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Dernière mise à jour :
dimanche 25 septembre 2016

Mot Clé : Mensonge




Album(s) :


coup de coeur La chèvre menteuse / E. Calandry ; L. Corvaisier. - Lirabelle. 2013

Attention, conte violent, conte cruel ! Un père demande successivement à ses trois fils d’aller faire paître leur chèvre, seule richesse de cette famille très pauvre. Chacun s’acquitte scrupuleusement de son devoir mais le père, interrogeant la chèvre, préfère la croire quand elle répète qu’elle a mangé « des pierres, des pierres, des pierres »... Pour les fils, la sanction sera radicale : chacun, tour à tour, pendu dans la grange. La vérité finira par éclater, trop tard bien sûr, et le père traquera la chèvre pour lui arracher son dernier souffle.
Un peu de légereté s’immisce dans ce drame, avec l’inclusion d’un autre conte du type de La chèvre Biscornue (la chèvre se réfugie dans un terrier et refuse d’en sortir malgré l’intervention d’autres animaux). Mais la parenthèse est brève.
La violence du mensonge, des assassinats, de la douleur, de la mort n’est éludée ni dans le texte, ni dans les illustrations. Nous arrivons éprouvés à la fin de ce conte populaire ancestral qui « dit le pouvoir de la parole et les dégâts causés par la défiance » (préface de l’album).

coup de coeur Voilà le loup ! / G. Olive ; H. Zhihong. - Chan-Ok. - (Perles du ciel). 2013

« On dit que le loup rôde ; si tu le rencontres, appelle à l’aide, et les villageois viendront te porter secours » C’est avec l’assurance d’être protégé que Yang emmène son troupeau paître dans la montagne escarpée. Mais le doute, et une espièglerie certaine, s’emparent de lui : les villageois viendraient-ils réellement ? Seul moyen de s’en assurer : « Voilà le loup ! Voilà le loup ! » claironne-t-il contre toute nécessité. Ravi de son petit effet, il récidivera le lendemain. Que se passera-t-il à la troisième alerte, réelle cette fois ?
Une réécriture assez fidèle de la célèbre fable d’Ésope, Le Garçon qui criait au loup, illustrée ici avec une belle imagerie chinoise.

coup de coeur Tu exagères ! / F. Ysebaert. - Ecole des loisirs

« Va donc porter du lait, du chocolat et ces précieuses galettes à ta grand-mère ». Voici donc le narrateur de cette histoire, petit cochon rouge, en route pour la maison de son aïeule. Mais que d’obstacles en chemin ! Narrés avec force détails qui rélèvent, au choix, d’un souci de la précision, d’une grande imagination, ou d’une belle propension à masquer ses méfaits. Quoi qu’il en soit, le lecteur et la grand-mère seront ravis de se faire embobiner de la sorte et d’apprendre comment le chocolat a disparu.

coup de coeur Je veux mon chapeau / J. Klassen. - Milan

“Tu n’aurais pas vu mon chapeau ?” demande l’ours désappointé aux animaux croisés tour à tour. Grenouille, lapin, tortue, serpent, tatou, cerf répondent par la négative mais tandis que les réponses de la plupart sont laconiques, l’un des animaux est étrangement prolixe...
Une randonnée minimaliste qui fonctionne sur une succession de face-à-face. En jouant sur les couleurs (texte et illustrations), l’auteur orientera le lecteur vers le coupable et notre ours vers la résolution de sa quête. Juste avant qu’un écureuil vienne demander à l’ours s’il n’aurait pas vu un certain lapin à chapeau...
“Qui parle beaucoup cache une vérité” dit un proverbe rrom, nos menteurs devraient s’en souvenir s’ils veulent être plus crédibles...

Roman(s) :


coup de coeur Le grand mensonge de la famille Pommerol / Valentine Goby ; Lili Cortina. - Thierry Magnier (En voiture Simone !), 2015

Quand le père de la famille Pommerol apprend à sa tribu qu’il vient de perdre son emploi, c’est la consternation : le voyage en Chine est annulé ! Pas question de le clamer sur tous les toits, ça non, plutôt mentir que de dire la vérité. Alors on s’organise : puisque l’on ne peut pas partir, on va faire croire que l’on est parti. On ferme les volets, on mange chinois, on marque d’un scotch les marches de l’escalier qui grincent pour éviter de signaler sa présence. On doit revenir bronzé ? Pas de problème, les membres de la famille s’installeront à tour de rôle sous le velux pour prendre des couleurs. Juliette, l’héroïne, regrette juste que leur perroquet soit à la cave et décide de descendre prendre de ses nouvelles : elle entend alors le voisin menacer de prévenir la SPA. Suivant son instinct, elle révèle sa présence et reviendra souvent discuter avec le vieux monsieur. Tout se déroule bien jusqu’au jour où l’homme aura besoin de secours : que faire ?

