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Dernière mise à jour :
dimanche 25 septembre 2016

Mot Clé : Différences




Album(s) :


coup de coeur J’aime pas l’eau / Eva Lindström. - Cambourakis, 2015

L’eau, quelle horreur ! Alf déteste ça. Pas évident d’y échapper quand on part en exploration avec des copains : faire du canoë, ramasser des têtards, il faut toujours se tremper un peu...ou même beaucoup, pouah ! Heureusement, Alf n’est pas une grenouille et la plupart du temps, il n’est pas obligé de faire trempette. Vivement l’hiver, quand l’eau se fige, c’est tellement plus amusant ! Alf n’aime pas l’eau, c’est ainsi, et ce n’est pas près de changer.
Des instantanés dans la vie d’un petit aquaphobe déterminé, qui prend son mal en patience. Ni traumatisé, ni désespéré, il a trouvé son équilibre. Sa petite voix se fait entendre, revendique sa différence, son anticonformisme, et ça fait du bien ! Ewa Bochenski

A partir de 4 ans

coup de coeur Tu n’es pas (si) petit ! Anna Kang ; Christopher Weyant. - Gautier-Languereau, 2014

Un premier personnage décrète à un autre qu’il est petit, ce à quoi ce dernier lui rétorque que c’est lui qui est grand et le discours s’amorce chacun pensant avoir raison. Un album sur la notion de relativité bien raconté. Les petits monstres aux allures d’ours sont craquants et le livre est plein de surprises. Pour savoir qui a raison ou tort ou si la vérité est à chercher ailleurs... Un album qui pose les bonnes questions et permet de faire réfléchir les plus petits. J’ai bien aimé ! Sandy Morel

A partir de 3 ans

coup de coeur La Belle et la Bête / Madame Leprince de Beaumont ; David Sala. - Casterman, 2014

"Il y avait une fois un marchand, qui était extrêmement riche. Ses filles étaient très belles ; mais la cadette surtout se faisait admirer et on ne l’appelait, quand elle était petite, que la belle enfant"... la plus belle et la plus douce, qui pour sauver son père accepte le sacrifice de vivre auprès de la Bête, pour un jour s’apercevoir qu’au-delà des apparences monstrueuses se cache une tout autre réalité...
La version de Mme Leprince de Beaumont est la plus fameuse. David Sala l’a choisie avec le projet de s’éloigner totalement de toute illustration connue de ce conte. Sous ses pinceaux jaillit un univers onirique, puissant. En filigrane, l’influence de Gustave Klimt, dépassée par un souffle de modernité graphique et intense.

Illustrateur majeur, David Sala excelle ici dans la représentation de l’imaginaire enfantin mais aussi collectif, car cet album entre en résonance avec l’intériorité de chacun, jeune ou moins jeune. Un chef d’oeuvre. Ewa Bochenski

A partir de 7 ans

coup de coeur Edmond / Ingrid Chabbert ; Guridi. - Editions Frimousse, 2014

Edmond est une petite créature qui vit cachée sous les hautes herbes et qui aime changer de couleur, même si la couleur qu’il préfère, c’est la sienne. Un jour, alors qu’il découvre un œuf aussi blanc que lui est noir, il s’en va parcourir les terres à la recherche de la maman de ce petit être.

Lire l’article : Histoiresetgourmanlises

A partir de 3 ans

coup de coeur Louve / Fanny Ducassé. - Thierry Magnier, 2014

Cet album traite d’amour, de mixité et de reconnaissance de l’autre même s’il est différent au premier abord. Louve est une femme rousse qui vit au fond d’une forêt et qui, tous les soirs entre chien et loup, appelle ses petits qui sont en réalité de jeunes renards. Elle s’en occupe et les protège de son amour mais aussi d’elle même parfois. En effet lorsque ses propres émotions la submergent ses cheveux s’enflamment, elle s’éloigne donc pour ne nuire à personne. Un jour elle aperçoit dans la forêt un homme-loup et tous deux succombent à un coup de foudre. L’homme réussit même à dompter la tignasse d’une seule caresse. A partir de ce jour le bonheur déjà grand prend une dimension encore supérieur dans la vie des personnages de l’histoire. Les illustrations de ce conte sont très soignées et le ton du texte original, quant à l’histoire elle appelle à la tolérance. Myriam Lemercier

A partir de 6 ans

coup de coeur Mille et une familles / Marie-Cécile Distinguin-Rabot. - Editions d’un monde à l’autre, 2014

C’est quoi, une famille ? Voici un album haut en couleurs et plein de vie, qui permet de répondre à cette question à choix multiples. Les personnages accueillent le petit lecteur : "Viens avec nous, on va te présenter nos familles !". Puis chacun, par double page, nous présente son cocon familial. Qu’il soit recomposé ou classique, mixte, séparé, qu’il y soit question d’homoparentalité, de handicap, de famille d’accueil...en quelques phrases et une illustration pleine de gaieté, l’enfant nous présente ses proches et son quotidien. En fin d’ouvrage, le jeune lecteur peut lui aussi dessiner et présenter sa famille.
Le texte à hauteur d’enfant, les illustrations vives, le propos à large vue, en font un album particulièrement réjouissant et essentiel à l’heure des récents débats sur ce thème. Coup de coeur. Ewa Bochenski

A partir de 6 ans

coup de coeur Edmond, la fête sous la lune / Astrid Desbordes ; Marc Boutavant. - Nathan, 2013

Dans le grand châtaigner vit Edmond l’écureuil : timide et solitaire, il préfère faire des pompons et lire des romans d’aventures dans son lit plutôt que s’aventurer hors de chez lui. Tout le contraire de ses voisins : Georges le hibou, toujours dehors, à la recherche de 1001 brindilles ou plumes pour se fabriquer ses déguisements, et l’ours Edouard, bien connu pour les joyeuses fêtes qu’il organise au rez-de-chaussée. La prochaine a lieu dans quelques jours et chacun se prépare. Le grand soir venu, Edmond est curieux mais préfère s’en tenir à faire des confitures. Des confitures où coule une petit larme....il va se coucher, bien triste. C’est alors qu’on frappe à la porte...

Une savoureuse histoire d’amitié, des personnages attachants, et un exploit : une vraie timidité surmontée ! Une très belle lecture servie par le talent de Marc Boutavant. Ewa Bochenski

A partir de 3 ans

coup de coeur Pas facile d’être un chevalier / Gudule : Claude K. Dubois. - Mijade, 2014

Jojo est né avec une armure de chevalier. "Ca lui vient sûrement de nos ancêtres", explique son papa. Mais sa maman se désole : Jojo ne sera jamais un petit garçon comme les autres...Le temps passe et Jojo grandit heureux, coqueluche des bacs à sable et des anniversaires. Tout change quand vient le temps de l’école, avec ses règles de vie et l’ impitoyable cour de récré. Jojo doit cacher son armure sous de gros vêtements, ce qui lui donne une allure étrange et ridicule. Plus personne ne veut jouer avec lui. Jusqu’au jour où il remarque une petit fille toute seule : Angèle se cache elle aussi sous un "maxi-manteau"...

Un petit album merveilleusement tendre et réjouissant, qui dit la différence et le handicap avec simplicité. Il aborde aussi bien l’hérédité, la vie en société, que l’amour. Gros coup de coeur de la rentrée ! Ewa Bochenski

coup de coeur L’Oizochat / Rémi Courgeon. - Mango Jeunesse. 2014

Il vole, mais il miaule...Il a des plumes, mais aussi des moustaches...Quel est ce drôle d’hurluberlu qui s’écrase dans la forêt de Cécédille ce soir-là ? D’abord effrayés par cet étranger à l’apparence mi-féline mi-volatile qui baragouine dans une langue farfelue, les habitants des bois finissent par tolérer sa présence, à condition qu’il s’acquitte des tâches les plus ingrates. Mais l’histoire ne s’achève pas là, car qui sait ce qu’il va rencontrer un jour en s’aventurant hors de la forêt ? Et qui sait où la vie peut nous mener, quand on en surmonte les épreuves ? De belles rencontres à venir... Après Gros chagrin en ce début d’année, encore un très bel album de Rémi Courgeon sur la différence, dans une écriture enjouée et pleine d’humour.

coup de coeur Louna et la chambre bleue / M. Guirao Jullien ; C. Davenier. - Kaléidoscope. 2014

Louna est une petite fille timide, qui préfère le calme. Elle observe, elle imagine...elle aime son petit monde de rêverie et de tranquillité. Du côté des adultes, on s’inquiète : trop solitaire, trop rêveuse, on en fait tout un plat. Seule la grand-mère de Louna la comprend. Ensemble, elles partagent souvent rires, chansons et secrets, et surtout se racontent de merveilleuses histoires. Quand vient l’heure de la sieste dans la chambre bleue, aussitôt sa grand-mère endormie, Louna part à l’aventure : crayon rouge en main, elle s’introduit dans le décor de la toile de Jouy pour y retrouver "chien rouge". C’est avec lui qu’elle bondit, court et chante à tue-tête, fleurit les jardins et invente de nouveaux chemins. Tour à tour princesse, pirate, magicienne, elle s’invente mille vies avec les personnages et les décors d’antan. Elle ne craint rien : chien rouge la protège...Grand-mère la réveillera tendrement pour le goûter, qu’elles dégusteront dans le jardin en regardant les nuages. Délicieux moment qui nous montre qu’au fond d’elle grand-mère est toujours restée une petite fille rêveuse, et qui unit la vieille dame et la fillette dans une belle continuité. Magnifique album sur le pouvoir de l’imagination, mais aussi sur la différence et la transmission. L’histoire de ce précieux héritage est servie par le savoureux contraste entre la mouvance du trait de crayon et de l’aquarelle et la fixité intense du bleu de la toile de Jouy. Un vrai coup de coeur.

coup de coeur Gros chagrin / R. Courgeon. - Talents hauts. 2014

« J’veux plus être noire ! J’veux être blanche comme toi ! » sanglote Noémie à son père dépité. Vite, une histoire pour consoler la fillette et la réconcilier avec son métissage : Boulou, petite chatte noire voit son rêve de devenir blanche exaucé. Mais qui est-elle désormais ? Et comment les autres la voient-ils ?
Les sentiments de la fillette, la tendresse du père, les détails de l’illustration ancrés dans le réel confèrent à cette double histoire un ton très juste.

coup de coeur Les cinq malfoutus / B. Alemagna. - Hélium. 2014

« Ils étaient cinq. Cinq êtres mal foutus » : l’un troué, l’autre plié, ou fatigué, renversé, raté, « ces cinq-là ne faisaient pas grand chose dans la vie. » Ils ont l’habitude de s’amuser à « savoir lequel était le plus nul d’entre eux. » Mais voilà qu’arrive un être parfait, volontaire, de ceux qui voient la vie comme un champ d’action et de pouvoir. Le Parfait les pousse à se projeter, à s’accomplir mais devant son impatience agressive et exaspérée, les 5 mal foutus se découvrent des qualités qui remettent à sa place cet être arrogant !
Les papiers collés composent ces êtres imparfaits mais ô combien sympathiques qui trouvent, dans leurs défauts, leur force et leurs atouts.

coup de coeur Tango a deux papas et pourquoi pas ? / B. Boutignon. - Le Baron perché. 2014

En allant au zoo, Marco est heureux de découvrir toutes les espèces du zoo mais il aime particulièrement Roy et Silo, deux mâles qui font la parade, préparent leur nid et couvent un galet rond. L’idée ingénieuse du gardien de le remplacer par un œuf, permet, grâce aux soins de Papa Roy et Daddy Silo, de voir la naissance d’une petite Tango, la première manchot à jugulaire élevée par 2 papas !
A la différence de Et avec Tango, nous voilà trois !, l’histoire vraie est racontée par les yeux d’un petit garçon. Si le leitmotiv « C’est comme ça, et pourquoi pas ? » finit par lasser, l’idée de normalité est bien présente : celle de deux mâles qui s’aiment et élèvent avec un soin infini leur petite.

coup de coeur Et avec Tango, nous voilà trois ! / J. Richardson, P. Parnell ; H. Cole. - Rue du monde. 2013

Roy et Silo sont deux manchots du même enclos du zoo de Central Park. Tandis que les autres forment des couples pour la saison de reproduction, nos deux mâles ne semblent pas vouloir se quitter. Loin de s’en inquiéter, leur soigneur a l’idée de leur confier un œuf à couver. Roy et Silo s’acquittent scrupuleusement de leur tâche jusqu’au petit miracle de la naissance. « Nous l’appellerons Tango (...) parce qu’un tango, ça se danse à deux » propose le gardien. Avec les soins attentifs de ses deux papas, Tango grandit comme dans n’importe quelle autre famille.
La note des auteurs nous apprend que l’histoire est vraie (1988), qui rappelle s’il est besoin que l’amour peut prendre différents visages.
Autre lecture
Deux manchots (Roy et Silo) font tout ensemble. Deux mâles qui iront jusqu’à s’identifier à un couple classique et à désirer couver un « quelque chose qui ressemblait à ce que les autres manchots faisaient éclore ». Parce que dans ce zoo les animaux sont aimés, soignés, respectés et étudiés par des personnes sensibles (la belle complicité de M. Gramzay !) les deux manchots vont fonder une famille. Bienvenu Tango ! une petite femelle accueillie avec tendresse par deux papas, trois manchots admirés par les nombreuses familles de visiteurs du zoo de Central Park à New-York. Et personne n’y voit rien à redire...
Avec simplicité, les deux auteurs nous relatent cette histoire vraie mise en aquarelles légères par Henry Cole. Sans rien dénoncer de façon ostentatoire, ce livre nous parle de la vie, du droit à la différence et à son acceptation.

coup de coeur L’ une belle, l’autre pas / C. Honoré ; G. Le Gac. - Actes Sud. 2013

D’entrée de jeu, une page orange très flashy, qui rend la lecture du texte, en noir ou blanc, difficile. Premiers mots : « C’est moche ! »
Nous sommes prévenus : il sera question de beauté, de jugement... A nous de nous adapter, d’être ouverts à une autre façon de voir, de penser. Patchworks d’imitations tissus et pages colorées alternent, se mêlent, des découpes dans la page accentuent les imbrications, pas de repos, le regard doit rester vif et disponible. Voici pour la mise en condition.
L’histoire : Deux sœurs s’opposent, l’une est « brouillon », « pas soignée », a « mauvais goût » tandis que l’autre a le sens du beau, de l’harmonie, du soin. Au terme d’une « semaine du mauvais goût » imposée par la narratrice, la famille réfléchit à la notion du beau et chacun propose sa définition. Ne comptez pas sur Christophe Honoré pour apporter LA vérité, il est bien plus intéressant de continuer à jouer sur les ambiguïtés.
Dans la même veine que La règle d’or du cache-cache, les deux auteurs nous offrent un livre étonnant, drôle et ouvert. Engouffrons-nous, seuls ou mieux encore à plusieurs pour entamer une discussion...

coup de coeur Le petit garçon qui aimait le rose / J. Taboni Misérazzi ; R. Laborde. - Des ronds dans l’O

Lorsque Luc découvre le pouvoir d’embellissement de la couleur rose, il la décline autant que faire se peut. Cela vaut pour son nouveau cartable de rentrée. Si lui est « fier et heureux », la cour de récréation bruisse d’incompréhension, de moqueries et de méchancetés. Luc ne serait plus bon qu’à jouer avec les filles...
D’abord déstabilisé par tant d’histoires, Luc aura bientôt l’occasion de remettre les choses à leur place !

coup de coeur Un chien et un chat / P. Carbonell ; C. Gómez. - Oqo. 2013

De la chamaillerie à la bagarre, il n’y a qu’un pas que le chat et le chien ont franchi involontairement. Mais l’attirance de départ, fondement de leur rencontre, aplanira les différends.
On peut ne pas se comprendre d’emblée, être très différents et s’apprivoiser pour finir par trouver un terrain d’entente sereine. La démonstration en est faite ici de façon minimaliste mais efficace.

coup de coeur Drôles de familles / A. Valente ; A. Delrieu. - Tournez la page ; ALHERT. 2013

