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Dernière mise à jour :
dimanche 25 septembre 2016

Mot Clé : Guerre 39-45




Album(s) :


coup de coeur Le soulier noir / F. Legendre ; J.-F. Martin. - Thierry Magnier

Il y tient, Simon, à ses beaux souliers de cuir noir offerts pour ses 6 ans. Mais une nuit où il faut fuir, vite, il n’a que le temps d’enfiler la chaussure droite. Il lui faudra attendre des années avant de reconstituer la paire...
Envisager la déportation par le prisme d’un objet cher à l’enfant, rapporter l’histoire dans ses étapes principales et avec la distance des années passées, le principe est percutant et laisse pressentir, avec subtilité et pudeur, la réalité de la guerre : inquiétude et peurs, fuite des familles, rafles, exil... Et résilience. Les illustrations à dominante rouille et béton jouent sur l’évolution des contrastes entre l’avant et l’après guerre.

coup de coeur La chanson de Richard Strauss / M. Malte ; A. Huard. - Sarbacane ; Amnesty international

Marcus Malte met son talent d’écrivain au service du drame de la déportation et plus particulièrement celle des enfants juifs durant la seconde guerre mondiale. Innocents parmi les innocents... Le narrateur avait le même âge que Richard Strauss, rien ne les distinguait. Ils étaient amis et vivaient leur vie d’enfant tant bien que mal parce qu’en temps de guerre comment ne pas avoir peur ? Une nuit, les bottes se sont faites entendre dans les escaliers. Elles ont dépassé l’étage de celui qui raconte et sont montées jusque chez Richard. Depuis plus de nouvelles.
Marcus Malte n’écrit jamais de simples histoires, pour lui les mots doivent résonner comme la musique et il semble se faire un devoir d’écrire ses mélodies pour les grandes causes. Une fois de plus le texte est superbe et parfaitement servi par les illustrations remarquables d’Alexandra Huard. Coup de coeur de Myriam

coup de coeur Missak, l’enfant de l’affiche rouge / D. Daeninckx ; L. Corvaisier. - Rue du monde

L’auteur donne la parole à Missak chassé de sa terre d’Arménie et mort sous les balles allemandes durant la seconde guerre mondiale. L’album entier vibre de la liberté qui a porté Missak et ses camarades, malgré la vie difficile d’immigrés, malgré la guerre. La célébration de la vie, la poésie et la résistance comme mots d’ordre !
En fin d’album, des documents d’archive complètent ce bel hommage aux hommes exilés qui ont donné leur vie pour un pays d’adoption, au nom de la liberté.

coup de coeur Fumée / A. Fortes ; J. Concejo. - Oqo. - (Qontextes)

Un petit garçon raconte son arrivée au camp, les privations, la faim, la peur.... Son amitié avec un gitan aussi. Le texte laconique reflète l’innocence de l’enfance. L’illustration quant à elle montre la réalité des camps de concentration dans toute sa violence et son inhumanité. Et que peut l’innocence face à la barbarie... L’album se clôt devant les portes de la douche. Le titre de l’album prend alors tout son sens.
Que le jeune lecteur ait connaissance ou non de la Shoah, il est nécessaire qu’il soit accompagné dans sa lecture afin de ne pas le laisser démuni devant cette fin effroyable.

coup de coeur Ici Londres / V. Cuvellier, A. Herbauts ; A. Luneau ; Olivier Mellano. - Rouergue. - (Varia)

Quatre artistes ont mis leur talent au service de l’Histoire. Vincent Cuvellier, Anne Herbauts, Aurélie Luneau et Olivier Mellano ont choisi un thème peu traité de la seconde guerre mondiale : les messages émis par la radio libre depuis Londres.
D’abord, Vincent Cuvellier plante le décor avec un gamin caché sous un tas de bois à l’insu de son père. Il entend ces mystérieuses phrases qui ne veulent souvent rien dire, qui ressemblent à d’étranges petits poèmes et qui le font rêver.
Anne Herbauts s’en empare et les illustre avec la sensibilité qu’on lui connait.
Puis c’est au tour d’Aurélie Luneau qui les remet dans leur contexte historique sous la forme d’un journal plié au détour d’une page du livre.
Enfin Olivier Mollano leur offre un fond musical de sa composition que le lecteur découvrira sur un CD.
Cet ouvrage à la fois album et documentaire provoque de vives émotions et on ne peut qu’admirer cette façon inédite et originale d’aborder ce thème grave et le conseiller vivement. Belle réussite artistique !

Roman(s) :


coup de coeur Résistez, poèmes pour la liberté - Char, Aragon, Eluard et tous les autres (1939-1945) / Anthologie présentée par Danièle Henky. - Seghers Jeunesse, 2015

Belle anthologie, complétée par une nouvelle qui met en perspective la question de la résistance aujourd’hui, à travers l’engagement des jeunes qui ne sont pas si passifs... Pertinent pédagogiquement, une édition bien pensée, une introduction bien problématisée. Niki

A partir de 14 ans

coup de coeur Germaine Tillion : un long combat pour la paix / Jeannine Teisson. - Oskar Editeur (histoire & société. Résistants et résistantes), 2014

Dans la lignée des livres de cette collection, ce récit fait découvrir la vie de Germaine Tillion. Une personnalité méconnue des jeunes mais qui vient d’être honorée au Panthéon. Moi-même, j’ai beaucoup appris sur cette femme courageuse et volontaire. Elle a été prisonnière à Ravensbruck, a vu les siens mourir et a lutté, pendant le conflit franco-algérien, pour le retour de la paix et le respect de chacun. Elle a passé toute sa vie à se battre pour les droits de l’homme…et de la femme. Jusqu’à la fin de sa vie, elle a refusé toute violence. Le texte est clair, bien documenté et agréable à lire. C’est une bonne manière de découvrir une grande figure de l’histoire trop longtemps méconnue. Le dossier à la fin est peut-être un peu trop dense. Nathalie Bertin

A partir de 11 ans

coup de coeur Max et les poissons / Sophie Adriansen. - Nathan, 2015

Max Geiger, 8 ans, raconte l’arrivée des Allemands à Paris pendant l’Occupation, le port de l’étoile juive, la carte d’alimentation et les rafles puis sa survie grâce aux résistants. Ce petit livre est intéressant car la naïveté du personnage est touchante et on vit les événements en même temps que lui. Un lecteur non averti pourra trouver l’occasion de connaître le sort des enfants juifs pendant la guerre d’autant qu’une brève chronologie et quelques repères « pour mieux comprendre » sont donnés à la fin. De belles phrases à relever : « la guerre, ça fait marcher les Allemands dans les rues et serrer fort les mains des petits garçons », « la guerre, ça empêche d’aller se baigner dans l’eau salée », « est-ce qu’il y a des poissons juifs et d’autres pas juifs ? [...] j’ai l’impression que ce n’est pas bien, d’être juif maintenant » ou encore « le ciel est plein d’étoiles. Moi, avec la mienne, je suis un shérif ». A conseiller fortement ! Sandy Morel

A partir de 9 ans

coup de coeur Août 1944 La résistance libère Paris / Gérard Streiff. - Oskar ( Histoire Société). 2014

Ce documentaire relate la libération de Paris par les parisiens, résistants ou simples habitants. Jour après jour, la rébellion monte et la mise en route de la libération se met en place. C’est d’ailleurs grâce à cette libération menée par les oppressés que la France a su regagner son statut de nation indépendante au yeux des alliés, et ainsi éviter le statut de pays sous contrôle américain. Un récit précis et bien écrit. Marie Grandgirard

A partir de 10 ans

coup de coeur Les souliers à talons / V. Brière. - Oskar. - (Histoire et société), 2014

C’est un très beau livre-témoin des atrocités de la guerre. Comme d’habitude, dans cette collection, l’histoire naît d’une conversation : ici, une grand-mère raconte à des petits-enfants pourquoi il ne faut pas que les Français disent qu’ils ont plus de droits que les étrangers. Cette femme va raconter toute son histoire de déportée d’une manière sobre et touchante. C’est un bon témoignage, comme on voit aujourd’hui d’anciens déportés qui se déplacent dans les écoles pour parler des atrocités de la guerre. Dans notre vie quotidienne, il ne faut pas oublier et il faut surtout en tirer des leçons de vie. Le dossier, à la fin du livre, est également très intéressant. Nathalie Bertin

Résumé : Élisabeth et son amie Rachel ont grandi ensemble. Elles ont vécu beaucoup d´événements terribles surtout Rachel qui est née juive et a connu l’enfer des camps très tôt. Une dispute va éclater entre leurs petits enfants sur des propos racistes ce qui va amener les deux grand-mères à raconter leur passé et leur vie bouleversée par la Seconde Guerre mondiale et la déportation. Qu’ont-elles perdu chacune de leur côté ?
Le récit nous apprend les persécutions durant la seconde guerre mondiale. Il est très intéressant , très émouvant pour des élèves de 6°, 5° voire 4°. Il ne relate malheureusement qu’une petite partie de la seconde guerre mondiale. Juliette (Atelier 1,2,3 Ecrivez ! du collège Victor Hugo)

A partir de 11 ans

coup de coeur Vous ne tuerez pas le printemps / Béatrice Nicodème. - Gulf Stream éditeur, 2014

1943. Elaine, une jeune anglaise de 19 ans, s’engage -malgré les réticences de son petit ami Franck- dans le S.O.E (Special Operations Executive). Organisme secret créé par Churchill pour inflltrer les pays occupés, le S.O.E. aide la résistance française à préparer le débarquement des alliés. Elaine intègre le réseau Pianist. Elle est parachutée à Châlons-sur-Marne comme opératrice radio. Immédiatement repérée par le troublant commandant Wagner qui n’aura de cesse de la pourchasser, Elaine découvre qu’un à un tombent tous ses camarades. Pourquoi ? Qui est le traître ? A qui se fier ? Sans qu’elle s’en doute un seul instant, Franck resté à Londres mène l’enquête. En attendant, Elaine doit continuer sa mission sans faillir, malgré l’étau qui se resserre : et si la chute du réseau Pianist n’était qu’un sacrifice destiné à servir une plus grande cause ?

Un suspens haletant, avec une richesse historique et littéraire qui ravira les bons lecteurs à partir du lycée. Des personnages intéressants, complexes, une héroine forte et attachante, habitent ce texte qui rassemble les meilleurs ingrédients à la fois du roman policier à la fois du roman historique. Un appendice documentaire essentiel figure en fin d’ouvrage. Il présente les personnages et faits, les termes clés, explique la place des femmes au sein du S.O.E, mais surtout nous donne la clé du titre. Il est tiré d’un poème absolument bouleversant, rédigé par un résistant français la nuit précédant son éxécution et qui s’achève par ces mots : Vous ne tuerez pas le printemps. Elaine les choisit pour coder ses messages. Et ils restent longtemps en tête une fois achevée cette passionnante lecture. Ewa Bochenski

Comme à son habitude Béatrice Nicodème nous entraine dans un roman totalement maîtrisé. D’abord parce qu’elle écrit remarquablement bien, qu’elle est particulièrement bien documentée (le roman historique pouvant vite se révéler un piège particulièrement efficace) et qu’elle sait nous entrainer dans une histoire qui devient la nôtre avec aussi beaucoup d’humour. Dans ce Vous ne tuerez pas le printemps, vous ferez la connaissance d’Elaine, jeune franco-anglaise qui va s’engager dans les services secrets anglais et venir sur le terrain afin d’aider un réseau de résistance en tant qu’opératrice radio (pas le poste le moins dangereux quand on connaît la très courte espérance de vie des personnes qui ont occupé ce poste). Au fil des pages on découvre l’entraînement spécifique, la réalité du terrain, les compromis, les questions que les uns et les autres se posent face au conflit. Les raisons de l’engagement, qui vues d’aussi loin aujourd’hui semblent évidentes, pour les bonnes ou les mauvaises raisons… nous montrent combien la situation fut compliquée à gérer et qu’on est bien loin du héros légendaire près à tout pour tout. Un roman qui se lit comme un polar, pris dans un univers clos, celui du renseignement et du réseau qui fait qu’on ne voit presque rien du reste, ce qui donne un rythme et un ton si particulier qui rendent le roman impossible à lâcher. Un excellent titre d’une grande humanité, avec des personnages traités en profondeur et précision, attachants et terrifiants. Un grand roman qui montre les forces et les faiblesses de cette époque, le dévouement de certains grâce à l’action desquels nous sommes encore libres aujourd’hui. Un roman magnifique à dévorer sans attendre. Jean-Luc

A partir de 15 ans

coup de coeur Les évadés / C. Léourier. - Bayard. - (Millézime), 2013

Paris, 1943 : Jean Ricard, lycéen de 16 ans, accepte de rendre service à un ami de son père, un « service » dangereux : accompagner des aviateurs anglais dans Paris. Peu de temps après, il est contacté par le réseau Cassiopé, et accepte, à l’insu de ses parents, d’accomplir régulièrement ce genre de mission. Un roman historique facile à lire, qui nous montre que « résister », ce n’est pas seulement accomplir des actions héroïques, ou combattre les armes à la main, mais que de simples actions apparemment anodines peuvent rendre possible des opérations de résistance de plus grande envergure. Elles ne sont cependant pas sans risques, et Jean va par deux fois échapper de peu à la gestapo. Les relations profs-élèves ou garçons-filles de cette époque sont bien rendues, au risque peut-être de paraître quelque peu étrange au lecteur de 2014 !

