et parfois du désarroi de l’enfant partagé entre deux parents déchirés. Un rythme tout en douceur pour suivre des trajectoires familiales bouleversées.

Autre lecture Alors qu’Elliot menait une vie heureuse, le divorce de ses parents le laisse désorienté et seul. Sa mère, chez qui il vit, passe désormais ses nuits dans un sommeil de plomb aussi artificiel que tous ses gestes au quotidien tandis que son père, avec qui il aimait contempler le ciel, s’éloigne peu à peu. Les étoiles ont toujours été là, pour lui et quand il espère trouver auprès d’elle un peu de réconfort, il découvre bien plus. Chacune de ses escapades permet à Elliot de se chercher mais aussi de retrouver ses proches et de tisser de nouveaux liens.

Elliot prête sa plume pour conter sa merveilleuse histoire. Tout en partageant sa vision du ciel et la science qu’il a acquis dès son enfance, il permet de montrer toutes les pensées si innocentes qu’une fugue peut parfois cachées. Comme quoi des actes peuvent parfois découler de convictions bien plus profondes qu’on ne le soupçonnerait aux premiers abords.

Un excellent livre qui correspond parfaitement à ce qu’un lecteur peut attendre d’un école des loisirs (avec une belle couverture qui plus est).

A partir de 12 ans

coup de coeur Pierre obscure, tome 1 : La traversée d’Alzar / E. Sha. - Scrinéo

Chayma habite les Hauts Plateaux. Lorsque son petit frère tombe très malade, ses parents demandent à Chayma d’aller jusqu’à Alzar, la métropole, rencontrer le professeur Pavel qui pourra certainement lui donner le remède qui guérira Elie.
La jeune fille va découvrir une ville tentaculaire, divisée en plusieurs zones, dominée par un régime dictatorial qui trace les habitants comme des animaux. Une ville de dangers et de menaces pour une petite paysanne comme elle.
Aidée par Mihiran, un garçon de la Zone des Exclus et par Dounia, une jeune femme issue des castes Privilégiées, Chayma tente de rencontrer Pavel. Mais sa quête ne passe pas inaperçue, d’autant plus qu’elle porte autour du cou une pierre étrange et fascinante, une chrysalide, trésor inestimable et très recherché, comme elle va vite s’en rendre compte. Chayma va petit à petit découvrir des éléments du passé de ses parents, l’étrange lien qui la lie au professeur Pavel et à son exécrable et diabolique grand-mère paternelle...
Le tome 1 se termine sur un tel sentiment d’impuissance et de désespoir (Chayma se verra trahie par son atroce grand-mère) que l’on attend la suite avec impatience ! Notre héroïne sauvera-t-elle son frère ? A quel destin est-elle vouée ? Quels sont exactement les pouvoirs de la Chrysalide ? Pourquoi ses parents se sont-ils enfuis d’Alzar ?
Le personnage de l’héroïne, tout en candeur et détermination, est très attachant. L’auteur sait dépeindre ses personnages et les relations qui les unissent sans les caricaturer comme c’est hélas, souvent le cas dans les romans pour ados.
Un très bon roman de science-fiction, qui, sans renouveler le genre, entraîne le lecteur dans un monde étrange et inquiétant.

coup de coeur Le rêveur / P. Munoz Ryan ; P. Sis. - Bayard

Enfance romancée de Pablo Neruda. Neftali est un enfant chétif et maladif que son père froid et autoritaire tente de transformer en médecin ou dentiste. Mais l’enfant est un rêveur et déjà c’est la nature et les mots qui l’attirent. Pourtant de nombreux obstacles se dressent devant lui dans ce Chili en pleine mutation. Comment arrivera-t-il à devenir un des plus grands poètes du XXème siècle ?
Un roman différent, poétique et à la fois récit. Le fil qui tend l’écriture est la relation du poète avec sa famille. Le sujet est très bien traité et l’auteur peu à peu nous entraîne sur le chemin de la poésie, d’un autre regard au monde. Le livre a des pages épaisses et de nombreuses illustrations ce qui lui donne un aspect de pavé, alors qu’il se lit très bien. A découvrir !
« - Ne faîtes pas attention à lui il n’a rien dans la tête.[...] C’était absurde. Comment aurait-il pu avoir la tête vide avec toutes ces pensées qui l’encombraient en permanence ? »

coup de coeur Brûler de l’intérieur / A. Kalouaz ; A. Cornu. - Thierry Magnier. - (Photoroman)

Sophie étouffe à la maison depuis le burn-out de son père. Bien sûr, elle comprend que cet homme qui se bat au quotidien pour les sans-papiers soit usé, après tant d’implication. Mais il demeure que la tension à la maison est trop forte à vivre pour elle. Elle s’échappe à vélo et fait la connaissance d’une vieille dame, Marcelle, qui en lui montrant les milliers de photos de « gens abandonnés » faites durant tant d’années, ouvre des portes en elle. Une façon de mieux comprendre le feu sacré de chacun, celui qui peut consumer mais qui peut surtout donner sens à toute une vie.

A partir de 14 ans

coup de coeur Mon américain / J.-P. Nozière. - Nathan

Marina n’en revient pas. Le nouvel élève s’intéresse à elle. Son parcours est étonnant : il dit venir de Los Angeles, avoir un père qui travaille pour l’ambassade et une mère écrivain. Que fait-il là alors dans ce Collège à mauvaise réputation ? Mais le vernis qui recouvre Jérémie se fend progressivement, révélant une toute autre vérité...
Un roman sur le clivage entre l’être et le paraître. C’est en quelque sorte une initiation pour Marina qui doit apprendre à regarder autrement le garçon qui lui plait. Mais la conclusion est déroutante voire dérangeante avec au centre le couple mère-enfant. Reste la qualité d’écriture de ce grand auteur et la perspective de nombreux débats sur cette étrange fin.
« Il ment. ça se voit comme le nez au milieu de la figure. Sa voix sonne faux. J’ignore quel est ce mensonge, même si je sens qu’il n’a aucune envie non plus que j’aille chez lui. Je m’en moque. Qu’il habite le 25 ou le 52, un immeuble ou une maison, quelle importance à côté de ce formidable aveux : "Tu me troublais". »

coup de coeur Pauline ou la vraie vie / G. Kuijer. - Ecole des loisirs. - (Médium). 2013

4 histoires rééditées et une inédite dans ce recueil, il faut donc aimer Pauline ! Heureusement, elle est bien sympathique. Elle n’a que onze-douze ans mais est très dégourdie, avec un sens de l’humour et de l’auto-dérision. Sa vie tourne autour de trois points d’ancrage : la maison, l’école et la ferme de ses grands-parents, sachant que sa mère va se remarier avec l’instituteur. Nous voici dans la Hollande que nous aimons : cette société ouverte, tolérante, décontractée, où les différences de religion ou d’origine et les complications des familles recomposées peuvent, certes, poser problème mais ne sont pas en elles-mêmes inacceptables. Lorsque le père de Pauline est devenu drogué, personne ne l’a blâmé mais on l’aide à retrouver une façon de vivre plus saine.
Pauline veut être poète et peut-être fermière aussi, avec son petit amoureux, Mimoun, d’origine marocaine. C’est un livre optimiste et plutôt ensoleillé même s’il y a tout de même quelques passages d’ombre : les disputes entre la mère et l’instituteur et surtout la mort du grand-père. C’est l’amitié d’une fille mexicaine réfugiée en Hollande avec ce qui reste de sa famille qui aide Pauline à surmonter son chagrin.
Un livre plein de charme donc, de sagesse et d’humour. Coup de coeur de David

coup de coeur Mamie passe le bac / G. Constant. - Oskar. - (La vie)

Un bon point pour ce livre qui se lit facilement et qui est loin d’être monotone grâce à des formes d’écriture différentes : journal intime, boîte mail, conversation sur Facebook, blog… Nous avons ainsi différents points de vue exposés : Maelys l’adolescente, Mady la grand-mère et « Marie Rose » la mère. L’histoire se déroule sur une année scolaire et on retrouve les préoccupations habituelles des adolescents : amour, amitié, réussite scolaire… Les personnages sont sympathiques, en particulier la grand-mère qui aime la vie.
Autre lecture
Maëlys doit passer le bac de français mais sa préoccupation principale est de se faire aimer par Maxence. Sa vie est un sac de nœuds avec sa mère blogueuse, son père divorcé qui tente de refaire sa vie et sa mamie qui décide de s’inscrire au bac. Nous suivons ses échanges, souvent exaspérés, à travers Facebook, ses sms, ses mails ou encore lettres et cartes postales...
La diversité des écritures et la mise en page aérée font de la lecture du livre un vrai moment de plaisir. Pas de situation invraisemblable, si ce n’est le cumul de difficultés qui attendent l’héroïne. L’opposition entre les motivations de la mamie et le manque de motivation de l’adolescente pour le scolaire est très bien analysée. Une question de notion du temps, sans doute ! A lire !
« Je suis bonne pour m’inscrire sur Viedemerde.fr : "Mon père a largué ma mère pour une fille qui pourrait être ma grande sœur, ma mère raconte sa vie sur un blog, et ma grand-mère passe le bac à 76 ans." Qui dit mieux ? »

coup de coeur Fugueuses / S. Deshors. - Rouergue. - (DoAdo). 2013

Lisa et Jeanne sont lycéennes. Depuis quelque temps, tout les révolte, la petite vie routinière de leurs parents, leur incompréhension face aux grands problèmes du monde, cette société de consommation qui dévore les petits et perturbe l’environnement. Elles décident de partir et de trouver un nouveau souffle, de donner du sens à leur vie en accomplissant de grandes choses ! Après un long périple, elles arrivent sur la ZAD, Zone d’Aménagement Différé... C’est là que les différents activistes, militants écolos, agriculteurs en colère... se retrouvent et s’organisent pour lutter contre la construction de l’aéroport de Notre-Dame-Des-Landes. Elles vont s’intégrer au groupe et accomplir enfin quelque chose pour faire bouger cette société qu’elles exècrent ! Mais tout n’est pas si simple et c’est en se confrontant à la violence et à la réalité que les deux jeunes filles vont grandir et faire face à leurs contradictions.
Un beau roman qui se lit comme un souffle d’air frais. L’enthousiasme des deux ados est communicatif et on suit avec plaisir leur découverte du monde, sa violence récurrente, mais aussi leur découverte des valeurs de solidarité et d’entraide.
Autre lecture
Leurs parents et la société les voient comme des "fugueuses", elles se considèrent plutôt comme des activistes qui ne peuvent plus attendre pour mettre en œuvre leurs idées. Lisa et Jeanne arrivent donc à la ZAD de Notre Dame des Landes pour « tester (leurs) principes de vie ». Lisa est politisée, Jeanne solidaire de son amie, la lutte commence enfin pour elles. Elles se partagent les chapitres du livre, avec Britt également, activiste plus âgée, voix nécessaire pour légitimer la révolte des filles : lutter contre la société et ses abus n’est pas le seul apanage des jeunes en mal de sensations !
Les discussions et activités laissent bientôt place à la vraie lutte, contre les CRS qui opposent aux idéaux « une violence démesurée ». Jeanne et Lisa, dès lors, bien que toujours solidaires, prendront des chemins de vie différents.
Roman salvateur parce qu’il parle de politique, d’engagement, de liberté. Être en accord avec ses convictions et choisir sa vie en conformité, voici le choix de ces femmes à la parole forte. Dommage que les idées ne soient pas davantage développées mais la puissance de leur foi, elle, reste intacte.

coup de coeur Grève ! / I. Rossignol. - Ecole des loisirs. - (Théâtre). 2013

Depuis la mort de sa femme, le père de Natacha et Pauline a baissé les bras. Ses filles vont tenter, tour à tour, de lui faire reprendre le chemin de la vie. Grève, ultimatum, douceur, tous les moyens sont bons pour retrouver leur père.
Une pièce en six scènes pour évoquer la peur, la tristesse, l’impossible deuil d’un être cher mais aussi le pouvoir du langage et des mots pour continuer à vivre malgré tout. Un livre qui sonne juste.
« Dimanche 6 mars : plus de lait ni de chocolat pour le petit-déjeuner. Lundi 7 mars : boîte de céréales vide et toujours pas de lait ni de chocolat. Mardi 8 mars : sans la cantine, je n’aurais mangé qu’une tranche de jambon aujourd’hui. Mercredi 9 mars : la situation est identique à celle d’hier. »

coup de coeur Le garçon qui aimait deux filles qui ne l’aimaient pas / N. Kuperman. - Ecole des loisirs. - (Médium). 2013

Louis est un garçon gentil et sensible, amoureux de Mona depuis la crèche. Mona qui le maltraite gentiment, qui le considère comme son ami, et qui au final, se satisfait de ne pas voir que Louis est amoureux d’elle. Seulement Louis commence à se rapprocher de Deborah et son attitude vis à vis de Mona s’en ressent. Ce n’est plus le Louis gentil, prévenant et disponible....
Roman écrit sous forme de journal, où le jeune narrateur s’interroge, non sans humour et ironie, sur son cas : POURQUOI est-il autant attiré par quelqu’un qui le rejette ?
Autre lecture
Louis se fait mener par le bout du nez par Mona depuis la crèche. Mais aujourd’hui, il veut affirmer son indépendance ! D’autant que Mona a un amoureux… Après la déconvenue, une idée : Et si Déborah était son amoureuse ? Qu’il est compliqué de découvrir l’amour ! Heureusement, pour l’amitié, les choses sont plus simples.
Louis est attachant, à la fois gauche, drôle et fidèle dans ses inconstances ;-) Nathalie Kuperman saisit très justement les hésitations de son héros narrateur qui se débat avec son envie d’avancer et ses doutes sur tout…
« Finalement, ne plus se parler a du bon. Ca évite les malentendus, les interprétations, les non-dits, et toutes ces choses qui, à force, vous rendent fou. »

coup de coeur Histoire de la maison qui voulait déménager / H. Walbecq. - Ecole des loisirs. - (Neuf). 2013

De très jolies histoires courtes où les maisons, les escaliers, les fenêtres, les arbres et d’autres éléments qui façonnent nos lieux de vie vivent de belles aventures : ils respirent, voyagent, partagent leurs états d’âmes avec les animaux et les habitants.
Des textes et des illustrations très poétiques et délicats qui laissent une belle place à l’imaginaire et permettent une petite évasion dans un monde à part. Coup de coeur de Marie J.

coup de coeur Les trois soeurs et le dictateur / E. Fontenaille. - Rouergue. - (DoAdo). 2014