J’ai adoré ce petit livre plein d’humour. L’idée de départ est originale et plaira assurément à tous les lecteurs, grands comme petits. Je retrouve avec bonheur Valentine Goby dont j’avais lu Le voyage immobile dans un tout autre registre. Sandy Morel

A partir de 9 ans

coup de coeur Nox : Ailleurs (2) / Yves Grevet. - Syros, 2013

La lutte des classes continue. C’est une lutte pour la survie. Lucen doit être exécuté mais avant il lui faut tenir six mois dans un camp de travail particulièrement dur. Firmie, enceinte se terre mais elle est vite victime de chantage de la part du furtif qui l’héberge. Elle est contrainte d’accepter de donner son enfant contre quelques mois de sursis, espérant contre toute attente le retour de son bien aimé. Dans la ville haute, Ludmilla doit jongler entre la vigilance continue de son père et de sa gouvernante et les exigences du groupuscule à qui elle a décidé de prêter allégeance. Elle noue des liens réels avec le fiancé imposé par les activistes... Bien sûr, les chemins vont encore se croiser et les destins prendre un chemin inattendu...

Trahison et entraide sont étroitement mêlé dans ce final. ¨Personne ne peut arriver à s’en sortir seul et à la fois chacun se méfie des autres. Les personnages évoluent peu mais la vie se charge de les bousculer. Nous entendons à tour de rôle la voix des quatre protagonistes principaux. Les événements s’accélèrent jusqu’à la conclusion finale. Mais dans un monde où la pollution est un enjeu vital, existe t-il un ailleurs possible ?. A lire ! Marion Uteza

A partir de 12 ans

coup de coeur La volte / Y. Fastier. - Talents hauts. 2014

Mink sait très vite, en voyant Dotchin, que la jeune princesse aura une place très particulière dans sa vie. Lorsqu’elle comprend que la jeune fille, bientôt en âge de régner, est en danger, prise en étau dans une lutte de pouvoir, Mink n’hésite pas à tout lâcher pour suivre l’héritière et la sauver d’une veuve sans scrupules. Mais cette dernière est redoutable et les traques sans relâche dans un désert impitoyable. Et même si Mink connait bien ce milieu, même si elle est portée par l’amour qu’elle éprouve pour sa belle, même si elle est dotée du pouvoir de maîtriser la volte, les épreuves les acculent toujours davantage vers une fin sans issue...
Mink est une héroïne surprenante et une narratrice tonique, usant d’ironie même dans les situations les plus tendues. Chapitres courts et rebondissements incessants, elle nous embarque ainsi facilement dans cet univers fantastique, électrique sous bien des aspects... Même la chute n’est pas celle attendue.
Autre lecture
Mink est une fille du désert qui sait comme son père dompter l’énergie, la volte. Sa scolarité en ville lui pèse. L’arrivée de Dotchin, une princesse d’un pays lointain va faire éclater sa vie, la ramenant vers ses origines. Les ennemis sont nombreux : les gens de la ville, les prétendants à la couronne, mais aussi la nature elle-même. Alors que les conditions de vie sont de plus en plus précaires, le lien entre les deux jeunes filles hors du commun se complexifient... Mais que trouveront-elles à l’issue de leur épopée ?
Une histoire à plusieurs strates. On y trouve principalement un bon roman d’aventure avec pour cadre original les zones arides et retirées du désert mais s’inscrit doucement dans la trame la question de l’identité de Mink, véritable "fille-garçon", prête à tout pour sauver sa princesse. Dès lors, le récit prend la forme allégorique de la fin d’un monde, celle des conducteurs d’énergie mais aussi des étapes à franchir pour se construire en affirmant ses sentiments et son identité.
« En la voyant revenir avec deux paquets, je comprends : elle est bien en peine pour habiller la "fille-garçon du Capitaine de la foudre" ! Elle commence par étaler devant moi une longue robe multicolore semblable à la sienne, assortie d’une multitude de bracelets, de colifichets, de bijoux. Devant mon air dépité, elle déploie son plan B, une panoplie complète de jeune homme, conquise de haute lutte sur quelque frère ou cousin. »