Florence Langlois

Jean Ricard a 16 ans en 1943, l’âge des premiers amours, et habite Paris quand il se fait par hasard recruté par la résistance. Malheureusement les réseaux ne durent pour la plupart qu’un temps avant d’être démantelés par la police allemande .. Quel sera le destin de Jean ?

Un roman très réaliste sur le temps de l’occupation jusqu’à la libération de Paris. Il évoque la minceur de la frontière entre résistance et collaboration. Les personnages font leurs choix pour des raisons très variés. Un coup de coeur pour le personnage de professeur de français, "la limace" et son approche de la littérature française. Un récit qui permet de vivre à cent à l’heure, à travers la capitale, la guerre, l’amour, l’engagement. Coup de coeur !

Marion Uteza

coup de coeur Les enfants d’Izieu / R. Causse. - Oskar. - (Histoire). 2014

C’est avec émotion et beauté des mots que Rolande Causse retrace l’histoire de ces 44 enfants juifs et des 7 adultes qui s’occupaient d’eux dans la maison familiale d’Izieu, tous déportés pendant la guerre, le 6 avril 1944 (...) La poésie pour clamer l’horreur et l’injustice, à l’aide de mots choisis avec justesse.

Lire l’article : Histoiresetgourmanlises)

coup de coeur Adam et Thomas / A. Appelfeld. - Ecole des loisrs. - (Médium). 2014

Adam et Thomas ont neuf ans et se retrouvent seuls dans la forêt proche de leur ville natale, quelque part en Europe de l’est. Leurs mères les ont envoyés là pour les protéger de la guerre qui gronde et de l’étau nazi qui se resserre avec ses déportations toujours plus nombreuses : Adam et Thomas sont juifs et le roman se passe en 1943.
Les deux garçons ont des caractères très différents et vont s’entraider pour survivre dans la forêt : construire un abri, trouver à manger, lutter contre le froid et surtout résister à l’angoisse et à la peur.
Un très beau récit entre la fable et le roman, qui n’est pas sans rappeler l’expérience de son auteur, Aaron Appelfeld, qui vécut seul dans la forêt de Bucovine après la déportation de son père et l’assassinat de sa mère par les nazis (cf Histoire de ma vie, Ed. de l’Olivier).

Autre lecture Une lecture émouvante dans le sens où elle procure tout un panel de sensations, de l’étonnement à l’émerveillement. Le contexte veut que tout soit étonnant, en effet, mais ce qui l’est davantage c’est la réflexion que nous invite à mener ce petit garçon, sur la vie, simplement. Et là, on opère un recul, sur soi-même, sur l’Histoire, sur le bon et le mal, l’essence même de l’existence. Ce livre est donc une réelle réussite littéraire, due à une poésie des mots et les illustrations de Philippe Dumas, parfaites poésies de l’image, font de ce livre plus qu’une réussite, un petit bijou. Juliane

A partir de 12 ans

coup de coeur Un secret derrière la porte / B. Gallent. - Oskar. - (Les aventures de l’histoire !)

Un beau récit qui retrace un épisode de la vie de Jeannot, dix ans, en 1944. Alors que les alliés ont détruit sa maison en bombardant la gare de Massy-Palaiseau et les trains de matériel allemand, ses parents le confient à son oncle et à sa marraine rue des Martyrs à Paris. Une nouvelle page de son existence s’ouvre alors : il découvre la vie en ville pendant la guerre, les privations et surtout il devine que ses bienveillants hôtes cachent un secret…
Une histoire bien menée qui donne envie de savoir qui se cache derrière la porte et dépeint bien le quotidien des parisiens pendant la seconde guerre mondiale. Le récit aborde aussi à travers les yeux innocents de l’enfance l’holocauste et la séparation.
Autre lecture
Parce qu’il voit sa maison détruite par les bombardements, Jeannot est envoyé à Paris où il sera hébergé par sa tante Madeleine. L’enfant fait la connaissance de celle-ci, ainsi que de son oncle et de sa grand-mère. Mais dans le petit appartement parisien, une pièce lui est interdite. Une pièce d’où il sort d’étranges bruits. Jeannot va y découvrir Sabine, ou plutôt Sarah, et ce qu’être juif en 1944 et de vivre caché signifie.

coup de coeur Surtout ne prends pas froid / I. Wlodarczyk. - Oskar. - (Histoire et société). 2014

Histoire touchante, peut-être trop courte et qui ne développe pas assez la vie dans les camps. La candeur de la jeune fille met le lecteur au supplice puisque lui-seul comprend que sa mort approche. Quant aux lettres des parents, elles permettent une diversification de points de vue et ouvre la portée du récit. Le dossier à la fin nous apprend que l’histoire est tirée d’histoires vraies, ce qui permet une réflexion sur la guerre.
Autre lecture
Juillet 1942. Esther, dix ans, se retrouve enfermée avec sa mère au camp de Pithiviers. Elle a été arrêtée avec de nombreux autres juifs et attend le départ. Mais seuls les enfants de plus de 16 ans partent par train vers Pitchipoï, un ailleurs mystérieux et idéalisé par la petite fille. Esther écrit à son père qui effectue des travaux agricoles à Frénois et lui raconte son quotidien et ses espoirs...
Un récit minimaliste sous forme épistolaire. Chacun cherche à taire sa souffrance qui pourtant affleure sans cesse à travers les non-dits. La vie se concentre sur de petits moments, une nouvelle amitié, une poupée de chiffon... Une histoire forte, inspirée de la vraie vie de Marie Jelen.
La réalité n’est jamais loin de cette fiction qui s’inspire des véritables conditions de détention des enfants dans les camps français en 1942. Un dossier documentaire en fin d’ouvrage évoque la déportation pendant la seconde guerre mondiale : l’antisémitisme, les rafles, les camps.
Les lettres de Marie Jelen sont consultables en ligne.
« J’espère que cette lettre te parviendra. Nous avons été arrêtées. Esther et moi sommes parquées dans un camp avec une multitude d’autres juifs. Nous avons voyagé dans un wagon à bestiaux. Pour toutes bêtes, il n’y avait que des enfants et des femmes. J’ai peur. Que feront ils de nous ? »

coup de coeur Les sanglots longs des violons... / V. Jacquet-Silberstein, Y. Pinguilly. - Oskar. - (Cadet)

Yves Pinguilly réécrit le témoigne de Violette Silberstein, jeune fille insouciante et joyeuse au début de la guerre qui va vivre cette période noire au rythme de nombreux trajets en train, dont le plus terrible, en direction d’Auschwitz. Elle y survivra pour avoir pu intégrer l’orchestre.
Le récit tient sur 40 courtes pages inversement proportionnelles à la densité du propos. Après la guerre, lorsque Violette se rend à l’enterrement de la mère de son amie, elle se surprend à penser qu’elle voit un corps mort pour la première fois. « A Auschwitz, la mort était trop près de moi, trop contre moi. A Auschwitz, la mort avait un goût trop fort, un goût qui était un au-delà même de la mort. »
Une entrevue avec Violette Jacquet-Silberstein et un dossier documentaire sur la solution finale concluent le volume, très fort.

coup de coeur Le dernier chat noir / E. Trivizas. - Editions du Jasmin. 2013

Le narrateur et héros de cette histoire est un chat noir amoureux, qui va bientôt avoir d’autres soucis à gérer : tous les chats de l’île disparaissent un à un. Les premières disparitions discrètes font place à un programme librement affiché : « Déclaration majeure du ministre de l’intérieur : Finissons-en avec la vie austère ! Si nous voulons manger notre pain blanc, il faut nous défaire à jamais des chats noirs ! »
Les chats noirs responsables de tous les maux : l’idée se répand sans obstacle. Seul le dernier chat noir mène l’enquête, tente de résister. Et il comprend que derrière cette campagne de haine, se cachent des intérêts très personnels et lucratifs…
Une allégorie de la Shoah, ou de tout crime de masse. 36 chapitres courts avec un résumé en tête, une histoire simple, mais des faits d’une violence non éludée proche des horreurs subies par les juifs durant la seconde guerre mondiale. Aussi, au vu du hiatus, on peut se demander à quel âge destiner le roman. Mais le texte est fort, le propos limpide : si l’on n’oppose aucun résistance à la barbarie, elle se répand bientôt sans complexe et se généralise.
« J’essaie de me persuader moi-même que jamais, au grand jamais, rien de tel ne peut se produire à nouveau.
La vigilance reste de mise, ici, ailleurs, maintenant, toujours. »
Autre lecture
Quand les hommes déclarent la guerre aux chats noirs, les exterminant un à un sous prétexte que ceux-ci sont la cause de tous les malheurs terrestres, un chat courageux se met en quête de protéger ses amis et ses égaux, coûte que coûte, mais cela ne sera pas sans conséquences…
Le lecteur suit la lutte des chats noirs, rejetés petit à petit par leurs confrères d’autres couleurs, et ne manquera pas de ressentir un malaise certain face à la cruauté que dénonce cette œuvre.
Ce roman, qui prend pour narrateur principal un chat noir, est écrit de manière rythmée et rapide, comme d’un souffle, ce qui fait que le lecteur ne se lasse pas de l’écriture ni de l’histoire. D’une cruauté sans égal, l’auteur n’est pas tendre avec nos chers matous qui devront se battre corps et âmes pour échapper à leur sombre destin, pour combattre la bêtise et la cupidité humaines.
Plaisant à lire, mordant, ce roman sombre trace avec un peu d’humour mais surtout un réalisme satirique sans faille la lutte pour montrer que la couleur n’est qu’un détail et ne forge en rien la personnalité, dénonçant ainsi le racisme (tout en évoquant le crime de la Seconde Guerre mondiale) et touchant à la corruption politique de notre monde.

coup de coeur Un violon dans la tourmente / M. Favre. - Oskar. - (Histoire), 2013

2 histoires se racontent en parallèle, puis se croisent. Itségo, jeune rom, a perdu sa famille et survit, seul, dans la roulotte de son grand-père. Il chine, se débrouille mais souffre de solitude et tente de retrouver sa famille au camp de Montreuil. En vain.
Myriam elle est juive même si cela n’avait pas beaucoup de réalité pour elle avant cette guerre qui fait disparaître ceux qu’elle aime : son père, son amie. Et bientôt, au camp de Pithiviers, elle sera séparée de sa mère. A 13 ans, elle va devoir s’occuper de son petit frère et de Sarah rencontrée dans le camp. Ils réussissent à s’échapper du camp, et croise la route d’Itsago. Désormais, ils conjugueront leur volonté de survivre à 4.
C’est une guerre documentée que Magali Favre nous donne à lire. L’ambiance dans les villages, le mode de vie des roms, la vie dans les camps... le ton est grave et juste, non dénué d’espoir (« Nous sommes en vie, c’est notre plus grande richesse »), le style soigné, cet énième roman sur la seconde guerre mondiale sort du lot.

