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Dernière mise à jour :
dimanche 25 septembre 2016

Mot Clé : Roman historique


Roman(s) :


coup de coeur Le mystère Velázquez / Eliacer Cansino. - Bayard, 2015

Nicolás, dont la mère meurt en le mettant au monde, est vendu à l’âge de 7 ans par son père à la cour du roi d’Espagne. Il nous fait partager sa vie de 7 à 17 ans. Seul, abandonné de tous, il va se battre pour se faire une place de choix. Son handicap : il est nain. Ses atouts : il est très intelligent et a une mémoire hors norme. Il sait tirer profit des conseils qui lui sont prodigués et va réussir à se faire respecter de la cour et devenir le confident du peintre Diego Velázquez. Il va nous faire partager un moment de la vie de chacun des personnages du tableau le plus célèbre de Velázquez. Un roman historique qui bascule dans le fantastique avec l’apparition du personnage très inquiétant de Nerval. Après la lecture de ce livre on a vraiment envie de se plonger dans le tableau des Menines. Corinne Tissier

A partir de 12 ans

coup de coeur La colombe de Montségur / Catherine Cuenca. - Oskar Jeunesse (Histoire), 2014

Fille d’un homme converti au catharisme mort sur le bûché, Ava vit chez son oncle, homme d’église, avec ses deux autres cousins. Parce que leur famille est ruinée, Ava est promise au comte d’Orban. Mais cette alliance qui rend la jeune fille malheureuse va être remise en question par le jeune palfrenier Jonathan, dont l’assurance proviendrait d’un mystérieux pouvoir…

Sur fond de croisades et de chasse aux cathares, ce très bon roman est une histoire d’amour impossible, de trésor caché et de vengeance, avec, en plus une touche de magie.

Un excellent roman, très riche, très travaillé, pour bons lecteurs. Marie Chaillet

A partir de 14 ans.

coup de coeur L’infortune de Kitty Grey / M. Hooper. - Grandes personnes, 2014

1813, Angleterre, manoir de Bridgeford. Kitty est laitière à demeure pour la famille Baysmith. Sa vie s’écoule parisiblement entre son troupeau de vaches, les caprices des jeunes ladies du manoir, et surtout Will, le jeune passeur de la rivière. Les deux amoureux font de nombreaux projets d’avenir, avec toutefois un désaccord de taille : Will ne rêve que de Londres quand Kitty refuse de quitter sa douce vie campagnarde.
Un matin, stupeur : Will a disparu. Pensant qu’il l’a lâchement abandonnée pour rejoindre la capitale, Kitty est au comble du désespoir. Aussi n’hésite -t-elle pas lorsque miss Alice Baysmith l’y envoie acheter un roman récent qu’elle brûle de découvrir (celui d’une certaine Jane Austen)…Hélàs à peine arrivée la petite provinciale se fait dérober son sac. Sans un sou et sans aucun moyen de rentrer, elle doit trouver le moyen de survivre. Une suite d’enchaînements malheureux l’envoie dans l’obscure et redoutable prison de Newgate, avant d’être condamnée à la déportation en Australie. Une descente aux enfers impitoyable, à l’issue toutefois heureuse et apaisée !

La plongée éprouvante dans le quotidien du peuple et dans l’implacable système judicaire et carcéral de l’époque fait froid dans le dos : une jeune fille modeste pouvait basculer rapidement dans une misère sans fonds, les personnes les plus pauvres se voir condamner abusivement à de lourdes peines pouvant aller jusqu’à la pendaison. Des notes historiques de l’auteur apportent en fin d’ouvrage un éclairage édifiant et l’on retrouve bien sûr le talent de Mary Hooper à redonner vie à ce Londres du XIXème siècle. Enrichissant. Ewa Bochenski

Autre lecture :

Katty est laitière à la campagne. Mais Will, son fiancé rêve de partir pour Londres où tout semble de loin plus facile. Lorsqu’il disparait, elle choisit de partir à sa recherche sans vraiment connaître les dangers d’une grande ville. Après un trajet épuisant, le vol de son sac va l’amener jusqu’à Newgate, la célèbre prison. C’est donc une descente en enfer qui est décrite. Y aurait-il une fin heureuse possible ? _ Si Mary Hooper sait toujours aussi bien décrire Londres de la fin du 19ème siècle, en l’espèce en apportant le contrepoint de la tranquille campagne et des vaches, l’histoire elle-même est peu crédible dans sa seconde partie. C’est dommage car l’Histoire est bien présente avec la dénonciation en arrière-plan du système judiciaire et même des lois.

Ce n’est pas tant l’immoralité ou le vol que condamne alors la société que l’absence de connaissance des codes, comme ceux concernant l’enroulement militaire. Le portrait du peuple des rues qui se dessine est celui des sans espoirs. Un livre au final dense et intéressant même si une autre fin aurait été plus attendue. Marion Uteza

A partir de 12 ans

coup de coeur La malédiction de la Pierre de lune , tome 1 : Florence / Catherine Cuenca. - Gulf Stream, 2014

Florence, Xvème siècle. Carla est orpheline. A quinze ans, elle ne vit que pour la peinture, sa passion. Le destin qui l’attend est loin de correspondre à ses aspirations : le mariage, et la vie recluse d’une bonne maîtresse de maison. Son oncle et tuteur, Savino Ricci, est intransigeant. Son amie Lena, sa complice de toujours, est d’ailleurs elle-même déjà promise à un mariage arrangé. Lors de leur escapade clandestine à la droguerie pour se procurer de nouveaux pigments, Lena est attirée par un coffret contenant des pierres fines. Elle offre à Carla une pierre de Lune, qui dès lors va bouleverser l’existence de la jeune fille : tandis qu’un mystérieux jeune homme l’invite à poser pour lui comme modèle, d’effrayantes visions nocturnes l’assaillent. Révélations surnaturelles et intrigues historiques sont étroitement liées, et tandis que Carla communique avec sa défunte mère revenue l’avertir (la manipuler ?), la voici plongée au cœur des intrigues florentines opposant les Pazzi et les Médicis depuis de longues années... Premier tome captivant d’une trilogie qui nous emmènera ensuite à Rome, et enfin à Naples. Une belle lecture, captivante, alliant habilement art et histoire, fantastique et action, avec un personnage féminin très fort. Passionnant. Ewa Bochenski

A partir de 12 ans

coup de coeur Bleu passion / V. Strauss. - Albin Michel. - (Wiz). 2014

Milan, 1487. Giulia, fruit des amours d’un comte et d’une couturière, a perdu sa mère à l’âge de 7 ans. Lorsque son père meurt à son tour, la jeune fille est envoyée au couvent de Santa Marta de Padoue, devant malgré elle renoncer à ses rêves d’amour et de mariage. Avant son départ, croyant pouvoir conjurer le sort, elle se fait faire par un sorcier un talisman censé lui apporter son désir le plus cher avant l’hiver....effectivement, c’est bien son désir le plus profond qu’elle découvrira au couvent, mais c’est une passion nouvelle : la peinture. Soeur Humilita, gardienne de la recette du fameux "Bleu passion", décèle l’immense talent de la jeune fille...mais lui révèlera-t-elle tous ses secrets ? Et qui est vraiment le jeune Ormanno, venu restaurer une fresque et faire battre le coeur de Giulia ? Une plongée passionnante dans l’Italie de la renaissance et les techniques artistiques de l’époque. Ce roman reflète également le rapport complexe entre les femmes et l’art et le fait que l’art était une affaire d’hommes. Une héroïne attachante, qui réussit à sortir de sa condition de femme sans se travestir en homme, qui est reconnue pour elle-même, telle qu’elle est. Tout en brossant un tableau de la société italienne de la Renaissance, ce roman n’exclut pas les péripéties et l’aventure (Giulia se fait enlever, séquestrer...). Une très belle lecture.