Mina part sur les traces de son histoire, qui rejoint celle d’une période sombre de la République dominicaine. Sa grand-mère et ses 2 sœurs furent parmi les rares personnes à se dresser contre le dictateur Trujillo, aussi violent qu’arbitraire dans ses décisions, et amateur de très jeunes filles. De la bouche de sa grande tante, la plus jeune des 4 sœurs Mirabal, unique survivante, Mina découvre la répression inouïe mais surtout le courage de ces très jeunes filles qui donnèrent leur vie pour la fin d’un régime totalitaire. Un courage exemplaire à l’origine de la journée du 25 novembre, journée mondiale de lutte contre la violence faite aux femmes.
« A quoi pense-t-on quand on est si jeunes, pleines de vie, et qu’on va mourir sous les coups ? Peut-on penser au jasmin qui fleurira pour les autres ? »
Autre lecture
C’est en hommage aux sœurs Mirabal que la journée du 25 novembre a été déclarée “journée mondiale de lutte contre la violence faite aux femmes”. Alors que son père ne lui a jamais parlé de ses parents, Mina décide de partir en République Dominicaine, invitée par son cousin. Elle y découvre une île, une atmosphère, des gens mais aussi son histoire. Sa rencontre avec sa grand-tante lui ouvre la porte du souvenir, celui d’un drame familial qui plonge dans l’histoire du pays...
Fiction à partir d’un fait réel, la plume de l’auteur nous amène à la découverte de jeunes filles héroïques qui ont bravé le pouvoir au prix de leur vie. La lente gradation du récit qui tend à reporter à toujours plus tard le drame densifie les événements et leur donne un caractère universel. Aux faits précis fait échos l’hymne à la résistance contre toute forme de tyrannie et transforme les trois sœurs Mirabal en symbole de la lutte contre la dictature.
« La terrible Nuit du Persil. Pour reconnaître un Haïtien d’un Dominicain, les soldats portaient un brin de persil à la boutonnière, ils obligeaient les Haïtiens à dire le mot perejil, et comme il y a un r qu’ils ont du mal à prononcer, vu qu’ils parlent le créole ou le français et mal l’espagnol, et bien ceux qui le disaient mal, ce mot maudit...on les massacrait. »

coup de coeur La claque / M. Wiéner. - Thierry Magnier. - (Petite poche). 2013

Aglaé, 9 ans, et son ami attendent le père d’Achille qui doit les ramener du centre de loisirs. Personne ne vient, les animateurs sont partis, les 2 enfants décident de rentrer à pied en prenant un raccourci à travers bois. Les enfants sont assez fiers de se débrouiller seuls. Mais lorsqu’Aglaé arrive, elle reçoit une gifle monumentale de la part de son père. Est-ce que son père a cessé de l’aimer ? Faut-il ête d’accord avec son grand-père qui pense qu’une bonne raclée peut apprendre la vie ? Quel sens donner à ce geste ?
Petite tranche de vie dès CM2-6°, condensée d’angoisse, d’injustice, de rage, d’amour fort qui s’exprime, égaré, dans la violence. La parole retrouvée apaisera les esprits mais le geste laissera des traces...

coup de coeur Depuis qu’on a déménagé / I. Thobois. - Oskar. - (Court-Métrage). 2013

Depuis le déménagement, plus de discussion à table, plus de moments privilgiés devant la télé. Chacun s’isole à sa façon.
Depuis le déménagement, il y a un absent de taille : Sandra, la petite dernière de la famille est morte. « On dirait que tout le monde a trépassé ».
Petits moments de rien passés et présents, impressions fugaces, le deuil est ici décrit dans l’imperceptible. La narratrice attend dans la douleur mais sans colère de retrouver une place dans le cœur de sa mère.

coup de coeur Sœur, je ne sais pas quoi frère / P. Dorin. - Ecole des loisirs. - (Théâtre)

Cinq sœurs de dix à soixante-quinze ans sont recluses dans une maison, en Russie. Elles jouent aux cartes, elles chantent, elles boivent de la vodka. Chaque jour, elles évoquent et jouent leur passé commun puis font resurgir les secrets qu’elles ont si bien cachés. Dans l’esprit des matriochkas, une sœur en cache une autre, un secret en dévoile un autre jusqu’au dévoilement final par la plus jeune sœur. C’est une pièce de théâtre qui se lit à voix haute pour faire ressurgir la timidité des mots et des gestes mais aussi pour mettre en exergue la beauté des échanges.
Autre lecture
Cinq sœurs semblent rejouer des morceaux de leur vie. Les scènes étranges se succèdent. Les registres et les tons sont variés, le lecteur passe d’un sentiment diffus de peur au pur burlesque. La relation entre les personnages est à la fois cruelle et pleine de complicité. Qu’est-ce qui les unit ? Nous l’apprendrons à la fin de la pièce...
Un théâtre qui se regarde, des personnages dans un "hors temps", et surtout beaucoup de jeux avec le langage. L’ensemble reste cependant difficile d’accès.
« Toutes, à voix basses : Seigneur doux Jésus, faites que mes sœurs soient mortes. Délivrez-moi d’elles, doux seigneur Jésus. Dites aux communistes de venir pendant la nuit avec leurs couteaux grands comme ça et de les égorger toutes vivantes. Je voudrai tellement devenir fille unique et que mon père revienne pour moi toute seule et qu’il me conduise à son bras devant le tsar. »

coup de coeur 500 000 euros d’argent de poche / R. Stefani. - Rageot. - (Heure noire). 2013

Aurélien découvre une mallette remplie de billets. Près du cadavre d’un comptable retrouvé par la police. Cet argent le fait rêver mais il a peur d’avouer son existence à ses parents, persuadé que sa mère l’obligerait à le rendre ! Mais les complices et le meurtrier sont à la recherche des billets. Comment Aurélien peut-il faire pour tenter de conserver ses rêves de Ferrari et de scooters ?
Un roman policier agréable à lire avec la figure d’anti héros du père qui introduit l’humour dans le récit. L’histoire est complète avec le voisin qu’il faut écarter, la mère pleine de droiture et le flic ripoux. Alors, que ferions-nous avec 500 000 euros d’argent de poche ? Cela ne vaut-il pas tous les efforts pour tenter de les conserver en dépit du danger ?
« Je n’avais jamais vu autant de billets de ma vie, sauf peut-être au Monopoly. Alors, forcément, je ne me rendais pas compte. La seule chose que je savais, c’est que ça devait faire beaucoup. Maman me donne cinq euros pour ma semaine. Devant moi, là, il y avait des années et des années de semaines. »

coup de coeur Sauve qui peut les vacances !. - Thierry Magnier

9 nouvelles, 9 temps de vacances plus ou moins réussies ! Un départ en avion annulé, un camp d’aventure et de nature épouvantable, des vacances au ski qui tournent court, une correspondante anglaise envahissante... Gaia Guasti, Philippe Lechermeier, Yann Mens, Mikaël Olliver, Fred Paronuzzi, Thomas Scotto, Colin Thibert, Florence Thinard et Sarah Turoche partagent leurs visions de vacances légères ou plus inquiétantes (Dans mon ilot) mais forcément inattendues…
Autre lecture
Recueil de nouvelles très différentes, portées par des auteurs connus sur le thème des vacances.
Gaia Guasti nous conte un départ mouvementé d’une famille confrontée à l’irruption inattendue du volcan Eyjafjallajökull ; Philippe Lechermeir nous fait découvrir par voie épistolaire l’horreur des vacances d’une jeune fille jalouse de la destination rêvée de son amie. Yann Mens nous amène sur une île où son jeune héros a été enlevé par des somaliens. Fred Paronuzzi lance son héros dans l’aventure des scouts. Thomas Scotto met un auto stoppeur farfelu dans la voiture des vacances. Colin Thibert décrit la joie toute relative des sports d’hiver. Florence Thinard nous offre une correspondante très british et Sarah Turoche nous invite en Autriche.
A travers ces histoires, il y a bien sûr l’inattendu, la surprise mais ce qui est en général bien retranscrit c’est la vision des adolescents des vacances, souvent bien réticents à partager notre joie... Un bon moment de lecture, des passages drôles et grinçants même si toutes les chutes ne sont pas de la même qualité. Ma préférence va à la nouvelle écrite par Mikaël Ollivier. Et vous ?
« Je n’aurais jamais dû écouter mon père. Je n’aurais jamais pas dû prendre chinois première langue. Et coréen, en deuxième. "Comme ça, m’a-t-il dit en tirant sur son havane, tu seras dans une bonne classe, avec des élèves du même milieu que toi. Des gens qui veulent faire des études supérieures. En prépa, bien sûr. Pas comme tous ces minables, sans ambition ni culture, qui prennent anglais-espagnol pour finir dans une fac pourrie." Eh bien voilà où ça m’a mené... » Dans mon îlot

coup de coeur 3 femmes et un fantômes / R. Doyle. - Flammarion. - (Tribal). 2013

Polissonne, insolente, effrontée… voilà les mots que Mary récolte très souvent. Mais il est évident que cette liberté d’esprit plait à ceux-là même qui la réprimandent gentiment. Sa mère en premier lieu. Et sa grand-mère, qui se trouve actuellement à l’hôpital pour ses derniers jours. Une certaine Tansey sera également bientôt conquise. Cette femme, à la fois très jeune et démodée, inconnue mais si familière, va révéler sa véritable identité : elle est le fantôme de l’arrière grand-mère de Mary venue aider sa fille (et donc grand-mère de Mary) à passer le cap…
Les hommes sont exclus de l’histoire, axée uniquement sur la famille matrilinéaire. Les 4 générations de femmes se retrouvent pour quelques heures. Leur passé est convoqué pour affronter la perte à venir sans douleur... L’attachement entre elles fera la reste. Et Mary, qui en début d’histoire sentait l’imminence de la sortie de l’enfance et la fin de ses petits rituels, grandit d’un grand pas, bien encadrée...
Autre lecture
En rentrant de l’école, Mary rencontre une vieille dame qui lui donne un message à transmettre : « Dis à ta grand-mère que tout va bien se passer ». Si la jeune fille va bien délivrer cette parole à Emer qui est en train de mourir à l’hôpital, elle va aussi l’évoquer avec sa mère, ce qui va enclencher d’étranges événements...
Le récit entrelace la voix de trois générations de femmes. L’intrigue se noue par petites touches avec de nombreux retours en arrière. L’écriture est belle et changeante avec un mélange de poésie et d’images surprenantes : « ...les tâches de jaunes venaient s’écraser contre le mur comme autant de mouches blondes en train de se suicider ». Le thème principal, celui de la mort, associé à celui de la transmission est particulièrement bien abordé. Un roman original et tout simplement ...beau.
« - J’ai peur de ne plus jamais ouvrir les yeux.
- Je sais, dit Scarlett. Mais cette fois-ci, tu les as ouverts.
- C’est vrai. Je ne suis pas encore morte.
- Non, dit Scarlett avec un sourire, non, tu ne l’es pas.
- Voyons voir, dit grand-mère.
Elle ferma les yeux.
Elle les ouvrit.
- Juste pour vérifier.
- Elle les referma.
- Allez, ça va bien, dit-elle. Je suis trop en forme pour mourir aujourd’hui.
 »

coup de coeur Une vie retrouvée / J. Chicheportiche. - Oskar. - (La vie)

Un joli récit, délicat, émouvant, qui raconte la quête de Gina, une jeune étudiante parisienne éprouvant le besoin de retrouver ses racines dans sa terre d’origine : le Cantal. Grâce à sa persévérance, elle découvrira au terme de cette quête initiatique sa véritable histoire et elle comprendra mieux sa passion pour les saveurs et les parfums.
Autre lecture
Histoire classique autant que douloureuse : le petit ami de Gina l’a quittée pour sa meilleure amie. Double trahison. Le remède lui est plus original : Gina décide de partir dans le Cantal à la rencontre d’une grande tante inconnue qui fait l’objet d’une véritable loi du silence dans sa famille. Approche tout d’abord distante et premier constat : cette tante Eugénie est considérée dans le village comme une sorcière excentrique. Premier contact : rejet violent de la part de la vieille dame. Mais Gina, intriguée par toutes sortes de coïncidences troublantes entre son histoire et celle de son aïeule s’acharne et lève enfin le voile sur un secret de famille d’une grande violence.
Si le récit de cette vérité mise peu à peu à jour est mené par une Gina opiniâtre, il est rendu vivant par un personnage très attachant, à la spontanéité désarmante et à la joie communicative, dont Gina dira : « Jessica m’est apparue à ce moment-là, non plus comme une gamine qui parlait trop et trop vite, comme on lui reprochait, mais comme une petite fille solitaire, sensible, et qui surtout prenait le temps d’observer le monde et de se faire son idée à elle au lieu de suivre aveuglément les autres ». Elle apportera le tourbillon nécessaire à Gina pour oublier son histoire récente et lui fournira une aide précieuse pour accéder aux clés plus anciennes de son passé. Alors il sera temps pour Gina d’envisager son avenir.

coup de coeur Rien que nous / K. Halbrook. - Albin Michel. - (Wiz)

Zoé et Will fuient en direction de Las Vegas. Ils fuient le père violent de Zoé, 15 ans, et le silence complice de ceux qui savent, ils fuient le foyer sans avenir de Will, tout juste majeur, et sa rage incontrôlable. Ils fuient avec seuls bagages quelques dollars volés et un amour immense. Chacun veut protéger l’autre des coups durs de la vie, de soi-même également. Leur amour sera-t-il assez fort pour résister aux aléas d’un cavale ?
En chapitres alternés, les deux amoureux clandestins confient leur formidable espoir d’une vie meilleure mais aussi leurs doutes sur leur propre capacité à être à la hauteur de l’amour de l’autre. Galvanisés par l’amour, ils mettent à l’épreuve leur capacité de résilience. Nous espérons avec eux que l’avenir leur soit clément, alors que les difficultés s’amoncellent...
Autre lecture
Will et Zoé s’enfuient ensemble en voiture en espérant rejoindre Vegas et commencer une nouvelle vie. Ils partagent, sur la route, de vrais moments de bonheur. Mais Zoé est mineure et Will, qui a déjà un lourd passé est vite recherché pour enlèvement. A travers leurs confidences se dessine leur passé sous le joug de la violence. Arriveront-ils, transportés par la force de leur amour, à s’échapper et se reconstruire ?
Le récit de la cavale est une descente aux enfers qui fait écho à leurs traumatismes personnels. Maltraitance du père chez Zoé, litanie de familles d’accueil pour Will. L’amour est dès le départ marqué du sceau de la violence avec la nécessité d’assommer le père au moment de leur fuite. La gradation de leurs forfaits les peint en couple maudit. Mais tout n’est pas sombre puisque chacun réussit à atteindre une forme de résilience.
« Pas de coups. Il faut que ça devienne une règle entre nous. Jamais, jamais de coups sur quelqu’un qu’on aime. »

coup de coeur L’ incroyable enterrement de Magnus / A. Kennen. - Bayard. - (Estampille). 2013

Grand-papa était aimé de tous, de sa famille bien sûr, mais aussi des habitants du village. La seule à faire exception parmi cette unanimité : sa femme, morte quelques années auparavant. Impensable de l’imaginer enterré à ses côtés, d’autant qu’il aurait rêvé d’un enterrement de viking. Ses petits enfants font le pari fou de le lui offrir, dans le plus grand secret. Carla l’aînée tente de gérer tous les aspects, d’imaginer les rouages d’un plan si difficile pour leurs petites épaules. Mais c’est avec l’aide de tous, même ceux dont elle doutait jusqu’à présent, qu’ils vont réussirent l’impossible, rendant hommage à ce que fut son grand-père et à ce qu’il leur a légué.
Le roman n’est pas avare dans la description d’un plan compliqué à mettre en œuvre mais la détermination des enfants et la relation qui les lie rendent le roman finalement plaisant à lire.

coup de coeur Une fille vraiment bien / K. Cohen Hoffmann. - Bayard. - (Millézime). 2013

Lindsey n’en peut plus d’être parfaite en toutes circonstances. Ambassadrice à l’école avec d’excellents résultats, soutien sans faille à la maison où elle assure toutes les tâches pour épargner son père et pacifie les relations conflictuelles entre lui et sa sœur cadette, amie modèle même lorsqu’elle voudrait s’opposer, Lindsey sent se fissurer en elle ce modèle de perfection qu’elle affiche depuis la mort de son frère et le départ de sa mère. Et l’idée, le besoin, lui vient de voler un peu. Puis beaucoup plus… L’écriture n’est pas des plus fluides mais le sujet est intéressant : une jeune fille qui croit pouvoir colmater toutes les souffrances qui l’entourent jusqu’à s’oublier, va découvrir que l’on peut oser être soi-même, avec ses imperfections et ses désirs, sans que le monde ne s’écroule.
Autre lecture
Lindsey, 15 ans, est à la fois une élève et une fille modèle. Seulement ce rôle devient trop difficile à tenir et la réalité trop compliquée à supporter : un grand frère décédé à son âge, une mère partie reconstruire sa vie très loin, un père démissionnaire et une jeune sœur rebelle. C’est alors que surgit Kyle qui a tout du mauvais garçon et s’affirme comme tel... La rencontre sera explosive !
Un livre sur le deuil et la trop lourde responsabilité qui est laissée à la fratrie restante. Lindsey hurle si fort à l’intérieur que sa carapace ne peut que se fendiller en attendant l’implosion. Un passage fort : les vacances des deux sœurs chez leur mère. Il ne s’y passe rien et c’est bien ce qui est terrible ! On voit aussi en parallèle de l’intrigue principale, le nécessaire détachement des relations néfastes. Car il faut avant tout que notre héroïne accepte de ne pas être aimée par tous tout le temps... Une histoire jolie et très positive en définitive.
« Je glissai le gloss dans la poche de ma veste. Mon geste ne dura qu’une seconde, mais j’eus soudain l’impression que tout se déroulait au ralenti. Je sentis le velours de ma veste contre mes doigts, puis l’intérieur soyeux de ma poche. Je jetai un coup d’œil à la camera de surveillance dans un coin du plafond, puis retirai ma main. Alors, tout sembla se remettre en mouvement autour de moi. »

coup de coeur Les filles chocolat, tome 4 : coeur coco / C. Cassidy. - Nathan. 2013