coup de coeur Mon américain / J.-P. Nozière. - Nathan

Marina n’en revient pas. Le nouvel élève s’intéresse à elle. Son parcours est étonnant : il dit venir de Los Angeles, avoir un père qui travaille pour l’ambassade et une mère écrivain. Que fait-il là alors dans ce Collège à mauvaise réputation ? Mais le vernis qui recouvre Jérémie se fend progressivement, révélant une toute autre vérité...
Un roman sur le clivage entre l’être et le paraître. C’est en quelque sorte une initiation pour Marina qui doit apprendre à regarder autrement le garçon qui lui plait. Mais la conclusion est déroutante voire dérangeante avec au centre le couple mère-enfant. Reste la qualité d’écriture de ce grand auteur et la perspective de nombreux débats sur cette étrange fin.
« Il ment. ça se voit comme le nez au milieu de la figure. Sa voix sonne faux. J’ignore quel est ce mensonge, même si je sens qu’il n’a aucune envie non plus que j’aille chez lui. Je m’en moque. Qu’il habite le 25 ou le 52, un immeuble ou une maison, quelle importance à côté de ce formidable aveux : "Tu me troublais". »

coup de coeur Manhattan girls, Tome 3 : En mode vip / J. Philbin. - Albin Michel. - (Wiz)

Hudson a comme passion la musique mais la célébrité de sa mère lui pèse et elle souhaite ne pas suivre le chemin de star que lui est destiné. La popularité, les journalistes, le manque d’intimité l’accablent déjà. Cependant, comment décevoir sa maman qu’elle sent par ailleurs si fragile ? Il va donc lui falloir se battre et apprendre à dire non plutôt que construire sa vie sur des mensonges.
Ce tome peut se lire indépendamment puisque nous suivons la révolte d’une autre des Manhattan girls, pauvre petite fille riche. Même si vous n’aimez ni le milieu des stars ni celui des milliardaires, vous pouvez trouver un intérêt dans la lecture de ce conte qui, par la grâce de son héroïne, nous enchante.
« Quand je me suis retrouvée sur scène, je ne pouvais plus rien faire. Tous les trucs que ma mère n’avait pas arrêté de me dire ces dernières semaines - que je ne chante pas comme il faut, que je ne danse pas comme il faut, que j’ai les bras trop raides, que je ne fais pas assez passer la chanson...- je n’avais plus que ça dans la tête. »

coup de coeur Bacha Posh / C. Erlih. - Actes Sud. 2013

Farrukh, jeune afghan, a un rêve : emmener son équipe d’aviron aux jeux olympiques. Pas facile quand on habite en Afghanistan, sans moyen et sans entraîneur… Mais grâce à d’anciens contacts de son père, Farrukh réussit l’impossible : obtenir un bateau moderne, avec en prime -et surprise de taille- une entraîneuse femme ! Il faut la faire accepter par l’équipe, entamer sérieusement les entrainements. Mais bientôt, cet obstacle paraît dérisoire face à ce qui se joue pour Farrukh : elle est devenue une femme…
L’histoire fait référence à une tradition afghane des plus étranges pour nous : afin de pallier l’absence d’un fils, une petite fille peut être travestie en homme par sa famille, jusqu’à sa puberté. Alors, elle retrouve son genre originel. Lorsque Farrukh redevient Farrukhzad, elle doit se familiariser avec ce nouveau corps, « embryon de femme, posture d’homme. Corps laid. Corps mensonge. » Farrukhzad doit apprendre le « B.A.-BA de la vie quotidienne », toutes ces tâches réservées aux femmes. Farrukhzad doit renoncer à ses rêves, à sa liberté de mouvement, de décision. Comment se résigner…
Même si les ramifications d’intrigues parallèles paraissent artificielles ou inabouties, même si les rôles de certains personnages sont avortés et laissent une frustration (Maud la française, Sohrab l’ami, la jalousie des sœurs de Farrukhzad...), le roman est passionnant dans les réflexions qu’il amorce, sur l’identité, le genre (l’écriture s’adapte selon que Farukh et fille ou garçon), les traditions, la liberté...

