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Dernière mise à jour :
dimanche 25 septembre 2016

Mot Clé : Roms




Album(s) :


coup de coeur Je m’appelle Nako / G. Risari ; M. Dulain. - Le Baron perché. 2014

Nako, du haut de sa dizaine d’années, affiche une sagesse et une certaine lucidité quant à sa situation de nomade. Il est habitué aux moqueries, aux rejets mais leur oppose une culture et une histoire riches de milliers d’années de voyages.
Ce que nous raconte Nako est mis en relief par deux doubles pages finales : la chanson Djelem, Djelem composée après l’extermination des roms et des sintis lors de la seconde guerre mondiale et les proverbes roms mis en page tels des nuages, libres...

coup de coeur Gipsy / M.-F. Chevron ; M. Magnan. - Editions courtes et longues. 2014

Cet album découvre avec magnificence un univers mêlé de poésie et de sensibilité qui nous invite à voyager avec Gipsy, petite pie tombée du nid et recueillie par Manu. Gipsy va ainsi trouver refuge au sein de cette famille où elle goûtera aux doux plaisirs du voyage et de la liberté ainsi qu’aux valeurs de la famille.
« Il y a eu un silence très long entre nous. Un silence pendant lequel nous nous sommes regardés lui et moi. Et j’ai vu, j’ai senti, dans ses yeux de petit homme, de la chaleur comme dans mon nid douillet ».
Des illustrations colorées pleines pages apportent une touchante note de douceur à cette histoire qui nous conte l’amour et l’amitié tout en explorant le thème du voyage initiatique.
Autre lecture
Une pie aux ailes déployées sur un grand format, ces 2 noms, Marie-France Chevron et Mathilde Magnan qui nous avait enchantés avec Le héron et l’escargot (dont on trouve une allusion dans l’album), nous ouvrons l’album avec impatience…
Le narrateur est un oiseau tombé de son nid, blessé et recueilli par un jeune garçon et sa famille. Avec eux, la pie parcourt le monde, découvre la nature et les saisons, la liberté aussi. « Mon nid, c’est ma roulotte. Mon nid, c’est les bras de Manu. (…) Mon nid, c’est le voyage. »
Bien sûr, il y a les méfiants croisés en chemin mais que valent ces oiseaux de mauvaises augures attachés à leur territoire et leurs biens face à l’attachement qui lient ces 2 êtres épris de liberté…
Un livre grand ouvert sur le monde, une merveille graphique aux cadrages intelligents, encore une réussite pour les deux auteurs et un ravissement pour leurs lecteurs.

coup de coeur Yoshka / S. Du Faÿ ; G. Keraval. - Seuil. 2013

Yoshka a grandi dans la nature, au contact des éléments et des animaux sauvages. Dans cet « espace sans limite », il est devenu « fort comme un ours », « aussi rapide que le vent », et courageux malgré sa taille de crevette. Puis Yoshka et ses parents sont arrivés dans la ville des gratte-ciels immenses. C’est alors par la musique, expression d’une nature libre, qu’il s’épanouira et réussira un petit miracle...
Yoshka écoute sa propre histoire, racontée par sa mère fière de le voir grandir ; tous les deux revivent intensément les moments forts de sa vie. Et le lecteur vibre avec eux, porté par les illustrations douces de Gwen Keraval.

coup de coeur Le dragon d’étoiles : un conte tsigane / J.-J. Fdida ; R. Lejonc. - Didier. - (Contes du monde)

Ianos, jeune tsigane volontaire et déterminé, fera le tour de la terre s’il le faut pour combattre le dragon à trois têtes qui a avalé les étoiles et la lune, et ainsi ramener la lumière sur Terre. Créatures et objets magiques aideront Ianos dans sa quête, avec en filigrane un précieux conseil : « Tout ce qui brille n’est pas d’or. »
Quel panache, quel souffle traversent ce conte tsigane ! Il y a bien entendu le texte de Jean-Jacques Fdida avec son style et ses formules qui font mouche (« Et allez ! Marche, marche, tsigane ! Ton pas fait du bien à la terre »). Et puis les illustrations de Régis Lejonc, entre réalisme (la mamie édentée, le cheval squelettique) et fantastique (le taltos, le dragon)...
Un héros fier, une langue forte pour un conte de résistance et d’optimisme.

