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Dernière mise à jour :
dimanche 25 septembre 2016

Mot Clé : Philosophie




Album(s) :


coup de coeur La couleur du vent / Nastassja Imolek. - Le baron perché, 2014

Lou habite un tout petit village, derrière la montagne. Il regarde pousser l’herbe et passer le temps, jusqu’au jour où lui viennent des questions folles : Pourquoi l’herbe pousse ? Pourquoi j’existe ? D’où venons-nous, tous ? Y répondre devient l’unique but de sa vie. Il part donc à l’aventure. Il lui faudra trouver d’où vient le vent, car c’est ainsi qu’il comprendra d’où naissent les hommes....

La sensibilité de cet album est remarquable. L’intelligence du texte aux accents de conte étiologique, la simplicité du trait, en font un ensemble à la fois délicat et profond. Il accompagnera en douceur les questionnements des enfants dès 4 ans. Ewa Bochenski

A partir de 4 ans

coup de coeur Mon oiseau / C. Demilly ; M. Astrié. - Grasset. 2014

« Mon oiseau », oui, mais aucune notion d’appartenance dans ce "mon". Juste une affection immense entre un petit garçon et l’oisillon blessé qu’il a soigné. Cette relation toute simple permet d’aborder de grandes notions comme la liberté et le respect, le sens de la vie, l’amour...
Ce grand album carré dispense, dans une harmonie des formes et des couleurs, la quiétude qui va de pair avec la généreuse ouverture vers autrui.

coup de coeur Pollen : une histoire d’amour / D. Cali ; M. Barengo. - Passe-Partout. 2013

Elle prend soin sans relâche d’une fleur blanche dont la beauté lui est apparue comme une révélation. Tous les matins, elle espère une nouvelle fleur ; mais rien de vient récompenser « chacune de ces petites attentions ». « Un excès d’amour peut-il dénaturer la chose aimée au point de la faire mourir ? » « Aurais-je donc aimé et soigné cette plante en vain ? »
Une histoire lente et patiente, illustrée en sépia, pour une philosophie de vie qui préconise d’« aimer par amour et non pour donner ou recevoir en échange » et de vivre l’instant.

coup de coeur Où va-t-on quand on disparaît ? / I. Minhos Martins ; M. Matoso. - Notari. 2013

La vie est mouvement, départ, métamorphose... Quel est le sens de cette impermanence des choses, des êtres ? Comment négocier l’absence ?
Un album étonnant dans sa capacité à poser des questions existentielles en jouant sur le ludique et le poétique, en passant du léger à la plus obscure des questions : où va-t-on quand on disparaît ?

coup de coeur L’ une belle, l’autre pas / C. Honoré ; G. Le Gac. - Actes Sud. 2013

D’entrée de jeu, une page orange très flashy, qui rend la lecture du texte, en noir ou blanc, difficile. Premiers mots : « C’est moche ! »
Nous sommes prévenus : il sera question de beauté, de jugement... A nous de nous adapter, d’être ouverts à une autre façon de voir, de penser. Patchworks d’imitations tissus et pages colorées alternent, se mêlent, des découpes dans la page accentuent les imbrications, pas de repos, le regard doit rester vif et disponible. Voici pour la mise en condition.
L’histoire : Deux sœurs s’opposent, l’une est « brouillon », « pas soignée », a « mauvais goût » tandis que l’autre a le sens du beau, de l’harmonie, du soin. Au terme d’une « semaine du mauvais goût » imposée par la narratrice, la famille réfléchit à la notion du beau et chacun propose sa définition. Ne comptez pas sur Christophe Honoré pour apporter LA vérité, il est bien plus intéressant de continuer à jouer sur les ambiguïtés.
Dans la même veine que La règle d’or du cache-cache, les deux auteurs nous offrent un livre étonnant, drôle et ouvert. Engouffrons-nous, seuls ou mieux encore à plusieurs pour entamer une discussion...

coup de coeur La gigantesque petite chose / B. Alemagna. - Autrement

Il fallait bien cet oxymore pour tenter de décrire cette chose aussi volatile, fugace, subjective, universelle et rare... Sous forme d’une devinette, Beatrice Alemagna nous parle du bonheur que l’on recherche, qui effraie, qui peut faire souffrir aussi… Pour donner corps à cette notion au caractère insaisissable, elle lui associe de magnifiques tableaux grand format.
Le bonheur… un trésor à dénicher dans son rapport au temps, aux autres, à la nature… qui peut se trouver par exemple dans la lecture de cet album poétique, sobre et émouvant.