A partir de 10 ans

coup de coeur Les deux inconnus / C. de Lasa. - Oskar. - (Histoire & société). 2013

Deux fillettes arrivent en cours d’année dans une institution religieuse alors que la guerre touche à sa fin. Charlotte est intriguée par la manière dont elles sont systématiquement mises à part. Entre jalousie et empathie, elle tente de découvrir ce qui se cache derrière le mystère qui les entoure...
Un court roman qui évoque en filigrane le sort des enfants juifs en France durant la Seconde Guerre Mondiale. Un petit dossier rappelle le contexte. Le récit peut servir d’introduction à l’étude de cette page noire de l’Histoire de France mais aussi rappeler l’existence de "justes" et surtout ne pas oublier.
« Ces filles-là, on nous demande de les accueillir. Mais à part ça, elles n’ont pas leur place au dortoir, elles ne peuvent pas faire du théâtre avec nous. Et tout de suite, elles ne sont même pas en récréation. A votre avis, elles ont déjà pris une retenue ? Moi, je me demande à quoi ça rime, tout ça. »

coup de coeur Henderson’s Boys, Tome 6 : Tireurs d’élite / R. Muchamore. - Casterman. v

1943. La quasi maîtrise par les allemands de la technique de guidage des missiles amène la résistance et l’équipe de jeunes gens d’Henderson à intervenir. Une opération périlleuse où rien ne doit être laissé au hasard... Mais la tension entre Luc et Marc peut-elle être dépassée ?
Un tome qui peut se lire de façon autonome puisqu’il permet de suivre une opération dans son intégralité. L’aventure met en scène des jeunes héros filles et garçons, au parcours divers. Les opérations de la résistance ne sont jamais présentées comme idyllique mais plutôt comme un mal nécessaire. Une série intéressante.
« Ca n’a rien d’absurde, répliqua Henderson en feuilletant le carnet. Il existe déjà des torpilles magnétiques conçues pour cibler les coques de navires et des dispositifs acoustiques attirés par le son des hélices. Pourquoi un missile ne pourrait-il pas être guidé vers un objectif au sol ? »
Autre lecture
France, mai 1943, deux jeunes, Rosie et Eugène sont parachutés quelque part en Bretagne pour mettre au point une opération et ainsi délivrer Edith, une jeune résistante torturée par la Gestapo. Ils vont ensuite découvrir que des chercheurs sont retenus prisonniers dans un bunker secret et une nouvelle équipe de Chérub va tout faire pour les délivrer…
Un roman certes bien rythmé, avec des scènes d’action parfois prenantes, mais les invraisemblances historiques, l’hyper violence de certaines scènes qui frôlent le voyeurisme (les scènes de torture), et le côté caricatural de la psychologie des jeunes résistants, qui font voir la guerre comme un jeu, avec des rivalités entre eux guère crédibles dans un tel contexte font qu’on se demande vraiment s’il reste un quelconque intérêt à cette lecture…

coup de coeur Irena Sendlerowa, des papiers pour mémoire / I. Wlodarczyk. - Oskar. - (Les justes). 2013

Parcours d’un juste. Le récit raconte comment 2500 enfants juifs ont pu être sauvés du ghetto de Varsovie grâce à un réseau de personnes qui ont risqué leur vie pour protéger des innocents. Nous suivons Irena de sa venue dans le ghetto pour venir chercher Anna à la fin de la guerre.
Le texte très court, 70 pages, est complet et bouleversant. Il rappelle, que "Quiconque sauve une vie sauve l’univers tout entier". La simplicité de la narration permet de la rendre accessible au plus grand nombre. La sobriété renforce la puissance des mots. Un livre pour ne jamais oublier.
« De quel droit m’as-tu enlevée à ceux que j’aime ? Pourquoi me forces-tu à vivre, alors que je me suis habituée à l’idée de mourir, depuis des mois. Que sais-tu de ce qui est mieux pour moi ?Je ne redoute pas l’Umshlagplatz ! Je sais bien que les hommes n’y partent pas en vacances et que la confiture et le pain que les Allemands nous donnent ne sont qu’un maigre appât pour nous mener à l’abattoir. J’ai compris tout cela. J’observe les gens, j’écoute les conversations des adultes crédules, je colle mon oreille aux murs et j’entends les murmures dans la nuit. Je sais ce qui nous attend. »

coup de coeur Je vous écrirai / P. du Bouchet. - Gallimard. - (Scripto). 2013

Un roman ambitieux et de facture classique : l’histoire d’un individu et d’une famille située dans le cadre d’événements historiques, qui vont de la Révolution bolchévique de 1917 jusqu’à la guerre d’Algérie en passant par la deuxième guerre mondiale. Les événements de l’histoire personnelle et familiale se situent pour la plupart vers la fin des années cinquante. Le personnage principal, une jeune fille prénommée Amalia, est née en 1938, et au cours de l’intrigue elle découvre ses origines cachées. Le deuxième personnage du roman est sans doute sa mère, une femme simple dépassée par les événements dramatiques qui ont compliqué, et qui vont compliquer encore, sa vie de famille. Elle sombre lentement, péniblement, vers la mort, dans un mouvement en contraste évident avec l’essor de sa fille, qui s’épanouit à Paris aussi bien dans sa découverte du théâtre que dans ses études de philosophie.
Le roman est dense, raconté en grande partie par les lettres que les personnages s’écrivent. C’est un livre pour bons lecteurs qui ont l’habitude des lignes narratives qui passent d’une époque à l’autre.
Autre lecture
Septembre 1955, c’est une nouvelle vie qui commence pour Malia : jeune étudiante douée, elle a obtenu la permission de poursuivre ses études à Paris, de loger avec sa grande amie, Gisèle. Mais rien n’est joué tant sa mère a du mal à la voir partir, à la laisser vivre sa vie. Et les choses ne s’arrangent pas lorsque son père meurt. Malia est partagée, elle aime de tout cœur sa mère, si simple, si généreuse qui ne vit que pour elle. Mais elle aspire à une vie tellement plus riche, ouverte sur le monde… Elle découvre à Paris la politique, le théâtre, l’amour… Et tandis que son monde s’élargit, sa mère sombre dans la folie et appelle Malia à ses côtés, de tout son être.
Un roman qui commence comme le récit d’émancipation d’une jeune fille et se referme sur une quête trouble d’identité. Malia, qui s’est toujours sentie si différente, apprend qu’elle n’est pas la fille biologique de ses parents. Les secrets de la guerre ressurgissent...

coup de coeur Les mots perdus / Y. Pinguilly - Oskar. - (Court métrage)

Des personnages hauts en couleurs, un va et vient entre passé et présent, des problématiques intemporelles, voilà tout ce que nous offre l’auteur. Antonin, jeune de la banlieue, passe des vacances en Bretagne en compagnie de sa future belle-mère, il y rencontre Rose et son ami Jakez. Ils décident tous les trois de se rendre sur l’île de Beg-Lévern pour voir la maison de la Morte aux bijoux. Mais c’est une toute autre découverte qu’ils vont faire...
Le récit tisse des liens entre les hommes, à travers le temps, les pays, les classes sociales, les générations. C’est un chant à la solidarité et au partage qui nous entendons. Bien sûr cela crée une impression par moment que l’histoire éclate dans tous les sens mais le lien rouge reste la solidarité et l’échange.
« - C’est une histoire d’amour que tu traduis ?
- Si on veut. Il y a de l’amour et de l’aventure, ça se passe au dix-huitième siècle à la Jamaïque. Ça t’intéresse ?
- Si ça finit bien. Je suis trop jeune pour lire des histoires qui finissent mal.
 »

coup de coeur L’ ombrelle mauve / A. Zei. - La Joie de Lire

Un récit d’enfance en Grèce, à l’aube de la seconde guerre mondiale... Lefty raconte ses deux frères jumeaux, sa mère effacée, son père si difficile à comprendre dans sa sévérité -tout l’inverse de son frère qui prend la vie avec ce qu’elle offre-, son amie Victoria et son père si mystérieux, Monsieur Marcel, voisin français et meilleur ami de la famille. Et puis Benoît, son neveu qui lui a été confié alors que la guerre s’est déclenchée...
Le roman est aussi vivant que l’enfance qu’elle décrit : les aventures des enfants, les décisions des adultes (ceux qui savent faire le pont entre les deux générations et ceux qui y échouent) et des destins qui, déjà, se jouent....
L’héroïne et narratrice, avec ses rêves plein la tête et sa soif de découverte et de compréhension du monde, laisse entrevoir celle qu’elle deviendra adulte, que l’on retrouve en exergue du roman...

coup de coeur Le garçon de l’intérieur / B. Séverac. - Syros. - (Rat noir). 2013

Voici neuf mois que Jules est sourd (voir Silence). Ses parents ont décidé de passer les vacances en Alsace, dans un gite tenu par une famille dont le fils est également sourd. Tous deux s’entendent à merveille et leurs escapades va bientôt avoir un but : découvrir qui a saccagé les vignes du village…
Dans une écriture très descriptive, Benoît Séverac continue son exploration du monde des sourds avec l’opposition oralistes et signeurs, et nous fait découvrir en parallèle une facette méconnue de la seconde guerre mondiale : le douloureux statut des alsaciens qui furent tour à tour français et allemands. Ils vont mettre au jour un secret datant de cette période qui va bouleverser le village alsacien.
Jules sera heureux d’avoir éclairci ce pan du passé, le sera davantage encore dans les bras de Camille, la fille aînée de la famille…
Autre lecture
"Un français de l’intérieur" est une expression qui désigne celui qui n’est pas né en Alsace. Elle fait référence à la période de la seconde guerre mondiale lorsque la région Alsace Lorraine occupée était appelée la France de l’extérieur... Cela évoque aussi la difficulté parfois de choisir son camp....
Jules est devenu sourd après un accident. S’il a accepté son handicap et trouvé un équilibre dans son école spécialisée, ses relations avec sa famille sont plus difficiles. Ils décident d’aller tous passer des vacances dans un gîte d’un petit village alsacien où leurs hôtes ont un fils sourd de son âge. Une belle amitié commence. Mais au même moment, des événements étranges surgissent qui renvoient au temps de la seconde guerre mondiale. Pourquoi des pieds de vignes ont-elles été coupées ? Qui est l’homme retrouvé mort dans sa voiture avec au cou le médaillon d’une riche famille locale ? Les garçons décident de partir enquêter...
L’histoire mêle le passé historique de l’Alsace et les interrogations d’un "devenu sourd" sur le meilleur moyen de vivre sa vie. Doit-il continuer d’oraliser avec ses proches ou au contraire se contenter de signer pour redevenir entier et trouver le bonheur voire l’amour ? Un récit qui évoque le thème du handicap sous un angle original, celui de l’entre deux. Le parallèle avec l’Alsace est aussi intéressant et efficace. A lire.
« Ta langue, maintenant, c’est celle des signes. C’est à eux de s’adapter. Sinon tu resteras un oraliste toute ta vie et ils ne maîtriseront jamais vraiment la langue des signes. »
« Je suis devenu sourd, tu le sais bien. Je ne peux pas leur demander de faire comme si j’avais toujours été sourd.
D’accord. Mais toi, qu’est-ce que tu veux ? Rester un devenu sourd toute ta vie ou devenir un vrai sourd ? il te faudra choisir ton camp à un moment donné.
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coup de coeur La mort préfère Ava / M. Bernard. - Syros