coup de coeur Gipsy Panda / Q. Gréban. - Mijade

Un panda se voit accusé d’être un voleur de poule. Eternelle rengaine à laquelle le panda n’apporte pas beaucoup d’attention, tout occupé à constater de nombreuses bizarreries dans et autour de sa roulote...
Un texte porté par le panda narrateur qui invite à la lecture à voix haute, complété par les illustrations si douces et expressive de Quentin Gréban, voici une histoire bien sympathique, ode au voyage et au partage !

coup de coeur Contes nomades du monde entier / Choisis par C. Gendrin. - Rue du monde

Ils proviennent d’Algérie, de Sibérie, du Sahara, d’Amérique du Nord, du Kirghizstan, de Mauritanie, de Mongolie, et de “tsiganie” bien sûr ! 18 contes nomades recueillis par la conteuse Catherine Gendrin et illustrés par 9 illustrateurs, qui parlent de liberté, de dépouillement, d’hospitalité, d’amour, de conquête, de mort...
De belles visions de la vie ou des leçons plus graves, dans un style très vivant. Un beau recueil.

coup de coeur Bisha, la chèvre bleue qui parlait rrom / A. Serres ; D. Jacquot. - Rue du monde

Bisha, petite chèvre aux cornes bleues, sait bien où mènent ses pas. C’est elle qui guide toute la famille de Chavalo vers la bonne fortune. Cela se vérifie dans le spectacle de cirque dont elle est le fil conducteur, cela se vérifie aussi lorsque le terrible ogre Angulimala fait irruption dans l’arène et ramène tout le monde dans une réalité violente en réclamant des “papiers”.
Les illustration de Delphine Jacquot, une fois de plus magnifiques, expriment avec talent et dans un mélange de réalisme et d’onirisme, le bouillonnement de la vie d’une famille rom, la menace qui pèse, la peur des spectateurs - qui, notons-le, se cachent également les yeux...
C’est la force de la liberté qui l’emporte, malgré les difficultés de la vie et contre l’oppression du pouvoir, en la “personne” de Bisha !

coup de coeur Loup Tambour et Lulu Majorette / S. Rouch ; O. Tallec. - Autrement

Les gens honnêtes mettent bon ordre : enfermés, les loups ! Ils mangent les enfants ; parqués, les gitans ! Ils volent les passants. Loup Tambour et Lulu Majorette, les deux rebelles, proposent une autre réalité, loin de là.
L’illustration d’Olivier Tallec restitue bien ce contraste entre monde étriqué et sectaire et espace de vie et de liberté.

coup de coeur Regards d’enfants / Association Malki Tsigani

Confier des appareils photos aux enfants Rroms de Bulgarie pour fixer dans l’instant des parcelles de leur quotidien et nous faire mieux connaître leur culture, tel était le projet de Baptiste Riot, un jeune professeur de Pontarlier. Au final l’association, Malki Tsigani nous propose ce recueil de photos vivantes ponctuées de paroles des enfants et de dictons populaires. Un livre plein de vie.

Roman(s) :


coup de coeur Un violon dans la tourmente / M. Favre. - Oskar. - (Histoire), 2013

2 histoires se racontent en parallèle, puis se croisent. Itségo, jeune rom, a perdu sa famille et survit, seul, dans la roulotte de son grand-père. Il chine, se débrouille mais souffre de solitude et tente de retrouver sa famille au camp de Montreuil. En vain.
Myriam elle est juive même si cela n’avait pas beaucoup de réalité pour elle avant cette guerre qui fait disparaître ceux qu’elle aime : son père, son amie. Et bientôt, au camp de Pithiviers, elle sera séparée de sa mère. A 13 ans, elle va devoir s’occuper de son petit frère et de Sarah rencontrée dans le camp. Ils réussissent à s’échapper du camp, et croise la route d’Itsago. Désormais, ils conjugueront leur volonté de survivre à 4.
C’est une guerre documentée que Magali Favre nous donne à lire. L’ambiance dans les villages, le mode de vie des roms, la vie dans les camps... le ton est grave et juste, non dénué d’espoir (« Nous sommes en vie, c’est notre plus grande richesse »), le style soigné, cet énième roman sur la seconde guerre mondiale sort du lot.