coup de coeur Meilleur jeune espoir féminin / M.-S. Vermot. - Thierry Magnier

Pourquoi Damienne devrait-elle se contenter d’une réalité qu’elle juge médiocre ? Pourquoi ne pourrait-elle pas s’inventer une nouvelle identité ? Elle serait Isild, logerait chez sa sœur dans une luxueuse villa en bord de mère… C’est toute de même mieux que ce prénom hideux et le statut de fille d’employée de maison ! Mais même le temps d’un été, qu’il est dur de porter deux identités, de jongler avec les mensonges… L’héroïne traverse néanmoins ces imbroglios avec beaucoup d’assurance et finit par établir ses priorités.
Roman court sur l’identité, le mensonge, petit ou grand, partagé par tant de monde…

coup de coeur Graffiti Moon / C. Crowley. - Albin Michel. - (Wiz). 2013

Nous suivons en chapitres alternés Lucy et Ed. La première rêve de rencontrer l’Ombre, celui qui « peint dans la nuit » des fresques si profondes à ses yeux… Le second court après l’argent pour payer le loyer et sa peinture pour graffer sur les murs de la ville. Lucy et Ed sont amenés à passer la nuit ensemble et on ne peut pas dire que l’entente soit immédiate… Outre le fait que Lucy a cassé le nez d’Ed quelques temps auparavant, elle ne lui parle que de cette ombre si talentueuse qui la fait rêver (fantasmer serait plus juste). Hors de question dans ce cas pour Ed de révéler qu’il est bel et bien l’ombre. Son manque de confiance en lui lui intime de se taire quand tout son être le pousse à faire confiance à cette fille qui le comprend si bien.
Le temps d’une nuit pleine d’enjeux, Lucy et Ed s’apprivoisent maladroitement au rythme de discussions autour de l’art et des artistes. Ed arrivera-t-il à intégrer qu’il peut légitimement s’exprimer dans l’art malgré son échec scolaire ?
Autre lecture
Qui est l’Ombre, ce graffeur qui tague les murs de la ville de tableaux qui intriguent Lucie ? En virée avec ses copines, elle part à sa poursuite accompagnée d’un groupe de garçons. Entre mensonges et sentiments, Ed et Lucie, vont-ils finir par se rencontrer vraiment ? Pourquoi l’Ombre cache-t-elle son identité ? Que cherche Lucie à travers cette quête ?
Un très joli roman, agréable à lire, qui se dévore en peu de temps, grâce à son mélange d’humour et d’action ainsi que par l’alternance des chapitres Ed/Lucie. Les personnages sont attachants et les thèmes ne se contentent pas de la romance puisqu’on y évoque aussi l’illettrisme, la poésie, la peinture, la fidélité, l’amitié...
« Si mon penchant pour toi était le public d’un match de foot, il rugirait jusqu’à te rendre sourde. Et si mon penchant pour toi était un boxeur, il y aurait un mort étendu par terre. Et si mon penchant pour toi était en sucre, tu perdrais toutes tes dents avant tes vingt ans. Et si mon penchant pour toi était de l’argent, tu pourrais dépenser sans compter. » Coup de coeur de Marion

coup de coeur Double jeu / J. Blundell. - Albin Michel. - (Wiz). 2013

Kit, 17 ans à peine, a quitté, sur un coup de tête, Providence et sa famille pour New York où elle veut mener une carrière de danseuse. Elle n’a guère le temps de se faire du souci pour son avenir, le père de son petit ami Billy, récemment engagé, lui offre un logement et un travail. Problème : Ned, le père de Billy, est au cœur d’une mafia implacable et demande bientôt des "petits services" à Kit…
Ambiance trouble pour une intrigue qui se dévoile par bribes dans un va et vient entre passé (Après guerre à Providence) et présent (1950 à New York).
Où l’on apprend que les mensonges, les compromissions, les manipulations ne peuvent que s’accumuler dans une tension croissante dont le dénouement se jouera dans le drame. L’innocence n’en sortira pas indemne. Un roman frontière ado adulte aux personnages très ambivalents. Et malgré tout attachants.
Autre lecture
Destin d’une jeune danseuse dans l’après-guerre à New York. Kit a pour passion la danse. Elle souhaite rejoindre Broadway et faire carrière. Mais les temps sont difficiles et son passé la poursuit. Pour survivre au décès en couche de sa femme, son père a exhibé ses triplés, leur procurant une gloire éphémère. Mais kit est volontaire et croit en son rêve. Un jour, le père de son ancien petit ami, avocat de la mafia, vient la trouver, pour un dernier petit service... Et c’est toute l’histoire familiale, ses secrets, ses moments noirs comme ses moments de bonheur qui vont refaire surface...
Un livre intéressant parce que réaliste. C’est le portrait de l’Amérique d’après-guerre qui se dessine au fil des révélations. L’influence de l’église, la peur du communisme, le racisme, l’empreinte de la mafia, le désir de faire la fête pour oublier la guerre... tous ces thèmes dessinent en patchwork les États-Unis des années 1950. Le personnage principal, Kit est assez froid. Nous plongeons peu à peu avec l’héroïne dans les calculs et compromissions d’hier et d’aujourd’hui. Intéressant.
« -Tu me dois pas mal de choses, je te rappelle. Il avait raison. C’était là le problème : je lui devais mon appartement, ma garde-robe, mon job. Tout. Il m’avait piégée et je ne l’avais pas vu venir. »

