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Dernière mise à jour :
dimanche 25 septembre 2016

Mot Clé : Inde




Album(s) :


coup de coeur Emmène-moi à la ville / Tejubehan ; S. Selvam. - Actes Sud

Tejubehan, surnommée Teju, nous raconte le parcours de sa vie. Le texte court, qui change de couleurs à chaque grande étape, est retranscrit par l’écrivain tamoul Salai Selvam.
Teju, enfant, rêvait de prendre le train mais ne s’imaginait pas le prendre dans des circonstances aussi coercitives. Poussée par la faim, toute la famille quitte leur village pour la grande ville. C’est là que quelques années plus tard, elle rencontrera son mari, Ganesbhai, qui l’incitera à la fois à reprendre le métier de son père -chanter- mais également à développer ses capacités artistiques. Cet album est la preuve de son talent, dessins naïfs au trait noir, expression d’une réalité mais surtout des rêves qui la transcendent.
Un parcours atypique pour un livre qui l’est tout autant dans le paysage du livre jeunesse. Merci à Actes Sud et Tara books de nous donner à voir d’autres graphismes, d’autres savoir-faire, à travers ces sérigraphies.

coup de coeur La grande légende de Roma et Sita / P. Favaro ; V. Joffre. - Rue du monde

C’est avec un certain brio que Patrice Favaro a su retranscrire les grandes lignes d’un des plus célèbres épisodes mythiques indiens, le Rāmāyana.
Lakshmana, frère de Rama et narrateur de l’histoire, raconte ici l’éternelle rivalité autour du trône. Rama, pourtant favori, est dépossédé de son règne, au profit de son frère Bharata. Exilé pour 14 années, il sera accompagné du loyal Lakshmana et de la belle Sita.
Une introduction réussie à la mythologie indienne, aux divinités, démons et autres personnages nombreux et hauts en couleurs. Le format “calendrier” offre de belles fresques un peu enfantines mais aux couleurs harmonieuses.

coup de coeur Les aventures de Goopy & Bagha & autres histoires du Bengale / U . Ray, S. Ray et S. Ray ; L. G. Chakrabarty. - Chandeigne

Cet ouvrage est un hommage à trois hommes d’une même famille, les Ray, dont le plus connu est un grand cinéaste : Satyajit Ray. Il s’agit de 3 contes, illustrés magnifiquement par Lydia Gaudin Chakrabarty, trois histoires très différentes, entre féérie, humour et sagesse pour un plaisir partagé du conte indien. Cerise sur le gâteau : le cinéaste a adapté au cinéma, en 1968, le texte de son grand-père, que nous pouvons visionner grâce au DVD inclus dans ce recueil.

coup de coeur La feuille de bananier magique : une aventure de Kanchil, le petit cerf-souris / N. Kumar Scott ; R. Raut. - Syros

Illustrées dans le style Patachitra (peinture sur toile de coton), ces fresques indiennes nous garantissent à elles-seules un dépaysement rafraichissant. Puis l’on découvre l’histoire d’un petit cerf-souris très gourmand. “La gourmandise est un vilain défaut” a-t-on coutume de dire, et il est vrai que Kanchil va se trouver en bien mauvaise posture... Mais quand on est aussi malin que lui, on peut être assuré de se sortir de tous les mauvais pas !
Une histoire à répétition qui reprend la tradition de la valorisation du petit dans une malice et une gaieté très plaisantes.

coup de coeur Bestiaire indien / sous la dir. de K. Arni et G. Wolf. - Actes sud

C’est un magnifique livre d’artistes indiens qui nous donne à voir la diversité des styles artistiques de plusieurs régions, qui s’affichent traditionnellement sur les murs ou sols des maisons, sur papiers, tissus, rouleaux...
Dans ce bestiaire impressionnant, chaque animal, ou plutôt la représentation que l’homme s’en fait dans la vie quotidienne ou dans la mythologie hindoue, est dessiné selon plusieurs styles. Tigres, lions, serpents... affichent ainsi plusieurs visages.
Les sérigraphies sont reproduites sur des papiers de couleurs harmonieuses, avec des encres colorées, argentées, noires ou blanches. En fin d’ouvrage, des informations sur le style et l’artiste de chaque œuvre viennent compléter le plaisir visuel.