A partir de 13 ans

coup de coeur Mère Teresa, aimer jusqu’à en avoir mal / V. Delamarre Bellégo. - Oskar. - (Les aventures de l’histoire)

Alors qu’Inès voyageait en train, elle se découvre une voisine passionnante, une sœur qui connaissait Mère Theresa. Lorsque cette dernière comprend que la jeune fille ne sait rien de cette illustre femme, elle entreprend de lui relater les grandes lignes de son histoire. Les voilà toutes deux embarquées pour le récit étonnant et bouleversant d’une jeune fille qui dévoua sa vie aux autres.
Tandis qu’au fil des pages, le lecteur découvre ses idées, ses combats et son sacrifice, un dossier permet de lire quelques discours de Mère Theresa et de mieux comprendre son idéologie. Cette biographie romancée se prête ainsi à plusieurs sortes de lecture, du simple plaisir à l’envie d’en savoir plus sur cette femme qui marqua la fin du XXème siècle.

coup de coeur Nelson Mandela, humble serviteur de son peuple / Philippe Barbeau. - Oskar. - (Histoire & société), 2013

Récit du parcours de Nelson Mandela, de ses rêves d’enfant à ses rêves d’adulte. Avec fluidité, l’auteur nous conte ce cheminement individuel exceptionnel, avec ses écarts et ses failles. Sans parti pris et avec simplicité nous marchons avec Mandela vers son idéal d’un monde plus juste.
Nous découvrons l’homme privé avec sa difficile vie familiale, l’échec de son premier mariage et ses relations tendues avec Winnie sa seconde épouse, mais aussi la mort de sa mère alors qu’il est en prison et ne peut se rendre à ses obsèques. Nous voyons aussi l’homme public, fidèle en amitié et capable de passer d’un idéal de paix à la nécessité d’une lutte armée. Le livre enfin n’oublie pas l’importance des pressions internationales. Un récit très complet.
Ce beau portrait tout en nuance est complété par un dossier qui reprend les principaux éléments de sa biographie, évoque l’apartheid et ses racines et présente le texte fondateur de la charte de la liberté.
« Au cours de ma vie, je me suis entièrement consacré à la lutte du peuple africain. J’ai lutté contre la domination blanche et j’ai lutté contre la domination noire. Mon idéal le plus cher a été celui d’une société libre et démocratique dans laquelle tous vivraient en harmonie avec des chances égales. J’espère vivre assez longtemps pour l’atteindre. Mais si cela est nécessaire, c’est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir. »

A partir de 10 ans

coup de coeur Les trois soeurs et le dictateur / E. Fontenaille. - Rouergue. - (DoAdo). 2014

Mina part sur les traces de son histoire, qui rejoint celle d’une période sombre de la République dominicaine. Sa grand-mère et ses 2 sœurs furent parmi les rares personnes à se dresser contre le dictateur Trujillo, aussi violent qu’arbitraire dans ses décisions, et amateur de très jeunes filles. De la bouche de sa grande tante, la plus jeune des 4 sœurs Mirabal, unique survivante, Mina découvre la répression inouïe mais surtout le courage de ces très jeunes filles qui donnèrent leur vie pour la fin d’un régime totalitaire. Un courage exemplaire à l’origine de la journée du 25 novembre, journée mondiale de lutte contre la violence faite aux femmes.
« A quoi pense-t-on quand on est si jeunes, pleines de vie, et qu’on va mourir sous les coups ? Peut-on penser au jasmin qui fleurira pour les autres ? »
Autre lecture
C’est en hommage aux sœurs Mirabal que la journée du 25 novembre a été déclarée “journée mondiale de lutte contre la violence faite aux femmes”. Alors que son père ne lui a jamais parlé de ses parents, Mina décide de partir en République Dominicaine, invitée par son cousin. Elle y découvre une île, une atmosphère, des gens mais aussi son histoire. Sa rencontre avec sa grand-tante lui ouvre la porte du souvenir, celui d’un drame familial qui plonge dans l’histoire du pays...
Fiction à partir d’un fait réel, la plume de l’auteur nous amène à la découverte de jeunes filles héroïques qui ont bravé le pouvoir au prix de leur vie. La lente gradation du récit qui tend à reporter à toujours plus tard le drame densifie les événements et leur donne un caractère universel. Aux faits précis fait échos l’hymne à la résistance contre toute forme de tyrannie et transforme les trois sœurs Mirabal en symbole de la lutte contre la dictature.
« La terrible Nuit du Persil. Pour reconnaître un Haïtien d’un Dominicain, les soldats portaient un brin de persil à la boutonnière, ils obligeaient les Haïtiens à dire le mot perejil, et comme il y a un r qu’ils ont du mal à prononcer, vu qu’ils parlent le créole ou le français et mal l’espagnol, et bien ceux qui le disaient mal, ce mot maudit...on les massacrait. »

coup de coeur Le dernier ami de Jaurès / T. Sollogoub. - Ecole des loisirs. - (Médium). 2013

Tandis que les grands de ce monde font la guerre et la paix, des gens modestes mènent leur vie anonyme d’amour et de travail. Parmi ces gens, il y a Paul, un garçon de 15 ans, sa mère Catherine et son compagnon marin, Mallavec, et un couple sexagénaire, Lucien et Suzanne. Des gens affectueux, intelligents, généreux. C’est inhabituel dans un livre pour adolescents de donner une telle place aux vies des aînés mais l’amour qui unit chacun des couples est d’une sincérité et d’une tendresse qu’on ne trouverait guère dans un roman contemporain pour adultes, et qui donnerait aux jeunes, du moins dans le cas de Suzanne, qui est en train de mourir, une idée de la beauté de pouvoir finir sa vie dans une fidélité à toute épreuve. L’histoire d’amour de Paul, par contre, appartient plutôt au registre des contes de fées. Il tombe amoureux d’une fille de classe supérieure aperçue la nuit sur son balcon. Personne ne lui déconseille d’espionner quelqu’un qui se croit seul, et sa décision de refaire sa vie avec elle loin de la France et des menaces de guerre est si forte qu’elle accepte d’entrer dans son rêve.
Le lien entre le monde des grands et celui des modestes est Jean Jaurès, le chef socialiste qui fait de son mieux pour sauver la paix. Mais les deux assassinats au début et à la fin du livre, celui d’abord de François-Ferdinand à Sarajevo le 28 juin 1914 et puis celui de Jaurès lui-même le 31 juillet à Paris, nous font comprendre que la guerre est maintenant inéluctable. Le côté historique du roman est bien présenté, mais il faut sans doute avoir déjà quelques idées sur la Grande Guerre pour l’apprécier pleinement.

coup de coeur Le cercle des confidentes 1 : Lady Megan / J. McGowan. - Milan. - (Macadam). 2013

En l’An 1559, la jeune reine Elisabeth règne sur l’Angleterre. Mais de multiples complots se forment autour de ce trône si convoité.
Assaillie par toute l’Europe, la jeune souveraine doit faire preuve d’une intelligence et d’une détermination hors du commun. Pour cela, elle décide de s’entourer de cinq jeunes femmes qui vont devenir des espionnes aguerries. L’une d’elle, Megan, intrépide, voleuse mais talentueuse comédienne, est enrôlée de force aux services de sa majesté. Malgré son inexpérience, parviendra-t-elle à déjouer ces intrigues diaboliques et sauver la Reine ?
Un récit d’espionnage bien ficelé où s’entremêlent passions et rivalités.
Autre lecture
Meg Fellowes, jeune comédienne et voleuse de 17 ans, voit sa vie basculer lorsqu’elle se fait arrêter lors d’une représentation de sa troupe devant Elisabeth 1ère. Certaine d’être condamnée à mort, elle se voit proposer une alternative pour devenir espionne, sous couvert du statut de demoiselle d’honneur de la Reine. Avec Jane, Anna, Béatrice et Sophia, Meg doit déjouer les complots, notamment ceux engendrés par l’arrivée de la délégation catholique espagnole. Pour sauver la Reine en ce début de règne, retrouver sa liberté et découvrir qui a assassiné son prédécesseur, Meg devra se méfier de tous, amis comme ennemis. Difficile, surtout avec l’apparition du séduisant Comte de Martine.
Premier tome d’une série de 5, ce roman se lit facilement et on attend avec une pointe d’impatience la suite des aventures de ces espionnes !

coup de coeur L’ enfant de Soweto / L. Pourrier. - Oskar. - (Histoire et Société). 2013

L’Afrique du Sud des années 1970 ou l’apartheid vue à travers le regard d’un adolescent.
Wilson qui grandit dans le township de Soweto décide de tenir un journal, racontant son quotidien dans la misère et la violence d’une société victime d’une révoltante discrimination. Son intérêt pour l’étude et la bienveillance des employeurs de sa mère lui laisse heureusement entrevoir une vie meilleure.
Son récit au jour le jour met en lumière les causes, la montée en puissance et l’explosion des violences qui aboutiront à la manifestation dramatique du 16 juin 1976.
Un personnage extrêmement attachant et un récit dynamique rendent très facile la lecture de ce récit très bien documenté.
Autre lecture
1976, Afrique du sud. Wilson vit à Soweto avec ses frère, sœurs et parents, dans des conditions déplorables. Mais grâce à son oncle, lui et ses sœurs peuvent suivre une scolarité. Rien de moins banal dans un environnement si précaire. Wilson n’aime pas l’école, où l’on est battu parce qu’on est sale ou qu’on n’a pas assez d’argent pour acheter les livres. Mais il aime apprendre, découvrir, être distingué pour ses bons résultats. Et il rêve même d’un avenir, lui qu’on destine comme ses paires à une vie de rien. Ses rêves, sa révolte, il les confie à son journal.
Les évènements vont s’accélérer le 16 juin lorsque les étudiants manifestent pour refuser une loi les obligeant à suivre les cours en afrikaans, langue de l’oppresseur. La manifestation pacifique est réprimée dans la violence et constitue un tournant dans la lutte contre le régime d’apartheid. Les jeunes n’auront alors de cesse d’éliminer le régime totalitaire et ségrégationniste, encouragés par l’opinion internationale révoltée des méthodes de répressions.
L’apartheid vue dans le quotidien de Wilson et sa famille, puis la révolte. Le chemin sera encore long, Wilson lui, devra rejoindre les États-Unis pour se construire un avenir…

coup de coeur Gladiateur, Tome 1 : Le combat pour la liberté / S. Scarrow. - Gallimard. 2013