C’est la rentrée, la maîtresse demande aux élèves comment s’est « passé l’été avec leur famille ». Le sujet des vacances laisse immédiatement place à un panorama des familles : homoparentale, monoparentale, mixte, recomposée, placement en foyer...
Le propos est évidement très ciblé et l’illustration criarde mais l’album a le mérite de montrer la variété des situations familiales en toute spontanéité. « La seule chose qui compte, c’est d’être heureux ensemble et de s’aimer ! »

coup de coeur César / G. Solotareff. - Ecole des loisirs

Les pleines illustrations de ce livre grand format ouvrent droit sur les thèmes de l’indépendance et de l’identité. Un petit oiseau nommé César, serré dans une cage contre son père conteur d’histoire, est depuis toujours bercé par la légende de « l’empereur des crocodiles ». Lorsqu’un jour la liberté s’offre à lui, il voit l’occasion de revêtir la cuirasse d’un héros, un oiseau qui n’aurait jamais peur. Il est temps de partir à l’aventure ! Prenant alors son envol - dans le bleu du ciel venu remplacer le blanc impersonnel de la cage - César aborde une île habitée par un crocodile. Loin de se laisser impressionner par l’animosité de la créature et fort de son identification à l’empereur, César lui cloue la mâchoire ! Mais un héros est-il celui qui domine ou qui partage ?
En jouant sur l’opposition des aplats de couleurs, Grégoire Solotareff nous conte ici l’histoire d’une émancipation et d’une amitié atypique.

coup de coeur Et patati... Et patata / Christos ; B. Baldi. - D’un monde à l’autre

Tom est un grand bavard et ses copains d’école l’aiment plutôt bien. Ils l’ont gentiment surnommé Patati. Mais sa logorrhée finit par les fatiguer et ils en viennent à le rejeter. L’enfant est seul et désemparé jusqu’au jour où arrive une adorable petite fille sourde qui adore grimacer. Patati et Patata trouvent un parfait terrain d’entente...
La vie à l’école n’est pas simple lorsqu’on se démarque un tant soit peu mais le constat n’a rien de manichéen et de définitif dans cet album dynamique : texte et illustrations sont garants d’une vie débordante et légère.

coup de coeur Monsieur Cabosse / R. Fuentès ; P. Lemaître. - Nathan

Difficile pour Monsieur Cabosse et sa femme de trouver un foyer à leur convenance. Monsieur est très grand, Madame très petite et aucune des maisons testées ne convient. Tandis que Monsieur lit Les Pensées de Pascal, Madame multiplie les idées jusqu’à trouver la solution parfaite.
Un homme distrait, une femme pragmatique, ce charmant couple, avec leur chien fidèle, se joue des différences et travaille patiemment à son bonheur.

coup de coeur Le chêne de la truie qui file / P. Barbeau ; A. Ciosi. - Atelier du poisson soluble

Grandbenêt est aussi gentil qu’il est sot et les villageois ne se privent pas pour exploiter sa bêtise. Ils aiment à lui confier des missions impossibles, pour le simple plaisir de berner cet homme qui ne refuse jamais de rendre service. Lorsque débarque un étrange vieillard cherchant une truie capable de filer une armure de soie, les villageois l’envoie derechef vers Granbenêt qui accepte le challenge.
Un conte merveilleux qui redouble d’étrangeté avec les illustrations d’Amandine Ciosi, sans concessions pour les villageois moqueurs. Mais les idiots ne sont évidemment pas ceux annoncés !

coup de coeur Oiseau et croco / A. Deacon. - Kaléidoscope

Deux œufs côte à côté éclosent simultanément. De l’un, sort un volatile, de l’autre, jaillit un reptile. « “J’ai faim” dit le crocodile ». Et le lecteur tremble...
Fausse frayeur ! Car les deux nouveaux nés vont développer une relation faite d’échanges et de complicité. Qu’adviendra-t-il lorsqu’ils rencontreront leurs congénères ?
Les dialogues lapidaires expriment avec évidence le bonheur que ces deux êtres si différents ont su construire. Les illustrations elles accentuent la tendresse d’une union fraternelle qui fait fi de la biologie.

coup de coeur La princesse vient à quatre heures / W. Schnurre ; R. S. Berner. - La Joie de lire

C’est le style de Wolfdietrich Schnurre, auteur allemand du début du 20° siècle, qui marque d’emblée. Resserré, privilégiant les dialogues et les phrases exclamatives, il pioche dans les différents registres de langue pour une description vivante d’une hyène « tout effrangée, tigrée (...) Mon Dieu, comme elle pue ! » Mais le visiteur du zoo, narrateur de cette histoire, ne s’arrête pas à ces détails et accepte de recevoir chez lui cette hôte repoussante. Et pour cause, cette visite, selon l’hyène, briserait le sort et lui permettrait de se transformer en princesse...
Une histoire au motif classique mais au traitement original : la chute de l’album déplace l’intérêt du lecteur. Ce petit bonhomme affable, a priori naïf prend une épaisseur insoupçonnée et se révèle, notamment dans l’observation des détails de l’illustration, généreux et curieux de l’autre.

coup de coeur Fanfan / M . Sellier ; I. Fossier. - Editions courtes et longues

Fanfan vit avec sa famille d’autruches. Voilà qu’un vieux marabout s’en étonne et renvoie Fanfan à sa différence. Ainsi donc, il serait un éléphant ? Mais quelle est cette engeance ? Parti à la recherche de ses congénères, il croise de nombreuses espèces qui lui dressent la carte identitaire de ses caractéristiques physiques. Enfin, il trouve ses “semblables”. Mais est-il au bout de ses peines ?
Un thème classique, une illustration d’Iris Fossier qui l’est beaucoup moins ! Avec un mélange de gravures dorées, de dessins au trait cendrés, et d’aplats bleu indien, la quête initiatique de Fanfan se fait tout en poésie et légèreté. Le format de l’album qui s’ouvre dans une verticalité conforte cet aspect aérien.

coup de coeur Les Pakomnous / A. Jonas ; C. Merlin. - L’Édune

Les Pakomnous et les Pakomnous sont deux peuples des temps lointains qui se méprisent mutuellement. Chaque tribu occupe un flanc de la montagne ; une rivière infranchissable les sépare. Rien ne semble devoir troubler cette situation dont on ignore les origines, jusqu’au jour où...
Une histoire sur l’intolérance particulièrement bien écrite, dans une langue travaillée. L’ironie est parfois discrète, parfois mordante, mais jamais amère. Il se dégage au final une certaine sérénité de cet album et, sans aucun doute, les illustrations aux couleurs tendres y contribuent.

coup de coeur Saltimbanques / M. Desplechin ; E. Houdart. - Thierry Magnier

Emmanuelle Houdart a proposé onze personnages, créatures improbables, qui grâce au talent de l’artiste, sont fortes d’histoires potentielles. C’est Marie Desplechin qui les a concrétisées, en onze textes qui peuvent être lus séparément mais qui bientôt, révèlent des liens. Au final, ces êtres hors-normes qui font de leurs différences un art et une richesse, constituent une grande famille du cirque qui se dévoile grâce au narrateur mystère...

coup de coeur Jérôme, Amédée et les girafes / N. Gouny. - Atelier du poisson soluble

Nous plongeons dans un univers graphique gai, coloré et très vivant, parsemé d’onomatopées opportunes. L’ouverture de l’histoire fait un peu contrepoids : Jérôme, plein d’entrain, salue un groupe de girafes qu’il pense être ses congénères. Mais les donzelles, circonspectes, le remettent à sa place d’ours. Qu’à cela ne tienne, Jérôme poursuit son chemin et aborde un groupe d’ours. “Aaaaaaaaaaaahhh ! une girafe !” se voit-il opposer...
Notre pauvre Jérôme est bien content de tomber sur Amédée -est-ce une girafe, est-ce un éléphant ?- qui semble bien moins coincé et tous les deux s’acceptent comme ils sont !
Effet de groupe, cases auxquelles il faudrait se tenir, tout cela vole en éclats avec ces deux personnages libres et joyeux !

coup de coeur Michel l’ours blanc / J. Colombet. - Petit Lézard

Michel l’ours blanc aime rêver, imaginer, transformer... Il se demande comment se passent les choses ailleurs, comment elles seraient si...
Une distorsion du réel qui donne lieu à de belles planches graphiques, autour de la différence, d’une jeune illustratrice talentueuse.

coup de coeur Moi, Ivan crocodile ! / R. Gouichoux ; J. Neuhaus. - Atelier du poisson soluble

“J’ai l’air d’un petit garçon mais à l’intérieur, je suis un crocodile.” Pas facile pour Ivan, 6 ans, de contenir ce qu’il ressent au fond de lui, “d’être gentil comme ma maman m’a dit.” Pas facile, surtout quand “eux” se moquent et humilient.
Une fois de plus, l’Atelier du poisson soluble nous offre une vision singulière et percutante de la différence. Le texte du narrateur, personnalité décalée mais néanmoins lucide, trouve écho dans les illustrations aux papiers collés qui composent des visages dysmorphiques. Illustrations parfaitement dérangeantes qui concordent avec le malaise de voir la bêtise et la méchanceté du groupe face à ce personnage troublant mais surtout attachant. Et si ses camarades préfèrent le cantonner dans le rôle de fou, les adultes s’attachent à le protéger, à le recentrer. Un album fort qui casse les codes de la normalité.

coup de coeur L’ arbre aux poissons bleus / B. Ortelli. - Minedition

Un intrus près du baobab !!! Que faire de cet ours qui veut s’installer ? Les avis divergent parmi les habitants de l’arbre, entre compassion et méfiance. Mais l’ours va faire ses preuves et contribuer à la vie commune. Il sera vite intégré à ... Baobel !
Petit éloge de la différence intéressant pour ses illustrations chaleureuses.

coup de coeur Une fourmi pas comme les autres / T. Corda. - Minedition

Quel que soit l’accoutrement de Carla la fourmi, elle se retrouve rapidement copiée par ses amies. Elle qui cherchait à être différente, c’est plutôt loupé ! Un jour, elle commet un crime de lèse-majesté...
Texte minimaliste, à répétition, auquel répond l’illustration en papier kraft et crayonné, pour une critique en douceur des mécanismes de la mode et de l’uniformité.

coup de coeur Embrouilles chez les grenouilles / P. Cornuel. - Grasset. - (2 X 2 = 4)

Les grenouilles bleues détestent cordialement les rouges qui le leur rendent bien ! De part et d’autre de la mare, les provocations fusent ! Mais en ce jour de grande chaleur, une seule priorité, s’enduire de boue pour se rafraîchir. Voilà qui est bien embêtant : comment reconnait-on son ennemi maintenant ?
Album simple et efficace sur les différences et l’absurdité de la guerre.

coup de coeur Les cinq affreux / Wolf Erlbruch. - Milan

Monstrueux, laids, répugnants... voici comment se décrivent le Cinq affreux, qui ont bien intégré ce qu’on leur répète... Mais la hyène en est sûre : « Ce qui compte, c’est ce qu’on fait. Pour soi et pour les autres. » Ensemble, ils ouvrent une guinguette à l’ambiance folle et les apparences n’ont bientôt plus aucune importance !

coup de coeur Quatre petits coins de rien du tout / J. Ruillier. - Bilboquet

Impossible pour Petit carré d’entrer dans la grande maison. Les Petits ronds essaient de trouver des solutions pour lui permettre de les rejoindre. Toutes avec l’idée de transformer Petit carré. Et si au lieu de vouloir changer les êtres, on changeait notre perception de la différence ? Ainsi que la réalité inadaptée ?

coup de coeur Le pompier de Lilliputia / F. Bernard ; F. Roca. - Seuil Jeunesse, 2001

Henry MacQueen a un jour arrêté de grandir. Et ce n’est pas auprès de sa famille qu’il a trouvé du réconfort. Le petit monde de nains, Lilliputia, installé dans le parc d’attractions new-yorkais de Coney Island, sera le lieu où il peut s’accomplir. Il crée une compagnie de mini-pompiers, et assure le spectacle pour « les grands ». Mais un jour, il ne s’agit plus de spectacle et Henry doit faire à un véritable incendie, celui qui décima le parc en mai 1911. Son aide est décisive. C’est à ce prix qu’il trouvera enfin la reconnaissance, qu’il existera aux yeux de son père devenu maire de New-York.
Un album grand format pour ce petit personnage décidé et courageux, habité par un feu qui l’accompagnera toute sa vie.

coup de coeur La règle d’or du cache-cache / C. Honoré ; G. Le Gac. - Actes Sud

C’est d’abord la succession des couleurs criardes, voire violentes des pages, qui agresse l’œil, comme s’il n’était pas admis d’emblée que l’on pénètre dans cet univers. Comme s’il fallait moduler son regard pour être apte à voir autrement. Et de fait, l’histoire est celle de Katell qui "voit des choses", des choses qui lui procurent un plaisir immense et l’absorbent toute entière. Elle aimerait inviter les autres à partager son monde mais seront-ils réceptifs ?
Plaisir de retrouver Christophe Honoré, un auteur qui voit le monde un pas de côté, toujours juste, et qui légitime, avec une pointe d’humour, les différences.

coup de coeur Lulu mets pas ton nez dans ta bouche / C. Van Hille ; A. Girard. - Atelier du poisson soluble

Lulu est différent. Il n’y peut rien, il est né comme ça. Paraît que c’est pas beau à voir... alors pour ne pas déranger, Lulu vit cloîtré dans sa chambre au grenier ; c’est là qu’on range les difformités ? Bien à l’écart de la société parmi ses amis déshumanisés. S’il n’était pas si repoussant, ses parents seraient peut-être moins méchants ? Privé de l’amour de ceux qui l’ont pourtant fait ainsi, Lulu décide de prendre sa revanche.
Un album troublant, pimenté par les dessins heurtant d’Amélie Girard, un album où texte et image s’harmonisent au point de former une monstrueuse beauté. A chaque lecture, on a la sensation d’être en face de quelque chose d’insolite, un quelque chose qui vient remettre en question l’archétype du Beau.
Autre lecture
Avant même sa naissance, le héros de cette histoire subit la violence verbale de ses parents. Après, se rajoute celle des proches. Souffrance et solitude. Sa "faute" ? La différence, la difformité. Son refuge ? Le silence, le repli sur soi. Son avenir ? Loin de ses parents, avec un traitement de faveur en guise d’adieu...
Le trait de la jeune artiste Amélie Girard n’est pas sans rappeler celui d’Emmanuelle Houdard, en plus tourmenté. Les deux auteures, dans une mise en page particulièrement réussie, renversent doublement les codes : celui qui est stigmatisé pour sa laideur dégage une beauté et une tendresse qui le mettent à l’abri de l’aigreur et du désespoir. Celui qui vivait reclus se paie le luxe de s’affranchir en obligeant ses bourreaux à révéler au monde leur vraie nature ! Petite vengeance de moindre mal...

coup de coeur Jo singe garçon / B. Alemagna. - Autrement

Jo a la conviction d’être un garçon singe et se comporte comme tel. Au milieu des humains, mais également des singes, il se sent différent. Ses parents ne savent plus comment l’aider. Qu’il est difficile de composer avec le regard de l’autre !
Un beau travail graphique sur l’identité, la différence, la liberté. Jo se pense et s’incarne différemment au fil de sa quête mais il a la chance d’avoir le temps et l’espace pour se chercher, se trouver !

coup de coeur Mademoiselle Bizarre / R. Baud ; S. de la Villefromoit. - Chocolat !

Elle est bizarre cette fille... Rien comme les autres. Suspecte, forcément ! Alors tous se méfient, seul Hector, le petit voisin de Sarah, cherche à en savoir plus... La jeune fille a le pouvoir de donner vie aux objets peints par son père. Et nous découvrons, avec Hector, cet univers troublant qui n’est pas sans rappeler Etrange Emily. Serez-vous étonnés de savoir que Sarah n’est pas méchante ? Qu’elle va même mettre tout le monde dans sa poche ?
Première série d’albums de ce nouvel éditeur jeunesse (franc-comtois) qui a fait appel à des auteurs et illustrateurs de qualités (le chanteur Aldebert, Renaud Forestié, Fabienne Roulié, Selma Mandine, Raphaël Baud, Sophie de la Villefromoit). A suivre...

coup de coeur L’ enfant de la neige / F. David ; M. Solal. - Motus

Après Voir, entièrement noir, Motus pousse l’audace jusqu’au blanc total. Seuls texte et reliefs viennent troubler l’immaculé. Dans ce blanc, il y a la neige et l’enfant trop blanc pour s’en démarquer. Différent des autres. Donc à bannir. Heureusement, la nature constitue un refuge immuable.
Chacun investira dans cet enfant, force invisible mais omniprésente, la symbolique qu’il veut lui conférer. Mais qui pourrait y rester insensible, tant cette histoire nous renvoie à notre relation à l’autre ?

coup de coeur Karl Ibou / B. Alemagna. - Autrement

Karl Ibou est ce qu’on appelle un ours. Asocial, solitaire. Lui vient cependant l’envie de se chercher un ami... Ses tentatives sont rabrouées sans ménagement. Jusqu’à l’arrivée d’un gamin que l’on dit détestable. Entre gens atypiques, on se comprend ! Délaissant ses habitudes et s’ouvrant aux autres, Karl Ibou en a fini avec l’ennui !
Une belle histoire d’émancipation vers le bonheur.

coup de coeur Grand corbeau / B. Fontanel ; A. Guilloppé. - Sarbacane

Etre singulier, ce peut être vécu comme un handicap, une honte. Et un jour, vous croisez quelqu’un qui vous convainc de la richesse que cela peut représenter.
Une histoire sur la différence qui se distingue par le dessin sans pareil d’Antoine Guilloppé ; les tons qui tranchent - noir, blanc et couleurs vives - s’opposent puis se répondent pour atteindre une harmonie qui réconcilie les antagonismes.

coup de coeur La maison du crocodile amoureux / D. Kulot. - Autrement

Un petit crocodile, une grande girafe s’aimaient d’amour tendre, mais comment s’y prendre ... quand on est si différent ? Après un catalogue de situations cocasses mettant en scène les 2 protagonistes, l’auteur nous propose une fin heureuse et imaginative faisant fi des tracasseries quotidiennes. Dès 4 ans.

coup de coeur Trois œufs / E. Battut. - Ecole des loisirs

3 oeufs dans un nid, les deux premiers éclosent, un oiseau noir, un oiseau blanc. Deux, c’est bien, trois, c’est le mauvais chiffre, d’autant plus lorsque la coquille ne ressemble à rien de connu. Les adorables oisillons décident de virer l’intrus par dessus bord, mais sont entraînés dans la chute... Tout se finira bien grâce à l’indésirable. L’histoire n’est pas vraiment originale mais nous avons un coup de coeur pour les illustrations.

coup de coeur Paresseux / I. Schoch. - Seuil

Sous des allures nonchalantes et désinvoltes, cette histoire de paresseux prend toute son ampleur en lecture orale et propose des pistes de réflexion : le droit à la différence, le respect de l’autre et de ses choix de vie...

