couv

(Ne prend pas en compte les mots de moins de quatre lettres)

Croqu’livre

L’Association
> Le CRRLJ
Nouveautés
Sélections annuelles
Sélections thématiques
Formations
Groupes lecture
Temps forts
Contact
Quoi de neuf

Le livre jeunesse en Franche-Comté

Auteurs-illustrateurs
Conteurs
Associations
Editeurs
Salons et évènements
Prix et concours
Spectacles

...et au-delà

Actualités
Spectacles
Expositions
Liens

Dernière mise à jour :
dimanche 25 septembre 2016

Mot Clé : Relation à la mère




Album(s) :


coup de coeur Mère Méduse / Kitty Crowther. - Ecole des Loisirs (Pastel), 2014

C’est par une nuit de pleine lune que Méduse a mis au monde Irisée. Sa toute petite au creux de sa chevelure infinie, elle murmure d’un souffle : "Tu es ma perle et je suis ton coquillage". Douceur des tout premiers temps d’une maternité exclusive (ici, pas de père). Dans ses rêves les plus fous, elle et sa fille se suffisent à elles-mêmes...Seulement, Irisée grandit. Elle aimerait aller à l’école avec les autres enfants. D’abord réticente, Méduse finit par lâcher un peu de son emprise, petit à petit...

Un album magnifique, envoûtant. Il interroge la relation à une mère excessive, tant rassurante qu’étouffante, presque inquiétante, mais jamais monstrueuse. De rassurante et protectrice la chevelure ensuite emprisonne et empêche de grandir. Grâce au désir d’autonomie de la petite, la mère parvient peu à peu à se défaire (à les défaire toutes deux) de ce poids. L’eau, omniprésente comme souvent chez Kitty Crowther, prend une portée toute symbolique dans cette histoire de mère. Coup de coeur. Ewa Bochenski

A partir de 5 ans

vidéo de Kitty Crowther

coup de coeur Yoshka / S. Du Faÿ ; G. Keraval. - Seuil. 2013

Yoshka a grandi dans la nature, au contact des éléments et des animaux sauvages. Dans cet « espace sans limite », il est devenu « fort comme un ours », « aussi rapide que le vent », et courageux malgré sa taille de crevette. Puis Yoshka et ses parents sont arrivés dans la ville des gratte-ciels immenses. C’est alors par la musique, expression d’une nature libre, qu’il s’épanouira et réussira un petit miracle...
Yoshka écoute sa propre histoire, racontée par sa mère fière de le voir grandir ; tous les deux revivent intensément les moments forts de sa vie. Et le lecteur vibre avec eux, porté par les illustrations douces de Gwen Keraval.

coup de coeur Le livre de maman / I. Chabbert ; C. Bondon. - Des Ronds dans l’O. 2013

Histoire touchante d’une fillette attentive à sa mère illettrée, à laquelle elle apprendra à lire patiemment. Rôles inversés, complicité sans pareille.
Édité en partenariat avec Amnesty International qui pointe "le rôle clé de l’accès à l’éducation. Un droit dont sont privées encore trop de personnes et pour lequel Amnesty International est amené à se mobiliser."

coup de coeur Dis, tu dors ? / S. Blackall. - Didier. 2013

Il y en a une qui aimerait bien dormir mais son fils ne l’entend pas de cette oreille. Il veut des réponses à ses pourquoi, qui appellent d’autres pourquoi.
Elle est patiente et un brin épuisée, lui est curieux, malicieux, insatiable, mère et fils forment une équipe irrésistible.
Les expressions très réussies, dans des vignettes rondes qui renforcent la complicité, transforment cette insomnie en un moment inoubliable. Et pas de jaloux, le papa aura bientôt son lot de questions !

coup de coeur Mon arbre / I. Green. - Didier. 2013

Un ravissement graphique que cette relation toute particulière d’un tout petit au monde, à sa mère... Aussitôt sorti de son cocon, il arpente son arbre, rencontre un chat et cherche avec lui où se lover. Il faudra tester plusieurs nids avant de trouver l’« endroit parfait pour moi et pour mon chat ! »
Nous aimons décidément beaucoup Ilya Green, qui fait encore une fois merveille avec ici un jeu d’opposition entre couleurs vives et harmonieuses et densité du noir. Elle suit l’enfant dans ses découvertes, l’encourage vers son autonomie et lui apporte au final une tendresse qui s’impose avec évidence...

coup de coeur Maman est là ! Un conte enchanteur des steppes de Mongolie / I. Ganbaatar ; B. Bolormaa. - Syros

Venu du fond de la taïga, au cœur des neiges éternelles, ce conte de randonnée, originaire de Mongolie du Nord, nous invite au côté d’une maman qui, dans le creux chaleureux d’une Yourte, veille de tout son amour sur le sommeil paisible de son bébé. L’envergure maternelle de cette éleveuse de rennes distille une intensité propre à désarmer tous les dangers, même les plus redoutables… N’en déplaise aux nombreux renards malveillants en quête d’un enfant savoureux à se mettre sous la dent ! Oui, mais… Il reste que la maman doit parfois s’éloigner pour nourrir son bébé. Tandis qu’elle sort de la tente et rejoint son troupeau en entonnant son chant quotidien : « Turlutu ! Tourloutou ! Tirliti ! (...) Donnons plein de bon lait à mon bébé » le renard à l’affût du moindre manquement de la mère, rôde autour de la tente, s’apprêtant à tout instant à bondir sur l’enfant...
De vastes illustrations en pleines pages, dessinées aux crayons pastels, présentent un exotique chassé-croisé entre un félin rusé et une mère louve maitresse de la survie et de l’ingéniosité. Bref, « Maman est là ! » et les enfants pourront s’endormir rassurés.

coup de coeur Dans les jupes de maman / C. Fives ; D. de Monfreid. - Sarbacane

Dans cet album au graphisme rouge blanc et noir, les diverses jupes féminines sont mises à l’honneur ! Reniflant l’odeur délicieuse des habits de maman, le petit garçon de l’histoire, qui aimerait vivre perpétuellement lové dans ces tissus, va épouser son fantasme de manière onirique. Sous les jupes courtes ou longues de la mère - en forme de volet que le lecteur peut soulever - se cache une petite bouille enfantine qui expérimente un logis protecteur peuplé de découvertes initiatiques. Davantage espace de transition que lieu de régression, les dessous de maman deviennent des vecteurs idéaux pour voyager dans le monde des grands.
La figure péjorative de l’enfant pendu aux robes de sa mère, en s’incarnant ici au sens littéral, prend un sens évolutif et inédit à découvrir.

coup de coeur Joseph Fipps / N. Robert ; G. Godbout. - La Pastèque. 2013

Quel enfant n’a jamais eu la tentation, le temps d’un instant, d’avoir une autre maman… Mais Joseph se laisse emporter et prononce la phrase de trop : « Tu es méchante et je veux une autre mère ! » « Très bien », répond sa mère exaspérée par sa désobéissance, « Je connais une maman qui voudra peut-être s’occuper de toi. C’est une maman morse et elle habite sur la banquise. » Et voici que Joseph parti bouder se trouve nez à nez avec une maman morse…
Le texte est un peu décousu mais les illustrations aux teintes pastel saisissent avec bonheur les moues et mouvements de ce petit garçon rêveur, aventurier et frondeur qui prend la mesure de son attachement à sa mère.

coup de coeur La clé / I. Flas ; A. Masson. - Mijade

« N’ouvrez à personne pendant mon absence ! » dit cette mère à ses trois fils en partant faire des courses. Elle n’espérait pas tant d’obéissance lorsque, rentrant sans sa clé, elle leur demande de lui ouvrir.
Sur le schéma du conte Le loup et les sept chevreaux, une parodie moderne et gentiment effrontée sur la vie de famille. De part et d’autre de la porte, nous observons la joute verbale entre les enfants qui jouent au plus fin et la mère excédée et impuissante. Une revanche, si brève soit-elle, sur l’autorité parentale !

coup de coeur Douze / G. Le Gac. - Actes Sud

12 tableaux cousus de fils de couleurs, 12 moments de la vie d’un tout petit, 12 émotions égrenées avec affection par une mère attendrie : « mon râleur... mon rêveur... mon rieur »... Quelques objets caractéristiques de la petite enfance accompagnent le bébé pour un ensemble de tableaux très doux.

coup de coeur La mère du héros / R. Malos, F. J. Malo ; M. Pourchet. - Oqo

Voici Dick Van Dycke, chevalier réputé pour être « la plus fine lame du royaume ». Il est chargé par le roi de régler une histoire de dette auprès du terrible chevalier noir. Rien de plus facile à l’entendre...
L’histoire devient truculente avec l’intrusion de la mère qui ne lâchera pas son fiston d’une semelle pendant sa valeureuse mission. Tant de soins excessifs et de remarques embarrassantes, quelle honte pour lui ! Mais elle lui sera également d’une aide précieuse en faisant preuve de bon sens et d’empathie envers ses adversaires.
Une mère haute en couleurs, un fils qui n’est plus que l’ombre de lui-même à ses côtés, le duo fonctionne à merveille grâce à un texte très enlevé, aux dialogues vifs, et une illustration aussi soignée que drôle.

coup de coeur Chapeau-renard / Seungyoun Kim. - Didier

Entre rêve et réalité, l’histoire d’une petite fille qui s’est vue confier un renardeau par sa mère partie chasser. Elle, timide, qui aimait la solitude ne peut bientôt plus quitter son nouveau compagnon, qui fait presque corps avec elle.
L’ouverture sur le monde tout en douceur, originalité et complicité, via le règne animal.

coup de coeur L’ Enfant-Phoque / N. Heidelbach. - Les grandes personnes

C’est toujours un plaisir de retrouver l’univers de Nikolaus Heidelbach, étrange, décalé. A la fois doux et dérangeant.
Le narrateur de l’histoire est un petit garçon, fils de pêcheur. Avec sa maman, il découvre l’univers sous-marin, qu’elle lui dépeint inlassablement. « Mais comment maman pouvait-elle savoir tout ça ? » La réponse se trouve-t-elle dans sa disparition, un beau matin ? Et cette disparition a-t-elle un lien avec sa découverte, la veille, d’une peau de phoque ? Ce qui est sûr, c’est que la disparition de la mère n’est pas du tout anxiogène, qu’elle participe juste d’un mystère qui fait partie intégrante de la vie de cet enfant-phoque.
Le lecteur pourra lire et relire à l’envi cet album initiatique envoutant aux confins de l’univers du conte.

coup de coeur Des myrtilles pour Lily / R. McCloskey ; C. Bonhomme. - Le Genevrier. - (Caldecott)

Petite Lily et Petit ours, accompagnés par leur mère respective, cueillent des myrtilles. Plaisir du fruit mangé sur place, chacun à son rythme... Mais voilà que Petite Lily et Petit ours, s’étant attardés en chemin, se trouvent nez à nez avec une maman qui n’est pas la leur !
Bonheur de se promener dans la nature avec sa maman, frayeur d’être séparé (du côté des mères en tout cas ! Les petits, eux, emboitent tranquillement le pas à leur nouvelle maman)... Le texte, parsemé d’onomatopées, est en harmonie avec l’illustration en crayonné bleu, pour une belle randonnée en miroir. Un véritable plaisir de lecture, notamment à voix haute.

coup de coeur L’ écuyère / Elzbieta. - Rouergue

Une « maman à une place » ne peut, ne veut avoir qu’un enfant ! Et quand bien même le deuxième enfant est déjà là... « C’est complet ! » La mère et son aînée refusent l’arrivée du troisième membre de la famille, c’est le début des ennuis, des abandons, des violences...
On suit le destin de Madame Irma, Poupi, Titine et tous les autres avec un fort intérêt mêlé d’inquiétude. Les vignettes d’Elzbieta, illustrations en papier mâché, alternent avec un texte court et percutant et énumèrent les nombreuses épreuves (commissariat, foyer des enfants, famille d’accueil...) avant que notre héroïne, doucement déterminée, puisse trouver sa place.

coup de coeur Dans l’herbe / K. Sakaï ; Y. Kato. - Ecole des loisirs

Yû-chan s’éloigne un peu, un tout petit peu de ses parents. Et là voilà dans les hautes herbes à découvrir un papillon, un sauterelle, des oiseaux... L’émerveillement des découvertes est bientôt teinté de peur. Quel sont tous ces bruits ? Où est maman ?
Un album très sensoriel qui rend palpable le plaisir d’être dans la nature ; et de retrouver sa maman, repère fidèle !

coup de coeur Un peu perdu / C. Haughton. - Thierry Magnier

Oh-Oh ! Tombé du nid, Bébé Chouette... dans son sommeil ! Il entreprend de retrouver sa maman avec l’aide d’un écureuil qui se fie aux indices parcellaires du petit. Des oreilles "pointues... comme ça !", des yeux immenses... comme ça ! Il faudra visiter quelques animaux avant les retrouvailles.
Une histoire somme tout assez classique dans l’intrigue mais qui se distingue par un choix très heureux des couleurs et des expressions qui font mouche, dans un minimalisme qui exprime l’angoisse du petit (et de la mère surtout !) sans se départir d’un humour joyeux.

coup de coeur Ma mère en vacances / G. Raisson ; M. Bardos. - Ecole des loisirs. - (Pastel - Off)

Ma mère aux sports d’hiver ... Tout un poème. Il faut penser à tout, pour être bien équipé. L’occasion d’une éternelle ritournelle chantée par maman lorsque fiston s’habille, se déshabille et la fait tourner en bourrique. Ma mère à la campagne sera-t-elle plus zen ? Pas si sûr avec tous ces envahisseurs si effrayants pour une citadine !
Drôle et rythmé, plus réussi dans la saison d’hiver !

coup de coeur Ammi / P. Favaro ; F. Malaval. - Mas(s)ala

La vie est si fragile. Hier, la plénitude, dans le giron d’une mère. Aujourd’hui, tout est détruit. Où est Ammi ? Où est la mère de cette petite fille perdue dans les décombres de sa maison ? Heureusement, Ammi-chat est là pour apporter un peu de réconfort. Toutes les mères ne sont-elles pas des refuges sûrs et inconditionnels ?
Un album riche et splendide, imprimé en sérigraphies sur papier artisanal qui exprime avec force couleurs et émotions. A commander aux éditions Massala. (Adresse à laquelle vous pourrez poursuivre l’histoire à rebours en découvrant toute la génèse du livre !)

coup de coeur En attendant maman / T.J. Lee ; D.S Kim. - Didier

Un enfant, haut comme trois pommes, seul, sur le trottoir. Il attend le tramway d’où descendra sa mère. Que peut-il ressentir ? Tout le monde s’agite autour de lui ; les tramways passent... un, puis deux, puis trois... Toujours personne. Et la nuit bientôt, s’annonce... Ce garçon là semble patient, sûr de l’amour de sa maman.
Et de fait, elle finit par arriver, sans qu’on en sache davantage sur les circonstances de cette attente, de ces retrouvailles. La neige est là, les passants se sont dissipés, ne restent que ces deux êtres qui se sont enfin rejoints...
Certains lecteurs pourront ressentir une grande angoisse devant la solitude de ce petit ; d’autres se laisseront porter par l’ambiance sans pareil, où le temps est suspendu... Quoi qu’il en soit, la neige vient recouvrir doucement les tons verts et sépias de cet album atypique et se clôt sur un grand sentiment d’apaisement.

coup de coeur Prince Arthur et Princesse Leïla / B. Deru-Renard ; K. Aertssen. - Ecole des loisirs. - (Pastel)

Arthur a bien du mal à trouver la princesse idéale. Il faut dire qu’il est le fils unique d’une mère abusive qui donne et juge les épreuves accomplies par les candidates. De son côté, Leïla réussit à s’échapper de son palais et d’un futur mari non désiré. Elle arrive par hasard dans le château d’Arthur, dont elle devient très vite la complice. Les deux tourtereaux réussiront à surmonter l’obstacle qu’est la mère d’Arthur...et même plus !
Les adultes ne manqueront pas de sourire à la chute de ce petit conte.