C’est au tour de Coco, la plus jeune des sœurs Tanberry de prendre la parole. La petite dernière, toujours enthousiasmée par les animaux qui l’entourent, se consacre au collège à un club de défense des animaux. Elle se rend également chaque semaine dans un centre d’équitation. Lorsqu’elle apprend que son poney préféré est vendu -par sa faute- elle veut s’assurer du sérieux du nouveau propriétaire mais découvre que l’homme est maltraitant. Pas d’autre solution que d’enlever l’animal, avec l’aide de son ennemi juré Stevie.
Ses parents étant préoccupés par l’essor de leur entreprise, l’anorexie de Summer et le caractère toujours plus imprévisible de Honey, ils ne sont guère attentifs à l’emploi du temps de Coco qui, bénéficiant d’un capital de confiance de ses parents, va pouvoir mener à bien son plan de sauvetage, plus ambitieux que prévu…
Coco, optimiste et volontaire et Stevie, taciturne et inquiet, forment un tandem explosif puis complice, autour d’une même passion et une expérience commune de la famille recomposée.
Nous attendons maintenant de découvrir pourquoi Honey reste si difficile à vivre…
Autre lecture
Coco a pour passion les animaux. Elle se mobilise pour les espèces en danger. Lorsque son poney préféré est racheté par un éleveur violent, elle décide de passer à l’action… Mais comment agir sans éveiller les soupçons ? Heureusement les parents ont une grosse commande de chocolats à honorer et Honey préoccupe assez ses autres sœurs pour que Coco passe inaperçue. Être la dernière, la petite, n’a pas que des inconvénients parfois…Mais il va lui falloir trouver de l’aide.
Ce quatrième tome de la série les filles au chocolat est un moment de plaisir. Il y a bien sûr le chocolat omniprésent dont le lecteur peut facilement imaginer sentir l’odeur. Mais il y a surtout une famille attachante et vivante. Le thème de ce volume est la maltraitance et la lutte, l’engagement. C’est avec impatience que j’attends le dernier tome qui sera j’espère consacré à Honey, le vilain petit canard, l’adolescente rebelle…
« Une famille, c’est un peu comme une boîte de chocolats : un mélange de parfums classiques, originaux ou complètement fous. Dans la mienne, on trouve surtout les deux dernières catégories. »

Autre lecture : J’ai beaucoup aimé ce livre parce qu’il y a de l’aventure, du suspens... mais ce n’est pas meilleur de la série ! J’ai préféré coeur cerise et coeur vanille ! Louise D. 5ème ( collège lumière)

coup de coeur Le journal de Ruby Oliver, Tome 3 : un grand moment de solitude / E. Lockhart. - Casterman. 2013

Ruby n’en finit pas de questionner ses affinités amoureuses. Est-elle encore attirée par son ex ? A-t-elle le droit de succomber à Noël, que son amie convoite ? Et comment interpréter tous ces gestes des garçons qui l’entourent ? Heureusement le Docteur Z est là qui écoute patiemment et conseille. Lorsque cette dernière demande à Ruby de dessiner une carte au trésor, « représentation concrète de tes souhaits et de tes espoirs », pour envisager des relations plus harmonieuses avec les personnes de son entourage, Ruby ne sait comment s’y prendre et recule l’échéance de lui remettre ce travail sur soi.
Il faudra une énième déconvenue avec ses amies pour que, refusant de revivre le désert affectif vécu dans le premier tome, elle prenne les choses en main et détermine où elle doit « creuser pour découvrir les trésors » de sa vie.
Ruby peut agacer par moments, d’être aussi obnubilée par les garçons mais elle reste attachante dans sa volonté d’être une amie et une personne juste.
Autre lecture
Un tome très fidèle à la série et qui à la fois marque un tournant car notre héroïne va (enfin) commencer à apprendre à dire non et à prendre sa vie en main. Ruby Oliver pense (enfin) savoir pour qui son cœur bat mais juste à ce moment-là, la seule de ses anciennes amies qui lui reste lui avoue son béguin pour le jeune homme. Ruby est déchirée entre ses sentiments (mais sont-ils seulement réels ?) et son besoin d’amie...
Cette série est vraiment très agréable à lire. Le ton est léger et plein d’humour. Les thèmes abordés sont variés et riches et je trouve qu’il aide le lecteur à se poser des questions essentielles : Qu’est-ce qu’un ami ? Peut-on reprendre une histoire d’amour qui a échoué ? Dans quelle mesure est-on acteur de sa vie ? C’est donc un livre qui aide à grandir et à vivre. Merci Ruby ! Les trois premiers tomes viennent de ressortir en poche et j’espère que le dernier volume va suivre !
« Je ne pouvais pas lui faire part de mes sentiments. C’était beaucoup trop compliqué.
1. J’étais furieuse qu’il l’ait embrassée.
2. J’étais furieuse d’être furieuse, car je n’en avais pas le droit.
3. J’étais furieuse qu’il m’ait tout raconté, comme si j’étais juste une bonne copine pour laquelle il n’avait jamais éprouvé le moindre sentiment.
4. J’étais furieuse qu’il ne m’ait pas expliqué en détail ce qui s’est passé. "Débordement" est un terme plutôt vague. Mon imagination tournait à plein régime, et j’en avais à revendre, hélas.... »

coup de coeur Ma vie toute pourrie / J. Smith. - Nathan

La vie toute pourrie de Sam, 13 ans : une meilleure amie partie vivre en Écosse, un look de gamine, une propension aux fous-rires qui la classe dans les immatures, une vie amoureuse non existante, une mère qui ne supporte plus de passer inaperçue chez elle et part sans sommation en croisière. Une "sans amis" en somme… Pas terrible comme constat pour une adolescente. Mais l’horizon s’éclaircit lorsque Cat, son amie d’enfance perdue de vue, revient dans son collège, ainsi qu’un nouveau venu qui ne lui est pas indifférent...
Sam, à coup de listes de Plus et de Moins, d’échanges internet avec son amie exilée, de messages sur Facebook, partage avec le lecteur son quotidien et son évolution : désormais beaucoup plus seule, elle cherche sa voie et questionne son identité.
Un bon moment de lecture d’été facile à lire, avec cette héroïne pétillante, gaffeuse et douée d’auto-dérision qui quitte l’enfance et découvre les subtilités de l’amour, autour d’elle et par elle-même…
Autre lecture
Sam perd en même temps sa meilleure amie qui déménage, et sa mère qui excédée par le manque de considération de son époux, part en croisière. C’est alors qu’arrive un nouvel élève sur lequel Sam flashe. Tous ces changements amènent notre héroïne à souhaiter changer d’apparence et d’attitude. Mais comment réussir sa vie autrement qu’en restant soi-même ?
Roman journal émaillé de mails, de listes et de réflexions principalement sur la famille, l’amitié et les sentiments. Un livre léger dont la morale simple et positive, sois toi-même, ne peux qu’aider à passer un bon moment de lecture. « _ - La vie est tellement bizarre, ai-je répondu.
- Alors là, pas du tout, a dit Darcie avec son réalisme habituel. Elle est parfaitement logique. Tout est gouverné par la loi de cause à effet. J’ai réfléchi à sa théorie en essayant de l’appliquer à ma situation.
Cause : jour de rentrée sans Gemma.
Effet : crise grave.
Cause : un nouveau trop craquant me fait un sourire génial en cours d’histoire.
Effet : je flashe à mort pour la première fois.
Cause : Cat débarque au Collège alors que je ne l’avais pas vue depuis six ans.
Effet : Étonnée et contente. »

coup de coeur 43, rue du vieux-cimetière ; il faudra me passer sur le corps / K. et M. Sarah Klise. - Albin Michel. - (Wiz). 2013

L’horrible Dick Tatter, du MIASME (Mouvement international autoritaire pour la sauvegarde morale de nos enfants) s’est mis en tête de briser le foyer de Les, Adèle et Ignace. Un enfant élevé par un fantôme et un vieux célibataire qui croit aux fantômes, pas question de laisser faire ! Les est donc envoyé en orphelinat, Ignace à l’asile de fous et Adèle tente de maintenir le contact entre eux pour qu’ils ne perdent pas espoir. L’histoire se raconte, comme dans le tome 1, par lettres.
Autre lecture
Le calme du vieux manoir est bouleversé par un moraliste qui souhaite rendre le jeune Lester à ses parents. Comment le fantôme Adèle et Ignace l’écrivain ronchon arriveront-ils à contrer cette nouvelle menace ? Face à la morale bien pensante, la fantaisie et l’amitié devront se livrer à une lutte rude...
Cette suite reste fidèle par sa construction et ses personnages au premier tome. C’est par un échange de lettres que nous découvrons l’avancée de l’intrigue. L’apparition du personnage du moraliste permet de renouveler l’intérêt du récit et de faire évoluer les liens entre nos héros. Une série attachante, originale et facile à lire.
« Nommé Comité Mondial des Enfants qui Aimeraient Bien que leurs Parents se Calment un Peu et Arrêtent de s’Inquiéter pour le Moindre Petit Truc (CMEABPCPAIMPT, le groupement demande aux enfants d’aider leurs parents à se détendre en leur faisant des compliments, en leur rendant spontanément des services et en leur donnant régulièrement du chocolat. »

coup de coeur Mon père est une saucisse / A. de Lestrade. - (Dacodac)

Le père de Séraphine s’est mis en tête « l’abracadabrantesque idée d’être comédien, lui qui n’a jamais réussi à nous faire croire au père Noël. » Pas facile à faire passer dans sa famille où les affaires et les chiffres sont rois. Mais l’amour y tient une place tellement forte que le projet, qui passe au départ pour une lubie, sera au final soutenu par toute la famille, mère/femme d’affaire comprise ! Et Séraphine découvrira elle aussi sa vocation…
Roman très gai, positif, un peu facile dans l’enchainement des situations mais qu’importe tant la bonne humeur de tous est communicative.
Autre lecture
Un père comptable se transforme en comédien. Un court roman optimiste sur la possibilité, à tout moment, de changer sa vie, en dépit des remous occasionnés au sein de la famille. L’ensemble est raconté par un des enfants, avec beaucoup d’humour comme le titre le laissait supposer.
On y évoque aussi la nécessaire organisation au sein des familles nombreuses ainsi que l’influence des parents sur l’orientation professionnelle de leurs progénitures. Un bon petit livre.
« Fifine, Lulu, Baba, j’ai un truc à vous dire... Première pensée qui surgit dans ma petite tête : se méfier quand mon père nous appelle par ces surnoms archinouilles alors que ma mère et lui ont choisi à notre naissance de splendides prénoms romanesques : Balthazar, Séraphine et Lubin. »

coup de coeur Les chemins de poussière, tome 2 : sombre Eden / M. Young. - Gallimard. 2013

Saba fuit la désolation en espérant trouver des terres et une vie meilleures. Accompagnée de ses compagnons, elle espère rejoindre au plus vite Jack. Mais le destin va une nouvelle fois la détourner de sa route et l’obliger à affronter ses démons. Les morts qui l’accompagnent rendent ses perceptions de plus en plus difficiles... Pendant ce temps, un homme, appelé l’éclaireur a décidé de créer un nouvel Éden tout en imposant ses propres règles. Désormais seuls les plus forts peuvent vivre. Saba arrivera-telle à rejoindre Jack ? Trouveront-ils une place dans cet Éden ? Quel sera le prix à payer ?
Ce second volume continue à camper un monde apocalyptique où chacun cherche à survivre. Les destins se croisent et oscillent. Les personnages sont eux-mêmes assez sombres. La ligne de fuite est un leurre et en définitive chacun se retrouve confronté à ses propres démons. Un tome dans la droite ligne du premier.
« La vie n’est ni toute noire ni toute blanche. Les gens non plus. La famille, les amis, les amants, c’est compliqué. Plus je vieillis, plus je perds mes certitudes. Surtout quand le cœur est en jeu. Alors sèche tes larmes. Parce que lui, il est pas en train de pleurer pour toi. Les hommes pleurent jamais.  »

coup de coeur La fille seule dans le vestiaire des garçons / H. Ben Kemoun. - Flammarion. - (Emotion). 2013

Comment Marion a-t-elle pu succomber aux charmes d’Enzo, le même qu’elle envoyait au tapis quelques jours plus tôt parce qu’il l’avait draguée de façon insistante et irrespectueuse ? Comment en est-elle venue à embrasser ce garçon qu’elle méprisait ? « Est-ce qu’on tombe amoureuse par faim d’amour, par peur de la solitude ou du grand vide, pour se prouver qu’on peut plaire ? » La conséquence de ce moment de faiblesse : une humiliation cuisante, le baiser avec le bel Enzo n’étant que le point d’orgue d’une vengeance mise en scène par Enzo et ses potes et se retrouvant sur youtube avec le commentaire : Marion, fille facile. Marion n’avait pas besoin de cet épisode désastreux, tant sa relation aux hommes était déjà en souffrance : son père, parti à l’autre bout du monde les abandonnant elle, sa mère et son petit frère a fait bien des dégâts.
Humiliation, vengeance, réseaux sociaux, un bien mauvais mélange qui aurait pu terrasser Marion, l’enfermant dans la rage et la solitude. Mais les vrais amis la sauveront d’une déroute certaine...
Un happy end un peu facile, mais retenons plutôt, dans cette histoire prenante, les personnages attachants, notamment le petit frère compréhensif et très intelligent et la vivacité des sentiments.
Autre lecture
Marion est une adolescente seule et courageuse. Elle tient tête aux petits caïds du lycée qui tentent de jouer avec elle. Mais humiliés, ces derniers vont tâcher de faire de sa vie un enfer. Reste son petit frère, à la fois attachant et énervant, en tout cas haut en couleurs et sa mère qui se débat avec ses propres problèmes. Au-delà, sa seule bouée de sauvetage est la musique et son carnet de morceaux personnels qui l’accompagnent, jusqu’à ce que le livre disparaisse...
Entre harcèlement et peur, c’est la rage qui domine chez Marion. Ses sentiments sont tellement forts qu’ils l’empêchent d’avancer. Comment dès lors arriver à se reconstruire, à reformer un sas de confiance ? Le récit retrace avec justesse les moments forts de solitude et de désespoir que peuvent traverser les jeunes, entre deux âges, entre deux mondes. Un livre réussi à l’écriture vive et incisive.
«  Si j’avais eu un père, il serait venu rectifier la tronche de ces quatre salopards. Il les aurait chopés un par un ou ensemble pour leur faire payer l’affront fait à sa fille. Ensuite, en quelques mots justes, pour me rassurer, il aurait aussi su me faire croire que je valais mille fois mieux qu’eux et que je restais la plus exceptionnelle du monde. Et j’aurais tout gobé, de la première à la dernière syllabe. Si j’avais eu un père, je n’aurais pas fait cela. Ou pas ainsi. Seule, je devais me débrouiller seule.  »