Le père de Marcus, 10 ans, s’est fait tuer sous ses yeux. Lui a été réduit à l’état d’esclave puis d’apprenti gladiateur. Nous le suivons pendant ses entrainements et combats et lors de ses tentatives de fuite. Il est confronté à la cruauté, à la violence et à la difficulté de la vie dans le centre... mais garde en ligne de mire la vengeance de son père. Or il découvre la réalité sur son identité et sa filiation. D’autres aventures l’attendent, à découvrir dans le tome 2...
Un récit cohérent et bien écrit, qui maintient constamment le suspense et nous plonge au cœur de l’Empire Romain : les descriptions des lieux, des traditions de l’époque, les relations entre romains et esclaves, le monde des gladiateurs…

Autre lecture Marcus a 11 ans, il habite sur une île greque de l’empire Romain. Son père, un ancien centurion, a sauvé la vie de Pompée le Grand, lors de la défaite de Spartacus, un gladiateur devenu meneur d’une révolte d’esclaves. Le drame frappe la famille . Son père est assassiné et Marcus est réduit en esclavage avec sa mère. Le jeune garçon parvient à prendre la fuite, mais est à nouveau vendu comme esclave à une école de gladiateurs où l’apprentissage est rude. Déterminé à retrouver Pompée à Rome pour obtenir justice, il combat devant Jules César, qui l’engage comme garde du corps de sa nièce. Mais, sur la route pour Rome, un ancien gladiateur prétend lui révéler sa véritable identité : Marcus serait le fils de Spartacus ! C’est une histoire passionnante avec du suspens. Agréable à lire ! Je vous le conseille ! Jules (Atelier 1,2,3 Ecrivez ! du collège Victor Hugo)

coup de coeur Houmâ ! / C. Albaut. - Oskar. - (Histoire et société)

O-gôh est un enfant de la préhistoire. Il vient d’être accepté par les chasseurs. Après la cérémonie qui consiste en la découverte de la grotte aux peintures, il part avec les hommes de la tribu pour trouver de la viande. Mais la chasse est périlleuse et les dangers nombreux... Il faut affronter les animaux mais aussi le tonnerre ou encore le feu...
Un récit agréable et facile à lire qui réussit à combiner connaissances sur le monde de la préhistoire et aventure. Les informations font parties intégrantes du récit. On devine le rôle de chacun, homme ou femme, ou encore l’importance du silex tout en cheminant dans l’histoire. Les personnages sont vivants et les rebondissements nombreux. L’écriture tend à nous introduire dans le langage et la pensée de l’époque. Une réussite.
« Fâh, ce n’est pas le feu des pierres à feu, ce n’est pas le feu du foyer, c’est le feu de la steppe, le feu des herbes, le feu du sol. Certains ont déjà vu cela. C’était arrivé de la même façon, après un de ces terribles orages secs qui mettent le feu à la terre avec leurs branches de lumière. Des animaux on peut se défendre. De l’orage on peut s’abriter. Contre Fâh, on ne peut rien.  »

coup de coeur Sweet Sixteen / A. Heurtier. - Casterman, 2013

Imaginez 9 lycéens noirs parmi 2500 blancs. 9 Noirs qui intègrent pour la première fois un prestigieux lycée d’Arkansas, après la décision de la cour suprême des États-Unis rendant inconstitutionnelle la ségrégation raciale dans les écoles publiques. Nous sommes en 1957, dans le Sud du pays et la violence des réactions laissent entrevoir le poids des préjugés et des blocages. Sweet Sixteen alterne l’histoire de Molly, une des 9 étudiantes, et celle de Grace, préoccupée par ses conquêtes masculines et observant d’un œil agacé ces bouleversements.
Molly sait que « 85 % de la population étaient hostiles au plan d’intégration ». Mais Molly imagine aussi « qu’un jour viendrait où les Noirs pourraient assister aux mêmes spectacles que les Blancs. Peut-être que les piscines leur seraient ouvertes toute la semaine, et pas seulement la veille du nettoyage. (…) Qu’il serait permis de se marier en mélangeant les couleurs. » Portée par ce rêve, elle est prête à surmonter les humiliations, les insultes, et surtout la solitude -au lycée comme dans son quartier car « la stupidité (est) la chose la mieux partagée au monde »- pour contribuer à l’Histoire de son pays.
Grace quant à elle, d’abord peu concernée, refuse bientôt de suivre la masse, augurant ainsi de l’évolution en bonne marche, malgré tout.
Le récit d’Anne-Lise Heurtier s’inspire naturellement de faits réels et donne une idée assez précise de la peur ambiante. Les peurs de ceux qui portent courageusement le changement comme de ceux qui le refuse.
Autre lecture
1954, la ségrégation raciale dans les écoles publiques est interdite. Molly, jeune noire de quinze ans se porte volontaire pour intégrer un prestigieux lycée. "L’intégration" a lieu trois ans après. Neuf adolescents noirs au milieu de deux mille cinq cents blancs. Le récit à deux voix alterne la vision d’une jeune fille blanche modérée avec celle de Molly. On cherchera en vain un quelconque héros. C’est l’Histoire qui se dessine à travers les petits événements. On ressent la peur, le poids des traditions mais aussi les changements en marche.
Les phrases sont courtes, les mots simples pour permettre à tous les lecteurs de partager ce grand moment de la lutte contre les inégalités et les discriminations. Les personnages sont nuancés. Un livre afin de ne pas oublier nos luttes.
« L’intégration était suspendue ? Peut-être que cela valait mieux, après tout. Sa vie redeviendrait comme avant. Injuste, mais normale et rassurante. Avec des écoles minable, mais sans menaces de mort au téléphone. Blottie dans l’odeur de sa grand-mère, elle sentit pourtant que la déception prenait le dessus. Quand, à son tour, elle serait grand-mère, elle n’avait pas envie de se retrouver à devoir expliquer à ses petits-enfants pourquoi ils ne pouvaient pas aller au parc d’attraction avec les blancs. »

A partir de 12 ans

coup de coeur Dans la nuit blanche et rouge / J.-M. Payet. - Les Grandes personnes

Avec Tsvetana, nous traversons la Russie, de février 1917 à Petrograd à août 1918 en Sibérie… Autant dire que ce ne sera pas de tout repos ! Tsvetlana appartient à la noblesse, mais c’est une héroïne qui s’intéresse aux changements du monde, et qui, par le biais de la poésie, se retrouvera propulsée en plein cœur de la Révolution que connaît son pays. Son destin va croiser celui du mystérieux Roman, à la recherche d’un bijou qui a d’étranges pouvoirs… Un roman qui allie le rouge et le blanc, l’Histoire, l’aventure, l’amour et le fantastique et qui emporte le lecteur jusqu’au bout grâce au bon équilibre entre toutes ces composantes !
Autre lecture
Tsvetana a beau être comtesse, elle ressent très fortement, à 17 ans, les inégalités et injustices dont est victime le peuple de Russie en 1917. Elle contribue à une revue de poésie clandestine mais va être bientôt beaucoup plus impliquée dans la révolte qui gronde à Petrograd. D’autant qu’elle découvre l’existence d’une demi-sœur, d’origine modeste, recherchée par la police. Nous suivons Tsvetana dans une longue aventure qui mêle secret de famille, intrigue policière sur fond d’enjeux politiques, et histoire fantastique aux accents philosophiques. Les personnages et leurs interactions sont nombreux et complexes et tiennent en haleine le lecteur.

coup de coeur No pasaran, le jeu / C. Lehmann. - Ecole des loisirs. - (Médium)

