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Dernière mise à jour :
dimanche 25 septembre 2016

Mot Clé : Conte




Album(s) :


coup de coeur Au fond des bois / Alessandro Lumare. - Atelier du poisson soluble, 2015

Inspiré du conte traditionnel russe "Macha et l’ours", L’atelier du poisson soluble nous offre "Au fond des bois", un coup de cœur à ne pas rater ! L’album est une réécriture du conte original accompagné des illustrations de l’artiste italien Alessandro LUMARE. Encore une œuvre expérimentale qui marquera, rares sont les illustrations réalisées avec de la mousse, celle de ce plasticien sont uniques.
Au fond d’une marmite ou sur le manche d’une louche, les personnages (une petite fille égarée dans la forêt recueillie par une ourse) sont sculptés délicatement dans une eau de vaisselle enchantée. Le fil du récit glisse sur les bords d’un faitout ou tout au fond d’une cocotte, la batterie de cuisine de l’auteur est magique et sa "popote" est subtile.
Voici l’album d’un cuisinier du rêve et de l’imagination, je vous invite à découvrir son blog et ses multiples actions autour du livre et de l’art réalisées avec les enfants en Italie. Emmanuel Mouchotte

A partir de 4 ans

coup de coeur Le petit chaperon rouge / Cécile Alix ; Anne Crahay. - L’élan vert. - 2015

Mais qu’il est mignon ce petit chaperon ! Bouche rieuse et regard pétillant, l’irrésistible fillette, il faut bien le reconnaître, est à croquer. Le texte de Cécile Alix, délicieusement chantant, se déguste à haute voix. De rimes ("courent petits petons, trottine le chaperon") en alitérations ("il claque des canines"), il allie véritable plaisir de la langue et fantaisie pour captiver immédiatement son petit auditoire.
Les illustrations, d’une belle créativité, jouent sur de forts contrastes, tant celui des couleurs que celui des formes : à la rondeur toute charmante du chaperon s’oppose le museau pointu et acéré du loup. L’animal se fond littéralement dans le paysage, forêt géométrique au sentier "qui tournicote". Même les doubles pages intérieures de la couverture sont ludiques, avec le chemin qui serpente à suivre du bout du doigt.

Le petit plus : un fichier PDF à télécharger sur le site de l’élan vert, qui propose des formes à découper pour reconstituer le petit chaperon rouge, sa maison et un arbre de la forêt. Variante : on peut proposer aussi aux enfants, après découpage, de tracer les contours des formes pour ensuite illustrer eux même les éléments, en créer d’autres, etc.

Un vrai bonheur !

Ewa Bochenski

A partir de 3 ans

coup de coeur Le petit chaperon rouge / Charles Perrault ; Emmanuel Fornage. - circonflexe, 2014

Après Les Fables de La Fontaine, voici un merveilleux petit chaperon rouge ciselé par le magicien du papier Emmanuel Fornage. Trois couleurs : rouge, noir, crème, et une touche de jaune pour la galette. Un jeu d’illustrations évidées avec ces découpes côté textes, qui ménagent l’effet de surprise lorsqu’on découvre le tableau entier représentant une scène du conte, bordée de dentelle. Un travail tout simplement sublime, à mettre entre toutes les mains. Ewa Bochenski

Feuilleter le début

coup de coeur Le loup et les 7 chevraux / Christian Roux. - Seuil Jeunesse, 2015

On se souvient de sa version non édulcorée du petit chaperon rouge en 2007. Le loup noir aux yeux rouges de Christian Roux frappe cette fois à la porte des petits chevreaux. Ses pattes sont griffues, ses dents acérées, mais il saura les dissimuler pour mieux tromper les petits malgré l’avertissement de leur maman. Fidèle à la version des frères Grimm, le récit finit par les retrouvailles en famille et un loup lourd de cailloux, tombé au fond du puits. La couverture est épurée et inquiétante (plus effrayante que le contenu de l’album), les tons jouent sur le contraste vert/rouge, le tout dans un crayonné faussement naîf, réellement abouti. A dévorer ! Ewa Bochenski

A partir de 5 ans

coup de coeur Petit Lapin cherche un ami / Céline Claire ; Aurore Damant. - Chocolat ! Jeunesse, 2012

Petit Lapin s’ennuie dans son jardin et part dans la forêt à la recherche d’ amis. Pour rendre l’aventure agréable il prépare un pique-nique et décide d’inviter ceux qui croiseront son chemin.. Comme sa maman l’a mis en garde contre le loup il reste prudent. Seulement voilà : ne l’ayant jamais vu il ne sait pas à quoi ressemble le dangereux animal. Il propose donc de partager les délicieuses petites choses qu’il a préparées aux inconnus qu’il rencontre mais après être bien sûr qu’il n’a pas affaire au triste sire.
Lorsque l’heure est enfin là ses nouveaux amis arrivent mais la joie de petit lapin sera de courte durée....Le loup ? me demanderez vous. Non pire.....
Une amusante randonnée pour les petits ! Malgré tout elle est réservée aux lecteurs déjà initiés aux personnages des contes parce que toute l’histoire est bâtie sur un quiproquo savoureux à condition de connaître les méchants dans les histoires... Myriam Lemercier

A partir de 4 ans

coup de coeur La Belle et la Bête / Madame Leprince de Beaumont ; David Sala. - Casterman, 2014

"Il y avait une fois un marchand, qui était extrêmement riche. Ses filles étaient très belles ; mais la cadette surtout se faisait admirer et on ne l’appelait, quand elle était petite, que la belle enfant"... la plus belle et la plus douce, qui pour sauver son père accepte le sacrifice de vivre auprès de la Bête, pour un jour s’apercevoir qu’au-delà des apparences monstrueuses se cache une tout autre réalité...
La version de Mme Leprince de Beaumont est la plus fameuse. David Sala l’a choisie avec le projet de s’éloigner totalement de toute illustration connue de ce conte. Sous ses pinceaux jaillit un univers onirique, puissant. En filigrane, l’influence de Gustave Klimt, dépassée par un souffle de modernité graphique et intense.

Illustrateur majeur, David Sala excelle ici dans la représentation de l’imaginaire enfantin mais aussi collectif, car cet album entre en résonance avec l’intériorité de chacun, jeune ou moins jeune. Un chef d’oeuvre. Ewa Bochenski

A partir de 7 ans

coup de coeur Grand Calao et Petit Homme / Carl Norac ; Anne-Catherine De Boel. – Pastel, 2014

Yatèmilou s’affaire. Amoila s’ennuie. Mère et fils vivent près d’un village du Haut-Pays, en Afrique. Pour conjurer l’ennui, Amoila un matin, lance un appel du haut de la grande falaise face au soleil levant. « Et il rentre chez lui. ». Yatèmilou est assise devant son métier à tisser, elle a besoin de sucre, 12 pincées exactement. Amoila court. Il court vers le village chercher le sucre, il court, il est arrêté. Un grand oiseau, ailes déployées, s’adresse à lui : « Il paraît que tu t’ennuies. Va au marché me chercher la Douceur. ».
Respectueux, Amoila s’est agenouillé. Il accepte la proposition. Et si l’esprit de Nommo, un des ancêtres primordiaux, venait le mettre à l’épreuve ? Si c’était la fin de l’ennui ? Grand Calao, imposant, menace encore Petit Homme. Si Amoila échoue, il enverra Yagana la hyène pour lui infliger la douleur. « Chut ! le conte va parler… »

Carl Norac aime les voyages. Cette histoire philosophique et initiatique lui a été inspirée par la culture et l’art des Dogons, peuple de l’Afrique de l’Ouest, lors d’une exposition au musée du quai Branly à Paris. Ce conte, présenté dans un grand format, est à lire à voix haute. Le rythme des mots est dynamique et le suspens qui menace Amoila tient les enfants en alerte. Il les interroge sur leur capacité à résoudre les 3 épreuves subies par Petit Homme, cultive leur curiosité et leur imaginaire, éveille leur écoute.
Les illustrations participent à créer un univers magique et puissant, témoignage de l’intimité de la famille et de la représentation de mythes ancestraux ancrés dans la vie quotidienne. La main de Anne-Catherine de Boel mélange plusieurs techniques (collage, pastel, peinture), c’est magnifique d’expression !
Les enfants seront impressionnés par cette palette de tons chauds, colorés, le dynamisme du dessin et les êtres menaçants qui défient le héros. Petit Homme aura-t-il grandi ? Dans les contes, les épreuves sont rites de passage vers une sagesse plus grande. Les deux artistes le savent bien, eux qui ont réalisé ensemble plusieurs albums jeunesse autour du conte en Afrique (Asha, Akli prince du désert, Le petit sorcier de la pluie). L’auteur Carl Norac est associé pour la littérature à l’évènement : Mons, capitale culturelle de l’Europe 2015. Claire Py

A partir de 7 ans

coup de coeur L’oiseau de feu / Charlotte Gastaut. – Amaterra, 2014

Charlotte Gastaut aime les récits merveilleux qui ont bercé son enfance. Dans L’oiseau de feu, tout est réuni pour nourrir son imaginaire et sa créativité si belle : un héros (le prince Ivan), une poursuite (un oiseau de feu à capturer), un objet magique (une plume d’or), le mal à combattre (Kashkeï le terrible), l’amour à sauver (une princesse prisonnière) ! Elle nous donne la quintessence de son regard posé sur ce conte issu du folklore populaire russe, indissociable de l’œuvre de Stravinsky et cisèle, en une dentelle superbe, des pages au format 33x29cm. Quelques phrases courtes suggèrent l’histoire et laissent toute la place à des illustrations polychromes stylisées et élégantes, magnifiées par l’or. Charlotte Gastaut fait surgir l’âme russe. C’est somptueux ! Claire Py

Pour découvrir l’univers de Charlotte Gastaut, quelques albums très différents représentés sur le site de Croqu’livre :
Les cygnes sauvages, Père Castor, 2014
L’Odalisque et l’éléphant, Hachette, 2014
Les petits cireurs de chaussures, 2011 album/CD chez Gallimard. _ Peau d’âne, Père Castor, 2012
La belle au bois dormant, Thierry Magnier, 2007

A partir de 4 ans

coup de coeur L’ours et les trolls de la montagne / Albena Ivanovitch-Lair ; Nathalie Ragondet. - Père Castor-Flammarion, 2014

Par un jour d’hiver, Olaf le berger trouve un petit ourson perdu dans la montagne. Il le ramène chez lui, le nourrit, l’élève. L’année suivante l’ours est devenu tellement grand et imposant qu’Olaf ne peut plus le garder dans sa maison ! Il décide de l’offrir au roi. Il se met en route la veille de Noël, qui comme chacun le sait, est toujours une nuit un peu spéciale....en chemin, pris dans une tempête, il trouve refuge dans une modeste maison. Ses habitants s’apprêtent à fuir car chaque année à minuit, les trolls viennent dévaliser leur festin de noël. Mais cette fois, grâce à Olaf et son ours, les affreuses créatures vont recevoir une bonne leçon !

On aime ce conte de noël venu du nord, très joliment illustré par Nathalie Ragondet. De l’entraide mais aussi de l’action (il faut voir comme les gougnafiers sont chassés !), et un animal sauvage si doux et si gentil que les enfants grimpent sur son dos. Garanti sans lutins ni père noël ! Ewa Bochenski

A partir de 3 ans

coup de coeur La lune nue / Marie Sellier ; Hélène Rajcak. - Talents Hauts, 2014

Savez vous pourquoi la lune brille chaque nuit comme un diamant ? Vous trouverez la réponse dans ce très bel album. Petite, la lune vivait nue et le jour où elle en a eu assez, elle est allée trouver sa mère, la voie lactée. Celle ci, incapable de rien refuser à sa fille, a convoqué les étoiles afin qu’elle confectionne sa première robe.Mais, bien que superbe, la robe n’a pas résisté à la jeune lune qui n’avait pas fini de grandir. Pas plus la seconde que les suivantes n’ont fait long feu....Seule une grande robe noire informe a finalement fait affaire au grand dam des étoiles et comètes....Seulement voilà notre jolie lune s’est mise tout à coup à mincir tant et tant qu’une fois de plus elle s’est retrouvée nue dans la nuit. Cette fois la lune était devenue assez grande pour que sa mère puisse enfin lui expliquer ce qui se passait et trouver la bonne solution.

Un conte original très bien écrit pour la lecture orale, joliment illustré et recommandé aux enfants à parti de 7 ans. Myriam Lemercier

A partir de 7 ans

coup de coeur Les cygnes sauvages / Kochka ; Charlotte Gastaut. - Père castor, 2014

Une méchante belle mère. Une malédiction. Et voilà onze jeunes princes transformés en cygne. Heureusement, leur jeune soeur ne les a pas oubliés... Un conte aux nombreux périls où dominent les magnifiques illustrations de Charlotte Gustaut. Les habits et les décors sont particulièrement beaux. Des touches de dorés viennent illuminer les pages. Les traits, relativement simples à la base, soulignent en réalité l’idée d’une perfection. Un album qui donne envie de saisir à son tour un stylo pour dessiner ! Au plaisir des yeux, s’ajoute une histoire dense, aux multiples rebondissements, où la ténacité et le courage seront les seules armes de l’héroïne. Un album à découvrir ! Marion Uteza

Elementaire/Collège

coup de coeur Les aventures de la petite souris / Simone OHL ; Sara Cone BRYANT - Editions Memo (Grandes rééditions), 2014

Souricette court après une noisette, jusqu’au logis d’un méchant petit homme rouge qui la fait travailler en la tenant prisonnière. Quand elle pourra s’échapper, ce ne sera pas sans cette noisette. Que contient t-elle ? C’est ce que ce joli livre vous apprendra…

L’histoire de la petite souris curieuse et déterminée est un classique des contes pour enfants. Simone Ohl l’a illustrée en 1947, d’après un texte de Sara Cone Bryant. C’est une très bonne idée d’avoir réédité cet excellent petit album rétro, d’un grand nom de la littérature pour enfants, auteur également du non moins célèbre conte "Epaminondas". Elle a également puisé dans son expérience de conteuse pour donner aux éducateurs des conseils pratiques sur l’art de conter, notamment dans son ouvrage de 1911, "Comment raconter des histoires à nos enfants et quelques histoires racontées". Un personnage important à redécouvrir pour une œuvre toujours présente et vivante dans les rayonnages de nos bibliothèques. Voir toute la collection Merci MeMo ! Emmanuel Mouchotte

A partir de 3 ans

coup de coeur Un amour sucré-salé / Véronique Deroide ; Evelyne Mary. - Lirabelle, 2014

Dans la maison de sel, un petit grand-père en sel et une petite grand-mère en sucre vivaient ensemble, et s’aimaient d’amour tendre. Depuis toujours, on y entend des bisous, des câlins, parfois aussi des chamailles et des éclats de voix... Un jour, Papi Sel et Mamie Sucre se disputent si fort que Mamie Sucre part en claquant la porte. Chacun chez soi, et bon débarras ! Mais voilà qui est plus facile à dire qu’à faire. Véronique Deroide, conteuse, nous offre une belle version bilingue de ce conte libanais très connu, mis en valeur par les collages gris bleu d’Evelyne Mary. Ewa Bochenski

Réédition de l’album déjà paru en 2011.

A partir de 5 ans

coup de coeur Loup un jour / C. Claire ; C. Pollet. - Rouergue. 2014

Avec son pelage noir envahissant la page, le loup s’apparente à une menace pour chacun des personnages croisés. « Mais non ! » Le loup ne fait que subtiliser quelques petites choses à Pierre, au Petit chaperon rouge, aux Trois Petits Cochons et autres animaux rencontrés. Tous sont bien sûr intrigués et suivent les traces de ce loup étrangement clément...
Pas question bien sûr de dévoiler la chute mais cette figure de loup entourée des personnages de contes ne nous décevra pas !
Papiers collés colorés et fourrure dense et sombre se côtoient pour une illustration dynamique qui participe de la tension narrative.
Autre lecture
Les auteurs jouent dans cet album sur la peur du loup. En effet le terrible animal croise chaque jour un personnage de conte traditionnel qui croit sa dernière heure arriver. Surprise il n’en est rien, il se contente de prendre un peu de paille au premier petit cochon, du bois au second, la marmite du troisième, le beurre du petit chaperon rouge...etc....etc. Tous ceux-ci sont intrigués par ce comportement pour le moins étrange et se rendent ensemble dans la tanière pour assouvir leur curiosité. Mais n’est-ce pas prendre un risque ? Car si le loup a effectivement préparé un délicieux dessert il reste un loup comme le titre l’indique...
Petit conseil : à lire à des enfants qui ont déjà quelques petites connaissance des contes classiques mais il est décidément agréable d’être encore surpris par des albums de loups !

coup de coeur Grand’Tante Tigre / B. Chiu ; M. Lee-Diebold. - HongFei. 2013

Une mère s’absente après avoir donné les consignes à ses filles : « Ne laissez entrer quiconque frapperait à cette porte ». Mais les fillettes se laissent abuser et le danger, méconnu et déguisé, pénètre dans la maison....
Ce conte de dévoration, initiatique, originaire de Chine nous invite à reconnaître l’universalité des contes. En effet, cette histoire évoque fortement des contes traditionnels de par ici comme Le loup et les sept chevreaux (le loup abuse de la confiance de plus faibles que lui) mais aussi une version nivernaise du Petit chaperon rouge (loup déguisé en aïeule, l’enfant qui retrouve la liberté par sa finesse d’esprit). Le loup dans ce conte n’est autre qu’une tigresse, très affamée. La peur nous saisit lorsque l’aînée des enfants est dévorée mais la plus jeune ne s’en laissera pas conter !
Cette maison d’édition interculturelle nous présente une sélection de contes asiatiques, à découvrir.

coup de coeur L’ orphelin / A. Grinberg. - Cèdrelune. 2014

Dans ce village tout au bout du monde, les gens ont le cœur dur. Un jeune orphelin est maltraité : rejeté, nié, moqué, battu. « Le petit orphelin restait faible, chétif, peureux. Alors souvent, il allait dans la montagne, pour ne plus voir les hommes. » Seule une vieille femme veille et lui conseille de crier sa détresse au ciel. Le démon du froid l’entend et va l’aider par trois fois. Il extirpe, dans un corps à corps terrible, des petits os de phoque qui l’empêchaient de grandir. « Tu auras alors le pouvoir de changer les choses. »
Parce que l’enfant saura résister et faire confiance au démon, parce qu’il saura ne pas dévoiler son secret, il prendra le chemin de la résilience, loin de la laideur. « Et jamais, jamais il n’oublia de partager son butin avec ceux qui n’avaient rien. »
Anouk Grinberg, par ailleurs comédienne singulière et rare, nous offre une adaptation illustrée d’un conte du Groenland qui ne laisse pas indifférent.

coup de coeur Contes de Suède / J. Bauer. - Corentin

Une sélection de 7 contes du XXème siècle issus du folklore scandinave qui prennent place dans des forêts mystérieuses et sombres, parsemées de tomtes, de trolls et de princesses. Ce recueil de contes, mis en image par l’illustre John Bauer qui nous livre des illustrations à dominantes de gris et de brun, aborde la thématique du voyage intérieur à travers des périples ponctués de trames relevant de la souveraineté, la guerre, l’amour…

coup de coeur Le Roi-Grenouille ou Henri-le-Ferré / J. et W. Grimm ; Sara. - Le Genevrier. 2013