coup de coeur La tête dans les choux / G. Guasti. - Thierry Magnier

« Ma mère râle, mon père regarde, Clairette est parfaite et moi je pense en silence. » C’est ainsi que Margotte nous présente sa famille lors des premières pages du roman. Mais un grand changement s’annonce : la famille citadine déménage dans un village ardéchois de 17 habitants. L’ordonnancement de leur petit monde s’en trouve forcément chamboulé. La mère est toute heureuse de ce retour à la nature et ne perd pas une occasion de s’extasier. Le père ne sait plus quoi regarder. La petite Clairette fait l’expérience de la liberté. Margotte quant à elle découvre que la campagne réserve des surprises de taille et se surprend à sortir de sa réserve et même à prendre des initiatives. Dans ces interactions en mouvements, la cartographie des relations du petit village évolue : de révolutions en déceptions et de frayeurs en espoirs, chacun trace un sillon bien personnel.
Autre lecture
La famille de Margotte a décidé de partir vivre dans un hameau en Ardèche. Chaque membre de la famille va tenter de s’adapter à cette nouvelle vie. Si la mère se lance avec ardeur dans le changement, le père semble beaucoup moins enthousiaste ! Nous découvrons cette histoire avec le regard frais de Margotte, jeune fille vive mais discrète, qui va tenter d’apprivoiser ce nouveau monde et ses habitants !
Le ton est vif et entraînant, l’écriture glisse et nous emporte. On sourit souvent devant ce choc des cultures et le lecteur est vite emporté par ce qui se révèle être une vraie aventure. Les personnages sont sympathiques et évoluent. Un livre très agréable à lire.
« Mon cerveau s’emballe. On va avoir un petit frère. Grand-mère est morte. On va adopter un chat. Ils vont se séparer. Maman est malade. On a gagné au loto. La caméra de papa est cassée. Le coup d’accélérateur est parti sans prévenir. Même les outils les plus performants ont leurs inconvénients. Je suis tellement lancée dans l’almanach des merveilles et des catastrophes que je rate le début.
- ...à la campagne. On va vous montrer sur la carte. »

coup de coeur La fille du parrain / G. Zevin. - Albin Michel. - (Wiz). 2013

Résumé du tome 1 : Dans un monde futuriste où le chocolat est devenu illicite aux Etats-Unis, Anya Balanchine a vu sa famille détruite par les activités illégales de son père. Sous la tutelle de sa grand-mère mourante, à 16 ans, elle doit assumer seule les responsabilités en s’occupant de son frère et de sa sœur et affronter tous les jours les préjugés sur son nom de famille criminel. Ne pouvant distinguer ses amis de ses ennemis dans son entourage, elle doit pourtant faire face à bien d’autres épreuves : découvrir qui est derrière l’empoisonnement des chocolats de sa famille dont est victime son ex-petit ami et qui l’a fait emprisonner ; échapper à la lutte intestine qui se déclare au sein du clan Balanchine pour le contrôle des affaires ; déjouer le machiavélisme du procureur qui veut à tout prix briser l’amour d’Anya et de son fils.
Ce tome 2 ouvre une nouvelle voie pour l’héroïne qui partira à la découverte de son héritage : la fabrication du chocolat, et apporte des réponses quant à l’instigateur du complot qui s’attaque à la vie des siens et d’elle-même.
La fille du parrain est un roman de jeunesse aux ingrédients savoureux : un univers mafieux dans un futur réaliste où le chocolat est devenu illicite, une histoire d’amour impossible à la Roméo et Juliette, une héroïne combative et captivante qui cherche sa voie. Ce tome 2 est celui de la maturité et fait évoluer l’héroïne, qui décide de prendre sa vie en main.
L’auteur nous dessine un univers familial mafieux prenant, qui permet de montrer une héroïne au tempérament protecteur, à l’image de son père ; elle possède une force, une détermination et une lucidité extraordinaire. L’acceptation de ses origines et la réconciliation avec elle-même sont également au cœur de ce tome. Un choix s’impose, entre un chemin criminel dans la lignée du père ou la légalité. Il s’agit d’un roman d’apprentissage sur la vie d’adulte, l’importance de nos choix sans être soumis à un déterminisme familial ou social.
En arrière-fond, une réflexion sociétale : l’épuisement des ressources énergétiques, les manipulations politiques (arrestations arbitraires, corruption et manipulations)
L’histoire d’amour impossible entre l’héroïne et le fils du vice-procureur confère une image plus adolescente au personnage d’Anya, la rapprochant des jeunes lecteurs qui possèdent les mêmes préoccupations sentimentales.
Autre lecture
Avoir une vie normale quand on est la fille du parrain de la mafia du chocolat est une chose impossible. Être amoureuse du fils du procureur n’arrange en rien l’affaire. Anya va à nouveau se retrouver impliquée dans les méandres de la politique. Mais avant tout, il va lui falloir découvrir qui est ami et qui est ennemi.
Loin de retrouver sa vie de lycéenne, Anya va être à nouveau confrontée à de sombres complots. Il lui faudra trouver sa propre voie, et il est fort probable qu’elle ait le goût du... chocolat !
Un second tome très fidèle au premier volume (qu’il est fortement conseillé d’avoir lu ) avec de nombreux rebondissements et un début d’explication. Nous avançons avec l’héroïne vers sa majorité. C’est l’heure des choix. Une très bonne suite.
« Je connais tes défauts. Pour commencer, tu affectionnes trop les secrets. Tu mens parfois. Tu as du mal à dire ce que tu as sur le coeur. Tu as un sale caractère. Tu es revancharde. Et je ne dis pas que c’est de ta faute, mais les gens que tu connais ont la fâcheuse habitude de se prendre des balles. »

coup de coeur La tête au ciel / R. Detambel. - Thierry Magnier

Après le divorce, Lola a suivi sa mère au Canada et voilà 10 ans qu’elle n’a pas vu son père. Elle appréhende de revoir cet homme qu’elle ne connaît plus. Elle sait qu’il aime les oiseaux, élève des pigeons voyageurs et leur consacre tout son temps. Les retrouvailles sont fortes autant que laconiques mais « le lien qui unit un père et une fille ne doit pas être lourd. On ne doit presque pas avoir besoin de parler » justifie son père. Lola s’adapte, observe, apprend beaucoup de son père qui vit dans les hauteurs, si peu préoccupé par le matériel. Et Lola découvre, surprise puis heureuse, qu’elle a un demi frère…
Roman très court (80 pages) pour une tranche de vie évanescente et essentielle.
Autre lecture
A 15 ans, Lola retrouve son père. Il a refait sa vie autour de son amour des pigeons. Proche de la nature, il s’y fondrait sûrement s’il n’avait l’attention de Charlotte sa voisine. Lola vient avec pour projet de renouer des liens. Quelle relation reste possible entre eux ? Que peut lui apporter cette nouvelle rencontre ? Comment se parler après dix ans d’absence ?
Le roman évoque avec des phrases courtes mais denses le lien perdu et retrouvé entre un père au bord de la société et sa fille. Ce livre optimiste prend en partie la forme du conte philosophique. Mais si tout reste possible c’est avant tout grâce à la grande réceptivité de Lola. L’adolescente accepte l’identité de ce père hors norme et trouve son amour dans ses silences et ses non-dits. Cette reconnaissance de paternité sous le signe de la nature va lui permettre un nouvel envol.

coup de coeur Dark eyes / W. Richter. - Albin Michel. - (Wiz). 2013

« Pour sauver sa peau, elle doit tuer son père ». Wally est à la recherche de sa mère. Jeune fille Russe, elle a été adoptée, très jeune, par un couple d’américain qui a tôt fait de se séparer. Aujourd’hui, Wally entretient des relations difficiles avec sa mère d’adoption, cherche à survivre dans la rue avec un groupe de jeunes qui sont devenus pour elle une seconde famille. Mais ce qu’elle ne sait pas, c’est que son père biologique est aussi à sa recherche... pour la tuer !
Roman d’action et d’aventure, qui ne se préoccupe pas trop d’être crédible et nous amène, d’indice en indice, à lever peu à peu le voile sur l’identité de Wally et son histoire. Un bon thriller.
« L’heure de se quitter est arrivée si vite, et qui sait si nous nous reverrons ? Mais nos cœurs doivent rester unis, et un jour c’est sûr, nous nous... Elle sombra dans le sommeil avant la fin de la chanson. »

coup de coeur Camp Paradis / J.-P. Nozière. - Gallimard. - (Scripto). 2013

Pa ne comprend pas pourquoi Boris veut devenir écrivain : « La guerre toujours. La violence toujours. Les luttes de pouvoir toujours. La force brutale toujours pour imposer sa loi à l’autre. Les bouquins n’ont pas changé ça d’un iota. » Pour preuve l’histoire de ces éclopés de la vie qui ont trouvé refuge à Camp paradis auprès de Pa et Ma. Victoire, l’esclave ; Fatouma, l’enfant soldat ; Serge et son bras manquant, victime des superstitions de la population ; Djodjo qui fuit la famine, conséquence des « combats entre les milices rivale ou les bandes armées d’ethnies différentes » ; et Boris, dont le père marchand d’armes permet tous ces massacres… Mais Boris note, veut témoigner plus tard de ces destins tragiques, de ce havre de paix qu’est Camp paradis où ni la religion, ni les mauvaises intentions, ni l’argent ne sont tolérés. Comment ces quelques personnes, isolées au sein des luttes armées en quête de pouvoir et d’argent, vont-elles résister ?
Jean-Paul Nozière sait susciter l’émotion, l’empathie, la révolte avec des phrases percutantes et des personnages fortement campés. Et même si « cette histoire se déroule dans un pays imaginaire (…) raconte des événements imaginaires. Évidemment », elle nous dit beaucoup -évidemment- de la violence de notre monde mais également de la résistance possible. Malgré tout.
Autre lecture
Un couple recueille des enfants blessés par la vie : c’est Camp Paradis. Boris est l’un deux. C’est lui qui va nous raconter l’histoire de ce lieu hors du temps et surtout des destins qui s’y croisent. Leur arrivée, comme leur histoire, est toujours particulière, unique. Nous allons suivre plus particulièrement le parcours de cinq d’entre eux, chacun ayant sa propre blessure : enfant soldat, enfant violenté, enfant dans tous les cas rejetés par leur milieu en raison de leur différence ou d’un coup du destin. Le récit s’accélère avec l’arrivée de la guerre aux portes même de Paradis...
Un roman fort, universel qui a pour thème principal celui de la seconde chance avec pour arrière plan celui des enfants dans la guerre. La construction est réussie, les personnages continuent à vivre en nous une fois le livre refermé. 
« A Paradis, n’entrent ni les races, ni les couleurs de peau, ni les religions, ni l’argent, ni le désir de possession, ni le désir de dominer les autres, ni la violence, ni les égoïsmes, ni les rivalités, prévenait Ma, le premier jour de l’arrivée d’un éclopé de la vie. Les termes du contrat étaient clairs et furent tenus. Du moins jusqu’au survol de Paradis par ce maudit avion. »

coup de coeur Calpurnia / J. Kelly. - Ecole des loisirs. 2013

Six frères, une mère débordée, un grand-père fantasque et un prénom impossible à porter, voilà l’univers de Calpurnia. Nous sommes au Texas à la fin du XIXe siècle dans une société qui se remet à peine de la guerre de Sécession et qui propose aux jeunes filles un avenir fait de casseroles et de maternités.
Pas de chance pour notre héroïne qui manifeste une sérieuse attirance pour les sciences de la terre… Il lui faudra batailler, ruser et s’appuyer sur son grand-père pour avoir accès aux connaissances. De quoi faire réfléchir les générations d’aujourd’hui.
Un récit savoureux, bien mené, truffé d’anecdotes drôles ou émouvantes et surtout riche d’informations sur une époque que nous commençons mal. Un vrai plaisir de lecture.
Autre lecture
Eté 1899, Texas. A l’orée du nouveau siècle qui voit le développement de l’électricité, du téléphone, des automobiles, Calpurnia s’apprête à entrer dans l’adolescence. Alors que sa mère souhaite la transformer en jeune fille bonne à marier et lui inculquer la cuisine, la broderie, la dentelle... Calpurnia a bien d’autres préoccupations. Ce qu’elle aime par-dessus tout, c’est "étudier le monde qui est autour de soi, et essayer de comprendre comment il fonctionne." Bon papa est en cela un excellent professeur, qui l’incite à observer, noter ses réflexions et questionnements, trouver des réponses par elle-même… Certes, il est souvent "absorbé dans ses pensées" mais joue un rôle indéniable dans la vocation de sa petite fille. C’est avec lui qu’elle fera sa première vraie découverte scientifique, c’est grâce à lui qu’elle acquerra la patience et la méthodologie scientifique. Et qu’elle trouvera la force d’affirmer sa différence.
Au-delà des observations naturalistes sur les insectes, animaux et plantes, par ailleurs passionnantes, c’est le destin d’une jeune fille déterminée particulièrement attachante qui se dessine au cours de ces quelques 400 pages. Avec elle et ses 6 frères, nous sommes ravis de voir mises à mal, tout en subtilité, les habitudes sexistes, spécistes et racistes. Coup de coeur de Julie

coup de coeur La conséquence de mes actes / E. Kavian. - Mijade. - (Zone J). 2013

« Dans ce monde somme toute parentalement très individualiste », Homère se retrouve à passer ses vacances au fin fond de la campagne -lui qui, accro à Twitter et Facebook, doit être connecté en permanence- avec des gens qu’il ne connaît absolument pas. Ses parents ont divorcé : sa mère est partie vivre avec son amie, son père a rencontré une femme et c’est chez la famille de cette dernière qu’il se rend donc, la mort dans l’âme, pour permettre aux adultes de vivre leur histoire tranquillement...
Homère raconte comment ils en sont tous arrivés là : l’éloignement progressif, le divorce, les frères et sœurs, sa responsabilité à vouloir épauler chacun et son père en particulier… Le héros est attachant, entre volonté de rendre service et immaturité, et nous tient malgré ses digressions incessantes. Ce gentil geek, plus populaire sur Twitter que dans la réalité, est tour à tour sarcastique et émouvant.
Un roman qui aborde, sans détour, des thèmes sensibles comme le divorce, l’homosexualité, la puberté, le rapport au corps, la quête d’identité ; il nous plonge également, sans que ce soit prétexte, dans l’univers de Twitter et des réseaux, en montre les limites et les formidables potentiels.
NB : on retrouve les personnage de Premier Chagrin, sans qu’il soit nécessaire de l’avoir lu pour aborder celui-ci.

coup de coeur Quand j’étais cagibi / H. Gaudy ; E. Harel. - Rouergue. - (Rouergue)