Toujours dans sa mission de venir en aide aux fantômes, Ava visite l’Ile de Guernesay pour assister à l’assemblée annuelle des consolateurs. Elle rencontre les fantômes de l’ile, les nombreux consolateurs -elle qui a longtemps cru être seule à avoir ces pouvoirs si particuliers-, mais aussi quelques humains bien en chair : Marco, son ex petit-ami, Alistair qui pourrait bien être le prochain. Oui, l’amour fait son entrée dans la vie d’Ava et la jeune fille se demande comment envisager une vie amoureuse avec un humain quand on passe l’essentiel de son temps en conversation avec des fantômes. Pour compliquer le tableau, un troisième amoureux entre en piste, spectral celui-ci...
La vie amoureuse d’Ava, les machinations entre consolateurs, le terrible secret de sa formatrice Cécilia... le séjour d’Ava sur l’île ne sera pas de tout repos et se terminera même à l’hôpital ! Avec une révélation qui nous invite, nous presse même, à lire le prochain tome !
Autre lecture
Ava revient pour les vacances chez son oncle. Elle doit poursuivre le recensement des fantômes des différentes îles et rencontrer d’autres consolateurs. Mais notre héroïne devient adolescente et le thème des sentiments est plus présent dans ce tome. Non seulement elle retrouve Marco mais elle fait aussi de nouvelles rencontres... En parallèle, Ava tente de résoudre une nouvelle énigme qui concerne cette fois-ci le passé de sa consolatrice... De nouveaux fantômes, plus originaux les uns que les autres font aussi leur apparition.
J’adore Ava. Non pas que l’on soit happé par le livre mais parce qu’il en découle une atmosphère très particulière, avec le paysage de Guernesey, les revenants qu’il faut consoler (seulement s’ils le veulent !), et le personnage de la jeune fille hésitante et en plein apprentissage. Ce volume est un peu particulier. La révélation du passé douloureux de la consolatrice amène une note inattendue dans ce volume plutôt romantique, et surtout la fin... qui donne envie d’écrire tout de suite à l’auteur pour lui demander de ne plus nous faire un coup pareil...
« Règle numéro 21 de l’art du consolateur : Parfois, il faut se faire aider pour aider. Mais parfois, il faut aider pour se faire aider. Et d’autres fois, il faut aider sans attendre de retour, comme il peut arriver qu’on doive accepter de l’aide sans se demander comment la rendre un jour. Encore quelque chose qui n’est pas simple. »

coup de coeur Le coeur des louves / S. Servant. - Rouergue. 2013

Célia revient habiter dans le village de sa grand-mère, espérant vaguement que sa mère tourmentée pourra y trouver un apaisement. Mais elle retrouve très vite l’ambiance qu’elle détestait déjà enfant, pleine de secrets, de méfiance, de superstitions de la part des villageois. Seule Alice, jeune fille de son âge, lui donne la sensation d’être un peu elle-même. Toutes les deux, pour échapper à ce climat délétère et à leur famille torturée, prennent le chemin des bois pour vivre ce bonheur simple de se sentir en harmonie avec ce qui les entoure. Mais peut-on vivre indéfiniment loin des hommes ? Peut-on fuir une vérité qui demande à voir le jour ?
En reconstituant bribes par bribes, entre passé et présent, l’histoire de sa famille et du village, Célia fait le difficile travail de se libérer de « toutes les chaînes d’angoisse de l’enfance et de l’adolescence ».
L’histoire est celle d’une adolescente en souffrance mais s’étoffe très vite et se tricote avec celle de ses ancêtres pour s’enfoncer toujours plus profondément dans les entrailles du passé, de la forêt, du cœur des hommes. Et ce que l’on découvre échappe à tout manichéisme, la souffrance étant le lisier de tant de tragédies. Chacun s’en arrange selon ses moyens, prenant le chemin de la vengeance, de la folie, de la carapace... mais personne n’en ressort indemne ; les femmes, premières victimes, ne sont pas les moins fortes...
Un roman dense (540 pages), à la narration éclatée, qui force sur les thème difficiles mais reste très prenant ; à réserver aux bons lecteurs.

coup de coeur Les enfants du roi / S. Hartnett. - Les Grandes Personnes. 2013

Cécily et Jéremy sont deux enfants londoniens dont la vie change considérablement lorsqu’éclate la seconde guerre mondiale. Ils sont en effet contraints de s’exiler à la campagne, chez leur oncle Peregrine. La famille accueille May, une fillette intrépide de dix ans qui fera découvrir aux jeunes citadins les ruines d’un château à l’histoire tout à fait mystérieuse.
L’auteur possède, sans nul doute, le don de sublimer le monde l’enfance. Tant et si bien que l’intrigue et le cadre historique se trouvent relégués au second plan. Ce qui persiste de cette lecture, c’est une candeur finement décrite et une atmosphère se jouant des codes de la réalité. Les influences littéraires se ressentent fortement, pourtant ce roman est empreint d’une originalité certaine.

coup de coeur A la croisée des chemins / J. Bruneau. - Oskar. - (Histoire et société). 2013

1940, Sandro et sa famille doivent fuir. Comme tous les français, ils redoutent les nazis, mais en tant que tsiganes, ont des raisons supplémentaires de souffrir de la guerre. Des mesures spécifiques ont été prises à leur encontre, contraignant leurs déplacements. Alors que faire ? Quelles décisions prendre pour toute la famille ? Bientôt, ils n’ont plus de libre arbitre puisqu’ils sont déportés et enfermés dans un camp. Pour Sandro, l’enfermement est insoutenable, il lui faut trouver le moyen de s’évader, sans mettre les siens en danger.
La fiction de Janine Bruneau, qui s’inscrit dans un cadre qui n’est pas sans rappeler le camp de concentration de Montreuil-Bellay, n’édulcore pas la réalité des tsiganes pendant la guerre. Aux mesures humiliantes prises par les gouvernement français et les menaces des nazis s’ajoutent les injures permanentes des gadje. Mais la solidarité, même en temps de guerre, reste de mise, et avec elle, l’amitié… Après la guerre, l’ami de Sandro, Augustin, deviendra historien pour que le souvenir des injustices qu’ont subies les Tsiganes ne soit pas perdu.

coup de coeur Souviens-toi / E. Combres. - Gallimard. - (Scripto)

Pendant 15 ans, Joséphine a été la jumelle de Juliette. Puis Armand la lui a enlevée. 65 ans après le drame, Joséphine se confronte à celui qu’elle hait pour lui extorquer la vérité : que s’est-il exactement passé le jour du meurtre de Juliette ? Les points de vue alternent -Joséphine, Armand, puis Juliette à travers son journal- mais l’entrelacs des paroles de chacun est bien loin de mettre à jour une vérité claire. Car la difficulté de chacun des personnages à vivre apaisés avec eux-mêmes est amplifiée par l’ombre qui pèse sur leur passé. Est-on responsable des crimes perpétués par ses ancêtres ? Juliette livre une réponse certaine : « Je déteste ce que je suis en train de devenir, le sombre passé de ma famille et mon avenir bouché. » Joséphine, après une vie entière d’isolement, se résout à faire la lumière sur le trouble du passé. Pour elle, il sera alors enfin temps de vivre…
Un roman magnétique, à l’écriture concise et intime, qui commence dans la hargne, la rancœur et la solitude et ouvre petit à petit ses personnage aux possibles, au crépuscule de leur vie.
Autre lecture
Joséphine, quatre-vingts ans, part à la recherche de son passé, de son histoire. Elle souhaite découvrir les raisons de la mort de sa sœur jumelle à quinze ans, assassinée par son petit-ami. Mais c’est un autre récit qui va apparaître, celui d’un grand-père méconnu, qui aurait embrassé le parti fasciste en Italie pendant la guerre. Les deux fils conducteurs vont rentrer en résonance afin de libérer peu à peu la vieille dame...
Ce roman court sur un impossible deuil nous amène à réfléchir à l’héritage d’un passé enfoui comme possible déclencheur dans le destin tragique de la jeune Juliette. Le thème du secret familial est porté par la voix de la sœur jumelle qui cherche et s’interroge. Toutefois l’ensemble reste très fragmentaire à l’image des souvenirs.
« J’aime Armand et je le hais. Je suis la petite-fille d’un monstre et je suis un monstre. J’ai provoqué Armand, il m’a anéantie. Comment aimer et être aimé ? Je déteste ce que je suis en train de devenir, le sombre passé de ma famille et mon amour bouché »

coup de coeur Amour Ennemi / F. Delaporte. - Oskar. - (Histoire). 2013

Marie et Justine ne se sont pas vues depuis longtemps, la première habitant en Allemagne, l’autre en France. Mais les retrouvailles vont être intenses, nourries des confidences de Justine. Elle raconte ce qu’il aurait été absolument impensable de raconter quelques années auparavant...
Pendant la seconde guerre mondiale, Justine tombe amoureuse d’un soldat allemand. Lui a 18 ans, « trop jeune pour voter, mais assez vieux pour mourir », elle 17 et ils rêvent de « recommencer le monde, inventer la paix durable. » Mais la réalité les rattrape naturellement et ils seront séparés. Un amour interdit pourra-t-il survivre à la guerre ?
La réponse sera apportée juste après la chute du mur de Berlin, en 1989 au moment où les deux cousines se retrouvent.
Justine est tour à tour amoureuse, idéaliste, réaliste, pragmatique : un portrait assez juste d’une femme qui resta fidèle, malgré tout, à ce qu’elle fût.
« Autre temps, autres mœurs ». Cette histoire peut laisser un goût amer.

coup de coeur Time Riders / A. Scarrow. - Nathan

Après avoir été sauvés d’une mort effroyable, Saleena, Liam et Maddy se retrouvent embrigadés dans une étrange organisation chapeautée par Foxster, un vieil homme. Celui-ci va les former à devenir des Time Riders qui auront pour tâche de rétablir les failles temporelles qui se produisent quand des voyageurs du temps indélicats modifient le passé. Les ados auront pour première mission de retrouver Kramer, un fou qui a modifié le passé en 1940 en prenant la place d’Hitler alors au pouvoir en Allemagne, puis de l’Europe tout entière.
Une nouvelle série de SF qui débute bien, le thème du voyage dans le temps n’étant pas forcément évident à traiter. L’auteur propose un récit haletant, tour à tour drôle ou effrayant. Les personnages gagnent en épaisseur au fil du récit. Tous les ingrédients sont là pour savourer un bon récit d’aventure sur fond de paradoxes temporels.

coup de coeur La poignée de main de la honte / P. Barbeau ; G. Ferrand. - Oskar. - (Histoire et Société)

Jean, 17 ans vit avec ses parents dans la petite ville de Montoire-sur-le-Loir. La mère travaille dans une entreprise et le père à la gare. Ils acceptent d’accueillir Rosa, une juive Polonaise qui fuit les persécutions nazies. Mais, pour une réfugiée qui doit cacher son identité, le lieu était très mal choisi car la petite ville sera le théâtre d’une rencontre exceptionnelle entre Pétain et le Führer en personne. Une rencontre secrète dont les habitants tenus à l’écart ne peuvent soupçonner les conséquences dramatiques pour l’histoire de notre pays. Rosa est terrorisée et Jean qui est tombé amoureux trépigne de ne rien pouvoir faire pour la rassurer.
Les auteurs ont manifestement effectué une véritable étude sur l’événement historique et choisissent de l’aborder sous un angle intimiste, avec la volonté de se remettre dans l’esprit de l’époque. Intéressant pour l’aspect documentaire.

coup de coeur A la folie / B. Lorentzen. - Bayard. - (Millézime). 2013

Luisa, une jeune adolescente bien dans peau et dans sa tête se met à faire d’étranges cauchemars : une fillette, Rosa, la tête ensanglantée, veut lui parler mais le contact ne s’établit pas. Un jour, à la cantine, un ado solitaire et un peu spécial, lui demande si la petite fille qui la suit comme son ombre est son amie...
Une enquête débute pour les deux jeunes gens, sur le passé de la fillette aux yeux tristes, morte pendant la guerre.
Un livre où les ados se reconnaîtront dans leurs difficultés à se faire comprendre par les adultes qui prend la forme d’une enquête policière aux accents fantastiques.
Autre lecture
Loulou passe des nuits horribles, avec cette impression qu’une petite fille la visite durant son sommeil et essaie de lui communiquer un message. Un délire de sa part sans doute… Mais comment se fait-il alors que Thomas, à l’école, voit cette fameuse fillette à ses côtés ? Ce ne peut être qu’une histoire de dingue, Thomas, justement, a déjà été interné ! Mais les indices s’accumulent, tendant à prouver qu’il ne peut s’agir de coïncidences ou d’imagination débridée. L’étrange fantôme est là dans un but précis, que seul Thomas peut comprendre ; il mettra tout en œuvre pour lui venir en aide, au risque de mettre en danger sa santé mentale et sa vie.
Le roman présente plusieurs intérêt : outre l’évocation d’un épisode de la seconde guerre mondiale au Danemark, il montre bien la réticence que l’on peut éprouver au contact de la différence. Thomas est-il schizophrène ? Médium ? Les frontières se meuvent constamment et Loulou oscille entre scepticisme et adhésion à cette réalité parallèle. Lorsqu’elle laisse tomber les barrières de la rationalité, c’est au monde des morts qu’elle accède, et plus fort que lui, à l’amour…
Plusieurs références intéressantes contribuent à dresser une philosophie de vie qui l’est tout autant.

coup de coeur Les oiseaux reviennent à Hiroshima, l’histoire de Sadako Saski / V. Koenig et M. Mizuta. - Oskar. - (Les aventures de l’histoire)

