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Dernière mise à jour :
dimanche 25 septembre 2016

Mot Clé : Guerres




Album(s) :


coup de coeur le mot qui arrêtera la guerre / Audrey Alwett ; Ein Lee, Nobi Nobi, 2015

Deux frères dans le Japon médiéval tentent d’empêcher la guerre car l’aîné est sommé de s’y rendre. Chacun va essayer à sa manière d’arrêter l’imminence du combat, l’un en invoquant une légende qui affirme que celui qui parvient à plier mille grues voit son voeu réalisé, l’autre en dessinant des mots auxquels il confère ainsi un vrai pouvoir. Mais Shigeru a seulement trois jours pour réaliser ses origamis et Seï sera -t-il capable de découvrir quel mot a la puissance suffisante pour stopper une guerre en marche ?
Un très beau album grand format avec de très belles illustrations qui évoquent tout à la fois le style manga et les dessins animés de notre enfance. Chaque page ressemble à un tableau ! Le texte est envoûtant, il met l’amour entre frères au centre du récit afin de développer autour une réflexion sur notre capacité à repousser l’impossible par amour.
L’auteur, Audrey Alwett, précise à la fin de l’ouvrage : "la calligraphie japonaise a cela de fabuleux qu’elle superpose l’art au mot, ce qui double en quelque sorte sa puissance".
Cet album résonne avec les événements de janvier 2015, il rappelle l’importance de la liberté d’expression sous toutes ses formes et nous pousse à nous interroger sur le poids des mots que nous employons tous les jours. Cerise sur le gâteau, nous avons droit en fin d’ouvrage à des esquisses des personnages et des décors qui nous plongent dans la genèse du livre. A lire ! Marion Uteza

A partir de 8 ans et collège

coup de coeur Quelle drôle d’idée la guerre ! Eric Battut. - Didier Jeunesse, 2014

Le roi bomoventre s’ennuie à mourir. Sa seule occupation, rendez-vous compte : donner des coups de pieds dans les cailloux toute la journée ! Il croise un jour la route d’un bonimenteur qui se evnte de pouvoir guérir tous les maux. De l’ennui ? Qu’à cela ne tienne, il suffit de faire la guerre ! Le roi déclare la guerre au royaume d’à côté. Quant au charlatan, le voici nommé conseiller. Le peuple suit bon an mal an les ordres du roi, malgré leur absurdité. "Quelle drôle d’idée la guerre !’, la phrase est scandée, en refrain, jusqu’à ce qu’elle atteigne enfin le roi...
On retrouve avec plaisir la finesse expressive des petits personnages d’Eric Battut, ses couleurs chaudes, sa juste distance, pour aborder aussi un thème essentiel avec les plus jeunes : apprendre à réfléchir par soi-même. Ewa Bochenski

A partir de 4 ans

coup de coeur L’ arbre de paix / A. Jonas ; R. Lejonc. - Flammarion. - (Père Castor). 2013

« C’était un homme (...) Là où la vie l’avait fait naître, il n’était pas bien. » Autour de Youba, il y a les assoiffés de sang, de pouvoir et de guerre. Alors, depuis l’enfance, il chante pour que ses mots disent l’ailleurs, la paix. Mais sa résistance provoque l’ire irraisonnée des hommes de guerre. Youba sera tué. Sur sa tombe pousse un arbre fragile mais toujours plus grand, toujours plus puissant, pour chanter les mots de Youba et les donner au monde...
Voilà un album saisissant ! Son texte incisif, soutenu par des illustrations fortes, dénonce la violence des hommes érigée comme système de vie et nous donne à résister avec Youba, pour la vie, pour la paix.
« Le temps de la vie est si court...
Pourquoi le trancher encore ?
La paix épargne demain.
Elle sauve la douceur des mangues
Et promet la confiance d’une lune pleine. »

coup de coeur Turandot, princesse de Chine / T. Dedieu. - Hongfei. 2013

Jamais là où on l’attend, Dedieu est l’artiste des surprises, des bonnes surprises. Il s’attelle ici à l’adaptation de l’Histoire du prince Cafa et de la princesse de la Chine, de François Pétis de La Croix. En 6 tableaux, il raconte l’histoire du prince Calaf, grand maître guerrier néanmoins vaincu, en exil en Chine. Il réussit là-bas l’impensable : vaincre la magnifique et cruelle Turandot qui déteste les hommes et élimine les imp(r)udents qui oseraient la demander en mariage. Il a résolu les énigmes de la princesse et peut donc prétendre l’épouser. Mais elle n’est pas prête à céder et n’hésitera pas, pour sauver sa liberté, à sacrifier une innocente...
Un texte qui peut surprendre mais envoute par sa concision et sa force. Les illustrations se font discrètes, lui laissant toute latitude. La violence, la liberté et l’amour se mêlent dans une fougue insatiable.

coup de coeur Un morceau de lumière / E. Wilk. - Ane bâté. 2013

Cet album aux teintes sombres emprunte une tonalité abstraite pour suggérer le traumatisme de la guerre. Le récit s’ouvre sur une énorme tâche d’encre noire en forme d’obus, qui, envahissant le blanc de l’image, annonce la rupture : « Soudain il y a eu une lumière éclatante. Et tout a commencé. » Sur un sol rougeoyant, des voitures au fond blanc miroitant l’absence de vie fuient des maisons déchirées par une balafre sans couleur. C’est la débâcle : "On ne savait pas pourquoi, on ne savait pas quand ça finirait". Des collines inquiétantes en forme de corps tordus, un ciel jaune refroidi par un soleil blanc, des réfugiés perdus avançant dans les bois… Sous une pluie noire, cisaillant les repères, tous les attachements sécures partent en fumée. Au cœur de cette destruction identitaire, les hommes sans toit, aux visages blancs annihilés, pourront-ils retrouver « un morceau de lumière » auprès duquel se réchauffer ? La guerre, qui impose une désertification sans nom et le nomadisme humain, réussira-t-elle à éteindre à jamais la lumière de l’espoir ?
Un album énigmatique et troublant qui, en touchant de manière elliptique la question du trauma et de la résilience, amènera à s’interroger.

coup de coeur Va-t-en-guerre / T. Dedieu. - Seuil

Une seule obsession : la guerre ! Ce roi ne pense, ne vit que pour elle. Mais pour guerroyer, il faut des ennemis, qu’il se fabriquera au besoin : une lettre d’insultes au voisin... en vain ; des mercenaires embauchés... effrayés. Point d’autre issue alors : il livrera bataille ... à lui-même !
Graphisme noir, rouge et jaune pour décrire la folie d’un homme incapable de penser son existence autrement que dans l’agression. Le texte au passé simple est d’une gravité sentencieuse, l’illustration, elle, révèle l’absurdité et le côté dérisoire de l’homme au caractère belliqueux.

coup de coeur Waterlo & Trafalgar / O. Tallec. - Flammarion

Uniforme orange d’un coté, bleu de l’autre, deux murs pour séparation entre eux. Chacun s’observe, se toise. Que le temps est long quand la météo se gâte ! Les esprits s’échauffent puis se calment. Les saisons passent et vient le temps où il ne reste qu’à se réconcilier, à la faveur d’une rencontre étonnante avec un oisillon. L’absurdité de la guerre dénoncée avec humour et sans un mot !

coup de coeur La guerre des hiboux et des corbeaux / B. Chèze ; N. Safakhoo. - Lirabelle

Une communauté de mille corbeaux voit sa paix menacée par le peuple des hiboux, querelleurs et féroces. L’attaque tant redoutée survient. Comment doivent réagir les corbeaux survivants, comment parer aux prochains assauts ? Les tactiques évoquées sont offensives ou défensives mais la stratégie choisie au final ne manquera pas de choquer.
Cet album graphiquement magnifique constitue un outil efficace de discussion sur la guerre, la non violence, la politique... « Gagner la guerre est facile, maintenir la paix est beaucoup plus difficile. »

coup de coeur Akim court / C. K. Dubois. - Ecole des loisirs. - (Pastel)

Akim joue tranquillement avec d’autres enfants quand soudain, des bombes explosent autour d’eux... Akim court. C’est le début d’une fuite en avant.
La narration est assurée à tour de rôle par le texte puis l’image, qui, par le silence que les lavis bruns introduisent dans la lecture, permet d’appréhender le caractère inexprimable de ce qui est vécu et la solitude de l’enfant dans son malheur. Mais au cœur même des violences de la guerre (les morts, les ruines, l’exode, les camps de réfugiés...), Akim rencontre la solidarité, l’espoir...

coup de coeur Tu me prends en photo / M.-F. Hébert ; J.-L. Trudel. - Les 400 coups. - (Carré Blanc)