Recueil comprenant deux titres : No pasaran, le jeu publié en 1996 et Andrea le retour en 2005.
Trois ados sont passionnés de jeux vidéo. Eric et Thierry sont plutôt sympathiques mais leur camarade Andreas est brutal avec des opinions qui penchent vers l’extrême droite. Au cœur de l’intrigue se trouve la possibilité, grâce à un jeu vidéo spécial, d’accéder aux événements réels du passé : les combats de la première guerre mondiale, de la guerre d’Espagne, de la guerre en Irak et le déroulement de la rafle du Vel d’hiv. Andreas est happé par le passé...
Il ne sera pas étonnant, vu la première date d’édition, que les lecteurs trouvent les détails sur les jeux vidéo un peu datés. Mais l’ouvrage apporte une réflexion sur la guerre, constitue une dénonciation de la barbarie et du racisme. Quant aux jeux vidéo vus par le prisme de ce roman, faut-il les considérer comme dangereux car violents ou éducatifs, vecteurs d’une leçon historique ?

coup de coeur La lignée / C. Trébor. - Gulf Stream

1948. Nina est Russe. Son corps ne veut plus grandir depuis le début de la guerre. Son père, dissident s’est enfui, sa mère vient d’être arrêtée. Envoyée dans un orphelinat, elle cherche à s’échapper afin d’obéir aux dernières paroles de sa mère.
L’histoire se situe après la seconde guerre mondiale alors que le régime de Staline cherche à tout prix à étouffer toute opposition. Nina va dans un premier temps enquêter, notamment à partir d’images de tableaux, afin de comprendre où poursuivre sa route. Elle découvrira des traces et des indices laissés à son intention ainsi que des objets qui vont lui révéler des pouvoirs surprenants.
Récit d’aventure, il nous amène à suivre les péripéties de la jeune héroïne. Récit historique, il nous donne à voir l’URSS au temps de la guerre froide. Récit fantastique dans la seconde partie du livre, il introduit le rêve et la magie. La combinaison de ces trois dimensions fonde un récit original et intéressant. A suivre.
« Mon couteau ne vibre pas malgré ma peur. C’est bon signe, ça m’apaise. C’est dingue, j’ai l’impression parfois qu’il est vivant et qu’il me transmet ses impressions : s’il vibre et chauffe, je suis en danger. S’il reste tiède, tout va bien. Il faut que j’arrête de délirer. Je vais devenir folle, je me comporte comme une sorcière du Moyen Age avec ses bibelots magiques. »

coup de coeur Charlotte Corday, tuer un homme pour en sauver 100000 / C. Le Quellenec. - Oskar. - (Les aventures de l’histoire ! )

Pourquoi Charlotte Corday a-t-elle tué Marat ? Ce roman raconte le destin de cette jeune fille, noble mais sans argent, instruite, et surtout très déterminée. 1793, c’est la guerre entre les Montagnards et les Girondins, la terreur s’installe. Marat symbolise, pour Charlotte Corday, la fin des espérances du peuple. Elle décide dès lors de le tuer.
Portrait d’une femme prête à laisser sa vie pour ses idées et ses valeurs. Le texte trop court peut cependant servir à introduire cette grande figure de l’histoire de France.
« Mettre fin à la terreur et à celui qui pour moi l’incarnait, devenait une véritable obsession. J’étais persuadée de l’incapacité des Girondins à contrer Marat. S’ils ne le pouvaient pas, qui mieux que moi était en mesure de le faire ? »

coup de coeur La marque de l’éléphant blanc / B. Solet. - Thierry Magnier

Radbert est un fervent guerrier du grand roi Charles, celui qu’on nommera Charlemagne. Au retour de la deuxième attaque contre les Avars, en 796, il fait la connaissance d’une esclave, Zala, et ne peut se résoudre à l’oublier. Il finira par l’acheter et tentera de lui faire entendre son amour. Mais peut-on s’aimer lorsqu’on fait partie de deux peuples ennemis ?
Les aventures qui mènent Radbert de par le monde sont l’occasion de dépeindre le quotidien du 8° siècle. Fonctionnement politique, croyances, religions… on apprend beaucoup par la plume de Bertrand Solet. Notamment l’histoire romancée de l’éléphant blanc, Abul Abaz, ramené par le marchand juif Isaac qui avait été envoyé par le roi à Haroun al-Rashid, calife de Bagdad.

coup de coeur L’ arbre aux fruits amers / I. Wlodarcyk. - Oskar. - (Histoire et société)

James s’apprête à participer à un vol avec ses deux camarades mais réalisant qu’il connaît la victime, s’enfuit. Le lendemain, les policiers débarquent chez lui et l’arrêtent pour meurtre. Il est miraculeusement sauvé du lynchage, ses deux camarades n’auront pas cette chance. Nous sommes aux États-Unis, en 1920, les violences sont inouïes, à peine édulcorées dans ce texte jeunesse. Si l’histoire est vraie, l’auteure a inclus des éléments romanesques : le racisme du fils du shérif, l’intervention, durant le lynchage de Billie Holiday.
Un récit subtil sur la haine partagée des noirs et des blancs, les dérives comme ce besoin de "justice" qui conduit au lynchage, la prison...

coup de coeur Deux enfants dans la tourmente en pays cathare / C. Grimmer. - Oskar. - (Histoire et Société)

Encore un court texte dans cette série de livres, bien utiles, qui présentent un moment historique en forme fictionnelle. Ils sont à lire en premier lieu pour leur contenu historique plutôt que pour leurs qualités romanesques ou littéraires mais ce petit livre sur la persécution des Cathares en Languedoc au quatorzième siècle est assez bien écrit et il contient beaucoup de détails de la vie sociale des gens au Moyen Age. De plus, il y a à la fin un dossier factuel sur le catharisme.

coup de coeur Les pilleurs d’églises / S. Humann. - Flammarion

Un bon roman historique pour jeunes lecteurs (CM), qui nous emmène à travers le Paris de 1575, trois ans après le massacre de la Saint-Barthélemy, à la suite du jeune Eloi, apprenti-orfèvre dans l’atelier de son père. La capitale est en émoi car depuis quelques semaines, des vols sont commis dans des églises. Eloi fait la connaissance de Philibert, qui a le même âge que lui, et dont le grand frère vient d’être arrêté pour ces vols : en tant que protestant, il fait figure de victime idéale…
Un récit assez classique avec une intrigue simple (on se doute assez vite des auteurs réels des vols), mais par lequel on apprend une foule de chose sur la vie quotidienne à cette époque, les conditions d’emprisonnement, le clivage entre catholiques et protestants…

coup de coeur Le fil à recoudre les âmes / J.-J. Greif. - Ecole des loisirs. - (Médium)

Ce roman de Jean-Jacques Greif relate un épisode souvent méconnu de l’histoire des États-Unis : suite au bombardement par les Japonais de Pearl Harbor durant la seconde guerre mondiale, tous les américains d’origine japonaise vont être envoyés dans des "camps de rassemblement’’. Du jour au lendemain, ces citoyens américains deviennent par décret des ennemis de l’Amérique, des espions potentiels, contraints de quitter leur vie paisible et banale. Ce bouleversement est raconté par un jeune garçon, Kenichiro Kashimura, qui décide de correspondre avec son institutrice, Mrs Moore. Il va lui raconter, jour après jour et avec beaucoup d’optimisme, sa nouvelle vie en camp et surtout la façon dont les prisonniers, résignés mais ne manquant pas de sens pratique, vont s’organiser pour récréer une ville, leur vie, en plein désert.
Par la suite, le jeune garçon et sa famille vont être envoyés au Japon, peu de temps avant le bombardement d’Hiroshima. C’est alors que le récit du jeune garçon s’interrompt pour donner la parole à une jeune japonaise d’Hiroshima qui va nous faire vivre de l’intérieur les effets dévastateurs de la bombe atomique et ses terribles conséquences.
Enfin, la dernière partie du roman relate le combat du pasteur Tanimoto qui va réussir, grâce à de nombreux soutiens internationaux, à emmener des jeunes filles japonaises, monstrueusement défigurées suite au bombardement nucléaire, aux États-Unis afin d’être opérées.
Ce roman procure une vision différente de cette période historique dont il restitue le contexte et les enjeux politiques avec beaucoup de clarté. Il constitue un témoignage précieux et passionnant tout en apportant une réflexion dénuée de manichéisme sur ces événements.
Autre lecture
Encore un pan méconnu de la guerre qui est exploré dans ce roman assez dense de Jean-Jacques Greif. La guerre vue par Kenichiro, jeune américain dont les parents sont japonais. Après l’attaque de Pearl Harbor par les japonais, les jap ne sont plus les bienvenus aux États-Unis. Ceux qui pourtant se considèrent comme américains seront parqués dans des "centres de réinstallation", suspectés d’être espions… Les conditions de vie y sont sommaires, l’éducation parcellaire et Kenichiro est heureux de trouver un peu d’évasion en écrivant à son ancienne institutrice. Il faudra ensuite faire un choix impossible pour la famille : rassembler toute la famille, mais au Japon, ou continuer de vivre aux États-Unis loin du père et mari.
La seconde partie se déroule donc au Japon, Kenichiro fait la connaissance de Yuriko qui part bientôt pour Hiroshima…
A la fin du roman, c’est au tour de Yuriko de venir aux États-Unis pour l’opération de son visage défiguré…
Roman très documenté où l’on apprend l’histoire mais aussi les mœurs différents des deux pays. Le texte reste froid et l’ensemble peut paraître long.