La cadette du roi aime par dessus tout jouer avec sa boule d’or. Elle la laisse tomber dans l’eau si profonde qu’elle ne peut la récupérer. Une grenouille lui propose de la lui rendre en échange d’un peu de compagnie. La fillette accepte et se débarrasse aussitôt de sa promesse. « Celui qui t’aide dans ton besoin, tu ne soit pas le dédaigner ensuite », tance le roi, obligeant ainsi sa fille à rester en compagnie de la rainette. Dans un geste de dégout et de colère, la princesse, croyant blesser l’animal, le libère de son sortilège. Dans le même temps, elle délivre Henry, fidèle serviteur du prince ensorcelé, d’une tristesse infinie.
Conte étonnant où l’amour n’est pas là où on l’attend, illustré par les papiers déchirés de Sara, d’une délicatesse toujours aussi impressionnante.

coup de coeur Le rossignol et l’empereur de Chine / Kochka ; Qu Lan. - Chan-Ok. 2013

« La musique qui coulait de lui semblait venir du paradis. Elle chantait les éclaircies, la lumière après la nuit, le riz qui monte après la pluie ».
Un petit rossignol au plumage grisâtre fait les délices de l’empereur de Chine par son chant mélodieux. Plus de jardin où voler en liberté et siffler les airs du ciel, il sera enfermé dans une cage dorée pour le seul plaisir des gens du palais. Jusqu’au jour où un oiseau mécanique serti de pierres précieuses prend sa place au palais.
Ce conte, adapté du conte d’Andersen, nous chante les louanges de l’espoir et de la liberté à travers une histoire poétique pleine d’émotions, aux illustrations à la fois colorées, douces et détaillées.

coup de coeur Cent grillons : Et autres contes pas piqués des hannetons / H. Meunier. - Rouergue. 2013

Recueil de 7 contes sans dessus dessous : Cent grillons, Le petit chapeau rond rouge, L’étroit petit pochon... Tous les titres nous évoquent des contes bien connus mais les histoires s’en démarquent totalement, incluant des références à d’autres contes moins connus.
Le petit chapeau rond rouge débute ainsi : « En une quinzaine d’années, cet enfant laid et chétif devient l’adulte promis : un nabot parfaitement repoussant et tout à fait rabougri ». Le pauvre homme sauve le village d’un dragon dévoreur de jeunes filles mais n’obtient aucune des récompenses promises.
Une plongée dans l’univers du conte très plaisante, avec une écriture délectable.

coup de coeur Les très petits cochons / A. Villeneuve ; M. Camillieri. - Seuil. 2013

Jambon, Rillette et Lardon prennent leur indépendance et se construisent chacun une maison... Une version du célèbre conte des trois petits cochons qui sont ici extrêmement hédonistes et gourmands. Les personnages sont des figurines photographiées qui évoluent dans un décor de nature ou tout plastique, la nourriture y joue naturellement un rôle omniprésent.

coup de coeur Le changelin ; L’enfant des trolls / P. A. Lindholm, H. A. Nyblom ; J. Bauer. - Corentin. 2013

Un troll, envouté par une petite princesse, l’échange avec sa propre fille. Le couple royal est quelque peu déconcerté par le changement mais s’en accommode. Autant Bianca Maria est délicate et obéissante, autant Svartöga la petite trollesse est irrévérencieuse et tyrannique. En grandissant, toutes deux sont bien étonnées d’avoir des parents si différents d’elles et rêvent de changement...
Toute l’attention du lecteur est tournée vers l’attente du dénouement, il sera diverti en chemin par les scènes cocasses et décalées.
Deux contes nordiques classiques, au style dynamique, illustrés par le suédois John Bauer ; outre celui du changelin, le second, facétieux, voit la victoire d’un jeune « à l’esprit vif » sur un géant cruel.

coup de coeur Boucle d’ours / S. Servant ; L. Le Saux. - Didier. 2013

Soir de carnaval, tout le monde se prépare : Maman Ours opte pour un déguisement de la Belle au bois dormant, Papa Ours, pour le Grand méchant loup, mais il s’étrangle en voyant la tenue choisie par Petit ours : « Moi ze me déguise en Boucle d’ours ! » Aucune des figures viriles suggérées par Papa Ours ne fera faiblir la détermination du fils ! A l’inverse, le grand mâle changera radicalement ses plans...
Les personnages de contes défilent en bouleversant les genres, dans la bonne humeur et la vitalité qu’implique un carnaval ! Et tout, dans l’album (dialogues, expressions de personnages et mise en page) concourt à ce dynamisme libéré de tout préjugé.

coup de coeur Il était une fois... : Contes en haïku / A. Domergue ; C. Hudrisier. - Thierry Magnier. 2013

20 contes en un tout petit format. Le pari est audacieux et réussi : un haïku et un dessin précis à l’aquarelle (par une Cécile Hudrisier méconnaissable), suffisent à distiller tout l’univers, toute l’essence du conte dans un minimalisme exceptionnel de précision, de force d’évocation.
« Porter à sa bouche
une pomme jalouse
parfum de poison
. »
Ou encore :
« Nuit cahotée
sous le poids des matelas
Aïe ! Un pois sournois
 »
Les enfants reconnaîtront les contes les plus connus, pour ceux qui leur résistent, les contes sont listés en dernière page.
Plaisir de la devinette, de la langue, de l’œil -avec ces pages de couleurs différentes, harmonieuses et délicates-, plaisir du conte réinventé...

coup de coeur La chèvre menteuse / E. Calandry ; L. Corvaisier. - Lirabelle. 2013

Attention, conte violent, conte cruel ! Un père demande successivement à ses trois fils d’aller faire paître leur chèvre, seule richesse de cette famille très pauvre. Chacun s’acquitte scrupuleusement de son devoir mais le père, interrogeant la chèvre, préfère la croire quand elle répète qu’elle a mangé « des pierres, des pierres, des pierres »... Pour les fils, la sanction sera radicale : chacun, tour à tour, pendu dans la grange. La vérité finira par éclater, trop tard bien sûr, et le père traquera la chèvre pour lui arracher son dernier souffle.
Un peu de légereté s’immisce dans ce drame, avec l’inclusion d’un autre conte du type de La chèvre Biscornue (la chèvre se réfugie dans un terrier et refuse d’en sortir malgré l’intervention d’autres animaux). Mais la parenthèse est brève.
La violence du mensonge, des assassinats, de la douleur, de la mort n’est éludée ni dans le texte, ni dans les illustrations. Nous arrivons éprouvés à la fin de ce conte populaire ancestral qui « dit le pouvoir de la parole et les dégâts causés par la défiance » (préface de l’album).

coup de coeur La petite fille en rouge / A. Frisch ; R. Innocenti. - Gallimard. 2013

« Les histoires sont comme le ciel : changeantes, imprévisibles et susceptibles de vous surprendre sans protection. » Mais elles ont un avantage sur la vie : elles sont « magiques » et peuvent décliner d’autres fins... C’est ainsi balisée que se raconte l’histoire de Sophia, petite fille en rouge, qui doit porter quelques douceurs à sa mamie. La forêt se dessine, serrée et grouillante, en béton et très urbaine. Il y a les merveilles : musique, magie, mystères ; et les nombreuses tentations. De quoi se perdre en chemin et éprouver le danger... Les dangers plus exactement, indistincts, sourds, angoissants parce que protéiformes.
Mais n’oubliez pas, nous sommes dans une histoire, que nous pouvons maîtriser, peu ou prou... Alors choisissons notre fin (versions de Perrault ou de Grimm), éprouvons notre confiance en l’avenir avec ce conte moderne très réussi dans sa mise en abime, son graphisme très riche et sa capacité à réinventer un conte tellement revisité.

coup de coeur Les trois petits cochons / G. Quarenghi ; C. Carrer. - Cambourakis

Nous sommes dans le conte connu des 3 petits cochons et les personnages eux-mêmes ont connaissance des déboires de leurs ancêtres. Poussés hors de la maison familiale, les 3 petits cochons, « en réalité deux plus un, ou plutôt une : deux cochonnets et une cochonnette » se construisent chacun une maison. Le conte hésite entre trame classique et invention narrative, naturellement portée par la cochonnette ! Face à elle, le loup, encore plus paumé que ses modèles, n’aura aucune chance.
Une adaptation réjouissante à lire particulièrement à voix haute.

coup de coeur Les sept pères / A. Ramsden ; E. Young. - Le Genevrier. 2013

Un voyageur solitaire perdu dans une immensité neigeuse retrouve espoir lorsqu’il trouve une maison isolée, mais éclairée ! Il demande asile au vieil homme sur le seuil et s’entend répondre : « Je ne suis pas le maître de ces lieux. Adresse-toi à mon père. » Réponse qui lui sera faite, à l’identique, à 6 reprises, au fur et à mesure qu’il s’enfonce toujours plus profondément dans la maison. La réponse ultime lui sera faite par « deux minuscules points noirs et brillants », deux petits yeux...
Un conte norvégien des plus intrigants, des plus envoutants, qui remonte le fil des générations pour voir le voyageur retrouver vigueur dans un cycle des âges...

coup de coeur La bonne humeur de Loup gris / G. Bizouerne ; R. Badel. - Didier. 2013

Le loup, d’excellente humeur mais également tiraillé par la faim, croquerait bien un animal. Il aborde ses futures proies (bélier, cochon, mouton, cheval) avec arrogance mais chacune se débarrasse du ballot par une ruse qui abime toujours un peu plus notre loup, très vite mal en point ! Réussira-t-il au final à assouvir sa terrible faim ?
Libre adaptation du conte populaire Le loup perd sa proie, cette histoire à répétition se révèle sans scrupule pour le carnassier. La bonne humeur du loup devient nôtre devant les illustrations désopilantes de Ronan Badel et le texte de Gilles Bizouerne qui invite spontanément à la lecture à voix haute !

coup de coeur Voilà le loup ! / G. Olive ; H. Zhihong. - Chan-Ok. - (Perles du ciel). 2013

« On dit que le loup rôde ; si tu le rencontres, appelle à l’aide, et les villageois viendront te porter secours » C’est avec l’assurance d’être protégé que Yang emmène son troupeau paître dans la montagne escarpée. Mais le doute, et une espièglerie certaine, s’emparent de lui : les villageois viendraient-ils réellement ? Seul moyen de s’en assurer : « Voilà le loup ! Voilà le loup ! » claironne-t-il contre toute nécessité. Ravi de son petit effet, il récidivera le lendemain. Que se passera-t-il à la troisième alerte, réelle cette fois ?
Une réécriture assez fidèle de la célèbre fable d’Ésope, Le Garçon qui criait au loup, illustrée ici avec une belle imagerie chinoise.

coup de coeur Maman est là ! Un conte enchanteur des steppes de Mongolie / I. Ganbaatar ; B. Bolormaa. - Syros

Venu du fond de la taïga, au cœur des neiges éternelles, ce conte de randonnée, originaire de Mongolie du Nord, nous invite au côté d’une maman qui, dans le creux chaleureux d’une Yourte, veille de tout son amour sur le sommeil paisible de son bébé. L’envergure maternelle de cette éleveuse de rennes distille une intensité propre à désarmer tous les dangers, même les plus redoutables… N’en déplaise aux nombreux renards malveillants en quête d’un enfant savoureux à se mettre sous la dent ! Oui, mais… Il reste que la maman doit parfois s’éloigner pour nourrir son bébé. Tandis qu’elle sort de la tente et rejoint son troupeau en entonnant son chant quotidien : « Turlutu ! Tourloutou ! Tirliti ! (...) Donnons plein de bon lait à mon bébé » le renard à l’affût du moindre manquement de la mère, rôde autour de la tente, s’apprêtant à tout instant à bondir sur l’enfant...
De vastes illustrations en pleines pages, dessinées aux crayons pastels, présentent un exotique chassé-croisé entre un félin rusé et une mère louve maitresse de la survie et de l’ingéniosité. Bref, « Maman est là ! » et les enfants pourront s’endormir rassurés.

coup de coeur Les moufles de Petit Chaperon / I. Almagro ; M. Mardones. - Oqo

Chaperonnette se rend chez sa grand-mère mais tout va de travers : il neige, elle a oublié son panier... « C’est bizarre ! dit Chaperonnette (...) Dans mon conte, il ne neige jamais ! » Et le comble : le loup ne se montre pas !
Le conte de dévoration laisse ici la place à une histoire étrange, « bizarre », fantastique. Cette Chaperonnette n’a rien de l’héroïne douce et sage, affiche un visage d’adulte au regard triste et à la moue désabusée. Elle recherche son histoire, en vain, suivie par des créatures improbables qui partagent son incrédulité.
Outre le détournement résolument original, les illustrations proposent un univers en soi avec nombre détails à observer qui invitent à lire et relire l’album pour en saisir toute sa plaisante étrangeté.

coup de coeur .rouge chaperon petit Le / M. Tillet ; M. Cros. - CMDE. - (Dans le ventre de la baleine)

Les séquences narratives du Petit chaperon rouge sont bien là, identifiables, mais sont égrenées à rebours : dévoration de la fillette / confrontation du loup déguisé et de la fillette / dévoration de la grand-mère / rencontre du loup et de la fillette dans les bois / balade dans les bois / dialogues de la mère et du chaperon rouge. Chaque double page de texte alterne avec des illustrations pleine page au trait noir, que viennent éclabousser quelques traces rouges. Ajoutés à cela des dialogues qui distillent une étrangeté légère, que se dispute l’effroi provoqué par la compréhension de détails propres à la version nivernaise, vous aurez un conte qui déroute, surprend et finit par emporter l’adhésion du lecteur, saisi, entre sentiment de familiarité et impression de décalage. Un album à conseiller aux plus grands.

coup de coeur Momotaro / F. Laurent. - Balivernes. - (Petites sornettes)

Momotaro est grand et fort et... fainéant ! Il est banni du village et ne sera autorisé à revenir qu’après avoir chassé les brigands qui sévissent dans la région. Mais comme notre héros est également serviable et généreux, il draine sur son chemin 3 animaux qui l’aideront dans sa mission.
A noter :
- une mise en page particulière pour cet album qui déroule la vie de ce héros du folklore japonais comme une frise : sur chaque double page se succèdent en continu ses différentes péripéties.
- une référence à La Grande Vague de Kanagawa, 1830 ou 1831 - Katsushika Hokusai

coup de coeur La clé / I. Flas ; A. Masson. - Mijade

« N’ouvrez à personne pendant mon absence ! » dit cette mère à ses trois fils en partant faire des courses. Elle n’espérait pas tant d’obéissance lorsque, rentrant sans sa clé, elle leur demande de lui ouvrir.
Sur le schéma du conte Le loup et les sept chevreaux, une parodie moderne et gentiment effrontée sur la vie de famille. De part et d’autre de la porte, nous observons la joute verbale entre les enfants qui jouent au plus fin et la mère excédée et impuissante. Une revanche, si brève soit-elle, sur l’autorité parentale !

coup de coeur Le petit chaperon rouge / P. Galdone. - Circonflexe. - (Aux couleurs du temps)

La collection Aux couleurs du temps est destinée à reproduire les œuvres majeures du siècle dernier, il paraît légitime d’y voir ce Petit chaperon rouge de 1974, de ce grand illustrateur américain Paul Galdone. Son adaptation de la version des frères Grimm est fidèle, illustrée par le trait si reconnaissable de l’artiste, qui oppose avec radicalité l’innocence de la fillette et la sournoiserie du loup. Bel ouvrage classique.

coup de coeur La moufle / B. Villiot ; A. Guilloppé. - Elan vert

Les animaux de la forêt, de plus petit au plus imposant, regagnent le repère douillet d’une moufle abandonnée dans la neige. L’endormissement devient, au fur et à mesure, toujours plus difficile. La fourmi, « minuscule insecte fut l’invité de trop »...
Une belle version de la moufle racontée dans un style alerte bien que rimé. L’alternance des vues extérieur (paysage enneigé) / intérieur (silhouettes blanches sur fond noir) ajoute au dynamisme de l’histoire qui tient jusqu’à la chute originale en deux temps.

coup de coeur Bourricot blues ou les musiciens de la Nouvelle-Orléans / J. Huling ; H. Sorensen. - Le Genevrier

Quatre animaux vieillissants fuient leur maître ingrat et font route ensemble. Cette version des musiciens de Brême déroule la trame des frères Grimm mais possède une vraie originalité : La Nouvelle Orléans se substitue à la ville de Brême et toute la tonalité du livre s’en ressent, avec un champ lexical autour de la musique. Rien ne laisse néanmoins présager de leur futur talent, tant leur voix dissonent : celle du Vieux Bourricot « geignait comme un accordéon dégringolant un escalier » ; celle du Chat Borgne « gémissait comme un violon joué avec un couteau ». La conteuse Muriel Bloch a adapté le texte américain, narration et dialogues invitent spontanément à une lecture à voix haute.
Les huiles sur toile d’Henri Sorensen couplées aux silhouettes découpées des animaux rajoutent à l’expressivité de cette histoire qui voit les animaux malmenés prendre leur revanche sur la vie.

coup de coeur Le Petit Chaperon bleu / G. Risari ; C. Pollet. - Le Baron perché

La fillette de cet album doit aller porter un panier à sa grand-mère en passant par les bois... Elle est vêtue d’une pèlerine... bleue. Vous ne serez pas étonnés de savoir qu’elle rencontre le loup mais ne vous imaginez pas en terrain connu. Car cet album ingénieux mêle très habilement univers réaliste et contes traditionnels, texte et illustrations brouillant tour à tour les pistes. L’histoire s’inscrit dans un contexte urbain, contemporain, quotidien, appuyé par des notes de bas de page explicatives ; mais les contes s’immiscent -et alors les notes disparaissent- rendant les frontières poreuses pour le plus grand plaisir du lecteur qui se laisse emporter. La belle au bois dormant, Cendrillon, La princesse et le crapaud et autres personnages merveilleux sont convoqués dans les jeux de notre chaperon bleu et son loup, bien assez volontaires et téméraires pour clôturer, à leur façon, leur propre conte. Une histoire en abyme jubilatoire.

coup de coeur Mille petits poucets / Y. Autret ; S. Serprix. - Grasset

Le livre, dans sa maquette, est de facture classique, jouant avec les formulations d’antan (le livre est écrit par sieur Yann Autret), les chiffres romains en guise de date d’édition, et la typographie idoine ; les pages de garde reprennent le début du texte original du Petit Poucet de Charles Perrault. Tout est fait en somme pour être « dans l’esprit du temps ». Cependant une fois entré dans l’album, on découvre un conte détourné à la dimension très actuelle. Le texte prend en effet une résonance toute particulière en ces temps de “crise” mais loin d’aggraver l’aspect dramatique du conte, elle en modifie l’issue de façon généreuse et solidaire. Le Petit Poucet, dans une dynamique collective et optimiste, est rejoint par des milliers d’enfants. La forêt n’a plus rien du caractère angoissant qu’on lui confère généralement dans le conte, elle devient force vitale rassembleuse. Une alliance intelligente et réussie entre tradition et modernité.

coup de coeur Peau d’âne / C. Perrault, Kochka ; C. Gastaut. - Père Castor-Flammarion