« Tu me prends en photo. Pour quoi donc... » Leitmotiv de la fillette qui s’adresse, de façon muette, au journaliste-photographe lui faisant face. Elle cherche à comprendre les motivations de celui qui la comprend si mal, elle. Chaque page accentue le décalage, l’abîme entre celle qui a tout perdu dans la guerre (son intégrité physique, sa famille, son innocence) et celui qui est là, indécent tout en autant que nécessaire, pour montrer cette réalité au monde.
Souffrance et amertume de la fillette, professionnalisme du journaliste qui retournera bientôt là d’où il vient. Un gouffre glaçant. Les pages de garde lèvent un voile d’espoir : un gamin « trouvé dans le fossé à côté de ses parents tombés morts » accompagnera désormais la fillette, et avec lui, sourire devient à nouveau possible...

coup de coeur Ma grand-mère chante le blues / S. Martin ; B. Dubois. - Rouergue

On sent que le narrateur est fier de sa grand-mère ! Une grand-mère qui chante le blues, ce n’est pas banal pour une française, surtout lorsqu’elle en devient célèbre, même outre-Atlantique ! Il raconte le parcours de cette mamie qui, jeune fille qui croisa le chemin d’un GI, en tomba amoureuse, connut le cafard de l’absence puis décida de suivre ses pas...
Texte et illustrations jouent en parfaite symbiose la partition de cette histoire d’amour habitée par la musique et traversée par les évènements historiques qui frappèrent l’Europe et les États-Unis (guerre 39-15 et émeutes raciales à Chicago).
Un album à la fois grave et léger dès 6-7 ans.

coup de coeur Les Itaires : histoire connue sur terre / A. Jenny ; S. Jenny. - Lirabelle

“Une chose étrange laide et stupide apparaît un jour sur terre”. Rien de grave. Sauf si cette chose, nommée Itaire, se multiplie, jusqu’à devenir mille...
Tout en rimes et illustrations noir et ocres, voici un plaidoyer antimilitariste concis, efficace et drôle.

coup de coeur Le camion frontière / J.-Y. Loude ; F. Malaval. - Vents d’ailleurs

C’est un camion qui, même s’il est cloué au sol depuis longtemps, est un lien entre les territoires du Nord et la zone Sud. Il est resté là, malgré la construction du mur qui sépare les Uns des Autres. Et c’est ici que Primo du Nord et Tima du Sud se retrouvent, deux enfants censément ennemis mais réellement plus enclins à se raconter des histoires. Dans un dialogue spontané qui adopte la structure d’un conte traditionnel asiatique, ils mettent en scène le procès de l’homme. Le raisonnement est implacable, la sentence, sans appel. A cela près que ces enfants refusent la fatalité !
Techniques mêlées de gravure, dessin et papiers collés, l’illustration de Françoise Malaval appuie le propos de Jean-Yves Loude dans la démonstration de la cruauté de l’homme mais surtout dans le possible espoir que représentent les enfants. A « tant de siècles d’inconscience » vont se succéder des lendemains de vigilance et d’exigence !

coup de coeur Ammi / P. Favaro ; F. Malaval. - Mas(s)ala

La vie est si fragile. Hier, la plénitude, dans le giron d’une mère. Aujourd’hui, tout est détruit. Où est Ammi ? Où est la mère de cette petite fille perdue dans les décombres de sa maison ? Heureusement, Ammi-chat est là pour apporter un peu de réconfort. Toutes les mères ne sont-elles pas des refuges sûrs et inconditionnels ?
Un album riche et splendide, imprimé en sérigraphies sur papier artisanal qui exprime avec force couleurs et émotions. A commander aux éditions Massala. (Adresse à laquelle vous pourrez poursuivre l’histoire à rebours en découvrant toute la génèse du livre !)

coup de coeur Comme toi / E. Bunting ; A. Buguet. - Sorbier ; Amnesty international

Allison a beaucoup de mal à comprendre pourquoi cette petite fille rencontrée dans la rue est une “ennemie” aux yeux des adultes. Uniquement parce qu’elle est protestante alors qu’elle est catholique ? Non, vraiment, impossible pour elle de se faire aux mots pleins de haine, aux actes violents de ses proches eux-mêmes.
Une tranche de vie à Belfast, avant que ne soit signé le traité de paix de 2007. Cette petite fille, dans sa volonté de trancher avec les mentalités d’alors, annonce le changement à venir.

coup de coeur Le déserteur / B. Vian ; C. Lefèvre. - Petit à petit

La célèbre chanson de Boris Vian est en soi un formidable plaidoyer antimilitariste. Les illustrations de Clément Lefèvre, en teintes sépia, lui apportent un souffle nouveau, alternant entre la réalité violente de la guerre et les aspirations pacifiques du personnage. L’album dénonce efficacement la désindividualisation de la guerre, les douleurs infinies qui en découlent, son inanité. La dernière illustration apporte une touche optimiste que l’on ne retrouve pas dans la chanson.
Un support de discussion intéressant dès 10-11 ans.

coup de coeur L’ ennemi / D. Cali ; S. Bloch. - Sarbacane, 2007

Un champ de bataille. Dans les tranchées, 2 ennemis, chacun dans son trou. Cet ennemi, cet autre, est nécessairement le barbare, le fautif, celui qu’il faut abattre. C’est ce que dit le manuel. Jusqu’au moment où l’on découvre que dans l’autre trou, il n’y a qu’un autre soi-même...
Le mécanisme bien rôdé de la guerre s’est enrayé, 2 soldats en ont saisi l’absurdité. Alors l’armée est peut-être toujours puissante mais la prise de conscience est bien amorcée et l’album termine sur une note d’espoir...
Un album édité en partenariat avec Amnesty International

coup de coeur 10 petits soldats / G. Rapaport. - Circonflexe, 2002

10 petits soldats qui partent à la guerre. La troupe se disloque, les chefs de file tout juste nommés disparaissent à tour de rôle. Y en aura-t-il un pour briser la chaîne infernale ?

coup de coeur La bibliothécaire de Bassora : Une histoire vraie / J. Winter. - Gallimard

A l’approche de la guerre en Irak, une bibliothécaire prend l’initiative de mettre en sécurité le patrimoine livresque de son pays avec l’aide de voisins.
Une histoire vraie racontée avec des mots simples et illustrée de tableaux représentant les scènes clefs.

Roman(s) :


coup de coeur Eben ou les yeux de la nuit / Elise Fontenaille-N’Diaye. - Rouergue, 2015

La Namibie, c’est le paradis : de grandes montagnes, un désert qui fleurit une fois par an et de nombreux animaux. Mais c’est aussi l’enfer, le lieu d’un terrible génocide perpétré par les colonisateurs allemands au début du XXème siècle et genèse des expériences médicales menées sur des prisonniers.
Eben, le narrateur est l’héritier de ce passé douloureux, descendant d’un chef de tribu et d’un des plus terrible bourreau du pays. Il évoque, pour nous, cette histoire noire et blanche où l’esprit des morts sont toujours présents. Chaque mot, chaque phrase prennent une densité exceptionnelle alors même que le livre parait mince, voire squelettique.
L’écriture ressemble à un chant, une incantation. Nous sentons les odeurs, nous voyons les couleurs de ce pays avec son fleuve orange. Le lecteur, envouté par le pouvoir des mots et l’injonction d’écouter, est invité à se faire à son tour témoin et porteur d’une histoire à la fois particulière et universelle. A lire ! Marion Uteza

Ebenzebe, autrement dit « Pierre de mémoire », est Namibien et va rappeler l’histoire horrible de ses ancêtres, premières victimes du nazisme hitlérien. Ce génocide perpétré par l’armée allemande en 1904 reste indélébile et le héros en porte physiquement la trace : des yeux bleus et une peau sombre. L’auteur nous apprend encore, après Les trois sœurs et le dictateur, un fait historique peu connu (ou méconnu) avec un ton tout à fait juste et adapté aux plus jeunes. Elle prend par ailleurs soin à la fin de son ouvrage de préciser qu’elle a écrit un texte destiné aux adultes : Blue Book qui permettra de parfaire sa connaissance de l’histoire. Un livre tout à fait intéressant et efficace qui ne laissera pas son lecteur indifférent. Sandy Morel

A partir de 15 ans

coup de coeur Ne tombe jamais / Patricia McCormick. - Gallimard (Scripto), 2014

Arn nous raconte sa vraie histoire, celle d’un enfant ballotté dans le Cambodge des Khmers Rouge. La faim, la peur, la maladie, l’horreur quotidien sont décrits avec des phrases brèves comme des coups de couteau. Le pire est toujours l’obligation, pour espérer survivre, de perdre soi-même toute trace d’humanité. Et pourtant, c’est la croyance en une chance incroyable qui permet au tout jeune garçon de se battre et de continuer à vivre. Pour cela, il tente tout : apprendre la musique en cinq jours ou encore devenir champion de Volley en un rien de temps, il rend possible l’impossible tant son désir de vivre est fort. _ Une trajectoire terrible qui dessine un chemin sinueux où paradoxalement c’est une forme de solidarité qui rend la vie tout juste supportable. _ Un portrait fort et implacable à lire même si l’écriture hachée peut, au début de la lecture, être une gêne pour le lecteur. Elle est en définitive un signe d’authenticité pour nous faire entendre la voix de l’enfance maltraitée, torturée. A entendre ! Marion Uteza