A partir de 10 ans

coup de coeur La caravane / Kochka. - Thierry Magnier. - (Petite poche). 2013

Jessy fait son entrée en classe de CM1 pour apprendre à lire, sur la volonté de son père qui veut « faire à sa fille le cadeau d’un grand pouvoir : celui de choisir sa vie. » Jessy est heureuse d’apprendre, aux côtés de Jeanne qui devient son amie. Mais elle se distingue ainsi de son clan et les enfant le lui font payer...
Texte court qui montre que pour certains, à certaines époques, la liberté est chèrement acquise...

coup de coeur A la croisée des chemins / J. Bruneau. - Oskar. - (Histoire et société). 2013

1940, Sandro et sa famille doivent fuir. Comme tous les français, ils redoutent les nazis, mais en tant que tsiganes, ont des raisons supplémentaires de souffrir de la guerre. Des mesures spécifiques ont été prises à leur encontre, contraignant leurs déplacements. Alors que faire ? Quelles décisions prendre pour toute la famille ? Bientôt, ils n’ont plus de libre arbitre puisqu’ils sont déportés et enfermés dans un camp. Pour Sandro, l’enfermement est insoutenable, il lui faut trouver le moyen de s’évader, sans mettre les siens en danger.
La fiction de Janine Bruneau, qui s’inscrit dans un cadre qui n’est pas sans rappeler le camp de concentration de Montreuil-Bellay, n’édulcore pas la réalité des tsiganes pendant la guerre. Aux mesures humiliantes prises par les gouvernement français et les menaces des nazis s’ajoutent les injures permanentes des gadje. Mais la solidarité, même en temps de guerre, reste de mise, et avec elle, l’amitié… Après la guerre, l’ami de Sandro, Augustin, deviendra historien pour que le souvenir des injustices qu’ont subies les Tsiganes ne soit pas perdu.

coup de coeur L’ été des gitans / S. Fournout. - Oskar. - (Passion ). 2013

Les gitans sont arrivés pour les vendanges. Et les querelles de village se réveillent. Une haine tenace qui sourd depuis des années. Il y a quelques rares personnes qui soutiennent les Gitans, et tant d’autres qui crachent leurs insultes et ourdissent de sales plans. Julie observe tout cela, avec pas mal d’incompréhension à propos de ce qui se trame entre sa cousine Sarah, le jeune gitan Nada, l’arrogante Noah et tous ces adultes qui cumulent cachotteries et non-dits… Au fur et à mesure que les tensions s’accumulent, le passé ressurgit pour enfin laisser entendre la vérité…
Haines de village, des étrangers, guerres de pouvoir et de possession autour du bouc émissaire ancestral, le Gitan. L’ambiance est pesante, poisseuse, et tout est assez lourdement signalé. Mais le roman a un certain exotisme dans son décor et dans le sympathique personnage du chef des gitans, Jorge.

coup de coeur Dans les yeux d’Angel / D. Roumiguière. - Flammarion

Camille, petite fille de dix ans, bonne élève, classe sociale moyenne, se retrouve voisine de classe d’un jeune gitan. Elle est bientôt intriguée par ce garçon si différent qui s’émeut d’une grenouille perdue dans la salle de classe. Bientôt, c’est sa vie qu’elle découvre, ses blessures, son orgueil, sa famille… Elle va aider la petite Leslie à retrouver la parole, à renouer avec la famille de sa mère qui les a rejetées, elles et leur culture.
Une première approche du thème des discriminations qui voit Camille lutter contre les préjugés, en classe et chez les autres.

coup de coeur Muscha, un jeune tsigane dans l’Allemagne nazie / A. Tuckermann. - Oskar

Josef n’est qu’un enfant au moment où Hitler arrive au pouvoir. Fils d’un couple allemand, Monsieur et Madame Müller, il rêve d’adhérer aux Jeunesses hitlériennes comme ses petits camarades. Mais Josef a la peau trop foncée, ce qui fait rapidement de lui à l’école le bouc émissaire de maîtres haineux qui adhèrent aveuglément aux théories racistes du 3ème reich.
Drame du racisme avec ses procédés classiques : isolement de la victime, incitation à la violence à son égard, justification par des théories scabreuses. Quand le processus est enclenché, tout le monde (ou presque) marche… Autour des parents de Josef, un groupe résiste dans l’ombre. Hélas l’enfant est trop jeune pour être informé, et son angoisse est grandissante....
Ce tout jeune garçon, encore dans l’innocence et l’incompréhension, nous raconte son enfance, sous la plume d’Anja Tuckermann. Jusqu’au bout de cette bouleversante histoire vécue, racontée année par année de 1938 jusqu’en 1946 et étayée de nombreux détails de la vie quotidienne, on tremble et se révolte pour Joseph qui a vécu la discrimination raciale… Une histoire malheureusement non singulière. Coup de coeur de Julie et Florence L.