Roman(s) :


coup de coeur Moostique et Tignasse, tome 1 / Pieter Koolwijk, Linde Faas. - Bayard Jeunesse, 2015

Malik est le souffre-douleur de trois de ses camarades de classe qui le surnomment Moustique en raison de sa petite taille. Mais bientôt arrive en classe Tignasse, une petite fille encore plus minuscule que lui. Les deux enfants se lient d’amitié, et grâce à l’originalité et la joie de vivre de Tignasse, Malik apprend à ne plus être une victime et à vivre différemment la situation. Joli roman, très belles illustrations. Marie Chaillet

A partir de 8 ans

coup de coeur Mon frère a une tornade dans la tête, c’est grave ? L’hyperactivité / Christine Deroin. - Oskar Jeunesse (Pas de panique, c’est la vie !), 2015

Récit par un jeune garçon de l’hyperactivité de son jeune frère vu à travers le prisme de la famille et de l’école.

Lucas dialogue avec un psychologue et raconte sa vie minée par les troubles du comportement de son frère. Du déni du père à l’inquiétude de la mère, il est bien difficile pour le jeune de se situer... Faut-il que lui même devienne agité pour que ses parents arrivent enfin à le voir ?

Nous vivons avec Lucas les découvertes des particularités de son frère à travers des situations différentes : les courses, les repas, le rejet par les autres enfants...

La discussion avec le spécialiste l’amène a formuler son admiration pour ce frère différent mais aussi sa propre souffrance !

A la suite du récit, une interview avec le Dr. Gabriel Wahl pédopsychiatre permet en quelques questions claires de remettre en perspective le sujet : qu’est-ce que c’est au juste que l’hyperactivité ? Pourquoi est-ce difficile à vivre pour l’enfant et son entourage ? Et enfin comment aider l’enfant hyperactif avec une liste d’adresses utiles...

Un livre qui ne dénonce pas mais resitue dans un contexte médical le problème de ces enfants qui cumulent trouble de l’attention, agitation et impulsivité. Un ouvrage qui fait du bien, déculpabilise l’enfant, ses parents, ses enseignants et offre quelques pistes pour mieux vivre ensemble ! Marion Uteza

A partir de 12 ans

coup de coeur Lucien Lucien / Anne Houdy. - Alice Jeunesse (Le chapelier fou), 2014

« Papa est allé voir ailleurs s’il y avait mieux. Et papa a trouvé mieux. Il est allé voir là-bas si maman y était. Comme elle n’y était pas, il est resté là-bas. C’était préférable ».
Voici les premières lignes qui composent le magnifique roman d’Anne Houdy, Lucien Lucien. Un roman empli d’innocence et d’absence.

Lire l’article : Histoiresetgourmanlises

A partir de 9 ans

coup de coeur Vive la France/ Thierry Lenain ; Delphine Durand. - Nathan (Premiers romans), 2012

Pourquoi Lucien se retrouve-t-il tout seul dans la cour ? C’était pourtant le chef de bande ! C’est que le petit garçon a rejeté tous ses copains : l’un pour sa couleur de peau, l’autre pour son accent, un troisième pour son grand-père étranger... Un très bon petit roman pour lecteurs débutants qui invite au dialogue et à l’ouverture d’esprit, qu’il s’agisse d’évoquer le racisme, la différence culturelle, l’égalité filles/garçons. Ewa Bochenski

A partir de 6 ans

coup de coeur Les autres mode d’emploi : on dit de moi que je suis différent / Sylvie Baussier. - Oskar ( court métrage), 2014

Arno jeune autiste avec le syndrome d’Asperger va passer au Collège. Nous partageons son parcours, ses craintes et ses difficultés à communiquer avec les autres. Incapable de mentir, passionné par les oiseaux, il a du mal à s’intégrer à tout nouvel environnement. Pourtant il va trouver sur sa route des adultes et des enfants capables d’entendre sa différence et de l’accepter. _ Un joli témoignage écrit par un auteur qui nous confie en postface qu’elle est maman d’un jeune adulte porteur de ce syndrome.
Elle partage son expérience en donnant voix aux pensées de l’enfant pour qui le monde est souvent incompréhensible. Cela donne un récit parfois humoristique parfois léger et surtout porteur d’espoir. Marion Uteza

A partir de 10 ans

coup de coeur L’école du tonnerre / Sylvie Deshors. - Rue du monde, 2014

Thibo est malentendant et il vient de déménager. C’est une nouvelle rentrée pour lui, dans une nouvelle école. S’il s’entend tout de suite bien avec Lou et quelques autres, en revanche, son institutrice l’a pris en grippe. Celle-ci ne sait en effet pas comment s’y prendre avec cet élève, si différent. D’autant uqe le petit garçon est loin d’être stupide (une sensibilité extrême), et qu’il a tendance à se réfugier dans son monde à lui. Jusqu’au jour où il fugue, suite à un altercation de trop avec sa maîtresse. Face à l’absence de son élève, l’enseignante prend peur, s’inquiète, et va finalement aider Thibo à s’intégrer. E surtout, il peut compter sur le soutien indéfectible de Lou, son amie-amoureuse.
J’ai vraiment bien aimé, l’histoire, les illustrations, la sensibilité du jeune garçon, son monde à part, un peu poétique... Marie Chaillet

A partir de 8 ans

coup de coeur Barnabé ou la vie en l’air / John Boyne (ill. Oliver Jeffers). - Gallimard, 2014

Barnabé est un enfant qui ne peut garder les pieds sur terre au sens strict du terme. Il s’envole. Or ses parents ne supportent pas la différence. Leur fils leur fait honte si bien, qu’un jour, ils décident de le laisser s’envoler. Le garçon va alors vivre un périple à travers le monde à la rencontre de personnages variés et tous « différents » à leur manière.
Nouveau titre de John Boyne, l’auteur du mémorable Garçon au pyjama rayé. Beaucoup moins grave même si le propos est dur (il s’agit quand même d’un abandon d’enfant !). Traitement léger et poétique. Une véritable leçon de tolérance et d’acceptation de nos différences, à travers les portraits de personnages rencontrés par notre héros dans tous les pays où il « atterrit ».Christelle Renaud

Parce qu’ils aspirent à être des gens normaux, les parents de Barnabé ne supportent plus leur fils. Il faut dire que celui-ci ne marche pas, mais flotte. Sa mère décide un jour de s’en "débarrasser", car pour elle, c’est sûr, Barnabé le fait exprès. C’est le début d’un voyage rempli d’amertume et de rencontres folles pour le petit garçon. Pourtant, celui-ci garde l’envie de rentrer chez lui, retrouver sa famille. Après un long périple, Barnabé rentre à sydney et ses parents décident de le faire opérer afin d’être un petit garçon normal. Mais si la vraie liberté était de s’accepter tel que l’on est ? Et être normal, est-ce si enviable ? Un livre sur la différence et la tolérance. Marie Chaillet

A partir de 10 ans

coup de coeur La vie étonnante d’Ellis Spencer / Justine Augier. - Actes Sud. 2014

A Naol il est obligatoire de bouger, de crier, d’être en permanence actif. Et pour être reconnu, mieux vaut avoir une vie sociale intense. Or Justine est différente. Elle aspire à rêver, lire et prendre le temps de vivre... ce qui est non seulement mal vu mais aussi dangereux. Entouré de l’amour de ses parents et de deux nounous gardiennes, elle tente de satisfaire chacun... sans grand succès. Un dernier espoir : l’intégration dans un lycée mixte qui accueille une poignée d’enfants différents. Fasse à ce défi, Justine s’arme de courage. Premier objectif : réussir à se faire inviter pour qu’enfin une inscription apparaisse sur son mur de la réussite. Simple ? Pas vraiment... L’auteur propose un monde intéressant où, à force d’être obligé d’occuper en permanence le plus d’espace possible, plus personne n’échange ni ne s’écoute. Marion Uteza

Spencer dénote dans sa famille, dans la société du Pays de Naol. Elle est petite, discrète, calme alors que la norme est de faire "d’immenses pas décidés" et de toujours porter le regard au loin. Des conquérants, des leaders ! Ellis intègre une école mixte censée la rééduquer. Elle y rencontre un autre élève marginal, qui lui fait découvre d’autres horizons. Et tout son quotidien s’en trouve chamboulé. Un roman d’anticipation qui oppose l’agitation au rêve, au droit d’imaginer, à la volonté de changer le monde... Un peu faible néanmoins, tant au niveau du personnage principal que des valeurs défendues, et des parties disproportionnées : la longue tentative d’adapation de Ellis contre la "révolution" finale qui tient en quelques pagesJulie Feuvrier

Ce livre est intéressant car il remet en cause la notion de l’enfance. Est-ce qu’être enfant c’est obéir à toute règle et effacer une personnalité ? Est-ce qu’être enfant c’est être marginal ? Qu’est-ce qu’un enfant ? Cependant, ce roman est mal construit, selon moi. Peut-être parce qu’il est court, il y a cette nécessité de voir les descriptions, explications, rebondissements s’enchaîner. Le rythme est beaucoup trop lourd alors que des pauses réflexives seraient bienvenues. Décevant donc... Juliane

A partir de 12 ans

coup de coeur 760 générations / Myriam Gallot. - Syros (tempo), 2014

Histoire d’une amitié entre deux jeunes garçons très différents. Lucas est sage et bon élève alors que Florian est populaire et aime faire le clown. Un bras cassé et voilà que les deux enfants vont devenir alliés. Leur complémentarité va les amener à s’entraider. Mais la grande question est pour eux les filles ! Alors que l’un a une vision romantique de l’amour, l’autre se veut plus technicien... Un roman agréable à lire qui évoque avec justesse la place des films pornographiques dans l’éducation sexuelle des jeunes. A travers un hymne à l’amitié, le récit dessine une prise de conscience progressive de l’autre, en tant qu’être humain à part entière, avec ses différences. Intéressant ! Marion Uteza

Avec Florian, Lucas découvre la légereté, l’humour (et les répliques cinglantes), l’art d’être populaire et surtout la sexualité. Tandis que lui éprouve ses premiers émois, ils regardent ensemble pour la premiere fois un film X. La corrélation entre ces scènes porno, ses propres sensations et la nouvelle de la grossesse de sa mère ("Ils ont fait ça, tes parents, pour déclencher un bébé !") le trouble au plus haut point. Comment se comporter avec Laurène, qui occupe ses pensées ? 760 générations depuis l’époque des dessins de Lascaux… De quoi donner le tournis à Lucas qui apprend à distinguer le sexe, l’amour et comprend que pour lui, ces 2 notions seront toujours liées par le respect… Julie Feuvrier

coup de coeur Charlie / François David - le muscadier. 2014

Lorsque Luce 13 ans, rencontre Charlie, sa vie bascule le temps d’une année scolaire. Charlie est un "clochard de paradis", et la majorité des gens le méprisent ou l’ignorent (c’est , au fond, la même chose). Mais Luce, elle, va au-delà des apparences et rencontre l’humain qui va agrandir sa perception des choses de la vie. Jusqu’au jour où Charlie lui suggère une trop grande responsabilité pour ses jeunes épaules. Une très jolie histoire, une rencontre entre 2 êtres et 2 sensiblités. Marie Chaillet

Portrait d’un Sdf en héros ordinaire. Récit tiré d’une histoire vraie, la rencontre simple et riche entre une jeune fille et un sans domicile. Luce à treize ans fait la connaissance de Charlie, « Clochard du Paradis ». Le plaisir de l’échange et de la discussion vont amener Luce à passer pendant une année, son temps libre, en compagnie de cet homme différent. Le regard des autres sur cette amitié n’est pas tendre… Le livre offre en annexe une interview de Lauren qui a inspiré l’histoire. Un récit doux amer qui propose un autre regard sur les hommes qui vivent en marge. Qu’apporte cet homme à la fois libre envers la société et esclave de ses blessures et addictions à une adolescente en construction ? Intéressant. Marion Uteza

A partir de 13 ans

coup de coeur L’ oncle Mika / G. Constant. - Oskar. - (Court métrage). 2014

Jérémie sait qu’on lui cache quelque chose. Son oncle Mika ne vient plus à la maison le garder, plus de sorties clandestines qui faisaient leur joie. Jérémie a beau être mature, il ne comprend pas ce changement radical. Oncle Mika est-il mort ? En prison ? Avec l’aide de sa baby-sitter, il va non seulement découvrir pourquoi son oncle est persona non grata mais également le retrouver pour ces fameux moments de rencontres libres et joyeuses.
L’étroitesse d’esprit des parents qui refusent l’homosexualité de l’oncle ne gâchera pas leur complicité !
Autre lecture
Jérémie adore son oncle avec qui il a l’habitude de passer son temps libre. Un jour, sans que personne ne lui explique pourquoi, ce dernier disparait de sa vie.
Est-il mort ? Est-il parti ? Le jeune garçon s’interroge. Jusqu’à l’arrivé d’une jeune fille venue le garder et qui pourrait bien devenir une alliée...
Un récit court qui évoque autant les secrets de famille et leur répercussion sur les enfants que l’homophobie qui peut amener des proches à devenir des étrangers. Intéressant et facile à lire.
« C’était l’histoire d’un petit cochon pas comme les autres car il n’était pas rose, comme les cochons normaux, mais bleu. Et le pire, c’était qu’il n’avait pas de moustache !... »

coup de coeur Les couleurs de la liberté / S. Baussier, P. Perrier. - Oskar. - (Fantastique). 2014

Dans la société dans laquelle vit Juliaca, les colliens sont les nouvelles fenêtres de l’âme. Ils expriment la nature profonde de chaque individu ainsi que leurs émotions du moment. Elle rêve d’explorer la Valtavie, un pays lointain. Avant cela, elle doit réaliser une épreuve qui lui est imposée. Finalement, il s’avère qu’aller en Valtavie pour aider son petit frère est la clef pour la réussite de cette épreuve et elle se lance dans une aventure dont elle ignore tout mais qui va lui apprendre bien des choses sur ces colliens et leurs failles.
Une dimension didactique importante mais qui laisse tout de même de la place à notre propre jugement. Une écriture fluide et imaginative. Simple mais efficace.
Autre lecture
A Sheridan, personnalité et émotions de chacun sont exposées grâce à un collien. Sa couleur, ses reflets et ses bords permettent de lire en chacun, ce qui est censé pacifier la société. En réalité, le brun n’est jamais visible, associé à la tyrannie, il a disparu de ce pays. Lorsque le collier d’Ouro commence à prendre des teintes brunes et lui enchaîner les crises de colère, la vie de sa famille s’arrête... Est-il possible de le sauver ?
Juliaca et Sofia, ses deux sœurs aux caractères opposés, vont tenter de l’aider. Mais pour cela il leur faut traverser la frontière et apprendre à porter un autre regard sur la différence, chasser les ombres qu’on porte en soi...
Un roman d’apprentissage où chaque personnage évolue. A la recherche de leur identité, celle que le collien ne suffit pas à révéler, ils vont devoir surmonter des épreuves, et en premier affronter leurs préjugés...
L’histoire est originale et elle amène à ne pas poser d’étiquettes sur les gens, à leur permettre d’être eux-mêmes mais aussi de leur laisser la chance d’évoluer, de transformer leurs faiblesses en points forts. Une jolie fable.
« Comment condamner d’aussi jeunes vies alors qu’elles sont pleines de promesses ? Il est de notre devoir de les éduquer. C’est plus difficile que de les enfermer, mais tellement plus beau. »