coup de coeur Ysée, tome 1 : le reliquaire d’argent / E. Brisou-Pellen. - Bayard

Un roman historique dont l’intrigue se situe dans le duché de Bourgogne de Philippe le Bon au quinzième siècle. Ysée, fille de douze ans née de parents inconnus, a été élevée par une guérisseuse, Perrenotte, qui a cinq fils, considérés comme des frères par Ysée. Mais son bonheur familial est menacé par le maire de la ville qui veut l’épouser, et par l’abbesse du couvent, qui la pousse d’abord à marier le maire, et puis, face à son refus, essaie de la faire entrer au couvent. Ysée se sauve pour aller à Dijon où elle espère résoudre le mystère de sa naissance mais est capturée en route par des brigands de grand chemin. Et c’est sur ce moment dramatique que ce premier tome se termine.
L’écriture est parfois lourde et répétitive et la présentation des personnages manque de subtilité. Mais l’information historique indispensable pour comprendre les gestes et les attitudes des personnages n’est pas présentée de manière trop pédagogique et le tout se lit plutôt bien.

coup de coeur La maison du magicien / M. Hooper. - Gallimard. - (Folio junior)

En Angleterre, sous Elizabeth 1er, nous suivons les aventures de Lucy, qui après avoir fui de chez elle, va être engagée comme garde d’enfants par le Dr Dee, magicien, conseiller personnel de la reine et ... nécromancien. Un bon roman historique, premier tome d’une trilogie mêlant magie et danger.

coup de coeur Sur les traces de Walipo / Y.-M. Clément. - Seuil

En 1812, Gabriel un jeune espagnol devenu orphelin embarque pour le Nouveau monde. Il veut se mettre au service du roi qui souhaite mater les rébellions indigènes. Mais au contact d’une jeune indienne et d’un géologue humaniste, il va apprendre à connaître le pays et ouvrir les yeux sur la cruauté de ses compatriotes. Sur un sujet peu traité : le comportement des colons espagnol au Venezuela, voici un roman facile à lire et qui ne laisse pas indifférent.

coup de coeur Dernier métro / C. Léon. - La Joie de Lire. - (Encrage)

1962, Daniel a 16 ans, il vit seul avec son père depuis le décès de sa mère et la fuite salvatrice de sa sœur. Son père, Maurice, est ouvrier et surtout communiste convaincu. Entre les distributions de tracts, l’Huma, et le lycée, le père et le fils se ménagent des petites bulles d’oxygène faites de balades à bicyclette le dimanche et de visites aux grands-parents. Mais, dans un contexte social que l’on sent tendu (luttes ouvrières, séparations des classes sociales), où la mixité est inexistante, Daniel ressent le besoin d’adhérer au parti communiste. Fort de ses convictions, il s’engage de plus en plus et suit son père dans des manifestations qui se veulent pacifistes et humanistes. L’une d’elle tourne à l’affrontement avec les forces de l’ordre, et l’univers de Daniel se trouve bouleversé.
Où l’on apprend que face à la violence automatique, un adolescent fragile, même plein de bonnes intentions, répond par la défense violente. Christophe Léon donne une vision juste de la société de ces années là. Un roman foisonnant de vie et d’élan.
Autre lecture
Daniel, 16 ans, est particulièrement attaché à son père depuis la mort de sa mère et le départ de sa grande sœur. Une affection mêlée d’admiration pour ce militant communiste de tous les combats ouvriers, de toutes les causes solidaires. Lorsque son père lui propose de l’accompagner à la manifestation du 13 février 1962 pour "proclamer leur indignation, leur volonté de faire échec au fascisme et d’imposer la paix en Algérie", Daniel accepte bien évidemment, fier de militer avec son père. Ils ne s’attendaient certes pas à la répression terrible des policiers…
Les relations entre le fils et son père sont justes, touchantes, très humaines. Les conflits de l’Histoire, brièvement évoqués, vont passer par là, broyant les individus.

coup de coeur Ce qu’ils n’ont pas pu nous prendre / R. Sepetys. - Gallimard. - (Scripto)

1941 : Lina, une jeune Lituanienne se trouve un matin embarquée avec sa famille pour un voyage dont elle ne connaît pas la destination. Le père n’est pas là, Lina, son petit frère et leur mère sont violemment poussés avec d’autres compatriotes dans un wagon à bestiaux pour un voyage qui durera 6 semaines, dans des conditions infâmes. Le but du "voyage" ? Un camp de travail dans l’Altaï où ils resteront près de 10 mois à souffrir la dure condition des déportés du monde soviétique. Quelques temps plus tard, ils reprennent leur interminable périple, pour aller bien au-delà du cercle polaire. Un voyage au bout de l’enfer… Heureusement Lina et son frère sont des battants, possèdent une force de vie que rien ne semble atteindre.
C’est le long calvaire de cette famille que nous suivons, avec quelques flashbacks d’une vie heureuse, avant l’annexion de la Lituanie par les russes. Merci au Petit Père des peuples : les horreurs se succèdent mais les Lituaniens développent une solidarité et une humanité qui leur garantit leur dignité. "Ce qu’ils n’ont pas pu nous prendre" : leur sens de l’humour, la peur, qu’ils ne montrent pas… Lina en est une parfaite illustration, avec la fougue et l’intransigeance de l’adolescence. Elle comprend petit à petit le paradoxe, les compromissions des êtres mais garde toujours une forte dignité en utilisant son talent de dessinatrice comme un moyen de résistance.
Un roman exceptionnel par le sujet traité, assez dur à lire dans les horreurs qu’il décrit. Mais l’état de souffrance et de total dénuement est quelque peu adouci grâce à l’humanité toujours sous-jacente : tendresse familiale, solidarité de groupe...

Autre lecture
J’ai beaucoup aimé cette histoire triste et très touchante. Il est vrai qu’on connait très peu l’histoire de ces pays que sont l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie et quand on aborde l’histoire de l’Europe on ne parle pas de ce qu’ont vécu les populations de ces pays pendant la guerre. Pour ma part, j’ai été surprise et horrifiée d’apprendre que des familles au complet ont été déportées de la sorte rien que parce que jugées antisoviétiques. En premier lieu, j’ai été totalement attirée par la couverture du livre qui est très belle mais montre aussi une part de tristesse. A elle seule, elle résume bien l’atmosphère de l’histoire.
L’histoire ensuite nous emporte dans l’histoire de cette famille qui vit des horreurs sans nom mais qui malgré tout se bat pour vivre et survivre. On voit vraiment les pires côtés de l’être humain (ces hommes qui traitent les lituaniens comme moins que rien, qui se rient de leurs souffrances, et les insultent de « cochons ») mais à la fois on voit l’entraide qui naît de la souffrance, le courage , l’espoir. Un roman pleins d’émotions !!

coup de coeur Ben Bella et la libération de l’Algérie / G. Streiff. - Oskar. - (Histoire et Société)

Pas de fiction dans ce récit mais la biographie d’un des artisans essentiel de la libération de l’Algérie. Fils de paysans, Ben Bella intègre jeune l’armée française ainsi que le club de foot l’OM... Il se distingue pendant la seconde guerre, est plusieurs fois décoré. De retour au pays, il se lance en politique et devient le leader de la révolte contre le colonisateur. Il est plusieurs fois arrêté et passe de nombreuses années en prison. Il vit aujourd’hui en Suisse et prépare le 50ième anniversaire de la libération algérienne en 2012.
L’intérêt de ce récit, au-delà de la biographie de Ben Bella, est l’histoire du mouvement de libération et de la guerre. Mêlé aux principaux événements ou instigateur de l’organisation du FLN, le récit montre ce dirigeant aux prises avec les colons et le pouvoir colonial, mais aussi les rivalités internes, les difficultés du mouvement de libération algérien. La guerre d’Algérie est aussi mise en perspective avec les autres conflits de l’époque dans les colonies françaises (Maroc, Égypte, Tunisie) ainsi qu’à l’international.
Un texte d’histoire vraiment clair et précis, dans un style assez vivant, mais très ramassé, qui fait voir le déroulement de la guerre d’Algérie du point de vue de l’Algérie …

coup de coeur Il était une fois dans l’Est / Audren. - Ecole des loisirs. - (Médium)