coup de coeur Mon voyage inoubliable : un artiste indien hors de chez lui / B. Shyam. - Syros

C’est un carnet de voyage bien singulier pour lequel on s’enthousiasme ici. Bhajju Shyam quitte pour la première fois son village indien pour Londres et nous offre dans cet album ses premières impressions d’un monde totalement nouveau. L’artiste aborigène commente chaque étape, chaque point marquant de son voyage et l’illustre de son dessin (qu’il nous décrypte) qui constitue un véritable pont entre tradition du groupe tribal gond et modernité occidentale. Une oeuvre très personnelle qui fait naître, tant par les scènes illustrées que par le texte d’une simplicité et d’une acuité impressionnantes, un foisonnement d’images chez le lecteur que l’on espère passionné par ce récit.

Roman(s) :


coup de coeur Les sandales de Rama / Tristan Koëgel. - Didier Jeunesse, 2014

J’ai adoré ce roman où comment voyager à l’autre bout du monde sans sortir de son lit. C’est un peu un mélange de Slumdog Millionaire, de l’alchimiste (Poelo Coehlo) et de Candide. C’est la recherche du bonheur, de la femme convoitée sur un chemin semé d’embuches pour finalement revenir à son point de départ enrichi de ses aventures, expériences : c’est un voyage initiatique fascinant. C’est exotique, c’est spirituel, c’est drôle, c’est rocambolesque. Le livre alterne des passages où l’action se déroule à vitesse grand V et des passages plus calmes, plus méditatifs. L’écriture est très fluide et on est happé par l’histoire (en tout cas moi). J’aurais par contre plutôt classé ce roman en littérature adulte plutôt que jeunesse. Coralie Bernat

Upendra est vendeur de barbe à papa à Karmandou mais rêve de devenir chef d’expédition en haute montagne comme l’a été son père. Sa vie est subitement bouleversée le jour où il croise le regard de Satiya, une ancienne kumari, une enfant considérée comme une déesse vivante. Leur amour est impossible mais Upendra tente de forcer le destin…
Une quête initiatique à travers les rues de Katmandou et des chemins enneigés de l’Himalaya, grâce à laquelle, on plonge dans les légendes du Népal et les différentes classes sociales. Un voyage très agréable, bien écrit et très documenté (l’auteur s’est inspiré de son propre voyage au Népal pour écrire cette histoire). Christelle Renaud

A partir de 12 ans

coup de coeur Garçons sans noms / K. Shet. - Ecole des loisirs (Médium), 2014

La famille de Gopal, à l’image de millions d’indiens acculés par les dettes, quitte son village où chacun connait son voisin, pour tenter sa chance à Bombay, ville tentaculaire. Il ne faudra que quelques heures pour que Gobal, sa mère et les jumeaux perdent le père de famille de vue. Et bientôt, c’est Gopal lui-même, attiré dans un piège grossier, qui se trouve prisonnier d’un atelier clandestin où 5 enfants sont réduits en esclavage. Il va lui falloir beaucoup de patience, d’intelligence et d’empathie pour gagner la confiance des autres enfants, et avec elle, leur liberté.

Un roman qui nous happe, par les détails de la vie indienne mais également par le soin apporté à la psychologie des personnages. Pour Gopal, tout l’enjeu sera de se confronter à un monde violent qui n’a "pas assez de confiance et de gentillesse à partager entre tous". Sans perdre son âme, sa dignité et l’espoir de retrouver sa famille, il va tout faire pour emporter l’adhésion des autres enfants et les sortir de cet enfer avec lui. Julie Feuvrier

A partir de 12 ans

coup de coeur Mère Teresa, aimer jusqu’à en avoir mal / V. Delamarre Bellégo. - Oskar. - (Les aventures de l’histoire)