Roman(s) :


coup de coeur Ava préfère l’amour / M. Bernard. - Syros. 2014

La mission de consolateur d’Ava est en stand-by dans la première moitié de ce quatrième opus et nous en apprenons davantage sur la grande révélation de la fin du tome précédent : pourquoi sa mère a tu à sa fille qu’elle aussi voyait les fantômes ? Comment a-t-elle pu l’abandonner ainsi à son sort ?
Se pose ensuite le dilemme de savoir s’il faut divulguer cette information aux fantômes, qui avaient déjà eu bien du mal à accepter Ava, et remettre ainsi en question l’identité du futur consolateur. Mais bientôt l’urgence est ailleurs, en la personne -le fantôme plus précisément- d’Edward qui met en danger Ava et tous ceux qu’elle aime. Sa puissance est telle qu’elle n’aura d’autre choix que d’expliquer l’inconcevable à ceux qui étaient jusqu’alors loin d’imaginer l’existence de fantômes. L’heure des révélations a sonné, comment son petit-ami réagira-t-il ?
Maïté Bernard maintient le suspense dans cette série décidément réussie qui mêle aventures fantastiques, quelques éléments historiques et surtout une psychologie très soignée -et suivie- des personnages.
Autre lecture
Où Ava ne peut jongler éternellement entre les vivants et les morts… Nous avions abandonné Ava dans le coma lors du volume précédent. Elle se réveille entourée de ses parents et des deux garçons qui comptent à ses yeux : Marco et Alistair.
Dès lors Ava est bien décidée à s’entretenir avec Victoire afin de comprendre pourquoi celle-ci n’est pas devenue une consolatrice. Mais il reste aussi plusieurs autres points à régler pour Eva : concilier sa mission auprès des fantômes avec ses relations avec les vivants qui l’entourent et retrouver Théo. Mais comment s’y prendre alors que les événements continuent à se précipiter autour d’elle ?
Un tome un peu différent puisque tourné vers le passé de la mère d’Ava. Mais nous continuons aussi d’apprendre de nouvelles informations sur le pouvoir des fantômes. Le destin d’Ava se dessine mais il va falloir attendre 2015 pour pouvoir lire le tome final de cette excellente saga. Son message ? vivre au présent, "chacun à sa place", "chaque chose en son temps".
« Tout ce que tu crois connaître de la vie et la mort est faux. Nous n’avons pas tous la chance de trouver une paix immédiate après notre décès. Les fantômes existent. Les vampires et les loups-garous sont un fonds de commerce hollywoodien, les anges une vaste supercherie, et les sorcières et les fées, comme on le sait des contes pour enfants. Mais les fantômes existent. Partout, tous les jours, tout le temps, tu marches au milieu des morts. ça te va, comme vision de l’existence ? »

A partir de 12 ans

coup de coeur Une voix en nord / V. Petit. - Oskar. - (La vie)

Marco a de grosses difficultés pour apprendre à lire. Le maître suggère a sa mère de l’aider chaque soir mais « tu ne préfères pas qu’on écoute Cloclo ? » répond-elle le soir… Marco comprend bientôt que sa mère n’est « pas finie », que ce sont ses 2 aînés qui gèrent le quotidien. Leur mère ne sait pas lire, Marco doit-il, pas fidélité, par loyauté, refuser d’apprendre à lire ? Doit-il continuer « comme maintenant à (se) méfier des lettres et des mots ? » Heureusement, Marco a un autre talent, une voix incroyable qui le mène à un concours de jeunes talents. Mais là comme ailleurs, savoir lire est nécessaire. Quel dilemme…
Le petit garçon est pris en tenaille, refusant de devenir comme ses aînés -responsables mais trop souvent moqueurs- mais tellement désireux de chanter et d’être reconnu… Les accents un peu naïfs par moments n’enlèvent rien à la sympathie qu’inspire ce jeune héros.
Autre lecture Marco adore chanter mais il ne sait toujours pas lire. Son enseignant demande à sa mère de l’aider mais celle-ci préfère l’inciter à écouter de la musique. Alors que les autres élèves se moquent souvent de lui, il devient soudain la coqueluche de l’école en raison de sa participation à un concours de chant télévisuel. Mais lorsqu’on lui tend les paroles d’une chanson à apprendre, Marco voit un gouffre s’ouvrir à ses pieds. Pris dans un conflit de loyauté, le héros ne sait plus s’il est autorisé à grandir. C’est la confrontation avec le monde extérieur qui va l’obliger à sortir de la cage où il s’était enfermé... Un très beau roman sur l’illettrisme, ses causes, ses conséquences.
« - Il n’est pas là, maman, je dis.
- Alors il faudra attendre qu’il rentre, répond maman. Moi je ne peux pas lire, j’ai perdu mes lunettes. J’entends Laura Ricaner du fond de son canapé.
- Et c’est vrai que j’ai beau me fouiller la mémoire, je n’ai encore jamais vu maman avec des lunettes.
 »

coup de coeur Le passage du diable / A. Fine. - Ecole des loisirs. - (Médium). 2014

Anne Fine emmène ses lecteurs dans un univers quasi surréaliste dans ce roman pour adolescents. David est atteint d’une maladie mystérieuse et vit seul avec sa mère, confiné dans sa chambre depuis tout petit. Sa seule distraction est une maison de poupées, réplique de la maison d’enfance de sa maman et seul bien qu’elle a conservé de son passé. Leur vie est bien morose jusqu’au jour où un médecin surgit dans l’appartement et va enlever David à cette mère qui n’a visiblement pas toute sa raison. Le monde du jeune garçon va alors basculer car il comprend que tout ce qu’il tenait pour la réalité jusque là est un mensonge. En effet sa maladie est une invention et il va devoir apprendre à vivre normalement et découvrir le monde extérieur. Même si l’hospitalisation de sa mère, qu’il chérit malgré tout, dure un peu trop longtemps à son sens, tout se passe bien pour lui grâce à la famille du docteur qui l’a accueilli sous son toit.
Ce serait trop beau et trop simple si l’histoire s’arrêtait là...
Secrets, meurtres, magie noire... la deuxième partie du livre ne nous épargnera rien et à vrai dire on en redemanderait tellement il est original et bien écrit !
Autre lecture
Les premières années de sa vie, Daniel les a passées alité, surprotégé par une mère inquiète, douce et taiseuse. Mais il découvre du jour au lendemain qu’il n’est aucunement souffrant. Sa mère est internée, se pend par désespoir de ne plus pouvoir protéger son fils.
Daniel est accueilli par la famille du médecin qui l’a sorti de sa prison dorée et il retrouve un certain équilibre, bien qu’il se demande pourquoi sa mère l’a ainsi privé de son enfance. Il aime jouer avec la plus jeune des filles à la maison de poupées, seul legs de sa vie passée. Mais une des poupées leur procure de bien étranges sentiments, semble capable de maléfices…
En faisant la connaissance de son oncle, son unique famille, tour à tour charmant et menaçant, Daniel va faire l’expérience d’une véritable violence. Il comprend qu’il pourrait bien être le suivant sur la liste des nombreux morts de la famille…
Nous tremblons avec Daniel plongé dans un univers de haine qu’il ne comprend pas. Guidé par la maxime « Le diable ne peut arriver à ses fins sans votre aide. Il ne triomphe que si vous lui ouvrez la porte », Daniel affronte courageusement le passé, pour s’affranchir d’une menace qui n’a que trop longtemps pesé sur sa famille. Un thriller efficace à la langue soignée.

coup de coeur Un de perdu / G. Abier. - Sarbacane

D’un côté il y a Enzo, 12 ans, qui a des preuves quotidiennes qu’il encombre ses parents. En réalité, pas tant que ça puisqu’ils s’en débarrassent (à la bibliothèque, à l’école…) à chaque fois qu’ils ont envie d’une escapade amoureuse. De l’autre, il y a Mélanie dont le fils a disparu dans la rue, il y a 5 ans, et qui n’a jamais renoncé à l’espoir de le revoir un jour. Leur chemin peuvent-ils se croiser ?
Une histoire forte, bien qu’un peu rapide et dressée à grands traits, parce qu’elle interroge le manque, le besoin d’amour, la nécessité de se raccrocher à la vie.

coup de coeur Ma tante est un cachalot / A. Provoost. - Alice. - (Deuzio)

A l’âge où elle croit encore aux légendes et créatures magiques, Anna se voit soudain confrontée à la violence du monde réel. Lorsqu’elle fait la connaissance de sa cousine Tara, elle ne voit en elle qu’une gamine capricieuse, revêche, fermée aux autres et curieusement collée aux basques de son père. Mais son comportement étrange l’intrigue, de même que, bientôt, son insistance à rester de plus en plus souvent chez Anna. Un drame va accentuer encore toutes les tendances de la petite fille. D’indices troublants en confidence à demi-mots, Anna comprend le terrible secret de sa cousine. Comment lui venir en aide ?
Le récit ne trouve pas sa résolution dans la mise au jour de l’inceste. Il traite tout autant de notre difficulté à affronter la violence qui nous entoure. Refuser de voir, éluder, travestir la réalité, mourir... nos capacités de fuite sont légion. Mais celle de résilience également, et les baleines joueront en ce sens un rôle majeur…
Les personnages bénéficient d’une finesse et d’une compréhension qui évitent tout manichéisme. L’auteure a su rendre la difficulté d’interprétation de l’enfant qui s’étonne de certains comportements, pressent des dysfonctionnements mais ne possède pas les clés pour les interpréter. On ne peut être aussi indulgents envers les adultes qui, longtemps, restent bien défaillants...

coup de coeur Je vous écrirai / P. du Bouchet. - Gallimard. - (Scripto). 2013

Un roman ambitieux et de facture classique : l’histoire d’un individu et d’une famille située dans le cadre d’événements historiques, qui vont de la Révolution bolchévique de 1917 jusqu’à la guerre d’Algérie en passant par la deuxième guerre mondiale. Les événements de l’histoire personnelle et familiale se situent pour la plupart vers la fin des années cinquante. Le personnage principal, une jeune fille prénommée Amalia, est née en 1938, et au cours de l’intrigue elle découvre ses origines cachées. Le deuxième personnage du roman est sans doute sa mère, une femme simple dépassée par les événements dramatiques qui ont compliqué, et qui vont compliquer encore, sa vie de famille. Elle sombre lentement, péniblement, vers la mort, dans un mouvement en contraste évident avec l’essor de sa fille, qui s’épanouit à Paris aussi bien dans sa découverte du théâtre que dans ses études de philosophie.
Le roman est dense, raconté en grande partie par les lettres que les personnages s’écrivent. C’est un livre pour bons lecteurs qui ont l’habitude des lignes narratives qui passent d’une époque à l’autre.
Autre lecture
Septembre 1955, c’est une nouvelle vie qui commence pour Malia : jeune étudiante douée, elle a obtenu la permission de poursuivre ses études à Paris, de loger avec sa grande amie, Gisèle. Mais rien n’est joué tant sa mère a du mal à la voir partir, à la laisser vivre sa vie. Et les choses ne s’arrangent pas lorsque son père meurt. Malia est partagée, elle aime de tout cœur sa mère, si simple, si généreuse qui ne vit que pour elle. Mais elle aspire à une vie tellement plus riche, ouverte sur le monde… Elle découvre à Paris la politique, le théâtre, l’amour… Et tandis que son monde s’élargit, sa mère sombre dans la folie et appelle Malia à ses côtés, de tout son être.
Un roman qui commence comme le récit d’émancipation d’une jeune fille et se referme sur une quête trouble d’identité. Malia, qui s’est toujours sentie si différente, apprend qu’elle n’est pas la fille biologique de ses parents. Les secrets de la guerre ressurgissent...