coup de coeur Une vie exemplaire / Floc’h. - Hélium

Entre prosaïsme et philosophie, cet album hors norme énumère des conseils, des règles de vie quotidienne et spirituelle. Une vie exemplaire sera assurée à conditionner d’« aimer les chapeaux », de « s’interroger sur le sens de la vie »... et de « ne pas oublier que nous sommes mortels »... C’est une drôle de famille composée d’un père, de sa fille et d’un lapin qui nous la présente.
A la question de Jean-Luc Fromental, en 4° de couverture, de savoir si l’on confierait nos enfants à l’illustrateur Floc’h, la réponse est OUI, tant cette fantaisie empreinte de légèreté et teintée d’un mordant indéniable paraît saine.

coup de coeur Tête à tête : 15 petites histoires pas comme les autres / G. De Kockere ; K. Verplancke. - Milan. - (Album Milan)

15 dialogues d’animaux, incongrus, drôles et pas si bêtes, sur des thèmes philosophiques comme la mort, la connaissance et l’intelligence, la relation à soi et aux autres, la beauté...
Des histoires courtes illustrées sobrement, à destiner aux enfants dès 8-9 ans.

coup de coeur La grande question / W. Erlbruch. - Etre

Une question implicite : pourquoi est-on sur terre, 21 réponses archétypes qui laissent la porte ouverte à toutes celles que l’on trouvera au fil de la vie.
La dépouillement des dessins et la douceur des couleurs laissent toute la place à l’acuité du propos.

coup de coeur Le livre de Yann / H. Geelen. - Autrement

Le chat sur les genoux, blotti dans le giron de sa mère ou dans les bras de son père, Yann s’initie avec brio aux questionnements philosophiques ; cela donne une réflexion naïve et pleine de fraîcheur autour du je, du moi, de l’autre, de l’amour. Beaucoup de créations jubilatoires dans le langage et la perception de la vie.

Roman(s) :


coup de coeur Seul avec mon chien / Béatrice Masini. - La Joie de Lire (Hibouk), 2015

Le jour où le roi du domaine où vit Miro et ses parents décide que les chiens doivent être supprimé, c’est la folie de trop. Le petit garçon s’enfuit donc avec Tito, son petit chien adoré. On suit alors le parcours initiatique du petit garçon qui, tour à tour, va rencontrer la Peur, la Soif, le Repos, le Doute, .... tous personnifié sous les traits de différents vieillards plus ou moins malfaisants.
Un roman philosophique parlant de la vie, de nos rencontres, de nos choix, et surtout de confiance. Pour public averti. Marie Chaillet

A partir de 12 ans

coup de coeur mes animaux / Agnès Desarthe. - Ecole des Loisirs, 2014

Recueil de quatre histoires parues dans la collection mouche : C’est qui le plus beau, Yvan le Teckel, Je veux être un cheval et Igor le labrador. Concours de beauté,exclusion, question d’identité ou encore peut-on vendre son âme au diable sont au programme.
Chaque histoire est illustrée. L’écriture est très agréable et le récit donne envie d’être partagé. Les mots sonnent comme un conte ou plutôt une fable qui pousse le lecteur réfléchir car si tous les personnages sont des animaux, ils sont très humains ! Toutes les histoires sont intéressantes même si mes préférées sont la première où un jeune gnou tente de savoir s’il est vraiment le plus beau comme le lui répète souvent sa mère et la dernière où un jeune labrador apprend que l’argent ne fait pas toujours le bonheur...
Un livre qui se révèle contenir de très bonnes histoires à conter à voix haute pour, pourquoi pas entamer ensuite des échanges philosophiques ! Elémentaire/Collège Marion Uteza

A partir de 8 ans

coup de coeur Je me demande / Jostein Gaarder ; Akin Düzakin ? - La Joie de Lire, 2014