Quel funeste souhait fit cette mère, avant de mourir ! En demandant à son mari de ne se remarier qu’avec plus belle et plus sage qu’elle-même, imaginait-elle ce qui pourrait advenir ? Lié par ce serment, le roi tombe bientôt amoureux de sa fille. Elle échappera à cette union contre nature en fuyant, camouflée par la peau d’un âne très spécial. La princesse devient souillon...
Le conte de Charles Perrault est adapté clairement et fidèlement par Kochka, et mis en images, très léchées, par Charlotte Gastaut.

coup de coeur Les poulets guerriers / C. Zarcate ; E. Balandras. - Syros

« Il était une fois des poulets adolescents décidés de partir sur le sentier de la guerre !… ». De vrais mâles, farouches guerriers qui ne veulent pas s’embarrasser du minable poussin qui s’obstine à les suivre… Et pourtant c’est lui, le petit, qui parviendra à mettre en déroute le terrible ennemi. Un texte simple, mais attachant (c’est celui d’une vraie professionnelle du conte) et à chaque page des illustrations véritablement cocasses pour raconter cette fable africaine sur le triomphe du faible sur le mépris du fort.

coup de coeur Le conte du Genévrier / J. et W. Grimm ; G. Rapaport. - Le Genévrier. - (Ivoire)

« Ma mère m’a tué ;
Mon père m’a mangé ;
Ma sœurette Marlène
A pris bien de la peine,
Pour recueillir mes os jetés
Dessous la table, et les nouer
Dans son foulard de soie
Qu’elle a porté sous le genévrier. »
Ce leitmotiv révèle toute la violence de ce conte méconnu et terrible illustré, avec la densité ad hoc, par Gilles Rapaport. La marâtre jalouse et infanticide, le père inconscient de ce qui se trame, la sœur bouleversée qui se croit meurtrière, la culpabilité constante... la tension dramatique ne faiblit pas avant l’issue apaisante quoique vengeresse.
L’ouvrage grand format inaugure cette nouvelle collection « Ivoire » qui « proposera un choix de textes patrimoniaux mis en images par des illustrateurs de talent. » Avec ce premier titre, l’éditeur tient ses promesses de façon remarquable.

coup de coeur Le chêne de la truie qui file / P. Barbeau ; A. Ciosi. - Atelier du poisson soluble

Grandbenêt est aussi gentil qu’il est sot et les villageois ne se privent pas pour exploiter sa bêtise. Ils aiment à lui confier des missions impossibles, pour le simple plaisir de berner cet homme qui ne refuse jamais de rendre service. Lorsque débarque un étrange vieillard cherchant une truie capable de filer une armure de soie, les villageois l’envoie derechef vers Granbenêt qui accepte le challenge.
Un conte merveilleux qui redouble d’étrangeté avec les illustrations d’Amandine Ciosi, sans concessions pour les villageois moqueurs. Mais les idiots ne sont évidemment pas ceux annoncés !

coup de coeur Le petit chaperon rouge / C. Perrault ; L. Arickx. - Actes Sud

La version de Charles Perrault, moralité comprise, est illustrée par Lydie Arickx, artiste peintre et sculptrice qui publie pour la première fois en jeunesse.
Petite figure fragile et mal assurée, ce petit chaperon rouge est noyé dans les lavis noirs qui représentent à la fois la forêt et le loup. Quelques feuilles calque, avec la silhouette tranchée du loup, viennent ponctuer l’histoire implacable, rappelant la menace et contrastant avec les dessins plus diffus.
Les peintures restituent, dans un format à l’italienne, toute la violence du conte, de façon brute et primitive.

coup de coeur Plupk / O. Douzou ; N. Fortier. - Rouergue

Plupk est captivé par l’histoire du Petit Poucet au point de se demander si ses parents sont pauvres et s’ils vont le perdre dans la forêt. Il décide alors d’aller ramasser des cailloux blancs, mais il se perd en chemin... C’est alors le début d’une aventure à travers l’univers des contes et l’imagination d’un petit garçon qui n’est pas aussi malin que le Petit Poucet.
L’illustration ne suit pas toujours le texte de façon linéaire mais participe à l’atmosphère, parfois inquiétante, parfois drôle et absurde, qui s’en dégage. Elle enrichit l’histoire en faisant apparaître des figures, issues des livres pour enfants, qui ne participent pas directement à l’action.
Autre lecture
Plupk aime tellement le Petit Poucet qu’il en vient à voir sa vie à l’aune de ce terrible conte. Ses parents vont-ils également l’abandonner ? Il doit vite récolter quantité de petits cailloux… Voici Plupk parti dans la forêt, ou serait-ce plutôt dans ses songes ? Aux nombreux indices de l’illustration et à le voir converser avec un caillou, le doute est permis… Plupk lui-même se perd, mêlant le réel, les préoccupations matérielles, à son rêve, en signifiant ainsi sa fin. Retour au réel, partiellement tout du moins.
Un conte détourné très référencé, notamment dans l’illustration qui transfigure chacun des personnages en héros de littérature (Pinocchio, Fifi Brindacier …). Et qui n’hésite pas à dérouter son lecteur. Quoi de plus normal, dans une histoire de Petit Poucet, que de chercher son chemin…

coup de coeur Des loups... et des hommes / S. Khalatbaree ; S. Maasoumian. - Ane bâté

Petit loup est las d’être un loup de conte. Terrifier tout le monde, encore et toujours, est un travail très répétitif. Dorénavant, il souhaite vivre dans le monde des humains : il aimerait raconter des histoires aux enfants plutôt que d’en être le personnage. Le voici donc parti à la rencontre d’humains et on ne peut pas dire qu’ils lui offrent des relations tellement plus sereines...
Une histoire traduite du persan totalement imprégnée de l’univers du conte, remarquablement illustrée par Farideh Khalatbaree, qui, dans une forte densité de couleurs, de formes et de textures, exprime le sentiment d’étrangeté, puis l’effroi d’un loup qui découvre le monde réel. Des créatures aux yeux et dentition distordus hantent ce monde hybride. Finalement, être un personnage de conte a bien des avantages...

coup de coeur La drôle de maladie de p’tit bonhomme / P. Delye ; I. Bonacina. - Didier

Qu’ils sont agaçants tous ces adultes, avec leur sourire en coin et leur mine entendue ! Pourquoi ne veulent-ils pas dire à P’tit Bonhomme la cause de son désarroi, de son tourment, de son chamboulement ? Paraîtrait que c’est à lui seul de découvrir ce secret qui l’habite...
Récit mené tambour battant, illustrations de concert, dans une belle énergie qui trouvera son paroxysme dans la réunion de deux P’tits bouts !

coup de coeur Le dragon d’étoiles : un conte tsigane / J.-J. Fdida ; R. Lejonc. - Didier. - (Contes du monde)

Ianos, jeune tsigane volontaire et déterminé, fera le tour de la terre s’il le faut pour combattre le dragon à trois têtes qui a avalé les étoiles et la lune, et ainsi ramener la lumière sur Terre. Créatures et objets magiques aideront Ianos dans sa quête, avec en filigrane un précieux conseil : « Tout ce qui brille n’est pas d’or. »
Quel panache, quel souffle traversent ce conte tsigane ! Il y a bien entendu le texte de Jean-Jacques Fdida avec son style et ses formules qui font mouche (« Et allez ! Marche, marche, tsigane ! Ton pas fait du bien à la terre »). Et puis les illustrations de Régis Lejonc, entre réalisme (la mamie édentée, le cheval squelettique) et fantastique (le taltos, le dragon)...
Un héros fier, une langue forte pour un conte de résistance et d’optimisme.

coup de coeur L’ Enfant-Phoque / N. Heidelbach. - Les grandes personnes

C’est toujours un plaisir de retrouver l’univers de Nikolaus Heidelbach, étrange, décalé. A la fois doux et dérangeant.
Le narrateur de l’histoire est un petit garçon, fils de pêcheur. Avec sa maman, il découvre l’univers sous-marin, qu’elle lui dépeint inlassablement. « Mais comment maman pouvait-elle savoir tout ça ? » La réponse se trouve-t-elle dans sa disparition, un beau matin ? Et cette disparition a-t-elle un lien avec sa découverte, la veille, d’une peau de phoque ? Ce qui est sûr, c’est que la disparition de la mère n’est pas du tout anxiogène, qu’elle participe juste d’un mystère qui fait partie intégrante de la vie de cet enfant-phoque.
Le lecteur pourra lire et relire à l’envi cet album initiatique envoutant aux confins de l’univers du conte.

coup de coeur Hansel et Gretel / Grimm ; S. Schenker. - Minedition

L’histoire terrible d’Hänsel et Gretel, abandonnés dans la forêt par leurs parents en extrême pauvreté, qui n’ont plus les moyens de les nourrir. La forêt, l’épreuve de la sorcière, la fuite... les retrouvailles heureuses avec le père... L’histoire est connue mais cette version est remarquable dans son graphisme qui marie ombres chinoises, feuilles de calques, illustrations aux textures magnifiques et collages. Pages noires et couleurs chaudes alternent, pour souligner les nœuds dramatiques de ce conte classique qui se dévoile, comme neuf, à nos yeux. L’enchantement se poursuit sur le site de l’artiste.

coup de coeur La jeune fille muette / M.-E. Thiry ; K. Le Pabic. - Lirabelle

Trois amis se lancent un pari : celui qui obtiendra les faveurs d’une magnifique jeune fille inaccessible gagnera la moitié de tout ce que possèdent les deux autres. Le prince, avec ses riches cadeaux, échoue. Le fils d’éleveur, accompagné de musiciens, ne reçoit pas davantage de réaction. Quant à Sönam, fils de forgeron, il observe et remarque l’insondable tristesse de la belle Dikyi Dolma. Il en comprendra les raisons et la sortira de son mutisme.
Les collages de papiers fibrés se superposent et donnent une épaisseur à l’illustration tout en soignant les détails. Une belle entrée en matière que ce conte empreint d’espoir qui nous ouvre les portes de la culture tibétaine, de la réincarnation.

coup de coeur Perdu ! / A. Brière-Haquet ; O. Philipponneau. - Memo

Chaque jour de la semaine, on emmène ce petit bonhomme se perdre dans la forêt. Chaque jour de la semaine, le petit bonhomme sème des fraises des bois, des bonbons au miel, des petits pois... qui se volatilisent chaque fois ! Forcément, « Pour retrouver mon chemin, ça m’a pris jusqu’au lendemain »... S’il avait pris la peine de lire certains contes...
Un texte à répétition qui passe en revue les jours de la semaine et les couleurs et se joue, avec bonheur et en rimes, des contes classiques. Les gravures sur bois d’Olivier Philipponneau alternent pages noires et blanches, accentuant la randonnée.

coup de coeur Boucle d’or et les trois ours / O. Douzou. - Rouergue

Olivier Douzou jongle avec les chiffres pour illustrer un des contes classiques les plus connus et exploités dans la littérature jeunesse. Grâce à cette ingénieuse trouvaille, le lecteur va de surprise en surprise au fil des pages et s’amuse énormément à déchiffrer le conte. Il y a bien entendu les images : Boucle d’Or est au commencement : 0 ; ours est 3, les chaises malmènent des 4... Puis il y a le texte, dont les mots sont musique, grâce notamment au zozotement de petit ours, lui aussi quelques fois traduit en chiffre : « Quelqu’un 7 à 6 sur ma 16 et l’a toute cazée, pleura petit ours 13 en colère. »
Le tout est vivant, avec seulement quelques couleurs rouges et noir, et en mouvement. Une version indispensable dans toutes les bibliothèques !

coup de coeur Le Petit Chaperon rouge / C. Perrault ; T. Dedieu. - Seuil

Thierry Dedieu illustre le texte de Charles Perrault à la manière d’une toile de Jouy (personnages et cadre bucolique). Le décor est en crayonné noir et ocre, les personnages se démarquent et s’animent par la couleur -chacun la sienne- et les expressions terribles. L’issue qui est celle de Perrault est rendue plus violente encore par l’absence de la moralité. L’illustrateur veut-il épargner le lecteur ou le laisser imaginer le pire : il lui montre, plutôt que la scène finale, les spectateurs du drame : des chouettes, saisies, sur une toile de fond qui s’est drapée de rouge...

coup de coeur Les trois petits cochons / R. Méndez, H. Bansch. - Oqo

Une adaptation classique des trois petits cochons dont l’illustration, toute en matières -collages et crayonné- renforce le schéma du conte : les maisons en paille, bois et briques se désintègrent ou résistent et les trois petits cochons, unis, vaincront le loup !

coup de coeur Contes nomades du monde entier / Choisis par C. Gendrin. - Rue du monde

Ils proviennent d’Algérie, de Sibérie, du Sahara, d’Amérique du Nord, du Kirghizstan, de Mauritanie, de Mongolie, et de “tsiganie” bien sûr ! 18 contes nomades recueillis par la conteuse Catherine Gendrin et illustrés par 9 illustrateurs, qui parlent de liberté, de dépouillement, d’hospitalité, d’amour, de conquête, de mort...
De belles visions de la vie ou des leçons plus graves, dans un style très vivant. Un beau recueil.

coup de coeur La princesse au petit pois / H. C. Andersen ; E. Dulac. - Editions Corentin

On aime les éditions Corentin pour la belle facture de leurs ouvrages qui allient textes classiques et illustrations d’artistes tel que Arthur Rackham, Kay Nielsen...
C’est Edmond Dulac qui illustre ici les contes d’Andersen, des plus connus (La princesse au petit pois, Le rossignol, Les habits neufs de l’empereur), aux moins courants (Les jardins du paradis).
La force de l’oralité -avec une traduction de Louis Moland- est appuyée d’illustrations qui sont comptées mais très fortes et restent gravées dans les mémoires (ah ! ce lit aux matelas empilés...). Un livre de référence.

coup de coeur La belle au bois dormant / C. Perrault ; O. Desvaux. - Milan. - (Albums classiques)

L’histoire de la Belle au bois dormant est connue, très connue. Beaucoup moins dans sa version intégrale qui va au-delà du mariage heureux et révèle l’ogritude de la mère du prince.
C’est un plaisir de retrouver le texte d’origine de Charles Perrault, illustré ici par les grandes peintures d’Olivier Desvaux qui lui donnent toute sa densité dramatique.

coup de coeur Le camion frontière / J.-Y. Loude ; F. Malaval. - Vents d’ailleurs

C’est un camion qui, même s’il est cloué au sol depuis longtemps, est un lien entre les territoires du Nord et la zone Sud. Il est resté là, malgré la construction du mur qui sépare les Uns des Autres. Et c’est ici que Primo du Nord et Tima du Sud se retrouvent, deux enfants censément ennemis mais réellement plus enclins à se raconter des histoires. Dans un dialogue spontané qui adopte la structure d’un conte traditionnel asiatique, ils mettent en scène le procès de l’homme. Le raisonnement est implacable, la sentence, sans appel. A cela près que ces enfants refusent la fatalité !
Techniques mêlées de gravure, dessin et papiers collés, l’illustration de Françoise Malaval appuie le propos de Jean-Yves Loude dans la démonstration de la cruauté de l’homme mais surtout dans le possible espoir que représentent les enfants. A « tant de siècles d’inconscience » vont se succéder des lendemains de vigilance et d’exigence !

coup de coeur Le petit chaperon chinois / M. Sellier ; C. Louis. - Picquier

Si l’on reconnaît bien la trame du petit chaperon rouge, elle diffère en cela que c’est la grand-mère qui vient rendre visite à ses trois petites filles. Interceptée par le loup, elle se fera dévorer. Les 3 fillettes, bien que méfiantes, ont maille à partir avec le loup rusé.
Le texte, nourri d’onomatopées et ponctué d’idéogrammes chinois, est magistralement complété par une illustration en papiers noirs ciselés sur fond rouge qui se déploie en accordéon.

coup de coeur Liu Chan et la carpe sacrée / M. Piquemal ; Q. de Castelbajac. - Ricochet

En mettant une carpe dorée dans le tronc d’un arbre rempli d’eau, ce vieil homme malicieux ne se doutait pas de la portée du tour qu’il a joué. Tout ce qu’il imaginait, c’était l’étonnement des villageois. Mais lorsqu’il revient quelques temps plus tard, il est estomaqué de voir la tournure qu’a prise sa petite facétie : une folie idolâtre s’est emparée de tout le village, et bien au-delà !
L’album commence comme une farce mais accumule les piques contre les hommes et leurs croyances souvent irraisonnées.

coup de coeur L’ ourse des neiges / J. Morris. – Gautier Languereau

« Au commencement des temps », hommes et animaux « possédaient un esprit, une âme. »
Ce conte du grand Nord dit l’histoire d’un ourson qui, volé par le corbeau, se transformera en bébé et sera recueilli par une famille humaine. Sept années passeront avant que le corbeau, figure trouble du conte, mette l’enfant sur le chemin des ours. Cet enfant, à la filiation humaine et animale représente la symbiose, l’harmonie et nous en montre la fragilité. Il incarne la sagesse qui devrait être nôtre face au vivant.
Les illustrations pleine page de ce grand format nous plongent dans l’univers du grand nord et offrent de beaux portraits d’animaux.

coup de coeur La soeur du Soleil / B. Nakhjavani, S. Thommen. - Actes Sud

La lune est amoureuse et succombe aux charmes d’un de ses courtisans. Son frère le roi Soleil vient à l’apprendre et entre dans une fureur vengeresse... Un conte étiologique qui imagine le cycle de la lune sous le prisme de l’amour, la jalousie et la violence.
On retrouve l’association de ces auteurs que l’on avait déjà appréciés dans La fleur du mandarin. Les illustrations de Sandrine Thommen sont saisissantes, dans les contrastes, l’harmonie des couleurs et la délicatesse des traits.

coup de coeur Le Petit Chaperon rouge ou la Petit Fille aux habits de fer-blanc / J.-J. Fdida, R. Lejonc. - Didier

Pour cette version du Petit chaperon rouge, Jean-Jacques Fdida s’est inspiré de contes de tradition orale précédant la version de Perrault : conte nivernais de 1870, conte tourangeau de 1885 et même un texte du 11° siècle... La petite fille habillée d’un manteau d’écarlate se rend chez sa Grand et ruse pour échapper au loup. Adaptation plus crue et plus directe avec une illustration à l’unisson qui donne à voir la jeune fille en pleine scène d’effeuillage, puis nue. Surprenant, déroutant, de quoi redécouvrir ce conte qui inspire encore et toujours.

coup de coeur Rouge / S. Sauzay. - Au lion passant

Une version très personnelle et graphique du Petit chaperon rouge par la peintre Sophie Sauzay. Dans un livre accordéon cartonné et sans texte, la célèbre figure de conte se trouble et se mêle à celle du loup. Le chasseur, lui, est toujours là...

coup de coeur Comment le chagrin vint au monde / G. Bizouerne ; F. Teyssèdre. - Seuil