coup de coeur Big easy / R. Sepetys. - Gallimard. - (Scripto). 2013

On peut être parent et néanmoins une belle ordure, la mère de Josie le démontre à foison ! Voleuse, menteuse et bientôt criminelle, cette mère a laissé l’éducation de sa fille aux soins de Willie, la tenancière de la maison close où elle travaille, à Charlie et son fils, libraires passionnés. Grâce à eux, elle a grandi sans être trop abîmée par la vie, a une solide culture littéraire et l’ambition d’aller à l’université de Smith. Mais même loin de chez elle, peut-elle prétendre, elle, fille de prostituée au cursus atypique, à une place sociale qui n’est pas la sienne ? Culottée et déterminée, Josie s’évertue à mettre en place son rêve mais la Nouvelle Orléans des années 50 dressera de nombreux obstacles sur sa route.
Ruta Sepetys a l’art de nous entraîner dans des intrigues nourries où l’histoire marque son empreinte. Le style est extrêmement vivant, retranscrit les accents des divers personnages hauts en couleurs, nous sommes aux côtés de Josie, vivons dans le même souffle, avec elle, ses tourments et ses aspirations.
Autre lecture
Josie Moraine veut s’en sortir. Fille d’une prostituée et habitante du Quartier français de la Nouvelle Orléans, elle souhaite s’échapper par le haut, partir faire des études dans un autre état. Mais dans les années 50 il n’est pas simple de fuir son passé et sa condition sociale. Alors, il y a son quotidien, la boutique de livres dans laquelle elle a trouvé refuge dès son plus jeune âge et la maison close où elle va faire des ménages. Le meurtre d’un riche entrepreneur va bouleverser son destin... Arrivera-t-elle à trouver le bonheur ?
Un roman sombre et lumineux à la fois. L’histoire est racontée par la jeune héroïne qui oscille entre espoir et fatalisme. Pourtant elle ne renonce jamais à lutter même lorsque son avenir devient noir. Il y a de la tragédie antique dans ce récit mais aussi beaucoup de positif avec notamment la chaleur humaine que lui apporte les simples gens de son entourage, l’amitié et l’amour. Son rêve est-il possible ? Est-il envisageable pour une femme des années 50 de réussir sa vie ? L’histoire se construit par l’éparpillement d’indices. Il n’y a aucun temps mort. Un magnifique roman porté par une écriture envoûtante.
« - Les grandes décisions, déclara-t-il, voilà ce qui façonne notre destinée. Et, sans même ouvrir le livre, il se mit à réciter un passage de David Copperfield : "Deviendrai-je le héros de ma propre vie, ou bien cette place sera-t-elle occupée par quelqu’un d’autre ?"
Acquiesçant d’un signe de tête, je terminai la phrase avec lui :
- "A ces pages de le montrer."
Nous étions tous les deux là, en face l’un de l’autre - deux inconnus qui se comprenaient parfaitement
 »

coup de coeur La grande môme / J. Leroy. - Syros. - (Rat noir). 2013

Avant, elle était Dora Suarez. Elle avait bien conscience d’avoir une vie particulière, à déménager aussi souvent mais pas de quoi s’inquiéter. Et puis il y a eu la prise d’otage, la blessure par balle, la découverte du passé de sa mère et la nécessité de s’habituer à sa nouvelle identité et à sa vie avec ses grands-parents jusqu’alors inconnus. Sans compter l’absence de sa mère maintenant en prison...
Le lecteur découvre page après page l’enchaînement des faits passés et l’encrage difficile dans le présent. C’est un véritable cataclysme que Dora/Emilie subit, mesurant les ravages du passé politique de sa mère dans un mouvement d’extrême gauche actif.
Le puzzle se met en place lentement, favorisant le suspense au détriment d’une véritable explication des motivations politiques de la mère. Mais le thème de l’engagement étant si peu traité en littérature jeunesse, on ne peut que saluer ce titre.

coup de coeur Manhattan girls, Tome 3 : En mode vip / J. Philbin. - Albin Michel. - (Wiz)

Hudson a comme passion la musique mais la célébrité de sa mère lui pèse et elle souhaite ne pas suivre le chemin de star que lui est destiné. La popularité, les journalistes, le manque d’intimité l’accablent déjà. Cependant, comment décevoir sa maman qu’elle sent par ailleurs si fragile ? Il va donc lui falloir se battre et apprendre à dire non plutôt que construire sa vie sur des mensonges.
Ce tome peut se lire indépendamment puisque nous suivons la révolte d’une autre des Manhattan girls, pauvre petite fille riche. Même si vous n’aimez ni le milieu des stars ni celui des milliardaires, vous pouvez trouver un intérêt dans la lecture de ce conte qui, par la grâce de son héroïne, nous enchante.
« Quand je me suis retrouvée sur scène, je ne pouvais plus rien faire. Tous les trucs que ma mère n’avait pas arrêté de me dire ces dernières semaines - que je ne chante pas comme il faut, que je ne danse pas comme il faut, que j’ai les bras trop raides, que je ne fais pas assez passer la chanson...- je n’avais plus que ça dans la tête. »

coup de coeur 3 femmes et un fantômes / R. Doyle. - Flammarion. - (Tribal). 2013

Polissonne, insolente, effrontée… voilà les mots que Mary récolte très souvent. Mais il est évident que cette liberté d’esprit plait à ceux-là même qui la réprimandent gentiment. Sa mère en premier lieu. Et sa grand-mère, qui se trouve actuellement à l’hôpital pour ses derniers jours. Une certaine Tansey sera également bientôt conquise. Cette femme, à la fois très jeune et démodée, inconnue mais si familière, va révéler sa véritable identité : elle est le fantôme de l’arrière grand-mère de Mary venue aider sa fille (et donc grand-mère de Mary) à passer le cap…
Les hommes sont exclus de l’histoire, axée uniquement sur la famille matrilinéaire. Les 4 générations de femmes se retrouvent pour quelques heures. Leur passé est convoqué pour affronter la perte à venir sans douleur... L’attachement entre elles fera la reste. Et Mary, qui en début d’histoire sentait l’imminence de la sortie de l’enfance et la fin de ses petits rituels, grandit d’un grand pas, bien encadrée...
Autre lecture
En rentrant de l’école, Mary rencontre une vieille dame qui lui donne un message à transmettre : « Dis à ta grand-mère que tout va bien se passer ». Si la jeune fille va bien délivrer cette parole à Emer qui est en train de mourir à l’hôpital, elle va aussi l’évoquer avec sa mère, ce qui va enclencher d’étranges événements...
Le récit entrelace la voix de trois générations de femmes. L’intrigue se noue par petites touches avec de nombreux retours en arrière. L’écriture est belle et changeante avec un mélange de poésie et d’images surprenantes : « ...les tâches de jaunes venaient s’écraser contre le mur comme autant de mouches blondes en train de se suicider ». Le thème principal, celui de la mort, associé à celui de la transmission est particulièrement bien abordé. Un roman original et tout simplement ...beau.
« - J’ai peur de ne plus jamais ouvrir les yeux.
- Je sais, dit Scarlett. Mais cette fois-ci, tu les as ouverts.
- C’est vrai. Je ne suis pas encore morte.
- Non, dit Scarlett avec un sourire, non, tu ne l’es pas.
- Voyons voir, dit grand-mère.
Elle ferma les yeux.
Elle les ouvrit.
- Juste pour vérifier.
- Elle les referma.
- Allez, ça va bien, dit-elle. Je suis trop en forme pour mourir aujourd’hui.
 »

coup de coeur Les filles de Cuchulainn / J.-F. Chabas. - Ecole des loisirs. - (Médium). 2013

Juste après le décès de son marin de mari, Mary découvre qu’elle est enceinte. De jumelles qui plus est. Mais Mary est forte de son amour, épaulée par un cheval d’une bien étrange nature qui seul semble pouvoir entrer en contact avec les fillettes...
Une ambiance insulaire, des personnages hauts en couleurs, une vie retracée dans les grandes lignes, fortes et teintées d’une aura mystique. Le roman est court, puissant dans son évocation de liberté via la figure du cheval, animal non asservi à l’homme mais profondément lié aux jumelles.
Autre lecture
Sur une petite île en mer d’Irlande, Mary, institutrice, a une vie calme, marquée seulement par la présence incongrue d’un cheval borgne et majestueux. La disparition en mer de son mari pêcheur et la naissance de ses jumelles vont modifier légèrement son existence. Mais sa principale préoccupation concerne le lien unique et exclusif de ses enfants avec le cheval. Quelle place occupe réellement l’animal dans leur vie ? Sera-t-il un élément positif dans leur existence ?
L’auteur semble nous demander de garder une part de merveilleux et d’inexplicable dans notre vie. Le cheval ressemble à une figure mythologique avec sa taille démesurée, sa puissance mais aussi sa stature et sa dignité qui lui interdisent d’accepter toute compromission avec l’homme. Il n’est pas là pour travailler mais bien comme un être à part entière. Sa relation privilégiée avec les jumelles, renforcée par l’absence du père, est au centre du livre. Il s’agit en définitive d’accepter les différences, de ne pas tenter de modifier la nature profonde des êtres qui nous sont chers mais d’y déposer un amour inconditionnel...
« J’ai su, scrutant mes filles dans la pénombre, qu’elles auraient une vie heureuse, parce qu’elles avaient une mère aimante, qu’elles s’ouvraient aux autres, et qu’un cheval leur avait enseigné des principes immémoriaux.  »

coup de coeur Traversée / E. Savasta. - Ecole des loisirs. - (Théâtre)

Un magnifique texte théâtral, qui soulève chez le lecteur une vague d’émotions intenses. Une écriture sobre et puissante. Les deux héroïnes, dont l’une est sourde et s’exprime en langue des signes, sont unies par un lien très fort et rien ne semble pouvoir les séparer. Mais elles vivent dans un pays totalitaire où les femmes ont un avenir tout tracé. Youmna transmet sa force à Nour et elle lui permettra d’échapper à la condition à laquelle son avenir de femme sourde et soumise semblait la destiner.
Autre lecture
Pièce de théâtre en trois actes. Nour vit avec Youmna qui est sourde. Elle l’élève comme sa fille, à l’aide d’un fort rituel quotidien, jusqu’au jour où la mère naturelle de Nour la réclame. La seconde partie de l’histoire est consacrée au voyage, à la traversée vers un ailleurs. Enfin c’est l’arrivée et la nécessaire reconstruction avec comme clé la petite boîte que Nour ne doit ouvrir que lorsqu’elle sera femme...
L’écriture poétique, remplie de monologues, est belle et envoûtante. L’histoire est forte. Elle interroge sur ce qui fait une mère et les renoncements qu’elle implique. La fin, surprenante, éclaire différemment tout le récit. Un beau texte.
« Je suis comme un colis qu’on déplace d’un endroit à un autre. On demande rarement à un colis son avis sur la situation. Je ne peux pas voir le paysage. J’ai chaud. Je crève de soif au milieu de ces fruits pleins d’eau. Celle que je vais rejoindre a dû s’imaginer que je voyagerais comme une princesse. La vérité c’est que je voyage comme une pastèque. »

coup de coeur Le coeur des louves / S. Servant. - Rouergue. 2013

Célia revient habiter dans le village de sa grand-mère, espérant vaguement que sa mère tourmentée pourra y trouver un apaisement. Mais elle retrouve très vite l’ambiance qu’elle détestait déjà enfant, pleine de secrets, de méfiance, de superstitions de la part des villageois. Seule Alice, jeune fille de son âge, lui donne la sensation d’être un peu elle-même. Toutes les deux, pour échapper à ce climat délétère et à leur famille torturée, prennent le chemin des bois pour vivre ce bonheur simple de se sentir en harmonie avec ce qui les entoure. Mais peut-on vivre indéfiniment loin des hommes ? Peut-on fuir une vérité qui demande à voir le jour ?
En reconstituant bribes par bribes, entre passé et présent, l’histoire de sa famille et du village, Célia fait le difficile travail de se libérer de « toutes les chaînes d’angoisse de l’enfance et de l’adolescence ».
L’histoire est celle d’une adolescente en souffrance mais s’étoffe très vite et se tricote avec celle de ses ancêtres pour s’enfoncer toujours plus profondément dans les entrailles du passé, de la forêt, du cœur des hommes. Et ce que l’on découvre échappe à tout manichéisme, la souffrance étant le lisier de tant de tragédies. Chacun s’en arrange selon ses moyens, prenant le chemin de la vengeance, de la folie, de la carapace... mais personne n’en ressort indemne ; les femmes, premières victimes, ne sont pas les moins fortes...
Un roman dense (540 pages), à la narration éclatée, qui force sur les thème difficiles mais reste très prenant ; à réserver aux bons lecteurs.