Anna raconte son enfance qui coïncide avec les dernières années du mur de Berlin. Elle décrit cette époque avec les joies des enfants, les réticences des adultes, et c’est ce fossé qu’Anna, adulte, va combler rétrospectivement, en comprenant les enjeux politiques de ce mur. Mais cette compréhension n’annulera en aucun cas la nostalgie, non pas tant de cette barrière imposée, que de l’enfance…
On revit avec bonheur ces bribes d’enfances passées dans la restriction bien sûr, mais aussi dans les joies simples. A travers ce regard juvénile, le lecteur apprend beaucoup d’informations sur la vie derrière ce mémorable rideau de fer.

coup de coeur Argentina, Argentina… / C. Léon. - Oskar. - (Histoire)

Pascal, un journaliste français souhaite écrire un article à la mémoire des victimes de la dictature des années 70 en Argentine. Il se rend à Buenos Aires pour rencontrer un certain Ignacio qui, lui a-t-on dit, devrait avoir beaucoup de choses à raconter. Le récit commence au moment où l’avion atterrit et où il fait connaissance avec ce personnage au comportement un peu déroutant, tantôt chaleureux, tantôt laconique et qui va raconter la bouleversante histoire de son enfance…
Des mots simples pour évoquer la condition de petits paysans, la résistance silencieuse à l’oppression, les arrestations et leur cortège d’horreurs : tortures, largage depuis des hélicoptères et surtout les enfants adoptés par des familles de la junte militaire. Tout (ou presque) est dit dans ce récit poignant qui aborde les douloureuses problématiques, sans manichéisme aucun, liées aux enfants volés par la dictature et aux Grands-Mères de la place de Mai.

coup de coeur Mon ami le jeune roi Louis XIV / C. Grimmer. - Oskar. - (Vivre l’histoire)

C’est à travers les yeux de Louis-Henri de Loménie de Brienne, un fils de grand noble, que nous découvrons le déroulement des journées d’un enfant du temps de Louis XIV. Celui-ci ne gouverne pas encore, c’est le temps de la régence de Mazarin et Anne d’Autriche.
Une "troupe" de garçons de l’âge du jeune Roi le suit partout pour le divertir et l’amuser. La Fronde va surprendre et effrayer Louis-Henri (qui fait partie de la fameuse troupe et qui est très proche du Roi alors âgé de 11 ans) et, évidemment, le jeune Roi lui-même.
L’histoire est bien menée, même si certains rebondissements arrivent de manière surprenante, et toujours pour expliquer ou montrer un événement historique. Les personnages sont attachants, très jeunes (l’âge des lecteurs auxquels s’adresse le livre), et vivent innocemment dans le faste et le luxe de leur rang. Ils assistent tout aussi naïvement aux événements de la Fronde ou aux révoltes de Paris, ce qui les rend moins terribles et effrayants car incompris par le narrateur.

coup de coeur Guillaume Tell, deux flèches ont suffi / B. Solet. - Seuil. - (Chapitre)

Au tournant du XIVe siècle, les habitants des trois premiers cantons suisses (Uri, Schwyz et Unterwald) s’unissent et se révoltent contre la domination de la puissante dynastie des Habsbourg. De ces événements est née la figure emblématique de Guillaume Tell, héros légendaire qui, pour avoir ignoré le symbole du pouvoir autrichien, se trouva condamné à viser d’une flèche d’arbalète une pomme posée sur la tête de son fils placé à près de cent pas... C’est sur ce substrat à la fois historique et mythique que l’auteur imagine une fiction pleine d’aventures et de rebondissements où se mêlent épisodes guerriers et intrigue sentimentale. Le texte, bien ficelé et facile à lire, est aussi haletant et instructif, révélant un aspect méconnu de l’histoire du Moyen Age en Europe.

coup de coeur Je suis un homme Martin Luther King / E. Simard. - Oskar (Histoire et Société), 2011

On peut être surpris que ce document qui se présente comme une biographie de Martin Luther King s’ouvre sur des propos d’un racisme particulièrement violent : « Je ne les aimais pas. Je les détestais. Tous ceux de ma famille haïssaient les Noirs et j’avais fini par faire comme eux… Nous étions d’une famille de racistes et les humilier était dans l’ordre des choses… » Ce livre relate l’histoire de Mike, un jeune garçon blanc issu des milieux les plus hostiles aux noirs, mais dont la vie va croiser la tragique histoire du pasteur d’Atlanta. D’un côté nous avons le clan de sa famille adepte du Ku Klux Klan qui méprise, rejette, agresse et cherche sans cesse à humilier les noirs et de l’autre l’inexorable marche du peuple noir vers l’égalité des droits. Mike devra subir lui-même la violence, la misère, l’injustice et partager le sort des noirs pour comprendre le bien fondé de leur cause.
Un roman accrocheur et un excellent document sur la lutte mémorable de tout un peuple.

A partir de 10 ans

coup de coeur Patrice Lumumba, la parole assassinée / Y. Pinguilly. - Oskar. - (Histoire et société)

Une biographie de Lumumba, homme intègre et artisan de la libération du Congo dans les années 60. C’est un récit qui à la fois suit l’histoire singulière de cet homme mais qui replace aussi son combat dans les enjeux de la décolonisation et du néo-colonialisme.
Un excellent ouvrage pour aborder ces pages d’histoire peu glorieuses pour la Belgique et/ou le monde occidental qui décrypte les véritables buts de toute colonisation.

coup de coeur Si Dieu le veut, Inch’Allah / A. Pouget. - Casterman. - (Feeling)

Fabre , le forgeron quitte avec son père et ses amis Paris pour délivrer le tombeau du Christ à Jérusalem suite au prêche du pape Urbain II en 1096. Il découvre alors la misère des pèlerins qui meurent en masse, la guerre et les massacres…puis son périple le met au contact des Sarrasins. Il découvre un autre monde insoupçonné : la vie, la religion, la culture, l’humanisme de ces hommes parmi lesquels il trouvera sa place avec quelques amis chrétiens de bonne volonté .
L’idée est généreuse, le récit bien documenté mais écrit d’une manière appliquée.

coup de coeur D’or que landes ou l’étrange aventure d’Harvey Squire / D. Bretin. - Syros

On retrouve dans ce roman qui se passe dans la campagne écossaise à la moitié du XIXème siècle, tous les ingrédients d’un bon roman d’aventure : un jeune héros fort sympathique, Harvey Squire, qui, bien que fils de barbier est instruit, curieux et courageux ; une famille noble désargentée avec notamment une jeune héritière dotée d’un fort caractère ; un trésor disparu depuis des siècles : celui promis par l’empereur Hadrien lors de la construction de son mur qui passe non loin du village d’Harvey... le tout dans un cadre plein de brumes et de mystères : la lande écossaise, traversée par ce fameux mur à propos duquel on raconte bien des légendes… Mais s’agit-il seulement de légendes ? Le jeune Harvey, qui remplace son père (alcoolique notoire) pour raser le comte de Fearnwood – décédé dans d’étranges conditions – va découvrir un terrible secret qu’il parviendra à élucider grâce à l’aide de son ami Julian, le fils de l’épicier et d’un mystérieux libraire qui semble prêt à tout pour découvrir ce que le comte voulait si bien cacher…
Un roman sympathique, où le mélange entre historique et fantastique est réussi, agréable à lire mais avec cependant un style assez pléthorique.

coup de coeur Louise Michel, une femme libre / L.Chastre. - Oskar. - (Histoire et société)

La vie de Louise Michel de la fin de la Commune à son décès en 1905. C’est un texte qui donne une idée de la personnalité de cette femme hors du commun et qui décrit ses engagements. Le récit rappelle tout d’abord la répression terrible que subissent les Communards pendant la Semaine Sanglante, puis la déportation en Nouvelle Calédonie. Là, Louise Michel trouve d’autres combats à mener et continue à diffuser son idéal révolutionnaire internationaliste. Un texte porté par un souffle libertaire communicatif, qui redonne vie à une période historique souvent oubliée tant les vainqueurs furent revanchards…
Le dossier final apporte d’autres précisions historiques intéressantes, on peut regretter que les éditeurs n’aient pas trouvé une photo de Louise Michel. Elles sont pourtant nombreuses…

coup de coeur La jeune fille rebelle / J.-C. Van Rijckeghem ; P. Van Beirs. - Mijade