Puisque personne ne s’occupe d’elle, la jeune Amy décide de s’enfermer dans le cagibi et compte bien y rester ! Alors que la jeune fille ne demandait qu’un peu d’attention, elle se retrouve confrontée à elle-même. Sa mère semble persuadée qu’elle sortira de son propre chef tandis que son père n’a encore rien remarqué. Face à cette incompréhension, elle résiste et commence même à décorer son cagibi où elle ne manque désormais de rien. Coupée et isolée du monde, elle essaie pourtant de découvrir ce qu’il se passe de l’autre côté de la porte. Tous ses sens lui permettent de garder un faible lien avec sa famille, en particulier avec sa sœur...
L’histoire, illustrée par Emilie Harel, est aussi touchante qu’amusante. A travers les pensées d’Amy, on retrouve toutes les espérances d’une jeune fille de cet âge : de l’attention de la part de ses proches et de la compréhension.
Autre lecture
Amy a l’impression de ne plus exister aux yeux de sa famille. Elle décide donc de s’installer dans le cagibi afin de se retirer complètement. De là, elle voit et observe le comportement de ses parents... Comment va réagir sa famille ? Arrivera-t-elle à sortir de ce cagibi et à trouver enfin sa place ?
Un récit en forme de conte où le retrait soudain d’Amy amène chacun à prendre de la distance pour mieux s’interroger sur ce qu’il est et ce qu’il attend des autres. Si le fil de l’histoire s’égare par moment, le message final reste actuel. Nous avons tous besoin parfois de faire une retraite. A chacun de trouver son cagibi...
« Dans mon cagibi, j’ai appris à reconnaître les silences de la maison.
Ceux de quand il n’y a personne.
Ceux de quand on veut être tranquille.
Ceux de quand on n’a rien à dire.
Ceux de quand on est fâché.
Et puis, celui-là. Le silence de quand on voudrait bien faire sortir sa fille d’un cagibi.
 »

coup de coeur Une étoile dans le cœur / L. Atangana. - Rouergue. - (DoAdo). 2013

Depuis le départ de son père « qui ne trouvait pas sa place en France », Damien est assailli de questions, de doutes, paraît égaré dans sa généalogie atypique. Jusqu’à maintenant, il était métis, d’une mère blanche et d’un père congolais. Mais il prend conscience que si sa mère est juive, lui l’est également. Qu’est-ce qu’être juif ? Questionnement d’autant plus problématique quand on n’est pas religieux et qu’on habite dans une cité...
Il faudra se faire au style haché, aux « phrases fracassées. Brisées dans leur élan », comme le dit le narrateur lui-même mais Damien est touchant dans sa volonté de se comprendre, de lutter contre les lois de la cité, d’affirmer son identité avant même de bien intégrer ce qui la constitue.
Autre lecture
Que signifie être black et juif ? Le père de Damien, originaire d’Afrique, vient de fuir la maison faute d’avoir réussi à s’intégrer et à trouver un travail stable en France. A cette occasion Damien apprend qu’il est juif. Dans la banlieue où il vit, la combinaison black et juif passe mal. Si ses amis lui restent fidèles, il ressent une tension en lui et autour de lui. Alors il cherche à comprendre...
Un roman sur l’identité, l’insertion, les racines. Les phrases courtes rendent bien la rage que ressent l’adolescent face à ses blessures généalogiques, ses manques de repères. L’histoire elle-même est celle d’une recherche, avec au bout une lueur d’espoir...
« Papa avait plié sa vie en quatre et l’avait enfoncée dans sa poche. Bien profond. Il s’était tiré. J’en revenais pas. Ca passait pas. »

coup de coeur L’ attrape-fantôme / A. Cousseau. - Rouergue. - (Dacodac)

Antonin doit écrire une poésie et a bien du mal à s’y mettre ; dans le même temps sa mère percute et tue un chevreuil. Elle en est bouleversée tandis que sa grand mère est ravie de préparer un civet ! Durant la nuit, Antonin rêve de l’animal qui l’attire dans la forêt. Un rêve qui chamboule sa perception de la réalité et va favoriser l’écriture de la poésie....
Autre lecture
Comment écrire une poésie sans savoir ce qu’est la poésie ? Antonin, bientôt onze ans, mène l’enquête. En observant et en interrogeant les membres de sa famille, il va tenter d’apporter une réponse. Mais sa mère rentre bouleversée, elle vient de renverser un chevreuil...
Un récit court et efficace, jamais ennuyeux, sur les liens entre la poésie et la vie de tous les jours. Et si la poésie était un fantôme qui nous accompagne au quotidien sans jamais pouvoir être totalement vue dans sa totalité ?
« On nous demande d’écrire une poésie pour lundi. Une poésie ? Mais c’est quoi exactement, la poésie ? Et à quoi ça sert ? »

coup de coeur La question de 10 heures du soir / K. de Goldi. - Alice. - (Tertio)

Chaque soir, à 22h, Frankie ressent le besoin de passer dans la chambre de sa mère et de lui faire part de ses questions, doutes, angoisses. Chaque soir, sa mère trouve les mots pour le rassurer. Chose assez étonnante lorsqu’on sait qu’elle-même est une grand angoissée qui n’a pas quitté la maison depuis 9 ans. 9 ans, l’âge de Frankie qui jusqu’alors s’accommodait très bien de la situation mais commence à s’interroger… Alors qu’il vient de se faire une nouvelle amie, Sidney, et apprend aussi vite que celle-ci va déjà devoir déménager, Frankie craque. Il veut des explications, il refuse de devenir comme sa mère et de se laisser aller aux angoisses envahissantes.
Des personnages extrêmement attachants, une histoires qui prend aux tripes mais alourdie par quelques longueurs. L’auteur, comme un de ses personnages, ne rate jamais « une occasion de tourner une belle description, riche en adjectifs et imagée à souhait » ; le lecteur se trouve trop souvent distrait du propos lors de digressions incessantes. Dommage.
Autre lecture
Tous les soirs Frankie vient poser une question à sa mère. Cette dernière n’est plus sortie de chez elle depuis 9 ans. Elle est très angoissée, tout comme son fils. Mais Frankie n’est pas seul, il a dans sa famille des personnages très originaux et attachants. Sa vie très rythmée est organisée par des rituels immuables comme ses jeux avec son ami Gigs. Jusqu’à l’arrivée de Sydney et ses secrets...
Le lecteur est entraîné dans le quotidien haut en couleurs de ce jeune garçon qui vit en Nouvelle Zélande. Nous partageons avec lui sa vie, ses relations avec sa famille, ses amis et ses réflexions. La figure de la mère est au centre du récit. Pourquoi refuse t-elle de quitter la maison ? Une fois rentrés dans son monde, nous nous laissons portés par cette quête. Et c’est par le questionnement que Frankie entre, peu à peu, dans l’adolescence...
« Dans son lit, il avait imaginé les ailes de l’avion ramollir d’une façon inexplicable, il les avait vues prendre l’eau comme du papier absorbant et se détacher de l’avion au beau milieu du ciel. Il avait imaginé de petites flammes, invisibles depuis le cockpit, s’engouffrer dans l’allée centrale entre les fauteuils, gonfler en une énorme boule de feu et avaler les passagers. Il avait imaginé des terroristes déguisés en stewards qui sortaient de leur poche non pas des bonbons, mais des revolvers. Il avait imaginé des bouteilles qui avaient échappé à tous les contrôles au sol et qui explosaient en plein vol dans la soute à bagages. Il avait imaginé l’avion sombrer dans l’océan Pacifique, et lui qui devait lutter contre des requins pendant que les vagues emportaient Alma loin, loin, très loin de lui. Maman avait fini par dire qu’il vaudrait peut-être mieux qu’il n’y aille pas. »

coup de coeur L’ armoire... / A. Cortey ; C. de Gastold. - Grasset

La narratrice de ce petit roman carré illustré aimait beaucoup son arrière grand-mère. L’armoire qui vient coloniser sa chambre devrait lui faire plaisir, comme un souvenir de son aïeule. Alors pourquoi ressent-elle ce malaise ? Pourquoi est-elle terrorisée par cette chose géante qui n’a plus rien à voir avec l’armoire d’antan ? Lui a-t-on seulement demandé son avis ?
Une histoire singulière qui montre que les objets peuvent incarner beaucoup plus que la symbolique qu’on leur porte.
Autre lecture
Histoire d’un héritage trop lourd, trop pesant. Adèle, une jeune fille, se voit attribuer à la mort de son arrière-grand-mère une immense armoire. Elle lui vole tout l’espace de sa chambre et produit des bruits bizarres.
L’angoisse monte peu à peu, mais c’est quand elle poursuit Adèle où qu’elle aille, que cette dernière décide d’agir… Plutôt que ce gros meuble qu’elle n’avait pas souhaité, Adèle aurait préféré assister à l’enterrement de cette vieille dame qui sentait mauvais mais savait rire !
Un récit intéressant bien qu’un peu long sur le poids de certains héritages, imposés et qui empêchent de vivre. Les illustrations sont agréables et les couleurs chaudes.
« Peut-être que Mémé avait hérité, elle aussi, de tous les objets qu’elle avait. Ca ne se fait pas de refuser un héritage. Enfin, je crois.... Sauf que maintenant, l’armoire de Mémé est chez moi. Et c’est pas pareil que chez elle. Mémé ne m’aurait pas donné cette énorme Chose, elle savait que j’ai toujours préféré les tout petits objets. »

coup de coeur La mafia du chocolat / G. Zevin. - Albin Michel. - (Wiz)

2083. Anya Balanchine est la fille d’un des parrains de la mafia du chocolat. Son père a été assassiné et elle a en charge une grand-mère sous assistance respiratoire, un grand frère handicapé mental et une petite sœur surdouée. Elle tente cependant de se construire une vie normale au lycée. Mais les événements vont se précipiter autour d’elle et l’amener à des choix compliqués. Tomber amoureuse du fils du procureur ne va pas lui simplifier la vie...
Entre sentiments, aventure, intrigue policière autour de la prohibition, le roman est dense et agréable à lire. Le côté futuriste prend peu de place dans l’histoire. On apprécie de voir l’héroïne se transformer peu à peu sous nos yeux. Pour qui se battre et pourquoi ? A suivre...

coup de coeur Monsieur Kipu / D. Walliams ; Q. Blake. - Albin Michel. - (Wiz)

Dire de ce vagabond qu’il pue est un doux euphémisme, tant cet homme a une notion toute personnelle de l’hygiène. Mais cela n’empêche pas Chloé de l’approcher, puis de devenir son ami. Son besoin de contact est à la hauteur de la solitude qu’elle ressent à la maison, entourée d’une mère rigide et cassante, un père complice mais effacé et une peste de petite sœur. Le vagabond odorant et la fillette mal dans sa peau vont former un duo improbable mais très soudé, Chloé va même l’inviter dans la cabane du jardin à l’insu de tous. Ajoutons que sa mère, en campagne politique, milite pour le "bannissement définitif de tous les SDF, ou "sales pouilleux". Car ils constituent une menace pour la société"… La confrontation sera inévitable et pleine de surprises !
Roman, dès 8-9 ans, très léger, que viennent illustrer quelques dessins de Quentin Blake. Le texte invite à porter un regard ouvert sur les autres, afin de ne pas les enfermer dans des carcans. Conseil valable pour Monsieur Kipu bien sûr, mais également pour les membres de la famille qui avaient cessé de se voir tels qu’ils sont.

coup de coeur Demander l’impossible.com / I. Cohen-Janca. - Rouergue. - (DoAdo)

Dans Demander l’impossible.com, Irène Cohen-Janca met en scène Antonin, un adolescent comme les autres, pas forcément mal dans sa peau, mais pas forcément à l’aise, pas forcément doué au lycée, mais pas mauvais non plus. Il est un peu amoureux mais peut-être pas finalement, un adolescent qui cherche sa place dans une famille a priori ordinaire, à côté d’une sœur en apparence parfaite, côtoyant souvent son oncle soixante-huitard boudé par ses parents. Une famille apparemment calme et sans histoire mais qui va être mise à l’épreuve avec la découverte de l’anorexie de la sœur ainée d’Antonin.
Antonin qui, au début du roman, peut rappeler le héros d’Anne Percin, Maxime, dans Comment (bien) rater ses vacances, à cause de son flegme et son humour pince sans rire, évolue grandement, grandit, devient adulte. Ses convictions s’ébranlent en même temps que les épreuves s’imposent et il ne peut plus rester sur ses acquis, sur sa réserve, sur son laisser-aller, il est obligé de se poser toute une série de questionnements sur le sens de la vie, la famille, les secrets de famille, les relations amoureuses.
Le roman prend alors une profondeur qui n’était pas forcément attendue au départ, il devient touchant et soulève des questions forcément proches des adolescents. Une belle découverte.
Autre lecture
Comment bien grandir ? Comment entrer dans le monde adulte lorsque les modèles environnants ne donnent pas envie ? Antonin et sa sœur Emma sont à l’âge où ces questions sont d’importance. Antonin, en croisant tous les matins un SDF au regard pénétrant, ne peut rester indifférent, ce qui consterne sa petite amie. Emma, jusqu’alors fille et élève modèle, n’a plus que la peau sur les os et rejette le modèle de vie de ses parents "vulgaires et normopathes." Max, l’oncle soixante huitard qui vit seul avec ses souvenirs, offre un autre modèle, comme une fuite… Antonin le "petit "de la famille pourrait bien être celui qui est le plus clairvoyant. D’abord incertain, puis s’affirmant de plus en plus, il ouvre les yeux de ses parents, de sa petite amie, de lui-même, dans la compréhension de ce qu’il veut faire de sa vie.
Un roman grave mais loin d’être désespéré puisqu’il montre que rien n’est établi et que chacun peut réinventer sa vie, pour peu qu’il rencontre un regard attentif.

coup de coeur Les filles chocolat, tome 3 : Cœur mandarine / C. Cassidy. - Nathan

Summer a pour passion la danse. Une mauvaise audition l’amène à se croire trop grosse. La perspective d’une nouvelle chance pour intégrer une école de danse prestigieuse fait qu’elle entame une guerre contre les calories. Elle commence à manger moins, puis à ne presque plus manger du tout... Son entourage et sa famille ne savent pas toujours comment réagir...
Un récit qui rend le personnage de Summer très attachant. La jeune fille qui dans les premiers tomes semble parfaite voit ici son identité craqueler, ce qui la rend très humaine. Le thème sensible de l’anorexie, du stress et du rapport à la nourriture est bien traité. L’écriture est toujours agréable et la famille continue à évoluer sous nos yeux, à notre plus grand plaisir.
Autre lecture
C’est au tour de Summer de prendre la parole dans ce troisième tome des filles chocolat. L’univers de Summer a toujours été la danse, elle a aujourd’hui l’opportunité de rejoindre une école spécialisée. Les sélections ont lieu dans quelques semaines, elle s’entraîne au-delà du raisonnable et surtout s’alimente plus qu’épisodiquement. Dans sa volonté de contrôle sur sa vie, elle arrive de moins en moins à gérer ce qui lui arrive. Doutes, peurs, sa vision de la vie se trouve complètement biaisée et elle perd pied. Sa mère et Paddy sont en lune de miel, sa jumelle est amoureuse, vers qui peut-elle se tourner ? Heureusement, il y a Tommy celui qui l’agaçait tellement mais se révèle tellement attentif…
Le thème de l’anorexie traité sur une période de quelques semaines seulement rend le propos est un peu rapide mais l’approche reste néanmoins juste dans sa description.

coup de coeur La lettre d’Argentine / E. Willer. - La grande ourse. - (Stardust)

Elias est très proche de son grand-père. Quand celui-ci meurt, il continue à l’accompagner en pensée dans son quotidien. Mais voilà qu’Elias reçoit une lettre de sa grand-mère. C’est un événement extraordinaire qui créé beaucoup d’émotions dans toute la famille car Bella s’était enfouie avec un argentin sans donner de nouvelles depuis de nombreuses années. Or Elias n’aime pas sortir de chez lui. Alors aller en Argentine... Pourtant, il sent bien que cette mission lui est confiée par sa mère. Que va-t-il y découvrir ?
Un roman drôle et émouvant sur les liens familiaux et les secrets de famille, sur l’amour et la haine, sur la nécessité du pardon. A lire !
Autre lecture
Nous découvrons ici une nouvelle maison d’édition privilégiant "les thèmes de la transmission, de la mémoire, de la quête et de l’identité, ainsi que les sujets touchant aux femmes". La collection Stardust, plus spécifiquement destinée aux ado, est inaugurée avec ce titre d’Ellen Willer qui en quelques 140 pages abordent le deuil, l’amour, la jalousie… Sujets graves mais abordés ici non sans une pointe d’humour.
Elias reçoit un jour une lettre de sa grand-mère l’invitant à venir en Argentine pour faire connaissance. Plusieurs raisons l’incitent à refuser : il déteste voyager, quitter sa maison ; il ne connaît pas du tout sa grand-mère, partie lorsque sa propre mère avait 13 ans. Enfin, il a toutes les raisons de se méfier de cette femme qui a quitté son mari et sa fille pour vivre un nouvel amour très loin d’eux. Par loyauté envers son grand-père qu’il adorait, envers sa mère visiblement encore bouleversée, par commodité pour lui-même, le voyage ne devrait logiquement pas se faire. Mais Elias saisit imperceptiblement d’autres motivations pour faire ce grand voyage. Et c’est une réalité ni tout à fait différente, ni tout à fait semblable qu’il met à jour avec cette nouvelle famille.
Les vérités que l’on croit établies, que l’on a toujours entendues, se fissurent et se complexifient lorsqu’on réalise, en grandissant, que l’on est tous faillibles. Elias, qui a "parfois de légers problèmes de connexion avec la réalité", avec sa sensibilité exacerbée et son intelligence, se réconciliera avec un passé qui avait séparé les rares membres de sa famille.