coup de coeur Le coup de kif / G. Constant. - Oskar. - (La Vie). 2013

Karel a toujours été attentive aux mots. Pas pour être à la mode mais pour être précise, comprise. Lorsqu’elle rencontre Lucas, elle met du temps à trouver les mots justes pour décrire ce qu’il provoque en elle : "kiffe, c’est rapide, c’est agressif, et le désir c’est ça, une brulure qui monte en deux secondes et perfore l’estomac, genre ulcère des sentiments." Dans sa tentative d’approche du beau Lucas, Karel cheminera dans la relation avec sa mère, dans sa réflexion sur son avenir et vers la découverte de l’amour. Mais pas celui fantasmé…
Un roman aussi intéressant dans sa forme (réflexion sur la langue) que dans le thème : la jeune fille dans l’exploration d’elle-même et des autres nous attache à sa singularité en quelques pages percutantes.
Autre lecture
Karel a le coup de foudre pour un nouvel élève de terminal. Elle va tenter de l’aborder par le biais de la lecture car elle a vu qu’il lisait Les yeux d’Elsa d’Aragon. Mais Karel est plutôt Hunger Games. Il va lui falloir trouver un moyen de comprendre celui qu’elle kiffe. Or Lucas veut intégrer une prépa après le bac alors que la jeune fille ne s’est pas encore interrogée sur une éventuelle poursuite d’études...
Récit d’une tentative de rencontre entre deux mondes que tout oppose mais aussi courte épopée d’une difficile conquête de soi. L’écriture, à l’image de l’adolescente, oscille entre plusieurs mondes, celui des adultes et celui des "jeunes". De très beaux passages et une fin ouverte.
« ça n’a l’air de rien comme ça, mais je ne m’étais jamais retrouvée en panne de mots. Avec toutes ces manières de parler qu’on a, et même si, comme je l’ai déjà dit, j’avais une préférence pour le "courant", je croyais naïvement qu’on pouvait passer par tous les états et la ramener quoi qu’il arrive, surtout pas demeurer quoi qu’il arrive, surtout pas demeurer coi. Et là, j’en étais réduite à sucer des miettes de chocolat avec, sur le bout de la langue, un mot qui ne voulait pas venir, peut-être parce qu’il n’existait pas. »

coup de coeur Une guitare pour deux / M. Amato. - Nathan. 2013

Lyla se doit d’être douée avec son violoncelle, pour être à la hauteur de sa mère disparue. Mais que cet instrument lui pèse... Tripp lui a BESOIN de sa guitare, mais sa mère la lui a confisquée pour l’obliger à se concentrer sur ses études et sa vie sociale. Ils vont partager un jour sur deux la salle de répétition prêtée par le collège et ne sont donc pas destinés à se rencontrer. Mais ils échangent des petits messages, d’abord utilitaires et agacés puis très vite complices, autour de leur guitare pour deux, exutoire commun. Petit à petit, la musique, puis l’écriture leur donnent confiance en eux et les rapprochent.
Une intrigue au déroulement convenu mais dont les personnages attachants, avec leurs failles et leur passion, garantissent une lecture agréable et facile. Avec en prime les partitions et l’écoute en ligne des chansons composées pour le roman.
Autre lecture
Deux jeunes se rencontrent grâce à leur amour de la musique. Tripp a pour passion la guitare depuis la mort soudaine de son père. Seulement sa mère décide de l’en priver en espérant l’obliger ainsi à s’intéresser à nouveau à l’école et à se faire des amis. Lyla est une jeune violoncelliste douée. Mais son rêve est d’arrêter cet instrument qui l’angoisse. Le chemin des deux adolescents va se croiser...
Un roman d’été, frais et pétillant. De nombreux échanges se font par lettres et par mails. L’intrigue avance en même temps que leur complicité se fait jour. Le thème de la pression parentale est bien travaillé. La musique et l’écriture de paroles sont au centre du livre. Comme si à l’incompréhension momentanée des adolescents par leur parent, ils ne peuvent que répondre par l’invention d’un langage propre à cet âge des possibles.
«  Je sais que tu vas être furieux, mais tu n’as pas respecté ta part du contrat. Tu n’as pas avancé dans tes lectures cet été, ni fait ton devoir de maths. Tu es resté cloîtré dans ta chambre à jouer de la guitare. On dirait que tu ne peux plus t’en passer, que c’est devenu une vraie drogue. C’est malsain et ça te coupe du monde. Tu es capable d’obtenir d’excellentes notes. Si tu n’obtiens que des A pendant le premier semestre et si tu fais des efforts pour être un peu plus sociable, tu pourras récupérer ta guitare. Bisous,
Maman
 »

coup de coeur Je suis un arbre / C. Zalberg. - Actes Sud. - (D’une seule voix). 2013

Sa mère est comme ça depuis si longtemps : ravagée par l’alcool… Et Fleur, depuis le divorce, est là comme un roc, comme un arbre, toujours présente pour aller chercher sa mère dans les bars, l’aider à se coucher, régler le quotidien et l’administratif. Heureusement son amie Louna partage son histoire. Avec elle, elle va réussir un petit miracle. Temporaire, éphémère. Mais un miracle qui efface pour un temps l’ardoise des douleurs et des peurs.
Texte court où la souffrance n’arrive jamais à écraser les espoirs de deux jeunes filles plus fortes que les douleurs de leurs parents.

coup de coeur Tous les matins depuis hier / C. Castillon. - Ecole des loisirs. - (Neuf)

Dans le bus conduit, comme tous les matins, par sa mère, Manon, 9 ans, a le coup de foudre. L’histoire de cet amour est au cœur du livre et ce sentiment est traité avec respect. Mais ce sont surtout les relations de Manon avec ses parents qui sont tellement justes. La sensation d’étouffement et d’exaspération des enfants du fait d’une mère aimante et si attentionnée est très bien décrite.
Autre lecture
Manon rêve de Cindy Pacosa, une starlette glamour, mais son quotidien est tout autre avec une mère tellement attentive, mais tellement à côté de la plaque... Manon aime sa mère très fort, et elle ne peut que jouer les enfants sages pour ne pas lui déplaire mais elle aimerait lui faire comprendre qu’elle change ! D’autant plus depuis qu’un mystérieux jeune homme monte dans le même bus qu’elle. Elle est bien décidée à organiser une boum et y inviter Xavier...
Une héroïne narratrice attachante. Entre fidélité à ses parents, esprit critique naissant et volonté de s’affirmer, Manon est pressée de grandir mais pas à n’importe quel prix. Elle prend son temps et les moyens de ses ambitions et goûte aux premiers frissons de l’amour…

Autre lecture
On connaissait Claire Castillon pour ses romans adulte, mais moins pour la jeunesse. Manon, 10 ans, est une petite fille discrète mais avec plein d’idées et un caractère bien arrêté. Sa vie de petite fille est remplie de son école et sa meilleure copine Nelly, de ses vacances chez ses grands-parents qu’elle adore, de ses parents qui l’aiment trop (selon elle) et sur lesquels elle porte un regard à la fois rude et tendre, et surtout de sa passion pour la super chanteuse Cindy Pacosa. Mais, le jour où un garçon aux regard vert et aux fossettes de 6me monte dans le bus, Manon perd tous ses moyens. En même temps, elle se découvre une toute nouvelle énergie, et encore d’autres envies, entre enfance et adolescence. Très bon roman, plein de vie et léger à la fois, qui traite le passage délicat de l’enfance vers l’adolescence, avec toutes ses peurs et ses rêves.

coup de coeur Un été sous les oliviers / M. Vermande-Lherm. - Flammarion. 2013

Maddy est en vacances sous le soleil d’Espagne avec sa mère et son petit frère. Plaisirs d’été, sa mère s’offre une peinture de leur lieu de vilégiature auprès d’un peintre de rue. Le jeune qui acompagne l’artiste, légèrement bossu, intrigue Maddy. De fil en aiguille, leur relation devient plus suivie mais entraîne sur son sillon son lot de mystères. Quel est le véritable lien entre Toni et le vieux peintre ? Toni est-il impliqué dans les feux qui circonscrivent son atelier ? L’insouciance des vacances s’opacifie et Maddy prouvera, entre loyauté envers sa mère et désir de soutenir Toni, qu’elle grandit. Belle écriture pour ce récit de vacances aux accents policiers.

coup de coeur Lune mauve : la disparue / M. Aznar. - Casterman

Séléné qui n’avait jamais quitté sa Bretagne entre en seconde dans un lycée parisien select. Elle y retrouve sa splendide cousine qui la snobe d’emblée. Le ton est donné, toute sa clique la rejettera à son tour. Heureusement, elle trouve quelques alliés mais aura du mal à trouver sa place dans ce nouvel environnement. Mais bientôt elle a d’autres soucis : des rêves envahissants dont elle ne saisit pas la portée, deux personnes qui rôdent autour d’elle et surtout sa mère, évaporée des années auparavant, qui lui communique d’étranges messages et l’invite à la retrouver le jour de ses 16 ans. La vie quotidienne de cette lycéenne préoccupée par l’amour se teinte d’un mystère fantastique qui impose à son héroïne un rôle prépondérant dont elle se passerait bien : messagère d’Ishtar dans le monde de Viridan… Monde que nous découvrirons en tome 2...
A qui se fier ? Comment trouver sa place dans un milieu étranger, d’autant plus quand on vous prévient de ne faire confiance à personne ? Et surtout comment ne pas vaciller lorsque tout le quotidien s’auréole d’une dimension extra-terrestre ?
Une narratrice déterminée qui doit composer avec ses failles et accepter des responsabilités bien lourdes pour une adolescente. L’écriture soignée et l’ancrage dans le contexte réaliste du monde des adolescents permettent une lecture aisée et incite à poursuivre la série...
Autre lecture
Séléné change de vie. Elle quitte Rennes où elle vit isolée avec son père, pour intégrer un lycée huppé de Paris. Le choc est rude. Face au règne de l’apparence, Séléné ne se laisse pas décourager et trouve même des alliés. Mais elle est bientôt confrontée à l’héritage laissée par sa mère disparue mystérieusement depuis plusieurs années...
Entre quête identitaire, jeux de l’amour et tensions entre élèves de milieux sociaux différents, le récit est riche et dense. L’intrigue complexe se déploie peu à peu. L’héroïne nous permet de revivre nos années lycées comme pour mieux nous plonger ensuite dans une atmosphère fantastique plutôt sombre et poétique. L’écriture est travaillée avec notamment de belles métaphores qui nous donnent envie d’habiter le récit. Que va devenir notre héroïne ? Nous le saurons très vite grâce à une publication rapide de la trilogie.
« La liberté, enfin ! C’était trop beau pour être vrai. Trop effrayant aussi...Séléné Savel à Darcourt, le lycée le plus snob de Paris. Je m’y donnais autant de chances de survie qu’une souris paralytique lâchée dans un enclos de chats affamés. »

coup de coeur La décision / I. Pandazopoulos. - Gallimard. - (Scripto). 2013

L’histoire de Louise se raconte tout d’abord sans elle. Car comment pourrait-elle dérouler les faits alors qu’elle est en total déni. Alors ce sont ses amis, ses parents, les médecins et professionnels, qui tracent l’ébauche de son histoire, reconstituent la trame des évènements : Louise a accouché d’un petit garçon, sans avoir eu conscience d’être enceinte, sans même, dit-elle, avoir eu de relations sexuelles… Comment alors prendre une décision aussi lourde concernant l’avenir de cet enfant, le sien propre… Peu à peu, Louise se réapproprie cette histoire, celle qu’on lui a volée… Alors il sera possible de prendre La décision, « ce choix beaucoup trop grand pour elle ».
Construction intelligente pour une intrigue qui se dévoile par bribes et de façon polyphonique. Louise se laisse découvrir par le regard des autres et reprend la parole et son destin en main.

coup de coeur Itawapa / X.-L. Petit. - Ecole des loisirs. 2013

1974, au cœur de la forêt amazonienne. La scène d’ouverture est tendue, dramatique, bouleversante : une « machine à dévorer la forêt » s’attaque aux « arbres ancêtres » sous les yeux effarés et impuissants d’un indien. Effrayé par les phares de la machine inconnue, l’homme tire une flèche qui tuera malencontreusement un des hommes blancs. Les conséquences pour son village seront apocalyptiques.
2010, un village d’Amazonie. Talia s’inquiète de ne pas avoir de nouvelles de sa mère, spécialiste des cultures indiennes et de ces hommes qui « sont le cœur, les racines et la mémoires des hommes ». Elle part à sa recherche avec son grand-père et un policier tombé sous le charme de la belle India. En se rendant à Itawapa, elle est sans le savoir sur les traces de son histoire…
Inquiétude des personnages, atmosphère lourde, chaude, poisseuse de la forêt, parcours semé d’embuches vers la vérité, l’ambiance est rendue de manière très sensorielle, avec des dialogues qui n’excluent pas l’humour. Aussi, si l’histoire est grave, aux résonances malheureusement très actuelles, elle n’est pas dénuée d’espoir…

coup de coeur Tu as toujours aimé Bob Marley / A. de Lestrade. - Sarbacane

Blanche fuit la maison et raconte à rebours les raisons de son ras le bol. Une mère qui ne se consacre plus qu’à l’écriture et ne semble plus voir ce et ceux qui l’entourent. Blanche ne comprend pas ce qui vaut que l’on sacrifie son confort matériel -elle a arrêté de travailler- son couple, sa famille. Acculée, sa mère va devoir lui expliquer la raison impériale qui l’appelle vers l’écriture. Blanche apprend alors l’existence de Marissa…
Texte court, sensible et percutant pour un propos original.

coup de coeur La question de 10 heures du soir / K. de Goldi. - Alice. - (Tertio)

Chaque soir, à 22h, Frankie ressent le besoin de passer dans la chambre de sa mère et de lui faire part de ses questions, doutes, angoisses. Chaque soir, sa mère trouve les mots pour le rassurer. Chose assez étonnante lorsqu’on sait qu’elle-même est une grand angoissée qui n’a pas quitté la maison depuis 9 ans. 9 ans, l’âge de Frankie qui jusqu’alors s’accommodait très bien de la situation mais commence à s’interroger… Alors qu’il vient de se faire une nouvelle amie, Sidney, et apprend aussi vite que celle-ci va déjà devoir déménager, Frankie craque. Il veut des explications, il refuse de devenir comme sa mère et de se laisser aller aux angoisses envahissantes.
Des personnages extrêmement attachants, une histoires qui prend aux tripes mais alourdie par quelques longueurs. L’auteur, comme un de ses personnages, ne rate jamais « une occasion de tourner une belle description, riche en adjectifs et imagée à souhait » ; le lecteur se trouve trop souvent distrait du propos lors de digressions incessantes. Dommage.
Autre lecture
Tous les soirs Frankie vient poser une question à sa mère. Cette dernière n’est plus sortie de chez elle depuis 9 ans. Elle est très angoissée, tout comme son fils. Mais Frankie n’est pas seul, il a dans sa famille des personnages très originaux et attachants. Sa vie très rythmée est organisée par des rituels immuables comme ses jeux avec son ami Gigs. Jusqu’à l’arrivée de Sydney et ses secrets...
Le lecteur est entraîné dans le quotidien haut en couleurs de ce jeune garçon qui vit en Nouvelle Zélande. Nous partageons avec lui sa vie, ses relations avec sa famille, ses amis et ses réflexions. La figure de la mère est au centre du récit. Pourquoi refuse t-elle de quitter la maison ? Une fois rentrés dans son monde, nous nous laissons portés par cette quête. Et c’est par le questionnement que Frankie entre, peu à peu, dans l’adolescence...
« Dans son lit, il avait imaginé les ailes de l’avion ramollir d’une façon inexplicable, il les avait vues prendre l’eau comme du papier absorbant et se détacher de l’avion au beau milieu du ciel. Il avait imaginé de petites flammes, invisibles depuis le cockpit, s’engouffrer dans l’allée centrale entre les fauteuils, gonfler en une énorme boule de feu et avaler les passagers. Il avait imaginé des terroristes déguisés en stewards qui sortaient de leur poche non pas des bonbons, mais des revolvers. Il avait imaginé des bouteilles qui avaient échappé à tous les contrôles au sol et qui explosaient en plein vol dans la soute à bagages. Il avait imaginé l’avion sombrer dans l’océan Pacifique, et lui qui devait lutter contre des requins pendant que les vagues emportaient Alma loin, loin, très loin de lui. Maman avait fini par dire qu’il vaudrait peut-être mieux qu’il n’y aille pas. »

coup de coeur Une mère quelque part / B. Gérard. - Jasmin

Mika est une boule de violence et d’arrogance. Un père directeur au CNRS toujours prêt à le défendre dans ses conneries, une belle-mère qui redoute sa méchanceté, Mika semble ne jamais pouvoir sortir de ce schéma. C’est sans compter sur la rencontre avec Evan, un camarade de classe, de Cathy, surveillante au lycée et de son amie Nina. Tous les 4 partent de façon fort improbable à la recherche de la mère de Mika, en Belgique.
L’histoire est dressée à grands traits et manque de vraisemblance mais elle est attachante dans la description des personnages, tous plus ou moins perdus et tentant de se défaire de leurs démons. Dans la solidarité -pas forcément synonyme d’amitié souriante-, ils découvriront l’histoire de la mère de Mika (mère maltraitante parce que maltraitée) et trouveront eux-mêmes leur voix.