Sadako Sasaki, jeune rescapée d’Hiroshima, mène une vie normale avec toute sa famille. Elle va à l’école, aime courir plus vite que le vent et surtout a un rêve, celui de devenir championne Olympique. Une étrange grosseur apparait alors sur son cou et peu à peu la jeune fille perd ses forces. Après l’avoir auscultée, son pédiatre l’envoie à l’ABCC, the Atomic Bomb Casualty Commission. On découvre alors que la jeune fille est atteinte d’une leucémie, « le mal de la bombe atomique ». Sadako finit par se faire hospitaliser et même si personne ne lui parle de sa maladie, la jeune fille a parfaitement compris que ses chances de guérison sont faibles. Pourtant, alors que tous ses rêves semblent brisés, Sadako ne se laisse pas abattre. Encouragée par sa meilleure amie Tamiko et tous ses camarades de classe, elle entreprend de réaliser mille grues de papier, symbole de longévité, espérant ainsi voir sa maladie disparaître. A la millième, la légende dit que le vœu de son choix sera exaucé.
Ce livre relate la dernière année de la vie de la jeune Sadako ; il sait jongler entre émotions et légèreté pour laisser un véritable message d’espoir. On accroche facilement à cette lecture à la fois facile et bouleversante… Le scénario mis en place autour de cette histoire vraie reste tout de même fidèle à la réalité et tous les faits présents sont authentiques, le dossier présent dans les dernières pages du roman permettant d’éclaircir certains passages.

coup de coeur Vercors, un vent de liberté / B. Solet. - Oskar. - (Histoire et société)

A travers la captivante histoire de Pierre-Louis et de Jeannot, tout est dit de la tragique histoire du Vercors en ces années 1940 : la France occupée, le refus de la situation, les élans de résistance, l’attirance des jeunes pour l’aventure, leur courage et la générosité de leur engagement. En arrière plan la grande histoire de la libération suit son cours. Les véritables forces armées ne seront pas là pour soutenir ces combattants de l’ombre lors des derniers assauts.
Il n’était pas facile de résumer cette terrible aventure en un petit fascicule de 130 pages accessible aux moins de 15 ans. Il fallait le talent d’un auteur comme Bertrand Solet, écrivain et historien confirmé pour intégrer aussi naturellement ce petit récit dans un grand contexte. Pour les plus curieux, quelques pages documentaires permettent de compléter l’information. Un ton juste pour un récit bien documenté.

coup de coeur Adolf (roman hystérique) / O. Costes. - Oskar. - (Société)

Adolf est un nouvel élève. Passionné par la musique de Wagner, adepte de la théorie des races, amoureux de son image, violent, il créé rapidement une cour autour de lui. Il aime les carottes vichy, et a pour projet principal l’extermination des rats. La collaboration de La Maréchal l’aide à faire régner un régime de terreur et d’exclusion. Il décide alors de remporter le championnat de football. Qui peut s’opposer à sa fulgurante ascension ?
C’est avec beaucoup d’humour que l’auteur nous amène à découvrir la grande Histoire dans ce récit drôle et instructif.
"Le comportement hors norme d’Adolf jetait un trouble parmi nous. Etait-il fou ? Il y avait les pour et les contre. Moi j’hésitais toujours. Quelque chose en lui me dérangeait, m’inquiétait même, mais je ne pouvais m’empêcher de le trouver attachant."
Autre lecture
Où le jeune Adolf, nouvel élève du collège, ne tarde pas à exercer une emprise assez inexplicable et impressionnante sur certains élèves. Ils ont en commun leur haine des rats, des gens à la peau mate et raffolent de l’eau de Vichy. La blonde Eva tombe amoureuse du "charisme" d’Adolf. Mais France, l’héroïne, veille (sauf qu’elle est parfois bien hésitante...), ainsi que son ami le grand Charles qui va bientôt partir en séjour linguistique en... Angleterre.
Bonne idée de l’auteur de placer l’Histoire dans un contexte actuel, où Adolf parle de bonbons à la cocaïne, de poupées... Barbie. Parvenir à faire rire et réfléchir sur le nazisme, et ce, sans prendre ses jeunes lecteurs pour des abrutis auxquels il faut faire la leçon et répéter que le fascisme, nazisme, racisme c’est pas bien !, le propos est bien vu et assez intelligent.

coup de coeur L’ étang aux libellules / E. Ibbotson. - Albin Michel. - (Wiz)

L’histoire se déroule à Londres en 1939. Tally, une jeune fille pleine de vie, curieuse, rayonnante, vit seule avec son père, médecin dévoué. Ce dernier, pour l’éloigner de la guerre imminente, décide de l’envoyer dans un pensionnat situé dans la campagne anglaise. D’abord réticente, elle s’y épanouit rapidement. Un soir au cinéma, elle découvre un reportage sur un petit royaume nommé Berganie et a une révélation. Elle réussit alors à convaincre le directeur du pensionnat d’y organiser un voyage en prétextant vouloir participer à un festival de danse folklorique. Sur place, elle rencontre le prince héritier dont les jours sont en danger, se trouvant sous la menace directe d’Hitler. Tally et ses amis sont bien décidés à aider Karil.
Eva Ibboston, en mêlant éléments historiques et imaginaires, réussit à créer un climat unique dans lequel on est très aisément transporté. Le personnage de Tally est absolument formidable et donne une force considérable au roman. Car même si la trame de l’histoire reste classique et discernable, l’intérêt se porte essentiellement sur ce petit bout de fille pas comme les autres. L’étang aux libellules est un livre original et profond, très facile d’accès pour les jeunes lecteurs.

coup de coeur L’ espion qui a vaincu Hitler, Richard Sorge / G. Streiff. - Oskar. - (Histoire et Société)

Richard Sorge, espion au service de l’URSS, confia depuis le Japon, des informations capitales aux russes. Staline ne les prit pas au sérieux, mal lui en prit : personnage fort en gueule mais très efficace, Richard Sorge anticipa l’invasion de la Russie par les allemands ainsi que l’attaque du Japon dans le pacifique sud.
La construction du livre est étrange : le roman est nourri de beaucoup de détails sur sa personnalité, sur les deux faits marquants et passe très vite sur son arrestation et condamnation. Le dossier documentaire donne d’autres informations qui auraient trouvé leur place dans la partie fictive. Quoi qu’il en soit, l’ouvrage, faisant connaître une figure méconnue de la seconde guerre mondiale, demeure vivement intéressant.

coup de coeur Swing à Berlin / C. Lambert. - Bayard. - (Millézime)

Wilhelm Dussander se serait bien passé d’un tel honneur : il a été sélectionné par Goebbels pour former un orchestre de "musique allemande de danse fortement rythmée". Une façon biaisée de jouer du Jazz sans le dire, puisque cette musique a été cataloguée dans la catégorie des Arts dégénérés. Chaperonné par un officier SS, il sillonne l’Allemagne pour constituer son orchestre. Quatre musiciens sont sélectionnés, les répétitions commencent. Chacun apprend à se connaître mais les tensions naissent bientôt entre trois des jeunes et le quatrième, "pur produit des Jeunesse hitlériennes".
Quel avenir pour ce groupe passionné qui s’affranchit dans la musique et comprend de plus en plus les réalités politiques de leur pays ? Un roman qui s’appuie sur l’Histoire et choisit une réponse idéaliste à cette mascarade.

coup de coeur Le fil à recoudre les âmes / J.-J. Greif. - Ecole des loisirs. - (Médium)

Ce roman de Jean-Jacques Greif relate un épisode souvent méconnu de l’histoire des États-Unis : suite au bombardement par les Japonais de Pearl Harbor durant la seconde guerre mondiale, tous les américains d’origine japonaise vont être envoyés dans des "camps de rassemblement’’. Du jour au lendemain, ces citoyens américains deviennent par décret des ennemis de l’Amérique, des espions potentiels, contraints de quitter leur vie paisible et banale. Ce bouleversement est raconté par un jeune garçon, Kenichiro Kashimura, qui décide de correspondre avec son institutrice, Mrs Moore. Il va lui raconter, jour après jour et avec beaucoup d’optimisme, sa nouvelle vie en camp et surtout la façon dont les prisonniers, résignés mais ne manquant pas de sens pratique, vont s’organiser pour récréer une ville, leur vie, en plein désert.
Par la suite, le jeune garçon et sa famille vont être envoyés au Japon, peu de temps avant le bombardement d’Hiroshima. C’est alors que le récit du jeune garçon s’interrompt pour donner la parole à une jeune japonaise d’Hiroshima qui va nous faire vivre de l’intérieur les effets dévastateurs de la bombe atomique et ses terribles conséquences.
Enfin, la dernière partie du roman relate le combat du pasteur Tanimoto qui va réussir, grâce à de nombreux soutiens internationaux, à emmener des jeunes filles japonaises, monstrueusement défigurées suite au bombardement nucléaire, aux États-Unis afin d’être opérées.
Ce roman procure une vision différente de cette période historique dont il restitue le contexte et les enjeux politiques avec beaucoup de clarté. Il constitue un témoignage précieux et passionnant tout en apportant une réflexion dénuée de manichéisme sur ces événements.
Autre lecture
Encore un pan méconnu de la guerre qui est exploré dans ce roman assez dense de Jean-Jacques Greif. La guerre vue par Kenichiro, jeune américain dont les parents sont japonais. Après l’attaque de Pearl Harbor par les japonais, les jap ne sont plus les bienvenus aux États-Unis. Ceux qui pourtant se considèrent comme américains seront parqués dans des "centres de réinstallation", suspectés d’être espions… Les conditions de vie y sont sommaires, l’éducation parcellaire et Kenichiro est heureux de trouver un peu d’évasion en écrivant à son ancienne institutrice. Il faudra ensuite faire un choix impossible pour la famille : rassembler toute la famille, mais au Japon, ou continuer de vivre aux États-Unis loin du père et mari.
La seconde partie se déroule donc au Japon, Kenichiro fait la connaissance de Yuriko qui part bientôt pour Hiroshima…
A la fin du roman, c’est au tour de Yuriko de venir aux États-Unis pour l’opération de son visage défiguré…
Roman très documenté où l’on apprend l’histoire mais aussi les mœurs différents des deux pays. Le texte reste froid et l’ensemble peut paraître long.

coup de coeur Max / S. Cohen-Scali. - Gallimard. - (Scripto)

Max est le premier pur représentant de la race aryenne. Sa mère c’est Allemagne, son père, le Führer. Max nous fait vivre l’odyssée terrifiante de ses enfants programmés, sélectionnés, pour assurer la "régénérescence" du pays. Nous le suivons dans ce témoignage fiction, de sa conception à son entrée dans une Napola, école de la jeunesse nazie, jusqu’à la chute du régime et de ses idéaux. Max, sans attache, est capable de devancer les horreurs du système. Mais une rencontre improbable va amener progressivement l’enfant à douter...
Un livre fort, dérangeant, à lire absolument ! (pas avant le lycée, certains passages sont très difficiles)
Autre lecture
Étrange procédé que de donner la parole à Max, embryon au début du roman. Premier né du projet Lebensborn, il a conscience, dès sa conception, du rôle qu’il joue dans le grand projet d’Hitler. Il en conçoit une fierté inouïe qui ne le quittera pas des années durant. Car nous suivons Max durant près de 10 ans, de 1936 à 1945, le temps de voir les horreurs dont est capable notre petit nazillon (dénoncer des enfants polonais et leur mère aux SS), le temps aussi de comprendre l’abomination d’un tel projet qui envisage l’enfant comme une machine de guerre aux mépris de ses besoins propres.
Le ton est cru, les faits quelquefois horribles, à la hauteur d’une réalité historique difficilement concevable. Le roman en ce sens est à destiner aux lycéens et adultes qui ne seront pas déroutés par ce procédé dérangeant qui prête à un tout-petit une idéologie criminelle.

coup de coeur La guerre de Catherine / J. Billet. - Ecole des loisirs. - (Médium)

Rachel est bien dans sa peau -enfin !- dans cette maison à la pédagogie innovante qu’est la maison de Sèvre. Chacun est libre de progresser à son rythme, de développer des disciplines annexes et Rachel peut ainsi s’épanouir dans la photographie. Mais la guerre est là, l’antisémitisme s’étend et Rachel doit fuir, sous une nouvelle identité : elle sera désormais Catherine Colin ; elle ne cessera, jusqu’à la fin de la guerre, de s’enfuir, de quitter ceux qu’elle aime et de recommencer ailleurs.
C’est un destin bouleversant, passionnant et édifiant qui nous est donné à lire ici, inspiré de l’histoire de la mère de l’auteur. La pédagogie Freinant-Decroly-Montessori a donné à Rachel-Catherine une force, une curiosité de la vie suffisante pour affronter la guerre et ses drames successifs. Un idéal d’éducation confronté à une menace terrible et permanente. Sur sa route, l’héroïne croise surtout des résistants. Est-ce pour cette raison qu’elle garde une foi inébranlable dans la vie ?