coup de coeur Nox : Ici bas (1) / Y. Grevet. - Syros

Une histoire d’amitié et d’engagement. Dans un monde coupé en deux, où la frontière est matérialisée par un épais brouillard de pollution, s’engage un chassé croisé entre des jeunes aisés qui cherchent à se battre pour un idéal et des pauvres qui veulent seulement survivre. Mais tout n’est pas si simple.
Lucen a 15 ans. Il doit choisir une femme et avoir des enfants très vite car l’espérance de vie est courte. Mais sa mère s’oppose à son union avec son amour de jeunesse. Ludmilla, elle, est surprotégée dans un monde facile mais oppressant. Gerges, fils de milicien va devoir lui aussi prendre parti.
La richesse du roman vient de la pluralité des voix et de la complexité des personnages. Si au début du livre chacun semble représenter un archétype, très vite les frontières se brouillent. Que vaut l’amitié ? Quelle est la vrai richesse ? Avons nous le choix de nos vies ? Yves Grevet traite des thèmes qui lui sont chers : oppression, liberté, solidarité, amitié, dans une écriture fluide et très agréable.
« A l’âge adulte, vers la fin du lycée, nous sommes censés tout savoir : qu’ils habitent à quelques centaines de mètres de nous, au-delà du no man’s land, et que le fruit de leur exploitation nous permet de bien vivre, que leurs conditions d’existence entraînent pour eux une durée de vie très courte et une surmortalité des enfants en bas âge, mais que c’est ainsi depuis des générations et que rien ne justifie que cette situation change un jour. »

coup de coeur L’ affaire Matisse / G. Bragg. - Ecole des loisirs. - (Neuf)

Non seulement il porte le même nom que le grand artiste, mais tout comme lui, Matisse possède un joli talent en peinture. Il rêve même de voir une de ses toiles exposée dans un musée. Le jour où une expo Matisse est organisée dans le musée de sa ville, l’incroyable a lieu. Sans qu’il ait le temps de bien réaliser le comment et le pourquoi, le garçon intervertit une de ses toiles avec un tableau du grand maître. Le plus fou est que personne ne s’aperçoit du simulacre. Commence alors pour le garçon une période de grand stress où il va tout tenter pour refaire l’échange à l’envers....
Roman sympathique avec des moments vraiment rigolos, bon vecteur pour introduire la peinture et l’artiste auprès des jeunes lecteurs.

coup de coeur Un chien dans le ventre / H. Hagerup. - Les grandes personnes

Jonas est pour le moins difficile à cerner, à apprécier. Il agace son père, contrarie son prof, attise la moquerie de ses camarades, représente une incompréhension pour tous. Il faut dire que son histoire, livrée par bribes, est difficile : sa mère est en prison pour avoir tué un homme en état d’ivresse. Bientôt libérée, elle va forcément découvrir qu’il lui a menti durant toute sa détention : il n’est pas populaire, n’a pas de petite amie. Fini d’"enjoliver", la vérité toute crue doit sortir. Le chien dans le ventre représente toute la rage qui s’exprime de manière intempestive...
Un roman norvégien très étrange qui arrive à nous rendre sympathique ce personnage à la psychologie elliptique.

coup de coeur Vendeur de rêves / C. Beigel. - Sarbacane. - (Mini romans)

Ce sont bien des questions de profs ça… Il fait quoi ton père ? Marcus s’empourpre et finit par lâcher Pilote de ligne… Ce n’est pas que la vraie profession de son père soit déshonorante mais reporter de guerre, il ne l’est plus : il est au chômage, las des combats et de leur lot de violence. Marcus s’enferre dans son mensonge mais arrive heureusement à se confier à Marilou. Elle l’aide à accepter la vérité qui n’est finalement pas si négative.
Où il est question de figure parentale, de fierté, de l’autorité du père abimée par le fléau du chômage... L’enfant est partagé entre ses rêves (il aimerait tant être sécheur d’yeux ou déclarateur de paix) et la réalité certes difficile mais pas sans solution !

coup de coeur Les mots qui tuent / A. de Lestrade. - Sarbacane. - (Mini-romans)