Une histoire vraie, racontée par l’auteur comme si c’était un roman, c’est aussi un témoignage personnel : des souffrances du peuple cambodgien lors des quatre ans de pouvoir des Khmers rouges qui, dans leur tentative d’imposer une révolution totale au pays, ont tué ou fait mourir un quart de la population.
Le personnage principal, Arn, un garçon de onze ans, doit sa survie presque miraculeuse à une série de coups de chance, la première d’entre eux étant son apprentissage de musicien, grâce auquel il sait jouer les chansons révolutionnaires que le régime veut faire entendre sans cesse et partout. Son deuxième grand coup de chance est d’arriver, au bout de long voyage à pied, à la frontière thaïlandaise. En Thaïlande il est non seulement protégé et soigné mais aussi adopté par un riche bénévole américain. Et en Amérique il fait partie d’une grande famille d’enfants américains et cambodgiens. Aujourd’hui adulte, Arn Chorn-Pond, passe sa vie entre la Cambodge et les Etats Unis, en se consacrant à plusieurs causes humanitaires.
Le livre est une plongée dans l’horreur la plus absolue, où toutes les cruautés imaginables sont permises et où la vie humaine n’a pas plus de valeur que celle des mouches. Inévitablement le lecteur ne va pas comprendre toutes les complexités de la situation militaire et politique de la région qui ont favorisé la tyrannie des Khmers rouges. Donc, d’un point de vue historique, des explications restent à faire. Mais un tel témoignage, par ses détails précis, garde toute sa valeur intrinsèque. David Ball

A partir de 15 ans

coup de coeur Une arme dans la tête / Claire Mazard. - Flammarion (Tribal), 2014

Apollinaire, enfant soldat en Afrique, s’échappe. Il rencontre un prêtre qui l’aide à rejoindre la France où il devient un "mineur isolé". Son parcours d’enfant écorché est raconté à la première personne. Apollinaire revit avec nous les tableaux de sa vie qui le hante. Mais c’est aussi de reconstruction qu’il s’agit. Comment réintégrer le fleuve de la vie ? Comment racheter ses fautes ? Accepter de vivre va passer par de belles rencontres, simples et intenses... le chemin du héros empruntera aussi ’exploration d’autres langages avec la découverte de la poésie et de la photo.

Un roman fort qui nous plonge dans la condition d’enfant soldat. On apprend leur recrutement et les techniques de manipulation mises en oeuvre pour les maintenir en état de dépendance. Il faut un élément déclencheur pour permettre à Apollinaire de s’arracher à cet esclavage. Mais l’auteur s’intéresse autant à l’après, aux multiples tentatives nécessaires de désintoxications et surtout à la nécessité de regarder son passé pour arriver ensuite, peut-être, à tourner la page ou tout au moins en ouvrir une nouvelle. L’écriture suit avec justesse les hésitations du héros. Fragmentée au début du livre, elle colle au héros. L’introduction du monde de la poésie et de la photo est une réussite. Intéressant ! Marion Uteza

Autre lecture : C’est un livre fort et violent, écrit à la première personne, qui parle d’un jeune, Apollinaire, qui s’est fait enrôler dès l’âge d’onze ans dans un commando en Afrique. Son compagnon Wamba a été tué parce que ce n’était pas un « impitoyable guerrier ». Apollinaire se retrouve dans un foyer en France mais il est marqué psychologiquement par son passé. Il repasse dans sa tête toutes ses scènes de violence. Mais le roman se termine avec de l’espoir, l’espoir de revivre, d’aimer et de s’accepter avec son passé criminel (dans les dernières pages, on apprend qu’il a tué un petit enfant !). Nathalie Bertin

A partir de 14 ans

coup de coeur Solitaire / B. Ashley. - Bayard. - (Millézime). 2014

Il se réveille sur une île seulement habitée par quelques chèvres. Aucun souvenir de ce qui l’a amené ici, de son passé... son identité semble être une friche vierge. Seules certitudes : il se sent chez lui sur cette île et est habité par une forte volonté de paix. Son nom sera donc Pax, il ne tuera pas même pour se nourrir.
Parallèlement à la survie sur l’île déserte, nous suivons l’histoire de Mike, grand-père de Joseph disparu lors d’une attaque d’un bateau, en zone de guerre. Joseph a-t-il été tué ou se peut-il qu’il soit le survivant repéré sur une petite île ? Mike décide de s’y rendre lui-même…
La rencontre du vieil homme richissime et du jeune traumatisé pacifiste et les liens qui se tissent entre eux nous surprendront à plus d’un titre. Nous ne dévoilerons évidemment pas la fin mais préciserons que le roman qui commence par une aventure de survie s’étoffe (certes un peu lentement) en une réflexion sur les guerres, la non-violence et le principe de réalité...

coup de coeur Sous l’armure / C. Anne. - Ecole des loisirs. - (Théâtre)

Au château de Monseigneur, une guerre se prépare. Avant d’aller défendre son territoire, ce dernier met en ordre ses affaires et prend deux décisions : sa fille Christine sera envoyée dans un couvent et Thibaut, son fils adoptif nommé chevalier, viendra avec lui au combat. Or Christine et Thibaut ne sont pas de cet avis. Ils ont l’idée d’inverser leurs rôles.
Pièce de théâtre assez légère qui peut amener le débat sur l’image de l’homme et de la femme. Quelles sont les attentes de la société ? Comment chacun y trouve sa place ? Les rôles de chacun sont-ils définis ?

coup de coeur Conquise / A. Condie. - Gallimard. 2013

Le soulèvement va commencer. Il est rendu nécessaire par l’apparition de la Peste. Seuls les rebelles ont les médicaments qui peuvent éviter la mort en masse de la population. Mais rapidement tout se dérègle lors de l’apparition d’un événement imprévu... Nos héros font entendre, chacun leur tour, leur voix. Ils évoluent tout en restant fidèles à eux-mêmes. Les destins se croisent et se mêlent. L’ensemble est orchestré comme un thriller, une course contre la montre, contre la mort.
Nous retrouvons avec plaisir l’importance accordée par l’auteur à la poésie et au pouvoir des mots mais aussi à la création et à l’entraide. Le thème du souvenir reste de la même manière très présent avec la question de savoir comment garder les morts en nous. La symbolique du pilote est elle développée et expliquée avec justesse en parallèle. Un ensemble très harmonie et cohérent même si 517 pages c’est forcément un peu long !
« "Avance, ne t’arrête pas." C’est non seulement ce que le Soulèvement nous a demandé de faire mais également ma devise personnelle. Alors j’avance, sans m’arrêter, même quand j’entends la chanson que diffusent les ports de communication du Centre médical. Je la connais. C’est l’hymne de la Société. Mais dans la bouche du pilote, il résonne comme un requiem, célébrant la mort de la Société. »

coup de coeur Hantés / A. Fakhouri. - Rageot. - (Thriller). 2013

Samuel est atteint de crises aiguës qui le laissent épuisé : entendre les morts n’est évidemment pas de tout repos. Le phénomène s’est accentué depuis la mort de son beau-père policier, homme sage qu’il adorait. Impossible pour lui de croire à la version officielle qui fait de lui un homme corrompu. Avec l’aide d’un nouvel ami aux pouvoir similaires et d’une jeune fille téméraire, Samuel mène l’enquête... Elle prend des chemins sinueux, via l’Afrique et les enfants soldats, pour établir une vérité plus conforme à son intuition.
Un roman policier, fantastique, social qui peut dérouter par ce mélange des genres mais attache son lecteur par sa volonté de voir « le vrai visage des hommes ».