Le narrateur, enfant, s’interroge : "Qu’est-ce que le temps ? Ce qui est passé disparaît-il pour toujours ?", "Puis-je être sûr que tout ce dont je me souviens est véritablement arrivé ?". Un magnifique petit livre rempli d’interrogations simples mais essentielles, qui n’apporte aucune réponse mais invite l’esprit du lecteur au vagabondage. Parce qu’il n’existe pas qu’une seule vérité. Accompagnées de très belles illustrations, ces petites questions philosophiques sonnent très juste. A lire ! Marie Chaillet

A partir de 8 ans

coup de coeur Elle est où la ligne ? / D. Cali ; J. Jolivet. - Oskar. - (Trimestre). 2013

Thomas voyage seul en train pour la première fois. Ses parents sont sur le point de divorcer et ont décidé de l’envoyer passer ses vacances chez sa grand-mère. Alors qu’il arrive à Paris gare de l’Est pour prendre une correspondance, une grève surprise est déclenchée. Il appelle sa maman qui le rassure et lui conseille de manger tranquillement les sandwichs qu’elle lui a préparés en attendant l’arrivée de sa grand-mère. Alors qu’il est installé au pied du panneau d’horaires, un SDF s’approche et engage avec lui une conversation sur la vie et les lignes réelles et imaginaires.
Ce roman est une réflexion passionnante sur ses fameuses lignes que certains franchissent tandis que d’autres restent sur le quai. Parfois encore, d’autres les ont dépassées sans en avoir eu conscience et aimeraient revenir en arrière sans succès. Difficile de faire le bon choix !
Davide Cali et Joëlle Jolivet nous offrent ici un roman illustré intéressant et un poil philosophique.
Autre lecture
Ses parents viennent de divorcer, il va passer l’été chez sa grand-mère. A tout juste 10 ans, il effectue son premier voyage seul et cogite... « Je réfléchis beaucoup et souvent, dans ma tête… » A ses parents par exemple : « Je ne comprends pas comment on peut arrêter de s’aimer si on s’est aimés avant. Je ne comprends pas ça. Est-ce qu’il y a une ligne avec l’amour d’un côté et le non-amour de l’autre côté ? Une ligne qu’on peut franchir sans le faire exprès ? » Et ce clochard qui vient lui tenir compagnie à l’annonce de la grève, comment a-t-il franchi la ligne et laissé derrière lui la vie normale ?
Un ouvrage qui dit la fragilité de la vie mais aussi tous les chemins possibles ; ces « lignes qu’on traverse ou pas » sont autant de potentialités à construire sa vie.
Encore un titre sensible et fort dans cette collection (Trimestre) que l’on apprécie décidément beaucoup, illustré ici par Joëlle Jolivet. Elle donne aux lignes toute leur portée.

coup de coeur Personne ne te sauvera / F. Colin. - Flammarion. - (Tribal)

Manon jeune bachelière apprend qu’elle a un anévrisme cérébral susceptible de se rompre à tout moment. Se faire opérer, risquer les diverses séquelles imaginables... c’est une lourde décision à prendre, Manon préfère la fuite. Direction Las Vegas où elle rencontre Dorian qui joue le vampire sur scène. Mais Manon saisit derrière le jeu une vérité que l’étrange jeune homme finit par reconnaître : Dorien est bel et bien un vampire qui vieillit 20 fois moins vite que les humains : « une existence plus douloureuse et sauvage, des sentiments puissants et des pouvoirs divins - une vie moins ordinaire, en somme ». Manon arrivera-t-elle à convaincre Dorian de la faire devenir l’une d’eux ? Et le souhaitera-t-elle encore lorsque la situation changera pour elle ?
Une réflexion sur notre rapport à la vie, à la jouissance que chacun peut en faire ou non, avec pour toile de fond des histoires de vampires, d’amour et de haine. « Les gens aiment bien avoir peur et savoir dans le même temps que leur peur est sans fondement. Ça les aide à se persuader que le monde n’es pas si sombre qu’il en a l’air. Alors qu’il l’est, bien sûr. Alors qu’il est bien plus que ça. »
Autre lecture
Manon, 17 ans, doit se faire opérer pour espérer échapper à l’anévrisme qui menace sa vie. Mais, devant les risques chirurgicaux, elle décide de fuir à Las Vegas pour repousser son angoisse. Sa rencontre avec Dorian, dont elle pressent la condition de vampire, va changer sa vie... Mais quel peut-être son avenir ?
Un roman initiatique qui utilise la figure du vampire pour mieux réfléchir sur la condition de mortelle. Le décor que constitue pendant une partie du livre la ville du jeu et de l’illusion renforce cette dimension réflexive. Qu’est-ce que la vie ? Quels choix faire ? Le récit fait entendre principalement la voix de la jeune fille qui nous émeut mais nous trouvons aussi des retranscriptions "d’enregistrements audios" et le carnet de Dorian complète l’écriture. L’histoire, très courte, incite le lecteur à s’imaginer à la place de l’héroïne, que choisirions-nous ?
« Confrontées à l’idée de leur disparition prochaine, la plupart des personnes expérimentent cinq paliers : d’abord le refus, puis la colère, la négociation, la dépression et enfin l’acceptation. J’avais connu les quatre premières étapes, avec une nette prédilection pour la colère. Assise sur mon lit, lumières éteintes, je restais prostrée des heures durant, à ressasser les mêmes pensées lugubres. Un temps, je dois l’avouer, l’idée du suicide m’avait effleurée. Mais, tel un oiseau égaré, elle était vite repartie. Pourquoi me tuer ? Il suffisait d’attendre. »