C’est un roman à l’image de la jeune héroïne Marguerite de Male, plein de vie et de fougue. De violence aussi. Nous sommes au 14° siècle, en Flandre et la jeune fille va devenir l’instrument du règne, du pouvoir. Son père, Comte de Flandre, n’a pas eu d’héritier, il devra marier sa fille au parti le plus avantageux politiquement. Elle ne se voit guère en jeune fille soumise, préfère s’aguerrir aux armes et rêve d’amours romantiques. Ses rebellions ne vont pas être sans conséquences…
Un moyen âge rendu très vivant par les nombreuses descriptions qui n’éludent rien : une réalité crue, la violence des situations, les croyances et superstitions.

coup de coeur Dans les griffes du Klan / S. Tamaillon. - Seuil (Chapitre), 2009

Une plongée dans l’état le plus raciste des Etats-Unis, l’Alabama, au milieu des années 50 lorsque le Khu Klux Klan fait régner la terreur. Jessy comprend l’ampleur et les dangers de la ségrégation quand il doit aider son père à descendre Lester pendu à un peuplier. Cependant, grâce à un nouveau venu dans sa classe, Spike Battle, il découvre un autre monde noir, plus riche, plus créatif, plus libre que sa communauté de Chastity : celui des musiciens. Miles Davies, de passage, lui laisse non seulement le souvenir d’une musique libératrice mais aussi une pensée qui va déterminer sa vie. Jessy se lance alors dans des défis à l’ordre blanc et brave les lois racistes. Mais lorsque le Klan découvre ses insoumissions, son père, son ami Spike et ses parents sont assassinés. Jessy échappe à ses poursuivants, quitte Chastity, retrouve Miles Davies et devient musicien à son tour. Le roman se termine au lendemain de l’élection du nouveau président américain, quand Jessy Jackson, 66 ans, retourne pour la première fois en Alabama pour assister au procès de l’assassin à la tête du KKK pendant toutes ces années.
L’auteur n’évite pas une certaine violence dans l’écriture, liée à la période décrite (lynchage, pendaison, chasse à l’homme). Cependant, ces scènes ne semblent pas inutiles ni gratuites : elles illustrent le climat que faisait régner le Klan en toute impunité à l’époque. Ce petit livre peut être un complément à l’étude du mouvement d’émancipation des Noirs aux Etats-Unis dans les années 60.

A partir de 11 ans

coup de coeur L’ ogre de la couronne / S. Tamaillon. - Les 400 coups. - (Connexion)

Un tueur, surnommé l’Ogre de la couronne sème la terreur en assassinant des jeunes filles. Bientôt, Pierrot, jeune orphelin vivant dans les rues, est impliqué dans cette sordide affaire : Blandine a disparu, Blandine qui est son rayon de soleil quotidien...
Un roman que nous apprécions pour la gouaille et le vocabulaire argotique des milieux populaires parisiens de l’époque qui propose une vraie intrigue policière dans une réalité historique et sociale crédible.

coup de coeur Les fleurs brûlées / N. Monfils. - Mijade

Paris, 17° siècle. Marie-Madeleine vit recluse dans une petite chambre. Elle passe ses journées à ressasser ses souvenirs et son ressentiment. On en comprend vite les raisons : sa mère, La Brinvilliers, a été décapitée pour avoir empoisonné son père, ses frères et bien d’autres par amour pour son amant. Marie-Madeleine elle-même l’a échappé belle. Comment, alors, se libérer de la haine d’une telle mère et du sentiment de culpabilité ? D’autant qu’un individu multiplie les menaces à son encontre. Grâce au commissaire La Reynie, elle entrevoit peu à peu la réalité plus composite d’une femme qui peu à peu ne se réduit plus uniquement à ses actes.
Nadine Monfils mêle habilement le roman historique -en nous faisant découvrir l’affaire des poisons, le Paris et la vie de l’époque-, l’intrigue policière et l’approche psychologique en interrogeant le devenir des descendants de parent criminel.

coup de coeur Mort pour rien ? : 11 Novembre 1918 / G. Jimenes, N. Girard. - Oskar (Histoire et Société), 2008

C’est la toute fin de la première guerre mondiale qui est évoquée dans ce court roman. Nous sommes le 10 novembre 1918 et la signature de l’armistice est évoquée. Le narrateur et ses amis soldats n’osent pas y croire, d’autant qu’on leur demande de traverser la Meuse pour obtenir la capitulation des Allemands. Au plein cœur de l’action, on leur annonce que la guerre est terminée, enfin bientôt, à 11 heures ! Les balles allemandes redoublent, l’ami du narrateur se fait tuer... Le roman se clôture sur la visite du narrateur à la famille de son ami, au printemps 1919.
Le roman est court mais truffé d’éléments historiques : la censure, la vie à l’arrière du front et l’industrie de l’armement, la grippe espagnole, les gueules cassées.. Roman sensible sur l’absurdité de la guerre mais aussi sur la force de l’amitié et la façon dont celle-ci change les hommes.

coup de coeur Marion du Faouët ou la révolte des gueux / M. Bruyère. - Oskar. - (Histoire et société)

Début du 18° siècle. Marion se jure d’être un jour libre et riche. Simple servante, le chemin à parcourir est immense. Son caractère ambitieux et impatient la mène à emprunter des chemins de travers. Marion du Faouët, dite Finefont, va bientôt se retrouver à la tête de centaines de brigands, et détrousse les bourgeois pour partager avec les plus pauvres.
Le roman, court et enlevé, retrace le destin d’un personnage ayant réellement existé, sorte de version féminine de Robin des Bois ou de Mandrin. Il montre également l’extrême pauvreté et les injustices du siècle qui a vu naître la révolution française.

coup de coeur La guerre au bout du couloir / C. Léon. - Thierry Magnier

Oran, 1962. Le jeune Momo se retrouve seul avec son petit frère encore bébé dans les rues de la ville, ignorant véritablement pourquoi il doit se rendre chez sa tante Rosine, à la demande de ses parents. Quand, chez elle, il constate que les plantes sont sèches, il s’inquiète et doit improviser des soins pour Alain. Son étonnement et son inquiétude croissent à la vue d’une colonne de gens, les mains en l’air, devant un homme en uniforme. Alors qu’Alain commence à crier famine, un vieil indigène dans une charrette lui ordonne de monter…
C’est par les yeux et la bouche de Momo que nous découvrons l’ambiance particulièrement lourde dans une ville de l’Algérie indépendante. L’enfant alterne la description naïve de faits et l’évocation de souvenirs de la vie familiale. Sans détails sordides, la violence et la haine des indigènes contre les Français d’Algérie qui succèdent à celles des occupants et leur racisme féroce sont palpables. Ce que Momo découvre chez ces gens qu’on lui décrivait comme « barbares » c’est l’humanité, la générosité naturelle d’une mère qui ne choisit pas ceux qu’elle nourrit, l’amitié et l’amour. Mais chez eux aussi, on trouve parfois la haine, une soif de vengeance.
Un roman fort, court et concis, qui suggère la violence de cet épisode historique, et qui montre surtout la sottise des préjugés et de ceux qui les cultivent.

coup de coeur Les voleurs de vent / R. Fuentès. - Syros. - (Les uns les autres)

Nous sommes à la fin du 14° siècle, en Allemagne, aux temps où les riches marchands (la ligue hanséatique) voient leur pouvoir injuste mis en danger par les pirates, les Likedeeler, sortes de Robin des bois.
Anika, fille d’artisan, est tombée amoureuse de Hans. Pour lui, elle est prête à tout, même à s’embarquer déguisée en homme...
Un roman historique assez passionnant, où l’intrigue personnelle s’équilibre bien avec les infos historiques.

coup de coeur Intrigues à Athènes / P. Thiès. - Seuil. - (Chapitre)

Un roman historique qui nous plonge dans la vie quotidienne de la Grèce Antique, à l’époque du procès de Socrate : la guerre contre les villes de Sparte, Thèbes et Corinthe ont influé sur le destin des 3 héros de ce livre. Lycée, Dori puis Callias vont être soumis à l’état d’esclaves. Révolte tout d’abord mais une rencontre de Lyncée avec Socrate va révolutionner la vie de ce jeune adolescent. Il comprend que la liberté réside dans le savoir...
Un roman enrichissant pour son aspect historique et philosophique, dès 13-14 ans.