coup de coeur Les trois fils du Catalan / F. Arcis. - Oskar

Le premier chapitre s’ouvre sur l’assassinat du Catalan et la douleur des trois fils. Aussitôt, Francisco Arcis embraie sur l’histoire de François, jeune routard qui s’immisce dans une bagarre qui oppose les fils du Catalan et deux jeunes gitans qu’ils croient être les meurtriers de leur père. Ayant pris la défense des gitans, François est embarqué dans une sombre histoire de haine ancestrale ravivée par le meurtre. Il mène son enquête et découvre les vrais coupables.
Roman facile à lire, bien mené, l’intrigue parfaitement plantée dans un milieu social typé et sympathiquement rebelle.

coup de coeur L’ histoire d’Else / M. Krausnick. - Bayard. - (Millézime)

Est-il possible d’imaginer ce qu’a pu endurer Else un matin d’avril 44 : cette petite allemande de 8 ans est réveillée en pleine nuit et embarquée par des officiers SS qui prétendent que ses parents ne sont pas ses vrais parents et qu’elle est d’origine tsigane. Difficile à assimiler. Après un voyage dans un de ces horribles trains de la mort, elle se retrouve dans un camp, loin de sa famille…
En une petite centaine de pages, cette histoire vraie dit : l’application de l’idéologie nazie, la réalité des camps de concentration, le refus de la population d’entendre la vérité mais aussi le courage de certains allemands tels le père adoptif d’Else, un homme simple et obstiné, ou la jeune Wanda, pleine de tendresse, qui la prendra sous sa protection. Enfin dernier point, rarement évoquée, l’impossibilité de parler pour beaucoup de survivants muselés dans leur douleur... L’illustration enfantine de la couverture, la faible épaisseur du livre, le style simple, à la hauteur de l’enfant qu’Else était, en font un livre d’accès très facile. Pourtant le texte décrit une réalité insoutenable. Celle des génocides de la seconde guerre mondiale ; celle d’une enfant confrontée à l’horreur, dans l’incompréhension et la solitude. Un récit à faire connaître.

coup de coeur J’ai vu pleurer un vieux tsigane / G. Jimenes. - Oskar. - (Histoire et société)

Le narrateur n’a aucune complaisance envers lui-même lorsqu’il décrit les sentiments et préjugés qu’il nourrissait, enfant, envers les tsiganes. Mais plusieurs évènements l’emmènent à changer profondément. Il tombe un jour nez à nez avec un vieux tsigane totalement bouleversé ; ses proches le rejoindront bientôt, l’entourant avec une infinie délicatesse. Plus tard, il comprendra que ce vieil homme était un rescapé des camps nazi. Cette rencontre fondatrice le conduira à choisir le métier de professeur d’histoire et il fera tout, dès lors, pour contrer l’oubli.
Un roman très court, d’une grande intensité émotionnelle, complété par un dossier documentaire sur les tsiganes. Coup de coeur de Julie

coup de coeur Un chien pour la vie / L.S. Matthews. - Bayard

John, son grand frère Tom et leur chienne Mulotte forment un trio inséparable lié par une complicité... sans pareille. L’annonce de la maladie de Tom bouleverse la donne : les adultes sont persuadés que Mulotte constitue un danger pour les défenses immunitaires de Tom. Il faut l’éloigner, aucune discussion possible. Les 3 inséparables (car oui, la chienne a son mot à dire) imaginent rapidement un plan : John emmènera clandestinement la chienne, à l’autre bout du pays, chez le frère de leur père décédé. Le voyage commence en train, sans embuches. Puis John fait des rencontres étranges, inquiétantes, mais aussi très riches. Porté par sa mission et protégé par Mulotte, John accomplit des choses exceptionnelles. Car s’il est confronté à des horreurs (discrimination envers les roms, tests sur animaux), il refuse de laisser faire et préfère l’action, malgré la peur.
Un roman pour jeunes lecteurs (dès 10-11 ans mais bien au-delà) qui sous ses airs un peu naïfs de roman d’aventures, se révèle beaucoup plus nourri qu’il n’y paraît.