Alors qu’Inès voyageait en train, elle se découvre une voisine passionnante, une sœur qui connaissait Mère Theresa. Lorsque cette dernière comprend que la jeune fille ne sait rien de cette illustre femme, elle entreprend de lui relater les grandes lignes de son histoire. Les voilà toutes deux embarquées pour le récit étonnant et bouleversant d’une jeune fille qui dévoua sa vie aux autres.
Tandis qu’au fil des pages, le lecteur découvre ses idées, ses combats et son sacrifice, un dossier permet de lire quelques discours de Mère Theresa et de mieux comprendre son idéologie. Cette biographie romancée se prête ainsi à plusieurs sortes de lecture, du simple plaisir à l’envie d’en savoir plus sur cette femme qui marqua la fin du XXème siècle.

coup de coeur Le sari défendu / A.-M. Pol. - Flammarion

1905 à Pondichéry. Amrita est indienne, elle est servante. Si son statut de sœur de lait de sa jeune maîtresse lui a longtemps permis une vie relativement protégée, c’est maintenant le temps de l’adolescence et les liens entre les deux jeunes filles s’effilochent en raison des fortes pressions sociales qui pèsent sur chacune d’elle. Mais voilà que le cœur d’Amrita et d’Adèle battent tous les deux pour le même homme, un colon désargenté. Quel sera leur destin ?
Le récit nous amène à partager la vie de femmes en outre-mer au début du XXème siècle. Celle d’une jeune indienne condamnée par sa naissance à servir. Celle d’une française dont la liberté ne peut passer que par un mariage de convenance... Les relations de l’époque sont régies par des codes très strictes qu’il est bien difficile d’enfreindre. Des notes en bas de page et à la fin du roman nous éclairent sur le système de caste, les dieux de l’Inde ou encore la symbolique des couleurs (ce qui n’empêche pas certaines inexactitudes et incohérences). L’auteur réussit à nous intéresser, à travers le récit du sari rouge de l’héroïne, à la vie de ce comptoir français.

coup de coeur Le carnet rouge / A. Heurtier. - Casterman

Pas facile pour Marie d’avancer dans la vie : un père parti lorsque sa mère était enceinte de 6 mois, une mère qui refuse de parler de sa famille. Tout ce qu’elle sait, c’est que ses ancêtres étaient népalais alors elle se rattache à ce signe distinctif aussi fort qu’elle le peut, et tant pis si cela sonne creux, si elle a l’impression de vivre selon un folklore d’apparat. Un jour, un vieil homme l’aborde et lui donne, à travers un carnet rouge écrit par sa grand-mère, la clé de son passé. Ce qu’elle y découvre l’émerveille, la révolte, la dégoûte. Et enfin, l’apaise.
Un récit sur la difficulté à se construire sans racine, pour ce qui est du personnage de Marie, ou avec un passé douloureux, comme ce fut le cas pour la mère de Marie. Car ce carnet rouge est l’histoire de Sajani, la grand-mère de Marie, qui fut Kumari, déesse vivante, avant de sombrer dans la déchéance parce que rien ne préparait les kumari au retour à la vie normale…
Comment composer avec le passé, vaut-il mieux ne rien savoir ou souffrir de la vérité, Marie donne sa réponse et nous invite à réfléchir…

coup de coeur Broken glass / S. Grindley. - Flammarion. - (Tribal)

Avant, Suresh était fier que son opère travaille dans un bureau, leur permettant ainsi à lui et son frère Sandeep d’aller à l’école. Mais depuis que la grand-mère paternelle est morte, depuis qu’il a été licencié, leur père a versé dans l’excès de boisson, est devenu violent. Pour les deux frères, pas d’autre choix : ils quittent leur village pour la grande ville. Là, ils découvrent l’extrême pauvreté de l’Inde d’aujourd’hui et en quelques jours apprennent à vivre dans la rue comme les autres enfants qu’ils ont rencontrés. Pour survivre ils deviennent chiffonniers et collectent le verre cassé dans les ordures pour quelques roupies…Suresh veille du mieux qu’il peut sur son frère plus jeune, plus spontané, prêt à toutes les bêtises. Les deux découvrent aussi la solidarité qui règne entre tous ces gamins livrés à eux-mêmes.
C’est un récit classique, sans excès, une description précise de la vie quotidienne en Inde dans une grande ville bourdonnante, sale, indifférente aux enfants qui fouillent ses ordures. Coup de coeur de Mireille