coup de coeur Moi Ambrose roi du scrabble / S. Nielsen. - Hélium

Ambrose est du genre tête à claque :« Il n’a pas le filtre (…) il dit tout ce qui lui passe par la tête. » Mais par ailleurs, il voit « toujours le bien chez les autres. Les possibilités. » Une personnalité bigarrée qui peine à se faire apprécier par les jeunes de son âge, d’autant qu’il déménage très souvent, suivant sa mère toujours en recherche du poste qui lui assurera une stabilité. Si l’on ajoute à cela une allergie aux cacahuètes et une mère on ne peut plus angoissée qui le surprotège (et en même temps l’abandonne tous les soirs !), sa place dans la vie n’est pas aisée. Mais Ambrose, roi du scrabble, va réussir des miracles. Pour lui-même, pour ses voisins, pour sa mère.
Cette auteure a le talent de dresser des situations de la vie compliquée sans verser dans le drame. Les personnalités de ses héros, avec leurs défauts et leurs richesses, se démènent pour transformer leur vie et celle de leur entourage. L’humour affleure constamment, assurant une lecture positive et agréable !

coup de coeur Plus jamais sans elle / M. Ollivier. - Seuil

Le jour de ses 18 ans, Alan demande à son père de rencontrer sa mère, qu’il n’a jamais vue. Paré de son adresse, Alan se rend donc à Londres et la mère qu’il découvre n’a rien de la figure maternelle classique. Habituée à parcourir l’Europe en tous sens pour effectuer des contrats, elle se balade avec un flingue… Alan voudrait prendre le temps de poser des questions à sa mère, de la découvrir mais Ellen est très vite prise dans un guet-apens qui les oblige à fuir tous les deux.
Les scènes trépidantes sont régulièrement interrompues par les interrogations de la mère et du fils -partageant alternativement les chapitres- qui sont un peu répétitives et que l’on aurait aimé plus approfondies. Mais le roman n’a pas le travers d’autres livres d’action qui privilégient l’adrénaline à la vraisemblance. Lorsqu’Alan est confronté à la mort par exemple, au fait de tuer un homme, les réflexions sonnent juste. En vivant tant d’aventures qui mettent leur vie en péril, Alan ressent d’autant plus vivement le bonheur d’avoir ses deux parents à ses côtés, enfin.
Autre lecture
Alan a demandé pour ses dix- huit ans à connaître sa mère, cette inconnue. Il se rend chez elle et s’impose alors qu’elle est en partance pour réaliser un "contrat" dans un pays de l’Est. Le contact entre eux est tendu. Mais les événements se précipitent autour d’eux les obligeant à se révéler l’un à l’autre peu à peu…
Le récit nous permet de retrouver avec plaisir l’écriture de Mickaël Ollivier. L’affrontement mère fils est intéressant. Qu’est-ce qu’une mère ? Quand devient-on mère ? Mais pourquoi avoir mêlé à cette trame une intrigue policière à la James Bond ? Un bon roman toutefois.
"J’avais vécu dix-huit ans sans elle. Appris à marcher, à dire papa et pas maman, à faire du vélo,à tomber et à me relever. Sans elle, j’avais appris à écrire. sans elle, j’avais appris à compter. Sans elle, j’avais appris à ne plus redouter le noir. Sans elle, j’avais découvert que les filles peuvent être en même temps douces et cruelles. Et les garçons décevants, moi y compris. J’avais appris la confiance et la trahison. La compromission. Sans elle, petit à petit, j’avais appris à moins attendre de la vie. Et je ne voulais plus, qu’il me reste quelques minutes ou soixante-dix ans à vivre, peu importait.
Je ne voulais plus. Plus jamais sans elle."

coup de coeur Virtuosity / J. Martinez. - Hachette. - (Black Moon)

Carmen passe bientôt le prestigieux concours Guarneri qui récompense les jeunes violonistes les plus virtuoses. Elle qui devait déjà lutter contre le trac, toujours plus envahissant depuis quelques temps, doit maintenant composer avec de nouveaux sentiments : elle ne peut s’empêcher de considérer Jeremy, son plus sérieux rival, comme un compagnon agréable, très agréable... De quoi la détourner de ses ambitions ? Et si sa mère, également manageuse, avait raison en pensant que leur amitié amoureuse n’est qu’une tentative de sape de la part de Jeremy ? A moins que le danger ne vienne de bien ailleurs...
A l’âge où les jeunes prodiges passent à l’âge adulte et doivent apprendre à faire leurs propres choix, Carmen et Jeremy entament un duo parasité par le monde des adultes. Ils devront faire preuve de caractère pour composer leur propre partition.

coup de coeur Les nuits d’Ismaël / M. Chartres. - Ecole des loisirs. - (Neuf)

Ismaël est convaincu d’avoir le pouvoir de voler pendant la nuit. Comment expliquer sinon qu’il se retrouve chaque matin dans le lit de sa mère ? Il aimerait comprendre davantage cette étrange magie mais ne désespère pas de la maîtriser également en plein jour. Une pensée qui l’occupe d’autant plus que la mélancolie de sa mère prend du terrain. Jusqu’à l’engloutir totalement, définitivement… Dès lors, Ismaël ne peut plus se réfugier dans l’imaginaire. Dans la compréhension de la vie et de ses drames, il grandit d’un coup et acquière, paradoxalement, une légèreté qui lui ouvre son avenir.

coup de coeur Je t’aime, signé Lou / R. Joséphine. - Oskar. - (Société)

Dièse s’inquiète pour sa mère qu’elle entend pleurer tous les soirs. Elle découvre que des lettres d’amour récentes signées par un certain Lou sont à l’origine de sa tristesse et décide de partir à sa rencontre...
Un court livre beau et difficile sur la nécessité d’affronter son passé pour se construire, car comme le souligne la première de couverture, "le temps n’efface pas les traces".
Autre lecture
Dièse a toujours souffert de la froideur de sa mère. Avec elle, jamais de câlins, de démonstrations d’affection. Lorsque Dièse découvre des lettres cachées, elle s’empare de l’histoire de sa mère pour éclaircir leur présent à toutes les deux : elle veut redonner la joie de vivre à sa mère ; elle veut pouvoir, elle, aimer sans zone d’ombre. Pour cela, il faudra que sa mère affronte son propre père...
Un roman court sur un sujet difficile qui montre bien qu’on ne peut fuir son passé sous peine de briser les êtres.

coup de coeur Cavale / B. Broyart. - Oskar. - (Court métrage)

En allant voir sa mère à l’hôpital, Paul ne s’imaginait pas devoir participer à la cavale de cette mère qui refuse qu’on la soigne. C’est indéniable, il est content d’avoir sa mère pour lui, de partager quelques moments de complicité et de tendresse mais bientôt, il retrouve cette mère absente, lointaine, perdue dans son désespoir et sa paranoïa et il sait qu’il va devoir prendre une décision difficile.
Paul, confronté à la bipolarité de sa mère, est partagé entre son affection pour elle et le sens des responsabilités d’un gamin devant protéger sa mère et pour cela, grandir trop vite.

coup de coeur Vis et sois heureuse, Ziska ! / A. C. Voorhoeve. - Bayard. - (Millézime)

Un livre de plus sur les juifs pendant la seconde guerre mondiale ? Non, un très joli roman, de 622 pages, bien dense, qui retrace le parcours, imaginaire, de Ziska, et à travers elle, la vie des enfants ballottés par la guerre et l’histoire.
En 1939, les mesures contre les juifs amènent ses parents, convertis depuis longtemps au protestantisme à vouloir fuir l’Allemagne. Mais peu à peu les portes se ferment et c’est avec soulagement que ses parents laissent Ziska partir seule pour Londres où elle atterrit, après plusieurs péripéties dans une famille unie. Mais l’Angleterre elle-même est bientôt en guerre, et les enfants envoyés à la campagne... Le destin va véritablement surprendre à mainte reprise notre héroïne et lui forger son identité. Car qui est-elle vraiment ?
Autre lecture
Bekka et Ziska ont beau être insouciantes en apparence, leurs jeux ne sont rien d’autre que la mise au point d’un survival plan. Nous sommes dans l’Allemagne de 1938 et en tant que juives, elles savent bien, du haut de leurs 10 ans, la menace qui pèse sur elles. De fait, il faut bientôt songer à fuir mais Ziska le fera seule, grâce au Kindertransport qui permet aux enfants juifs de s’exiler en Angleterre. Si elle en veut terriblement à sa mère de l’avoir "abandonnée", Ziska se fait rapidement à la vie anglaise, et surtout à sa formidable famille d’accueil, les Shepard. La guerre n’est pas absente pour autant, l’Angleterre est bientôt bombardée, les enfants déplacés, son "frère" s’engage et la population change d’état d’esprit...
De 1938 jusqu’après la guerre, nous suivons le parcours de cette jeune allemande juive qui doit grandir loin de ses parents, se construire auprès d’une famille juive alors que la judéité était jusqu’alors si dangereuse, s’attacher à une mère adoptive alors que sa mère biologique est en danger de mort. Il lui faudra des années pour comprendre que sa mère lui a fait un "cadeau inestimable (en lui rendant) le droit de vivre comme un être humain."
Une longue saga très prenante car Ziska, narratrice de sa propre histoire, est touchante de sincérité envers elle-même. Elle nous livre ses jalousies, sa générosité, ses peurs et angoisses et évolue avec un courage hors norme.

coup de coeur Quelques minutes après minuit / P. Ness. - Gallimard

Un livre fort, envoûtant, qui doit beaucoup à son écriture. Conor fait des cauchemars récurrents. Il faut dire que sa vie elle-même ressemble à un cauchemar : son père a fondé une nouvelle famille, sa mère suit un énième traitement contre son cancer, et à l’école il est le souffre douleur. C’est alors qu’un monstre apparaît... pour l’aider ? Mais est-ce possible ? Ce conte philosophique à l’écriture hachée, avec ses illustrations qui viennent par moment lécher le texte, ne laissera personne indifférent.
Autre lecture
Conor est angoissé, seul, en colère. Et pour cause, sa mère subit encore un traitement contre le cancer, le troisième. A qui pourrait-il confier ses cauchemars ? Certainement pas à sa mère en proie à de grandes souffrances, il déteste sa grand-mère et son père est parti aux États-Unis refaire sa vie. Sa meilleure et unique amie ? Elle l’a trahi en révélant à l’école la maladie de sa mère alors qu’il souhaitait conserver une vie normale, au moins à l’extérieur… Lorsque apparaît le monstre, gigantesque if personnifié, il se raisonne et tente de ne pas laisser entrer cette chose irrationnelle dans sa vie. Mais que ce soient les histoires qu’il raconte ou les remarques qu’il lui oppose, les échos avec ce qu’il vit sont si forts qu’il le retrouve régulièrement et se laisse guider par celui qui dit lui venir en aide...
L’ouvrage évoque bien sûr la maladie, l’impossible et nécessaire acceptation de la mort de ceux qu’on aime, l’insoutenable cheminement pour y parvenir, avec son lot de sentiments contradictoires. Cette tension psychologique -remarquablement décrite par Patrick Ness- est intensifiée dans les moments clés par les illustrations noires et denses de Jim Kay, et tous deux mènent ce drame imprégné de culpabilité avec une sensibilité nuancée. Le fait de savoir que l’histoire est inspirée par Siobhan Dowd, récemment décédée d’un cancer, donne une coloration très particulière au roman. Coup de coeur de Julie et Catherine

coup de coeur Qui a tué Michka ? / I. Cohen-Janca. - Rouergue. - (Dacodac)

Nora est chamboulée depuis quelques temps. Le déménagement dans une nouvelle maison, l’arrivée d’une petite sœur, la disparition de son ours Michka, ses résultats scolaires en baisse... Et sa mère qui, elle en est sûre, ne l’aime plus... Nora s’enferme dans son malaise. Lorsque sa mère lui remet entre les mains son fameux Michka, celui-là même qui contient en son ventre tous ses secrets, le dialogue, enfin, pourra se restaurer. Ce petit Michka sera à la fois la source et la clé de leur brouille, mais il est évident que celles qui étaient unies par une telle complicité ne pourront que se retrouver.
Autre lecture
Nora devrait être heureuse : toute la famille vient d’emménager dans une grande maison, une « vraie » maison, comme dit sa mère, avec un jardin, un grenier, une mémoire. Mais depuis, Nora ne va pas bien, elle est même devenue une « mauvaise élève » à l’école. Est-ce à cause du déménagement ? Ou parce qu’une petite soeur vient d’arriver dans la famille ? Surtout, pourquoi sa maman ne lui dit-elle plus aucun mot d’amour, est-ce parce qu’elle devient grande ? Ce qui inquiète aussi beaucoup Nora, c’est la disparition de Michka, son ours en peluche, dans le déménagement. C’est sa tante Pauline qui le lui avait offert quand elle avait cinq ans, et il était devenu plus qu’une peluche, un vrai confident, comme un journal intime. Car c’est à lui que Nora confiait tous ses secrets, et ses secrets, Nora a très peur que quelqu’un les ait découverts. Aussi, quand elle trouve par hasard dans la boîte à couture de sa maman, un petit bout de feutrine ressemblant très fort à la patte de Michka, Nora ne voit qu’une solution : s’enfuir loin de la maison, comme Michka le petit ours, dans l’histoire que lui racontait sa tante quand elle était petite.
Une fable très émouvante racontée avec justesse et sensibilité par Irène Cohen-Janca, sur les relations parfois difficiles entre mère et fille et sur l’importance des lieux où l’on vit quand on est enfant.