coup de coeur La guerre noble, parole gitane / L. Ruiz. - Le navire en pleine ville. - (Avis de tempête)

"Me faisant la voix de tous ceux qui croient en une histoire juste, noble et honnête, je veux dire aux autres ; ne dites pas n’importe quoi car n’importe qui peut raconter des mensonges et faire croire sa vérité". Luiz Ruiz est un Gitan d’Alès (dans le Sud). Touche à tout, photographe, slameur et conteur, il se lance dans l’écriture d’un premier roman sans savoir écrire au départ, en utilisant une écriture phonétique. Un an et demi plus tard, après un travail de réécriture et de transcription au plus près de son texte, le roman La guerre Noble est édité dans la collection Avis de tempête chez Le Navire en pleine ville, tout un symbole. Luis Ruiz nous raconte son histoire et celle de son peuple. Avec beaucoup de poésie et de philosophie, il aborde les relations souvent tendues entre les Gitans et les Gadjos. Un combat de tous les jours contre les caricatures et pour le respect mutuel. Il choisit une forme universelle commune à toutes les générations, le conte. Avec pour personnages un conteur, le grand-père, et son public, une adolescente. Comme toutes les jeunes filles, Catalana s’interroge sur le monde et les hommes. Qu’est-ce qui fait qu’elle est si différente des autres ? De ses cousins et cousines, mais aussi des autres, les Gadjos ?
Gitans, gypsies, gitanos, héritiers d’un passé, qu’on disait venir de la petite Egypte. Des gitans méprisés et chassés, qui doivent faire face à une haine étrange. Mais le Grand père comme la jeune fille rêvent d’un autre monde. Un jour, ce peuple voyageur sera libre. Sa culture et ses richesses imposeront le respect aux autres peuples du monde. Pour ce faire, Catalana doit entreprendre cette Guerre Noble et son Grand Père lui donner le courage de continuer.
Luiz Ruiz nous parle de l’intérieur avec beaucoup de sincérité, avec un regard qui se tourne vers le futur, chargé d’espoirs. Même si cette Guerre noble ne sera pas facile, il gagne ici une bataille contre les caricatures. Ce conte philosophique s’adresse aussi bien à des collégiens qu’à des adultes. Dans un souci de respect de la tradition orale et pour que ce roman soit lu par tous, une version CD existe, enregistrée entre autres par Gaby Monnet.

coup de coeur Alors, partir ? / J. Billet. - Seuil. - (Karactère(s)

Cela fait 6 ans que Jaime et les siens se sont installés sur un bout de terrain, en marge de la ville. Sont-ils pour autant devenus sédentaires, gadjé ? On comprend très vite qu’ils sont toujours considérés comme une population à part. Une population qu’on ne ménage guère : ils doivent quitter les lieux dans les 3 mois. Jaime s’apprêtait à passer le bac mais l’urgence est ailleurs. Dans sa révolte contre la violence dont son peuple est victime et sa peine de voir ses ancêtres revivre le spectre des camps d’extermination, il veut trouver du sens. Jaime comprend que, grâce à l’écriture, il peut incarner la passerelle entre la tradition (les patrins) et le monde actuel pour que soit assurée la transmission de leur culture sans cesse mise à mal.

coup de coeur Si j’avais des ailes / A. Kalouaz. - Actes Sud. - (D’une seule voix)

L’appel au dialogue d’un fils à son père, séparés parce qu’il a fallu un jour faire un choix : sa mère et lui sont devenus sédentaires, le père lui n’a pu se résoudre à quitter les routes, le camp des bohémiens. Le fils tente de combler le fossé qui se creuse, d’expliquer à son père que la langue nouvelle qu’il a découverte, celle des livres, celle des gadjé ne doit pas les séparer. En somme, il lance à son père, qui est le lien nécessaire entre ses racines et sa liberté conquise, un appel impérieux.

coup de coeur Gadji ! / L. Land. - Sarbacane. - (Exprim’)