coup de coeur L’ attache / F. Robert. - Ecole des loisirs. - (Médium)

Igor et Emma sont séparés suite au décès soudain de leurs parents. Emma est aussitôt adoptée par un couple d’amis de leur mère et Igor envoyé en institut jusqu’à son adoption par un couple de paysans. Nous suivons le lent cheminement personnel d’Igor pour se reconstruire. Le récit est très beau. L’écriture est constituée de phrases courtes qui rendent le livre facile à lire en dépit du peu de dialogues. Igor va tout d’abord tenter de retrouver sa sœur mais ses échecs vont vite l’amener à vivre sa vie en mode bémol, avec indifférence. Mais peu à peu, il va devoir s’ouvrir au monde qui l’entoure, à la ferme, à la campagne, à ses camarades, à lui-même.
Quelle force accorder aux liens ? Peut-on reconstruire une relation déchirée ? Quelle valeur, quelle place donner aux parents adoptants qui vous ouvrent leur cœur ?
Un coup de cœur pour ce livre qui peut se lire de 12 à 77 ans !
Autre lecture
L’écriture particulière et très belle, précise et sensible, dit au plus près de l’intime l’errance d’Igor. Une errance formalisée par un texte non chapitré qui va et vient entre passé et présent, pelote impossible à détricoter interdisant ainsi l’accès à l’avenir.
Avant, Igor vivait à Paris avec sa sœur jumelle, ses parents aisés. C’était avant la mort des parents, avant la séparation intolérable d’avec sa sœur.
Aujourd’hui, il vit chez ses parents adoptifs, paysans, à propos desquels il pense : "Ils n’ont rien compris à ce que je suis, ils ont adoptés une poupée, un pantin, un doudou, un truc," Comment savoir qui il est ? Son passé est rasé, ses parents adoptifs lui dénient le peu qu’il sait de lui, il ne sait où est sa sœur… Comment vivre seul avec le sentiment si fort d’être lié à l’autre, d’abord dans la douleur et le manque, puis, après les retrouvailles, dans la plénitude de se savoir entité à part entière connecté à l’autre dans une évidence retrouvée… Telle est la force de ce roman où l’émotion pudique de tous les personnages cueille le lecteur, envoûté. Coup de coeur de Julie et Marion

coup de coeur Les filles chocolat, tome 1 : Coeur cerise / C. Cassidy. - Nathan

Cherry, 13 ans, ne peut pas s’en empêcher, il faut qu’elle raconte des histoires. Rien de bien grave, juste de quoi enjoliver un peu ce qu’elle pense être une triste réalité. Elle est bien décidée à quitter cette sale habitude et le grand déménagement lui en donne l’occasion : son père est tombé amoureux de Charlotte, ils partent habituer chez elle et ses 4 filles, Coco, les jumelles Skye et Summer, et Honey. Prendre possession des lieux, arriver à se faire accepter... Cherry est dans l’angoisse. Mais elle découvre avec les filles le sens du mot famille et tous s’unissent autour d’un projet de fabrication de chocolats artisanaux. Seules ombres au tableau, et de taille : la fille aînée, Honey, supporte mal la situation et ressent l’arrivée des 2 écossais comme une intrusion. Et elle voit d’un très mauvais œil que son petit ami soit aimable avec Cherry.
Entre description sensible des souffrances intimes et tableaux vivants des joies collectives, ce roman nous attache à cette famille recomposée où l’enjeu, pour chacun, est de trouver sa place...

coup de coeur 43, rue du vieux-cimetière ; trépassez votre chemin / K. et M. Sarah Klise. - Albin Michel. - (Wiz)

Un vieil auteur grognon loue une maison hantée afin d’écrire... une histoire de fantôme. C’est à travers un échange de lettres que nous découvrons peu à peu les personnages de l’histoire. C’est la dernière chance pour Ignace Bronchon de renouer avec le succès mais il est déconcentré par les bruits étranges de la demeure et par la présence d’un jeune garçon qui habite les lieux. La cohabitation est difficile ! Les illustrations sont belles, le récit plein d’humour. Le découpage du livre en courtes lettres facilite la lecture.
Une lecture originale et plaisante.
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Ignace Bronchon fut un auteur à succès mais l’écriture lui résiste depuis des années. Il espère qu’en s’isolant dans une vieille bâtisse calme, il pourra trouver l’inspiration. Et il ne tolérera aucune distraction ! Installé 43 rue du vieux cimetière, il comprend vite que la demeure n’a rien du havre de paix espéré. Tout d’abord, Les, un gamin de 11 ans pour ainsi dire abandonné par ses parents, habite l’étage supérieur. Close de contrat inattendue… Et puis ces lettres étranges, reçues d’une certaine Adèle, trouble sa sérénité. Car Les lui assure qu’elle est un fantôme du siècle dernier ; elle aussi écrivait, des “énigmes épistolaires illustrées”, jamais publiées …
Roman original dans la forme et le ton : tout en échanges épistolaires, que viennent juste éclairer quelques articles de journaux et dessins du jeune garçon, le texte voit l’évolution d’un vieux ronchon désagréable, obtus et égoïste au contact de ses voisins de chair et de vent. Après les inimitiés, les embrouilles et les quiproquos, chacun sera enfin tenté d’explorer une nouvelle définition de la famille…

coup de coeur Comment devenir une rock star (ou pas) / A. Percin. - Rouergue. - DoAdo

Il pourrait nous énerver Max à cabotiner de la sorte mais Anne Percin sait doser à merveille l’esprit facétieux de notre héros préféré. Nous le retrouvons dans ce troisième tome pour les vacances de Noël. Noël, fête de famille… Max a convaincu oncle Christian de rejoindre toute la tribu chez Mamie, où ils commenceront les premières répetitions de leur groupe. Car oui, Max se lance officiellement dans la musique et il recrute les membres avec une belle efficacité. Et des surprises de taille pour le lecteur…
Outre les grandes expériences musicales avec son groupe Kremlin, Max continue son histoire d’amour tumultueuse avec Natacha, découvre son oncle et Alex sous un nouveau jour, a quelques tourments avec Sa Kévinerie… Rien de bien grave car Max a le talent d’aborder la vie avec un allant optimiste, habité qu’il est par la passion et une attention à l’autre qu’il sait sauvegarder…
Merci à Anne Percin de réussir, dans une écriture fluide, vive et drôle, un tome 3 sans nous lasser avec en prime une track-list diversifiée et personnalisée !

coup de coeur Je suis un phénomène / E. Atkinson. - Alice. - (Tertio)

Faye est une adulte de douze ans. Très grande, mature et très débrouillarde, elle remplace sa mère jusqu’à tenir sa boutique à sa place... Il faut dire que Faye n’est pas très à l’aise avec les jeunes de son âge. Cependant, quand sa mère lui offre comme cadeau d’anniversaire... de ne plus retourner à l’école, quelque chose se casse en elle. C’est ce moment que choisit sa famille paternelle pour l’inviter à une grande réunion des Noman. Elle partira à la recherche de son identité... Est-elle réellement un phénomène ou simplement Faye Noman ?
Un livre de 227 pages, très agréable à lire et en définitive très positif sur la possibilité de se construire même avec des parents... très originaux.
Autre lecture
Mesurer 1m78 à 12 ans, être rousse et s’appeler Faye Noman, c’est un comble et l’héroïne et narratrice de ce roman est lasse des moqueries. Et on ne peut pas dire que sa mère, fantasque et libre -d’autres diraient irresponsable- représente un soutien... Faye ne se sent bien qu’avec son amie Pénélope, 10 ans, adoptée et Stevie, une bibliothécaire en qui elle se reconnaît. Et puis arrive une mystérieuse invitation à venir rejoindre, lors d’une fête de 3 jours, les Noman, la grande famille de son père qu’elle n’a d’ailleurs jamais vu. Faye apprend à mieux connaître cette grande tribu, en voit les richesses puis les failles.
Etre un phénomène peut être difficile dans certaines circonstances mais on voit bien dans ce roman à quel point les différences peuvent représenter des richesses. Faye avec ses capacités intellectuelles, son cousin Clep avec son univers artistique, chacun, au-delà de la marginalisation, trouvera sa place.

coup de coeur La balade de Pell Ridley / M. Rosoff. - Albin Michel. - (Wiz)

Pell fuit en pleine nuit en compagnie de son petit frère. Elle fuit sa famille, pauvre et rigoriste, son futur mari et surtout une vie de femme au foyer. Mais la liberté a un prix. Et les épreuves sont nombreuses lorsque l’on est une jeune fille, seule et sans recommandation. Lorsque son frère Bean disparaît avec son cheval, une longue quête commence...
Un très beau livre qui parle beaucoup de chevaux, des liens de l’homme avec la nature, de liberté et d’identité. Le début est un peu difficile à suivre mais le livre en vaut la peine ! Pour Jeunes et adultes.
Autre lecture
Au petit matin du jour de ses noces, Pell se glisse hors de la maison familiale et part, accompagnée de son cheval Jack et de son petit frère silencieux Bean. "Prendre la route"… que de perspectives. D’autant que Pell a de solides atouts pour elle : une très bonne connaissance des chevaux et une assurance assez exceptionnelle au vu de sa condition populaire dans l’Angleterre du 19°. Las, les obstacles sont nombreux et Pell se retrouve bientôt seule, à la recherche effrénée de son frère, de son cheval et de son dû.
Cette balade qui confine bientôt à la dérive est au final un entrelacs de personnages, tous liés les uns aux autres pour le meilleur et le pire, qui se quittent et se retrouvent. Chacun vit sa vie mais Pell ne laissera jamais tomber les siens, tout en respectant leur besoin de vie propre. Un beau modèle de femme libre et généreuse, en symbiose avec les animaux, que nous offre ce roman au style léché pour bons lecteurs.

coup de coeur Le creux des maths / C. Avel. - Ecole des loisirs. - (Neuf)

Abel n’aime pas les maths. Difficile pour lui de s’épanouir dans sa famille blindée de génies des chiffres. Entre les jumeaux surdoués et la médaille Field de la maman, Abel rêve de voyage et de sorcellerie avec un destin digne d’Harry Potter. Puis il gagne une semaine en Finlande chez Elias Chamsson, un génie des mathématiques. Comble de l’horreur pour Abel mais cette escapade nordique va le transformer à jamais. Il parviendra enfin à trouver sa place dans la fratrie tout en se démarquant de la loyauté familiale. Un bel exemple d’émancipation.
Une écriture fluide et un enchaînement des péripéties bien rythmé. Un bon moment de lecture qui saura régaler les jeunes adolescents.
Autre lecture
Abel, 11 ans, est le vilain petit canard de la famille. Alors que tous excellent dans le domaine des mathématiques, même ses frères cadets, lui ne révèle aucune disposition. Et il se demande bien ce qu’il va pouvoir faire de sa vie, quel talent il va pouvoir développer. Sa rencontre avec un grand mathématicien, auprès duquel il se sent faussaire, va pourtant changer sa vie. Loin de sa famille et de cette pression, il va trouver ce pour quoi il est doué.
Petit bouquin sympathique et léger : pas d’inquiétude, on peut se sentir différent dans une famille et pourtant y trouver sa place…

coup de coeur Toute la vie / J. Bourgine. - Sarbacane. - (Exprim’)

Ca vous dit de plonger dans la vie d’une drôle famille ? Où la transparence est de mise, pour le meilleur et pour le pire ?
Dans la famille Gravelos, je voudrais la mère : Isa, une jeune femme immature et déjantée, qui dit tout ce qui lui passe par la tête, bêtises et méchancetés comprises. La fille ensuite, Han, douée de télépathie. Et enfin le fils, Michel, "ce sale petit camé de la tendresse", persuadé d’être responsable des malheurs de sa famille. Il y a Dan aussi, le voisin esseulé, atterré de voir l’histoire de cette famille au passé digne d’un roman de Zola, mais qui se prend d’amitié pour le jeune Michel. Et heureusement qu’il entre dans le décor celui-là, à point nommé, lorsque la famille apprend que Michel est atteint d’un cancer.
Pour Han, qui voit la vie selon le modèle cosmologique du jeu vidéo, Dan a la mission d’aider Michel à passer au niveau supérieur, autrement dit à mourir.
Un ton direct, libre, qui décrit des relations pas forcément faciles mais qui, grâce à la franchise, évoluent vers un apaisement. Et une vision novatrice de la mort...

coup de coeur Ce qu’ils n’ont pas pu nous prendre / R. Sepetys. - Gallimard. - (Scripto)

1941 : Lina, une jeune Lituanienne se trouve un matin embarquée avec sa famille pour un voyage dont elle ne connaît pas la destination. Le père n’est pas là, Lina, son petit frère et leur mère sont violemment poussés avec d’autres compatriotes dans un wagon à bestiaux pour un voyage qui durera 6 semaines, dans des conditions infâmes. Le but du "voyage" ? Un camp de travail dans l’Altaï où ils resteront près de 10 mois à souffrir la dure condition des déportés du monde soviétique. Quelques temps plus tard, ils reprennent leur interminable périple, pour aller bien au-delà du cercle polaire. Un voyage au bout de l’enfer… Heureusement Lina et son frère sont des battants, possèdent une force de vie que rien ne semble atteindre.
C’est le long calvaire de cette famille que nous suivons, avec quelques flashbacks d’une vie heureuse, avant l’annexion de la Lituanie par les russes. Merci au Petit Père des peuples : les horreurs se succèdent mais les Lituaniens développent une solidarité et une humanité qui leur garantit leur dignité. "Ce qu’ils n’ont pas pu nous prendre" : leur sens de l’humour, la peur, qu’ils ne montrent pas… Lina en est une parfaite illustration, avec la fougue et l’intransigeance de l’adolescence. Elle comprend petit à petit le paradoxe, les compromissions des êtres mais garde toujours une forte dignité en utilisant son talent de dessinatrice comme un moyen de résistance.
Un roman exceptionnel par le sujet traité, assez dur à lire dans les horreurs qu’il décrit. Mais l’état de souffrance et de total dénuement est quelque peu adouci grâce à l’humanité toujours sous-jacente : tendresse familiale, solidarité de groupe...