coup de coeur La légende du Roi errant / L. Gallego Garcia. - La Joie de lire. - (Hibouk). 2013

Walid, prince héritier de Kinda, rêve de devenir un grand poète, le plus grand des poètes. Mais lors des concours qu’il organise en son royaume, il est battu, par trois fois, par un homme modeste et humble. Bientôt, Walid est obsédé, non plus par l’idée de battre le poète, mais de le mener à sa perte, humilié d’avoir été vaincu, de façon grandiose qui plus est, sur son terrain. La vengeance sera insidieuse, longue, cruelle, avec une punition ultime qui l’oblige à créer un tapis retraçant l’histoire de l’humanité. Les années passent et le prince, devenu roi, change profondément et, contrit de culpabilité, éprouve le besoin de se racheter auprès des fils de celui qu’il a détruit. Une longue errance commence…
Cette épopée, entre aventures du désert et conte philosophique, suit le parcours d’un orgueilleux repenti cherchant la rédemption. Sa quête l’amènera à comprendre qu’un destin se forge et qu’il n’est nulle fatalité pour qui sait prendre ses responsabilités. L’ouvrage offre également une belle réflexion sur l’art, la poésie, l’amour…
Autre lecture
Le prince Wallid souhaite être reconnu comme étant un grand poète. Mais il manque dans ses compositions du cœur pour réussir à émouvoir son auditoire. A trois reprises, il sera vaincu par un humble tisserand au grand concours de poésie qu’il organise. Blessé dans son orgueil, il tente alors d’imposer au pauvre homme des défis titanesques, que ce dernier réussit à chaque fois jusqu’à ce qu’un jour...
Conte oriental philosophique et symbolique qui nous offre de suivre les péripéties d’un jeune homme riche et fortuné qu’une blessure d’orgueil va entraîner dans un long périple vers la rédemption. Peu de hasard dans ce long cheminement personnel mais une quête sous l’égide des Djinns. Un joli texte. « Ecoute-moi bien : nous sommes tous responsables de nos actes, aussi bien des bons que des mauvais. Et la vie rend toujours ce que toi tu donnes. Ne l’oublie jamais, mon fils. N’oublie pas que la vie nous fait payer un prix... »

coup de coeur Sabotage / M. Pouchain. - Oskar. - (Court métrage)