Conte étiologique d’Afrique centrale, construit en randonnée, qui pointe la cause originelle du chagrin sur terre. Une chèvre a perdu ses 2 chevreaux, “l’un est mort de trop (manger), l’autre de peu”. Elle ne put se consoler de cette douleur qu’en confiant sa peine à une fillette, qui elle même la transmit à sa nounou qui ... La peine fut en fin de compte dispersée sur les chemins. Les hommes qui les empruntent s’en imprègnent, “poignée de trop, poignée de peu”.
Le chagrin fait désormais partie de notre vie d’humain, heureusement soulagé par la solidarité qui permet de porter, bercer, emprisonner, supporter la peine.

coup de coeur Histoire de Petit Paul Poltron le Forgeron / F. Mounier ; D. Henon. - Ane bâté

C’est un album décalé, à bien des aspects. Un album qui se déroule en pays des pots et des cruches. Où l’on finit la tête à l’envers à force de parcourir la terre. Où le héros n’est rien moins qu’un Petit Paul poltron, qui, du haut d’une montagne, peut se féliciter ainsi : “Si je n’étais pas parti ce matin, je serais maintenant aussi rétréci, aussi rabougri que mon village.”
L’illustration n’est pas en reste côté décalage : si le décor et les corps sont dessinés, les têtes de tous les personnages sont des photographies des auteurs et autres membres de la compagnie Faction Mauricette aux œillets, aux grimaces outrancières.
Humour absurde et déjanté assez jubilatoire pour peu qu’on entre dans cette histoire, aux faux airs de conte traditionnel, de pauvre hère et de princesse.

coup de coeur Ti poucet / S. Servant ; I. Green. - Rue du monde

Ce petit poucet là s’est affranchi de la tradition. Il vit seul en ville, avec ses 3 cailloux en guise de miettes de pain. Victime toute désignée de l’ogre, il saura, là comme dans le conte, sauver sa peau.
Le conte détourné aux accents psychanalytiques explore le thème de la résilience ; si tout le début du texte joue sur les codes du conte, la fin elle aurait gagné à être moins explicite. Les illustrations d’Ilya Green réussissent ce paradoxe d’exprimer des sentiments très contrastés -gravité, douceur, violence- dans une parfaite harmonie des couleurs.

coup de coeur Mangée, mangée / M. Enard ; P. Marquès. - Actes Sud

Tout est en place pour un conte de dévoration : une jolie petite fille désobéissante, un loup, un chasseur. Oui, mais nous ne lisons pas le petit chaperon rouge : le loup est une louve, le chasseur, un “boucher chasseur”, et il y a une poupée, double raisonnable de l’enfant, qui veille. Alors, si l’auteur et l’illustrateur jouent bien avec nos peurs, nous pouvons nous raccrocher à l’humour et la poésie qui traversent tout le texte pour explorer ce “conte balkanique et terrifique”.

coup de coeur La fleur du mandarin / B. Nakhjavani ; S. Thommen. - Actes sud

Le mandarin n’aura de repos qu’après avoir trouvé cette fleur si délicieusement odorante qui sublimera définitivement son jardin, “l’un des plus beaux jardins du monde.” Quête obsessionnelle. Sera-t-elle couronnée de succès ?
Les illustrations, splendides, jouent sur la répétition des motifs et les couleurs tendres. De quoi apporter un peu de douceur à ce conte philosophique un brin cruel !

coup de coeur Le prince des marais / R. Soulières ; Q. Gréban. - Les 400 coups. - (Bande rouge)

L’histoire commence là où d’autres se seraient achevées. Le prince et la princesse se sont trouvés et vivent ensemble, dans une environnement luxueux et magnifique. Mais ici, pas de “Ils vécurent heureux”, le prince se morfond, la princesse avec. C’est qu’il fût grenouille avant le baiser fatidique avec sa dulcinée et aujourd’hui, les siens lui manquent. Face au désespoir de son bien aimé, la princesse, dans un geste d’abnégation totale, lui rend son apparence. Et se retrouve bien seule...
Les codes du conte sont changés mais le message est sauf : par-delà les épreuves, l’amour triomphe. Mais pour cela, c’est au tour de la princesse de renoncer à son apparence. L’amour exigerait-il d’amputer une part de soi-même ?

coup de coeur Un petit chaperon rouge / M. Leray. - Actes Sud

Crayonné noir pour le loup, rouge pour le petit chaperon, le tout sur fond blanc dans un petit format allongé. Même opposition des couleurs pour le texte. Le dialogue s’amorce, on connait le couplet. Sauf qu’ici, la fillette se révèle particulièrement sûre d’elle. Arrogante même.
Dans cette version revisitée du célèbre conte, sobriété du trait et expressivité maximum. Mais, pour sûr, l’époque n’est plus ce qu’elle était !

coup de coeur La p’tite ourse / F. Collet ; L. Morali. - Naïve

Conte étiologique sur la naissance de la constellation de la Petite ourse, inspiré des récits des peuples premiers. Une petite fille abandonnée dans le froid polaire est recueillie par un ours. Devant les interrogations de la fillette, l’ours entame un voyage pour découvrir ce qu’il advient des étoiles mortes. Quand l’être humain est en symbiose avec le monde, qu’il vit au rythme de la terre et du ciel...
L’album est accompagné d’un DVD mis en musique par Titi Robin. Le film d’animation renforce l’impression d’immensité d’un univers englobant.

coup de coeur Les aventures de Goopy & Bagha & autres histoires du Bengale / U . Ray, S. Ray et S. Ray ; L. G. Chakrabarty. - Chandeigne

Cet ouvrage est un hommage à trois hommes d’une même famille, les Ray, dont le plus connu est un grand cinéaste : Satyajit Ray. Il s’agit de 3 contes, illustrés magnifiquement par Lydia Gaudin Chakrabarty, trois histoires très différentes, entre féérie, humour et sagesse pour un plaisir partagé du conte indien. Cerise sur le gâteau : le cinéaste a adapté au cinéma, en 1968, le texte de son grand-père, que nous pouvons visionner grâce au DVD inclus dans ce recueil.

coup de coeur Sssi j’te mords, t’es mort ! / P. Delye ; C. Hudrisier. - Didier

Pierre Delye réinvente la fable avec des mots et des expressions contemporaines et un langage néanmoins soutenu. Pourtant rien d’ennuyeux dans cet album, au contraire ce conteur de grand talent compose avec les expressions, place de façon inattendue et drôle des adjectifs dans les phrases, s’amuse avec les personnages plus insupportables les uns que les autres.
Le texte est fait pour être lu à haute voix afin d’en déguster toute la saveur. Les illustrations sont à la hauteur et appuient encore l’effet comique des situations. Impossible d’échapper à un éclat de rire à un moment ou à un autre. Coup de cœur pour ce livre qui s’adresse aux enfants à partir de 5 ans et jusque très très tard.
Autre lecture
Ambiance testostérone dans la savane. “C’est moi le plus fort”, susurre le serpent ; “Je suis le plus fort”, ergote le lion. Tantôt craintifs, tantôt rebelles, les animaux pris à témoins ne départagent pas les deux fanfarons.
Cette histoire à répétition ne bousculera pas l’ordre établi. Mais dans le langage tantôt châtié tantôt familier, dans les illustrations ô combien expressives et dans la fin irrévérencieuse, elle apporte un joyeux souffle facétieux.

coup de coeur La pie, le tigre et le lapin / Ji-hyun Lee ; Suk-won Sa. - Passage piétons

Voilà ce que c’est de rendre service : le lapin tire la pie d’un mauvais pas et se retrouve avec le tigre sur le dos ! La situation est périlleuse mais le lapin a plus d’un tour dans son sac...
Conte coréen qui voit le plus faible l’emporter sur le féroce. Le propos n’est pas tendre, l’illustration pas des plus léchées, le tout est enlevé et assez réjouissant !

coup de coeur Bou et les 3 zours / E. Valentin ; I. Green. - L’atelier du poisson soluble

C’est une histoire que l’on connaît par cœur - celle d’une petite curieuse qui se perd dans la forêt et s’incruste chez les 3 ours- mais qui se raconte ici avec une fraîcheur totalement inattendue, grâce à la langue, très libre, d’Elsa Valentin. Elle nous concocte un joyeux mélange de mots-valise, de néologismes, de mots aux consonances poétiques, avec des accents de langues étrangères ; le tout dans des expressions tour à tour enfantines, familières et même soutenues... On s’habitue très vite et l’on prend plaisir à ce jeu de langage -appuyé par une structure répétitive- qui invite spontanément à une lecture à voix haute.
L’illustration n’est pas en reste : Ilya Green qui nous avait habitués avec Olga, au trait noir épuré, manie ici avec brio les couleurs à la fois vives et profondes dans une juxtaposition de formes qui donne une densité incroyable à la forêt. Que dire de Bou... Avec ses grands yeux clairs, elle passe de l’émerveillement à la frousse mais meurt d’envie, malgré tout, “de retourner viser les zours”. Et nous de replonger dans cet univers délectablement dépaysant.

coup de coeur Ogrus : histoires à digérer / G. Kocjan ; P. Comis. - Atelier du poisson soluble. - (En queue-de-poisson)

Dans ce recueil de contes modernes, l’ogre est tantôt celui qui incarne, tantôt celui qui révèle les pires travers chez l’homme. L’auteur, ogre lui-même - cela va de soi- nous présente une vision du monde drôle, cruelle et sans concessions. De quoi nous interpeller, nous interroger sur notre monde et nous inviter à changer la donne.
A travers le style de Grégoire Kocjan, on perçoit l’expérience de l’homme de scène (acteur éminent de la Compagnie Badabulle) qui sait s’adresser à son public. Il n’est pas rare que le lecteur soit pris d’un éclat de rire au détour d’une phrase.
Malgré le format étroit du recueil, les personnages imposant des illustrations maintiennent bien l’ambiance de l’ogritude si redoutée des enfants.

coup de coeur Pierre et le l’ours / O. Douzou ; F. Bertrand. - MeMo

Album cacophonique ! D’entrée de jeu, c’est un oiseau qui gazouille, des chasseurs qu’on ne voit pas mais qu’on entend et Pierre, qui chante. Quelque chose comme po po po polo... Qui dit Pierre, dit le loup, qui sera vite neutralisé. Vous aurez reconnu le conte de Prokoviev, assez fidèle jusqu’à l’arrivée de le l’ours... qui bouffe tout ce qui bouge, y compris l’improbable Sophie la girafe... Tout ce petit monde se retrouve avalé dans le ventre de la bête. Grand-père tente de percer des trous pour s’échapper... c’est la grande Ourse qui apparaît ! Le l’ours deviendra le théâtre de leur vie dans une mise en abîme vertigineuse et délirante...
On entrera ou non dans cette joyeuse divagation, allégorie d’un monde où l’on se dévore à l’envi.

coup de coeur Pourquoi le tigre ne grimpe pas aux arbres / C. Zarcate ; H. Zihong. - Seuil. - (Petits contes du tapis)

Cette collection créée fin 2006 nous apporte encore de belles surprises, surtout au niveau de l’illustration. Ici, les somptueuses peintures de l’artiste chinoise He Zhihong occupent avec force la double page grâce à la délicatesse du trait et des couleurs. Pour ce qui est du texte, sur la page à part qui fait le principe de cette collection, il s’agit d’un conte étiologique où l’on découvre comment le chat, très semblable morphologiquement au tigre, s’en distingue par son intelligence.

coup de coeur P’tigars-P’tidoigt / Alexandre Afanassiev ; E. Beck ; F. Morvan, A. Markowicz (trad.). - Memo

Conte traditionnel russe d’un p’tigars né du doigt de sa mère. La traduction est ici très moderne, elle a su rendre le style, oral, très dynamique. Les péripéties s’enchaînent, P’tigars mène le jeu, et l’on ne s’ennuie pas une seconde. Quant aux illustrations, dominées par les couleurs primaires, à la craie grasse, elles accentuent la force brute de cette histoire.

coup de coeur La sorcière grince-dents / T. Meroto ; M.A.C. Quarello . - (O Contes Pile-Poil)

C’est l’histoire de trois frères prisonniers d’une affreuse sorcière, qui s’en sortiront grâce au benjamin et aux objets magiques jetés derrière eux dans leur fuite. Conte traditionnel donc, revisité par une illustration magistrale qui joue avec efficacité sur l’alternance de plans sur la forêt, lieu de tous fantasmes, de cadrages serrés sur la sorcière et sur les visages effrayé des enfants. Les représentations de la sorcière suffisent à elles seules à créer une atmosphère d’épouvante : regard torve, bouche immense, membres acérés, créatures improbables accrochés à ses basques... fuyons ! Ou laissons-nous aller au doux plaisir de se faire peur...

coup de coeur Le langage des oiseaux / C. Boué ; C. Guibert. - L’atelier du poisson soluble

Le charme de ce recueil de 7 contes traditionnels peu connus (si l’on excepte le Petit Chaperon Rouge dans sa version d’origine) provient pour beaucoup du style de narration. L’auteur s’exprime tantôt dans un langage soutenu voire littéraire, tantôt dans une familiarité inattendue qui confère au texte un ton délibérément humoristique : Comment le monde est devenu monde ; Quand l’idiot n’est pas celui qu’on croit ; Où peuvent nous mener nos désirs... autant de thèmes mis en tableaux par une jeune artiste qui, elle aussi, affirme un style bien à elle, tourmenté mais pour le moins expressif.

coup de coeur Le petit chacal et le vieux crocodile / M. Obin ; Loustal. - Seuil. - (Petits contes du tapis)

Voici une collection qui revisite le principe du kamishibaï, en proposant une lecture par l’image, avec le texte en vis à vis ou replié derrière les illustrations si l’on est dans la configuration d’une lecture en petit groupe.
Dans ce titre, la famine attise les conflits et le chacal rusé veut doubler le crocodile pour accéder aux poissons de la rivière. Il fera tant et si bien qu’il aura même droit à un met plus raffiné...
Autres titres :
Les trois poissons / B. Chèze ; C. Gambini
Pourquoi la carapace de la tortue... ? / Mimi Barthélemy ; B. Lacombe
Le lion qui avait mauvaise haleine / Mimi Barthélemy ; Y. Got

coup de coeur Tu dors, la belle ? / J. Allen. - Hachette

Le prince Philbert s’évertue à réveiller la belle au bois dormant en faisant le plus de bruits possibles, bruits que le lecteur peut entendre en actionnant les tirettes de ce livre animé. Mais est-ce cela que la belle attend ?

coup de coeur Pourquoi les libellules ont le corps si long / S. Sénégas. - Kaléidoscope

Un conte étiologique et de randonnée, classique dans sa construction mais avec un texte au ton amusant et des illustrations intéressantes surtout par le choix des couleurs qui rendent bien l’atmosphère des scènes. Dès 5 ans

coup de coeur Le petit chaperon rouge / Les frères Grimm ; S. Janssen. - Seuil

Une version du conte célèbre pour les plus grands. L’illustration de l’artiste allemande insiste sur les visages et les volumes et installe une atmosphère surréaliste proche de l’angoisse.

coup de coeur Griffes de velours / Edith Montelle. - Slatkine, 2001. - (Le miel des contes)

Un recueil de contes de chats. Mais si le thème est unique, les origines, les genres, les tranches d’âge visées, sont multiples. Les index permettent de choisir les contes selon ces critères. Un outil pratique mais avant tout, le grand plaisir de découvrir le chat sous tous ses aspects, et tant d’autres encore...

coup de coeur Contes en partage / J.J. Fdida ; A. Fronty. - Didier

Voici un recueil de contes bien agréable : d’origines multiples, rythmés par des formules d’ouverture et de fermeture qui font mouche, emprunts de sagesse mais jamais dénués de malice et d’humour, tous ces contes procurent un savoureux moment de lecture. Pour tous dès 7-8 ans.

coup de coeur Contes de la Méditerranée / J. Darwiche ; E. Usdin. - Albin Michel

Un recueil de contes, comme un cheminement initiatique. Hassan et Layla s’aiment sans se l’avouer et Hassan craint de n’être assez riche pour espérer la main de sa belle. Il décide de partir pour trouver "perles et trésors" mais ne rencontre que des personnes dépouillées de tout. Leur seule richesse : le conte qui arrivera toujours à propos pour guider Hassan dans son errance.
L’amour, pour peu qu’il soit empreint de sagesse et de philosophie, ne saura dévier de sa cible...

Roman(s) :


coup de coeur Caprices ? C’est fini ! Pierre Delye. - Didier Jeunesse, 2015

Pour son premier roman, Pierre Delye fait fort, très fort, avec ce détournement romantico-loufoque qui dépote, jouant sur les codes du conte traditionnel. Un roi ne supporte plus sa capricieuse de fille. Son idée pour s’en "débarrasser" : la marier bien sûr ! Mais la belle (très belle) ne l’entend pas ainsi, et soumet ses prétendants à une épreuve tout aussi insolite qu’insoluble : seul pourra l’épouser celui qui devinera de quel animal provient la peau de bête recouvrant son trône. Lorsqu’un simple bûcheron parvient (aidé d’un peu de magie...) à découvrir qu’il s’agit d’une peau de pou, c’est la consternation royale. Si le jeune Jean n’est pas au bout de ses peines une fois cette première épreuve relevée, le roman bascule ensuite et les rôles s’inversent : l’insupportable princesse, prise à son propre jeu et mise à son tour à l’épreuve par son futur époux, découvre des sentiments jusqu’alors inconnus mais aussi l’humilité, la générosité, et pose un autre regard sur le monde. Saupoudrez le tout d’un humour irrésistible et du non moins irrésistible trait d’Albertine, vous obtenez un gros coup de coeur ! Ewa Bochenski

Une belle princesse capricieuse et un père excédé. Une solution : le mariage évidemment ! La jeune fille y met toutefois une condition : le prétendant devra trouver de quel animal vient la couverture qui la couvre. Personne n’y arrive jusqu’à ce que débarque un simple paysan qui donne la réponse presque par inadvertance. Branle-bas de combat ! on n’a jamais vu une princesse se marier avec un moins que rien et là père et fille sont d’accord. On lui assigne alors deux épreuves qu’il devra réussir sous peine d’avoir la tête coupée... Une histoire dans la droite ligne des contes mais qui, par sa longueur et ses nombreux rebondissements, permet aux personnages principaux d’évoluer et de s’aimer. Je l’ai trouvée particulièrement réussie. De belles trouvailles (notamment les poils de barbe à brûler qui aident le jeune garçon dans ses épreuves ou l’épisode du pou). Des clins d’œil à d’autres contes. Un format épais qui peut rebuter mais une police de caractère assez grosse et une intrigue pleine de fantaisie. A lire ! Seul bémol : le titre, vraiment pas top... Sandy Morel

A partir de 10 ans

coup de coeur Le livre de Perle / Timothée de Fombelle. - Gallimard, 2014

1936, à Paris, un vieux couple qui fabrique des guimauves artisanales recueille un jeune homme sans passé. Il va remplacer dans leur coeur leur fils décédé jusqu’à l’arrivée de la guerre qui va précipiter son départ en offrant un climat de suspicion et de doute... Ce garçon mystérieux, victime d’une terrible malédiction. est suivi comme une ombre par une jeune fille insaisissable. Lorsque des années plus tard un garçon de quatorze ans est sauvé par un homme étrange qui vit seul au milieu des bois, il ouvre sans le vouloir, à nouveau la porte entre deux mondes...
Après Tobbie Lolness qui nous emportait dans les arbres pour nous proposer une fable à dimension écologique et diablement humaine. Après Vango où l’action et l’Histoire passaient au premier plan pour rendre à un personnage son passé. Voici "Le livre de Perle" qui enchevêtre plusieurs récits et plusieurs destins qui vont se dérouler dans deux mondes différents.
Le fil de l’action est la nostalgie est l’impossibilité de construire sa vie sans avoir auparavant retrouvé son passé. Les parfums de guimauves et d’amande irisent le texte d’une tristesse sucrée. La mélancolie du héros loin de l’enfermer dans l’inaction le pousse à partir dans une quête impossible. L’exil l’amène à tenter de reconstruire autour de lui son monde perdu. Le personnage de la fée sans pouvoir apporte au texte de la magie et de la légèreté. Mais en choisissant comme passeur un jeune humain, apprenti photographe, attiré par l’insolite et les détails, l’auteur introduit un nouveau regard. Il enchâsse une nouvelle quête, celle de la vérité.