Autre lecture
J’ai beaucoup aimé cette histoire triste et très touchante. Il est vrai qu’on connait très peu l’histoire de ces pays que sont l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie et quand on aborde l’histoire de l’Europe on ne parle pas de ce qu’ont vécu les populations de ces pays pendant la guerre. Pour ma part, j’ai été surprise et horrifiée d’apprendre que des familles au complet ont été déportées de la sorte rien que parce que jugées antisoviétiques. En premier lieu, j’ai été totalement attirée par la couverture du livre qui est très belle mais montre aussi une part de tristesse. A elle seule, elle résume bien l’atmosphère de l’histoire.
L’histoire ensuite nous emporte dans l’histoire de cette famille qui vit des horreurs sans nom mais qui malgré tout se bat pour vivre et survivre. On voit vraiment les pires côtés de l’être humain (ces hommes qui traitent les lituaniens comme moins que rien, qui se rient de leurs souffrances, et les insultent de « cochons ») mais à la fois on voit l’entraide qui naît de la souffrance, le courage , l’espoir. Un roman pleins d’émotions !!

coup de coeur Le rire des baleines / R. Corenblit. - Rouergue. - (Dacodac)

Antoine est viré de chez sa mère, dépassée par les évènements. Pourtant Antoine est facile à vivre mais la mère, au chômage et dépressive, abdique. Il part donc vivre chez son père, remarié avec Hélène qui a une fille de son âge. Parfaite en tous points et parfaitement agaçante. La vie est difficile pour lui, il a du mal à s’habituer à sa nouvelle famille, à s’ancrer dans cette nouvelle réalité. Et puis on annonce une tempête, Hélène part chercher son mari, les deux ado restent seuls et sont assaillis par les éléments. Antoine doit composer avec les angoisses de la jeune fille qui imagine la fin du monde. Il y a aussi les voisins, Bertrand, l’ado attardé et Madame Yollande, vieille dame solitaire. Ensemble, ils font face…
Dans une ambiance de fin du monde et devant la violence de la vie, si la solidarité est de mise, les choses seront incontestablement plus faciles…

coup de coeur Quand un amant passe / M. Wahl. - Thierry Magnier

Secrets de famille, haine dans la fratrie, histoires d’amour possibles. Et puis, une arme… Très vite le lecteur ressent une tension. On sent, on sait qu’il va arriver quelque chose. Mais la personnalité du narrateur et héros, Tom -ce qui nous en est donné en tout cas- ne permet pas de savoir s’il va nous mener vers un dénouement heureux ou un drame. Ou peut-être aucun des deux, juste la vie, racontée dans une style typiquement nordique -l’histoire se déroule en Suède- qui peut nous laisser pantois ou nous envouter selon qu’on apprécie ou non ces ambiances floues qui suggèrent plus qu’elles n’appuient. Pour bons lecteurs.
Autre lecture
C’est une histoire inquiétante au moins à deux titres. D’abord, le héros, Tom, qui est un garçon apparemment calme, gentil et intelligent -en contraste total avec son demi-frère, brute agressive qui n’aime que le foot- raconte sa propre histoire de manière laconique et détachée, commet deux actes d’agression qui vont, sans doute, changer sa vie. Le premier se produit au collège lors d’une bagarre ; le second, plus grave, à la maison quand il tire sur l’homme qui s’apprêtait à violer sa sœur. Tom semble lui-même incapable d’expliquer les changements qui s’opèrent en lui. De plus, le roman nous fait un portrait inquiétant de la société suédoise. Les institutions de l’état-providence que nous avons toujours admirées fonctionnent bel et bien mais leur force et leur raison d’être semblent minées par la violence et la vulgarité d’un égoïsme ou d’un individualisme débridé. Les scènes de classe au collège sont hallucinantes avec des incivilités grossières des élèves qui empêchent les professeurs de faire cours.
C’est donc une lecture pour ceux qui seront capables d’apprécier un roman dur, sans tendresse, aux comportements humains imprévisibles. Glacial, comme le climat !

coup de coeur Boys don’t cry / M. Blackman. - Milan. - (Macadam)

Dante, dans l’attente angoissée de ses résultats d’examen, n’imaginait pas une seconde ce qui allait lui tomber dessus : Mélanie, qu’il n’avait pas vue depuis 1 an et demi, se présente à lui avec un bébé. Son bébé. Leur bébé. Terrassé, Dante n’est cependant pas au bout de ses surprises puisque sous prétexte d’aller faire une course, Mélanie lui laisse Emma. Et ne revient pas. Dante, 17 ans qui s’apprêtait à entrer à l’université avec des grandes ambitions, refuse cette réalité. Comme s’il avait le choix...
Apprendre à s’occuper d’un bébé, renoncer à son avenir professionnel, subvenir à leurs besoins… Même s’il est épaulé par son père et son frère (leur mère est morte), Dante rechigne. Mais pour lui, bientôt, il n’est même plus question de "refiler le bébé", tant il s’investit, responsable, fier même. En marge de l’histoire de Dante, il y a celle de son frère Adam, plus parcellaire. Adam, grande gueule, assume parfaitement son homosexualité. Mais son côté solaire est bientôt obscurci… Les chamboulements autour de Dante relèguent Adam et ses problèmes au second plan…
La vie est rarement celle que l’on s’est planifiée mais le propos de l’auteur est de montrer que toute épreuve peut être porteuse de changements bénéfiques. Ici en l’occurrence, une famille d’hommes qui s’est considérablement ressoudée en apprenant à mieux se connaître et surtout à communiquer.

coup de coeur Je ne suis pas Eugénie Grandet / S. Cassim. - Ecole des loisirs. - (Médium)

A force de s’inquiéter pour sa sœur, artiste et costumière au théâtre, Alice craint de passer à côté de sa vie à elle. Lors d’une visite de l’exposition sur Eugénie Grandet vue par Louise Bourgeois, Alice se sent oppressée et réagit violemment, seule échappatoire pour vivre pour elle et ses désirs, enfin.
Entre une sœur passionnée et incontrôlable, une grand-mère revêche, un père lointain et une mère carrément absente, Alice fait partie d’une famille, malgré tout, très attachante où tous les personnages sonnent vrai. Un tourbillon agréable qui égratigne, parfois.
Autre lecture
Alice, comme toutes les héroïne de Shaïne Cassim, est une hypersensible. Et sa sœur, Anne-Louise, également excessive dans ses émotions, n’est pas des plus rassurantes. Elles visitent ensemble l’exposition Louise Bourgeois : Moi, Eugénie Grandet, qui plonge Alice dans le plus grand trouble. Que va-t-elle faire de sa vie ? Est-elle destinée à vivre dans l’ombre de grande sœur exubérante ?
Sa rencontre avec Alphonse l’aidera à se recentrer, tout autant que l’épreuve qui attend Max, petit ami d’Anne-Louise et metteur en scène qui voit son décor partir en fumée la veille d’une représentation. Dans la solidarité, ils se créent, trouvent leur univers, s’apaisent.

coup de coeur Le jour où j’ai abandonné mes parents / A. de Lestrade. - Rouergue. - (Dacodac)

Karla-Madeleine est le fruit d’un amour explosif entre un père anticapitaliste militant et une mère issue de famille classique et catholique. Autant eux trois sont arrivés à trouver une harmonie, autant les choses sont compliquées avec leur famille respective. L’étaient, du moins, puisqu’il ne se voient plus. Mais un jour, la tante de Karla-Madeleine apparaît dans le paysage et la fillette se donne pour objectif de renouer avec cette famille inconnue...

coup de coeur On n’est pas des oiseaux / G. Bienne. - Ecole des loisirs. - (Medium)

C’est un huis clos à 4, où les enfants observent et souffrent des relations de couple de leurs parents. Ils s’aimaient autrefois mais se livrent aujourd’hui une éternelle guerre d’usure.
C’est un huis clos à 3, le père est parti, sans préavis et la mère se morfond.
Et puis ils ne sont plus qu’eux, Camille et Matthieu qui sont confrontés à l’inattendu, à l’inacceptable. Trop pour leurs épaules. Et néanmoins comme un espace de liberté…
L’écriture de Gisèle Bienne nous fait osciller entre moments de beauté et d’horreur. Le sublime côtoie le glauque, dans une promiscuité troublante et l’on est tout simplement frappé par la grâce qui transparait dans ce texte hors norme.

coup de coeur Le petit Gus en grandes vacances / C. Desmarteau. - Albin Michel

Troisième tranche de vie du petit Gus très heureux de partir en vacances. Vacances familiales avec ses parents, frère et sœur, grands-parents, Monique sa chatte, Elliot son cousin complice et sa famille. De quoi passer d’excellents moments et nourrir quelques tensions… Gus nous raconte, avec ce même ton vif gentiment corrosif les moments forts de ces vacances en Bretagne (puis en Corse). Plans dragues pour les jeunes, pêches ratées pour le père et les cousins, bonnes bouffes et rencontres sympathiques -ou moins-, les vacances vues par Claudine Desmarteau, en texte et dessins hilarants sans concessions, donnent très envie !

coup de coeur La septième fille d’Adèle Kemp / J. Johnston. - Bayard. - (Millézime)

Juliette Kemp a treize ans, vit dans le Canada de l’après-guerre avec ses 5 sœurs et sa mère, Adèle. Elle possède une sorte de don : il lui arrive de voir des bribes d’avenir. Lors d’un séjour chez son cousin, ses deux vieilles tantes lui expliquent qu’un sortilège lui a offert le don de clairvoyance. Mais Juliette considère ce "don" comme une malédiction, et décide de s’en séparer. Puisque cette faculté particulière touche les septièmes filles de la famille Kemp (elle apprend au passage qu’elle a une sœur cachée, différente), qu’à cela ne tienne, elle sera un garçon ! Son entourage reste calme et décide de se plier à ses exigences jusqu’à ce que passe ce "moment difficile".
Saga familiale qui manie humour et cynisme, notamment chez Juliette, qui est aussi la narratrice. Chaque personnage porte sa différence, suscite des réactions variées, ressent des sentiments contradictoires envers les autres. Une réflexion sur l’identité, sur l’acceptation de ce qu’on l’on est, de ce qu’est autrui.

coup de coeur Un ange passe et ricane / P. Ferroul. - Oskar

Passez en mode série télé… Des personnages bien marqués et très attachants, de nombreux rebondissements (ne soyez pas trop attachés à la vraisemblance), des dialogues qui font mouche… Vous passerez un très agréable moment de lecture avec pas mal de rires francs, quelques moments d’attendrissement et l’envie… d’une suite !
Plus concrètement, nous suivons l’histoire de Grégoire qui est fan de TV, surtout de la série L’autre côté de l’écran qu’il ne rate pour rien au monde. Il oublie -ou veut oublier- qu’il ne s’agit que de fiction et croit être responsable de la mort du héros. Il finira par s’avouer que fuir dans la fiction lui a permis d’oublier sa situation dans une famille nombreuse et joyeuse mais avec un drame sous-jacent : le frère jumeau de Greg est handicapé depuis la naissance et il a toujours cru, à tord, que son frère le tenait pour responsable. Une réalité en somme pas si difficile à vivre !

coup de coeur Ilse est partie / C. Nöstlinger. - Mijade. - (ZoneJ)

Erika doit couvrir le départ de sa sœur qui a fugué, ne supportant plus l’étroitesse de sa mère et sa discipline inadaptée. Mais elle se rend compte un jour que ce que sa sœur Ilse lui a raconté est un mensonge, pire, qu’elle a passé sa vie à transformer la réalité. Tout en découvrant le vrai visage de sa sœur, elle mesure également l’état des relations dans sa famille recomposée. Pas étonnant qu’Ilse ait pété un plomb ! Et elle dans tout ça ?
Un roman assez noir dans sa chute, qui a le mérite de décrire les relations et d’en décrypter les rouages, de soulever le drame de la non-communication sous la banalité du quotidien.

coup de coeur La vérité sur Marylou / M. Sachs. - Mijade. - (ZoneJ)

Marylou est très fière de porter le nom de sa tante, morte enfant après avoir sauvé les gens de son immeuble lors d’un incendie. Elle aime rejouer la scène et déplore de ne pas être aussi exceptionnelle que sa tante. Dans son obsession et en grandissant, elle cherche à retrouver tout ce qui touche à Marylou. Mais ce qu’elle va découvrir est en décalage total avec la vision fantasmée de Marylou.
Roman publié aux Etats-Unis au début des années 1970, pour une tranche de vie, passage de l’enfance aux désillusions de l’âge adulte, où l’on comprend que la réalité est contrastée, nuancée, multiple.

coup de coeur La chasse à l’enfant / G. Bienne. - Ecole des loisirs. - (Médium)

Jack est devenu berger dans les Pyrénées où il mène une vie paisible entre ses moutons, ses abeilles, sa jolie maison et Natacha. Une vie qu’il a choisie et qui lui correspond enfin ! Mais son passé va le rattraper le jour où un détective privé, mandaté par sa famille, lui annonce la mort de son père et lui apporte un papier à signer couvert de tampons. Ce sera alors pour lui l’occasion de retracer sa vie, de parler de sa famille, issue d’un milieu bourgeois, rigoriste, fermé, sûr de ses valeurs et qui refuse tous compromis.
Une belle introspection, touchante et douloureuse que l’on suit à travers les mots de Jack qu’il couche dans un carnet à la tombée du jour. Gisèle Bienne écrit ce texte plein d’émotion, avec une écriture souple, fluide mais aussi ferme, sauvage et mélancolique à la fois.

coup de coeur M’sieur Victor / P. Garnier. - Bayard. - (Millézime)

Simon a pété les plombs ce matin : il a laissé en plan sa mère et toute la fratrie, ras le bol d’être l’aîné qui assume et seconde. Mais dans sa dérive, la vie, facétieuse, lui colle un marmot sur les bras ! Heureusement, il tombe bientôt sur M’sieur Victor, généreux et accueillant. Simon trouve auprès de lui et ses amies, avec le bébé, une famille de rêve. Mais peut-il pour autant oublier qu’il a une famille qui l’attend ? Lorsqu’il retrouve la mère du bébé Léo, les évènements s’accélèrent.
Un roman pour plus jeunes et un maître mot : la solidarité.

coup de coeur Petite Audrey / R. White. - Thierry Magnier

L’auteur se met dans la peau de sa sœur aînée pour raconter, à la première personne, une partie de leur enfance dans un village minier de Virginie des années 40. Un père qui boit beaucoup trop, le manque d’argent et cette mère qui, malgré l’insondable tristesse qui l’envahit certains jours à la pensée de sa petite dernière, décédée, porte à bout de bras le quotidien d’une famille soudée. Au-delà de la faim, des angoisses, des doutes sur l’avenir, on sent toute l’affection de cette famille, de ces 4 sœurs et il est troublant d’entendre la benjamine prendre la voix de l’aînée pour revenir sur leur passé. Troublant aussi de voir que la terrible épreuve qu’elles ont à subir (la mort du père) se transforme en opportunité d’une vie meilleure.
Un récit fort qui décrit un aspect de la vie américaine méconnu de nous, avec des personnages très attachants.

coup de coeur Les Willoughby / L. Lowry. - Ecole des loisirs. - (Neuf)

C’est un livre vieux jeu, avec une famille vieux jeu et des évènements vieux jeu. Comme dans ces vieux romans plein d’orphelins, d’aventures trépidantes et de fins heureuses. L’auteur joue avec cet univers, entre parodie et hommage, pour nous raconter une partie de la vie des Willoughby : des parents qui ne veulent plus de leurs 4 enfants, qui, ça tombe bien, ne veulent plus non plus de leurs géniteurs ! Une baby sitter qui débarque ; un voisin millionnaire et malheureux ; un bébé abandonné sur le pas de la porte… Tout ce beau monde va se trouver réuni !

coup de coeur Héro, mon amour / A. Onichimowska. - Thierry Magnier

Grazyna, Kamil, Jacek, Michal… Aux premiers abords, ils forment une parfaite famille polonaise. Un couple qui s’aime, des enfants sans soucis, une bonne aux petits soins, une réussite économique indéniable, que demander de plus ? Un peu plus de chaleur, osent-ils penser, mais sans le dire surtout ! Chacun s’arrange de ce manque dans son coin, avec ses moyens. L’équilibre ténu se brise un jour dans le drame...
Petites addictions, petites drogues, deviennent grandes lorsque le quotidien bascule. Insidieusement mais sûrement. L’auteur retrace la chute, la solitude, la difficulté de rester objectif face à la dépendance.

coup de coeur Une moto dans la nuit / R. Hovland. - La joie de lire

Il a 14 ans, vit dans une cabane délabrée avec son oncle alcoolique. Il croit avoir eu un frère. Des parents aussi. Vagues souvenirs. Son avenir ? Quel avenir... Un jour, sur sa moto, débarque Raymond. C’est bien lui, son frère. Sa vie pourrait changer ? Un narrateur quelque peu désincarné, avec une pointe d’humour désenchanté, qui finit par savoir que faire de son passé.
Ambiance onirique pour un roman atypique, pour lecteurs appréciant d’être déroutés.