Camille s’est mise à lire Dostoïevski pour tenter de plaire à Gaspard. Il sera sans doute à la soirée pour laquelle elle se prépare et son souci de paraître désirable à ses yeux prend autant de place, dans son monologue -qui fait référence aux Carnets du sous-sol- que ses doutes existentiels. « Dostoïevski, en fait, je lui ressemble… pour la gamberge, pas pour le talent ».
Une logorrhée dispersée, éclatée, dont on attend le dénouement…
Dans un style très oral ponctué de SMS, Martine Pouchain propose une première grille de lecture de l’œuvre de Dostoïevski et nous invite à penser notre rapport à l’autre.
Autre lecture
Camille a flashé sur Gaspard en tombant sur une de ses dissertations sur le bonheur. Elle se prépare en espérant pouvoir le séduire. Elle a même lu Dostoïevski pour mieux le comprendre. Mais la soirée va prendre un tour inattendu. Camille réfléchit beaucoup et sa caractéristique principale est... l’indécision !
Un court roman qui interroge sur la séduction et ses codes. On réfléchit avec l’héroïne, on rit, on se laisse porter par cette écriture nerveuse qui nous bouscule... 38 pages qui illustrent la citation des Carnets du Sous-sol de Dostoïevski : « Que doit-on préférer : un bonheur facile ou des souffrances élevées ? ». Camille, elle, a choisi...
« Moi, je n’ai pas envie de passer à côté de la mienne de vie et...Tiens finalement, je vais remettre mon jean... Le mieux, ce serait de ne pas parler du tout... on ne ferait rien que se regarder et nos âmes se mélangeraient et ... Ouh lala, attention, il n’y a pas que des avantages ! Rien que d’imaginer que Gaspard puisse regarder à l’intérieur de ma tête quel foutoir c’est ! »

coup de coeur Les enfants de Babel / E. Cansino. - Ecole des loisirs. 2013

Ce roman présente un joli méli-mélo de personnages et de sentiments. On retrouve un peu de soi dans chacun des habitants de cette tour de la banlieue de Séville. A leur manière, ce sont tous des héros ordinaires qui, par leurs parcours, leurs choix de vie et leurs erreurs, offrent une belle leçon de vie, simplement. Le roman est empreint d’une douce lenteur et de philosophie portée par le personnage d’Angel, enseignant oui, mais plus que cela ! Au final, ce roman aborde la transmission sous toutes ses formes. Il en ressort tant d’émotions et de fragilité qu’il est impossible d’y rester insensible.
Autre lecture
Un roman espagnol dont l’intrigue se déroule pour l’essentiel dans la grande tour d’une cité à la dérive. Première (petite) surprise : les cités espagnoles semblent identiques aux cités françaises : les mêmes graffitis, trafics et immigrés clandestins. Deuxième surprise : le personnage principal de ce roman pour ados -héros pourrait-on dire, tant il est courageux et sympathique- est un adulte, un professeur de philosophie d’une cinquantaine d’années. Il est en contact permanent avec des jeunes du lycée et de la tour mais a sa propre vie d’adulte, de solitude suite à la mort de sa femme et de responsabilités professionnelles. Responsabilités complexes. A-t-il le droit ou le devoir d’aider un élève africain à faire entrer clandestinement son jeune frère en Espagne ?
Un roman remarquable et exceptionnel qui fera grandir ses jeunes lecteurs. Coup de coeur de David

coup de coeur Aristote in love / A.-G. Balpe. - Rouergue. - (Dacodac)

Lorsqu’il rencontre Mina pour la première fois, Aristote est bien obligé, face à ses questions, de reconnaître qu’il n’avait jamais véritablement songé à l’origine de son prénom. Un prénom bizarre certes mais qui était Aristote ? Il partage les résultats de son enquête avec Mina et se sentant pousser une vocation, lui propose de monter ensemble une Agence de philosophie. Pour répondre à des questions aussi fondamentales que "L’amitié entre garçon et fille est-elle possible ?" "Est-ce qu’il vaut mieux voir les films en 2D ou 3D ?" Et une plus délicate : Qui est mon père ? Avec Mina, Aristote découvre le syllogisme, son identité, l’amour...
Quel petit roman tendre et drôle ! Les relations d’Aristote avec Mina, sa mère, son cousin, sont chacune différentes mais construisent un personnage "grand et fort comme quelqu’un qui n’a plus peur de répondre à toutes les questions."