coup de coeur Le journal de Fanny / F. Ben-Ami. - Seuil

C’est un journal recrée a postériori par Fanny elle-même, jeune juive allemande, qui nous est donné à lire ici. Elle y retranscrit les fuites incessantes d’Allemagne en France, de zone occupée en zone libre, de France en Suisse, où elle pourra enfin souffler. On est frappé par le côté responsable de Fanny, on comprendra mieux en fin d’ouvrage lorsqu’on apprend qu’une des premières maisons d’enfants où a été accueille Fanny était tenue par Lotte Schwarz, "connue pour avoir su responsabiliser les enfants qu’elle protégeait." De fait, Fanny sauva des résistants en leur apportant du pain, et de nombreux enfants en les prenant sous son aile. Un parcours véritablement atypique.

coup de coeur Vis et sois heureuse, Ziska ! / A. C. Voorhoeve. - Bayard. - (Millézime)

Un livre de plus sur les juifs pendant la seconde guerre mondiale ? Non, un très joli roman, de 622 pages, bien dense, qui retrace le parcours, imaginaire, de Ziska, et à travers elle, la vie des enfants ballottés par la guerre et l’histoire.
En 1939, les mesures contre les juifs amènent ses parents, convertis depuis longtemps au protestantisme à vouloir fuir l’Allemagne. Mais peu à peu les portes se ferment et c’est avec soulagement que ses parents laissent Ziska partir seule pour Londres où elle atterrit, après plusieurs péripéties dans une famille unie. Mais l’Angleterre elle-même est bientôt en guerre, et les enfants envoyés à la campagne... Le destin va véritablement surprendre à mainte reprise notre héroïne et lui forger son identité. Car qui est-elle vraiment ?
Autre lecture
Bekka et Ziska ont beau être insouciantes en apparence, leurs jeux ne sont rien d’autre que la mise au point d’un survival plan. Nous sommes dans l’Allemagne de 1938 et en tant que juives, elles savent bien, du haut de leurs 10 ans, la menace qui pèse sur elles. De fait, il faut bientôt songer à fuir mais Ziska le fera seule, grâce au Kindertransport qui permet aux enfants juifs de s’exiler en Angleterre. Si elle en veut terriblement à sa mère de l’avoir "abandonnée", Ziska se fait rapidement à la vie anglaise, et surtout à sa formidable famille d’accueil, les Shepard. La guerre n’est pas absente pour autant, l’Angleterre est bientôt bombardée, les enfants déplacés, son "frère" s’engage et la population change d’état d’esprit...
De 1938 jusqu’après la guerre, nous suivons le parcours de cette jeune allemande juive qui doit grandir loin de ses parents, se construire auprès d’une famille juive alors que la judéité était jusqu’alors si dangereuse, s’attacher à une mère adoptive alors que sa mère biologique est en danger de mort. Il lui faudra des années pour comprendre que sa mère lui a fait un "cadeau inestimable (en lui rendant) le droit de vivre comme un être humain."
Une longue saga très prenante car Ziska, narratrice de sa propre histoire, est touchante de sincérité envers elle-même. Elle nous livre ses jalousies, sa générosité, ses peurs et angoisses et évolue avec un courage hors norme.

coup de coeur La vérité aux enchères / C. Franz. - Belin. - (Charivari)

Jan se présente à cette drôle de fille qui l’aborde, Sunny, en lui donnant le nom de Judas. Celui dont son père l’a affublé quelques jours plus tôt. Nous apprenons au fil des pages ce qui a conduit père et fils à ne plus se comprendre : un secret de guerre que Jan a mis au jour, qui révèle comment son grand-père obtint l’imprimerie qui enrichit la famille. Lorsque ce dernier aurait pu, du rembourser l’ami juif qui lui avait cédé l’entreprise au début de la guerre, il s’est défilé…
Nous suivons donc à la fois la révélation progressive du secret et la fugue de Jan avec la jeune Sunny. Avec elle, il va lui aussi se confronter à la vie et ses compromissions. Et les beaux principes de l’adolescence vont devoir composer avec la réalité : voler, ou non lorsqu’on est dans la panade ; trahir ses amis ? S’il faut sauver son amour...

coup de coeur Un soldat allemand dans la résistance française, le courage de désobéir / G. Streiff. - Oskar. - (Histoire et Société)

Quand il s’agit de dénicher des récits atypiques voire inédits concernant tous les conflits de la planète la compétence la Maison Oskar est sans limite. Cet exemplaire de la série Histoire et société nous raconte Hans Heisel, un héros très peu connu de la 2ème guerre mondiale. Ce soldat du Reich arrivé à Paris avec la candeur d’un jeune provincial ravi de connaître un nouveau pays, découvre progressivement ce qu’est une armée d’occupation. Et puis il sympathise avec son coiffeur français qui lui ouvre les yeux sur les forfaits commis par l’occupant et l’invite à résister. Un étonnant exemple de prise de conscience de la part d’un homme simple qui prend le parti de l’opprimé mais ne tirera jamais profit de ses actes de bravoure une fois le conflit achevé. Comme chaque fois la lecture s’achève sur quelques pages documentaires qui parlent du courage de désobéir, mais ne souligne guère l’importance des risques encourus. Après celle de Sophie et Frantz Scholl, c’est une belle histoire à connaître et une invitation à la réflexion : ce sont les vainqueurs qui écrivent l’histoire. Si les événements avaient tourné autrement, Hans Heisel aurait été considéré à tout jamais comme un collaborateur et un déserteur ? (On n’échappe pas au petit cocorico : le récit de la libération de Paris raconte le réveil soudain de la population qui prend les armes en passant quasiment sous silence le rôle primordial joué par les Forces alliées !)

coup de coeur Je me souviens, Rebecca / N. Somers. - Nathan. - (Nathan poche histoire)

André passe son certificat en cette année 1942 mais il est préoccupé par Rebecca, une jeune fille récemment arrivée dans le village de Chambon-sur-Lignon et accueillie par une famille du coin. Il comprend vite qu’elle est réfugiée juive et sa décision d’entrer dans la résistance n’est pas étrangère à ce secret.
Chambon-sur-Lignon, dans le massif central, est un village connu pour avoir caché des juifs durant la seconde guerre mondiale. L’intrigue amoureuse entre André et Rebecca est un prétexte pour montrer les convictions de ces habitants protestants qui choisirent, par solidarité, de défier l’autorité française et nazie.

coup de coeur Le grand déballage / E.L. Konigsburg. - Bayard. - (Millézime)

C’est une relation tout en pudeur et en précautions qui se tisse entre Amadeo et William. Leur terrain d’apprivoisement : la maison de Madame Zender chez qui la mère de William fait une liquidation de biens. Haute en couleurs, la vieille dame capricieuse et délicieuse mène son monde à la baguette. En parallèle, nous suivons la mise en place de l’exposition d’un certain Peter, autour de l’Art dégénéré. L’occasion de découvrir cet aspect de la seconde guerre mondiale. Bientôt, les deux histoires vont se mêler et révéler un trafic d’œuvres d’art de la sombre époque. Pour Amadéo qui rêvait de faire une découverte, une vraie, il découvre surtout que les gens cachent bien des choses…
Un roman qui prend son temps pour installer l’ambiance et l’intrigue, avec des personnages énigmatiques sur fond d’un pan d’Histoire méconnu et intéressant. Pour bons lecteurs.

coup de coeur Le château d’Elsa / S. Méliade. - Oskar. - (Histoire)

Elsa, fille de colonel allemand, est en France avec ses parents durant l’année 1940. Ils occupent une partie d’un château français. Elsa, 12 ans, est encore un peu jeune pour comprendre tous les enjeux de cette guerre mais ce qu’elle en perçoit la heurte. Elle comprend aussi, en le côtoyant, que le peuple français n’est pas ce peuple dégénéré et faible que le Führer le dépeint. Aussi, lorsqu’elle apprend que des amis de la fille du Château, Eléonore, ont été faits prisonniers, lorsqu’elle comprend que son père n’est pas le militaire exemplaire qu’elle imaginait, elle décide d’agir pour la libération des français résistants.
Si la ficelle est un peu romanesque, l’amitié possible entre les peuples ennemis est décrite de façon intéressante, grâce aux relations d’Elsa et de son précepteur André Pribriac et celle d’Elsa et Eléonore.

coup de coeur Le bébé tombé du train ou quand l’amour d’une mère est plus fort que tout / J. Hoestlandt ; A. Prigent - Oskar. - (Trimestre)

Anatole est un solitaire, un bougon, un dur. Et lorsqu’il tombe né à né avec un marmot tombé du train, il est bien embêté. Émerveillé aussi, il faut bien l’admettre… C’est un texte sensible et poétique qui nous décrit l’apprivoisement réciproque de ce vieux bourru et de l’enfant. L’histoire en elle-même est forte, et prend une dimension supplémentaire lorsqu’elle s’inscrit, sans effet appuyé, dans le contexte de la shoah. Coup de coeur de Marie C. et Julie

coup de coeur Un jour / M. Gleitzman. - Les grandes personnes

Félix est très doué pour raconter des histoires. Et même pour croire lui-même à ce qu’il se raconte. En ce début 1942, laissé dans un orphelinat par ses parents parce qu’il faut protéger les livres juifs, il est intimement persuadé qu’ils vont vite revenir le chercher. Il se sauve même pour accélérer les retrouvailles. Mais il découvre dans une ville polonaise les ghettos, les nazis, les meurtres et il devient vraiment très difficile de se raccrocher aux belles histoires. Mais il le faut, plus tellement pour lui-même mais pour Zelda et tous les enfants rencontrés. Raconter, imaginer, s’extraire de cette réalité tout simplement impossible à accepter, des horreurs rencontrées lors de leur périple.
Si la naïveté de Félix agace au départ, la violence des faits suscite l’émotion. Mais on est souvent titillé par quelques incohérences : après la candeur, l’hypersensibilité de Félix qui comprend toute la psychologie de Zelda : la petite fille qui découvre les horreurs perpétrés par les nazis se souvient que ses parents ont collaboré avec eux avant d’être assassinés. En manifestant son hostilité à l’égard de l’armée d’occupation, elle met tout le groupe en grand danger. Félix qui en est très conscient entreprend de la réconcilier avec les parents qu’elle a connus et qui l’ont aimée…
Le lecteur pourra donc s’irriter de tant d’incohérences ou se laisser envahir par l’émotion des faits, bien réels, et par la solidarité qui unit tous les personnages.

coup de coeur Muscha, un jeune tsigane dans l’Allemagne nazie / A. Tuckermann. - Oskar

Josef n’est qu’un enfant au moment où Hitler arrive au pouvoir. Fils d’un couple allemand, Monsieur et Madame Müller, il rêve d’adhérer aux Jeunesses hitlériennes comme ses petits camarades. Mais Josef a la peau trop foncée, ce qui fait rapidement de lui à l’école le bouc émissaire de maîtres haineux qui adhèrent aveuglément aux théories racistes du 3ème reich.
Drame du racisme avec ses procédés classiques : isolement de la victime, incitation à la violence à son égard, justification par des théories scabreuses. Quand le processus est enclenché, tout le monde (ou presque) marche… Autour des parents de Josef, un groupe résiste dans l’ombre. Hélas l’enfant est trop jeune pour être informé, et son angoisse est grandissante....
Ce tout jeune garçon, encore dans l’innocence et l’incompréhension, nous raconte son enfance, sous la plume d’Anja Tuckermann. Jusqu’au bout de cette bouleversante histoire vécue, racontée année par année de 1938 jusqu’en 1946 et étayée de nombreux détails de la vie quotidienne, on tremble et se révolte pour Joseph qui a vécu la discrimination raciale… Une histoire malheureusement non singulière. Coup de coeur de Julie et Florence L.