A partir de 13 ans

coup de coeur Dis-moi qu’il y a un ouragan / F. Emont. - Gallimard. - (Scripto). 2014

Lea est sur ses gardes. Nouvelle ville, nouvel établissement scolaire en cours d’année, elle doit s’intégrer sans que ne soient mises au jour les raisons de sa "fuite". Elle se retrouve en atelier d’art visuel avec trois loosers et une pimbêche punie pour son retard. Ensemble, ils vont devoir réaliser un mini film avec leur appareil portable. Les personnalités se révèlent et Léa, au tempérament affirmé, ne peut rester longtemps sur la réserve qu’elle s’était fixée comme ligne de conduite.
La méfiance qui sous-tendait tout le petit groupe laisse bientôt place à une vraie solidarité et une compréhension des problèmes de chacun qui abolit les frontières.
La personnalité de Léa, franche, généreuse et volontaire, agit comme un catalyseur sur le petit groupe et l’on s’attache facilement aux problèmes de chacun. Avec Lea, les problèmes n’en seront d’ailleurs bientôt plus !
Fabrice Emont nous présente ici la naissance de son premier roman.
Autre lecture
Parce qu’ils doivent réaliser une vidéo scolaire ensemble, cinq adolescents différents sont obligés de s’unir. Moussa est bouddhiste, Pauline a peur des germes, Quentin est poète, Jennifer est la bombe du lycée et notre héroïne, Léa, tente de refaire sa vie dans un nouvel établissement. Nous suivons l’évolution des relations entre les personnages. A la clé pour le groupe vidéaste vainqueur, une visite de studio et la rencontre avec un acteur célèbre. Comment le groupe va-t-il arriver à s’entendre ?
Un roman intéressant par l’écriture notamment dans sa manière de travailler les personnages et leurs blessures profondes tout en gardant une certaine hauteur grâce à l’ humour. Par contre l’histoire de la vidéo, très présente dans le récit est pourtant peu décrite au final. Beaucoup de situations sont improbables mais le livre s’avère cependant agréable à lire. Un bon roman sur les relations entre adolescents.
« On a tous des secrets, ai-je dit pour changer de sujets sans vraiment changer de sujet. Des secrets intimes qui ne regardent personne, et aussi des secrets qui ont besoin de sortir mais qui restent coincés dans la gorge. Le tout, c’est de choisir ce qu’on veut dire ou pas. Moi, je veux bien te dire que c’est justement parce que des secrets ne sont pas restés secrets que j’ai dû partir. Voilà. »
Playslit du livre : http://www.deezer.com/playlist/139268071

A partir de 13 ans

coup de coeur Le cycle des destins : Aylin et Siam / E. Simard. - Syros. 2013

Suite à un tsunami, Paris a disparu sous l’eau. De la civilisation ne reste que quelques groupes d’humains qui ont trouvé refuge sur les hauteurs. Des sociétés différentes se sont constituées. Aylin appartient aux valériens, un peuple plutôt pacifique. Mais lors d’un échange avec les enfants de la Tour des Elfes, des êtres génétiquement modifiés, son destin va basculer. La jeune fille se voit contrainte de partir un temps loin de chez elle. Que va-t-elle découvrir sur les autres "îles" ? L’entraide est-elle possible ?
Le récit nous invite à redécouvrir Paris sous un autre angle. L’histoire, relativement simple, évoque la nécessaire entraide pour arriver à survivre. Mais les différences et les préjugés sont autant de freins et laissent la voie à toutes les manipulations. Au roman d’aventure se superpose une réflexion sur les relations entre l’homme et la nature. Un bon premier tome avec pour cadre la beauté de la mer et de la Capitale. A suivre.
« Il nageait au milieu des requins sans son murex et il n’était jamais attaqué. Je l’ai vu de mes propres yeux à travers les lunettes de la tour : un squale d’au moins six mètres a tourné autour de lui, un jour, sans le toucher. D’autres sont arrivés. Ils étaient cinq ! Cinq géants ! J’ai cru qu’il était perdu. Mais non... Les requins se contentaient de l’’inspecter". Ils ne se sont pas jetés sur lui. C’était incroyable. Lui seul pouvait se permettre cela. »

coup de coeur Mado m’a dit / C. Léon. - La Joie de lire. - (Hibouk). 2014

Boby ? « Petit Teigneux (…) / Les cheveux hirsutes / Des dents plantées de travers / Crache toutes les deux minutes entre ses pieds. » Né sous X et persuadé d’avoir des parents biologiques martiens. En attendant de les retrouver, sa famille d’accueil fait l’affaire. Aucune fille dans ses fréquentations, « elles sont des mères biologiques en puissance ». Charmant tableau.
Et pourtant il nous étonne, Boby, lorsqu’il vient en aide à une vieille femme obèse chahutée par 3 ados imbéciles. Le début d’une relation bancale et atypique entre deux solitudes, mais plus forte que les doutes et les incompréhensions. Avec une chute aussi étrange que ce qui les lie…

coup de coeur Sujet : Tragédie / E. Laban. - Gallimard. 2014

Lorsqu’on arrive en terminale à Irving, on se voit attribuer une chambre, et l’élève qui habitait ladite chambre laisse un “trésor” à son successeur. Duncan est impatient, anxieux, son pressentiment se vérifie : il hérite de la chambre de Tim (Macbeth !).
Tim l’albinos, habitué à être rejeté mais qui espérait trouver un peu de répit dans ce nouvel établissement dont la devise est « Entre ici pour être et te faire un ami ».
Tim amoureux de Vanessa, elle-même en couple avec l’irascible Patrick.
Tim dont l’année de terminale s’est achevée en fiasco...
Il a laissé pour “trésor” une pile de CD qui racontent cette année… Duncan a joué un rôle dans cette histoire et renâcle à s’y replonger, préfère roucouler avec Daisy...
C’est donc le récit d’une tragédie annoncée qui se déroule en chapitres alternés, dans une tension proportionnelle à la sympathie que nous inspirent les héros. Le sujet de devoir des terminales étant la tragédie, ils vont trouver matière à alimenter leur dissertation…
Une tragédie est une œuvre littéraire dans laquelle le personnage principal « souffre beaucoup et se retrouve acculé à sa perte. En général cette souffrance, cette perte, surviennent du fait de la tare ou de la faiblesse du personnage principal et de son incapacité à gérer le sort qui lui a été réservé ». Tim et Duncan n’auront pas les mêmes capacités à « gérer ce sort »…
Un roman difficile à lâcher qui nous interroge sur la portée de nos actes, notre responsabilité, sur la confiance en soi. En somme, sur la maîtrise que l’on peut avoir de son destin.

coup de coeur La porte rouge / V. Gouby ; H. Vinet. - Thierry Magnier. - (Photoroman)

Dora n’est plus sortie de chez elle depuis le 29 juin. Date à laquelle Alex l’a coincée derrière une porte et l’a menacée. Parce qu’elle porte une mini jupe, parce que cela ne se fait pas dans leur quartier. Dora refuse de plier face aux diktats imbéciles mais derrière la résistance farouche, la peur, qui la fait se terrer.
Elle remarque que tous les soirs quelqu’un jette une canette, ce geste d’incivilité la pousse à sortir, à interpeler celui qui se révèle être un jeune homme : Charlie fuit tous les soirs sa maison, son père plus exactement, qui refuse son métier de jardiner. Métier de tapette.
Ces deux là, affirmant leur différence, se comprennent et s’entraident.
La série de photos ouvrant le roman montre une ouverture, Valentine Goby brode, autour de ces clichés, une histoire d’amour en lutte contre les discriminations, qui fait fi des étroitesses d’esprit de leur entourage.

coup de coeur Sur le toit / F. Niobey. - Rouergue. - (DoAdo)

Ils ne se sentent pas écoutés, regardés, entendus, alors ils décident de prendre de la hauteur. Ces jeunes adolescent crient leurs colères, leurs peurs, leurs doutes, leurs amours… perchés sur un toit face à la caméra d’Alix. A tour de rôle, ils se racontent : Eïla et son frère si peu présent mais tellement important, Benjie et la musique, Seb et son histoire d’amour amputée… moments de confidence. Mais Flora n’est pas là, une absence comme un mystère qui les interpelle...
Eclats d’intimités, panorama sur le vif d’une génération pleine d’énergie et de fêlures, que la société peine à entendre.
Autre lecture
Portraits en mouvement de jeunes adolescents. Un groupe de copains se retrouve un soir sur un toit, alors qu’un d’eux filme et les invite à confier leur secret. Les chapitres zooment sur quelques uns de ces visages afin de révéler leur histoire et leur faille. Rébellion, coupe de cheveux, musique, danse, bière, jeu avec la mort, amitié, racisme, incompréhension des parents... ils tentent de faire entendre leur cri, leur différence. Mais tous ne veulent pas se confier et il y a l’absence de Flora, qui n’arrive pas...
Un récit au style haché qui par moment reproduit les plans de la camera et apporte une focalisation originale sur les personnages. L’histoire progresse avec comme fil conducteur le mystère qui entoure Flora. L’ensemble, à l’image de l’adolescence, est protéiforme et magmatique. Les jeunes lecteurs se retrouveront-ils dans cette écriture ?
« Tu étais avec qui ? Pas avec ce black, dis-moi, pas avec lui ? On pose moins de questions aux garçons. Tu peux dire noir, maman. Edmond est noir, oui, profondément, d’un beau noir mat, qui fait frémir. Tu peux dire noir. N’aie pas peur de ce mot. N’aie pas peur du noir. Mais maman, tu peux dire aussi Edmond. »

coup de coeur Le garçon d’écume / T. Scotto ; Le garçon des rives / C. Ytak. - Rouergue. - (Boomerang). 2013

Mélissa l’agace à vouloir être sa meilleure amie. Tout ça parce qu’ils ont tous les deux des parents sourds et qu’eux sont entendants ? Samuel lui rêve plutôt de faire connaissance avec le garçon d’écume qu’il voit passer et repasser dans sa péniche. Un rêve simple, à portée de rive.
Par ailleurs, nous suivons l’histoire de Sylvain qui a tellement l’habitude de s’endormir bercé par les flots qu’il ne peut plus faire autrement. La vie sur une péniche en plus, permet d’avoir des « copains partout, partout ! La vie qui reste au même endroit, quand même, je trouve que c’est bizarre. » Le garçon des rives pourrait bien être un prochain copain...
Autre lecture
Sylvain vit sur une péniche avec son chien et ses parents. Ni l’école ni ses copains ne lui donnent envie de rester longtemps sur la terre. Mais cela ne l’empêche pas de se faire des amis et d’être heureux. Samuel l’aperçoit souvent et les deux garçons espèrent qu’une halte les amènera à s’entretenir autrement que par geste. Samuel est d’autant plus impatient que la surdité de ses parents est pour lui une sorte d’enfermement...
Deux histoires, deux auteurs avec pour fil conducteur la péniche comme une allégorie de la vie et des chemins qui se croisent. Chacun des enfants a une véritable richesse, une différence qui le singularise mais sans pour autant les éloigner du bonheur. Une lecture douce, poétique.
« Ma péniche, c’est bien plus qu’une maison. Elle me ressemble. Comme une île entourée d’eau ; on peut toujours en faire le tour, même les jours de grand vent. Une île qui aurait envie de voyager, comme moi j’ai envie de voler. »

coup de coeur Chasseurs de nuages / A. Shearer. - Les grandes personnes. 2013

Tout se déroule dans les nuages, l’eau est devenue la denrée la plus rare c’est pourquoi on engage des chasseurs de nuages pour en récolter. Notre héros Christien rêve de pouvoir participer à cette chasse et l’occasion lui en est fournit par une jeune fille étrange (Jenine) qui fait partie d’une famille de chasseurs. Un très bon titre entre conte philosophique et roman écolo. L’Univers du livre et très poétique. Si on ne peut pas très bien se représenter le monde fantastique dans lequel l’histoire évolue, on peut en revanche facilement s’identifier au héros qui fait preuves de beaucoup de sensibilité et de courage tout au long du roman.
Autre lecture
Christien a une vie tranquille mais il rêve de devenir chasseur de nuages. Grâce à Jenine, une camarade de classe qui appartient à ce clan, le voilà embarqué pour des aventures extraordinaires où le danger est très présent. C’est par son regard à la fois émerveillé et angoissé que nous découvrons ce monde peuplé d’êtres fantastiques et organisé par des règles souvent étonnantes. Mais lorsque son amie lui propose de participer au sauvetage de son père, l’aventure devient périlleuse...
A la manière des Persans de Montesquieu, l’univers que nous propose l’auteur est souvent un miroir de nos propres travers : préjugés et intransigeances constituent la face caché de ces îles qui de fantastiques deviennent fanatiques. Le récit avance doucement mais c’est avec plaisir que nous nous laissons emporter par le vent, à la rencontre des baleines des airs et des barberons... Pour les bons lecteurs dès le collège.
« Oui, je voulais partir avec eux, je voulais m’envoler à la poursuite des nuages, planer au-dessus du soleil, jusque dans les contrées les plus lointaines de l’atmosphère supérieure. Je croyais cependant que cela ne m’arriverait jamais : ni aujourd’hui, ni demain, ni dans un an- jamais. Et pourtant, cette possibilité se présenta à moi, et je la saisis ; pendant une brève période, je fus moi aussi un Chasseur de nuages.
Voilà donc ce qui s’est passé
Voilà donc la chance que j’ai eue.
Voilà donc mon histoire
 »

coup de coeur Les filles de Cuchulainn / J.-F. Chabas. - Ecole des loisirs. - (Médium). 2013

Juste après le décès de son marin de mari, Mary découvre qu’elle est enceinte. De jumelles qui plus est. Mais Mary est forte de son amour, épaulée par un cheval d’une bien étrange nature qui seul semble pouvoir entrer en contact avec les fillettes...
Une ambiance insulaire, des personnages hauts en couleurs, une vie retracée dans les grandes lignes, fortes et teintées d’une aura mystique. Le roman est court, puissant dans son évocation de liberté via la figure du cheval, animal non asservi à l’homme mais profondément lié aux jumelles.
Autre lecture
Sur une petite île en mer d’Irlande, Mary, institutrice, a une vie calme, marquée seulement par la présence incongrue d’un cheval borgne et majestueux. La disparition en mer de son mari pêcheur et la naissance de ses jumelles vont modifier légèrement son existence. Mais sa principale préoccupation concerne le lien unique et exclusif de ses enfants avec le cheval. Quelle place occupe réellement l’animal dans leur vie ? Sera-t-il un élément positif dans leur existence ?
L’auteur semble nous demander de garder une part de merveilleux et d’inexplicable dans notre vie. Le cheval ressemble à une figure mythologique avec sa taille démesurée, sa puissance mais aussi sa stature et sa dignité qui lui interdisent d’accepter toute compromission avec l’homme. Il n’est pas là pour travailler mais bien comme un être à part entière. Sa relation privilégiée avec les jumelles, renforcée par l’absence du père, est au centre du livre. Il s’agit en définitive d’accepter les différences, de ne pas tenter de modifier la nature profonde des êtres qui nous sont chers mais d’y déposer un amour inconditionnel...
« J’ai su, scrutant mes filles dans la pénombre, qu’elles auraient une vie heureuse, parce qu’elles avaient une mère aimante, qu’elles s’ouvraient aux autres, et qu’un cheval leur avait enseigné des principes immémoriaux.  »

coup de coeur Le nouveau de la 5e / E. Mourachova. - Bayard. - (Millézime)

Dans la classe E de la dernière chance, il y a ceux qui sont affectés par des handicaps physiques, des problèmes de comportements... ils ont pour points communs de ne point trop espérer de l’avenir puisque tous les considèrent comme des ratés. Anton, hyperactif, observe ses camarades avec lucidité et un certain détachement jusqu’à ce qu’arrive Youri. Youri est infirme moteur cérébral, est brillant mais assez lent, ce qui lui vaut d’être en 5eE. Très vite, il invite Anton pour une balade des plus étonnantes, dans un lieu où se réalisent les rêves. D’autres camarades se joignent à leur périple imaginaire mais cela n’est pas sans risque. De quoi souder la complicité de cette classe atypique...
Autre lecture
5e E, la classe de la dernière chance. Une véritable cour des miracles avec son lot d’orphelins et de malmenés par la vie. Arrive un nouvel élève en fauteuil roulant, Youri. Mais lui ce n’est pas sa famille qui est cassée, c’est son corps. Pourtant c’est grâce à lui que les élèves de la 5° E vont découvrir la solidarité mais aussi l’espoir, provocant chez la plupart une véritable renaissance...