coup de coeur Revolver / M. Sedwick. - Thierry Magnier

Le texte s’ouvre sur un décès, celui du père de Sig, en plein milieu d’un lac gelé de Suède. Sig n’a pas l’occasion de vivre son deuil puisqu’aussitôt rentré à la maison avec son cadavre de père, il tombe sur un géant glaçant. Qui vient réclamer son dû…
C’est une double histoire que nous suivons : celle de Sig confronté à l’angoisse de cet homme menaçant ; celle de son père, 11 ans plus tôt, en 1899, qui tenta de faire fortune dans le filon de l’or en Alaska. Le fil conducteur : un Revolver. Comme un nœud central symbolisant le dilemme des personnages, celui du choix entre le bien et le mal. Sig devra se positionner : fera-t-il honneur à la foi de sa mère décédée ou au pragmatisme de son père ? Aucun manichéisme dans sa réponse.
Un texte troublant, glaçant à certains égards -comme l’environnement du roman- qui montre la vie misérable d’hommes qui tentent, chacun à leur manière, de survivre.

coup de coeur Le conteur philosophe / M. Piquemal. - Albin Michel

En de très courts textes (pas plus d’une page ou deux), le conteur Sophios dispense son savoir à ses disciples, à nous lecteurs. Liées aux questions des élèves, aux évènements du jour, les leçons font mouche de par leur simplicité et leur pertinence. Un livre à feuilleter, à méditer, à interroger aussi -avec son index thématique- pour tous dès 8-9 ans.

coup de coeur Si jamais… / M. Rosoff. - Hachette. - (Black Moon)

Une seconde. Une toute petite seconde suffit pour passer de vie à trépas. Et cette conscience aigüe de la fragilité de la vie bouleverse David. Le destin est trop cruel, il va chercher à tout prix à lui échapper. Même s’il faut pour cela changer de nom (Justin Case), de look, d’habitude de vie... Cette angoisse l’habite au point de le conduire jusqu’au bord de la folie... Mais Justin est entouré, de ses amis, de sa famille. Et grâce à eux tous, il arrivera enfin à voir la vie sous un angle plus apaisant.
Un roman qui souffre de quelques longueurs mais au thème original.

coup de coeur Rien / J. Teller. - Panama

De sens à la vie, il n’y en a point. Aucun. Rien. C’est la découverte de Pierre Anthon qui a décidé depuis de ne plus aller à l’école. Etudier pour trouver un travail, pour prendre des congés ? A quoi bon… Ses camarades de 4°A l’écoutent, agacés puis courroucés. Il faut absolument prouver à cet empêcheur de tourner en rond que la vie n’est pas que vacuité. Pour cela, ils alimentent à tour de rôle, dans une rare détermination et avec beaucoup de sacrifices, le mont de signification.
Le pieux Kaj, Grand Hans, Dame Werner, Petite Ingrid… - comme si accoler des adjectifs à leur nom pouvait donner une consistance à l’être – autant de personnages qui s’escriment à prouver le sens de la vie… Cette tentative désespérée les mène tout droit au drame ; le drame lui-même fait-il sens ?
Un livre d’une auteur danoise, par moment très violent, dérangeant, puissant qui fait entrer de plein fouet les adolescents dans la philosophie. Sans doute nécessite-t-il un passeur, des précautions, il s’adresse tout au moins à des lecteurs plus âgés. Coup de coeur de Julie

Et aussi... :


coup de coeur Petites histoires du monde / Jean-Claude Carrière ; Anna Forlati ; Lionel Rolland. - Bulles de savon, 2014

"Scénariste, dramaturge, romancier, chroniqueur, voyageur", Jean-Claude Carrière nous invite dans sa maison de Paris pour écouter le merveilleux conteur qu’il est aussi, lui qui pendant 25 ans, a collecté des histoires dans tous les pays traversés.
Entrez, la porte est ouverte. Installez-vous tranquillement et donnez au temps le silence de la rencontre. Laissez-vous surprendre par ses 29 petites histoires ou contes philosophiques d’une immense sagesse. 29 petites histoires (entre 20s et 2’30mn chacune), profondes et minutieuses, transmises oralement grâce au lien sensible tissé avec l’autre. 29 petites histoires qui scrutent l’âme humaine entre générosité et absurde. La voix de Jean-Claude Carrière porte le voyage. Aiguisée, dense, subtile, elle enseigne et laisse résonner les mots, fragiles et précieux morceaux de mémoire. Anna Forlati magnifie ces rencontres par des illustrations extrêmement présentes et imagées. Lionel Rolland, de quelques notes légères au son du oud, bendir et guitare, crée les respirations entre chaque récit.
Partout dans le monde, des hommes se racontent des histoires pour partager ce précieux goût de l’ autre et du vivant. Si vous souhaitez approfondir l’origine de ces récits, procurez-vous le livre de Jean-Claude Carrière : "Le cercle des menteurs" / Pocket 2010, d’où sont extraits les textes de ce très bel album. Magnifique ! Claire Py