coup de coeur En attendant New York / M. Perkins. - T. Magnier

New York, le rêve d’un avenir meilleur… c’est pourquoi le père d’Asha et Reet a quitté l’Inde pour tenter sa chance. En attendant, les deux filles et leur mère vivent chez l’oncle et sa famille et la cohabitation n’est pas facile… Pour Reet, la cadette, la difficulté est d’autant plus grande qu’elle est privée de la liberté qu’elle avait jusqu’alors. Plus question de faire du sport, en tant que jeune fille, elle doit "tenir son rang". L’espoir d’une vie meilleure, ailleurs, meurt avec le décès du père. Vient le temps des récriminations -une famille à charge !- et de l’avenir qu’il faut envisager. Asha va devoir accepter le mariage que lui arrange sa famille…
Une description de l’Inde des années 70, avec un regard sur les traditions et le système des castes interdit mais toujours en vigueur. Sur les discriminations entre filles et garçons qui n’ont pas le même accès à la culture, au sport. Mais le personnage de Reet annonce les changements à venir...

coup de coeur Un sari couleur de boue / K. Sheth. - Ecole des loisirs. - (Médium)

Leela est une jeune fille indienne de 13 ans, gaie, coquette, un peu gâtée mais elle va bientôt quitter ses parents pour rejoindre sa belle famille alors elle profite de ses derniers instants en compagnie de ses parents aimants. Mais la vie bascule le jour où son futur mari meurt brutalement. Elle appréhendait autant qu’elle espérait cette vie de jeune mariée, l’heure n’est plus à l’imagination, la voici, comme l’exige la tradition, recluse chez elle avec interdiction de sortir pendant un an. Cheveux rasés, bijoux et couleurs interdits, l’horizon est bien noir pour Leela, d’autant qu’à l’issue de cette année de deuil, elle n’aura pas le droit de se remarier puisqu’elle est d’une famille brahmane. Dans son isolement, Leela organise sa résistance, avec l’aide de son institutrice et de son frère, et entame un chemin d’indépendance et de liberté.
Un roman inspiré de l’histoire de la grande-tante de l’auteur et émaillé d’informations sur la vie dans l’Inde du début 20° siècle qui pointe surtout les discriminations entre les sexes, les castes, à l’époque où Gandhiji lutte pour les droits de tous les opprimés.

coup de coeur Le chemin de Sarasvati / C. Ubac. - Ecole des loisirs. - (Medium)

Isaï aurait pu finir comme tant de filles nourrisson : mourir "accidentellement" ; mais sa mère l’a farouchement défendue. Le père étant loin pour nourrir sa famille, elle l’a élevée seule, en lui inculquant toute une culture de chants indiens. Lorsqu’elle meurt, Isaï se retrouve seule et préfère partir plutôt que de supporter les brimades de sa tante. C’est le début d’un long périple vers Bombay, semé d’embûches, de rencontres heureuses et malheureuses. Heureusement, il y a Murugan, jeune hors-caste qui s’est lié d’une amitié forte avec la fillette de 10 ans et ne la quitte jamais. Tous deux croient en leur destin et se donneront tous les moyens pour faire quelque chose de leur vie, elle dans le chant, lui dans les percussions.
Les aventures des deux enfants donnent au lecteur l’occasion de découvrir l’Inde, par bribes.