Autre lecture : Ce livre est pas mal mais on reste un peu sur notre faim. Ce livre raconte l’histoire d’un jeune garçon Samuel. Il est hanté par de mystérieux fantômes après la mort de son beau-père. Il se lance à la poursuite des meurtriers et découvre que ce sont... Un livre intéressant mais pas assez long. Dorian 4ème (collège Lumière)

coup de coeur Le grillon, récit d’un enfant pirate / T. Koëgel. - Didier. 2013

Le grillon n’a jamais connu que l’horizon de la mer. Des pirates modernes ont un jour assassiné ses parents, lui ont laissé la vie sauve et l’ont élevé dans l’esprit des abordages et prises d’otages. Auprès de Samatar, figure tutélaire, et surtout immergé dans un monde imaginaire très fort, il trouve un certain équilibre qui s’apparente à un cocon. Lorsqu’il doit accoster, l’expérience avec le reste du monde se fait dans une violence moins codifiée pour lui. Entre la découverte de la corruption et les personnes bienveillantes (surtout féminines), le grillon, devenu Mostéfa, fait l’apprentissage du monde et de sa complexité. A lui de trouver une issue…
Univers très fort, à part dans le paysage de la littérature jeunesse (qui n’est pas sans rappeler Bandit de Marcus Malte). L’imagination de ce jeune personnage construit des remparts contre la violence du monde et propose une vision de la vie d’une grande poésie.

coup de coeur Camp Paradis / J.-P. Nozière. - Gallimard. - (Scripto). 2013

Pa ne comprend pas pourquoi Boris veut devenir écrivain : « La guerre toujours. La violence toujours. Les luttes de pouvoir toujours. La force brutale toujours pour imposer sa loi à l’autre. Les bouquins n’ont pas changé ça d’un iota. » Pour preuve l’histoire de ces éclopés de la vie qui ont trouvé refuge à Camp paradis auprès de Pa et Ma. Victoire, l’esclave ; Fatouma, l’enfant soldat ; Serge et son bras manquant, victime des superstitions de la population ; Djodjo qui fuit la famine, conséquence des « combats entre les milices rivale ou les bandes armées d’ethnies différentes » ; et Boris, dont le père marchand d’armes permet tous ces massacres… Mais Boris note, veut témoigner plus tard de ces destins tragiques, de ce havre de paix qu’est Camp paradis où ni la religion, ni les mauvaises intentions, ni l’argent ne sont tolérés. Comment ces quelques personnes, isolées au sein des luttes armées en quête de pouvoir et d’argent, vont-elles résister ?
Jean-Paul Nozière sait susciter l’émotion, l’empathie, la révolte avec des phrases percutantes et des personnages fortement campés. Et même si « cette histoire se déroule dans un pays imaginaire (…) raconte des événements imaginaires. Évidemment », elle nous dit beaucoup -évidemment- de la violence de notre monde mais également de la résistance possible. Malgré tout.
Autre lecture
Un couple recueille des enfants blessés par la vie : c’est Camp Paradis. Boris est l’un deux. C’est lui qui va nous raconter l’histoire de ce lieu hors du temps et surtout des destins qui s’y croisent. Leur arrivée, comme leur histoire, est toujours particulière, unique. Nous allons suivre plus particulièrement le parcours de cinq d’entre eux, chacun ayant sa propre blessure : enfant soldat, enfant violenté, enfant dans tous les cas rejetés par leur milieu en raison de leur différence ou d’un coup du destin. Le récit s’accélère avec l’arrivée de la guerre aux portes même de Paradis...
Un roman fort, universel qui a pour thème principal celui de la seconde chance avec pour arrière plan celui des enfants dans la guerre. La construction est réussie, les personnages continuent à vivre en nous une fois le livre refermé. 
« A Paradis, n’entrent ni les races, ni les couleurs de peau, ni les religions, ni l’argent, ni le désir de possession, ni le désir de dominer les autres, ni la violence, ni les égoïsmes, ni les rivalités, prévenait Ma, le premier jour de l’arrivée d’un éclopé de la vie. Les termes du contrat étaient clairs et furent tenus. Du moins jusqu’au survol de Paradis par ce maudit avion. »

coup de coeur No pasaran, endgame / C. Lehmann. - Ecole des loisirs. - (Médium)

Final de No pasaran. Eric et Thierry en ont maintenant la certitude : Andreas est coincé en 1942, juste au moment de la rafle du Vel d’Hiv. Les deux amis ne se font pas d’illusions : leur ancien camarade de classe n’hésitera pas un instant à se ranger du côté de l’Allemagne nazie. Eux ne peuvent plus rien faire : ils sont désormais bannis du jeu. Heureusement, Gilles, le frère d’Eric tout juste revenu d’Irak, découvre l’incroyable réalité et se lance à la poursuite d’Andreas. En plongeant lui aussi dans la France Occupée, il se retrouve alors en danger, que ce soit dans le monde virtuel ou réel.
Une trilogie terminée en beauté. L’intrigue ne laisse pas un moment de répit. Le lecteur va de surprise en surprise sans avoir le temps de s’ennuyer. L’antisémitisme des Nazis, la guerre en Irak, le nettoyage ethnique dans l’ex-Yougoslavie, le racisme anti-arabe et l’islamisme fondamentaliste sont autant de manifestations d’un mal universel et permanent qui cherche à s’exprimer en toutes occasions, surtout dans les périodes de conflit. La conclusion est plutôt pessimiste, en partie contredite par l’issue de l’intrigue qui voit l’adolescent égaré sortir, de justesse, du cercle vicieux de la haine.

coup de coeur La conspiration des dieux III : L’Olympe assiégé / R. Normandon. - Gallimard. - (Folio Junior)

Dans L’Olympe assiégé, troisième volet de La conspiration des dieux, - qui peut être lu indépendamment des volumes précédents - la maléfique déesse Héra continue à ourdir la lente destruction du royaume céleste. Privé du dieu solaire Phébus, l’Olympe et la Terre sombrent dans une nuit menaçante… La haine et la rancœur d’Héra ne s’arrête pas là : La horde des titans déchire la demeure des dieux lacérée par les vents primitifs. Les troupes divines, menées par le dieu Arès, s’agitent et se battent. Athéna la modérée arrivera-t-elle à gérer l’impulsivité du dieu de la guerre ? Au cœur de l’opacité des ténèbres, illusions, lutte de pouvoir et tours de passe-passe s’enchaînent. Heureusement… Phaéton, demi-dieu aux allures chevaleresques - oscillant entre rédemption et quête identitaire - s’élance sur une route qui pourrait bien ramener la lumière…
Cette aventure romanesque savamment orchestrée par les plus grands dieux de l’Olympe, plonge le lecteur dans un rythme enlevé dénué de manichéisme : abondance des péripéties et des rebondissements, justesse de la typologie divine des personnages, allégorie de la complexité des sentiments humains sont les ingrédients d’une conspiration divine originale.

coup de coeur Le sourire de la guerre / S. Baussier. - Oskar (Court métrage), 2012

Trois amis, dont l’amitié pourrait être menacée par la guerre. Qu’arrivera-t-il s’ils sont enrôlés et qu’il leur faut tirer sur leur voisin et camarade, juste parce qu’il est polonais ou russe ? Icek refuse d’être confronté à ce dilemme et prend les devants : pour sauvegarder leur amitié et son intégrité, il s’inflige le sourire de la guerre…
Roman antimilitariste court et percutant, inspiré de l’histoire du grand-père de l’auteur en 1920.
Autre lecture
Trois jeunes amis sont séparés par la guerre. Leur rue est divisée en deux, avec soldats et barbelés. Comment faire pour se voir et continuer à être amis ? Mais la guerre s’enlise et des hommes de plus en plus jeunes sont enroulés dans les deux armées. Comment y échapper ? Comment être sûr de ne pas avoir à tirer sur un ami ?
Un récit fort sur l’absurdité de la guerre qui divise les familles, les amis et laisse peu de choix aux individus.
« Ils coupaient notre village en deux dans le sens de la longueur, nettement. Côté russe là-bas. Côté polonais ici. Les soldats, eux s’en étaient allés. Les volets des voisins étaient déjà ouverts, pour la plupart. J’ai regardé la maison de Lev. La porte à la peinture verte écaillée, les murs de terre. Il était là, il me souriait de toutes ses dents en faisant de grands signes. A le voir de l’autre côté des barbelés, prêts à faire saigner qui tenterait de les franchir, mon cœur a frappé comme un fou dans sa cage. Qui était enfermé : Lev, ou moi ? Chacun chez soi. »

coup de coeur L’ homme qui court / M. G. Bauer. - Bayard. - (Millézime)

Joseph est un adolescent timide et renfermé. Mais lorsqu’il entend sa mère acquiescer à l’idée qu’il aurait peur de son ombre, il relève le défi et contre toute attente va accepter de faire le portrait de son voisin, un homme rentré cassé de la guerre du VietNam, que personne n’a même vu depuis des années et que tout le monde craint ! Qu’est-il vraiment arrivé à Tom Leyton ? Faut-il ou non avoir peur de lui ? Pourquoi est-ce si important pour Joseph de réussir à peindre l’homme derrière ses apparences ? Et qui est l’homme qui court ?
Un livre dense qui s’apparente par moment à un conte philosophique. Il y est avant tout question de trouver la meilleur façon de surmonter les brisures du destin. On y trouvera de la poésie, des réflexions sur le dépassement et la réalisation de soi et... des vers à soie !
Autre lecture
Parce qu’il a entendu qu’on disait de lui "qu’il a peur de son ombre", Joseph accepte ce qu’il redoute pourtant au plus haut point : se retrouver seul avec son voisin, à faire son portrait pour l’école. Il faut dire que cet étrange Tom Leyton n’est pas sorti de chez lui depuis des années, depuis un scandale dans un lycée… Dépassant sa peur, affrontant les rumeurs, Joseph commence les séances de dessin, toujours en présence de la sœur de l’homme étrange. Mais c’est autour de l’élevage de vers à soie qu’ils se retrouvent vraiment et qu’ils apprennent à mieux se connaître : sa tragique histoire prend sa source pendant la guerre du Vietnam. Derrière l’homme et "son côté sinistre et pessimiste", Joseph, sans doute parce que lui aussi a à affronter de terribles angoisses, sait voir un autre homme…
Étrange roman au rythme de l’angoisse qui paralyse, qui aveugle mais n’est pas irréversible pour peu qu’on l’affronte. Car ces deux êtres, l’un ayant vécu l’horreur indicible et l’autre bloqué par un traumatisme d’enfance, vont pouvoir se comprendre et s’entraider. Pour bons lecteurs.