coup de coeur Thomas quelque chose / F. Chevaux. - Ecole des loisirs. - (Médium)

Il n’y en a que pour Sylvain dans cette famille ! Et depuis que ce frère aîné a "pris son envol", la mère de Thomas n’est plus qu’un zombie. Une courgette, aux yeux de son plus jeune fils qui ne se sent pas considéré. Encore moins lorsqu’il apprend qu’il est un "accident". Mais paradoxalement, cette révélation lui donne enfin le sentiment d’exister, d’avoir une particularité ! Il brule de la révéler à Grégoire mais déboulant chez lui sans prévenir, découvre le secret de son meilleur ami…
Un roman étrange sur l’identité, sur la capacité à faire de nos complexes et de nos souffrances une force ; sur l’amitié également d’autant plus forte lorsqu’elle partage l’expérience de la différence : une mère déprimée à moitié cinglée pour Thomas et une sœur lourdement handicapé moteur pour Grégoire. Ou comment transformer les difficultés de la vie en comédie joyeuse.

coup de coeur L’ enfant du cirque / C. Lagerqvist. - Bayard. - (Millézime)

Quelque part en Suède, Ellen, 6 ans, est confiée à un cirque par sa mère qui ne peut plus assurer ses besoins. Vendue, dira Ellen mais la mère, acculée, y a vu une opportunité pour sa fille. Pour faciliter son intégration, madame Zénitha, la patronne, ne lui confiera jamais les lettres de sa mère (que le lecteur, lui, peut lire). Ellen, petite sans-famille, est prise en affection par certains artistes dans ce monde particulier des itinérants du spectacle. Entre tristesse et exercices difficiles, elle grandit au milieu de personnages haut en couleurs et au rythme des tournées pour finalement devenir une artiste réputée. La guerre des cirques, les querelles intestines, la vie des freaks, le regard des sédentaires sur le monde du cirque… autant d’aspects qui rendent le parcours d’Ellen attachant et le livre passionnant.

coup de coeur Coline, 17 ans, dans la rue / V. Lacroix. - T. Magnier

Coline claque un jour la porte de chez elle pour ne plus y revenir. Quelques affaires, son portable, son chien, Lyon sera désormais son toit. Besoin de distance pour faire le point. Réponses sommaires aux SMS des copines, pas de nouvelles de sa mère si peu présente auparavant (noyée dans l’alcoolisme depuis la mort du père) ; et son grand-père, doit-elle le contacter ? Coline ère, se cherche, s’affirme, traverse les mois avec détermination. Elle renoue peu à peu les contacts avec ses proches mais ne se sent pas encore prête à rentrer. La colère est épuisée, bientôt, elle pourra envisager un avenir, forte de toutes ses rencontres.

coup de coeur Le carnet rouge / A. Heurtier. - Casterman

Pas facile pour Marie d’avancer dans la vie : un père parti lorsque sa mère était enceinte de 6 mois, une mère qui refuse de parler de sa famille. Tout ce qu’elle sait, c’est que ses ancêtres étaient népalais alors elle se rattache à ce signe distinctif aussi fort qu’elle le peut, et tant pis si cela sonne creux, si elle a l’impression de vivre selon un folklore d’apparat. Un jour, un vieil homme l’aborde et lui donne, à travers un carnet rouge écrit par sa grand-mère, la clé de son passé. Ce qu’elle y découvre l’émerveille, la révolte, la dégoûte. Et enfin, l’apaise.
Un récit sur la difficulté à se construire sans racine, pour ce qui est du personnage de Marie, ou avec un passé douloureux, comme ce fut le cas pour la mère de Marie. Car ce carnet rouge est l’histoire de Sajani, la grand-mère de Marie, qui fut Kumari, déesse vivante, avant de sombrer dans la déchéance parce que rien ne préparait les kumari au retour à la vie normale…
Comment composer avec le passé, vaut-il mieux ne rien savoir ou souffrir de la vérité, Marie donne sa réponse et nous invite à réfléchir…

coup de coeur Ma mère est un gorille (et alors ?) / F. Nilsson. - Bayard

Jonna supporte mal les règles drastiques de l’orphelinat. Elle a tellement hâte de partir d’ici, d’être adoptée. Mais lorsque la Gorille arrive et la choisit, Jonna se verrait bien finalement rester aux Mimosas… Mais c’est une vie libre et joyeuse qui l’attend avec la Gorille et finalement, très vite et alors que le danger plane pour elle d’être placé à nouveau dans l’orphelinat, elle ne quitterait pour rien au monde le lieu foutraque qu’elles habitent, elle et cette adulte atypique...
Un texte loufoque et optimiste pour les plus jeunes (8-10 ans) dont les personnages affirment sans complexe leurs différences !
Autre lecture
Joanna vit dans un orphelinat. Du jour au lendemain, quelqu’un vient l’adopter. Elle découvre qu’il s’agit d’une gorille conduisant une vieille voiture. Passées les premières angoisses, la petite apprend à vivre avec elle. Dans une usine désaffectée, elle l’aide à vendre la ferraille à prix d’or et s’habitue à ses manières peu raffinées. Mais Johanna va vite découvrir qu’il ne faut pas se fier aux apparences et qu’une maman gorille vaut bien toutes les mamans du monde.
Histoire pour enfant adaptée pour la radio suédoise, Frida Nilsson a reçu de nombreux prix pour ses romans dont celui-ci est le premier traduit en Français. Texte loufoque et drôle qui donne un bon coup de pied aux préjugés et fait l’éloge de la différence, du respect et de la tolérance.

coup de coeur Camille aime pas danser / M.-S. Vermot. - Thierry Magnier

Camille est sérieuse, un peu rêveuse, réservée. Tout l’inverse de sœur Anastasia qui fait la fierté de sa mère. Jusqu’au jour où -parce qu’il y a toujours un jour où- l’aînée commet l’erreur fatale de tomber enceinte. Incapable d’affronter cette réalité, la mère fuit, laissant dans le désarroi la jeune Anastasia et sa sœur cadette. Heureusement, il y a la tante Mathilde, la grand-mère, pour prendre les décisions difficiles et accompagner Ana en Espagne… Mais qui est là pour Camille ? Victime collatérale, elle assume seule sa peine, ses doutes et son incertitude quant à l’avenir.
Marie-Sabine Roger laisse toujours poindre un sentiment final de pessimisme, sans désespérance totale cependant. Mais son écriture est subtile, sans compromis et invite à la réflexion, à la discussion.

coup de coeur L’ été où je suis né / F. Hinckel. - Gallimard. - (Scripto)

Léo sait qu’il est né sous X et depuis toujours, s’adresse à X, cette mère biologique qui lui laisse comme un vide. Mais il a apparemment appris à vivre avec -ou plutôt sans. Ses parents adoptifs sont là pour lui, le jeune garçon semble équilibré, avec ses copains, le lycée, ses loisirs. Entre les scooters à réparer et son meilleur ami, Léo mène sa vie. Jusqu’au jour où il rencontre une jeune fille, Xavière, qui le bouleverse. Remué, amoureux, Léo doit faire face à ses émotions qui le submergent. Pour apprendre à aimer, il ressent alors le besoin de renouer le lien avec sa mère biologique. Pour comprendre et apaiser une blessure qu’il pensait guérie.
Un roman sensible qui montre la nécessité de connaître ses origines pour aller de l’avant. Coup de coeur de Marie C.

coup de coeur Au rebond / J.-P. Blondel. - Actes Sud. - (Romans ado)

Alex se sent enfermé dans son quotidien. Le lycée ne le passionne pas, il s’entend difficilement avec sa mère (son père s’est envolé quand il avait un an), il ne se rêve aucun avenir. Bien sûr, il y a le basket, son pote Christian, mais c’est l’énergie qui lui manque, l’appétit de vivre. Un jour, son ami Christian disparaît… Sur les conseils de sa mère, il cherche à savoir ce qui s’est passé. Dès lors, tout change : Christian, dépassé par les événements -son père s’est envolé avec une jeunette- tente de faire face à la déprime de sa mère. Il sera épaulé par Alex et sa mère et cette solidarité, au-delà des clivages sociaux, redonne à tous le goût de vivre.
Quelques passages exaltés mais un beau texte qui invite à regarder autrement les proches qui nous entourent.

coup de coeur Les mots qui tuent / A. de Lestrade. - Sarbacane. - (Mini-romans)

Un jour on est en souffrance, en mal de reconnaissance et d’amour, le lendemain, on est responsable de la mort d’un innocent. Mara nous explique avec ses mots ce qui l’a amenée à l’irréparable, avec un acte d’accusation mensonger. C’est un texte court d’une grande violence dans le rapport à la mère ; dans les déceptions de l’amitié ; dans le constat amer de la solitude. Mais c’est aussi un texte qui veut croire que l’on peut avoir commis de terribles erreurs sans renoncer à un avenir. Percutant.
Autre lecture
Mara aime les mots. C’est pour cela qu’elle préfère les garder pour elle plutôt que de les donner aux autres. Sa mère couturière utilise depuis toujours sa fille comme publicité mobile et la transforme en mannequin chaque jour afin que les autres mères puissent admirer ses créations à l’école. Heureusement que Mara peut aller se réfugier chez sa Grand-Mère lorsque sa mère lui pèse trop ! A son entrée au collège, elle rencontre Clara, épanouie, rebelle et bavarde comme pas deux ! Mara et elles deviennent vite amies, mais comment s’affirmer auprès d’une telle amie lorsqu’on s’appelle Mara, qu’on ne connaît pas son père, qu’on déteste sa mère, qu’on ne connaît rien au monde, qu’on n’a aucun ami et qu’on ne dit pas un mot ? En parlant justement ! Les mots sont magnifiques, mais mal employés ... ils peuvent tuer.
Un petit livre très court mais intense ! Quand Mara lâche très naturellement que le jardinier de sa Grand-Mère l’a violée uniquement pour que l’on s’occupe d’elle, elle ne s’imagine pas du tout que l’affaire ira si loin. En effet, Clara prévient la Grand-Mère qui prévient la mère qui prévient la police, et tout s’enchaîne alors à une vitesse incroyable. Le jardinier est inculpé et va en prison en garde à vue. Tout le monde entoure Mara d’amour et de protection, surtout la mère qui se sent coupable d’avoir laissé sa fille livrée à elle-même. Le jardinier ne voit comme solution pour s’en sortir que la mort, qui survient, terrible, et achève de donner un ton tragique à l’histoire. Mara se sent évidemment responsable et, prenant son courage à deux mains, reprend les mots pour « corriger » sa faute. Mais il est trop tard : Clara part, Grand-Mère est déçue au plus haut point et sa mère ne lui parle plus. Les mots sont magnifiques, mais ils sont dangereux. Dans cette histoire, les mots tuent, et détruisent une famille entière.

coup de coeur Ma vie ne sait pas nager / E. Turgeon. - Alice. - (Tertio)

Après le suicide de sa sœur jumelle (le roman ouvre sur la mise en scène de la mort de Geneviève), Lou Anne essaie de poursuivre sa vie tant bien que mal. Entre son père qui nettoie frénétiquement la maison et sa mère qui fuit dans le sommeil, l’atmosphère lourde et mélancolique du livre fait l’effet d’une chape de plomb...
Malgré tout, la lettre que la grand-mère va écrire à la mère de Lou Anne permet au lecteur de retracer l’histoire de cette famille sur plusieurs générations et de comprendre l’enfermement et la répétition de certains systèmes familiaux. La communication apparaît comme un remède efficace pour un vivre mieux.

coup de coeur Lâcher sa main / S. Vidal. - Grasset. - (Lampe de poche)

Parce qu’elle grandit, parce qu’elle a besoin de s’éloigner de sa mère -dont le comportement oscille entre dépression et exubérance- et qu’elle veut découvrir d’autres horizons, Fleur, 15 ans, part sur un voilier avec 5 de ses amis. C’est elle-même que l’adolescent recherche et c’est grâce à ce voyage jusqu’en Suède qu’elle va se construire, assumer ses choix, loin de l’omniprésence de sa mère.
Être si proche de sa mère et devoir s’en affranchir, trouver la bonne distance, tel est l’enjeu de ce roman sensible et atypique, sorte de voyage initiatique, vivant et souvent drôle.

coup de coeur Arrête de mourir / I. Cohen-Janca. - Actes Sud. - (D’une seule voix)

Samuel est à l’âge des découvertes amoureuses mais ses enthousiasmes vont vite se heurter au mur de la brutale réalité. Sa mère depuis quelques temps multipliait les post-it comme autant de repères pour les tâches quotidiennes à accomplir. Bientôt, on ne parle plus de distraction et de fatigue mais de maladie d’Alzheimer. Dur pour Samuel de voir sa mère mourir à petit feu et emporter avec elle une part de lui. Celle de l’enfant qu’il était auprès d’elle, celle du petit Sammy.
C’est toute la douleur solitaire du narrateur que l’on ressent dans ce texte court, lestée par l’amertume de voir les réactions autour de lui. Difficile entrée dans le monde adulte mais accompagnée malgré tout par un amour très fort qui demeure.

coup de coeur Une maman pas comme les autres / F. Grard ; V. Leroy. - Actes sud. - (Benjamin)