Un jour on est en souffrance, en mal de reconnaissance et d’amour, le lendemain, on est responsable de la mort d’un innocent. Mara nous explique avec ses mots ce qui l’a amenée à l’irréparable, avec un acte d’accusation mensonger. C’est un texte court d’une grande violence dans le rapport à la mère ; dans les déceptions de l’amitié ; dans le constat amer de la solitude. Mais c’est aussi un texte qui veut croire que l’on peut avoir commis de terribles erreurs sans renoncer à un avenir. Percutant.
Autre lecture
Mara aime les mots. C’est pour cela qu’elle préfère les garder pour elle plutôt que de les donner aux autres. Sa mère couturière utilise depuis toujours sa fille comme publicité mobile et la transforme en mannequin chaque jour afin que les autres mères puissent admirer ses créations à l’école. Heureusement que Mara peut aller se réfugier chez sa Grand-Mère lorsque sa mère lui pèse trop ! A son entrée au collège, elle rencontre Clara, épanouie, rebelle et bavarde comme pas deux ! Mara et elles deviennent vite amies, mais comment s’affirmer auprès d’une telle amie lorsqu’on s’appelle Mara, qu’on ne connaît pas son père, qu’on déteste sa mère, qu’on ne connaît rien au monde, qu’on n’a aucun ami et qu’on ne dit pas un mot ? En parlant justement ! Les mots sont magnifiques, mais mal employés ... ils peuvent tuer.
Un petit livre très court mais intense ! Quand Mara lâche très naturellement que le jardinier de sa Grand-Mère l’a violée uniquement pour que l’on s’occupe d’elle, elle ne s’imagine pas du tout que l’affaire ira si loin. En effet, Clara prévient la Grand-Mère qui prévient la mère qui prévient la police, et tout s’enchaîne alors à une vitesse incroyable. Le jardinier est inculpé et va en prison en garde à vue. Tout le monde entoure Mara d’amour et de protection, surtout la mère qui se sent coupable d’avoir laissé sa fille livrée à elle-même. Le jardinier ne voit comme solution pour s’en sortir que la mort, qui survient, terrible, et achève de donner un ton tragique à l’histoire. Mara se sent évidemment responsable et, prenant son courage à deux mains, reprend les mots pour « corriger » sa faute. Mais il est trop tard : Clara part, Grand-Mère est déçue au plus haut point et sa mère ne lui parle plus. Les mots sont magnifiques, mais ils sont dangereux. Dans cette histoire, les mots tuent, et détruisent une famille entière.

coup de coeur L’ erreur de Pascal / F. Seyvos. - Ecole des loisirs. - (Mouche)

Pourquoi, mais pourquoi Pascal a-t-il dit à la maîtresse ce matin que sa mère était morte ? Et comme on sait qu’un mensonge en entraine toujours un autre, Pascal est enserré dans une situation infernale ! Comment se sortir de là ?
C’est un texte très étrange, à la fois extrêmement sensible et juste dans ce qu’il dit mais justement, il dit peu - qu’il est méprisé par son institutrice par exemple- et laisse le lecteur avec ses interrogations, en lui donnant toute latitude pour une introspection…
Qu’est-ce qui nourrit ces moments incontrôlés où on laisse échapper des mensonges qui expriment pourtant une vérité bien réelle, mais encore inaccessible...

coup de coeur Menteuse / J. Larbalestier. - Gallimard

Dans ce premier chapitre Où je dis la vérité, Micah, narratrice de ce roman, est bien décidée à cesser d’être une menteuses patentée. Elle veut nous expliquer qui elle est, avec ses bizarreries et ses particularités, ainsi que la nature de ses relations avec Zach, qui vient d’être assassiné. Sauf que le deuxième s’intitule La vérité authentique et véritable. Forcément, on commence à douter des faits, d’autant que la réalité décrite dépasse l’entendement : Micah, chaque mois, encourt le risque de devenir un loup-garou. D’où la nécessité des mensonges.
Roman assez troublant qui balade le lecteur et ne le laisse jamais acquérir de certitude. Entre psychologie et fantastique, chacun pourra se faire sa vérité...

coup de coeur Le jour où je suis devenue mytho / G. Abier. - Actes Sud. - (D’une seule voix)