coup de coeur Mahout / P. Favaro. - Thierry Magnier

Pour payer les dettes de son père, Sid doit quitter sa famille, travailler pour un homme qui vit de la location d’éléphants. Sid n’est pas rassuré, la violence des grands mammifères peut être à la mesure de la maltraitance dont ils sont victimes. Mais avec le temps, il s’attache à ces bêtes qui partagent sa souffrance ; il décidera lui aussi de devenir Mahout, soigneur d’éléphant. Il ne peut, ne veut l’être que dans un centre de soin. Les traumatismes d’enfance de Sid -il en est devenu muet- s’apaiseront grâce aux rencontres humaines -son ami Lakshmana, la jeune Priya, le sage Ashoka- et animales.
Ce roman est un texte fort, tiré de l’expérience de l’auteur qui vit en partie en Inde, et sait décrire avec nuances une Inde contrastée. Là plus qu’ailleurs, entre violence liée à la pauvreté et dévotion à l’animal, humains et animaux tentent de coexister. Sid, personnage attachant et émouvant, symbolise ce trait d’union. Coup de coeur de Julie

coup de coeur Le chemin de l’exil / J. Gavin. - Gallimard. - (Folio Junior)

L’exil s’annonce par le départ de la famille Chadwick qui quitte l’Inde après un drame familial. Puis ce sont Marvinder et son frère Jaspal qui sont contraints de partir en Angleterre pour fuir les massacres communautaires de l’Inde juste après l’indépendance. Ils espèrent y retrouver leur père, émigré plusieurs années auparavant. En chemin, ils perdent la trace de leur mère et doivent affronter mille difficultés pour arriver à destination : Londres. Ils découvrent un pays aux mœurs différentes de leur campagne indienne, et un père qu’ils ont très peu connu, si loin de leurs racines sikh…
C’est toute une époque qui est retracée ici (l’indépendance de l’Inde et la partition du pays) ; l’Histoire en marche et les drames intimes tracent les destins de ces deux enfants auxquels on s’attache très vite. Leur détermination est sans failles : ils ne perdent pas de vue qu’ils doivent retrouver leur père pour le ramener au pays.

Et aussi... :


coup de coeur Mes comptines indiennes / A. Hussain ; M. Kerba. - Milan. - (Turbulette)

C’est un magnifique objet que ce livre-CD cartonné qui nous emporte en Inde avec dix comptines écrites et interprétées par Anwar Hussain pour les tout-petits. Chez Milan, dans le même esprit et la même présentation, nous connaissions déjà les comptines d’Afrique.
Un petit texte introductif situe le contexte de chacune des comptines, quand elles abordent les animaux, la nourriture, les voyages… Tous les textes sont en hindi (sauf une en Marwari), traduits et transcrits dans un carnet joint à l’album. La culture du pays est restituée par la langue bien sûr, la sonorité des instruments traditionnels (sitar, armonium etc…), le rythme des tablas. L’illustration aussi, en rondeurs et couleurs chaudes sur fond blanc, nous transporte dans le sous-continent indien, avec les personnages typiques comme l’éléphant Ganesh. Les sonorités peuvent à la longue intriguer, dérouter nos oreilles occidentales mais ce livre CD pourrait fort bien intéresser les amoureux de ce pays lointain ou les animateurs désireux de le faire découvrir aux enfants.
Soulignons que dans le CD, nous avons d’abord les comptines et ensuite leurs version instrumentales, ce qui permet éventuellement de jouer sur les deux registres, celui des mots et celui des instruments.

coup de coeur Comptines de Roses et Safran, Inde, Pakistan et Sri Lanka / J.-C. Hoarau, C. Grosléziat ; A. Fronty. - Didier. - (Comptines du monde)