Au final, un livre qui semble retourner la camera vers le lecteur pour l’inciter à déceler l’univers féerique qui se cache derrière notre quotidien, nos petits objets que l’on garde, nos choix. Un livre qui devient pour chacun une aventure personnelle ! Marion Uteza

Autre lecture : "Le livre de perle", c’est un conte qui débute par une question : "qui pouvait deviner qu’elle avait été une fée ?". Olia état une fée, en effet, mais elle a décidé de renoncer à l’être pour sauver l’être qu’elle aime. Ilian a été exilé hors d’un Royaume tyrannisé, dans notre monde. En 1936, il est adopté par les Perle, dont le père est fabricant de guimauve, et prend le nom de leur fils disparu, Joshua. Nous sommes à l’aube de la Seconde Guerre Mondiale. La violence ne se trouve pas seulement dans le monde magique. Les tyrans sont présents dans l’un et dans l’autre.
J’ai eu du mal à dissimuler ma joie lorsque j’ai eu CE livre dans les mains. Parce que Timothée de Fombelle. Parce que Tobie Lolness. Parce que cette écriture atypique, mi poétique mi fantastique. Le premier chapitre est envoutant, déjà empreint d’une force par la tragédie qu’il expose. Puis l’intrigue se met en place, parsemées de quelques indices dissimulés par l’auteur qui fait de la découverte de l’identité du héros, le but d’une enquête que le lecteur résout petit à petit. Et là je n’y arrive plus. Je laisse le livre en suspense, marque page et regrets bien installés. Je reprends la lecture quelque temps après, avec la magie des fêtes dans l’Esprit. Cela collera bien à l’esprit du livre, je me dis. Et je ne comprends pas. Qui parle, qui fait quoi, qui attend qui, qui pourchasse qui, dans quel monde. Le but est sûrement de nous perdre, nous lecteur, dans ce récit, dans l’onirisme même. Mais à trop vouloir me perdre, je me perds vraiment, j’abandonne, encore une fois. Les regrets sont toujours présents. Enfin, je reprends. Je suis une lectrice courageuse, à l’image des héros de ce roman. Et je comprends mieux et ressent en même temps qu’eux ce tout qui peu à peu se dessine. Jusqu’à la fin, qui n’est pas une fin facile, pas une fin à la sauce Disney mais emblématique des contes d’antant, parfois cruels mais tellement beaux. Je reconnais bien là Timothée de Fombelle, avec son écriture qui égratigne, fait rêver et bouleverse. Mais pourquoi m’a-t-il perdue, abandonnée quelques temps. Je lui en voudrais presque si je n’étais pas encoe émue par les tous derniers mots de ce conte. Juliane Eblé

A partir de 13 ans

coup de coeur poucette@jardinmerveilleux.com / Nadja. - Ecole des Loisirs (Mouche) , 2014

Besoin d’un peu d’humour ? Alors n’hésitez pas Poucette revisitée par Nadja est faite pour vous ! Ce livre a le format d’un roman mais ne vous y trompez pas à l’intérieur les illustrations prennent autant de place que les textes qui sont essentiellement des mails envoyés à l’auteur de la part de la petite héroïne d’Anderson. Bien sûr tout est décalé et tout à fait savoureux.....En fin de livre les puristes trouveront néanmoins le texte d’origine. Myriam Lemercier

A partir de 8 ans

coup de coeur Les fils du ciel / P. Vatinel. - Actes sud. - (Premier roman), 2014

Un grand-père et sa petite fille, Fleur de Printemps, se retrouvent à l’occasion de la fête de la lune. C’est l’occasion de déguster de très bons gâteaux à la crème de lotus, à la pâte de haricots rouges et au thé vert. C’est un jour où la lune éclaire la cité impériale de façon magique. Et l’occasion pour le grand-père de conter l’histoire des « Fils du ciel ». Un vieil empereur souhaite donner le pouvoir à l’un de ses fils. Li est fougueux et adore la chasse alors que Kan aime peindre et apprendre de nouvelles choses. Il leur demande comment choisir ?
Une histoire qui lie le ciel et la terre tout en invoquant dragons, phénix et tigres blancs. Elle tisse des fils entre les contraires pour mieux amener une morale toute en sagesse. Un joli conte qui nous chante la Chine et ses traditions. Marion Uteza

A partir de 9 ans

coup de coeur Les Outrepasseurs 2 : La reine des neiges / Cindy van Wilder, Gulfstream, 2014

Peter, maintenant qu’il fait partie des Outrepasseurs, a du mal a accepter l’autorité de Noble. Il n’a qu’un souhait, celui de retrouver le chasseur, celui qui est à l’origine de leurs problèmes : lui seul pourra lever la malédiction qui pèse sur leurs familles. Ne sachant où le chercher, c’est finalement ce dernier qui ressurgira dans le monde Peter. Bonne lecture, bien rythmée où l’on ne s’ennuie pas. Le personnage de Peter est si sympathique et déterminé qu’on a envie de l’aider à réussir toutes les épreuves. Du coup, on attend la suite avec impatience !!! Marie et Anne-Marie Jeannot

Après avoir juré fidelité à Noble, Peter recourt à d’intense entrainements en duo avec Shirley. Les héritiers sont,comme promis couverts de richesse et de confort. Quant au chasseur, il essaye de sauver Arnaut ( qui a accidentellement été poignardé par son père, Niel) en allant demander de l’aide au seul qui puisse désormais le sauver : le tombeau. Que va devenir Arnaut et que va faire Peter ? Le second tome des outrepasseurs est vraiment génial ! Les style d’écriture de Cindy van Wilder est très agréable à lire. On se sent comme happé par ce monde qu’elle à crée de toutes pièces et les personnages sont vraiment attachants. L’aventure et le suspens sont au rendez-vous, avec toute sorte de créatures fantastiques et de personnages abracadabrans ! Iris, 5ème(collège Lumière)

Peter ne veut pas endosser le rôle d’Outrepasseur. Son souhait le plus ardent est de se libérer de toute contrainte en obligeant le chasseur à lever la malédiction qui pèse sur eux. Mais personne n’a revu le chasseur depuis longtemps et Peter doit tenir compte de son allégeance à Noble, de sa famille, de son attirance pour Shirley et de Scrogge, le renard qu’il porte en lui...
Un second tome qui met au premier plan le temps actuel. Une fois la malédiction bien délimitée dans le premier volume, se pose maintenant la question des moyens à mettre en oeuvre pour la lever ou la contourner, mais est-ce encore possible ? Un récit dense et riche pour les bons lecteurs, avec un monde et des personnages complexes qui évoluent. Un univers sombre, où la frontière entre devoir et sentiment, bon ou mal n’est jamais très nette. Intéressant ! Marion Uteza

A partir de 13 ans

coup de coeur Les outrepasseurs 1 : les héritiers / C. Van Wilder. - Gulf Stream. 2014

Peter, un adolescent presque comme tous les autres, est agressé dans son jardin par de drôles de chiens. Il est sauvé par un renard qui aussitôt se transforme. Sa mère apparait alors à sa place. Tout s’enchaine : sa mère règle son compte à la cuisinière qui les a trahis, un homme mystérieux et horrible vient frapper à leur porte et le voilà emmené dans un manoir, avec d’autres adolescents, au bord d’une mystérieuse piscine sensée répondre à leur question. A chaque plongée, il vivra les souvenirs de ses ancêtres et découvrira qui il est vraiment.
Idée intéressante mais certains passages sont longs. Une grande partie du livre raconte ce qui s’est passé au départ (l’histoire des ancêtres) : beaucoup de personnages, on se perd un peu au démarrage. Finalement on attend la suite car on sait maintenant qui est le personnage principal mais le lecteur ne sait toujours pas quel sera son rôle dans le présent...
Autre lecture
Pour avoir tenté de s’opposer au désir d’un fé en l’empêchant d’enlever un de leurs enfants, sept familles se trouvent maudites. A chaque génération, la marque désigne un garçon et une fille de chaque lignée qui vont devoir héberger en eux une partie animale... à condition de survivre à l’épreuve...
Ce premier tome raconte l’histoire de cette malédiction et ses implications sur la vie du jeune Peter, un des héritiers.
Un conte cruel en cinq actes dans lequel des êtres ordinaires se trouvent condamnés pour avoir seulement tenté de protéger leurs enfants. La question finale est de savoir comment cette nouvelle portée va combattre à son tour les fés, ces êtres profondément machiavéliques. Mais la frontière entre le bien et le mal est-elle aussi nette ?
Un récit noir tant les motivations des fés relèvent de la volonté de faire souffrir les hommes. La situation semble aller de pire en pire et l’avenir est sombre pour les héritiers. Un livre pour les amateurs du genre.
« Ce soir, je ne peux plus agir comme je l’ai toujours fait. J’endosse tellement de responsabilités dont tu n’as pas idée. Tellement de masques à revêtir. Je voudrais que tu gardes ton innocence, mais c’est impossible. Ce soir, je ne pourrai pas t’empêcher de te blesser.
- Qui ? Qui me blesserait ?
- Toi-même, Peter. Toi-même.
 »

coup de coeur Chevaliers et princesses avec gigots / C. Oster. - Ecole des loisirs. - (Mouche). 2013

Recueil qui regroupe trois histoires : Le chevalier qui cherchait ses chaussettes, Le géant et le gigot et La princesse pas douée. Dans le premier récit, un chevalier tente d’accomplir sa quête et doit pour cela retrouver ses chaussettes ; dans le second, un géant qui souhaite changer de régime alimentaire ne peut plus manger que des produits commençant par la lettre L ; enfin dans le dernier, une princesse maladroite souhaite trouver un prince.
Des récits drôles qui sont avant tout une recherche sur le langage et sur les jeux de mots. L’auteur prend plaisir à détourner et mélanger les contes. Le format agrandi et les illustrations accompagnent agréablement le récit. Ma préférence va à la dernière histoire qui renverse celle de la belle au bois dormant tout en y juxtaposant un ours et un petit tailleur.
« Sa mère savait très bien qu’en partant à pied, avec un balluchon sur l’épaule, la princesse pas douée n’était pas très avantagée pour trouver un mari. Elle savait même, pour tout dire, que, dans ces conditions, les chances qu’avait sa fille de trouver un mari étaient nulles. Mais je préfère ne plus parler de la mère de la princesse, ça m’énerve trop. »

coup de coeur Sophie et la princesse des loups / C. Constable. - Gallimard

Dans un pensionnat pour jeune fille, à Londres, trois amies adolescentes, dont l’une, Sophie, est orpheline. La nuit, elle fait des rêves étranges, de grandes étendues de neige où virevoltent de magnifiques loups blanc. Par un curieux hasard, Sophie et ses amies partent pour un voyage scolaire en Russie. Mais le programme prévu n’est pas suivi et les voilà entrainées, malgré elles, par un personnage fort et bienveillant. Il les conduit au cœur de la forêt, dans un palais somptueux où une princesse les attend. Pourquoi ? La réalité est remplie de mystère et de secrets. Qui est vraiment Sophie et quel est son destin ?
Un conte magique et enivrant. Une Russie extraordinaire au cœur d’une légende pailletée de neige et de loups blancs.
Autre lecture
Sophie, orpheline pauvre, va par miracle partir avec son école à Saint-Pétersbourg. Elle pense réaliser ainsi un rêve d’enfance qui la lie à son père et aux histoires qu’il lui racontait. Mais très vite Sophie et ses amies sont enlevées et amenées dans un palais digne d’un conte de fée pour être accueillies par la princesse Volkonski. Derrière le décor fabuleux, des fissures commencent à se faire jour : le palais est en réalité à l’abandon et le comportement de la princesse déroutant... Que cherche-t-elle et pourquoi a-t-elle tenu à rencontrer Sophie ?
Ce conte merveilleux, bien écrit, nous porte dans un monde féérique qui se fêle peu à peu pour amener l’héroïne à devenir maître de son destin. Un bon moment de lecture par les paysages et les décors qui nous sont offerts et par le côté traditionnel de l’intrigue, entre Princesse Sarah et conte Russe. Niveau Collège.
« C’était l’hiver. Il neigeait. Une petite fille était perdue dans les bois. Et il y avait...(Sophie sentit la peur lui comprimer la poitrine)... un loup... La main de son père s’échappa de la sienne.
- Ne me quitte pas ! Mais il n’était pas là. La tristesse et le peur, mêlées aux flocons, recouvrirent tout.
 »

coup de coeur Gladys et Vova / E. Caron. - Ecole des loisirs. - (Medium). 2013

Gladys et Vova sont jumeaux, inséparables, mais très différents : chacun a sa bulle, « l’imagination et la colère brute leur servaient d’enveloppe ». Et ils ont bien besoin de protection, d’enveloppe, tant la vie les a malmenés. Une mère partie tôt, une grand-mère bientôt décédée, l’orphelinat en Roumanie puis l’arrivée en France chez un riche couple. Gladys est censée remplacer la fille défunte d’une marâtre perdue dans sa souffrance ; Vova est toléré dans la maison en tant que serviteur. Ils grandissent cahin-caha jusqu’au drame…
Une histoire qui se déroule telle un conte moderne semé d’épreuves, de malheurs, de douleurs mais qui apporte au final une issue heureuse. Les héros peuvent dire, de concert avec l’un des personnages : « Je suis plus forte que mes blessures. »

coup de coeur Comment cuisinier et dévorer les enfants / K. McGowan ; A. Huard. - Bayard. - (Estampille)

Les sorcières ont changé leur mode de fonctionnement. Il suffit de se faire connaître des parents qui souhaitent se débarrasser de leurs enfants ! Salomon et sa sœur Constance viennent justement de s’installer à côté de chez une sorcière. Les deux enfants vont devoir s’unir pour réussir à déjouer les plans de leur père et de la sorcière Fay Holaderry...
Un conte moderne où les enfants doivent réussir à résoudre des énigmes et à ruser pour éviter de terminer dans le chaudron. L’aventure et le merveilleux sont présents mais l’ensemble est un peu froid notamment avec le personnage du héros, scientifique surdoué.
« Je fais en sorte que les parents puissent facilement se débarrasser de leurs rejetons, afin d’en récupérer le plus possible. Les temps ont changé. On ne conduit plus ses enfants dans la forêt. De toute façon je n’habite plus dans les bois. Aujourd’hui, ma maison est comme toutes les autres - du moins en apparence... »

coup de coeur La légende du Roi errant / L. Gallego Garcia. - La Joie de lire. - (Hibouk). 2013

Walid, prince héritier de Kinda, rêve de devenir un grand poète, le plus grand des poètes. Mais lors des concours qu’il organise en son royaume, il est battu, par trois fois, par un homme modeste et humble. Bientôt, Walid est obsédé, non plus par l’idée de battre le poète, mais de le mener à sa perte, humilié d’avoir été vaincu, de façon grandiose qui plus est, sur son terrain. La vengeance sera insidieuse, longue, cruelle, avec une punition ultime qui l’oblige à créer un tapis retraçant l’histoire de l’humanité. Les années passent et le prince, devenu roi, change profondément et, contrit de culpabilité, éprouve le besoin de se racheter auprès des fils de celui qu’il a détruit. Une longue errance commence…
Cette épopée, entre aventures du désert et conte philosophique, suit le parcours d’un orgueilleux repenti cherchant la rédemption. Sa quête l’amènera à comprendre qu’un destin se forge et qu’il n’est nulle fatalité pour qui sait prendre ses responsabilités. L’ouvrage offre également une belle réflexion sur l’art, la poésie, l’amour…
Autre lecture
Le prince Wallid souhaite être reconnu comme étant un grand poète. Mais il manque dans ses compositions du cœur pour réussir à émouvoir son auditoire. A trois reprises, il sera vaincu par un humble tisserand au grand concours de poésie qu’il organise. Blessé dans son orgueil, il tente alors d’imposer au pauvre homme des défis titanesques, que ce dernier réussit à chaque fois jusqu’à ce qu’un jour...
Conte oriental philosophique et symbolique qui nous offre de suivre les péripéties d’un jeune homme riche et fortuné qu’une blessure d’orgueil va entraîner dans un long périple vers la rédemption. Peu de hasard dans ce long cheminement personnel mais une quête sous l’égide des Djinns. Un joli texte. « Ecoute-moi bien : nous sommes tous responsables de nos actes, aussi bien des bons que des mauvais. Et la vie rend toujours ce que toi tu donnes. Ne l’oublie jamais, mon fils. N’oublie pas que la vie nous fait payer un prix... »

coup de coeur L’ apprenti pilleur de tombes / A. Stratton. - Bayard. 2013

Hans, naufragé lorsqu’il était tout petit, a été élevé par un pilleur de tombe, est destiné à lui succéder. Rien ne l’effraie davantage...
Angela, toute jeune princesse, est assez seule et trouve refuge dans les pièces de marionnettes qu’elle créé. A l’aube de ses 13 ans, elle découvre que l’archiduc Arnulf veut l’épouser, puis la tuer après avoir récupéré sa dot.
Le destin des 2 enfants se mêlera dans une aventure aux nombreux rebondissements. La vie d’Angela et de ses parents est en danger, Hans va découvrir sa véritable identité… Dans l’entraide, ils vont surtout découvrir le cruel théâtre de la vie dont on survit grâce à la magie de l’imagination. « Ceux qui contrôlent les histoires contrôlent le monde. » En tant que « guerriers de l’imagination », ils devront faire preuve d’inventivité et de créativité pour affronter les ennemis cruels, machiavéliques et sans scrupules qui les poursuivent.
Une ambiance à la Tim Burton, où le macabre côtoie l’aventure, l’humour, la solidarité, sans un répit : les chapitres, courts, se suivent de manière efficace sans temps mort.
Autre lecture
Conte "noir" qui propose des ours dressés, un ermite, un enfant trouvé, une princesse et ses parents et bien sûr plein de méchants avec une mention particulière aux charançons !
Angela doit épouser l’archiduc Arnulf qui tel Barbe Bleue, fait disparaitre ses femmes aussi vite qu’il les épouse. Hans essaye d’échapper au métier de pilleur de tombe que tente de lui imposer son père adoptif. Ces deux fuyards vont devoir s’unir afin d’échapper à leur sort et remettre le conte à l’endroit.