coup de coeur Wonder / R.J. Palacio. - PKJ

Lorsqu’August est né, il n’avait presque aucune chance de survivre. Atteint d’une malformation faciale importante, il subit de nombreuses opérations durant toute son enfance mais la plupart des gens qu’il croise ne peuvent masquer leur dégout et leur peur à son égard. August est habitué à ce genre de réaction mais à la perspective d’aller pour la première fois à l’école (pour son entrée en sixième) et de côtoyer des jeunes de son âge, le jeune garçon appréhende...
Tout au long du livre, différents points de vue se succèdent : celui d’August, de sa grande sœur dévouée et en même temps en pleine revendication et affirmation de ce qu’elle est, elle qui entre au Lycée. Nous entendrons également ses nouveaux amis ou ceux de sa sœur. Ces différents regards sont à la fois pleins d’humour et d’humanité, disent la cruauté des enfants mais aussi leur capacité à changer, à grandir. Un roman nuancé et positif.

coup de coeur Le retour de Cherokee Brown / S. Curham. - Flammarion. - (Tribal)

Claire est furieuse, bouleversée et choisit la voie de l’écriture pour remettre de l’ordre dans ses pensées décousues, pour « essayer de ressembler à (son) héroïne, une fille plus courageuse et meilleure (qu’elle) ». Le jour de ses 15 ans, elle apprend que son père ne vit pas, comme le lui a toujours dit sa mère, aux États-Unis. S’il y est bien parti pour sa carrière de musiciens, il est vite revenu à Londres et a cherché à s’occuper de sa fille. Devant le refus de sa mère, il a abdiqué jusqu’à ce fameux jour…
Claire doit donc encaisser : le mensonge de sa mère ; sa nouvelle filiation incarnée par ce prénom, Cherokee, donné à sa naissance par son père ; l’interdiction de sa mère et son beau-père de revoir ce père ; et le lycée où elle est constamment humiliée. Forte de ces nouvelles révélations, Cherokee est déterminée à devenir auteure de sa vie.
Rythmés par les conseils d’un manuel d’écriture, les chapitres suivent les variations des émotions de Claire/Cherokee : la rage, l’incompréhension, l’espoir, la révolte. Et l’amour bientôt… Une histoire d’émancipation que l’on a plaisir à encourager dans notre lecture.
Autre lecture
Le jour de ses 15 ans Claire reçoit une carte adressée à une certaine Cherokee. Elle vient de son père qui lui propose de reprendre contact après quinze ans d’absence ! La jeune fille, harcelée à l’école, y voit une chance de reconstruire sa vie. D’autant plus quelle a du mal à trouver sa place entre une mère angoissée et un beau-père expert en coaching personnel ! Mais qui est son père ? Après des années de solitude, Cherokee a dessiné dans sa tête un portrait très fort de l’absent. Va-t-il correspondre à ses attentes ?
Le découpage du roman avec pour en tête de chapitre des conseils pour réussir à écrire un livre est très réussi. Il donne envie de soi-même passer à l’écriture. L’héroïne avec toutes ses failles est attachante. On souffre et se questionne avec elle. L’évolution de l’histoire permet d’évoquer de nombreux thèmes comme la relation père fille, le harcélement à l’école ou encore la musique. La lecture est agréable. A lire !
« J’ai eu le cœur serré.Je m’étais fait beaucoup de souci en me demandant ce que j’allais découvrir chez mon père, mais j’avais oublié de me demander ce qu’il pouvait attendre de moi. Il avait envoyé une carte à Cherokee Brown. Il ne savait pas que j’étais devenue Claire Weeks. Une fille qui n’avait pas d’amis et qui n’était même pas capable de marcher normalement. »

coup de coeur Le garçon talisman / F. Aubry. - Rouergue. - (DoAdo noir)

Heinrich s’autorise un plaisir qui lui est interdit, parce que mortel : la sensation du soleil sur sa peau. Mais il faut bien ces moments de jouissance pour supporter sa vie d’errance, d’angoisse : il vit caché, de peur de subir le même sort que tant d’autres qui ont eu les membres coupés et ont été laissés pour morts...
Le texte se veut très flou quant aux lieu et époque mais il évoque très nettement le sort des albinos qui, comme au Burundi, sont pourchassés, voire tués parce que porteurs de multiples superstitions.
Nous suivons en alternance la vie d’Heinrich et d’autres personnage : Val qui ne se résout pas à laisser mourir sa sœur, est prêt à aller voir le sorcier pour trouver le remède impensable ; le vieux Joseph qui n’a plus tellement de but dans la vie. Ces personnages vont croiser leur destinée, pour un peu d’humanité retrouvée dans ce monde violent et superstitieux.

coup de coeur A copier 100 fois / A. Dole. - Sarbacane. 2013

Il ne peut rien dire à son père qui lui dit d’être un homme, un vrai. De savoir se défendre, se battre même s’il le faut. Alors il encaisse chaque jour au collège les coups, les humiliations, les insultes (fiotte, pédé) et rêve d’avoir à ses côtés, un père qui le protégerait, lui apprendrait les mots pour riposter. Pris en étau entre la violence au collège et les faux semblants à la maison, un jour il craque. La confrontation avec son père est devenue inévitable. Et salutaire.
Autre lecture
Antonin est victime de harcèlement de la part des autres élèves qui lui reprochent d’aimer les garçons. Mais ce qui le blesse le plus c’est l’attitude de son père qui estime qu’il suffit d’agir en homme pour régler les différents entre jeunes. Jusqu’au jour où...
Les thèmes de la violence à l’école et de l’homosexualité passent, au fur et à mesure des 56 pages du récit, en arrière plan pour révéler un sujet plus universel, celui du soutien nécessaire des parents pour aider l’adolescent à se construire.
« Papa m’a dit cent fois d’être un homme, et d’agir comme un homme. Oui mais Papa, lequel ? Je veux pas être comme Vincent, n’être fait que de bruits, de cris et de colère. Pourquoi tu m’apprends pas les mots, plutôt ? Les mots qui soulagent, les mots qui apaisent, je voudrais avoir les mots qui soignent, ceux qui ne laissent pas seul. Ceux qui ne me viennent pas quand les choses vont trop loin : « Arrête maintenant, arrêtez, c’est trop ». C’est ces mots-là Papa, que tu dois me donner la force de dire. »

coup de coeur Les A.U.T.R.E.S. / P. Manas. - La Joie de Lire

Franz, jusqu’ici, était on ne peut plus normal : « ni très grand, ni très petit, ni très intelligent ni très bête, ni très bavard ni très réservé ». En somme, bien intégré dans son école. Mais le voici affublé d’un cache-œil… Comment, dans ces conditions, être sélectionné dans les équipes pendant la récré ? Sans compter les remarques bêtes et les quolibets qui tombent... Le voilà rapidement et insidieusement rejeté dans le clan des enfants qui restent dans leur coin. Les différents, les bizarres, les solitaires, ceux dont on se moque.
Même s’il porte sa différence de manière temporaire, Franz va réfléchir et évoluer dans sa perception de l’identité et du rapport aux autres. « Je suis exactement comme les autres. (…) Alors n’importe qui pourrait me remplacer »... Jakob, avec sa proposition de club secret, fait le reste : les Anormaux Unis Très Rarissimes, Exceptionnels et Surprenants (Les A.U.T.R.E.S.) se révèleront sous un jour nouveau ! En s’unissant, ils se découvriront un formidable potentiel d’engagement.
Roman dès 8-9 ans qui aborde avec intelligence et humeur la différence et la discrimination.

coup de coeur La peau d’un autre / P. Arnaud. - Sarbacane. - (Exprim’)

Prise d’otages dans une école maternelle. Les voix de chaque protagoniste se croisent, chacune avec son histoire propre, ses valises (lourdes, très lourdes), son lot de coups et de bleus. Un drame se joue, tous ou presque en en déjà vécu un, et c’est ce traumatisme initial qui refait surface, obturant un peu le présent. D’où le malaise, accentué par le récit distant, froid, brut, cash. Dans ce résultat présent se jouent des règlements de comptes passés...
Autre lecture
Il fait irruption, arme au poing, dans la salle de classe de petits de 6 ans, bien décidé à "leur" en montrer, aux autres dehors ! Car si jusqu’ici, il a subi en silence les déceptions, les humiliations et les coups, juste parce qu’il est toujours "différent", où qu’il soit (albinos en Afrique, bizarre en France), aujourd’hui, il veut reprendre le pouvoir sur sa vie et l’imposer à tous !
Nous découvrirons petit à petit les bribes de ses motivations et de son histoire, en alternance avec d’autres points de vue, celui de la maîtresse, d’une des fillettes…
Ce sont bien sûr les failles et les forces de chacun qui apparaissent sous les carapaces, suscitant progressivement de l’empathie entre les personnages mais aussi chez le lecteur.
Une narration très efficace, au plus près des pensées décousues et sincères des personnages, qui exposent la situation dans toute sa complexité et son caractère implacable… Coup de coeur de Samy

coup de coeur Le spectre des abysses / K. Falls. - Bayard

Dans un monde confronté à la montée des eaux, il y a ceux d’En Haut, condamnés à s’entasser toujours plus nombreux dans quelques mètres carrés et ceux d’En Bas qui tentent de s’adapter à la vie sous-marine. Mais la rumeur veut que les enfants subissent une pression qui les amène à être « différents ». Ty est né et a toujours vécu dans une ferme aquatique. Seul bémol : l’absence d’ados de son âge jusqu’à ce que débarque Gemma, une “cramée”, à la recherche de son frère prospecteur... Au même moment, les attaques de hors-la-loi sur la colonie se multiplient ainsi que la pression du gouvernement sur ces nouveaux fermiers...
Un roman d’aventure très réussi. Le monde aquatique est particulièrement bien décrit, on plonge littéralement avec nos jeunes héros dans un monde rempli de créatures magnifiques. Les personnages sont denses et tout en nuances. La dimension fantastique avec les pouvoirs développés par ces nouveaux aventuriers est intégrée avec justesse dans l’histoire. Vivement le second tome même si ce premier opus peut se lire sans frustration.
« Etait-il possible qu’autrefois les filles aient découvert leurs jambes de la sorte ? J’avais vu des photos prises avant la Grande Crue, mais je n’y croyais pas. Sans même tenir compte des objections morales des Nouveaux Puritains, une fille d’En Haut qui exposerait autant de chair nue au soleil se retrouverait à l’hôpital avec des brûlures au troisième degré ! » Coup de coeur de Chahin

coup de coeur Quand on s’embrasse sur la lune / S. Tunney. - Albin Michel. - (Wiz)

La Terre, devenue boueuse et sale, a colonisé la Lune. Mais sur la Lune, le ciel garde toujours la même couleur, un rouge sang monotone. L’air est artificiel et tout est éclairé par des néons. Les seuls oiseaux qui y vivent sont des colibris blancs énormes, qui volent par nuées et se cognent aux vitres des immenses tours d’habitation. Le jeune lycéen Hiéronymus vit avec sa famille sur la Lune, sans espoir de voir un jour la Terre car il porte une malédiction : c’est un cent pour cent lunaire, de ceux qui portent la couleur interdite dans leurs yeux... Un soir, il rencontre une Terrienne et l’embrasse, alors qu’il aime secrètement Slue, la "cent pour cent lunaire" aux cheveux bleus. Ce baiser entraîne un autre geste, terrible pour celui qui le commet et pour celui qui le reçoit...
Nous suivrons les pérégrinations de ces jeunes gens, rebelles, amoureux et étranges, dans ce décor froid et souvent angoissant. Dans ce livre étonnant, l’auteur raconte souvent un fait qui ne trouve que bien plus tard dans l’ouvrage son explication. Une forme de narration intéressante qui crée l’envie de tourner les pages. Cette ambiance plaira à des lecteurs adeptes de dystopie, de SF et de merveilleux. Pour un public à partir de la 3ème/Bac pro/lycée.
Autre lecture
Un livre étrange qui nous entraîne dans une ambiance très particulière. Tout d’abord en raison des prénoms portés par le personnages : Hiéronymus, Clellen, Barbie ou encore Fenêtres-s’abattant-sur-des-moineaux. Mais surtout par le récit qui nous est proposé, d’une lune colonisée à la face cachée de la Lune. Notre Héros est un garçon Cent Pour Cent Lunaire. A ce titre il est obligé de porter en permanence des lunettes afin que les autres humains ne soient pas indisposés par la quatrième couleur primaire qu’ils pourraient voir dans ses yeux. Mais tout n’est pas si simple. Les jeunes ainsi marqués sont peu nombreux et mis à part de la société. Ils disparaissent dès lors qu’ils ne respectent pas à la règle. Or nous apprenons dès la première page qu’Hiéronymus vient de montrer ses yeux à une terrienne en vacance...
Un récit qui balance entre aventure et poésie, entre réflexion sur l’identité et dénonciation de l’injustice d’une société qui stigmatise certaines catégories de sa population. Un roman intéressant.
« Votre esprit va disjoncter. Vos yeux, les cônes et les bâtonnets de vos rétines s’efforceront d’intégrer une couleur située en dehors du spectre habituel - rouge, jaune et bleu. Vous serez sujet à une psychose temporaire. Victime d’hallucinations. Réduit à un état de totale impuissance comparable à celui d’un nouveau-né à la seconde où il voit le jour. Voilà ce qui arrivera à quiconque tentera de découvrir la quatrième couleur primaire. »

coup de coeur Mise à mort (La commissaire Raczynski) / C. Mazard. - Oskar. - (Polar)

Anton n’en peut plus de ces insultes idiotes et répétées. Il a déjà changé d’établissement mais voilà que ça recommence : "Anton le roux est un pou" ; "Pourquoi faire des expériences sur des rats quand on a des roux ?" Cette fois, il voit rouge et lorsqu’il apprend qui est l’expéditeur des SMS haineux envoyés en masse, il décide d’agir. Et le lendemain, l’annonce tombe : Jérémy a été assassiné… C’est au commissaire Raczynski de mener cette 4eme enquête. Elle bénéficie de l’aide d’une nouvelle lieutenante et le coupable est vite désigné : Anton. Mais quelques camarades de classe s’interrogent. Anton n’aurait jamais pu faire cela. Et eux-mêmes, n’ont-ils pas une part de responsabilité ? Avec leur "odieux silence complice", n’ont-ils pas contribué à cette escalade de violence ?
Si l’enquête est un peu facile et ne brille pas par son ingéniosité, la problématique de la responsabilité collective est intéressante. Comment réagir à la discrimination contre un individu ? Comment s’opposer aux réseaux sociaux lorsqu’ils sont utilisés à des fins malveillantes ?
Autre lecture
Enquête policière sur un meurtre. Un jeune lycéen a été tué à minuit dans un square. Tout accuse son ami, un jeune roux victime de discrimination et de harcèlement. Depuis plusieurs mois, des photos sont envoyées sur le portable des élèves de seconde sans que personne ne réagisse. Jérémy était-il l’auteur des messages ? Anton s’est-il vengé ? Et surtout pourquoi personne n’a rien dit ?
Un récit sur la haine des différences et sur le silence qui tue. Un bon roman policier sur un thème d’actualité.
« Il avait tout raconté à ses parents. Les sarcasmes, les sourires, les moqueries, les regards. Son enfer depuis toujours. Son père avait porté plainte à la police. Celle-ci ne s’était pas déplacée : dossier classé sans suite. »

coup de coeur La rusalka / E. Bow. - Alice. - (Fantasy)