A partir de 9 ans

coup de coeur Nasreddine / Odile Weulersse ; Rebecca Dautremer - Flammarion (Les albums en musique), 2013

Aujourd’hui, Nasreddine accompagne son père au marché. Il charge les dattes sur le dos de l’âne et son père, Mustafa, monte sur le dos de la bête jusqu’aux portes de la ville. Un vizir se moque ouvertement de leur monture, incriminant le père de laisser son fils patauger pieds-nus dans la boue. Nasreddine couvert de honte préfère rentrer à la maison. Son père lui répond : « Fais selon ta fantaisie ! » La semaine suivante, il tond les moutons et accompagne ensuite son père chez le tisserand. Il feint de se tordre la cheville pour monter à dos d’âne et éviter à nouveau les moqueries. Malheureusement pour lui, des femmes qui lavent leur linge sur le chemin, s’étonnent du manque d’autorité de Mustafa et de l’irrespect de Nasreddine envers son vieux père. Une fois de plus, il fuit à la maison et une fois de plus son père approuve en lui répétant « Fais selon ta fantaisie ! ». Quelques jours plus tard, le jeune homme emmène des poules et un coq au marché. Cette fois, il montera sur l’âne avec son père et leur chargement ! Malheureusement pour lui, des vieillards installés en terrasse s’insurgent de voir le pauvre âne crouler sous le poids de deux hommes et d’une énorme cage… C’en est trop pour Nasreddine. Le prochain convoi se fera à pied pour tout le monde. Moqué une fois de plus par un groupe d’enfants, Nasreddine en perd son bon sens et décide… de porter l’âne ! Mustafa, qui jusque-là a toujours respecté les choix de son fils et sa fuite incessante devant les bavardages des uns et des autres, lui fait comprendre qu’il est temps d’assumer les actes qu’il estime pleins de sagesse et de ne plus avoir peur du ridicule et du jugement des autres. Un conte moral bien mené et agréable à écouter, d’environ quinze minutes pour une des célèbres fables de Nasreddine bien connues au Moyen-Orient. Mathilde Demougeot

« Nasreddine » chez Flammarion est une réédition de 2005, agrémentée d’un CD dans la collection « Les albums en musique du Père Castor ». Odile Weulersse, auteur, aime raconter aux enfants des aventures inspirées du passé et de différentes cultures. Elle adapte ici un conte de la culture musulmane où la popularité de Nasreddine dépasse les siècles et les générations. Ce personnage est mythique et fort sympathique ! L’histoire met en scène un âne et Mustafa, le père de Nasreddine. Notre petit héros est confronté, à chaque fois qu’il se rend au marché avec eux, aux railleries des passants. C’est qu’il a une certaine façon de cheminer avec son âne… Il ne sait plus comment faire avec la honte qu’il ressent face aux critiques. L’absurdité des situations, leurs apparentes drôleries, nous font rire. Mais une partie importante de l’histoire possède une qualité d’enseignement et nous aide à comprendre nos comportements. L’histoire est racontée par Nathaël Berthier et Benjamin Scampini avec la participation de Céline Bouzet. La composition musicale est de Pascal Ducourtioux où l’oud, luth oriental joué par Anas Cherkaoui, évoque l’Orient, berceau de la naissance de Nasreddine. Il nous invite au voyage. Enfin, Rebecca Dautremer signe ici de fines illustrations de grande qualité. On reconnaît son inspiration photographique où la couleur, la lumière et les jeux d’ombre, le cadrage et la profondeur de champ sont autant d’ingrédients qui font de chaque dessin des petits bijoux qu’on a plaisir à admirer. Ils transcrivent bien le comique des situations. Treize minutes pour comprendre avec Nasreddine où se trouve la sagesse d’une parole. Un son invite à tourner les pages de cet ouvrage, conseillé à partir de quatre ans. Mais que les grands ne boudent pas leur plaisir ! Emmanuel Mouchotte

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