coup de coeur J’ai le vertige / J. Roy. - Alice

L’auteur se met dans la peau de sa tante qui tut son passé durant toute sa vie et commença à le lui raconter la vieillesse venue. On découvre donc l’histoire de Syvia qui, à 4 ans 1/2, découvre ce que cela signifie d’être juif pendant la seconde guerre : parquée dans le ghetto de Lodz, privée de nourriture, de chauffage, de jeux, d’amies bientôt car les enfants sont expulsés petit à petit du ghetto. Ses parents, à force d’ingéniosité, de chance, d’intuitions, la sauveront des différentes rafles.
L’auteur, dans un style lapidaire, a réussi à retranscrire toute la complexité des émotions de la fillette d’antan. Le récit est glaçant d’effroi, sidérant aussi : 270000 personnes confinés dans le ghetto en 1939, 800 survivants en 1945 dont 12 enfants. Coup de coeur de Julie

coup de coeur Ils m’ont appelée Eva / J. M. Wolf. - Pocket

Ce roman aborde un pan très particulier de l’histoire de la guerre mondiale : le programme Lebensborn (source de vie). Pour restituer le contexte : Lidice, petit village tchécoslovaque osa défier les nazis. En représailles, en juin 1942, 340 habitants furent assassinés, et quelques enfants firent partie de ce programme censés les "germaniser."
L’héroïne du livre, Milada, habite ce village, échappe au massacre mais est sélectionnée, en tant que blonde, pour être rééduquée. Milada devient donc Eva, apprend à parler allemand, fait le salut nazi et est bientôt adoptée par une famille dont le père est responsable de camp.
Troublante réflexion sur l’identité, que l’on peut faire et défaire à force de manipulation. Une autre facette dramatique de l’idéologie nazi.

coup de coeur Qui se souvient de Paula ? / R. Slocombe. - Syros. - (Rat noir)

Nous suivons le parcours de Paula depuis octobre 1942, avant de perdre sa trace début 1943. Cette jeune fille juive de 20 ans déjoue les pièges des nazis et des français zélés mais, souhaitant retrouver la trace de son père, sera finalement dénoncée et déportée.
Des années plus tard, en 1997, certaines personnes l’ayant connue souhaitent reconstituer la totalité de son histoire.
Un roman noir qui, sous couvert d’une intrigue policière, explore la période trouble de la guerre et débusque ses tristes protagonistes.

coup de coeur C’était la guerre : 3 récits inspirés de faits réels / A. Ténor. - Oskar. - (Histoire et société)

3 nouvelles inspirées de personnages ou de faits réels, qui posent un autre regard sur la guerre 39-45.
La première raconte la désillusion d’un gamin formé dans les jeunesses hitlériennes. Totalement endoctriné et fier de recevoir la croix de fer des mains mêmes du Führer, on mesure jusqu’où peut l’emmener son militantisme aveugle et fanatique.
Dans la seconde, deux amis, Claude et Gaspar, veulent se venger de l’occupant. La peur est là mais la bravade l’emporte et ils décident de saboter les lignes du téléphone de la Kommandantur. Lorsqu’il faut dénoncer les coupables, le courage se fait plus timide, surtout du côté de Claude, instigateur et réalisateur du forfait qui s’empresse de désigner son ami… Les conséquences seront dramatiques et Claude devra vivre à jamais torturé par la honte et le remord.
La dernière nouvelle se passe au tout début de la guerre, à Paris. Deux lycéens, dans la fougue de la jeunesse, osent affirmer leur soutien à la nation, lors de la cérémonie du 11 novembre 1918. Ils découvrent que les risques sont bien réels, surtout pour Jacqueline qui est juive. Mais ils croiseront la route d’un officier allemand qui se comporte en homme de cœur…
La guerre, comme toutes les périodes de crises, révèle l’être humain dans ce qu’il incarne de plus noir et de plus lumineux. Arthur Ténor le souligne avec justesse.

coup de coeur Anton / E. Zöller. - Bayard. - (Millézime)

Le langage était primordial pour le système nazi. Ainsi, on n’assassinait pas les handicapés, on "traitait", ou à l’extrême rigueur "euthanasiait" les "êtres inférieurs". Anton justement, a un problème de langage : tout jeune, il a été percuté par un tramway, en garde une difficulté d’élocution, de mobilité du bras et une intelligence différente. Cela suffit à le stigmatiser aux yeux des nazis et de leurs adeptes et ses parents se demandent comment le protéger : l’envoyer à l’école et le soumettre au risque d’être humilié, et pire, repéré ? Etre enfermé et caché aux yeux du monde ? Anton, à 10 ans à peine, aura été confronté à tout cela. Mais l’Allemagne a aussi ses héros et Anton et sa famille pourront compter sur l’aide précieuse de concitoyens.
L’histoire d’Anton est racontée par sa nièce qui témoigne avec force de toute l’horreur et l’aberration de cette période, mais aussi de la vigilance de certains qui refusèrent la barbarie.

coup de coeur L’ histoire d’Else / M. Krausnick. - Bayard. - (Millézime)

Est-il possible d’imaginer ce qu’a pu endurer Else un matin d’avril 44 : cette petite allemande de 8 ans est réveillée en pleine nuit et embarquée par des officiers SS qui prétendent que ses parents ne sont pas ses vrais parents et qu’elle est d’origine tsigane. Difficile à assimiler. Après un voyage dans un de ces horribles trains de la mort, elle se retrouve dans un camp, loin de sa famille…
En une petite centaine de pages, cette histoire vraie dit : l’application de l’idéologie nazie, la réalité des camps de concentration, le refus de la population d’entendre la vérité mais aussi le courage de certains allemands tels le père adoptif d’Else, un homme simple et obstiné, ou la jeune Wanda, pleine de tendresse, qui la prendra sous sa protection. Enfin dernier point, rarement évoquée, l’impossibilité de parler pour beaucoup de survivants muselés dans leur douleur... L’illustration enfantine de la couverture, la faible épaisseur du livre, le style simple, à la hauteur de l’enfant qu’Else était, en font un livre d’accès très facile. Pourtant le texte décrit une réalité insoutenable. Celle des génocides de la seconde guerre mondiale ; celle d’une enfant confrontée à l’horreur, dans l’incompréhension et la solitude. Un récit à faire connaître.

coup de coeur Mon amie, Sophie Scholl / P. du Bouchet. - Gallimard. - (Scripto)

Du 15 février 1943 au 18 mai 1943 en Allemagne nazie.
Elisa écrit son journal pour lutter contre la peur qui la taraude face au régime qui règne en Allemagne alors que sa meilleure amie Sophie et son frère Hans Scholl, fondateurs du mouvement de résistance étudiant La Rose Blanche, distribuent des tracts, taguent les murs et dénoncent le système. Elisa n’est pas une combattante mais elle a pris conscience de la réalité du régime nazi et partage les convictions de ses amis.
C’est un récit historique précis et émouvant qui décrit l’histoire vraie de ce mouvement de résistance étudiante et du même coup les exactions du régime hitlérien avec un personnage témoin, de fiction certes -et certains s’en agaceront- qui a une réelle épaisseur psychologique et qui nous questionne sur la lâcheté, le courage, l’engagement.

coup de coeur Il n’y a pas que les shérifs qui portent une étoile / S. Rubin. - Alice

Jacques, dans sa naïveté de l’enfant, ne comprend pas tout de suite ce que signifie cette étoile jaune portée par tant de gens dans la rue. Mais la réalité le rattrape bien vite et il se retrouve à fuir avec Myriam, sa voisine juive, et à composer avec les faux-semblants pour échapper à la vindicte d’un officier SS...
Un roman qui se lit sans difficultés dès 11-12 et se démarque surtout par une fin ouverte qui voit Jacques en plein dilemme : faire sauter le wagon qui l’emmène dans un camp et risquer de tuer un certain nombre de personnes ; ou attendre de voir ce que le destin propose…

coup de coeur J’ai vu pleurer un vieux tsigane / G. Jimenes. - Oskar. - (Histoire et société)

Le narrateur n’a aucune complaisance envers lui-même lorsqu’il décrit les sentiments et préjugés qu’il nourrissait, enfant, envers les tsiganes. Mais plusieurs évènements l’emmènent à changer profondément. Il tombe un jour nez à nez avec un vieux tsigane totalement bouleversé ; ses proches le rejoindront bientôt, l’entourant avec une infinie délicatesse. Plus tard, il comprendra que ce vieil homme était un rescapé des camps nazi. Cette rencontre fondatrice le conduira à choisir le métier de professeur d’histoire et il fera tout, dès lors, pour contrer l’oubli.
Un roman très court, d’une grande intensité émotionnelle, complété par un dossier documentaire sur les tsiganes. Coup de coeur de Julie

coup de coeur Un lourd silence / M. Szac. - Seuil. - (Karactère(s)

On dit du grand-père de Vincent qu’il était héros de guerre. Mais impossible d’aborder le sujet avec les membres de sa famille. Lorsque Vincent décide de mener l’enquête, il est aidé par son amie Agnès et par Pierre, bibliothécaire et fils de résistant. L’empressement maladroit de la première, la discrétion et la rigueur du second permettent à Vincent d’avancer pas à pas dans la découverte de la vérité. Il fait la connaissance d’Hanna, polonaise rescapée des camps, découvre des choses auxquelles il ne s’attendait pas du tout.
Un roman poignant qui exhume un pan sinistre de l’histoire française et qui confronte son héros au poids de la culpabilité. Comment avancer dans la vie lorsque ses ancêtres ont commis tant d’atrocités ? Le silence en tout cas ne peut rien résoudre...

coup de coeur Le chant de l’innocent / I. Cohen-Janca. - Rouergue. - (DoAdo)

Rémi habite un appartement à Paris. Nous sommes en 1953, la guerre est encore très présente dans l’esprit des adultes. Rémi va découvrir ce passé douloureux. Tout commence par un évènement étrange : lorsqu’il rentre de l’école, il aperçoit une ombre à la fenêtre de sa chambre. Cela l’intrigue, le perturbe beaucoup. Sa rencontre avec Pierre et sa famille d’une part, et Madame Vaïner, sa voisine d’autre part, vont le plonger dans un passé trouble dans lequel sa propre famille tient une place prépondérante. Il décidera, grâce à son oncle, qu’il est plus important de savoir ce qu’il veut devenir que de se laisser noyer par la culpabilité. Coup de coeur de Fabienne

coup de coeur Envol pour le paradis / J.-M. Defossez. - Bayard. - (Millézime)

Arthur, protégé par ses parents, ne sait pas grand chose des discours haineux d’Hitler et de la guerre qui débute. Lorsqu’il est envoyé dans un foyer des jeunesses hitlériennes, il est frappé par l’absurdité d’une pensée à laquelle il se promet de ne jamais adhérer. Mais Arthur a un rêve, celui de piloter un avion, que le responsable du foyer saura exploiter. Motivé puis aveuglé par ce désir plus fort que tout, Arthur navigue bientôt en eaux troubles...
Ce roman très accessible présente une réalité peu traitée en littérature jeunesse : celle de l’embrigadement méthodique de la jeunesse allemande. Arthur, avec toute son intelligence d’esprit et de cœur, n’y échappera pas...

coup de coeur Fonce ! Monette, fonce ! / M. Tondra-Marie. - Oskar. - (Témoignage)

Après "les invités de la guerre", on poursuit les aventures de Micheline et de sa famille, toujours en pleine guerre. On ressent fortement les terreurs des bombardements, on vit avec elle la fuite en vélo dans les campagnes, l’attente des américains et enfin, la liberté retrouvée avec toutes les aspirations de renouveau qui l’accompagnent.
Un livre témoignage, dont le contenu a été revu par Janine Teisson, qui permettra aux jeunes dès 12 ans de connaître à travers l’histoire d’une famille, l’horreur de la guerre et le courage des protagonistes de cette saga émouvante.

coup de coeur Taille 42 / M. Ferdjoukh ; C. Pollak. - Ecole des loisirs. - (Médium)

Comment traverser la seconde guerre mondiale lorsqu’on est une famille juive, en plein Paris ? Charles Pollak est encore là pour le raconter et Malika Ferdjoukh a pris la plume pour retranscrire son histoire. Ici, la tragédie historique est à la croisée de la comédie familiale pour une épopée passionnante, vivante et drôle.
L’humour qui sous-tend le roman n’est possible que parce que la famille de Charles toute entière a pu survivre à cette période dramatique.

coup de coeur Les invités de la guerre / M. Tondra-Marie. - Oskar

C’est l’histoire vraie d’une famille parisienne qui héberge en cachette plusieurs juifs pendant la dernière guerre. La valeur du texte est morale et historique plutôt que littéraire mais il se lit bien et tous les détails s’avèrent intéressants parce qu’ils sont de toute évidence authentiques. L’auteur nous fait bien comprendre que même une vie "normale" à cette époque, face aux privations et aux séparations, était déjà assez difficile. Relever, en prime, la difficulté supplémentaire et exceptionnelle de sauver au total sept juifs, enfants et adultes, en les faisant traverser la ligne de démarcation, cela relève de l’exploit, même si tout cela est raconté au quotidien, avec simplicité, comme si les actes de courage allaient de soit.
C’est une lecture qui réchauffe le cœur, un témoignage du courage dont des gens ordinaires, mais finalement pas si ordinaires que ça, sont capables aux heures sombres de l’histoire.