La vie est une ronde infernale où se bousculent moments de joie intense et de peines indélébiles. Katarina, jeune roumaine rrom, ne le sait que trop bien, mais elle porte en elle une force inébranlable qui la pousse vers l’avenir. Qu’est ce qui la tient debout ? La famille, lien indéfectible ... Le sang rrom qui coule en elle ... La soif de savoir ... Les rencontres qui la nourrissent ... Quoi qu’il en soit, elle ne désespère pas de l’avenir qui sera libre, riche de découvertes, rempli d’amour pour les siens et pour ceux qu’elle croisera et apprivoisera...
Ce n’est pas une vision romantique des roms qui est dépeinte ici, juste une tranche de vie racontée dans une langue fougueuse, qui nous séduit par sa formidable énergie jamais entravée. Coup de coeur de Julie

Et aussi... :


coup de coeur Le poisson d’or / Cathy Darietto ; Guellen ; Virginie Bertazzon. – Le Sablier (col. A pas contés), 2014

Ce conte traditionnel a voyagé à travers les cultures. Les frères Grimm auraient collecté cette histoire dès 1812. En 1833 l’auteur russe Pouchkine s’inspire de la tradition orale et du folklore pour écrire sa version et en 1864, Afanassiev l’inscrit dans ses contes populaires russes sous le titre « Le petit poisson d’or ». Quoiqu’il en soit, ce conte est connu sous différentes versions dans le monde entier et les éditions du Sablier nous présentent ici celle d’Arménie.
Le ciel est clair, la mer limpide. Un pauvre pêcheur, ce matin-là, prend un poisson d’or dans ses filets. D’une voix humaine, il s’adresse au pêcheur et lui demande de le relâcher en échange de la réalisation d’un vœu. Le vieil homme a bon cœur et le remet en liberté sans rien exiger. A son retour dans sa cabane, il raconte cette étrange et merveilleuse rencontre à sa femme. Celle-ci l’oblige à retrouver le poisson pour lui demander du pain. De belles miches dorées vont les régaler pendant plusieurs jours mais la vieille exige plus, toujours, avide de réaliser des vœux de plus en plus insensés…Le petit poisson s’exécutera sans rien dire mais la mer réagira à chaque requête jusqu’à ce qu’éclate une tempête…
Cathy Darietto, comédienne, dirige la compagnie Après la pluie à Marseille où elle a mis ce conte tsigane en scène dans un spectacle intitulé Les diseuses de Bellaventür.
Dans cet album de 23 mn, la conteuse invite les enfants à une écoute active en leur proposant de fabriquer des objets (grelots, maracas, bâton de pluie) pour accompagner le récit et matérialiser les vagues, le vent, la pluie. Le violoncelle de Virginie Bertazzon vibre et gémit, se déchaîne avec les éléments naturels, joue avec délicatesse la partition musicale de ce conte (une version instrumentale de 11mn15 est sur la deuxième plage du CD). L’artiste plasticienne Guellen s’inspire des univers de Chagall ou Modigliani, pour tisser des illustrations lumineuses et chatoyantes, d’une technique très personnelle, entre collage, papier froissé, volume, matière et couleurs. Bonne aventure… Anita Choteau

A partir de 5 ans

coup de coeur Mon amie l’hirondelle / R. Bertin - Oskar. - (Société)

Lorsque Nina arrive dans la classe, Charlotte a tout de suite envie de devenir son amie. Ses camarades, eux, répètent les stéréotypes entendus dans la bouche des adultes : métèque. Charlotte elle sait que Nina et sa famille sont des nomades, des tsiganes, qui comme les hirondelles partent et reviennent.
Un petit roman pour les 7-9 ans qui n’évite pas les facilités (scène du vol et des fausses accusations) mais propose, de façon simple et touchante, une belle histoire d’amitié et une petite leçon de tolérance.

coup de coeur Babik, l’enfant du voyage : Un conte pour découvrir la guitare manouche / A. Montange ; E. Mansot ; D. Reinhardt. - Actes Sud. - (Les contes du musée de la musique)

Dans une pochette douce à l’œil et au toucher, on découvre l’histoire d’amour qu’ont vécu une petite gadje, Mariette, et un jeune manouche, Babik. Bravant la réprobation de leurs deux communautés très antagonistes, les deux amoureux finiront par se retrouver. Réel ou imaginaire, ce conte est en fait un prétexte pour proposer aux enfants une initiation à la guitare manouche à travers la vie d’un des plus célèbres de ses musiciens : Django Reinhardt. Il ne s’agit pas d’une vraie biographie mais la mise en espace et en lumières de tout ce que fut sa vie sous les doigts de son propre petit fils. La conteuse Anne Montange, assure toute la narration, de façon sobre et entraînante, en adéquation avec les morceaux de guitare.
L’illustration à la Chagall avec ses couleurs vives et ses amoureux volants, les personnages comme la diseuse de bonne aventure, la présence d’animaux comme le hérisson, tout concourt à restituer une vision de la vie des manouches, ses soucis et aussi sa poésie. Accessible dès 6 ans.