Autre lecture : Un jour, alors que Gaspard, un pilleur de tombe finit de soulager les morts de leurs bijoux, il trouve un coffre dans lequel un enfant est enfermé. Il le prend et le nomme Hans qui est alors destiné à suivre la voie de son père adoptif. Mais le jeune homme aspire à une autre vie que de fouiller la terre pour découvrir des cadavres tous plus hideux les uns que les autres. Il décide de fuir et va rencontrer la princesse Angela avec qui il va affronter le Nécromancien et Arnulf l’Archiduc. Avec le Roi Loup et sa meute, les Pandolinis et Pierre l’ermite, les enfants vont vivre beaucoup d’aventures.

J’ai bien aimé ce livre, il y a du suspens, de l’action et plein de rebondissements !

Iris 5ème

coup de coeur Le nouveau de la 5e / E. Mourachova. - Bayard. - (Millézime)

Dans la classe E de la dernière chance, il y a ceux qui sont affectés par des handicaps physiques, des problèmes de comportements... ils ont pour points communs de ne point trop espérer de l’avenir puisque tous les considèrent comme des ratés. Anton, hyperactif, observe ses camarades avec lucidité et un certain détachement jusqu’à ce qu’arrive Youri. Youri est infirme moteur cérébral, est brillant mais assez lent, ce qui lui vaut d’être en 5eE. Très vite, il invite Anton pour une balade des plus étonnantes, dans un lieu où se réalisent les rêves. D’autres camarades se joignent à leur périple imaginaire mais cela n’est pas sans risque. De quoi souder la complicité de cette classe atypique...
Autre lecture
5e E, la classe de la dernière chance. Une véritable cour des miracles avec son lot d’orphelins et de malmenés par la vie. Arrive un nouvel élève en fauteuil roulant, Youri. Mais lui ce n’est pas sa famille qui est cassée, c’est son corps. Pourtant c’est grâce à lui que les élèves de la 5° E vont découvrir la solidarité mais aussi l’espoir, provocant chez la plupart une véritable renaissance...

coup de coeur La petite disparue / I. Wlodarczyk. - Oskar. - (Aventures)

Un roman en forme de conte dans lequel on trouve des lettres cachées, une araignée parlante, un médaillon, un bébé enlevé, un bagnard ou encore une petite écosseuse de pois, un château et une sorcière... La vie de Marie se résume à l’attente de son père dont la mère avant de mourir lui a prédit le retour dans quatre ans. Au début de l’histoire, le temps est écoulé, il faut laisser les fils se dénouer...
Un récit d’aventure qui ressemble à un compte à rebours. Les événements et les explications se succèdent avec comme toile de fond le destin. Le personnage de l’Etourdie, l’araignée, apporte une tonalité merveilleuse à ce conte plein d’entrain.
« - C’est un orphelin, tous les hommes sont des étrangers pour lui, répondit spontanément Jean. Il réfléchit, puis il poursuivit :
- A l’inverse, chaque homme est une nouvelle famille pour lui.
 »

coup de coeur 6000 nuits / A. Borbé. - Naïve. - (Land)

A 16 ans, Esther, qui vit dans une cité dirigée par la main de fer du Commandeur, n’a jamais dormi de sa vie. C’est là la marque des Bienveillants, qui, dans ce monde sans livres font acte de résistance et sont destinés à écrire des histoires qui seront ensuite distribuées sous le manteau. Suite à l’emprisonnement de son oncle, Esther va découvrir ce monde parallèle, qui n’est pas sans dangers…
Un joli conte très agréable à lire.
Autre lecture
Dans un pays de conte où l’humeur des puissants est adoucie par la lecture de livres, un homme, pour se venger va réaliser un coup d’état et plonger la population dans la peur. Mais des conteurs renaissent et sont bien décidés, avec l’aide des livreurs et des relieurs, à redonner espoir et vie à ce pays. Un bon conte fantastique de 250 pages.

coup de coeur La forêt des cœurs glacés / A. Ursu. - Seuil

Hazel et Jack sont amis. Une amitié forte. Pourtant dernièrement, celui-ci la rejette et lui préfère l’amitié virile des garçons. Quand Jack disparaît mystérieusement, Hazel décide de partir à sa recherche. Elle arrive dans la forêt des cœurs glacés où elle va faire d’étranges rencontres, des loups qui la suivent, des parents adoptifs un peu trop aimants, une fille transformée en oiseau, une sorcière... Mais Hazel persiste à vouloir sauver son ami. Souhaite-t-il seulement être sauvé ? Que lui est-il réellement arrivé ?
Un récit qui ne nous lâche pas. La trame mêle avec succès contes traditionnels et ouvrages de littérature jeunesse plus récents. La richesse de cet intertexte est renforcée par le rythme de l’aventure qui nous entraîne.
Autre lecture
Jusque là, Hazel et Jack étaient inséparables, complices. Mais du jour au lendemain, Jack ne veut plus parler à Hazel. Elle s’est pourtant excusée de ce qui, peut-être, aurait pu le fâcher. Mais rien n’y fait, Jack s’est fermé. Et disparaît totalement. Lorsqu’Hazel comprend que la reine des neiges est responsable de cette disparition, elle part à la recherche de son ami, bien décidée à le ramener avec elle. Mais la forêt des cœurs glacés est terrible, pleine de pièges et de faux amis. Et qui dit qu’une fois devant Jack, elle arrivera à le persuader de revenir ?
Une adaptation du conte bien connu d’Anderson qui s’inscrit dans un décor contemporain et mêle aventure et dimension psychologique.

coup de coeur La mystérieuse histoire de Tom coeurvaillant, aventurier en herbe / I. Beck. - Mijade

Tom doit sauver ses six frères. Pour cela il doit les aider à terminer leurs contes : La belle au bois dormant, Cendrillon, Blanche-neige et les sept nains, Jack et le haricot magique, Raiponce.... Un conteur frustré et aigri tente de prendre sa revanche sur la famille Coeurvaillant, jaloux de la réputation qu’ils ont acquis en donnant vie à ses écrits. Mais Tom, très jeune, n’a pas encore effectué son apprentissage d’aventurier, et la tâche est immense... Il sera heureusement aidé par un corbeau parlant !
Un récit d’aventure bien rythmé qui entremêle les contes pour nous les faire redécouvrir.
Autre lecture
Tom est la cadet d’une famille de 6 enfants, 6 Jack, Jacquot, Jacques, Jacky, Jackson et Jake, tous aventuriers héros de conte. Chacun est envoyé en mission et promet d’être de retour pour fêter les 12 ans de Tom. Mais aucun ne donne plus signe de vie. Ne reste à Tom qu’à partir lui aussi à l’aventure, malgré la peur et l’inexpérience de ses 12 ans. Il découvre que tout est sans dessus-dessous, les contes se mêlent et s’embrouillent, sans personnage principal pour les conclure. Car un certain Frère Omerstone, du Bureau des contes, ne supporte plus que les personnages lui volent la vedette, à lui l’auteur. A la trappe donc ! Cendrillon, La belle au bois dormant Raiponce, Blanche-neige, le Roi grenouille, Jack et le Haricot Magique… Autant de contes qui doivent retrouver leur héros et c’est notre petit Tom, avec l’aide d’un corbeau-farfadet, qui remettra de l’ordre dans tout ce fatras !
Une histoire sympathique aux accents de contes merveilleux, parsemée de silhouettes en ombres chinoises, à lire dès 9-10 ans. Comme l’auteur frustré de l’histoire, le petit héros, non content d’avoir réalisé tous ces exploits, demande de prochaines aventures, où lui seul sera le héros ! A suivre donc…

coup de coeur Asfour le devin / B. Ayadi. - Seuil. - (Chapitre)

L’auteur s’inspire fortement du folklore de Nasredine mais étoffe les histoires courtes pour en tirer l’épopée d’Asfour. Fils de paysan spolié, Asfour quitte sa campagne pour chercher fortune. Mais c’est une somme de mésaventures qui attend notre pauvre héros qui se retrouve bientôt nu et totalement dépouillé. La rencontre avec celle qui deviendra sa femme, Jerada, fait tourner sa chance. Il s’invente devin et malgré l’insécurité qu’il ressent constamment, la vie lui sourit !
Si l’on accepte le principe de voir les textes percutants de Nasredine dilués sous cette forme, on passera un agréable moment de lecture non dénué de sagesse. Dès 9-10 ans.

Et aussi... :


coup de coeur L’ogre Babborco et autres contes / Muriel Bloch ; Andrée Prigent ; Régis Lejonc. – Didier (A petits petons), 2014

Muriel Bloch réenchante 3 contes de transgressions, chacun édité à l’origine dans la collection « A petits petons », en les proposant dans leur version orale. Sa voix singulière, accompagnée par la musique originale de Joao Mota à la guitare, joue avec talent des rythmes, étire et chante les mots, se délecte des odeurs et des images qu’elle donne à entendre et à voir. Parole vivante et vivifiante, Muriel Bloch participe au renouveau du conte en France depuis 1979.

. A partir de 5 ans - Premier conte : L’ogre Babborco – 10’22 – Voici une version sarde du Petit chaperon rouge, illustrée avec force par Andrée Prigent et Régis Lejonc dans des images cernées au trait noir. L’ogre Babborco dévore tout sur son passage jusqu’au jour où un enfant gourmand et rusé va déjouer le destin avec un simple plat de délicieux gnocchis. Laissez-vous conter par Muriel Bloch qui a l’art de nous mettre l’eau à la bouche et vous saurez comment Piétrino sauve son village.

A partir de 4 ans - Deuxième conte : Héléna, Yvan et les oies – 7’07 – Tiré de la collecte d’Afanassiev « Contes populaires russes », ce récit initiatique illustré par Régis Lejonc, raconte la quête d’Héléna pour sauver son petit frère. Echappé de la demeure familiale pendant l’absence des parents, il est enlevé par Baba Yaga. Poursuivis par les oies sauvages de la sorcière alors qu’ils s’en retournent vers leur maison, les enfants seront protégés par un pommier, un poêle et une rivière de lait. La conteuse court vocalement avec eux...

. A partir de 6 ans - Troisième conte : Fillette et gros alligator – 9’24 – Adaptation du conte « La chèvre et les biquets », illustrée par Andrée Prigent. Dans cette version louisianaise, c’est un alligator qui joue le rôle du loup ! La mère part au marché, recommande à ses 3 filles d’être sages et de n’ouvrir la porte que lorsqu’elles entendront son chant « C’est moi, vot’Mum, vot’ Mummy… ». Bien sûr, les enfants promettent mais Gros alligator croquerait volontiers 3 fillettes pour son dîner. Il s’entraîne à chanter, le voilà devant l’escalier de la maison, la plus petite se précipite, le bébé est avalé ! Gros alligator digère, la mère se lamente, arrive le père et …la voix colorée, malicieuse, éplorée de Muriel Bloch accompagnée de la guitare fait merveille !

Dans cette collection extraordinaire qui ouvre sur l’imaginaire, l’écoute et la parole (voir aussi Ogres et ogressesAu loupBêtes pas si bêtesGourmand, trop gourmandRira bien qui rira le dernier), les conteurs racontent des histoires qu’ils ont transposées par écrit. Pour une appropriation du livre, choisissez le conte qui vous touche, lisez-le à voix haute et laissez-vous surprendre par votre propre interprétation… Claire Py

coup de coeur Le ventre de l’arbre / Hassane Kassi Kouyaté ; Joëlle Jolivet ; Dramane Dembele. – Didier (Contes et voix du monde), 2014

Hassane Kassi Kouyaté, conteur et metteur en scène d’une famille de griot du Burkina Faso, fils du grand comédien fétiche de Peter Brook, Sotigui Kouyaté, nous emmène de sa voix savoureuse à l’écoute de trois contes issus de la tradition orale africaine :

- Le ventre de l’arbre (10mn) où comment la hyène se retrouva affublée de son postérieur bas et pourquoi les arbres restent fermés aux hommes
- L’arbre qui parle (7mn) où comment il y a toujours plus malin que soit dans la vie
- Petit Jean (7mn) où comment un paresseux très paresseux se révèle en être sage.

Initiateur du festival de conte Yeleen au Burkina Faso (18éme saison) et directeur artistique de la compagnie Deux temps, trois mouvements, H.K. Kouyaté joue avec gourmandise des mots, métisse les sonorités de la langue française et bambara, se moque de ses personnages (la hyène et le lièvre, animaux emblématiques des contes africains) où la stupidité de l’un rivalise avec la ruse de l’autre.
Entre chaque récit, pépite de sagesse des anciens et d’humour savoureux, les instruments d’Afrique de l’Ouest de l’artiste musicien Dramane Dembele donnent une respiration musicale et brève (flûte peul, n’goni, kora, tama). Les illustrations chaleureuses et puissantes de Joëlle Jolivet sont à la mesure de ces contes philosophiques, si riches d’humanité et merveilleux vecteurs d’éducation et de réflexion. Un bel hommage aux anciens, hommes de paroles et de transmission : « Je vais te raconter une histoire qui sera ma vérité, peut-être qu’elle t’aidera à trouver ta vérité. Si tu trouves ta vérité, peut-être qu’un jour nous irons vers la vérité. » Claire Py

Dans la même collection (Contes et voix du monde), découvrez aussi Mahboul le sage, trois histoires tirées du répertoire traditionnel du Maghreb.

A partir de 5 ans

coup de coeur L’oiseau de feu / Elodie Fondacci ; Aurélia Fronty ; Igor Stravinsky. – Warner classique (Histoires en musique, en partenariat avec Radio classique), 2014

C’est la belle voix veloutée d’Elodie Fondacci qui nous emmène dans le célèbre ballet L’oiseau de feu inspiré des contes traditionnels russes dont la partition musicale a été composée par Igor Stravinsky en 1910 à la demande de Sergueï Diaghilev, le créateur des ballets russes. En partenariat avec Radio Classique, 28 minutes d’histoire merveilleuse…
Ivan, un jeune prince, poursuit un oiseau magique qui vient voler les pommes d’or du jardin de son père, le tsar. Dans sa quête, il se retrouve à lutter contre le terrible Koshkeï et à dissiper ses enchantements maléfiques. L’oiseau au plumage majestueux qu’il cherchait à capturer, l’aidera à traverser les épreuves et trouver l’amour. Aurélia Fronty illustre l’univers magique de ce très beau récit issu du folklore populaire russe, accompagné par la musique de Stravinsky. Claire Py

Dans cette même collection "Histoires en musique" et sur le site de Croqu’livre : . Ma mère L’Oye, 2013 . Coppélia, 2013 . Le lac des cygnes, 2012 . [Cendrillon_>http://www.croqulivre.asso.fr/spip.php ?article5560], 2012 . La belle au bois dormant, 2011

A partir de 7 ans

coup de coeur Bouc cornu, Biquette et ses biquets / Fabienne Morel ; Débora Di Gilio ; Nathalie Choux. – Syros, 2014

Maman part au marché et laisse ses trois biquets seuls à la maison. Auparavant, elle leur fait de nombreuses recommandations pour ne pas qu’ils laissent entrer le méchant qui les croquerait. Jusque-là, vous reconnaissez certainement cette histoire que les petits affectionnent particulièrement. Mais le loup, celui qui vient les dévorer dans le conte de Grimm, est ici remplacé par un bouc cornu ! Qui fera de même, après bien des moqueries de la part des petits biquets qui rient de lui, en particulier parce qu’il ne parle pas l’italien ! Est-ce que tout se termine bien ? A vous d’écouter l’histoire…
A l’origine de cet album, il y a d’abord le spectacle « A la recherche des biquets perdus » de la compagnie Huile d’olive et beurre salé. Il y a une réécriture moderne et dynamique du conte traditionnel « Le loup et les 7 chevreaux », des chants issus du folklore dont un, très joli, qui ouvre l’histoire. Il y a, dans cette histoire menée tambour battant par le duo de conteuses Fabienne Morel (bretonne) et Débora Di Gilio (italienne), un savoir-faire, une belle complicité et de la générosité (L’ogresse poilue,2013 parus chez Syros, dans la même collection). Il y a du jeu comme le métissage de chacune des voix des conteuses dans leur langue maternelle qui se répondent en écho ou s’interpellent. Il y a les illustrations très colorées et sans aspérités de Nathalie Choux qui s’inscrivent en décalage avec les voix et le texte, beaucoup plus rythmés et rugueux. L’interprétation des petits biquets en particulier, avec leurs rires moqueurs, paraît disproportionnée surtout pour de petites oreilles. Il y a la qualité de l’enregistrement qui, malgré l’énergie des conteuses, ne rend pas la musicalité de l’histoire, ce qui est dommage. Alors, laissons cet album pour les plus grands, ceux qui n’ont pas peur d’un méchant bouc cornu…Claire Py

A partir de 6 ans

coup de coeur La chachatatutu et le phénix / Jean-Louis Le Craver ; Nathalie Choux. – Syros (Paroles de conteurs), 2014

La chachatatutu est le plus petit, mais aussi le moins joli des oiseaux du Tibet. Un jour, profitant de son absence, un rat lui mange deux de ses œufs. Sans plus tarder, la chachatatutu prend sa volée et va demander justice au phénix, le Roi des oiseaux. Ce dernier estime qu’elle le dérange pour bien peu de chose, lui-même étant en pleine couvaison. La chachatatutu décide alors de protéger elle-même son dernier œuf. Le rat revient. Mise en garde par le premier larcin de celui-ci, elle se défend et lui lance une flèche-brindille qui vient se ficher dans son oeil…ce qui va entraîner une réaction en chaîne, du rat jusqu‘au phénix et prouve « qu’une petite chose mal réglée peut avoir de graves conséquences ».