Tessa aurait mieux fait de se taire ce jour là mais Joanna se la pète tellement... Avec son fric, ses belles vacances, son plan casting dans le prochain film de Gaspard Ulliel… Il fallait lui clouer le bec à cette pimbêche ! Sans réfléchir, elle lance : « Tu sais, moi j’ai couché avec Robert Pattison et j’en fais pas tout un plat ! ». La voici lancée dans une histoire impossible pour tenter d’assurer ses arrières. Heureusement Louis son meilleur ami ne la lâche pas. Tessa, avec son audace va surprendre tout le monde !
Ce petit livre se lit d’une traite et ne se prend pas au sérieux. Ne cherchons pas le crédible, attachons nous au plaisir de lecture, avec les répliques acerbes de la narratrice (Tessa elle-même) qui font sourire d’un bout à l’autre des 70 pages. C’est une lecture rafraîchissante !

coup de coeur Où vas-tu, Sunshine ? / S. Dowd. - Gallimard. - (Scripto)

Armée d’une perruque blonde trouvée dans les affaires de sa famille d’accueil, Holly se sent invincible. Sexy, sûre d’elle, elle n’est plus la petite Holly mais cette fille terrible, Sunshine, prête à aller au bout du monde ! C’est d’ailleurs plus ou moins ce qu’elle fait, en quittant son nouveau foyer pour rejoindre l’Irlande, le pays natal de sa mère. Mais la carapace se fissure au fil de son voyage, au fur et à mesure que les souvenirs remontent à la surface. Que va-t-elle réellement chercher en Irlande ?
Tout à tour Holly / Sunshine, l’héroïne nous embarque dans son histoire tortueuse. De mensonges en bribes de vérités, on reconstitue avec elle sa difficile histoire jusqu’à la libération apportée par cette vérité révélée à elle-même.

coup de coeur Ilse est partie / C. Nöstlinger. - Mijade. - (ZoneJ)

Erika doit couvrir le départ de sa sœur qui a fugué, ne supportant plus l’étroitesse de sa mère et sa discipline inadaptée. Mais elle se rend compte un jour que ce que sa sœur Ilse lui a raconté est un mensonge, pire, qu’elle a passé sa vie à transformer la réalité. Tout en découvrant le vrai visage de sa sœur, elle mesure également l’état des relations dans sa famille recomposée. Pas étonnant qu’Ilse ait pété un plomb ! Et elle dans tout ça ?
Un roman assez noir dans sa chute, qui a le mérite de décrire les relations et d’en décrypter les rouages, de soulever le drame de la non-communication sous la banalité du quotidien.

coup de coeur Aggie change de vie / M. Ferdjoukh. - Ecole des loisirs. - (Neuf)

Aggie a appris à se débrouiller seule pour survivre. Elle vit chez des gens qui sont davantage intéressés par le butin de ses larcins que par son bien être. Elle tombe un jour sur un détective qui lui assure la fortune : si elle arrive à se faire passer pour une lady des quartiers chics, elle vivra désormais dans la peau de Maggie, une riche héritière enlevée 6 ans auparavant. Le jeu de rôle semble fonctionner…
Un très bon moment de lecture pour les CM2-6°.

coup de coeur Le saut dans le vide / L. Rood. - Actes Sud junior

Ce n’est pas une lecture de croisière, il va falloir s’accrocher : accepter le jeu de piste, les non-dits, les mensonges, les longueurs, les pensées dissolues... L’histoire de la narratrice, Cor, est difficile. Enfant surdouée, elle a du trouver sa place seule. Face à l’incompréhension et la peur de ceux qui l’entourent. Elle comprend beaucoup plus que les autres mais n’a pas forcément le mode d’emploi des relations humaines. Même avec sa petite sœur adorée Elsa, elle finit pas abdiquer. Alors elle navigue comme elle peut de solitude en mauvaises rencontres, d’espoirs en désillusions. Jusqu’au jour où elle rencontre Sal, un vieil homme qui pourrait bien la comprendre mieux qu’elle-même. Il l’incite à écrire, l’aide à se libérer du poids qui l’empêche d’avancer.
Un parcours atypique encombré du poids de la culpabilité, qui n’a pas peur d’explorer les zones sombres de l’âme humaine.

coup de coeur Ce Héros n’est pas mon père / Calouan. - Les 400 Coups. - (Connexion)

Comment vivre quand on ne connaît pas son père ? Caroline, adolescente, vit avec sa mère et sa sœur une existence matériellement difficile. Et leur mère qui se bat pour l’assurer leur répète sans cesse que leur père ne donnera plus signe de vie, qu’il les a abandonnées. Alors, pour survivre à cet abandon, Caroline s’invente toutes sortes de papa, le plus souvent riches et célèbres. Mais elle souffre beaucoup de ne pas se savoir aimée, des corvées domestiques qui lui reviennent et des coups de martinet que sa mère lui inflige quand elle-même est en grande souffrance. Puis, un jour, une nouvelle arrive à l’école, Sandrine. Va alors se développer une belle amitié entre ces deux jeunes filles très opposées socialement. La confiance qui va s’installer entre Caroline et Sandrine, ses parents aussi, va permettre à Caroline de sortir enfin de ses mensonges et peut-être de retrouver son père…
Caroline nous fait partager son vécu rude, son sentiment d’abandon, ses efforts pour être aimée, ses premiers émois amoureux, sans se lamenter mais avec sensibilité et émotion. Ce roman assez court est dense mais l’écriture sans difficultés touchera des lecteurs même jeunes.