Kate est maintenant orpheline. Plus de protection, plus d’apprentissage avec son père sculpteur sur bois, la voilà livrée à elle-même dans un environnement précaire. Les épidémies, la faim rendent les villageois méfiants et la moindre différence suffit à stigmatiser un individu. Kate avec son physique disgracieux et ses compétences hors norme est vite désignée et doit quitter le village. Une décision précipitée par l’intervention d’un individu étrange aux pouvoirs redoutables : ce Linay sera désormais étroitement lié à son destin.
Un roman étrange, envoutant, déroutant, qui brouille les frontières entre la vie et la mort, la "normalité" et la sorcellerie, l’homme et l’animal, les motivations légitimes et les moyens pour parvenir à ses fins… Kate qui a donné son ombre pour survivre et ne plus être seule (son compagnon de route est un chat loquace), mesurera dans sa chair toutes ces interactions. Et c’est seulement lorsqu’elle décidera de prendre la main sur son destin qu’elle pourra trouver sa place et assurer son avenir.
Autre lecture
Un conte noir ou le récit d’une vengeance. Kate est orpheline et par temps de famine, pour survivre, elle échange son ombre contre quelques nourritures. Mais pour que le troc soit équitable et donc valable, le sorcier blanc accorde aussi la parole à son chat Loque. Elle est alors suspectée par les villageois de sorcellerie et se voit contrainte de fuir. Elle quitte la ville avec un groupe de nomades où elle tente d’être acceptée, grâce à ses dons de sculpture sur bois. Mais les malheurs se succèdent, la mort rôde dans toute la région et son absence d’ombre risque d’être révélée à tout moment, la désignant une nouvelle fois comme paria. Pourchassée, elle est recueillie par Linay, le sorcier blanc, et découvre peu à peu la terrible vérité...
Un conte étrange et fort, illuminé par la force de caractère et le courage de l’héroïne et par la personnalité indépendante de son chat. Le lecteur se laisse entraîner de la campagne à la ville par les événements qui se succèdent, et tremble avec Kate. La couverture est belle et le papier très agréable. Un livre à découvrir.
« Ma mère et lui étaient jumeaux. Ils étaient toujours ensemble. On aurait dit qu’ils partageaient le même cœur. Je me souviens que notre campement était à l’extérieur des murs de Lov, près de la rivière. Quand ma mère est morte, je veux dire. Mon oncle a trouvé son corps qui flottait contre la grille de la rivière. (...) Il a pris son ombre : voilà pourquoi je t’en parle. »

coup de coeur Mon frère, ma princesse / C. Zambon. - Ecole des loisirs. - (Théâtre)

Quand Alyan, un jeune garçon passe sa journée déguisée en fée, toute son entourage est impacté ! Sa mère s’inquiète, son père tâche d’ignorer les faits, sa grand-mère tente de l’arrêter, sa sœur devient bouc émissaire dans la cour de l’école, son voisin tâche de comprendre... Mais jusqu’où le malaise doit-il s’étendre pour que les adultes réagissent ?
Une courte pièce de théâtre, bien écrite, où les scènes sont stylisées par des étoiles. L’auteur nous fait assister à plusieurs naissances. Celle du petit garçon qui s’affirme fille mais aussi celle nécessaire mais difficile de son entourage.

coup de coeur L’ été pop / V. Cuvellier. - Rouergue. - (Dacodac)

Michel avait tendance à se méfier mais il doit bien reconnaître qu’il est attiré par ces hippies, par Mario surtout. Nous sommes dans les années 70, les villageois se défient de ces communautés récemment installées qui fonctionnent sur l’horizontalité et le partage… Ce que Michel va découvrir, au-delà d’une façon de vivre différente, c’est le rock -lui qui fait partie d’une fanfare de village…- et surtout la liberté ! Car lorsqu’ils sont repérés pour participer à une émission de télé avec Guy Lux, pas question pour Mario et Michel de se laisser dicter leur conduite !
Un beau texte sur la musique, la liberté, la confiance en l’avenir !
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Vincent Cuvellier, avec ce texte court, nous offre un voyage dans le temps, destination : les années 70 ! Époque qui semblera bien étrangère aux adolescents d’aujourd’hui mais l’auteur nous en offre une vision intéressante à travers deux personnages : Michel, qui joue du tambour dans une fanfare pendant ses vacances et Mario, fils de hippies à la voix incroyable. Deux enfants qui se rencontrent, deux conceptions de l’éducation différentes, mais la même innocence. Ce qui les relie, c’est la musique, la musique de ces années là qui est le fil rouge de l’histoire : Brassens, Lennon, Sheila ou encore Led Zeppelin sont évoqués, un beau melting-pot ! Un petit roman sans prétention mais rafraichissant et enchanteur à l’image de son titre.

coup de coeur Le cœur en braille / P. Ruter. - Didier

L’impossibilité de Victor à se concentrer et à comprendre les cours est inversement proportionnelle à la facilité qu’il a à comprendre l’être humain dans ses richesses et ses fragilités. Ce n’est pas un hasard, en ce sens, s’il s’entend si bien avec le mystérieux Haïçam "qui ne jugeait jamais mais accompagnait toujours". Lorsque Marie-José, génie intégrale, se rapproche de lui, Victor a néanmoins bien du mal à comprendre ce qui peut les lier… Mais les faits sont là, Marie-José l’aide à combler son "ignorance ennemie", l’amène à devenir par là-même plus vivant et lui ouvre grand ses horizons. À mesure que ceux de Marie-José s’obscurcissent puisqu’elle est condamnée à perdre totalement la vue ; elle compte sur Victor pour l’aider à terminer l’année et atteindre son objectif…
Un premier roman drôle, touchant, positif, solidaire, dont les personnages ne jugent pas, mais se regardent et s’entraident.
Autre lecture
Victor a construit un monde très personnel. Il vit seul avec son père collectionneur et a pour passion les vieilles voitures. Son ami est aussi un être isolé puisque il passe son temps à jouer aux échecs. Mais la plupart du temps Victor est à l’ouest, il déforme les mots et a bien du mal à entretenir de bonnes relations avec l’école. Mais voilà qu’il rencontre Marie-José, brillante élève et violoncelliste. Or elle lui révèle qu’elle va bientôt être totalement aveugle et lui demande son soutien…Une nouvelle vie s’ouvre alors pour Victor.
L’écriture est agréable, le récit propose la confrontation entre deux mondes. L’ensemble est un peu long et la fin trop prévisible mais cela reste un bon moment de lecture.
« Je suis monté au C.D.I., qui était un endroit davantage dans ses cordes mais où, pour ma part, je ne m’étais encore jamais trop montré - un genre de bibliothèque où onpeut s’informer sur tout. A la télévision j’avais entendu qu’on appelait parfois ce genre d’endroit un "temple de la culture" et je préférais m’en tenir à bonne distance, à cause du temple, et aussi de la culture. »

coup de coeur Victor et Philomène / C. Renaud. - Ecole des loisirs. - (Neuf)

Victor a une main mal formée. Cela l’éloigne de ses camarades de classe qui ne supportent pas sa vue. Ainsi, il porte toujours des manches trop grandes pour cacher son infirmité. Heureusement, il vit dans une famille nombreuse et chaleureuse qui l’entoure. Or arrive une nouvelle en classe. Elle s’appelle Philomène et elle plaît vraiment à Victor. Il préfère toutefois commencer à lier connaissance avant de dévoiler son handicap. Mais la jeune élève est elle-même à part et se laisse difficilement approcher...
Un joli récit sur la difficulté de s’accepter en entier et sur la violence du regard de l’autre. L’histoire est contée par Victor, elle est fluide et agréable à lire.
Autre lecture
Lorsque Philomène arrive en classe, Victor se dit que cette étrange fille à la timidité exacerbée pourrait bien devenir son amie. Tous ceux de sa classe ont tendance à l’ignorer ou à se moquer de sa main inerte qui lui vaut le surnom de crabe. Mais avant la grand amitié, il va falloir apprivoiser celle qui se retranche dans sa coquille, comme un escargot. Victor et ses nombreux frères et sœurs vont prendre sous leurs ailes Philomène, livrée à elle-même le soir parce que sa maman, seule, travaille pour l’élever.
Une histoire sur la différence, l’amitié.

coup de coeur Les secrets de Zoé / T. Stewner ; A. Montel. - Bayard. - (Estampille)

Zoé fait tout pour être discrète mais comment l’être véritablement lorsqu’on parle le langage des animaux et que les plantes poussent au moindre contact ? La rencontre avec Esahi, qui porte une autre différence, celle d’être surdoué, lui fait comprendre que ce qu’elle considère comme gênant, honteux, peut être une chance incroyable, celle par exemple de sauver l’éléphante du zoo de la ville.
Un roman illustré dès 8-9 ans agréable et léger.

coup de coeur Petite peste ! / J. Witek. - Oskar

Est-elle perspicace ou odieuse ? Chacun des personnages du roman pris à partie ou simples observateurs pourrait en juger différemment. Manuel le bègue et Arthur le moche auraient un avis plus nuancé, eux que Jessie a pris sous son aile. Le club des cabossés est capable du pire ou du meilleur : se moquer gratuitement ou venir en aide aux autres cabossés de la vie. Ce que les amis de Jessie découvrent aussi, c’est qu’elle se comporte ainsi pour une raison bien précise. A leur tour de lui venir en aide.
Court, enlevé, plaisant.

coup de coeur Enterrement d’une vie de cancre / H. Mestron. - Syros. - (Tempo)

Bruno n’avait rien à redire au rôle de cancre qu’on lui attribuait en classe. On peut même dire qu’il s’y confortait. Jusqu’à ce qu’arrive Madeline, drôle de gothique métallique à l’intelligence imparable. La connaissance est une force dit-elle… Et si elle était plus efficace que de faire le clown, comme Bruno ? A ses côtés, il découvre une autre façon d’être, une manière plus fine et plus courageuse d’envisager sa différence.
L’intrigue est un peu fabriquée et idyllique mais reste sympathique à lire.
Autre lecture
Bruno voit sa vie basculer avec l’entrée dans sa classe de Madeline. Elle l’intrigue avec son look de martienne et sa capacité à répondre à toutes les questions. Lui qui a toujours été un clown, il souhaite maintenant donner un sens à sa vie. Mais un jour, son égérie, sa déesse disparait mystérieusement et Bruno part à sa recherche... Doit-il redevenir le cancre de la classe ou tenter d’enlever son masque ?
Un récit original qui donne à réfléchir sur la place qui est allouée à chacun d’entre nous dans la société, tout en faisant l’éloge de la différence. L’écriture est ciselée et les réflexions intéressantes.

coup de coeur Moi, je la trouve belle / C. Rozenfeld. - Syros. - (Mini Syros)

Alex est amoureux de sa correspondante Slibuth. Le problème ? Ses copains pensent que ceux sont des animaux car ils sont très différents des Terriens avec leur pelage de couleur verte et leurs immenses yeux... Que faut-il faire ? Rire avec ses camarades ou bien lui déclarer sa flamme ?
Un très beau récit de 38 pages, pour tout âge, pour parler de la richesse d’être tous différents.
Autre lecture
Alex est dans une situation bien inconfortable : il est de bon ton de se moquer des Slibuths, êtres extraterrestres poilus aux grands yeux. Or lui aurait tendance à trouver Myrlwen, sa correspondante Slibuth, très belle. Voire à être amoureux d’elle. Comment faire face au groupe, à sa classe qui le rejetterait à coup sûr si cela venait à se savoir ? Ou peut-être mésestime-t-il ses camarades ?
Histoire très courte, dès 8-9 ans, sur la différence.

coup de coeur Cavale / H. Goldberg Sloan. - Gallimard

Tout commence par une rencontre improbable entre un jeune homme de 17 ans, en cavale permanente avec son frère autiste et un père fou et dangereux, et une jeune fille de bonne famille. Il est beau, musicien surdoué et a pour seul objectif de survivre et d’être là pour son frère différent. Elle est belle, sage et ... c’est la reconnaissance immédiate de l’Autre ! Mais le bonheur, si intense soit-il est fragile et les obstacles sont nombreux. On pense à une leçon de vie, au conte de fée, à Roméo et Juliette mais aussi aux gags de Tom et Jerry avec le personnage de Bobby qui enchaîne les mésaventures ! Un livre à multiples facettes très réussi.
Autre lecture
D’un côté il y a Sam, ado qui se sent vivre uniquement en écoutant de la musique. De l’autre, Emily qui, justement ce jour là à l’église, doit chanter, contre sa volonté, I’ll be there. Elle chante, ils se regardent et leur destin est désormais lié. Mais leur histoire est-elle possible ? Lui protège son petit frère de Clarence, leur père paranoïaque sans cesse en fuite, d’un état à l’autre. Elle est issue d’une famille classique, aimante, qui ne peut que s’inquiéter de voir l’aînée fréquenter un marginal taiseux. Clarence va régler la question : cette relation est dangereuse à ses yeux, il est temps de larguer à nouveau les amarres. Dans sa folie, la solution lui paraît même bientôt évidente : il faut tuer ses fils. Nous voici au cœur d’une cavale qui paraît à tous interminable.
C’est un roman haletant, dont tous les ingrédients sont mesurés : des enfants malheureux et maltraités, une histoire d’amour contrariée, une mise en danger des “gentils”, on sait d’emblée que tout finira bien. Si l’ensemble est un peu trop bien calibré, trop léché, on se laisse prendre par l’humanité des personnages.
Autre lecture
Deux personnages que tout sépare mais qui finiront par se rencontrer ? Hum ! Déjà lu ça mille fois, non ? Sans doute, mais Holly Goldberg Sloan parvient cependant à tirer son épingle du jeu grâce à une plume vive et à un scénario finement découpé. Cavale, sans être exempt de reproches, est donc un roman intelligemment écrit dans lequel on ne s’embarrasse pas du superflu. Les informations clés s’empilent et sont distillées avec une précision d’orfèvre, parvenant au lecteur en temps voulu, juste avant de basculer vers un autre protagoniste. Le lecteur est ainsi constamment maintenu en haleine. Si l’auteure utilise le procédé de manière un peu trop systématique, il n’en reste pas moins que ça fonctionne. Les pages sont traversées par ce souffle épique typique des romans américains (James Lee Burke, Christopher Cook...), et confère à Cavale un côté échevelé tout à fait plaisant. A ce cocktail détonnant s’ajoute un humour sobre mais irrésistible qui permet au lecteur de trouver des temps de respiration.
On regrettera toutefois quelques fâcheuses facilités. Ainsi ce recours à de grossiers hasards afin d’extirper les personnages de situations critiques est particulièrement agaçant. Ainsi, lorsqu’une goutte d’eau tombe sur un verre de montre, et qui, traversée par un rayon de soleil, permet de concentrer la chaleur en un point précis et d’allumer un feu en agissant comme une loupe naturelle pile au moment où les deux héros ont atteint un moment vraiment très critique, on a soudain très envie de refermer le roman. Il faudra aussi nous expliquer comment il est possible de descendre un torrent en furie sur un canoë sans rame, de réchapper à une chute de plusieurs dizaines de mètres dans les eaux tumultueuses d’une cascade, tout cela avec la clavicule en miette, et de s’en sortir sans plus de séquelles...
Malgré tout, Cavale reste un très bon roman avec en point d’orgue un dénouement tout à fait émouvant. A lire !

coup de coeur La balade de Jordan et Lucie / C. Léon. - Ecole des loisirs. - (Médium)

Lucie accepte au collège d’être la marraine d’un enfant différent qui est en classe d’intégration. Mais elle regrette aussitôt son choix. Jordan est collant et les amies de Lucie se moquent d’eux ! Et pourtant, est-ce vraiment par hasard que Lucie s’est portée volontaire ? N’ont-ils pas en définitive beaucoup de choses en commun ?
De l’intérêt pour la différence de l’autre aux sentiments, l’auteur nous amène à dépasser les frontières de l’apparence pour nous entraîner dans une aventure où chacun va être obligé d’aller à la rencontre de soi.
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Lucie n’a pas franchement compris ce qui lui a pris de se porter volontaire pour être marraine d’un élève d’Unité pédagogique d’intégration. La voilà collée par ce Jordan tellement bizarre… Et un peu attachant. Sans maîtriser davantage ce qui lui arrive, elle se retrouve bientôt chez lui. Regarder Thelma et Louise les inspire de la plus folle des manières et la perte de contrôle est alors totale, ou presque.
Roman particulier dans sa construction : Lucie, qui vit très mal la mésentente de ses parents, est narratrice de la première partie ; dans la seconde, Jordan, handicapé de naissance, se raconte dans un style plus lent, décalé. La dernière partie réunit leurs différences et les aborde à l’unisson.

coup de coeur Je m’appelle Mina et j’adore la nuit, tout semble possible la nuit quand le reste du monde est endormi / D. Almond. - Gallimard. - (Scripto)

Mina, ce qu’elle aime ce sont les mots. Des mots qu’elle utilise librement, sans les contraintes liées habituellement à l’école. (Un amour des mots formalisé par une variété de polices de caractères). Forcément, avec le tempérament déterminé et étrange de la fillette, les choses vont se compliquer. A force de transformer les leçons de grammaire en réflexions philosophiques, la patience des adultes s’amenuise… Mina sera désormais scolarisée à la maison, avec sa mère pour enseignante. Depuis la mort du père, toutes les deux partagent leur chagrin discret, et la mère respecte entièrement l’étrangeté de sa fille, son monde à part. Elle lui laissera le temps de développer son univers, de se réconcilier avec ce monde en décalage avec sa sensibilité. Le temps de comprendre que les mots ne jamais si riches que lorsqu’on les échange avec d’autres...
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Mina est une petite fille à l’imagination fertile qui porte un regard singulier sur le monde qui l’entoure : elle aime le jeu, les mots et ce livre, raconté à la première personne, en est le « résultat » : à première vue, une succession d’histoires qu’elle nous raconte – et qui sont imprimées avec des typographies différentes. Mais au fil des histoires se dessine la sienne : le deuil du père, et la « différence » de Mina ; sa mère vient de la retirer du système scolaire car elle n’arrive pas à s’intégrer à ce cadre rigide et formaté – il faudrait qu’elle se fasse « déstrangifier », comme son amie Sophie se fait opérer de son « boitement ». Mina trouve refuge dans un arbre d’où elle nous raconte ses histoires et, grâce à la présence compréhensive et aimante de sa mère, elle va peu à peu en redescendre…
Une très belle histoire sur la fragilité de l’enfance, qui en fait ressentir tous ses aspects : l’appétit pour le jeu, le goût des mots « qu’on emmène en promenade », la faculté de se laisser entraîner par son imagination comme lors d’une promenade sans but ; mais aussi la nécessité de permettre à chaque enfant d’affirmer sa personnalité (cf la rencontre d’autres enfants différents dans une école spécialisée ou les récits autour de l’école « normale » et ses sacro-saintes évaluations !) Coup de coeur de Florence L.