coup de coeur Un cactus à Versailles / M. Bernard. - Syros. - (Tempo+)

La famille de Kergolen vit à Versailles à l’ombre du château : une grand-mère pour qui colonisation et Second Empire sont des références, une mère aimante au foyer et bonne cuisinière, un père lettré qui porte une fleur de lys à la boutonnière le 21 janvier, cinq enfants bien élevés qui réussissent brillamment leurs études. Mais comment faire face quand surgit le drame ? C’est l’aîné, Wallerand, 25 ans, adjoint aux cultures fruitières du Potager des jardins de Versailles, qui a commis l’impensable : ses coups ont plongé Sophie, sa fiancée, dans le coma, il est incarcéré et attend son procès… Marie-Liesse , la « petite » sœur fait le récit du désarroi, de la honte, des douleurs des silences, des vérités cachées qui entament la cohésion de la famille.
C’est un texte original : il décrit un milieu social que l’on rencontre peu en littérature jeunesse, il pointe, sans manichéisme, la violence faite aux femmes -le grand frère violent a aussi été aimant et ouvert à la vie. Les parents rigoristes souffrent eux aussi, enfin le texte garde espoir dans la capacité de résistance des deux sœurs qui font voler en éclats les certitudes éducatives des parents. Le ton est alerte, d’une ironie légère et polie comme le reflet de l’éducation reçue.
Suite : Trois baisers / M. Bernard. - Syros. - (Tempo+)

coup de coeur Le cantique des carabines / X. Deutsch. - Mijade

Une Sicile hors du temps, que l’on découvre au fil du roman être plus contemporaine que ce que l’on imaginait. Deux frères vivent dans une grande pauvreté. L’aîné cultive des oignons rouges et a bon espoir : en allant les vendre à Catane, il peut en tirer un très bon prix. Que fera-t-il de cet argent ? Il a son idée en tête mais la garde pour lui. Il se met en route avec Ponce, 14 ans, qui observe, enregistre les rares paroles de son frère, découvre le monde. Et un système de valeurs des plus étonnants...
Un style lapidaire, ancré dans la terre, pour une histoire déroutante et forte d’une solidarité résolue, l’ambiance est saisissante ! Coup de coeur de Julie

coup de coeur Les monts de l’Elephant / J.-F. Chabas. - Ecole des loisirs. - (Médium)

Henri de Lespagne est un aristocrate blasé qui ne croit plus en l’amour. A l’aube de la cinquantaine, il décrit sa triste famille : une mère qui présente tous les travers de sa "caste" (racisme, snobisme), un père atteint de dysmorphophobie qui plonge peu à peu dans la folie, un frère cinglé de musique et... si peu mélomane, un grand frère voyou qui alterne séjours en prison et cavales. Seule sa sœur Charlotte lui apporte un semblant de "normalité", surtout d’humanité. Lorsqu’il est en âge de quitter sa famille, Henri se montre incapable de mener une vie stable. Mais voilà qu’il rencontre Kateka, cambodgienne au sourire rayonnant. Son cœur découvre alors l’amour, puis la terrible histoire de celle qui a vécu le pire.
Roman original où tout est contrastes et différences. Des mondes aux antipodes d’abord : une "grande famille" à la dérive, la prison, les travailleurs de nuit, le Cambodge des Khmers rouges. Différences aussi de styles, de registres, d’opinions.
A travers les deux personnages, Henri et son amie immigrée, on peut constater que le meilleur et le pire peuvent être engendrés au sein d’une même famille. Ils ne sont pas égaux face à l’adversité. Mais Jean-François Chabas veut montrer que tout demeure possible. Promesse... Coup de coeur de Julie

coup de coeur Papa et maman sont dans un bateau / M.-A. Murail. - Ecole des loisirs. - (Médium)

Malaise chez les Doinel : le père, directeur d’une entreprise de transport, voit sa boite rachetée. Ce qui suppose des licenciements à venir avec les douloureux cas de conscience qui en découlent… La mère, institutrice, se sent prisonnière d’un systême éducatif qui ne lui correspond pas. Charlie l’aînée, et le petit Estaban tentent de trouver leur place parmi leurs camarades d’école. Chacun pourrait trouver réconfort au sein de cette famille aimante mais pudeur, mauvais moments, malentendus… amènent les uns et les autres à s’isoler chaque jour un peu plus, dans un rêve cultivé en secret...
Et puis un jour, c’est le trop plein, exprimé en ces mots par Marc Doinel : "On est entourés de robots humanoïdes, des gens qui fonctionnent au lieu de vivre, et qui ne pensent qu’à produire, à faire produire." Une telle prise de conscience appelle un changement de vie radical !
Chapeau à Marie-Aude Murail qui arrive à décrire notre société morose, gangrenée par l’obsession du rendement, sans plomber son lecteur. Au contraire, ce roman où les personnages montrent qu’une autre vie est possible nous apporte une véritable bouffée d’oxygène. Coup de coeur de Florence L.

coup de coeur Orages d’été / B. Hall. - T. Magnier

L’été, cette année, s’annonce dramatique. Pas de pluie, pas de récolte, pas d’argent. L’inquiétude est palpable, la solidarité familiale montre des failles… C’est dans ce contexte qu’arrive Norma, la cousine de Dutch. Elle est un peu plus âgée, vient de la ville et n’a pas sa langue dans sa poche. Ce sera l’été de tous les changements...
Ambiance suffocante des canicules, tensions latentes, secrets de famille mis à jour, remises en questions… L’amour qui unit cette famille atypique sans mères sera bien malmené mais les évènements souderont davantage encore Dutch et les siens, dans un lien indéfectible.

coup de coeur Le petit Gus / C. Desmarteau. - Panama

Hommage annoncé au Petit Nicolas et Claudine Desmarteau ne nous décevra pas : la verve de ce petit Gus est au moins aussi truculente que celle du héros de notre enfance. Gustave -qui s’appellera Brad lorsqu’il sera une star - vit avec son époque et a toujours un commentaire à faire sur, en vrac : la télévision, les looks vestimentaires, le réchauffement de la planète et autres désastres écologiques, la surconsommation... Mais il est aussi très préoccupé par sa vie familiale : son grand frère pas très accro aux études, sa grand sœur qui écoute Nirvana en boucle, les parents, forcément, et surtout surtout Monica, sa chatte et tous ses chatons dont il va falloir s’occuper...
Petits et grands soucis de la vie... l’éclat de rire n’est jamais loin, au détour d’une remarque bien sentie de Gus -qui derrière la naïveté de l’enfance est décidément bien perspicace- ou d’une illustration corrosive de l’auteur.

coup de coeur Les parents de Mélie / C. Albaut. - Syros. - (Les uns les autres)

La première partie Mal à ma mère a été publiée en 2002 sous le pseudonyme Clara Vidal. On y découvrait la lente destruction de Mélie par une mère haineuse et venimeuse. La fin se terminait sur une lueur d’espoir, laissant Mélie aux mains d’une psychothérapeute.
La présente édition est augmentée d’une seconde partie Paix à mon père. Quelques années plus tard, Mélie revient au domicile parental, juste après le suicide de son père. Elle le veille toute la nuit, se penche sur leur passé et tente une réconciliation. Ce père qui a été défaitiste, lâche, absent mais qui a cependant su installer, à travers la musique, une complicité avec sa fille, lui offrant ainsi les seules lueurs de son enfance.
Un texte dur, très dur, qui dépeint les mécanismes de la maltraitance psychologique mais révèle aussi la force et l’humanité possible des victimes, malgré tout.

coup de coeur Les ostrogoths / M. Pouchain. - Les 400 coups

Clovis n’a pas une vie facile : son père boit tout l’argent de son RMI, le CDD de sa mère n’est pas renouvelé et c’est lui l’aîné qui fait un peu office de figure parentale auprès de ses 5 frères et soeurs - affublés de prénoms inspirés de l’époque des francs.
Habitués à la galère, tous se rendent vite compte que la situation devient plus que préoccupante : un surendettement vertigineux et des parents complètement dépassés par la situation. Pourtant, tout n’est pas noir : les enfants s’aiment et se soutiennent ; Clovis, lui, a découvert la musique, se passionne pour le piano, s’est même fait un ami. Tandis que les enfants rêvent d’un avenir meilleur, le père, désespéré, a un tout autre projet pour sa famille...
Malgré la gravité du sujet, on sourit souvent, et le roman est porté tout du long par la belle énergie humaniste de Martine Pouchain.
Comme en ghost track, on découvre en fin d’ouvrage un texte : Ecrire ? Aïe aïe aïe ! Ou comment surmonter l’angoisse de la rédaction qui relate le processus d’écriture de ce roman, livré par l’auteur lui-même. C’est assez passionnant.

coup de coeur Comment j’ai disparu / A. M. Vrettos. - T. Magnier

Le premier chapitre donne le ton : Donnie, 14 ans, fera tout ce qu’il peut pour faire revenir à la vie sa grande sœur Karen, en vain. Tout le roman revient ensuite sur leur vie en famille, Donnie et Karen s’inventant mille subterfuges pour fuir les bagarres perpétuelles des parents, l’arrivée d’Amanda, l’amie précieuse mais qui déménagera à nouveau, puis celle de la maladie de Karen, insidieuse mais creusant sûrement son sillon, jusqu’au drame.
Ici, l’anorexie est racontée par le petit frère. Celui qui vit l’enfer des repas et la solitude de l’inquiétude. Celui à qui on ne dit rien et qui perçoit pourtant tout dans les moindres détails. Celui qui tâche de se faire remarquer le moins possible pour que ses parents polarisent leur soin sur Karen. Celui qui, à force de penser aux autres, finit par ne plus savoir qui il est, s’il existe encore seulement.
La mort de Karen ne constitue donc pas un dénouement, elle apparaît au contraire comme le commencement de l’histoire de Donnie, qu’il va enfin se donner le droit de vivre. Et l’on mesure le drame que constitue la maladie lorsqu’on se rend compte du soulagement éprouvé quelque part par la famille.

coup de coeur Au secours, c’est Noël ! / A. Fine. - Ecole des loisirs. - (Neuf)

La savoureuse Anne Fine est de retour avec un roman grinçant sur cette inévitable réunion de famille pour ceux qui fêtent Noël. Tous les ans, les parents de Ralph reçoivent leur famille, et tous les ans, sa mère s’épuise pour ces ingrats alors qu’elle rêverait de partir en voyage... Cette année sera différente, à cause (ou grâce) à Ralph et à sa peste de cousine. Un bon moment à passer avec ce roman léger.

coup de coeur Oreille d’homme / B. Moeyaert. - Rouergue. - (DoAdo)

On se familiarise avec le style tout particulier de Bart Moeyaert qui a l’art de s’attacher au quotidien pour le disséquer et en extraire l’universel, ces petits riens qui font les relations humaines. Ici, ce sont les conflits familiaux qui sont passés au laser, et la nouvelle génération observe tout cela en reproduisant le schéma, un peu, et avec la cruauté propre à l’enfance, mais en souhaitant surtout des rapports plus sains. Coup de coeur de Julie

coup de coeur Zarbie les yeux verts / J. C. Oates. - Gallimard. - (Scripto)

Voilà une famille comme on pourrait en rêver : Le père Reid est un commentateur sportif très populaire, la mère Krista, artiste, est très affectueuse avec leurs 3 enfants, beaux, sportifs et intelligents. Mais cette vie idéalisée laisse quelque fois un goût amer à la cadette Franky, sans qu’elle puisse en identifier les raisons. Elle comprendra, au fur et à mesure que Krista se détache de leur père, que ce dernier est prêt à tout pour sauver les apparences...
Un roman fort qui dissèque les rapports de manipulation et l’emprise psychologique que peut revêtir l’amour. Coup de coeur de Julie et Florence L.

coup de coeur La Châtaigneraie / Y. Hassan. - Casterman. - (Feeling)

On a toujours fait croire à Judith que ses grands-parents maternels étaient morts et voilà qu’aujourd’hui elle trouve sa mère pleurant la mort de son père ! En réalité, celle-ci s’était coupée de sa famille qu’elle déteste. Judith décide de l’accompagner à l’enterrement et va découvrir une famille déchirée par des rancoeurs tues. D’un premier abord antipathique, cette famille va se révéler attachante, y compris la grand-mère, personnage froid et paraissant incapable de sentiments maternels. De lourds secrets vont être révélés et permettre un espoir de réconciliation.
On retrouve les thèmes chers à Yaël Hassan dans ce roman : la seconde guerre mondiale et ses atrocités, le judaïsme, le racisme mais aussi la famille et l’espoir de relations meilleurs entre les hommes.

coup de coeur La question des Mughdis / Audren. - Ecole des loisirs. - (Médium)

Coline est invitée avec toute sa famille chez son ami Amogh en Angleterre. Elle découvre un manoir très chic, un domaine empreint de magie et de mystère.
Quoi qu’il arrive, le credo de Coline est : "Rester soi même". Elle s’amuse et s’agace de voir les petites hypocrisies et les faux-semblants, chez sa propre famille comme chez celle de son hôte. Mais comment va-t-elle se comporter lorsqu’elle découvre que la grande amitié qu’elle éprouvait envers Amogh se teinte de ce qui ressemble fortement à l’amour ? Peut-on rester aussi naturel et aussi spontané dans l’amour que dans l’amitié ?
Les petits travers de chacun sont pointés du doigt avec beaucoup d’humour ; tout cela forme un tableau très vivant et nous offre un agréable moment de lecture.

Et aussi... :


coup de coeur Un air de familles : le grand livre des petits différences / B. Boutignon. - Le baron perché

La cellule familiale sous toutes ses formes, toutes ses différences. Sur chaque double page, 3 familles, présentées avec humour et tendresse avec 3 phrases. Dans une jeu de devinettes, il faut attribuer la phrase à son illustration correspondante.
Au musée aussi, les familles se croisent et ne se ressemblent pas... Les œuvres visitées sont détournées à l’image des personnages animaux.
- La danse, 1919 - Henri Matisse
- La Joconde, vers 1503-1507 - Léonard de Vinci
- Totem amérindien

coup de coeur Depuis ce jour... / C. Nys-Mazure ; E. Meens. - Mijade

Trois enfants dont l’aînée, Colette, est personnage principal, se retrouvent orphelins mais seront très entourés par la famille. Bien qu’étant séparés, le lien frère-sœur va demeurer. “Depuis ce jour” de la disparition des parents, tout a certes changé : école, cadre familial, éducation... mais l’amour demeure. L’amour dans la fratrie, pour ses parents défunts, et sous une nouvelle forme, pour ses tantes et oncles. On peut s’étonner que les moments de tristesse soient si fugaces mais l’album est un bel exemple d’humanité qui va donner envie à Colette d’accueillir, à son tour, plein d’enfants dans son futur foyer !

coup de coeur C’est de famille / D. Sire ; M. Le Huche. - Milan. - (Tintamarre)

On est happé d’emblée par l’énergie fourmillante et drôle des illustrations de Magali le Huche. A l’écoute du CD, pas de déception, les 14 chansons de David Sire (accompagné sur certaines chansons de Juliette Solvès) explorent avec drôlerie, un peu de vacherie et pas mal de tendresse les liens familiaux : les relations entre frères et sœurs, avec les parents, les familles recomposées, les ambiances de fêtes de familles, mais aussi des événements plus tristes comme le divorce et la mort des grands–parents.
La voix du chanteur est gaie ou plus grave elle aussi, mais toujours accompagnée d’une musique dont le rythme colle à la tonalité du texte.
Un vrai bonheur à partager en famille, avec des enfants en âge de comprendre les liens familiaux.
PS : Détail non négligeable, le CD est astucieusement intégré au livre, par un système de pochette coulissante. Aucun risque de perdre le CD, comme c’est si souvent le cas avec d’autres livres CD.

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