coup de coeur Balle perdue / M. Akkoouche. - Seuil. - (Karactère(s)

Abdel, étudiant en droit, vit avec sa mère malade et son jeune frère Kévin, dealer, dans une cité à Paris. Un jour, il aide Violaine, femme de 40 ans, à rentrer chez elle alors qu’elle est ivre au bord de la route. Elle est aveugle et pleine de préjugés suite à un accident provoqué par des jeunes de la même cité que lui. Dès leur première rencontre, Abdel est fasciné par cette femme d’un autre monde que le sien et devient Pascal Duverger de peur de lui déplaire s’il lui révèle sa véritable identité. Le mensonge dans lequel il s’enferme et la double vie qu’il mène seront de plus en plus difficiles pour lui et l’emmèneront irrémédiablement au drame.
Mouloud Akkouche nous entraîne ici dans l’univers noir et social qui habite ses romans. Cet auteur traite le plus souvent des rapports difficiles et de l’incompréhension qui existent entre les milieux sociaux, frontières invisibles mais bien réelles. Le lecteur se laissera prendre dès le début par cette histoire dans laquelle les rapports humains sont à la fois complexes et émouvants.

coup de coeur Une heure, une vie / J. Benameur. - Thierry Magnier

Amélie, jeune ado, apprend brusquement que ses parents se séparent. Elle n’a rien vu venir et est d’autant plus choquée. Elle ne sait plus... se pose beaucoup de questions sur l’amour. Les trajets en train qui la conduisent d’un parent à l’autre vont être le théâtre des mensonges qu’elle invente : son père en prison, ses parents morts tous les deux ...
Ce roman montre bien la détresse de l’ado ébranlé par le cataclysme de la séparation. Au-delà, on comprend la difficulté de gérer une émotion indicible qui s’exprime par défaut dans le mensonge.

coup de coeur Vol / N. Kuperman. - Edl. - (Médium)

Rien ne va plus pour Jeanne. Voilà que ce matin, elle se met à voler, à répondre comme une godiche à ce beau garçon qui accompagne son ami, à s’enfuir après s’être ridiculisée... Tout lui échappe. Elle réalise qu’elle ne supporte plus le mensonge. Le mensonge de ses parents qui restent ensemble uniquement pour elle, le mensonge de son ami qui préfère rire de tout et occulter les choses, le mensonge des liens familiaux qui exige de toujours faire bonne figure. Alors aujourd’hui, c’est sûr quelque chose doit changer. Deux rencontres décisives vont l’y aider...

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coup de coeur C’est pas vrai ! T’as menti ! / G. Bigot M. Luchini. - Benjamins Media

Un roi qui voulait marier sa fille réclame à son futur gendre une histoire incroyable de menterie. Mais à la fin du récit qui devra plaire au roi, ce dernier devra s’écrier : “c’est pas vrai ! T’as menti !” Le défilé des prétendants commence mais le roi n’est pas conquis. Jusqu’au jour où un jeune berger de rien du tout décide de relever le défi. Gigi Bigot, conteuse professionnelle évite la monotonie par une interprétation très vivante qui accroche d’emblée l’auditeur. Elle donne le ton avec brio et la composition sonore de Gabrielle Compan s’ajuste parfaitement au rythme de la voix, avec quelques phrases musicales à l’accordéon et de rares bruitages toujours justes. L’illustration de Maximiliano Luchini est savoureuse, poétique et drôle.
La morale de l’histoire est qu’il n’y a pas de petit mensonge et qu’on peut l’emporter sur plus grand que soi. L’album se termine par l’explication de quelques expressions par la conteuse, trois textes de chansons sur le thème du mensonge (drôle) et la Complainte de Gigi : éloge du rêve, ainsi que par la lecture du générique. Ce conte breton revisité par Gigi Bigot est une vraie réussite et petits et grands ne s’ennuieront pas une seconde.
Existe en livre CD avec transcription braille. A recommander à partir de 4 ans et plus.

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