coup de coeur Le garçon sans visage / Kochka. - Oskar. - (La vie)

Le prof de français a la drôle d’idée de donner à sa classe une rédaction sur le thème de l’amour. Que raconter quand, comme Marie, la vie amoureuse se réduit à néant ou presque ? Elle part chercher l’inspiration dans les rues de Paris et rencontre Hubert, fleuriste, et son fils Benoit. Mais si le père est accueillant, le fils fuit en permanence et refuse de se laisser approcher. Tel le petit prince, elle l’apprivoise et l’aide à accepter sa différence et à sortir de son isolement : ce n’est pas parce qu’il est brulé sur toute une partie du visage qu’il doit renoncer à vivre. Ou comment dépasser sa peur de l’autre et affronter les regards extérieurs. Dès 9-10 ans.

coup de coeur Je suis un phénomène / E. Atkinson. - Alice. - (Tertio)

Faye est une adulte de douze ans. Très grande, mature et très débrouillarde, elle remplace sa mère jusqu’à tenir sa boutique à sa place... Il faut dire que Faye n’est pas très à l’aise avec les jeunes de son âge. Cependant, quand sa mère lui offre comme cadeau d’anniversaire... de ne plus retourner à l’école, quelque chose se casse en elle. C’est ce moment que choisit sa famille paternelle pour l’inviter à une grande réunion des Noman. Elle partira à la recherche de son identité... Est-elle réellement un phénomène ou simplement Faye Noman ?
Un livre de 227 pages, très agréable à lire et en définitive très positif sur la possibilité de se construire même avec des parents... très originaux.
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Mesurer 1m78 à 12 ans, être rousse et s’appeler Faye Noman, c’est un comble et l’héroïne et narratrice de ce roman est lasse des moqueries. Et on ne peut pas dire que sa mère, fantasque et libre -d’autres diraient irresponsable- représente un soutien... Faye ne se sent bien qu’avec son amie Pénélope, 10 ans, adoptée et Stevie, une bibliothécaire en qui elle se reconnaît. Et puis arrive une mystérieuse invitation à venir rejoindre, lors d’une fête de 3 jours, les Noman, la grande famille de son père qu’elle n’a d’ailleurs jamais vu. Faye apprend à mieux connaître cette grande tribu, en voit les richesses puis les failles.
Etre un phénomène peut être difficile dans certaines circonstances mais on voit bien dans ce roman à quel point les différences peuvent représenter des richesses. Faye avec ses capacités intellectuelles, son cousin Clep avec son univers artistique, chacun, au-delà de la marginalisation, trouvera sa place.

coup de coeur L’ étrange cas origami Yoda / T. Angleberger. - Seuil

Voici un roman graphique très enlevé, drôle et même touchant. Toute la question du livre est de savoir si l’on peut faire confiance à Origami Yoda, petite marionnette de papier animée par l’étrange, le très étrange Dennis. Depuis quelques temps, elle prodigue conseils philosophes et sentences profondes aux élèves de 6°. Mais le narrateur voudrait lui confier LA question de confiance concernant Sarah, d’où l’enquête préalable qui donne lieu à des anecdotes cocasses, amères aussi. Car en enquêtant sur Origami Yoda, c’est bien sûr Dennis que l’on découvre peu à peu. Un olibrius qui détone dans la classe et sera celui par qui chacun trouvera solution à son problème, apprendra à mieux gérer sa relation à l’autre.
Autre lecture
Récit original et drôle, composé à la manière d’un journal. Chaque chapitre constitue un épisode de la vie de l’école, souvent raconté à plusieurs voix. Dennis appartient aux perdants, mais sa marionnette à l’effigie de maître Yoda (Star Wars), prodigue des conseils... et cela marche !
Le livre se lit avec plaisir notamment grâce aux nombreuses illustrations et à la mise en page. Un livre à conseiller à ceux qui ont aimé Journal d’un dégonflé.

coup de coeur Déclaration d’anniversaire / E. Cannone. - Océan Ados

Pour son anniversaire, Aurélien, 17 ans, a décidé d’annoncer à ses deux mères qui l’élèvent ensemble, son choix d’orientation professionnelle auquel elles risquent fort de ne pas adhérer. Ce petit livre est constitué en deux parties : la préparation de l’événement puis son vécu racontés, à chaque fois, par le regard des six protagonistes de l’histoire, chat compris.
Le thème du choix de vie est intéressant, le livre facile à lire avec des chapitres courts et souvent bien écrit avec des passages plein d’humour. Un bon livre avec pour seule interrogation l’intérêt que vont pouvoir porter les jeunes lecteurs sur les passages révélant les préoccupations des adultes.
Autre lecture
6 voix autour d’une soirée anniversaire : celle des 16 ans d’Aurélien qui vit avec ses deux maman, son chat. Sont également conviés l’oncle Teddy, qui a toujours été proche d’eux, et sa nouvelle petite amie. Tout ce petit monde raconte la journée de préparation puis la soirée avec une annonce toute particulière : Aurélien veut faire HEC, une abomination pour ses deux mères artistes. Mais elles qui ont toujours prôné la tolérance et l’ouverture d’esprit peuvent-elles s’y opposer ?
Un message très appuyé (Soyons ouverts) qui aurait mérité davantage de subtilité.

coup de coeur Thomas quelque chose / F. Chevaux. - Ecole des loisirs. - (Médium)

Il n’y en a que pour Sylvain dans cette famille ! Et depuis que ce frère aîné a "pris son envol", la mère de Thomas n’est plus qu’un zombie. Une courgette, aux yeux de son plus jeune fils qui ne se sent pas considéré. Encore moins lorsqu’il apprend qu’il est un "accident". Mais paradoxalement, cette révélation lui donne enfin le sentiment d’exister, d’avoir une particularité ! Il brule de la révéler à Grégoire mais déboulant chez lui sans prévenir, découvre le secret de son meilleur ami…
Un roman étrange sur l’identité, sur la capacité à faire de nos complexes et de nos souffrances une force ; sur l’amitié également d’autant plus forte lorsqu’elle partage l’expérience de la différence : une mère déprimée à moitié cinglée pour Thomas et une sœur lourdement handicapé moteur pour Grégoire. Ou comment transformer les difficultés de la vie en comédie joyeuse.

coup de coeur Dans les yeux d’Angel / D. Roumiguière. - Flammarion

Camille, petite fille de dix ans, bonne élève, classe sociale moyenne, se retrouve voisine de classe d’un jeune gitan. Elle est bientôt intriguée par ce garçon si différent qui s’émeut d’une grenouille perdue dans la salle de classe. Bientôt, c’est sa vie qu’elle découvre, ses blessures, son orgueil, sa famille… Elle va aider la petite Leslie à retrouver la parole, à renouer avec la famille de sa mère qui les a rejetées, elles et leur culture.
Une première approche du thème des discriminations qui voit Camille lutter contre les préjugés, en classe et chez les autres.

coup de coeur Le garçon qui n’était pas noir / J. Woodson. - Bayard. - (Estampille)

Etats unis dans les années 70. L’arrivée d’un nouvel élève dans la classe de Frannie est un événement, d’autant plus que de ce côté de l’autoroute vivent les noirs et le nouvel élève est blanc. Sa présence surprend, questionne, dérange quelques élèves : l’une croit que Jésus est de retour, Trévor trouve l’occasion de défouler son agressivité. Frannie dont le frère est sourd et qui utilise le langage des signes connaît la difficulté à vivre quand on est différent…
Ce livre est une chronique d’une classe de primaire confrontée à la nouveauté. Sans prétention, c’est une tranche de vie ancrée dans la vie quotidienne écrit à hauteur d’enfant.
Autre lecture
C’est un récit qui se passe sur un laps de temps assez court mais qui verse souvent dans l’évocation du passé. L’épisode central de l’histoire : l’arrivée de "Jésus", seul et unique blanc dans une école qui ne compte que des noirs (nous sommes au début des années 70). Autour de cet évènement, Frannie raconte sa vie à l’école, à la maison. Elle évoque son frère aîné, Sean, sourd muet. Sa mère et ses fausses couches, qui est maintenant enceinte, son amie Samantha, croyante, ses camarades de classes… Frannie observe, interroge le monde et, entre enfance et maturité, comprend à quelle point la vie et fragile, précieuse et que l’on doit toujours en attendre le meilleur. Croire, dans la foi ou non, à un avenir plus clément. Écriture qui s’attache aux petites choses du quotidien pour en extraire une philosophie de vie. Étrange mais attachant.

coup de coeur Ma mère est un gorille (et alors ?) / F. Nilsson. - Bayard

Jonna supporte mal les règles drastiques de l’orphelinat. Elle a tellement hâte de partir d’ici, d’être adoptée. Mais lorsque la Gorille arrive et la choisit, Jonna se verrait bien finalement rester aux Mimosas… Mais c’est une vie libre et joyeuse qui l’attend avec la Gorille et finalement, très vite et alors que le danger plane pour elle d’être placé à nouveau dans l’orphelinat, elle ne quitterait pour rien au monde le lieu foutraque qu’elles habitent, elle et cette adulte atypique...
Un texte loufoque et optimiste pour les plus jeunes (8-10 ans) dont les personnages affirment sans complexe leurs différences !
Autre lecture
Joanna vit dans un orphelinat. Du jour au lendemain, quelqu’un vient l’adopter. Elle découvre qu’il s’agit d’une gorille conduisant une vieille voiture. Passées les premières angoisses, la petite apprend à vivre avec elle. Dans une usine désaffectée, elle l’aide à vendre la ferraille à prix d’or et s’habitue à ses manières peu raffinées. Mais Johanna va vite découvrir qu’il ne faut pas se fier aux apparences et qu’une maman gorille vaut bien toutes les mamans du monde.
Histoire pour enfant adaptée pour la radio suédoise, Frida Nilsson a reçu de nombreux prix pour ses romans dont celui-ci est le premier traduit en Français. Texte loufoque et drôle qui donne un bon coup de pied aux préjugés et fait l’éloge de la différence, du respect et de la tolérance.

coup de coeur Mayo, ketchup ou lait de soja / G. Guasti. - Thierry Magnier

Il y a quelque chose, chez Elianor, qui lui rappelle sa mère. Noah n’a pas encore mois le doigt dessus... un je-ne-sais-quoi de l’ordre de la fragilité, de la différence. Et puisque toute la classe la conspue, soit disant parce qu’elle pue, Noah va s’attacher à trouver ce qui la rend tellement à part. Il découvre en réalité une personnalité atypique et assez forte malgré les apparences, parce que Elianor sait qui elle est, ce en quoi elle croit. Elianor est végétarienne, Noah, lui, préfère le coca et autres substances bien grasses. Qui du lait de soja ou du Nutella va l’emporter ? Cette histoire se jouera à trois, avec la brute épaisse Sylvester qui s’en prend aux deux amis.
Une mise en évidence de nos différences de régime alimentaire et de spiritualité. Des anfractuosités dans ce monde si normatif, où les différences sont une force et l’amour un levier pour changer le rapport à autrui.
Autre lecture
Elle sent "différent" et c’est cette différence qui va mettre Elianor, nouvelle élève, au ban de la classe, moquée, rejetée. Mais c’est sans compter sur notre "héros" qui reconnaît dans ses yeux la même tristesse que celle qu’il voit chez sa mère. Une histoire triste ? Absolument pas ! tant la rencontre de deux mondes peut être jubilatoire. Une histoire romantique ? Pas vraiment puisqu’il s’agit aussi d’un roman d’aventure !

coup de coeur Un chien dans le ventre / H. Hagerup. - Les grandes personnes

Jonas est pour le moins difficile à cerner, à apprécier. Il agace son père, contrarie son prof, attise la moquerie de ses camarades, représente une incompréhension pour tous. Il faut dire que son histoire, livrée par bribes, est difficile : sa mère est en prison pour avoir tué un homme en état d’ivresse. Bientôt libérée, elle va forcément découvrir qu’il lui a menti durant toute sa détention : il n’est pas populaire, n’a pas de petite amie. Fini d’"enjoliver", la vérité toute crue doit sortir. Le chien dans le ventre représente toute la rage qui s’exprime de manière intempestive...
Un roman norvégien très étrange qui arrive à nous rendre sympathique ce personnage à la psychologie elliptique.

coup de coeur Le pitre de la classe / L. Sachar. - Bayard. - (Estampille)

Ami d’Angeline dans Des poissons dans la tête, Barry est ici le héros. Antihéros devrait-on dire car ce jeune ado de 12 ans n’est pas des plus populaires dans sa classe. Il s’imagine que raconter des blagues pourrait le faire apprécier mais l’heure des déconvenues a sonné, Barry, surnommé Baboon, comprend ce qu’on pense de lui. Doit-il renoncer pour autant à ce qu’il aime le plus ? Doit-il abandonner l’idée de participer au concours de jeunes talents ?
Comment trouver la force de ne pas renoncer à ce que l’on est lorsqu’on est différent, décalé ? Barry en fait ici l’expérience, et même si ce petit bonhomme surprend par sa force mêlée d’aveuglement, on ressent aussi toute la douloureuse solitude derrière ses blagues. Un autre titre de cet auteur qui encourage à accepter ses différences.

coup de coeur La fille sur la rive / H. Vignal. - Rouergue. - (DoAdo noir)

Hors de tout temps et de tout lieu (on sait seulement que l’on est à Satmine, en l’an 87) : une mine de Karka, exploitée par les hommes de Satmine tandis que les femmes font pousser le potager. L’enclave est délimité par un fleuve, dangereux selon les autorités. Univers règlementé, contrôlé, règles respectées. Seule Nour, 14 ans, intranquille et différente, se pose des questions, émet des doutes sur les informations soumises à la population. Au-delà du fleuve, n’y a-t-il vraiment rien d’autre ? N’y a-t-il vraiment rien à espérer, à attendre ?
Un bel exemple de conscience éveillée, d’esprit critique qui ne prend pas la réalité immédiate comme seul horizon.

coup de coeur Une maman pas comme les autres / F. Grard ; V. Leroy. - Actes sud. - (Benjamin)

Le nouvel ami de Jean, Robinson, a une maman vraiment pas ordinaire : les cheveux rouges, un piercing dans le nez, elle vient chercher son garçon à l’école sur sa moto ! Jean est fasciné par la spontanéité et le caractère imprévisible de cette adulte si différente de sa propre mère. Mais il découvre rapidement le revers de la médaille... si elle lance plein d’idées et de propositions alléchantes, elle ne les applique pas forcément.
Roman pour les plus jeunes qui traduit bien l’ambivalence de certains sentiments envers des personnalités particulières, dont on ne sait si on les aime ou non...

coup de coeur Lotti Biggs n’est presque pas désespérée / H. Long. - Albin Michel. - (Bliss)

Lottie, que l’on retrouve pour la deuxième fois dans ses aventures -sans qu’il soit nécessaire de lire les premières pour s’attacher aux secondes- sait maintenant qu’elle a un "trouble mental relativement grave" et apprend à le gérer avec le beau Docteur Blake. Mais les choses deviennent vraiment compliquées lorsqu’elle se fâche avec sa meilleure amie Goose, que son nouveau chichilla l’empêche de dormir, qu’elle ne pense plus qu’à une chose : "le faire" avec Garreth ; et enfin qu’elle est désignée comme cobaye dans le salon de coiffure où elle travaille tous les samedis ! Trop, c’est trop et la charmante -et un peu déjantée- Lottie frise la folie ! Mais tout cela dans la bonne humeur, avec un brin de psychologie et de leçons de vie !

coup de coeur Babyfaces / M. Desplechin. - Ecole des loisirs. - (Médium)