L’album comprend 27 comptines, berceuses, chants et jeux de doigts d’Inde, du Pakistan et de Sri Lanka. Les deux premières pages présentent le sommaire (avec l’origine de chaque chanson) et une carte de la répartition des langues : sanskrit (supranational), hindi, ourdou (Pakistan), bengali, rajasthāni, oriya (Orissa), télougou (Andhra Pradesh), tamoul ( Tamil Nadu, Union territoriale de Pondichéry, Sri lanka), singhalais (Sri Lanka), chemnai (Madras), mumbai (Bombay), kolkata (Calcutta).
Toutes les paroles sont reproduites dans leur alphabet d’origine, transcrites en caractères latins et traduites en français, ce qui facilite l’approche au fil de l’écoute. La partie documentaire est très soignée comme dans toute la collection. Une page d’introduction souligne l’extrême diversité des chansons ; on entend aussi bien un poème (en bengali) de Rabindranath Tagore, une version tamoule du Corbeau et du renard, une adaptation tamoule de Frère Jacques, des berceuses popularisées par les films de Bollywood, des rythmes endiablés du Rajasthan, des envolées lyriques pour la déesse Sarasvati, déesse de la musique et des arts, œuvre du poète et compositeur de musique classique de l’Inde du sud Muttusvami Dikshitar(début XIXe siècle)…
Trois pages solides (A propos des langues) sont consacrées aux langues, avec un tableau des transcriptions et quelques éléments de prononciation. Les sept pages finales (de couleur safran) proposent pour chaque chanson, comme dans les autres albums de la collection, des explications musicales (instruments, rythme, interprétation vocale), historiques, sociales, culturelles, religieuses, qui viennent compléter la courte introduction historique de l’album. On perçoit ainsi mieux à la fois l’existence d’une tradition commune aux trois pays, au-delà des différences linguistiques ou politiques, et les spécificités de chacun d’eux. L’Union indienne est une mosaïque de cultures et de confessions, l’hindouisme occupant la place prépondérante. Le sacré est présent dans les chansons pour enfants. Ainsi Madhovilokke évoque l’adolescence de Krishna, dieu des bergers ; Murugan pâdal est un poème au dieu Murugan, frère de Ganesh ; les enfants sont comparés à Krishna (Muddugare, berceuse du compositeur du XVe siècle Annamacharya ou Ganesh). Nanhikali, musique du film Sujatha évoque les castes. La nature et les enfants occupent une place majeure.
L’album est relativement décevant, par rapport aux autres de la collection et par rapport à ce que l’évocation de l’art indien, pakistanais ou sri lankais peut faire attendre. Certes certains détails sont soignés : les premières pages documentaires jaune safran sont bordées verticalement par une frise. Ce sont d’abord les couleurs qu’Aurélia Fronty a choisies pour créer un équivalent plastique des thèmes et de la richesse musicale des chansons. Outre le jaune safran, le vert profond présent dès la page de garde, dominent les bleus lavande et les roses du titre : indien, violine ou saumon. Ces couleurs éclatent d’autant plus que nombre de pages sont peu décorées, mais elles peuvent ne pas toutes être appréciées. Les éléments purement décoratifs manquent de véritable finesse. Les plus réussies des grandes figures représentent des animaux : corbeau bleu (6), paon (7), éléphant (prière au dieu éléphant Ganesh, Ganapayya)… Les personnages, quoiqu’inspirés de l’art traditionnel, sont moins réussis : les visages notamment peu expressifs maintiennent une distance qui ne semble pourtant pas refléter la dimension spirituelle, sans que les lignes courbes contrebalancent cette impression.
Si les illustrations ne sont pas véritablement convaincantes, le CD, lui aussi décoré, l’est davantage. On se laisse facilement emporter par ce voyage sonore. La diversité de la vingtaine d’interprètes, dont Amrat Hussain, Audrey Prem Kumar se marie à celle des chansons. L’interprétation de Mâ bâla kâlê, Nanhikali est particulièrement réussie. Dans la musique indienne, priorité est donnée à la voix que les instruments solistes ou accompagnateurs cherchent à reproduire, avec un système rythmique très complexe (cycle de 3 à 108 temps). Plusieurs chansons reposent sur un jeu virtuose des onomatopées (Madhovilokke, Murugan pâdal). Sur les syllabes sans signification de Dhin dhin se déploie une improvisation rythmique accompagnée au tablâ (2 tambours encordés). Autres instruments (sur lesquels sont données de nombreuses indications) : des percussions aux sonorités très variées : ghatam, mridangam, dholak, idhaka, castagnettes karthal, la flûte bansuri, le sitar, le tampura (sorte de luth à manche long), la guitare le violon, l’harmonium. On se laisse aisément emporter par toutes ces sonorités lointaines et mystérieuses…
Le CD, les pages documentaires approfondies, notamment sur le plan linguistique, font de cet album CD un outil de choix pour la découverte de cultures lointaines. Malgré les réserves émises, c’est un bel ouvrage pour tous, enfants et adultes. Lire la critique complète sur le blog de Brigitte Lacot