Le nouvel ami de Jean, Robinson, a une maman vraiment pas ordinaire : les cheveux rouges, un piercing dans le nez, elle vient chercher son garçon à l’école sur sa moto ! Jean est fasciné par la spontanéité et le caractère imprévisible de cette adulte si différente de sa propre mère. Mais il découvre rapidement le revers de la médaille... si elle lance plein d’idées et de propositions alléchantes, elle ne les applique pas forcément.
Roman pour les plus jeunes qui traduit bien l’ambivalence de certains sentiments envers des personnalités particulières, dont on ne sait si on les aime ou non...

coup de coeur Signé Romain / Catherine Gualtiero. - Ecole des loisirs

Romain n’a jamais été séparé si longtemps de sa mère et il vit cela comme une réelle épreuve. Il se rattache aux livres conseillés par sa mère, qu’il lit comme pour poursuivre le dialogue ; il lui écrit quotidiennement -correspondance à sens unique- mais tout cela ne suffit pas. Même la présence de ses grand-parents n’est pas d’un grand réconfort…
C’est une relation très forte, démesurée, dérangeante qui unie Romain à sa mère. Fils unique, famille monoparentale -un mystère plane au sujet du père, mystère résolu à la dernière ligne. On est d’abord mal à l’aise face à l’attachement amoureux, excessif, de ce jeune homme à sa mère. Puis on s’attache à la personnalité du narrateur, exclusif, ironique, drôle, égocentrique aussi.

coup de coeur Des étoiles au plafond / J. Tydell. - Thierry Magnier

Jenna, 13 ans, suédoise, vit avec sa mère qui se meurt d’un cancer. Bien sûr c’est un terrible drame familial sauf qu’à cet âge là, on a surtout envie d’être comme les autres ! Jenna sera donc tiraillée entre son chagrin, la honte irrépressible de ce qu’est devenue sa mère à cause de la maladie et l’amour qu’elle lui porte. Elle a du mal également à se situer par rapport à ses camarades et là encore, comment se positionner : la sagesse de Suzanna, son amie de toujours, ou l’effronterie de Pénélope sa voisine ?
Superbe roman sur la complexité des rapports humains. Néanmoins l’auteur n’a pas joué la facilité du pathos et nous livre à l’inverse un bel hymne à l’amour, la vie... Un exemple de résilience.
Autre lecture
Jenna, jeune suédoise de 13 ans, vit seule avec sa mère, atteinte d’un cancer du sein depuis 8 ans. On découvre son quotidien d’adolescente qui grandit avec cette « chose », la peur qu’elle engendre, mais aussi la honte, et la honte d’avoir honte… Heureusement, il y a aussi les moments forts passés avec sa mère, les rigolades avec sa copine Suzanne, quand elles essaient les faux seins de sa mère ou qu’elles se moquent de « Pénélope-la-salope », une fille de leur classe qui habite dans le même immeuble que Jenna et qui a tous les garçons du lycée à ses pieds…
Peu à peu, un basculement va s’opérer : la progression de la maladie, et la naissance d’une amitié. Pénélope, qui vit aussi seule avec sa mère, alcoolique au dernier degré, va un jour aider la mère de Jenna qui a fait une chute en bas de l’immeuble ; à partir de ce jour, elle va se rapprocher de Jenna et « l’apprivoiser » : elles vont petit à petit s’influencer et s’épauler l’une l’autre dans les « épreuves » qu’elles traversent.
Une histoire triste et forte, toujours juste dans le ton, sur le deuil, le passage de l’enfance à l’adolescence. Coup de coeur de Myriam et Florence L.

coup de coeur Le bonheur selon Lucky / S. Patron. - Bayard. - (Estampille)

Lucky a perdu sa mère à 8 ans, depuis Brigitte est sa tutrice. Brigitte est française, fut la première femme de son père, qu’elle n’a d’ailleurs jamais vu, ce dernier ne souhaitant pas s’investir ! Lucky redoute que Brigitte souhaite un jour quitter leur coin paumé de Californie pour retourner en France et cette insécurité la mine. Mais elle a ses amis : Lincoln qui passe sa vie à faire des nœuds, Miles, son petit voisin en quête incessante de gâteaux, Short Sammy, cuisinier improbable...
Une héroïne débrouillarde et attachante qui a besoin de se rassurer ; une ambiance du désert et de pauvreté qui pourrait inspirer la désolation si elle n’était traversée d’humour et de solidarité... Un roman agréable et positif dès 10-12 ans.

coup de coeur Zarra / C. Fives. - Ecole des loisirs. - (Neuf)

Axelle est une petite fille qui croit détester sa mère, maniacho-dépressive, pour les crises qu’elle leur inflige à elle et son petit frère : entre les enthousiasmes débordants, les journées passées à dormir et les insultes mordantes, la fillette ne sait jamais ce qui l’attend. Elle aime à se réfugier dans le personnage de Zarra, justicière à la manière de Fantomette, qui aura au moins le mérite de lui permettre de rencontrer Susanna, une jeune canadienne. Cette jeune fille va lui ouvrir des horizons...
La fin, ni idyllique ni invraisemblable, voit le cercle familial s’ouvrir, la mère partir en cure... l’avenir s’annonce meilleur !

coup de coeur Ce soir-là / A. Lacor. - T. Magnier. - (Petite poche)

Comme tous les soirs, Benjamin attend le retour de sa mère, pour 19h30. Le goûter léger est pris, les devoirs terminés, il attend en lisant. La vie est dure pour lui, économie pour tout, une mère peu présente qui bosse dur, et l’inquiétude, ce soir, de voir qu’elle n’arrive pas et qu’elle pourrait le laisser seul au monde...
Toute la détresse d’un môme qui sait son quotidien fragile.

coup de coeur Mistik lake / M. Brooks. - Alice

Au cours de son adolescence, Sally fut la seule survivante d’un accident de voiture à Mistic Lake, un lac du Canada. Elle en gardera toute sa vie une certaine tristesse et un mal être. Des années plus tard alors qu’elle est mère et confortablement installée avec sa famille, elle quitte tout brusquement et part en Islande où elle décédera accidentellement. Odella d’abord très choquée par l’abandon de sa mère puis anéantie par ce décès, décide de partir à la quête de la vérité sur la mélancolie maternelle.
Au cours de ce récit, nous découvrons trois histoires de femmes sur trois générations. Odella apprend par bribe l’histoire de Sally et se reconstruit elle-même. Un roman très agréable à lire, une ambiance feutrée et la découverte de l’Islande.
Si on se demande pourquoi les secrets le sont restés si longtemps, on mesure bien le poids du non dit et l’utilité de la parole.

coup de coeur Brèves rencontres avec ma mère / D. Reinhardt. - T. Magnier

Simone est une jeune fille bien dans sa peau. Elle s’entend à merveille avec ses parents, qu’elle sait adoptifs, avec son frère ; milite dans plusieurs associations dont l’Alliance des étudiants athées ; a une amie incomparable... bref, une vie bien rodée et agréable à vivre. Ses parents lui suggèrent un jour d’appeler sa mère biologique, avec qui ils n’ont jamais perdu le contact. Simone n’en voit pas l’utilité, s’énerve, recule le moment de faire connaissance avec elle. Lorsqu’elle s’y décide, tout son monde vacille. Une nouvelle mère, une nouvelle religion -Rivka est d’une famille juive hassidique-, et une bien mauvaise nouvelle...
Le début du roman, très américain, peut dérouter le lecteur : les préoccupations des personnages sont sans doute bien loin de lui (opposition religion/laïcité poussée assez loin). Mais la suite devient plus fine et intéressante avec l’évolution de Simone qui, découvrant en même temps que le lecteur, le monde de la religion juive et ses fêtes, perd ses préjugés et porte un regard plus ouvert et enrichi sur le monde qui l’entoure.

coup de coeur Les fleurs brûlées / N. Monfils. - Mijade

Paris, 17° siècle. Marie-Madeleine vit recluse dans une petite chambre. Elle passe ses journées à ressasser ses souvenirs et son ressentiment. On en comprend vite les raisons : sa mère, La Brinvilliers, a été décapitée pour avoir empoisonné son père, ses frères et bien d’autres par amour pour son amant. Marie-Madeleine elle-même l’a échappé belle. Comment, alors, se libérer de la haine d’une telle mère et du sentiment de culpabilité ? D’autant qu’un individu multiplie les menaces à son encontre. Grâce au commissaire La Reynie, elle entrevoit peu à peu la réalité plus composite d’une femme qui peu à peu ne se réduit plus uniquement à ses actes.
Nadine Monfils mêle habilement le roman historique -en nous faisant découvrir l’affaire des poisons, le Paris et la vie de l’époque-, l’intrigue policière et l’approche psychologique en interrogeant le devenir des descendants de parent criminel.

coup de coeur Le temps des miracles / A.-L. Bondoux. - Bayard. - (Millézime)

Koumaïl a passé sa vie sur les routes : fuir la guerre et les violences ; chercher des horizons plus sereins ; partir sur les traces de sa mère biologique... Ainsi, du Caucase à la France, de la petite enfance à l’adolescence, Koumaïl multiplie les rencontres et les aventures, toujours accompagné de Gloria qui aime à lui raconter comment elle l’a recueilli lorsqu’il était tout-petit. Ils vivent tous les deux dans le dénuement le plus total sans jamais se départir d’une confiance pugnace dans l’avenir. Cet optimisme délibéré confère à leur quête un goût de liberté et au lecteur la force de croire en l’homme et en l’avenir. “Il ne faut jamais désespérer du genre humain. Pour un homme qui te laisse tomber, tu en trouveras des dizaines d’autres qui t’aideront à te relever, d’accord ?”
Quel plaisir de retrouver Anne-Laure Bondoux dans cette histoire vivante, poignante et atypique, d’une relation mère-fils qui ne dit pas son nom… Et comme cette auteure est décidément très sympathique, elle devine qu’on aura du mal à quitter ses personnages et nous offre de demeurer, grâce à son site, un peu plus longtemps dans son univers. Coup de coeur de Myriam et Julie

coup de coeur J’ai neuf ans et demi et je m’appelle Alice / L. R. Banks. - Ecole des loisirs. - (Neuf)

Alice n’a pas encore 10 ans mais possède une vraie maturité. Le fait que sa mère, qui l’élève seule, ait pour principe de toujours lui dire la vérité l’a fait grandir très vite. Elle sait par exemple qu’elle est "un accident", connaît l’enfance violentée de sa mère et ses relations conflictuelles avec pas mal d’adultes. Alice tente de s’y retrouver. Ne pas blesser, inquiéter, fâcher sa mère, tout en menant sa propre vie. Ecrire l’aide à faire le point, à dire des vérités qu’elle ne peut révéler à qui que ce soit.
Cette petite fille nous étonne par sa capacité à analyser, avec justesse et honnêteté les imbroglios des adultes. Demain, elle entend bien faciliter les relations entre eux tous pour enfin être une petite fille qui a droit à son enfance !

coup de coeur Coffee / E. Sekloka. - Sarbacane. - (Exprim’)

Chaque chapitre de ce roman nous raconte une tranche de la vie de Koffi de 1974, juste avant sa naissance, à 2034, la mort de son père. Il naît à Paris, de parents africains aisés : son père, homme d’affaires, multiplie les liaisons extraconjugales et n’est jamais que de passage chez sa femme, qui a de plus en plus de mal à supporter cette solitude. Koffi va assister à la déchéance de sa mère qui sombre dans l’alcoolisme, et subir l’indifférence de son père qui ne lui marque jamais aucune attention. Il « fera sa vie » malgré tout (mariage, enfant), mais on sent cette fracture jamais ressoudée dans son incapacité à avoir une vraie relation avec les autres, à dire ses émotions, à se livrer...
A chaque chapitre, une brève introduction nous situe le contexte socio-politique (« c’était le temps... »), rythmant le récit.
Un portrait dur, écrit dans un style à la fois sobre et tranchant, qui fait de Koffi un personnage que l’on n’oublie pas. Pour lycéens.
Autre lecture
Un texte scandé qui vous accroche au passage et ne vous lâche plus, même lorsqu’on pose le livre un instant pour reprendre sa respiration. Une histoire noire comme la peau de ses héros, cette mère et ce fils qui se cherchent et ne se trouveront jamais.
Véritable poésie moderne. Coup de coeur de Myriam et Florence L.

coup de coeur Les hivers de Malou / A. Jonas. - Seuil. - (Karactère(s)

C’est une douleur trop vive pour Mona. Perdre cette grand-mère adorée, dont la vie semblait être une définition de la liberté, Mona ne peut faire face. Ca la tient debout cependant, cette colère qu’elle éprouve à voir sa mère si froide face au décès de sa propre mère. Comment une mère et sa fille peuvent-elles être si différentes ?
Mona trouvera des réponses lors de cette période troublante où l’on redécouvre une personne chère au-delà de sa mort. En triant ses affaires, en rencontrant ses proches, elle réalise que sa grand-mère lui avait tu tout une partie de sa vie. Elle comprend un peu mieux l’histoire de sa famille, et par là-même, ce qu’elle attend de sa propre vie.
Un récit fort, mené par une narratrice qui nous séduit par sa fougue et son mordant propres à l’adolescence. De beaux portraits féminins.

coup de coeur Les parents de Mélie / C. Albaut. - Syros. - (Les uns les autres)

La première partie Mal à ma mère a été publiée en 2002 sous le pseudonyme Clara Vidal. On y découvrait la lente destruction de Mélie par une mère haineuse et venimeuse. La fin se terminait sur une lueur d’espoir, laissant Mélie aux mains d’une psychothérapeute.
La présente édition est augmentée d’une seconde partie Paix à mon père. Quelques années plus tard, Mélie revient au domicile parental, juste après le suicide de son père. Elle le veille toute la nuit, se penche sur leur passé et tente une réconciliation. Ce père qui a été défaitiste, lâche, absent mais qui a cependant su installer, à travers la musique, une complicité avec sa fille, lui offrant ainsi les seules lueurs de son enfance.
Un texte dur, très dur, qui dépeint les mécanismes de la maltraitance psychologique mais révèle aussi la force et l’humanité possible des victimes, malgré tout.

coup de coeur Ce Héros n’est pas mon père / Calouan. - Les 400 Coups. - (Connexion)