Ce conte d’origine tibétaine, adapté par Jean-Louis Le Craver, a déjà été publié dans différents recueils de contes. Dans cette version de la collection « album Paroles de conteurs » chez Syros, l’album est accompagné d’un CD de 5 minutes 30. L’histoire est joliment mise en image par Nathalie Choux et se trouve ainsi être accessible aux plus petits mais néanmoins moyennes oreilles (5/6 ans) ! Le CD nous permet de goûter le conte dans les mots mis en bouche par la voix singulière du conteur Jean-Louis Le Craver. Cette histoire est une belle leçon de courage… Camille Touboul

A partir de 5 ans

coup de coeur Nasreddine / Odile Weulersse ; Rebecca Dautremer - Flammarion (Les albums en musique), 2013

Aujourd’hui, Nasreddine accompagne son père au marché. Il charge les dattes sur le dos de l’âne et son père, Mustafa, monte sur le dos de la bête jusqu’aux portes de la ville. Un vizir se moque ouvertement de leur monture, incriminant le père de laisser son fils patauger pieds-nus dans la boue. Nasreddine couvert de honte préfère rentrer à la maison. Son père lui répond : « Fais selon ta fantaisie ! » La semaine suivante, il tond les moutons et accompagne ensuite son père chez le tisserand. Il feint de se tordre la cheville pour monter à dos d’âne et éviter à nouveau les moqueries. Malheureusement pour lui, des femmes qui lavent leur linge sur le chemin, s’étonnent du manque d’autorité de Mustafa et de l’irrespect de Nasreddine envers son vieux père. Une fois de plus, il fuit à la maison et une fois de plus son père approuve en lui répétant « Fais selon ta fantaisie ! ». Quelques jours plus tard, le jeune homme emmène des poules et un coq au marché. Cette fois, il montera sur l’âne avec son père et leur chargement ! Malheureusement pour lui, des vieillards installés en terrasse s’insurgent de voir le pauvre âne crouler sous le poids de deux hommes et d’une énorme cage… C’en est trop pour Nasreddine. Le prochain convoi se fera à pied pour tout le monde. Moqué une fois de plus par un groupe d’enfants, Nasreddine en perd son bon sens et décide… de porter l’âne ! Mustafa, qui jusque-là a toujours respecté les choix de son fils et sa fuite incessante devant les bavardages des uns et des autres, lui fait comprendre qu’il est temps d’assumer les actes qu’il estime pleins de sagesse et de ne plus avoir peur du ridicule et du jugement des autres. Un conte moral bien mené et agréable à écouter, d’environ quinze minutes pour une des célèbres fables de Nasreddine bien connues au Moyen-Orient. Mathilde Demougeot

« Nasreddine » chez Flammarion est une réédition de 2005, agrémentée d’un CD dans la collection « Les albums en musique du Père Castor ». Odile Weulersse, auteur, aime raconter aux enfants des aventures inspirées du passé et de différentes cultures. Elle adapte ici un conte de la culture musulmane où la popularité de Nasreddine dépasse les siècles et les générations. Ce personnage est mythique et fort sympathique ! L’histoire met en scène un âne et Mustafa, le père de Nasreddine. Notre petit héros est confronté, à chaque fois qu’il se rend au marché avec eux, aux railleries des passants. C’est qu’il a une certaine façon de cheminer avec son âne… Il ne sait plus comment faire avec la honte qu’il ressent face aux critiques. L’absurdité des situations, leurs apparentes drôleries, nous font rire. Mais une partie importante de l’histoire possède une qualité d’enseignement et nous aide à comprendre nos comportements. L’histoire est racontée par Nathaël Berthier et Benjamin Scampini avec la participation de Céline Bouzet. La composition musicale est de Pascal Ducourtioux où l’oud, luth oriental joué par Anas Cherkaoui, évoque l’Orient, berceau de la naissance de Nasreddine. Il nous invite au voyage. Enfin, Rebecca Dautremer signe ici de fines illustrations de grande qualité. On reconnaît son inspiration photographique où la couleur, la lumière et les jeux d’ombre, le cadrage et la profondeur de champ sont autant d’ingrédients qui font de chaque dessin des petits bijoux qu’on a plaisir à admirer. Ils transcrivent bien le comique des situations. Treize minutes pour comprendre avec Nasreddine où se trouve la sagesse d’une parole. Un son invite à tourner les pages de cet ouvrage, conseillé à partir de quatre ans. Mais que les grands ne boudent pas leur plaisir ! Emmanuel Mouchotte

coup de coeur Oïgo Bongo / J. Margotton ; A. Maury. - Les Editions du Piano Caméra. - (Les contes du piano Caméra), 2013

Coup de cœur ! Ce livre CD fait suite au spectacle éponyme créé en 2009. La création scénique du second épisode a vu le jour en 2011. Ces deux spectacles sont toujours diffusés en attendant le 3ème et dernier volet (Izmar).

Histoire : Une petite fille espiègle, Lola, se perd en forêt après avoir désobéi à son papa. Capturée par Oïgo Bongo, le terrible croque-mitaine, elle deviendra son esclave dans son sinistre château-usine. Mais sa rencontre avec Lalo, le musicien prodige et Léon, le caméléchat, va changer son destin... On aime : TOUT !!!
- L’exigence du texte qui confère au conte une touche classique
- La création musicale (ambiance sonore, chanson...)
- Le spectacle
- La voix de Bruno Fontaine qui assure tous les personnages et crée une véritable ambiance autour de l’histoire.
- Le suspens

Oïgo Bongo est un conte musical moderne, fantastique et se découvre par épisodes, comme un feuilleton. « Tremblez ! Si par malheur vous me croisez ! ...car je ne suis que le reflet du monde que vous avez créé ! » Sylvia Herbez

Autre lecture

Ce premier volet écrit par Jérôme Margotton, auteur-compositeur, est une invitation à s’aventurer dans un univers surréaliste et fantastique : un ogre emprisonne des enfants ; un chat transformé en carpette et libéré de ce triste sort, se révèle être un caméléchat aux dons merveilleux et à la sage parole. On y rencontre aussi un petit garçon enfermé dans une cage et jouant une mélopée étrange, un trésor, un œil d’or, une évasion, une folle poursuite… voilà des éléments de conte traditionnel pour un récit très contemporain. Pourtant rien ne destinait Lola à vivre cette terrible aventure… Elle est en promenade avec son père dans une vieille guimbarde quand leur voiture soudain s’immobilise. Au milieu d’une route de campagne, avec une épaisse forêt à deux pas. Il est tentant pour Lola de disparaître, avalée par les arbres...

L’écriture est magnifique, les mots sont choisis, recherchés et s’inscrivent avec fluidité dans le récit. L’organisation de l’histoire est claire, vibrante, riche de rebondissements. La mise en page est ponctuée de nombreux chapitres. Les illustrations pleines page sont du graphiste Aurélien Maury. Il utilise trois camaïeux de couleurs différentes pour créer l’univers du conte : la campagne dans des tons bruns-verts tendres ; la maison de l’ogre est signifiée par des gris, ocre-rouge et la fuite dans la campagne enneigée se matérialise dans des tons gris-bleutés, blancs. Le trait est vif, léger et pourrait se prêter à un univers de BD (A. Maury a eu le prix de la ville au 16ème festival BD de Sérignan pour son album Le dernier cosmonaute).

Jérôme Margotton signe également la musique, étrange, magnétique, le piano est très présent. C’est beau. La narration est ponctuée de sons pour illustrer la voiture, les oiseaux dans la forêt, un feu qui crépite… Voici un ouvrage qui se lit avec autant de plaisir que l’écoute du récit dit par Bruno Fontaine, d’une durée de 50 mn.

Piano-Caméra, où quand le conte rencontre la musique est une belle réussite ! On suit les petits héros avec bonheur, on se surprend à les encourager et nous attendons avec impatience le deuxième opus de cette trilogie palpitante ! Claire Py

coup de coeur Ma mère l’Oye / M. Ravel ; E. Fondacci ; N. Francescon. - Gautier Languereau. - (Des histoires en musique), 2013

Elodie Fondacci invente une histoire pour illustrer l’œuvre de Ravel, Ma Mère l’Oye. Une petite fille qui aurait souhaité que sa mère lui lise encore une histoire avant de se coucher décide, bien qu’elle ne sache pas vraiment lire, de se plonger dans la lecture du livre de sa mère Ma mère l’Oye. Dès qu’elle l’ouvre, elle est happée par les lettres et tombe au cœur des histoires dont elle transforme le cours, aidée par son ours en peluche qui s’est mis à parler et se révèle un auxiliaire précieux quoique fort susceptible. L’occasion de revisiter la Belle au bois dormant, La Belle et la Bête, de croiser le Petit Poucet et ses frères...
Pour sortir du livre, il suffit de dessiner une porte comme le suggère le Petit Poucet, dénouement inspiré par Le Petit Prince de Saint-Exupéry. Le doudou a reçu la promesse de retrouver au retour des gâteaux au miel comme ceux de la Bête.
L’histoire peut séduire de jeunes enfants de 4-5 ans, surtout s’ils connaissent déjà les contes de Perrault et de La princesse de Beaumont et donc capables d’apprécier la réécriture heureuse des 3 contes et l’humour tendre apporté par la présence de l’ours gourmand. C’est aussi une incitation à l’exploration des lettres et à la lecture autonome. Il s’agit également d’une réécriture à partir de l’œuvre de Maurice Ravel qu’elle est destinée à illustrer. Il ne s’agit pas là non plus d’être fidèle à l’œuvre musicale elle-même inspirée de 4 contes : La Belle au bois dormant, La Belle et la Bête, Le Petit Poucet et Le Serpentin vert de Mme d’Aulnoy, conte beaucoup moins connu et plus complexe, qui est totalement absent.
Ravel d’ailleurs a composé 3 versions de cette œuvre : une version pour piano à quatre mains, une version orchestrale et un ballet. Il est regrettable que l’album ne propose aucun éclaircissement sur ces 3 versions et leur compositeur : c’est le point faible de cette collection pourtant destinée à initier les jeunes enfants à la musique classique. Aucun éclaircissement non plus sur les morceaux sélectionnés qui auraient pu être davantage développés dans de véritables respirations musicales et pas simplement entrelacés avec la narration (et parasités par des bruitages). Le passage le plus réussi à cet égard est l’arrivée au château de la Bête, le goûter et l’apparition de la Bête.
L’interprétation d’Elodie Fondacci est agréable quoiqu’un peu fade. Celle-ci joue tous les personnages sans avoir la puissance d’une véritable comédienne, surtout lorsqu’elle joue la Bête. Les couleurs des illustrations de Nicolas Francescon, acidulées à dominante verte, le dessin naïf, tout en rondeurs, de personnages qui ressemblent à des jouets articulés et à des sucreries, peuvent plaire à de jeunes enfants mais ne nous ont guère convaincus. Si elles mettent en évidence l’atmosphère sécurisante et la dimension humoristique du texte, elles ne correspondent guère à la musique raffinée et toute en nuances de Ravel.
Malgré ces bémols, c’est un album CD qui se prête à de multiples comparaisons et travaux d’invention.

coup de coeur Mahboul le sage et autres contes marocains / H. Hamdane. - Didier (Contes et voix du monde), 2013

Laissez-vous conter !
Halima Hamdane, conteuse franco-marocaine, nous emmène sous la chaleur du Maroc avec trois contes populaires de son pays en partage.
La bonne purée, conte de randonnée :
Karim refuse de manger la purée préparée par sa mère, alors la mère demande au bâton de faire obéir Karim. Mais le bâton refuse de corriger Karim, alors la mère... Voilà un premier conte très amusant.
Moummou et l’ogresse : conte de dévoration :
Une famille à la recherche d’un toit et d’un travail est hébergée par une vieille femme. Pendant l’absence des parents, celle-ci se transforme en ogresse pour dévorer le bébé, mais décide de le garder en dessert et de manger d’abord les parents. La mère à son retour sent le danger mais son époux ne la croit pas. Heureusement son instinct réussira à sauver toute la famille. Voilà un deuxième conte savoureux où la peur très présente est dépassée. A rapprocher de J’avale le bébé du voisin.
Mahboul le sage : conte facétieux.
Le lecteur comprendra dans quel univers l’emmène la conteuse en traduisant cet oxymore franco-arabe : le fou sage. Mahboul le sage, naïf héros, au fil de l’histoire, se révélera le plus malin de tous.
La conteuse joue avec les langues des deux pays et glisse quelques mots arabes dans la narration en français. Ces mots surprennent, résonnent, se font musique, s’invitent en notre mémoire. Chaque conte est ponctué de comptines tirées du livre disque A l’ombre de l’olivier paru chez le même éditeur en 2001. Ce qui rajoute à la qualité du CD. 35 minutes d’écoutes, 9 plages correspondant clairement aux contes et comptines avec 3 pistes finales, reprise intégrales des contes en arabes.
Cet album à lire et écouter avec bonheur est illustré par Nathalie Novi.

coup de coeur Le vieux Cric Crac / M. Bloch ; A. Huard. - Syros. - (Paroles de conteurs), 2013

Ça commence par « Il était une fois » et c’est bien d’un conte traditionnel qu’il s’agit puisqu’il nous vient des frères Grimm mais Muriel Bloch le renouvelle magnifiquement en une version aux accents actuels.
Donc, il était une fois un vieux roi qui ne voulait pas marier sa fille trop chérie et obligea les prétendants à une épreuve irréalisable : gravir une montagne de sel. Coup de malchance, c’est sa fille qui tombera dans les entrailles de cette montagne et y restera prisonnière d’un vieux plein de mystère avec sa longue barbe grise. Jusque là fidèle au conte classique, Muriel Bloch transforme alors la jeune fille en héroïne capable de se sauver elle-même et de sauver aussi son amoureux…
Est-ce parce que dès la deuxième phrase, la conteuse utilise le présent ? Est-ce parce-que l’on voit de nos yeux grâce à elle, les images de ce rêve étrange ? Est-ce parce-que le choix rigoureux de chaque mot ne nous livre que la substance du conte ? En tous cas, avec sa voix comme seul outil, Muriel Bloch nous embarque. Bien sûr, il faut rajouter un accessoire auquel le lecteur auditeur ne pourra pas être insensible, c’est l’illustration qui facilite le voyage vers les contrées lointaines de l’imaginaire.
Reste que l’histoire ainsi restituée prend une ampleur aisément accessible dès 6- 7 ans jusqu’à l’âge adulte et retrouve une valeur particulièrement savoureuse.
Autre lecture
Le roi refuse de marier sa fille, très jolie princesse. Pour décourager les prétendants, rien de mieux qu’un défi impossible : grimper au sommet d’un montagne de sel… Les jours passent, les prétendants tombent comme des mouches. A force d’insister, la princesse obtient de son père de pouvoir accompagner un des prétendants. Mais elle sombre dans les entrailles de la montagne… Elle y rencontre Cric Crac, ainsi nommé par le bruit qu’il fait avec ses vieux os… Le vieillard la séquestre pendant 7 ans, jusqu’à ce que...
Dans la bouche de Muriel Bloch qui fait craquer terriblement les os et dans l’illustration, le vieux Cric Crac devient vivant, particulièrement réussi.
Muriel Bloch précise, dans la postface, que Le vieux Cric Crac est un des premiers contes de Grimm qu’elle a raconté et raconte encore car il « a su garder suffisamment d’opacité en (elle) pour ne jamais (la) lasser ». Elle a fait évoluer le conte notamment en dotant la princesse d’un caractère plus affirmée. Et nous partageons avec elle le plaisir de ce conte.

coup de coeur La poulette et les trois maisonnettes / F. Morel, D. Di Gilio ; N. Choux. - Syros, 2013

L’une est italienne, l’autre bretonne. Les deux comparses forment un duo irrésistible qui a pour nom : Huile d’olive et beurre salé. Elles ont déjà produit un album fort apprécié : L’ogresse poilue. Cette fois, elles partent sur les traces des trois petits cochons et en donnent une version truculente. Elles ont travaillé le texte à leur mesure, choisissant les mots qui chantent, les scandant comme des rappeuses, utilisant la musicalité de la confrontation des deux langues. Le résultat est particulièrement revigorant et d’une telle bonne humeur qu’avec elles, le loup ne fait pas peur même aux tout-petits. Le seul problème éventuel sera qu’ils voudront qu’on leur passe en boucle... L’illustration de Nathalie Choux avec ses personnages stylisés aux grands yeux sympathiques et ses couleurs franches mais pas agressives, colle tout à fait à l’esprit du texte. Une vraie réussite à proposer dès 2 ans.
Autre lecture
L’album CD s’ouvre sur une chanson qui nous met d’emblée dans l’ambiance Au poula au poula au poulailler…. Une petite poulette rousse orpheline habite chez Grand coq noir et Grosse poule grise, très injustes avec elle. Les ordres fusent, en italien et en français. Alors qu’ils se rendent à un mariage, le loup se fait entendre… Vite ! Il faut construire un abri ! Que Grand coq noir s’approprie, seul. Vite ! Il faut construire une deuxième cabane ! On devine la suite. Et la pauvre petite poulette rousse, qui a construit les 2 cabanes, n’a plus la force de se protéger… Mais une fée lui vient en aide. Juste à temps, le loup arrive…
Entre Cendrillon et Les 3 petits cochons, ce conte qui joue sur les répétitions plaira aux enfants : un loup qui souffle, rote et pète pour détruire les maisons, un petit qui prend sa revanche, des voix qui forcent le trait, grandiloquentes, tout est réunit pour passer un bon moment. Les illustrations sont expressives, dommage que les scènes de dévoration soient éludées.

coup de coeur Biquette et les choux / F. Tamain ; E. Huet. - Ane bâté

Contexte : Une chèvre mange tous les choux de la fermière. Celle-ci fait appel aux animaux pour déloger l’importune mais chacun, l’un après l’autre, refuse…
Ce qui est répété : « Ah ! Tu sortiras, Biquette, biquette. Ah ! Tu sortiras, de ces choux là. »
« On envoie chercher (le diable, le boucher, le veau, l’eau, le feu, le bâton ; (l’animal sollicité) n’veut pas (interagir sur le précédent animal) »
Accumulation par  : Enchaînement-causalité
Autre structure présente : Toboggan
Fin : Rupture

coup de coeur La petite fille aux cheveux d’or qui parlait aux oiseaux / K. Guennoun ; S. Auvin ; C. Menguy. - Les éditions du Jardin des Mots. - (Les Savoureux)

Version kabyle de Blanche-Neige inspirée de « notre grand-mère Tassadit », l’heureuse, qui racontait dans les montagnes du Djurdjura.
Une très jolie jeune femme se fait confirmer tous les mois par la lune qu’elle est la plus belle. Mais un soir : « l’enfant que tu portes sera encore plus beau... ». Ce qui se confirme avec l’arrivée d’une petite fille aux cheveux d’or admirée par tous à tel point qu’à 7 ans, sa mère fait disparaître sa propre fille. Cette dernière trouve cependant refuge dans une grotte habitée par un serpent frappé de malédiction. L’animal -qui fut un homme- l’adopte, lui apprend le langage des animaux, tandis qu’elle devient de plus en plus belle. Malgré les conseils de prudence de son père, à 17 ans, elle s’éloigne de la grotte et se signale ainsi au monde... Le prince tombera bientôt amoureux d’elle. Et l’heure du départ sonne pour la jeune fille. Le père adoptif cautionne cet amour, à condition qu’elle ne revienne jamais sur ses pas. Ce qu’elle oubliera naturellement, car nous sommes dans les contes ! D’autres malédictions en découleront...
De nombreuses thématiques dans ce conte attachant à la fin déroutante : séduction, amour, naissance, ambivalence des sentiments, relation parents/enfants... L’illustration colorée cernée de traits noirs suit chaque étape du conte et ajoute au dépaysement.
La narration de Kamel Guennoun, à la voix douce et posée, est soutenue avec une grande délicatesse par le violoncelle de Claire Menguy. Formules d’introduction et de fermeture enveloppent ce conte venu d’ailleurs.

coup de coeur Le coq mange-noix / R. Mezquita ; B. Carvalho. - Oqo. - (O)

Contexte : Un coq et une poule sont bien « décidés à découvrir le monde » mais voient leur projet chamboulé lorsque le coq s’étouffe. La poule court chercher de l’aide mais chaque rencontre l’amène à … une autre rencontre !
Ce qui est répété :
« - Le coq s’étouffe, le coq s’étouffera, il a mangé tellement de noix ! Allons vite chercher de l’eau à la fontaine, sinon il mourra ! » (chaque personne interpelée accepte d’apporter son aide mais avec une contrepartie).
Accumulation par  : Echange
Autre structure présente : Toboggan
Remarques : Nature, animaux et artisans participent au sauvetage orchestré par la poule emplie de tendresse pour son coq.
Soumis au principe de réalité, (pour couper de la laine qui sert à confectionner des chaussures, il faut des ciseaux), l’enfant, qui suit l’enchaînement logique des pas de la petite poule, est amené à saisir le principe évolutif de la vie : le bénéfice du passage de l’état naturel à l’état culturel.