coup de coeur La musique des Gitans : Le Petit Cheval d’étoiles / B. Fontanel, J. Diab, Titi Robin ; C. Gastaut. - Gallimard. - (Mes premières découvertes de la musique)

Un petit garçon manouche questionne son grand-père sur la vie des gitans autrefois, leur nourriture, leurs métiers… puis il s’égare dans la forêt, prend peur, voit de drôles de formes, et alors qu’il s’apprête à toucher l’une d’entre elles qui lui semble être un cheval, sa famille le retrouve enfin. Il peut alors continuer sa discussion avec son grand-père en se réchauffant au coin du feu pendant la veillée. Son papou lui transmet son savoir sur les étoiles et la liberté de leur peuple.
Les illustrations très colorées, privilégiant les couleurs bleu sombre de la nuit occupent des doubles pages, le texte étant imprimé en blanc. Le dessin est très stylisé et naïf. Elles sont plaisantes et poétiques.
En fin d’ouvrage, partie documentaire :
- 2 pages permettent de connaître les instruments et les voix.
- 2 pages offrent un petit tour d’Europe des Musiques Rom, avec des cartes, des photos légendées ;
- 2 pages présentent la famille Diab qui circule avec leur roulotte pour faire connaître leur mode de vie traditionnel dans les mairies et les écoles (spectacle Nomad’s Land).
- 1 page est consacrée aux Roms en fête, 1 page aux musiciens.
- 1 page transcrit le texte des chansons bilingues (manouche, castillan et catalan).
Le CD
Le récit alterne régulièrement avec des intermèdes musicaux. La musique, créée par Titi Robin, fait bien sentir la « voix » des instruments, l’expressivité de la musique, supérieure à celle des mots. On est entraîné par le son du violon, des guitares manouche et flamenca, du cajon, des palmas et des voix qui chantent en manouche et en catalan ! Cet album CD, malgré ses faiblesses, un certain décalage de destinataire entre l’histoire (pour les plus jeunes) et la partie documentaire plus exigeante, est intéressant et peut permettre de sensibiliser des enfants relativement jeunes à une culture différente. Il est peut-être préférable de commencer par le CD.

coup de coeur L’ abécédaire du camion-école / D. Bruggeman ; M. Dib. - Monde d’Arthom

Un abécédaire atypique, fruit du travail avec des enfants du voyage, qui ont appris à écrire leur lange, le romani. Cela donne un ouvrage à spirales, avec en page de gauche le dessin des enfants, en page de droite, l’écriture de l’objet représenté en lettres cursives, grands caractères, en français et en romani.

coup de coeur Le tapis d’Esma / N. Barthelémy, E. Slabiak ; O. André. - Actes Sud. - (Un livre, une voix)

Lorsqu’Esma était enfant, sa grand-mère lui est apparue en songe et lui a demandé de tisser un tapis mystérieux à partir des cordes cassées des instruments des musiciens tsiganes les plus passionnés.
Il s’agit d’un conte moderne à visée étiologique : il explique pourquoi les Tsiganes voyagent sans cesse, cherchant le tapis d’Esma. La différence avec les Gadjé apparaît bien.
L’histoire, centrée sur la musique, donne naturellement l’occasion de découvrir la musique d’Eric Slabiak, fondateur du groupe Les Yeux noirs. Celui-ci utilise les instruments traditionnels des tsiganes (violon, alto, cymbalum, guitare, accordéon) à travers différents rythmes et registres, entraînants ou plus nostalgiques. On l’écoute avec plaisir.
En fin d’ouvrage, quelques pages documentaires donnent quelques informations sur l’histoire des tsiganes, leur façon de vivre, leur musique et leurs instruments. Et enfin, un petit lexique qui explique le vocabulaire lu et entendu durant le conte.
Un album CD intéressant quoique beaucoup moins beau qu’Orphée Dilo du même musicien.

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