coup de coeur Une île trop loin ; L’Etang aux nénuphars ; Les Profondeurs de la mer ; Vers le large / A. Thor. - T. Magnier

On a beaucoup écrit sur les tragédies vécues par les juifs pendant la seconde Guerre mondiale, mais bien peu de gens connaissent l’histoire des 20 000 enfants juifs réfugiés en Suède. S’ils ont échappé à l’horreur des camps d’extermination, ces enfants ont néanmoins connu un terrible traumatisme : celui d’une séparation familiale prématurée. A l’image de l’écrivain Marie-Thérèse Boiteux pour qui le chocolat suisse avait un goût amer, Steffie et Nellie, les deux petites autrichiennes, n’ont pas vraiment le cœur à admirer la côte scandinave quand, à leur arrivée sur cette petite île de Suède, on commence par les séparer. Et puis les gens qu’elles vont rencontrer leur manifesteront parfois de l’hostilité. Pourtant...elles devront s’adapter à cette nouvelle vie, si loin de leurs parents et de l’environnement citadin de Vienne. Les années passent, l’enfance pour l’une, l’adolescence pour l’autre au gré de la scolarité, des rencontres, des sympathies, des amitiés et des amours... On s’attache aux deux jeunes filles ; avec elles on ne cesse d’attendre les nouvelles d’Europe centrale. Et puis il y a tous les autres : les familles d’accueil, la tante Alma si chaleureuse, la tante Marta qui gagne à être connue, l’oncle Evert au grand cœur, Mag l’amie fidèle, Vera l’inconsciente, Judith au destin tragique. Beaucoup d’émotion dans cette saga facile à lire et qui révèle un aspect si mal connu de cette terrible époque. Il est important d’avoir cette série en bibliothèque. A partir de 14 ans. Coup de coeur de Florence L.

coup de coeur Une année douce-amère / P. Maret. - T. Magnier

1943. Dans un village de Haute-Loire, le cours complémentaire du père Chave accueille une nouvelle élève : Edith, une jeune fille juive, qui a trouvé refuge dans une pension à l’entrée du village. Le village, à majorité protestante, cache de nombreux réfugiés, sans poser de questions, en souvenir des persécutions passées. Lorsqu’Emile, un fils de paysan un peu rustaud l’aperçoit, il tombe immédiatement sous le charme de la jolie Edith. Pour qu’elle "puisse vivre à nouveau au grand jour et oublier la peur", il se lance dans la Résistance, sur les pas de son frère aîné, et participe à de nombreuses missions périlleuses...
Sur fond d’histoire d’amour, d’amitié et de fraternité, un roman sensible et émouvant, doublé d’un beau témoignage sur l’action de la Résistance et le courage des habitants de tout un village durant l’occupation allemande.

coup de coeur La promesse d’Hanna / M. Pressler. - Milan. - (Macadam)

1943, Pologne. Hanna doit fuir le nazisme avec ses 2 enfants. En route, elle croit bien faire en laissant derrière elle sa plus jeune fille. Davantage que la guerre, ce sont 3 figures féminines qui sont décrites dans ce roman très fort : la mère déterminée mais confrontée à des choix difficiles, Mina, 16 ans, qui doit suivre sa mère alors qu’elle a envie de faire ses propres choix et surtout Malka, 7 ans, restée en Pologne et très vite livrée à elle-même.
Le récit suit mois après mois le parcours des 3 protagonistes. Et c’est imperceptiblement que s’opère en Malka un cheminement intérieur qui l’aide à supporter la réalité. Ce n’est qu’en fin d’ouvrage que l’on réalisera les ravages et le traumatisme de ces 7 mois d’errance. Le lecteur sera d’autant plus bouleversé en lisant la postface : le récit est inspiré d’une histoire vraie. Coup de coeur de Julie

coup de coeur L’ étonnante histoire d’Adolphus Tips / M. Morpurgo. - Gallimard. - (Folio Junior)

Bowie aime tendrement sa grand-mère Lili, grand-mère excentrique qui se promène avec lui en Harley ... C’est à lui qu’elle confie son journal intime de petite fille, écrit pendant la guerre en 1943. Bowie y découvre les destins croisés de Lili, de son chat Tips et d’Adolphus, soldat américain venu préparer le débarquement sur les côtes d’Angleterre.
Ce récit se déroule un peu comme un conte qui se dénoue au fur et à mesure des pages pour comprendre le destin bouleversant de Lili, petite fille d’hier et grand-mère d’aujourd’hui.
C’est le mystère que la vie réserve à chacun d’entre nous.

coup de coeur Le garçon au pyjama rayé / J. Boyne. - Gallimard. - (Folio Junior)

Le père de Bruno se voit confier une mission de la plus haute importance et doit pour cela déménager, avec toute sa famille, pour une contrée lointaine appelée Hoche Vite. Bruno trouve l’endroit en question particulièrement hostile et souhaite retrouver sa maison luxueuse de Berlin. Par ennui, il se décide cependant à explorer les environs et fait la connaissance d’un petit garçon de son âge, Schmuel...
On pourrait s’agacer de la naïveté de cet enfant de 9 ans, qui perçoit bien qu’il se passe des choses étranges autour de lui, sans en comprendre les enjeux. Mais la candeur peut-elle envisager la perversion ?
La chute, dans une implacable ironie du sort, glace le sang et a cette redoutable efficacité d’assener au lecteur toute l’horreur de l’univers concentrationnaire.
Autre lecture :
Ce roman est une fable, fable moralisatrice où le méchant tue, sans le savoir, un être proche, et puis, dans un repentir amer, abandonne la violence. Mais ici la fable se situe dans un contexte non seulement réaliste mais historique, ce qui crée l’impression soit que la fable est encombrée d’une vérité historique complexe, soit que cette vérité historique est présentée d’une manière beaucoup trop schématique et improbable. Surtout que la vérité en question est l’extermination des juifs par les nazis dans le camp d’Auschwitz.
Le héros du roman est un garçon de neuf ans, beaucoup trop naïf pour son âge, dont les erreurs innocentes feraient rire dans un autre contexte. Le lecteur du roman est censé avoir une assez bonne connaissance du système d’extermination mis en place par les nazis, autrement il ne comprendrait pas l’ironie du texte, mais s’il a cette connaissance, il risque de trouver que le texte ne fait pas du tout justice à l’horreur, et s’il ne l’a pas, ce n’est pas ici qu’il va apprendre grand-chose.
Evidemment, l’extermination des juifs est un sujet qui nous fascine encore, une fascination qui risque, pourtant, de devenir vite malsaine, surtout si elle cautionne n’importe quelle exploitation de ces événements terribles.

coup de coeur La valise d’Hana / K. Levine. - Flammarion

Où comment, à partir d’une valise usagée, retracer l’Holocauste. Hana est une enfant juive déportée à Auschwitz pendant la seconde guerre mondiale où elle trouva la mort. Toutes les étapes de sa vie sont restituées grâce aux efforts d’une équipe d’enfants du Centre de documentation sur la Shoa de Tokyo. Le groupe réussit même à retrouver son frère rescapé.
Le thème du génocide juif est abordé avec délicatesse. Un concept original où se croisent trois destins à unir ou a dissocier. Au choix...

coup de coeur Sobibor / J. Molla. - Gallimard. - (Scripto)

Qu’y a-t-il de commun entre Sobibor, camp d’extermination polonais de la seconde guerre mondiale et Emma, jeune anorexique qui vit aujourd’hui ? Il semblerait que ce soit ses grand-parents : sa grand-mère laissant échapper de drôles de phrases certaines nuits de cauchemars. Emma est alors rongée par la recherche de vérité sur ses grand-parents qui l’entraîne tout doucement vers la mort si personne n’intervient.
Comment peut-on vivre sans comprendre, ni accepter son passé ? Cette histoire propose un point de vue intéressant et original sur la période de troubles qu’a été celle des camps : celui de la jeune génération et celui des "salauds".
Un récit poignant qui nous laisse perplexe sur l’être humain.

coup de coeur Miriam ou les voix perdues / J. Hoestland. - Syros

Miriam vit heureuse au fond des bois avec sa mère et son père. Mais le malheur commence lorsque sa mère meurt brutalement sous ses yeux. Son père d’abord désespéré surmontera son chagrin grâce à un violon qu’il décide de fabriquer pour retrouver la voix de celle qui les a quittés. Et puis alors qu’il y a de nouveau l’espoir de bonheur, les nazis surgissent et emmènent son père et tous ceux que Miriam aime. Elle sera recueillie par Olga, une vieille ermite qui lui réapprendra à vivre jusqu’au retour de son père. Un livre fort, émouvant et plein de poésie.

coup de coeur L’ enfant à l’étoile jaune / A. Toupet. - Milan. - (Milan Poche Junior)

En 1943, non loin de Berlin, Frida est membre des Jeunesses Hitlériennes. En rentrant chez elle, elle découvre un enfant juif endormi dans les fougères. Son devoir est de le livrer aux autorités ; mais son coeur en a décidé autrement...
Ce roman relativise beaucoup d’idées reçues que peuvent avoir les adolescents sur la Seconde Guerre Mondiale. Ils y découvriront que le peuple allemand n’est pas uniquement composé des SS et que la Résistance y était aussi présente. Avec en outre, une belle histoire d’amitié.

Et aussi... :


coup de coeur L’ arbre à musique / J. Haurogné, F. Lemarque, X. Lacouture ; V. Farges. - Ed. des Braques

Le projet est original et parfaitement maîtrisé : non seulement redonner vie à des chansons populaires – pour la plupart inédites - créées par Francis Lemarque dans les années 1950 mais les intégrer à une histoire qui, loin d’être un simple prétexte artificiel, leur donne une portée encore plus profonde.
Jacques Haurogné et Xavier Lacouture donnent donc la parole à un vieil homme qui se souvient avec tendresse et humour de son enfance pendant la dernière guerre. Alors qu’il n’était qu’un petit garçon qui fuyait avec ses parents parce qu’ils sont juifs, il est confié à une école de campagne. Cette école, dirigée par Mme Jacinthe, accueille des enfants comme lui, qui prennent des noms d’animaux. Il restitue le point de vue de l’enfant ignorant les enjeux de la guerre mais sensible à la peur et aux espoirs. Chaque jour, Mme Jacinthe écoute la radio qui délivre des messages énigmatiques (de vrais messages de radio Londres se mêlent aux messages fictifs). L’enfant, perché dans son « arbre à musique », se réfugie dans les histoires qu’il invente pour échapper à la solitude et aux menaces qui rôdent.
L’album se clôt sur deux doubles pages documentaires, qui permettent de comprendre le contexte historique et d’élucider les allusions que le point de vue adopté dans l’histoire ne permet pas de développer. On peut regretter que, comme dans les autres albums de la collection, le texte des chansons ne soit pas reproduit. On peut cependant consulter le site de Jacques Haurogné notamment. Liste des chansons : Le petit cordonnier ; L’alphabête ; Le crapaud ; La grenouille ; La forêt endormie ; L’arbre à musique ; Le caniche et l’oiseau ; Le merle et le renard ; L’ours ; Un chamois racontait ; Le mille-pattes ; Rosie la marmotte ; Une marguerite ; Plaies et bosses.
Vincent Farges illustre l’album grâce à des pochoirs et des tampons aux couleurs non saturées, en parfaite harmonie avec le caractère elliptique, suggestif et poétique de l’histoire, dans laquelle les enfants sont préservés des violences directes de la guerre dont ils subissent le contrecoup. La fuite avec les parents est représentée par un envol qui fait penser à des figures de Chagall malgré des couleurs plus sombres.
La nature même du projet met en évidence la complémentarité de l’album et du CD. Jacques Haurogné conte avec sensibilité l’histoire. D’une voix chaleureuse, il donne vie aux péripéties, aux différents personnages qu’il joue véritablement. Récit, bruitages, chansons s’enchaînent naturellement. L’interprétation des chansons par Jacques Haurogné et l’accompagnement, au piano par Ezequiel Spucches et au violoncelle par Johannne Mathaly, sont brillants. Jacques Haurogné transforme chaque chanson en de véritables scènes de théâtre. A partir de 7-8 ans et sans limite d’âge.
Une réussite rare récompensée par le Prix Charles Cros.
Critique complète sur le site de Brigitte Lacot

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