coup de coeur Guerre et si ça nous arrivait ? / J. Teller. - Les grandes personnes

Et si le court des choses s’inversait ? Si la France était en guerre et qu’on devait la quitter, s’exiler pour survivre à l’étranger ? Réfugiés politiques dans un pays différent où le racisme rôde, où notre place n’est pas évidente, comment ferions-nous ? Et quel grand écart entre notre pays d’origine et celui où nous nous sommes reconstruits ? Quels compromis ?
Un roman sec, brut, qui en inversant les rôles, pose la question de la tolérance des uns et de l’adaptation (bon gré, mal gré) des autres.
Autre lecture
"Et si, aujourd’hui, il y avait la guerre en France... où irais-tu ?" C’est sur ce postulat que repose tout le principe du livre. En interpelant le lecteur, Janne Teller l’invite à se mettre dans la peau d’un personnage vivant la terreur de la guerre, pour soi et les siens ; la nécessité de partir dans un autre pays, en Moyen Orient en l’occurrence ; la difficulté de s’y acclimater.
Ce petit roman format passeport retrace, en 50 pages, une vie d’angoisse et de déracinement et nous renvoie à cette question fondatrice : « chacun de nous peut-il s’inscrire dans ces valeurs fondamentales : Tous les humains naissent libres et égaux en droits / Agissez envers les autres comme vous voudriez qu’ils agissent ? ». Texte efficace.
Autre lecture
"Et si, aujourd’hui, il y avait la guerre en France..." Nous suivons le destin d’un jeune garçon qui se voit obligé de fuir avec une partie de sa famille son pays pour des raisons à la fois économique et politiques. Le froid, la faim, la maladie, des convictions politiques, des valeurs, la peur... autant de facteurs déclencheurs pour chercher un ailleurs. Mais la condition de réfugié est-elle meilleure ?
Ce court texte nous propose de réfléchir au statut des réfugiés. Très dense, il évoque les différents aspects du problème. Un livre intéressant pour débattre.

coup de coeur Jade fille de l’eau / N. Blazon. - Albin Michel. - (Wiz)

Après un début un peu laborieux en raison de la complexité de l’histoire, on se laisse happer par ce récit à la Roméo et Juliette. Il y a des humains, une Lady tyrannique, des chasseurs et des chasseurs de sang, le peuple de la mer, le peuple de l’eau, un vieux pas tout à fait fou et une héroïne attachante. Mais Jade s’éprend de Faune alors que tout les oppose. Il va falloir survivre dans ce temps particulièrement incertain. Jade refuse de prendre partie car c’est aux gens en eux-mêmes qu’elle est attachée, quel que soit leur "clan". Et c’est ce qui rend ce livre intéressant.
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Jade vit avec son père Jakob au Larimar, hôtel délabré, dans la ville en ruines qui appartient à Lady Mar, retranchée dans son palais et entourée de ses alliés, les Lords. Les Chasseurs font régner l’ordre et la terreur. Leurs cibles sont les Echos mais aussi les Rebelles. La chasse s’intensifie quand on retrouve le corps d’un Lord abattu… Face au nouveau conflit qui se profile, Matt et Faune, deux Nordlandais, venus du pays de neige, de nuit et de forêts, appelés par Lady Mar se sont installés à l’hôtel avec des caisses de bois au contenu mystérieux et dangereux…
L’auteur a construit un monde remarquable de complexité dans lequel Jade va découvrir sa véritable nature, tracer sa voie et choisir son camp. Chaque être, chaque objet de ce récit participe d’une double nature : Le vieux Fou de la ville seul connaît la vérité, le père de Jade est peut-être un traitre, les beaux yeux noirs de Faune cachent une réalité étouffante, Moïra la Chasseuse implacable au regard glaçant aide Jade, les oiseaux bleus sont les yeux des Dénicheurs d’Echos, survivants impalpables de la dernière guerre mais formidables guerriers qui ont trouvé refuge dans la Wila le fleuve infesté de vipères mais lieu de liberté qui traverse la ville.
Le moindre reflet, les petits morceaux de miroir, les flaques d’eau ont du sens, fantômes, animaux, hommes et femmes à la double nature partagent ce territoire trouble où règnent la méfiance, les incertitudes des uns et des autres, les secrets profondément enfouis, une tension continue.
C’est un récit foisonnant (trop ?) de situations improbables comme la renaissance du Prince des Echos qui grâce à l’eau du fleuve sort d’une fresque et passe de l’enfance à l’âge adulte en quelques secondes, mais on peut se laisser prendre si on est « bon public » et bon lecteur, malgré quelques répétitions (l’emploi du verbe feuler) et longueurs, d’autant plus que dans ce fouillis cauchemardesque mais construit, Jade et Faune que tout oppose réussiront à s’aimer et à partir vers un monde plus clair dans la nuit du grand Nord.

coup de coeur Récolte la tempête / J.-A. Mazaud. - Milan. - (Macadam)

C’est à son tour, il lui faut entrer dans la maison. Mais Ijaz ne veut pas, comme tous les autres précédemment, violer cette femme, il n’en peut plus de cette violence subie et infligée. Alors il fuit, avec la femme, et tous deux arrivent bientôt au pied d’une forteresse. Il lui faudra convaincre pour y pénétrer, lui, l’homme, alors qu’il n’y a que des femmes par delà la muraille. Enfin, à l’abri, il pourra se reconstruire. Une année sera nécessaire pour accepter son destin d’enfant soldat, pour pouvoir enfin accepter une possible reconstruction…
Un style lapidaire pour tenter d’exprimer l’indicible. Mais quoi qu’il en soit, le texte reste pudique, rapide dans les évocations de l’horreur et insiste sur les souffrances des victimes de guerre. Que sont aussi les tortionnaires...

coup de coeur Dernier métro / C. Léon. - La Joie de Lire. - (Encrage)

1962, Daniel a 16 ans, il vit seul avec son père depuis le décès de sa mère et la fuite salvatrice de sa sœur. Son père, Maurice, est ouvrier et surtout communiste convaincu. Entre les distributions de tracts, l’Huma, et le lycée, le père et le fils se ménagent des petites bulles d’oxygène faites de balades à bicyclette le dimanche et de visites aux grands-parents. Mais, dans un contexte social que l’on sent tendu (luttes ouvrières, séparations des classes sociales), où la mixité est inexistante, Daniel ressent le besoin d’adhérer au parti communiste. Fort de ses convictions, il s’engage de plus en plus et suit son père dans des manifestations qui se veulent pacifistes et humanistes. L’une d’elle tourne à l’affrontement avec les forces de l’ordre, et l’univers de Daniel se trouve bouleversé.
Où l’on apprend que face à la violence automatique, un adolescent fragile, même plein de bonnes intentions, répond par la défense violente. Christophe Léon donne une vision juste de la société de ces années là. Un roman foisonnant de vie et d’élan.
Autre lecture
Daniel, 16 ans, est particulièrement attaché à son père depuis la mort de sa mère et le départ de sa grande sœur. Une affection mêlée d’admiration pour ce militant communiste de tous les combats ouvriers, de toutes les causes solidaires. Lorsque son père lui propose de l’accompagner à la manifestation du 13 février 1962 pour "proclamer leur indignation, leur volonté de faire échec au fascisme et d’imposer la paix en Algérie", Daniel accepte bien évidemment, fier de militer avec son père. Ils ne s’attendaient certes pas à la répression terrible des policiers…
Les relations entre le fils et son père sont justes, touchantes, très humaines. Les conflits de l’Histoire, brièvement évoqués, vont passer par là, broyant les individus.

coup de coeur Les fantômes d’octobre, 17 octobre 1961 / A. Kalouaz. - Oskar. - (Histoire et Société)