coup de coeur La messagère de l’au-delà / M. Hooper. - Panama

Le destin d’Anne Green, pendue en 1650 pour infanticide puis "ressuscitée", a de quoi captiver le lecteur. A travers l’histoire vraie de cette jeune femme, c’est toute une époque qu’à su retranscrire Mary Hooper, celle de l’Angleterre puritaine du 17° siècle où les injustices sociales s’ajoutent à celle faite aux femmes. Elle nous donne également à comprendre la médecine d’un autre temps, encore très inféodée à la religion, où le corps et l’âme n’ont pas délimité leurs frontières.
La forme du récit est très efficace : tandis que l’on découvre, chapitre par chapitre et par Anne elle-même, ce qui l’a conduit à la potence, on assiste en parallèle à ce qui devait être un cours d’anatomie et qui se transforme en une longue et difficile réanimation. Passionnant, édifiant, difficile parfois, un roman historique comme on en souhaiterait davantage. Coup de coeur de Julie

coup de coeur Envol pour le paradis / J.-M. Defossez. - Bayard. - (Millézime)

Arthur, protégé par ses parents, ne sait pas grand chose des discours haineux d’Hitler et de la guerre qui débute. Lorsqu’il est envoyé dans un foyer des jeunesses hitlériennes, il est frappé par l’absurdité d’une pensée à laquelle il se promet de ne jamais adhérer. Mais Arthur a un rêve, celui de piloter un avion, que le responsable du foyer saura exploiter. Motivé puis aveuglé par ce désir plus fort que tout, Arthur navigue bientôt en eaux troubles...
Ce roman très accessible présente une réalité peu traitée en littérature jeunesse : celle de l’embrigadement méthodique de la jeunesse allemande. Arthur, avec toute son intelligence d’esprit et de cœur, n’y échappera pas...

coup de coeur Fonce ! Monette, fonce ! / M. Tondra-Marie. - Oskar. - (Témoignage)

Après "les invités de la guerre", on poursuit les aventures de Micheline et de sa famille, toujours en pleine guerre. On ressent fortement les terreurs des bombardements, on vit avec elle la fuite en vélo dans les campagnes, l’attente des américains et enfin, la liberté retrouvée avec toutes les aspirations de renouveau qui l’accompagnent.
Un livre témoignage, dont le contenu a été revu par Janine Teisson, qui permettra aux jeunes dès 12 ans de connaître à travers l’histoire d’une famille, l’horreur de la guerre et le courage des protagonistes de cette saga émouvante.

coup de coeur Le fils du marin / T. Storm. - Syros. - (Les uns les autres)

Récit allemand écrit vers la fin du dix-neuvième siècle. L’intrigue est simple. Le père, marin marchand, veut que son fils entre à son tour dans l’entreprise familiale, et il l’envoie au bout du monde dans un long voyage d’initiation, mais le fils ne rentre que beaucoup, beaucoup plus tard, et tellement changé que son père n’est même pas sûr de le reconnaitre. Il refuse de toute manière de lui pardonner son absence. Le fils repart, définitivement... il trouve la mort lors d’une tempête en mer. Du moins, son père en est persuadé, taraudé par un mauvais rêve. Le vieux père, avant de mourir, lègue son affaire à son gendre, mais que représentent une fille et son mari comparés à un fils...
Tragédie d’une société patriarcale et de l’obstination ou rigidité personnelle. Par ses qualités littéraires, c’est un livre qui pourrait être une transition ou introduction à la lecture des grands romans du dix-neuvième siècle français, de Balzac ou de Stendhal, de Flaubert ou de Zola, romans qui commencent, pour la plupart, lentement avec de longues descriptions qui situent les personnages dans leurs temps et lieux et qui se terminent souvent tristement avec la mort, la séparation ou la déception des personnages principaux.

coup de coeur Taille 42 / M. Ferdjoukh ; C. Pollak. - Ecole des loisirs. - (Médium)

Comment traverser la seconde guerre mondiale lorsqu’on est une famille juive, en plein Paris ? Charles Pollak est encore là pour le raconter et Malika Ferdjoukh a pris la plume pour retranscrire son histoire. Ici, la tragédie historique est à la croisée de la comédie familiale pour une épopée passionnante, vivante et drôle.
L’humour qui sous-tend le roman n’est possible que parce que la famille de Charles toute entière a pu survivre à cette période dramatique.

coup de coeur Si loin de chez soi / E. Wiseman. - Ecole des loisirs. - (Médium)

A place not home, tel est le titre original de ce roman, publié depuis 10 ans au Canada. Eva Wiseman, d’origine juive hongroise, immigrée au Canada, s’inspire très probablement de son expérience pour nous livrer un récit troublant sur le courage humain.
Du jour au lendemain, Nelly, une adolescente de treize ans, doit quitter la Hongrie avec sa famille pour fuir les évènements d’automne 1956. Commence alors une longue errance pleine de privations et de précarité ; Nelly doit mûrir, vite, s’adapter à des situations difficiles pour son âge. Dans l’épreuve, elle cherchera par tous les moyens à écrire.
Dans ce livre, on prend connaissance d’une partie mal connue de l’histoire : l’insurrection de Budapest en 1956, le chaos qui régna, rappelant beaucoup trop la période nazie. A travers les yeux d’une adolescente qui entre brusquement dans la vie adulte, on mesure la difficulté de la fuite, de l’expatriation et de la reconstruction dans un pays étranger, en l’occurrence le Canada.

coup de coeur Profond secret / B. Doherty. - Gallimard. - (Folio Junior)

Après la guerre 39-45, un village anglais situé au fond d’une vallée va être englouti par les eaux lorsque le barrage sera construit. On suit la vie de ce hameau, année après année : des jumelles de quinze ans s’amusent près du ruisseau, l’une d’entre-elle tombe et se tue ; l’autre va prendre sa place et son nom dans la famille. Le fils du pasteur, du même age, est amoureux d’une des jumelles, mais dès lors, qui aime-t-il vraiment ? Les ouvriers vont travailler pendant trois ans, le temps de permettre à toute une communauté de faire son chemin pour accepter de voir disparaître son environnement, le temps pour le lecteur de découvrir tous les personnages, leurs secrets, désillusions, espoirs...
Le style est impeccable malgré quelques lourdeurs et redondances. Un bon roman historique.

coup de coeur J’irai avec toi par mille collines / H. Jansen. - Hachette. - (Livre de poche jeunesse)

Jeanne est rwandaise, Tutsi ; elle a été adoptée par la famille Jansen en Allemagne, suite au massacre de toute sa famille. Hanna, sa mère adoptive, nous fait le récit de la vie de Jeanne, avant et pendant le drame. L’histoire est entrecoupée de réactions de la romancière et d’événements du temps présent. Ce roman est d’une profonde tristesse et montre toute l’horreur et la barbarie de la guerre, même si un grand espoir existe pour Jeanne qui est aujourd’hui une adolescente épanouie. Coup de coeur de Julie

coup de coeur L’ Ile de mon père / B. Peskine. - Casterman. - (Feeling)

Dans les années soixante, à l’instigation de Michel Debré, naît l’idée d’envoyer des enfants réunionnais dans les départements français dépeuplés. Jean-Philippe est sélectionné ; il part pour Guéret dans la Creuse où, à dix ans, il devient valet de ferme. Sa soeur le suit en métropole. Des années plus tard, son fils Justin s’interroge et interroge sa mère : Jean-Philippe les a quittés, "de peur de lui faire mal", a-t-il dit. Grâce aux carnets qu’il a écrits dans sa jeunesse, grâce à l’enquête que mène l’adolescent pour retrouver sa tante qui, elle, aurait été adoptée, Justin -et le lecteur avec lui- découvre ce que plusieurs centaines d’enfants ont vécu et les conséquences de ces traumatismes sur les adultes qu’ils sont devenus.
Sous une forme romancée, ce livre met en lumière une page peu connue, et peu glorieuse, de l’Histoire de notre pays. Une pièce de plus dans un dossier très actuel.

coup de coeur La Vengeance des Barbares / J.-P. Gourévitch. - Bayard

Paris, 1842. Le chef de la bande des Barbares vient d’être guillotiné. [Arbitrairement car depuis 1832, le vol qualifié n’est plus passible de la peine de mort. A moins d’une petite incorrection de la part de l’auteur ?]. Pour le venger, ses copains, des gamins pauvres et orphelins des rues de la capitale, enlève la fille d’un conseiller du préfet. La rançon payée par le père sera divisée en deux, une part pour la bande mais la plupart pour l’hospice des enfants assistés où la jeune fille travaille en bénévole. Les jeunes délinquants qui avaient déjà obtenu la sympathie du lecteur, vu la menace de la guillotine et la pauvreté de leur situation, l’emportent définitivement en devenant de jeunes Robin des bois.
L’auteur connaît bien le Paris de cette époque et son histoire sociale et nous les délivre dans un foisonnement d’aventures et de ruses. L’émotion et le suspense sont maintenus malgré quelques longueurs, et c’est un livre à recommander à tous dès 12-13 ans.

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