coup de coeur Le petit cépou / P. Matéo ; B. Heitz. - Syros. - (Album, Paroles de Conteurs)

Saint Denis, banlieue nord. C’est dans ce décor moderne que se déroule l’histoire sans âge du Petit Poucet = Petit Cepou, verlan oblige... Les parents Perrault au chômage et aigris, la grande fratrie que le père perdra "dans la jungle des Halles" (forêt de panneaux publicitaires), l’ogre aux allures de contrôleur, le petit Cépou plus malin qui ramène tout le monde à bon port... Tous les ingrédients sont là, servis par les illustrations très colorées et détaillées de Bruno Heitz et la voix précise et alerte de Pépito Matéo. La fin voit notre petit héros prendre son envol, loin de chez lui.
Une réédition heureuse du texte de Pépito Matéo dans un format album doté de la version contée : la plage de 6 minutes comprend une formulette de fermeture de conte non présente à l’écrit.
Autre lecture
Le texte du conte, publié pour la première fois en 2009 dans la collection Mini Syros Paroles de Conteurs, prend toute sa saveur grâce à l’interprétation de son créateur. Il s’agit d’une transposition dans le monde moderne du conte traditionnel mais aussi d’un détournement aux accents parodiques qui s’adresse, pour être vraiment compris et donc apprécié, non pas à de très jeunes enfants mais aux « Moyennes oreilles »à partir de 8 ans.
Dans ce conte très bref, Pépito Matéo esquisse un tableau assez stéréotypé de la vie moderne dans une banlieue pauvre. Mais l’humour omniprésent montre bien que le plus important n’est pas cette évocation de la réalité. Beaucoup plus intéressant est le jeu constant sur la langue, manifeste dès le titre. Le conte de Perrault, lui-même très humoristique, fonde nombre d’images : le chauffeur du tram, qui emprunte la « rue des Petits-cailloux », a un « visage d’ogre », les contrôleurs « sent[ent] la chair fraîche ». Les jeux sur le rythme et les rimes, soulignées par la mise en page, nourrissent le récit, et la déambulation dans le métro devient un véritable poème. Dans la dernière page de l’album, l’auteur explique comment son amour des mots l’a toujours guidé, lui qui s’identifiait au petit héros du conte. Et c’est finalement l’image du jeune Rimbaud fugueur de Ma bohème que fait surgir fugitivement la fin de l’histoire. Trop fugitivement : la brièveté du conte que l’on ressent constamment empêche le conteur d’installer véritablement l’atmosphère du rêve.
Les illustrations au trait de Bruno Heitz sont très colorées. Elles mettent davantage en évidence l’humour un peu grinçant que l’évasion dans les mots et le rêve, ce qu’on peut regretter. Les personnages qui empruntent à la BD sont saisis en plein mouvement. Le texte est mis en valeur par le jeu sur la taille des polices. Bien qu’il s’inscrive sur des fonds de couleur, il reste lisible.
L’interprétation de Pépito Matéo donne vie aux personnages, met en valeur les qualités de l’écriture, ses variations. La déambulation dans le métro se transforme partiellement en rap. Aucun accompagnement musical : toute la force repose sur la voix du conteur, qui ajoute au texte de l’album la formule de clôture du conte : « Tradéridéra, un rat d’égout passa par là et l’histoire finit là. Tradéridéré, une souris congelée et le conte est terminé. »
Malgré les réserves émises, et le coût relativement élevé de cet ouvrage court, il peut être apprécié par de jeunes lecteurs. En classe, il peut entrer très facilement dans l’étude disciplinaire ou transdisciplinaire des différentes versions du Petit Poucet, de ses adaptations, de ses illustrations.

coup de coeur La belle au bois dormant / P. Tchaikovski ; E. Fondacci ; E. Puybaret. - Gautier Languereau. - (Des histoires en musique)

Elodie Fondacci a eu la bonne idée de publier « La belle au bois dormant », album CD issu de ses émissions Des histoires en musique diffusées sur Radio Classique chaque soir à 20h, c’est aussi le nom de cette collection, chez Gautier-Languereau.
L’auteur a adapté le conte traditionnel, celui d’une princesse qui, suite au vœu d’une fée maléfique, se pique le doigt sur un fuseau à l’aube de ses 16 ans et s’endort pour 100 ans. Elle sera évidemment réveillée par un beau et valeureux prince charmant, happy end.
Ce grand classique de Perrault est agrémenté d’illustrations aériennes, envoûtantes et poétiques d’Eric Puybaret et de la musique de Piotr Tchaïkovski qui vient s’unir très subtilement à la voix de la narratrice animatrice pendant 23 minutes. Dans une parfaite harmonie, la voix et la musique se mélangent, la magie opère avec une interprétation douce et nuancée. Seul bémol, les musiques sont signées Radio Classique sans plus de précision (orchestre, année d’enregistrement ?) et pourquoi pas une plage sur le CD avec uniquement la musique ? Car ces disques peuvent vraiment donner envie de découvrir la musique classique !

coup de coeur Contes d’Haiti / Mimi Barthélémy ; G. Keraval. - Milan

Voici 7 contes choisis par la célèbre conteuse dont on dit qu’elle est « une gardienne des mémoires de la Caraïbe, une voix retrouvée de l’imaginaire et de la mythologie d’Haïti ». Mimi Barthelemy a gardé des îles la fougue et l’énergie. Dans cet album CD, elle nous présente d’abord ses contes comme un menu de fête avec sa langue créole à saveur de cannelle et de citron vert, histoire de nous faire pénétrer dans son univers. Commençant par des contes facétieux qui mettent en scène Bouki et Malice, deux personnages qui font penser au Djeha des contes d’Orient, elle termine par des contes plus sérieux et va même jusqu’à nous emmener au royaume des morts. Mimi Barthélémy pratique un conte chanté très savoureux. Elle n’a pas besoin d’effets spéciaux. La musique qui l’accompagne est discrète, seulement quelques percussions, une guitare et quelques voix masculines. Seule compte la qualité de la voix, sa chaleur, les mots modulés et toutes les couleurs de sa langue, même lorsqu’on ne la comprend pas tout à fait. Ses formules pour rentrer et sortir du conte font l’effet d’un talisman et embarquent l’auditeur dans son monde magique. L’illustration avec ses personnages stylisés et ses couleurs vives renforcent le ton allègre et vivifiant.

coup de coeur Contes d’Algérie / N. Aceval ; M. Truong ; N. Beghdad. - Milan. – (Bouche à oreille)

L’album est composé de 3 contes d’Algérie enchâssés dans le fameux conte du marchand et du génie, (sur le mode des Mille et Une Nuits), dans lequel un riche marchand traversant le désert pour affaire, se trouve confronter au courroux d’un génie l’accusant d’avoir tuer son fils. Et pour sauver la vie du pauvre homme, d’autres voyageurs impuissants défient le génie coléreux avec des contes et des devinettes passionnantes, tellement apaisantes que le génie en oublie sa fureur. Mais "de belles histoires peuvent-elles calmer la colère d’un Djinn ?" nous demande la quatrième de couverture...
Le sommaire pour se repérer, dans le livre et le CD, avec les différents contes et morceaux de musiques, aurait gagner à être plus lisible, notamment en choisissant les mêmes icônes pour les différentes parties d’un même conte. Mais les intermèdes musicaux très jolis ainsi que les contes eux-mêmes illustrés par Marcelino Truong, l’expérience de la conteuse -la lancinante récitation de Nora Aceval et son accent pimenté- nous font passer un agréable moment.
Cette dernière parvient vraiment, comme le précise l’éditeur, à nous transmettre les valeurs ancestrales du Maghreb, pari tenu !

coup de coeur Contes d’Amérique / ill. B. Dubois. - Rue des enfants

Cet album CD qui offre six contes traditionnels peu connus est intéressant, de facture assez sobre. On peut regretter que leur provenance précise ne soit pas indiquée, sauf indication interne au conte. On pourra pour la plupart les retrouver grâce aux sites spécialisés (iletaitunehistoire.com, feeclochette.chez.com...), ou dans le recueil général Contes du monde entier publié par Rue des enfants.
1 - Celui qui n’en faisait qu’à sa tête (conte kutenai, de la région correspondant actuellement au Montana , à l’Idaho , et à la Colombie-Britannique).
2 - Les papillons
3 - Les visages sur le mur
4 - Le grand Corbeau et le harfang des neiges (conte inuit)
5 - Les mouettes du lac Salé (Etat d’Utah)
6 - Bâton, tape !
Deux de ces contes sont étiologiques : origine des papillons (belle histoire assez complexe), origine de la couleur du corbeau et de l’harfang des neiges (conte plus humoristique). Trois sont centrés sur les qualités et défauts indéracinables de l’âme, les défauts finissant toujours par être punis : l’expérience n’instruit pas le héros du premier conte ; dans le 3e conte, la belle dont l’âme est mauvaise ne parvient même pas le temps de quelques épreuves à être serviable et droite, ce qui lui coûte la perte de sa beauté (on pense aux Fées de Perrault) ; dans le dernier, les voleurs finissent par être punis grâce à la solidarité des frères. La cinquième histoire est en réalité récente : elle est liée aux circonstances de l’installation des pionniers dans la région du lac Salé et prend une tonalité étiologique en expliquant le respect des mouettes des habitants de la nouvelle.
Les illustrations sont peu nombreuses, colorées, sans charme particulier. Le CD s’écoute bien. Les voix, féminines et masculines, sont agréables et la diction nette. Certains contes sont plus vivants en raison de leur nature moins narrative, ou de l’expressivité plus grande du conteur (surtout la première conteuse qui clôt également le CD). Il y a relativement peu de musique, dont la ponctuation aide à créer une atmosphère particulière. Le bruitage (fleuve, grillons, oiseaux, orage...) est très subtil.
Un ouvrage à écouter pour le plaisir et pour découvrir le patrimoine oral de l’Amérique du Nord. Il permet des comparaisons avec des contes d’autres continents.

coup de coeur La soupe à rien / Darabuc ; R. Kheiriyeh. - Oqo

Contexte : Une version du célèbre conte La soupe au caillou. Marie Renardine et Jean Chat s’invitent chez Jean Rat mais ce dernier refuse de leur donner un quignon de pain. Ils demandent alors une soupe à rien. Pourquoi pas dans ce cas... Le pingre s’imagine déjà tourner en ridicule les deux pauvres hères...
Une belle manifestation de manipulation de deux lascars qui savent manier les mots pour arriver à leur fin...
Illustrations en collages et textures de peintures pour une mise en scène savoureuse autour de ces 3 escrocs.
Ce qui est répété :
- Si ça vous suffit… répondit Jean Rat
- Si ça suffit ? C’est même trop ! Encore que… Rien : (aliments énumérés + 1)

coup de coeur Rouge : l’ogre qui mangeait les petits enfants / J. Troïanowski. - Makaka

On croit découvrir une énième version de Petit chaperon rouge : une fillette tout de rouge vêtue, pénètre dans une forêt dense et croise un loup affamé... Mais le lecteur sauve l’héroïne intrépide et le conte, connu entre tous, invite d’autres personnages : des enfants abandonnés, un ogre, des lutins...
Hommage à l’univers du conte qui leur préfère une fin plus légère !

coup de coeur Boucle d’or et les trois ours / S. Guarnaccia. - Seuil

Si le texte respecte la trame classique de Boucle d’or et les trois ours, l’illustration transporte le conte dans une modernité des années 50-60 : des vêtements près du corps (Textile Incantations, 1946-1947 - Alvin Lustig), des objets design, une ambiance jazzy...
Les chaises, de Papa ours à Bébé ours :
- Ladderback, 1902 - Charles Rennie Mackintosh
- fauteuil Aegget, 1957-1958 - Arne Jacobsen
- chaise LCW, 1945 - Charles&Ray Eames
Sur un tapis Textile Chequers, 1951 - Terence Conran
Les lits :
- Sofa Anfibio, 1970-71 - Alessandro Becchi
- Lit gonflable Blow 1967 d’après De pas, D’urbino, Lomazzi
Autre mobilier :
- Chaise Série7, 1955
- Chaises Myren, 1952 - Arne Jacobsen
- Table Chess, 1947-1948 - Isamu Noguchi
La vaisselle :
- Vaisselle Picknick, 1956 - Marianne Westman
- Town&country, 1946-1947 - Eva Zeisel
- Cuillère de 1951 - Gio Ponti
- Vase Savoy, 1936 - Alvar Aalto
Décorations d’intérieur :
- Pendule murale Kite, 1953 - George Nelson
- Pendule murale Ball, 1949 - George Nelson
- Plafonnier PH5, 1958 - Poul Henningsen
Voir l’animation proposée

coup de coeur Contes d’Asie / T. Tessier. - Rue des enfants

L’album comprend 7 contes traditionnels. On peut regretter que leur origine ne soit pas mentionnée (On peut toutefois la trouver par exemple sur les sites iletaitunehistoire.com, www.feeclochette.chez.com...
1 - Le petit chacal et le chameau (Inde)
2 - Le rêve de Tao (Chine)
3 - Le choulame (Mongolie)
4 - Le grand-père qui faisait fleurir les arbres (Japon)
5 - Comment l’eau de la mer est devenue salée (Chine)
6 - Le cruel empereur ou la femme fidèle (Chine)
7 - Le tigre, le brahmane et le chacal (Inde)
Les contes chinois et le conte japonais montrent l’importance de la générosité, de la fidélité et de la mesure, qui sont récompensées alors que la jalousie et la cruauté sont punies. Outre cette dimension morale prédominante, 2 contes (1 et 5) ont une dimension étiologique, explicite dans Comment l’eau de la mer est devenue salée. Les illustrations reflètent l’équilibre et l’importance de la nature. Elles sont un peu « sages », mais aux couleurs harmonieuses.
Les différents comédiens d’une qualité inégale parviennent à éviter la monotonie du récit aidés en cela par la musique asiatique. Un livre cd qui propose un agréable dépaysement en Asie grâce à ces contes universels.

coup de coeur Blanche Neige et les sept nains / T. Karpati, B. Arvai, J. Kasza, P. Kama, G. Makhult. - Callicéphale

Le célèbre conte revisité ici sous la forme de 5 petits formats carrés sans texte, présentés dans un coffret.
Blanche-neige en dessin noir et blanc ; avec des personnages tout en laine et décor naturel ; façon parcours à reconstituer (à lire dans le sens de lecture d’un livre arabe) ; au point de croix (avec les grilles en fin d’album pour réaliser à son tour) ; illustré par des gravures aux tons ocres.
Cinq graphismes fort différents d’illustrateurs hongrois qui permettent d’appréhender le conte sous différents angles et ainsi de mieux se l’approprier.

coup de coeur Blanche-Neige et autres contes de Grimm / W. et J. Grimm, A. Duperey, L. Dunoyer de Segonzac ; S. Chebret. - Gallimard. - (Contes de toujours...)

Un conte très connu (une petite demi-heure d’écoute), histoire de princesse, de marâtre et de prince charmant, et deux beaucoup moins célèbres, tous 3 dans la version des frères Grimm :
- L’homme à la peau d’ours, un ancien soldat mis à l’épreuve pendant 7 ans qui sera récompensé par l’amour (16 mn) (ce conte est peut-être un peu plus difficile à comprendre que les 2 autres).
- Les trois fileuses qui voit une jeune fille accéder à un mariage princier, sans trop se fatiguer (8 mn).
Les illustrations occupent une grande place mais sont assez édulcorées. La sorcière n’effraiera personne, Blanche Neige n’éblouira pas plus...
La narration par la comédienne Annie Duperey sonne très juste et les différents récits sont rythmés par des intermèdes musicaux-quelques phrases jouées au piano ou au violon- en adéquation avec les tensions du récit.
On se laisse emporter par ces contes traditionnels renouvelés par leur mise en voix et en musique, tout en préférant le CD au livre.

coup de coeur Contes du bout des doigts / A. Calleja. - Didier

Compter au rythme des contes : un vilain petit canard, 3 petits cochons, 7 frères corbeaux... L’univers des contes s’immisce dans le livre à compter et l’auteur revisite les classiques avec une concision et un esthétisme intelligents.

coup de coeur Baba Yaga / E. Devos, E. Orhun , O. Cohen. - Thierry Magnier

La voix très agréable de la comédienne laisse de grandes respirations au texte. Le rythme lent baigné de la musique très créative des cordes et des instruments à vent servent eux aussi favorablement le texte. Textes et musique forment un ensemble profond et vivant.
Le conte traditionnel russe est bien servi par les illustrations originales et sombres qui rappellent celles de la forêt, archétype de la frayeur et du mal.

coup de coeur Bien fait pour le diable, un conte de Cuba / M. Bloch ; B. Bataille. - Gallimard. - (Conte du bout du monde)

Ce conte populaire cubain a été traduit et librement adapté par Muriel Bloch qui nous le restitue de sa voix experte. Un homme au nom significatif, El Bizarron, est à la fois doué d’une force impressionnante et d’une intrépidité à toute épreuve. Ayant appris que le diable cherche un homme à tout faire, il se présente. Il se révèle particulièrement malin, ce qui conduit le diable à vouloir s’en débarrasser, en vain !
4 pages documentaires : carte de l’île de Cuba, présentation des principaux genres musicaux et instruments entendus sur le CD. Le texte, très lisible, constitue dans la page un cercle dans lequel s’insèrent de petites vignettes. Expressives, colorées (dominante rouge bien sûr !) et humoristiques, les illustrations plairont aux enfants.
La voix chaude de Muriel Bloch met en valeur l’humour du conte. La musique de Cuba, qui accompagne le récit, donne envie de bouger et de danser, une musique de fête… On découvre ainsi 10 extraits musicaux variés, dont les références précises sont données dans le sommaire final.
A proposer à partir de 4-5 ans.

coup de coeur L’ oiseau de vérité / J. J. Fdida, J. M. Machado, R. Lejonc . - Didier. - (Album CD)

Ce conte merveilleux issu de la tradition orale met en scène trois enfants rois arrachés à leurs parents par une Reine-mère jalouse. Une fois devenus grands, ils partent en quête de leur identité. Commence alors un voyage initiatique qui les emmènent au pied de la Montagne noire où habite l’Oiseau de Vérité, montagne qu’il faut gravir sans se retourner... Tout est bien qui finit bien. Les enfants retrouvent leurs parents, délivrent leur père de son aveuglement et libèrent leur mère de sa prison. Quant à la Reine-mère, elle est justement punie, vouée à un châtiment éternel. Le livre a été conçu avec soin, et il y a entre le texte et les illustrations une véritable harmonie, une recherche de continuité due à la disposition des paragraphes, à la typographie et au choix des fonds colorés. Régis Lejonc a su créer en outre de remarquables images, puissantes, d’où se dégagent une atmosphère de tragédie.
Le disque est empreint de la même ambiance : l’interprétation est théâtralisée, impressionnante, soutenue par une musique d’accompagnement en parfaite adéquation. A n’en point douter, on évolue, « dans un univers sans mièvrerie », mais quelque peu étouffant, presque effrayant, et à mon sens, parfois exacerbé, en décalage par rapport au conte : les moments de bonheur ne transparaissent jamais comme si la tension ne retombait pas....un peu éprouvant !
Pour adultes et enfants déjà grands.

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