coup de coeur La musique indienne / M. Bloch. - Gallimard. - (A la découverte des musiques du monde)

Un excellent titre pour se familiariser avec la musique indienne. L’histoire qui sert d’accroche, et qui n’est pas un simple « prétexte à », a été écrite par la conteuse Muriel Bloch. Elle met en scène un jeune garçon paresseux, Devdas, qui passe ses journées à se contempler dans un miroir. Un jour, pour échapper à la fureur de sa mère, il s’enfuit et se retrouve dans la jungle nez à nez avec un démon affreux et géant. Aussitôt, celui-ci danse de joie à l’idée de dévorer le garçon. Curieusement, Devdas l’imite. Puis, il brandit son miroir et feint de capturer son visage. Contre sa fortune, il le lui rendra. Ainsi le jeune garçon devint-il riche comme un maharajah et, de retour au village, « vécut sans travailler et parfaitement heureux » ! Avec sa chute légèrement impertinente, ce conte s’inscrit bien dans l’imaginaire indien. Sur le CD, le comédien indien A. Raïs le relate avec talent et l’agrémente de quelques expressions en hindi ; la musique -flûte, sitar, grelots, tambour tabla, cymbales, tempura et harmonium- imaginée par I. Banerjee et R. Majumdar est non seulement belle mais aussi pertinente, et rythme avec justesse le récit. Seule l’illustration qui pastiche maladroitement l’imagerie populaire indienne manque d’authenticité. La partie documentaire, tant dans le livre que sur le CD, est bien construite et intéressante – mais s’adresse en majeure partie à un public plus âgé.

coup de coeur Mon voyage inoubliable : un artiste indien hors de chez lui / B. Shyam. - Syros

En 2002, pour décorer de fresques son nouveau restaurant londonien, le créateur indien Rajeev Sethi fit appel à Bhajju Shyam, un jeune et brillant artiste aborigène du groupe tribal gond, en Inde centrale. Issu de l’une des franges les plus pauvres et les plus marginalisées de la société indienne, celui-ci n’avait encore jamais quitté son village natal. Le voyage lui révéla la modernité du monde. De cette confrontation est né un livre, atypique, récit illustré d’un voyageur étonné qui découvre la nouveauté avec une grande fraîcheur. L’ont marqué particulièrement les moyens de transports, mais aussi le restaurant, le pub, ou encore le temps qu’il fait et le temps qui passe. Les illustrations sont déroutantes, plus significatives que représentatives : « Nous, les Gond, avons une façon bien à nous de penser et de dessiner le monde. La réalité ne nous intéresse pas. Seule compte notre vision intérieure. » En marge du récit, l’artiste a mis ses tableaux en mots : il décrypte ses œuvres, explique ce qu’il a ressenti et ce qu’il a voulu rendre. Le carnet de voyage se fait livre d’artiste. Se dévoile ainsi un pan ignoré de la création artistique contemporaine, ou comment les artistes aborigènes concilient l’art traditionnel, communautaire et ancré dans la symbolique animale et végétale, et la représentation d’une expérience personnelle, confrontée au milieu urbain, thème jusque-là inconnu dans leur culture. II en résulte des images d’un syncrétisme surprenant. A noter qu’une postface circonstanciée explique la genèse du livre et donne quelques clefs sur la tribu des gond et son art.
Niveau de lecture : CDI

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