Le récit d’un petit fils qui enquête sur le silence familial quand on évoque la Guerre d’Algérie. A partir du carnet écrit par Belkacem, son grand-père, il raconte le départ de ses grands-parents du bled en 1954 quand la misère devient insupportable en Algérie du fait d’une occupation de plus en plus oppressive et des exactions commises. C’est d’abord l’arrivée à Marseille et la vie dans le bidonville de la Timone puis la famille monte à Paris où le grand-père trouvera du travail chez Simca. Mais la vie n’y est pas plus facile : bidonville à nouveau à Nanterre, et la guerre présente au quotidien : contrôles, arrestations, tabassages, disparitions, hostilité de la population, et enfin le couvre-feu pour les Français musulmans d’Algérie entre 20h30 et 5h30. Le FLN organise une manifestation pacifique contre ce couvre-feu le 17 octobre 1961. La répression, sous les ordres de Maurice Papon, dure plusieurs jours. Belkacem, le grand-père et des centaines d’autres disparaissent.
Ce livre raconte sans complaisance en s’en tenant uniquement aux faits un des épisodes longtemps censuré de cette guerre en montrant qu’elle a lieu en Algérie mais aussi en France. Le récit souligne le rôle des Harkis qui appuient les forces françaises.
Le dossier écrit par Daeninckx revient sur Papon et son rôle pendant l’occupation nazie, il rappelle aussi la manifestation de Charonne en février 1962 contre la guerre (9 morts), alors que le conflit prend fin en mars de la même année. C’est un récit « classique », le point de vue adopté permet une fiction crédible.
Autre lecture
C’est l’histoire de son grand-père que le narrateur nous raconte. Il quitta l’Algérie avant l’indépendance, fuyant la misère et les violences. Et trouva en France toute la misère et les humiliations auxquelles il ne s’attendait pas. Avec sa femme et ses trois enfants, il tente de garder le cap, d’abord dans le bidonville de Marseille puis dans celui de Nanterre. Mais il sera, parmi tant d’autres, pris dans les feux des violences liées à la guerre d’Algérie. Il ne sortira pas vivant de la fameuse journée du 17 octobre 1961 qui fut l’occasion pour les policiers de matraquer les "ratons", sur ordre d’un certain Maurice Papon...
Texte qui requiert des connaissances préalables sur les évènements mais qui est très efficace, tant dans la partie fiction que dans le dossier documentaire. Poignant, révoltant, édifiant.

coup de coeur Adulte à présent / E. Sekloka. - Sarbacane. - (Exprim’)

Ce nouveau roman d’Edgar Sekloka nous conforte dans la certitude qu’il est un écrivain à part dans la littérature pour adolescents française. En effet, ce livre relève plus de la tradition littéraire noire et policière américaine. Les héros sont deux adolescents dont on ignorera le nom, ils seront "la cadette" et "le fils" tout au fil de l’histoire. Dans la première partie, on assiste à l’extermination de toute la famille de la jeune fille au Cameroun par les militaires du régime totalitaire en place. Alors que le peuple se soulève et que les massacres n’en finissent pas, contre toute attente, un membre du gouvernement lui donne de l’argent et l’aide à s’enfuir en Amérique. Elle est alors hébergée dans une famille dont le père trempe dans des histoires de drogue et autres petites affaires louches. La jeune fille issue d’une famille d’intellectuels se sent perdue dans ce milieu sordide. Heureusement, "le fils", à peine plus âgé qu’elle, est différent et sent immédiatement qu’à eux deux, une issue est possible. La fin est tragique mais tout reste ouvert...
Grandes qualités d’écriture et de narration pour ce second roman. Coup de coeur de Myriam

coup de coeur L’ Algérie ou la mort des autres / V. Buisson. - Gallimard. - (Scripto)

Autobiographie d’une jeune adolescente qui quitta la Lorraine pour suivre son père militaire et sa famille, en Algérie. Dans un style laconique, elliptique, la jeune fille raconte la beauté du pays et de ses habitants, les "évènements" qui se rapprochent et se font plus inquiétants, les cadavres omniprésents, les premiers émois, l’angoisse et la gravité qui s’installe, à jamais. Un mélange assez déconcertant d’insouciance et d’horreurs. Pour bons lecteurs.

coup de coeur Le combat de Jodh / M.-H. Delval. - Bayard

C’est un univers sombre que nous décrit Marie-Hélène Delval. La guerre vient de se terminer, laissant les familles exsangues et les paysages dévastés. Jodh, en tant qu’orphelin de guerre, est placé dans une famille privée d’hommes, sous la férule de la mère Musha et de sa fille. Alors qu’il aurait la possibilité de poursuivre ses études et donc de quitter cet environnement glauque, les deux femmes lui refusent cette opportunité. La haine monte, s’empare de lui tout entier…
C’est à la fois un livre antimilitariste mais aussi un récit plein d’espoir sur la renaissance du monde. Garder espoir en toutes circonstances, ne pas figer la perception que l’on peut avoir des autres, s’autoriser à réviser ses jugements pour voir la vie sous un jour plus lumineux.

coup de coeur Le grand Joseph / Kochka. - Thierry Magnier

Un petit livre à thèmes si nombreux qu’inévitablement ils sont à peine effleurés : le Liban et sa guerre civile des années soixante-dix, la vie traditionnelle arabe, l’injustice de l’inégalité homme femme, la séparation et l’exil mais surtout l’amour entre des grands-parents et leurs petits-enfants… Au centre de l’histoire se trouve un chat, que Joumana doit abandonner au moment de quitter le Liban pour la France. Elle le confie aux grands-parents. La grand-mère, qui déteste les chats, l’accepte, par amour pour sa petite-fille.
Des chapitres très courts pour un livre qui l’est tout autant, dans un style simple et directe ; il semble s’adresser pourtant, par ses thèmes - l’amour qui peut prendre tellement de visages ; l’attachement au pays d’origine ; la construction d’une identité lorsqu’on vient de deux pays...- et l’âge de l’héroïne, aux grands adolescents plutôt qu’aux enfants.

coup de coeur Imprégnation / D. Almond. - Gallimard. - (Scripto)

C’est l’été, les vacances, au nord de l’Angleterre. Liam vit dans une grande liberté, son père est écrivain, sa mère peintre et photographe et cet été-là il grandit. Non qu’il en ait particulièrement envie, les jeux d’enfants sont tellement confortables ; mais plusieurs événements viennent perturber cette vie d’enfant heureux : l’ami Max s’éloigne peu à peu, la télé déverse chaque jour des images de la guerre en Irak, Natrass le dur du coin invente de plus en plus souvent des jeux violents et morbides... Puis un jour, Max et Liam découvrent un bébé abandonné …
Le roman montre le jeu des forces mystérieuses et complexes auxquelles est soumis l’adolescent et avec lesquelles il se construit : d’un côté une réalité plutôt heureuse, prometteuse avec ce bébé plein de vie auquel Liam s’attache. D’un autre, l’attrait pour Nattras, personnage trouble, malsain qui ne voit dans le monde que guerres et meurtres. Et puis il y a Crystal et Oliver, dont Liam fait la connaissance ; deux enfants qui ont beaucoup souffert, particulièrement Oliver qui a, dit-il, échappé aux massacres au Liberia...
C’est un roman initiatique qui plonge en eaux troubles et montre l’interaction complexe entre réel et fiction, vie et mort. Les frontières entre ce qu’il est convenu d’appeler le bien et le mal deviennent de plus en plus floues au fur et à mesure que Liam aiguise sa perception de la réalité.

coup de coeur Les guerres de Chanda / A. Stratton. - Bayard. - (Millézime)

Après toutes les épreuves qu’a subies Chanda dans le premier tome, la vie paraît s’acharner lorsqu’elle et surtout sa petite sœur et son frère, sont victimes de rebelles africains qui enrôlent les enfants pour asseoir la terreur dans les villages. Chanda, maintenant responsable de la fratrie, part à leur recherche avec l’aide de son ami Nelson, pour les libérer.
Toujours aussi bien documenté, l’ouvrage nous plonge dans la réalité des enfants soldats. Portée par le personnage de Chanda qui évolue de manière très juste, l’histoire gagne en intensité. Pour cette raison, si cette deuxième partie peut se lire indépendamment de la précédente, il est plus intéressant de l’envisager dans sa globalité.

coup de coeur Vestine une légende noire / V. Jouannet Rousset. - Actes Sud junior. - (D’une seule voix)

Jeune adulte, blessée physiquement et psychologiquement, Vestine raconte le chemin qu’il a fallu parcourir pour réapprendre à vivre. Survivante du génocide rwandais, elle explique comment la mise au jour de ses souvenirs d’enfance, les bons et les mauvais l’ont peu à peu libérée de l’horreur et amenée à revivre dans son nouveau pays.
C’est un beau récit sensible et complexe qui mêle les évènements anciens au travail qu’il a fallu accomplir au présent pour retrouver le goût de vivre et de rire.