Comment vivre quand on ne connaît pas son père ? Caroline, adolescente, vit avec sa mère et sa sœur une existence matériellement difficile. Et leur mère qui se bat pour l’assurer leur répète sans cesse que leur père ne donnera plus signe de vie, qu’il les a abandonnées. Alors, pour survivre à cet abandon, Caroline s’invente toutes sortes de papa, le plus souvent riches et célèbres. Mais elle souffre beaucoup de ne pas se savoir aimée, des corvées domestiques qui lui reviennent et des coups de martinet que sa mère lui inflige quand elle-même est en grande souffrance. Puis, un jour, une nouvelle arrive à l’école, Sandrine. Va alors se développer une belle amitié entre ces deux jeunes filles très opposées socialement. La confiance qui va s’installer entre Caroline et Sandrine, ses parents aussi, va permettre à Caroline de sortir enfin de ses mensonges et peut-être de retrouver son père…
Caroline nous fait partager son vécu rude, son sentiment d’abandon, ses efforts pour être aimée, ses premiers émois amoureux, sans se lamenter mais avec sensibilité et émotion. Ce roman assez court est dense mais l’écriture sans difficultés touchera des lecteurs même jeunes.

coup de coeur Dix-huit baisers plus un / R. Corenblit. - Rouergue. - (DoAdo)

D’abord, il y a cette pomme sur la couverture qu’on a envie de croquer... "croquer la vie à pleines dents" c’est ce qu’elle nous inspire. Alors, on franchit la porte. Surprenant ! La pomme serait-elle acide ? Au fil des pages, 17 femmes et filles parleront et révèleront, non pas Adam mais Alex. A chacune d’elles correspondra un baiser porteur d’espérance ou de désillusion. Pourtant des baisers uniques dont on se souvient toute une vie. On s’attache à Alex et on croquerait bien la pomme...
Un récit original, émouvant et mélancolique malgré la crudité de certains textes et de certaines situations.

coup de coeur Nous sommes tous tellement désolés / J.P. Nozière. - T. Magnier

Vassile, tout jeune homme, vient d’hériter d’une maison de sa mère, qui l’a abandonné 10 ans plus tôt. La maison se trouve près d’un village viticole, et l’accueil de la population est pour le moins mitigé, Vassile étant le fils de l’étrangère, la pute du Maître. Un climat qui le pousserait à fuir s’il ne ressentait malgré lui le besoin de comprendre le passé. Ainsi, il va se réconcilier avec l’histoire de cette femme qu’il a cherché à oublier à tout prix. Grâce à quelques habitants et au journal laissé par sa mère, il découvre que cette jeune femme, avant d’arriver au village, a subi l’esclavage sexuel et qu’elle a tout fait, jusqu’au bout, pour protéger sa progéniture.
La nature humaine dans ce qu’elle peut révéler de plus nauséabond mais aussi de plus sincère…

coup de coeur La disparition / C. Gingras. - La courte échelle

Viola, la fille blanche, recherche sa mère qui a disparu deux ans plus tôt dans le Grand Nord. Nashtash, la fille innue, retourne chez sa grand-mère à qui elle voudrait confier sa fille de deux mois. Les deux filles, la blanche et l’Innue, voyagent dans le même train vers le Labrador. Un monde les sépare, mais l’une et l’autre portent la même blessure.
Voyage vers le pays des Inuits, voyage dans la mémoire de Viola, découverte d’une autre civilisation... La langue elle-même, où affleurent quelques régionalismes, contribue au dépaysement.

coup de coeur C’est l’amour que nous ne comprenons pas / B. Moeyaert. - Rouergue

C’est un livre à part. L’histoire est banale : un frère, trois soeurs et une mère défaillante. Sauf que l’auteur traite le sujet d’une manière particulière. Trois chapitres, trois tranches de vie de cette famille avec, au coeur, les amours débridés de la mère. Quatre frères et soeurs qui s’aiment et se soutiennent. C’est une des filles qui parle, on ne sait pas son prénom. Des caractères très forts, des faits terribles qui sont atténués par l’amour et la complicité implicite qui règnent dans la fratrie et par l’écriture faite de non-dits, de suggestions.
C’est un petit bijou, un livre particulier pour lecteurs particuliers.

coup de coeur Dans la peau des arbres / I. Collombat. - Rouergue. - (DoAdo)

Géraldine va comme tous les étés dans le sud, chez sa grand-mère, avec qui elle a une grande complicité. Un incendie ravage les paysages alentours. Après la mort de son mari, cet événement, pourtant courant dans le sud, constitue un vrai drame pour la vieille dame qui perd bientôt son entrain. Elle part donc chez sa fille et Géraldine observe douloureusement cette nouvelle vie qu’ils se composent tous les 4. Vie bientôt brisée par l’annonce d’une tumeur au cerveau chez la vieille dame...
Tous ces drames posent d’autres questions, soulèvent des secrets douloureux, mettent à nu les relations mère fille. Et Géraldine, irrémédiablement, grandit.

coup de coeur La promesse d’Hanna / M. Pressler. - Milan. - (Macadam)

1943, Pologne. Hanna doit fuir le nazisme avec ses 2 enfants. En route, elle croit bien faire en laissant derrière elle sa plus jeune fille. Davantage que la guerre, ce sont 3 figures féminines qui sont décrites dans ce roman très fort : la mère déterminée mais confrontée à des choix difficiles, Mina, 16 ans, qui doit suivre sa mère alors qu’elle a envie de faire ses propres choix et surtout Malka, 7 ans, restée en Pologne et très vite livrée à elle-même.
Le récit suit mois après mois le parcours des 3 protagonistes. Et c’est imperceptiblement que s’opère en Malka un cheminement intérieur qui l’aide à supporter la réalité. Ce n’est qu’en fin d’ouvrage que l’on réalisera les ravages et le traumatisme de ces 7 mois d’errance. Le lecteur sera d’autant plus bouleversé en lisant la postface : le récit est inspiré d’une histoire vraie. Coup de coeur de Julie

coup de coeur Deux fois rien / M.S. Vermot. - T. Magnier

Nuala entre en seconde artistique, une filière qu’elle a toujours voulu suivre. Elle est bonne élève, issue d’une famille d’hôteliers compréhensive et aimante. Il y a pourtant deux ombres au tableau : sa soeur est paralysée à vie suite à un accident de voiture et Nuala elle-même est enceinte. Elle a du mal à assumer tout à fait le choix qu’elle a fait de garder ce bébé né d’une aventure avec un jeune Irlandais au cours d’un voyage scolaire. Il n’est pas facile d’être mère à 16 ans ni physiquement ni psychologiquement, d’autant qu’elle a l’impression, à la naissance, que sa propre mère empiète sur sa relation mère-enfant.
La vie ne se déroule pas toujours comme on l’avait prévu mais la belle leçon de ce livre est qu’elle ne doit pas forcément se jouer dans le drame : l’auteur reste résolument positif, sans éluder les difficultés, et c’est ce qui fait la force de ce roman qui plaira aux ados à partir de 15 ans. Coup de coeur de Julie

coup de coeur Mamie en miettes / F. Aubry. - Rouergue. - (Do a Do)

Il faudra du temps à Gaëlle pour accepter de voir la réalité en face ; dès lors, elle ne pourra se taire très longtemps : elle trouvera le courage de dénoncer la maltraitance de sa mère envers sa grand-mère. Aura-t-elle celui d’aimer malgré cela sa mère ?
Un texte d’une grande sobriété qui montre comment la violence s’installe insidieusement, là où l’on ne l’aurait jamais soupçonné.

coup de coeur Je suis l’arbre qui cache la forêt / A. de Poncheville. - Ecole des loisirs. - (Médium)

Une jeune ado, Elisabeth, vit dans une famille particulière. Sa mère, un peu marginale, a la réputation d’être une sorcière, réputation qu’elle s’amuse à entretenir au grand regret d’Elisabeth. Ses frères, jumeaux, sont surdoués et ont inventé un langage qui leur est propre. Son père est mort... deux ans avant sa naissance. Tout bascule le jour où elle apprend que son père n’est pas son père et que sa mère n’est pas sa mère. Il y a de quoi avoir les jambes coupées : c’est ce qui arrive à Eli qui devient paralysée...
Même si le début peut paraître déconcertant, le lecteur s’attache très vite aux personnages. L’histoire a le mérite d’être originale et malgré la situation difficile évoquée (recherche de ses origines), le ton est toujours positif. Un livre rafraîchissant.

coup de coeur Folle / B. Friot. - Thierry Magnier

Franck vit très mal les troubles psychiatriques de sa mère. Mais grâce à l’aide d’amis et de parents, il va pouvoir surmonter son angoisse, ce quelque chose qui s’apparente à la honte, et mieux vivre son drame. Coup de coeur de Julie

coup de coeur Peau de pêche / J. L. Anderson. - Albin Michel. - (Wiz)

A l’Est des Etats-Unis, dans les immenses vergers de Georgie, trois jeunes filles d’origines très différentes se retrouvent aux côtés des travailleurs saisonniers venus du Sud.
Murphy purge une peine que lui a valu un délit d’adolescente, Leeda en conflit avec sa famille vient passer des vacances dans l’exploitation de son oncle et Birdie est la fille de l’exploitant. Trois filles, trois caractères opposés et un point commun douloureux : un grave problème relationnel avec la mère.
Les personnages sont très attachants. Le récit se savoure comme un fruit bien mûr imprégné des parfums de saisons, de nature et du travail manuel. Coup de coeur de Myriam

Et aussi... :


coup de coeur La petite fille aux cheveux d’or qui parlait aux oiseaux / K. Guennoun ; S. Auvin ; C. Menguy. - Les éditions du Jardin des Mots. - (Les Savoureux)

Version kabyle de Blanche-Neige inspirée de « notre grand-mère Tassadit », l’heureuse, qui racontait dans les montagnes du Djurdjura.
Une très jolie jeune femme se fait confirmer tous les mois par la lune qu’elle est la plus belle. Mais un soir : « l’enfant que tu portes sera encore plus beau... ». Ce qui se confirme avec l’arrivée d’une petite fille aux cheveux d’or admirée par tous à tel point qu’à 7 ans, sa mère fait disparaître sa propre fille. Cette dernière trouve cependant refuge dans une grotte habitée par un serpent frappé de malédiction. L’animal -qui fut un homme- l’adopte, lui apprend le langage des animaux, tandis qu’elle devient de plus en plus belle. Malgré les conseils de prudence de son père, à 17 ans, elle s’éloigne de la grotte et se signale ainsi au monde... Le prince tombera bientôt amoureux d’elle. Et l’heure du départ sonne pour la jeune fille. Le père adoptif cautionne cet amour, à condition qu’elle ne revienne jamais sur ses pas. Ce qu’elle oubliera naturellement, car nous sommes dans les contes ! D’autres malédictions en découleront...
De nombreuses thématiques dans ce conte attachant à la fin déroutante : séduction, amour, naissance, ambivalence des sentiments, relation parents/enfants... L’illustration colorée cernée de traits noirs suit chaque étape du conte et ajoute au dépaysement.
La narration de Kamel Guennoun, à la voix douce et posée, est soutenue avec une grande délicatesse par le violoncelle de Claire Menguy. Formules d’introduction et de fermeture enveloppent ce conte venu d’ailleurs.

coup de coeur Le bébé et l’agneau / G. Martin Garzo ; E. Odriozola. - Syros

Drôle d’histoire que celle de ces deux mamans qui ont perdu leur bébé mais tombent ensuite sur l’autre bébé. Ainsi, la maman humaine prend soin de l’agneau et la brebis, du bébé humain. Si tout rentrera dans l’ordre, chacune gardera dans le cœur ce petit être qu’elles ont accueillis comme leur propre enfant.

coup de coeur Je veux Maman / M. Eliat, Y. Prual, M. Billet. - Didier. - (Polichinelle)

Nina, la petite oursonne, est à la crèche. Elle se réveille de la sieste et réclame sa Maman : elle est triste. Un tour de bottes en caoutchouc dans le jardin sous la pluie lui fait un peu oublier sa peine. Elle rencontre escargot, limace, coccinelle et papillon. Puis vient l’heure du goûter et des retrouvailles, avec.. Papa ! A, la maison, une surprise l’attend : des petits chats sont nés. Enfin, Maman rentre et lui chante sa chanson du soir.
L’histoire est toute simple, tendre et rassurante : peuplée d’animaux familiers, elle parle aux bambins de leur quotidien, de leur vie à la crèche et de leur difficulté à se séparer. En outre, elle est émaillée de jolies chansons qui alternent jazz, ballades et berceuse (partitions en annexe).
L’illustration, très narrative, composée d’aplats de couleur vive, est d’une grande lisibilité. L’ensemble séduit d’emblée les plus jeunes (dès 12 mois) : ils s’identifient aux personnages, retrouvent des émotions vécues, apprécient les images simples et colorées et chantonnent en se balançant au rythme des chansons.
A noter toutefois que ce titre se démarque des précédents albums-CD de la collection Polichinelle : le lien avec le monde du spectacle ne se fait pas du tout sentir.

coup de coeur Diakhéré / M. Sall ; S. El-mur. - Lirabelle. - (Conte de Mauritanie)

Narrateur africain, chants du narrateur et percussions africaines. Belles illustrations. Conte en français puis en africain.
A la naissance de Diakhéré, son père meurt laissant seul sa femme et ses sept filles. Survient une famine qui décime bêtes et gens. La mère se résout alors à manger ses six filles ainées. Elles disparaissent donc les unes après les autres, et à chaque fois, la mère explique à ses filles restantes que leur sœur a épousé un homme riche qui est venu la chercher et en échange leur a donné de la viande. Diakhéré à force de manger de la viande humaine se transforme en sorcière capable de se changer en oiseau. Tout d’abord tourterelle que sa mère pourchasse, puis rapace qui finira par vaincre sa mère en l’avalant.
Conte au symbolisme très fort (pour les africains, sans doute), pour grandir il faut se séparer de sa mère. Des références culturelles sont aussi abordées selon lesquelles une naissance, correspondant avec un décès, est vue comme un mauvais présage.

<<< Retour à la page précédente

© Association Croqu'Livre - Centre régional de ressources en littérature jeunesse