Nejma est "nulle, méchante, violente, grosse, mal habillée et moche." En tout cas, c’est le portrait qu’en dressent les élèves et profs de sa classe. Raja le narrateur a une vision bien différente de celle qu’il ne peut tout à fait considérer comme son amie tant elle est revêche, mais qu’il côtoie au quotidien. Nejma peut aussi compter sur Isidore, vigile au supermarché du coin. Lorsqu’elle est accusée d’avoir laminé un de ses camarades fan de catch, elle aura bien besoin du soutien des deux seules personnes qui la connaissent un minimum pour rétablir la vérité.
Les préjugés fonctionnent à plein mais Marie Desplechin ne fait pas de constat amère et préfère des jolis portraits humanistes et positifs. Coup de coeur de Myriam

coup de coeur Pourquoi Emma-Jane est tombée de l’arbre, et ce qui s’ensuit… / L. Tarshis. - Bayard. - (Millézime)

Ce livre au titre énigmatique met une scène une « étrange » collégienne d’une douzaine d’années. Intelligente et posée, Emma-Jane a hérité de son père, brillant mathématicien décédé deux ans auparavant, un esprit redoutablement rationnel et logique. Elle préfère se tenir à distance de ses camarades dont les comportements, souvent, lui paraissent inadéquats, voire incompréhensibles. Ce qui ne l’empêche pas de les observer avec une réelle attention, un peu à la façon d’un zoologue, et les cerner avec justesse. Un jour, cependant, elle sort de sa réserve et se met en tête d’aider Collen, puis Will, qui sont dans sa classe, et aussi Vikram, un étudiant indien qui sous-loue le dernier étage de sa maison. Par empathie, elle tente de les sortir de situations douloureuses ou injustes, mais à leur insu, sans les prévenir, et en usant de méthodes peu orthodoxes. Le succès est indéniable, mais les conséquences inattendues et parfois incontrôlables... A sa manière, Emma-Jane prend sa revanche sur le destin, elle en sort grandie : elle s’est réappropriée sa vie et s’est fait des amies.
En peu de pages, il est question à la fois du deuil, de la solitude, et surtout, de l’amitié si souvent fusionnelle à cet âge, du regard d’autrui et de la difficulté à trouver la bonne distance entre soi et les autres. Avec une intrigue qui réserve quelques surprises et des personnages atypiques et attachants, ce récit résolument drôle et optimiste séduira à coup sûr les plus jeunes dès 10 ans par son univers décalé, empreint de poésie et non dénué d’une certaine sagesse.

coup de coeur L’ enfaon / E. Simard. - Syros. - (Mini Syros Soon)

Une nouvelle collection de textes courts, “histoires de futurs” pour les enfants dès 8-9 ans. Pour ce titre -l’un de nos préférés avec L’enfant satellite- Eric Simard nous dresse le portrait d’un humain génétiquement modifié, l’enfaon, qui s’est vu injecter des gênes de cerf pour combattre une maladie mortelle. En grandissant, il devient de plus en plus singulier. Et si certains de ses camarades d’école réagissent par la moquerie, Leïla apprécie sa sensibilité...
Une histoire courte et poignante sur l’appréhension de la différence.

coup de coeur La jeune fille à la plume / K. Sturtevant. - Bayard. - (Millézime)

On peut dire que Meg a des idées bien arrêtées : le mariage, pas question, sauf si son mari lui permet d’assouvir sa passion de lecture et d’écriture. Ce qui, fin 17° siècle en Angleterre, n’est pas une close évidente. Même son père, assez libéral, refuse que sa fille affiche ouvertement le fait qu’elle écrit. Mais les idéaux se confrontent à la vie et Meg, aussi rebelle soit-elle, a beaucoup à apprendre, et pas seulement de la littérature !
Le parcours bien mené d’une jeune fille en décalage avec son temps.

coup de coeur L’ attrape-rêve / X.-L. Petit. - Ecole des loisirs. - (Médium)

Louise vit seule avec son père, dans une vallée isolée repliée sur elle-même où l’étranger n’est pas le bienvenu. Surtout en ces temps de crise où la seule usine employant tous les hommes du coin se trouve en grandes difficultés. Inutile de dire que lorsque Chems arrive de nulle part, il a beaucoup de mal à s’intégrer. Seule Louise s’autorise à lui rendre visite, en cachette d’abord, puis ouvertement, au risque de déclencher les réactions hostiles de la population. Un ingénieur arrive un jour avec ce qui semble être une solution miracle pour la vallée : construire un barrage qui certes inondera le village et ses paysages mais pourvoira aux nécessités de chacun en matière d’emploi. Chems s’oppose au projet, seul contre tous. Si le roman est très bien construit et tient en haleine, on peut regretter que les enjeux humains et écologiques liés à la construction du barrage ne soient pas davantage analysés. Mais le parcours de l’héroïne, Louise, est bien tracé : soumission tacite à la loi du silence de la vallée, distanciation, prise de position et éloignement de cette vallée étouffante.

coup de coeur Le monde de Lenny / K. Banks. - T. Magnier

Comme c’est agréable pour cette rentrée de lire un roman qui vous happe, fait sourire, pleurer un peu et regretter de le terminer si vite. Lenny a 9 ans, il est précoce et, comme tous ces enfants, vit dans son monde et use son entourage. L’équipe enseignante, à bout, fait appel à Muriel. Même si ce n’est jamais explicité, nous comprenons qu’elle est psychologue et un peu magicienne car elle trouve tout de suite les mots et le ton pour communiquer avec le petit garçon. Elle lui plait d’emblée et sans qu’il s’en rende compte, elle lui permettra d’extérioriser et canaliser ses malaises sans avoir un comportement qui effraye et déroute les autres. Il faut dire aussi qu’au niveau familial, Lenny n’est pas très gâté, sa maman est mannequin de main et porte en permanence des gants qui empêchent tout contact direct avec son enfant ; son père quant à lui est parti du jour au lendemain lorsqu’il avait 2 ans, sans plus jamais donner de nouvelles. Côté amitié, les choses ne sont pas simples. Malgré tout ce roman n’est jamais larmoyant mais au contraire agréable à lire, joyeux et poignant.

coup de coeur Tes petits camarades / V. Dayre. - T. Magnier. - (Petite poche)

Sale histoire... La maman de Valentin voudrait qu’il invite des copains pour son anniversaire. Mais qui inviter ? Valentin est gros, triste, moche. Alors qui voudrait bien être ami avec lui ? Quand on n’y croit plus du tout, quand on se sent si nul, si seul, la vie se montre facétieuse...
Valérie Dayre ne vous offrira pas de happy end. Elle connaît trop l’âme humaine. Elle montre qu’il ne faut jamais totalement désespérer mais au contraire s’accrocher à la part belle des êtres.
Texte court dès 8-9 ans et bien au-delà.

coup de coeur Le premier qui pleure a perdu / S. Alexie. - Albin Michel. - (Wiz)

Junior est né avec pas mal de handicaps : hydrocéphale, chétif, puis premier de la classe et surtout indien Spokane qui vit dans une réserve où l’avenir est une notion bien abstraite. Il a tout de même quelques atouts : une famille qui l’aime, un humour mêlé d’autodérision et une forte volonté de s’en sortir. Même s’il doit pour cela quitter son environnement...
Ce roman, ponctué de dessins drolatiques, retrace cette période difficile durant laquelle Junior tente de se faire accepter par les blancs tandis que les siens le rejettent, se sentant trahis.
L’humour et la sensibilité du héros -qui est aussi le narrateur- le rendent terriblement attachant. Il dépeint la situation dramatique des réserves indiennes coupées du monde des blancs et minées par l’omniprésence de l’alcool mais nous offre en parallèle une véritable leçon de dépassement de soi.

coup de coeur Lilas doit pleurer et les moustiques piquer Jeancri / C. Léon. - Oskar

Jeancri a le corps de son âge, 47 ans, mais l’esprit d’un gamin. Dans sa cité, il a ses repères : les gamins de 13 ans avec qui il joue au foot, "la mère" qui lui dit quoi faire et que dire, les commerçants qui l’ont pris en affection. Lorsqu’il doit aller "à la capitale", il découvre un monde étranger, quelque peu hostile mais éprouve surtout une exaltante liberté, celle de devoir compter sur lui-même pour s’en sortir...
Un roman court au style décontracté, très humain et respectueux de la différence.

coup de coeur Z comme Zinkoff / J. Spinelli. - Ecole des loisirs. - (Neuf)

Zinkoff est un petit garçon à la bonne humeur exceptionnelle, à la maladresse hors du commun et tout cela ne pose aucun problème jusqu’à ce qu’il atteigne une dizaine d’année. Là, tout ce qui attirait la sympathie devient un handicap qui l’exclue des autres. Soutenu quoi qu’il arrive par ses parents, Zinkoff ne semble pas souffrir outre mesure de cette situation. Ce qui change peu à peu, c’est le regard que l’autre portera sur lui, un regard qui a grandi, enfin, et qui voit les qualités remarquables de ce gamin si précieux.
On rit, on s’émeut, ce héros là est décidément attachant.

coup de coeur Le troisième thé / F. Arcis. - Syros

Laura va passer Noël avec sa tante et son oncle dans le désert de Libye. Elle découvre la magie du lieu, le monde des touaregs, et se trouve surtout envoutée par Bachir, jeune homme très pudique qui ne laisse filtrer ses émotions que dans l’intimité. C’est une écriture qui colle aux sentiments naissants, hésitants, forts cependant, qui doivent aussi apprivoiser les différences culturelles. Une histoire qui dépassera forcément le stade des amourettes de vacances.
Un très beau roman à destiner aux adolescents dès 12-13 ans. Coup de coeur de Julie

coup de coeur La Face cachée de Luna / J. A. Peters. - Milan. -(Macadam)

Liam a le sentiment d’être une fille, mais une fille née dans le corps d’un garçon. Il partage ce secret avec sa soeur Regan dans la chambre de laquelle, chaque nuit, il peut être lui-même, Luna, en se maquillant et en s’habillant en fille. Mais cela ne lui suffit plus : il veut vivre comme une femme et opérer sa "transition", c’est-à-dire changer de sexe. Il lui faut d’abord affronter le monde extérieur et, en premier lieu, ses parents...
Ce roman sensible, parfois drolatique, parfois tragique, est conduit d’une manière si habile qu’il en fait à la fois un documentaire, un récit "cinématographique" riche en suspense et un appel à la tolérance. Coup de coeur de Julie

coup de coeur Le garçon qui se taisait / L. Lowry. - Ecole des loisirs. - (Médium)

C’est une belle histoire, triste mais humaniste, qui nous plonge au début du 20° siècle ; une fresque de l’enfance qui s’achève. Katy, devenue vieille femme, raconte : son père médecin qui l’initie à son métier, la bonne, jeune fille de la campagne "dure à la tâche" mais complice, ses amis... et surtout Jacob. Lui qui ne s’exprime pas en mots mais sait se faire comprendre, lui qui sait si bien s’occuper de tous les animaux, lui si différent mais tellement innocent, sera confronté à un drame d’adultes qui le dépasse. Il croyait bien faire mais son système de valeurs lui est propre et se révèle inadapté au monde extérieur.
L’auteur s’est appuyé sur des photos d’anonymes pour construire son intrigue, et pourtant, les photos qui illustrent chaque chapitre, donnent à l’histoire une densité troublante. Cette histoire sensible devrait plaire aux bons lecteurs dès 13 ans, et bien au-delà.

Et aussi... :


coup de coeur Cuikomo / D. Jean ; Zad ; E. Guyonnet. - Utopique (ex 2 Vives Voix). - (Il était une fois), 2014

Cuikomo un petit oiseau, adore saluer le vent, s’envoler sur les courants d’air chaud. Un jour, il rencontre Léon. C’est un poisson. Cuikomo lui improvise une chanson, il souhaite de tout cœur que Léon devienne son ami. Celui-ci, touché, accompagnera le chant par des percussions vocales. Les deux musiciens sont interrompus par une bande de volatiles railleurs qui les chahutent. Léon disparaît dans les flots et Cuikomo rejoint ses compagnons dans le ciel. La séparation devient absence et creuse les différences. Mais l’amitié sincère, fidèle et belle des deux amis saura dépasser les dissemblances, vaincre les obstacles, jusqu’à percer ensemble le mystère qui lie le ciel et la mer...

Cette version contée dans la collection "Il était deux voix" chez l’éditeur Utopique se veut un hommage à la chanson "Un petit poisson, un petit oiseau" interprétée par Juliette Gréco. Les quinze minutes racontées par E. Guyonnet sont assez décevantes alors que la première édition version papier chez Milan avait obtenu en 2003 le prix des Incorruptibles. Cependant, l’accompagnement musical (percussion, sampling, chant) est léger, rythmé, agréable. La narration se poursuit avec cinq minutes du chant de Cuikomo, interprété sur différents tempos, en boucle. Comme une invitation à fredonner, peut-être pour se faire un nouvel ami ?

Claire Py

coup de coeur Philomène et les ogres / A. Delalande ; C. Dutertre ; D. Chaillou ; le choeur Aposiopée ; J.-P. Marielle et A. Natanson. - Gallimard. - (Hors Série Giboulées)

L’histoire, destinée à des enfants à partir de 4 ans, est une version humoristique des histoires d’ogres traditionnelles. Malgré les avertissements de sa mère, Philomène s’aventure dans la Forêt noire et s’y perd. Entrée dans une étrange chaumière, elle se retrouve face à un ogre. Lorsqu’elle reprend connaissance, elle est transformée en un monstre poilu et des enfants dansent autour d’elle comme des Indiens autour du feu. En réalité, loin d’être méchants, ce sont aussi des victimes. Pour se libérer du maléfice, il faut toucher un autre enfant. Philomène parvient à rentrer chez elle, mais elle effraie et est rejetée. Grâce au maire au nom symbolique, M. Consensus, elle retrouve sa place.
La bonne humeur et l’humour font passer le message de tolérance du Front de libération des ogres : « on est tous l’ogre de quelqu’un » ; il faut dépasser les apparences, apprivoiser l’étrangeté de quelque ordre qu’elle soit.
Les illustrations sont très colorées, en accord avec le sens du texte. Le vert domine. Les personnages, dessinés de façon très stylisée et naïve font penser à la bande dessinée. Les mimiques, les détails de chaque page, permettent à l’enfant même non lecteur de suivre les péripéties.
Le CD est plus intéressant. L’interprétation de Jean-Pierre Marielle, les intonations subtiles de sa voix grave soulignent la dimension humoristique : il est à la fois le narrateur, l’ogre, le loup, le hibou ou M. Consensus. Agathe Natanson prête avec naturel sa voix aux enfants. La musique très bien interprétée met en valeur à la fois l’écriture du texte (rythme et humour) et la couleur des différentes péripéties. Les parties chorales, chantées par le chœur Aposiopée, parachèvent le conte.
Un conte musical ludique, un ouvrage sympathique pour les jeunes enfants.

coup de coeur Mon amie l’hirondelle / R. Bertin - Oskar. - (Société)

Lorsque Nina arrive dans la classe, Charlotte a tout de suite envie de devenir son amie. Ses camarades, eux, répètent les stéréotypes entendus dans la bouche des adultes : métèque. Charlotte elle sait que Nina et sa famille sont des nomades, des tsiganes, qui comme les hirondelles partent et reviennent.
Un petit roman pour les 7-9 ans qui n’évite pas les facilités (scène du vol et des fausses accusations) mais propose, de façon simple et touchante, une belle histoire d’amitié et une petite leçon de tolérance.

coup de coeur Marcel et Hugo / A. Browne. - Kaléidoscope

Marcel est du genre chétif et peureux. Et solitaire. Lorsque dans la rue, il percute Hugo le très costaud, il est tout étonné de ne pas se faire démolir. Mieux, ils deviennent amis !
Fidèle à son habitude Anthony Browne parsème ses albums de clins d’œil aux œuvres d’art ; ici, un hommage au célèbre tableau :
- Le déjeuner sur l’herbe, 1863 - Edouard Manet

coup de coeur Le vilain petit canard / H. C. Andersen, J. Bonnaffé ; C. Roederer. - Gallimard. - (Mes histoires lues)

Il s’agit d’une version intégrale du célèbre conte d’Andersen sobrement mais justement racontée par Jacques Bonnaffé. Le dernier né de la couvée de maman canne , différent de ses frères, se voit rejeté successivement pas eux, par sa mère, d’autres canards et une famille où il atterrit. Mais après un rude hiver auquel il survit grâce à son courage, il trouvera enfin sa vraie famille....
Les illustrations très classiques permettent à l’enfant même jeune de bien se représenter la scène et il peut se retrouver dans l’histoire grâce à l’indicatif qui le fait tourner la page. Jacques Bonnaffé exprime avec justesse toutes les voix des différents personnages accompagné par quelques bruitages rendant bien l’ambiance de chaque lieu. Ce petit album est à la portée d’enfants même très jeunes.

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