coup de coeur La fin du monde / F. Colin. - Mango. - (Autres mondes)

Jim vit à Seattle aux Etats-Unis, François à Paris, Hafsa au Caire et Xian à Pékin. Les quatre adolescents sont plongés en quelques heures dans LA guerre, celle qui détruit tout : les premières bombes atomiques sont lancées par la Chine sur la côte Ouest des Etats Unis puis c’est l’enchaînement par le jeu des alliances : Pékin, Shangaï, puis Londres, Paris, Moscou, Le Caire, toutes les grandes villes du monde sont rayées de la carte… Le seul espoir c’est “La station Nord” au Groenland, refuge prévu de longue date en cas de conflit nucléaire et dont le père de Jim, ancien sénateur qui travaille pour l’armée américaine, possède les codes d’accès. Quand éclate le conflit, il est encore en Egypte, il informe Jim puis emmène avec lui Hafsa, une ancienne terroriste de 16 ans, qu’il veut protéger en souvenir de sa fille probablement morte lors du bombardement de Los Angeles. Grâce à quelques connexions encore possibles dans les premiers jours de guerre, François et Xian prennent eux aussi le chemin du Groenland… La destruction systématique de la planète, l’installation de l’hiver nucléaire, la disparition de Jim à Vancouver, puis celle de François et sa fiancée à Paris seraient effrayantes si, sur sa route, Jim n’avait échangé quelques mots pleins d’espoir avec un homme mystérieux, alors qu’Hafsa après plusieurs semaines passées à “La station Nord” découvre elle aussi des raisons d’espérer…De qui, de quoi s’agit-il ? Il faudra attendre le tome suivant…

coup de coeur Les monts de l’Elephant / J.-F. Chabas. - Ecole des loisirs. - (Médium)

Henri de Lespagne est un aristocrate blasé qui ne croit plus en l’amour. A l’aube de la cinquantaine, il décrit sa triste famille : une mère qui présente tous les travers de sa "caste" (racisme, snobisme), un père atteint de dysmorphophobie qui plonge peu à peu dans la folie, un frère cinglé de musique et... si peu mélomane, un grand frère voyou qui alterne séjours en prison et cavales. Seule sa sœur Charlotte lui apporte un semblant de "normalité", surtout d’humanité. Lorsqu’il est en âge de quitter sa famille, Henri se montre incapable de mener une vie stable. Mais voilà qu’il rencontre Kateka, cambodgienne au sourire rayonnant. Son cœur découvre alors l’amour, puis la terrible histoire de celle qui a vécu le pire.
Roman original où tout est contrastes et différences. Des mondes aux antipodes d’abord : une "grande famille" à la dérive, la prison, les travailleurs de nuit, le Cambodge des Khmers rouges. Différences aussi de styles, de registres, d’opinions.
A travers les deux personnages, Henri et son amie immigrée, on peut constater que le meilleur et le pire peuvent être engendrés au sein d’une même famille. Ils ne sont pas égaux face à l’adversité. Mais Jean-François Chabas veut montrer que tout demeure possible. Promesse... Coup de coeur de Julie

coup de coeur La guerre au bout du couloir / C. Léon. - Thierry Magnier

Oran, 1962. Le jeune Momo se retrouve seul avec son petit frère encore bébé dans les rues de la ville, ignorant véritablement pourquoi il doit se rendre chez sa tante Rosine, à la demande de ses parents. Quand, chez elle, il constate que les plantes sont sèches, il s’inquiète et doit improviser des soins pour Alain. Son étonnement et son inquiétude croissent à la vue d’une colonne de gens, les mains en l’air, devant un homme en uniforme. Alors qu’Alain commence à crier famine, un vieil indigène dans une charrette lui ordonne de monter…
C’est par les yeux et la bouche de Momo que nous découvrons l’ambiance particulièrement lourde dans une ville de l’Algérie indépendante. L’enfant alterne la description naïve de faits et l’évocation de souvenirs de la vie familiale. Sans détails sordides, la violence et la haine des indigènes contre les Français d’Algérie qui succèdent à celles des occupants et leur racisme féroce sont palpables. Ce que Momo découvre chez ces gens qu’on lui décrivait comme « barbares » c’est l’humanité, la générosité naturelle d’une mère qui ne choisit pas ceux qu’elle nourrit, l’amitié et l’amour. Mais chez eux aussi, on trouve parfois la haine, une soif de vengeance.
Un roman fort, court et concis, qui suggère la violence de cet épisode historique, et qui montre surtout la sottise des préjugés et de ceux qui les cultivent.

coup de coeur Bienvenue à Goma / I. Collombat. - Rouergue. - (DoAdo Monde)

Elsa n’a qu’une idée en tête : être journaliste-grand reporter. Elle a beau n’avoir que 18 ans, sa détermination est sans faille. Elle se retrouve ainsi au Rwanda, au cœur de la guerre et de ses horreurs. En faisant ses premiers pas dans le journalisme, elle découvre que la réalité est bien plus complexe que celle que les média véhiculent, que le monde occidental est impliqué bien au-delà de la simple présence humanitaire.
Un roman clair sur un sujet qui l’est beaucoup moins, qui prend le lecteur au sérieux et lui offre une vision du monde sans concessions mais non découragée. L’héroïne, au-delà de l’adrénaline recherchée au départ, découvre le sens de l’engagement et fait sa place dans la marche du monde.
Autre lecture
Elsa, jeune photo-reporter part pour son premier reportage au Rwanda et enquête sur le rôle de l’armée française dans le conflit. On partage sa jeunesse et son désir de dire la vérité, mais aussi l’univers dur et tragique d’un génocide annoncé. Entre idéalisme et voyeurisme, le débat est ouvert. On n’évite pas la question douloureuse du rôle des français dans ce massacre. L’écriture reste romanesque avec quelques personnages pour donner du corps à l’histoire. Mais l’auteur donne une approche assez documentée de la situation, avec des réflexions intéressantes qui pourront faire l’objet de discussions en classe. Beaucoup d’humanité, une belle rencontre avec "l’autre".

coup de coeur Rita, New-York, 1964 / U. Nielsen. - Rouergue. - (DoAdo Monde)

L’histoire des États-Unis dans les années 60 - le racisme anti noirs et surtout, l’absurdité et la monstruosité de la guerre au Vietnam - vue par une jeune émigrée norvégienne. Le style, très particulier dans l’usage qu’il fait des répétitions, impose l’image d’un monde qui tournerait comme un manège, reproduisant l’histoire infinie de peuples privés de leur terre et luttant pour leur liberté. Rita observe, tente de s’acclimater. La force de son amour transforme tous ceux qui la côtoient. Pour autant, elle ne pourra rien contre la folie de son époque et préfèrera au bout du compte regagner son pays...
Un roman pour bons lecteurs qui offre une critique noire (malgré l’humour) du "rêve américain". Coup de coeur de Julie

coup de coeur L’ écho des armes / Y. Mens. - T. Magnier. - (Nouvelles)

Que ce soit à Sarajevo, en Palestine, en Irak... la guerre et les armes imposent leur loi. Une loi qui condamne à devenir victimes brisées, combattants avides de vengeance ou réfugiés en fuite. Partout et de tous temps. Quelques fois, trop rares, l’humanité et la solidarité brisent ce cercle vicieux...
9 nouvelles très fortes, jamais manichéennes, à conseiller vivement pour tous les adolescents dès 12 ans.

coup de coeur Be safe / X. L. Petit. - Ecole des loisirs. - (Medium)

Sans boulot et sans perspective d’avenir, Jeremy se dit que l’armée est peut être une solution, qu’il pourra y apprendre un métier... Ce n’est pas qu’il soit convaincu à 100% mais les recruteurs ont été tellement insistants et persuasifs... Voilà donc Jeremy parti faire ses classes. En tant que tireur d’exception, il va en définitive se retrouver dans l’unité spéciale et partir "là-bas"...
Oskar, son frère cadet, reçoit les mails du soldat qui racontent l’attente insoutenable, l’angoisse, les horreurs. Avec son amie Marka, dont le frère est également parti, ils décident d’exprimer dans leurs chansons la réalité de cette guerre. Un exutoire qui se révélera d’autant plus efficace que les 2 musiciens tombent amoureux l’un de l’autre.
La guerre, vue du côté des combattants et de leur famille, avec un même constat : l’absurdité. Et pour s’y soustraire, ils vont échafauder un projet...

coup de coeur La mémoire trouée / E. Combres. - Gallimard. - (Scripto)

RWANDA, avril 1994, la folie meurtrière explose contre les Tutsis. Emma, 5 ans survit, sera recueillie et protégée par une vieille femme Hutu, Mukecuru. Les années ont passé. Comment vivre après avoir vécu un génocide ? Les dernières paroles de sa mère "Tu ne dois pas mourir, Emma" sont toujours avec elle. Et puis il y a Mukecuru qui l’aide à comprendre ce qui s’est passé et aussi Ndoli, ce jeune garçon à la tête cabossée qui intrigue de suite Emma ... et un autre vieil homme rescapé lui aussi. Il sait écouter les victimes qui pourront, à l’heure des jugements "post-génocide", tenter de commencer une nouvelle vie malgré tous les cauchemars qui rôdent encore tout près...
Premier roman d’Elisabeth Combres sur un sujet grave et difficile ; il a l’immense qualité d’être écrit avec beaucoup de sensibilité et de pudeur.

coup de coeur Avaler tout cru / M. de Sterck. - Rouergue. - (DoAdo monde)

Joppe se prépare un plan d’enfer : ses parents partent en vacances pour une semaine, il va pouvoir passer tout son temps avec ses potes (et surtout avec Alya) pour préparer la grande manifestation pacifique qui s’annonce en réaction à la guerre en Irak. Au dernier moment, son arrière-grand-père Tist tombe malade et les vacances sont remises en cause. En tant qu’élève infirmier (et bien sûr pour préserver quelque peu ses plans...), Joppe se propose pour rester à son chevet. Ce qui se présentait comme une corvée devient vite l’occasion de souder davantage la complicité qui les lie.
Tandis que le vieil homme perd progressivement son entrain, le lecteur découvre la vie de cet homme qui traversa deux guerres et perdit tant d’êtres chers. De quoi redouter au plus profond de soi de s’attacher à nouveau, de risquer la perte de ses proches...
Le roman est dense, les histoires et les caractères des personnages entrent en résonances dans un entrelacs de générations. Avec des phrases courtes et percutantes, Marita de Sterck, conteuse hors paire, mêle Histoire, parcours de vie et légendes. Elle sait camper les personnages tout autant que la guerre dans toute son horreur quotidienne.
Une nouvelle collection DoAdo monde, qui, avec ce titre traduit du néerlandais, nous offre une saga très forte, que l’on se refuse à résumer davantage tant les thèmes traités sont riches et subtils. Coup de coeur de Julie

coup de coeur Les Rois de l’horizon / J. Teisson. - Syros. - (Les uns les autres)

1917 : Un soldat blessé écrit à sa grand-mère. De son lit d’hôpital, quelque part sur le front, il évoque ce jour où elle lui a raconté son enfance en Algérie. C’est le roman autobiographique à la fois poétique et dramatique d’une petite fille qui voit sa famille disparaître dans l’invasion de son village par les soldats français en 1835. Elle sera recueillie par Slimane, un homme du désert qui l’élèvera avec beaucoup d’amour en dépit des violences de la guerre. Nul contrôle humanitaire n’est là pour dénoncer les exactions des hommes armés envers les populations civiles. A la fin de son bouleversant récit, Meriem fait promettre à son petit fils qu’il ne sera jamais militaire...

coup de coeur J’irai avec toi par mille collines / H. Jansen. - Hachette. - (Livre de poche jeunesse)

Jeanne est rwandaise, Tutsi ; elle a été adoptée par la famille Jansen en Allemagne, suite au massacre de toute sa famille. Hanna, sa mère adoptive, nous fait le récit de la vie de Jeanne, avant et pendant le drame. L’histoire est entrecoupée de réactions de la romancière et d’événements du temps présent. Ce roman est d’une profonde tristesse et montre toute l’horreur et la barbarie de la guerre, même si un grand espoir existe pour Jeanne qui est aujourd’hui une adolescente épanouie. Coup de coeur de Julie

coup de coeur Une bouteille dans la mer de Gaza / V. Zenatti. - Ecole des loisirs. - (Médium)

Une bouteille à la mer comme un besoin désespéré de croire en une entente possible entre Israel et Palestine. Le dialogue commence, ironique et acerbe du côté du jeune homme palestinien qui trouve la bouteille, tenace et optimiste du côté de la jeune israélienne. Les violences sont décrites de part et d’autre, et on ressent très fortement l’impasse. Pas de happy end dans ce roman mais un espoir en demi-teinte : l’avenir immédiat du palestinien est au Canada. Quid de l’après ?

coup de coeur La colombe de Gaza / C. Clinton. - Milan

Histoire d’une famille palestinienne, pendant la première intifada, qui se défait peu à peu : le père disparaît dans un attentat du Djihad islamique qui visait un bus d’Israéliens mais où se trouvaient également quelques Palestiniens. Malaak, la plus jeune des filles, lutte pour que son frère ne tombe pas dans le terrorisme mais celui-ci, victime de la balle d’un soldat israélien, sombrera dans le coma. Malgré les drames, malgré la douleur omniprésente, Malaak veut continuer à garder l’espoir, à croire aux symboles.
Ce roman, très fort, est à recommander pour ses détails de la vie arabe de tous les jours et pour son humanité.

coup de coeur Le plus grand matin du monde / Kochka. - T. Magnier

Les traumatismes engendrés par la guerre sont multiples. Kochka s’est penchée sur l’un d’eux, insidieux... Dans les années 80, une famille quitte le Liban pour fuir la guerre. Elle va devoir vivre à Paris, loin de ses racines et surtout loin du père, Jacques Morhange, resté au pays. Dans la capitale française, la mère, la fille et le fils vont de mal en pis. Le père est appelé au chevet du fils dans le coma et il devra retrouver le chemin qui mène à ce "fiston" qu’il n’a pas vu grandir. Il aura fallu ce drame pour que se recompose la cellule familiale.

Et aussi... :


coup de coeur Halb, l’autre moitié / Sigrid Baffert ; Barroux ; Alexis Ciesla ; Elsa Zylberstein . – Des Braques, 2014

Halb, l’autre moitié est une histoire musicale et contée qui nous emmène en Europe de l’Est, à Dulpan. Dulpan existe quelque part sur la carte d’un imaginaire, là où la musique est plus forte que les guerres et les haines… Cet album/CD a reçu le soutien de la Fondation du Judaïsme Français.

Tallin a passé 9 mois à s’accorder dans le ventre de sa mère. Aujourd’hui, elle a 10 ans, c’est son anniversaire. Baka, sa grand-mère, lui prépare un gâteau sous les yeux de Frageh, le petit chien jaune posé comme une question sur le tapis. Frageh ? il veille, s’inquiète, interroge la vieille qu’il voit fatiguée et perdue dans ses idées et souvenirs qui s’envolent. Serait-il temps d’offrir à Tallin le fil de leur histoire, inscrite dans une mélodie transmise par une lignée de femmes, de mères en filles ? Un air pour comprendre le dedans et le dehors, le sens de la vie, caché dans le son de sa clarinette ? Baka va offrir à Tallin ce qu’elle a de plus précieux, cet air, en notes de musique traversées des vies des générations précédentes, dispersées par les guerres. Elle joue sa musique à sa petite-fille mais la mélodie, composée du passé, ne trouve plus la trace du présent. Baka a oublié l’autre moitié. La clarinette offerte à Tallin reste muette. Alors débute la quête de la mélodie perdue…

Ce conte initiatique superbe de 42 mn raconte la mélodie de la vie entre transmission et enfance. Cette mélodie est polie sur la route de nos questions (Frageh, en yiddish) auxquelles il est bon de trouver des réponses pour ne pas se laisser envahir, à l’image du petit chien qui gonfle de page en page. Cette mélodie est bercée par les rencontres, sertie de bon sens et de courage, enrichie d’un passé éclairé, composée de morceaux de vie à orchestrer. Elle chante les paysages intérieurs, uniques et sensibles. Elle est à jouer en notes joyeuses et vivantes. Elsa Zilberstein est formidable de présence, toute en finesse et nuances dans sa voix pour un texte subtil et délicat co-écrit par Sigrid Baffert et Alexis Ciesla. Les illustrations de Barroux offrent une palette de tons chauds pour des personnages attachants. La musique voyage entre accents yiddish et jazz, c’est joyeux, envoûtant. La clarinette d’Alexis Ciesla, qui compose aussi la musique, est vibrante, chaleureuse, grave et s’accorde avec la voix de la comédienne. Les instruments (violon, trombone, saxophone, accordéon, percussion et clarinette) tissent des airs très variés et cheminent avec le texte de façon très fluide, c’est magnifique !
Halb, l’autre moitié, c’est la rencontre d’artistes talentueux qui ont d’abord créé un spectacle en 2011. Il se jouera en Avignon cet été. On ne sait jamais, si vous passez par là… Claire Py

A partir de 7 ans

coup de coeur Bouche cousue / G. Bigot, P. Matéo ; S. Girel. - Didier

Contexte : Un enfant s’arrête de parler...
Ce qui est répété : (Mot :) Pourquoi ? - (Phrase :) Alors moi (+ action)
Accumulation par : Enchaînement-causalité
Remarques : Guerre d’Algérie
Age : pour les plus grands

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